‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monuments (volume 4)Chapitre 83 sur 155 · ARI OA [CERES, NEPTUNUS · texte numérisé non relu

ARI OA [CERES, NEPTUNUS

ARISTAEUS (’ApiaToüoç). — I. Aristée, dieu purement hellénique, comme son nom seul, voisin de apwxoç (très-bon), suffirait à le prouver. 11 est bienfaisant, civilisateur et pastoral. En particulier, il préside aux troupeaux ‘, à la chasse 2, à l’éducation des abeilles s, à l’art de cailler le lait 4, aux cultures de divers genres, notamment à celle de la vigne et de l'olivier et à la plantation des arbres 8 ; on lui attribue le mélange du miel et du vin 6 ; il possède l'art médical et la science de l’avenir 7 ; il est musicien, à ce qu’il semble8; il garantit contre les ardeurs de la canicule et a appris aux hommes à en observer le moment 9.

La plus ancienne tradition et la plus répandue rattache Aristée à la Thessalie. Hésiode l’avait conservée dans les Éœées 10, Pindare l’a reprise danslaix6 Pythique 11 : Apollon, charmé de la beauté de la nymphe Gyrène, la transporta sur un char d’or, du mont Pélion en Libye ; elle mit au monde Aristée au lieu où la ville de Cyrène fut bâtie dans la suite. Nourri de nectar et d’ambroisie, l’enfant devint un dieu. C’est en Thessalie qu’il grandit, en gardant les troupeaux des Muses dans la plaine de Phthie, au pied de

4 La figure a été dessinée d’après une terre cuite du Louvre ; voy. encore Combe, Terrecot. IV, 6 ; Séroux d’Agincourt. Frag. en terre cuite, pl. xi, 2; Campana, Ant. opéré in plastica, 78-81. — S Millih, Vases, I, 46 ; Tischbein, Vases, II, 9; Zannoni, llluslr. di due urne, p. 84 ; Welcker, Ann. d. List. arch. II, 72, 3; Lenormant et de Witte, Élite des monvm. céramogr. I, 233. — 6 Gargallo-Grimaldi, Bullet. de l’Athenæum français, 1856, pl. ii, p. 30 ; cf. Bahr, Ad Ctes. fragni. p. 96.

ARISTAEUS. 1 Pind. Pt/M. IX, 111 et s. et Schol. ; Virg. Georg.l, 14 ; IV, 315 et s.; Oppian. Ven. IV, 265 et s. ; Nonn. Dionys. V, 214 et s. — 2 Schol. Pind. I. I. ; Plut. Amat. 14 ; Xonn. Lion. XVI, 105 et s. — S Schol. Pind. /. I. ; Aristot. Kivov -w.it. in Philolog. IV, p. 269 ; Schol. Theocr. V, 53 ; Apoll. Rhod. II, 500 et s. et Schol.; Diod. IV, 81 et 82 ; Virg. I. I. ; Plin. List. nat. VII, 57, 8 ; Opp. I. I.; Justin. XIII,

7. 4 Diod. 1. 1. ; Opp. Just. /. I. — s Virg., Apoll. Ilh., Appian, Plin., Nonn., Schol.

Pind. et Apoll. Rh. I. I. ; Aristot. I. I. et Ps. Ar. De mir. ausc. 100, 105 ; Cic. In Verr. IV, 57 ; De nat. deor. III, 18. — 6 Plin. List. nat. XIV, 6, I. — 7 Apoll. Rh. et Schol. I. I.; Nonn. XVII, 359 et s.; Clem. Al. Strom. p. 144, 19. —8 Nonn.

l’Othrys et sur les bords de l’Apidanus. La tradition libyenne de Cyrène est étroitement unie à celle de la Thessalie. De Cyrène il serait parti pour aller régner en Arcadie, où il enseigna aux hommes la culture des abeilles, l’iisagc du miel, du lait caillé, et leur apprit à observer le lever de Sirius 12 ; le héros Areas connut par lui l’art de travailler la laine 13 .

C’est à Céos que le mythe d’Aristée prit le plus de développement. Le fils d’Apollon serait venu de Thessalie dans cette île avec des Arcadiens, par ordre de son père H, que les habitants suppliaient de mettre tin à une extrême sécheresse. Après qu’il eut sacrifié à Zeus Ikmaios , les vents étésiens commencèrent à souffler et rafraîchirent 1 archipel durant quarante jours 1S. Il institua aussi sur les hauts lieux de l'île un culte en l’honneur de Sirius, qui continua d’être exactement pratiqué ; les prêtres d Aristée observaient chaque année le lever de l’astre et accomplissaient des sacrifices expiatoires 16.

Un autre itinéraire fait passer Aristée de Libye en Sardaigne 17, en Sicile 18 et dans d’autres îles, partout enseignant la culture et répandant ses bienfaits ; puis en Thrace, où se place son amour pour Eurydice, et la poursuite dans laquelle elle périt de la piqûre d un serpent 19 • Aristée, après avoir été initié par Dionysos, disparut de la vue des hommes sur le mont Hæmus 20.

On le trouve encore en Béotie, où il épousa Autonoé, fille de Cadmus, et eut pour fils Actéon 21 ; en Eubée ; il éleva Dionysos dans cette île 22, ou selon d autres dans l’île de Nysa, où Ainmon avait porté le jeune dieu 23 .

Aristée a été identifié avec Zeus, à Céos, sous le nom de Zeus Aristaios 24 ; nous avons parlé de ses supplications et de son sacrifice à Zeus Ikmaios; en Arcadie, le nom de Zeus Kynaitheus rappelle les ardeurs de la canicule 23 ; Zeus Melissaios 26 et Zeus Meilichios rappellent, les abeilles et le miel d’Aristée. Il a aussi été identifié avec Apollon, dont il portait les épithètes de Nomios et de Agreus 27.

II. Monuments figurés. — On voyait à Syracuse une statue d’Aristée représenté avec Liber, que Verrès lit enlever 28. On conserve, au musée du Louvre, une statue d'Antinoüs représenté comme Aristée; le pétase, la tunique, qui laisse nus l’épaule et le bras du côté droit, la houe les embades qui le chaussent, donnent à cette ligure l’apparence d’un dieu champêtre29. Une figure nue, représentant un jeune homme, sur le corps duquel sont posées des abeilles, a été expliquée comme une figure d’Aristée 30. Dans un relief de la Cyrénaïque, on le

Julian. Ep . 41. — 9 Just, XIII, 7; Nonn. V, 214 et s. Voy. note 16. — 10 Schol. Pind. I. I. — U Cf. Hesiod. Fr. 70, éd. Lehrs ; Virg. /. I. ; Schol. Apoll. Rh. I. l.f Cic. Nat. deor. 111, 18 ; Diod. IV, 81 et s. ; Nonn. V, 214 et s.; Nonn. V, 214 et s. ; XXIV, 82. — 12 Just. I. I. — 13 Paus. VIII, 4, 1. — 14 Diod.; Apoll. et Schol. I. U îs Thcmist. Or. 23.— 16 Apoll. et Sch. Aristot. Philolog. I. I.; Theophr. De vent. 14 ; Heraelid. Op.; Cic. De div. I, 57; Varr. Atac. ap. Prob. Ad Georg. I, 14; Diod, IV, 82. — 17 Diod. !. I.; Paus. X, 17, 3 — 18 Diod. I. 1— «Virg. I. I.; Hyg. Fab. 161. 20 Diod. I. I. 21 Hesiod. Diod. I. I. ; Callim. Lav. Pall. 107 et s.; Apollod.

III, 4, 2; III et 4 ; Paus. X, 17, 3. — 22 Opp. I. I. ; une tradition del’Eubée le fait aussi fils de Carystus : Bacehylid. ap. Schol. Apoll. Rh. 1. 1. — 23 Diod. 1. 1. 4, — 24 Schol. Apoll. Rh. Il semble aussi avoir plus d’un rapport avec Zeus Akraios du Pélion : voy. Dicaecarch. Fr. B. 8, éd. Didot.— 25 Lycophr. 400 ; Sch. Par. éd. Bachman.— sfHesych. MAi. — 27 pind. I. I. et Sch. Apoll. Rh. et Sch. Diod. ; Nonn. 1. 1. — 23 cic. In Vern

IV, 57.— 29Clarac, Mus. d. sculpt. t. V,p.237, n» 2431, pl. cclxvi.— 30 Spano, Bull. Sardo; séance de l’Inst. arch. de Rome, 11 janv. 1856 ; Arch. Anzeig. 1856, p. 147.

Fig. 518. Arimaspi et griffon.

Fig. 519. Aristée.

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