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Fig. 238. Anciens alphabets latins.
dance qui porte à ouvrir le O par en bas, O, d’une manière assez analogue à celle qui a produit le Çl chez les Ioniens, sur quelques monuments de date fort ancienne, comme la ciste de Ficoroni, les dédicaces du tribun militaire M. Furius à Tivoli, et quelques-unes des inscriptions de Pesaro.
Origine de l'alphabet latin. — L’alphabet latin à ses débuts se composait de vingt et une lettres et s’arrêtait à X "9, que Quinlilien appelle ullima nostrarum. Pour retrouver ce nombre de vingt et une lettres il est nécessaire d ajouter un signe à ceux de la première colonne de notre tableau (fig. 238). Nous n’hésitons pas à penser, d’accord avec
Balb. 23.— lis III, 22, 2S. — 09 cic. De nat. dcor. II, 37; Quintil. Instit. orat.l, 4, 9.
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M. Mommsen, que c’était celui dus. Le s avait en effet certainement fait partie de la première ordonnance de l’alphabet latin, calquée sur celle du grec, puisqu’ensuite sa disparition y avait produit entre F et H une lacune où l’on introduisit, pour la combler, le G, lorsqu’il eut été postérieurement inventé. L’articulation que cette lettre représente disparut de bonne heure dans la prononciation latine et n’y revint qu’avec les mots empruntés du grec sans mo diücation, mots dans lesquels son emploi fut exclusivement restreint aux âges classiques. Mais cette articulation existait dans la prononciation des plus anciennes époques de la langue. Nous lisons dans le grammairien Velius Longus120: Nec aliéna latino sermoni fuisse z littera videtur , quum inveniatur in carminé Saliari. Et en effet on trouve le z dans le premier mot d’un des deux seuls fragments du chant des Saliens qui nous ont été conservés par Yarron 1,1 . Nous voyons figurer un z , tracé "3^, à la seconde ligne de l’inscription marse de Milionia1®2, dans le mot vezune ; or l’alphabet des inscriptions marses est purement latin. En y rencontrant le z nous acquérons une preuve décisive de la présence de cette lettre dans l’alphabet latin primitif, et en même temps nous y apprenons, à peu de chose près, quelle était sa forme à Rome.
L’alphabet primitif latin de vingt et une lettres, que nous parvenons ainsi à compléter, ne dérivait pas de l’étrusque comme les alphabets de l’Ombrie, du Picenum et des pays osques. Sa seule inspection montre qu’il sortait directement du grec, ainsi que l’ont reconnu Ottfried Miiller 123 et M. Mommsen 12‘. Ce ne sont pas encore tant la direction différente de l’écriture, la présence des lettres douces b et d , ainsi que du q, manquant à l’étrusque, l’usage de la seule sifflante S et l’absence du s', M, qui sont les indications les plus décisives sous ce rapport ; c’est surtout ce fait que pour exprimer l’articulation f, exclusivement propre aux langues de l’Italie, les Romains n’ont jamais employé la lettre nouvelle 8, inventée par les Étrusques et conservée par les Ombriens, les habitants du Picenum et les Osques, mais ont affecté à cet usage le digamma grec, F , qui en étrusque avait pris la valeur de v. On peut, du reste, maintenant, grâce aux travaux de M. Kirchoff, préciser bien plus que n’avaient pu le faire ni Ottfried Miiller niM. Mommsen l’origine de l’alphabet latin. En reconnaissant le premier la variété particulière du grec éolodorien usitée dans les colonies chalcidiennes du Midi de l’Italie et de la Sicile, Cumes, Naples, Rhegium, Naxos, Messine, Himera, le savant épigraphiste berlinois a compris parfaitement l’importance de sa découverte et a signalé dans l’alphabet qu’il rendait à la lumière la source précise d’où l’alphabet latin est directement sorti 123. On peut en effet voir, dans notre tableau (fig. 239), que l’alphabet latin à son origine n’a été autre que cette variété de l’alphabet hellénique, adoptée sans aucune modification, sauf toutefois la suppression des signes des trois articulations aspirées th,phe t ch, lesquelles étaient étrangères à l’organe romain; et lorsque plus tard elles entrèrent avec quelques mots tirés du grec dans la langue des Latins elles y furent exprimées par la consonne dure correspondante suivie d’un h.
Au l’este, si l’on consulte les vraisemblances historiques pour savoir de quelles localités précises l’alphabet grec a pu être transmis aux Latins des âges primitifs, de la
120 De orthogr. p. 2217, ed. Putsch. — l21 De ling. UnteritaU Dialekt. pl. xv; - 1-3 Die Etrusker, t.
lut. VII, 20. — 122 Mommsen, II, p. 312. — U’1 UnteritaU
période des rois, elles répondent : Ce dut être de Cumes ou des villes de la Sicile. L’action de l’influence grecque, venue de ces deux sources à Rome dès le temps des rois, se manifeste par beaucoup de preuves. La réforme de la constitution de la cité, que la tradition attribue à Servius Tullius, est une imitation des républiques grecques. Le système des poids et mesures tel qu’il se présente â nous dès les temps les plus anciens, système que l’on comprend également dans les institutions mises sous le nom de Servius Tullius, est en grande partie d’origine grecque, et dans ce qui y subsiste de vestiges d’un système indigène antérieur, il a été modifié de manière à s’accorder exactement avec les poids et mesures des Hellènes; la plupart des mots qui s’y rapportent sont grecs. Il en est de même du système monétaire dès que Rome commence à avoir une monnaie [as, denarius, litra]. Enfin la langue latine renferme un grand nombre de termes empruntés au grec dès ses époques les plus anciennes.
Modifications de l'alphabet latin jusqu'à sa fixation définitive. — Le plus ancien et l’un des plus notables parmi ces changements fut celui qui réduisit les deux sifflantes à une seule, S, et les gutturales C et K à une
seule également, C. Nous avons montré tout à l’heure qu’à son origine l’écriture latine possédait deux sifflantes s et s, répondant à deux articulations différentes de la prononciation primitive. Mais la distinction entre ces deux articulations n’était probablement pas bien marquée, ou la prononciation latine subit en ce qui est des sifflantes un endurcissement notable. Le z cessa de très-bonne heure d’être en usage à Rome et disparut même de la série théorique de l’alphabet, où sa suppression laissa une lacune que remplit plus tard le g. Dès le temps de la loi des Douze Tables il était complètement abandonné ; car si le z avait été employé dans ce texte, les grammairiens latins auraient eu grand soin de l’y signaler. Toutes les inscriptions archaïques latines que l’on possède révèlent un alphabet où le z fait défaut, et ces inscriptions, nous l’avons dit, sont des ivc, Ve et vie siècles de Rome. Bien plus, dans les Tables Eugubines, dont la
Dialekt. p. 26 et suiv. ; Jiômische Geschichte, 1. I, chap. xiv. — l2,> Mémoires de V Académie de Berlin puur 1863, p. 228.