‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines, d'après les textes et les monuments (volume 5)Chapitre 27 sur 104 · HOI · texte numérisé non relu

HOI

FIB

offerte aux dieux à l'occasion de la conclusion d'un traité était ordinairement un porc. « C'est parles porcs, dit Varron, que paraît avoir coiuiuencé l'usaye d'immoler des bestiaux ; les traces de cet usage remontent jusqu'aux mystères de Gérés, où l'on tuait des porcs, aux cérémonies des traités de paix, aux mariages des anciens rois et des grands de l'Êtrurie ; dans toutes ces circonstances, on immolait un porc'. » Le sacrifice terminé, les généraux et les magistrats politiques euxmêmes juraient, sur le sceptre de Jupiter, d'observer religieusement les conditions du traité qui venait d'être arrêté'; puis les Fétiaux qui avaient présidé à sa conclusion le signaient de leurs noms ^ et en rapportaient le texte à Rome; là, le collège des Fétiaux tout entier prenait l'engagementsolennel de veiller àson observation et de réprimer toute infraction '. Les dispositions du traité étaient ensuite gravées sur une table d'airain, qui demeurait déposée au Capitule ^ dans Vaedes Fidei populi romani^.

Telles étaient, d'après Tite-Live, les formalités qui accompagnaient, sous la république romaine, la conclusion d'un traité; mais, avec le temps, ce cérémonial parait s'être légèrement modifié. En effet, Polybe nous retrace les formes d'un traité conclu entre Rome et Carthage et ces formes s'éloignent sensiblement de celles qui sont relatées par Tite-Live : « Le Fétial prend une pierre en sa main, et, après avoir jiiré au nom du peuple que les conventions seront fidèlement observées, il ajoute : Si je dis vrai, qu'il m'arrive bonheur ; si je pense autrement que je ne parle, que tous les autres gardent tranquillement, dans leur patrie et sous leurs lois, leurs biens, leurs pénates et leurs tombeaux ; que, moi seul, je sois rejeté, comme je rejette cette pierre. En prononçant ces derniers mots, il lance la pierre au loin '. » Le droit fétial et les Fétiaux devaient, comme toutes les institutions antiques, comme les institutions religieuses surtout, subir l'action du temps, qui transforme et renouvelle toutes choses. Autant le peuple romain paraît avoir montré de justice formaliste et de modération dans ses rapports avec les autres cités, pendant les premiers siècles de son existence, autant Rome, devenue la maîtresse du monde, écrasa sous le poids de son despotisme et de son intolérance les peuples qu'elle avait vaincus. Et cependant, tel était l'attachement des Romains pour les traditions de leurs pères que, tout en les raillant, tout en les négligeant, ils n'osaient pas y

1 Vtrg. Aen. VUI, 641. » Et caesa jimgebant foedera porca. » Cf. Scrv. ad h. v. ; Varro, De re rust. 2, 4, 9; Cic. De im. 2. 30, 91 ; Suet. Claitd. 25. On a tu plus haut (lig. 2975) une monnaie portant au revers deux Fétiaux immolant un porc ; sur d'autres monnaies de Ti. Vcturius (Cohen, Monn. de la Rép. pi. XLI, Veturia ; Babelon, Monn. de la Rêp. 11, p. 935) -, de C. Salpicius (Babelon, 11, p. 471) ; sur des monnaies de Capoue et d'Atella (J. Friedlaender, Die oskischen Mùnzen, Leipzig, 1850, p. 81 els. u'"9, 10, 11,12; Cohen, pi, ,XL1V, 8 ; Mommscn, Hist. de la monn. rom. I, pi. XVI 1, 6) ; de la ligue italiote pendant la guerre sociale (Milliugcn, Sylloge of. anc. coins, pi. I, 1 ; Friedliinder, O. c. p. 86, n. 18, 19 : Bompois. Types mon. de ta guerre sociale, pi. I; Duruy, Hist. des Rom. «Sdit. illustr(''e, II, p. 535) sont flgurés des guerriers jurant sur un porc, mais il est douteux qu'auciin des personnages soit un Fétial ; cf. Helbig, Die Italiker in der Poebene, p. 92. — > Cic. Ajl fam. VU, 12. — 3 Liv. IX, 5. — » Dion. Halic. II, 72. —5 I.iv. XXVI, 4.-6 Polyb. III, 26 ; Diou. Hal. II, 55 ; 111, 33 ; IV, 26. — 7 Polyb. 111, 25. — 8 Orelli, n» 2276 ; Amm. Marc. 19, 2, 4. — 9 Laclant. Z^iuin. instit. VI, 9 :,* Quantum a justitia recédât utilitas, populus Romanusdocet, qui per Fetialcs bcllaindicendo et légitime injurias facieado, Mmper aliéna cupiendo atque rapiendo, possessionem »ibi lotius orbis comparavit. <> — 10 Suct. Claud, 25 ; Dio. Cass. liv. 4. — " Scrï. ad .4.71. IX, 53. — la Varr. De l. latina, V, 86 ; cf. sur lo sens de ce passage, Turnébe. X.KI, 1, et Valtrinus, De re militari vetemm Romanorum, I, il in fine, — Builiographik. F. C. Conradi, De fecinUliis et jure fecinti /to/udi romani, Helmstadii, 1734; J. Chr. Stuss, Gedanktn lion dun t'etialen des ailen Homt, G6ttlug. uud Lcipi. 17S7 ; Weiske, Comi-

renoncer ouvertement. Bien longtemps après qu'ils eurent perdu toute leur indépendance et tout leur crédit, on retrouve à Rome le nom des Fétiaux. Une inscription contemporaine de l'empereur Claude fait mention d'un paler palratus', et jusqu'au milieu du iv' siècle de notre ère, les textes attestent l'existence du collège des Fétiaux'. Les Fétiaux de l'époque impériale n'intervenaient dans les relations internationales que pour donner satisfaction aux préjugés antiques, et ils étaient loin de pratiquer la justice et la loyauté qui avaient fait l'honneur de leurs devanciers. D'ailleurs, c'était souvent l'empereur lui-même qui accomplissait les rites du droit fétial et en prononçait les formules. Suétone nous montre l'empereur Claude présidant, comme Fétial, à la conclusion d'un traité '°. Et depuis longtemps, la déclaration de guerre n'était plus qu'une parodie de l'ancienne belli indictio '^' .

Les Fétiaux n'existaient donc plus que de nom sous les empereurs : déjà Varron semble nous dire que, de son temps, c'est-à-dire dès avant l'ère chrétienne, l'usage de déclarer la guerre par les Fétiaux s'était perdu : « Nam per hos fiebat ut justum conciperetur bellum; et inde desitum'^. » André Weiss.

FIBRINAE VESTES [CASTOREAE VESTEs].

FIBULA, par contraction fibla^, en grec Tteoovïi ', TtoûTTï)^, Ttspovîç, TiôpTta;, TropTii;;, ève-:/,. Le mot fibula, dérivant de la même racine que figere, est donc, à proprement parler, synonyme d'épingle [acus] et le grec tîeoôvyi s'emploie souvent dans ce sens ; mais, par une métonymie fréquente, consistant à donner au tout le nom d'une de ses parties, la fibule désigne ordinairement un quelconque des objets servant à agrafer, dont l'ardillon, ou pointe métallique, est un élément essentiel'. Ces objets sont : 1° une épingle de sûreté ou une broche ; 2° un fermoir ou une boucle ; 3° divers autres instruments moins employés. Nous nous occuperons successivement des objets ainsi désignés, mais, à cet égard, une remarque préliminaire s'impose. Les textes antiques n'ont pas la même précision que les monuments figurés ; il est, la plupart du temps, impossible de savoir si un auteur a voulu désigner une agrafe ou une variété de boucle. De là, une certaine confusion à laquelle on ne saurait obvier et dont il semble préférable de faire l'aveu dès le début du présent article.

l. L'usage de l'épingle de sûreté a été aussi répandu dans l'antiquité que l'est aujourd'hui celui des boutons.

dérations sur les ambassadeurs romains, Zwickau, 1834; Osenbr\iggen, De Jure belli et pacis Rom. Lips. 1836; Sell, Die recuperatio der Ramer, Braunscbw. 1837; Laws, De fetialibus Rom. Progr. v. Deutsch-Crone, 1842 ; Brandes, De fetialibui, dans Jalm's Jahrb. XV. Supplem. Bd. (1849), p. 529 et s. ; M. Voigl. De fetialibus populi Romani quaestionis specimoi, Lips. 1852; Wetsels, De fetialibus, Groiûng. 1854; André Weiss, le Droit fétial et les Fétiaux à Rome, Paris, 1883 ; Bouch6- Leclerq, Manuel des institutions romaines, p. 541 et s., Paris, 1884 ; Guido Fusinalo, Dei Feziali e del Diritto Feiiale (extrait des Mem. délia r. Ace :d. dei Lincei, Clas. di se. moral! , stor. e filol.), Roma, 1884; Michèle Asmundo Camaiii, i« htituzione dei Fesiali in rapporta al diritto publico rommio. Catania, 1886 ; Antonio Zocco-Rosa, De fetialium coUegii compositions quaestionis spécimen, Catan. 1887; Marquardt et Mommsen, Manuel des antiq. rom.. Le culte ches l«s Romains, t. II, (trad. fr. par M. Brissaud), Paris, 1890, p. 143 at s. ; M. Cbauveau, le Droit des gens dans les rapports de Roms avec Us peuples de Cantiqvité, dans la Nouvelle Revue Historique, 1891, p. 393 et s.

FIBULA. 1 Corp. inscr. lat. t. III, 536. — » Doii <ifs>ù, agrafer un Tétemenl, //. X, 133; XIV, 180. On dit aussi ::ojKà^«*, so^caaî;**. — 3 Sur la synonymie de ces deux mots, Toip Uelbig, Das hom. Eposi, p. 275. Uésycbius explique siSV. par nd^ni). Des lalmismes ^igXa, fi€Vi), çtôouAa, dérivent les formes de la basse grécité, çiS^iov. ç(6Xo5oflat, çiSXoùv, fiSlwviiv. Cf. la Thesaiirus, s. V. et Sophocles, Greek texicon. Suidas fait observer que la <o^i| s'appelle /iàula (fiOm) diei les Romains. — * Cî. Casaubon ad Treb. PoU. p. 2i3.

FIB

Par l'effet même de son emploi général, et du rôle qu'elle jouait dans la toilette des deux sexes, la fibule a subi, dans les diverses régions du monde antique, des modifications très importantes, affectant non seulement sa forme, mais sa décoration. Toutefois, ces modifications n'ont pas été livrées au caprice individuel : résultant de véritables modes, elles présentent assez de constance cl de durée pour devenir un principe de classification chronologique, comme pour jeter quelque lumière sur les mouvements ethnographiques, sur les relations commerciales entre les peuples. C'est pourquoi l'on a pu dire que la fibule offrait le même intérêt archéologique que les monnaies, pour les époques que les trouvailles de monnaies n'éclairent pas encore, et que la fibule devait être considérée comme le « fossile directeur » de l'antiquaire, analogue à certaines coquilles qu'étudient les géologues pour distinguer les couches successives de l'écorce terrestre.

II. A l'époque de Tacite', les Germains se servaient encore, à défaut de fibules, d'une épine pour agrafer leurs saga ; des pièces de bois ou des alênes taillées dans l'os ou la corne peuvent avoir primitivement répondu aux mêmes besoins-. La fibule métallique paraît dériver de l'épingle, pourvue d'un appendice pour la fixer dans l'ouverture où elle a été introduite'. A cet efi'et, on a eu recours à des dispositifs divers : tels sont l'épingle à bouterolle qu'on trouve à Hallstatt*' et le serre-plis de même provenance ^, qui ressemble beaucoup à une fibule. De nombreuses épingles de l'âge du bronze présentent, dans leur renflement supérieur, une ouverture qui contient parfois les restes d'un fil métallique : ce fil servait aussi à fixer l'épingle et M. Undset le considère comme l'idée première de l'ardillon ^

III. Il faut distinguer, dans la fibule proprement dite, deux parties essentielles, l'arc et l'ardillon. Le point oti l'épingle se détache de l'arc, marqué par un ou plusieurs enroulements du fil et plus tard par une charnière, a été appelé la tête de la fibule ; le point où elle s'engage dans l'arrêt, constitué par une gorge ou par une plaque, s'appelle le pied''. Dans ï Odyssée, les fibules du peplos donné par Antinoos à Pénélope sont pourvues de x^ioeç £ÛYva[AiiToi ', ce qui signifie, d'après le scholiaste et Eustathe', les crochets ou œillets destinés à retenir l'ardillon. Comme l'aiguille passe deux fois à travers Tétofl'e pour en réunir les pans, elle reçoit l'épithète de ûîêo).o;'°; on compare aussi la fibule à une dent et il est question de samonwre".

Les dimensions des fibules ont été variables; on en connaît de très grandes, longues de 0°',20 et davantage ; il en existe aussi de très petites (O^iOS), où le fil de l'are est si mince qu'on a dû l'aplatir en lame de couteau pour le rendre suffisamment résistant '^ On a supposé que quelques fibules, à la fois très grandes et très lourdes.

1 Tac. Germ. 17. — S Sludniczka, Deitrâge zur Gesch. der altgnech. Tracht, f. 12. —' Zeilschrift fur Ethnol. 1880, p. 205; l'Anlhrop. 1890, p. 610. —'• l'Anthrop. 1890, p. 611, lig. 4. — 6 Jbid. Cg. 5.-6 Ibid. fig. 6; cf. Deitruge zur Anthrop. Bayerns^ 1881, p. 51. — 7 Deitrâge zur Anthrop. Bayerns, 1881, p. 51. — 8 Od. XVIII, 293. — » Cf. Ilclbig, Bas hom. Epos 2, p. 275.

— 10 ûiSoXo» iteedvav, Anlliol. Pal. VI, 282. — H Ovid. Met. VIII, 318 ; Caipurn. Ed. VU, 81 ; Sidon. Carm. II, 397; Coripp. In laud. Justin. II, 122. — ISMarliia, L'art étrusque, p. 62. — 13 Musée de Raveslein, t. Il, p. 7. — i* Iliad. V, 42i, XIV, 178; Od. XVIII, 292; XIX, 225 ; cf. Eur. El. 318 ; Phoen. 805 ; Sopli. Trach. 824-6.— IB Cf. B6m. Milth. 1887, p. 37. — 16 Ilelbig, Dus hom. J5>o» 2, p. 277.

— " Ilclbig, Jm neuen lieiih, 1874, I, p. 731, fig. 2. — 18 Beilrâge zur Antlirop. Bayems, p. 55 ; Bull, delf Inst. 1886, p. SU. — :J Aol. Var. hist. I, 18.

ont pu servir à relever des rideaux ou des tentures dans l'intérieur des habitations '^

IV. Les plus anciennes fibules sont en bronze; à l'époque historique, on en fabriqua également en fer. Les fibules en métaux précieux sont déjà mentionnées dans les poèmes homériques" et se rencontrent souvent en Italie dès le vi° siècle'". Telles sont les fibules en or et en argent rehaussé d'or trouvées à Préneste "', la fibule en or à double disque enroulé de Caere", les fibules d'argent de Corncto et des tombes de la Certosa de Bologne''. Suivant Élien, le luxe des fibules d'or et d'argent était familier aux femmes grecques dès la plus haute anti(|uité ". De magnifiques fibules en or, décorées de filigrane et de granulé, appartiennent à la belle période de l'art étrusque (fig. 2837)"; une des plus intéressantes, portant une inscription étrusque en granulé, est conservée au Louvre (fig. 2997) ^'. A l'époque romaine, les fibules en or et en argent deviennent très fréquentes et leur surface s'enrichit de plus en plus d'émail, de pierreries, etc. " L'usage s'en généralisa à tel point que l'empereur Aurélien permit aux simples soldats, qui n'avaient encore que des fibules d'argent, de porter des fibules d'or^^ ; les tribuns en possédaient déjà du temps de César-*. Les Barbares qui envahirent l'empire romain poussèrent encore plus loin le luxe de la décoration des fibules, mais l'étude de ces productions est en dehors du cadre de notre travaiP^

A côté des fibules en or massif, il en est en argent doré [fibula argentea inaurata)^^ , ou dont la dorure n'est que superficielle ; parfois il y a non pas une feuille, mais un fil d'or roulé autour de l'arc^'. Les fibules dorées, argentées ou même étamées sont fréquentes à l'époque des invasions^'. Ajoutons que les ardillons des fibules ont souvent disparu, ce qui tient à ce qu'on les faisait ordinairement en fer ou en bronze, alors que l'arc était d'un métal précieux -'. Il est question, dans la biographie de Claude le Gothique, d'une fibule en or avec un ardillon de cuivre'".

V. Les fibules italiennes antérieures à l'époque romaine sont très souvent décorées avec des morceaux d'ambre, tantôt insérés dans l'arc, tantôt juxtaposés alentour sous forme de disques et formant de la sorte comme un manchon". Les disques d'ambre alternent quelquefois avec des disques d'or. On a signalé à Bologne des fibules dont l'arc serpentant est entièrement recouvert de sections coniques d'ambre". L'emploi du corail pour rehausser les fibules se constate surtout dans les nécropoles gauloises de la Champagne''; celui des pâtes de verre émaillées s'observe déjà dans l'industrie italique la plus ancienne" et l'on a même trouvé à Camiros, dans l'île de Rhodes, une fibule dont l'ardillon traverse quatre boules de verre '^. L'ère impériale vit aussi se développer le luxe des fibules d'or ornées de pierreries [gemmatae ^^ ,

— 20 Martha, L'art étrusque, p. 581. — 21 Ibid. frontispice, Og. 12. — 22 Lindenscbmit, Alterth. unsrer heidn. Vors. II, 4, 5. — 23 Vopisc. Aurel. 46. — 21 l'iin. nist. nat. XXXIII, 12. — 25 Lindenscbmit, Handbuch der deutschen Alterthnmskunde, t. I, p. 424 et suiv. — 26 Trob. Poil. Claud. 14. — 27 Cscll, Fouilles de Vuki, p. 412. — 28 Itev. archéol. 1883, 1, p. 174. — 29 Musée de Baveslein, t. Il, p. 6. — 30 Treb. Poil. Claud. 14. — 3' Congrès internat, de Pesth, p. 437.

— ■i^ r.sell. Fouilles de Vulci, p. 356, 358. — 33 Congrès de Pesth, p. 453.

— 3'. Marlba, L'art étrusque, p. 81 ; Verh. berl. Ces. far Anthrop. 1884, p. 78.

— 3b Perrot ot Chipiez, Hist. de l'art, t. III, p. 830. — 36 Virg. Âen. V, 312, Treb. Poil. Gall. 16 ; Vopisc. Carin. 1 ; Elym. 7nagn. p. 363, 28. Fibula aurea cum gemmis, sur le marbre de Tborigiiy, Mommsen, Ber. sûchs. Ge». 1852, p. 241.

FIB

FIB

Xi8ox(iXX7)Toi) • ; déjà Antoine, au dire de Florus^ portail unerobede pourpre agrafée d'énormespierres précieuses. C.laudien ultriljue à Proserpine une fibule ornée d'un jaspe ^ Hadrien est loué par son biographe de s'être servi d'agrafes sans pierreries*. La preuve que l'usage des fibules il pierreries passa longtemps pour cfféuiiné, c'est que Vopiscus accuse Carin de s'en être servi exclusivement". On raconte de Gallien qu'il fut le premier à se faire voir dans Rome avec une chlamyde de pourpre et des fibules d'or rehaussées de-pierreries ; avant lui, les empereurs se montraient toujours en toge, vêtement qui ne comportait pas l'usage de fibules^. Les fibules ornées de pierreries, ou plus souvent de verres de couleur, sont fréquentes dans les sépultures des Barbares '.

VL Dans l'épopée homérique, la fibule est employée pour agrafer la partie principale du vêtement féminin, rèavdç ou TtsTiXoç '. Le TiÉTcÀoî de Pénélope, don d'Antinoos, est pourvu de douze fibules en or'; l'Iavoç de Héra est maintenu au-dessus du sein, xarà (tttiOoi;, à l'aide de fibules d'or '". L'interprétation de ce dernier passage avait soulevé de nombreuses controverses lorsque M. Studniczka proposa", avec l'approbation de M. Helbig '^ d'en rapprocher plusieurs figures du Vase François''^ où l'on voit de grandes fibules à bâtonnets transversaux, analogues à des spécimens découverts à Tarquinii ", réunir au corps de l'étoffe, vers la hauteur du sein, un pan de vêtement ramené sur l'épaule droite (fig. 2976). La fibule d'Ulysse, dont il est ques-

Fig. 2971. — Têlemcnls retenus par des fibules. tiou danS VOdyS-

sée ", est plutôt un fermoir; nous y reviendrons en parlant de ces dispositifs. C'est à l'aide de fibules que les femmes grecques de l'époque la plus ancienne fixaient les manches de leurs chitons autour de leurs bras '^. Dans les statues féminines archaïques découvertes sur l'Acropole d'Athènes, les manches sont tantôt cousues, tantôt fermées à intervalles réguliers par des agrafes en forme de petits boutons circulaires ". Les fibules servaient aussi à agrafer les langes des enfants; il est question dans Euripide des fibules d'or que portait OEdipe exposé sur le Cithéron ". VIL Hérodote raconte" que les Athéniens ayant fait une expédition à Égine (au vi" siècle), il ne revint qu'un

1 J.I.yd. De magisir. ICO, (0. — 2 Flor. IV, 11, 3. — 3 Claudian. De rapt. Proterp. II, 40 ; cf. Garrucci, Vetri, p. 47. — » Ael. Spart. Hadr. 10. — 5 Vopisc. Carin. 1. — 6 Treb. Poil. Gatl. 16. — ^ Lindenschmit, Uandb. der d. Allerthumakmnde, t. 1, p. «2 et suiv. — 8 lliad. V, 424; Od. XVIII, 292; cf. Helbig, Dos hom. Epos 2, p. 199 sq. — 0 Od. XVIII, 292. — lo Uiad. XIV, 178. — » Sludnicika, neilrSge, p. 97. — 12 Helbig, Op. laud., p. 200. — 13 Ibid. fig. 54.

— 1* Ibid. ùg. 55. — 15 Od. XIX, 223. — 16 Aelian. Var. Hist. I, 18. — n Bull, de corr. helk'n. 1890, p. 308; 1892, p. 195. — 18 Kur. Phoen. 805. — 19 Herod. V, 82 sq. ; cf. Helbig, Da$ hom. Epos'^, p. 162; Uœhlau, Quaest. de r. vestiar. p. 23. — 20 7i. V, 425; Sopli. Oed. Tyr. 1269; Eur. Hec. 1170; Phoen. 62.

— 21 Gerliard, Auserl. Vnsenb. pi. 97, 108, etc. — U Schol. P^urip. Bec. 934; cf. Bœhiau, De re vestiar. p. 79. — 23 Lucian. Am. 4J ; cf. Theocr. XIV, 65. 'ETifi- «oçTîoî(CalIim. ap. ScIioI.Rur. ffec. 933) signifie "agrafi^ d'un seul côté n. — 2VTIieocr. iV, 21; Anthol. Pal. VII, 713. — 23 plut. Alex. 32; Theocr. XV, 34, 79; Eurip.

seul combattant; entouré, à son retour, par les femmes, de ceux qui étaient tombés à l'ennemi, il fut transpercé par les fibules qu'elles portaient et succomba. 'Dans des textes poétiques relatifs à des époques plus anciennes il est souvent question de personnages blessés avec l'ardillon d'une fibule^".) Les Athéniens, poursuit Hérodote, ordonnèrent alors que leurs femmes renonçassent au costume dorien, qui avait été jusque-là celui de toutes les Grecques, pour adopter le chiton de lin ionien qui ne comportait pas l'usage d'agrafes, sinon, comme le montrent les monuments, pour fermer les manches^'. Les jeunes filles Spartiates portaient un himatidion agrafé sur l'une et l'autre épaule''-. Les hommes employaient la fibule pour agrafer les vêtements de dessus, la chlaena, la chlanis, la. chlamys [culamys, fig. 1417-1420]; l'agrafe était généralement posée sur l'épaule droite et s'appelait par suite èTtùjjAîO!; Trepdv/i^^ Un vêtement à fibules était dit Tr£sovT|Tpîç ou TTîpovTiTiç ^'* ; OH appelait encore k-nzooTtiç, c7ri7r&OTf/j[Aa, èu.Tic>p7iY|jxa, i^T:eyyixij.x, Treoovxixa, ~6t~xii.x, les chlamydes fixées avec une agrafe-", et quelquefois, à ce qu'il semble, l'agrafe elle-même ^°, ou même la décoration de la TTÔDTi-ri'^". En Thessalie,lachlamyde avec agrafe est dite aXXi^ ^''. Ce genre de vêtement était porté en particulier par les cilharêdes et est attribué à Apollon lorsqu'il est repré sente comme musicien^' [cituaroedus, fig. 1570 1.5721. La libule servait aussi pour agrafer l'himation double porté à la guerre ^". On a proposé ", mais sans doute à tort, de reconnaître une fibule, -epow), dans la cigale, tétti;, avec laquelle les Athéniens, avant les guerres Médiques, retenaient leurs cheveux nattés en crobyle [coma, p. 1337.] VIII. Dans l'habillement romain, la fibule ou broche ne servait pas pour la toge ^^ mais seulement pour agrafer le vêtement de dessus, ciilaena, culamys, lacer.na, palla, SAGUM^', ainsi que le manteau militaire dit paludamen- TUM. Scipion l'Africain portait à la guerre la sisyra gauloise munie d'une agrafe''. Sur un buste de général romain'», la lacerna paraît fixée par une attache oblongue munie de boutons qui s'appelait peut-être ligula'^. Les Vestales agrafaient avec une fibule le voile blanc qu'elles portaient sur la tête en sacrifiant'' ; les Saliens s'en servaient pour relever leurs tuniques". Les vêtements pourvus de fibules s'appellent, dans la basse latinité, {pallia) fibulata'^, (saga) fibitlatoria^", en grec o'.êXaTulî'.ov, oiêXaToûptov, çtêXaToùoa". lien est question, parmi d'autres vêtements, dansl'éditde Dioclétien'^ L'empereur Claude le Gothique, écrivant à Regillianus, gouverneur de rillyrie, lui demande deux saga pourvus de fibules, duo saga, sed fibulatoria'', ce qui prouve que les saga n'étaient pas nécessairement pourvus de fibules. Dans une lettre de Valérien, il est question de duo pallia gallica fibulaia : ce sont probablement, dit M. Waddington, les mêmes vêtements qu'il nomme sagochlamydes dans une

El. 820 ; Antb. Paint. VI, 274, 1 ; cf. Bœhiau, op. laud. p. 48 ; Stepbani, Compte rendu de Saint-Pétersbourg p. 1875, p. 105. — 26 Hesycb. î-tieôpitt;iJiot ; Suid. î.jffrîç.

— SI Elym. magn. 363, 28. — 28 Elt/m. magn. 6S, 33; Hesjch. iUt»a; Stepbani, Compte rendu p. 1875, p. 106. — 23 Callim. /n Apo//. 32; PoU. X, 190; EusUUi. ad. II. 905, 54. — 30 Lj curg. C. Leocr. 40 ; Pol; aen, Strat. IV, 14. — 31 Bhein.îlus. 1878, p. 623 ; cf. Bull. corr. hellén. t. XII, p. 56. — 32 C'est ce qu'a i5tabli Ferrarius, ap. Graev. Thésaurus, t. VI, p. 650. — 33 Ut. XXX, 17, 13; Varr. ap. Non. p. 538, 28; Appian. Punie. 109. Sagum espagnol, Liv. XXVII, 19, 12; Strab. p. 555; Appian. De bell. ''isp. 42, 43. Sagum germanique, Tac. Germ. 17 ; gaulois, Diod. V, 30 ; Polyaen. VIII, 16; cf. Marquardl, PrivntUben, t. II, p. 549. — 31 Polyaen. VIII, 16.

— 85 ArcA. Zeil. 1875, pi, ut, p. 13. — 36 Amm. Marc. XIV, 6, 9 (passage corrompu). — 37 Feslus, j. V. Suffibulum. — 38 Dion. Haï. Il, 70. — 3S Vopisc. Prob 4. — ^0 Trobcll. Tyrann. 10. — *1 Cf. le Thésaurus et Sophocles, Greek lexicon., j, o. — »2 Waddiugton ad Le Boa, Asie .V/iiit lire, p, 178. — WTreb. PoU. Tyiann. 10

FIB

autre lettre et qui étaient portés habituellement par les tribuns militaires'. Les fibulatoria étaient aussi en usage chez les Perses, d'après une glose de Suidas".

■Les fibules étaient offertes en cadeaux aux hommes et aux femmes^, souvent aussi à des militaires'; on en connaît qui portent des inscriptions comme Utere felix, Juliane vivas, expressions des vœux du donateur'', ou encore \eg] I c[oh) V°, marquant qu'elles ont été données à un soldat. Nous avons déjà rapporté quelques textes concernant le luxe des fibules sous les empereurs; une inscription de Corinthefail connaître, sous Alexandre Sévère, un fonctionnaire spécial préposé aux fibules impériales, praepositus a fiblis''. Ces objets étaient donc considérés comme des bijoux, nécessitant une surveillance particulière, ce qu'explique la richesse de leur décoration. Aussi Ulpien est-il d'avis que les fibules appartiennent plutôt à la parure qu'au vêtement*.

Dans le costume impérial du bas-empire, la fibule à trois franges est un attribut essentiel du pouvoir suprême ; à cet égard, les fibules de ce temps rappellent, comme on la fait observer, les épaulettes d'aujourd'hui' (fig. 2975 et 2976) '".

Procope décrit le costume d'un roi d'Arménie, avec une fibule d'or d'où pendaient trois pierres précieuses attachées au bout d'un fil d'or ". Corippus fait aussi porter à Justin des fibules d'or avec chaînettes ornées de pierreries '^ On sait le nom spécial d'une

Fig. 2975. — Fibule à triple pendeloque.

Fig. 2976. — Fibule à triple peadeloque.

fibule de ce temps-là, qui ressemblait à une corne d'abondance, le xopvoffxômov '% et on a cru la recon-

1 Vopisc. Prob. 4 et la note de Saumaise. — 3 ^igXa-ûpiov, it£pt6ôXaioy itEÇfrixôv. Cf. Du Cange, s. v. oiQaxôpiov, fibulatorium. — 3 Plaut. £pid. V, 1, 33; Mil. glor. IV, i, 13. — * Liv. XXVll, 19; .\XX1X, 31. — B .Uusée de Bavestein, t. II, p. 9; Arnelli, Gold und Silbemwnum, pi. xn, n** 26; cf. sur les fibules avec inscriptions, Mowat, Mém. de la Soc. des Antiq. 1888, p. 25 sq. ; Bull, de la Soc. des Antiq. 31 juillet 1889. — 6 Arch. epigr. Mittk. t. III, p. 51. — 7 Orelli, 2953; Corp. iiucr. lat. III, cf. 536; Friedlacnder, Sitlengescli. 1, p. 191. — 8 Ulp. Vig. XXXIV, 2, 25. — 8 Jullian, Mélanges de Borne, 1892, p. 6 ; cf. le ôisque de Théodose à Madrid, Delgado, Sobra el graji disco, etc. ; Arnetli, Gold und Silbermonum. Beilage III; Arch. Zeit. 1861, pi. cxxxvi. S; un mi^daillon de Valens, Arnctli, Jbid. pi. xi7, n" 12; Djruy, flist. des Rom. t. VII, p 443, 496; Quicberat, Uist. du costume, p. 64, — 10 Nos figures reproduisent

naître sur le personnage placé devant Théodose, dans le grand disque d'Almendralejo". Une autre fibule très grande et très longue, munie d'un appendice plat et dentelé qui monte presque jusqu'à l'oreille, se voit sur plusieurs monuments du v° siècle, par exemple sur le diptyque de Monza (p. 274, fig. 2458).

IX. La fibule n'a pas été connue des peuples de l'Orient avant qu'ils ne subissent l'influence des Grecs. Elle ne s'est pas rencontrée à Hissarlik: un objet découvert en cet endroit, et qu'on avait pris pour une fibule, est certainement une boucle d'oreille *^ C'est également par erreur que l'on a parlé de fibules dans les tombes phéniciennes de la Sardaigne '°. La présence d'une fibule d'un type particulier sur le vêtement d'un personnage dans un bas-relief d'ibriz en Lycaonie " peut être alléguée à l'appui de la théorie qui fait venir d'Europe la civilisation dite héthéenne" ; un objet analogue, que M. Studniczka croit lydien, s'est rencontré dans un lumulus de la Troade '". En l'état actuel de nos connaissances, on ne peut même pas affirmer que la fibule soit une invention des tribus grecques pendant leur séjour au nord de la presqu'île des Balkans -" : peut-être faudrait-il en chercher l'origine plus loin vers l'ouest. La fibule se trouve, en effet, bien que rarement, dans les couches supérieures des terramares et dans les stations lacustres de l'âge de bronze, alors qu'elle manque dans les riches sépultures de l'époque mycénienne pour ne paraître, sous sa forme la plus simple, qu'à la fin de cette période.

Le type primitif de la fibule hellénique s'est rencontré à Mycènes en dehors des tombeaux de l'agora-'. Comme la fibule italienne des terramares, elle est de forme très allongée et présente un seul enroulement^^. Le même modèle a été signalé, non seulement dans les terramares du Bolonais, mais dans les palafittes de Peschiera et de Corcelettes ainsi que dans l'Italie Centrale ; on en trouve même des dérivés immédiats en Hongrie et en Bosnie ^^ Nos figures 2977, 2978

Fig. 2977. — Fibule de Mycènes.

Fig. 2978. — Fibule des terramar s.

Fig. 2979. — Fibule du Picenum.

et 2979, reproduisent une fibule de Mycènes ^\ une fibule des terramares et une autre découverte dans le Picenum^''. A ce type, que l'on considère jusqu'à nouvel ordre comme le plus ancien, se rattache immédiatement celui de la fibule à arc simple [ad arco semplice), différente de la précédente par la forme demi-circulaire de l'arc, qui est presque toujours décoré de nervures parallèles. Ce type s'est rencontré non seulement dans toute l'Italie et dans la presqu'île des Balkans, mais sur la côte d'Asie Mineure (fig. 2980) "*, et dans les plus an-

Théodose sur le disque de Madrid et lo médaillon de Valens; Toy. la note précédente.

— il Procop. De aedif. III, 1. — 12 Coripp. In laud. Justin. II, 122. — " Lyd. Demngislr. 11,4, p. 169. — 14 Jullian, Mél. de Rome, 18S2, p. 17. — 16 Verk. bcrl. Ces. f. Anthrop. 1883, p. 551 ; Studniczka, Beitrage, p. 12; Athen. Mittk. t. XII, p. 9. — 10 Bull. arch. Sard. t. V, p. 33; Athen. Mitth. t. XII, p. 9.

— " Athen. Mitth. t. XII, p. 11. — <« Cf. Rev. archéol. 1893, I, p. 105. — «Studniczka, Beitrtïge, p. 11. — 20 Gomme le fait M. Studnicika, Athen. MiUh. t. XII, p. 19. —21 'Eorin. 4pïaio)i. 1888, pi. IX, 1 et 2; cf. Montélius, Arch. f. Anthrop. t. XXI (1892), p. 31, fig. 35. — ii Zeitschrift f. Ethnol. 1889, p. 205 sq; l'Anthropol. liM,yi. 612. — ^ Bull. Paletnol. ital. 1883, p. Ml ; QmW, Fouilles deVulci, p. 281 ; l'Anthropol. 1890, p. 108. — W Arch. f. Anthrop. 1892, p. 31, fig. 35.

— 26 l'Anthropul. 1890, p. 610, lig. 1 et 2. — 26 Journ. hell. Stud. k. VllI, p. 74.

FIB

nos —

Fin

ciennes nécropoles du Caucase, en particulier à Koban'. La fibule grecque s'est développée de deux manières.

Tantôt l'arc s'est décoré de renflements, de perles, etc., comme on le voit sur un spécimen provenant d'Athènes (fig. 2081)2; tantôt la plaque s'est agrandie et a reçu des gravures au trait. Ces fibules à grandes plaques gravées, dans le style des peintures céramiques du Dipylon, ne se sont guère rencontrées jusqu'à présent qu'en Grèce'; nous donnons comme spécimen la plus remarquable de cette série, aujourd'hui au Musée de Berlin (fig. 2982) '. On a ce-

l'ig. 2980. — FibulB de l'Asie mineure à arc simple.

Fig. Î98I. — Fihule grecque à renflements.

Fibule grecque à plaques.

pendant signalé, comme provenant de la campagne romaine, une fibule dont l'ardillon porte une plaque suspendue qui paraît être une imitation de la fibule grecque ;l plaque carrée", et des dérivés du même type ont récemment été découverts en Bosnie °. Quelques fibules où la plaque est triangulaire (et non pas quadrangulaire) ont été recueillies en Italie et en Pannonie'. D'autre part, l'arc avec renflement se retrouve dans le nord de la péninsule balkanique, en Italie, en Carniole et en Hongrie; mais les renflements se réduisent quelquefois à de très petites saillies.

X. En Italie, la fibule arquée simple, très fréquente dans le nord', mais qui se rencontre aussi au sud de

l'Apennin, se développa de deux manières^ : 1° la plaques'augmente d'un appendice ou disque purement décoratif en forme de feuille, constitué d'abord par plusieurs tours de spire, plus tard uni : c'est un type fréquent dans l'Italie centrale et méridionale'" (fig. 2;)83);

1 Chantre, îlech. anthrop. dans le Caucnse, AtlaSy pi. xxi, xxn ; Montelius, Arch. f. Anthrop. t. XXI (1892), p. 16 ; Vircliow, GràherfHd von Koban.p. ÎS ; Verh.herl. Ces. f. Anthrop. 188t, p. 214; 1891, p. C9t ; Rev. arcltiol. 1881, II, p. 57. — 2Z,Mnthrnpol. 1890, p. 611, fig. 9. — 3 Cf. Archâol. Zeit. 1884, pi. ix, 3; Bull, de corrisp. hell. t. XII, p. 57 sq. — 4 L'AnIkropoL I89U, p. 612, fig. 10 ; cf. Ohjm/iia, t. IV, p. 5.3; Zeitschr. f. Ethnol. 1889, p. 2il-2i3, fig. .ll-S-t; Athen. Milth. t. ,XII, p. 14; Arch. Zeit. 1884, p. 102; Class. Itev. 1887, p. 115, 316; Morlillet, Mus(^e vréhist. fig. 1204. — B L'Antkropol. 1890, p. 012, fig. 13. — 6 Ihid. 1890, p. 105. — 7 Athen. Mitih. t. XII, p. 18. — 8 Martha, l'Art étrusque, fig. 46.-3 Beitrâge sur Anthrop. Bayerns, 1881, p. 52, 53. — m Gsell, Fomlles de Vulci, p. 284; lieitriige etc. 1881, pi. ni, 2 ; cf. Martha, TA r/ étrusque, fig. 47, 45; Ltndenschmit, Das rUm. germ. Centrnlmwt. pi. xxxvi, 5-7. — n Bull, di Paletnol. ital. 1878, p. 52 sq.; Aymnli dell' Insl. 1882, pi. q, 7; GscII, Fomlles de Vulci, p. 282 sq. ; Martha, l'Art étrusque, p. 81 j Biv. di Como, fasc. 21, pi. ii, n" 28, 1 ; 34, 3 ; 42, 1 ;

Fig. 2983. — Fibule italique à feuille.

Fig. 2984. Fig. 2983.

Fibules créncMcs d'Italie et de Suisse.

2° l'arc, d'abord tout uni ou rehaussé simplement de lignes gravées parallèles, se tord en câble, se décore de renflements, de noeuds, de créneaux (fig. 2984 et 2985), de disques en or ou en mêlai, de petits anneaux, quelquefois de boules en verre émaillé " . Ces types, infiniment variés, sont rares au sud de l'Apennin et très fréquents aux environs du lac de Côme et du lac Majeur". Parfois aussi, le centre de l'arc prend la forme d'une feuille ou d'un petit bouclier, percé de trous sur les bords ou orné de gravures '2; l'exemplaire que nous figurons provient d'un

grand dépôt de bronzes découvert à Tolfa (fig. 2986) ". XI. Le second en date des types de fibules italiques est la fibule en forme de barque, a navicella, dite aussi en forme de sangsue, a sanguisuga^^ ; elle est caractérisée par le très fort renflement médian de l'arc, qui est quelquefois creux à l'intérieur '^ L'arc est généralement couvert de ciselures, lignes droites et courbes mêlées (fig. 2987)'=. Ce type se développe de deux manières :

1° le pied s'allonge bien au delà de la longueur de l'ardillon et se termine souvent par une pommette'''; 2" l'arc se décore de saillies latérales, parfois de figures d'oiseaux (fig. 2988) '«, et reçoit des incrustations d'ambre.

Fig. 2986. — Fibule italique i bouclier.

Fig. 20S7. — Fibule dite a sanguisuga.

■ Fibule italique.

Fig. 2989. — Fibule de Camiros.

(Nous avons parlé plus haut, p. 2002, de l'emploi de l'ambre dans la décoration des fibules italiennes.) Xous signalerons, à cette occasion, une petite fibule dont l'arc

Relier, Pfahlbauten, 2' rapport, pi. vni, I ; Matériaux, t. XVI, p. 75. Les figures 2984 et 2985 repW'sentent deux fibules cn'-nelées provenant de .M^ringen et de Honcucco {Matériaux, t. XVI, p. 75). Cf. un moule de fibule crénelée, Biv. di Como, fasc. 17, pi. T, 29. — 12 GscII, Fouilles de Vulci. p. 2S5 ; Zeit. [. Ethnol. 1889, p. 205 ; 'Esr.n. àj7.e>io*. 1891, pi. ni, 5 (analogue à Mycènes). — <3 .\otitie degli Seari, 1880, p. 126. — " Les deux types se distinguent à peine (Gsell, Fouilles deVulei, p. 283); on n'serve quelquefois le nom de fibules naviforraes .\ celles dont l'arc n'est gonflé que d.ans sa partie extérieure. — 15 Beit. zur Anthrop. Bayerns, 1881, p. 53 ; Gsell, Fouilles de Vulci, p. 283, 40t. — 18 Beitrâge, pi. ni, 3 ; Coneslabile, Sopra duo dischi, pi. TU, fig. 4; Martha, tArl étrusque, fig. 48, 49, 75; Lindenschmit, Bôm. germ. Ceniralmus. pi. ixxvi. 4. — "Gsell, op. laud. p. 404; Giani, Baltaglia del Ticino, pi. v, 3 ; Much, Atlas der Centralcomm. pi. lu, 4 a, sp^imen de Watscb. Pour le type, cf. fig. 2998. — 18 .Martha, /■.4r( étrusque, fig. 52 ; Goziadini, Sepoleri etruschiscopertipres5oaBologna,p\.-nn,5; Froehner, Coll. Gréau, bromes, n* S^.

FIB

FIB

est surmonté d'une figure d'oiseau, qui, découverte ;V Camiros, appartient au Musée britannique (lig. 2989) '. Une fibule analogue à celles de l'Italie, mais où les tètes d'oiseaux sont remplacées par des têtes de mouflon, a été trouvée à Koban dans le Caucase ^ Il arrive que la forme bombée de l'arc est due à une multitude de petites rondelles métalliques très minces et de diamètre décroissant, qui ont été enfilées et serrées les unes contre les autres'. La fibule sanguisuga s'est également rencontrée à Olympie', mais il serait prématuré de dire, vu l'imperfection de nos connaissances sur les fibules grecques, que les concordances de ce genre s'expliquent par des importations.

A Villanova, à Corneto et dans les stations de cette époque, on trouve, en même temps que les fibules en barque, d'autres qui sont formées d'un simple fil métallique, présentant un arc surbaissé et un pied très court ■'. Leur simplicité pourrait les faire croire très anciennes, mais elle est moins réelle qu'apparente. L'arc est, en

effet, généralement engagé dans des espèces d'olives ou de manchons en pâte de verre, en ambre, en os, en corne de cerf, qui sont décorés avec beaucoup de soin. Pourvues des manchons en question, ces fibules rappellent tout à fait le type sanguisuga : il est probable qu'elles sont un peu plus récentes (flg. 2990)^. XII. Avec la fibule en barque, on trouve aussi la fibule serpentiforme, dite scrpeggianle, a drago\ dont les variétés sont extrêmement nombreuses, parce que les enroulements de l'arc présentent, dans les différents exemplaires, une complication très inégale'. A côté des types que caractérise seulement la torsion de l'arc (flg. 2991) °, on en trouve où l'arc est enjolivé par la présence de bossettes, de disques (mobiles ou non) à tra-

2900. — Fibule à manchon.

Fibules serpentiformes.

Fig. S993.

vers lesquels on a fait passer le fil métallique (fig. 2992)'". Les anneaux enfermés dans les arcs des fibules sont sans doute de simples ornements, remplacés ailleurs par des chaînettes, des spirales, des bulles", etc. Souvent, dans ces fibules, l'ardillon vient s'appuyer sur un disque ou sur une feuille (fig. 2993)"; ailleurs, il s'introduit dans une gorge allongée ". Une classe de fibules à arc serpentant et à long pied, que l'on trouve aussi dans l'Italie du nord ''', est caractérisée par la présence de plusieurs

) Perrot et Chipiez, Histoire de l'art, t. III, (ig. 594. — 2 Chantre. Rccli. anthropol. dans te Caucase, pi. xxii, 4. — 3 Marlha, l'Art étrusque, p. 62.

— 4 L'Anthropol. 1890, p. 613; voir aussi Carapanos, Dodone, pi. n, 1.

— 5 Bi'itrCige, etc. p. 54; Gsell, op. laud. p. 411. — 6 Co/zadini, Di un scpotcreto etrusco, pi. vu, n" 10 et 17; Verh. berl. Ces. f. Antlirnp. 1884, p. 81; Annali delV Instit. 1882, pi. q, 5 (manchon en corno de cerf incrusté d'ambre).

— 1 Ycrh. berl. Ces. f. Antlirop. (885, p. 467. — 8 Beilrâge, p. 54; Gsell, op. laud. p. 288, 407 sq. ; Martha, l'Art étrusque, p. 83; Undenschmit, Hôm. germ. Centralmus. pi. xxïv. — 8 BeilrSge, pi. m. 8. — lo Ibid. pi. m, 10; cf. Chantre, Af/e du fer, pi. xxxix, 6 (Alaise); Lindensçhntit, Sammlung in Sigmaringen, pi. xiii, 10, 11. — " Gsell. op. laud. p. 289. — 12 Notizie degli Scavi,

paires de bâtonnets latéraux s'opposant deux à deux'\ A ce groupe appartient une fibule en or qui porte une inscription latine très archaïque, mentionnant le nom du

Fig. 2994 — Fibulo serpentiforme on or à bâtonnets.

fabricant Marins, gravé sur le canal (fig. 2994) "'.Le sud de l'Italie a fourni d'autres fibules avec des appendices en forme de glands au lieu de bâtonnets '''. On en a signalé une semblable à Olympie " ; d'autres se reconnaissent sur les tuniques de plusieurs femmes du Vase Fi-ançois ". Sur un vase publié par Millingen, on voit des femmes portant sur chaque épaule une fibule à bâtonnets-". A Vulci, dans une caméra du vu" siècle, M. Gsell a trouvé une fibule jusqu'à présent unique (fig. 2995)-' : elle offre deux bâtonnets transversaux, un arc double et deux ardillons, qui s'engagent dans la double rainure d'un pied très allongé. On connaît d'ailleurs quelques fibules serpentiformes dont l'arc se divise au sommet eu deux tiges; mais celles-ci se réunissent plus bas pour former un seul ardillon. Ces fibules se sont rencontrées également en Italie et à Olympie^-.

Outre les disques et les bâtonnets, les arcs des fibules serpentiformes présentent quelquefois de petites cornes disposées par paires, analogues à des antennes, qui les ont fait appeler fibules cornues par les archéologues Scandinaves (fig. 2996)^^.

Tischler a fait observer que les fibules serpentiformes les plus simples se rencontrent dans des nécropoles relativement récentes, comme celle de la Certosa, et paraissent moins anciennes que celles dont les enroulements sont très compliqués ^*.

XIII. Les fibules à arc simple, naviformes, serpentiformes, se rencontrent également dans toute l'Italie; maisâ l'époque de la nécropole de la Certosa de Bologne,

Fig. 2996.

Fibule coruuo.

Fig. 2997. — Fibule étrusque en or.

par suite des progrès de l'art étrusque, il se manifesta une différence sensible dans l'industrie au nord et au sud de l'Apennin ^°. Les nécropoles de Caere et de Vulci ont fourni d'admirables fibules en or, rehaussées de granulé et de filigrane, les unes du type naviforme,

1881, pi. V, 20. — 13 Gsell, op. laud. p. 288. — 14 Hii: di Como, fasc. 21, pi. il, n" 33, 2. — 16 Monum. deW Jnstit. t. X, pi. x b, fig. 7 ; Gsi-ll, op. laud. p. 407. — 16 Ilôm. Mitiheil. 1887, p. 37. — n Gsell, op. laud. p. 408; Lindcnschmit. linm. germ. Centralmus. pi. xxxv. — 18 Zeilschrift fur Elhnol. 1889, p. 228. — 1» Helbig, Das hom. Epos 2, p. 202. — SO Millingen, Peint, de vases, pi. lx. — 21 Gsell, op. laud. p. 46. — 22 Gsell, op. laud. p. 521-2. — 23 Montclius, Sp/lnnen (Àntiguarisk Tidskrift, VI, 2), fig. 84-91; Matériaux, t. VII, pi. v-vi, n" 10; (prov. llallstalt, c'est notre fig. 2998); Arcb. f. Anthrop. t. XVII, pi. ix (d'après Montelius); Giani, Dattaglia del Ticino, pi. v, 10; Much, Allas der Crntralcomin. pi. lAi, fig. 3 6; Lindcnschmit, Sammlung in Sigmaringen, pi. niii, 4. — 2' Deitrdge zur Anthrop. Dagcrns, p. St. — 2B DeitrCige, p. 55.

FIB

Fin

Fig. 299S. — Fibule d'or.

Fig. 2099. — Fib ule dite de la Certosi.

d'autres présentant des motifs d'animaux ' ; une des plus belles porte une inscription étrusque (fig. 2997) qui ne laisse aucun doute sur le lieu de la fabrication, bien qu'on puisse encore l'attribuer à quelque atelier d'ouvriers grecs immigrés en Étrurie^. Nous donnons encore une belle fibule en or, dérivant du type a sarigxdsuga, que M. Martha décrit ainsi^ : « L'étui allongé a disparu el

le fermoir où vieni s'appuyer l'ardillon se termine par une capsule lenticulaire munie d'un appendice épanoui en rosette. Le décor est d'un style fort élégant ; il se compose de fleurs à pétales, de tiges à volutes, de perles, de tresses, le tout exécuté en filigrane d'une délicatesse extrême (fig. 2998) ».

XIV. Dans les tombes récentes de la nécropole bolonaise, on trouve une forme nouvelle dite de la Certosa, tantôt en bronze, tantôt en argent, associée aux fibules serpentiformes les plus simples. Cette variété est surtout caractérisée par un pied court à bouton, formant un S avec l'arc (fig. 2999) •. Le style des vases grecs avec lesquels on en a découvert des spécimens permet de leur

assigner comme date les environs de l'an 300 avant J.-C. Une fibule en or analogue a été trouvée à Chiusi'; M. Gsell en a recueilli une dans une chambre do Vulci, eL l'on en connaît d'analogues des Abruzzes et des Marches °. Ce type est fréquent dans la région d'Esté, dans les Alpes autrichiennes, dans les provinces de Côme, de Bergame, etc.'.

Page 1