TT
— Uncia . . . . . .
4 Semuncia . .
— Tertiüla .
- Sicilicus . ; .
- Sextula .
Dimidia sextula.
A- Scriptulum .
MUrc. p. 336 ; îit. Liv. I, 33 et 33 ; X, 46. — 22 Hultsch, Op. c. p. 194. — 30 Mommsen, p. 187. — 31 Volus. Maecian. De asse, 43 ; Mommsen, p. 188 et s. — 32 Contraction pour desextans. — 33 Contraction pour de quadrans. — 3* Bi-as = dune partes ; — 33 Contraction pour semisqueuncia.
AS
AS
Plus tard, on laissa tomber en désuétude les divisions intermédiaires entre la semuncia et le scriptulum, et toutes les fois qu’on voulait exprimer une somme inférieure à une demi-once, on la comptait en seriptules on scrupules 3S. Yarron, lui, n’avait pas voulu employer de division inférieure à la sextula 37 .
Je viens de dire que le système de ces fractions de 1 as n’avait jamais eu d’existence monétaire réelle. Ceci est généralement vrai, sauf quelques bien rares exceptions. Le monétaire C. Cassius, dans la première moitié du vu0 siècle de Rome, a fait, on ne sait dans quelle intention, monnayer le dodrans et le bes, en les marquant des signes S . et S 38- Dans la colonie de Paestum, on a
frappé une fois la sescuncia , marquée : ^ 39.
On donnait des noms particuliers aux différents multiples de l’as, dont quelques-uns ont été frappés en une seule pièce dans la période postérieure, et dont les autres n’ont jamais été que de simples monnaies de compte. Deux as s’appelaient dupondius, 3 tressis, 4 quadrussis, o quinquessis ou quincussis, et ainsi de suite jusqu à 100, centussis *°. Les multiples de l’as se marquaient dans les comptes et sur les espèces monétaires par la série des chiffres ordinaires alors en usage à Rome, c’est-à-dire jusqu’à quatre par la répétition du signe | , et au delà par l’emploi des chiffres v, X, 4 . C, combinés entre eux et avec le signe de l’unité.
Les as de 10 onces ou asses librales, et leurs divisions, étaient coulés, car l’outillage des anciens ne permettait pas de frapper d’aussi fortes pièces [moneta, 4° section!. Cependant on rencontre des exemplaires des deux plus petites divisions monnayées, du sextans et de 1 once, qui, bien qu’appartenant à cette série, ont été Irappés au marteau, d'après lusage constant des Grecs, qui avaient seni de modèles aux Romains 41 .
Le métal en est, comme composition, déjà inférieur à Yaes rude primitif dont nous avons donné plus haut l’analyse. Il offre des proportions d’alliage qui se maintiendront ensuite sans variation sérieuse jusqu’à l'époque d'Auguste ; le cuivre y est uni à une proportion de 5 à 8 p. 100 d’étain et de 16 à 29 p. 100 de plomb 42 .
Toutes les monnaies de bronze romaines, aussi bien dans l’âge de l’as libralis que dans les âges postérieurs, portent des signes indicatifs de leur valeur ; j’ai donné ces signes. Ils se réduisent à quatre éléments, | pour 1 as, 5 pour le semis, pour l’once un globule autant de fois répété que la pièce comprend d'onces entre 1 et 6, enfin ^ pour la semuncia.
Le type du revers est constamment une proue de navire appelée ratis, d’où venait à ces monnaies le nom de ratites w. Quant au droit, la tête qui y était figurée variait suivant la nature des pièces 44. L as portait celle de Janus et le semis celle de Jupiter, d’après le dicton proverbial, penes Januni prima, penes Jovern summa sur le triens on voyait Minerve, inventrice des nombres ; sur le quadrans Hercule, protecteur des fortunes; sur le sextans Mercure,
36 Mommsen, p. 190, note 67.— 37 De ling. lut. V, 17). —38 Cohen, Méd. consulaires, pi. LH, Cassid, n°» 2 et 3. — 39 Carelli, Num. Ital. vet. pi. cxx, n» 66. 40 Varr .De ling. lat. Y, 169 et 170.-4* Mommsen, p. 186. — 42 Phillips, London Chem. Soc. journal, t. IV, p. 265 et s.; Wühler, Ann. der Chemie, t. LXXXl, «06 et s. ; Gôbel, Ueber den Einfluss der Chemie auf die Ermittelung der Voilier, p. 29 ; Mommsen, p. 191.— *3 Plin. XXXIII, 3, 45 ; Plut. Quaest. rom. 41 ; Fest. p. 274. -44 Eckhel, Doctr. num. vet. t. V, p. H et s.; Mommsen, p. 184. — 45 Varr.
patron du commerce ; enfin sur l’once la déesse Rome 46, fortune tutélaire de la ville de ce nom.
L’as libralis circulant encore pour sa valeur réelle, dans toutes les transactions importantes, on le pesait, bien qu'il portât une marque qui garantissait l’exactitude de son poids 47. De là et de sa grande pesanteur lui venait l’appellation d’aes grave 48. C’était une monnaie fort incommode dès qu’il s’agissait de payements un peu considérables, et Tite-Live décrit les agents du trésor, aes grave plauslris ad aerarium convehentes 49.
Cependant, ce système incommode de Yaes grave, en l’absence d’une masse d’argent suffisante dans la circulation, ne fut pas limité à Rome, mais se répandit dans toute l’Italie moyenne, dans le Latium, l’Étrurie, l’Ombrie et le Picenum. Les as d’aucune de ces contrées ne paraissent antérieurs à ceux de Rome, qui aurait par conséquent donné le premier exemple du système. On peut, du reste, indiquer avec une certitude presque complète l’époque d’émission du plus grand nombre des séries d’as italiques.
Les as du Latium se divisent en deux groupes bien distincts, ceux où les artistes se sont attachés à reproduire la tète de la déesse Rome, avec d’autres emblèmes propres à rappeler la puissance des Romains 60, et ceux où se remarque l'introduction de types entièrement nouveaux, qui semblent protester contre la tyrannie des conquérants de l’Italie 81 . Les monnaies du premier groupe ont dû être frappées peu de temps avant la prise de Rome par les Gaulois, quand la confédération Latine était paisiblement soumise au peuple des Quirites. Celles du second groupe se rattachent aux deux révoltes successives des Latins, dont l'une, commencée à la première nouvelle du succès des Gaulois32, ne fut terminée qu’en 359 av. J.-C. par un traité de paix S:), et dont l’autre, débutant en 340 64 et finissant en 338 par la soumission définitive du Latium 5b, éclata au milieu des complications de la guerre des Samnites bb.
Le style des as du Latium est généralement très-pur, et le travail s'y distingue par autant de soin que d'élégance (fig. 550). Sous ce rapport, les as latins offrent un contraste complet avec ceux de Rome. On peut, croyons-nous, rendre un compte satisfaisant de ce contraste. La rudesse des as romains était certainement affectée. Le talent et l’expérience des artistes qui en ont exécuté les matrices, percent, ainsi que nous l’avons dit plus haut, malgré l’affectation de négligence qui caractérise leur travail. Rome n’était cependant, à l’époque où ces as furent fabriqués, ni assiégée, ni pressée par ses ennemis. Dans les années qui précédèrent l’expédition des Gaulois, et depuis cette expédition jusqu’à celle d’Annibal, elle n’a pu être réduite à fabriquer une monnaie imparfaite, comme sont les pièces obsidionales. Mais la rudesse des Romains entrait dans leur politique : ils repoussaient les arts qui énervent les courages et corrompent les mœurs ; ils ne devaient donc employer les artistes monétaires qu’en leur imposant de reproduire dans leur travail quelque chose de l’austérité nationale. Chez les Latins, au contraire, les mœurs étaient
ap. Augustin. l)e cio. Dei, VU, 9. — 46 pinder, Antik. Münz. des kônigl. Mus. zu Berlin, p. 96. — 41 Plin. XXIII, 3, 42; Gai. Instit. I, 122; Paul. p. 98. — 48 Cf. Grunov. De sestert. p. 534 ; Perizon. De aere gravi, p. 419 et s. ; Bœckh, Metr. Untersuch. p. 383 et s. — 49 Tit. Liv. IV, 00.— BOMarchi etTessieri, L’aes grave del museo Kircher., cl. 1, pl. iv, v, vm. - 81 Ib. cl. I, pl. vi, vu, îx, x, xi. — 62 Tit. Liv. VI, 2 ; VII, 11 et 32. — 83 Tit. Liv. VII, 12. — 84 Tit. Liv. VIII, 3, 6 et 9. — 83 Tit. Liv. VIII, 12. — S6 Lenormant et de Witte, Op. c. t. I, p. xxxm et s.
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plus portées à la mollesse et aux plaisirs ; l’histoire des joueurs de flûte de Rome, réfugiés à Tibur en 311 av. J.-C. "1 , cjui précisément se rapporte à une période très-voisine de
Fig. 550. As libralis du Latium.
celle où nous nous sommes circonscrits, donne une idée frappante de ce contraste des mœurs latines et romaines. Sur la fin de leur lutte nationale, les Latins entretinrent des rapports intimes avec les Campaniens 58, chez lesquels l’art grec régnait alors dans toute sa puissance. Les as du Latium, malgré la grossièreté du procédé de fusion, n’offrent pas moins de correction et de pureté dans le caractère des têtes que les monnaies frappées peu après pour les Romains dans la Campanie [denarius].
Les as de l'Étrurie ne sont pas d’une attribution facile, à part ceux de Volaterræ, qui portent tout au long le nom étrusque de cette ville59 (fig. 549). 11 estvraique les as de Yolaterrae et leurs divisions sont d’un poids fort inférieur au reste de Yaes grave de l’Etrurie, ce qui indique une époque plus récente de fabrication ; et, en effet, les autres monuments qu’on découvre en grand nombre dans les tombeaux de Yolterra paraissent appartenir à des temps où l’Etrurie approchait de sa dernière décadence. Quant aux autres as de la même contrée, ils sont anépigraphes,
57 Tit. Liv. IX, 30. — 58 Tit. Liv. VIII, 3 et 6. — 59 Marchi et Tessieri, L’aea
comme ceux du Latium, qui en cela se conforment à l’usage romain, ou bien on n’y voit que des lettres isolées, parmi lesquelles on distingue les initiales de Caviars, l’ancien nom de Clusium 60, de Télamon 61 , etc. En général, les as étrusques étant plus plats et décorés d’ornements plus simples que ceux du Latium, on est porté à leur attribuer une antiquité plus reculée; mais le poids, qui en est assez faible, si on le compare aux plus anciens as ro-
Fig. 551. As libralis de Volaterra. (Grandeur de l’original.)
mains, prouve que cette apparence de grande antiquité est illusoire; et d’ailleurs les ornements, quoique simples, sont traités avec une pureté de goût qui dénote la plus belle époque de l’art. Les termes de la fabrication des as dans le Latium doivent donc s’appliquer sans beaucoup de différence àl’Étrurie.
Véïes ne fut détruite qu’un petit nombre d’années avant la conquête de Rome par les Gaulois ; les Étrusques ayant abandonné la ville de Véïes à son propre sort, la lutte sérieuse et générale de ce peuple contre les Romains ne commença que plus tard, quand les Étrusques, encouragés d’ailleurs par le désastre que Rome venait de subir, s’aperçurent des dangers sérieux que les progrès de la puissance romaine faisaient courir à leur indépendance. Le triomphe des Romains sur les habitants de Yulsinium et de Vulci, qui eut lieu 280 ans avant notre ère, fut le dernier événement mémorable de cette lutte d’un siècle, pendant laquelle les Étrusques disputèrent pied à pied le sol national, et c’est à la même limite que l’on doit placer
grave, cl. I, pl. 1. — 60 /j. c]. ni, pl. ix. — 61 Ib. cl. V, pl. v, n°« 19 et 2ü.
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(sauf en ce qui concerne Yolaterræ) la fin de l’émission de la monnaie pesante dans cette contrée 6S.
Pour ce. qui est des as de l’Ombrie, ils forment deux séries distinctes et toutes deux indubitables, il cause de la reproduction intégrale du nom des villes qui les ont fait frapper. Ces deux séries offrent au premier aspect un contraste complet. Les as de Tuder 63 sont exécutés avec une fermeté, une finesse, une correction extraordinaires, si l'on se rapporte à la position méditerranée, et distante de tout établissement grec connu, de la ville qui les a fait fabriquer (fig. 552). Ceux d’Iguvium6*, au contraire, sont les plus sim-
Fig. 552. As libralis de Tuder.
pies et les plus rudes que nous possédions. Cependant le résultat de la pesée vient ici, comme pour les as étrusques, détruire les apparences ; les as d'Iguvium sont, en effet, moins pesants que les plus anciens de Tuder ; les chances d’antiquité comparative sont donc en faveur de la monnaie la plus élégante et la plus pure. Au reste, si l’on s’explique. difficilement, dans le silence des historiens, comment l'art, sous sa plus belle forme, a pu régner à Tuder, on comprend sans peine qu'un pays tel qu’Iguvium, reculé bien plus avant dans les gorges de l’Apennin, n'ait pour ainsi dire aucunement participé au développement qui initiait l’Italie centrale aux secrets de l’élégance hellénique.
62 Lenormant et de Witte, Op. I. t. I, p. xxxv ; Mommsen, p. 219-224. — 63 Marchi et Tessieri, Op. c. cl. II, pl. i et n. — 6V Ib. cl. Il, pl. ni et iv. — 63 Lenormant
Quant à l’époque qu'il faut assignera l’émission des as de l'Ombrie, aucune raison plausible n’empêche de s’en tenir aux termes assignés à la fabrication de la même monnaie en Étrurie et dans le Latium. On possède peu de renseignements sur l’histoire de l’ancienne Ombrie ; mais il suffit de savoir que cette contrée s’associa à la lutte de l’Étrurie contre les Romains, pour reconnaître que chez les Ombriens, comme chez les Étrusques, les mêmes causes durent amener les mêmes effets. La grande révolte et la défaite des Ombriens eurent lieu dans 1 année 321 av. J.-C. ; ils reprirent les armes, sans plus de succès, vingt-six ans plus tard. C’est vers une de ces époques que l’aes grave a dû apparaître dans cette partie de la Péninsule. Peut-être même, parmi les as de Tuder, devrait-on penser que les plus pesants et les plus anciens sont contemporains des
Fig. 553. Quincunx libralis d’Ariminum.
événements de 321 , les plus légers et les plus récents de ceux de 293 6S.
Au delà de la chaîne des Apennins on rencontre, d’un côté, les as d’Ariminum 6e, sans inscription, mais dont le type et la provenance rendent l’attribution indubitable, et de l’autre, les séries d’Hadria et des Yestini 67, reconnaissables aux légendes dont elles portent l’empreinte.
Sur l as d’Ariminum et sur toutes ses divisions on voit la tète d’un guerrier gaulois, caractérisée par sa moustache et parle torques dont son col est orné68(fig. 533). Les Gaulois Sénonais chassèrent les Étrusques d’Ariminum et s’y établirent en 376 avant notre ère. L’as qui rappelle leur domination doit donc avoir paru postérieurement à cette date. D’autre part, les Romains envoyèrent, 106 ans plus tard, une co-
et du Witte, t. I, p. xxxv et xxxvi. — 66 Marchi et Tessieri, cl. IV, pl. i. — 37 Ib. cl. IV, pl. ii et in. — 68 Borghesi. dans Marchi et Tessieri, Op. c. p. 106 et suiv.
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Ionie dans la môme ville 69. C'est donc entre ces deux époques que l’on doit chercher l’occasion qui put donner lieu à l’adoption par les Gaulois d’Ariminum d’un usage que, seuls parmi leurs compatriotes, ils paraissent avoir connu. MM. Ch. Lenormantet de Witto 70 ont établi qu’une telle coïncidence n’avait pu avoir lieu que lors de la grande ligue qui réunit dans un effort commun contre les progrès de Rome les Gaulois, les Étrusques, les Samnites et les Ombriens 71 . Cette formidable confédération fut détruite à la bataille de Sentinum, l’an 295 avant notre ère; et dans les détails que Tite-Live nous fournit sur cette campagne, nous trouvons les Gaulois Senones au premier rang. A quelle époque pourrait-on placer plus convenablement l’émission des as d’Ariminum qu’à celle de cette union momentanée entre les Étrusques et les Gaulois ?
Les as d’Hadria du Picenum peuvent, à leur tour, donner
Fig. 5S4. As d’Hadria.
lieu à des observations d’une assez grande importance, pour lesquelles nous suivrons aussi ce que disent MM. Ch. Lenormant et de Witte72. Ces as sont les plus pesants que nous connaissions ; ils surpassent, à cet égard, les plus anciens as romains. La tète de face de Bacchus Pogon, dont le droit
de ces'pièces est orné (tig. 554), se distingue par une certaine gravité qui rappelle le style archaïque; cette dernière observation s’applique plus directement encore au type du trions de la même série. A voir le profil de la tête de femme empreinte sur cette pièce, on croirait que l’artiste qui l’a exécutée s’est inspiré d’un vase peint à figures noires vasa picta]. Par quel miracle le Picenum, province éloignée, qui n’entra que fort tardivement en rapport avec le monde romain, aurait-il seul conservé des monuments capables de rappeler un âge d’emploi de Vues signatum antérieur à celui où nous en trouvons des traces et des monuments à Rome et dans les pays voisins? Mais une étude plus attentive fait disparaître ces apparences d’extrême antiquité. Les as d’Hadria, comme ceux des Vestini, portent l’empreinte de lettres latines d’une belle forme, et qui s’éloignent complètement des alphabets primitifs dont les différents peuples italiotes conservèrent si religieusement la tradition. Ces lettres romaines dénotent incontestablement une époque à laquelle les habitants du Picenum subissaient déjà l’influence des Romains. Or, les Romains pénétrèrent pour la première fois dans le Picenum au commencement du in° siècle avant notre ère, dans un temps où la résistance acharnée des Samnites 7\ obligeait leurs adversaires à chercher des alliés parmi les peuples qui bornaient le Samnium au delà des Apennins. L’alliance solennelle de Rome avec les Picentins eut lieu en l’an 299; Tarente et les Samnites ayant été abattus dix-huit ans après, les Romains cessèrent de traiter leurs alliés du Picenum avec les mêmes ménagements, et ceux-ci, s’étant révoltés, subirent en 268 le joug que leur imposait la victoire 7i. Si nous appliquons aux as d’Hadria et des Yestini les règles établies ci-dessus, nous ne pourrons admettre l’existence d’aucune de ces pièces avant l’an 299 ; et dès lors il faudra voir si les arguments que nous tirions d’abord du poids et du style de ces pièces ont réellement toute la valeur qu'on sérail tenté de leur attribuer. Quant au style, il faut observer que la tête de Bacchus Pogon sur les as d'Hadria est de face, entièrement méplate, et pourtant modelée avec cette intelligence qui dénote la pratique la plus avancée de l’art ; on ne peut donc placer à une époque reculée l’exécution de cette tête.
La remarque tirée de l'archaïsme du style n’aurait une valeur réelle dans la chronologie de l’art, que si l'on pouvait faire remonter l’émission des as d’Hadria jusqu’au milieu du ve siècle avant notre ère ; autrement il importe peu que ces belles monnaies aient été exécutées dans le iv” ou au commencement du me siècle; et si une donnée historique solide, comme celle que nous venons de déduire , nous fait descendre à une époque comparativement assez récente, nous devrons attribuer alors l’apparent archaïsme des tètes à cette tendance vers la roideur des formes que nous trouvons chez tous les peuples qui sortent de la barbarie, même alors qu’ils sont initiés à la pratique du dessin par des artistes d’un goût déjà affecté et amolli. L’argument tiré du style étant ainsi | écarté, celui qui résulte du poids élevé des as d’Hadria ne conserve plus la même valeur. Les savants auteurs de l’ Æs grave del Museo Kircheriano 75 ont fait une remarque importante; ils ont fait voir que la division des as du Picenum n’était pas établie sur la même base que celle
69 Tit. Liv. XV, 8. — 70 Op. c. t. I, p. xxxvi et xxxvii. — 71 Tit. Liv. X, 27-29.
— Op. c. t. I. p. xxxvii et s. — 73 Tit. Liv. X. 10.— 71 Tit. Liv. XV, 9.— 73 P. |U>
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des as coulés de l’autre côté des Apennins; paient en 12 onces monétaires, tandis que les premiers comprenaient 1 J parties seulement.
La livre du Picenum était donc différente de la livre des as romains, latins, ombriens et étrusques; elle a pu être pluspesante,etpar conséquent les Picentins ont pu être portés u émettre des monnaies plus fortes qu'à Rome et dans l’Étrurie.
Cette observation a une grande importance pour confirmer ce que nous avons ditplus haut , d’accord avec M. Hultsch, sur le véritable caractère de la livre monétaire romaine, équivalente à 10 onces de la livre pondérale.
Puisque les Picentins ont fabriqué leur aes grave d’après une livre à eux particulière, il est clair que le poids de l'aes libralis de l’autre côté des Apennins ne devait pas être un poids purement conventionnel , mais le poids d’une livre réelle, usitée soit dans le Latium , soit dans l’Étrurie, ce qui avait fait le succès de cette monnaie dans ces deux contrées, dès que les Romains avaient commencé à en émettre.
Revenons à Rome et aux as romains. Les auteurs du temps de l’em-
ceux-ci se cou- | mismatique des époques anciennes
Fig. 555. Decussis de poids triental.
pire, assez peu au courant des questions relatives à la mi¬
le poids d’un scrupule. Un plébiscite
, prétendent que du poids appelé libralis on passa subitement et sans intermédiaires à celui d’un sextans , pendant la durée de la première guerre punique 76.
Mais les monuments sont en opposition complète avec ce rapport.
Voici ce qui résulte de leur témoignage. L’as libralis de 10 onces pondérales vit avec le temps son poids s’abaisser graduellement , jusqu’à n'être plus que de H onces 1/2. Arrivée à ce point, la diminution progressive s’arrêta subitement. Sans doute la masse d’argent que l’on ne monnayait pas encore, mais qui circulait à l'état de lingots dans le commerce et qui avait exercé, comme nous l’avons déjà dit plus haut, une si grande influence sur la fixation du poids des premiers as, avait augmenté par su i te de la conquête du Samnium et de la Campanie, et sans doute l’écart de valeur entre ce métal et le bronze avait légèrement diminué. En outre, il semble que l'on avait trouvé plus commode de donner à l’as une pesanteur moins grande que celle qu'on lui avait assignée d’abord et une équivalenceen argent autre que dut intervenir pour
76 Varr. Jje re Valer. Flacc. Ap. Paul.
I, 10, 2; De ling. lat. V, 169; 173; 174; 182; p. 98; Fest. p. 347 ; Plin. XXX1I1, 3, 44; Aul. Gell.
Noct. att. XX, 1, 13; Voliis. Mate. De anse. 46 et 74; Apul. Ap. Priscian. VI, 12, 66.
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changer 1 organisation du système des monnaies. Le poids de 1 as fut réduit à 4 onces pondérales 77, et par conséquent les anciens asses hbrales, qui se trouvaient encore en grand nombre dans la circulation, valurent désormais 2 4/2 des nouveaux asses tnentales. Quand la monnaie d’argent eut été introduite à Rome [denarius], au temps où l’as de i onces pondérales était encore en usage, le sesterce reçut la valeur de 2 4/2 de ces as et se trouva, par conséquent, équivaloir a un ancien as libralis. C’est pourquoi, dans les indications de sommes qui se rapportent aux temps immédiatement postérieurs à 1 établissement de la monnaie d argent, les écrivains antiques emploient indifféremment, pour désigner des valeurs identiques, les mots sestertius et aes grave 78.
ÏNos collections modernes possèdent un grand nombre de pièces de la série de l’as trientalis (fig. 536). Le poids n’y est pas très-régulier, et souvent excède le taux précis de 4 onces pondérales, ou lui est inférieur dans une certaine limite de tolérance. C’est dans ces fluctuations que M. le baron d’Ailly 79 a cru trouver les éléments d’une série semi-librale et d’une série quadrantale, dont l’existence distincte ne nous paraît pas suffisamment justifiée 80. Les types delà série de l’as triental sont les mêmes que dans celle de l’as libral, et tels qu’ils demeurèrent invariablement fixés tant que dura la république. L'as et ses plus fortes divisions, jusqu’aux quadrans, sont toujours coulés, le sextans et l’once toujours frappés 81. Outre les pièces que comprenait la série précédente, la série des as de 4 onces, dans les premiers temps où elle fut émise, avant l’introduction de 1 argent, offre à notre étude des multiples de l’unité, les uns fondus en lingots quadrilatères, comme un quadrussis publié par M. Riccio 82, les autres en monnaies lenticulaires analogues aux asses librales et à leurs plus fortes divisions , comme les dupondü, Cesses et decusses , dont les valeurs sont indiquées par les marques n, m et x désignant le nombre d’as auxquels correspondait chaque pièce 83. Ces dernières monnaies, fort rares du reste, et frappées évidemment dans un très-court espace de temps, ont pour types, au revers la proue du navire, et au droit la tête casquée de la déesse Rome (fig. 555), que remplace sur un decussis une victoire montée dans un bige 84. C’est sous le régime du poids triental pour l’as, qu’en
Fig. 556. As tricnlal romain.
260 av. J.-C., par la loi Fabia Ogulnia, la fabrication de la monnaie d argent fut introduite à Rome. Dès lors le bronze cessa d’être le régulateur de la valeur des choses et
le fondement du système monétaire. Ce rôle passa à i’ar-
gent depuis le consulat de Q. Ogulnius et de Caïus Fabius
jusqu'à la dictature deCésar, et à l’or depuis César jusqu'à la fin de l’empire. Pour plus de clarté nous avons préféré exposer l’ensemble de chacune des phases du système monétaire romain sous la rubrique de la monnaie qui servait d’unité et de régulateur dans chacune de ces phases. Nous renverrons donc le lecteur à l'article denarius pour l’organisation des formes du numéraire dans les derniers siècles de la république et à l’article aureus pour leur organisation sous l’empire.
Bornons-nous à dire ici que l’as subit encore, jusqu’au règne de Dioclétien où il cessa d’être en usage, 7 réductions successives :
4° A 2 onces pondérales ou un sextans, vers la fin de la première guerre punique 88 ;
2 A 1 once sous le consulat de Cn. Servilius et de C. Flaminius, l’année même de la bataille du lac Trasimène 88 ;
77 Mommsen, p. 348. — 78 ld., Ueber dns rôm. Münzwesen, p. 326 et s.; Id. Gesc/t. der rôm. Münzwesens, p. 302 ; Hultsch, Griec.h. und rôm. Aletrol. p. 205. — 79 Bist. de la monn. rom. t. I, p. 84 et s. — 80 yoy. la note du duc de Blacas, dans sa trad. de Mommsen, Hist. delà monn. rom. t. II, p. 2. — 81 Momm¬
sen Gesch. des rôm. MünZw. p. 285. - 8* Monete rL famigUe romane p<
Marctn et Tessieri, L'aes grave, cl. 1, pl. i et n; Mommsen, p. 347. — 8* Numism. mus. Arigonii, t. III, pl. xxi„. - 85 Varr. De re rust. 1.10 « ■ Ycrr Place, ap. Paul. p. 98. Plin. XXXIII, 3 , 44. - 86 Fest. p. 347 ; Plin. XXXIII, 3,’ 45.
ASC
ASC
3» \ 1 once en SU av. J.-C., par la loi Plautia Papiria 87 ;
i° A — d’once sous le triumvirat d'Octave, Marc-Antoine et Lépide88, poids qui se maintint pendanl toute la durée du Haut-Empire ;
5° A d'once sous l’empereur Alexandre Sévère ;
6° A j d’once sousTrajan Dèce;
7° A - d'once sous Trébonien Galle 89.
La série de figures par lesquelles nous terminons cet article (lig. 565, 566, 567, 56S, 569) place sous les yeux du lecteur des échantillons de l'as sextantal, de l'as oncial, de l'as semoncial et de celui de l’époque d’Auguste ; en comparant ces représentations à celles de l'as libral romain et de l’as triental, qui sont également exécutées de la grandeur des originaux, on aura l’échelle de la diminution du diamètre des pièces, qui correspond aux affaiblissements successifs du poids de las, depuis la première fabrication de l’aes signatum jusqu’à l’établissement de l’empire. F. Lenormant.
ASAMINTHOS (txaagtveo;). — Homère donne ce nom à de grands bassins où une personne pouvait se baigner ; Ménélas dans l’Odyssée en donne un -d’argent à Télémaque1. Ils pouvaient être de pierre ou de bois. C’est sans doute à ceux de ce genre que le poëte donne l’épithète de bien poli (lûçscxot). Les dccâfMvOoi ne sont plus mentionnés dans les temps postérieurs 2 que comme des objets de l’ancien temps (pyelos]. Ch. Morel.
ASBESTUS OU AMIANTUS (''Atrêscto;, àutavToç). — Les anciens ont possédé l’art de tisser les substances minérales filamenteuses qui portent encore les noms grecs d’asbeste et d’amiante, et d’en fabriquer des étoffes incombustibles. On en tira pendant longtemps principalement de Carystus en Eubée \ au sud du mont Ocha, qui n'en fournissait déjà plus au temps de Plutarque2, mais où les voyageurs modernes en ont cependant retrouvé des veines3. On en trouve aussi dans l’île de Cypre \ en Arcadie s, dans 1 Inde 6 ; peut-être aussi dans la partie des Alpes qui est aujourd’hui laTarantaise, dans la Corse et les Pyrénées, d’où il en vient encore de nos jours. Ils en faisaient des tissus qui, jetés au feu, se nettoyaient et n’en étaient point attaqués. Plutarque7 mentionne des serviettes (xvpop-**TP«)> des filets (ofxTua), des serre-tête (xsxpoçiXouç) de cette matière ; mais il n’est pas probable que l’on en ait fait d autres vêtements, à cause de sa rudesse, et Pline en parle comme d’une curiosité qui se vendait aussi cher que les perles fines. Sa résistance à l’action du feu devait suggérer l’idée d’en fabriquer des mèches de lampe : celle de la lampe allumée nuit et jour dans le temple de Minerve Poliade à Athènes paraît avoir été d’amiante 8. Elle la rendait également propre à servir de linceul pour les corps que l’on brûlait sur un bûcher et à en conserver les cendres sans mélange.
87 plin. XXXUI, 3, 46. — 88Borghesi, dans la Numismatica biblica de Cavedoni, p.
111-136. 89 Pinkerton, Essay on medals , t. I, p. 140; Mommsen, p. .IL-
— Bibliographie. Marchi et Tessieri, L’aes grave del museo Kircheriano, Rome, 1839- Ch. Lenormant et de Witte, Élite des monuments céramographiques, t. I, Introduction; Mommsen, Geschichte des rômischen Münzwesens, Berlin, 1SG0; ou Hist. de la monnaie romaine, traduite par le duc de Blacas, 1. 1 et 11 ; Fr. Lenormant, Essai sur l'organisation politique et économique de la monnaie dans l antiquité, Paris, 1863 ; baron d’Ailly, Hist. de la monnaie romaine depuis son origine jusqu à la mort d'Auguste, t. I.
ASAM1NTHOS. 1 Od. IV, 128. Voy. encore Iliad. X, 576 ; Od. III, 468 ; A, 361. — s Artemid. I, 64 ; cf. Hesych. et Suid. s. v.
ASBESTUS 01 AMIANTUS. 1 Strab. X, 1,6; Apollon Dysc. Hist. comment. 36. — S De orac. defect. t. VII, p. 708 Reiske. —3 Tournefort. — 4 Dioscorid. Mat. m.
Et, en effet, on a rencontré à Pou/.zoles,en 1633, un linceul de ce genre9, et à un mille de Rome, en 1702, dans un sarcophage, il s’en trouva un second qui renfermait encore un crâne et des ossements calcinés. Ce linceul, conservé à la bibliothèque du Vatican, ne mesure pas moins de I ”",8372 de longueur sur lm, 6185 de largeur *°. E. Saglio.
ASCAULES [UTRICULARIUS].
ASCIA (2y.£7t«pvov, Tuxoç). — Nom donné à des instruments dont la forme et l’emploi diffèrent, mais qui ont tous entre eux une certaine analogie. La diversité résulte à la fois des textes où cet emploi est indiqué et des exemples fournis par les monuments où des outils, qui répondent aux indications des auteurs, se voient dans les mains d’ouvriers appartenant à des métiers distincts. Ainsi
ils nous apprennent que 1 ’ascia servait à couper, à creuser, à aplanir le bois1, comme la cognée, la doloire ou 1erminetle des charpentiers, des tonneliers, des charrons, et plusieurs bas-reliefs où sont représentés des ouvriers qui travaillent le bois [tigna-
RII , INTESTINARII ,
NAVALES FABRl] ,
nous la montrent en effet dans leurs mains : tel est celui que reproduit la figure 561, représentant, d’après un bas-relief romain2, un fabricant de meubles. Dans une sculpture d’un tombeau gallo-romain (fi g. 562), I'ascia est dessinée avec une netteté parfaite. Les maçons, d autre part, et les tailleurs de pierres s’en servaient pour casser la pierre, la dégrossir et la polir'*; pour trancher la chaux et mélanger le mortier 5. La figure 563, d’après un bas-relief de la colonne Trajane6, montre un ouvrier militaire occupé à cette
V 165; cf. Sonnini, Voyage en Grèce, I, p. 66. — 3 Pim. Hist. nat. XXXUI, 54 ; Solin. 7. - 6 1b. XIX, 4.-7 L. I. ; cf. Plin. Hist. nat. XIX, 4 : « Mappac ». — 8 Paus. I, 26, 7 : Oo'jaVH; Vwou Ka pmelo'j, de Carpasus en Cypre. C'est probablement une mèche d’amiante que l’on trouva fixée encore à une des branches d'un candélabre, dans un tombeau de Vulci ; Fossati , Annal, del’ Inst. arch. I, p. 129.-S»Keysler s, Trac’els, II, Lond. 1760. — 10 Montfaucon, Diarium italic. 1744 ; Mongez, Mém. de l A* cad. des inscr. t. IV, p. 240.— Bibliographie. Yates, Textrinum antiquorum, Londres, 1843, p. 356 et suiv. ; un autre ti9su d’amiante existe encore au musée de Naples.
ASCIA. 1 Cic. Deleg. Il, 23 ; Isid. XIX, 12. — a Berichte der Sticks. Gesellsch . der Wissensch. 1862, pl. x, 1. Voy. d’autres figures aux articles qui concernent les diverses sortes de pabri. — — 3 Berichte de Sachs. Gesell. der Wissensch., 18 p. DeCaumolit, Ballet, monum.intel. 1861, p. 193.- 4 Hieronym. Opp. 106 in fine; Gloss. Vhilox. Ascicularius Aàxopo;. — 5 Vitr. VII, 2. Pallad.I, 14.-6 fiartoli, Col.Traj.
ASC
— 4Gi> —
ASE
opération ; les figures 564, 565,566, représentent, d’après des objets trouvés à Pompéi7, des outils tout à fait semblables à ceux qui sont encore employés dans la construction. Un auteur agricole appelle aussi ascia la pioche ou la houe, soit simple, soit à deux dents8, qui sert à fouiller la terre [raster]. Tous les exemples que nous venons de citer, auxquels on peut ajouter ceux qui sont reproduits ou mentionnés dans les articles relatifs aux divers métiers dans lesquels on travaillait le bois, la pierre ou le métal [fabri], présentent dans leur variété des traits com-
Fig'. 5G3. — Maçon.
muas : tous en effet, se composent d’un manche de peu de longueur, auquel est adapté un fer à côtés inégaux; l’un
de ces côtés au moins est tranchant et légèrement courbé, l’autre plus court est quelquefois pointu, quelquefois terminé par une tête plate.
Les monnaies de la famille Valeria, où le mot acisculus,
•*564. — Râble de maçon.
surnom de L. Yalerius, est rapproché de Vascua ou ascicula qui lui sert d’emblème, fournissent une indication précise sur la forme de cet instrument ; mais sur ces mon¬
naies aussi la forme de l’objet varie, et tantôt on le voit pointu des deux côtés, tantôt aigu ou tranchant d’un côté et aplati de l’autre (fig. 567) ,0.
On observe la même diversité dans la représentation de Yascia très-fréquente sur les tombeaux, particulièrement dans les Gaules Celtique et Narbonnaise. A côté de l’image d’un instrument de ce genre est gravée la formule : sub ascia demcayit, qui a donné lieu à tant d’explications. Un antiquaire, Oudin, comptait jusqu’à trentetrois figures plus ou moins différentes placées à côté du nom d ascia ", et ce nombre pourrait être grossi sans doute par 1 examen de beaucoup de sépultures découvertes depuis le temps où il vivait. Le savant Mazocchi n a fait un livre sur la formule sub ascia dedicare, et on pourrait en faire un autre des opinions nouvelles qui se sont produites sur le
7 Piranesi, Antiq. de la Grande-Grèce, III. pi. vit. — 8 Pallad. I, 43 : ., Ascias in aversa parte referentes rastros. » C’est proprement l’outil que nous appelons serfouette. — 9 Piranesi, l. I. — lo Cohen, Méd. consul, pl. xl, 12 et 13; Borghesi, Duodeci sesterd illuslr. XII, dans le t. I des Œuvres; Revue numism. XI\ , p. 32b. — U Voy. sa dissertation dans le Recueil de div. écrits pour servir d éclaire, à Hast, de France et de supplém. à la notice des Gaules , t. II. — 12 Voy. la bibliographie. — 13 L. Renier, à la p. 6S de Spon, Rech. d' antiq. de Lyon, éd. de Montfalcuti, 1858. — H A. de Barthélemy, Rech. sur la formule « sub ascia », p. 1 II ; Ch. Gervais, Bullet. de la Soc. des antiq. de Normandie, t, p. 138. — 18 Charma, Lectures faites à la Sorbonne, 1863, archéologie, p. g. — Bibliographie. Mazocchi, De formula sub ascia dedicare, Epist. ad Tanuccium, Naples, 1738 ; Mafîci, Antiq. t rallias, p. 38 ; Id. Mus. Veronense, pi. cxlv ; ld. Epist.
X ad L. A. Muratori ; Muratori, Thesaur. inscript. I, p. S32 ; P. di Lama Lstrizion. di Parma, p. 110 et s. ; Fabretti, Inscript, c. ni ; Facciolati, Latin. Lexic
même sujet. Nous nous contenterons de citer à la bibliographie les dissertations les plus utiles à consulter sur cette question non encore péremptoirement résolue, et à rappeler que, d’après le sentiment qui a le plus généralement prévalu, dédier sous Yascia, « c’est dédier un tombeau qui n’a pas encore servi, un tombeau neuf, qui sort des mains de l’ouvrier et qui est encore en quelque sorte sous la hache du tailleur de pierre 13 ». Tandis que d’autres y voient, par des raisons savamment déduites, l'emblème de la puissance protectrice des dieux souterrains, gardiens des sépultures, sous l’empire desquels est passé le défunt u,ou encore un signe rappelant l’accomplissement d une formalité ayant pour but d'assurer la concession perpétuelle du terrain où le monument était construit 1!i. E. Saglio.
ASCOPERA [pera].
ASEBEIA (’Assês-ia). — Ce mot chez les Athéniens, comme chez nous le mot impiété , n’avait pas d’acception bien délimitée 1 ; aussi le nombre des faits qui pouvaient être groupés sous ce titre était-il très-considérable. Nier l’existence de la Divinité, soutenir qu’elle ne peut avoir d’influence sur les choses de ce monde, tourner en dérision les cultes admis par l’État, renverser ou profaner les sanctuaires et les autels 3, violer ou divulguer les mystères, mutiler les statues des dieux, détruire les objets qui leur étaient consacrés, négliger les devoirs de piété présents par les lois 3, voilà certainement des actes contraires à la religion et que l’on peut comprendre sous le nom génésique d’àcÉSstoc. Beaucoup de philosophes et de citoyens libres penseurs furent, à raison de faits de ce genre, traduits devant les tribunaux et poursuivis comme coupables d’impiété 4 : Théodore, parce qu’il affirmait qu’il n’y a pas de dieux ; Socrate, parce que, ne croyant pas aux dieux reconnus, il cherchait à détourner ses disciples du culte officiel; Diagoras de Mélos et Eschyle, parce qu’ils divulguaient les mystères; Alcibiade, parce qu’il les parodiait chez lui; Archippe 8 et Andocide, parce qu’ils mutilaient les Hermès, etc.
Une foule d’autres faits qui intéressaient moins directement les dieux, rentraient également sous le titre d’avegcia ; rendre à un simple mortel les honneurs divins 6, arracher un fugitif du temple dans lequel il avait cru trouver un abri ; entrer dans un sanctuaire et participer à des processions ou à des sacrifices sans réunir les conditions de pureté exigées 7; insulter un prêtre ou une personne remplissant un office religieux tel que celui de Chorége 8 ; s’acquitter d’une fonction sacerdotale sans avoir les qualités requises, se livrer à des maléfices et à des sorcelleries 9 ; commettre un parricide 10 ; vivre avec l'auteur d’un pareil crime “ ; corrompre la jeunesse ; négliger de donner la sépulture à un cadavre, etc., etc.
Nous en avons dit assez pour faire comprendre que le délit
s. v. Ascia ; Mongez, Mçm. de l’Académie des inscr. N. S. t. 111, et t. V- Nolhac De la hache sculptée au haut de plusieurs monum. funéraires antiques, etc. Lion' 1740; A. de Barthélemy, Mém. de la Soc. des antiq. de l’Ouest pour 1844 - de Boissieu, Inscr. antiques de Lyon; Judas, De la formüle sub ascia, dans la Revue archeol. 1858, t. XV, p. 369 et s. ; Charma, Lectures faites à la Sorbonne en 1863 Archéologie, p. 5.
ASEBI.IA. l Cf. Polvb. XXXVII, 1, C, § 5, D. p; 13Ô, qui considère comme im piétés les fautes, soit envers les dieux, soit envers les parents, soit envers les morts. - Lycurg. C. Leocrat. § 147, D. 28. - 3 Demosth. C. Neaer. § 116, R. 1384 ~ Outre les philosophes cités dans le texte, on peut encore nommer Anaxagoras, Protagoras, Stilpo, Théophraste, Prodicus de Céos, etc... — 8 Lysias, C. Andoc. g 1 1 , 1). 118. 6 Athén. XV, 51, p. 696 , cf. Aelian, V, 12. — 7 Dem. C. Neaer. § SG>
R 1374.-8 Dem. C. Mid. §§ 51 et 55, R. 530 et 532. — 9 Harpocr. s. v. e£Ufi.:. — • o Hem. C. Tithocr. § 7 , R. 702. — U Dem. C. Androt. § 2, R. 593.
5fi
ASE
ASE
d’dtaéêsia était très -élastique et que beaucoup de personnes étaient exposées une action publique fondée sur l’impiété.
On range habituellement parmi les délits d'àaéêeia l’introduction non autorisée par l’État d’un culte nouveau dans l’Attique. L’historien juif Josèphe rapporte, en effet, qu’une loi athénienne prononçait la peine de mort, xaxà twv lj$vov stcravôv-rwv Ôso'v ls, et le grammairien Servicus affirme de son côté que « Caution fuerat apud Athenienses ne quis notas introduceret religiones 13. » Ce fut, dit-on, en vertu de cette loi que Phryné fut poursuivie devant les tribunaux, <i>; xouvoti Ô£oïï àdYiY’frp1* *\ parce qu’elle avait cherché à établir le culte d’Isodaitès 15. Pour qu’un culte nouveau fût légitimement introduit dans l'Attique, il fallait que l’assemblée du peuple eût préalablement, sur le rapport du sénat, autorisé cet établissement. Aussi les inscriptions mentionnent-elles des autorisations données à des Égyptiens pour la fondation d’un temple d’Isis, à des Cittiens pour la fondation d’un temple d’Aphrodite 16 , à des Tyriens pour la fondation d’un temple d’Hercule 17.
Nous persistons cependant à croire que les étrangers admis à établir leur domicile dans l’Attique, avaient le droit d’honorer les dieux de leur pays natal et de continuer à les honorer lors même que la république, à raison des services qu’elle en avait reçus, leur conférait le titre de citoyen. Nous croyons même que les citoyens d’origine pouvaient, sans s’exposer à aucune pénalité, honorer les dieux qui avaient leur préférence 18. La prétendue loi, qui punissait de mort l’introduction à Athènes d’un culte nouveau, se trouve seulement dans les livres d’écrivains étrangers à l’Attique, et qui vécurent longtemps après l’époque où ses lois étaient en vigueur ; leur témoignage est sans autorité. Si Phryné fut poursuivie devant les tribunaux, ce fut parce que, comme beaucoup d’autres étrangères, comme Théoris, comme Ainus, elle se livrait à d’impudentes débauches et usait de son influence pour corrompre les mœurs de ceux qui l’entouraient. Tout le monde est obligé de reconnaître qu’une grande tolérance religieuse régnait à Athènes et que beaucoup de religions étrangères se propagèrent sans autorisation dans l’Attique 19. Le fait certain de la tolérance et l’absence dans les auteurs athéniens de toute mention de lois restrictives rendent plus que probable le droit à la tolérance. Quant aux décrets que l’on invoque, ils ne nous paraissent pas avoir pour objet l’autorisation de cultes nouveaux; Aphrodite avait des autels à Athènes, longtemps avant le ive siècle, et les Athéniens n’ont pas attendu le 11e siècle pour honorer Hercule; les Cittiens et les Tyriens ne demandaient donc pas l’admission de divinités nouvelles20. L’objet véritable des décrets, c’était 1’£yxtï}(7iç ywptou, c’est-à-dire la concession à des étrangers du droit d’acquérir les terrains sur lesquels ils se proposaient d’édifier un temple, droit dont ils ne jouissaient pas à cause précisément de leur qualité d’étangers.
Procédure et compétence. Les textes nous apprennent que la répression de Viaéêtux pouvait être demandée de plusieurs manières.
12 C.Apion II, 37, D. Il, p. 389. — 13 Ad Aen. VIII, 187. — 1* Didot, Orat. attici, II, p. 426. — 1* Harpuer. éd. Bekker, p. 102. — 1® Foucart, Des associations religieuses, p. 187. — 17 Eod.loc. p. 224. — 18 Voir la dissertation que nous avons publiée, sur La liberté de conscience à Athènes, dans la Revue de législation ancienne et moderne, t. I, 1870, p. 341-334, et les autorités qui y sont citées. — 19 Foucart, l. c. p. 136.
— 20 Voir cependant Foucart, l. c, p. 107. — 21 Dem. C. Androt. § 27, R. 601.
— 22 Lysias, C. Andoc. § 11, D. 118 ; Dem. C. Lacrit. § 48, U. 940 ; Hvperid. Pro Euxenippo, § 6, D. 376 J Pollux, VIII, 90. — 23 ’O yàç {taaikeù; ù<rr,ye và; tt)ç àcr.éûa; ïpijà; îtfi; toù; EùjwXmîaî, éd. Didot, p. 701, col. 2. — 24 Voir Schcemann, Griech. Alterth. 1, 3e éd. p. 528. On invoque en ce sens les Actes des apôtres, xvn, 19 ;
La voie la plus ordinairement suivie était celle des ypaepat ou actions publiques 21. Le citoyen qui voulait jouer le rôle d’accusateur déposait une YPacPvî en!re ^es mains 6e l’archonte-roi 2\ chargé de la direction des affaires religieuses. L’archonte-roi instruisait le procès et renvoyait le jugement au tribunal compétent. Quel était ce tribunal ! S’il fallait en croire le scholiaste de Démosthène, c’étaient les Eumolpides M, nous ne nous arrêterons pas à réfuter ce témoignage, parce qu’il nous semble dû à une interprétation exagérée d’un texte de lfémosfhène sur lequel nous reviendrons bientôt. Une opinion très-accréditée24 nomme l’Aréopage 2Si, mais les plus grands procès d’impiété dont le souvenir nous ait été conservé, celui de Socrate, celui d’Andocide, celui d’Archias 26, celui d’Anaxagoras, celui d’Aspasie, celui de Phryné 27, furent jugés par les tribunaux des Héliastes. Pour concilier ces faits avec l’opinion dominante, Meier propose de dire que l’Aréopage était d’abord compétent ; qu’il fut dépouillé par Éphialte de cette attribution, en même temps que du jugement des cpovtxod Si'xat, et qu’il en resta dépouillé même quand le renversement des Trente lui eut rendu une partie de son ancien pouvoir 28 : nous avons vu ailleurs [areopagus] ce qu’il faut penser de l’enlèvement aux aréopagites des cpovixal St'xat par Éphialte; la base du raisonnement de Meier manque donc complètement et son explication doit être écartée. Platner croit que la compétence appartenait tantôt à l’aréopage, tantôt aux Héliastes, suivant le point de vue religieux ou politique sous lequel le délit était envisagé. Quand l’ordre politique était désintéressé, parce que l’acte était exclusivement un acte religieux, l’aréopage était compétent ; mais, lorsque le délit prenait un caractère social, comme par exemple le délit de Socrate, qui non-seulement se moquait des dieux établis, mais encore corrompait la jeunesse par ses prédications, la compétence était aux Héliastes29. — Il nous paraît résulter des textes que le jugement des actions d’impiété rentrait en principe dans les fonctions des tribunaux ordinaires30; seulement l’aréopage était toujours compétent pour juger les personnes accusées d’avoir arraché des oliviers sacrés31. De plus toutes les fois que le délit d’cxasêeia était peu grave, l’Aréopage, en vertu de ses pouvoirs de police, avait le droit d’infliger des pénalités minimes. Ainsi, il punit d’une amende un archonte-roi qui avait épousé une femme indigne du titre et des fonctions de paciAiffffot 32.
Les autres voies ouvertes à l’accusateur étaient celles de I’apagogé, dans le cas de flagrant délit 33 , de I’endeixis 3\ de I’eisangelia 35, sur lesquelles nous donnerons des explications spéciales. A ces procédures bien connues, Démosthène en ajoute deux autres : SixâiUaQca Ttpôî EùjaoXm'oaç, et «ppàÇsiv Tvpoç xov ffactXea36.
Cette dernière consistait probablement en ceci, que le citoyen qui avait connaissance d’un fait d’impiété, mais qui ne voulait pas jouer le rôle d’accusateur, parce qu’il craignait, en cas d’insuccès dans la preuve, d’encourir les peines prononcées contre les accusations téméraires, se
Plut. De placitis philos. I, 7, § 2, D. 1072, et autres textes peu probants. - 28 Cic. De divin. I, 25, § 54. Notons toutefois que, sur le fait même rapporté par l’orateur, il y a dissidence entre lui et l'auteur d’une xie anonyme de Sophocle, éd. Weise, p. 3. Ce dernier parle du peuple (tÇ , et non de l'aréopage. 26 Dem. C. Neaer. § 116, R. 1384. — 27 Ath. XIII, 59, p. 590. — 28 Attische Process, p. 305. — 29 Process und Klagen, II, p. 146 et s. — 30 Dem. C. Androt. §§ 2-3, It. 593 ; C. Aristog. I, § 79, R. 793. — 31 Lys. VII, Pro sacra olea, D. p. 123 et suiv. — 32 Dem. C. Neaer. § 80, 1t. 137 2. — 33 Dem. C. Androt. § 27, R. 601. — 3'* Andoc. De myst. passim. — 33 plut. Alcib. 22. — 36 C. Androt. § 27, R. 601.
ASI
ASI
bornait à signaler le délit à l’archonte-roi. Le magistrat examinait s’il y avait lieu de donner suite à la dénonciation et de commencer d’office des poursuites.
11 est plus embarrassant de dire ce qu’était le StxaÇeffôat •rcpoç JÏÙ;j.oX7n'o'aç. L’opinion qui nous semble la plus probable est celle d après laquelle, pour certains délits d’impiété relatifs aux mystères d’Éleusis, il était permis de poursuivre le fait, soit directement, soit par l’intermédiaire de 1 archonte-roi, devant les Eumolpides, qui prononçaient seulement des peines religieuses, telles que l’exclusion des mystères ou la privation du titre d’initié, sans influer sur 1 état civil et politique du coupable. Ce que Démosthène dit des Eumolpides était, suivant toute vraisemblance, également vrai des Céryces.
Pénalités. — La peine de PàtrÉêeta était plus ou moins grave, suivant l’importance du délit ; tantôt elle était fixée par la loi, tantôt elle était abandonnée à la discrétion des juges. Nous citerons seulement quelques exemples. Celui qui avait arraché des oliviers sacrés était puni de l’exil et de la confiscation des biens37. Tout homme qui entrait dans le temple de Cérès pendant les Thesmophories était puni de mort 38. Voilà des pénalités légales, et le procès était alors un àxi'piTOî dydîv. Mais, dans la plupart des cas, c’étaient les juges, qui, après la déclaration de culpabilité, déterminaient la peine ; telle fut la voie suivie pour Socrate. Cette peine pouvait varier de l’amende à la mort. Des personnes, qui avaient frappé les Amphictyons et les avaient chassés du temple d’Apollon, furent condamnées à un exil perpétuel et à des amendes individuelles de dix mille drachmes 39. La peine du bannissement fut prononcée contre Anaxagoras, la peine de mort contre Socrate, contre deux magiciennes Ninus et Théoris et contre beaucoup d’autres, etc.
Quant à la pénalité réservée à l’accusateur, lorsqu’il succombait sans avoir obtenu le cinquième des suffrages, les opinions des anciens sont très-divergentes. Pollux affirme qu’il était puni de mort 40 ; mais il n’est guère admissible que la loi ait édicté une pareille menace contre les poursuites téméraires ; aucun citoyen ne se serait risqué à déposer une <xgs6e( «ç ypotcpij et les délits d’impiété eussent été impunis. Andocide parle seulement d’atimie 41 (atimia) ; mais cette atimie devait être très-limitée quant à ses effets; laTtptoç n’avait pas le droit de paraître dans les temples 42 ; mais il pouvait remplir des magistratures civiles : Eubulide, bien qu’il eût succombé dans une accusation d’impiété, était membre du sénat des Cinq-Cents43. Ce qui est certain, c’est que l’accusateur malheureux devait payer une amende de mille drachmes. E. Caillemer.
ASIA. — La plus ancienne personnification que l’on connaisse de l’Asie est celle qu’on voit sur le vase peint, devenu célèbre \ qui fut trouvé en 1851 à Canossa et sur lequel est représenté le conseil tenu par Darius avant de déclarer la guerre à la Grèce. Au-dessus des personnages qui ont un rôle dans cette scène, on voit d’autres ligures formant une rangée supérieure qui représentent les dieux, et parmi eux, l’Asie et l’Hellade sous les traits de deux femmes dont l’attitude et le costume contrastent : à l’Hellade ((-eaa ai) debout, vêtue simplement et
37 Lys. Pro sacra olea, §§ 32 et 41, D. p. 127 et 128. — 38 Voir aussi Action. V, 17.
39 Bœckh, Staatsh. der Athener , 2e éd. II, p. 104 et sniv. — 40 VIII, 41. 41
myst. Sj 33, D. 53. • 42 \ oir toutefois Westerraan, in Pauly's lieal-Eucycl. I, 2» éd. p. 1852. — 43 Déni. C. Eubul. § 8, R. 1301. — Bibliographie. H. Wiskèmann De impietaiis actione, Hersfeld, 1846.
ASIA. l Voy. principalement Archâol. Zeitung, 1857, pi. cm, p. 109 ; 1860, p. 41 ;
sans ornements, est opposée (fig. 568) à l’Asie (azia), richement parée, assise sur un autel devant un hermès, qui paraît être une image d’Aphrodite ; elle est couronnée et tient un sceptre surmonté d’une palmette :
elle s’entretient avec aiiath, la ruse, armée de flambeaux allumés.
Un petit bas-relief * découvert en 1780 près du rivage de Laurenlum, et qui peut dater du in° siècle avant J. -G., présente (fig. 569) les images de l’Asie et de l’Europe opposées de même l’une à l’autre et également désignées par des inscriptions. Ce sont deux femmes portant des couronnes tourrelées ; l’Asie est couverte d’une tunique sans manches ; elle a des bracelets aux bras et des sandales à ses pieds, tandis que l’Europe est dépourvue de bracelets ; des manches cachent en partie ses bras et elle a les pieds
A2 iA
Fig. 569. — Monument en l'honneur d’Alexandre le Grand.
nus. Toutes deux soutiennent au-dessus d’un autel un bouclier sur lequel est gravée l’image de la victoire d’Alexandre à Arbèles. Le bouclier remplace, comme il arrive quelquefois, l’image de la divinité à laquelle l’autel est consacré, et qui n’est autre ici qu’Alexandre.
Sur les monnaies de quelques empereurs romains, l’Asie a les traits d’une femme couronnée, entourée d’attributs de la puissance maritime 3. E. Saglio.
ASIARCIIA, ASIARCHÈS (Wp^ç). Les Grands prêtres de l’Asie et les Asiarques ont fourni à Eckhel 1 le sujet d une note savante, mais un peu confuse, dans la-
IVelcker, Allé Denkmàler, Y, 23, p. 349 ; Heydemann, Vasensammlung des Mus. nationale zu Neapél, n. 3253 ; Ann. d. Inst. arch. 1873, et Monum. mtd., t. XLV, pl. L. — 2 Visconti, Append. à la 2» éd. de Sainte-Croix, Examen des historiens d’Alexandre, 1804, p. 777 ; et Opéré varie, III, pl. n. — 3 Eckhel Doct. num. VI, p. 492 ; VII, p. 4.
ASIARCIIA. 1 Doct. mm. vet. IV, p. 204 sqq.
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quelle il ne distingue pas nettement entre les deux charges, également importantes et ayant une origine commune, mais dont les attributions étaient très-différentes. Les nombreuses inscriptions appartenant aux provinces orientales de l’empire romain permettent aujourd’hui de jeter sur cette question quelque nouvelle lumière ; c’est ce qu’a fait récemment M. W. H. Waddington, dans une dissertation que nous ne ferons guère ici que suivre et que résumer s.
On peut se demander d’abord quelle était la divinité au culte de laquelle présidaient, dans chaque province, ces dignitaires que nous trouvons mentionnés, dans les auteurs comme sur les marbres, sous les titres de Grandprèlre de l’Asie, Grand-prêtre de la Bithynie, Grand-prêtre de la Galatie,etc. L’absence de tout nom de divinité après ce titre de Grand-prêtre, l’analogie de ce qui se passait dans les provinces occidentales, où les marbres nous donnent des désignations plus amples et plus circonstanciées, l’attachement qu’avait chacune des grandes villes de la province à quelque divinité particulière, attachement qui n’eût pas permis à ses habitants d’humilier leur divinité préférée devant quelque autre des habitants de l’Olympe, tout concourt à démontrer qu’il ne peut s’agir ici que d’un culte d’un caractère tout exceptionnel, que d'une divinité universellement reconnue et dont déesses et dieux anciens ne pouvaient être jaloux. Le culte à la tête duquel étaient placés, dans chacun des gouvernements de l’empire, ces personnages qui portent en Occident des noms différents, mais qui, en Orient, n’ont d’autre titre que celui de Grand-prêtre de telle ou telle province, était, on n’en saurait douter, ce culte singulier qui naît à la fin du règne d’Auguste, et qui, sous sa forme la plus ancienne et la plus simple, s’adresse « au Dieu Auguste et à la Déesse Rome » . Plus tard, quand de nombreux empereurs se sont succédé sur le trône et ont été admis après leur mort, par le sénat, dans l’Olympe officiel, la formule de cette étrange religion d’État se modifie, et les hommages s’adressent à toute la série des Césars divinisés, à la domus divina, comme disent les inscriptions.
De différents passages des auteurs du ne et du 111e siècle, il résulte que cette grande prêtrise de l’Asie était la dignité la plus brillante qu’un provincial pût obtenir dans sa province, qu’elle flattait singulièrement la vanité, mais qu’en revanche elle imposait de très-grandes dépenses : il fallait contribuer de sa bourse à l’éclat de ces cérémonies que l’on présidait 3. Ces fonctions, recherchées par ceux qui aimaient la représentation et qui désiraient avoir une occasion d’étaler leur richesse et leur luxe aux yeux de la foule, étaient redoutées, au contraire, par ceux dont la fortune était médiocre et qui aimaient le repos ; mais alors on avait quelquefois à lutter contre l’obstination de concitoyens qui s’entêtaient à présenter comme candidatà cette haute situation un compatriote dont ils étaient fiers, mais qui, plus célèbre que riche, déclinait cet honneur. C’est ce qui arriva par exemple au rhéteur Aristide, candidat involontaire des Smyrnéens 4. Le récit d’Aristide, dont nous ne pouvons reproduire ici les détails, indique comment se faisait l’élection des Grands-prêtres de l’Asie. Les villes de la province nommaient des délégués (auveSpot)
Le Bas, Voyage archéol. part. V, Eiplic. des inscr. par M. Waddington, au n. 885. — 3 Philostrat. Vit. sopMst. I, 21, 2. — 4 Orat. XXVI, p. 344-346. — 5 Papinian. in Digcst. L, 5, 8. — « Corp. inscr. gr. 2782, 2823, 3415, 3489, 3 i 95, 3508 ; Le Bas, 4 4 0. — 7 C. insc. gr. 2741 ; Le Bas, 871. — * C. insc. gr. 3416, 3494; Le Bas, 885. — 9 C. imc. gr. 2741, 3508 ; Le Bas, 626, 842. — 10 C. insc.
à une assemblée générale ; l’assemblée générale (ro auvéSptov, to xotvov) était celle du xotvov ’Atnaç, et elle se tenait tantôt dans une ville et tantôt dans une autre ; les noms des candidats étaient soumis à l’Assemblée, et on dressait une liste de ceux qui avaient obtenu le plus de voix. Il paraît certain que cette liste devait être soumise au proconsul, et qu’il choisissait parmi les noms qu’on lui présentait. D’après une loi de l’empereur Septime-Sévère, on ne pouvait contraindre le père de cinq enfants à accepter la grande prêtrise d’Asie ( sacerdotium Asiae )\ Au reste, tant que l’empire fut prospère, les candidats ne durent pas manquer; il y avait, nous le pouvons induire d’un passage de Philostraste, auquel nous avons déjà renvoyé plus haut, des familles opulentes où le goût de ces honneurs se transmettait avec la fortune qui donnait les moyens de les porter, et où de père en fils on arrivait à ce brillant sacerdoce.
Les inscriptions nous apprennent qu’il y avait aussi des Grandes-prêtresses d’Asie (dp/ ispsta ’Acfaç) et quelquefois le mari était appelé àp^iepsuç et la femme àp^iepefa 6. 11 arrivait aussi qu’on était désigné d’avance pour remplir ces fonctions, sans doute à l’assemblée qui avait précédé celle où on était nommé définitivement 7. Il ne pouvait évidemment y avoir qu’un seul Grand-prêtre d’Asie à la fois, mais il avait des délégués dans les villes où le xotvov ’Atnaç avait élevé des sanctuaires, comme Pergame 8, Smyrne 9, Éphèse 10, Cyzique11 et Sardes12. Leur titre était àp^iepel»; ’Atîtaç OU Tvjç ’Àctaç vawv twv sv Ilîpyau.M OU vaoïï tou sv Ilspyctgw, 2t*upvv) ; enfin, dans une inscription copiée par Le Bas à Acmonia, la nature de la fonction est indiquée plus clairement encore : <xp-/tepsù<; ’Actaç vaoïï toïï Iv ’EcpÉato xotvoü Tïjç ’Aofaç 13. Celte délégation était un acheminement vers la grande prêtrise elle-même. La grande-prêtrise d’Asie pouvait s’exercer concurremment avec des grandes-prêtrises locales et des fonctions civiles.
La surveillance qu’exerçait le Grand-prêtre provincial sur les autres prêtres des temples de Rome et d’Auguste que la province avait construits en son nom et entretenait à ses frais dans les différentes villes 1V, le caractère particulier de cette religion officielle si intimement liée à l’organisation même de l’empire, finirent par donner au Grand-prêtre de Rome et d’Auguste une situation tout exceptionnelle et éminente ; peu à peu, ce Grand-prêtre des empereurs, revêtu du sacerdoce le plus important, le plus recherché, le plus en vue qui fût dans la province, en vint à avoir sur les autres dieux adorés dans la contrée une sorte de prééminence qui finit par se changer en une suprématie acceptée et reconnue. Au m8 siècle, nous le voyons par la correspondance de Julien 1S, ces grands-prêtres provinciaux de Rome et d’Auguste ont, sur tous les prêtres de la province, à quelque divinité et quelque temple qu’appartiennent ceux-ci, une autorité qui rappelle, à certains égards, celle d’un évêque ou d’un archevêque catholique. C’est là le premier essai d’une hiérarchie ecclésiastique que nous présente le paganisme ; tout incomplet, tout inefficace qu’il paraisse être resté, il a ceci de curieux, qu’il offre comme une faible ébauche, dans les limites de l’empire, de cette grande hiérarchie du clergé catholique qui va s’établir avec le christianisme triomphant. Les sub-
gr. 2965, 2985 b, 3445 ; Le Bas, 755. — U C. insc. gr. 3662. — 12 C. insc. gr.
13 Le gaSj 755. — U Les dépenses relatives à l’entretien de ces temples
étaient supportées par toutes les villes qui faisaient partie du xotvov, qu’elles eussent ou non un dos temples dans leurs murs,Dio Chrvs. Orat. XXV, p. 70. — 15 Epist. 49 , 62, 63.
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divisions religieuses qui, par cette organisation graduelle du culte des empereurs, se forment dans tout l’empire, correspondent, en général, aux divisions politiques. Quand le christianisme se substitue au paganisme, il arrive naturellement que les provinces, la religion nouvelle ont les mômes noms et les mômes limites que celles de la religion qu’elle remplace ; l’archevêque siégeant, lui aussi, à côté du gouverneur, dans le chef-lieu de la province, paraît succéder au Grand-prêtre d’Auguste, comme les évêques semblent prendre la place de ces Grands prêtres locaux du même culte que possédaient les principales villes de la province 10.
L’Asiarque était un personnage au moins aussi important que le Grand-prêtre d’Asie ; mais ses fonctions étaient différentes, ce que l’on n’a pas toujours compris; il était chargé de la direction des jeux célébrés par la province d’Asie et appelés xoivâ ’Ast'aç, et surtout il devait en faire lui-même les frais, en tout ou en partie, comme autrefois à Rome les édiles. Strabon dit expressément que les asiarques sont choisis parmi les citoyens opulents17; ce témoignage est continué par celui des inscriptions et des médailles qui font souvent mention des Asiarques, et, autant qu’on peut en juger, ces derniers appartiennent toujours aux principales familles de leurs villes natales 18. Chaque fois aussi qu’un personnage compte des Asiarques parmi ses ancêtres ou ses parents, on a soin de le rappeler, comme un grand honneur, dans les épitaphes ou les inscriptions honorifiques ; ainsi une médaille de Sardes porte une légende qui indique que lîufus était fds et petit-fils d’un asiarque l9.
Pendant la durée de ses fonctions, l’Asiarque ne pouvait être chargé d’une tutelle 20. Les femmes aussi portaient le titre d’Asiarque 21. L’élection se faisait sans doute de la même manière que pour les grands-prêtres de l’Asie23. On pouvait être élu plusieurs fois 23. La question du nombre des Asiarques a été fort controversée, à cause du passage bien connu des Actes des apôtres *\ Il est probable que l’on continuait à donner le titre d’Asiarque à ceux qui avaient rempli ces fonctions, même après leur sortie de charge, et cela seul suffirait à justifier le langage de saint Luc, mais il semble d’ailleurs probable que, cette charge occasionnant de grandes dépenses, on cherchait à les répartir entre des citoyens riches pris dans les principales villes de la province. C’est ce que l’on pourrait déjà induire du passage de Strabon auquel nous avons renvoyé pins haut, et ce qu’indique d’une manière plus claire encore une inscription d’Éphèse 3S.
La nature des fonctions de l’Asiarque est clairement établie par les témoignages anciens. Dans le récit contemporain du martyre de Polycarpe, à Smyrne, conservé par Eusèbe, on voit l’Asiarque diriger la célébration des jeux28.
16 Ce u est pas ici le lieu de développer cette curieuse comparaison ni de signaler les apparentes anomalies qu'elle explique, et les différences profondes que Ion doit signaler pour rester dans le vrai. Nous avons essayé d’indiquer ailleurs toute l’importance de ces rapprochements et de cette recherche (Explora tion archéologique de la Galatie, p. 199-201); mais il reste à faire une étude complété sur les sacerdoces provinciaux, sur l’organisation du culte des empereurs dans lemp.re tout entier. -17 XIV, 1, 42. - 18 0n peut citer comme exemple une inscription gravée en 1 honneur de W* . 6 Spl„0; „5
Agux, tOv.uç xai kçutgs -i,; vccrcptSoç, Corp. inscr. gr. 3504. — 19 Mionnet Lu die n° S02— 20 Modestinus, Digest. XXVII, 1, b. - 21 Corp. inscr. gr ’3324
lTirC'T,'r\r v ^ inm' ‘ 9r' 3190 ! Mi0nnet' PhrV9ie, n» 708. mst Ecoles IV i? Te' V’ EXPliCa,i°n dCS inSCriPtions- a.
rum nomen fest.vitatis solennitas dedicavit.» Voici, d’après M. Waddington, l’i jca
Deux inscriptions funéraires prouvent aussi que ces dignitaires entretenaient des compagnies de gladiateurs *7,
Quoique les textes précédemment cités montrent bien quelle était la différence entre les Asiarques et les Grandsprêtres d’Asie, on a soutenu quelquefois que c’était la même fonction désignée sous deux noms différents, et on s’est fondé sur un passage du jurisconsulte Modestinus*'*: è'Ovovç Lpwauv/] , oTov ’Actapyta, JLOuvtapyya , KanzotSoxap/fa ; mais ce passage ne prouve rien ; la présidence des jeux avait nécessairement dans l’antiquité un caractère sacré, et on pouvait parfaitement dire que VAsiarchia était un sacerdoce national, sans aucunement l’assimiler à la grandeprêtrise d’Asie. De même, dans une loi de 336, la Syriarchia et la phoenicarchia sont appelées des sacerdoces29. Mais ce qui confirme notre manière de voir et ce qui prouve que les fonctions des Asiarques n’étaient pas, à proprement parler, une prêtrise, c’est qu’après l’établissement du christianisme, il y eut toujours des Asiarques ; dans une loi du cinquième siècle, ils sont assimilés aux agonothètes 30,
G. Pekhot,
ASILLA, ’AffiMa [jüGüm],
ASINARIUS, ânier [asinus].
ASINUS, ASELLUS (vOvo;). — L’âne a toujours passé pour un animal paresseux et stupide *, et son nom était déjà chez les anciens une injure 2. Il était cependant plus apprécié dans l’antiquité que de nos jours. Ceht tient surtout à ce qu’il est plus beau, plus fort et plus noble dans les contrées méridionales 3.
On distinguait de l’âne domestique ( asinus ou asellus proprement dit), l’âne sauvage ou onagre ( onagnts , ovxypoî, ovo; ayptoç) qui vivait en Phrygie, en Lycaonie et en Afrique, où on en rencontre encore des troupeaux \ Parmi les ânes de la première espèce on appréciait surtout ceux d’Arcadie, en Grèce 5, et en Italie ceux de Reate, qui étaient tellement estimés que quelques individus se vendirent jusqu’à soixante mille et cent mille sesterces, c’est-à-dire de 12 à 20,000 francs 6. Les étalons se vendaient beaucoup plus cher. On entretenait aussi la race par des croisements avec l’onagre, qui passe facilement à l’état domestique 7.
La sobriété de l’âne est telle qu’il n’a besoin que de peu de soins et se contente, s’il le faut, de feuilles et de chardons8. Yarron ne donnait de plus qu’un peu d’orgo à des ânes de grand prix 9. L’âne était avec le mulet [mulus], la bête de travail par excellence ; sa vigueur naturelle le met à l’abri des maladies auxquelles sont sujets beaucoup d’autres animaux; il supporte admirablement la fatigue, tout en exigeant peu de dépenses pour son entretien; aussi était-il indispensable aux fermiers. Il portait sur son dos de lourdes charges; de là vient qu’il est appelé clitellanus, dossuarius, et en grec xav6y)Xtoç[CLTTELLAE, sagm \]
UUU vies llJSUl IJIUUIIS »
. •! . r .. .. ,, . . 1 ^ uans cet article,
ou il est fait mention d un Asiarque : Corp. inscr. gr. 2912 314S 3191 3394 v-n
3426, 3495, 3665. Mionnet, Mysie, n. 235, 660 ; Suppl. 54 ; Ionie, I, 1410 Lydie 285, 727 ; Phrygie, 875, 950.- B,bl,oGIup„,e. Waddington, dans le Voyage ar chéologigue de Le Bas, partie V, Explication des inscriptions, n. 885 • Terrot" Exploration archéologique de la Galatie, p. 199-201. ’ ’
ASINARIUS. 1 Paroem. gr. éd. de Gotting. Il, p. 562 et s. - 2 naut . ,
4; Ter. Béant. X, 1, 4 ; Cic. Ad Att. IV, 5, 2. - 3 Aristot. De anim. généré III, 8 ; Strab. MI, p. 307 ; Cuvier, Régné animal, I, p. 253. — 4 Varro De re rust U, 6, 3 ; Plin. Hist. nat. VIII, 15 ; Strab. XII, 5, p. 568. Comp. les récits de 0!-' ley, Travels ,n the East. 1819-23 ; Caillaud, Voyage à Méroé, 13->6 ■ de Ker Porter, Travels in Georgia, Persia, Armenia, 1822, et plus récemment ’de Vam" bery, Voyage au Turkestan. - 5 Varro, De re rust. II, 1, 14 et 6 1 - Plant J • •
U, 3, 67 ; Pim. 4 III, 43 ; Strab. 4 III, p. 388 ; Auson. Epigr. LXXVI, 3.-6 Varr'
V S !%?„"’ yS\PliQ‘ \ v' DUreaU de la Ma"e’ Mém- de l’Acad- des w! iV. 5. I. 4 III. p. 468 et s. - 7 \arr. 63. s CoIuçn. ^ # ^ ^ ^ #
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On se servait de lui surtout pour transporter les produits des champs et des jardins, pour mettre en mouvement les moulins à blé, à huile 10 [mola] et d’autres machines; on l’attelait aussi à des charrettes ( asinus plostrarius) [plaustrum, véhicula], et dans quelques pays même à la charrue, par exemple en Campanie, en Bétique et en Libye Il servait aussi de monture. On le voit fréquemment sur les vases grecs portant sur son dos Bacchus ou Yulcain 12, et dans des peintures de Pompéi ou d’Herculanum, il est représenté sellé 13 et monté par des hommes ou des femmes. Nous reproduisons (fig. 570) une curieuse peinture récem-
Fig. 570. — Epona, protectrice d’un ànier.
ment découverte à Pompéi, où epona, la déesse protectrice des écuries, est représentée dans une niche, assise sur un âne ; elle est, dans l’original, placée entre les images des lares domestiques; un peu plus bas est un ânier (asinarius) conduisant deux ânes par la bride u.
Mais là ne se bornaient pas les services de l’âne chez les anciens. Ovide 18 nous apprend que des dames romaines prenaient des bains de lait d’ânesse afin de conserver la fraîcheur de leur peau. La chair de l’âne n’était point non plus dédaignée, non-seulement des pauvres gens, paysans ou journaliers16, mais elle figurait aussi avec distinction sur les tables les plus riches. Les Perses, renommés pour leur délicatesse mettaient, le jour de leur fête, un âne à la bro¬
che n. A Athènes on recherchait le filet d’âne comme le hachis d’âne et de chien ia, et le même goût se retrouve à Borne sous l’empire 19.
Le cri de l’âne s’exprimait en latin par le verbe rudere (braire), en grec par le mot ôyxSffOoci.
Quantaux liens qui attachaient l’âne à la religion de Yesta, de Bacchus, de Vulcain, de Priape, nous renvoyons aux articles relatifs à ces divinités et à leurs fêtes. Ch. Morel.
ASKL API ASTAI , WXamarraÉ . — Société religieuse qui existait à Aulæ, ville de Lycie [thiasos]. P. Foucart.
ASKLEPIEIA (’AffxLrimeia). — Nom commun à toutes les fêtes célébrées en l’honneur d’Esculape. Celle d’Épidaure est surtout célèbre : elle revenait tous les cinq ans1, accompagnée de processions, de jeux gymniques et de concours de musique2; elle avait lieu neuf jours après les isthmia 3. D’après la légende, c’étaient les Asclépiades et les Argiens, qui avaient institué cette solennité 4. On célébrait des Asclépiées encore à Lampsaque5 et à Athènes, où la fête précédait régulièrement les grandes Dionysiaques [dionysia], dans le mois d’Élaphébolion 6. Une inscription de Carpathos 7 indique aussi des concours dans cette île à l’occasion d’une fête d’Esculape. Hunziker.
ASKLEPEION (’Affx)a]7rE7ov, ’At7xXY]iriEtov : ce mot s’écrit de plusieurs autres manières). On appelait ainsi les temples dédiés à Esculape. Le culte de ce dieu remontait en Grèce à une très-haute antiquité. Selon Pausanias, Alexanor, fils de Machaon, fit bâtir à Titane, ville de Sicyonie, un temple en l’honneur d’Esculape \ environ cinquante ans après la guerre de Troie. Celui de Trikka enThessalie,qui passait pour le plus ancien, paraît avoir été le véritable point de départ du culte d’Esculape [aesculapius]. Il en fut ensuite construit un très-grand nombre, de sorte que la plupart des villes grecques en possédèrent. Ces ’ A<ix)or)7teta étaient desservis par des prêtres nommés Asclépiades qui, à l’imitation des prêtres égyptiens, étaient en même temps médecins et s’occupaient du soin et de la guérison des malades comme interprètes du dieu. 11 résulta de cette double occupation des ministres d’Esculape, que les temples devinrent par la force des choses des écoles où la science médicale se forma peu à peu par l’observationet l’expérience. Les plus célèbres de ces temples dans les temps antérieurs à Hippocrate furent ceux de Cos, de Cnide 2, de Rhodes 3 et d’Agrigente. Il y en eut aussi dans la Cyrénaïque 4. Ils se multiplièrent beaucoup dans les pays grecs, et Pausanias en mentionne soixante-trois dans son ouvrage.
Dans le principe, les Asclépiades n’enseignaient qu’à leurs enfants les connaissances médicales qu’ils avaient eux-mêmes reçues de leurs parents, de sorte que l’art de la médecine se transmettait de père en fils et se conservait dans les familles sacerdotales. C’était une éducation toute domestique et d’initiation qui ne sortait guère des temples et dont les prêtres avaient le monopole. Les témoignages d’Hippocrate et de Galien ne laissent point de doute à cet égard s. Mais il est également certain que longtemps avant
10 Appelée à cause de cela mola asinaria, Cat. R. rust. 10. — H Cat. Rei\ rast. 1 1 ; Varr. et Colum. I. I. — 1- Voy. à ce sujet Stephani, Comptes rendus de la Commiss. arch. de Saint- Péter sb. 1863, p. 229 et s. — 13 Pitt. d’Ercol. III, pl. xliv ; Mus. Borbon. VI, 4. — Brizzio, Giorn. d. scavi Pomp. N. S. 1870, II, 46 ; Jordan, in Ann. del. Inst. arch. 1872, p. 47. Voy. la description du riche harnachement de l'âne, dans Apulée, Met. X, 18; Lucian. Luc. 48. — 1 * Medic. fac. 58; cf. Juven. VI, 468. — Lucian, Luc. 31. — 17 Herodot. 1, 133. — 18 Aristoph. Yesp. 195. — 19 Plin. Hist. nat. VIII, 68 ; Petron. Sat. 31. — Bibliographie. Gütz, De pistrinis, p. 249 et s.; Mongez, Mém. de l’Académie des inscript. N. S. t. X, p. 443 et s. ; Dureau de la Malle, Ib. t. XIII, p. 468 et 478 ; Annales des sciences naturelles, 1829 et 1832; Magerstedt, Bilder aus dem. rom. Landwirthschaft. III, p. 139 et s., Sondershausen, 1860.
ASKLAPIASTAI. i Hamilton, Researclies in Asia Minor t. II, n. 301. ASKLEPIEIA. 1 Schol. Pind. Nem. III, 45. — 2 Plat. Ion. mit.; Corp. insc. gr. n. 1068, 1124, 1515, 3208. — 9 paus. II, 26, 7. — * Schol. Pind. Nem. III, 45. — 5 Corp . insc. gr. n. 3641. — 6 Aeschin. Ctesiph. § 67 ; Corp. insc. gr. 157 ; Rangabé, Ant. hell.l I, n. 842; Bôekh, Staatshaush. der Ath.U, p. 253. — 7 Wescher, Décret dorien de Car pathos, p. 13. — Bibliographie. 23. Hcrmaun, Gottesdienst . Alterthümer , §§ 52 f 13; 59, 4.
ASKLEPEION. 1 Pausan. II, 11. — 2 Galen. Method. med. I, 1, t. X, éd. Kuhn. — 3 Diod. Sic. XIX, 45. — Paus. II, 26 ; Tacit. Ann. XIV, 18. — 3 Hippocr. Jusjur. et Lex, t. IV de l’édit. Littré; Galen. De anatom. adm. II, 1, t. Il Kühn.