Couronne des Arvales sur une base de trépied
Le culte de dea dia était le but essentiel de l’institution des Arvales. La fête de cette divinité, analogue ou identique à ors et à acca laiuîntia, était célébrée au mois de mai et durait trois jours. L’époque n’en était pas fixe, mais chaque année au mois de janvier, le Magister faisait connaître à quelles dates auraient lieu les divers actes qui la constituaient. C’étaient les xvi, xnn et xm ou les vi, mi et ni des kalendes de juin, c’est à-dire les 17, 19 et 20, ou 27, 29 et 30 mai. On ignore ce qui déterminait le choix entre ces deux périodes. L’indiction, faite à Rome, n’avait pas elle-même lieu à un jour fixe de janv;er : dans les actes actuellement connus, on n’en trouve pas d’antérieure au 3 janvier, ni de postérieure au 13 de ce mois. Des termes de celle du 7 janvier 91, il résulte que le premier jour de la fête se passait à Rome dans la maison du Magister. Le deuxième, surlendemain du précédent, se passait en grande partie dans le bois sacré et se terminait à Rome. Le troisième, lendemain du deuxième, était employé comme le premier. Nous n’avons donc à faire connaître que l’emploi des deux premières journées ; la table xli° de Marini en donne un compte rendu détaillé. Les parties mutilées de ce long texte se restituent sûrement au moyen des autres tables qui concourent ainsi à rétablir, dans son intégrité à peu près absolue, le monument le plus célèbre et le plus intéressant du recueil. Malheureusement l’acte est rédigé d’une façon diffuse, inégale et maladroite; en outre, beaucoup des termes techniques que l’on y rencontre ne sont pas encore bien expliqués. Nous ne pouvons donc en donner ici une traduction, qui seule, pourtant, mettrait le lecteur en état d’apprécier le formalisme puéril et minutieux de la liturgie romaine, et les lenteurs solennelles que l’ancien culte apportait à chaque partie du sacrifice. Il faut se reporter au commentaire inappréciable de Marini, aux pages consacrées par Preller aux Frères Arvales, dans sa Mythologie romaine, pour connaître tous les détails de la fête célébrée en l’honneur de Dea Dia : nous n’en offrons ici qu’une analyse.
Premier jour, à Rome. — Au lever du soleil, les Arvales revêtus de la prétexte et couronnés d’épis attachés avec des bandelettes de laine blanche, offraient à Dea Dia un sacrifice non sanglant. On répandait du vin, on brûlait de l’encens, on consacrait des fruits ou grains réservés de l’année précédente et ceux de l’année courante ( fruges aridas et virides), ainsi que des pains entourés de branches de laurier. Au commencement et à la fin de la cérémonie, la statue de Dea Dia était enduite de parfums. Quittant alors leurs prétextes, les Arvales se baignaient ; puis, dans l'après-midi, vêtus de blanc, ils faisaient en commun un repas auquel prenaient part les quatre pueri, leurs acolytes. Au milieu de ce repas, ils reprenaient leurs prétextes, recommençaient la cérémonie de la matinée avec le vin et l’encens, et procédaient à d’autres consécrations de fruits. Gela fait, on allumait les flambeaux, on partageait entre les Frères des mets sucrés et des couronnes de roses ; chacun recevait en outre une sportule [sportula] de 100 deniers (celle des pueri n’était que de 25 deniers), et on se séparait au cri de féliciter 22 .
16 Cohen, Med. consul. Postumia, XXV, 10 ; Muscidia, XXIX, 2. — n Œuvres complètes, t. I, p. 376, 377. — 18 clarac, pl. mlxxiii, n» 3296 A. — 19 Marbl. o/'British Mus.— 20 J.B. De’ Rossi, Annal, de Inst. arch. 1868. — 21 Visconti, Monrnn. Borghes. pl. 40,41 ; Bouillon, Mus. des antiq. 111, pl. m ; Clarac, pl. cxvi, n. 318 ; Frühner, Notice de la sculpt. p. 12. 2-’ Tab. xxiv : « VII. ldus januar. In pronao aedis Concor-
diae tratres Arvales saerificium Deae Diae indixerunt, magisterio secundo L. Verati Quadrati. In pronao aedis Concordiae !.. Veralins Quadratus magister Frutrum Arvu-
lium manibus lautis, velato capitc, sub divo columine contra orientent, Deae Diae cum collegiis saerificium indix. Quud bonum faustum felix fortunatum salutareque sit lmp. Caesari Domitiano Aug. Germauico Poutif. Maiimo et Domitiae Augustae conjugi ejus, totique dounii eorutn, Populo Romano, Quiritibus, Fratribusque Arvalibus, mihique : saerificium Deae Diae hoc anno crit ante diem XVI K. Jun. donto, antediem XII1I K. Juuias in luco et donto, ante diem XIII K. Jun. domo. » Dans la table xxxti, lentploi du dernier jour est ainsi indiqué: « XIII K. Jun. consummabitur donti.
ARY
ARV
Deuxième jour, au bois sacré. — Comme il était défendu i d’entrer dans le bois sacré avec du fer, et que l’introduction d’instruments tranchants était indispensable pour accomplir les sacrifices, le Magister ou Pro-Magister venait seul faire, le matin , un sacrifice expiatoire ( coinquire lucum et opus facere ). 11 immolait deux porcs et une génisse, retirait leurs entrailles, les faisait bouillir et les plaçait sur l’autel suivant le rite consacré43. Il consignait dans un procès-verbal qu’il avait accompli ces opérations préliminaires, dépouillait sa prétexte et attendait dans sa tente, près du temple de Dca Dia, l’arrivée des Anales qui ne se réunissaient que dans l’après-midi.
Aussitôt rassemblés, ces derniers, revêtus de la prétexte et couronnés d’épis, mangeaient la chair des victimes immolées le matin et attestaient l’accomplissement du sacrifice expiatoire. Puis ils montaient au bois sacré, où le Magister immolait une brebis grasse dont il inspectait les entrailles. C’était là le véritable sacrifice à Dea Dia. Il était suivi de diverses cérémonies, dont plusieurs étaient accompagnées de gestes symboliques se rapportant évidemment au culte des anciennes divinités agricoles. Ainsi deux frères allaient chercher des grains que l’un offrait à son compagnon en les tenant dans la main droite; le second les recevait delà main gauche, puis les rendait au premier, et tous deux les remettaient aux ministri. Ensuite, dans le temple ouvert aux regards du peuple, on bénissait des urnes ( allas precati sunt) semblables pour la forme et pour la matière [olla] à celle dont Numa, suivant la tradition, se servait dans les sacrifices qu’ils avaient institués n, on se partageait des pains ornés de branches de laurier, avec des raves et un autre légume (I umemulia cum copiais). Puis les Arvales rentraient dans le temple, fermaient les portes, relevaient leurs tuniques, et dansaient autour de l’autel en chantant le célèbre Carmen, qu’ils comprenaient sans doute aussi peu que les Saliens leurs litanies, et dont la traduction généralement acceptée est, on le conçoit, fort approximative.
Enos, Lares, juvate (ter)
Neve lue rue, Marmor, sins incurrere in pleores ( te •■)
Satur fu, fere Mars ! limen sali ! sta 1 berber (ter) !
Semunis alternei advocapit cunctos (ter) !
Enos, Marmor, juvate (ter) !
Triumpe (quinquies).
tt Lares, venez à notre aide (trois fois). — Mars, ne laisse pas tomber la mort et la ruine sur la foule. — Sois rassasié, féroce Mars. — Toi (à un des frères), saute sur le seuil ! Debout! frappe [le seuil]. — Vous d’abord, vous ensuite, invoquez tous les Semones, — Toi, Mars, sois-nous en aide. — Sautez (cinq fois)45. »
Le fait que chaque phrase est répétée trois fois donne lieu de penser que les Arvales se divisaient en trois groupes pour exécuter le tripudium. M. Mommsen suppose que limen sali! sta! berber! s’adresse à l’un des Arvales. Preller, au contraire, admet que cette phrase s’adresse à Mars, et réunissant sta berber , il traduit : rentre dans ton temple, cesse de frapper (tes chevaux)46. Les divinités invoquées sont, comme on le voit : 1° les Lares que représentaient les fils d’Acca Larentia; 2° les Semones , morts divinisés ou, suivant d’autres auteurs, divinités agricoles [semo]; 3° enfin Mars, dont Caton l’Ancien recommande
25 Reddidit exta ; cf. Serv. Ad Georg. II, 194. — 24 plusieurs de ces vases ont été retrouvés dahs des fouilles récentes, Heuzeu, Scavi, p. V. — 25 Mommsen, llist . rom. trad. fh I, p. 298 ; Corp. inscr. lat. I, pp. 9 et 10: — 26 preller, Rom. Myth.
le culte à l’occasion des ambarvalja domestiques îl.
Le chant terminé, les Arvales remettaient à leurs desservants les libelli ou livres liturgiques, dans lesquels ils avaient lu les paroles consacrées, et ils procédaient à l’élection du Magister et du Flamcn pour l’année suivante. Puis venait un repas commun, à la suite duquel avaient lieu, dans le cirque voisin du bois de Dea Dia, les courses de char et les exercices des desultores. Les prix donnés aux vainqueurs étaient des palmes et des couronnes d’argent. Ces couronnes étaient probablement formées d’épis.
A la fin de la journée, le collège rentrait à Rome pour prendre, dans la maison du Magister , un nouveau repas, terminé, comme celui de la veille, par une distribution d’argent.
Troisième jour, à Rome, dans la maison du magister. — Les cérémonies de ce jour étaient, comme nous l’avons dit, la répétition de celles qui avaient été accomplies le premier. Tel est à peu près le tableau de la fcte de mai, autant que la table xli° de Marini permet de s’en rendre compte : là même où les termes n'offrent pas de difficultés d’interprétation particulières, il est encore difficile de se reconnaître au milieu des allées et venues incessantes des officiants.
Ce n’était pas seulement au mois de mai que les Arvales se réunissaient dans le bois sacré. Les opérations mêmes de leur service comportaient certains sacrifices expiatoires. Ainsi, pour graver sur le marbre les procès-verbaux de leurs séances, travail qui se faisait habituellement en avril ou mai, il fallait entier dans le bois sacré et en sortir en portant des outils de fer : de là, sacrifice expiatoire, par le magister aidé d’un calator et des pub/ici, d’une truie et d’une brebis, avec offrande de gâteaux, tant au commencement {oh ferri inlationem) qu’à la fin de ce travail {oh fern elationem et operis perfecti).
Mais dès qu’il s’agissait de changements à apporter dans l’état du bois sacré, les cérémonies se multipliaient outre mesure. Fallait-il enlever et remplacer les arbres frappés par la foudre, abattus par la tempête ou détruits par la vétusté, fallait-il arracher un figuier poussé sur le faîte du temple, réparer l’édifice, refaire les autels de gazon épars dans le bois sacré ? le collège entier se réunissait pour assister, dèsle commencement des travaux, à des suovetaurilia majora [sacrificium] et à des immolations d’animaux en l’honneur de toutes les divinités honorées, après Dea Dia, dans le bois des Arvales, et que pouvait irriter la moindre modification dans la physionomie de leur demeure. Voici la liste de ces divinités, qui appartiennent toutes à l’ancien culte Romain, tirée de la table xxviF : Janus Pater, Jupiter; Mars; Juno Dea Dia; sive Deus sive Dea ; Virgines Divae ; Famuli Divi ; Lares ; Mater Larum ; sive Deus sive Dea in cujus tutela hic lucus locusve est; Fons; Flora; Vesta ; Vesta Mater. Entre Flora et Vesta, la table xliii intercale Summanus pater ss. A chaque dieu, on immolait deux moutons, à chaque déesse deux brebis. On immolait encore deux brebis à Adolenda et Coinquenda29, divinités des indigitamenta qui présidaient à la combustion, à l’abattage, au débit et au transport des arbres condamnés du bois sacré. Enfin on sacrifiait au génie de l’empereur vivant, un taureau aux cornes dorées, et à chacun des empereurs divinisés, un bélier. Ces dernières immolations avaient lieu devant le Caesareum, les autres à l’autel de cha-
2c cd. p. 429. — 27 De re rust. 141. — M Voy. sur ces divinités la Mytholoyic romaine de Preller et les articles du Dictionnaire. — La table xLin Homme Adolenda, Commolenda et Deferundà.
ARV
ARY
que divinité. Après l’ac èvement du travail, ces tueries d animaux étaient renouvelées en présence du collège entiei .
11 est reconnu aujourd'hui que les Frères Arvales, n avaient pas à s’occuper des ambarvalia. Mais, indépendamment des cérémonies appartenant au culte de Dca Dia, les Arvales, comme tous les autres collèges sacerdotaux, prenaient part à celles que la politique avait introduites dans la religion. Ainsi tous les ans, le iii des nones de janvier, ils invoquaient pour le chef de l’empire les divinités du Capitole : Jupiter, Junon et Minerve, et en outre Salus Populi, Salus Augusti, Providentia Deorum, Concordia,etc., et accomplissaient les sacrifices voués l’année précédente à pareille date. On immolait des bœufs aux dieux, et des génisses aux déesses. Les Arvales célébraient encore les decennalia du prince, les anniversaires des jours où il avait pris la toge virile, reçu la puissance tribunitienne,le titre de père de la patrie, etc.; ils prononçaient des vœux publics pour le succès de ses campagnes ou de ses voyages, pour le rétablissement de sa santé, etc. Tous ces vœux étaient inscrits à leur date sur les murailles du temple de Dea Dia, de sorte que les Acta constituent un répertoire excellent pour la chronologie des trois premiers siècles, et ils ont permis de donner à bien des points de l’histoire, dans cette période, une précision que l’on ne rencontrait ni dans les médailles, ni dans les textes. Ajoutons que la plupart des personnages qui furent membres du collège des Arvales jouèrent un rôle important dans l’administration impériale, et que les Acta où ils sont nommés nous donnent des dates fixes dans leur existence. Ainsi la collection que Marini a faite de ces actes devait offrir à l’épigraphie romaine les ressources les plus précieuses, et c’est en étudiant et en classant cette collection, que Marini a effectivement jeté les bases de cette épigraphie.
Le plus ancien des procès-verbaux du culte des Arvales, tiré des ruines d’Affoga l’Asino, est de l’an 14 de notre ère; le plus récent, trouvé à Rome, est de l’an 238 ; ce qui nous amène au règne de Gordien le Pieux. L’existence du collège s’est-elle prolongée au delà du moment où ses actes cessent de nous parvenir. Il est permis d’en douter. En dehors de ces actes, beaucoup d’inscriptions privées, également recueillies par Marini, mentionnent le titre de Frère Arvale : elles sont toutes antérieures à Gordien. A partir de ce prince, on ne voit plus les empereurs prendre la qualification d’Arvale, et Gordien est le plus récent de ceux dont les statues décoraient le Caesareum quand il fut dessiné au xvie siècle. Les auteurs, à partir du in° siècle, ne font plus mention de ce collège ; le dernier qui en ait parlé est Minucius Félix80. Ce concours de circonstances est trop marqué pour qu’on ne voie qu’un effet du hasard dans le silence fait tout à coup autour des Arvales. Marini a donc pu affirmer que, pour une raison d’ailleurs inconhue, le collège disparut au milieu du nic siècle, et M. De’ Rossi a adopté ces conclusions. C. de la Berge.
ÀRVIÎM primum, secundum.— Les expressions pretia arvi primi, secundi, etc. *, indiquent une classification des terres
So Octal), c. xx\ . — Bibliographie. Marini, Atti e nioriünienti de Fratelli Avvali, Roma, 1795 ; Melchiorri, Appendice agli atti e monûm. Roma, 1855 , De' Rossi, Bull, dell' Inst. arch. 1855, p. 52; Annali d. Inst . 1858, p. 47, 58 et S.; Preller, Rom. Mythologie, 2» éd. 1865, p. 39, 111, 412, 424 et è. ; Henzen, Scavi ne), bosco sacro dei Fratelli Arvali , Rome, 1868 ; Id. Acta Fratrum Arvalium, Rome, 1874.
ARVUM PRIMUM. 1 Hygin. De lini. constit; p. 205, Lachniauu. — - Gaius, U, 21 ; Vat. fragm. 259, 283, 285, 289. —4 Oros. Hist. I, 8 ; Joseph. Bell. Jud. 11, 16, 4, — 4 Hyg. I. I. — 5 « Certa enim pretia dgris constituta sunt, ut in Pannonia arvi primi, secundi, prati, silvae glaildifeMe, silvde vulgaris; pascuac, » etc. — Diblio-
cultivables, d’après leur qualité. Dans les premiers temps de l’empire, l’impôt direct foncier ne fut pas établi d une manière uniforme dans toutes les provinces stipendiaires ou tributaires2. Certaines d’entre elles payaient en nature le cinquième ou le dixième du produit 3. Les autres, comme la Pannonie au temps de Trajan, devaient une certaine somme d’argent, fixée d’après l’estimation du sol \ On distinguait à cet égard cinq classes de terrain : les terres labourables de premier et de second degré, les prés, les forets glandifères et les bois taillis ou à pâturage5. Chaque immeuble supportait par jugerum un vectigal déterminé d’après son degré de fertilité. Pour éviter les fausses déclarations, les agents du fisc pouvaient procéder au mesurage et à l’estimation [CENSUS, CAPUT, TRIBOTUM, CAPITATIO]. G. HUMBERT. ARX. — Citadelle d’une ville, forteresse bâtie sur une
hauteur [acropolis, munitio].
ARYBALLOS (’ApuëaXXoç). — Beaucoup de noms de vases grecs sont tirés du verbe àpéio », qui signifie puiser, et ces noms indiquent quelle était leur destination. On trouve ceux de ràpéêaXXo; et de l’apuxatva plusieurs fois rapprochés l’un de l’autre: Pollux 2 les mentionne ensemble comme des vases servant dans les bains; dans la scène des Chevaliers d’Aristophane 3 où le charcutier renchérit sur chacune des paroles de Cléon, celui-ci prétendant axoii au en songe Minerve versant d’une àpuxatva sur la tête du Peuple la richesse et la santé, le charcutier aussitôt affirme qu’il a vu, lui aussi, la déesse, et qu’elle répandait l’ambroisie sur sa tête au moyen d’un dpuëaXXoç ; ce second vase était donc d’une capacité plus grande, et 1 on voit par ce passage de quelle manière on se servait de 1 un et de 1 autre, soit dans les bains, soit ailleurs. On le voit encoie par le trait qui termine, dans les Caractères de Théophraste , la peinture de Y Impudent: il va aux bains, remplit à la chaudière une dpuTotiva, pour s en arroser lui-même , malgré les cris du baigneur, et s’en va en disant qu il ne lui est redevable de rien. On voit dans quelques représentations de bains antiques, des vases servant à une opération semblable. Celui que l’on voit(fig. 542), d’après un vase peint 5 est d’assez grande dimension pour qu’on puisse le considérer comme un àpûëaX- Xoç, si on le compare à d’autres, de forme analogue, mais beaucoup plus petits , dont se servent des hommes, de la même manière que le personnage dont parle Théophraste, dans une scène de bains représentée (fig. 543) sur un vase du musée de Leyde 6 ; ceux-ci seraient dans ce cas des àpuxatvai. Tous ces vases répondent par leur forme à la définition que donne Athénée 7 de l’àpû-
GRAmiE. Walter, tleschichte des rdntisch. Rechts, 3= éd. Bonh; 1860, I, S 326 ; Savignv, Yermischte Schriften, II. p. 166 et s. Berlin, 1850 ; Huschke, Ueber den Census vnd die Steuerverfassung des fr. Kaiserzeit. Berlin, 1847, p. 84 et s.; Becker-Matquardt, Handbuch der rôMisch. Alterthümer, Leipzig, 1853, III, 2, p. 178 et s. ; Bureau de la Malle, Économie politique des Romains, Paris, 1840, 1, p. 176 ; 11, 418, 434.
ARYlî ALl.OS. 1 Stephan. Thés. ling. gr. s. v. ; Casaub. ad Thcophr. Char. 9. — 2 VII, 166; X, 63. — 3 Equit. 1090 et s. — 4 L. c. — 3 tischbeiii, Vas. d’Hvmilton, pl. 57.— 7 Elite des monun 1. cérani. — 6 Boulez; l'oSeS de Leyde. — ~ XI, p. 783 F.
ARY
AS
êaXXoç : un vase large à sa case, étroit vers le haut, ressemblant à une bourse serrée à son ouverture8. On peut
Fig. 543. Grecs au bain.
d’autre part, remarquer la ressemblance avec une bourse, que présente une grosse ampoule (fig. 544), suspendue à
I ig. 544. Vase d'huile, auprès d’un lutteur étrusque.
côté d'un pyrrichiste, dans une peinture d’un tombeau étrusque, représentant des jeux funèbres 9. Son emploi est indiqué par la place qu’on lui a donnée auprès d’un des lutteurs : elle contenait l’huile avec laquelle ils s’oignaient ; sa dimension est au moins égale à celle de la tête du personnage auprès duquel elle est suspendue. Si le nom d'àpiêotXXo ; était adopté pour ce vase, on pourrait appliquer celui d’àpûxouva ou d’àfuêaXî* 10 aux petits vases de même forme (fig. 545) qui sont si nombreux dans les musées u. E. Saglio.
ARYSTICHOS(’Apu<mxoç) et ARYSTER (’Apuirxrjp).— Nom dérivé de <£puo>, comme aryballos, et qui s’applique à des vases dont la forme pouvait varier, mais qui servaient tous à puiser et à verser le vin (àyfdôt egxi w èotiv àpûa«ffO«i, xoxuXr, -q xuocôo;. ’Apuaxtyouç, xc'j; oîvoyoou; Xiy£i '). Le scholiaste ajoute qu’on appelait le même vase sipjêoç, peut-être parce
R Et il ajoute que les bourses étaient quelquefois appelées ApûSa*Xoi, à cause de cette ressemblance; cf. Schol. Aristoph. Equit. 1094 ; et pour l’èçi Galen. De usu part. III, p. 553 L. — 9 Mon. ined. dell’ Inst. arch. 1850, pl. xvi. — 10 Hesych. imSakiba. XiixoOov Acj5.tE.X5, si St [uxçmmov. — H Celui-ci est la reproduction d’uti modèle du musée du Louvre. — Bibliographie. L'ssiug, De nominibus vasorum graecorum, Hauniae, 1844, p. 105; Krause, Angeiologie , Halle, 1854, p. 382, 405 et s.; O. Jahn, Vasensammlung in der Pinakothek zu München, Miinch. 1854, p. xcvn.
ARVSTICHOS. 1 Schol. Aristoph. Vesp. 855. — * Athcn. X, p. 424 c, e; XI,
que l’office de mêler et de verser le vin était souvent réservé à de jeunes garçons 2; et laëadtxotx-q, peut-être comme l’explique M. Ussing, d’après un passage de Pollux3, parce que le nom de xoîx-q était quelquefois donné aux vases et aux corbeilles dans lesquels on puisait pour prendre la nourriture; le vase que l’on plongeait dans les cratères ou les bassins servant à tremper le vin, comme on le voit dans les figures tirées de vases peints, au mot pocillator, pouvaient donc être appelés Iptêaffixoïxat \
’Apuuxrjp, OU dtpuxvjp, apunxiç, àpuaâvr,, otvvjpurit;, mots de même formation, peuvent être considérés comme autant de synonymes \ E. S.
AS. — Nom de l’unité monétaire du bronze chez les Romains.
Chez les Romains primitifs, comme chez les Grecs d’Homère et chez tous les peuples aryens à leur origine, où la vie pastorale a joué un si grand rôle, nonseulement la monnaie était inconnue, mais ce n’étaient même pas les métaux qui formaient la matière principale des échanges. La valeur des choses s’estimait et se payait en bétail ( pecus ), d’où vint le mot pecunia, conservé plus tard pour désigner le signe des échanges commerciaux '. Dans tous les fragments parvenus jusqu’à nous des lois les plus anciennes de la république, le taux des amendes est fixé en bœufs ou en moutons, et ce n’est que relativement assez tard qu’on y voit apparaître une taxation en sommes monnayées ou même en poids de métal *. Mais quand le peuple romain eut étendu quelque peu ses relations extérieures, l’exemple de nations plus avancées dans la civilisation lui fit comprendre les avantages que les métaux présentaient sur le bétail comme instrument commun des échanges. L’or à ces époques était presque inconnu en I Italie ; l’argent, surtout dans les contrées septentrionales et centrales, était extrêmement rare; le cuivre, au contraire, se trouvait en grande abondance et était mis en œuvre pour beaucoup d’usages. Ce fut donc ce métal que les Romains, comme les autres Italiotes, choisirent pour être le régulateur de la valeur des choses. Ce n était point encore une monnaie ; le cuivre circulait en lingots informes, mais d’un poids assez régulier, pour sa valeur commerciale, et le poids s’en vérifiait à chaque transaction à l’aide de la balance. Les traces de cet état de choses se sont conservées dans la langue latine, où le mot aestimare dérive certainement de aes, « le bronze, » et dans le droit romain par la forme symbolique de la mancipation per aes et libram, laquelle n’était qu’une vente simulée où le morceau de bronze avec lequel on touchait la balance, raudus , raudusculum, représentait l’ancien aes rude 3. On a trouvé dans diverses parties de l’Italie centrale des masses assez considérables de cet aes rude primitif, qui donne à l’analyse un alliage supérieur à celui du bronze romain des époques postérieures :
Cuivre . • 93.70
Etain . • • 6-30
Au reste, dans certaines offrandes religieuses, comme
p. 469 a; Ussing, De nomin, tins, graec. p. 107. — 3 Poil. X, 91 ; Ussing, l. I. ; cl. Stephan. Thesaur. s. v. ; Panofka, Cabinet Pourtalès, XXXIV, 2.— * Ati
toÿ iu-Salvciv xàç usera;. — - 9 Stepha., Ussing, /. /.
AS. » Varro, De ling. lat. V, 19 ; Columel. De re rust. 6 ; Fest. De verb. sign. p. 213, éd. Lindemann; cf. Marquardt, Handb. der rôm. Alterth. III, 2, p. 3.
2 Best. p. 202 ; Cic. De republ. II, 9, 16 ; Varr. De re rust. II, 1 ; Plin. XXXIII, 1,
7; cf. Lange, Rôm. Alterth. t. I, p. 455 et s. — 3 Mommsen, Gesch. des rôm. Münswesens, p. 170.
dans les formules du droit traditionnel, il semble que 1 emploi de l’aes rude, par imitation des mœurs anciennes, se soit conservé longtemps après l’invention de la monnaie ; car les lingots informes de bronze, dont on trouva 1,200 livres, il y a quelques années, dans la source sacree des j4 quae Apollinares, aux environs de Rome \ présentent dans leur alliage une certaine quantité de zinc, métal qui ne fut mis en œuvre chez les Romains qu’aux premiers temps de l’empire. Il est à remarquer que les fragments de cet aes rude d’imitation n’ont pas un poids exactement régulier, tandis que les lingots du véritable aes rude primitif ont été coupés d’après des tailles exactes qui vont de 2 livres à 2 onces \ C’était en effet sur l'étalon de la livre romaine de 325 gr., 453 [libra], divisée en 12 onces, que se comptaient le poids et la valeur du cuivre circulant comme marchandise préférée pour les échanges.
Fig. 546. Quincussis en
lous cas il est incontestable que le premier aes signatum ne fut pas à proprement parler une monnaie, c’est-à-dire une lentille métallique facile à transporter, mais consista dans des lingots aplatis de forme carrée longue, avec une ligure sur chacune des faces, d une iorte dimension et d’un poids considérable. Un certain nombre de ces lingots, que l’on pourrait appeler des tuiles de bronze, se sont conservés jusqu’à nous (fig. 546). Ils pèsent tous environ 5 livres romaines 9; pour les poids inférieurs, on se servait d’oes rude, de morceaux taillés dans les grands lingots et portant une partie de leur empreinte (fig. 547), ou de lingots réguliers de forme cubique ou elliptique, sans
Fig. 548. Quincussis en lingot avec la ligure d’un
mouton ou le porc (fig. 548) ”, images qui rappelaient 1 ancien mode d’échanges et l’origine du mot pecunia. Il n’en existe qu’un très-petit nombre de style vraiment archaïque,
s Marchi, La stipe iributata alleacque Apollinari, Rome, 1852. — 8 Bull, de l'Inst. arch. 1838, p. 65-70 ; Gennarelli, Moneta primitiva, p. 93. — 8 l’iin. Hist. nat. XVIII, 3, 12; Fest. p. 246. — 7 Aur. Vict .De vir. illustr. VII, 8. —8 Mommsen, Op. c. p. 171 et s.
Dans un semblable emploi du métal, 1 Étal ne donnai! ni garantie ni contrôle; les opérations étaient purement privées. Cependant le besoin se fit sentir, pour faciliter les transactions et éviter la pesée continuellement répétée de Vaes rude, de suivre l’exemple des Grecs, en marquant sur les lingots une empreinte déterminée qui fournît une garantie officielle de l’exactitude du poids. 11 est impossible de déterminer positivement à quelle époque on commença à le faire. La tradition romaine prétendait que Servius Tullius était le premier qui eût fait placer une empreinte sur le bronze ( prirnus signavit aes)6, comme elle lui attribuait l’établissement des poids et mesures 7; mais cette tradition est sans autorité, comme toutes celles qui mentionnent des monnaies à l’époque des rois8. La substitution de Vaes signatum à Vaes rude fut certainement assez longtemps postérieure à la révolution républicaine. En
ingot (réduit au quart).
types, avec de simples signes de valeurs dont les poids s'échelonnaient depuis une livre jusqu’à une once ,ü. Les
Fig. 547. Morceau du poids d'un as coupé dans un lingot carré (réduit au quart;.
plus anciens de ces lingots avaient pour types le bœuf, le
et ceux-là portent la figure du bœuf n. La plupart de ceux que renferment nos collections et dont les types sont extrêmement variés l3, n’ont pu être exécutés qu’à une
— 9 Mommsen, p. 229 et 230. — 10 Gennarelli, Moneta prim., p. 11 ; Mommsen, p. 171.
— 11 Varr. De re rust. II, 1 ; Plin. XVIII, 3, 12 ; Plut. Poplic. 11. — Lenormant et de Witte, Élite des monum céramogr. t. I, p. xxxix. — 16 Mommsen, p. 172,
AS
AS
époque florissante de l'art. On n'est pas seulement amené à cette conclusion parce que la forme et lo mouvement des animaux y sont accentués dans le sentiment de la nature : les mêmes qualités se retrouvent dans les productions des arts de l’Orient, dont le développement n'a jamais été complet. Mais c’est la liberté de la main, le sentiment des raccourcis, l’intelligence du relief, qui excluent dans ces pièces énormes l’idée d’une manière primitive. D’ailleurs il en est dont les types font d'une manière évidente allusion à la victoire de L. Papirius Cursor sur les Samnites en 295 avant notre ère u, et même à la défaite de Pyrrhus en 275 15 (flg. 548). 11 est donc certain que tant que la monnaie de bronze romaine conserva un poids correspondant à sa valeur nominale, même après que l'on eut commencé à couler de véritables monnaies de forme lenticulaire, on fabriqua, dans certaines circonstances, de ces grands lingots quadrilatères, qui avaient, dans Yaerarium, l’avantage de permettre l’entassement d'une plus grande quantité de métal dans un espace restreint.
L’adoption légale et officielle du signe métallique des échanges et de l’aes signatum, apparaît pour la première fois dans la loi Aternia-Tarpeïa, rendue en 454 av. J.-C., qui fixait un taux de valeur en cuivre, au moyen duquel on pouvait remplacer les bestiaux qui servaient auparavant à payer les amendes 18. Gette première tentative réussit médiocrement, car deux ans après il fallut renouveler la même disposition par la loi Menenia-Sestia '‘.Ce ne fut enfin que la loi Julia Papiria, rendue en 430 av. J.-C., qui remplaça définitivement les payements en têtes de bétail par des payements en cuivre ,s. 11 est probable que l’influence des Décemvirs eut une part considérable dans cette révolution. Les auteurs de la loi des Douze Tables imitaient, autant qu’ils le pouvaient, la conduite et la législation de Solon ; comme ce grand homme avait définitivement établi le monnayage à Athènes, en fixant l’équivalent en argent des amendes que Dracon avait établies en bestiaux 19, ils durent vouloir en faire autant à Rome20.
Au temps des Décemvirs et des lois Aternia-Tarpeïa et Menenia-Sestia, c’était évidemment encore de lingots quadrilatères qu’on se servait dans le commerce et dans le payement des amendes. La loi Julia Papiria marque peut-être le début d’une véritable monnaie chez les Romains. En effet, les plus anciennes pièces de forme lenticulaire fondues dans la cité de Romulus ne sauraient être antérieures à cette époque 21 . Elles ont été certainement imitées des monnaies grecques, mais non des monnaies primitives ayant au revers le carré creux ou bien un type incus [moneta, 4e section]. Les modèles copiés par les plus vieux monétaires romains ont été des pièces frappées sur un flan régulier et décorées des deux côtés de figures en haut relief. Qu’on examine avec attention les as en apparence les plus grossiers, on y trouvera toutes les qualités qui appartiennent essentiellement aux monnaies de la grande époque et à l’art le plus avancé. La lentille en est d’une belle forme, renflée vers le centre, s’amincissant vers les bords ; le relief des figures est ferme, savant, et les raccourcis conformes aux lois de la perspective. La couronne de Jupiter sur le semis, le casque de Minerve sur le triens et celui de Rome sur Y once, la peau de lion qui recouvre la tête d'Hercule
H Lenormant et de Witte, Op. I. t. 1, pl. lviii. — 13 Riccio, Monde delle famiglie romane, pl. lxvi*. — 6 Cic. De rep. II, 35 ; Dio Cass. X, 50, 17 Cic. I. c.; Tit. Lit. IV, 30; Fest. p. 202. — 18 Fest. p. 237. —
sur le (juadrans, le pétase ailé de Mercure sur le sextans , sont ajustés avec la noblesse délicate, la grâce lacile qui n’appartiennent qu’aux beaux temps de l’art. Ces pièces, il est vrai, et surtout les as, présentent une apparence de rudesse (flg. 549), mais cette rudesse même n’est point le
Fig. 549. As libralis romain coulé (grandeur de l’original).
résultat de l’inexpérience; celui qui a modelé les cheveux et la barbe des têtes de Janus les plus grossières, aurait été certainement capable d’exécuter un travail plus complet et plus soigné : le procédé qu’il a mis en pratique et qui consistait à masser les ondulations de la chevelure et même la convexité des yeux, au moyen de boulettes de cire ou d’argile posées sur le relief de la tête, dénote une main qui se joue des difficultés de l’art. Un tel développement n’a jamais appartenu et n’a jamais pu appartenir qu’à l’art grec, et cela par suite de l'influence des écoles rivales de Phidias et de Polyclète. Ce n’est donc pas avant les dernières années de la vie de Périclès, mort en 429 av. J.-C., que les modèles de l’art perfectionné purent pénétrer dans l’Italie moyenne et être imités à Rome. Or cette date, que viennent de nous fournir d’une manière positive les indications de l’art, coïncide exactement avec celle de la loi Julia Papiria.
La monnaie dont nous avons ainsi déterminé l'époque initiale, reçut le nom d’as, vieux mot des langues italiotes qui signifiait solidum, comme nous l’apprend Volusius Maecia-
19 Pollux, IX, 61 ; Plut. Sol. 23; cf. Boeckh, Metrologische Untersuchungen, p. 122. — 50 Mommsen, p. 176. — *1 Lenormant et île Witte, Op. I. t. I. p. xxx et suiv.
AS
AS
nus1*, apparenté au sanscrit ayas, ayant le sens de «totalité», et par conséquent désignait la pièce complète, 1 unité du système monétaire 23. Les auteurs ancienss aecordentpoui dire qu’elle avait exactement le poids de la livre romaine de L2 onces ou 288 scrupules 2\ et à cause de cela nomment cette première monnaie as hbrahs ou libranus. Mais auc un des as romains, même les plus anciens, n atteint ce taux , ils pèsent de H à 9 onces pondérales, ou en moyenne 10 onces 2S. M. Mommsen a fort bien expliqué ce poids par une première réduction de la livre de bronze, dans son passage de l’état d’aes rude ou de gros lingots quadrilatères, circulant pour leur poids, à l’état de véritable monnaie 26. 11 a de plus montré que cette réduction avait été opérée pour faire équivaloir l’as de bronze avec un poids exact d argent, métal qui n’était pas encore officiellement frappé, mais dont une certaine quantité circulait déjà à Rome comme marchandise, à l’état de monnaies étrangères 21 ou de lingots 28 . En effet, avec le rapport de 250 à 1 qui régnait dans la Sicile et presque toute l’Italie entre la valeur de l’argent et la valeur réelle du bronze, 10 onces de ce
métal correspondaient rigoureusement à — de livre ou un scrupule d’argent. Cette combinaison était établie sur le modèle du système mixte par lequel les Syracusains et les autres Grecs de Sicile avaient essayé de concilier le système monétaire grec, dont l’argent constituait la base, et l’antique usage italiote, d’après lequel le cuivre était l’étalon de la valeur des choses [litra]. Le système sicilien exerça une influence prépondérante à Rome sur les débuts du monnayage. C’est de là que vint le mot de nummus ap pliqué d'une manière générale à toute espèce de monnaie, et d’une manière spéciale au sesterce, qui correspondait au nummus syracusain; c’est de là également que lut empruntée la division primitive du sesterce ou nummus en 10 libellae, répondant aux litrae syracusaines. L as originaire de Rome était donc une litra ou livre de bronze, taillée de manière à correspondre à un nummus d argent, comme à Syracuse avant la réduction de Denys 1 Ancien, avec la seule différence que le nummus n’était pas encore une monnaie officielle, mais une simple valeur commerciale.
11 semble, du reste, que les Romains, pour la taille de leurs as, ne s’étaient pas bornés à adopter un poids conventionnel, mis en rapport comme valeur avec le scrupule d’argent, mais qu’ils avaient pris une livre équivalente
aux - de leur propre livre, laquelle était en usage, soit dans les cités latines, soit chez quelques autres peuples voisins, et se trouvait justement fournir le résultat qu'ils voulaient ‘obtenir 29.
Dans tous les cas, la division de l'as, comme la combinaison de cette monnaie, est d’origine sicilienne et calquée sur la division de la litra de Syracuse. Elle fournit en effet l’échelle suivante :
comme celle de la litra :
1 as decunx
semis
quincunx
— triens
1 Xttpot..
— osxtoyxtov.
^ ■fy.Gvèrpiov.
— TTEVtlOyXlOV.
1 xstpaç.
2* De asse , 1. — 53 Mommsen, p. ISS. — - ‘ VaiT. De re rust. I, 10, 2; ld. De lino. lat. V, 169 ; 174; 182 ; Paul. p. 98 ; Fest. p. 347 ; Flirt; XXXIU, 3, 44 ; Volus. Haecian. 74. — 23 Mommsen, p. 192 ; Hultsch. Griech. und rôm. Métrologie ; p, 192. 26 Mommsen, p. 196-207. — 27 FeSt. p. 173 et 246. — 2* Varr. Ap ; Non.
^ quadrans
■f- sextans
r- uncia
— semuncia.
fi
Ti £’aç‘
1 ooyxt*.
Les tailles du decunx , du quincunx et de la semuncia n’ont jamais été monnayées à Rome, mais on les rencontre dans plusieurs des cités italiotes qui avaient adopté le système de l’as 30.
Les signes qui marquaient ces valeurs sur les monnaies étaient :
As . | ou rarement Q (au temps du poids
libral exclusivement).
Semis. . . .
Quincunx.
Triens . . .
Quadrans.
Sextans. .
Uncia. . . .
Semuncia.
11 y avait aussi une autre division de l’as en un beaucoup plus grand nombre de parties, mais celle-là purement théorique et servant seulement au calcul des intérêts centésimaux, ou de 1 p. 100 par mois, 12 p. 100 par an 31 . La voici, avec les sigles qui y correspondent. Celles-ci s’employaient dans les comptes, et ne se marquaient pas sur les monnaies.
1 As .
— Deunx . .
1 u Dextans 32 . .
— Dodrans 33 . .
- B es 34 .
L Septunx .
- Semis .
— Quincunx . .
- Triens .
— Quadrans .
~ Sextans .
Sesrunnia 3> .