L. de Ronciiaud
ANCHISTEIA (’AYXiffveia). — Terme de droit que 1 on rencontre très-fréquemment, à Athènes, dans les lois et dans les discours relatifs aux successions ab intestat1. Lorsque le législateur, prenant en considération les liens du sang qui unissent deux personnes, appelle 1 une d elles
4 Iliad. XX 216 240. — 3 Hom. Bymn. in Vener. 5b. — 3 Iltad. 4, 26o-269. 7 Bymn. in Vener. 56 et sq.; Quint. Smyrn. Posthom. VIII, 98 ; Hesmd. Theog. ,009. - 8 pausan. VIII, 12, 8. - 9 Aen. III, 710; V, 31, 75. - » Apoltod. H , “ 2 11 Iliad. XIII, 427 sqq. - « VI, 756 sqq. - 1* Millm, Gai. myth.V LU , L « Milüngen, Ane. uned. momm. 1. II, pl. *„ ; Müllcr-W.eseler, Denkm. a r i ni xxvii u 293. — 13 Bullet. de l'Acad. des Inscr. 18i0, p. 15/ . 47»c»Ïte SC W. « .7 ... .. ». 3.» « 3... , —
à recueillir l’hérédité de l’autre, il lui confère l 'iy/iazda (otowoi xïjV ày/tcTEi'av) 2. Ainsi, les fils légitimes, les frères, les cousins germains, les autres cousins au degré successible ont l’àyy taxEta •, ils viennent, en tenant compte delà proximité de la parenté, h la succession de leur parent. L’enfant naturel, au contraire 3, les cousins éloignés n’ont pas Lay/taxeta. On peut donc se rattacher à une personne par les liens du sang, être son parent, auyys mfc, sans être en même temps son dy/ taxsuç4.
Quels sont parmi les ouyyivïl; ceux qui ont fay^tcxsia ou aptitude à succéder? quels sont ceux qui ne l’ont pas? Nous répondrons h ces questions en traitant du droit de succession à Athènes [hereditas]. E. Gaillemek.
ANCILE [salii].
ANCLABRIS. — Table servant aux sacrifices chez les Romains. Elle paraît avoir pris son nom de celui des vases appelés anclabria (d ’anclare, puiser), qui y étaient placés pour le service du culte ‘.Une table semblable, portant les instruments du sacrifice, est ici représentée (fig. 317), d’après un bas-relief du Louvre 2. E. S.
ANGORA (AyxupoqEùvri), ancre. — Les historiens de l’antiquité, toujours très-curieux de préciser 1 origine des inventions les plus simples, ont attribué celle de 1 ancre aux peuples de l’Étrurie L Mais cette allégation n’a d’autre valeur que de prouver la haute ancienneté des arts maritimes chez les Étrusques *. Du moment où l’homme s’est aventuré sur les eaux, en mer comme en rivière, il a dû chercher un moyen de fixer son embarcation malgié le courant ou la tempête, et divers systèmes se sont natuicllement produits en divers lieux a la fois.
Dans le principe, l’ancre paraît n’avoir été qu’une lourde masse dont la pesanteur seule empêchait le mouvement du navire. C’étaient des tubes en bois où l’on avait coulé du plomb, comme ceux que les Phéniciens vidèrent pour les remplir d’argent, à leur retour de Sicile , des vases remplis de sable et de cailloux \ ou simplement de grosses pierres, percées par le milieu et rattachées au navire avec des câbles. Le mot Euvvj, que l’on rencontre très-fréquemment dans Homère et qui exprime par une image des plus heureuses le repos du mouillage b, désigne spécialement celte dernière espèce d’ancre. Arrien dit avoir vu dans le temple de la déesse du Phase, sur la rive du Pont-Euxin, quelques fragments de pierre de forme très-antique, ayant servi d’ancre aux époques les plus reculées de la marine grecque 6. Plus tard on adopta le système des crocs de fer enfoncés dans la terre, ce qui présentait plus de résistance, et le nom d’ayxupa s’introduisit dans le langage. Dès le Ve siècle avant l’ère chrétienne, ce terme nouveau avait remplacé l’antique eùvV), et la transformation devait déjà dater d’assez loin pour qu’Eschyle, dans ses Suppliantes 7, pût donner une àyxupoc sans trop d’invraisemblance au vaisseau des fils d’Aegyptus. Si nous en croyons Pollux 8, ces ancres n’eurent d’abord qu’une seule dent ou patte, ce qui leur valut le nom d’êxspdffxogoç.
Fig. 317.
Anclabris.
C.Leoch. g 2, R. 1081. - «.Demosth. C. Macart. g 50, R. 1066. - 3 Demosth. Eod
loc. § 51, R. 1067. - 4 Bekker, Anecd. I, 213.
ANCLABRIS. — 1 P. Diac. s* u* Anclabris et Escariac. — - Clarac, Mus. de sc.
Il, pl. clxxxv ; cf. Mus. Capitol. IV, tav. xxxvn.
ANCORA l P Lin. Hist. nat. VII, 56, 57. - 2 Dcmpster, Etrur. reg. I, 350. - Dioil sic. V, p. 358. — 4 Suid. s. v. Z II. I, 436 et passim. - 3 Arrian. Pervpl. P Eux. p. b. — 7 Acsch. Suppl. 766. — 8 I’ull. I, 9.
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C’est l’ancre à un bras que nos marins appellent ancre borgne. Nous n’en avons pas de représentation graphique, mais la tradition s’en est conservée en Europe, et plusieurs peuplades sauvages emploient encore le meme type. L’ancre à deux bras, àp.tpî<jT opto; ou àucpi'êoXo;, a une origine fort douteuse. Pausanias en attribue l’invention à Midas, roi de Phrygie 9, Pline à Eupalamas de Sicyone10, et Strabon 11 au philosophe scythe Anacharsis. Des images de ces ancres nous sont fournies par les vases peints, par
les bas-reliefs et par les monnaies. Dans les plus - anciens monuments, comme dans la figure 318 d’après un vase n, où l’on voit un marin levant ou jetant l’ancre, l’extrémité de la verge opposée aux bras est dépourvue de la barre transversale ou jas, comme on l’appelle aujourd’hui. On ne distingue pas non
plus dans cette peinture les anneaux visibles dans une autre ancre (fl g. 319) également d’après un vase peint 13 , ou Hercule est représenté saisissant cette ancre et s’en faisant une arme pour combattre Cyzique. L’anneau placé à l’extrémité supérieure de la verge,
ou arganeau, servait, comme on le voit dans un bas-relief romain 14 (fig. 320), à passer le câble qui tenait l’ancre attachée; l’autre anneau, au
point de jonction des deux bras, est presque toujours visible aussi dans les monuments.
Quoique son véritable emploi ne soit pas sûrement constaté, il est permis de supposer, avec M. Jal13, qu’il était destiné à recevoir l’extrémité dé l’orin, cordage dont l’autre bout, retenu à la surface de l’eau par un corps flottant, indiquait aux marins la situation précise de l’ancre. Même après que l’addition de la barre transversale, ou jas, eut complété l’ancre à deux bras, telle qû’on la voit représentée (fig. 321) d’après un bas-relief de 1 arc de triomphe d’Orange 16 , sur de nombreuses monnaies17, sur des pierres gravées, et particulièrement sur de nombreux cachets qui paraissent avoir servi de symboles à des chrétiens 1S, ou sculptées sur leurs
’ *> *; -,0 rlm- L 1 - 11 Strab. X, p. 303. - 12 D’Hancarville, Vase n r ‘ , ' • pl- é(l- Pa,,is ; Welcker, Allé Denkmàler, 111, pl. xxx -
G,e,'t,a,'d- ArCha°l Zeitm9> *8S1, pl. xxvi,. — 14 Mus. Capitol. IV, 34— 15 Glos. a c' m"(' 16 ^aristie, Monum. d’Orange, pl. xvu. — 17 Monnaies d’Io
Abyclos, Paestum , Hatrin, Comagêne; d'Alexandre de Séleucus, d'Ant , c la sens Aol, a, etc. 18 Dollar!, Pitt. e soit, di Roma sotterr. .11, p. ! 9 s “ , 3 - Lupt, Severae epitaph. p. 34, 136 et s.; liolde.ti, fissent. sopra i clnit. i
tombeaux 19, etc., on semble avoir continué à faire en même temps usage d’ancres qui en étaient dépourvues; caron en voit qui sont ainsi figurées dans le bas-relief déjà cité du musée du Capitole et dans d’autres monuments 20.
Les pattes triangulairesà deux dents, en forme de fer de flèche, placées à l’extrémité des bras, furent, si toutefois on peut s’en rapporter aux types figurés dans les recueils S1, un dernier perfectionnement de l’ancre; on
A Oit 1 an Fig. 22| Ancre et cordage.
cre représentée avec ces dents sur la pierre d’une bague chrétienne 22 (fig. 322).
L’ancre était généralement suspendue à l’avant ou sur le flanc du bâtiment23, comme on le voit sur la colonne Trajane et dans un bas-relief trouvé à Narbonne 24 ; mais le bas-relief déjà cité du musée du Capitole, où l’ancre est figurée suspendue à l’aplustre d’un bâtiment, et d’autres témoignages prouvent23 que l’on attachait aussi les ancres à l’arrière. Comme aujourd'hui, les navires en avaient un plus ou moins grand nombre, suivant leur importance 26. La plus solide de toutes, celle sur laquelle se fondait la dernière espérance des navigateurs, que nous appellerions l’ancre de miséricorde, portait le nom d’ancre sacrée (îepa, sacra ) Aussi disait-on, jeter l’ancre sacrée ((3«XXccv ayxupav hpàv), pour exprimer que l’on recourait aux moyens suprêmes.
L expression lever l’ancre (aïpstv toc; ayxupa;) 2S, pour dire a s’en aller » avait passé de même dans le langage commun. E. Roschacii.
ANCORALE (Zyovaa àyxupEta. — Le câble de l’ancre) L Ce nom était donné aussi bien au gros cordage qui, au moyen d’un anneau placé à l’extrémité de la verge, attachait l’ancre au navire, qu’à celui qui devait retenir la bouée (o7][Astov àyxüpaç) flottant sur l’eau pour indiquer la place où l’ancre était fixée 2. Ce dernier passait par un autre anneau, qu’on voit presque toujours figuré dans les monuments où des ancres sont représentées : il est placé en dehors, à la jonction des deux bras [Voy. les figures au mot ancora]. E. S.
ANDRAPODA [servi].
370, etc. ; Fabretti, 568, 569. - 20 Bartoli, Mus. Capit. IV, pl. lxh. - 21 Torrenuizza, Stal. num.; Scheffer, De re new.; Lupi, Op. I. p. 64. — 2! Boldelti, Op. 1. p 503, - 23 Vir g. Aen. III, 277 ; VI, 902. - Bartoli, Col. Traj. pl. lxv ; Al. de Laborde. Monum. de la France, I, pl. lxiv. — 25 A et. Apost. c. xxvn. — 20 Ath. V, 43 —
27 Poil. I, 93 ; Lucian. Jup. trag. 51 ; Plut. Sol. 19, 25;— 23 Polyb. \\\l,’“2.
ANCOIt AI.F. 1 Tit. Liv. XXII, 19 ; XXXVII, 30. — 2 Pans. V lli, 12 ; Plia, llist. ntt. XVI, S. 13,
Fig. 322. Ancre symbole chrétien. '
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ANDRAPODISMOU GRAPHE (’Avopa^oStap-ou ypacp-rç). — On désignait , à Athènes, sous le nom générique de ctvSpotTooicxat, deux classes de malfaiteurs bien distinctes : 1° ceux qui s’emparaient d’un homme libre, le chargeaient de chaînes et le vendaient comme esclave ; 2° ceux qui se rendaient coupables d’un vol d’esclaves. L’action publique dirigée contre l’une et l’autre de ces catégories d’individus portait le nom do dtvSpsiroStergou ypatpiq. L’instruction de cette action rentrait dans la compétence des Onze [uendeka] et les deux crimes dont elle poursuivait la répression entraînaient pour les coupables la peine de mort 1 .
L’àvopa-ûoiffpw; était un des délits pour lesquels il était permis d’employer la procédure extraordinaire de 1 apagogè2. La troisième loi attribuée à l’orateur Lycurgue par le pseudo-Plutarque 3, avait pour but, d’après M. Westermann K, de rendre en partie ràvSpa-ooiGgôç impossible et on doit la traduire ainsi : « Pour prévenir la vente des hommes libres comme esclaves, nul ne pourra traiter avec un marchand d’esclaves sans se faire représenter un certificat constatant que la personne vendue a déjà servi chez tel maître nominativement désigné. » [eleutheroprasiou grapdè.]
E. Caillemer.
ANDREIA [syssitia].
AA DROLE PS IA (’Av8poXr,<jn'a). — Quand un citoyen d’Athènes était mort à l’étranger de mort violente et injuste ’, si l’État sur le territoire duquel le meurtre avait été commis laissait le meurtrier impuni et refusait même de l’extrader, les parents de la victime étaient autorisés par la loi athénienne à s’emparer de trois citoyens appartenant à cet État2. L’exercice de ce droit était l’àvSpoXïr{/(a (nommé quelquefois àvSpoXvyjuov) .
De la définition que nous venons de donner et qui repose sur le commentaire ajouté par Démosthène au texte de la loi 3 il résulte, contrairement à l’affirmation de Pollux 4, que l’àvSpoXvi^ta n’aurait pas été possible dans le cas où un meurtrier, après avoir commis un meurtre dans l’Attique, aurait cherché un refuge dans un pays étranger. Et cela est rationnel ; car la loi athénienne permettait au coupable, déjà poursuivi devant les tribunaux athéniens, meme après une première défense, d’empêcher le jugement en prenant le chemin de l’exil. N’eût-il pas été vraiment ridicule d’accorder au meurtrier le droit de se retirer à l’étranger, et de déclarer ensuite que les parents de la victime pourraient exiger de 1 Etat dans lequel il s était icfugie, l’application d’une peine ou l’extradition 5?
Le droit d’àvSpoA-vjna était accordé, quelle que fût la nationalité du meurtrier. Était-il admis lorsque la victime était un isotèle, un métèque, ou un esclave athénien? M. Weber répond affirmativement 3 ; en 1 absence de textes précis, il nous paraît prudent de réserver notre jugement.
Les seuls parents qui eussent la faculté d avopoX-zj^ia étaient les parents èvxoç àvE'jaôxrixo; 7 .
L’àvopoXr^ia pouvait-elle avoir lieu indistinctement, sur le territoire de tout peuple étranger? La loi citée par Démosthène ne fait aucune distinction, et l’orateur semble admettre qu’elle s’applique à tous ceux 7tap’ oTç a v xo TtaOoç yevr,-
rat
Cependant Meier et M. Weber croient qu’il faut
WDRAPODISMOU GRAPHE. » Lysias, Contra Agorat. g 67, D, 158 ; Xen. Mpmnr , » Ç62; Demos*. C. Philip. I, § 47, R. 53 ; Harpocrat. *. t>.
Bekkcr, Anecdote, I. p. 219 et 394; cf. Plato, 7 '.effet, IX, D, 438 et AU R, 490. f isocrat. Anlidosis, g 90, D. 212. - 3 Bekker, Chankles 2«éd t. II p. 42- - * Pealj , t .y 1270. — Bibliographie. Pauly s Jleal-Encycl. 2* éd. I, p. 1 > XVachnn’uth’ Mien. Alterthumskunde, Halle, 1846, t. II, g 104, p. 217 et 220. InDROUEPSIA. 1 Demos! h. C. Aristocr. g 33. R. «43.-* 1». g 82. R. 047. -
distinguer. D’après M. Weber 9, l'àvopoX'/i^ta n’était permise que chez les peuples qui étaient engagés avec la république d’Athènes par des traités internationaux. Meier donne une solution diamétralement opposée : en effet, dit-il, si un traité était intervenu entre Athènes et l’État étranger, il suffisait de se prévaloir du traité ; sans doute, si les magistrats étrangers refusaient d’en tenir compte, ce refus entraînait l’annulation du traité, et ràvSpoXri'jna redevenait possible, parce qu’on était replacé sous le droit commun des peuples avec lesquels aucune convention diplomatique n’avait été faite 10.
Que devenaient les trois étrangers saisis par les parents de la victime? 11 est probable qu’ils étaient traduits devant les tribunaux d’Athènes 11 . Pollux présente, en effet, ràvopoXvi'jna comme une procédure particulière ia, et Y E tymologicum magnum la définit une espèce d’action : elooç ey>cXV)u.axo!;. Nous ignorons toutefois les particularités de cette procédure et les peines auxquelles étaient exposés les défendeurs, innocents du crime pour lequel ils étaient inquiétés. Pollux nous dit seulement 13 que celui qui avait eu à tort recours à l’àvSpoX-o’D'a n’échappait pas à la responsabilité de son acte; les étrangers injustement enlevés pouvaient sans doute lui demander des dommages et intérêts u.
L’institution que nous venons de décrire se rattache évidemment aux anciennes idées religieuses des Grecs. Il faut, disait la religion, que tout meurtre soit expié; autrement la victime poursuivra de ses imprécations les parents impies qui négligent de la venger. Lorsque 1 État sur le sol duquel le crime a été commis refuse de poursuivre ou de livrer le meurtrier, il se rend en quelque sorte complice du meurtre et il faut qu’il en subisse la peine. Seulement, comme il ne peut pas être traduit directement devant les tribunaux, on l’y fera représenter par un ou plusieurs de ses membres 1S. Avec le temps et les progrès du scepticisme, cette poursuite dirigée contre des innocents dut tomber en désuétude; cependant Démosthène déclare encore que la loi sur ràv3poX-/yj/ta lui paraît une des plus belles et des plus justes lois de la République athénienne. E. Caillemer.
ANDROMEDA(,Av3po[AÉSa).— Andromède, fille de Céphée,
roi d’Éthiopie, et de Cassiopée. Cassiopée avait osé se xantei de l’emporter sur les Néréides en beauté. Tant d orgueil irrita les filles de la mer et Neptune lui-même. Non content de submerger le pays, le dieu envoya un monstre marin pour le ravager. L’oracle d’Ammon consulté répondit que le fléau cesserait si Cassiopée livrait Andromède, sa fille, au monstre comme une proie. Contraint par son peuple d’obéir à l’oracle, Céphée fit enchaîner Andromède à un rocher. C’est là que Persée l’aperçut : il en devint amoureux et promit, si on la lui donnait pour épouse, de tuer le monstre : à cette condition 1 Éthiopie fut délie rée par lui 1 [perseus].
Ce mythe était de nature à attirer les artistes: il est plastique, et, ce qui est assez rare dans la haute antiquité, il est chevaleresque; aussi les monuments qui s’y rattachent sontils assez nombreux. Nous citerons en première ligne un
b g 85, R. 048. — '* VIII, 50. — 5 Meier, Attische Process, p. 279. — r> Or. m istocr., Iéna, 1845. — 1 Dem. C. Macart. g 57, R. 1068. — 8 Dem. C. Aristocr. 1 R 848. — 9 Or. in Aristocr. — 10 Meier, Opusc. acad. II, 1863, p. 189. — Bekker, Anecd. graeca, I, 213-214. - U Poil. VIII, 41. - U VIII, 51. - » Heffter, h en. Gerichtsverf. p. 429. — 18 Meier, Attische Process, p. 280.
VNDROMEDA. 1 Apolloil. II, 4, 3 ; Hygin. Fab. 64; Chili. Met. IV, 670 et si(. ;
cian. Dial. mar. 14.
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Ai\G
bas-relief du musée du Capitole 2 (flg. 32.0); il rappelle une épi gramme d Antiphile 3 et ces paroles de Lucien 4, dont le vif esprit paraît toujours frappé des beautés de l’art : «Per-
sée détache les liens de la jeune fille et lui présente la main pour l’aider à descendre sur la pointe de ce rocher glissant. » A côté se placent trois autres bas-reliefs, en marbre comme le premier, l’un au musée de Naples 8, le second dans une des cours du palais Mattéi le troisième a été publié par Inghirami 7. On voit la même scène représentée dans un bas-relief en terre cuite, provenant de
D’assez nombreuses peintures d’Herculanum et de Pompei , nous montrent la délivrance d’Andromède 9, et dans ce nombre il en est deux dans lesquelles l'artiste a donné pour témoins h cette scène les nymphes de la mer. D’autres peintures 10 nous montrent une tradition moins connue du même mythe : Andromède et Persée sont assis au bord d une fontaine ; la tille de Céphée regarde dans le miroir des eaux la tête de la Gorgone, suspendue à un arbre ou dans la main de Persée. Nous signalerons encore trois peintures de vases11. Deux de ces peintures font partie de la collection Santangelo au musée de Naples 12. La troisième appartenait en 1838 à un particulier de cette ville. L’une des peintures du musée Santangelo a été publiée par Raoul Rochette. Cette peinture est d’une exécution barbare. Citons encore une médaille de la ville de Deltum, dans la Thrace13. Persée délivrant Andromède est un des sujets de peinture dont Philostrate l’ancien nous a donné la description1'; mais cette composition s’éloigne singulièrement des bas-reliefs du Capitole et des peintures de Pompéi. Là, suivant Philostrate, Persée à bout de forces était couché à terre et tout souillé du sang du monstre qu’il avait vaincu. On voit aussi Andromède enchaînée et son libérateur auprès d’elle sur des cistes gravées 15. Ernest Vinet.
ANDRON [domus].
ANGARIA [evectiones, cursus pubuicus].
ANGERONA. — Déesse des Romains, sur laquelle on n’a que des indications rares et obscures. On sait qu’elle avait son image au-dessus de l’autel de Volupia, dans la curia acculeia (ou mieux occuleia), et qu’elle était représentée tenant un doigt sur sa bouche bandée et scellée *. D’après les uns, son nom venait de angcre, et ceux-là faisaient d’elle la divinité qui délivre des angoisses et des soucis secrets 2 : c’est peut-être pour cette raison qu’elle était placée auprès d’une déesse qui paraît avoir personnifié le contentement et la volupté 3. D’autres disaient que les Romains lui offraient des sacrifices parce qu’elle avait mis fin à une maladie contagieuse {anyina) dont ils étaient frappés, eux et leurs bestiaux 4. Angerona, d’après une autre explication, était le nom caché de Rome, qu’il était interdit de prononcer, de peur de le révéler à ses ennemis 5, et c’est ce secret que commandait par son geste l’image de cette divinité. Mais ce nom ne fut connu d’aucun des auteurs qui ont parlé de ce secret : il ne l’a pas été non plus de Macrobe, qui ne fait qu’indiquer le nom d’Angerona parmi plusieurs autres sur lesquels on faisait de semblables conjectures.
D’autres interprétations se fondent sur l’époque où Angerona était fêtée et sur le nom de Diva qui lui était aussi donné. Le xii des calendes de janvier (21 décembre), jour des angeronalia est aussi celui des divalia 6; cejour-là les pontifes sacrifiaient à Angerona. On a fait remarquer que cette double fête se trouve ainsi placée précisément au moment de l’année où les jours ont la plus courte durée et commencent a grandir ; et on y a vu, sous les deux noms, une fête du renouvellement de l’année7. D’autre part, la date de cette fête rapproche Angerona des antiques divinités du sol romain, Saturne, Ops, Acca Larentia, avec lesquelles elle a peut-être une étroite parenté 8.
Il n est pas probable qu’aucune des figures antiques dans lesquelles on a voulu reconnaître Angerona9 la représente en effet. A toutes manque un caractère signalé par les auteurs . la bouche bandée et scellée. Le doigt posé sur les lèvres, qui a fait donner ce nom à diverses figures, convient aussi bien à d’autres divinités et n’est pas suffisamment significatif. Celles de ces figures, nues ou vêtues, qui portent unemainà la bouche etl’autre,selonles expressions de Caylus 10, à l’opposé (voy. p. 236, fig. 304, 303), ne peuvent certainement pas être prises pour l’antique divinité à laquelle quelques-uns attribuaient une protection spéciale de Rome.
E. Saglio.
ANGERONALIA [angerona],
ANGIPORTüS ou ANGIPORTUM. — Ruelle étroite entre deux rangées de maisons b Cette ruelle pouvait n °ir qu une seule issue, ou conduire, comme une impasse, a une seule maison. Le nombre de ces maisons paraît avoir été très-considérable à Rome 2. D. Ramée.
Fig. 323. Andromède et Persée.
la collection Campana, au Louvre 8.
- Mus. Capit. IV, tab. lu; S. Bartoli, Admir. rom. ant. tav. xxxiv- Braun Zwdlf Bas-rel. des Pal. Spada, 10. — 3 Brunck, Analect. I, n, p. 172, ep. 13 J Z. /. - S Gerhard et Pannfka, Neap. ont. Bildw . I, p. 129, n. 487 ; ef B0nmicci, Gu, de pour le musée Bourbon, p. 190, n. 43. - 6 Amaduzzi et Venut! Mon Matteiorum, tab. 28 ; S. Bartoli, tax. xxx ; Braun. I. I. xignette du n» 10. -7 Mon. elrusc. tav. lvi, p. 466, — 8 Campana, Ant. op. in plastica, tav. lyii. — 9 Helbie Vandgemalde, n. 1183-1203; Pin. d'Ercol. t. IV, tav. v„ ; Mus. Barbon, t. y tav. XXXII ; t. VI, tav. 1. ; Braun, l. I. 10 pitL d’Ercol. III, tav. xn ; Mus. Borb. IX, tav. xxxix. — Il Sehulz, Annal, dell’ Inst. arch. 1838, p. 183, et Bull. del. Inst. 1842, p. 57. - 12 Heydemaun, Vas. des Mus. v. Neapcl, p. 030 et 814- R Rochette, Monum. inêd. ,,1. xli. 13 Dumcrsan, Cabinet d’ Allier de Hauteroche '' Vio , XX,,X ’ Cf‘ Welckec, Ad Phil. p. 384. - 15 Ann: dell Inst. 1 800,
p. , et Mon. med. VI, 40. - Bibliographie. K. F. Hermann, Perseus und Andromède, Gottmg, 1851 ; O. Millier, Handbucli der Archâol. §414, 3- Stark
Archâol. Studien, p. 96 ; Helbig, Wandgemâlde der versehUtteten Stddte Campait, ens, n. 1183 et suiv.
ANGERONA. 1 Varro, De ling. lat. VI, 23 ; Plin. Eist. nat. III, 5, 9 • Maerol.
ff *’ 10’ 7 ’/j1’ 9’ 4 ; Solin' b *• - 2 Masurius ap Maer. Sat. I, 10, 7. 1 3 Macr U.; Tertull. Ad nat. II, 11 ; Augustin. Cio. Dei, IV, 8 et 11 ; cf. Ennius, Annal. 047 ' Ce De fin. 1, 11 et II, 4.-4 Jul. Modest. ap. Macr. 1. 1. ; Fest. s. v. Angeronae deae’
e'r Tv VWIaCr' Sf 9' 4; PIut- 0u- 61 : AdAen. U,
. ~ Cal.Maff. et Praen. - 7 Mommsen, Insc. ht. ant. p. 409 : « Ab angerendo
d esl, TOU avao^Oar tùv . ; cf. Huschke, ûas allé rôm. Jahr . Breslau’ t 69, p. 254. - 8 Preller, Itom. Myth. p. 431.-9 La Chausse, Mus. rom. I sert % pl xxxv ; Montfaucon, Ant. expi. II, ,91, 3, 4 ; Cavlus, Bec. de sr. pl. t II, 4, b, 6 - Specvn. of anc. sculpt. II, pl. Xu„ ; Berne archéol. ni pl L, . cf Letronne. ZW.IV.p. 130ets„iv. ,0 Bec. d’ant. III, p. ,S9. - 1, Ibid U n Y Brv. archéol. pl. li. et p. 321, 369 ; Gerhard, Etr. Spiegel, pl. x.i, x.„ ’ ’ ’
arspv 1 “m ! 5- ; ierï r formé du ^ va™, *
9 r r ô ’ FeSt P‘ ,7' éd- MÜller:VIP- Dig. De signif. verb.
; T û ; ’ 5 • l- h 25> 10 ; rlaut- PwurL iv, 2, 0 . Ap. no„. m
t , Ter. Adelph. H , 2, 39 ; C.ic. Dr Dm. I, 31 ; P. Mil. 24 ; Ad Heren. I V. 51.
ANN
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ANGITIA. — Dcesse des Marses qui habitaient auprès du lac Fucin. Desdébrisde constructions subsistant encore dans le petit village de Luco, et ce nom môme, dérivé de lucus, sont des monuments du culte qu’ils lui rendaient dans des bois sacrés1. Ils l’invoquaient comme une déesse des guérisons, qui leur indiquait les simples salutaires dont leur pays est riche et dans la connaissance desquels ils se piquaient d’exceller*. Ce pays abonde aussi en serpents dont ils savaient conjurer la morsure par l’usage de ces herbes et par leurs incantations. C’est peut-être pour cette raison que le nom de la déesse, qui est Angitia ou Ancitia dans les meilleurs manuscrits et dans les inscriptions 3, a ete quelquetois ecn An gu ilia, et que des mythologues modernes en ont fait une déesse des serpents ; et de là sans doute aussi viennent les récits anciens qui la confondent avec la Medee grecque . Elle a aussi été identifiée avec la Circé de Circen, dont le fils aurait été l’auteur de la race des Marses. E. Saolio. ANGUILLA [PISCATIO, FLAGELLUM].