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Fig. 240. Alphabet falisque.
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pour la préparation des cuirs, pour celle des bois que l’on mettait ainsi en état de résister au feu2, pour la médecine3. Ils le tiraient d’Égypte, de Phrygie, d’Arménie, du Pont, d’Espagne, de Macédoine, des îles Éoliennes . des Cydades, etc. \ On a retrouvé dans l’île de Mélos des grottes sur les parois desquelles l’alun s’était formé sous la plupart des formes naturelles dont il est question dans les auteurs anciens. On savait aussi faire de l’alun artificiel 8. E. S.
ALUTA. — Cuir assoupli au moyen d’une macération d’alun [alumen]; par extension, toute peau molle 1 ; ou les objets qui en étaient faits 2, principalement une chaussure [CALCEUS]. E. S.
ALVEARE [apes].
ALVEUS, diminutif alveolus. — Cavité naturelle ou objet de forme creuse. Nous noterons dans les auteurs les acceptions suivantes :
I. Le lit d’un fleuve *, un fossé, un sillon creusé pour recevoir les jeunes plants de la vigne 2.
II. Un bassin propre aux ablutions, quelles qu’en fussent la matière et la dimension 3 : une cuvette, une baignoire; puis, dans les bains agrandis des Romains, la piscine d’eau chaude [balneum]4. Un historien nous ap-
exemple, l’auget de bois qu’on voit placé sous l’étabii d’un menuisier pour recevoir ses outils, dans une peinture de
Fig. 242. Établi de menuisier.
Pompéi (fig. 242) 9; une mangeoire; un bassin pour les fruits ou hors-d’œuvre10; un pétrin, tel que les tables à bords relevés qu’on voit employées à cet usage dans un
/- SetLc ej- ut£.
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Fig. 241. Cuvette.
prend6 qu’il était d’usage que les enfants de la famille impériale fussent lavés dans des bassins d’écaille, et que, pour cette raison, le père de l’empereur Albin , ayant reçu, quand celuici vint au monde, d’un pêcheur la carapace d’une tortue, en augura sa grandeur future. Dans une peinture des thermes de Jitus6, représentant la naissance d’un enfant (fig. 241), on remarque un personnage qui apporte un bassin évidemment destiné au même usage; on voit un objet semblable dans un bas-relief 1 dont le sujet est analogue.
111. Une auge, un baquet, une sébile ou tout autre récipient se rapprochant des précédents8 par sa forme : par
8 Gell. Noct. att. XV, 1 ; Amm. Marc. XXII, 11. — 3 plin. l, l.. Dioscor. V, 122 et suiv. — 4 Hcrod. II, 180 ; Plin. et Diosc. I. I. ; Cels. V, 38, 12. — s Diosc. I. I. Bibliographie, l.onz, Minéralogie der Griech. und Borner, Gotha, 1801, n 76 98, 102, 132 et suiv. ’
ALUTA. l Caes. Bell. gall. III, 13; Mart. VII, 3b. — 2 juv. VII, 192; Ov. Ars am. III, 271.
ALVEUS. 1 Virg. Aen. VI, 303 ; IX, 32 ; Georg. I, 203 ; Plin. Hist. nul. IV, 4, 5 • (.m-t. VI, 4. 2 Plin. Hist. nat. XVII, 22, 35 ; Colum. IV, 4, 2.-3Auct. ad Herenn.
)' , 10 ; Cic. Pro Coel. 28 ; Ovid. Met. VIII, 652. — 4 yitr. V, 10. — 5 Capitolin.
Albin. — t. Ponce, Bains de l'itus, 16. — 7 Bartoli, Admir. roman . pl. lxv.
l’bacdr. Il, 5, 13; Plin. Ilist. nat. XVI, 11, 22; Juv. V, SS. —9 P Ut. d’Ercol. I,
Fig. 244. Bateau monoxyle.
Fig. 243. Pétrin.
bas-relief du tombeau du boulanger Eurysacès (fig. 243) ", à Rome ; un van pour cribler le grain u, sans doute de même forme que ces tables, et pareil à ceux dont on se sert encore en Italie.
IY. La table munie de rebords {alveus lusorius , tabula uleatorià), sur laquelle on jetait des dés ou l’on faisait mouvoir des pions ou dames, à divers jeux 13, tels que les
TESSERAE, DUODECIM SCRIPTA, etc.
V. La coque ou la carène d’un navire 14, un tronc creusé en forme de bateau; par extension, on appliqua le mot à toutes les petites embarcations, particulièrement à celles qui étaient faites d’une seule pièce de bois (g-ovo^uXov )lb ; on voit (fig. 244) un bateau de ce genre, d’origine romaine, découvert dans les marais de Horsey, en Angleterre 16.
VI. Une ruche d’abeilles. Le nom le plus usité est alveare [apes].
VIL Les cannelures d’une colonne ou d’un pilastre 17.
VIII. Le diminutif alveolus est aussi employé 18 pour une navette de tisserand [tela]. e. S.
ALYTARCHES [OLYMPIA],
AMALTHEA (’A^aXesta ‘), Amalthée. — Nom de la chevre qui nourrit Jupiter enfant, dans un antre de l’Ida ou du Dicte, en Crète ; elle fut par lui placée au rang des
en attr'l ^ traditions’ cIui varient d’ailleurs,
attribuant, selon les pays, à Amalthée, des pères différents, ce fut une nymphe qui prit soin du jeui/dieu en le nourrissant du lait d’une chèvre et du miel des abeilles 3.
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cf. Tit. Liv. I, 4. - 16 Artis, Burobriv. pl. lv1i "> 107 I
130, Ad Demetr . n. 15. ’ Vltr* IIIy 4> 18 Hieron. Ep.
P w"cEkt! ^l['2fZnc7m: ScbZTCk’Et!/m- Andeutungen, “Cad. Il, p. 260. — s Aral. Phaen 163 ° "v !" Jheben' P- ® > Schdmann. Opusc. Hyg. Astron. II, ,3 ; ApoÏd \’ ^ « I
Fab‘ *82 ; Lactant. pj.l, 22; ’vpôllôd II - T \Kl’ <94; Hyg' L 1 et
’ ’ P 0a- •• J > Thcon. Ad Aral. 64; Eratosth. 1. 1.
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A ces deux ordres de récits correspondent deux types de monuments. Lcspremiers représentent le dieu enfant allaité par une chèvre : on le voit assis, sur une des faces d'un autel carré du musée du Capitole \ Rhea-Cybèle ou Adraslée est assise près de lui, et deux Curètes exécutent la danse armée qui doit empêcher d’entendre les vagissements du nouveau-né (fig. 245). Le bas-relief célèbre de
pereurs romains, dans l’île de Crète u, ii Apamée 15 et ü Laodicée de Phrygie 16.
On racontait aussi que les cornes de la chèvre Amalthée versaient le nectar et l’ambroisie 17 ; l’une d’elles, ayant été rompue, fut rapportée, enveloppée de feuillage et remplie de fruits, à Jupiter, qui la plaça, avec la chèvre cllc-mcme,
b'ig. 246. Jupiter dans les bras de la nymphe Amalthée.
la galerie Giustiniani, actuellement au musée deLatran, où l’on voit auprès d’une chèvre un enfant buvant dans une grande corne, qu’une nymphe lui présente % a longtemps passé pour un tableau de 1 enfance de Jupiter, et beaucoup de détails accessoires semblent confirmer cette interprétation ; mais elle a été généralement abandonnée depuis que Yisconti a fait remarquer 6 que l’enfant qui boit a les oreilles pointues d’un satyre, et l’explication nouvelle de quelques antiquaires qui rapportent ce monument au dieu Pan, paraît la mieux fondée 7. Deux basreliefs du musée du Vatican 8 se rapprochent par leur composition de celui du Capitole : on y voit aussi 1 enfant allaité par une chèvre. On trouve une scène semblable figurée sur une monnaie d’Aegium en Achaïe '. Des monnaies frappées en Crète sous Irajan10 montrent le petit Jupiter assis sur un globe, la chèvre est à côté de lui. Celles d’Aegae en Cilicie, ont aussi pour type une chèvre couchée ou debout n, représentation aans laquelle on ne peut méconnaître Amalthée, qui, sur d’autres monnaies de la même ville1-, a les traits dune femme portant le jeune dieu et tenant une corne d abondance.
Ces dernières monnaies rentrent dans la seconde série de monuments dont nous avons à parler. Dans ceux-ci, c est une femme qui prend soin de l’enfance de Jupiter. Telle est une terre cuite du musée du Louvre (fig- 246) 13, où on la voit assise entre deux Curètes ou Corybantes, et que l’on peut comparer à des monnaies frappées sous les em-
parmi les astres. D’après une autre version, c’est le dieu qui avait brisé la corne et l’avait donnée aux nymphes dont il recevait les soins, en leur accordant que cette corne fût toujours pleine de tous les dons qu’elles pourraient souhaiter 18.
La corne d’Amalthée est devenue dans le langage, comme dans la mythologie et dans les représentations de l’art, le symbole de la fertilité et de l’abondance [cornu copiae]. On la voit dans les mains des divinités qui possèdent et répandent les richesses, comme la Fortune, Bacchus, Pluton, les Fleuves, etc. Quand Hercule euL arraché la corne du fleuve acuéloüs, il obtint en échange celle d’Amalthée. Pour beaucoup de inythographes, la corne d’Achéloüs n’est point autre que celle d’Amalthée , fille comme lui de l’Océan, de qui il l’aurait reçue 19. Dans une autre légende, Hercule reçoit d’Hermès la corne d’Amalthée au moment où il va combattre Géryon 20.
Le sens naturel de ces légendes, aperçu dès l’antiquité, doit être cherché dans la richesse que répandent les sources et les cours d’eau. La corne d’Amalthée devint le symbole de tous les bienfaits dus à la puissance fécondante des eaux; les noms d’Amalthée ( amaltheum ), de corne d’Amalthée (’Ap.aX8£f«ç xépoeç), furent donnés à des contrées particulièrement favorisées sous ce rapport, et à des jardins dont l’abondance des eaux faisait le principal attrait'21. E. Saglio.
AMANUENSIS. — Esclave de confiance ou affranchi
4 Mus. Capit. IV, 7 ; Millin. Gai. myth. V, 17 ; Guigniaut, Noue. gai. myth. iaiii 248. — 3 Gall. Giust. II, tav. lxi ; Montfaucon, Ant. expi. I, pl. vu ; Admir. rom. tav. xxvi; Bûttiger, Amalthea, I, pl. i ; Nibby, Mus. Chiaram. II, 2 i Garrucci, Mus. Later. tav. au; Benndorf et SchOne, Later. Mus. 24. - Mus.Pio-Clem IV 31 n 234. — 1 Benndorf et Schône, l. I. ; Annah dell List. 186b, p. 1 1 , Michaëlis, 1863, p. 303— » Pistolesi , Vatic. descr. V tav. «n, 2 ; noms II, 2, 20S ; et II, 2, 53, n. 1«JG. - » Denkschr. der bayr. Alcad. VII, p. 61, jtoms, î , , » w iMünztaf \ n. 1. — 10 Mionnet, Descr.
f. n, n. 26; Overbeck, Zeus, p. 327, mudzi&i. »• ’
/ TV n 298 10 et U; Overbcek, Zeus, Münztaf. v, n. 3. — 1 Mionnet, 7s r m 339 et Liv. 10 et 1 1 ; 543, 32; Suppl. Vil, 152, 9 et 10 ; II. 540, ’ , 33 . s43 42 - ™ Ibid. 541, 20 ; cf. Eckhel, Doct. num. III, p. 37 ; Welcker, i Sd-, «9 ; Overbeck, ** P- 323. - « De la collection
Campana : Canipana, Opéré in plcist. tav. i ; Mon. dell Inst. III, tàv. xvn; Annal. 1340, p. 141 ; Overbeck, l. L p. 331. — 1* Mionnet, Descr. II, 259, 11 ; Suppl. IV, 300 32; Lenormant, IVouv. gai. myth. pl. îv, n. 15; Overbeck, p. 332, Münztaf. v n. h et 5. — 13 Mionnet, IV, 238, 239, 268, 270; Overbeck, l. l. Münztaf. ÿ n> 6. - le Mionnet, l. I. p. 330, 781, 782. — n Schol. Callim. Hxjmn. in Jov. 49. — 18 Ovid. Fast. V, 115 et suiv. ; Hyg. Poem. ustr. 11, 13.; III, 12. — 19 Schol. ad Iliad. XXI, 194; Apollod. II, 7, 5, 2 ; Diod. IV, 36; Strab. X, p. 458.
20 Hesych. s. v. ’A^a'zOeiaç xipa;. — Diod. III, 68; Athcu. XII, 59; Cic. De
leg. Il, 3, 7 ; Ad Attic. I, 13, 1 ; 16, 15, 18; II, 1, 11; 20, 2. - BiaLioGiurniii. Schomann, De Jouis incunabulis, in Opusc. Acad. Berlin, 1857, II, p. 258 ; Pauly’s, Realencycl. I, p. 824, 2= éd.; Overbeck, Griech. Kunstmythologie, Zeus, p. 327 et suiv. Lcipz. 187).
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faisant fonction de secrétaire 1 et qui devait avoir une main rapide et exercée à tous les genres d’écriture. On désignait aussi sous le nom de a manu 2 ceux qui remplissaient cet office. E. S.
AMARYNTHIA OU AM ARYSI A (’A (xapuvOia , ’Apapécia). — Fête célébrée en l’honneur d’Artémis Arnarynthia ou Amarysia, c’est-à-dire « la brillante », déesse lunaire, qui a donné son nom à Amarynthos, petit bourg d’Eubée plutôt qu’elle n’en a reçu le sien1. Amarynthos, où cette fête était célébrée, formait le centre d’une petite confédération ou amphictyonie, à laquelle prenaient part les principales villes d’Eubée, Chalcis, Érétrie et Carystos, et aussi les îles de Céos, Andros, Téos et d’autres 2. Cette fête, avant les ravages de la guerre persique, avait lieu avec une grande pompe; Érétrie seule y envoyait, pour faire partie de la procession, 3,000 hoplites, 600 cavaliers et 60 chars 3. Une danse en armes (iru^fyri) était exécutée à cette occasion, et on proclamait solennellement les noms des hommes bien méritants \
Une autre fête de ce nom se célébrait à Athmonon, où Artémis Amarysia avait un temple. Cette fête paraît avoir été commune à toute l’Attique et non pas exclusivement propre au dème d’ Athmonon 5. Hunziker.
AMAZONES (’ApaÇo'vEc, ’ApiaÇovtSeç) . — Les Amazones, peuple de femmes guerrières dont le mythe paraît être formé des récits qui avaient cours au sujet de l’ardeur belliqueuse de certaines femmes de la Scythie, et du souvenir des hiérodules ou prêtresses armées de Pallas, d’Artémis et d’Ényo, la meurtrière déesse des combats ’. Reculée, il est vrai, dans un passé fabuleux, et dans une contrée placée de plus en plus loin, l’existence des Amazones passait encore pour incontestable au temps où, avec plus de critique 2, on s’était habitué à écrire l’histoire. On supposait généralement qu’elles avaient habité dans le Pont, sur les bords du Thermodon, et que Thémiscyra était leur principale ville3, mais qu’elles avaient aussi occupé une grande partie de l’Asie Mineure : Éphèse, Cumes, Smyrne, Myrine, Paphos, Sinope auraient été fondées par elles4; et en effet la figure des Amazones est représentée sur les médailles d’un grand nombre de cités asiatiques 5. Diverses explications ont été proposées au sujet de leur nom. D’après la plus répandue, ce nom (formé de à privatif, e L |j.aÇo; , mamelle) viendrait de la coutume qu’elles auraient eue de brûler à leurs filles la mamelle droite pour les rendre plus aptes au maniement de l’arc 6; mais cette explication est relativement moderne et n’est confirmée par aucune représentation de l’art antique. Avec plus de raison, on pourrait soutenir que dans le mot Amazones l’a a une valeur augmentalive7, ou bien que ce nom dérive de masa, qui veut dire lune dans la langue tscberkesse 8, puisque l’examen de toutes les traditions fait reconnaître
AMANUENS1S. 1 Suet. Ner. 44; TU. 3; Paul. Sent. II, 31, 37. — 2 Suet. Caes. 74 ; Vesp. 3 ; Orelli, 2733, 2931, 5394, 6651, 7189 ; Hcnzen, Annali delV Inst. 1S56,
AMAUYNTIHA. 1 Schumann, Griech. Alt. II, 425. — 2 Herod. V, 99; Thuc. I, 45; Strab. X, p. 448; Call . Dian. 188; T. Liv. XXXV, 38; Schol. Pind. 01. XIII, 159; Sainte-Croix, Gouv. fédératifs, p. 136 et suiv. — 3 strab. I. c. — 4 Rangabé, Antiq. hellén. 2, n. 689, 1232. — 8 paus. I, 31, 5 ; Hesych. s. v.
AMAZONES, l O. Millier, Gesch. der griech. Stàmme, p. 356; Guigniaut, Relig. de l'antiq. II, part, in, p. 979 et suiv. ; Bergmann, LesAmaz. dans l'histoire, Colmar, 1858 ; et d'autre part, Fréret, Mém. de l’Acad. des inscr. XXI, p. 106 ; Ste-Croix, Exarn. crit. des hist. d'Alex, p. 332.-2 Arrian. Vil, 13 ; Strab. XI, p. 503 ; Appiau. Bell. Mithr. 103; ef. Grotc, Hist. de la Grèce, t. I, p. 235 et suiv. de la trad. fr. — 3 Strab. X, p. 503 ; Diod. Sic. II, 45, 46 ; Rittcr, A sien, IX, 1, 95. — 4 Strab. XI, p. 504 ; XII, p. 550 ; XIII, p. 623 ; Steph. Byz. s. v. 2;i6pva et XpaÇôvsiov ; Ephor.
/' rag. 87, Didot ; Tous. IV, 31, 6 ; VII, 2, 4. — 8 Mionnet, Doser, t. IV, p. 89 et suiv.
en elles des prêtresses ou des adoratrices d’une déesse lunaire, qu’elle s’appelle AnaïtisouEnyo, Artémis d’Éphèse ou Artémis Tauropole 9.
Les Grecs se figuraient les Amazones 10 comme une nation de femmes belliqueuses ne souffrant point d’hommes parmi elles. Une fois l’an, au printemps, elles se rapprochaient de leurs voisins les Gargaréens pour perpétuer leur race. Elles n’élevaient que desfilles, les enfants mâles étaient tués ou mutilés, ou renvoyés à leurs pères. Élevées pour la guerre, les Amazones ne pouvaient rester en paix. Aussi, dans leur histoire, ne compte-t-on pas moins de six expéditions, presque toutes offensives.
1° Invasion des Amazones en Lycie. Elles sont repoussées par Bellérophon, qui se trouvait alors chez le roi Iobate 11 ;
2° Invasion des Amazones en Phrygie. Priarn assistait en qualité d’auxiliaire des Phrygiens à la bataille qui se livra sur les bords du Sangarius 1S.
3° Le neuvième des travaux d’Hercule fut d’aller chercher le ceinturon de Mars que portait la fille de ce dieu, Ilippolyte, reine des Amazones. Hercule aborde avec Thésée, Pélée, Télamon et d’autres compagnons d’armes, à l’embouchure du Thermodon. Ilippolyte se montre disposée à céder le précieux baudrier, mais Junon répand le bruit que la reine est en péril : les Amazones attaquent le vaisseau des Grecs. Hippolyte périt dans la mêlée delà main d’Hercule, et les Amazones sont exterminées. Antiope, sœur d’Hippolyte, devient l’esclave de Thésée ’3.
4° Selon une autre légende, Thésée aurait enlevé Antiope, et les Amazones auraient poursuivi le ravisseur jusqu’en Attique. Antiope périt en combattant ses sœurs à côté de son amant u. Ou bien encore, Antiope, délaissée pour Phèdre, attaque l’infidèle avec une armée qu’Hercule anéantit 1S.
5° Les Amazones, à la fin de la guerre de Troie, marchent au secours de Priant, sous la conduite de leur reine Penthésilée 16.
6° Expédition des Amazones contre l’île de Leucé, à l’embouchure du Danube. Le spectre d’Achille, dont Tliétis avait déposé les cendres en ce lieu, apparaît menaçant : à son aspect, les chevaux se cabrent et foulent aux pieds les téméraires Amazones 17.
La popularité de la fable des Amazones s’explique en grande partie paiT’heureuse prédilection desartistes. Représenter des femmes jeunes, belles, courageuses, engagées dans une lutte violente contre des héros non moins beaux et non moins braves, quelle bonne fortune pour les sculpteurs ou pour les peintres ! Ces derniers trouvèrent encore un élément de pittoresque dans le contraste du costume barbare, scythique ou asiatique, avec la noblesse et la simplicité de l’armure grecque ou la nudité héroïque. Les peintures des vases (fig. 247 et 248) le plus souvent nous montrent 15
— G Hippocr. De aere, aquis, 17, Littré ; Pbilostr. lier. XIX, 19 ; Strab. XI, p. 503, 506. — 7 Gruber, in Ersch und Grubers Encycl. s. v.; cf. Bergmann, Op. I. p. 25.
— 8 Sprengel, Apol. des Hippocrates, II, p. 595 ; Reineggs, Beschr. des Caucasus in Hall. Encycl. III, p, 318. — 9 Guigniaut et Bergmann, l. L; A. Maurv, Relig. delà Grèce, III, p. 177 ; Preller, Gr. Myth. I, p. 244 ; II, p. 85, 2« éd. — lo Hippocr. I. I.; cf. Littré, Œuv. d’Hippocr. Introd. 1, p. 336. — Il Hom. II. VI, 186; Schol. Lycophr. 17. — 12 Hom. II. III, 189; cf. II, 814, et Diod. III, 55. — 13 Diod. IV, 16.
— U Plut. Thés, 26. — 15 plut. Thés, 28. — >8 Quint. I, 669. — 17 Philostr. lier. 19, 20. — 18 Millin. Mon, inéd, I, pl. xxxvi ; Id. Peint, de vas. I, pl. x; Dubois- Maisonneuve, Introd, à l'étude des vases, pl. vu, 2 ; Panofka, Musée Pourtalès, pl. xxxv, xxxvi ; Gerhard, Apul, Vas. i\ , v ; Id. Auserl. Vas. III, p. 42 et suiv. pl. clxii-clxiv ; V, pl. cccxxix ; Voy, les nombreuses peintures de vases indiquées par cet auteur et par O. Millier, Handb. §§ 412 et 417 ; Welcker, Denkmâler, III, p. 342 ; Stephani, Comptes rendus de la commise, archéol. de St-Pètersb. pour 1866, p. 167, etc.
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les Amazones portant un vêtement collant, qui couvre entièrement le corps. Les jambes , quelquefois nues ,
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sont plus ordinairement enveloppées d’un pantalon (<xvod;uftSsç) qui se perd dans une chaussure pointue ou légèrement recourbée , ou dans des bottines de peau; le haut du corps et les bras sont couverts d’une
courte tunique à manches, serrée à la taille par une ceinture, par-dessus flotte un manteau ou une deuxième tunique plus ample; ces vêtements sont tantôt zébrés ou tachetés , peutêtre afin d’indiquer qu’ils étaient faits de peaux de bêtes ; tantôt semés de fleurs, d’étoiles , etc. ; la coiffure est une mitre phrygienne, quelquefois un casque ou bonnet de fourrure [alopekis] propre aux peuples du Nord.
Leurs armes sont l’arc, le carquois, le javelot, la hache à un ou à deux tranchants, l’épée, quelquefois la massue, et enfin le bouclier rond ou le bouclier échancré, ou en forme de croissant, nommé pelta (rc éXty], yÉp^ov). Elles combattent tantôt à pied et tantôt à cheval. 11 y a aussi des vases sur lesquels les Amazones paraissent vêtues et armées à la manière des Grecs, et c’est de cette manière que les sculpteurs les représentèrent constamment dans les beaux temps de l’art. Elles portent dans leurs ouvrages le simple et sévère costume dorique, se composant seulement de la tunique et de la petite chlamyde ; la tête, quand elle n est pas découverte, est coiffée d’un casque. Ordinairement le sein, les bras, les jambes, et les pieds sont nus.
Fig. 248. Amazone.
Les Amazones ont été figurées ainsi par les plus grands artistes de la Grèce. On lit dans Pline 19 que Polyclète, Phidias, Gtésilas, Phradmon et Cydon concoururent pour l’exécution d’une statue d’Amazone destinée à orner le temple d’Éphèse 20. Les cinq statues furent acquises par les Éphésiens. Dans ce brillant assaut, la palme fut remportée par Polyclète. La belle statue d’Amazone, qui du palais Mattéi a passé au Vatican (fig. 249), pourrait être, suivant Visconti, une imitation de celle de Polyclète 21 . O. Müller 22 est d’une autre opinion : suivant ce grand antiquaire, cette figure serait la copie de la statue qui, dans le concours d’Éphèse, avait valu la seconde place à Phidias. Mais la statue de Ctésilas 23, le troisième concurrent, aurait servi de modèle à l’Amazone blessée du Capitole et à celle Fis- 249- Amazone du du Louvre. Valican.
Les combats des Amazones ont été représentés sur un certain nombre de monuments célèbres. Le Poecile24 et le temple de Thésée25, à Athènes, étaient ornés de peintures de la main de Micon et de Polygnote, montrant les Amazones aux prisses avec Thésée. Pour orner le bouclier de sa Minerve, dans le Parthénon, Phidias représenta 26 ce même combat, qu’il sculpta aussi sur les traverses qui réunissaient les quatre pieds du trône dans le temple de Jupiter à Olympie 27; sur la porte de Topisthodome de ce temple, Alcamène 28 avait représenté Hercule combattant l’Amazone Hippolyte. On voit le même sujet sur une des métopes du temple de Sélinonte 29.
Plusieurs monuments célèbres retrouvés dans ce siècle : le temple d’Apollon Épicurius près de Phigalie 30, le tombeau de Mausole à Halicarnasse 31 , et le temple d’Artémis I.eucophryne à Magnésie sur le Méandre, sont ornés de bas-reliefs où l’on voit la lutte des Amazones et des Grecs32. La frise du temple d’Apollon Épicurius est attribuée aux élèves de Phidias, etPon saitque celle du tombeau de Mausole fut traitée par les plus grands maîtres de la dernière école attique. Des groupes représentant des Amazones et des Grecs combattants, dons du roi Attale, décoraient le côté sud de l’acropole d’Athènes 33.
Un certain nombre de sarcophages nous montrent aussi le combat des Grecs et des Amazones. Nous nous bornerons à signaler ici le sarcophage de Vienne 34, le plus beau peut-être de tous ceux qui ont été trouvés en Grèce ; celui de Mazara, en Sicile 35 ; celui du Louvre, trouvé à Salonique 36, etc. Un sarcophage, actuellement placé dans la cathédrale de Cortone 37, mérite une mention particulière, parce qu’il représente, conformément à une légende d’Éphèse38, la défaite des Amazones par Bacchus, sous les murs de cette ville. De beaux bronzes, statuettes 39, boîtes
19 Hist. nat. XXXIV, 8, 19. — Visconti, t. II, p. 164, éd. de Milan. — 21 Ib, t. II,tav. xxxviii ; Bouillon, Mus. desantiq.il , pl. x ; Gerhard, Beschreib. derStadt Rom. t. II, 2e th. p. 169; O. Jahn, Berichte der sâchs. Gesellsch. 1850, p. 48, pl. iv.
52 J)e Myrina A mazone, in Comment, soc. Gott., VII, p. 59 ; cf. Gerhard, Bullet. dell Instit. 1830, p. 30 ; Foggini, Mus. Capit. III, 46 ; Clarac, Mus. de sculpt. pl. cclxv ; Bouillon, II, XI. —23 Handb. der Archdol. g 121. — 21 Aristoph. Lys. 678 ; Schol. Ad h. I.; Pau-. I, 15, 2 ; Arr. Exp. Alex. VII, 13, b , Vlin. Hist. nat. XXXV, 59. — 23 Paus. I, 17, 2 ; Harpocr. mWwùrto ; . — 26 plut. Panel. 31 ; Plin. Hist. nat. XXXV I, 18 ; Paus. I, 17, 2 ; May. pittoresq. 1860, p. 355; F. Lenormant, Gaz. des B.-arts, 1860, p. 129; Arch. Zeit. 1860, pl. cxxxv ; 1865, pl. exevi ; Ann. dell Inst. arch. XXXlII, tav. O.; Conzc, Oie Athena-Statue des Phidias, 1805 ; Gerhard, Gesamm
Abhandl. pl. xxvu. — 27 Paus. V, 11,4. — 28 ul. I, 17, 2 ; V, 11, 7. - 29 Ser radifalco, Antieh. d. Sicil. II, tav. xxxiv. — 30 Stackelberg, Ber Apollotempel su Bassae ; Marb. of British Mus. IV, pl. xii-xxiii ; Expéd. scient, de Morée, II, pl. xx, xxi. — 31 Newton, Hist. of discoveries at Halicarn. pl. ix, x ; Mon. dell' Inst, arch. V, tav. i-m, xviii-xxi ; Annali, XXXVII, tav. A. — 32 Texier, Voyage en Asie Min. III, pl. xevi ; Clarac, Mus. de sc. pl. c a, cxvuj. — 33 paUs. I, 25, 2. — 34 Bouillon, Mus. des anttq. II, 93 ; Montfaucon, L’Antiq. expi. IV, 7, 2. — 33 Houel, Voyage en Sicile, 1, p. 24 ; Mus. Capitol. IV, 23. — 36 clarac, Mus. de sc. II, pl. cxvn ab. — 37 Gori, lnscr. etr. III, tav. xlvi ; Gerhard, Arch. Zeitung, 1845, taf. xxx. — 38 Paus. VII, 2, 4 ; Plut. Qu. gr. 56 ; Tac. Ann. III, 61. — 39 Broilzi d’Erc. tav. mu, lxiv ; Mut, Eorb. III, 45.
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do miroirs 40 , cistes gravées u, ornements d’armure48, etc., oflrent aussi l’image de combats d’Amazones qui paraissent être des imitations ou réminiscences des grandes œuvres de la sculpture, et on les retrouve encore dans les bas-reliefs de quelques urnes cinéraires 43 ; de même qu’on peut chercher le souvenir des chefs-d’œuvre des Micon, des Panaenos et d’autres peintres leurs émules, dans les peintures de vases ou dans celles qu’on a découvertes à Pompéi w.
Le combat de l’Amazone Penthésilée contre Achille et sa mort ont fourni aux sculpteurs et aux peintres les sujets de nombreux ouvrages qui ne sont point indiqués ici [penthesilea]. Ils se sont plu aussi à représenter des Amazones aux prises avec des griffons [gryps].
E. VlNET.
AMBACTI. — Nom d’esclaves en langue gauloise, suivant Festus L César nous apprend, d’autre part 2, que les chevaliers, en Gaule, réunissaient autour d’eux à la guerre un nombre d ’ambacti et de clientes proportionné à leur naissance et à leur richesse. Les auteurs modernes ne s’accordent pas surla condition de ces ambcicii. Suivant les uns, c’étaient de jeunes nobles3 qui s’associaient volontairement autour d’un chef, comme les leudes chez les Germains; ces soldurii 4 dévoués auraient différé complètement des clients plébéiens. Suivant d’autres auteurs, les ambacti auraient été des hommes libres d’origine, appartenant à la plèbe5, mais réduits à se placer dans une clientèle servile 6, condition intermédiaire entre la liberté et l’esclavage domestique des Romains. Il paraît raisonnable d’admettre qu’il existait plusieurs classes de clients ou dévoués (devoti), et que les ambacti appartenaient à la moins élevée 7 ; M. H. Martin pense que, du temps de César, la clientèle libre avait dégénéré et s’était presque partout transformée en servage8. Cela est vrai; cependant l’auteur des Commentaires mentionne séparément les ambacti et les clientes. G. Humbert.
AMBARVALE SACRUM ou Ambarvalia. — Fête romaine distincte d’un côté de I’amburbium, et de l’autre du sarrift cium deae Diae célébrée par les arvales fratres. Il faut dire cependant que les ambarvalia coïncidaient avec cette dernière fête, quant au temps1, et de plus qu’ils lui ressemblaient autant par leur but, qui était d’obtenir du ciel la fertilité des champs 2, que par leurs cérémonies, puisque les ambarvalia se terminaient également par une danse accompagnée d’un chant3. Mais, tandis que le sacrificiam deae Diae était une solennité publique célébrée par les awales, les ambarvalia, au contraire, étaient célébrés par chaque propriétaire en particulier, et ils consistaient en la purification des champs parle triple sacrifice d’un porc, d’une brebis et d’un taureau [suovetaurtlia], qui
40 Mon. inecl. dell' Inst. VIII, pl. xxxi ; Annali, 1871, p. 131, 136. — 41 Mus. Gregor. I, 40, 41 ; Gerhard, Etr. Spiegel, pl. ix et x. — 42 Brôndsted, Bronzes of Siris, p. 16 et suiv. — 43 Inghirami, Mon. etruschi, I, 64; II, 192 ; Id. Mus. Ghius. I, 43; Gori, Mus. etr. I, 1 36 ■; Mieali, Mon. ant. tav. xliv. — 44 Mus. Bnrb. t. II, A; Bull, napotet. N. S. VI, p. 154; Zahn, Neuentdekte Wandg. 9; Helbig. Wandgemàlde der Stâdtc Campaniens, p. 265. — Bibliographie. Outre les ouvrages indiqués dans les notes, Vôlcker, Myth. Geogr. p. 217 et 219 ; d'Anville, Mém. de l'Acad. des Inscr. t. XXXV, p. 573 ; de Guignes, Ibid. p. 539 ; Nagel, Geschichte der Amnz. Stuttg. 1838; Winckelmann, Histoire de l'art, V, 2, § 21 et suiv.; O. Millier, Handbuch der Archàol. 2» éd. 1848, §§ 121, 2; 410, 4; 412,1- 417l'kert, Ueber die Amaz. in Abhandl. der bayer. Alcad. 1847 ; Gôttling, Gesamm. Abhandl. II, p. 196; Büttiger, Vasengemàldc, I, 3, p. 182 et suiv.; Id. Archnol. der Malerei, p. 256.
AMBVCTI. 1 S. v. Ambacti. — 2 Bell, g ail, YI, i5. — 3 Giraud, Essai sur Vhist. du droit franc. I, p. 23, 32 et suiv. — 4 Caes. Bell. gall. III, 22. — 5 Ib. VI, 13. — f- Perreciot, De la condit. des terres dans les Gaules , I, p. 10 à 16 ; Dom Martin, Hist. des Gaules, I, p. 652. 7 Giraud, p. 23 et 24; comparez de Courson, Rev. de
avait lieu après qu’on avait promené les victimes autour des moissons vertes 4. Hunziker.
AMBITUS. — I. Espace libre qu’un propriétaire était obligé de laisser autour de sa maison pour la séparer de celle du voisin 1 ; c est le dernier vestige qui subsista dans la législation, de 1 enceinte (i’pxoç, berctum) tracée par la religion, dans les temps primitifs, autour de chaque foyer et du domaine où ce foyer était enfermé.
« Deux maisons ne doivent pas se toucher; le même mur ne peut pas être commun à deux maisons ; car alors l’enceinte sacrée des dieux domestiques aurait disparu. A Rome, la loi fixe à deux pieds et demi la largeur de l’espace libre qui doit toujours séparer deux maisons, et cet espace est consacré au « dieu de l’enceinte8. »
IL Démarches ou actes illicites tendant à obtenir les honneurs ou les magistratures. Ce nom vient 3 de l’usage où étaient les candidats de se promener au Champ de Mars ou sur le Forum pour solliciter les suffrages des citoyens, au temps de la république 4.
L’art de gagner les votes dut être de bonne heure réprimé par de nombreuses lois que la corruption rendit inefficaces. Dès l’année 322 de Rome ou 432 av. J.-C. Tite-Live 5 nous apprend que les tribuns militaires L. Pinarius, Sp. Posthumius et L. Furius exerçant l’autorité consulaire, une rogation [lex] fut proposée par les tribuns senatus auctoritate, et bientôt transformée en loi pour interdire l’usage des robes blanches ( togae candidae), vêtements distinctifs des candidats qui en ont pris leur nom ; il paraît que cette loi ne tarda pas à tomber en désuétude 6. En 338 av. J.-C. sous le consulat de C. Fabius Ambustus et de C. Plautius Proculus, le tribun du peuple C. Poetelius fit adopter un plébiscite, connu sous le nom de loi Poetelia de ambitu, dont l’objet était d’interdire la sollicitation des suffrages dans les réunions publiques ou marchés ( qui nundinas et conciliabula obire soliti erant comprimebantur) 7 ; elle ne mit pas un terme aux abus, car le dictateur Moenius fut forcé en 314 av. J.-C. de poursuivre les nobles coalisés pour obtenir les magistratures8 ; mais déjà la répression devenait difficile à cause du nombre des coupables : presque tous les patriciens avaient pu donner prise à 1 accusation. On essaya d’une législation sévère et en 181 av. J.-C., une loi Corneha Baebia réprima Yambitus, en le frappant d une incapacité de dix ans pour ce qui concerne les magistratures9; elle fut suivie en 139 av. J.-C d’une autre loi De ambitu 10 à laquelle Walter donne le nom de Cornelia, parce qu’elle fut portée sous le consulat de Cn. Cornélius Dolabella; quant à la loi précédente, Sigonius et Heineccius la nomment Aemilia Baebia, parce qu’elle aurait été portée en 82 av. J.-C. sous le consulat de Cn. Baebius et L. Aemilius Paulus u. Suivant Heinec-
» p- I oo
, iuuiuuisen, nom.
Geschichte, III, p. 221, 3* éd. 1862.
AMBARVALE SACRUM. 1 Marini, Atti de ’ frat. Arvali, p. 138 - 2 Macroh Sat. III, 5, 7. - 3 Virg. Georg. I, 350.- 4 c.ato, De re rust. 141 ; Serv 4rf Vira III, 77; V, 75 ; Virg. Georg. I, 345 ; Serv. Ad h. I. Bibliographie. Ma-
pW ,,V * m0,"W\de fraL arvali’ P'- ”<* i Schwegler, Bom. Geschichte, p. 434 ■
PreUer Bom. Mylhol. p. 301, 370 et suiv. ; Becker-Marquardt, Handbuch Zr rôm Alterthùmer , IV, p. 148.
AMBITUS. 1 Fest. s. »... Varro, De ling. lat. V. 22; Serv. Ad Aen II 469 • Tacit Ann XV, 43. - 2 Fustel, de Coulanges. La cité antique, p. 71 ; Ortolan, Ilist. de la legts! rom p. 108, 6< éd. : Dirksen, Uebersicht des Textes XII Tabul. adtab VII- Id. Monnaie latimtatis fontium juris, Berl. 1827, s. r. s Macr. Sat I 14 4 v, ’ De ling. lat. V, 28 ; Non. IV, 21 ; P. Diae. s. v. ; Isid. V, 26. - 3 Iv ’î5 ' c La‘ noulaye, Essai sur les lois crim. des Bom. p. 282 et suiv.; Zumpt II 2 D <M9 '
L l“; Liï’ VI1’ 15‘ - 8 ld- IX- 26- - 9 Id. XL, 19. - .0 Tit. UT FnVt XL vil -
L 8 5 Z TT %!“’>*’ P’ 361’ 0re11’ - U WaU-’ **«• O^h U,
815 , Hus.hke, Zeitschr. f. civ. N. F. 14, p. 4. Laboulaye, Op. I. p. 2S5, note 1.