‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monuments (volume 4)Chapitre 58 sur 155 · AM B · texte numérisé non relu

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cius 1S, la loi Aemilia Baebia aurait interdit les largesses des candidats 13 et la loi Cornelia Fulvia les aurait punies de l’exil en 159 av. J.-C. u. Malgré laloi Gabinia qui introduisit le vote secret en 139 av. J.-C., et la loi Maria , par laquelle Marius, pendant son second consulat en 119 ou 120, établit pour voter des passages étroits (pontes), afin de rendre leur liberté aux électeurs, en écartant les agents électoraux, les abus allaient toujours en grossissant 15.

Il est certain que, dès la première moitié du septième siècle de Rome, on établit pour statuer sur le crime à'ambitus une commission permanente [quaestio perpétua]. C’est ce que l’on peut conclure d’un passage de Cicéron ie, et du procès scandaleux que P. Rutilius etM. Scaurus s’intentèrent réciproquement, en 114 ou 115 av. J.-C., 639 ou 640 de Rome 17 . 11 paraît que, vers la même époque, on abrogea une loi Fabia, de 66 av. J.-C . , relative au nombre des sectatores, c’est-à-dire des agents ou compagnons dont les candidats pouvaient se faire assister18. 11 y a doute à l’égard d'une loi Aurélia de ambitu portée par le consul A. Cottaen 75 av. J.-C., ou par le préteur A. Colla en 70. Puis le tribun Cornélius proposa, en 67, un plébiscite qui punissait les acheteurs des suffrages, et même les divisores, employés pour répartir l’argent entre les électeurs achetés 19. Mais le sénat pour prévenir l’adoption de ce projet, en fit proposer un autre, en 67 av. J.-C. par C. Calpurnius Pison, alors consul avec M. Acilius Glabrio. Le premier avait lui-même été accusé précédemment du crime d ’ambitus 20. Cette loi fut votée et porta le nom d ’Acilia Calpurnia ; elle prononçait contre les coupables d ’ambitus une peine pécuniaire et l’incapacité d’exercer une magistrature, ou de faire partie du sénat 21 ; en outre, elle assurait l’impunité au coupable d ’ambitus qui en ferait condamner un autre pour le même délit22, peut-être faut-il admettre qu’elle punissait aussi tes divisores 23. Elle fut bientôt appliquée aux consuls Autronius Paetus et Cornélius Sylla 24. Néanmoins, en présence des intrigues scandaleuses d’Antonius et de Catilina, le sénat sur le rapport de Cicéron, déclara par un sénatus- consulte la loi Calpurnia applicable aux cas où les candidats offriraient au public des repas et des jeux de gladiateurs, et s’entoureraient d’un cortège de gens soudoyés S5. Bientôt après, pendant le consulat de Cicéron, fut rendue sur sa proposition la loi Tullia, qui confirma ces décisions, en 691 de Rome ou 63 av. J.-C., et punit sévèrement les vendeurs de suffrages, et frappa d’un exil de dix ans les coupables d’ambition26. Mais cette loi fut impunément violée par Pompée en faveur d’Afranius 27, et le sénat ne put faire adopter une loi plus sévère, proposée par le tribun Aufidius Lurco en 693 de Rome ou 61 av. J.-C. 28. En 699 de Rome ou 55 av. J.-C., fut portée la loi Licinia de sodaliliis, qui réprimait les associations ou coalitions élec-

iï Antiq. IV, 18, 78. — >3 Non. Marc. VII, 19 s. v. Largi. — 1'* Plin. Bist. nat. XXXV, 41. — » Cicer. De leg. III, 17; Plut. Mar. 4 à 7; Laboulaye, Op. I. p. «86. — 16 Brut. 30. — 17 Heinec. IV, 18, 78; Walter, l. I. ; Ascon. in Orat. ; Cic. pro M. Senur. — 18 Cic. pro Mur. 34. — 19 Ascon. In Cornet. Orelli, p. 74. 20 Dio Cassius, XXXVI, 21 ; Cic. In Cornet. I, 32. — 21 Ascon. In Carnet. Orelli, p. 1.8; Isidor. V, 26; Laboulaye, p. 287 ; Schol. Bobb. Pro Sylla, 5, p. 361. Orelli; Cic. Pro Mur. 23. — 22 cic. Pro Cluentio , 36; Pro Balbo, 2b; Ferrât. Epist. I, 13. — 23 Laboulaye, p. 288, note 2; suivant Lange, II, p. 620, ce fut la loi Calpurnia qui introduisit une commission permanente de ambitu, 23, 32; Sali. Catil. 18. — « Sallust. Catil. 18; Dio Cassius, XXXVI, 27 ; Suet. lut. 9 ; Cic .pro Sylla, 17, 18 ; De finibus, II, 19 ; Drumann, Boni. Gcsch. Il, 514. — 25 Cic. Pro Mur. 67 ; Zumpt, II, 2, p. 250. — 20 Dio Cassius, X XXVII, 29 ; Cic. In Vatin . 15, 37 ; Pro Murena, 3, 23, 32, 47, 89 ; Pro Plancio , 83 ; cf. Schol. Bobb. Pro Sylla, 5, p. 362 ; Pro Sextio, 64, p. 309, Orelli. —27 Plut. Cat. min. 2t. — 28 Cic. Ad Attic. I, 16, 18; Rein, p. 714; Zumpt, II, 2, 266. — ta A«con. In argum. Milon. p. 37, Orelli; Dio Cassius, XL, 52. — 30 Laboulaye, 297; Zumpt, II, 2, p. 404. — 91 Ascon. In Mlon. Orelli, p. 37; Plut. Pomp.

torales [ sodalitia] . mais suivant Zumpt ce délit se rattacha plutôt à la violence [vis] qu’au crime d ’ambitus. Enfin, en 702 de Rome ou 52 av. J.-C., la loi Pompeia de vi et ambitu 29, fut destinée à réprimer les délits de Milon et de ses complices, en instituant une procédure et une pénalité spéciales, contrairement à nos principes modernes en matière de rétroactivité, mais conformément aux idées dos anciens qui confondaient la justice, la politique et l’administration, en les soumettant toutes à la souveraineté du peuple s’exerçant dans les comices ou dans les commissions déléguées 30. Cependant il paraît que la loi Pompeia de ambitu, dans son chef distinct de celui de vi, eut une destinée plus durable 31 . Elle modifia dans un sens rigoureux la procédure et la pénalité S2, et permit notamment de poursuivre les crimes d’ambition, accomplis dans les vingt années antérieures au troisième consulat de Pompée ; ce qui donna lieu à un grand nombre d’accusations, et notamment à celle de L. Scipion, beau-père du consul, qui viola pour lui sa propre loi 33. Mais elle eut d’autres conséquences politiques plus graves, et qui précipitèrent la chute de la République 3\ Jules César ne réprima pas l’ambition par une loi, mais il la neutralisa en s’attribuant le choix de la moitié des candidats35.

Auguste qui, dans sa loi Judiciorum publicorum et privatorum, avait réorganisé la compétence et la procédure en matière civile et criminelle, rendit aussi plusieurs lois suides crimes spéciaux, et notamment en 18 av. J.-C. une loi dite Julia de ambitu 36. Elle punissait aussi les parties qui visitaient leur juge; et peut-être aussi le juge qui visitait l’une d’elles31. Suivant le jurisconsulte Modeslinus dont le Digeste ne fait que reproduire un fragment, la peine aurait consisté en une amende; Dion Cassius mentionne en outre une incapacité politique de cinq ans. Mais sous l’empire l’influence prédominante du prince dans les élections, laissait peu de place aux crimes d’ambition ; bientôt. les comices furent transférés par Tibère du Champ-de-Mars au Sénat 3\ et Yambitus ne se présenta plus que dans la sphère restreinte des élections aux charges municipales; un sénatus-consulte y appliqua la loi Julia avec une peine de cent aurei et l’infamie39. Pour ceux qui prenaient à leurs gages un cortège de partisans soudoyés, ou même d’esclaves, on leur appliqua la déportation dans une île, comme coupables de violence publique.

Sous le bas- empire, la loi Julia de ambitu prêta son nom à la punition de diverses irrégularités dans la recherche des fonctions du palais ou de certaines charges publiques w, notamment lorsqu’on les briguait itérativement, après les avoir gérées ; les peines étaient la déportation et la confiscation. G. Humbert.

AMBLOSEOS GRAPHE (’AugXcôaswç ypaep-q). — L’avorte-

55; Appian. Bell. eiv. II, 23 ; Vell. Pat. II, 47 ; Tit. Liv. Epit. 207 ; Dio Cass. XL, 52 ! zumpt, II, 2, p. 419. — 32 Tac. Orat. 38 ; Cic. Brut. 94 ; Zumpt, p. 434. — 33 Appian. Bell. cio. II, 24, 25, 27 ; Valer. Maxim. IX, 5. — 34 Laboulaye, p. 299 ; Rein, p 7|9. — 33 Suet. Caes. 41. —36 Suet. Oct. 34; Di g. De leg.Juil. de ambit. XLVIII 14; Rein. P' 722. — 31 Dio Cass. LIV> — 38 Tac- 4 un . 1, 15. — 39 Fr. 1 D. h. tit. ; Paul. Sentent, recept. V, 30. A. — 40 Arcad. et Honor. 1, 1-3 ; C Theod. Ad leg. Jul. mag. et Honor et Theod. 1. 4, cod. IX, 26. — Bibliographie. Sigonius, De antiq. jure pop. rom. de Judiciis, II, 30 ; Heineccius, Antiq. syntagma, IV, 18, 77-79 ; Ferratius, Epist. 1, 13 ; Beaufort, Bépubl. rom. II et IV; Bouchaud.'/fecA. sur la loi Jidia de amb. dans les Mém. de l’Acad. des inscr. XXXIX, 1777, p. 382-436 ; Th. Mommsen, De colleg. et sodalit. Bom. Kiel, 1843, p. 40-73; Walter, Bom. Bechtsgeschichte, Bonn, 1860, 3« éd. t. Il, p. 815, n. 774 ; Rein, Das Criminalrecht der Borner, Leipz. 1844, p. 701 ; Laboulaye, Essai sur les lois erim. des Bom. Paris, 1845, p. 282 ; Rudorll’, Bom. Bechtsgeschichte, Leipz. 1857,

1 p 79 • 1859, II, p. 399 ; A. W. Zumpt, Das Criminalrecht der rôm. Bepublik, II,

2 p. 217, 245, 264, 367; Rinkcs, Disput. de crim. ambit. et de sodal. apud Bom. Lugd. Bat. 1854

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menl a^SXwtTtç, àuotpôopa), autorisé, encouragé, ordonné même dans certains cas par les philosophes anciens, notamment par Platon 1 et par Aristote 2, était-il puni par les lois d’Athènes? — La plupart des historiens, Meier3, Hœlscher4, Westermann8, Mayer6, répondent négativement. D’autres, comme Hermann7, disent que la loi avait gardé le silence, mais que, dans la pratique, il y avait controverse sur le point de savoir si le fœtus est un homme et s’il était possible d’appliquer au fœticide les peines de l’homicide ; ils se fondent principalement sur un discours attribué à Lysias (xar ’Av-riyevou; àptêXwffsoj; 8); discours qui prouve, disent-ils, que l’avortement était matière à discussion devant les tribunaux. Nous croyons, avec M. Boissonade9, qu’un texte de Galien est décisifen faveur de l’affirmative : « Lycurgue et Solon, disciples des dieux, ont, dans leurs lois, prononcé nettement des peines contre l’auteur de l’avortement 10. » Cette opinion est confirmée par deux fragments qui nous ont été conservés par Stobée 11 .

« Les législateurs, dit le stoïcien Musonius, ont défendu aux femmes de se faire avorter et ont infligé des peines à celles qui n obéiraient pas ; ils leur ont aussi défendu d’empêcher la conception, et de se servir de drogues abortives. » Chez les Grecs d’Asie, l’avortement était regardé comme un crime capital ; Cicéron, pendant un voyage en Asie n, apprit qu’une femme de Milet avait été condamnée à mort pour s’être laissé gagner par les héritiers de son mari, et avoir pris des breuvages qui la firent avorter. Comment la législation athénienne aurait-elle laissé impuni un fait que les autres législations réprimaient13? M. Boissonade fait enfin remarquer que le silence d’Aristote est significatil; il n aurait pas manqué, en effet, de citer, à l’appui de ses étranges conseils sur l’avortement, les pays où cet acte était regardé comme licite. Notons, en terminant, que, dans le très-ancien serment, attribué à Hippocrate et exigé des médecins, ceux-ci s’engageaient à ne pas provoquer d’avortements : ouSè yuvocixl 7tsa<70v <p0optov oeoerw. E. Caillemer.

AJIBROSIA (’Apgpcm'a), l’ambroisie. — Sans chercher à donner de cette substance divine une définition plus précise que le sujet ne le comporte, nous mentionnerons, en suivant, autant que possible, l’ordre du temps, les divers emplois que les auteurs anciens, les poètes surtout, semblent en avoir faits.

Nulle part, dans 1 Iliade, elle n’est considérée comme un aliment propre à entretenir chez les dieux la vie immortelle; mais c’est un principe onctueux, d’un suave parfum, dont la vertu est de purifier et de conserver. Ainsi, lorsque liera se pare pour plaire à Zeus et l’attirer dans le piège d’un sommeil profond : « D’abord, avec l’ambroisie, elle purifia de toutes souillures son corps plein de séduction ; elle se parfuma d’une huile onctueuse, immortelle, suave, de l’odeur la plus agréable à la déesse; quand cette huile est agitée dans la demeure de Zeus aux fondements d’airain, et la terre et le ciel sont pénétrés de son parfum *. »

On a Cru reconnaître cette scène sur un vase de la Basilicate; mais suivant une autre interprétation, cette peinture serait la toilette d’Aphrodite 2.

AMBLOSEOS GUAPnÈ. < Civitas, V, R. 00, 40. — 2 Politica, VU, 14 § 10. - ° Attische Process, p. 31 1. - 4 Hœlscher, I)e vita et scriptis Lysine, p. 135. - 5 ] Fauly s, Realencycl. I, éd. p. 2. - 6 Rechte der Israélite», Athener, etc. 11, p.

9 P!'watalt' § U’ "• — 8 Hœlscher, l. I. p. 134, et Didot, Orat. Att. 11, 250.-

Hech. sur les lois anc. relatives à l’avortement, 1814 (inédit). — 10 XIX, 177 éi Kuhn. - il Floril. 74, 61 et 7b, 15. - 12 P en Cluentio, XI, 32; cf. 1. 39, n. I poems, 48, 19. — 13 cf. Wachsmuth, Belle». Alterth&mer, 2» éd. U, 210. AMBROSÏA. 1 II. XIV, 170 ; cf. Eust. Ad II. 974, 7. — 2 Catal. Beugnot, n. S •lite ceramogr. IV, p. 65 et 148 ; pi. xv. — 8 n. XY[, 670, 680. — 4 II. XIX, 3!

D’autres exemples dans l’Iliade présentent l’ambroisie sous la môme forme. Zeus ordonne à Apollon d’en parfumer le cadavre du héros Sarpèdon, et de le laver, pour le préserver de la corruption, ce qu’exécute le dieu 3. Thétis fait couler goutte à goutte dans les narines de Patroele l’ambroisie et le rouge nectar, afin que son corps demeure incorruptible De même, dans l’Odyssée et dans d’autres poèmes, Idothée, fille de Protée, place sous les narines d’Ulysse et de ses compagnons l’ambroisie parfumée, qui les préserve de l’odeur des peaux de phoques s; l’ambroisie, répandue de la main d’Aphrodite dans le sein de Bérénice, lui donne l’immortalité 6 ; Phœbus l’applique sur une plaie en même temps que le nectar7; Cyrène la répand sur le corps d’Aristée 8; Vénus prépare les sucs salutaires de l’ambroisie avec la panacée pour guérir la blessure d’Énée ; d’une onction d’ambroisie mêlée au doux nectar, elle purifie son fils et le fait dieu 9.

Doit-on s’étonner de plusieurs passages, où l’ambroisie paraît plutôt un breuvage qu’un aliment ? Le Cyclope compare le vin d’Ulysse à une émanation d’ambroisie et de nectar10; Sappho chante un mélange d’ambroisie dans un cratère 11 ; la déesse Athéna verse l’ambroisie d’un aryballe sur la tête de Démosthène 12 ; le poète de la comédie moyenne Anaxandridès fait du nectar un aliment et de l’ambroisie un breuvage 13.

C’est l’aliment des héros et des chevaux divins : Athéna, sur l’ordre de Zeus, verse dans la poitrine d’Achille le nectar et l’agréable ambroisie, pour le soustraire à la faim 14; là encore l’ambroisie est confondue avec le nectar, sous la forme liquide. Elle n’en apparaît séparée que pour servir de nourriture aux chevaux divins : le Simoïs fait croître l’ambroisie que doivent paître Jes chevaux de Hèra l0. Ovide a imité Homère en rassasiant d’ambroisie les chevaux des Heures 16, et en la faisant paître aux chevaux du Soleil 17. Platon, dans l’allégorie des attelages des âmes, ajoute le nectar comme breuvage, après l’ambroisie 18.

C’est aussi l’aliment des dieux. Rarement, l’ambroisie se trouve séparée du nectar, et, dans plus d’un cas, il ne paraît y avoir entre ces deux mots que la différence du terme général au particulier. On a remarqué que, dans 1 Iliade, l’ambroisie n’est jamais l’aliment des dieux; il en est de même dans les poèmes de Virgile. L’Odyssée n’offre qu une seule fois 1 ambroisie nettement distinguée du nectar : c’est dans le repas que Calypso présente à Hermès . Plus loin °, les servantes de la deesse lui apportent 1 ambroisie et le nectar, cette fois réunis. De même, Hésiode dit que les dieux mangent et le nectar et l’ambroisie 21 , et que la divinité coupable de parjure ne peut plus se nourrir d’ambroisie et de nectar S2. Dans Pindare, Tantale a dérobé aux immortels le nectar et l’ambroisie, qui l’avaient rendu incorruptible 23 ; les Heures et Gaia ont fait couler goutte à goutte sur les lèvres d’Aristée le nectar et l’ambroisie, et lui ont donné l’immortalité n. Plus tard, tantôt l’ambroisie se confond avec le nectar 2S, tantôt elle s’en distingue nettement -6.

Sur la composition et l’origine de l’ambroisie, les auteurs

415. - 9 Ov. Met. XIV, 605. - 10 Od. IX, 359. — H Evr. gr. Bcrgk, fr. 51. - 12 Avistoph. Equ. 1091. - 13 Ap. Ath. p. 389 A; cf. Eust. 1632, 62. - 14 II. xix. 347 ; 352. - * $ II. V, 777. — 16 Met. II, 120. - 17 Met. IV, 215. - 18 Phaedr. 247 E. — 10 Od. 4 , 93. — 20 /é. 199. — 21 Theog. 600-2. — 22 /*. 79g. 23 01. I. 62. — 24 Pyth. IX, 63. — 25 Aristoph. Ach. 196 ; Lucr. VI, 972; Plut. Mor. 156 F ; Procl. In Crat. p. 161.— 26 Ov. De Ponto, I, 10,.U;Plut. Mor. 938 H ; Lueiaii.ZJm/. I eor. n , 3. — Hcsych. a96po<ria et ip6foff»| ; Etym. Mag. £91606(1105, 80, 52 ; Themist. Or. XIII, p. 293 H, Suid. «9.60001».

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anciens présentent plusieurs opinions, lbyeus attribue à 1 ambroisie une douceur neuf fois moindre que celle du miel Faut-il xoir une imitation et une sorte de commémoration de l’ambroisie divine dans cette offrande ;\ Zeus Ktèsios, dont parle Anticlidès, auteur d’un ouvrage sur Alexandre, et qu il dit être composée d’eau pure, d’huile et de fruits de toute sorte28? Nous avons cité le vers, où le Simoïs fait naître l’ambroisie pour les chevaux de liera. I ne tradition que Proelus donne sous le nom d’Orphée taisait remonter à Dèmèter le partage de la double nourriture des dieux et l’invention de l’ambroisie*9. Homère cite les colombes qui portent l’ambroisie à Zeus 30, légende suivie par Myrô, femme poëte du commencement du IIIe siècle 31, et par Plutarque 32. K. Blondel.

AMBROSIA. — Fête dionysiaque célébrée à Athènes dans le mois de Lenaeon (janvier) ‘, et qui tirait peut-être son nom de celui d’ambroisie, donné au vin doux2. Cette tête faisait- elle partie de celle des Lenaea [dionysia] ou s’en distinguait-elle? On n’est pas fixé sur ce point3. E. S.

AMBUBAIAE. — Ce nom, qui vient du syrien abub , ambub (flûte, fifre), désignait des musiciennes venues de l’Orient qui se faisaient entendre en public, avec leurs instruments nationaux, fifres, harpes et timbales, particulièrement dans le cirque. Elles exerçaient en même temps le métier de courtisanes *. R.

AMBURBIUM ou AMBURBIALE. — Cérémonie expiatoire consistant en une procession, suivie d’un sacrifice et de prières, dans les rues de la ville et autour de son enceinte1. Les victimes ( amburbiales hostiae 2 ) qui devaient être offertes aux dieux étaient promenées solennellement par les collèges des prêtres, suivis des citoyens. Cette cérémonie paraît avoir eu lieu à Rome tous les ans aux lupercalia ; et en outre, on y avait recours quand des présages sinistres semblaient menacer la ville. On en trouve encore la mention dans la biographie d’Aurélien par Yopiscus 3, où elle est formellement distinguée delà cérémonie des ambarvalia, avec laquelle on l’a quelquefois confondue. E. S.

AMELIOU DIKÈ (ApsXi'ou St'xvj). — Nous trouvons, dans le Lexique d’Hésychius, la mention d’une action désignée sous ce nom. Elle paraît avoir été, comme Fageorgioudikè, établie pour régler les rapports d’un propriétaire avec son fermier. Mais nous n’avons sur elle aucune espèce de détails, et la définition qu’en donne le grammairien : Çvqju'ou 5fxv|, ne nous place pas même sur la voie des conjectures. E. Caillemer.

AMENTUM ou AMMENTUM (’AyxuXv), au.u.u, évalua). — Courroie adaptée au bois d’un javelot pour en faciliter le jet et en augmenter la portée1. Comment cette courroie étaitelle fixée, et comment s’en servait-on pour donner au trait l’impulsion? On resta dans le doute à ce sujet jusqu’au moment, encore peu éloigné, où quelques monuments antiques mieux observés fournirent l’éclaircissement des textes restés obscurs, et où des expériences furent tentées, d’abord en France, puis en Allemagne et en Suisse, d’après leurs indications2.

Indépendamment d’autres monuments, plus loin indiqués, où ïamentum est figuré, trois qui sont ici reproduits en montrent clairement l’usage.

Le premier est une amphore du Musée britannique, dont une figure, publiée pour la première fois

, Fig. 250. Mouvement droit.

par Mérimée3

(lîg. 250), a été le point de départ des nouvelles recher-

Fig. 251. Mouvement de bas en haut.

elles. Le second (fig. 251) est un disque de bronze trouvé à Égine, actuellement au musée de Berlin''; le troisième (fig. 252), encore inédit, est une coupe de la collection Campana, au Louvre. Tous trois représentent des lutteurs au moment où ils sont prêts à lancer le javelot. Une lanière enroulée autour du bâton forme une anse dans laquelle l’un (fig. 250) a introduit l’index seulement, les deux autres, l’index et le médius. Cette lanière, d’après tous les textes, était de cuir ( lorum ). Aucun n’en indique la longueur, sans doute variable, ni la manière dont elle était attachée. Sur un vase de la collection d’Hamilton 6, est peint un personnage tenant un javelot, au bois duquel pendent deux courroies déroulées et non nouées ensemble, et dans la grande mosaïque de Pompéi7, on voit un trait gisant à terre (fig. 253) autour

Fig. 252. Mouvement de bus en haut.

27 Atlieii. II, p. 39 B; cf. Sch. Pind. IX, 113. — 28 Athen. XI, p. 473 C. — 23 procl. L c. — 30 Od. XII, 62. — 31 Athen. p. 491 A. — 32 Mor. 156 F. 941 F.

AMBROSIA. t Etym. M. s. v. Aijvatàv ; Tzetz. et Mochop. Ad Hesiod. Op. et dies, 504 et sq. — 2 Bôckh, Lenàen, p. liO. — 8 Preller in Pauly’s Jtealencycl.il-, p. 1058 ; Rinek, Relig. der Hellen. II, p. 106 ; Aug. Mommsen, Heortologie, p. 340.

AMBUBAIAE. 1 Hor. Sat. 1, 2, I, avec le commentaire de Heindorf; Juven. III, 12 ; Suet. Ner. 27 ; Petron. 74.

AMBURBIUM ou AMBURBIALE. 1 Serv. Ad Virg. Ecl. 111, 77 ; Lucan. I, 693 ; Apul. Met. III, init. — 2 P. üiac. s. v. — 8 C. 20 ; cf. Strab. V, p. 230 ; Marquardt, Handb. d. rom. Alterthümer, IV, p. 418, n. 2860. — Bibliographie. Preller, Rom. Mythologie , p. 372.

AMELIOU DIKÈ. Wachsmuth, Hellen. Alterthumskunde, Halle, t. Il, 1846, p. 234, § 105, 77.

AMENTUM. 1 Serv. Ad Aen. IX, 665 ; P. Diac. s. v .; Sil. It. IX, 509. — 2 24» Philol. Versamml. in Heidelberg, 1866, p. 206 et s.; Anhange zu Wass mandorffs Ordnungsûbungen der deutsch. Schulturnens, Francf. 1868 ; Juger, Deutsche Turnzeitung , 1863, n. 26. - 8 Reo. arehéol. 1860, II, p. 211. - 4 Ann. dell' Inst. 1832, tav. d’agg. B; Krause, Gymn. taf. ix, 6 ; Pinder, Ueber don Fünfkampf, Berl. 1867, p. 39. - 8 Serv. Ad Aen. IX, 665; Fest. s. v. ; Gloss. Virg. ap. Barth, Advers. 37, 5 ; Gloss. Labb. s. v.; cf. lit. Liv. XXXVIII, 41, 4. — 6 Tischbein, Vas. d’Hamilton, III, pl. xxm. — 1 Mus. Borb. VIII, tav. xxxvi et suiv.

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duquel s enroule une courroie dont une des extrémités Jormo la boucle, tandis que l’autre paraît dénouée. Ces

Fij<. 253. Javelot muni dp l'amontum.

exemples montrent que 1 'amentum ne restait pas fixé toujours d’une manière invariable, avant ou après le jet; et, on effet, on savait déjà par les auteurs8 que l’opération d’enrouler et de nouer Yamentum (IvayxuXoïïv, ivayxuXt’Çsiv, mnentare, amentum torquere ) devait être faite avant qu’on marchât au combat ; mais on ne saurait dire, quoique des expériences viennent à l’appui de cette conjecture, si la courroie était ainsi enroulée afin de donner au trait, en se déroulant, une direction plus sûre et un mouvement plus accéléré 9. S’il en était ainsi en certains cas, il est

probable que plus ordinairement la boucle était fermée de façon à résister à l’impulsion des doigts.

La figure 254, d’après une peinture qui décorait un tombeau de Paestum ,0, montre deux guerriers marchant l’un sur l’autre après avoir lancé leurs javelots, dont l’anse ne s’est pas défaite malgré la force du coup : un de ces javelots a cependant percé la jambe de l’un des combattants. L’autre tient encore un trait, en passant la main dans la courroie comme s’il avait saisi une épée par la poignée. On en a conclu11 que c’était là une arme particulière, dont l’anse pouvait servir à appuyer le coup en frappant; à cette arme s’appliqueraient les expressions ansatae hastae ou ansata tela, employées par Ennius12; mais nous ne pouvons voir dans la peinture de Paestum autre chose que des javelots pourvus d’un amentum semblable à celui qu’on remarque fréquemment dans les monuments; et dans le terme ansata hasta, qu’un équivalent de amentata hasta.

L’ amentum devait être fixé au milieu de l’arme, comme 1 indiquent, et le nom de g.E<jayxuXov devenu celui du javelot lui même13, et les témoignages précis de plusieurs auteurs14, mais ce milieu doit s’entendre sans doute du centre de gravité, qui se déplace suivant que l’arme est garnie à son extrémité d’une pointe plus ou moins pesante. Cette raison n’expliquerait pas encore pourquoi dans les monuments Yamentum paraît quelquefois placé à une distance si inégale des deux extrémités: il est permis de croire que la place changeait selon la commodité de celui qui lançait le javelot. Dans d’autres monuments ici reproduits ou que nous pouvons citer 15, Yamentum occupe assez régulièrement la place que lui assignent les auteurs.

«Plut. Apopht. Alex. 13; Yirg. Aen. IX, 663; X, 585 ; Sil. 1t. IV, 14; cf. Cic. De or.. I, 57, 242 ; Brut. 78, 271. — 9 Jâger, l. I. — 10 Nicolas, Ant. di Pesto, VI ; Inghirami, Monum. etr. 1. 1, tav. i, S. — il Richult. Dict. des antiq. s. v. Ansatus,

-• 1 Non. p. 556 Merc., 649 Quicherat ; et ap. Macrob. VI, 1. — 13 j?u

np. Phoen. 1141; Id . Androm. 1132; Polyb. XXIII, 1, 9. — H Poil. I, 136; Isid. Will, 7; Serv. I. I. —15 Stuart, Ant. of Ath. III, p. 47; Millingen, Vnses peints ined, pl. v ; Mon. ined. delV Inst, 1846, tav. xxxui; Ibid, VIII, tav, xxi;

Fig. 255. Athlète étrusque.

Quand on se préparait à lancer le javelot on passait dans l’anse les premiers doigts (digitis tende prioribus )16, c’est-àdire l’index et le médius, comme dans les fig. 250, 251, ou l’index seulement, comme dans la fig. 249; on la tenait tendue, de manière à ajouter à l’effort du bras la force d’impulsion que peuvent donner les doigts. La position des personnages n’est pas la môme dans ces figures; deux d’entre eux vont lancer le javelot de bas en haut; l’autre, droit devant lui. La première manière est celle qui convenait le mieux, lorsqu’on ne se proposait pas un but précis mais qu’on voulait seulement atteindre à une grande distance, par exemple pour inquiéter l’ennemi sans l’approcher; ou bien dans les jeux et dans les exercices du gymnase, où, sans viser un but, on voulait lancer le javelot le plus loin possible17. On voit aussi (fig. 255) dans une peinture d’un tombeau étrusque deChiusi18, un athlète ou un pyrrichiste passant les doigts dans l’anse adaptée à un long javelot, qu’il va lancer de bas en haut, mais la courroie n’est pas encore tendue. La seconde manière de lancer était la seule qui rendît possible d’atteindre un but déterminé : c’était nécessairement celle des chasseurs, c’était aussi celle qu’on devait préférer à la guerre, lorsque l’on combattait d’assez près.

Les exemples que nous avons cités prouvent que l’usage de Yamentum fut répandu de bonne heure en Italie aussi bien qu’en Grèce. Il n’en est fait aucune mention dans les poèmes d’Homère; mais au ve siècle, elle était l’arme de jet préférée des Grecs19, les jeunes gens s’exerçaient à le manier dans les gymnases; à la guerre le pscayxuXov, ou javelot garni de layxuXYi, était l’arme des peltastes, et l'on s’en servait également à la chasse20. En Italie où l’usage de Yamentum fut introduit de bonne heure, puisqu’on le voit clairement figuré dans les peintures déjà signalées (fig. 254, 255) et plus anciennement encore (fig. 256) parmi les peintures d’un tombeau étrusque de Caere 81 , qui sont entrées au Louvre avec la collection Campana. La hasta amentata fut aussi chez les Romains l’arme des troupes légères a2 [velites] : on la trouve quelquefois désignée sous le nom de hasta vehtaris AMIANTUS [asbestos].

AMICI AUGUSTI. Personnages admis, depuis le règne d’Auguste, à former l’entourage habituel du prince; dans un sens plus large, ce mot comprenait même les convives

O. Jah», Bemaltc Yasen mit Goldschnmck, pl. 16 Sen. Hippol 280 0v. Met. Ml, 787 ; XII, 321; cf. Xen. Anab. IV, 3, 28; V, » 1» — 17 ÿinder Ftmfkampf, p. 91 et 112. - 18 Mon. ined. delV Inst. 1850, tav. - 19 Eu, b,.' Androm. 1132; Or. 6714 ; Phen. 1141. —20 Fur. Bacch. 1205 ; Polyb. XXIII, I.

11 -I lonutn. ined. dcdl Inst. 1859, tav. xxx. — 22 Cic .Brut. 78, 271. 23 xit.

I-iv. XXVI, 4, 4. — Bm.ior.iuu, pu. Küchly, 26 * Philnl. Versommlunq in Würsburq. 1868, p. 226 cl s.

Fig. 256. Guerrier étrusque.

E. Saglio.

AMI

AMI

ordinaires de l’empereur. Suivant M. Friedlânder *, les personnages politiques au temps de C.Gracchus et de Livius Drusus avaient déjà divisé leurs amis politiques en trois catégories: les confidents ou conseillers intimes, les principaux partisans et la foule des alliés plus ou moins dévoués3. Jules César eut aussi ses amis attitrés et rangés en diverses classes s. Mais sous Auguste et surtout sous Tibère et ses successeurs les termes arnic-i ou familiares principis désignèrent des personnes régulièrement choisies pour participer aux conseils et à la société ordinaire de l’empereur. Ce nom devint un titre régulier et permanent, supposant des prérogatives spéciales ; les amis formèrent une sorte de noblesse de cour, sans embrasser tous ceux qui s’y trouvaient admis à titre de sénateurs ou même de simples chevaliers. Le germe de l’institution fourni par les usages politiques de Rome fut développé par les princes, d’après le type des cours orientales. En effet, la noblesse de cour se partageait chez les Perses 5 en parents, en alliés, amis et convives du roi. Alexandre avait transporté cette institution à la cour de Macédoine, d’où elle passa chez ses successeurs, notamment chez les Séleucides et les Ptolémées, où il y avait des irpwToi cpt'Xoi, etc. 6. C’est chez ces derniers probablement que les empereurs romains puisèrent les traits principaux du système des amici Augusti. Cette expression devint un titre permanent, indépendant de l’amitié personnelle du prince, et peut-être même un attribut attaché à certaines fonctions comme les grandes préfectures 7. Le choix des amis était important et fécond en conséquences pour l’administration générale de l’empire 8; aussi avait-il lieu pour toute la durée du règne, tandis que l’admission au conseil du prince ( honor consilii) était souvent temporaire 9. En écrivant à ses amis, l’empereur les gratifiait de très-chers (carissime) 10 ; il les prenait d’ordinaire pour compagnons de ses voyages ou de ses expéditions militaires, comme ceux qui formaient jadis l’entourage des généraux ou des gouverneurs sous la république ( cohors ), et ce nom leur fut encore appliqué “, cohors Augusti favor. De là aussi le nom de compagnons, comités, origine, des comtes du Bas -Empire, et maintenant synonyme d ’ amici Augusti n. Cependant on donnait parfois ce titre à un compagnon accidentel du prince13. Quoi qu’il en soit, les amis, au sens étroit du mot, se divisaient en deux classes, et dans un sens plus large, en trois classes14. Le rang de ces amici dépendait moins de l’ordre auquel ils appartenaient que delà situation que leur conférait l’empereur. Cependant les deux premières classes se composaient en général de personnages qui, par leur naissance, leur fortune ou leurs fonctions, occupaient une haute position sociale. Ceux de la première catégorie se nommaient primi amici ou cohors primae admissions 15 [admissio], ou in timi amici, gratissimi amicorum , principes in Caesans amicitia 16. Le plus

AMICI AUGUSTI. 1 Darstell. ans der Sittengesch. Roms,l, p. 118 et s.; cf. Becker, Handbuch. Il, 3, p. 231 et s.— 2 Senec. De benef. VI, 34. — 3 Suet./îâ. 52 ; Cic. 4<7 famil. VI, 12, 2. — * Senec. De clem. I, 10; Dio Cass. LXIX, 7 ; Tacit. Ann. VI, M ; Suet. Tih. 40. — 3 Lctronne, Itech. pour servir à l’hist. de l’Egypte, p. 38, 314 ; llunker, Gesclt. des Alterth. II, 642 ; pour les Partîtes, Athenod. I\, p. 152 F; pour les Arabes, Strabo, XVI, 4, 21. — 6 Q. Curt. VI, 5, 11 ; VI, 26, 17 ; Joseph, Ant. jud. XII, 7, 3; XII, 9, 1 ; XIII, 4, 5; Maccab. I, 3, 38; T. Liv. XLV, 12; Po l y b . XXX, 1 1 ; Letronne, Op. I. p. 58 ; Plut. De exil. c. 7. — 7 Tacit. Ann. XI, 31 • Dig. XL IX, 1, 1, § 3 ; JuYen. IV, 112 ; Ilist. Aug. Hadr. c. 15 ; Friedlânder, I, p. 126, nelv. 3. — 8 Hist. Aug. Alex. Sev. 65. — 9 Plie. Epist. IV, 22; VI, 22, 31. — 10 Comme Trajan dans ses lettres à Pline : \o\. Borghesi, Œuvres, III, 101.— >1 Val. Max. IX, 15, ext. 1. — lî Juv. IV, 83, 84, 86; Henzen, 6051 ; Gruter, 1100, 5; Mommsen, Disc. Jl. II, 4550 ; Orelli, 934; Gruter, 407, 1 ; 407, 2 ; 412, 3; Dig. I, 15, 4; ci. Becker, Handb. II, 231-3. — ‘3 Tac. Ann. 1. 47; II, 65; Stat. Silv ’. III, 71 ; Orelli, 750 ; Mommsen, l. I. 4237; Henzen, 7420, 6502. - 14 Sen. De benef. VI, 34; Suet. Tih. 46. — 15 Sen. 7.7.; Dinlog. II, 18, 2; De clem. I, 10;

souvent ils appartenaient à l’ordre sénatorial, comme les consuls et les consulaires, consulares 17 ; cependant il n’est pas rare de voir des chevaliers admis dans la première classe des amis de l’empereur, à raison de leur mérite ou de leur office 18, ou même de jeunes favoris au début de leur carrière , comme Lucain près de Néron et aussi Othon 19 ; enfin des parents ou alliés du prince, comme Hadrien à la cour de Trajan, enfin des condisciples de l’empereur 20.

Les amis surtout primae admissions étaient en générai appelés au conseil du prince21 (consilium principis ), mais pas nécessairement; en sens inverse, les membres de ce conseil, principalement depuis Hadrien, n’appartenaient pas tous à la classe des amici 22. On comptait principalement les chevaliers dans la seconde catégorie. La troisième classe comprenait tous ceux dont le prince voulait faire sa société habituelle, indépendamment de leur position sociale, à cause de leurs talents, de leur politesse ou des agréments de leur commerce. C’étaient en général des philosophes, des savants, des comédiens, des artistes, etc., parfois des étrangers et surtout des Grecs d’origine. On les nommait grati, ou convictores ou commensaux habituels de l’empereur, quoique ayant à la cour un rang subordonné; à peine pouvait-on les appeler des amici {stricto sensu) 2S. Cependant le philosophe Areus d’Alexandrie à la cour d’Auguste, et ses deux fils, etc. 2\ jouirent d’une considération exceptionnelle; ces cufrëtoixai' habitaient le palais, ou étaient admis au contubernium. Au contraire, les amis de la première ou de la seconde classe se présentaient le matin au lever de l’empereur ; ils étaient conviés plus ou moins régulièrement à sa table, et une certaine catégorie de domestiques du palais était attachée à leur service, sous le nom de a cura amicorum 2S. Du reste, les habitudes des empereurs varièrent beaucoup relativement au choix de leurs convives et à leurs procédés à l’égard des amici 2G. On trouve la même variété en ce qui concerne les voyages et les expéditions. Le privilège de suivre l’empereur était en général en même temps un devoir 27 ; les amis habitaient, avec le prince ou il pourvoyait à leur logement; ils avaient dans le camp une place réservée près du quartier impérial28. Le prince leur fournissait une indemnité de voyage, viaticum amicorum, ou du moins la subsistance 29 ; mais parfois ils étaient amenés par le comitatus à des dépenses ruineuses30, et réciproquement leur logement ou leur transport devenait une charge très-onéreuse pour les cités qu’ils traversaient 31. M. Friedlânder a recueilli des faits nombreux qui attestent la courtoisie ordinaire des empereurs envers leurs amis32, et la haute influence que ceux-ci pouvaient exercer sur la marche des affaires et le choix des généraux, etc. 33. On comprend aussi que les courtisans de la première classe vivaient dans la contrainte et l’in -

Hist. Aug. Alex. Sev. 20. — 16 Tacit. Ann. I, 71 ; IV, 29 ; X, 31 ; Dial, de orat. S ; Dio, LX VI, 11 ; cf. Tacit. Ann. XVI, 18 ; Sueton, Otho, 3. — U Tacit. Ann. I, 27 ; IV, 9, 29, 44, 58 ; II, 20 ; VI, 5 ; Dig. I, 1, 2, 49 ; Suet. Otho, 1, et Friedlânder, Op. L p . *1 24, note 3. — 18 Son. De benef. 1, 10; Tacit. Annal. XIII, 12; XV, 50. — 19 Sud. Oth. 3; Vitellius, 4; Plut. Galba, 19; Tacit. Annal. XIII, 46. —20 Dio, LXIX, 1; Hist. Aug. Hadr. 15; M. Ant. 13. —21 Suet. Tih. 55; Tit. 7. — 22 Bethmann-Hollweg, Handb. d. civil proc. p. 108.— 93 Suet. Tib. 46. — 24 Suet. Oct. 89 9S * Dio, LI, 16; Son. Ad Marc. IV, 2; Ep. XXIX, 5; Lucian. Parasit. 52; Plut. PrinCip. 'philos. II, 13. — 25 Orelli, 1588, 2917, 2918, 2932 ; cf. Murquardt, Handb. V, n. 858. — 26 Hist. Aug. Hadr. 9 ; Ant. p. 11 ; M. Anton. Comm. I 16 ■ Ant. phil. 26 ; A lex. Sev. 4. — 27 Marc. Ant. Comm. 1,16; Suet. Galba, 7 ; Yesp ’. 4. — 28 Hygin. De mutât, castror. — 29 Tapit. Ann. I, 37 ; Suet. Tib. 46 ; Oclav. 29 ; Quintil .VI, 3. 52. — 30 Philo, Légat, ad Cal. p. 596 m ; Sueton. Calig. 19. 31 ’plin. Paneg. 20; Hist. Aug. Anton, p. 7. — 32 I, p. 133 et s. Dio, LV1I 11' Suet. Tib. 23; Oct. 53; Claud. 35; Otho, 4; Galba. 20; Neru, 27< cii-, — 33 Tae. Ann. XIII, 6 ; Hist. IV, 7 ; Ilist. \ugust. Ale.r. Sev. 63.

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quiétude, craignantde perdre la faveur du prince3'', objets d’une méfiance et môme d’un espionnage dangereux 35 ; ils passaient parfois du premier rang des amis à la disgrâce et finissaient par le suicide ou dans les supplices36. Leur renvoi de la cour leur enlevait, non-seulement la familiarité du prince, mais l’accès du palais 37. Une pareille décision équivalait presque à un ordre d’exil F8. Chacun s’éloignait du disgracié, bientôt les délations se multipliaient contre lui, il était accusé devant le sénat, condamné à l’èxil et pour y échapper se donnait la mort 39. Quelquefois un exilé revenait à la cour et. s’exposait encore aux mêmes dangers40. La mort de l’empereur n’entraînait pas d’ordinaire l’exclusion de ses amis; leur maintien était considéré comme un devoir de piété, mais qui fut souvent méconnu 41 ; dans les révolutions violentes, les amis n’étaient pas épargnés , sauf d’honorables exceptions 48. — D’après un usage emprunté à la cour de Perse43, de jeunes nobles étaient élevés à la cour ( pueri eminentes Caesaris ) 44 avec les princes de la famille impériale ou les enfants de rois étrangers, et y contractaient avec le futur souverain les liens d’une amitié durable 45 . Nous renvoyons à M. Friedlânder 46, qui en a rassemblé de nombreux exemples. G. Humbert.

AMICITIA. Une des formes d’alliance usitées d’après le droit international romain [foedus, jus gentiumJ. Elle offrait une grande analogie avec le droit d’hospitalité [hospitii jus], accordé à une cité étrangère. Certains auteurs 1 admettent même que Yamicitia n’était qu’une forme plus récente et à peine juridiquement différente de cet hospitium ; cependant le premier terme était plutôt employé pour les traités entre cités 2. En outre, Pomponius paraît distinguer nettement Yamicitia, de Yhospitium et du traité d’alliance (foedus amicitiae causa factum 3) et Paul parle d’une cité alliée ou amie, etc. (ad sociam amicamve aut ad regem socium amicumve 4), désignant ainsi des rapports de droit public, distincts quoique analogues. ; Le sénatus-consulte Lutaden relatif à Asclépiades, etc. 5, concède à certains sujets provinciaux d’être placés au rang des amis du peuple romain (in amicos populi romani referri) et en même temps, le jus hospitii. Quoiqu’il en soit, le traité (Yamicitia contenait, suivant Walter 6, les deux clauses suivantes : 1° engagement pour les peuples amis de recourir aux voies d’accommodement pour régler leurs différends 1 ; 2° règlement des relations de leurs sujets respectifs, de leurs droits en territoire étranger et de la protection à eux due par l’autorité locale. Toutefois le peuple ami restait libre de prêter son secours en cas de guerre 8. On

Calen./n Hippocrat. epid. IV, 9, cd. R. XVII, B. 150 ; Epict. Dissert. Vf, 8, 41 50; Sen. De ira, II, 33 ; Tacit. Ann. III, 30 ; Bist. IV, 8 ; Juv. IV, 72. — 35 Yit.Hadr.

1 1 ; Dio, LXVII1, 15 ; Suet. Octav. 66 ; Tib. 55 ; Calig. 26. — 36 y#. Hadr. 15. —

37 Tacit. Annal. II, 70 ; VI, 29 ; Suet. Calig. 3, 7 ; Lips. Excurs. L ad Annal. U ; Orelli, 932, 4997. — 38 Tacit. Ann. III, 24. — 39 Suet. Oct. 24 ; Dio, LUI, 24 ; Tue! Ann. I, 5; VI, 9; XIII, 46; Suet. Yesp. 4, 14; Otho, 3. —40 Epict. Dissert. 1, 10.

41 Dio, LXVII, 2; LXXII, 12,4; Suet. Tit. 7; Vita Commod. 3.-42 Ta0! Bist. I, 71; Plut. Otho, 1; Plin. Ep. IV, 22; Juv. IV, 113. — 43 xen. Anab.

I, 9, 3. — 44 Henzen, 6236. — 48 guet. III. gr. 117 ; Octav. 48 ; Clavd. 32 ; Tit. 2 Joseph. Ant. jud. XVIII, 6, 1. — 46 y p. 14-1. — Bibliographie. Haubold, De consistorio principis, Lips. 1825, I, p. 207 et suiv.; Krnesti, Excurs. XV ad Sueton. ■liber. 46 ; Meibora, Maecenas, Lugd. Bat. 1653, p. 42 et suiv.; Gothofredus, Ad cod. Theod. VI, 13 ; Salmasius, Ad SpartianiVit. Hadrian. 18 ; Id. Ad Trebell. Pollion. vit.Macr. ( triginta tyranni) ; Becker-Marquardt, Handbuch der rôm Alterthümer, Leipz. 1849, II, 3, p. 231 et s. ; L. Friedlânder, Darstellungen nus der Sittengeschichte Roms in derZeit von August bis zum Ausgang der Automne, 3e éd. Leipzig 1S69, I, p. 1 18 et suiv.

AMICITIA t Mommsen, Rôm. Forschungen, I, p. 238 et s. — 2 y0y pou,. huit Gori, Insc. 2, 306. - 3 Dig. XLIX, 15, 5, g 2, De captivis et postlimin. - 4 Dig. XLIX, 15, 19, g 3. — 8 Haubold, Monum. p. 90-97; Mommsen, Rôm. Gastrecht, p. 267-371 ; Id. Rôm. Tribus, p. 152, 160 ; Walter, Gesch. des rôm.

AMI

trouve de pareilles stipulations dans le premier traité fait entre Home et Carthage en 245 de Home ou 509 av. J.-C. suivant Polybe 9, mais reporté avec plus de vraisemblance par les modernes en 4C6 de Home ou 348 av. J.-C. 10, et dans le second traité conclu en 448 de Rome ou 306 av. J.-C. C’est ainsi que les Romains protégeaient leurs nationaux attirés au loin par le commerce chez les rois amis, où ils étaient publiât nomine tuti “. En cas de ! lésion de leurs droits, ils pouvaient non-seulement s’adresser à la justice du pays, mais encore recourir à des arbitres spéciaux nommés recuperatores et institués par le traité d’amitié pour juger les litiges relatifs à la violation des facultés garanties par le foedus [recuperatio],

G. Humbert.

AMICTORIUM. — Bande de linge fin analogue au stropniuM et à la fascia pectoralis, dont les femmes romaines s’entouraient la poitrine *; et aussi, sous le bas-empire, vêtement de toile forte, à l’usage des hommes : la forme n’en est pas connue 2. E. S.

AMICTUS (diminutif amiculum). — Terme général pour tout vêtement de dessus dont on s’enveloppait et se drapait ( amicire ), tels que la toge et toutes les espèces de manteaux *, par opposition aux vêtements de dessous, tels que la tunique, plus immédiatement adhérents au corps (i induere , indutus).

Le même mot s’applique 8 au port du vêtement, à la manière d’en draper les plis ( componere ), qui avait une grande importance pour les anciens, fis y voyaient le signe de la distinction extérieure.

A amictus et amicire correspondent les mots grecs l7uëXrjfjta, ETuêoXouov, 7i:epi'ë)a)fjia, 7i£piSô).aiov, àpt/rcevdvï) et êtuëoDAîaÔ at, Oat. E. S.

AMIS (Aptii; et 'A[/.tç). — Vase dont l’emploi était, chez les Grecs, celui de notre vase de nuit. On l’appelait anciennement oùpdvïj L II nous est surtout connu par des passages des comiques indiquant un usage étranger à nos mœurs : il paraît que ce vase était un des ustensiles indispensables dans les repas et réunions de buveurs i. Les convives se le faisaient présenter par des esclaves chargés de ce soin 3. On pourrait même supposer que chacun d’eux avait un àutç assez près de lui ; car Eschyle et Sophocle 4 avaient représenté dans des pièces aujourd’hui perdues, des Grecs ivres qui se cassent de ces vases sur la tête 3. Sur une coupe du musée Grégorien, on voit entre les mains de l’un des personnages un vase à col étroit (fig. 257) et l’emploi qu il en va faire est assez clairement exprimé pour ne faire l’objet d’aucun doute; tandis que sur une hydrie de

JICL/llo, 11. O Oj IIUU

7 Dion. Hal. IU, 3 ; Polyb. III, 22, 24; T. Liv. XXXVIII, 39.-8 T. Liv. XLY,25- Polyh. XXX, 5 - 9 111,22, 23, 24. — 10 Schwegler, Rôm. Gesch. XVIII, 13 ; Momm¬

sen, Rôm. Chronol. 2= éd. p. 320 ; Walter, Op. I. n. 81, note 3, et n.’ 94. Il Dig. XLIX, 15, 19, § 3, De captivis et posllim. Les Romains n’eurent jamais de pareils traités avec les Gaulois (T. Liv. V, 33-36) avant la première guerre qu\,mena l’incendie de Rome. — Bibliographie. Becker-Marquardt, Handbuch der rôm. Alterthümer, Leipz. 1851, 111, I, p. 25 et suiv. ; Walter, Geschichte des rôm. Rechts, I, 80, 84, 94, 3e éd. Bonn, 1860 ; Voigt, Jus naturelle, II, 93, 234, 177 ; 1\ 2, 134, 136 et suiv. Leipz. 1858 ; T. Mommsen, Rom. Forschungen. 1. ’p. 1,323 j, suiv., Berlin, 1864 ; Id. in Hermès, 1869, p. 127 et suiv.

AMICTORIUM. 1 Mart. XIV, 149; Hieron. In Isaï. II, 3, v. 23. 2 1 ,>d

Theod. L. VIII, t. 5.

AMICTUS. 1 Xaev. ap. Yarr. De ling. lat. VII, 3, 92; f.ie. Ad Att. VI, 1 ; De or. 111, 32; Phil. VI, 34; Plin. Ep. II, U ; Tac. Ann. XIV. 21. — 2 Ci e..' De or. H. 22, 91 ; Quintil. Inst. or. XI, 3, 156. - 3 0v. Metam. IV, 318, et Burmann, Ad h. I; Id. De Ponto, II, 5, 52, et Heinsius, Ad h. I.

AMIS. Aesch. et Soph. ap. Athen. I, 30, p. 18. — 2 Aristoph. Yesp. 807 ; Demosth. Adv. Con. LIV; Athen. XII, 17, 319. — 3 Aristoph. Dan. 543; Eupolis, Fr. 303 ; Biph.AV. 43,34; Epier. Fr. 5 ; Plut. Apopht. p. 834, Wyttenbach. — 4 L. I.— 5 U, 85. 2. Bibliographie. Gataker, Adversarr mixcellan , lib. Il, r. 5, t. |, Opp. p. 293.

AMM

AMM

la collection Campana, au Louvre, un vase bas, très-ou- \ei t (fig. 238), paraît avoir la même destination; soit que 1 a‘aiç neût Pas une forme constante et bien déterminée,

s°i* 00e dans 1 une des peintures que nous venons de citer un \ase dilférent ait été pour un moment détourné cet usage, comme il arrivait quelquefois.

L oatç s appelait chez les Romains matula ou matelln, nom commun ;\ d’autres vases. Ch. Morel.

AMM A ( Ap.[xa). — Mesure de longueur qui n’est pas proprement grecque, mais égyptienne. Son nom paraîtêtre celui du cordeau qui servait à l’arpentage. On n’en trouve la mention que dans les fragments de Hiéron et de Didyme. Elle valait 40 coudées ou GO pieds1. Ch. Morel.

AMMON ('AfifLOJv). — Animon, divinité d’origine étrangère, sémitique ou égyptienne, que les Grecs et les Romains identifièrent avec Zeus et Jupiter1. Son oracle en Libye, dans la grande Oasis, n’eut pas moins de célébrité parmi eux que ceux de Dodone et de Delphes [oraculum]. Son culte y avait été apporté de Thèbes, en Égypte, appelée par les Grecs Diospolis*. Il fut connu d’abord des Grecs de la Cyrénaïque, pays limitrophe de la grande Oasis, puis du nombre toujours croissant de ceux qui visitaient son sanctuaire et consultaient son oracle, désormais compté parmi les grands oracles nationaux3. Au temps de Philippe et d Alexandre le culte d’Ammon était répandu dans la Grèce. Alexandre affecta toute sa vie pour ce dieu une dévotion intéressée 4. Les rites, les fêtes, les images du dieu égyptien a tête de bélier, identifié par les Grecs avec leur Zeus, furent expliqués par des légendes empreintes de leur esprit et destinées à mettre Ammon en rapport avec leurs divinités.

On racontait que Zeus, qui ne voulait pas se laisser voir, avait cédé cependant aux instances d’Héraklès : il avait écorché un bélier, en avait coupé la tête, et s’était montré tenant cette bête devant lui et revêtu de la toison5. On expliquait encore l’origine des cornes de bélier, attribut d’Ammon, en disant que Dionysos, ou, suivant quelques-uns, lléraklès allant dans l’Inde, et menant son armée à travers les déserts de Libye, à la fin, presque épuisé de soif, avait invoqué Zeus, son père. Un bélier apparut, et en creusant le solde son pied, découvrit une source. Pour cette raison, Zeus Ammon, dont le nom serait dérivé de agg-oç (sable), serait représenté avec les cornes d’un bélier 6. D’autres assuraient qu’ Ammon, né dans un bois, avait été trouvé par les habitants voisins et regardé comme fils de Zeus et d’une brebis. Suivant une quatrième tradition, des pasteurs, entre Cvrène et Carthage, virent un enfant, dont la tête portait des cornes de bélier, assis sur le sable et prédisant l’avenir. Soulevé de terre, il se taisait ; déposé de nouveau, il parlait. Soudain il disparut; on le crut dieu, et l’on commença en ce lieu à honorer Zeus Amtnon 7.

Une dernière tradition faisait venir d’Afrique un certain Ammon, au temps de la domination de Dionysos en Égypte ; il aurait amené au dieu d’immenses troupeaux, et reçu en échange des terres en face de Thèbes ; les cornes, avec lesquelles on le représentait, seraient un souvenir de ce bienfait. Suivant une variante de la même tradition, tout 1 honneur de celte action reviendrait au dieu, qui aurait par ce motif reçu les cornes de bélier comme attribut 8.

Outre les fêtes d’Ammon à Thèbes, on a gardé le souvenir d’une fête célébrée en son honneur à Athènes ; mais le nom même en est douteux9. U est probable que la trirème sacrée d’Ammon, appelée Ammonis 10 ou Ammonias u, jouait quelque rôle dans cette solennité. On sait que les Athéniens l’employaient pour envoyer leurs offrandes aux sacrifices du dieu 12, et qu’un trésorier, magistrat élu à la majorité des votes (xaufocç à'pywvystpoTGV7îTÔç)y était attaché 13. Lorsque Protogènes décora les propylées de l’Acropole, il y peignit les deux trirèmes sacrées, la Paralos et la Ilammonis, désignée aussi sous le nom de Nausikaa u.

L’art hellénique ou romain consacra à Zeus Ammon un grand nombre de monuments, dont quelques-uns sont parvenus jusqu’à nous 1S. Pausanias vit encore à Sparte un sanctuaire consacré à ce dieu 16. Il en mentionne un autre sur l’agora de Gythion 17. Ammon eut un temple ou au moins un autel à Aphytis, dans la péninsule Pallène 1S. Lysandre, ayant levé le siège de cette ville, à la suite d’une nocturne apparition du dieu, ordonna aux habitants de lui sacrifier, et se rendit en Libye pour s’efforcer de l’apaiser 19. Des médailles d’Aphytis attestent ce culte . A Olympie 20, on lui faisait des libations en même temps qu’à Parammon et à Hèra-Ammoni-a, divinités évidemment de même origine et identifiées par les Grecs à Hermès et à Hèra.

La sculpture consacra à Ammon de nombreux monuments. Un des plus anciens sans doute, remontant à la première moitié du ve siècle, était la statue, œuvre de Calamis, que Pindare lui avait dédiée à Thèbes21. A une époque incertaine, des Hellènes de Cyrène avaient consacré, à Delphes, un char et, sur le char, une statue d’Ammon. Le musée de Naples conserve un Zeus Ammon en marbre, d’un très-bon style et fort intéressant à cause de la rareté des représentations entières du dieu 22. A demi couché sur un rocher, il s’appuie de la main gauche ; deux cornes de bélier s’élèvent du milieu de son épaisse chevelure surmontée d’un calathus ; son vêtement se compose d’une ample tunique à manches courtes et d’un manteau. Une seconde statue, plus petite, en bronze, est au Cabinet des médailles de Tienne ; le dieu, vêtu d’un manteau, est en marche23.

Pausanias rapporte qu’à Mégalopolis, près du théâtre et du Bouleuterion , on avait construit une maison pour Alexandre, fils de Philippe ; on y voyait un hermès d’Ammon avec des cornes de bélier2''. Le nombre des bustes et hermès simples d'Ammon conservés aujourd’hui dans les musées est assez considérable : on peut en citer dix-sept au moins; dans les uns prédomine l’élément humain; les autres laissent plus apercevoir de la nature du bélier. Dans la première classe, le buste en marbre du musée

AMMA. i Hultsch, Griech. und rûm. Métrologie, p. 36.

AMMON. lHerod. 11,42. - 2Diod. I, 15. — 3Herod. I, 46 ; Plat. Leg. V, 9; Ael. Aristid. Orat. Platonic. I, p. 12, éd. Dindorf; Origen. Ado. Cels. VII, p. 333 ; Cic. De divin. I, 42. — 4 plut. Cimon, 18 ; Nicias, 13 ; Lysand. 20 ; Alex. 3 et 72 ; Pans. VIII, H, 6; Diod. XVII, 51. - S Her. Il, 42. — 6 sprv. Ad Aen. IV, 196; H j g. Aêtron. avec quelques variantes. — 7 Serv. I. I. — 8 Hyg. I. I. — 9 Hesych. s. v. Aix^iov ; Biickh. Staatsk. der Athen, II, p. 259, conjecture 'App6vta; Id. Corp. il me. gr. p. 252, n. 157. Peut-être cette fête est-elle la même que la fête appelée

’Aïqia/û; cf. Hesych. s. v. — 10 Ilarpocr. s. v. Appuvi;. — lt Arist. üinarch. et Phi loch, in Fragm. cantabrig. lexici rhet. p. 675, 28 ; cf. Orat. att. éd. Didot, t. Il, p. 456.— Schol. Demosth. p. 570, 3. — *3 Suid. s. v. variai. — n Plin. ffist.nat.

35 jo. 37. 18 Pour le sanctuaire de Libye, voy. oraculum. — 16 Paus. III, 18, 2.

17 j,i j[[ 21, 7. — 18 Plut. Lysand. 20. — 19 Paus. III, 18, 3. — 30 Id. V, 15,

jl 21 ]() jx, 16, 1. — 22 Clarac, Mus. de sculpt. t. III, 309, pi. ccccx E,

n 692 e, 23 Sacken et Kenner, Samml. des le. le. Müns. uiul .1 mile. Cabinets ni

Wien, n, 1161, — 21 Pans. VUI, 32, 1,

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de Naples est le plus remarquable (fig. 259). bes cheveux recouvrent presque la racine des cornes fortement recourbées, de même qu’ils dissimulent l’attache des oreilles

d’animal , placées dans la courbure des cornes. Sur le sommet de la tête la chevelure est à demi courte ; sur la nuque elle est coupée à la façon des athlètes. La barbe est seulement ondulée. Le front médiocrement bombé, mais fortement saillant au-dessus des orbites et surtout au milieu, présente plus haut une dépression ou un creux marqué de deux plis. Les yeux ne sont pas très-ouverts. Le nez long, rifç. ü.vj. zeus Aminoii. un peu arqué et très-mince,

et la bouche, dont les contours sont très-particuliers, montrent le type du bélier uni au type humain dans un mélange idéalisé. Un buste en marbre du Panthéon de Wôrlitz 26, œuvre d’une bonne époque, rappelle celui de Naples. Il s’en distingue surtout en ce qu il n a pas d oreilles d’animal. Dans cette première classe, il suffit de mentionner encore un buste de la galerie Giustiniani aujourd’hui disparu, une tête du musée de Berlin 28 , un buste inédit du musée de Naples29, une petite tête en marbre de la collection Barone à Naples, enfin une tête sur un autel funéraire du musée des Offices à ]’ lorence 11 . Lne tête inédite de la Glyptothèque de Munich présente un intermédiaire entre le caractère noble et idéal du buste de Naples et des autres bustes analogues, et le caractère bestial de ceux de la deuxième série.

La deuxième série comprend sept bustes, où domine la nature de l’animal; on y voit surtout le dieu-bélier. Sans que ce type manque tout à fait dans les monnaies grecques, on le remarque en particulier dans des monnaies romaines de 1 Afrique, et les bustes qui le présentent doivent être également considérés comme romains. Nous citerons une tète du musée du Capitole32, dont l’expression est sauvage, farouche, à demi bestiale ; les cornes tiennent tout à fait au visage, ainsique les oreilles, qui sont des oreilles de bouc. Une tête, à Venise33; une tête de marbre grec, destinée à une statue, au musée de Latran 34 ; une autre au même musée 3> ; une petite tête de la collection Barone, à Naples; un buste, autrefois dans la collection Gampana, aujourd’hui au Louvre36; une autre tête, de la même collection, aujourd’hui au musée de l’Ermitage, à Saint- Péters-

'l'/A !r, ;":ihttrd et Panofka' Neapels ant Mldmrlce, n. 119; Braun, iu Ann.

,93- 26 ***. A*. Heft 2,

’ 1 ■ ■ Gal-Gmstin. 11, tav.xLiv. — 28 jr. 778.- 29 N. 281. — 30 jj. 269.

». T' Beschreib ■ der GbJPt • 2” éd. p. 101, n. 81. — 32 1« étage, n. 57 ■

— n'y " [‘y Cnp,toL b t:lb- 4’ °bserv. ; Beschreibung Roms, III, 1, p. 172, n. 5s!

BiUlw dT’r , ^ VeneZia’ tav- Iv‘ ~ 34 ®enr|dorf et Schüne, Ant.

,■ dBS. Lat°‘'«n. Mus. 83. - 3b Ibid. n. 388. - 36 Fr6hnel. Notice de la

-îû:Tj *»**. m ...

39r ’ J^buch- d • freins Alterth. im Bheinlande, 1346, taf. iv, p. lie,.

XI. n Isa, ; n; 5S°- ~ 40 HOnZOn’ BalL delV InM- !'■ 83 ; Ccrp inscr.

î'7 ’ Vrv ’ L,eilr0nne’ Revue arche'ol. III, p. 80; Cavedoni. Ann. delV Instit.

^rha,'d’ ArCh- ZeÜUn^ A*=<*9- p. 35, n. 328. -

p. 186.- 43 c USef] l0'Cletn- P* 12> note d; Braun, Ann. deli ' Instit. 1S4S,

— 44 i)1n , i, 0U ? '0,lltC u' * Atn° dl G,unone : Beschreib. Bonis, III, n, p. 479.

7 ,a Tnr, ’ambre dCS bu*^ -• 346 : Beschreib. Bonis, II, „, p. 188

— Y\c\V° n 7' ' ’ taV' V‘ ’ Pist0,esi> dl Yatic. descritto, V, tav. xlix, 1.

'Um ° casa di Bomp. p. 34; Annali dell’ Instit. 1847, p. 167

bourg87, appartiennent il la même série. A ces bustes on peut joindre deux hermès simples, l’un38, en grès, trouvé près de Bonn, qui offre une ressemblance frappante avec le buste du Capitole, l’autre 39 qui de la collection Campana a passé au musée du Louvre.

Une inscription de Deir-el-Kuelah, dans le Liban 40, a conservé le souvenir d’une représentation en bronze d’Ammon avec des cornes : c’était sans doute un masque qui servait à l’écoulement de l’eau d’une fontaine. Tel paraît avoir été l’emploi de la plupart des masques de ce dieu, conservés dans nos musées 41 . La première place parmi eux revient à un masque colossal du musée des Offices à Florence 42. Les deux masques qui, par la beauté, s’en approchent le plus, sont le masque colossal de la villa Albani43, et un plus petit au musée du Vatican w. A un degré inférieur se placent deux masques de Pompéi 48 ; enfin un petit masque au musée de Berlin 46.

On ne compte pas moins de quinze hermès doubles où Amrnon est figuré dans les musées. Les uns le montrent uni à Dionysos, soit barbu 47, soit imberbe 48. Ce rapprochement paraît plutôt avoir été suggéré aux artistes pâlies légendes communes aux deux divinités et, en particulier, par la tradition qui faisait de Dionysos un fils de Zeus Amrnon 49. Les cornes de taureau que portent ces tètes de Dionysos jeune et imberbe peuvent inspirer quelques doutes sur leur attribution; car le Dionysos ammonien ou libyque de nombreuses médailles de Cyrène et d'autres ailles a des cornes de bélier. Au lieu de l’interprétation généralement admise 50, qui reconnaît dans ces hermès un Dionysos taureau, dieu de la fécondation par le principe de 1 eau, on a proposé d’y voir des représentations du Triton libyque 51.

Un hermès du musée de Berlin 82 associe au dieu une tête de satyre. On le voit, sur un rhyton à Naples 53, réuni à Hèra Ammonia ou à Libya. Un hermès double, relevé par Gerhard64, offre un Amrnon d’un type noble, presque semblable- a Zeus, uni à une tête à peu près semblable, mais sans cornes, et qui paraît être Sérapis. Il existe aussi des monuments où deux têtes d’Ammon sont adossées l’une à l’autre 68.

On trouve des têtes d’Ammon, soit seules, soit unies à des têtes de bélier, aux angles des autels et des cippes funéraires, aux anses ou aux places des anses des vases de même destination. La tête d’Ammon, munie de cornes comme celle d’un bélier ou d’un taureau, paraît avoir servi d’amulette, aussi bien que la tête barbue aux cornes de taureau, qm a été prise tantôt pour Achéloüs, tantôt pour Dionysos; c’est ainsi qu’on le rencontre sur une cuirasse 66 et sur un casque 57. Elle figure dans deux remarquables bas-reliefs

47 Àr r .,CUXCtaeslMSros: Gcth^Berlins ant. Bildu, „. 367 -

n 1 1V’ taV‘ ll“ 5 Ann-ddV Instit‘ *««. ‘av. <1W. » l m

n. 141 c; Beschreib. Bonis, II, p. 72, a. 521, note; Ib. Il, p. f38 Maflei’ Mus. Veron. p. xcm, n. 3 ; Antich. di Ercolano. VIII, tav. Lxx ; Visconti Musto-

* ?' fV°tC d; BraU"' Annali delV InStit- ‘848. p. 190.- 48 Visconti

r x/,agg' ’ 3; M°"traucon- Ant- expliquée, I, pi. „v „ 3!

fl.7^0 "’T *• VerXekh- dermdh^ru>. n. 987 ; Gerhard, Berlin. Anl

B ldw. n. 67 q ; Hubner, Ant. Bildw. in Madrid, „. 87. - 49 Diod In 63 -

P iZX\"rnPi°%:' V- P’ ,2’ ',0t“ d ! Bra““« «T&Æ .848, "'tte’ UuL ,8°8’ p- 82-~ 61 K- Biitticher, Nachtrag. z. Yerzeichn d Bddhauerw. „ 985 et suiv. - 8S N. 170. - 53 ArchàoL

», 764 M n CC"X; "• 3- ~ 53 HÜb,,er- Ant- Bild»- »« Madrid, p. 304,

1 ’ M'*S-J>tsnelanum> P>- “■; Stephani, Cornm. imp. arche, d. de S.-Pé-

^ rV°r; BeM *°m’ U’ "• P' i81' - 33 ; ris.«-

' ’ ,, j “ descritto, VI, tav. cm; Braun, Ann. delV Instit. 1848, p. 19’.

Clarac’ d/,,s- de sc- p'- 3a6> p'- 33«, 2414.-57 Arnethj Anu £ameent

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l’un au Louvre 58, l’autre à Turin59. La figure entière du dieu donne un grand intérêt à un vase en marbre, découvert à Pompéi60. D’après la description qui en a été faite, Ammon y aurait été représenté, comme dans l’offrande des habitants de Cvrène à Delphes, dont il a été parlé plus haut, monté sur un char à deux chevaux, ün a conservé quelques lampes61, où le masque du dieu tient lieu d’ornement. On le trouve de même sur un antéfixe en forme de patinette, dans la collection Campana 62. Un bas-relief en terre cuite, reproduit h plusieurs exemplaires63, le présente orné du bandeau bachique, et accompagné de deux jeunes satyres.

69, ou sous des traits particuliers et presque indivi- 70 ; ou dans un rapport très-frappant avec une

Sur les vases peints, on n’a pas signalé Zeus Ammon avec l’attribut ordinaire des cornes de bélier ; on peut seulement en citer deux, sur lesquels se voit la figure de Zeus avec un sceptre surmonté d’une tête de bélier 6‘.

Les pierres gravées qui représentent Ammon sont assez nombreuses. Le plus souvent, on trouve la tête barbue avec les cornes de bélier, soit de profil 65, soit de face 66, avec l'expression élevée du type de Zeus 67, ou dérivant de ce type68; d’autres fois plutôt avec le caractère bachique duels

physionomie bestiale, mais en général semblalbe à une tête de chèvre plutôt qu’à une tête de bélier71. Un petit nombre de gemmes offrent, comme les monnaies impériales frappées en Égypte, la tête d’Ammon, couronnée de rayons et surmontée du calathus 72. D’autres pierres, comme les mêmes monnaies, joignent à ces attributs le trident entouré d’un serpent 73 ; il en est une 75 où Ammon a sur la tête le croissant de la lune ; sur une améthyste 75 , on le voit porté par un bélier ; une autre pierre 7G, montre (fig. 260) une figure entière d’Ammon avec la tête d’un bélier, le foudre dans la main droite, la main gauche appuyée sur un sceptre.

Ün voit aussi sur des gemmes, quelques doubles têtes d’Ammon et de Libya. La plus connue de ces représentations se trouve au Cabinet de Florence 77 , une tête de femme unie à celle d’Ammon, sur une pierre de la collection de Berlin 78, paraît être celle de Hèra. Une pierre, plusieurs fois publiée 79, offre l’image d’un bélier avec l’inscription c. AMAN (us), nom du possesseur de cette pierre, qui honorait Ammon comme son protecteur et son parton.

La numismatique surtout fournit une riche collection de monuments où est figuré Zeus Ammon. La Cyrénaïque, principal foyer de son culte, se distingue par le grand nombre de ces médailles. Elles appartiennent à trois des

Fi if. 260. Ammon.

Fig;. 26l. Monnaie de Cvrène.

quatre périodes de son histoire : domination des Battiades (640-45U), gouvernement républicain (450-322), les Ptolé mées; la quatrième période, qui est celle de la domination romaine, est sans intérêt pour l’étude des représentations monétaires d’Ammon. Avant le milieu du v° siècle, et, suivant toute apparence, dans un temps bien plus reculé 80, les premières têtes du dieu sont du style archaïque le plus dur. Ce sont des drachmes sans nom de ville. 11 en est autrement des plus anciennes monnaies avec le nom de Cyrène 81 : de même que dans les plus anciennes monnaies de Barca 83 et des Euespérites 8:t, le type est celui du style archaïque (fig. 261). La deuxième période est l’époque du plus beau développement de l’art. La tête d’Ammon est d’une grande distinction. Un des plus beaux monuments de la numismatique Cyrénaïque est une médaille sans nom de ville, avec le nom du magistrat aibtstpato sur le revers84; la tête rappelle le type de Zeus des monnaies locriennes et arcadiennes. Deux médailles, l’une de Cyrène85, l’autre de Barca 86, ont quelque ressemblance avec le beau buste de Naples, tandis que d’autres 87 peuvent être comparées aux bustes où le caractère du dieu est le plus rapproché de la nature bestiale. Sur une médaille en or, plusieurs fois publiée88, Ammon est debout, la partie inférieure du corps couverte d’un manteau ; il ne porte point de cornes de bélier; la tête est radiée; le personnage est tout à fait semblable au Zeus hellénique : sur sa main droite est posée la victoire; de la gauche, il tient un sceptre, un bélier le suil. La troisième période de la numismatique de Cyrène présente sur les monnaies frappées par les Ptolémées, des têtes d’Ammon 89, qui n’ont rien de particulier. A côté se placent quelques représentations plus ou moins barbares du même dieu, sur des monnaies du roi de Numidie Juba Ier 90. C’est également en Afrique qu’ont été frappés les deniers de Q. Cornificius, avec la tête d’Ammon 91 , aussi bien que ceux qui montrent une tête de femme couverte de dépouilles d’éléphant: Q. Cornificius administra l’Afrique en qualité de propréleur, après la mort de César.

On voit encore Ammon sur les médailles de Métaponte, de Catane, d’Aphytis, dans la péninsule Pallène, de Cassandrea ", de l’ancienne Potidée, deTénos, de Mitylène; sur elles des villes de Mysie, Pitane, Lampsaque et Pergame, de Cos 93, d’Ancyre en Galatie 9\et de Césarée 93 en Cappadoce.

S i Musée Napoléon, It,pl.xxix ; Denkm. der ait, Kunst, 11, n. 411. — 5* Marmora Taurin. II, n. 24, p. 15 et suiv. — 60 Bull, dell’ Instit. 1841, p. 98. — 61 Passeri, Dueemae, I,tab. xxxn ; II, tab. liv, 2. — 62 Campana, Opère in plastica, tav. ni.— 63 Aniiquit. of Ionia, Vign. 5, 2 ; Combe, Ane. terracot. in brit. Mus. pl. xxxn, il. 66; Denkm. der ait. Kunst, II, n. 480, O. Jahn, Die Lauersforter Phalerae, taf. ni, 3 ; Campana, Op. in plastica, tav. xxvii ; d’Agincourt, Fragm. pl. xv, 2, etc. — «v M inali, Antichi monum. tav. lxxvi ; Arch. Zeituny, 1846, taf. xxxix, n. 1 ; Creuzer, Zur Gallerie der alten Dramat. taf. v ; Denkm. der ait Kunst , II, n. 393. — 65 Lippert, Daktyliotheli, 1, 3-5, Suppl. 4; Winckelmann, Stosch. Samml. II, 11, n. 69-72; Cades, Jmpronte gemme, I, A, 47-52. — 66 Lippert, Suppl. 5, 6 ; Witickelmann, 1. I. 74, 75 ; Cades, I. I. 39-46. — 67 Qverbeck, Griech. Kunst myth. I, i; Gemmentafel, IV, 1 et 4 ; Cades, l. I. 48 et 51. — 68 Ibid. 47 ; Overbeck, 2. — 69 Cades, 37 ; Lippert, Suppl. 6, Florenz ; Overbeck, 6. — 70 Cades, 50 ; Overbeck, 3. — 71 Cades, 52 • Overbeck, 7. — 72 Cades, 57 et 59 ; Overbeck, 9 et 10 ; cf. Lippert, Suppl. 7 ; Winckelmann, 55, 56 ; Cades, 54, 56, 58. — 73 Cades, 55 ; Overbeck, 8. — 7» Winckelmann, ibidi 73. — 75 Ch. Lenormant, Nouv. galerie myth. p. 69, pl. ix, 23. —

76 Lippert, Daktyl. 1, n. 6 ; Mus. corton. tab. xxu ; cf. Schlichtegroli, Pierres gravées de Stosch, XXI, 76 ; Guigniaut, Bel. de l’Ant. pl. lxix, 269 ; Winckelmann, 76. —

77 Mus. Florent. I, tab. liii, n. 6; Lippert, Suppl, n. 8; Cades, n. 60; I, A,

n. 61 et 62; Overbeck, n. 11 et 12. — 78 Cl. I, n. 24. —79 Au inusée de Berlin : Tülken, Erklàr. Yerzeichn. Cl. VIII, n. 140 ; cf. Panofka, Gemm. mit Jnschrift., in Abh. d. Berl. Akad. 1851, taf. i, n. 1 ; Müller-Wieseler, Denkm. der ait. Kunst, II, 32 b. — 60 L. Millier, Numism. de l’anc. Afrique, 1, p. 21 . — 81 Ibid. n. 27-29 p. 12. — 82 Overbeck, Gr. Kunstmyth. I, i, Münztafel, IV, 1-4. — 83 Ibid. 5. — 84 L. Muller, 1. 1. p. 88, 332 et 333. — 65 Overbeck, l. I. 8. — 88 Ibid. 9. —

87 Ibid. 10. — 88 Ibid. 11, 12, 13, 15; Millier, l. I. p. 73. — 89 Ch. Lenormant,

Nouv. galerie myth. p. 69, pl. ix, 18 ; Mionnet, Suppl, t. IX, pl. vu, n. 1 ; cf. VI, pl. OLvm, n. 35; L. Muller, l. I. p. 50, n. 194; cf. p. 68 et 100. - 90 L.

Millier, 1. 1. p. 38 ; Overbeck, 17 et 18. — M !.. Millier, l. I. 111, p. 43, n. 55 et 56.

92 Eckhel , Doctr. num. vet. V, p. 196 ; Denkm. d. ait. Kunst, I, taf. lxv,

n 341, 93 Eckhel, l. I. p. 60 ; Mionnet, I. L 471 sq. 173 sq. ; Suppl. 52 et suiv.;

340 et suiv. — 9V Overbeck, p. 298. — 95 Ibid.

AMN

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