L. DE RoNCIIAUn
AMPlllORKIA (’Agcpiopuoc). — Expression employée par les grammairiens 1 pour désigner le double serment que le demandeur et le défendeur prêtaient au début de l’instance devant les tribunaux d’Athènes; le demandeur jurant que, s’il formait son action, c’est qu’il avait confiance dans son bon droit (irpooigoffi'a) ; le défendeur affirmant ensuite que, s’il résistait aux prétentions du demandeur, c’est qu’il les croyait mal fondées (àvxMgoGtot). Quelquefois ce double serment est encore désigné sous le nom d’àg.tpo)|Ao<n'a2 ou de Stwg.o<Tia, ou même d’<xvxwp.o<n'c< 3.
D’après Pollux 4 le mot <xp.cptopxta désignerait non-seulement le serment des parties, mais aussi le serment des juges. C’est toutefois une question controversée que celle de savoir si les juges devaient prêter serment au début de chaque instance. La négative nous paraît certaine, et il faut en conclure que l’àpupiopxt'a ne comprenait que le serment des deux parties, du Suoxwv et du cpeuywv 5.
E. Caillemer.
AMPinSBETESlSfAgcpicgTiTYiiîtç).— Terme de procédure chez les Athéniens. — Dans une acception générale, le mot àfrperêTiTYiffK; désignait toute contradiction apportée au droit dont une personne se prétendait investie. On pouvait dire, en ce sens, de celui qui intentait une action en revendication : àacp«7ëir)TEÏ. Mais il était principalement employé en matière héréditaire, et il avait alors une acception spéciale que nous devons indiquer.
Lorsqu’un Athénien mourait sans laisser de descendants connus, le parent le plus proche, qui voulait recueillir l’hérédité, était obligé de former une demande d’envoi en possession. Cette demande (Xîjfo xoî» x^'pou), adressée h l’archonte compétent, était portée par celui-ci à la connaissance du public au moyen d’affiches et de proclamations dans les assemblées du peuple : xt ç àgcpKrërjxeïv % tocpoexaxaëaXXetv pouÀsxca xoïï xXvipou rj xaxà ysvo; 7] xaxà ota- (i^xaç *. Les intéressés étaient par là mis en demeure de faire valoir leurs droits : àfj.©t<i67)XEtv 7tapaxaxaëaXX£tv.
L’àucpicëv;xr|fftç et la TOtpaxaxaëoX^ mentionnées dans ce texte se rapportent-elles aux mêmes hypothèses ; ou bien doiton distinguer des cas où ràgtpicêrjxïifftç était admissible, d’autres cas où il y avait lieu à la 7tapaxaxaëoX7i ?
25 Valckenaer, l. I. VII, VIII; Wagner, Eurip. fragm. éd. Didot, 1847, p. 661 et s.; Weil, dans le Jour n. de Vinstr. publ. 1847, p. 850, 858 et suiv.; Eubul. ap. Athen. II, p. 47 ; ef. VIII, 43, p. 351 b.; Auct. ad Herenn. Il, 27, 43 ; Cic. Se inv. 50, 94. ’ 86 Hor. Ep. I, 18, 41. — 27 Mus. Ilnrb. XI, 23 ; Monum. dell' Inst. II, 59, 3 ; O Jahn, in Arch. Zeitung, 1853, p. 81.-28 Braun. Zwôlf Bas-reliefs, taf. 3 ; Welcker Allé Denkm. II, p. 318 ; O. Jahn, l. I. p. 82. - 2» Winckelmann, Mon. ined. l8o’; Clarac, Mus. de sc. 116, 212; Millin. Gai. myth. 167 bis. 512. Il en existe des répétitions : Mus. Borb. X, 62; Zoëga, Bassiril. 42. — 3» Plin. Eist. nat. X.XXU, • jo- Mus. Borb. XIV, 5; Clarac, Mus. de sc. pl. 811 A; Millin. Gai. Myth. cxl 513- Ô. Muller, Jfandbuch, g 157, 2* éd.; Welcker, Alte Senkm. I. p. 352 et s’, O. Jahn, l. /. p. 86, 89, pl. tvi, 1.-31 Ibid. 514; Gori, Columb. Liv. p. xxxv; Winckelmann, Descr. p. 222; O. Jahn, Arch. Beitr. taf. m, 3. - 32 Millin. l.l; F.ckhel Doctr. num. III, p. 191 ; Id. Num. vet. anecd. 15. 1, p. 269 ; O. Jahn, p 8- et «uiv taf. Lvtn. 1 et 2. - »3 Mus. Borb. XIV, 4, p. 9; Avellino. Descr. di una casa. 1843 ; O. Jahn, I. I. p. 94, taf. tv., 2-8; Sabatier, MM. conformâtes,
pl. xiv. — 31 Mus. Borb. XIV, 4 ; Mem. dell’ Accad. Ercol. III, 10, p. 406 ; IV p. 1, 308 ; R. Rochette, Choix de peint. 23, et p. 287 ; Zahn, Die schônste Ornant Pomp. III, 91 ; Avellino, Bull. Napol. III, p. 83; O. Jahn, 1. 1. p. 95; Helbig, Wand il gemâlde der verschütt. StcUlte, 1151, 1153.- 33 Mem.delV Acc. Ere. 111,9, p. 404 IV j, p. 308 ; R. Rochette, l. L; jahn, l. I. ; Helbig, 1152. - *« O. Jahn, l. I. e Abhandl. der bayer. Akad. 1856. — 37 Inghirami, Galler. Orner. 111, 59; IV, 60 Arch. Zeit. 1852, taf. 47 et 48; 1853, taf. lvi, tvn ; O. Jahn, I. I. p. 100.— 38 MO AMPHIOHKIA. 1 Hesychius, éd. Alh. I, 305 ; Suidas, s. v. 4|tewf*i«.— 2 Hesychms I 3|| 3 schol. in Demosthenem, 378, 18, éd. Didot, p. 623. — Pollux, Mil Cf Bekker, Anecdota, I, p. 184 et 311. - 3 Westcrmann, De jurisjurandi fudicum Atheniensium formula , pars 1, Leipz. 1858, p. 8 et 9 ; Wachsmuth ^Henische A Iterthumskunde, Halle, t. II, 1846, p. 262; Sehomann. AtUsehe Proeess 626; Platner, Proeess und Klagen, I, 84; Fritzsche, De sortitione judicum apnd
Athemense $, p. 8. . ,.tîI
AMPHISBETE8IS. 1 Deniosth.C. Macartatnm , § K, B. 10M j cl. Polm\; MH, 9«>
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Heffter 8 et, après lui, de Boor 3 ont dit qu’il n’y a pas à rechercher une différence entre les deux expressions; car elles s’appliquaient à la même hypothèse. Tous ceux qui contestaient les droits du prétendant à l’hérédité devaient s’opposer à l’envoi en possession, àpcpt<j6y]Teïv, et verser la consignation du dixième exigée par la loi, napaxaTaëdXÀetv. Mais cette opinion doit être écartée; car, si elle était vraie, le texte porterait <zp.»tcêr)T£ïv xa't (et non pas Trapaxa-raêdXXetv. La disjonctive % prouve qu’il s’agit de deux choses différentes. La difficulté est maintenant de déterminer les deux hypothèses prévues dans la proclamation.
Bunsen 4 croit que, si la contestation était relative à une hérédité pour laquelle il n’y avait pas encore eu d’envoi en possession, il y avait àpataêr'TTjiTiç ; si, au contraire, l’envoi en possession était déjà prononcé, la contestation devait nécessairement se produire sous forme de iïapaxaTocêoXv(. Harpocration dit, en effet, que la TrapaxaTaëoXvi est dirigée contre celui qui est saisi, xaxot xoîi Xaëovroç 5. — On peut répondre qu’il eût été véritablement bizarre d’inviter, par la bouche du héraut, les citoyens à contester des envois en possession antérieurement prononcésparle magistrat. Nous allons bientôt mentionner des textes qui parlent de rntpaxaxaêoXij pour des hérédités non encore adjugées. Aussi quelques éditeurs ont rectifié le texte d’Harpocration et lu Xa^ovxoç au lieu deXa ëovToç.
Meier et Schœmann 6 se fondant sur les définitions de plusieurs grammairiens 7, disent qu’il y avait ocgcpt oëfowK; lorsque l’opposition était fondée sur la qualité d’enfant légitime ou adoptif ; TOxpaxaxaSoXr] lorsque l’opposant invoquait un droit moins respectable, la qualité de successeur testamentaire, ou un degré de parenté collatérale plus rapproché que celui du prétendant à l’envoi en possession. Nous nous bornerons, pour toute réfutation, à citer des exemples d'enfants procédant par la TrapaxocxaêoXrj 8.
Nous nous rattachons à une dernière opinion, proposée par Platner 9 et soutenue par Steigertahl 10 et Schneider u. Celui qui croyait devoir s’opposer à l’envoi en possession pouvait indistinctement employer la voie de 1 apipi-jg^xYitn? ou celle de la irxpc<xaxo(ëoX-/i. L’àucptcëvjxTioii; n’exigeant pas de consignation préalable, et n’exposant pas le plaideur à de graves conséquences, ne donnait aucun préjugé en sa fa\eur. Au contraire, lorsqu il optait pour la 7rocp2xc*xocëoXvj. le dépôt d’une importante consignation judiciaire, qui devait être perdue en cas d’insuccès et la menace de pénalités plus graves encore18, étaient des conditions rigoureuses auxquelles il se soumettait ; en les affrontant il prouvait qu’il avait une grande confiance dans son bon droit. Pour cette raison, on exigeait du prétendant à l’envoi en possession qu’il fît de son côté la même consignation ; sinon il devait se désister de sa demande. — On peut donc dire que la TrxpaxaxaêoX^ était une à^ixgvixYiatç plus solennelle que ràj/.tpiaêijxrio’tç ordinaire et à laquelle les intéressés avaient recours lorsque la bonté de leur cause ne leur semblait pas douteuse. Ce qui fait dire à Schneider : « Paracalabolia forma gravior est, df/.cpia'^yjxyja’tç levior 13. »
Lorsque l’envoi en possession avait été prononcé, la voie
8 Athen. Gerichtsverf . p. 385. — 3 Cuber att. Intestaterbrecht, p. 99; Wesler-
ninnn, in Paulys Deal hncycl. t. III, p. 1199. — ^ De jure hered. Athen. p. 92.
S S’, u. âpçnjg^Trtv — 6 Att. Process, p. 464 ; voir toutefois p. 619. — 7 Harpocr. et Suid. s. v. à^urgvjrrtv; Poil. VIII, 32; Bekker, Anecd. I, p. 197. — 8 Demosth. C. Leochar. g 34, U. 1090; Isae. DePhil. hered. g 12, D. 275. — 9 Process und Klagen,
11, p. 310-313. 10 De vi et usu itapaxaTaSokijç in caus. Athen. hered., Celle, 1832
p. 11. — U De jure hered. Athen. Munich, 1851, p. 50-54. — 12 Isae. De Nicostr. hered. g 11, D. 262. — 13 Loc. cit. p. 50. — O Demosth. C. Macart. § 16, R. 1054.
de la 7t7 pxxaxaÇoX)] devait toujours être suivie; la simple afx4pta6vjx-/i<jt? n’était plus admise dans ce cas 14.
Nous consacrerons à la TtapaxaxaêoXvj un article spécial. Il nous suffit d’avoir indiqué ici ce qui la distingue de l’oip-ptc- €ï)xy)fftç. E. Cailj.emer.
AMPIUTIIEATItUM (’Au-cptOgocxpov). — Amphithéâtre, monument construit par les Bomains pour y donner les combats de gladiateurs et les chasses d’animaux sauvages [gi.adia tores, venatio]. Les premiers jeux ‘, dont l’invention est attribuée aux Campaniens, étaient dès longtemps familiers aux Étrusques, lorsqu’ils furent pour la première fois introduits à Rome et offerts dans le Forum Boarium, l’an 264 av. J.-C., par Marcus etDecimus Brutus, qui voulaient ainsi honorer la mémoire de leur père 2. Jusqu’à la fin de la république, ils eurent lieu dans le Forum, où l’on élevait à la hâte des échafaudages en bois 3 pour ces fêtes d’une magnificence toujours croissante.
En 59 av. J.-C., C. Scribonius Curio voulant surpasser Scaurusdansla somptuosité des jeux qu’il offrait, fît exécuter deux théâtres en bois adossés l’un à l’autre. Après les représentations dramatiques les scènes s’enlevaient, les spectateurs restaient à leurs places, et les deux théâtres, par un mécanisme combiné 4, venaient se réunir pour n’en faire qu’un seul, qui était circulaire, et dont le centre, formé par la réunion des deux orchestres, présentait une arène pour les jeux des gladiateurs ; le dernier jour des fêtes on laissa les deux théâtres réunis, en enlevant les scènes pour former une arène5. César, trouvant cette arène mieux appropriée que celle du cirque pour les chasses de bêtes féroces, fit élever, l’an -46 av. J.-C., un double théâtre semblable en bois. On l’appela amphitheatrum 6 à raison de cette disposition, et theatrum venatorium du nom de l’espèce des jeux 7.
C. Statilius Taurus éleva dans le champ de Mars, l’an 30 av. J.-C., le premier amphithéâtre en pierre 8 ; et l’on doit supposer que la pierre n’y était employée que partiellement, car il fut atteintsous Néron parle grand incendie de Rome9; il n’en est fait mention nulle part depuis cette époque. Auguste, dont les suggestions avaientpoussé Taurus à bâtir son amphithéâtre, en fit élever probablement plusieurs : son testament, gravé sur les murs du temple d’Ancyre, nous apprend qu il donna vingt-six combats de bêtes fauves dans le cirque, dans le Forum et dans des amphithéâtres 10.
En Italie, la place publique avait servi d’arène pour les gladiateurs, et Yitruve 11 explique par cette raison la coutume persistante en ce pays (à la différence de ce qui avait lieu chez les Grecs) de donner aux forums la forme d un quadrilatère allongé, qu’il considère comme mieux appropriée à ce genre de jeux. Dès le premier siècle, s’élevèrent dans tout l’empire, à l’imitation de Rome, des amphithéâtres dont les ruines attestent encore la grandeur, même dans des villes de médiocre importance. En Italie surtout, il n’y eut guère de ville si petite ou si pauvre qui n’eût de temps en temps des spectacles de ce genre. Les amphithéâtres ne furent pas moins nombreux dans les Gaules, en Espagne et dans tout l’Occident ; on en construisit dans les provinces d’Afrique et d’Asie. Eu Grèce les
-iiui iu xniiA 1 iv utu.
ou au. » ,
*Ou C.
Epit. 16.-3 v,tr. X, praet. 3 ; Dio Cass. XXXVII, 58. - 4 Weinbrenner, .V. teutsch. Mercur, 1797, p. 307 ; Camna, Arch. rom.lll, p. 147, pl. cxv.— 5 pun. XXXVI »4 - 6 Ou peut-être amphitheatra (tanquam theatra duo), Mommsen, Des gest. dm Aug ' p. 6b. Le mot Amphitheatrum se rencontre pour la première fois dans l'inscription d Ancyre : Perrot et Guillaume, Expier, de la Galatie, p. 252 ; et dans yitruve (I, 7),
qui n entre à ce sujet dans aucune explication. — 7 Dio, XLUI, 23. 8 Dio, 1.1
23 ; Tac. Ann. III, 72. - 9 Dio, LXII, 18. - 10 Perrot et Guillaume, l. I. - u V, \\
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combats de gladiateurs et les chasses ne furent jamais goûtés que par la dernière classe du peuple; aussi ne doit-on pas s’étonner de rencontrer dans la Grèce peu de restes certains d’amphithéâtres, quoiqu’il en ait été élevé un assez grand nombre â partir du 11e siècle 12. Le nombre des amphithéâtres aujourd’hui connus par leurs ruines ou par des témoignages positifs n’est pas loin d’une centaine 13. Quelques-uns, en partie debout, sont classés parmi les plus beaux restes de l’antiquité romaine. Tels sont ceux de Home, de Vérone, de Pola, de Capoue, de Pouzzoles, de Pompéi, de Syracuse, d’Arles, de Nîmes, etc. u.
Rome n’eut d’autre amphithéâtre en pierre sous les premiers Césars que celui de Taurus. Caligula y donna des combats de gladiateurs, jeux célébrés aussi dans le champ de Mars15. 11 commença un amphithéâtre qui ne fut pas continué après lui. Néron en fit construire un en bois près du champ de Mars 16, l’an 57. Au même temps appartient la ruine connue sous le nom d ’amphitheatrum Castrense , a Rome17. Le travail en brique, d’une très-belle exécution, est semblable à celui des pieds-droits de la porte du camp prétorien, ouvrage du règne de Tibère, et à celui des arcs dits de Néron, près la porte Majeure. Vespasien, après la guerre de Judée, construisit ce grand amphithéâtre Flavien, aujourd’hui le Colisée, que Martial comparait aux plus grandes merveilles de l’antiquité 18. Il fut établi au milieu de la ville dans l’emplacement du stagnum Neronis 19. L’immensité de l’édifice ne permit pas à Vespasien de le terminer. L’an 80 de l’ère vulgaire, Titus l’inaugura. Le témoignage des historiens 20 est confirmé par les médailles : on voit l’amphithéâtre Flavien représenté sous divers aspects sur celles de Titus (fig. 270) et même de Vespasien 21. On présume toutefois que Titus ne vit pas 1 achèvement de l’édifice et que Domitien le termina. L’un et l’autre firent lutter dans l’arène submergée des barques remplies de combattants 22 [n aumachia]. Cependant il est impossible de supposer que les substructions de l’arène du Colisée existassent dès ce temps-là, et que le sol de cette arène ne fût pas plus bas que le sol actuel ; car d une part, 1 eau, qui eût envahi les substructions, aurait causé de très-grands dégâts, et d’autre part les portiques du rez-de-chaussée eussent été inondés et inabordables. On ne peut préciser l’époque de la construction de ces souterrains ; il semble résulter d’un passage d’Hérodien qu’ils existaient du temps de Commode, qui descendit et combattit lui- même dans l’arène. 11 s’y rendait par un souterrain communiquant avec la loge impériale 23. Hadrien donna des fêtes dans cet amphithéâtre. Antonin le Pieux fut obligé de le restaurer 2\ Sous Macrin, Dion fut témoin de l’incendie occasionne par la foudre 25 qui consuma toute la partie supérieure et endommagea le reste des gradins. La violence du feu et l’impossibilité de l’éteindre dénote la grande quantité de bois employé pour la partie haute de l’édifice . Une médaille, frappée à l’effigie d’Alexandre Sévère, rappelle que cet empereur inaugura de nouveau l’amphithéâtre, qui depuis l’incendie n’avait pu servir à cause des grands travaux de restauration qui s’y exécutaient. La substitution de
Friedlander, Sittengeschichte Roms, II, p. 287, et 447 (2* éd. 1867). - E. Hubner Annali delV Inst. arch. 1856, p. 67 ; Friedlander, Op. I. p. 409 et smv. Voy. la bibliographie. - 18 Suet. Calig. 18. - « Tac. Ann. XIII, 31 ; Suet. Ner. 12. - 7 Piranesi, Ant. di Rcma, pl. .x, fig.*, et p. 3, n. 15 ; Preller, Regwnen loms, 132 ; Cf. Becker Bandbuck der rôm. AUertk. I, p. 549. - '«Mar. Respecte p. 1. - „ ... svect. en. 2. - 20 Titus. 7; Dio,LXVI, 25 ; Aurel. Aict. Caes. 9, 7. -
2. Cohen, Monn. imper., I, p. 359, n. 163, et p. 362 pl. xv., 1 **■ Toï- les i 'lies nui offrent des représ, du Colisée, Eckhel, Doct. num. VI, p. 357-3o9, 375 , “ m - « Suet. Dam. 4 ; Bio, XLVI, 25. - » Herodian. I. - 24 Cap, te
la pierre au bois fut probablement la cause de cette longue interruption des représentations. Pendant cet intervalle elles furent données dans le cirque. En 357, Ammien vit l’édifice parfaitement intact 26. Sous Théodose II et Valentinien III (de 425 à 450), le préfet de Rome Lampadius fit réparer l’arène, le podium, les portes et les gradins 27. Les dernières chasses, dont l’histoire fasse mention, furent celles de 523 ; elles sont rappelées par Gassiodore, qui y assistait. Bède, écrivain du vme siècle, dit que de son temps le monument était encore entier.
L’amphithéâtre Flavien, placé sur un terrain plat entre l’Esquilin, le Caelius et la Velia 28, présente un aspect grandiose et régulier ; sa situation en rendit la construction dispendieuse. D’autres amphithéâtres taillés entièrement dans le roc, creusés dans les flancs d’un ravin ou placés sur la déclivité d’une montagne, offraient une apparence moins majestueuse, mais étaient édifiés avec plus d’économie. La ville de Sutri nous montre un exemple d’amphithéâtre taillé dans le roc sans aucune construction; les corridors et les vomitoires subsistent encore 29. A Paestum les premiers gradins tout au pourtour de l’arène sont seuls creusés dans le sol 30 ; ceux de la partie supérieure sont soutenus par des substructions. Nous retrouvons la même combinaison à Pouzzoles 31 et à Pompéi 32. Les amphithéâtres de Pergame 83 et de Cyzique3\ en Asie Mineure, sont établis chacun dans un ravin très-encaissé au fond duquel coule un ruisseau. Par les dispositions de la construction on voit que, dans le premier, les eaux pouvaient être arrêtées afin de transformer l’arène en bassin pour y faire combattre des animaux amphibies, ou pour y introduire des combattants sur des barques. Dans tous les cas l’exiguïté du lieu ne permettait pas de donner de véritables naumachies, le grand diamètre de l’arène ayant 51 mètres et le petit 37 mètres. Le cours d’eau traversait l’arène suivant le grand axe ; les ouvertures qui se trouvaient à 1 extrémité de ce dernier donnaient passage au torrent. Le monument était en partie taille dans le roc. Les restes d un amphithéâtre, aussi taillé dans le roc, ont été retrouvés pai Blouet à Corinthe, au-dessus et près de la ville moderne35.
Parmi les amphithéâtres adossés à la pente des collines, nous remarquons celui de Syracuse 36 , et celui de Pola, en Istrie 37. Ce dernier est d’un grand effet du côté de la mer; le soubassement et le premier ordre disparaissent à l’opposé par le fait de la conformation du terrain. L’inclinaison et la nature du sol ont permis de pratiquer des sièges dans le roc et d’épargner les frais de construction des carceres, corridors et escaliers.
La forme des amphithéâtres était elliptique, sauf de rares exceptions, parmi lesquelles nous citerons celui de Sparte, dont le plan était circulaire 38 . Blouet en rapporte la construction à l’époque du bas empire.
Le marbre, la pierre de travertin, le tuf et la biique entrèrent dans la construction du Colisée. La façade, les portiques extérieurs, les chaînes, les arcs étaient composés de pierres liées par des crampons en fer scellés avec du plomb ; de tuf et de briques étaient faits les murs intérieurs
lin. Ant. pius, 8. - Bio, LXXVUI, 25.- « Ammian. XVI, 10.-2' Orelh, Inscr. I, 09 n 13 • Sabatier, Med. contorniates, p. 55. — ;8 Suet. Yesp. 9 ; Mart. De spect.
lt 5* .'59 Canina, Etruria maritl. p. 76, pl. xxi— 3» Clérisseau, Monum. de Nimes,
„ 93 31 Paoli, Antich. di Pozzuoli. — 32 Mazois , Ruines de Pompéi. p.80, pl.xLvi.
Il 33 Texier, Asie Mineure, II, p. 174, pl. cvi. - « Perrot et Guillaume, Expi. de la Galatie, p. 74, pl. n,. - 38 Blouet, Expéd. de Marée, III, p. 36 ; Rangabé Mém de sav. étrang. prés, à l'Acad. des Inscr. t. V, 1857, p. 316.- 36 Momned deU Inst, et Ballet. 1836, p. 101 et 148.- 37 Stuart et Revoit, Suppl, aux Ant. d AM. t. IV, c. i de la trad. franç. - 3» B'ouet, Exped. de Marée, II, p. 65, pl. xlvui.
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et les voûtes. A Vérone 39 , à Capoue 40, à Nîmes'*', la pierre est employée avec autant de profusion qu’au Colisée : 1 amphitheatrum Castrense est en brique ; celui de Pergame en pierre et moellon, celui de Cyzique en gros blocs de granit, ceux de Bordeaux et de Saintes en petits matériaux blo* qués avec du mortier et reliés par des assises de briques , celui de Pompéi en opus incertum.
Leur étendue était subordonnée à l’importance locale, en tenant compte du nombre des habitants des villes voisines, privées de semblables édilices. Le Colisée contenait 87 mille places 42 déterminées et pouvait en plus permettre h 15,000 personnes environ d’assister aux spectacles. Son
grand axe, compris les constructions, était de 188 mètres, le petit axe de 156 mètres ; ceux de l’arène étaient : le grand de 76 mètres, le petit de 46 mètres48. Le grand axe de celui de Pouzzoles avait 190 mètres, le petit 144 mètres. M. Friedlander, dans son travail si complet sur ce sujet 44, indique les mesures de cinquante -deux amphithéâtres, dans un tableau auquel nous renvoyons.
Beaucoup de ces édifices étaient situés dans l’intérieur des villes sur un sol de niveau et offraient un plan elliptique d’une régularité complète. Les plan, coupe et élévation du Colisée reproduits48 (fi g. 269,
271, 272, 273), et les explications qui vont suivre serviront à rendre plus clair ce que nous avons à dire des amphithéâtres en
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La façade du Go-
Fig. 269. Amphithéâtre Flavien. Section de la façade , , ,,
restaurée. ' llSee S devait SU!'
deux degrés et comprenait quatre étages d’ordres (fig. 269). Les trois premiers étaient à arcades et ornés de demi-colonnes doriques, ioniques et corinthiennes ; le quatrième présentait un mur percé de fenêtres rectangulaires et orné de pilastres corinthiens.
39 Üesgodetz, Les ëdif. ant. de Rome, p. 279 et suiv. — *0 Canina, Arch. rom. part.
II, 131, part. 111, p. 151, pl. nxxm. — U Clérisseau, Mou. de Nîmes, p. 75. —
^2 Lipsius, De amphilkeutns . — Duc, Restaur, du Colisée , Biblioth. de l’école des
Fig. 270. Grand bronze de Titus.
Chaque étage à colonnes comprenait quatre-vingts colonnes et autant d’arcades; le dernier comptait quatre-vingts pilastres sur piédestaux et quarante petites fenêtres. Entre les piédestaux on avait pratiqué quarante ouvertures. Soixante-seize des arcades de l’ordre inférieur servaient d'entrée aux spectateurs et portaient chacune un numéro différent, en chiffres gravés sur la clef ; les quatre autres, non numérotées et situées aux extrémités des axes de l’ellipse, formaient les entrées principales. Les arcades supérieures éclairaient les promenoirs, qui contournaient l’édifice, ainsi qu’une partie des couloirs et des escaliers : chacune de ces dernières avait un parapet au milieu duquel était un piédestal surmonté de statues. Les arrachements confirment les inductions qu’on peut tirer des médailles frappées sous Titus (fig. 270) 46 et sous Domitien, sur lesquelles on voit des statues ornant le milieu des arcades. Les mêmes médailles montrent encore au dernier étage des cercles qui alternent avec les fenêtres indiquées précédemment : ces cercles sont peut-être les clipei dont parlent les auteurs anciens, et qui n’étaient autres sans doute que des boucliers en métal. L’on remarque aussi sur ces médailles des quadriges placés au-dessus des arcades du rez-de-chaussée des quatre entrées principales; celles-ci se distinguent encore des autres entrées par une plus large ouverture ; l’entrée de l’empereur était seule ornée de colonnes dégagées. Ces entrées sont accusées à Nîmes par une saillie de 0m,30 et par une largeur plus grande de 0m,65, que celle des autres arcades. Un fronton placé sur les colonnes du deuxième étage et des têtes d’animaux sculptées dans les tympans du rez-de-chaussée et de l’étage supérieur ornaient la porte du petit axe, réservée aux magistrats qui représentaient l’empereur.
Au quatrième ordre du Colisée, au-dessus des fenêtres, une série de consoles correspondaient à autant de trous pratiqués dans la corniche ; ces consoles soutenaient, et les trous maintenaient les pièces de bois verticales, ou mâts (mali)> destinées à tendre le velarium , afin de mettre les spectateurs à l’abri des rayons du soleil. L’amphithéâtre de Nîmes présente aussi des exemples de ces supports, qui se répétaient intérieurement, pour y placer probablement d’autres poteaux et contre-fiches étayant les malt ; dans l’épaisseur du mur, de petits escaliers conduisaient à la plate-forme supérieure, réservée pour les hommes chargés de la manœuvre du velarium. A Pola les mali descendaient dans une rainure de la hauteur de l’attique et venaient se poser dans un dé fixé sur la corniche du deuxième ordre. La hauteur des amphithéâtres et le nombre d’ordres employés dépendaient de leur dimension et de leur position: à El-Djemm, l’antique Tysdrus, dans l’ancienne province de Carthage, on compte quatre étages d’ordres47; à Pola un soubassement et trois étages, à Vérone trois étages, à Nîmes deux étages. Des avant-corps situés à peu près dans les milieux des parties comprises entre les entrées principales, sur la façade de 1 amphithéâtre de Pola, renfermaient
Beaux-Arts. 4+ Sittensc/esch. Roms, II, p. 457, 2e éd. — 45 Duc. Restaur. du Colisée. — 46 Grand bronze du Cabinet de France; cf. Cohen, Mon», impér. I, pl.xvi,n. 1S4, Titus. — 47 Monum. ined. dell’ Inst. V, pl. xlvi.
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dos escaliers conduisant du sixième étage aux gradins supérieurs *8.
i Dans les substructions qui soutenaient les bancs des spectateurs, 1 amphithéâtre Flavien présentait au rez-dechaussée cinq ambulacres ou galeries parallèles à l’ellipse de 1 arène ; ils conduisaient aux escaliers et passages qui desservaient les différentes places. Le premier ambulacre formait un portique de 80 arcades qui toutes donnaient accès sur la voie publique. Ce portique se trouve dans tous les amphithéâtres construits sur un terrain horizontal ; dans ceux qui sont adossés au flanc d’une montagne, le portique est interrompu, quelquefois transformé en soubassement comme â Pola 49, ou il est remplacé par un mur de soutènement, comme à Pompéi 50. Des quatre entrées principales, deux arcades situées aux extrémités du petit axe étaient réservées, l’une à l’empereur, l’autre à ceux qui occupaient la tribune placée en face de la sienne ; les deux autres entrées situées aux extrémités du grand axe,
conduisaient à l’arène. Le second ambulacre n’était séparé du premier que par des piliers qui correspondaient à ceux de la façade; il donnait directement accès aux escaliers (scalae) et aux passages (viae, itinera, adilus). 11 n’a son pareil qu’à l’amphithéâtre de Capoue qui, par ses dimensions, se rapprochait beaucoup du Colisée. Le troisième ambulacre divisait en deux parties la masse de construction dans laquelle se trouvaient les escaliers et quelquefois les carceres ou chambres dans lesquelles les animaux étaient enfermés avant de paraître dans l’arène. 11 desservait le premier maemanum , et était éclairé d’en haut. Du quatrième ambulacre on arrivait au podium. Ces deux derniers ambulacres avaient été adoptés dans plusieurs amphithéâtres où le quatrième circonscrivait l’arène, dont il n’était séparé que par un mur. Enfin, le cinquième ambulacre, qui ne se retrouve qu’à El-Djemm M, se distinguait par son revêtement de marbre, par ses ornements de stuc et son pavé de mosaïque M; peut-être servait-il de circulation pour l’empe¬
reur et les dignitaires; ou bien, comme l’a conjecturé M. Duc. était-ce là que se réunissaient les gladiateurs avant de paraître en public ; des portes, en effet, ouvraient directement cette galerie sur l’arène.
Les murs des escaliers et des passages sont généralement normaux aux courbes elliptiques, quelquefois ceux qui forment l’entrée de l’arène suivaient une direction parallèle au grand axe. Le premier ambulacre qui, à l’amphithéâtre Flavien, servait de portique d’entrée, et celui qui lui était attenant, se répétaient aux deux étages supérieurs II y avait ainsi à proximité de toutes les places de vastes promenoirs, sous lesquels les spectateurs pouvaient se réfugier en cas de pluie. Au troisième étage les escaliers occupaient une place dans ces ambulacres. Dans la hauteur du quatrième ordre, l’épaisseur de la construction était réduite à la largeur du premier ambulacre ou portique extérieur; il s’y trouas Stuart et Revett, Suppl, aux antiq. d’Athènes, Trad. franc, t. IV, t.I, pl.v, VI, vu. — M Stuart et Revett, l. I. — 5I> Mazois, Ruines de Pompéi, t. II, p. 80, pl. xlvi.
vait des passages et des escaliers conduisant aux gradins supérieurs et au portique qui les couronnait. Dans les autres amphithéâtres, les ambulacres, les escaliers et les passages étaient disposés d’une manière analogue. La position des amphithéâtres taillés dans le roc ou adossés contre une colline modifiait sensiblement le nombre des ambulacres et la combinaison des escaliers. Ces édifices par suite de leurs dispositions et de leurs dimensions recevaient les eaux pluviales en telle abondance qu’ils exigeaient un écoulement facile et bien ordonné. La restauration du Colisée de M. Duc fait voir avec quel soin les architectes avaient étudié les conduits et la canalisation.
De l’extérieur passant à l’intérieur, nous remarquons dans la cavea, c’est-à-dire dans la partie destinée aux spectateurs, trois divisions : le podium où étaient les places d’honneur, les maeniana ou gradins, le porticus ou portique.
51 Monum. tned. delV Inst, di corr . arch. Y, pl. xlvi. — 52 Nibby, An fit. Flav. I, p. 427.
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Le podium était une plate-forme élevée au-dessus de l’arène, qu’elle circonscrivait, et assez liante pour mettre les spectateurs à l’abri des atteintes des animaux féroces. Il renfermait les places destinées à l’empereur, aux sénateurs, aux principaux magistrats, aux vestales, aux préteurs, à l’ordonnateur des fêtes et aux personnes de distinction 53. Les gradins ( gradus ) étaient plus larges que les autres, de manière à recevoir des sièges mobiles [subsellia) *\ Les places d’où l’on jouissait le mieux du spectacle étaient situées aux extrémités du petit axe de l’arène; deux loges, dominant le podium, y étaient réservées, l’une, appelée cubiculum, à l’empereur, l’autre, vis-à-vis, {éditons tribunal), aux consuls.
au préteur qui présidait aux jeux et à celui qui les donnait r>\ Ces loges portaient aussi les noms de puloinar et de suggestum 58. Des passages et des escaliers particuliers les réunissaient aux grandes salles placées sur le petit axe; les salles dépendantes de la loge de l’empereurétaient ornées de stucs et de marbres.
A Pompéi et à Nîmes, le podium était divisé en plusieurs loges séparées entre elles par des dalles en pierre. Dans la dernière de ces deux villes, outre les sénateurs, les vestales et les principaux magistrats, le podium recevait les corporations importantes de la cité, dont les noms sont encore inscrits en gros caractères sur la moulure de son couron-
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Fig. 212. Plan de l’amphithéâtre Flavien,
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nement; on y lit le nombre des places qui leur étaient réservées 57.
La face du mur du podium sur l’arène était revêtue de pierres parfaitement polies pour enlever toute prise aux animaux : ce revêtement était de marbre au Colisée 58, il était peint à Pompéi59. Comme ce mur ne s’élevait quelquefois pas assez haut pour défendre les spectateurs des assauts des bêtes, on le surmontait de filets, de grillages en métal
53 Suet. Octav. 43, 44; Tac. Ann. IV, 16; Juv. Sut. xi, 143; Marini, Atti d. frat. arv. p. 219 et suiv. tab. xxm. — 51 Suet. Oct. 43. — 55 Suet. Ner. 12; Plin. Paneg. 51. - 56 guet. Caes. 76. —51 Boissieu, Inscr.
ou de rouleaux soit en bois soit en ivoire tournant sur des axes de fer. Les nœuds du treillis de l’ampbithéâtre de Néron avaient pour ornement des touffes d’ambre sculptées 6ü. Ces précautions ne furent probablement pas toujours suffisantes, car les auteurs anciens rapportent que 1 on creusait dans certains amphithéâtres, parfois un canal {euripus) 61 au pied du podium, pour éloigner les animaux et principalement les éléphants.
de Lyon , p. 396. — 58 Calpurn. Ecl. VII, 5, 48. — 59 Mazois, Ruines de Pompéi, II, p. 80, pl. xlvii, xlviii. — 60 Plin. Hist. nat. XXXVII, 11, 3; Calpurn. I. I. — 61 suet. Caes. 39; Plin. Hist. nat. VIII, 7.
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Un mur servant d’appui appelé balteus , séparait le podium des gradins ; au Colisée des mosaïques l’enrichissaient fc3. Deux baltei divisaient en trois parties, dans le sens de la hauteur, les gradins de ce même édifice ; des terrasses ou praecinctiones longeaient ces baltei et offraient une grande facilité pour les communications. Chaque division s’appelait maenianum 63. Les chevaliers, dont les places venaient aussitôt après celles des sénateurs61', et auxquels Caligula permit l’usage des coussins 65 , occupaient le premier maenianum du Colisée.
A ce maenianum , audessus des grandes entrées de l’arène , on trouve les traces de deux tribunes qui , peut-être comme dans les théâtres , étaient réservées aux préteurs ou aux vestales. Vérone n’en possédait point d’autres ; Nîmes, au contraire, n’en avait pas à cette hauteur.
Au second maenianum étaient placés les tribuns 66 et les simples citoyens. Puis venaient au dernier maenianum , sur des gradins en
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Fig. 273. Amphithéâtre Flavien. Coupe sur le grand are.
spectateur était muni d’un billet ['cessera], qui indiquait la place qu’il devait occuper 73. Les vomitoires, qui donnaient accès dans le milieu des maeniana , coupaient les gradins et étaient entourés de balustrades qui, au Colisée ,v (fig. 274), et dans l’amphithéâtre deCapoue75, avaient été décorés de sculptures représentant des rinceaux, des animaux et des personnages. Le bon ordre dans le placement des spectateurs était confié à des employés {locarii ou dissignatores)
et la surveillance générale était l’attribution du villicus amphitheatn.
L’arène, vaste espace central destiné aux combattants , a reçu son nom du sable ( are na) dont elle était couverte, et que l’on y jetait pour absorber le sang répandu. Des empereurs comme Caligula, Néron et Carin ont montré leur prodigalité en remplaçant le sable par du cinabre ou de la poudre d’or 76.
L’arène était de forme elliptique, rarement circulaire ; les deux entrées principales s’ouvraient aux deux extrémités du grand axe ; le
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bois67, les gens des classes inférieures {popularia) 68. Au Colisée ce summum maenianum se subdivisait en deux parties, l’une découverte, et dont les gradins étaient en marbre , l’autre couverte par un portique sous lequel se plaçaient les femmes du vulgaire et la plèbe ( pullati ) '°, assises sur des gradins comme sous les portiques qui terminaient les gradins des théâtres ™. Ces gradins étaient en bois. Le portique n’était pas indispensable, malgré l’ordonnance d’Auguste qui y reléguait les femmes, puisque l’amphithéâtre de Nîmes en est dépourvu. Des cathedrae, ou loges, couronnaient à Pompéi l’ensemble des gradins 7S. Les femmes des puissants personnages étaient autorisées à partager es places des vestales. Le balteus, qui, au Colisée, séparait le summum maenianum de celui du milieu, était décoré de fenêtres et de niches; beaucoup plus élevé que les autres, il établissait probablement une division bien marquée entre les tribuns et les classes inférieures. A chaque precinction il y avait des ouvertures ou vomitoria qui des ambulacres donnaient accès aux gradins. En face des vomitoires se trouvaient les scalaria ou petits escaliers qui descendaient entre les gradins et divisaient chaque maenianum en sections ayant la forme de coins, ce qui leur ht donner le nom de cuneus. Si le maenianum était trop étendu en hauteur, des vomitoires s’ouvraient dans son milieu. Pompéi et Nîmes en ont conservé des exemples assez comnlets Les gradins étaient en bois, en pierre ou en marbre. Chanue place était numérotée à Pompéi, et était limitée par deux traits gravés dans la pierre à Nîmes el à Ma. Tout
teVu, Suet. DomiLi. - « Canina, ArcA. romana, part III ; Atti d fr.
Ott. 44. ci.gt (Jet. 44. — 72 Mazois, /. t. Il»
arvaL 70 Yitr. V, 6; Calpurn. 26. - Met. uu.
mur du podium parfois était aussi percé de portes d’où sortaient combattants et animaux.
Dans certains amphithéâtres, l’arène était supportée par des substructions dans lesquelles se trouvaient des ambu-
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Fi<T. 274. Yornitoire do l’amphithéâtre Flavien.
lacres et des chambres pour les bêtes. Au-dessous de la galerie que soutenait le podium de l’amphithéâtre Flavien, il y avait des chambres, et sous l’arène cinq ambulacres, dont deux épousaient la forme elliptique, et trois, dans le milieu, étaient parallèles au grand axe et séparés par de petites chambres77. Dans ces trois derniers ambulacres on remarque les traces des pentes douces qui montaient à l’arène : au-dessus des petites chambres il existe des ouvertures carrées en
, 73 Yov. un exemple dans Mommsen, Berichtc der sâchs. Gesellscli.
mo’n «36- CUNV1 (cun.vi) IN (feriori ?} X (gradu decimo) Y1U (loco octavo). » Canina, Areh. rom. pl. cm. - 75 Ibid. pl. cxx.v. - 76 Suet. Cul, g. 18. - 77 Canina, Duc, L l •
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forme de puits dans les angles desquelles sont les rainures où s’adaptait le mécanisme employé pour hisser les animaux et les faire paraître instantanément au milieu de l’arène: des trappes en bois devaient recouvrir ces ouvertures, dont l’amphithéâtre de Capoue et celui de Pouzzoles offrent des exemples d’une parfaite conservation18. Les substructions de l’arène du Colisée sont de l’époque de la décadence, celles qui les avaient précédées ayant été détruites, au v° et au vi° siècle, par deux tremblements de terre, et restaurées par les préfets de Rome Lampridius et Basilius, comme le certifient les inscriptions. L’amphithéâtre de Vérone n'avait de substructions que sous les axes de l’ellipse et sous les ambulacres ; celui de Syracuse avait des chambres, une grande salle et un ambulacre qui y conduisait. L’arène de Pergame était probablement en bois, car aucun arrachement ne témoigne qu’il y ait eu des substructions. De ces souterrains sortaient aussi les décorations (pegmi ou pegmata 79) qui devaient servir au spectacle. Martial, Calpurnius et Hérodien nous apprennent, en effet, qu’on représentait des scènes mythologiques et que l’arène se changeait soit en forêt, soit en gouffre, d’où s’élançaient les animaux80.
La munificence de ceux qui donnaient les spectacles allait jusqu’à répandre des pluies odoriférantes (sparsiones) sur les spectateurs 81, ou àfaire brûler des parfums dans des trépieds.
Les jours de représentation tout cet ensemble était couvert par une tente de couleur ou velarium 82. Pline nous dit que L. Spinter fut le premier qui couvrit le théâtre avec du lin fin, et que Néron fit étendre sur l’amphithéâtre un velarium bleu parsemé d’étoiles 83. Les différentes toiles, qui composaient le velarium, étaient tendues au moyen de poulies, de cordes et d’anneaux attachés aux mali, que faisaient mouvoir, au Colisée, des marins de la flotte84; on pouvait facilement découvrir telle ou telle partie de l’amphithéâtre à la demande des spectateurs85. La partie du milieu, qui couvrait l’arène, étaitfixe,et ordinairement ornée de broderies figurant un char, un aigle ou tout autre sujet analogue. Cette toile devait être maintenue par des cordes horizontales qui se fixaient aux mâts et par des cordes verticales qui descendaient vers le podium : telle est la supposition que font naître les points d’attache qui existent au podium de Nîmes. C. Thierry.
AMPHITRITE (’Apcpirpi'-nr)). — Amphitrite, une des Néréides ou des Océanides2, épouse de Neptune. 11 n’est pas question de cette union dans les poèmes d’Homère. Amphitrite n’est même pas nommée dans l’Iliade ; et dans l’Odyssée son nom ne signifie pas autre chose que la mer
78 Canina, Arch. rom. part. II, c. vii, pl. coin ; Monum. ined. dell’ Inst., Bullet. 1841, p. 183 ; Paoli, Antich. di Pozzuoli, pi. xxii ; Orelli, Inscr. I, p. 69, n. 113.
— 19 Sen. Ep. 61. — 80 Mart. De spect. ep. 20 ; Calpurn. I. I. — 81 Sen. Quaest. nat. II, 9, 2 ; Guarini, Fasti duumv. p. 92. — 82 Lucr. IV, 73 ; Guarini, l. I. et p. 133, 11 ; Mus. Borb. I, Bel. degli scavi, p. 2. — 83 Eist. nat. XIX,
I, C. - 8'. Lamprid. Commod. 15. — 85 Suet. Calig. 26; cf. Mart. XII, 29, 15’.
— Bibliographie. J. Lipsius, De amphitheatr. , Antverp. 1585 et 1621 ; et dans Graevius, Thés, antiq. rom. t. IX, p. 1269 ; Carli, Degli anfiteatri, Milan, 1788 ; Maffei, \erona illustrata, Degli anfiteatri. t. V, p. 135, Milan, 1826 ; Canina, Architt. rom. t. II ; Fontana, Anfiteatro Flavio, 1725 ; Marangoni, Dette memorie sacre, e profane dell anfit. Flavio, 1746 ; Fea, Notizia degli scavi nell’ anfit. Flavio, Roma, 1813 ; Niliby, Délia via sacra , dell’ anfit Flavio, etc., Roma, 1819 ; Wagner, De Flavio amph. commentationes, Marburg, 1829-31 ; De Laurentiis' Descnz. dello stato antico e mod. dell’ anf. Campano, 1835 ; Pelet, Amphith. de Capoue; Rucca, Capua vetere, Napl. 1828 ; Id. in Mus. Borb. t. XV, 1856 ; Id. Sul’ ipoge odell anf. Puteolano, 1851 ; Paoli , Ant. diPozzuoli, Napl. 1768 ; Delagardette Itnines de Paestum, Paris, an vii ; Bontiucci, Pompéi décrite, Napl. 1828 ; Mazois" Duines de Pompéi, t. Il; Jorio, Plan de Pompéi et rem. sur les édifices, Nap. 1828 - Donald son, Pompe!, I,pl. LXIII et s.Giorn. degli scavi pompéi. 1868; Stuart et Revett' Antiq. of Athens (Supplém. Antiq. de Pola ), t. IV; Carli, Scoperte nell’ anfit. di Fola; Stankovich , Dell’ anfit. di Pola, Venez. 1822 ; Allason, Pictur. views of Pola Lond. 1819 ; Serradifalco, Antich di Sicilia, IV, p. 108 (Syracuse), et V, p. 19 (Catane) •
retentissante, qui enveloppe le monde 8. Elle en est, comme Thétis, la personnification féminine, et c’est ainsi qu’elle se place à côté de Poséidon ou Neptune, la plus haute expression du redoutable élément. On disait que ce dieu l’ayant vue danser parmi les Néréides, à Naxos, s’en était épris et l’avait enlevée \ Selon d’autres, elle s’enfuit jusqu’auprès d’Atlas; mais le dauphin la suivit et la ramena à Poséidon, qui par reconnaissance le plaça parmi les astres 5. Amphitrite fut mère de Triton, de Rhodé, de Benthésicymé 6.
Amphitrite fut représentée comme épouse de Neptune dans un grand nombre de monuments de l’art grec et grécoromain. Sans parler des frontons du Parthénon 7 et des bas-reliefs du temple de la Victoire Aptère 8, où il n’est pas bien démontré qu’on doive la reconnaître, nous savons qu’on voyait cette déesse constamment placée à côté de Neptune dans des monuments remarquables par leur beauté ou leur antiquité ; de même qu’on les honorait d’un culte commun à Lesbos9,à Syros et àMyconos10, à Ténos, dont le temple renfermait des statues de Neptune et d’ Amphitrite, de neuf coudées de haut, œuvres du fondeur Télésias11. On les voyait réunis sur le socle de la statue de Jupiter à Olympie 12, sur l’autel d’Apollon à Amyclée13, dans le temple de Minerve Chalkioekos à Sparte 14 . Le pronaos du temple de Neptune à Corinthe offrait un groupe formé par les trois figures d’Amphitrite, de Neptune et de Thalassa (la Mer). Dans la cella du même temple, sur un char attelé de quatre chevaux conduits par deux tritons d’or et d’ivoire, on voyait Amphitrite à côté de Neptune 15. Le basrelief de Munich, connu sous le nom de Noces de Neptune et d’ Amphitrite , peut donner quelque idée de cet ouvrage célèbre, dédié parllérode l’Athénien. On y voit (fig. 275) les
Fig. 275. Neptune et Amphitrite.
deux divinités sur un char que traînent des tritons, et Doris,
Poldo d’Abbenas, Disc. hist. de l’antiquité de Nîmes, Lyon, 1650 ; Maucomble, ist. des antiq. de Nîmes, Paris, 1746; Clérisseau, Antiq. de la France, Monum. de Nîmes, 1804 ; Millin, Voyage dans le midi de la France; Grangent, et Durant Monum. du midi de la France, Paris, 1819, t. I ; Pelet, Descr. de l’amph. de Nîmes 1S53 ; Revoil, dans les Mém. lus à la Sorbonne, 1866, p. 154; Estr-mdn l’Amnh À Arles, 1836; Id. Etudes sur Arles, 1838 ; Petit, Sur l’amphit. de Fréjus, dans le Bulletin monum.de Caumont ; Delamare, Rech. sur la ville de Lambèse, dans les Mém de la Soc. des antiq. de France, 1852 ; Id. Explor. scientif. de l’Algérie • Pellissicr' Lettre a Hase (sur l’amph. de Thysdrus). dans la Rev.archéol. I, 816 : Aimé R,,chas, Ibid. IX, 90 ; P. Coste et Canina, dans les Ann. de VInstit. 1852, et Monum ined. t. V pl. xlii-xliv. Nous devons nous borner à ces indications relatives à quelques-uns des principaux amphithéâtres nommés dans l’article, en renvoyant pour les
TT! ^ SittenSeschichte Roms, t. II, p. 404 et suiv.
2« éd. 1867 et aux ouvrages cités dans les notes ci-dessus
AMPHITRITE. 1 Hesiod. Theog. 243 ; Ael. Nat. an. XII. 45. - 2 Anollod I » 2, et I, 4, 6. - 3 Od. III, 91; V, 422; XII, 60, 97. Sur la formation du nom SchSnunn Op acad. II 167.-4 Eustath. Ad Od. p. 1458, 40. - 3 Eratosth. CaZ.
d a A', T\ ’ AP°»°d- m, 15, 4, 7 Müller-Wieseler, Denkm.
L n si P XIV,\P' 14‘17' “ 8 Ann- dM' Inst- di «r. arch. XIII, p. 64;
Un 1 Z ri ’ PL XV'- ~ 9 P1Ut- e0nV’ - 10 R»-, InJ.
lSp“ , A1' Pr0tr’ p- 41 ; B6ckh> CorP- insc. gr. II, 2329,
- Paus. V, 11, 3. — 13 Id. III, 19, 40. 14 JJ. xu( 17> 3. 15 Jd>
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la mèie d Amphitrite, venant au-devant des deux époux un flambeau nuptial à la main Amphitrite porte le voile des mariées. On la voit dans une mosaïque du Louvre 17 debout à côté de Neptune, sur un char attelé de chevaux marins. La belle cylix de 4 ulci, dite coupe de Sosias, nous montre Amphitrite, personnification des eaux, assise dans la réunion des dieux à côté de Vesta, personnification du feu18. Elle tient un sceptre ou plutôt un thyrse terminé par un bouquet de varech ; elle est vêtue d’une tunique talaire finement plissée et d’un manteau qui couvre ses genoux. Son vêtement est à peu près le même à l’intérieur de la belle coupe signée du nom d’Euphronios, représentant la visite du jeune Thésée, qui est récemment entrée au Louvre; on y lit, comme sur la coupe de Sosias, son nom écrit à côté d’elle 19. On la voit encore auprès de Neptune sur le cratère de la collection de Luynes, représentant le même sujet20; et assise à côté du lit où Neptune est couché, sur une autre coupe où est peint le banquet des dieux 21 .
C’est peut-être Amphitrite que nous montre une remarquable peinture de la Casa dei copitelli colorati à Pompéi 22 ; et on est forcé d’y songer notamment quand on rapproche de ce monument les médailles des Bruttiens qui représentent une femme voilée, qui est probablement Amphitrite, assise sur un hippocampe et tenant sur ses genoux l’Amour **. C’est aussi Amphitrite qu’on voit en buste sur
une monnaie d’argent de la famille Crepereia 2*. A côté de la figure, dans le champ, on distingue un poulpe. On peut en rapprocher une pierre gravée de la galerie de Florence 23, où la déesse paraît sous le même aspect. Sur une autre pierre gravée26, onia voit (fig. 276) assise sur le dos d’un Triton ; elle tient en main le trident, seule marque qui la distingue des Néréides, souvent ainsi figurées à côté de dieux et de monstres marins. E. Vinet.
AMPIIOMOSIA [amphiorkiaJ.
AMPHORA (’Aaipopsuî, ’Afjwpiœopeu;). — I. Amphore, vase d’un usage général, à toutes les époques, chez les Grecs et chez les Romains, pour enfermer le vin, l’huile, le miel et d’autres denrées. Homère appelle l’amphore ag/ptepopeuç, et ce nom indique un caractère signalé comme essentiel par les commentateurs , dansla forme
de ce vase 1 : en effet, les deux anses au moyen desquelles il pouvait être porté, lui donnent une physionomie distincte parmi les vases conservés dans les collections. Les
16 Schorn, Beschr. der Glypt. n. 121 1 O. Jahn, Berichte der Gesellsch. der Wiss. in Leipzig, 1854, p. 160, pl. m-vm. - « Delamare, Explor. scient. deJ Algerie, Archéol. pl. cxxxix-cxli ; Clarac, Mus.desc., t.II,p. 1289-91 ; Frôhner .Notice de la sculpt. n. 49 ; Rev. archéol. t. VIII, 1851, p. 336 ; O. Jahn, in Denkm.und Forsch. 1860, pl. cxliv, p. 120.-18 Monum. dell Inst. pl. xxiv, xxv ; Gerhard Trin/cschalen, pl. TI : Muller- Wieseler, Denlcm. d. ait. Kunst, I, pl. xlv, n. 2108. nnuaire e
US soc. pour Vencour. des études grecg. 1872, p. 453, Pl. •• - 20 De W/ Vases étruso pl XXI, xx.i; Mon. delV Inst. I, pl. «■ et lui; \4elcker, Allé Denkm.
etrusg. p > ut ni ixetx 21 Mon. dell Inst. V, tav.
ni xxv; Elite des mon. ceramogr. III, pl- i* et x. moi ,
XMx 2i Niccolini, Case di Pompei, Casa de capit. color., tav. iv. - M.onnet, Descr. 1, p. 179, n. 759 ; Müller-Wieseler, Op. I. U, pl. vi, n. 688.
Fig. 276. Amphitrite et Triton.
figures 277, 278 et 279 représentent des amphores de Hhodes, de Cnide et de Thasos 2, c’est-à-dire des trois prinei-
Fig. 277. Amphore de Rhodes.
Fig. 278. Amphore de Cnide.
Fig. 279. Amphore de Thasos.
Fig. 280. Coupe d’une cave romaine.
paux centres de fabrication de ces vases dans l’antiquité. On y voit (et il en est de même de ceux qui, dans les monuments figurés, répondent le mieux aux indications fournies par les anciens sur les divers emplois de l’amphore), les deux anses placées des deux côtés du col et se rattachant à une panse plus ou moins allongée, généralement plus large vers le haut, amincie à la partie inférieure, ou même terminée en pointe, de telle sorte qu’il était nécessaire pour faire tenir l’amphore debout de la poser sur un support [incitega] ou de la planter dans le sable. Beaucoup ont été retrouvées dans cette dernière position. On voit (fig. 280) la coupe d’une cave découverte à Rome en 1789, détruite depuis, divisée en deux pièces, où les amphores étaient régulièrement rangées comme elles sont ici représentées ®.
Dans les autres figures qui accompagnent cet article, la forme générale des amphores est la même ; elles ne diffèrent entre elles, quel que soit leur emploi, que parles dimensions, toujours proportionnées, du col et des anses, par la grosseur et la longueur du ventre, enfin par la base tantôt effilée et pointue, tantôt plate ou pourvue d’un pied.
Les amphores panathénaïques , c’est-à-dire celles qui contenaient l’huile des oliviers sacrés (popi'at) donnée en prix aux vainqueurs des Panathénées* [panatiienaia] ,
ont un pied et un couvercle muni d'un bouton : elles sont représentées sur les monnaies
d’Athènes 8 (fig. 281 et, avec les couronnes des vainqueurs, sur le siège de marbre d’un agonothète, ci-dessus p. ISO, fig. 184). Ceux qu’on possède sont remarquables par
2'. Morelîi, Thesaur. fam. rom. Crepereia, n. I ; Cohen, Méd. consul, pl. xvi, Crepereia, n. I ; Müller-Wieseler, Op. I. pl. vu, 790. — 28 Gori, Mus. Flor. I, tav. lxxxv, n. 4. — 26 Lippert, Dactyl. Serin. III, n. 50 ; Müller-Wieseler, l. I. n. 81.
AMPHORA . 1 Athen. XI, p. 501 a : ’AjieioiopEÙ; o ixatÉpoOrv xettà xà ma. &>vâluvg$ .tprrfai ; cf. Schol. Apol. Rh. IV, 1187. — 2 Dumont, Inscr. céramiques de Grèce, dans les Archives des miss, scient., t. AT, p. 13.— ^Séroux d’Agincourt, /?ec. defragm. de sc. en terre cuite, p. 45, pl. xix, 29 et 30 ; cf. AVinckelmann, II, p. 70. — 4 Schol. Soph. Oed. Col. 701 ; Schol. Aristoph. Nub. 100; Simonid. Analect. éd. Jacobs, I, p. 72; Pind. Nem. X, 33, et Schol. Ad h. I.;Suid. jxopî*.t. — 5 Boulé, Monnaies d'Ath. p. 82, 83 et passim ; Monum. dell’ Inst. II, t. 56 ; Annal X, p. 38.
AMP
AMP
les peintures qu’on y voit ordinairement et qui ont fait connaître leur destination : d’un côté (fig. 282) 6 Pallas armée du casque , de la lance, de l’égide ou d’un bouclier ; la déesse est debout entre deux colonnes, au sommet desquelles sont des coqs ou des chouettes, quelquefois des vases; et, dans le champ, on lit l’inscription ton A0ENE0EN A0AIÎN (prix donné à Athènes), et parfois les noms des archontes alors en fonctions7; au revers, l’exercice dans lequel a été remportée la victoire : par exemple, la course
sur l’amphore de Vulci 8 reproduite (fig. 283) ; car on a trouvé des amphores semblables en dehors de la Grèce, et elles
Dans d’autres on conservait du miel, de la saumure, des fruits et comestibles de toutes espèces; on y mettait
Fig. 281. Tétradrachme d’Athènes.
Amphores panathénaïques. Fig. 283.
venueT 1<3S Collections> quelles soient
venues d Athènes, ou qu’elles appartiennent à d’autres
afoéniens? * imité Ia ^orme décoration des vasel Les dénominations par lesquelles les auteurs modernes
ont cherché à distinguer des amphores d’autres vases analogues par leur forme générale, mais un peu différents par les proportions de leurs parties, ne s’appuient pas, en généial, sur des autorités suffisantes. Dans une peinture de vase ou est figurée la récolte de l’huile, on voit (fig. 284) des amphores qui servent à cet usage «. Une coune à
(figUr?85)n»lrere ^ \ C°I]lection ^ampana, au Louvre V8' 'S5i ’ repi;esentant les travaux des champs, montre 1 grandes amphores chargées sur un chariot,' S
'“Te? T' tranSP°rter d6S «1 on’ a trouvé
en Italie de ces vases qui en renfermaient effectivement.
r • ^ »• 33 et r. 430; O. MuÜ, Z^TZct ^
Rev. archéol. 1848. p. 230 1840 n kp rv b JJ, 3, Ch. Leuormant,
p- *™. - 8 T VAcad\des Inscr-
Ant. Bildw. pl p. 117; id. Etr. undka^Z '"u Gerhard’
question les ouvrages indiqués nar n m 1/ * 1 * A’ 9 Voy. sur cette
scnsamml. zu München, pl. X\ ccxxxvn t ' ’ § 2 ’ °‘ Jahn> Va-
Inlroduct. ; cf. De Witte , Études sur es WUte’ Eli‘^éram.
L ’ SU‘ les peints , 1865, p. 25. 10 Moilu„u
Fig. 285. Transport des grains.
le sable nécessaire aux gymnases; on y renfermait des monnaies, etc. Mais le principal emploi des amphores fut en tout temps de contenir le vin.
Dans l’Odyssée 13, Ulysse et Télémaque se préparant à voyager font remplir de vin des amphores fermées avec
soin au moyen de couvercles ou de bouchons (nd^otai). Les exemples en sont nombreux dans les écrivains grecs des temps postérieurs u, et c’est ce qu’attestent aussi les sc eaux dont on a oit 1 empreinte sur des débris d’amphores. Chez les Romains, on mettait dans des amphores tous les vins qui devaient être conservés15: d’où la distinction du vinurn amphorarium et du vinurn doliare. On tirait celui-ci directement, pour le boire, des grandes outres ou des grands vaisseaux de terre [dolium, pithos] où il avait été versé au sortir du pressoir [vinum]. De curieuses peintures de Pompéi dont une est ici reproduite, montrent (fig. 28G) comments’opéraient le transport du vin et sa distribution dans les amphores. Quand elles étaient remplies, on les fermait au moyen de bouchons de liège {cortex, su ■ ber) ou d’argile, enduits ( obline -
re, adstringere ) Flg' 2S6' TransP°rt du vin-
de poix ou de plâtre 17 ; une étiquette {superinscriatio nota, titulus, fessera, pittacium) gravée sur chaque amphore ou suspendue au col, fournissait diverses indications telles que l’espèce du vin, son âge, la contenance du vase fa
n, 4, 66 ; Plin. Hist. nat. XV, 21 ; Mar’, x„/ 103 XI'y \ ’. n f 18 ! ^
et s ; Herod.ni. 96 5 C. Nep. ffann.lX, 3, etc! — W Od U 290 34^37^ 'r"""'
- 16 Mus. Borb. IV tav v’ 'VX"’ 6’ ‘3; S, limas. Exerc. Plin. p. 331.
Colum. XII, 11, 12, 23 32 ‘30’ H°r‘ °d ’ *’ 20’ 3 5 HI> 8> 10 ’
1 * ’ » Gerhard, Arch, Anzeigcr , 1865, p. 51.
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marque du fabricant ,8. On possède des amphores où se trouvent inscrites l’une ou l’autre de ces indications 19.
Des amphores ou des débris d’amphores en argile, trouvés dans toutes les parties du monde grec et dans tous les pays où les Grecs avaient porté leurs produits, attestent non-seulement l’étendue de leur commerce, mais encore le grand nombre des fabriques différentes, reconnaissables à la composition ou à la cuisson de la terre et souvent même indiquées d’une manière précise par des inscriptions. D’autres, portant des marques et inscriptions latines, donnent lieu à des observa tions semblables pour l’Italie [vasa, inscriptiones].
La matière dont étaient faites les amphores était communément la terre cuite ; il y en eut aussi de marbre ou d’albâtre 20 , de verre21, d’argent22, de bronze. On en voit (fig. 287) une de ce métal, d’un travail élégant, appartenant au musée Étrusque du Vatican 23.
Homère et Pindare 24 parlent aussi d’amphores d’or et d’airain. E. Saglio.
II. ’Afjupopüuç était aussi, à Athènes, le nom d’une mesure de capacité pour les liquides, ordinairement appelée
METRETES.
Chez les Romains, amphora devint le synonyme de quadrantal. Une amphore étalon ( amphora capitolina ), placée au Capitole, servait sous l’empire à la vérification des mesures analogues employées par les marchands
V amphora était chez les Romains, comme chez nous la tonne, l’unité de mesure pour le jaugeage des navires [navis]. Ch. Morel.
AMPHOTIS (’'A[Acpioxiç). — Vase en bois dont les paysans se servaient pour traire et pour boire. On ne saurait, sur cette seule indication, en deviner la forme. Peut-être le nom venait-il de ce que ce vase avait deux oreilles ou deux anses; ou peut-être ressemblait-il à l’enveloppe de laine ou de cuir appelée aussi aix^wriç, au moyen de laquelle les athlètes protégeaient leurs oreilles quand ils s’exerçaient au pugilat [pugilatus]. E. S.
AMPLIATIO. — Dans la législation romaine, un juge civil 1 pouvait toujours ordonner un plus ample informé;
18 plaut. Poen. IV, 11, 14 ; Hor. Od. II, 3, 8 ; 111, 8, 9 ; Sat. I, 10, 24; Tib. II, 1, 27 ; Petron. 34; Juv. V, 33; Plin. Hist. nat. XXIII, 1, 33 ; Mart. XIII, 31 ; Galen. XIV, p. 25, éd. Kühn ; cf. Alb. Dumont, Inscr. céram., p. 33. — 19 Fiorelli, ScaviPomp. 1861, I, p. 26; II, p. 48 ; III, p. 84 ; Niccolini, Case Pomp. VIII, p. 21 ; Bull. Napol. 1853, p. 88 ; Berichte d. sâchs. Gesellsch. 1857, p. 198. - 2" Plin. Hist. nat. XXXVI, 12, 59 ; Ane. marbl. of British tnus. IX, pl. lxii. — 21 Petr. 34; Mart. II, 40, 6. — 22 Comptes rendus de la comm. archéol. de St-Pétersb. 1864, pi. i, II. — 23 Mus. Greg. I, tav. ivhi. — « II. XXIII, 92 ; Pind. Nem. X, 67. — Bibliographie. Letronne, Journ. des savants, 1833 ; IJssing, De nomin. vasor, graec. p. 38, Copenhague, 1844; O. Jahn, Yasensammlung der Pinakothek su München, 1854, pl. icn, ci; Krause, Angeiologie, Halle, 1834, p. 249 ; S. Birch, Hist. of anc. pottery, Lond. 1858, I, p. 189 ; II, p. 77 et 310 ; Becker, Gallus, éd. Ilein, 1863, p. 299 et suiv.; Marquardt, Bôm. Privatalterthümer, II, p. 72, 243, 252.
AMPHORA II. ’ Capit. Max. duo, 4 ; Prise. De pond. 62.
AMPHOTIS. 1 Philetas ap. Atb. XI, p. 782 d.
AMPLIATIO. 1 Cic. Pro Caecina, 2, 6; 4, 9; 33, 97; Gell. XIV, 2.— 2 T. Liv.
un magistrat, en matière de justice criminelle ordinaire, pouvait en faire autant 2, après avoir pris l’avis de son conseil; telle est l’origine de Yarnpliatio, d’après W. Zumpt et Walter. Dans les procès criminels portés devant une commission ( quaestio ) et même devant les quaestiones perpetuae, qui succédèrent aux commissions extraordinaires, lorsque les jurés appelés à se prononcer avaient déclaré, par un vote public, qu’ils n’étaient pas édifiés (non liquet), ils décidaient par cela même que l’obscurité de l’affaire leur paraissait exiger une seconde instance qu’on appelait ampliatio. Le préteur ou le magistrat qui présidait la commission, ordonnait le renvoi à un plus ample informé3 (amplius ou amplius cognoscendum), et ce renvoi pouvait être ordonné plusieurs fois sur la demande des jurés4. Ce système était complètement étranger aux judicia populi, c’est-à-dire aux affaires criminelles portées devant les comices. Si la décision n’était pas rendue le jour même, il y avait ampliatio , en ce sens seulement qu’il fallait recommencer les plaidoiries et le vote 8.
L’ ampliatio ordinaire était assez fréquemment employée6. Le jour où s’ouvrait la nouvelle instance était fixé par le président7; l’instruction recommençait complètement ; on pouvait y présenter des défenseurs et des moyens de preuve nouveaux. Cette procédure subsista sous le régime des commissions permanentes 8 ; mais elle devint moins fréquente et dut tomber peu à peu en désuétude, principalement à cause de l’introduction de la comperendinatio dans les procès repetundarum ou dans les procès des magistrats, suivant Zumpt, par la loi Servilia qui supprima en ce cas Yarnpliatio, et ordonna une seconde instruction après les plaidoiries et l’audition des témoins et avant jugement. Le même auteur admet que la loi C-ornelia de Sylla maintint Yarnpliatio dans les autres procès.La comperendinatio différait de Yarnpliatio, en ce que celle-ci était vraiment une nouvelle instance, tandis que la première n’était qu’une seconde plaidoirie ou instruction nécessaire, organisée par la loi, sans décision du tribunal. Elle disparut, suivant Zumpt, avec Yarnpliatio, en 70 av. J. C., par l’effet de la loi Aurélia de judiciis, 9 qui aurait supprimé ces deux procédures, et, suivant les auteurs antérieurs, sous l’empire, avec les quaestiones repetundarum, lorsque les procès de concussion furent portés au sénat, maître de sa procédure [repetundae] ; de là l’incertitude des notions des écrivains contemporains sur l’ancienne comperendinatio . G. Humbert.
AMPULLA, Ampoule. — Fiole, flacon au col étroit *, au corps globuleux, servant principalement à porter l’huile dont on faisait usage dans les bains (ampulla oleuria)*; on y mettait aussi du vin, du vinaigre ou une boisson quelconque 3 (ampulla potoria). Les vases de ce genre en verre et en terre cuite sont en grand nombre dans les collections,
IV, 44 ; Cic. In Yerr. I, 29. — 3 Ascon. In Verr. I, 9, 29. — 4 T. Liv. XLIII, 2; Val. Max. VIII, 1, 2. — 8 Dion. IX, 41. — 6 Auct. ad Herenn. IV, 36; Cic. In Verr. I, 29 ; Pro Cluent. 28 ; Brut. 22 ; Ascon. Ep. II. — 7 Cic. Brut. 22. — 8 Cic. In Verr. I, 9 ; Pro Cluent. 76 ; Sigonius, De judic. II, 22. — 9 Scnec. Ep. 97 • Plin. Ep. V, 21 ; VI, 2 ; Tac. Orat. 38. — Bibliographie. Sigonius, De judic. II, 20 à 22 ; Heineccius, Antiq. rom. syntagma, IV, 18, 30 ; Ferrât. Epist. lib. VI, Vend. 1737 ; Klcnze, Fragm.leg. Servit, repet. c. 13, Berlin, 1825 ; Id. Lehrbuch des Strafoerfahrcns, Berlin, 1833, p. 131 ; Walter, Geschichte des rom. Bechts, Bonn. 1860, 3e édit. n. 731 et 852 ; Laboulaye, Essai sur les lois criminelles des Domains, Paris, 1844, p. 377 ; Geib, Criminalproccss , Leipz. 1842, p. 374-381 ; Rudorff, Bôm. Bechtsgeschichte, Leipz. 1857-59, I, 78 ; II, p. 251, 442; W. Zumpt, Das Criminalrecht der Borner, Berlin, 1865-69, II, 1, p. 204 et s. ; II, 2, p. 125 et suiv., et p. 211 à 216.
AMPULLA. l Plin. Ep . IV, 38. — 2 Apul. Flor. II, p. 34 Oud. ; Mart. III, 82, 26 ; Cic. De fin. IV, 12. — 3 Plaut. Merc. V, 2, 86 ; Mart. VI, 35 ; XIV, 110 ; Suct. Domit. 21 ; Plin. Hist. nat. XX, 14, 54.
Fig. 287. — Amphore en bronze.
AMP
AMP
et de formes très-variées. Ceux qu’on voit réunis (fig. 288, 289, 290 et 291) sont en verre et appartiennent au musée
Fig. 288.
Ampoules en verre.
du Louvre. La figure 292 reproduit une ampoule en verre de la collection de Luynes, à laquelle est adaptée une anse mobile en bronze qui permettait de la tenir suspendue. Une autre à peu près semblable, en bronze, attachée au moyen de chaînettes, avec une patère et plusieurs strigiles, à un anneau qui les réunit (fig. 291), a été trouvée à Pompéi 4 ; on en trouvera la figure au mot balneum.
On faisait aussi des vases semblables Fig. 292. Ampuiia en cuir ( scorteae ampullae 5, ampullaceo corio) 6, commodes surtout pour porter sur soi en voyage.
Le terme très-général d ’ampulla doit sans doute s’étendre à des formes de vases désignées par d’autres noms
chez les Grecs et chez les Romains [lecy-
THUS, BOMBYLIOS, GUT- TUS, ALABASTRUM, UN-
guentarium ]. Apulée 7 donne la description d’une ampulla de forme lenticulaire {lenticulari forma , tereti ambitu, pressula rotunditate ) à laquelle répond assez bien le flacon en bronze 8, reproduit fig. 299 et 294 ; d’autres, en terrecuite, de forme à peu près semblable se rencontrent assez fréquemment. E. Saglio.
AMPULLARIUS. — Fabricant d ’ ampullae1.
AMPYX (Vituç). — Coiffure à l’usage des femmes, et aussi harnais de tête des chevaux. Du double emploi du mot aussi bien que de l’examen des divers passages des écrivains grecs où il se rencontre, on peut conclure que c’était là un terme général ‘, désignant, dans son acception la plus large, non une coiffure ou un ornement d’une sorte particulière, mais le réseau formé par les liens, brides ou bandelettes (aiAiroxwv 7roXu|*mov 2) qui enserraient la tête Cependant Homère, énumérant les diverses parties de la coiffure d Andromaque 3, nomme Yampyx comme une pièce
Fig. 295. Stlengis.
à part. Il ajoute souvent, ainsi que d’autres poètes, aux noms des déesses l’épithète de ypuaâ[i.7rux£ç * (à la coiffure d’or). Le scholiaste d’Euripide 5 dit expressément que Yampyx était un ornement en or, enrichi de pierreries, dont les femmes ceignaient leur tête. Il s’agit ici évidemment, la partie étant prise pour le tout, de l’ornement principal, bandeau ou plaque de métal, que l’on portait sur le front, comme le montrent un grand nombre de monuments. On a découvert dans des tombeaux, en Crimée 6, deux parures de ce genre, consistant en une plaque d’or creusée, par derrière, bombée par devant , (tÿT’y imitant de ce côté l’arrangement des cheveux divisés par une raie ; on peut reconnaître dans ces bijoux, dont le contour et la forme creuse rappellent celle d’un strigile, l’ornement que les Grecs appelaient gtXeyyi'ç, du nom de cet instrument. Aux deux bouts et au milieu, sur le dessus, sont des anneaux par où l’on passait des cordons qui assujettissaient la plaque sur le front. Une de ces parures est ici reproduite (fig. 295). C’est par des moyens analogues que devaient être fixées les plaques de métal de formes diverses dont on voit les femmes si souvent parées dans les monuments. On en voit ici deux exemples , l’un (fig. 296), d’après un vase peint qui représente desMuses7, l’autre (fig. 297), porté par Sémélé, d’après un miroir gravé gréco-étrusque 8.
Les chevaux aussi sont quelquefois appelés ypv(Tdu.7tux£i; 9,
Fig. 296.
Coiffure grecque.
Coiffure étrusque.
Fig. 298.
et cette épithète n’est pas moins clairement expliquée par des monuments, où l’on voit, comme sur un vase de Fig‘ 299- Harnais-
la collection d’Hamilton (fig. 298) », un ornement de têüere placé en travers du front d’un cheval, ou comme dans
Stich “h f°77* VU7 rV'l 5SFeSt' Rubidus' ~ 6 Cot- VIH, 2; Plaut.
'■ 77 ■ ~ Apul; *• L - 8 M.cali, Mon. ined. pl. lu; cf. Mus. Gréa. I 'BL'OGRAPIUE. llssing, De nomin. rasor. graec. Copenhague, 1844, p. 64" 71 ; Krause, Angeiologie, Halle, 1854, p. 451 ■ Becker G allas »e M .Lu ■ ’ 1863; II, p. 330; III, p. l08. ’ ’ ’ d’ de Reln>
AMPULLARIUS. 1 Plaut. Rud. IU, 4, 51 ; Orelli, Imcr. 4143.
AMPYX. Dérivé de ; Paus. ap. Eustath. Ad II. p. 1280, 56 • cf n 1*8
- Aesch. Suppl. 431, et Schol. 3 //. x 469 .. P , , ’ ' p’ 1-8--
’ 4b9 ■ «TaWlvva, A|*irjxa xixoi-
7 ; “ 9 f *choK Ad h- L - * ii- nu 468 , HeS.
916 cf. Po1 . v, 96 , et dans Pind. Nem. xvavip*,a e^«,. 5 Une. L60. - 6 Compt rendu Je la comrn. arch. de St-Petersbourg, pour 1859, pl. 2 ; et pour'
mdler 391 ’ «Le 34’ in ‘ Cf' Gerha''d’ Prodr°mus, p. 21 ; Antike Denk- SpZel l ni’ ®eW,gfr' Kl™ Ifchriften, lu, p. 93. - « Gerhard, Etru.sk cf Fn t’.h P.‘-,93’(dautres- **«*•*. 71.82, 102, etc. - 9 Hom. //. V, 358!
, '• l'et mker’ A"ecd- 388, 6, 7. - 10 Tischbein, Vases d'Ua-
AMU
AMU
une peinture d’un tombeau de l’Italie méridionale (flg. 209) u, une plaque verticale («poiutioitlSiov, â|«cux<ri|p ls) qui le couvre jusqu’aux naseaux [frontale].
Le mot ampyx se trouve encore employé par extension pour le couvercle ou le bouchon d’un vase 13. E. Saglio.
AMULETUM. — Nous réunirons et nous classerons sous ce titre, en renvoyant pour les plus importants à des articles spéciaux, les objets extrêmement variés auxquels les anciens attribuaient le pouvoir de préserver soit des maladies, soit des maléfices, et en général de détourner toute influence maligne des personnes ou des choses auxquelles ils étaient attachés : tel est, en effet, le sens précis du mot amuletum *, venu d’Orient, vraisemblablement vers les premiers temps de l’empire romain, et de ses équivalents plus anciens irep(a(*u.a, 7tsp(onrTov, ligatura, alligatura, tous indiquant l’idée d’attache. D’autres noms qui viennent de la forme propre à certains amulettes, de la matière dont ils étaient faits, ou de la vertu qu’on leur supposait, seront expliqués dans la suite.
Pline dit avec raison 2 que l’usage des amulettes est, aussi bien que la pratique des enchantements, né de la médecine : l’un et l’autre ont leur origine dans la superstition qui attribuait à des puissances occultes des maux dont on ne pouvait démêler les causesvéritables. Sans nous arrêter sur l'emploi que la médecine faisait des amulettes, nous devons dire qu’ils étaient compris parmi les nombreux remèdes auxquels elle avait recours d’une manière purement empirique, soit pour soulager les maux physiques (por^tAocTa), soit pour les prévenir (epu^axt^pta, itpocpu- XaxTixà), et qu’on appelait tous d’un nom commun physica (oustxoE)8. Plus les causes des maux qu’on éprouvait étaient inconnues, plus on était enclin à les attribuer à des influences surnaturelles. La superstition de ce qu’on appelle encore aujourd’hui en certains pays le mauvais œil , la croyance à la fascination [fascinum], était surtout universellement répandue. On croyait se garantir de ces influences au moyen des amulettes. C’étaient ou des substances natui elles, ou des objets préséntant certains signes ou figures dans lesquels on faisait résider leur efficacité ; ou bien même ils devaient, croyait-on, leur merveilleuse puissance tout à la fois à leurs propriétés naturelles et à leurs formes symboliques.
I. Pierres , plantes , animaux ou parties d’animaux servant d'amulettes. — Il n’y avait pas d’amulettes auxquels on eût une foi plus générale que certaines pierres, les unes précieuses ou rares, les autres n’ayant de valeur que par les images ou les caractères qui s’y voyaient, fl est à remarquer que la plupart venaient d’Orient , comme l’emploi superstitieux qui en était fait. C’est ce qu on peut induire aussi des auteurs anciens qui ont écrit sur ce sujet. Quelque date qu’on assigne au poëme orphique sur les pierres (AtQixoc), où sont célébrées leurs vertus mystérieuses, il est facile de voir 4 que l’auteur avait eu des prédécesseurs, et qu’il était un adepte de la magie orientale. Pline, qui avait sous les yeux un grand nombre d’ouvrages antérieurs,
il Dullet. Napolit. N. s., IV, pl. iv. — 12 Aesch. Sept. c. Theb. et Schol. Ad h. I. ; Ilesvch. ’AjjÆuxT^fta. — 13 Schol. Aristoph. Ach. 671.
AMULETUM. 1 Hamàlet , de hamal, porter, en arabe; mais l’usage vient de plus loin, de la Chaldée, ou peut-être de l’Inde ; le latin amuletum apparaît pour la première fois chez Pline, ffist. nat. xxx, 15, 47; xxxvii, 3, 12. — 2 ffist. nat. xxx 1. — 3 Charpentier, dans Ilucange, Gloss, med. lat. s. v. Physica ; Beckcr-Marquar'dt ffandb. der rom. Alterth. IV, note 717 et suiv. — 4 Tvrwhitt, Ad Carm. de iapid. Lond. 1781, v. 67 et sq. - 5 ffist. nat. XXXVII, 3, 54; 9, 118, etc. - 6 ffist. nat. XXXVII, 10. — 7 Voy., outre les indications de Pline et les traités spéciaux de' Psellus, De Iapid., Marbod. Lib. Iapid.; Galen. De simpl. med. fac.
quand il écrivait sur les pierres son xxxvii6 livre, indique aussi cette source 5 ; il nomme 6 Zachalias de Babylone, qui avait dédié à Mithridate un livre dans lequel il attribuait aux pierres précieuses une action sur la destinée des hommes. Les esprits les plus éclairés paraissent avoir partagé la croyance du vulgaire à l’efficacité merveilleuse de certaines pierres dans des cas prévus 7. Nous citerons seulement quelques exemples.
L’agate, très-estimée dans la haute antiquité 8 (plus tard elle le fut moins), passait pour un préservatif contre les piqûres des araignées et des scorpions ; on croyait aussi qu’elle détournait les tempêtes et le tonnerre 9. Toutes les agates ne possédaient pas ces qualités : on les éprouvait en les jetant dans l’eau bouillante ; si elles la refroidissaient, on pouvait avoir confiance, à la condition de les attacher avec des crins de lion. On doit écarter, ajoute Pline, les agates qui ressemblent à la peau de l’hyène : elles jettent la discorde dans les familles ; celles qui n’ont qu’une couleur rendent les athlètes invincibles. Placée entre les cornes ou sur les épaules des bœufs attelés à la charrue, l’agate attire sur le champ labouré la fertilité 10. — Le diamant est un antidote, il chasse la mélancolie, calme les affections de l’âme, dissipe les craintes mal fondées ; de là vient qu’on lui donne aussi le nom d’anachites (àvaxynri;)11. — Le jaspe qui ressemble à l’émeraude et qui a dans son centre une ligne blanche transversale, est recommandé à ceux qui ont quelque harangue à prononcer 12 ; il peut aussi neutraliser l’effet des breuvages composés avec des herbes enchantées. Le jaspe qui a la couleur de la verdure printanière attire sur les champs desséchés la pluie bienfaisante13.— Les dieux ne résistent pas aux prières de celui qui se présente dans leurs temples en tenant dans sa main un cristal limpide u. — Les magiciens affirmaient que 1 ’améthyste empêche l'ivresse (circonstance d’où lui vint son nom) ; ils ajoutaient que si l’on grave sur ces pierres le nom du Soleil ou de la Lune et qu’on les porte comme amulettes, elles préviennent les empoisonnements, procurent un accès favorable auprès des princes, enfin qu’elles doivent détourner la grêle et les sauterelles, pourvu qu’on récite une certaine prière dont ils donnaient la formule l5. — L ’antipathès sert de spécifique contre la fascination 16 ; d’après Ctésias 17, il guérit les lépreux. — La chalcopliane est recommandée aux acteurs tragiques 1S. — La chélonie ou œil de tortue, si on la tient sur la langue, fait connaître l’avenir pendant un jour entier 19. — L’héliotrope, portée en amulette et combinée avec certains charmes, rend invisible 2o# L’hématite sert à faire découvrir les embûches,
guérit les maladies des yeux et du foie, fait gagner les procès. — Etc. 21 .
D’autres pierres n’ont de valeur que parce qu’elles se trouvent dans certains endroits, comme la céraunie, recherchée des magiciens, qu’onne rencontre, disaient-ils, que dans les endroits frappés de la foudre 22 ; d’autres, parce qu’on les tire du corps de certains animaux. D’après Apollonius de Tyane 2:\ la prunelle de l’œil du dragon est une
IX 2 et sq. ; Diosc. Mat. med. V, 5, 5 ; Isid. Orig. XVI, 5 ; et les textes indiqués pur Marquardt, ffandb. d. rom. AU. IV, p. 124 et suiv. - 8 Solin. V, p. 21 ; Isid. XVI 11 • Caylus, Dec. dont. II, p. 35, pl. ix. - 9 Plin. XXXVII, 10. — « Orph. Lüii. 238 et sq. éd. G. Hermann. - H Plin. XXXVII, 5. - « XXXVII, 9. -13 Orph. IAth. 264 et sq. — Ibid. 170 et sq. ; Caylus, Dec. III, pl. xv, 3. — « Plin. XXXVII, 9 ] ie plin. XXXVIII, 10; üioscor. V, 140. — 17 Ap. Stab. De morb. — w Plin. XXXVII, 10. — 19 Isid. Orig. XVI, 4 ; Marbod. 19. - 20 Isid. Orig. XVI, 7 ; Solin.
21 Orig. XVI, S ; Marbod. 36 ; Plin. I. L; cf. Caylus, Dec. d’ant. pl. xvm; II, pl. ix ; III, p. 139, pl. xxxv. — 22 Plin. XXXVII, 9; Isid. Orig. XVI, 13. — 23 philostr. Vit. Apoll. Tlnjan. III, 7.
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pierre étincelante à laquelle sont attribuées plusieurs vertus secrètes ; des pierres de toutes couleurs, qui se trouvent, disait-on, dans la tête du même animal, servaient aussi de talismans. Philostrate 24 compare leurs propriétés merveilleuses à. celles du fameux anneau de Gygès. Milon de Crotone25se rendit invincible en portant une pierre trouvée dans le gésier d’un chapon. Celles que l’on découvre dans le corps d’une biche pleine entretiennent la santé des femmes enceintes qui les portent comme amulettes 26. Une petite pierre prise dans un nid d’hirondelle guérit les épileptiques27.
Le corail ( curalium , xoupaÀtov) et Yambre ( succinum ), qui passaient aussi pour des minéraux, doivent être mentionnés à la suite des précédents. Les vertus phylactériques du corail étaient incontestées. Solin dit 28, d’après Zoroastre, que sa vertu est telle, que tout ce qu’on fait en cette matière a par cela seul une action salutaire. Une branche de corail suspendue au cou d’un enfant, est pour lui un sûr préservatif (tutela) 29. Elle écarte d’une maison toute mauvaise influence 30 ; elle résiste aux typhons et à la foudre. Une espèce particulière de corail, la gorgonie, calme les vagues de la mer et détourne la foudre 31. En Orient, le corail était à la fois un objet de religion et de luxe 82. Aujourd’hui encore, l’usage des amulettes en corail est répandu en Italie et dans d’autres pays. — Pour Yambre , Pline 33 indique divers emplois qu’on en faisait en médecine et remarque que les femmes des bords du Pô, où on le recueillit d’abord, portaient des colliers d’ambre, nonseulement pour se parer, mais aussi comme préservatif contre les maladies. On en faisait porter en amulettes aux petits enfants 3\
Les métaux passaient pour avoir par eux-mêmes une vertu phylactérique, et particulièrement Yor 35. Le fer avait aussi des propriétés magiques : en traçant sur la terre des cercles avec un instrument de ce métal, ou en les figurant en l’air par trois fois autour d’un enfant, on détournait de lui tout maléfice 36. La famille Servilia croyait sa fortune étroitement liée à un triens de cuivre 37 : elle s’élevait ou s’abaissait suivant les proportions que prenait la pièce de monnaie: aussi lui rendait-elle un culte et l’honorait-elle par des sacrifices.
Les plantes n’étaient pas employées seulement dans la médecine ou pour la composition des philtres, il y en avait qui étaient de véritables amulettes 38. Déjà dans Homère 39 la plante que le poète appelle [xôüXu préserve Ulysse des enchantements de Circé. L’aubépine, le laurier , le nerprun, pour ne citer que ces exemples, ou des branches de ces arbustes, étaient placés devant la porte des temples ou des habitations 40 afin de neutraliser les influences malignes. 11 y avait des gens superstitieux qui ne sortaient pas sans mettre du laurier dans leur bouche 41 . D’après Apion 42, la plante appelée cynocéphalie était souveraine contre tous les maléfices. La fleur de l’ellébore était particulièrement
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réputée comme un remède contre les maladies incurables43. Elle devait rendre l’esprit plus actif et plus libre, développer la sagacité ; avant d’écrire un de ses ouvrages, Carnéade se purgea avec de l’ellébore 44. Si on le répand en prononçant des paroles consacrées, écrit Pline45, on purifie le bétail. On l’employait aussi contre la rage et contre l’épilepsie 46 ; mais il fallait observer rigoureusement certains rites en le cueillant 47.
Les animaux renferment dans leur corps, au dire des anciens, de nombreuses et remarquables propriétés talismaniques. Les paysans clouaient à des arbres, dans leurs champs ou à l’entrée de leurs maisons, la tête ou un membre de certains d’entre eux 48.
L’âyèneest un des animaux dont lesmagiciens racontaient le plus de merveilles; nous ne citerons que quelques faits. Si un guerrier attache à son bras une dent d’hyène, jamais les traits qu’il lancera ne manqueront le but ; portée au cou à l’aide d’un ruban de fil, elle préservera des frayeurs nocturnes et des terreurs qu’inspirent les ombres. Certaines parties du corps de cet animal suspendues au cou d’une femme grosse la garantissent d’une fausse couche. Ses nerfs ou son œil font renaître la fécondité éteinte par quelque maléfice ; ses excréments préservent des sortilèges et de la fascination ; sa moelle épinière portée en amulette calme le délire des malades ; son rectum est une sauvegarde contre les injustices des hommes puissants, fait aboutir les pétitions, tourner les jugements à notre avantage, et gagner les procès M. — Les anciens accordaient au loup une grande puissance contre les enchantements; sa chair est pour les femmes en couches un préservatif contre la fascination 50. Sextus Platonicus 51 énumère longuement les propriétés magiques de la graisse de cet animal ; elle chasse les ombres et les fantômes. Sa face rend les maléfices sans effet, aussi l’attachait-on aux portes des maisons de campagne 52.
Le fiel de la chèvre placé sur les yeux ou sous l’oreiller d un malade tient lieu de narcotique 53 ; il préserve des maléfices qu’on obtient à l’aide de la belette des champs 54. Les excréments de cet animal enfermés dans un sachet et portés comme amulette parles enfants calment leur impatience8’. Le fiel d’un chien noir mâle est un préservatif contre toutes sortes de maléfices; une maison est purifiée par son parfum 56.— On faisait des amulettes avec les oreilles d’un rat enveloppées dans une étoffe de couleur rose57 ; le foie du rat était aussi d’un grand secours contre les maléfices On attribuait aux cornes de Yonagre cornu des propriétés merveilleuses 59 : il suffit d’avoir bu dans une de ces cornes, pour être pendant tout le jour à l’abri des maladies, pour ne pas souffrir d’une blessure, pour traverser impunément le feu, pour n’avoir rien à craindre des poisons les plus violents, etc.-En portant comme amulette un talon de porc, on peut à son gré exciter la discorde 60. -Une langue de renard suspendue au cou dans un bracelet
- Ge„ vV1I V v ’ 2’ 136 ; et 3’ 82 î cf- v«r. hut. n, 7.
Theophr. Hist. V VI„/Y’; ^ “ -Y ^.1^1' !
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19 SexfrYl^ V r HpvVv111’ — 5s Plin- -VXYUI, 10. — 53 Plin. XXXVHI,
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capr. IV, 16. —56 pijn. xxx 10. YYYm a m- ’ FI t# De
6. 58 p|in XX1X . ‘ ’ , ! XXX I1; *• ~ 57 P1,n- XXX> " ! Plin. Valer. III,
l’onaffre cornu nYY ~ Av°lL T'ja' HI> 2‘ 11 probable que
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guérit le mal des yeux — La chauve-souris et le hibou sont de mauvais augure ; s’ils entrent dans une maison, on doit s’empresser de les saisir et de les clouer sur la porte pour éloigner tout danger 6S. La tête desséchée d’une chauve-souris portée en amulette dissipe le sommeil ; après l’accomplissement de quelques formalités, elle préserve une bergerie de tout maléfice 63. — Les excréments des moineaux et des corbeaux portés dans un sachet et attachés au cou guérissent les maux de dents 6\ — Les guêpes, les chenilles, les limaçons, les cloportes, les araignées, les fourmis, etc., servaient d’amulettes pour les fièvres 65. — On racontait bien des merveilles sur un tout petit poisson que Pline 66 nomme échénéis. 11 calme les vents et la tempête, il tient immobile un navire sur les flots furieux ; les auteurs grecs ne tarissent pas sur ses propriétés. Porté en amulette par une femme grosse, il la garantit des fausses couches et la soulage dans les douleurs de l’enfantement, etc. Il peut rendre momentanément impuissant 67. Le même amulette avait un grand succès auprès des plaideurs, qui lui attribuaient le pouvoir d’arrêter les procès et de suspendre les jugements. Pline ajoute 63 qu’il compense tous les maléfices pour lesquels on l’emploie, en arrêtant les pertes des femmes enceintes et en faisant venir les enfants à terme. — L ’anguinum ou œuf de serpent avait le privilège de faire gagner les procès. L’empereur Claude se plut à démontrer d’une façon cruelle l’inanité de ce talisman : ayant appris qu’un chevalier romain toujours en procès en portait un sur lui, il le fit mettre à mort 69. — La langue du caméléon préserve des dangers de l’accouchement, et son cœur, des fièvres quartes ; la patte droite attachée au bras gauche avec une lanière de peau d’hyène garantit des vols et des frayeurs nocturnes. Des pastilles faites avec la patte gauche et portées dans une boîte en bois rendent invisible. Au moyen de l’épaule gauche, on provoque des rêves délicieux; avec l’épaule droite on terrasse ses ennemis. Enfin la queue de cet animal arrête la prolixité des écrivains; sur quoi Pline regrette, non sans quelque raison, que cet amulette n’ait pas opéré sur Démocrite, lorsqu’il racontait les mille merveilles du caméléon '°.
Les dents avaient une place importante dans les prescriptions de la médecine empirique. On attribuait à la première dent qui tombe à un enfant des vertus singulières, pourvu qu’elle n eut point touche terre . enchâssée dans un bracelet et portée continuellement au bras, elle préservera des maux de la matrice bextus Platonicus lui accorde le pouvoir d’empêcher les femmes de concevoir, lorsqu’elle est enchâssée dans un chaton d or ou d argent . Une dent de loup portée comme amulette par les enfants les empêche d’avoir peur et les garantit des souffrances de la dentition 74 ; attachée au cou d’un cheval, elle le rend infatigable à la course75. On trouva en Crimée, en 1865, sous un tumulus, les restes de cinq chevaux dont les têtes étaient en partie ornées de plaquettes d or ou d argent, en partie de défenses de sanglier perforées 76 ; les dents, dumême animal servaient souvent d amulettes; percées d outre en outre, on les portait suspendues au cou. Les dents
61 Mare. Emp. VIII, p. 66 ; Plin. XXVIII, il. - 83 Plin- X, 12; cf. J. Obsequens, De prod. 107-109, etc. — 63 Plin. XXIX, 4. — «v plin. XXX, 3 ; Mare. Empir. XII, p. 85; Sext. Plat. II, 6-3. - 33 Plin. XXX, 10 et 11 ; XXVIII, 7 ; Kopp, Expltc. inscript, nbscurae in amuleto inscriptae. Heidelb. 1832, 4. — 66 XXXII, 1.
67 Plin. XXXII 10. — 68 IX. 24. — 69 Plin. XXIX, 3. — 70 phn. XXVIII, 8 ; Marc. Emp. VIII; Scrib. Larg. Comp. 38; C.ael. Aurel. I, 6; Gell. X, 12. 71 j’[in'
XXVIII 4- 7i IV* 17. — 73 Cf' Stat. Theb. IX, 688 ; Calp. Ecl. VI, 43. — 1 Plin.
y yviii 19 - 76 Gratid.— 76stephani , Compte rendu de la Comm.arch. de St-Pètersb. 1865, p! 19- - 77 Plin- XXX, 3. - 78 Quint. Seren. De inf. dent. 60; Sext. Plat.
des taupes 77, celles des serpents, les premières dents qui tombent aux jeunes chevaux recevaient la même destination et s’employaient pour tout ce qui concerne la dentition 78.
D’autres parties de certains animaux étaient appliquées aux maladies des parties analogues du corps humain, par exemple les nerfs, les jambes d’un vautour, d’un onagre, les osselets d’un lièvre, etc. , attachés à la jambe ou au pied. On attribuait des effets semblables à quelques produits de l’organisme humain : les calculs bilieux, par exemple, pouvaient guérir les maladies du foie 80. Pline parle avec de longs développements 81 des prodigieux effets dus à l’état pathologique des femmes à des moments déterminés.
On croyait à l’efficacité de certaines reliques des personnes qui avaient péri par accident ou dans les supplices 82. Les cheveux d’un pendu guérissent les fièvres, et la corde de pendu les maux de tête 8a. Un clou ou un morceau de bois arraché d’un gibet et enveloppé de laine arrête la fièvre quarte 84 . Pline énumère 85 les maladies qui sont guéries ou calmées par le traitement du sang des gladiateurs, telles que la goutte, les écrouelles, les furoncles, les érésipèles, l’épilepsie, etc. Un fil imbibé de ce sang et porté dans un bracelet d’argent est un remède contre l’hydrophobie et les fièvres.
11 y avait aussi de nombreux talismans 86 employés soit pour exciter, soit pour réprimer l’ardeur des désirs amoureux, et pour rompre les enchantements dont les amants croyaient être victimes.
II. Objets artificiels portés en amulettes. — Nous avons énuméré jusqu’à présent les diverses sortes d’amulettes, en ne tenant compte que de leur nature et de la matière dont ils étaient faits, indépendamment de la manière de les porter, de la forme qui leur était donnée, des images ou des signes qu’on y ajoutait et auxquels on attachait une plus grande importance encore. C’est surtout sous forme de bijoux et d’ornements de toute espèce que les pierres et les métaux précieux, l’ambre et le corail servaient d’amulettes. On peut affirmer, d’après les textes et d’après l’examen des objets mêmes qui ont été conservés, qu’une très-grande partie des bijoux antiques ont été faits et portés dans une pensée superstitieuse. Il y avait dés manières très-variées de les porter : suspendus au cou ou sur la poitrine (fig. 300 et 302) 87, soit comme un pendentif isolé,
soit en collier, et sous cette forme quelquefois rassemblés en grand nombre (voyez p. 257, fig. 310); ou bien passés en
, XVI 13; Plin. Valer. 1,42; Plin. XXVIII, 19; Anth. Pal. VI, 246 ; cf. \mpte rendu de la Comm. arch.de St-Pétersb. 1865, p. 196. - 79 p|in. Valer. II, • Alex T rail XI, 1- — 80 Marc. Empir. De medic. 22. — 81 XXV11I, 7; cl. llad. I 35 ; Colum. De cuit. hort. X ; Ael. Hist. an. VI,. 3, 6.- 82 Alex. Trall.
83 plin. XXVIII, 4. — 8V Ibid, et Plin. Valer. III, 6. — Sa XXVIII, 1 et ; ;
Dioscor. II, 97 ; Cels. III, 23 ; Tertull. Apol. 9 ; Scrib. Larg. Il, 13 et 17 ; Al. ail. I, 15. - 86 Plin. XXII, 10 ; XXVIII, 4, 89; XXIX, 6 ; XXX, 11 ; Marc. Emp. S.
statue en terre cuite, au Louvre.
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ceinture ou en écharpe autour du corps(fig.301,302)88; ou en bagues [anulus], en bracelets [armilla], en boucles d’oreilles [inauris]; placés à l’extrémité d’une aiguille de tôte[Acus];
cousus sur les vêtements [bracteae], etc. : c’est ce qu’on pourra voir par quelques-uns des exemples figurés dans les articles spéciaux relatifs à chaque sorte de bijoux.
Dos amulettes qui n’eussent pas pu facilement être portés en parure (telles sont beaucoup des substances naturelles dont il a été parlé plus haut) étaient enfermés dans des sachets ou dans les capsules d’or ou de cuir appelées bulles, dont l’usage fut si général surtout en Italie. Il en sera parlé ailleurs avec développement [bulla]. Disons seulement ici que les bulles se portaient (fig. 300, 302) suspendues au cou, au bras ou sur la poitrine, souvent attachées à un collier ou à un bracelet, et qu’elles contenaient aussi sans doute des phylactères, des recettes, des formules ( phylcicteria , remedia , praebia ) 89, comme on en a trouvé, en effet, dans quelques-unes de celles qui ont été conservées : par exemple, dans une bulle qui est actuellement au Louvre, une feuille d’argent où sont gravées des conjurations contre les démons et les maléfices 90. On a constaté 91 que les recettes écrites sur parchemin ( breve ) étaient rares et que l’usage général était de les graver sur une matière plus durable : les laminae cirgenteue et les
laminae aureae sont spécialement recommandées par Marcelius Empiricus 92.
Les formules éphésiennes ( Ephesiae interne, ’Ecpéffia ypap.p.ata) méritent une mention spéciale, à cause de la renommée dont elles jouirent et qui y fit recourir contre toutes sortes de maux et de sortilèges, même par des Grecs, quoique leur teneur fasse reconnaître leur origine barbare 93.
On voit (fig. 303) le dessin, réduit au quart, d une plaque, non de métal, mais de terre cuite, conservée dans la collection publique de Syracuse 9\ A part quelques mots, l’inscription qu’elle porte est restée inintelligible;
8l> tig. 301, Mus. Pio-Clem. 111, tav. xxn, et A. —89 Athen. XII, 70, p. 548 ; Jiacr. Sot. I, 691 ;Varr. De ling. lat. VII, 108 ; Marc. Emp. I. I.; Festus, P. Diac. s. v. —
90 Bijoux du musée Nap. III , n. 254; Frôhner, Amul. basilidienne ; cf. K. Rochette, Mcm. de V Acad, des Inscr. XIII, p. 577. - 91 Frôhner, Op. I. p. 15 rîDcmedie.ïO et 29. - 93 Athen. XII. p. 548 c; Phot. Le: v. p. 40; Eustath.
Ad Od. XIX, 247 ; Diogenian. Prov. IV, 78; Interp. ad Suid. et Hesych. s. v. ; Leutsch. Ad h. I.; Van Dale, De idol. p. 526 ; Wetstein, Ad Act. apost. XIX, 9 Wiuer, Bibl. Realwôrterbuch, s. v. Zauberei; Schômann, Gr. Alterth. II, p. 336’
”6 éd-; Melneke’ F‘‘as ■ comic- 9r- IV, p. 181 ; Mcnand. p. 132; Lobeck, Àglaoph’. p. 1 103. - 94 Avolio, Delle antiche fatture di argilla, Palerm. 1829; Stephani Mélangés gréco-rom. de l’Acai. de St-Petersb. 1, p. i, pl. 93 Hesych. •
mais les premiers mots paraissent être aptem. <MOX iepon, et dans la divinité figurée au centre on reconnaît avec certitude l’Artémis d’Éphèse. Cette plaque est vraisemblablement un amulette fabriqué à Éphèse et rapporté par un pieux habitant de Syracuse pour être suspendu dans sa maison comme un préservatif contre tout malheur. Elle est encore remarquable parce qu’elle n’appartient pas, comme la plupart des objets qui se rapportent à ces superstitions, à une époque avancée de l’empire romain; mais, d’après la forme des caractères et la manière dont la figure est traitée, elle peut être attribuée au n« siècle av. J.-C.
A côté des bulles il faut placer les disques et les croissants (ffeAijvta, [/.ïjvfoxoi, lunulae) 95; puis d’autres petits objets96, d’apparence très-variée, semblables à des jouets (fig. 301), que les parents ou les nourrices mettaient au cou des enfants dans l’intention de détourner d’eux tout malheur [crepundia].
Les phalères [phalerae], aussi bien celles qui étaient placées sur une armure comme décoration militaire, que celles qui servaient d’ornement au harnais des chevaux, doivent être comptées parmi les amulettes ; car on les choisissait dans la même intention.
Les pierres, l’ambre, le corail, les métaux portés comme talismans présentaient ordinairement quelque figure symbolique, ou bien l’on y voyait gravés des caractères, des nombres, des formules empruntés pour la plupart à la magie et à l’astrologie orientales [chaldaei, magja]. Nous n’avons pas à en parler ici ; il suffit de rappeler qu’on rencontre surtout de pareils signes sur des bagues 97 (oaxxûXtoi, cpuffixo'i, (papp-axtrat, zeTelEagévoi) : tels sont les ABRAXAS des gnostiques, et les pierres qui portent des noms mystérieux comme celui d ' abracadabra 98, qui se lit en tous sens.
Si nous passons de ces signes et de ces formules aux images symboliques auxquelles on attribuait de pareils vertus, nous devons donner la première place aux figures de divinités, portées en amulettes comme des gages d’une protection spéciale : c’est ainsi que Sylla 99 portait toujours dans son sein une figurine d’Apollon. Les images des dieux le plus souvent invoquées comme détournant les maux (à7roTp<maioi, a7uo<uxaxoc, averruneï), furent sans doute ordinairement, préférées; mais celles qu’on rencontre en plus grande abondance, et qui sont aussi le plus fréquemment nommées par les auteurs et les inscriptions, sont celles de dieux étrangers dont le culte ne fut introduit que tard dans le monde grec et romain, tels que Diane d’Éphèse, Mithras, Isis, Anubis, et surtout Sérapis et Harpocrate ; ce dernier, devenu pour les Romains le dieu du silence, devait sans doute préserver contre toute parole imprudente qui eût pu attirer le mauvais sort t0°. La même considération a pu faire adopter comme amulettes de petites figures dont quelques-.unes ont été prises à tort pour des images de la déesse angerona : elles représentent une femme tantôt nue, tantôt vêtue (fig. 30i, 303), qui porte une main à sa bouche, l’autre derrière elle, comme pour « marquer,
Plaut. Epidic. V, 1, 33 ; O. Jahn, Ueber d. bôsen Dlick, in Bcrichte der sàchs. Gessellsch. 1855, p. 42. — 96 K. F. Hermann, Der Knabe mit dem Vogel, Gôtting, 1S47 ; O. Jahn, l. I. p. 41 ; Mus. Pio-Clem. III, 22. — 97 Aristoph. Plut. 883, et Schol. ; Interp. Hesych. s. ». AaxtùUo; ?aP|i<xxmi5, 1, p. 879; Pictorius, Ad Marbod. Dactylioth. 6 ; Lindenbrog, Ad Amm. Marc. XXIX, 1, 31 ; Scaliger, Ad Manil. Astr. V, 392 ; Salmasius, Ad Vopisc. Aurelian. 18 ; Id. Exerc. Plin. p. 348, 654; Remesius, 1 ar. lect. III, 4,p. 392 ; Van Date, De idolatr. p. 529, 531 et sq. ; Kircbmann, De annul. c. xxi ; Cori, Thesaur. gemmar. ant. astrifer.; Hemsterhuis,
Ad Schol. Aristoph. Plut. 883 ; Lobeck, Aglaoph. p. 377,753 ; Meineke, Frag.comic. gr. Il, p. 454; Bôttiger, Kleine Schri/ten, III, p. 411.— 98 Seren. Samm. 52, 944.
— « Dut. Sylla, 29. — 100 o. Jahn, l. I. p. 47, 49.
Fig. 302. Amulettes.
Fig. 303. Lettres éphésiennes.
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a dit justement Letronne101,les deux orifices d’où le bruit peut sortir et rompre le silence », et l’on sait qu’il ne I pouvait être troublé, en beaucoup de circonstances, sans fâcheux présage. Quelquefois une main est pendante. L’anse placée derrière le dos de quelques-unes (fig.
304) ne laisse pas douter qu’elles n’aient été suspendues comme amulettes. On possède aussi des figures d’homme dans la même attitude 10ï, et d’autres ayant une double tête présentant d’un côté une face humaine, de l’autre celle d’un lion 103.
Amulette" LeS Hermès et leS ima»eS tl’Apollon Agyieus, de Priape, d’Hécate et d’autres dieux, placés devant les maisons et les temples, comme de véritables ànoxpozatà, doivent être au moins rappelés ici 10L
Il était naturel que l’on pensât à réunir autour d’une divinité préférée les emblèmes de plusieurs autres, dont on espérait s’assurer également le secours. On a appelé panthées [panthea signa] ces figures où l’on voit groupés autour de l’image d’Harpocrate, de la Fortune, de Aénus, de l’Amour, de Minerve, etc , toutes sortes d’attributs appartenant à des cultes différents; les mains et les pieds votifs, chargés de même d’attributs de dieux ou d animaux symboliques, doivent pour la plupart se ranger à la suite des figures panthées, quand elles ne sont pas le signe d’un vœu, d’une prière ou d’une imprécation [votum, panthea signa]. Quelquefois ces attributs seuls, sans les figuies des divinités, sont rassemblés sur un amulette, comme par
Fig. 305.
Amulette.
Fig. 306. Réunion d’emblèmes servant d’amulettes.
exemple on le voit sur une plaque de terre cuite (fig. 30fi) qui paraît avoir été autrefois munie d’un manche ou fixée sur un support103 ; de même, sur des lampes de terre ou de
bronze, ou sur divers objets mobiliers 106, où ils sont mêlés à d’autres symboles, pour lesquels il faut chercher une interprétation différente. Ce sont des images d’animaux réels ou d’êtres fantastiques, des figures monstrueuses ou risibles et souvent obscènes. La représentation de certains animaux peut avoir été, dans bien des cas, destinée à rappeler les divinités secourables dont ils sont des acolytes, comme le cerf qui appartient à Diane et le cygne à Apollon ; ou bien le choix qui en a été fait s’explique par la vertu pliylactérique que la superstition faisait résider dans les êtres mêmes dont ils offrent l’image, ainsi qu’on l’a vu plus haut, et il en est de même des plantes auxquelles on attribuait une pareille efficacité : nous citerons en exemple une feuille d or qui devait être cousue sur un vêtement et qui représente une fleur d’ellébore (fig. 307), ouvrage grec trouvé dans un tombeau de la Russie méridionale 107 . Mais les autres ont une origine différente, et l’on ne peut y voir que des amulettes contre le mauvais œil et la fascination. Nous renvoyons, pour tout ce qui se rapporle à cette superstition si répandue dans le monde antique, à un article spécial [fascinum].
Les préservatifs les plus usités contre ce genre de maléfices ont en général leur explication dans la nécessité de rompre le charme qu’exerce le regard fascinateur, en 1 attirant et en le fixant ailleurs par l’effroi, par la surprise ou par le rire, ou de détourner l’envie ( invidia , <p0ôvoç) par une sorte d’expiation volontaire 108. Cependant il en est un grand nombre pour lesquels cette explication semble insuffisante et dont on ne se rendrait compte vraisemblablement que si l’on pénétrait plus avant dans la connaissance des superstitions de l'Orient, d’où la croyance à leur efficacité est venue sans aucun doute. Nous nous contenterons d en rappeler ici quelques-uns. Des images et surtout des têtes d animaux, les uns malfaisants, comme le lion, le loup, le sanglier, le serpent ; les autres ordinairement inoffensifs, comme le taureau, le cheval, l’âne; des figures d êtres imaginaires, comme le griffon, le sphinx, la sirène, ont été adaptés de toutes les façons aux meubles, aux armes, aux vêlements, portés en bijoux, placés sur les murs, sur les portes, partout enfin, par précaution contre le mauvais sort. Les préservatifs (àjTOTporacia) par excellence furent le masque de la Gorgone, dont on rencontre encore tant d’exemples, et les représentations du phallus, non moins répandues ; il ne faut pas oublier que chez les Romains le phallus fut aussi appelé fascinum. A côté se placent des figures qui rappellent le phallus par le geste, par la position des doigts ; et des objets destinés, comme certains coquillages, des genres peigne ( pecten ) et porcelaine ( cypraea ), à servir d’embleme du sexe féminin ; les figures de satyres, de silènes, et d’autres qui appartiennent au cycle bachique, se rattachent au même ordre d’idées.
Tous ces amulettes, même les amulettes phalliques,
101 Rev. archéol. III, p. 141 ; IV, p. 230 ; cf. III, p. 369 et sulv. et pl. 51 ; I\, p. 31 : Caylus, Bec A. II, pl. lxxix, et VII, 4; Causseus, Mus. rom. I, 2, 35; Montfaucon Ant. expi. II, 191, 3, 4 ; Gerhard, Etr. Spiegel, taf. xn et xm et p. 41 ; O. Jahn, . I. Une figurine semblable à la fig. 304 est parmi les bijoux du Louvre - °Caylus Rcc. II, lxxix, 3 ; Gerhard, l. I. ; Arneth. Gold und Silbermonum. S. I, 56.- Gcrhard, l. I.; Id. Ant. Bildw. cccxm, 5, 3 ; Itev. arch. V, p, 27; O. Jahn, l. .
10'» Thuc. VI, 27; Aristoph. Vesp. 801 ; Plut. 1143; Hesych. 'Mnfrn et 103 Yov pour l’explication des emblèmes, Bull. arch. Napoht. N. . ■ , P- J
tav. v.', 2, et pour un objet à peu près semblable, O Jahn, l. I. p 52, pl. v, 3. 106O. Jahn, I. I. taf. v, 3 ; Bull. Napol. N. s III tav. vu p. 1885 p. ! JO.pH >>■ 33 107 Compt. rend, de la comm. arch. de St-Petersh. p. 186o, p.
J!; U1, 33 - 108 O. Jahn, l. L p. 59; Id. Die Lauersforter Phalerae, p. 19
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étaient portés ouvertement sur la personne, ou placés en évidence sur les objets, sur les édifices. On les peignait et on les sculptait sur les murs, sur les portes, parmi les ornements des frises ou au rebord des toits; ils entraient dans la décoration de toutes sortes d’ustensiles, de meubles, d’armes, etc. ; de là cette prodigieuse quantité d’images autrement inexplicables, tant de masques hideux ou grotesques, tant de figures ityphalliques. Quand ils ne faisaient pas partie intégrante des objets, ils y étaient extérieurement attachés. Beaucoup se reconnaissent encore aisément à l’anneau qui servait à les suspendre ou au trou qui les traverse de part en part, de manière à y passer un cordon pour le même usage. De même, on cousait sur les vêtements des feuilles de métal, comme celle qu’on voit plus haut (fig. 307), offrant des images préservatrices ; ou on leur donnait, comme aux amulettes dont il a été parlé
précédemment, toutes les formes de bijoux, et notamment celles de pendentif ou de collier. On ne peut méconnaître l’intention qui a lait réunir dans les objets représentés (fig. 308
et 309), quelques-uns des emblèmes qui passaient pour les plus efficaces 109, la tête de taureau, le phallus, le croissant. Dans un collier (fig. 310), trouvé dans un tombeau de
Kig'. 310. Collier d amulette».
Keitch en Crimée i10, se trouvent rassemblés beaucoup d’amulettes dont il a été question, des animaux (un lion, une grenouille, une tête de coq, un scarabée), un phallus, un hermès ityphallique, une main faisant la figue, des figures accroupies, une entre autres dont la coiffure paraît indiquer une origine orientale, des faces lunaires, etc.; enfin des pierres ou des pâtes de verre dont la vertu résidait dans leur forme sinon dans leur matière, et dans les yeux et les dessins bizarres dont elles sont semées. Dans la figure 311, on voit suspendu à une chaîne de coquillages enfilés, du geme cypraea, dont nous avons parlé, Une tête de coq dont 1 œil ressemble à un œil humain m. Ce sont autant d’amulettes contre la fascination.
L œil, en effet, qu’on voit figuré sur un si grand nombre d objets de toute espèce, était, par une sorte de renversement de 1 effet produit, considéré comme un des plus puissants moyens de préservation contre le mauvais œil. On en trouvera aussi de remarquables exemples au mot fascinum.
Cayhis Bec. (Tant. VII, 60; Khight, Worship of Priapus, pl. 12
n* /T /' /* ^ y> 4 ct 1,0 -^chik, Ant. du Bosphore cimmérien, III, 210
O. Jahn, l. L ni. v, 2. — 111 ravins /?,>/. t v 1 „ ’
1 ’ LaïlUS> UcL- l- v> D- XV, G; Cf. I. 111, pl. VIII, 4 :
1 armi les animaux qui ont été imités dans les amulettes, le scarabée mérite, à cause de son fréquent emploi, une mention particulière. Les Égyptiens avaient fait de cet insecte le représentant de leur dieu Phtah, créateur de l’univers, et par suite l’emblème du monde et parfois du soleil. Ce symbole passa d’Égypte en Grèce et en Italie, mais en perdant sa signification primitive. Une partie de ceux qu’on a trouvés dans ces deux •pays, ont été importés d’Égypte; mais la plupart ont été fabriqués en Grèce et surtout en Étrurie, où ils se rencontrent en
abondance. Celui qu’on voit (fig. 312), monté en bague et
qui était déposé dans un tombeau de la Chersonèse Taunque 1,s, est un ouvrage grec du meilleur temps. Le travail tl’es-soigné permet de reconnaître tous les détails de l’animal. 11 est en or, ce qui est fort rare 113 ; les scarabées etiusques sont le plus souvent en cornaline, en onyx en agate, en pâte de verre, mais non en terre émaillée comme la plupart de ceux qui viennent d’Égypte. On voit (fig. 313)
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