‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monuments (volume 4)Chapitre 90 sur 155 · C. de la Berge · texte numérisé non relu

C. de la Berge

ARMATURA LEVIS. — Infanterie légère des Romains. Au début de l’organisation de la légion [legioJ, les hastats qui combattaient en première ligne faisaient au besoin le service de troupes légères : les princes formaient alors le corps de bataille et les triaires la réserve. Plus tard, on créa un corps de soldats armés à la légère, leves milites , et les hastats ne combattirent plus qu’en ligne. Tite-Live, parlant de ces derniers, dit ceci 1 : «A chaque manipule étaient joints vingt soldats armés à la légère . On ap¬

pelait soldats armés à la légère ( leves milites), ceux qui n’étaient armés que d’une hasta et d’une gaesa. » La gaesa était un javelot d’origine gauloise2. En même temps, on vit figurer dans la légion d’autres soldats armés à la légère et qu’on appelait rorarii. Selon Varron 3, ceux-ci tiraient leur nom du mot ros (rosée, petite pluie), parce que, de même qu’une petite pluie précède une averse, de même ils escarmouchaient au début de la bataille en lançant sur l’ennemi des traits plus petits que ceux des troupes de ligne. Dans le même chapitre, Tite-Live dit que « les rorarii, plus jeunes et moins aguerris que les triaires, étaient placés derrière ceux-ci ; » puis, dans le chapitre suivant où il continue la relation d’un combat, il ajoute que « les rorarii s’élançant dans les intervalles des rangs de ceux qui étaient devant eux, vinrent renforcer les princes et les hastats. » Nous devons en conclure qu’après avoir entamé l’action, les rorarii venaient se rallier derrière les triaires, c’est-à-dire derrière l’armée, ce qui est vraisemblable. Derrière les rorarii se plaçaient les accensi.

Dans le récit de combat dont il vient d’être question, Tite-Live dit que chaque manipule de triaires se divisait en trois parties, et que la première se composait des triaires proprement dits, la seconde des rorarii, et la troisième des accensi ; puis il ajoute que le tout comprenait cent quatre-vingts soldats : or, le nombre des triaires étant invariablement fixé à soixante hommes par manipule, nous pouvons conclure de ce qui précède, qu’il y avait dans la légion six cents rorarii et six cents accensi.

Le même auteur4 raconte qu’au siège de Capoue, en l’an 342 de Rome, Q. Naevius voyant que la cavalerie campanienne l’emportait toujours sur celle des Romains, employa le moyen suivant pour détruire cette supériorité. 11 choisit parmi les légionnaires les jeunes gens les plus lestes en même temps que les plus vigoureux, et les arma d’un bouclier léger ainsi que de sept javelots de quatre pieds de longueur, « dont la pointe était semblable à celle des hastes appelées vélitaires. » Puis il les habitua à monter en croupe derrière un cavalier et à sauter vivement à terre au moment où l’on abordait l’ennemi ; cette manœuvre réussit parfaitement, puisque la cavalerie campanienne, accablée par une grande quantité de traits, fut battue dès le premier engagement. On fut tellement sa-

xnii g [eminae] m [artiâe] y [ictricis] ». — 'i Brambach, Corp. insc. rhénan. 1068 • Muratori, 801, 8, — S Amm. XIV, 11, 21 ; XV, 5, 6 ; XXVII, 2, 6. — 6 ygg. n, 7.

— 7 Veg. II, 15. — 8 Veg. I, 13. — 9 Yeg. II, 23. — 1» Veg. II, 14.

ARMATURA UEVIS; 1 VIII, 8.-2 Virg, Aen. VIII, 662, — * Ling. lat. VII, 58,

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