‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines, d'après les textes et les monuments (volume 5)Chapitre 21 sur 104 · C. JULLIAN · texte numérisé non relu

C. JULLIAN

FERIAE L.\TIX.\E. — 1° Les Filli's Latines sous la domination d'Albe. — Sur l'origine des FêtesLatines, les traditions étaient fort nombreuses. Le plus grand nombre, parait-il, l'attribuaient à Tarquin le Superbe : vainqueur des Latins, les ayant soumis à la suprématie de Rome, il les organisa en une fédération à laquelle il donna ses fêtes, son dieu et son sanctuaire religieux, sur le sommet du mont Albain'. D'autres faisaient remonter les Fêtes Latines jusqu'à Tarquin l'Ancien ^. Mais des écrivains d'apparence i)lus hardie les rattachaient aux peuples qu'on appelait « les anciens Latins », J'risci Laiini, c'est-à-dire les Latins d'avant la domination romaine : ils disaient qu'elles avaient été instituées par Énée luimême, après la mort du roi Latinus. On allait même parfois plus loin, et on leur donnait comme fondateur le roi mythique du Latium, Faunus-'. Comme tout ce qui a traita la religion primitive de l'Italie, on peut croire que, de ces traditions, la moins historique et la plus légendaire est la plus vraisemblable : à pi-iori, on peut prêter le plus de créance à celle (|ui recule le plus loin dans les temps la fondation des Fêtes Latines. Les rares

Home, ot du m^mo Maiiiiel tirs Institutions roinuines, 1880, p. "195 et suiv. ; Scliullzo. Ot'sc/tichlî' tles Untrri/niif/s th's lleitlenthuuis, t. II, 18'J2: Wissuwa, De feriis anni /iomnnoi'uni vdustîssimi, ^l^vhuig, progr. 1801.

FKllIAi: LATINAB. 1 Dion. Halic. IV, 49; Aur. Virt. Dr vir. illuslr. 8, i; Schol. ad Cic. Pro Plancio, p. iâS (Or. t. II). — i Dion. liai. VI, 03. — 3 Schol. Bobbian. (ad C\c . pro Plane , Or. l. Il, p. 25a).

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documents que nous possédons sur leur hisbiin' primitive confirmont reltc hypothèse.

De tout temps les Fêtes Latines se sont célébrées au scinimcl du mont Albain : la tradition ne leur connaît point d'autre sanctuaire. Or, si les Tarquins les eussent fondées, ils auraient sans aucun doute choisi comme loyer religieux du Latium la ville dont ils faisaient précisément le centre politique, la ville de Rome ellemême. Pline nous a conservé la liste des peuples qui prenaient part aux plus anciennes Fêtes Latines '. Or, parmi ces peuples se trouvait celui d'Albe, ville entièrement détruite au temps des Tarquins. Et, à côté de cette ville, Pline mentionne un grand nombre de bourgades dont l'histoire ne fait point mention, et qui étaient complètement disparues au temps des tyrans étrusques. Tous ces indices nous montrent clairement i|uc les Fêtes Lutines e\i~laieiit :i\;uit l'époque i.ii linnie détriiisil Albe et s'cinpai-,-1 ilc l.i -ii|tr''(ri.ilii' hiliiH\

Ces mêmes indices nous diiiinrril .'i iick-it que ers tôles dataiiMit di'S temps oii r;'iUait ,\IIm' qui .l.iniiiiait sur le Latium. Cl'est près de celte cilé que su trouvait le sanctuaire de la fêle. Sans doute le dieu auquel il appartenait s'appelait le Jupiter Latin ; mais la montagne sur laquelle le dieu résidait avait pris le nom de 7nons Albaniis'-. Albe avait imposé son nom au centre religieux diï la Ligue latine comme sa su/.fraineté aux villes t(ui la composaient.

Un merveilleux hasard nous a conservé la liste de toutes les cités qui participaient, en ces temps reculés, aux Fériés Latines. Pline cite, dans son Histoire naturelle, les villes « qui ont disparu du Latium sans laisser aucune trace » : parmi celles-là, voici, dit-il, celles qui sacrifiaient régulièrement sur Ir mimt Albain^ :

[Les capitales désignent les uoins fini se trouvent d.iiis l.-i liste fin Denys (V, 61).]

Alùenses'T)

Àlhani

Aesolani

Accienses

Abolani

BuBETANt

liolani Cusuetairi

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