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Plusieurs images de Minerve dont il a été parlé plus haut n'étaient pas non plus autre chose que des trophées ayant pour support un tronc d’olivier et devant lesquels on sacrifiait néanmoins comme devant un symbole divin, on l’a vu (p. 357, fig. 441), en effet, ce qui donnait aux trophées en général un caractère religieux, c’était la présence présumée d’un dieu dans l’arbre qui en formait l’âme [tropaeus]. A
côté de ces trophées, il faut au moins mentionner ces idoles de Bacchus(fig. 449) dont les vases peints nous offrent des exemples 83, qui consistaient en un tronc d’arbre ou en un pieu recouvert de pampres et de lierre, de vêtements, d’attributs du dieu et d'une tête ou d'un masque fait à la ressemblance de quelque image plus parfaite : une table destinée aux offrandes et aux libations est ordirairement placée devant elles , et quelquefois un autel , montrant clairement le culte qu'on leur rendait. Ces représentations peuvent se rattacher au culte des arbres, mais l’arbre y disparaît ou y devient méconnaissable. Nous nous contenterons des spécimens qui viennent d’être indiqués, en renvoyant ailleurs pour d’autres explications [baccuus, xoanon].
Les arbres qui avaient un caractère sacré étaient, comme les temples, les autels et tout ce qui appartenait au culte, mis a 1 abri de tout contact profane au moyen de murs
Fig. 450. Arbre entouré d'un jnileul.
de barrières formant un enclos ( septum ) et quelquefois enfermés dans un édifice à ciel ouvert [sacellum]. L’olivier déjà cité de Minerve, sur l’acropole d’Athènes, était ainsi
La figure est tirée d'un vase du Louvre (auc. coll. Campana) ; cf. Gerhard, Tr schaléndes Mus zu Berlin, pl. .v, 5 ; Mus. Do, -b. XII, pl. xx„ ; Pauofka, Dionysos
Îv tt p , m4 ; BÔttiCher’ C- V"> «. 43, 44. - S4 Varr. De l
i !aul- D,ac- '* *• P- «S ; BÔttiCher, p. 155. - 85 Pitt.d’Erro
(rwnn. d. scam Pomp. v, p. 116, pl. vu, i . cette peinture représ
plante dans 1 enceinte découverte du temple de Pandrose et le hêtre de Jupiter, à Home, dans l’édifice qui en avait pris le nom de Fatjuiul*k. Les monuments fournissent des exemples de ces constructions. On rencontre dans plusieurs peintures dePompéi et d’Herculanum représentant des paysages, des arbres ainsi protégés par un mur peu élevé, semblable à une margelle depuits(/?wtea/);
tantôt il enserre l’arbre comme
Fig. 451. Enclos d’un arbre sacré.
on voit le figuier ruminai sur les médailles d'Antonin cidessus fig. 439, 440) et comme celui que reproduit la figure 450 8S, d’après une peinture de Pompéi ; tantôt il forme un enclos plus ou moins étendu annexé à une chapelle : on en a vu un plus haut (fig. 445) et la figure 451 en offre un autre exemple récemment découvert *6. Nous possédons aussi des représentations d’édicules plus élevées, ayant 1 apparence d’un portique ou d’une chapelle ouverte de toutes parts, entourant l’arbre, mais de manière à lais-
Fig. 452. Arbre sacré dans une édicule.
ser ses rameaux s’étendre en liberté. C’est tion de ce genre qu’on voit (fig. 452) dans
une construcun bas-relief87,
1 n 18 nt iat 87 d encore J-'itt. a hrcol.
1, p. 135. - Braun, Zmolf Bas-reliefs aus Palaz. Spadu v„, Roma
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r, satr. sæ ~
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enfermant un chêne de l’Ida, entre les branches duquel est placé un ais destiné peut-être à les empêcher de se disjoindre par l’effet de la vieillesse, ou encore à porter une dédicace.
Ces édicules dans lesquelles un arbre était enfermé comme dans un sanctuaire, aussi bien que les enceintes plus vastes qui entouraient quelquefois un groupe d’arbres ou même un bois tout entier [lucus], étaient des asiles comme tous les lieux interdits aux profanes [asylum].
Les arbres, de quelque manière qu’ils eussent été consacrés, soit par la vénération traditionnelle qui les faisait considérer comme des temples ou des images des dieux, soit par une manifestation particulière de la volonté divine, par exemple lorsqu’ils étaient frappés de la foudre ( arbor fulgurita, fanatica) et par ce seul fait soustraits au monde profane88 [fulmen], soit enfin par une consécration volontaire et accomplie selon les rites89 [consecratio], étaient désormais inviolables. On ne pouvait les couper, ni les tailler, ni les transplanter avant qu’ils eussent perdu par l’exauguration leur caractère sacré, ou qu’on n’eût accompli des sacrifices expiatoires 90.
Le culte des arbres a persisté jusqu’à la fin du paganisme. Les Pères de l’Église en parlent fréquemment comme d'une superstition partout répandue. Cette idolà- I trie résista même aux peines les plus rigoureuses édictées par les empereurs chrétiens ; elle a traversé tout le moyen âge et on la trouve encore vivante sous une forme un peu différente, dans les pratiques de beaucoup de peuples 91 .
Pour les soins donnés aux arbres de diverses sortes et les produits qu’on en tirait, voy. hortus, poma, silya,
RUSTICA RE S. E. SaGLIO.
ARBYLÈ (’AfëôXï), ’ApêuXt;). — Chaussure commune et de façon simple h Les paysans et les voyageurs s’en servaient pour se garantir contre la boue et les pierres du chemin. Elle est comme telle, assimilée par les auteurs à celles qu’on appelait xaoëa-îvr) et Tnr^oTcaTtSYiç9; mais onia trouve d’autre part indiquée comme appartenant aux femmes3, et aussi comme une chaussure de festin, pareille aux pÀaÏÏToe. ou fD.au-n'a. Trois épigrammes *, qui décrivent la même statue d’Anacréon, montrent le poète dans l’ivresse, n’ayant plus qu’une de ses sandales, que l’une de ces pièces nommée opëuXtSsç, l'autre pXaû-rta, la troisième enfin actvoctlx.
On appelait aussi «pSuXri la partie du char où se plaçait le conducteur3. E. S.
ARCA (Aapva?, xi6wtoç). — I. Coffre, caisse, boîte, propre à serrer des vêtements, de l’argent, des provisions et, en un mot, tout ce qu’il était nécessaire de tenir enfermé '. Ces termes étaient généraux et s’appliquaient sans doute à des objets de grandeurs et de formes diverses ; cependant il semble, d’après les textes où ils se trouvent employés et
8* Serv. Ad Aen., VI, 72; Paul. Diac. p. 92 et 295. — 89 Orelli, Inscr. 1613; Meyer, Anth. lat. 602. — 90 Cato, De re rust. 139 ; Plin. H. nat. XVII, 28 ; Bôtticher, c. rv, xm.
— 91 Voy. note 77; Bôtticher, p. 11, 531 ; A. Maury, Mém. cité, p. 22. — Bibliographie. Checcozzi, Sopra l'antica idolat. dei boschi, in Atti di Cortona, t. 1, 2, p. 93 et s. t. IV, p. 149 et s.; Raoul-Hochette, Peint, ant. inéd., 1836, p. 404 et s.; Bôtticher Der Baume., der Hellenen, Berlin, 1856; A. Maury, Mém. prés, pardiv. savants i l’Acad. des inscr. IV, 1860 ; Overbeck, Ueber das Cultusobject bei der Griechen, in Berichte der Süchsisch. Gesellschaft, Philol. hist. Classe, 1864, p. 121 et s.
ARBVI.E. 1 Poil. VII, 86 : EüteIc; -ri;» tpyanlav. — 2 Aesch. Agam. 945; Theocr. VII, 26; Schol. Lucian. Philops. 13; Forchhammer, in Ann. d. Inst. arch. 1838, p. 287 ; Jacobs, Ad Anthol. I, 2, p. 26. — 8 Eur. Or. 140. — 4 Anthol. Planud. 306-308. — 8 Eust. Ad II. V, 720.
ARCA. 1 Varr. De ling. lat. V, 128 ; Sert. Ad Aen. I, 262 ; Poil. VII, 79; Isid. Orig. XX, 9. — 2 Voy. une exception, peut-être unique, pour le mot xiSuxi;, dans Pausanias (X, 28, 3) : il appelle ainsi la ciste de Démêler, qui devait être ronde.
les monuments qu’on peut en rapprocher, que l’on ne désignât ainsi que des caisses quadrangulaires s. C’est dans des caisses semblables que les anciens habitants de la Grèce, et, comme on le verra, aussi ceux de l’Italie, gardaient ce qu’ils avaient de précieux. Elles furent pour eux ce qu’étaient chez nous, au moyen âge, les coffres, les bahuts, les huches, faciles à transporter quand on se déplaçait, et qui dans la maison faisaient office de sièges, en même temps qu’ils tenaient lieu d’armoires, quoique celles-ci n’aient pas été inconnues [armarium].
De curieuses peintures de vases, où sont représentés Danaé et le jeune Persée, au moment où ils vont être em¬
prisonnés dans une caisse pour être jetés à la mer (fig.4o3) 3; Thoas enfermé de même par sa fille Hypsipyle 4 ; Tennès et Hemithea (fig. 454) 3, nous montrent la solide structure et les dimensions des plus grands de ces coffres : deux personnes peuvent y tenir ensemble ; le couvercle ( 7twu.cc ) en est plat et s’ouvre sur une charnière; ils posent ordinairement sur despieds peu élevés, en forme de griffes.
Quand ces coffres étaient remplis des objets qu’on voulait transporter, on les fermait 6 au moyen d’un nœud compliqué [nodus] ; ensuite on les scella; plus tard seulement on connut les serrures [clavis, sera]. Dans la première des peintures que nous avons citées, un ouvrier est occupé, autant qu’on en peut juger, à percer un trou dans
8 Raoul-Rochette, Choix de peint, p. 181, vign. xi ; Gerhard, Danaé. Berl. 1834.
Voy. aussi Annal, d. Inst. arch. 1856, pl. vrmj Welc.ker, Alte Denkmâler, V,pl. xvn.
4 Annal, d. Inst. 1847, pl. m, p. 225 ; Gerhard, Trinkschalen, pl. ix, n. 5, p. 11.
S Mus. Borbon. Il, pl. xxx, 4. Tel est aussi le coffre qui renferme Adonis sur des
miroirs étrusques : Gerhard, Etr. Spiegel, cccxxv; Mon. ined. d. Inst. VI, pl. xxiv. A l’époque chrétienne, on représenta sous la forme d’une caisse rectangulaire, l’arche de Noé, dans les peintures des catacombes : Perret, Peint, des catac. Il, pl. xxxvn, lui, lxi ; IV, pl. xx, 7 ; Martin et Cahier. Mélanges d’Archéol, III, pl. xxix, xxx; Garrucei, Storia dell‘ arle cristiana, Pitture, pl. cxxiv; sur des sarcophages ; Allegranza, Sacr. mon. pl. v, 12 ; sur des verres trouvés dans les tombeaux chrétiens; Buonarroti, Vetri ant. pl. i, 1 ; de même sur les monnaies d’Apaméc en Phrygie, par allusion au surnom de la ville Ki8oit6î : Mionnet, Supplém. VII, pl. XII, 1; Ch. Lenormant, Mélang. d’archéol. t. III, p. 199. — 6 Hom. Od. VIII, 438, 447 (où le mot ynM; est synonyme de lift al); Herod. III, 123; Theophr. Char. 18 Thcocr. XV, 33; Valckenaer, Ad h. I. p. 333.
ARC
un des montants : il prépare sans doute un moyen plus solide de fermer la caisse qui doit être bientôt abandonnée aux flots.
D’autres vases grecs nous montrent des coffres semblables, décorés avec plus ou moins d’élégance, à l’inté-
procher des témoignages écrits : c’est ainsi que dans un tombeau de Caire15 on voit (fig. 437) un coffre muni d’une serrure, placé ;i côté du lit où le mort était étendu, entouré de ses armes et d’ustensiles de toutes sortes sculptés
Fig. 457. Coffro-fort étrusque.
rieur des appartements; des femmes y rangent des pièces d’étoffe ou des vêtements (fig. 455)7, ou bien s’en font des
sièges (fig. 456) 8.
Des coffres du même genre servaient à conserver les objets précieux qui appartenaient au trésor des temples 9 ; leur place était dans l’opisthodome. De même, c’était dans la partie la plus reculée de la maison, que chaque particulier avait la caisse (àpyupio0?ixY)) où il mettait son argent, ses titres et les objets de grande valeur qu’il possédait 10. Le choix de cet endroit était commandé par la nécessité de pourvoir à la sûreté de son avoir ; aussi trouve-t-on une disposition
analogue indiquée pour les anciennes habitations de l’Italie aussi bien que pour celles de la Grèce. La caisse qui renfermait l’argent se trouvait dans 1 atrium de la maison primitive c’est-à-dire dans la pièce où la mère de famille se tenait constamment, à côté du lit nuptial , entourée de ses filles et de ses servantes. Les tombeaux étrusques, dont les dispositions in-
Fig. 456. Coffre servant de siège.
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Fig. 458. Revêtement d’un coffre.
Fig. 459.
Coffres-forts en fer et en bronze.
térieures reproduisent celles des demeures occupées par les vivants, nous en offrent des exemples qu’il faut rap-
I ' ';h- Lonormanl> CaL de la collect. Durand, n. 38 ; Élite des monum. céram. Ger- Scr " ’ S; IV>. * rv Cf- * **iv, 1W ; Athen. lit , p. 84 1 ;
Theocr. ll.-Mon. « ned. d. />«M845,pl. xx,„ ; roy. aussi Millingen, Peint, de ““ C0‘l: iLM- - 9 CorP- inscr ■ gr. II, n. 150. - 10 Lys. De caedeErat. § lu •
narp0Cr- P- 28 ; Hosych. s. n.
!i0?’ ’ ,A R'“-41, P-232 A, B; B.'.tticbcr, Die Tektonikder Hellenen, IV,
dans le roc et peints, comme le eolfre lui-même, qui est rouge, avec des garnitures de la couleur du cuivre jaune.
On garnit aussi les coffres de plaques de fer : d’où les noms d’ area f 'errata ou aerata, sous lesquels on les trouve souvent indiqués 13. Les fouilles de Pompéi en ont fourni des exemples14, et c’est même la découverte de deux caisses semblables qui a fait donner, mais sans preuves suffisantes, à une des maisons de la ville antique, le nom de Maison du Questeur. On voit (fig. 458) le dessin des plaques de bronze (crustae) qui couvraient l’un d’eux. Ces colfres étaient placés dans l'atrium, et c’est dans la même partie de la maison que des coffres, à peu près de même forme, ont été trouvés ailleurs. Ceux dont on voit ici des dessins (fig. 459, 460), découverts aussi à Pompéi en d864 et 1867, proviennent de moins riches demeures. Ils étaient adossés dans l 'atrium à un pilastre, posés sur une petite hase de maçonnerie et fixés au sol par un fort clou traversant le fond du meuble IS. Les dessins montrent
quelle était leur construction et leur décoration ; un fait que rapporte Appien16 donne une idée de la grandeur qu’ils avaient quel-
, . quefois : un ci¬
toyen proscrit par les triumvirs, se réfugia chez
coc.c.iï:ie0csîîî:tïz:z
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Fig. 460.
affranchi et demeura plusieurs jours caché dans le coffre
Iï’n' tv ~ 11 ST*?dAe"’ *’ 730 : lbi etiam Pecunias babebant ; 74. IX, 548. XIV , L Etrurie- <ie fouilles, pi. „de l'allas. - 13 jI1Ten. XI, 20 •
Bell CL \v U -J7 n’ 25 * *IV> 261 ; ^ ***• 52, g 9 ; cf. App.
- 15 ’ . A ' lno’ Descr- dt u»a casa Pomp. p. 47; Mus. Bovbou. v,
P. 7 - H N,ccoImi, Case d, Pomp. Descr. RéD. pl. H. de Loncpdrier Berne
'• SV,«* >’-6S- P' ». - .6 l, 1 . ul0j xlvh, - ; SuTZ’x
ARC
de for placé au milieu de la maison. 11 y recevait sa nourriture, et personne ne s’avisa de l’y chercher. De l’emploi constant de 1 arca pour serrer les espèces, vient celui des mots : ex area solvere, s’appliquant toute espèce de payement n. Un serviteur de confiance, appelé arcarius , avait la garde de la caisse On trouve le même nom désignant des coffres destinés â la conservation des vêtements (area vestiaria) 19 et des provisions de toute espèce.
Nous parlerons ailleurs des boîtes et coffrets de toute nature et de toute capacité, les unes (arculae) ressemblant en petit à celles qui viennent d’être décrites ; les autres, de formes variées, qui servaient à serrer des bijoux, des livres, des parfums, des objets de toilette 20, etc. [cista. capsa, pyxis, scrinium, loculus] ; ailleurs encore, des cercueils de bois ou de pierre de forme analogue, auxquels on donnait aussi le nom d'ami [funus, sarcophagus].
arca est aussi le nom d'une caisse sans couvercle et sans fond, qu’on enfonçait dans le sol pour établir des fondations sous l’eau : on pompait l’eau qu’elle contenait et on la remplissait de pierres et de ciment *L E. Saglio.
ARCA. — II. Ce nom s’appliquait à toute caisse publique dans la langue de l’administration romaine ; cependant ceux d aerarium Saturai, aerarium sacrum ou militare, aerarium privation désignent spécialement le trésor public de 1 État, ou certaines parties du trésor public, ou enfin le trésor du prince, et font l’objet d'articles auxquels nous renvoyons [aerarium, aerarium militare, fiscus]. Nous parlerons ici seulement des caisses constamment désignées sous le nom d’arca.
arca publica ou municipalis. — On a quelques notions exactes sur le régime municipal des villes, tant municipes que colonies ou préfectures, en Italie particulièrement, vers la fin de la république et pendant les premiers temps de l’empire [municipium]. Chacune de ces cités avait son budget des recettes et des dépenses et naturellement une caisse communale (pecunia publica, ai'capufilica) administrée par des magistrats spéciaux, ordinairement nommés quaestores pecuniae publicae, ou aerarii, ou nrcae publicae 1 ; plus tard, et surtout depuis Nerva et Trajan, on voit apparaître comme particulièrement chargé de cet emploi, un curator reipublicae, nommé par l’empereur. Quelquefois la questure de la caisse municipale était réunie à l’administration des fonds alimentaires poulies enfants pauvres [alimentarii pueri]2.
Les ressources de la caisse communale étaient ordinairement les suivantes : 1° les revenus des immeubles communaux 3 qui étaient donnés à ferme pour cinq ans ou ordinairement à long terme, et même à perpétuité ager vectigalis] à des particuliers ou à des sociétés de publicains 4; 2° les revenus des capitaux de la commune provenant de legs, fidéicommis, vente de biens de la cité5); il était tenu registre de ces capitaux qui étaient
17 Donat- Ad Tarent. Adelph., II, 4, 13 ; Phoirn.Y, 8, 29. — 18 Scaev. Dig. XL,
5, 41 ; 8, 17 ; cf. Plaut. Aul. m, 5, 45. — 13 Cat. De re rust. H. — 20 On en peut voir une (fig. 456), au-dessus de la femme assise. — 21 Vitr. V. 12, 3.
ARCA II. 1 Les corporations [collegium] avaient aussi leur arca] Orclli-Henzcn, 6111, 7103 ; Dig. III, 4, 1 quodeuj. unie.
ARCA MUNICIPALIS . l Orelli, Inscr. 3908 3987-90; fr. 18, § 2 Dig. De mimer. b 2 Henzen, Tab. alim. p. 34. — 3 II y avait des terres arables ( arva ), des prairies [pascca] des lacs, des mines : Frontin. De controv. p. 49 ; Suet. Tiber. 49 ; Dig. fr. 7, XL1II, 14.— 4 Gaius, III, 145; Plin. Epist. VII, 18; fr. 1, pr. Dig. Si ager vect. VI, 3 ; fr. 1 1, g 1 Dig. De public. XXXIX, 4.— 5 C. 3 Cod. Just. De vend, reb. civ. XI, 31. — « Er. 18, g 2, De mimer. L, 4. — 7 Fr. 13 pr. et § 1 Dig. De publicanù, XXXIX, 4. — 8 Fr. 27, S 3 Dig. De usufr. VII, 1 ; Cic. In Bull. III, 2 ; Auctor De limit. p. 349, éd. RudorfT. — 9 Hygin. De lirait, constit. p. 202, éd. RudorfT- Orelli, Inscr. 3121. — 1» Fr, 60, S 8 Dig. Local. XIX, 2 ; Senec. De censl. sap. \4.
placés par les soins d un agent spécial, le curator calenitARii; le texte du Digeste 6 semble toutefois le mettre sur la même ligne que le questeur; 3° le revenu des mines, carrières, salines, étangs, forêts, ordinairement affermés â des publicains7; 4° le produit de différents impôts communaux sur l’usage des aqueducs, des bains [balneare] et des cloaques8, des droits sur les dépaissances communes ou compascua 9, des péages 10, des amendes prononcées par les duumvirs et les édiles u, et diverses autres recettes analogues ’2. 11 paraît même que des droits d’octroi étaient perçus à l’entrée de certaines marchandises ou sur leur vente au marché, et que la perception de ces redevances, comme de la plupart des précédentes 13, était adjugée aux enchères et moyennant caution 14, à des sociétés de publicains ; mais ces droits ne pouvaient être établis sans 1 autorisation de l’empereur 15 ; 5° la commune percevait en nature certains produits destinés à des services publics, ainsi une part des fruits des forêts, pour des distributions communales 16 ; des matériaux fournis par les riverains des chemins publics, enfin les produits du travail des esclaves de la cité 17 . Gomme ressources extraordinaires de Y arca de la cite, nous devons mentionner : 1° les valeurs acquises par legs, fidéicommis, ou donations entre-vifs ; 2° depuis Trajan les successions ab intestat des affranchis de la ville18; 3° en vertu d’un sénatus-consulte spécial, les institutions testamentaires émanées des mêmes personnes 19, et plus tard, en 469, en vertu d’une constitution de l’empereur Léon, insérée au Gode de Justinien, de la part de tout testateur même non affranchi de la cité 20 ; 4° enfin, les emprunts que la ville avait été autorisée à faire par le président de la province, et en vertu d’un mandat spécial donné par la curie au curator reipublicae 21 .
Parmi les dépenses ordinaires ou habituelles, nous trouvons : 1° les frais d’entretien des bâtiments municipaux 22 ; 2° les frais d’entretien de la voirie, avec le concours des riverains ; 3° les frais de conservation des fortifications, auxquelles du reste on ne pouvait toucher sans une autorisation préalable du président ou de l’empereur; un rescrit de Marc-Aurèle exigea même que le gouverneur en référât toujours au prince 23 ; un tiers des revenus des biens communaux pouvait d’ailleurs être affecté à cet emploi, d’après un rescrit d’Arcadius et d’Honorius, rendu en 39o et confirmant une décision de Valentinien ; 4» les allocations attribuées aux professeurs et médecins agréés in numerum par la curie 24 ; 5° les fonds destinés à l'achat de blé, d’huile, etc., pour les distributions à faire aux pauvres. — Au nombre des dépenses extraordinaires se présentent: 1° les constructions nouvelles, qui du reste ne pouvaient être élevées sans autorisation préalable28; 2° les frais de route ou viaticum votés aux députés près du araeses provincial ou de l’empereur 26 ; 3° le prix des approvisionnements extraordinaires en cas de disette 27 ; 4° les frais
— 11 Table de Malaga, LXVI.— 12 Lampr. Al. Sever. 21 ; Becker-Marquardt, Rom Alterth. III, I, p. 354, note 2306. — 13 Fr. 53, De locrit. Dig. XIX, 2 ; fr. 3 § 6
De jure fisci, XLIX, 14 ; fr. 2, § 4, Ad municip. ; L, 1 fr. 2, § 12 ; Dig. L, 8. O Fr. 9
pr. De publican. Dig. XXXIX, 4 ; fr. 16, § 6, eod. — 13 Fr. 10 Dig. eod. ; C. 1 2 3 Cod. Just. IV, 62; Gruter, Disc. p. 164, n» 1. — 16 Fr. 1, § 2; fr. 18, g 3 à 11- Dig. De munerib. L, 4; Agennius, De cont. agror. éd. RudorfT, p. 85. — 17 pi;n. Epist. X, 39, 40, 41. — 18 Fr. 1 et 3 Dig. XL, 3 ; L. unie. XXXVIII, 3 ; fr. 3, g 6.
— 19 Ulp. Reg. XXII, 5 ; fr. 1, g I Dig. De libertis unie. XXXVIII, 3 20 c. 12 Cod.
VI, 24. — 21 F.n dehors de ce cas, suivant nous, la loi 27 De reb. crédit. XII, 1 n’oblige la ville qu’autant qu’elle s’est enrichie. — 22 cic. de Div. 13, u.
— 2) Ulp. fr. 9, § 4, De rer. div. Dig. I, 8. — 24 Fr. 6, Modestin. Dig. De oper. public. L, 10 ; Ulp. fr. 4, g2 Dig. L, 9.-25 )0et 13, De oper. publ., Cod. Just. VIII, 12 ; Plin. Epist. X, 34, 35, 75, 91, 99.— 26 Pnul. Fr. 10, g 1 Dig. De legationib. L, 7,
— 27 Fr. 5 De adm. rer> ad civil. Dig. L, 8.
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des jeux publies, en cas d'insuffisance des fonds légués avec celte charge 58 ; 5" le remboursement des emprunts et autres dettes de la cité; et enfin C° les secours aux décurions ruinés 2il. Des constitutions avaient du reste inlcrdità la curie toute largesse faite des deniers de la ville au profit des particuliers 30 ; la cité, assimilée aux mineurs de 23 ans, avait la ressource de la restitutio in integrum contre les actes par lesquels elle aurait été lésée 31 .
La tutelle administrative, déjà en vigueur du temps de Pline, ne fit que s’accroître par la suite. Non-seulement sous Trajan le gouverneur autorisait les travaux de construction, mais il examinait le budget des cités, et approuvait les comptes des questeurs ou curateurs 82, et spécialement ceux du curator calendarii , nommé par lui; mais après les Antonins, l’intervention du pouvoir central dans l’administration municipale et spécialement dans la gestion de la fortune communale devint excessive et même ruineuse pour les cités. Souvent les propriétés des villes leur furent enlevées, comme on peut en juger par les édits de restitution de l’empereur Julien38, et plus tard de Théodose le Jeune .Les besoins del administration nouvelle organisée par Dioclétien 3Î1 forcèrent les empereurs à confisquer plus ou moins directement une partie du patrimoine ou des revenus communaux. Non-seulement les anciens impôts Ç vectigalia ) votés par les curies furent maintenus et rendus perpétuels î6, mais de nouveaux furent d’autant plus aisément autorisés que désormais le trésor public s’appropriait, les deux tiers des impôts en général et sauf certains versements réserves en entier à 1 aerarium 87, le tiers seulement demeurant affecté aux dépenses locales de la cité. Plus tard, cependant, Majorien et Justinien dans leurs novelles 88 essayèrent de garantir le patrimoine communal, en interdisant aux agents du trésor public 39 de toucher aux deniers destinés aux travaux et à l’approvisionnement des villes ; mais alors la ruine du régime municipal était consommée particulièrement en Occident, où elle avait entraîné celle de l’empire lui-même. En Orient, Justinien plaça la surveillance du curator, autrefois attribuée au praeses provinciae, sous le contrôle des évêques 40.
arca praefecturae. — Portion spéciale du trésor public qui forma, depuis Dioclétien et Constantin, une caisse pai ticulière, placée sous la direction du préfet du prétoire 1
[praefectuspraetorio] et correspondant à l’ancien aeram,™
mihtare d’Auguste. Cette caisse s’alimentait: 1“ de la contribution en nature ou annona [annonarjae species], dont les rôles s’appelaient annonariae functiones, par opposition aux largitionales tituli; elle était due alors, en Italie,
- C. urne. Cod. Just. XI, 41 ; fr. 122 Dig. De légat. I. — -9 Rermog. Fr. S De decur. D,g. L, 2. - 30 Plin. Epist. X, Ut, 112 . fr. 4 Dig. L 9 31 Fr. 9 Dig. De appell. XLIX, 1 ; fr. 22, § 2, Ex quib. cous. IV, 6 • C 4
• ' ,54j C‘ 3 Cod- De jure reipubl. XI, 29. - 32 Piin. Epist. x,56: Wab
ter, Gesch. d. rom. Rechts, n° 314. Quant à la responsabilité de ces magistrats
VOjez QUAESTOR MÜR.C.F.I, CURATOR CALEISDARII, et CURATOR REIFUBLICAE. —33 RoUl'
De re mumcip. rom. p. 33, 36, n»s 67 et 69; Zosim. J, 13; Amm. Marc XXv’
; ; L <:°u The0d' X’ 3 5 C- 10 °0d- Th(10d- 1 i C. t, 2 Cod. JUS, x,’
69. - 34 Nov II, 23, De loe. rcipubl. - «5 Walter, Op. I. 359. Sous les
empereurs chrétiens, une partie des biens communaux fut affectée aux besoins du culte, Sozomen. I, 8 ; V, 5. - 36 C. 10 Cod. Jus, .De cectig. IV, 61. -37 c ' co cod - «Nov. Maj. t. 4, De aed. pub. Jus,. C. XXVII, " c. 16. - 30 Déjà Zénon
". lnterd,t.aUS rec,eurs et à leurs employés de discuter les comptes des travaux puhhcs des cités, et, sous ce prétexte, de se faire attribuer des remises par les ca.sses communales. C. unie. Cod. Just. VIII, 13, De ratiocin.-k 0 C. 26 Cod Just' De ep.se audient. I, 4; Novell. 128, c. ,6. Bibeiocrafhi, Waller, GeschS'e des rom. Rechts 3» éd. Bonn, 1800, 1, § 305, 306 et 397 ; Becker-Marquardt Hand
et sui v" 3“' Z:TT’ 1U’ ** Part LCipZig’ 1851' 79’ 80 “ ln« *• P-’ 2S3> 35o~ C • ’ , . ’ Rottl' De re mumcipali rnmana, Stuttgart, 1801, p. 98 et suiv •
dT’l ! ! ** Re'ht° attela, ter, Heidelberg, 1S51 , V
même par les régions urbicaires*, cl par certaines provinces, pour les besoins de l’armée et des employés annona militaris], et ne pouvait en général se remplacer par de 1 argent [adaeratio] ; 2° en certains cas I area praefeeti pouvait recourir à des réquisitions extraordinaires, sauf indemnité [publica com pa rat io j, ou imputation sur l’impôt. Comme ressource extraordinaire, elle participait quelquefois pour part égale avec I’aerarium sacrum et I’aerariu.m privatum, au produit des confiscations ou des biens vacants et sans maître 3. Quant aux dépenses de la caisse du préfet, elles consistaient principalement : 1° dans les frais d’entretien de l’armée et des fonctionnaires *, au moyen des fournitures en nature ; 2° dans le matériel de la poste [cursus publicus] et de l’armement de toute nature. Les provinciaux livraient aux fabriques de l’État toutes les matières premières, bois, métaux, étoffes, vêtements, etc. Ces établissements nombreux et distribués sur toute la circonférence de l'empire 3 dépendirent, jusqu’au temps de Rufin, en 395, du préfet du prétoire; ensuite ils furent placés sous la surveillance du magister officiorum 6.
Le préfet du prétoire pourvoyait à l’administration de cette caisse au moyen d’un nombreux personnel d'employés et des recteurs des provinces [officium, praefectus praetorio] : ainsi les impôts en nature étaient recueillis par des receveurs, susceptores7, spéciaux, placés par les soins des praepositi pagorum, et gardés par des praepositi horreorum dans des magasins publics 8, le tout sous la direc tion des redores provinciae , qui veillaient selon la forme habituelle, et par leurs tabularii, à la rentrée des impôts; la transmission de ces denrées et leur emploi normal étaient spécialement confiés aux primipilares ou primipili 9> ensuite elles étaient délivrées, sur les mandats des actuarii ou subscribendarii, aux optiones des légions, qui en faisaient la distribution entre les soldats 10. [annonariae species, militaris annona.] arca quaestoria ou publica. — Pendant la république, les dépenses municipales de la ville de Rome ne furent point considérées comme distinctes de celles de l’État puisque Rome elle-même formait une sorte de république municipale, dans le sein de laquelle s’exerçaient exclusivement les droits politiques. Ainsi Yaerarium populi supportait les charges locales, l’entretien des égouts L Mais sous l'empire, à mesure que les droits politiques s’effacèrent et que les droits civils se généralisèrent avec la qualité de citoyen, la notion des intérêts communaux, envisagés comme séparés des intérêts généraux de l’Etat romain, dut se dégager et se réaliser dans les faiR
„ . . . 7 “ - , «•«. Jj't*uunaiue (les cites, Paris. 18^3-
f TTJTf’ PariS> ^ 5 G‘ l,Ub°is- E°*ai «r fc* rnunicipes.V arV
186 Kuhn, Die stadhsche und bürg . 1er fasse,, g des rôm. Reichs, I p41 5S J
F Mc'PZ r /)PA7WA1IemS- ^ dr°lt PUbUC VOmam' P- 400' 3' éd‘ Roumain, 1874 • F. Ileizog, G ail. Narbonensis, p. 21 1-225, Leips. 1864 ; Serrignv, Droit public romain I, n« 267, 270, 272 ; II, 689, 696 et s., Paris, 1862. ?
ARCA PBAEFECTUKAE. 1 Novell. Theod. lit. XVII, De comnet, c. » S 4 ■ \oï Major, an. lit. II, De indulg. reliq. § ! ; „ov. 130 Just. c. 3—’- C. 13, 14 Cod. Theod ri
28 -SNov. Theod. II, lit. XVII, De compet. c. 2, § 4, de l année 444 ; Savignv Venu Schnft. II, ,13.-4 Zosim. 33. c. s Cod. Jus(. ^ 8 > ®
Orient, c. 10; Occid. c. 8. — 6 j. Lvdus, De mQg n m 4Û 7(,
Cod. Theod. De suscept. XII, 6; nov. 128 c 13 — 8 an • .
VUI° 4 *0 *’ Ct A‘g Cod'The.0d‘ VII> 4 ; XI- l4' 9 Gothofr. Paratitl. 'ad C. Theod
L Ansiedlung. m Provins des rôm. Westreichs. p. 81-85 -
In nÎld Th 7t?n,9 r6m- mChS' P' 170 Ct s' ~ 10 Cothofred. Para’ h f ed Ad d ri j P‘ 255’ ^ ; VI11’ *» P' 470' ~ Bibliografuik. Go- ’ iln rC;T r X': 28 ! WaIter' Deschichte des rômisc/i. Rechts,
, ,Un"’d P ’ ^ ' ’’ j°8’ 4'3’ 419 ’ GauPP’ Die Gertnanisch. Ansiedlung. umt Ablheü. m den Promnzen des rômisch. Westreichs. Brcslau, 1844 p. 79 et s
AKGA QU.VESTOHIA OU PUBLICA. 1 Orelli, /user. 2284, 2285 ; Suel. Oct. 37- Dio Cass. LVII, t t ; et surtout, LU, is.
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Bientôt on voit apparaître dans Rome, peut-être sous l'influence des progrès du régime des municipes [municipium], des revenus spéciaux, attribués à la commune et versés dans une caisse spéciale, distincte du trésor public et nommée arca publica, dontl administration appartint au sénat5. Les ressources de cette caisse se composaient principalement des droits d entrée payés par certaines marchandises 3. 11 paraît en effet, d’après une inscription *, que Mare-Auîèle avait tracé autour de la ville des limites au delà desquelles les marchandises une fois entrées n’avaient plus rien a payer [ansarium, vectigal foricularii]. Du reste, on sait que plusieurs empereurs avaient autorisé les cités à établir des impôts indirects [portoriumj de cette nature5. Dans le bas-empire, cette caisse municipale de la capitale subsista sous le nom d 'area quaestoria ou aerarium populi romani 6. Elle était dotée de revenus particuliers et placée immédiatement sous la direction du praefectus urbi et de son officium. Elle pourvoyait à quelques-uns des services municipaux au moyen de prestations en nature. C’est ainsi que tous les habitants sans distinction étaient tenus à des corvées ou des fournitures d’attelages pour la réparation des murs, des portes, etc.7; bien plus, certaines régions d’Italie étaient assujetties à fournir des matériaux, comme de la chaux par exemple, pour les constructions urbaines8; mais pour les aqueducs existait une caisse spéciale [aquaeductusj. Il v a^ ait des immeubles dont les possesseurs étaient astreints à payer par an aux voituriers 9 ou chaufourniers une certaine quantité de vin, remplacée plus taid pai une somme d argent10. De son côté, I’arca vinaria de la cité devait fournir son contingent en or, qui devait être changé par la corporation des changeurs **.
ARCA vinaria ou TiTULüs viNARius. — Placée sous la direction du praefectus urbi, et administrée par le rationalis vinorum judex ou tribunus fort vinarii 1 , cette caisse aï ait pour objet d assurer l’approvisionnement en vin de la capitale et le bon marché de ce liquide. A cet effet, les régions suburbicaires de Rome devaient, ainsi que d’autres provinces, fournir à cette ville 2 des prestations en vin, qui étaient vendues pour le compte de Varca vinaria s, un quart au-dessous du cours du marché ; les comptes des suscep tores vini étaient réglés par le vicarius urbis ; ils devaient faire enregistrer les quittances des débiteurs de Varca, sous peine d’en supporter les risques 4.
ARCA frumentaria. — Caisse destinée à faciliter l’approvisionnement en blé1; elle emmagasinait I’annona civica due par les provinces et la distribuait ou la vendait au-dessous du cours2. A Rome, cette administration était soumise au praefectus urbi, et plus immédiatement au praefectus annonae; à Constantinople toutefois, où il existait une institution semblable, il n’est pas question de ce dernier3; certaines cités avaient aussi leur caisse frumentaire 4.
arca olearia. — Magasin ou caisse municipale* pour l’approvisionnement d’huile, que l’on tirait principalement d’Afrique 5 ; souvent en effet on distribuait cette denrée aux pauvres, au moyen des mensae oleariae, boutiques privilégiées où l’on vendait l’huile.
arca provinciae. — Certaines provinces ou portions de provinces avaient des associations religieuses consacrées au culte de Rome et d’Auguste [commune, koinon, concilium provinciae]. Ces réunions possédaient une caisse alimentée par certaines contributions : c’est ce que prouvent les inscriptions qui indiquent les fonctions d’un judex arcae Galharum, d’un allector Galliarum, d’un inquisitor Gal/iarim'.
ARCA. — III. Ce nom fut encore improprement donné a une cellule étroite où étaient enfermés les esclaves délinquants ou les malfaiteurs; ce n’était qu’une chambre de sûreté1. Festus5 nous dit qu’on appelait robur , le cachot de la prison dans lequel on précipitait les malfaiteurs qu on enfermait jadis dans des cages de chêne arcis robusteis; genre de torture que Caligula paraît avoir renouvelé pour des citoyens distingués 3. G. Humbert.
[ Apxaôiov to xotvôv
cantons de l’Arcadie, jusqu’à la bataille de Leuctres,
n’eurent entre eux aucun lien politique. Ils étaient seulement unis par le souvenir d’une origine commune et des cérémonies religieuses. A cette époque et, probablement avec l’argent d’un sanctuaire commun, on frappa les monnaies les plus anciennes au nom des Arcadiens. Sur la face est une tête de femme,
Démétère ou Coré, avec la
UIVClb
Fig. 46l. Monnaie des Arcadiens.
légende apkaaiçon ; au revers, Zeus aëtophore, assis sur un trône et tenant un sceptre de la main gauche. Nous leproduisons ici (flg. 461) un spécimen de cette monnaie archaïque, conservé au Cabinet des Médailles, à Paris.
Après la défaite des Lacédémoniens à Leuctres, en 37! aï . J.-C., un parti puissant, àla tête duquel était Lycomédès, se forma dans 1 Arcadie ; il demanda la fondation d’une ville pour servir de centre à la confédération et l’établisse¬
ment d un conseil commun, dont les décisions seraient obligatoires pour toutes les villes *. Ce plan fut réalisé avec 1 aide et sous la direction d Épaminondas. On construisit une ville nouvelle, Mégalopolis, et on la peupla en y réunissant, en partie par force, les habitants de quarante villages (en 370)“. Suivant une tradition rapportée par Plutarque, Platon envoya aux Arcadiens un de ses disciples, Aristonymos, pour rédiger leur constitution 3. Aristote, dans son livre des floXrmat, avait examiné la xojvr) ’ApxaSwv
TTcAlTSta 4.
On a fort peu de détails sur la ligue arcadienne. Elle semble avoir eu un stratège commun, mais il n’est pas
- ï opisc. Aurel. 20. — 3 /i. 45. 4 Orelli, Inscr 3347 . Walter> Gesch dgs rô llechts, 3« éd. I, n» 297 et note 69. — S Suet. Oct. 46 ; Lamprid. Al. Seu. 2 Gruter, Inscr. p. 164, i ; C. 10 Cod. Just. IV, 61 ; C. 48 Cod. Theod. XV fr. 13, § 6 Dig. XLY, 1. — 6 Symmach. Epist. X, 40, 57. — 7 Nov. Valent III, tit. V, De Pentapolis. c. 1, § 3 ; c. 23 Cod. Theod. De oper.publ. XV Symmach. Epist. X, 60. — 9 Par imputation sur l’impôt, Nov. Valent 1 t.t. V, DePentap. § 1, 4. - 10 C. 1, 3 Cod. Theod. De calccoct. .VIT, 6- Goth
fAnâlîkt\s'~ 11 Slmmach- Ep- X’49> Wa,ter> Gesch. u. 379; Mommsen, Epig
*RCA VINARIA. l Notitia dignit. occid. c. 4 ; Vopisc. Aurel. 46 ; Svrumac Epist. VII, 96; IX, 131; X, 54; V. Bôcking, No tit. occid. Il, p. 195; déjà so A u ré lien, le fisc avait des magasins de vin sous les portiques du temple du Sole Vopisc. Aurel. 48. — 2 II y avait pour cela des Susceptores vini, C. Theod. XIV, — 3C. 1, 2, 3 Cod. Theod. Tribut, in ips. specieb.X 1,22. — 4 C.26 Cod. Theod. XII, ARCA FRUMENTARIA. i Cod. Theod. De curât, calend. XII, 11; ïValte
Gesch. d. rom. Ilechts, no 381 ; Serrigny, Droit public rom. I, n. 237, Paris, 186*
- 2 c. i, 2 Cod. Theod. De cond. XI, 14; C. 24 Cod. Theod. De suscept. XII
— 3 J. Lydus, De magist. III, 38. — 4 Fr. 1, § 2, Dig. De muner. L, 4.
ARCA OLEARIA. 1 C. 2 Cod. Theod. XII, 11. - 2 Spartian. Sever. 18; Aurel Vict. De Caesar. 41 ; Symmach. Epist. X, 55 ; Lamprid. Alex. Sec. 22. -’umuo graphie. Walter, Geschichte des rômisch. Mechts, 3° éd. Bonn, 1860, n»i 379-382 E. Bôcking, Notitia dignit. II, p. 194 et suiv. Bonn, 1853; Gothofredus, Ad Codic Theodosum. XI, 3 ; XIV, 4 et 6 ; Becker-Marquardt, Handbuch der rômisch. Aller thiimer, III, 2, p. 107 et suiv., Leipzig, 1853.
ARCA PROVINCIAE. l Orelli, 3650, 6949, 3653; Mommsen, in Annal, d. Inst arclieol. 18o3, p. 68 ; Kuhn, Die stâdtische Verfassung d. rôm. Heichs II u 224 Leipz. 1865. ’
ARCA III. Cic. Pro Milone, 22. —2 S.v. Robur. — 3 Suet Calig 27 ARCADICUM FOEDUS. 1 Xen. Hell. VI, 5 ; Diod. XV, 59. - 2 Pans". VIII 27 ! Plut. Mor. p. 1377. — 4 Fragm. hist. gr. t. II, p. 134,