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l'iff. 396. Gobelet d’argent.
elle-même 3S, outre une grosse masse de cuivre brut, une grande quantité de pièces de monnaie, quelques-unes très-anciennes, d’autres plus récentes, appartenant aux temps de la république et de l’empire. On trouva en même temps quelques vases d’airain et d’argent dédiés à Apollon, à Sylvain et aux Nymphes.
Parmi ces vases, il s’en trouvait trois en argent (fîg. 396) sur lesquels était gravé l’itinéraire de Gadès à Rome. De même aux bains d’Arles, dans les Pyrénées-Orientales, pendant les travaux exécutés pour augmenter le volume des sources, la masse des eaux expulsa de l’intérieur, avec des monnaies d’Empories et de Nîmes, de petites lames de plomb pliées en trois ou quatre et chargées de caractères cursifs gravés à la pointe et très-altérés. Ce que l’on peut en déchiffrer démontre que ces objets sont des ex-voto en l’honneur des Nymphes et des divinités du lieu 3T. Enfin, on a trouvé à plusieurs stations thermales des têtes, des membres, mains, bras et jambes, et même des figures entières en argile, analogues à celles en cire qui sont appendues dans nos églises. C’étaient sans doute les offrandes et ex-voto des pauvres gens [donaria] 38.
Les villes d’eaux thermales étaient, nous l’avons dit, anciennement comme aujourd’hui, tout à la fois des lieux de traitement pour les malades et des endroits de plaisir et de mode pour les gens bien portants 39. Aucune n’égalait, sous ce rapport, les thermes fameux de Baies, qui présentaient à la fois toutes les délices que peuvent réunir la nature et l’art 40. Strabon, Josèphe et d’autres auteurs disent que ces eaux attiraient un immense concours de baigneurs, mais qu’on y venait chercher moins encore la santé que les plaisirs de tout genre 41 . Cicéron déjà, et après lui les auteurs du temps des Césars, célébraient Baies comme un lieu de délices où tout concourait à l’agrément des visiteurs, et qui retentissait incessamment du bruit des concerts. De nombreux passages des écrivains latins prouvent aussi que Sénèque n’a guère exagéré en affirmant que Baies était bien dotée par la nature, mais que la débauche en avait fait son séjour favori; que c’é¬
tait un rendez-vous des vices où le libertinage ne se refusait aucune satisfaction, où les désordres étaient tels que la licence paraissait un tribut que l’on devait à ce lieu 42. Il ne faut pas s’étonner après cela si dans des thermes moins célèbres et moins recherchés, on essayait d’attirer les baigneurs par des représentations théâtrales. Il est difficile de dire quel degré de vraisemblance on peut assigner à cette conjecture ; ce qui est certain, c’est qu’on a découvert à Bourbonne-les-Bains une inscription qui men¬
tionne un Maronus, histrio, âgé de trente ans et surnommé Rocabaius 43. 11 se peut sans doute que ce Maronus soit venu aux eaux pour sa santé, mais il ne faut pas oublier que l’on a trouvé des ruines de théâtre dans plusieurs stations thermales. Dans des fouilles faites à Baden en Suisse, on a trouvé un nombre considérable de dés à jouer en os ( tesserae lusoriae) u.
Quant aux traitements que suivaient les malades, ils ne différaient pas sensiblement de ceux qui sont mis en usage de nos jours. Les anciens, en effet, avaient appris par l’expérience la plupart des applications des eaux thermales aux diverses maladies. C’est ainsi qu'ils les employaient en boissons, en bains et en douches 4S. Ils faisaient un grand usage de la vapeur 46 et même des boues minérales 4‘. Bien plus, au dire de Pline, ils employaient l’eau de mer ellemême, froide ou chauffée, en bains, en douches, en clystères et même en boisson comme purgatif48. Ils en faisaient d’artificielle pour être employée loin de la mer 49. Malgré leur défaut absolu de toutes connaissances chimique, ils avaient appris à distinguer les divers caractères des eaux thermales et à les diviser en espèces suivant qu’elles contenaient du soufre, de l’alun, du nitre, du sel, du bitume, de la chaux, du cuivre, du fer. On peut voir dans le livre xxxi de Y Histoire naturelle de Pline jusqu’à quel point l’observation leur avait enseigné à employer telles ou telles eaux dans les différentes maladies, en variant les espèces d’eaux et leurs applications suivant les espèces et les caractères des affections diverses qui affligent l’homme. Presque aucune des stations n’a échappé à l’exploitation des Romains, et, à la grandeur des ruines qu’on y a retrouvées, on peut voir combien l’affluence des baigneurs y était considérable. Il y a aussi des raisons de croire que les Gaulois en faisaient usage même avant la conquête de César5".
Aucun texte précis ne démontre que des médecins fussent attachés aux stations thermales dans l’antiquité. Les habitudes administratives des Romains, telles que nous les connaissons, ne permettent guère de croire que 1 Etat se soit occupé de ce détail. Mais il est certain pourtant que des médecins s’y rendaient ou y demeuraient pour donner des secours aux malades et les diriger dans leurs traitements thermaux. D’ailleurs, dans toutes les familles serviles un peu nombreuses, c’est-à-dire appartenant aux gens riches, il y avait un ou plusieurs médecins. On peut donc conjecturer avec toute vraisemblance, que les grands et les riches qui fréquentaient les stations thermales, s’y faisaient accompagner parle médecin de leur maison.
Dr René Bkiau.
AQUAEDUCTUS , A’Spaytoyetov , &Ttôvou.o;. — Aqueduc, construction destinée à conduire les eaux.
I. Ciiez les Grecs. — L’eau est une des plus précieuses richesses, et son absence une des plus cruelles privations des
36 Marchi, La stipe tributata aile divinità delle acque Apollinari, Roma, 1852; Henzen, Suppl, à Orelli, 5210; Desjardins, Ann. delV Inst. arch. 1859; Jacobs, Les trois itinér. des Aquae Apollinares, dans la Rev. des soc. sav. 1859 ; Garucci, Dissert. arch. di vario argom. X, 17 et 160 ; O. Jahn, in Arch. Zeitung, 1867, p. 78.
— 37 Greppo, Op. c. p. 293.-3* Ib. p. 36 et 92; Ballet, del. Inst. arch. 1847, p. 179
et s.; Dennis, Cities and cemeteries of Etruria, II, p. 108. — *9 Martial. XI, 82; Claudian. Idyl. VI. — » Horat. Epist. I, 1, 85 ; Mart. XI, 80. — 41 Strab. V, 4, 5, Didot; Joseph. Antiq. lad. XVIII, c. vu, 2 Didot. — 43 Sen. Epist. 51; cf. Cic. Pro Cael. 15; In Clod. 4 ; Mart. I, 63. — 43 Berger de Xivrey, Lettre à M. Hase ; Atban. Renard, Bourbonne et ses eaux thermales. Paris, 1826. — 44 Altmann, Muséum helvet. part. XXVI. — 43 Hor. Ep. I, 15, 8 ; Plin. Hist. nat. XXXI, 32 ; Strab. V, 228. — 46 Plin. Hist. nat. XXXI, 2; Cels. De re med. II, 17 ; Senec. Ep. u. — 47 Plin. Hist. nat. XXXI, 6. — 48 Ib. XXXI, 33. ^ Ib. XXXI, 34.
— 50 Greppo, Op. c.; Delacroix, Op. c.; Beaulieu, Antiq. des eaux minérales de Vichy, Plombières, etc. 185. — Bibliogiuphie. Landcrcr, Beschreibung der
Heilquellen Griechenlands , Niirnberg, 1843 ; Melion, Ueberdie Bàder und Ileilquellen der alten Griechen, in Oestr. Blâtter fur Littcr., 1847 ; Lersch, Gescliichte der Balneologie, Würzburg, 1863 ; Barth. Monlagnane, Tractatus très de balneis, Patav. 1525 ; De Balneis omnia quae extant apud Graecos, Latinos et Arabas.. . Yeneti, 1553 ; Andr. Baccius, De thermis libri septem, Ycnet. 1588 ; Joan. Guntherii Andernaci, Commentarius de balneis et aquis medicatis, in très dialogos ; J. M. Savonarola, De omnibus mundi balneis, Venet. ; Barth. a f.livolo, De balneorum naturalium viribus libri quatuor, Lugd. 1552 ; J. Fr. Lombardo, ÏÏNO'I IÏ eorum quae de balneis aliisque miraculis Puteolanis scrip'a sunt, Venet. 1566 ; Tractatus varii de aquis compluribus medicatis, Lugd.Batav. 1689 ; Tractatus de aquarum Galliae medicatarum natura, viribus et usu, 1732 ; Caryophilus, De thermis Herculaneis, Traj. 1743 ; Dictionnaire des eaux minérales, Paris, 1775 ; J. G. Greppo, Etudes archéol. sur les eaux thermales de la Gatile à l'époque romaine, Paris, 1816; Durand-Fardel, Lebret et Lefort, Dictionnaire des eaux minérales et d'hydrologie médicale, Paris, 1860.
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pays chauds. De bonne heure on dut sentir en Grèce la nécessité non-seulement de la recueillir et de la conserver au moyen de fontaines, de puits et de citernes, mais encore de l’amener d’une grande distance. Les villes bâties sur des hauteurs ( sur tout dans les plus anciens temps)étaient souvent dépourvues de sources, ou bien elles en possédaient qui ne fournissaient qu’une quantité d’eau insuffisante. 1 eutètre les Grecs prirent-ils d’abord exemple des Phéniciens, dès longtemps habiles à construire de remarquables édifices pour la conservation et la conduite des eaux, de même qu’ils apprirent d’eux à faire des routes1; en tout cas ils restèrent constamment fidèles à la pratique de l’Orient, en dirigeant les eaux par des conduits souterrains qui se conformaient à la configuration du sol et en suivaient la dépression ou l’élévation naturelle, et non, comme le firent les Romains, à l’aide de canaux supportés par de longues séries d’arcades traversant presque en ligne droite les monts et les vallées. L absence de ces somptueuses constructions en Grèce, avant 1 époque romaine, a fait répéter souvent que les Grecs n’avaient pas eu d’aqueducs; on s’est fondé principalement sur un pas sage de Strabon 2, qui n’a fait que comparer cependant les beautés naturelles que les villes grecques devaient à leur site, toujours heureusement choisi, avec celles que les Romains ajoutaient aux leurs par de grands travaux d’utilité publique, tels que les chaussées et les aqueducs.
Les aqueducs des Grecs, pour n’être pas apparents au-dessus du sol, n’étaient pas moins remarquables par la hardiesse de leur percement, par l’intelligence avec laquelle ils étaient accommodés à la nature du pays et par le soin apporté à leur construction, dont on peut juger dans les endroits où l’on en a cqnservé des restes. Les canaux d’écoulement du lac Copaïs en Béotie 3, auxquels l’Orchomène des Minyens dut sa plus grande prospérité, ne sont pas des aqueducs, dans le sens ordinaire du mot, puisqu’ils servaient, non à amener les eaux, mais au contraire à déverser le trop-plein du lac; mais ils peuvent être cités comme exemple de ce que les Grecs ont su faire en ce genre dès l’époque la plus reculée de leur histoire. Un canal de plus d’une demi-lieue de long, traversant la montagne au nord-est, faisait communiquer le lac avec la mer. On rencontre encore aujourd’hui dans cette direction, de distance en distance, de grands puisards par lesquels on peut atteindre à des conduits artificiels situés à une profondeur de soixante, de cent pieds et quelquefois davantage. Toute cette construction ressemble à celle des anciens aqueducs de l’Asie, qui consistent partout en conduits souterrains (uuovoaoi) et en puits verticaux (çpsavi'ai). Tels étaient, d’après Polybe \ qui emploie précisément ces termes, ceux
AQtJAEDUCTXJS. l Ritter, ÆVd/tuiuie, XVII, p. 341 ; E. Curtius, Ziir Geschichte des Wegebaus, p. 8. — 2 V, p. 235. — 3 Leake, Travels in north. Greece, II, c. xv, p. 281- 293 ; Forchhammer, Hellenika, p. 159 et s. ; Fiedler, Reise durch Griechenland, I, p. 1 15 ; Sauvage, Annal, des Mines, 4» série, t. X ; Burnouf, Archives des miss, scientif. 1850, p. 150; Ritter, Abhandl. der Berlin. Akad., 1854, p. 358. — 4 X, 23, 3. — 3 Wood, lluins of Palmyra, pl. xxvn ; Abhandl d. Berlin. Akad. 1854, pl. i, ii. — Dicaearch., p. 143, Fuhr. ; lilrichs, Topogr. von Theben, in Münchner Denkschr. 111,
qui portaient les eaux du Taurus à Héeatompylos, 1 ancienne résidence des Arsacides. Ils ont été retromés en partie par les voyageurs modernes, et des observations
semblables
ont été faites en Perse, en Phénicie, en Palestine, en Syrie et dans l’Asie Mineure. Nous donnons ici (fig.
397 et 398) la
coupe d’un aqueduc construit à une époque moins ancienne que celle qui nous occupe, mais d’après les mêmes principes, qui a été retrouvé parmi les ruines de Palmyre8; il est en beaucoup d’endroits interrompu et détruit, mais en d’autres parfaitement conservé ; ses ramifications s’étendaient en partie sous le sol, en partie au-dessus, dans la ville entière.
Il n’est guère douteux que ce système n’ait passé d’Orient en Occident dès un temps fort ancien. Nous avons parlé des canaux d’émission du lac Copaïs. Thèbes attribuait à Cadmus l’établissement des conduits qui portaient l’eau jusque dans sa citadelle 6. Argos faisait remonter à Damais la canalisation des eaux torrentielles des montagnes, qui avait, dès avant Homère, converti sa plaine aride (TvoXucitjaov 'Apyo; 7) en champs fertiles et en pâturages (•RoXu-upov >'AfY°î) rJTjro'êoTov vApyoç 8). Des conduits en partie creusés, en partie édifiés, recevaient les eaux au sortir des montagnes pour les conduire dans la ville ; il en existe encore des traces. On en rencontre d’autres sur l’emplacement de l’antique Mycènes 9.
Samos avait un aqueduc, admiré par Hérodote10 comme un des plus magnifiques ouvrages de la Grèce, qui traversait une montagne pour conduire les eaux à la ville. Une galerie avait été percée sur une longueur de sept stades ; elle avait huit pieds (2m,48) de hauteur et autant de largeur, et dans le sol de cette galerie on avait creusé un canal d’une demi-coudée (0m,237, y]p.tGU7;Y)-/u) de profondeur sur | trois pieds (0m,93) de largeur. Cette remarquable consj traction, vraisemblablement du temps où Polycrate régnait à Samos 11 , était une œuvre de l’architecte Eupalinos de Mégare. Des fouilles faites par M. Guérin ont fait retrouver les restes d’un canal souterrain qui devait être la prolongation de celui-là, et de puits verticaux servant de regards. Mégare aussi possédait une fontaine d’une somptueuse architecture, alimentée par des sources du Cithéron, et qu’elle devait au tyran Théagènes 12. L’époque de la tyrannie paraît avoir été favorable, en Grèce comme à Rome, à l’exécution de grands travaux publics ; et il n’y en avait pas de mieux faits pour la rendre populaire que ceux qui assuraient l’abondante distribution de l’eau. Il en fut de même à Athènes13. La sécheresse du sol de l’Attique devait rendre ses habitants particulièrement industrieux à se procurer l’eau ; elle en fut surtout pourvue sous le gouvernement des Pisistratides. Athènes n’avait, à l’origine,
2, p. 416. - 1 Iliad. IV, 171. — 8 /Z» XV, 372 ; II, 287 ; Eust. Ad II. IV, 164 ; Strab. YUI, p. 370, 388 ; Curtius, Pelopon . II, p. 35 et s. — 9 Id. in Arch. Zeitung , p. 30. — 10 III, 60 ; Guérin, Étude sur l'ile de Samos , 1856, ch. xiv ; cf. Beulé, Hist. de l’art grec av. Périclès, p. 175. — 11 O. Muller, Handb, der Arch. § 81 ; Guérin, l. I. — 12Paus. I, 40, 1 ; Leake, /. L II, p. 393. — 13 Forchhammer, Hellenika, p. 64; Leake, Topogr. of Ath.y App. XIII, 2® éd. ; E. Curtius, in Arch. Zeitung, 1S47, p. 19 et s.; Id. Sieben Karien von Athen. texte, p. 28 ; Bôtticher, in Philologue. XXII, p. 223.
Fig. 397. Aqueduc souterrain de Palmyre. Coupe dans l’axe longitudinal.
Fig. 398. 1’uits vertical.
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en dehors de l’Acropole où coulait le mince filet de la Clepsydre, qu’une seule source d’eau potable, la célèbre Callirlioè “ ; elle reçut ensuite les eaux del’Hymette et celles du Pentélique. De l’Hymette partaient deux cours d’eau qui se dirigeaient vers la ville, en passant sous le lit de l’ilissus par des canaux taillés dans le roc. Le Pentélique en fournissait davantage : des conduits souterrains, qui subsistent en grande partie et dont on peut voir encore les regards placés à une distance de 40 à 50 mètres l’un de l’autre, quelques-uns ayant leur ouverture un peu au-dessus du sol, aboutissent à l’est, du côté d’Alopèkè, de même que les eaux de l’Hymettc, au réservoir commun d’où elles se distribuent encore aujourd’hui dans la ville. Le Parues aussi fournissait de l’eau à Athènes, et quelques restes de ses anciens conduits et des ouvertures servant à leur aération existent encore; d’autres conduits viennent du Lycabète ; on a reconnu aussi un aqueduc dans la vallée au sud de l’Acropole. Les canaux, de formes et d’époques différentes, que l’on a pu observer à Athènes sont pour la plupart construits en pierre et couverts de tuiles ou de dalles plates; les plus importants sont assez larges et assez hauts pour que deux hommes puissent y passer. Sur quelques points, par exemple près de la Tour des Vents, on rencontre trois aqueducs superposés de dates diverses. Une partie des eaux dont il vient d’être parlé, coulaient jusqu’au Pirée 1S, qui en recevait en outre par un autre aqueduc souterrain venant du Korydalos. Toute la plaine autour d’Athènes recouvre un vaste réseau d’aqueducs qui mettaient à portée des besoins de chacun, les uns l’eau qui descendait des montagnes, les autres celle qu’on recueillait en creusant jusqu’à la couche inférieure d’argile 16. Longtemps oubliés, parce qu’ils sont enfouis, ils ont cependant survécu au somptueux aqueduc romain qui conduisait dans la ville agrandie par Hadrien l’eau du Céphise, et l’Athènes moderne profite encore des travaux exécutés, il y a tant de siècles, par l’Athènes antique.
Les aqueducs par lesquels Syracuse 17 recevait et reçoit, encore en partie, au nord, l'eau de l’Anapos, au sud, celle des sources du Crimiti, sont de même placés sous terre; on peut en reconnaître la direction, en observant les restes des réservoirs et des fontaines qu’ils alimentaient, et les ouvertures, d’un beau travail grec, pratiquées dans le roc vif, des puits nombreux qui servaient à leur entretien et à leur aération. De la ville, l’eau coule, comme jadis, sous le fond de la mer, jusqu’à Ortygie.
Nous ne ferons que mentionner d’autres aqueducs dont on trouve l’indication dans les anciens écrivains, ou dont les
restes ont été observés par les voyageurs, à Cirrha 18, à Si- * cyone 19, à Crissa en Phocide 20, à Chalcis ,l, à Démélrias À de Magnésie 22, à Philippi 23, à j, Gythium 2\ à Cyrène 23, dans la Troade 26, etc. Dans ce dernier endroit ont été trouvés des tubes de terre cuite (cupiyvei; aùXo't), intacts, d un excellent travail, dont un est ici reproduit (flg. 399) ; mais il
H Thue. Il, 15.— U Cf.Vitr. VIH, 3. — 16 Plat. Leg. VIII, 844.— 17Thuc. VI, ItiO; Schubring, Bull. d. Inst. arch. 1 8S5, p. 163, 202; Id. in Philologus, 1864, p. 163 ; 1865, p. 577. — 18 Paus. X, 37, 5 ; Ulrichs, Reisen in Griechenland, p. 9. — 19 Plut. A rat. 9 ; Ross, Reisen und Reiserouten, p. 48 ; ünger, Ileise in Griechenland. p. 195. — 20 Paus. X, 37, 5. — 21 Ficdler, Reisen in Griech. I, p. 446. — 22 Leake, North.
Greece, IV, p. 376. 23 Heuzey, Mission en Macédoine, p. 51. — 24 Ross, Kômgs-
reise, II, p. 227. — 2S Bartb, Wanderungen durch das Kyven. Küstenland, I, p. 42o.
sera parlé ailleurs des tuyaux servant à distribuer les eaux [fistula, tubus].
Nous renvoyons aussi à un autre article pour les conduits qui alimentaient les fontaines et qui faisaient partie de leur construction [fontes].
Les aqueducs de la Grèce dont on voit des restes élevés audessus du sol peuvent être considérés, en règle générale, comme appartenant à la période romaine. Il s’en rencontre, même de ce temps, qui sont souterrains, comme celui qui, sous l’empereur Hadrien, fut établi entre Stymphale et Corinthe 27 sur une longueur de près de cent mille mètres. La pratique des Grecs fut celle que leur enseignait la nature : elle leur montrait les sources des montagnes se frayant des routes profondément encaissées dans les rochers, et disparaissant souvent entièrement pour reparaître plus loin fraîches et limpides ; ils surent en l’imitant conserver à leurs cours d’eau artificiels une température égale, et leur assurer une durée illimitée, puisqu’on en retrouve qui fonctionnent encore en beaucoup d’endroits. Ils surent aussi, avant les Romains, qui ont profité de leurs enseignements, ménager des ouvertures pour aérer l’eau et donner un dégagement aux gaz qu’elle contient; ouvrir des regards où elle pût reprendre son niveau, dans les endroits où les conduits s’abaissent avec le terrain (xoiXfa, vanter 2S) ; la faire reposer pour la clarifier dans les réservoirs, puis la diviser pour la distribuer avant son écoulement par les fontaines. E. Saglio.
II. Chez les Étrusques. — Ce n’est pas seulement en Orient et dans les pays grecs, que l’on a construit des aqueducs suivant la méthode qui vient d’être exposée. On en rencontre de semblables en Italie, dans les contrées qu’habitèrent les Étrusques, si habiles dans tous les ouvrages destinés à faciliter l’écoulement des eaux, et qui furent en cela les maîtres des Romains [emissarium, cloaca]. Nous nous contenterons de faire remarquer que, pour ouvrir l’émissaire du lac d’Albano, dont les travaux furent conduits d’après les procédés habituels aux Étrusques, un canal souterrain, que l’on peut suivre aujourd’hui sur une longueur de 2,500 mètres, fut creusé pendant que le cratère du mont Albain était rempli d’eau; ce canal n’avait qu’une hauteur d’homme environ, sur un mètre et demi de large; des puits verticaux, dont quelques-uns existent encore, placés à 40 mètres l’un de l’autre, servaient à la ventilation et à l’extraction des déblais. L’exécution de cette opération gigantesque fut, grâce à cette division du travail, poursuivie sur plusieurs points à la fois; deux cents ouvriers pouvaient travailler en même temps, ce qui explique la rapidité avec laquelle elle fut achevée s\ E. S.
III. Chez les Romains. — H n’est pas douteux que les Romains n’aient suivi d’abord, dans la construction de leurs aqueducs, la coutume ancienne. Le premier qu ils élevèrent 30 sur des arcades, ce qui donne à ce genre de monuments, chez eux, un caractère si frappant, n’était porté par ces substructions que dans un espace de soixante pas ; il commençait à deux lieues environ de Rome, sur la voie Prénestine, et aboutissait, au pied de l’Aventin, entre la porte Capena et la porte Trigemina. Toute la partie en
— 26 Habii, Ausgrab. auf der Ilomer . Pergamus, 1865. — 27 Paus. 11, 3 5 ■ VIII 22, 3. Sur l’aqueduc d’Adrien à Athènes, Lebègue, Bull, de l Ecole
d'Athènes, XI. 28 Tels sont les aqueducs de l’Attique, conformes aux prescriptions
de Vitruve. VIII, 7. — 29 Fabretti, De emissario Fucini, III ; Nibby, Analisi délia carta di dintor'ni di Borna, I, p. 105; N. Desvergers, L’Étrurie, I, p. 155; voy. aussi Dennis, Cities and cemeteries of Etruria, I, p. 99, 156, 400, 496. — 30 Frontin. De aquacd. 5; TU. Liv. IX, 29; Diod. Sic. XX, 36; Orelli, Insc. 589.
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dehors de la ville était sous terre. Cet aqueduc fut édifié l’an 441 de Rome (313 av. J.-C.), sous la censure d’Appius Claudius Caecus, d’où il prit le nom d ’aqua Appia. Des fouilles récentes ont fait retrouver, près de la Porta Maggiore, le canal de cet aqueduc taillé dans le roc, haut de six pieds, large de trois, et aéré par plusieurs puits verticaux 3I.
Quarante ans plus tard, en 273 av. J.-C., M. Curius Dentatus commença pendant sa censure, et Fulvius Flaccus acheva, en 271, un nouvel aqueduc qui prenait au-dessus de Tibur l’eau de l’Anio, à vingt milles de Itome. II avait une longueur de 43,000 pas ; sur 221 seulement les constructions s’élevaient au-dessus du sol. On l’appela Anio vêtus , pour le distinguer d’un autre aqueduc qui reçut aussi sous l’empire l’eau de l’Anio (Anio novus) ; la dépense fut défrayée par une partie du butin fait sur Pyrrhus32.
En 144 av. J.-C., le préteur Q. Marcius Rex, sur l’ordre du sénat, construisit le grand aqueduc qui porta le nom d ’aquu Marcia. Il avait une longueur de 61 ,710 pas, dont 7,463 au-dessus du sol; dans un espace de 6,935 pas il était supporté par des arcs assez hauts pour conduire l’eau jusqu’au sommet du mont Capitolin33. Il fut réparé plusieurs fois sous les empereurs 34. Une grande partie est encore debout.
Un autre aqueduc, Vaqua Tepula, qui amenait au Capitole de l’eau prise dans le champ de Lucullus, vers le dixième milliaire de la voie latine, fut construit en 126 av. J.-C. par les censeurs Cn. Servilius Caepio et L. Cassius Longinus35; il rejoignait au septième mille Vaqua Marcia, et coulait dans un canal séparé, porté par les mêmes substructions.
La quantité d’eau (11,348 quinarii) amenée par ces quatre aqueducs n’était déjà plus suffisante au temps d’Auguste, qui, l’an 34 av. J.-C., fit embellir Rome de 700 bassins ( lacus ), de 105 -fontaines jaillissantes ( salientes ), et de 130 châteaux d’eau (caste lia), dont plusieurs d’une grande magnificence; il ouvrit 170 bains gratuits à l’usage du peuple. Par les soins de son édile Agrippa, l’an 35 av. J.-C., il avait réparé les anciens aqueducs et amené, par un nouveau conduit de Vaqua Marcia, Vaqua Julia, recueillie dans la vallée comprise entre Tusculum et le mont Albain36; l’an 22, il inaugura Vaqua Virgo, aqueduc qui conduisait, et conduit encore, par des canaux en partie souterrains, en partie supportés par des arcs, l’eau d’une source située au huitième milliaire sur la voie Collatine, et qui aboutit à Rome, au sud du Champ de Mars et à l’est du Panthéon37. Claude le répara38. Cette eau était surtout estimée pour les bains39. Auguste amena aussi Vaqua Alsietina, tirée du lac Alsietinus (lago di Martignano), à 6;500 pas à droite du quatorzième milliaire de la voie Claudia. Son eau peu estimée servait aux arrosages et à alimenter la naumachie ; elle desservait aussi le quartier de la rive gauche du Tibre, quand l’eau venait à y manquer40.
Deux aqueducs plus importants encore, Vaqua Claudia et V Anio novus, furent ajoutés aux sept que Rome possédait
31 Parker, in Archaeologia, t. XLII, p. 20. — 32 Front. 6 ; Aur. Vict. VtV. ill. 43 ; Muratori, t. VI, 447, 1 ; Orelli, 3203 ; Bullet. del. Inst, arch. 1861, p. 12 et 39; Archaeologia, t. XLII, p. 16. — 33 Front. 7 ; Plin. Hist. nat. XXXI, 3, 24; Strab.
V, p. 240 ; Gruter, 182, 8; 183, 4; 232, 6018 ; Mommsen, Corp. insc. lat. 4S9.
— 34 Dio Cass. XL1X, 42 ; Plin. Bist. nat. XXXI, 3 ; Front. 7 ; Muratori, VI, 444, 3 ; Gruter, 177, 1 ; Orelli, 52, 53. — 33 plin. I. I. XXXVI, 15, 24 ; Front. 8.
— 36 Front. 8, 9, 19; Plin. XXXVI, 15, 24; Muratori, 641, 3. — 3’ Front. 10; Dio Cass. L1V, 11 ; Plin. XXXI, 3 , 25. — 33 Gruter, 177, 5; cf. 177, 3 et 4 ; 232. — 33 Plin. I. I. ; Orid. Trist. III, 12, 22; Senec. Epist. 83; Mari. V, 20, 9;
VI, 42, 18; XI, 47, 6. — 40 Front. 11 ; Gruter, 178, 2. — 41 Strab. V, 3; Dion. Hal. III, 67. — 42 Front. 13, 14; cf. Plin. XXXVI, 15; Suet. Oct. 57; Calig.
déjà, et qui ont excité l’admiration de Strabon et de Denvs d’Halicarnasse41 : l’un et l’autre furent commencés sous Caligula et achevés sous Claude. Le premier recevait les eaux de deux sources très-pures, appelées Caerulus et Curtius vers le trente-huitième milliaire de la voie Sublacensis, et d’une troisième un peu plus près, l’Albudinus, non moins estimée. Cet aqueduc parcourait un espace de 46,406 pas, dont 36,230 dans des conduits souterrains 42. Vespasien, Titus, Dioclétien y firent des réparations43. Vaqua Claudia, qui s’élevait à 47m,42 au-dessus du quai du Tibre, n’était dépassée en hauteur que par l 'Anio novus, dont l’eau recueillie vers le quarante-deuxième milliaire de la voie Sublacensis, était portée par les mômes arcs que Vaqua Claudia, mais dans un conduit supérieur. C’était aussi l’aqueduc qui avait le plus long développement : il parcourait un espace de 58,700 pas.
Ces neuf aqueducs sont ceux dont parle Frontin, qui fut curator des eaux sous Nerva et Trajan. 11 faut y ajouter Vaqua Crabra , dont l’eau, prise à ce qu’il semble un peu au-dessus de Tusculum, ne fut sans doute jamais conduite à Rome par un aqueduc particulier et fut abandonnée aux besoins de Tusculum par Agrippa : c’est, selon toute apparence, celle que l’on trouve plus tard désignée sous le nom de Damnatav\ Deux nouveaux aqueducs furent construits, l'un sous Trajan, Vaqua Trajana, qui porta les eaux du lac Sabatinus (lago di Bracciano) au Janicule et dans la région transtibérine45 ; l’autre sous Alexandre-Sévère, Vaqua Alexandrina, destiné à alimenter les thermes qui portaient le nom de cet empereur46. Nous laisserons de côté d’autres aqueducs secondaires sur la direction desquels on n’a que des données incertaines, ou qui ne sont que des dérivations de quelques-uns des précédents47; c’est seulement en les comptant, ou par des confusions de noms, qu’on arrive à compléter la liste des dix-neuf aqueducs indiqués par la Notitia regionum urbis et le Curiosum urbis llomae regionum xiiii, documents qui datent du quatrième siècle de notre ère. Procope dit48 qu’il y en avait quatorze en 537, quand Vitigès assiégea Rome.
Disposition et construction des aqueducs. — Les eaux étaient dirigées par des canaux dans un réservoir commun où l’aqueduc prenait naissance ( caput aquae). Quand les eaux étaient tirées d’un fleuve, comme les deux Anio, ou d’un lac, comme V Alsietina, le conduit (specus, canalis ) s’ouvrait immédiatement sur le fleuve ou sur le lac. Vitruve recommande49 de ne pas prendre les eaux aux sources de plaine. « Le soleil, dit-il, qui absorbe les parties les plus légères de l’eau dont la terre est imbibée, n’y laisse que les parties les plus pesantes, les plus crues et les plus désagréables. » C’est pourquoi il prescrit aussi de couvrir les aqueducs de façon que le soleil ne darde point sur l’eau ses rayons; on leur donnait la ventilation nécessaire au moyen d’ouvertures (lumen, spiramen ) placées à intervalles de 240 pieds50. Pendant longtemps, on l’a dit plus haut, les Romains enfouirent les conduits, peut-être
21 ; Claud. 20 ; Lamprid. Al. Sev. 30 ; Orelli, 54, 55. — 43 Orelli, 55, 56, 57 ; Gruter, 176, 1 ; 177, 1 ; 178, 3 ; 601, 7 ; Muratori, VI, p. 447, 1 ; Nardini, Borna ant . t. III, p. 375. — 44 Frontin. 9 ; Fabretti, De aquaed. p. 142 et s. ; Jordan, Topogr. der Stadt Rom , II, p. 225 ; Archaeologia, l. I. — 43 Orelli-Henzen, 5097 ; Eckhel, Doct. num. VI, p. 425, 428 ; Cohen, Bonn, imp., Trajan, 305 ; Jordan, l. I. — 46 Lampr. Al. Sev. 25. Sur le point de départ et la direction de cet aqueduc, voy. Fabretti, l. I. I, l ; Melchiorri, Append. agli Atti di fret. arv. p. 28 ; Borgagna, Diss. dell' acad. pontif. XV, 139 et s. — 47 Fabretti, l. I. III, 9 et s.; Cassio, Corso delle acque ; Nibbv, Borna ant. I, 329 et s.; Jordan, l. L; Orelli, 59 ; Gruter, 178, 6 ; 182, 7. — 48 Goth. I, 19. — 49 Vitr. VIII, 1. — 50 Vitr. VIII ; Plin. Bist. nat. XXXI, 31.
AQU
AQU
par crainte qu’ils ne fussent coupés, dans leurs guerres incessantes, par des ennemis qui venaient jusqu’à leurs portes; ils s’assujettirent par conséquent à suivre, par des canaux souterrains ( cuniculi ), les contours des vallées. Dans la suite, lorsque quelques-uns de ces anciens conduits se trouvaient ruinés par le temps, on abrégea leur parcours en traversant les vallées, au moyen de constructions soit pleines, soit évidées, suivant la hauteur 81.
La pente donnée à ces conduits ( libramentum,vis currendï) n’était pas toujours la même : il résulte des mesures prises sur les ruines subsistantes qu’elle variait de un pied pour cent à un pied pour cinq mille Sâ. Cette dernière mesure s’approche de celle que donne Pline, qui indique un pied de pente sur 4,800 5S. Vaqua Virgo (actuellement eau de Trevi) prouve encore aujourd’hui qu’une telle déclivité est suffisante. La pente de l’aqueduc du Gard est d’un pied pour 2,500, Vitruve veut que l’on donne aux canaux en maçonnerie une pente d’un demi-pied pour cent au moins. L’aqueduc moderne d’Arcueil n’a que 0m, 162 sur 389m,807 ; celui de Roquencourt a 0m,973 sur 3,3 13m, 361. Quand, par suite du rapport entre la distance de la source à la ville et la différence des niveaux de ces deux points, la pente était trop rapide, on l’atténuait en faisant parcourir aux conduits un espace plus grand que la distance entre la source et le point d’arrivée : ainsi les sources qui alimentent l’aqueduc du Gard ne sont situées qu’à 3 lieues de Nîmes, et cependant l’aqueduc se développe sur un parcours de 7 lieues Des coudes, en coupant le courant, étaient la conséquence de ces détours; ils servaient parfois à modérer l’impétuosité de l’eau qui, augmentant toujours de vitesse, aurait par sa force d’impulsion détruit ou détérioré les canaux. On obviait aussi à l’inconvénient d’une trop grande pente, en adoptant tout d’abord une inclinaison convenable; puis, au lieu de prolonger le specus sans interruption jusqu’il la ville, on s’arrêtait après un certain parcours et on établissait un autre specus à un plan inférieur, ayant même inclinaison que le premier ; on réunissait ces deux specus par des gradins ou par un puits circulaire, comme à 1 ’Anio novus. Quelquefois aussi ces détours étaient le résultat de la recherche, au fond des vallées, des niveaux de sols assez élevés pour éviter d’établir des constructions trop hautes : c’est ainsi qu’à l’aqueduc de Ségovie, en Espagne, on remarque, entre deux collines, un angle ou pli exécuté pour aller retrouver dans le centre de la vallée, un terrain plus élevé 55. On peut voir plus loin (fig. 409) une déviation analogue de l’aqueduc d’Aspendus en Asie Mineure.
Quand un aqueduc avait à traverser la masse résistante d’une montagne, on revêtait simplement les parois avec un composé de chaux et de pouzzolane bien mélangés, pour éviter toute filtration, ainsi qu’on peut le voir encore dans quelques-uns des aqueducs qui ont été conservés. Si le roc était trop dur, on faisait un détour pour l’éviter. Si, au contraire, le terrain était susceptible de s’effondrer, on construisait des voûtes et des murs revêtus de tuiles pilées, de chaux et de sable ( opus signinum 56) ; parfois ces murs étaient entièrement construits de chaux, de sable et de cailloux cassés ne pesant pas chacun plus d’une livre, mélange appelé aussi opus signinum™. A Tusculum il y a un
51 front. 18. — 52 Canina, Architett. rom., Aquedotti. — 53 Hist. nat. XXXI, 31. 5i clérisseau, Monum.de Nîmes, I, p. 127.— 35 Canina, Arch. rom. pl. clxvi. — 56 pl,n. HUt. nat. XXXV, 46 in fine. — 57 vitr. VIII, 7. — 58 Canina, Arch. rom. pl. ci-xvi ; Rondelet, Addit. aux Comment, de Frontin, p. 33. — 39 a . de
reste d’aqueduc souterrain dont la partie inférieure est creusée dans le roc. Au-dessus de Tivoli, à Vicovaro, on peut suivre, pendant plus d’un mille, un aqueduc taillé dans le roc, qui a cinq pieds de haut sur quatre de large.
Le tuf de la campagne romaine, par sa consistance, permettait de ne pas construire de murs; telle est Vaqua Virgo qui, en entrant dans Rome, traverse le monte Pincio, sous la villa Médicis. Des canaux souterrains, assez élevés pour qu’un homme pût y passer, conduisaient les eaux de l’aqueduc de Metz à la naumachie 68. Des canaux analogues se reliaient à l’aqueduc du Gard. Près de Chelves, en Espagne B\ le rocher est percé en certains endroits pour livrer passage à l’eau. En un point, il a été complètement coupé depuis son sommet jusqu’au nivellement de l’aqueduc : c’est un canal à jour de 33 mètres de profondeur sur une longueur de plus de 67 mètres; on a laissé quelques masses de pierre entre les deux parois pour servir d'arcs-boutants; l’empreinte des instruments employés pour ouvrir ce conduit est encore visible. Des puits, de distance en distance, permettaient d’aérer les canaux souterrains et d’extraire les déblais 60. Ces puits étaient creusés au-dessus de. ces canaux, ou sur leurs flancs. Le canal était quelquefois mis en communication avec l’extérieur au moyen d’escaliers, comme on le voit au monte Pincio, et à l’émissaire du lac Fucin 61 .
L’eau coulait enfermée dans un canal de maçonnerie {specus , aquagium , forma, canalis structihs), ou dans des tuyaux de plomb ou de terre cuite [tubus, fistula], quelquefois de bois ou même de cuir épais.
Les conduits {specus) des aqueducs étaient en pierres, en maçonnerie ou en briques, revêtus d’un fort enduit en opus signinum. Le canal du pont du Gard, tout en pierre, a 1 ,32 de large sur lm,64 de haut dans œuvre; ses murs latéraux ont 0m,825 d’épaisseur; il est couvert en dalles de 0m,33 d’épaisseur, sur 1 mètre de large et lm,99 de long, en sorte qu’elles portent d’un mur à l’autre : les joints sont garnis en ciment. Sur les parois latérales une épaisseur en ciment de 0m,082 recouvrait les pierres, et sur ce ciment on avait passé une couche de peinture ou enduit très- fin de bol rouge, pour empêcher toute filtration. Le fond de ce canal est en blocage de chaux, de gravier et de petites pierres, ayant d’épais 0m,22. Les canaux superposés de la porta Maggiore à Rome sont en pierre de travertin. Le canal deVaqua Claudia a lm,12 de haut sur 0ra,91 de large ; celui de l’Anio a 2m,73 de haut et lm,58 de large. Il y a un bel exemple de specus à la section de l’aqueduc de Trajan, près la villa Panfili ; le canal est en maçonnerie de briques revêtue d’un fort ciment de chaux, sable et tuileaux bien broyés et bien battus. L & specus de 1 ’Anio novus, au delà de Tivoli, est en briques ; des soupiraux 62 ont été ménagés de distance en distance dans la partie supérieure, tant pour exercer la surveillance que pour faciliter les travaux et l’aération. Le canal de Vaqua Antoniana, construit en briques par l’empereur Antonin Caracalla, avait de large 0m,82, de hauteur, jusqu’à la naissance de la voûte, lm,65, et de corde 0m,39; les murs avaient 0m,91 63. Le specus de l’aqueduc de Patare w est composé de pierres calcaires percées suivant une forme cylindrique, de telle sorte qu’étant placées les unes au bout des autres, elles présentent un canal
1 aborde, Voyage pitt. et hist. en Espagne, I, p. 92, pl. cxiv et cxv. - 6" Vitr. I. I. - 61 Canina, l. I. pl- clxxvii. - 62 Montfaucon, t. IV, ‘F part, c. ix. — 63 Fabretti, De aq. pl. mi- — u Texier, Descr. de l'Asie Min. 111, p. 224.
pl. CLXXIX.
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semblable à un tuyau. Ce canal réunit les collines qui dominent la baie de Kalamacki ; il suit les deux pentes de la vallée qu’il traverse, et remplit l’office de siphon renversé. Yitruve 65 ne conseille les aqueducs de ce genre qu’avec l’emploi de tuyaux en plomb ou en poterie. Ils ne pouvaient recevoir d’ailleurs une grande quantité d’eau ; autrement la force d 'impulsion eût tout rompu , quelle qu’eût été la résistance des conduits.
L’application de tuyaux en plomb, posés dans des conditions analogues, a
été faite à l’aqueduc de Lyon66, qui traverse le mont Pilate et les vallées de Garon, de Bonan et de Saint-Irénée. Les eaux descendaient au fond delà vallée et remontaient ensuite, en vertu de leur propre pression, dans des tuyaux disposés en forme de siphon renversé, et soutenus dans leur partie inférieure, qui était horizontale, par des arcades en maçonnerie. Un autre exemple d’aqueduc à siphon est celui d’Aspendus, en Pamphylie, qu’on voit ici (fig. 400) dessiné d’après une photographie 67 .
Le specus était supporté par un mur {substructio) , plein ou percé d’arcades (arcuationes). L’emploi du mur était rare au delà d’une certaine élévation. Les arcades, moins dispendieuses, présentaient aussi plus de solidité et ne fermaient point la vue.
Ces constructions ont des caractères différents suivant le pays et l’époque où elles ont été faites. On s'est servi de pierres quadrangulaires,pépérin, tuf ou travertin , sous la république, comme le prouve Vaqua Mar- «a,et sous les premiers empereurs, comme l’indique Vaqua Claudia. La maçonnerie de blocage revêtue de briques ou d ’opus reticulatum fut ensuite employée : telle on la voit à Vaqua Antoniniana; on fit aussi usage des moellons réunis au blocage et à Vopus reticulatum : nous citerons pour exemple un aqueduc situé entre les villes de Kenkbelen et de Selek en Asie Mineure68; ou bien encore on se servit des pierres jointes à la brique et au blocage : tel est l’aqueduc deMérida.
Fig. 400. Aqueduc à siphon d’Aspendus,
A l’approche de la cité on utilisait quelquefois les arcades d’un aqueduc pour supporter un deuxième et même un troisième canal. Les aqueducs, qui traversaient les voies principales conduisant à Home, étaient à cette intersection décorésd’un motif spécial et même monumental dans le style des arcs de triomphe :
tel est celui de Vaqua Virgo qui se voit encore dans le palais du Buffalo. Le double aqueduc de Vaqua Claudia et de VAnio noms; le triple aqueduc qui porte Vaqua Marcia, Vaqua Tepula et Vaqua Julia, en sont surtout de remarquables exemples. Le premier, qui forme à son entrée dans Borne la Porta Maggiore (fig. 401), fut commencé par Caligula, inauguré
par Claude
est construit en blocs de tuf, de pépérin
TI.CIAVDIVS.DRVSI.£-CAEAR.AV5VOTS. GERMANICVS. PONTIE.MAX.lM.
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AQVA S.CLAVTIAM.EX.F0NTIB VS . QVI .VOCAB AJVTVR. CAEMEÆ- ETO/KIWSAM1UA6I0XX1&:/ lTEfAANlENEM.N0BAM.A.MILLlAR.LXn.SVA.-IMPENSA.IN.VR3EN.PERi)îœ;MS.(mVlT.
JMP.CAESAR.VESEASIANVS.AVGVST.P0NTIF.1AAX.TRIB. POT. Il IMP.VI COS 111 DE51G11UJ.P. AQVAS . CVR.TlAM.ET.CAEFWLEAM.EERDVCTASAIi'lVO .ClAVDI0.ni0STEAlNTEB.DlLAPSAS(NE. PER.AR1N0S.NWENS. SVa.IMP ENSAVRBI .RESTTNIT.
et de travertin ; ses arcs mesuraient70 jusqu'à 33 mètres de haut. Les conduits de Vaqua Claudia ont un parcours de 46,406 pas, dont 10,176 en arcades; ceux de VAnio, 38,700 pas, dont 9,400 en arcades; réunis, ils apportaient 9,343 quinarii , dont 4,607 pour la Claudia et 4,738 pour VAnio, tandis que les sept autres aqueducs en donnaient ensemble seulement 15,460. Le second des deux aqueducs cités plus haut montre clairement, par la coupe faite sur l’arc appelé actuellement Porta San-Lorenzo (fig. 402), la superposition des
LMP. T. CAESAEUMVI.F . VESPAÔI htNS . AVGVSTVS P0NI1 FEXMAXIAÏv'5 TR1BVN1G.
P0STCIKTEXIMPERA.T0RXVI1. PATER. PATRlAE.CENS0ftTGS.Vm. AQVAS. CVKTJAM.ET. CAEPVLE/VA.PE RDVCTAS.ADrM3.ClAVHI0.Ur.PD RTEA .
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Fig. 401. Porta Maggiore, à Rome.
Fig. 402. Coupe de la Porta San-Lorenzo, à Rome.
trois cours d’eau qu’il portait et le détail de sa construction71. L’aqueduc de Zumbat-Kalesi est en grand appareil7*; chaque pierre posée sans ciment est taillée en bossage.
Les aqueducs dont il vient d’être parlé n’ont qu’une seule rangée d’arcades, tandis que d’autres en ont deux
65 Vitr. V 1 1 1 , 7. — 66 Rondelet, Addit. aux Comm. de Frontm, pl. xvi. — 67 Tréinaux, Explor. archèol . de l'Asie Mineure , pl. vm et ix. — 68 A. de Laborde, Voyage en Odent . Asie Min. pl. lxx, dessin 146. — «9 Frontin. 13 ; Suet. Calig . 21 ;
Claud. 20; Cauina, l. I. pl. clxviu ; Ann . del. Inst. X, pl. k. — 70 Front. 72, 73. — 71 Canina, Ll. pl. clxvii. — 72 De Laborde, Voyage en Orient . Asie Mineure, p. 113, pl. lxu, dessin 128.
superposées, comme celui de Ségovie, en Espagne, ou même trois, comme celui du Gard. L’aqueduc de Ségovie73 est en pierres de taille posées sans ciment; les arcs ont 5m,72, les piles ont le quart des arcs. Les piédroits de la première rangée d’arcades s’élargissent de haut en bas par des retraits couronnés de moulures. L’aqueduc a 66 mètres de
haut. Celui de Tarragone a aussi une double rangée d'arcades ; il est construit en pierres à bossage ; sa hauteur totale est de 31 mètres, sa longueur de 218 mètres74. Les piliers des arcs inférieurs sont en talus des quatre côtés; ceux des arcs supérieurs sont, en façade, à-plomb de la dernière assise des précédents, et ne diminuent que sur
Fig. 403. Aqueduc du Gard.
les faces intérieures des arcades. L’aqueduc du Gard, près de Nîmes (fig. 403)75, est bâti en gros quartiers de pierres polies, à joints secs et bien posés, qui ont 2m,60, largeur de la face des piles, sur2m,65 et(Jm,57 de haut. Il est composé de deux étages de grandes arcades, et d’un troisième
Fig. 404. Coupe de l’aqueduc du Gard.
rang de petites, qui porte le specus. L’arc sous lequel passe le Gardon est plus large que les autres. L aqua Alexandrina, construite par Alexandre-Sévère, l’an 223 de l’ère vulgaire, est un ouvrage tout en briques 76 dont les
arcs étaient coupés par d’autres de manière à former deux étages dans les endroits où il y avait trop de hauteur; il en était de même à l’aqueduc de l’Anio, au-dessus de Tivoli, et à l’aqueduc de Carthage 77 qui avait vingt-trois lieues de long. L’aqueduc de Metz 78 est en briques, avec des retraits aux piédroits ; dans le milieu de la vallée où passe la Moselle, les arcs, plus larges que ceux des extrémités, sont surmontés d’un rang d’arcs plus petits et plus nombreux.
Nous citerons encore, parmi les travaux en briques les plus remarquables, les contre-for Is que dut établir Agrippa lorsqu’il plaça au-dessus de la Marcio, et de la Tepula le conduit de la Julia; et les arcades que Néron fit construire pour conduire les eaux de YAnio novus et de la Claudia au mont Coelius et à l’étang qui porte son nom. Ces arcades furent prolongées par Septime-Sévère pour amener les eaux au Palatin, à l’Aventin et dans la région transtibérine. Les restes de l’aqueduc de Trajan près de la villa Panfili, en dehors de la porta San-Pancrazio, sont composés en partie d ’opus reticulatum, en partie de briques, beau travail, d’une grande précision. Du temps de Procope, cette eau faisait mouvoir les moulins placés sur la pente du Janicule 79. Tronqué par Yitigès, relevé par Bélisaire, abandonné dans la suite, il fut rétabli par Paul Y, lorsque celui-ci créa la fontaine Pauline.
Les deux aqueducs de Mérida dans l’Estramadure ne le cédaient en rien à ceux de Rome 80. Le plus grand a 37 piles encore debout, et quelques-unes soutiennent trois rangs d’arcs, les uns au-dessus des autres. Le conduit est élevé à 23m,50 au-dessus du sol. La construction est un mélange de pierres et de ciment, revêtu à l’extérieur de belles pierres bien taillées en bossage, d’une symétrie parfaite, d’une grande dimension et séparées, de cinq assises en cinq assises, par des filets de briques.
Constantinople avait des aqueducs de pierre, dont deux, qui subsistent encore en partie, nous en montrent toute la magnificence : l’un porte le nom de Yalens, l’autre celui de
73 Montfaucon, t. IV, Suppl, p. 102, pl. xliu ; Canina, Arch. rom. pi. clxvi ; Gômez de Sommorostro, El agueducto de Segovia, Madrid, 1S2Ü. — 11 De Laborde, Voyage pitt. en Espagne, t. I, p. 32, pl. lv, lvi. — 75 Ménard, Hist. des antiq. de Nîmes, 1829, p. 69; Canina, Arch. rom. pl. clxv;L. Iteynaud, Traité d’archit. Il, pl. lxxii ; Archiv. de la Commis s. des Monum. hist.
— 76 Canina, l. I. pl. clxiv. — 77 Trémaux, Parallèles des édtf. anc. et modernes, pl. lxiii; Durand, Topog. de Carthage, 1836, p. 79, 136, 139, 144.
— 78 Montfaucon, t. IV, c. x, pl. cxvxii, et suppl. c. vi, pl. iv; Canina, Arch. rom. pl. clxvi. — 79 Procop. Goth. 1, 15. — 60 De Labordc, l. I. I, p. 112, pl. cl,
eu, cm.
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Justinien; mais quelques personnes pensent que ces noms sont ceux des empereurs qui les ont restaurés, et que le premier fut élevé par Hadrien, le second par Constantin; ils furent souvent réparés par la suite sous les empereurs grecs et sous les Turcs, leurs successeurs. L’aqueduc de Justinien avait un passage pour le public, qui traversait les piles dans leur milieu, au-dessus du premier rang d’arcades, sur une largeur de lm,299 81.
Aux aqueducs romains qui ont été indiqués dans ce qui précède, on en peut ajouter un grand nombre dont on voit encore les ruines82. Nous devons nous contenter de renvoyer aux études dont ils ont été l’objet de la part, des antiquaires et des voyageurs et de faire remarquer que les Romains ont pourvu au besoin d’eau, partout où ils se sont établis, avec une abondance et une magnificence qui dépassent de beaucoup ce qu ont fait les modernes
Les eaux étaient reçues près des murs de la ville dans de grands réservoirs où elles se purifiaient, en y déposant les matières qu’elles tenaient en suspension, et dans les châteaux d’eau, où débouchaient les tuyaux destinés à les répandre dans les differents quartiers [castellum, piscina limaria]. La distribution des eaux s’opérait par des tuyaux [fistula] dont les orifices étaient de 25 modules differents. La jauge 84 des tuyaux se faisait dans lç château d’eau, au moyen de calibres en bronze ( calix ), au nombre de 25. Celui qui servait d’unité était appelé quinarius, et avait pour diamètre 88 un doigt il présentait une surface de 0m,423 millimètres carrés. Le doigt ( digitus ) était l’unité de mesure; il égalait la seizième partie du pied romain, soit 0m,0J9. Le pied romain, ou pied du Capitole, égale 0m,297. Sous la direction de Frontin, les neuf aqueducs , d’après les mesures prises par lui aux sources mêmes, devaient apporter à Rome 24,805 quinarii. Mais ce chiffre n’était pas celui des registres sur lesquels étaient inscrites toutes les eaux distribuées dans la ville et dans les environs : il y avait beaucoup de fraudes et de déperditions.
Le niveau de ces eaux était différent : YAppia, la moins élevée, avait 8m,37 au-dessus du quai du Tibre, à la cloaca Maxima, après un parcours de H, 190 pas, dont 60 seulement en arcades, près de la porte Capena. La Marcia avait 37m,48 d’élévation, après un parcours de 61,710 pas. L ’Anio, la plus élevée de toutes, avait 47m,52, toujours au-dessus du quai du Tibre, après un parcours de 58,700 pas. Le pas était égal à lm,485.
On peut apprécier le débit que les aqueducs avaient à Rome, d’après celui des trois conduits anciens qui amènent encore aujourd'hui l’eau dans la ville. L ’aqua Virginie ou de Trevi, l’ancienne aqua Virgo, réparée sous Nicolas V, Sixte IV et Pie IV, débite 65,780 mètres cubes d’eau, et Vaqua Felice, l’ancienne Alexandrina , restaurée par Sixte V 8B, produit 20,537 mètres cubes en vingt-quatre heures. L ’aqua Paola , anciennement YAlsietina, rétablie par Paul V, fournit 94,181 mètres cubes; ce qui donne, pour ces trois aqueducs, un total de 180,500 mètres cubes.
Les empereurs et beaucoup de particuliers construisirent
aussi de leurs propres deniers des aqueducs, qui fournissaient l’eau à leurs bains, ou aux fontaines, aux jets et aux cascades qui embellissaient leurs villas. C’était généralement à grands frais que ces eaux étaient amenées, soit par des aqueducs spéciaux qui remontaient jusqu’à la source môme, soit par un embranchement sur les aqueducs de l’État. Près de Tivoli, on voit encore les restes d’un aqueduc qui alimentait la villa Adriana, et dont les eaux étaient prises à Vaqua Claudia : il existe des vestiges d’un aqueduc qui amenait l’eau à la villa des Quintilii. Sans citer d’autres exemples, il suffit de parcourir la campagne romaine pour voir qu’elle est sillonnée de ruines qui témoignent de la quantité de ces aqueducs particuliers. G. Thierry.
Administration des eaux. — Vov. pour les Grecs epi-
STATAI TON HYDATON.
I. Construction et entretien des aqueducs. — A Rome, sous la république, la construction appartenait aux censeurs; nous devons écarter l’attribution qu on en a faite aux édiles; les aqueducs de Rome, pendant la république, ont tous été établis 87 par les censeurs, véritables ministres des finances et des travaux publics [census]. Tous furent exécutés, en effet, avec les fonds de l’Etat votés par le sénat, et le plus souvent sur les excédants des recettes ; ces entreprises avaient lieu à chaque renouvellement de lustre88. La plus forte dépense de l’Etat, écrit Polybe89, est celle que les censeurs font tous les cinq ans pour élever et réparer les édifices; c’est le sénat qui l’autorise et donne le pouvoir de la faire. Il faut voir une exception dans l’aqueduc que construisit le préteur Marcius (608 de Rome): il agissait en vertu d’un sénatus-consulte90. Il nous parait donc incontestable que toutes les fojg que la république avait un censeur en charge, lui seul avait le droit d’ordonner ces travaux, de les organiser, de choisir l’adjudicataire, etc. L’exemple d’Agrippa, le gendre d’Auguste, qui construisit plusieurs aqueducs91, à une époque où la censure avait cessé d’être ce qu’elle était sous la république, n’infirme point ce qui vient d’être dit. Agrippa en fit seul tous les frais, usant du droit que lui donnait son titre d’édile de s’occuper des travaux publics [aediles]. Les Romains avaient un mot pour caractériser les actes de générosité de ces magistrats : largitio aedilitia. 11 était aussi d’usage, sous la république, d’affermer les travaux à exécuter, si minime que fût leur importance. Des entrepreneurs publics {redemptores) étaient pour ce motif tenus d’avoir un certain nombre d’esclaves employés constamment à entretenir et réparer {restituere, reponere. reficere, resarcire) les aqueducs, tant dans Rome que hors de Rome. Les noms de tous ces ouvriers, l’ouvrage dont ils étaient chargés, et le quartier où ils devaient l’exécuter, étaient inscrits sur des registres publics ( tabulae publicae )92. Grâce à ces dispositions, le contrôle des magistrats s’exerçait plus facilement et plus sûrement.
L’entreprise des travaux publics comprenait des devoirs de deux sortes : la locatio et la probat io*3. Il appartenait en principe aux censeurs, et par exception seulement aux consuls, aux préteurs, aux édiles et aux questeurs, de
81 Procop. Bist. arc. 20; Cod. Theod. VI, 4, 30; Golhofred. Ad Cod. 2'heod. XV, 2, 3 ; Rondelet, Add. aux Comment . de Frontin , p. 42, pl. xix ; Pertnsier, Piwnen. dans Constantinople , I,p. 166 ; Ker Porter, Travels , 11* part.; J. de Hammer, Constantinop. und Dosporus, I, p. 567 et s. — 82 y0y. aussi les recueils d'inscriptions; le Bulletin monumental de Caumont et la bibliographie à la suite de ces notes. — 83 Voy. de Boissieu, Inscr. ant. de Lyon, p. 446 ; et Mommsen, Dos Edi ht Augusts iiber die ' Wasserleit . vonVenafro, in Zcitsckr, für gesc/i. Becbtswiss. XV. — 84 Frunt. 26 et
suiv. — 83 Rondelet, Comment, de Frontin , Notions préliminaires, art. II, § 16.
— 86 Nibby, Borna ant., Aquedotti, I, p. 339. — 87 Tit. Liv. XVXIX, 44; Front. 5, 6, 8, 126; Plin. Hist. nat. XXXVI, 15-24; Orelli, 539.-88 Front. 5; Plin. Bist. nat. XXXVI, 15; Tit. Liv. XXXIX, 44. — 89 Front. 7; Plin. Bist. nat. XXXI, 3*
— 90 yi, 13. — 91 Front. 9 et 91 ; Dio Cass. XLIX, 43; Plin. XXXVI, 15. Voy. ci-dessus, p. 339. — 92 Front. 96, 119 ; Orelli -llcnzcn, 6428. — 93 cic. In Yen’. I, 54 i 57 ; Pohb. VI, 7 ; Festus, s. v, Redemptores.
ÀQÜ
donner les travaux à l’entreprise ( locatio)”. Le soin d’approuver les ouvrages95 (probatio) était confié tantôt aux censeurs, tantôt aux édiles, ou même aux questeurs; il en devait sans doute être ainsi lorsqu’il était nécessaire de réparer plusieurs aqueducs en même temps.
L’établissement des aqueducs donnait lieu à de véritables expropriations pour cause d’utilité publique. L’État ou la commune achetait le terrain entier sur lequel devait passer l’aqueduc. On arriva de cette façon à fixer d’une manière certaine le droit des limites entre les particuliers et la république96. Le terrain inutile était revendu; mais de chaque côté de l’aqueduc, on avait soin de réserver, en en marquant la limite au moyen de bornes, un espace de quinze pieds pour les constructions élevées au-dessus du sol qui conduisaient l’eau à Rome97; de cinq, pour les conduits souterrains ou situés à l’intérieur de la ville98. Ces délimitations, fixées longtemps après la fondation des premiers aqueducs, étaient nécessaires pour prévenir les dégradations, pour empêcher la construction d’édifices adossés aux aqueducs, ou la plantation trop rapprochée d’arbres, dont les racines, en s’insinuant dans les murs, les eussent fait éclater; enfin pour rendre la surveillance facile. Les contrevenants étaient condamnés à l’amende. Les sénatus-consultes qui réglaient ces matières entrent dans des détails que nous ne pouvons reproduire ici99.
Tous les matériaux nécessaires pour les réparations [terra, limus, lapis , arena, ligna) devaient être pris dans les fonds les moins éloignés, et nul ne pouvait en empêcher le transport à travers sa propriété, sauf à être indemnisé. 11 en fut ainsi au moins depuis Auguste i0°. m Les particuliers dont les propriétés étaient traversées par les aqueducs, furent dispensés sous l’empire des charges extraordinaires, à condition qu’ils entretiendraient et nettoieraient les canaux ; s’ils n’exécutaient pas la convention, on confisquait au profit du trésor la partie riveraine de leur fonds; ils étaient aussi tenus de planter des arbres le long des canaux, à intervalles de 15 pieds10'.
La surveillance que devaient exiger les censeurs et les édiles était réglée par de nombreuses prescriptions.
Les champs qui étaient, au mépris des règlements, arrosés avec l’eau destinée au public, étaient confisqués ; on prononçait aussi une forte amende contre les fermiers publics qui avaient favorisé cette contravention. Si quelqu’un était convaincu d’avoir corrompu l’eau à dessein, il était condamné à une amende de 10,000 sesterces102. Celui qui avait percé et rompu des canaux, pratiqué des irrigations ou tenté de le faire, était condamné à une amende de 100,000 sesterces103. Le souvenir des rigueurs dont avait usé Caton pendant sa censure, n’était pas encore oublié sous Auguste. On sait par Tite-Live 104 qu’il rendit à leur destination toutes les eaux publiques détournées pour l’usage des édifices ou des champs particuliers, et qu’il put exécuter de grands travaux avec le produit des amendes.
Pour assurer l’exécution de tous ces règlements, les édi-
9'* Cic. In Verr.I, H0 ; Phil. VII, 7 ; Front. 96 ; Orelli, 1294-3267 ; Asconius, Ad Verr. II, SI. — 95 Front. 96 ; Asconius, 1. 1. dit aussi : « Harum rerum cura propria censoribus datur, id est sartorum tectorum exigendorum. Verum haec liceri et procurare, cum caeteris item tum publicis, tum privatis operibus aedilium cura est omnia. »
— 96 Frontin. 128 ; mais il semble que les lois d’expropriation pour cause d'utilité publique n’étaient pas d une application absolue, ou qu’un parvenait à les éluder : Tit, Liv. XL, 51. — 97 Front. 100, 128, etc. — 98 id. 127 et s.; on les voit fixées ailleurs à 8 pieds ; Orelli-Henzen, 6580 ; Mommsen, l. I. p. 29 2. — 99 Voir Front. 124 à 130. — 100 Front. 125; Orelli-Henzen, 6428. — 101 Cod. C. 1, XI, 42.
— 102 front. 97; cf. 75; Dig. L. 1, § 1, XLVII; 11 ; Cod. C. 2, 4, 6; XI, 42.
AQU
les eu rules avaient préposé, dans chaque canton, deux des habitants à la surveillance des eaux publiques105. Des lois analogues existaient pour les colonies et les municipes: par exemple, à Yenafrum, dont les habitants devaient, pour toutes les contestations sur ces points, s’adresser à Rome au PRAETOR PEREGRINUS106.
Auguste , après la mort d’Agrippa , qui avait été chargé de la surveillance perpétuelle des aqueducs, constitua le régime des eaux sur des bases nouvelles; il confia à Messala Corvinus, ancien consul, l’administration des eaux avec des droits très-étendus, et le titre de curator aquarum qui fut désormais attaché à cette fonction (12 après J. -G.). Deux aides [adjutores) lui furent adjoints, avec les mêmes marques de dignité qu’on accordait aux magistrats. Un sénatus- consulte de la même date détermina l’étendue de leurs fonctions108 : hors de Rome, les curatores avaient à leur service deux licteurs, trois esclaves publics, un architecte ( arehitectus ) ; pour chacun d’eux, des greffiers (senbae), des expéditionnaires ( librarii ), des huissiers ( ac censi), des crieurs ( praecones ), etc., en un mot tout le personnel attaché à l’administration des eaux. Ils dirigeaient et surveillaient ce personnel et en répondaient109, particulièrement des aquarii, dont ils avaient souvent à réprimer les fraudes. Dans Rome, ils avaient droit au même cortège, à l’exception des licteurs. Ce sénatus-consulte réglait aussi les salaires et les états de frais, ordonnait qu’il fût remis aux curateurs, les tablettes, le papier et tout ce qui était nécessaire à leurs fonctions, et décidait enfin que les consuls régleraient avec le préteur du trésor, la forme de ces fournitures. 11 fut réglé aussi que les curatores vaqueraient pendant la quatrième partie de l’année aux jugements publics et particuliers, de leur compétence. etc.110.
Les fonctions des curatores aquarurn n’étaient limitées que par la volonté du prince ; dans l’espace de 107 ans qui s’écoulèrent entre Messala choisi par Auguste et Frontin qui exerça ces fonctions sous Nerva et qui nous a laissé la liste de ses prédécesseurs, on ne compte que quinze curatores 1U. Ces fonctions importantes ne furent confiées qu’à des personnages consulaires : de là le titre de consulares aquarurn que nous voyons apparaître, au second siècle de notre ère, à la place de l’ancien nom m. Les consulares aquarurn furent placés sous les ordres du praefectus urbi. Les attributions de ces magistrats étaient analogues à celles des curatores, à Rome et à Constantinople. Nous renvoyons, pour de plus amples détails, aux titres du Digeste et des Codes [De aquaeductibus).
Sous l’autorité des consulares aquarurn étaient placés des procuratores aquarurn et comités formarum, chargés d’une surveillance plus immédiate et de l’exécution des ordres113.
IL Concession des eaux. — Anciennement, il n’était accordé aux particuliers aucune concession d’eau [jus aquae impetratae, ou ducendae), sans doute à cause du peu d’abondance de l’eau à Rome. Défense est faite à tout citoyen, disait la loi, de prendre d’autre eau que celle qui tombe
— 108 Front. 129; Cassiod. Var-, VII, 6; Cod. Ci I, 6, XI, 42; Cod. Theod. XV, 1.
loi XXXIX, 44. — 103 Front. 97. — 106 Id. 129 ; Orelli-Henzen, 6428. — lt)7 Front.
99-102. D’après une inscription du musée de Toulouse, ce titre aurait déjà été donné en 682 de Rome : Roschach, Catalogue du musée de Toulouse, 218 ; cf. Henzen, In leyes Visellia.... observ. epigr., Bonn, 1860. - 108 Front. 100. — l®9 Front. 67, 75, 100, 1 14.
H7; etc. 110 Front. 101. — m Front. 102. — U* Orelli-Henzen, 2284, 2502, 3162,4036,
6481, etc. La première constitution de Constantin sur les aqueducs est adressée : « Ad Maximilianum consularem aquarurn » ; Cod. XI, 42 ; cf. XII, 60 ; Cod. Theod. XV, 1,
— H3 Cassiod. Var. VII, 6 ; Front. 105, 1 12 et in fine ; Notitia dignit. c. vu, p. 120 ; Guther, De offic. dont. Aug. I, 6, 12 ; Orelli, 946, 1194, 6337 ; Corp. insc> gr. 0627i
du réservoir à terre lu , c’est-à-dire l’eau superflue (caduca). L’eau n’était concédée que pour l’usage des bains publics et des foulons qui blanchissaient les vôtemenls. Mais après la construction des nombreux aqueducs que nous avons énumérés, on accorda facilement des concessions (aquaeductus), moyennant un droit ( vcctiqal ) payé au trésor public "5. Sous les empereurs, les habitants de Rome eurent l’eau sans redevance; elle devait couler jour et nuit adusum populim; mais on conserva l’ancien système pour les villes de province : on n’y pouvait obtenir une concession que moyennant une redevance à la caisse municipale m.
Les concessions étaient essentiellement personnelles, elles ne passaient ni à l’héritier ni au nouveau propriétaire. Dès qu’une concession devenait vacante, on l’annonçait au public ; il en était fait mention sur le registre des eaux, el l’on interrompait la distribution aussitôt que sa durée était épuisée "8. Nerva, par une sage mesure, accorda une prorogation de trente jours pour donner aux intéressés le temps de faire les démarches nécessaires et pour ne pas priver tout à coup un domaine de l’eau qui le fécondail (ne praedia subito destituerentur) "9. Le droit d’accorder des concessions d’eau ( aquam dare , distribuere, describere, vendere), fut sous la république confié aux censeurs et aux édiles ; mais, sur ce point encore, il paraît résulter des textes, que les édiles n’avaient de pouvoir que lorsqu’il n’y avait pas de censeurs en charge. C’était donc à ceux-ci que devaient s’adresser les particuliers 120. Après la morl d Agrippa, qui, à la suite de son édilité, avait été chargé de l’administration perpétuelle des aqueducs m, les particuliers qui désiraient avoir des prises d’eau, durent adresser une demande au curator aquarum, qui la remettait à l’empereur, seul dispensateur des concessions m.
Frontin nous fait connaître les moyens employés pour que chacun eût la quantité d’eau qu'il payait, et pour prévenir les fraudes des employés. Les particuliers eux-mêmes pouvaient exercer un contrôle, à l’aide du tuyau de bronze servant de compteur, par lequel l’eau passait du réservoir public dans les canaux de distribution 123 [calix].
Les termes des concessions variaient beaucoup : tantôt l’eau n’était distribuée qu’à des heures dé terminées (aqua certis boris ducta m); et il paraît que cette indication était inscrite sur les tuyaux ; nous y lisons par exemple : « ab hora secunda ad lioram sextam » 123 ; tantôt ces concessions étaient limitées à un jour, à une saison, etc. ( aqua quotidiana , aesttva) ,26. Les fontainiers devaient fermer les conduits après l’expiration du délai.
Les aqueducs devinrent pour l’État la source d’un re- \enu si considérable, que leur construction, quoique coûteuse, n en fut pas moins une dépense productive au pre-
n* « Ne quis piivatus aliam ducat, quam quae ex lacu humum accedit. »
Front. 94, 103, 118, etc. ; Cic. Leg. agr. III, 2 ; vitr. VIII, 7 ; Cod. XI, 42,
' : « Aqua domibus ctiam certa conditione concessa ; » Orelli-Henzcn, 53«6’ cf
“*8* Fr0nt- ,03- - 117 Id' 94 - 118 M. 103, etc. - 119 Id. 109. -ISO Id' 98 ; Orelli-Henzcn, 5326-0428. 121 Front. I. I. - 1S2 Id. 103, 105j il0 et . .
D;g. XLIII, 20, 1, g 42; Cod. XI, 42, 14; Cod. Theod. XV, 2, 2. — 123 Front|
n 7' ~ 12* D g’ L' 5’ ^ *’ XLÜI’ 20- — 125 Mommsen, Zeitschr. fur gesch.
VIU «"m ’i ^ n07’ ~ 126 Dig- '• '• - 127 Front. 1.8-119, etc. Vit ri
Y1’. ~ C- Thcod- C- 2 et 9- XV, 11. - 129 Front. 118. - 130 Bistrih
et legisl. des eaux, p. 13. 131 Front. 118. 1S2 m Fl.on, ’
n. 8 Id',07i0 7 Y 133 Fr0nt’ ”* " 136 M— ST13; Gruter!
’ 4; Muraton» 478’ *; Orelli, 3892; cf. 3317; Gruter, 4S5 7 - 1” Mommsen, Insc. Neap. 6112. - 1S8 Orelli, 4019. - 139 Orelli 109 3,9 '
“’S 3P’ etcruB0Henzen’ 534v428 ; oreiii’ 136 ; Reuier’ Arc,i*°- de°
77! A \ -— Bibliographie. E. Curtius, Ueber stâdtische Wasserbauten der
7d T mArC.Aa?‘ °9lSChe Zeit™9> 1847, p. 19 et s.; Id. Ueber griech. Que//, und Brunnemnschnften, Gdttmg, 1859; Hitler, in Abhandlungen der Berlin Ako demie. 1854, in partie— Ferd. de Castro, Aguaeduct. novae et ant. Bornae, SalmanC
mier chef. On vendait chèrement l’eau aux concessionnaires; les établissements publics, les bains, etc., payaient à l’État, comme les particuliers, un droit annuel ( vectigal ex aquaeductibus , ou vectigal forrnae) m. Il faut aussi compter le produit des amendes, qui était très-élevé, et dont le taux fut même porté à des proportions énormes 12s. Les seuls domaines et édifices placés près des conduits des châteaux d’eau, des bassins et des fontaines, payaient au trésor un droit annuel de 250,000 sesterces m. On peut juger approximativement du revenu total produit par les aqueducs d’après l’élévation de cette somme, et en tenant compte des quantités qui se distribuaient pour les autres usages. Dureau de la Malle 130 estime que les concessions n’absorbaient pas le vingtième des quinaires concédés aux particuliers, ce qui constituerait pour l’État un revenu de 1,244,000 fr. Frontin nous apprend que tout le personnel de l’administration des aqueducs était payé sur le trésor public m. La quantité d’eau frauduleusement détournée que Frontin rendit à sa destination est encore un élément qui permet d’apprécier l’importance de cet impôt. Dureau de la Malle 152 a comparé le nombre et le prix des pouces d’eau distribués à Paris en 1843 avec ceux qui étaient distribués à Rome sous Trajan; d’après ses calculs, 5,380 pouces d’eau constituaient un revenu de 890,000 fr.
La longueur totale de tous les conduits qui apportaient de l’eau à Rome était de 428,000 mètres, dont 32,000 sur arcades; la mesure d’eau puisée aux sources était de 24,500 quinaires 133. Hors de Rome, il se distribuait 4,063 quinaires, dont f, / 18 pour l’empereur et 2,345 pour les particuliers; en ville, 247 châteaux d’eau distribuaient 9,955 quinaires ainsi répartis : pour l’empereur, 1 ,707 ; pour les particuliers, 3,847 ; pour les usages publics, 4,40 1 . On comprenait sous ce dernier titre les pièces d’eau, les fontaines, les spectacles, les établissements publics 134.
Les eaux étaient classées d’après leur qualité. L 'aqua Marcia, par exemple, était tout entière réservée pour la boisson, alors que celle de l’Anio servait à l’arrosement et aux usages ordinaires 133.
H . Administration des eaux dans les municipes. Les
magistrats des cites, chacun suivant sa compétence, se partageaient toutes les fonctions attribuées à Rome aux censeurs, aux édiles et aux curateurs ; les documents épigraphiques nous montrent des quinquennales 136, des quatuorviri 137, un duumvir 138 et les édiles d’un pagus,’ établissant des conduits ou les réparant.
Des légats de l’empereur, des gouverneurs de provinces, des chefs militaires, construisirent aussi des aqueducs 139. Les empereurs enfin en dotèrent souvent les cités'40.
F. Labatut.
G 1 V ; „ ’ ^isetaquaeduct. vet. Bomae, Rome, 1680 et 1788 - f
G. de W.nckler De pire impetratae aquae, Lips. 1749; C. Maternes de Cilano De agua Mrgine , Altona, 1754 ; Po.enus, Comment, ad Front., Patav. 1722 • Cassfo Corsode/le arque, Borna, 1756 ; Heubach, De politia Bom. Gottin^.,79. p 83 c F Schraid, Deaquar tuie/a Bom.. Viterb. 1801; Petit-Radel, Notice hisl compare sur les aqueducs des anewns et la derio. de la rivière d’Ourcq Paris i S(i-3 - n,Y i , Commentaire de Frontin sur les aqueducs de Borne, suivi delà deseript. désira paux aqueducs Pans, 1820; Dureau de la Malle, Sur la distribution, la valeur et la . leg* lut des eaux dans Vanc. Borne, dans les Annales de Chimie et Physique
hW « Y’ °r‘a a>'c/‘itettura romana, II, Aqaed. pl. cL et l';"' !' Pul>l- urbium Bomae et Const. aquaed.et de aqua impetrata, Bonn
Smith Di toZaPke 7 /<0m’ im AUerthum> P- 48 et s, Berlin, 1871 ■
o 0,’ M n Znù: mtiq- *’ Ac'"æduct- 1 Becker, Bom. Alterthümer, .
p. .01 , Mommsen, Bas Edikt Auguste über die Wasserleitung von Yenafro, in
în Bhlüseh II ' ‘ fÜr9teSCh- Berlin, >850, t. XV, p. 287-326 ; Henzen,
' • • nseum *X>P- ->39-0.04 ; Pauly’s Bealencyelopàdie, I, 2<- éd. s. v.
quae uc us, . Cori, Charta topogr. cursus nqunod. Rom , 18fi9.