‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monuments (volume 4)Chapitre 59 sur 155 · A MO · texte numérisé non relu

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Enfin Ammon apparaît sur les monnaies des empereurs romains frappées en Egypte 96. K. Blondel.

AMNESTIA (’A[/,v7)<ma). — L’amnistie est «l’oubli d’infractions dont le souvenir ne serait ravivé qu’au détriment du repos public. Pour calmer les esprits, pour éteindre les dissensions, on promet de ne pas entamer ou de ne pas continuer des poursuites, ou môme de ne pas tenir compte des condamnations intervenues, comme dénouement de poursuites déjà faites, à raison de telles ou telles classes d’infractions. .. L’amnistie s’applique aux infractions, abstraction faite de ceux qui les ont commises... Si les agents en profitent, ce n’est que médiatement et indirectement b »

L’amnistie était connue des Grecs, et l’histoire nous en a conservé plusieurs exemples que nous allons rappeler. Nous ferons observer toutefois que, comme il s’agit d’une faveur accordée à des coupables, le pouvoir qui concède l’amnistie peut mettre à sa générosité telles conditions qu’il juge convenables, en exclure telles personnes déterminées, lui faire produire tels ou tels effets. Userait donc difficile, à cause du petit nombre des documents qui nous sont parvenus, d’indiquer quelles étaient, en Grèce, les règles générales de cette matière.

Lorsque, en 403 av. J.-C., grâce à l’intervention de Pausanias, la paix fut conclue entre l’oligarchie athénienne et les exilés établis dans le Pirëe, Thrasybule et tous ses compagnons échangèrent avec les oligarques qu’ils venaient de combattre des serments solennels d’oubli du passé ; les mêmes engagements furent pris plus tard envers les oligarques réfugiés à Eleusis. Cette promesse d’oubli est désignée par Plutarque sous le nom de ^cptag-ot <xp.vv)<TTfaç2; niais le mot « amnistie» ne se rencontre pas dans les auteurs contemporains, qui disent seulement gv] p.vr)ctxaxeTv 3. Les seules personnes exceptées de Tàgvyjtm'a furent les Trente Tyrans, les Onze, qui avaient fait exécuter les décisions des Tyrans, et les Dix, gouverneurs du Pirée; et encore ces diverses personnes eurent le droit de bénéficier du pardon en rendant compte de la manière dont elles avaient géré leurs charges, et en dégageant leur responsabilité des injustices commises par leurs collègues 4. Les fils des Tyrans eux-mêmes purent rester dans Athènes, et y jouir de tous leurs droits de citoyens 5. Pour augmenter les garanties résultant de la lex oblivionis 6, on ajouta à la formule du serment annuel des sénateurs une clause par laquelle ils s’engageaient à ne recevoir aucune evSstfo, aucune intxyoiy^ fondées sur des faits antérieurs à l’archontat d’Euc.lide ; enfin, on fit jurer chaque année par les Héliastes qu’ils ne se rappelleraient pas les faits accomplis, qu’ils n’appuieraient pas ceux qui se les rappelleraient, et qu’ils respecteraient en tout le décret d’amnistie7. Ces serments, dont l’utilité était nécessairement transitoire, tombèrent en désuétude, et on ne les trouve pas dans la formule, très-suspecte d’ailleurs, conservée dans le discours de Démosthène contre Timocrate. Comme, malgré

96 Ibid, et Münztafel, IV, 23. — 97 Zoëga,iVtürî. aeg. imp. — Bibliographie. Smith, Diction, ofgr. mythol. ; A. Maury, Relig. de In Grèce , t. III, p. 265 et s. ; Pauh, Jlcalencycl. I, 2eéd. s. J. Overbeck, Griech. Kunstmythologie, Zeus, I, xiv, p. 273-305.

AMNESTIA. 1 Bertauld, Leçons de législation criminelle, Caen, 1 855, p. 3, 4,

2 Praec. ger. reip. XVII, S 8, Didot, 993 ; Id. Cher. 42 ; ci. Val.’ jiax. II, 1, 4, et lopisc. Aurelian. 39, g 4. — 3 Andoc. De myst. g 90, I). 63cf. C.ie. Philipp. I, t, — '«Andoc. De myst. g 90, D. 63.— 6 Demosth. C. lloeot. de dote, §32, B. 10,8. - 6 Corn. Nep. Thrasyb. 3, 2. — 7 Andoc.

De. myst. g 91, D. 63. ■ — 8 Isocr. C. Callimach. XVIII, g 2, D. 260. 9 Time

VIII, 74; cl. Xen. Jlist. graeca, V, 4, 64. — 10 Bertauld, l. I. p. 5. — Il plut Anst. 8. — 12 Id. Demosth.il. - 13 Id. Alcib. 33. — H Id. Demosth. 27. 15 Kx ' posé des motifs de la loi du 3 juillet 1852. - 16 Solo, 19. - Bibuoceamhf Pauh Bealencyrlop. I, 1837, p. 416 ; Wachsmuth, Hellen. Al.terthmskv.nde, Halle t î

l’amnistie, quelques personnes intentaient des actions judiciaires contre les complices des Trente, Archinus, l’ami de Thrasybule, fit voter une loi qui permit au défendeur d’opposer alors à l’agresseur une 7tapaYpxcpyi fondée sur l’amnistie8.

Nous trouvons un second exemple à l’occasion d’une insurrection à Samos pour renverser la démocratie. Le parti vainqueur se borna à amnistier la plupart des coupables9.

De l’amnistie, nous rapprochons la grâce et la réhabilitation. « La grâce s’adresse aux personnes directement et immédiatement. C’est une faveur qui s’applique nommément à des bénéficiaires déterminés, à des infracteurs convaincus, à des condamnés dont la condamnation n'est pas anéantie, bien qu’elle ne reçoive pas exécution ,0. » La grâce s’exercait plutôt dans l’intérêt privé que dans l’intérêt public, et, bien que le droit de grâce n’appartînt qu’à l’assemblée du peuple, il devait y en avoir de fréquents exemples; mais les historiens grecs en ont relaté seulement un petit nombre. Les Athéniens rapportèrent, après trois ans seulement, le décret d’ostracisme rendu contre Aristide et qui devait régulièrement produire effet pendant dix ans 11 ; ils firent également grâce à Démosthène 1S et à Alcibiade 13 des condamnations à l’exil qui avaient été prononcées contre eux. Plutarque n nous dit toutefois que le peuple ne pouvait pas remettre au condamné les amendes qu’il avail encourues ; mais l’historien nous indique un moyen à l’aide duquel, relativement à Démosthène, cette prohibition put être éludée. Le peuple lui fit don d’une somme d’argent égale au montant de sa dette.

Quant à la réhabilitation, elle relève le condamné des incapacités et des déchéances que sa culpabilité reconnue lui avait fait encourir. « La grâce agit sur les inflictions matérielles ou sur la peine; la réhabilitation sur les inflictions morales ou sur les incapacités 1S.» — Une loi de Solon, rapportée par Plutarque I6, relève de I’atimia un certain nombre d’individus et les déclare Èm'iigoi. E. Caillemek.

AMORGINA (Aptdpycvcx). — Tissus extrêmement légers, rivalisant de finesse et de transparence avec le byssus ‘, et ainsi nommés parce qu’on les fabriquait avec une plante (àgopYt'ç), probablement une sorte de lin -, cultivée dans l’île d’Amorgos, une des Cyc.lades. La fabrication n’était, pas enfermée dans cette île : la plante était exportée et travaillée ailleurs 3. On en faisait, à ce qu’il semble, presque exclusivement des tuniques de femme (/trama, IvSuaara), fort recherchées à Athènes et chèrement payées vers le \,e et le ive siècle av. J. -G. \ Les amorgina, indépendamment de la beauté du tissu, se distinguaient par leur couleur rouge ou pourprée s. ’AgopY^l est le nom d’une plante qui sert à colorer en rouge, peut-être la même que Tournefort vit encore cultivée à Amorgos 6. Il est assez difficile de discerner dans les auteurs qui emploient l’épithète rîao'pYtvoc, s ils veulent designer une étoffé faite de 1 àgopYtç, ou teinte avec les sucs de l’auopYvj, ouun produitquelconque de l’île d’Amorgos. E. Saglio.

/ ...VI.MMIMU, lUGGj S II) V, U

168, 9; Saripolos, )|xa •jtoivixvjç vot*o6e<naç, I, 1868, p. 316 et suiv.

AMORGINA. 1 Aristoph. Lysist. 150, 735 et Schol. Ad h. U; Harpocr. 'A;iofv,; -, Etvm. M. p. 85, 10 ; F.ust. ad Dion. Perieg. 525. — 2 Poil. VII, 57 et 74 ; Aristoph! I. I. et Schol.; Suid. A^oPTiç: Hesyeh. 'A^jyiv*; Moeris, ’Apujyi,-. — 3 Aristoph. U.; Aeschin. Ado. Timarch. g 97.- ‘Etym. M. 86, 14 ; Ps. plat. Epist. 13. p. 363a : el. Hangabé, Ant. hell. U, 536, 546 et s., 549 ; Aristoph. I. I. et Schol. ; cf. Athen. VI. p. 255 e. — .6 schol. Aeschin. L l.; Steph. Byz. 'ApoPÏ4,; Suid. Etym. II.; Fini /■ Bekker, An ccd. p. 204, 9. - 6 Voyage dh Levant, p. 89, Amsterd. 1718. - Bibliographie, Yates, Textrinum antiquorum, Lond. 1841, p. 310 et suiv.; Biieliseuschutz. Die Hauptstiitten des Gewerbfleisses hn classischen Alterthume, Leipz. 1869, p. 68; H. Bliimner, Die gewcrbliche Thütigkeit der Vôlker des classischen Alterthums, Leipz. 1869, p. 94.

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AMPELOS (’ApreXoî). — Personnification de la vigne et génie compagnon de Dionysos. Ses aventures ont été chantées par Nonnus et par Ovide b Il était d’une grande beauté, et Dionysos l’aima à tel point qu’il ne pouvait se passer de sa compagnie. Confiant dans sa force. Ampelos ne craignait pas d’attaquer les bêtes sauvages. L’un de ses exploits fut de monter un taureau des plus féroces qui, après l’avoir porté quelque tempsd’une course impétueuse, le jeta à terre avec tant de violence qu’il en mourut. Dionysos, inconsolable de la perte de son favori, obtint d’Atroposqu’ Ampelos, qui n’avait pas encore passé l’Achéron, fût métamorphosé en vigne ; et le dieu ne l’aima pas moins sous cette forme nouvelle que sous la première. Plus tard Ampelos fut placé dans le ciel et y devint la constellation

du Vendangeur ( Vindemitor).

Un groupe du Musée britannique représente (fig. 262) Dionysos et Ampelos au moment de A- t la transformation de celui-ci 2.

On possède aussi des terres cuites sur lesquelles Ampelos est figuré sortant au contraire d’un cep de vigne entre deux Faunes, l’un vieux et l’autre jeune, qui s’émerveillent et applaudissent \ Ampelos et Acratos (la vigne et le vin pur) figurent souvent dans les représentations de la pompe dionysiaque ; ce sont les génies ou démons de Dionysos qui le soutiennent dans sa marche ou prennent place avec lui sur son char b L. de Ronchaud.

AMPHIARAIA (’A^cpiapaia). — Fête célébrée en l’honneur d’AMruiARAüs, à Orope. Des concours gymniques, hippiques et musicaux avaient lieu à cette occasion1. E. S.

AMPHIARAÜS (Aatptapao;). — Amphiaraüs, fils d’Apollon ou d’Oïclès et d’Hypermestre ou de Clytemnestre *, époux d’Ériphyle2, père d’Alcméon, d’Amphiloque, d’Eurydice et de Démonassa, ou bien encore de Tiburtus, de Catittus et de Goras 3, un des plus braves, des plus sages et des plus pieux entre les Grecs. Sa renommée comme devin égala celle de Tirésias. 11 prit part à la chasse du sanglier de Calydon 4 et à l’expédition des Argonautes 5.

Ériphyle, corrompue parle don d’un collier que lui avait offert Polynice, força son mari, lié par un serment, à aller combattre les Thébains quoiqu’il eût déclaré que cette guerre serait fatale à tous ceux qui y prendraient part. La guerre commença; les Argiens donnèrent l’assaut à la ville de Thèbes, mais la mort de Capanée changea l’attaque en déroute. Amphiaraüs prit la fuite ; un Thébain, Périclymène, allait le frapper par derrière, quand Jupiter lançant sa foudre, ouvrit un gouffre dans lequel Amphiaraüs fut englouti, avec Bâton son aurige, son char et ses chevaux6. Le nom de la ville d’Harma (apg.a, char) ' perpétua et précisa le souvenir de cet événement. Amphiaraüs reçut de Jupiter le don de l’immortalité 8. Près

Fig. 262. Dionysos et Ampelos.

AMPELOS. 1 Nonn. Dionys. X, XI et XII, passim ; Ov. Fast. III, 409-413.

2 Combe, Ane. marbl. in British mus. part. III, pl. H. — * British mus., lownley gullery, Lond. 1836, t. I, p. 103. — 4 Millin, Gai. myth. lxi, 237 ; lxiv, 243 ; lxv, 244, 264; lxx, 267, etc.

AMPHIARAIA. 1 Schol. Pind. VI. VII, 134 ; Rangabé, Ant. hellétl. II, n. 965 ; cf. n. 679, 685, 686 ; rreller, in Berichte der sâchs. Gesellsch. 1852, p. 140 ; Bursian, J b. 1859, p. 110.

AMPHIARAÜS. 1 Paus. 111, 12, 4 ; II, 21, 2 ; Hyg. Fab. 70, 250 ; Apoll. I, 8, 2.— 2 Apoll. 1. », 13, — 3 Virg. Acn, VH, 671, — 4 Apoll, I, 8, 2, — 8 Apoll. III, 6, 2, 1.

d’Orope on montrait une fontaine par laquelle, disait-on, le grand devin d’Argos était sorti des entrailles de la terre9. Il eut des temples et il rendit des oracles 10. Celui d’Orope jouissait d’une immense célébrité. Les malades venaient de toutes les parties de la Grèce attendre ses révélations en dormant dans son temple sur la peau des victimes “. Il devint comme un second Esculape 12.

L’art grec, l’art étrusque et même l’art romain se sont emparés des faits les pins saillants de cette légende, divisée par eux en trois parties : ils nous montrent Amphiaraüs dans la période qui précède la guerre, nous assistons à son départ, puis nous voyons sa mort.

Parmi les monuments figurés de la première période, il faut signaler avant tout le célèbre scarabée 13 de la collection de Stosch, aujourd’hui au musée de Berlin (fig. 263).

Fig. 263. Amphiaraüs et les chefs argiens. <

Cinq des sept chefs de l’armée argienne sont représentés sur ce scarabée avec des inscriptions qui les désignent : Polvnice, Tydée, Amphiaraüs, Adraste et Parthénopée. Winckelmann a vu dans cette composition le conseil de guerre des chefs de l’armée argienne. Welcker n reconnaît Amphiaraüs dans la maison d’Adraste, prédisant en présence des plus intéressés au succès la funeste issue de cette guerre. On le voit sur des vases peints assistant à la mort d’ARciiemoros. Un miroir étrusque de Yulci, interprété par M. Boulez 15, représente, selon cet antiquaire, Tydée apportant à Adraste, son beau-père, en présence d’Amphiaraüs, le collier corrupteur.

Les noms des trois personnages sont inscrits auprès d’eux.

Le départ d’Amphiaraüs se voyait sur le coffret de Cypselus 16 ; un vase 17 de la Glyptothèque de Munich nous

6 pind. Nem. IX, 25; Ol. VI, 14. — 7 Strab. IX, p. 405; cf. Paus. I, 34, 2. —

8 Apoll. III, 3, 6, 6. — 9 Paus. I, 34, 3. — 10 ld. I, 2, 3 ; II, 23. 2. — U Herod.

j /(g 12 Paus. I, 34; Welcker ad Philostr. Imarj. p. 366. — 13 Winckelmann.

Pierres gr. de Stosch. cl. III, 2, n. 172, et Mon. ined. tav. 105 ; Overbeck, Bildw. zum thebischen Heldenkreis, p. 81, pl.m, 2. — 14 Ep. Cycl.t. II, p. 332. — « Ann. dell' Inst. arch.XX p. 215; cf. Bull. Napol.lll, p. 48; Gerhard, Etrusk. Spiegel, II, pl. CLixvin ; Overbeck, Op. I. pl. m, 3. — 16 Paus. V, 17, 4. — 17 O. Jahn, Beschreib. der Vasensamm. in der Pinakothek zu Münschen, n. 131 ; Id. Arch. Aufsütze ; jlicali, Monum. ined , 2' éd, Flor. 1832, pl. xçv; Overbeck, pl. ni, 15, p. 152

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montre la scène décrite par Pausanias qui parle au long de ce coffret. D’autres peintures de vases représentent le départ 18. La figure 264 est tirée d’une peinture 19 qui orne un lécythus trouvé à Cervetri. Amphiaraüs désigné par une inscription A0JAPFO2 est armé; Ériphyle debout devant lui tient à la main le fatal collier.

La mort d’Amphiaraüs est représentée dans un bas-relief découvert sur l’emplacement de la vieille ville d’Orope. Le bas-relief très-vanté parWelcker 20 nous montre le moment où le devin va être englouti avec son char, ses chevaux et son aurige. Un bas-relief 21 dans le jardin de la villa Pamfili, intéressant quoique très-inférieur par l’art, représente le même sujet. Line élégante peinture monochrome 22 du musée de Naple’s le montre aussi fuyant devant le Thébain Périclymène. Enfin dans un bas-relief (tig. 265) d’une

l ig. 265. Mort d’Amphiaraüs.

unie Itinéraire étrusque23 on voit le gouffre déjà ouvert devant les chevaux, qu’une Furie entraîne en les saisissant par les rênes. Ernest Vinet.

AMPIIICTYONES (A[a«ixtuovîç) ou AMPI1ICTIOIVES (ApcptxTi'ovsç). — Cette double orthographe, que l’on trouve dans les textes anciens, répond à la double étymologie que les Grecs donnaient à ce mot. Les uns avaient imaginé l’existence d’un héros Amphictyon, fils de Deucalion, fondateur de l’assemblée qui se tenait aux Thermopyles. Les autres faisaient dériver amphictionie de àfjupixri'ovsç, synonyme de TtsptxriovEç ( ceux qui habitent autour) . Cette étymologie est beaucoup plus vraisemblable que la première, et dans les inscriptions, on trouve le plus souvent le mot écrit de la seconde manière. Le mot Amphictionie désigne une association de peuples habitant autour d’un même sanctuaire, et réunis par la communauté d’origine ou d’intérêts. Ces associations remontent à l’époque la plus ancienne; quelques-unes même doivent être antérieures à l’établissement des Hellènes dans la Grè.ce. Les auteurs anciens nous en font connaître un assez grand nombre.

1° Amphictionie d’Onchestos en Béotie, qui tenait ses réunions dans le temple de Poséidon 1 ;

2° Amphictionie de Calaurie, dans le temple de Poséidon réunissant les députés de plusieurs villes argiennes, de l’îlè d Egine, d Athènes et d’Orchomène de Béotie 2 •

3» Amphictionie de Délos, dont Plutarque attribuait la

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18 Mns • GreV- If 48 j Ovcrbeck, pl. m 7 etp

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fondation à Thésée8. Dès les temps les plus anciens, les Ioniens des Cyclades s’y réunissaient pour célébrer la fête d’Apollon4.

Un passage de Tacite peut faire penser que cette amphictionie régla touteequi concernait les colonies ioniennes d’Asie Mineure 8. Les Athéniens, maîtres de l’île, la purifièrent en 426 et réorganisèrent l’amphictionie dont ils s’attribuèrent la présidence. Les comptes de l’année 377 à 374, trouvés à Athènes, nous font connaître quelques parties de son organisation “. Elle réunissait tous les habitants des Cyclades; le conseil, auvéSpiov, prononçait des amendes, surveillait l’emploi des revenus appartenant au temple d’Apollon, affermait ses propriétés, prenait toutes les mesures nécessaires pour l’envoi des théories et la célébration des jeux. Les affaires de cette amphictionie furent l’occasion de plusieurs discours prononcés par Hypéride et par Lycurgue.

L’existence des amphictionies, dont les noms suivent, n’est pas certaine :

4° Amphictionie d’Argos, dans le temple d’Apollon Pythien, devant laquelle les Messéniens auraient porté leurs débats avec Sparte 7 ;

5° Amphictionie de Samicum pour les villes de l’Élide, dans le temple de Poséidon 8 ;

6° Amphictionie d’Amarynthos, dans le temple d’Artémis, pour les villes de l’Eubée 9.

Les assemblées des colonies doriennes, au Triopium, et des colonies ioniennes, à Mycale, ne semblent pas avoir formé des amphictionies.

La plus célèbre était celle qui tenait ses assemblées deux fois par an, l’une aux Thermopyles, à Anthéla, près du sanctuaire de Déméter, 1 autre à Delphes, près du temple d’Apollon Pylhien. Cette association fut formée par les peuplades helléniques, lorsqu’elles étaient encore en Thessalie, et avant, des tribus ionienne et dorienne; la même organisation fut conservée après l’invasion et l’établissement des Hellènes dans la Grèce proprement dite.

Composition de l assemblée. — L’assemblée se composait de douze peuples 10. La liste n’a été transmise par aucun écrivain d une manière tout à fait exacte ou complète; mais en rapprochant des inscriptions d’une époque postérieure les listes d’Eschine, de Théopompe, de Pausanias ", on peut fixer ainsi les douze peuples qui firent partie de l’assemblée amphictionique jusqu’à la guerre de Phocide.

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