‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monuments (volume 4)Chapitre 82 sur 155 · Bélier roulant assyrien · texte numérisé non relu

Bélier roulant assyrien

verte de ces monuments assigne à l’invention de ces machines une date beaucoup plus ancienne que ne l’ont cru Vitruve et Athénée.

La tortue fut ainsi nommée, suivant les mêmes auteurs 1S, à cause de la marche très-len te de cet immense appareil quand on le déplaçait, etsuivant Végèce18 parce que les allées et venues du bélier, périodiquement sorti et rentré, faisaient ressembler le tout à une tortue qui alternativement montre et cache sa tête sous sa carapace. Le bélier à tortue est

Fig. 515. Tortue romaine.

28 Conestabile, Pitture scoperte pressa Orvieto, 1865, p. 161. — 29 Ane. marbl. of British mus. II, pl. xvn ; Miiller-Wieseler, Denkm. lier ait. Kunst, II, n. 428, 429. AltlES. 1 Amm. Marc. XXIII, 4. — * Ib. et Joseph. Bell. jud. III, 7, 19. — 3 Veget. IV,

14. u Hist. nat. VII, 57. — 5 X, 19. — 6 Mut h. vet., p. 3, éd. Thévenot. — 7 Tertull.

De pallia, 1 . — 8 De Longpérier, Notice des antiq. assyr. n" 37. — 9 Thucyd. II, 76.

— 10 Bartoli. Columna Traj. tav. xxm ; Frœhner, Col. Trajane , u° 22. — U Vite. I. I. — n App. Bell. Mithr. 73 ; Servius, Ad Aen. IX, 505, en attribue l’invention à Artémon de Clazomène. — 1* Vitr. X, 19. — 14 La figure a été dessinée d'après un moulage du Louvre. Voy. aussiBotta, Monum. de Ninme, 1. 1, pl. 77 ; II, pl. 145, 146, 160, et la fig, 176, ci-dessus, p. 141, au mot agger. — 15 Vitr. Athen. !. I.— 16 Veg. IV, 14.

ARI

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figuré deux fois sur l’arc de Septime Sévère (fig- 31. i, 310) où on le voit manœuvré par les Romains 17.

Pour se préserver des effets du bélier, les assiégés faisaient descendre du haut de leurs murailles, à l’aide de câbles, des coussins et des paquets d’étoffes qu’ils suspendaient à la hauteur du point où frappait le bélier, afin d’en amortir les coups. On cherchait encore à le prendre au moyen d’un nœud coulant ou avec l’aide d’une machine, en forme de ciseaux gigantesques, appelée lupus : une fois qu’on avait saisi la poutre, on la remuait à grand renfort de bras jusqu’à ce qu’on eût renversé la tortue ou brisé les supports du bélier. Enfin, ce qui était sans doute plus habituel et plus efficace, on faisait tomber sur la tortue une ‘quantité de grosses pierres 18.

Les rois de Macédoine, qui eurent depuis Philippe II un matériel de guerre admirablement organisé, firent un fréquent usage du bélier, et, sous leur impulsion, les ingénieurs apportèrent des perfectionnements considérables à cette machine. Yitruve cite Polydius comme ayant imaginé de grandes améliorations au maniement du bélier, l’an 340 av. J.-C., lorsque Philippe de Macédoine assiégea Byzance. Sous le règne d’Alexandre, Chaereas et Diadès le perfectionnèrent encore 19. Diadès écrivit un ouvrage sur ce sujet, et y consigna les résultats de son expérience et la description des engins extraordinaires qu’il avait construits; Athénée et Yitruve n’ont donné qu’une paraphrase de l’ouvrage, aujourd’hui perdu, de Diadès. Mais soit en raison de la difficulté du sujet, soit par les fautes des copistes dans l’antiquité même, et surtout à cause de l'absence de figures dans les anciens manuscrits, les textes grecs et latins de ces ouvrages sont extrêmement obscurs, comme en témoignent suffisamment les conjectures auxquelles ont dû se livrer Perrault et les autres commentateurs de Yitruve. La description, donnée par le même Yitruve, d’une tortue colossale exécutée par le Byzantin Hégétor, manque aussi de clarté et de précision, et on s’est demandé s’il avait réellement compris ce qu’il copiait dans l’auteur grec où il puisait ses renseignements. Il est donc inutile de citer ici les dimensions qu'il assigne aux diverses parties de la machine. Josèphe et Ammien- Marcellin ont pris plaisir à décrire les effets puissants du bélier, mais n’ont pas donné ses dimensions. Le nombre des soldats employés à faire mouvoir la poutre bélière était considérable. Appien parle de deux béliers que firent agir les Romains contre les murs de Carthage ; chacun exigeait les efforts réunis de trois mille hommes 20.

On ne connaît aucune représentation antique du bélier en dehors de celles que nous avons mentionnées plus haut,

11 Suarése, Arc. Sep. Seu. pl. m, îv ; Bellori, Arcus veteres , Arc. Sept. Sev. tab. B. 5, tab. C. 3 ; de Rubeis, Vet. arcus , tab. 1 1 ; Montfaucon, Ant. expliq. IV, pl. lxxxii. — 18 Thuc. II, 76 ; Tit.-Liv. XXXVI, 23 ; Veg. IV, 23. — 19 Vitr. I. I. - 20 App. De reb. pua. 98.— 21 Passer!, Lucernae, II, tav. xxix. — 22 Fabrctti,i>e columna Traj. p. 216. — 23 Hermès , t. II, p. 45 et suW.

si ce n'est une lampe d’argile ïl sur laquelle on voit un bélier à roues, à côté duquel se tient un légionnaire, mais sans aucun détail qui aide à comprendre comment on le manœuvrait. Fabretti donne en grandeur naturelle (longueur : 11 centimètres) la figure d’un cylindre de bronze creux, cannelé, terminé par une tête de bélier, trouvé à Rome sur le mont Coelius ri. Il voit dans cet objet une représentation réduite, mais exacte, de l'aries : mais cette pièce paraît être un robinet ou un fragment de meuble. On a conservé longtemps à Murviedro, en Espagne, une solive longue de 23 pieds romains anciens (7m, 40), percée de deux trous propres à laisser passer des câbles, et terminée par un talon de fer : elle passait pour un bélier antique. Au commencement du xvii° siècle, un antiquaire silésien, Bibran, en prit un dessin conservé aujourd'hui à Levde avec les papiers de Gruter. Bayer, au commencement du xvme siècle, vit au même endroit, non plus la poutre armée qu’avait dessinée Bibran, mais trois morceaux de bois qui pouvaient en avoir fait partie et qui pesaient respectivement 836, 489 et 318 anciennes livres romaines, en tout 534 kilogrammes. Ces fragments paraissent maintenant perdus : M. Em. Iliibner, qui a publié sur ce sujet une note28 accompagnée du dessin de Bibran, ne les a pas retrouvés en Espagne. Il est bon de remarquer que, d’après ce dessin, le talon de fer qui terminait la poutre ne représente pas une tête de bélier, comme on l’affirme dans l’ancienne Encyclopédie méthodique (art. Bélier). On ignore ce qu’est devenu un autre bélier conservé à Haguenau, suivant le même ouvrage, et dont la tète était armée d’un fort talon de fer carré et tout uni. C. de la Berge.

ARDIASPI (’AptpaaTroi'), les Arimaspes. — Peuple fabuleux dont les légendes plaçaient l’existence près des limites du monde connu, au nord de la Scythie. Les traditions qui les concernaient avaient été recueillies par un poète, Aristée de Proconnèse, dont l’ouvrage est perdu ; mais Hérodote et d’autres auteurs, parmi ceux qui ont parlé des Arimaspes1, ont eu son Arimaspeia sous les yeux.

On représentait les Arimaspes comme des hommes farouches, n’ayant qu’un œil, toujours en guerre contre les griffons, qui sont dans les anciens récits les gardiens de l’or caché dans les entrailles de la terre [grypuus]. A ces caractères, les uns ont cru reconnaître les habitants sauvages des pays riches en or, situés vers le nord-est, comme l’Oural, l’Altaï, etc. ; les autres n’ont attaché à ces fables qu’une signification religieuse et les ont mises en rapport avec celles qui concernent Apollon Hyperboréen

L’art s’est emparé à son tour de ce type ; il a figuré les Arimaspes sous la forme de guerriers coiffés d’une mitre [mitra], portant des braies ou anaxyrides [braccae], comme on représentait ordinairement les Barbares, et, en les opposant aux griffons, il a fait de ce combat une composition élégante, que l’on rencontre surtout employé comme un motif de décoration dans les œuvres d’un art avancé. Voici cependant (fig. 517) une pierre gravée étrusque 3, qui est la plus ancienne représentation que nous connaissions de ce

AlllMASPl. * Herod. III, 116 ; IV, 13, 27 ; Acschvl. Prom. 807 et s. ; Dion. Perieg. 31 ; Strab. XI, p. 507 ; Prise. Perieg. 703 ; Plin. Hist. nat. XXII, 1 ; Gell. Noct. att. IX, 4. — 2 Bôttiger, Kleine Schriften, I, p. 171 et s.; A. de Humboldt, Asie

centr. I, p. 402 ; Bahr, Excurs. VI ad Herod. III, 116 3 King, Ant. gems and

rings. Lond. 1872, p. 123; \oy. aussi Impr.gemm. d. Inst. I, 13.

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sujet. L'Arimaspe a des ailes, comme beaucoup de ligures mythologiques des Etrusques, et chose plus singulière, une queue; mais il paraît avoir deux yeux et non pas l’œil unique des anciens récits. Les artistes des temps postérieurs ne se sont pas non plus conformés cette tradition en figurant des Arimaspes. On en rencontre assez fréquemment la représentation sur des plaques de terre cuite (lig. 518) qui servaient d’ornements de frise 4.

On voit aussi dans beaucoup de monuments des femmes vêtues et armées comme les Arimaspes et combattant les mêmes êtres fabuleux ; on les considère ordinairement comme des Amazones 8 ; mais cette explication ne s’appuie sur aucun texte ancien, et il n’est pas vraisemblable que les Amazones, vouées au culte d’Apollon, aient eu pour adversaires des animaux qui lui étaient consacrés; il est plus naturel de penser qu’on a voulu montrer des femmes des Arimaspes s’armant et luttant comme eux : c’est ainsi que les femmes des Scythes s’associaient à leurs maris dans toute espèce de combat6. E. Saglio.

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