‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines, d'après les textes et les monuments (volume 5)Chapitre 28 sur 104 · XV. Dans l'Europe centrale et occidentale, l'étude des · texte numérisé non relu

XV. Dans l'Europe centrale et occidentale, l'étude des

fibules, comparées à celles de l'Ilalie, révèle l'existence de deuxprovinces*. A l'ouest de la Bavière, les plus anciens types italiques sont très rares, alors qu'ils sont fréquents dans l'Autriche actuelle , à Hallstatt, à Watsch, etc. Tous les types demi - circulaires, naviformes, serpentiformes, se sont rencontrés à Hallstatt, mais cette nécropole, que l'on croitcelto-illyrienne,a aussi fourni des types nouveaux

ou du moins fort rares en Italie. 1° Le type dit demi-lunaire par Tischler, caractérisé par une plaque en croissant fixée à un arc demi-circulaire (fig. 3000)'. Entre l'arc et l'ardillon, sur

' Martha, l'Art étrusque, Dg. 389, 390. — 2 Catalogue du bijoux du Musée Napoléon m, n» 282 ; Marllia, VArt étrusque, p. 587, pi. ii. — 3 Martha, p. 583 ; Ciital. du Musée Nnpol. III, n' 263. — k Beitrâge sur Anthrop. Ray., pi. iv, 12. — 5 Inghirami, Mus. Chiusino, pi. \ci. — 6 Csell, op. laud. p. 52Î. — 1 Cscll, op. laud. p. 523, note 2 et 3 ; Much, Atlas der Centralcom. pi. lviii, 16. — 8 Tischler, Beilr/ige, p. 57. — 9 Saeken. Das Grabfefd ion Hallstatt' pl. iiv, 17 ; cf. Meycr, Gurma, p. 16; Zeitschr. {. Ethnol. 18S!1, p. 224; Uodeijschniit, Itnm. gcrm. Centralmus. pi. xxxvi, 10. — I» /?ei7r(tfj(?, pl. iv, )4 . I tnilenschmil, Hôm. gertn. Centralmus. pl. ixxvi; Congrès internai, de Pesth. pl. luii-iLiii; Verh. Ilerl. Ces. (. Anihr. 18SS, p. 420 sq. ; Uelbig, Uas hom

. 3000. — Fibule demi-lunaire do Hallstatt.

le bord interne de l'arc, on rencontre souvent des figurines grossières d'oiseaux ou de petits spirales. Les pendeloques, formées de chaînettes terminées par des plaquettes ciselées, sont suspendues à la plaque en forme de croissant. 2" La fibule diiQ à double disque, à spires ou à lunelks [Brillenfiebel), formée d'une ou de deux paires de cercles en spirale ou pleins, réunis par deux œillets enroulés ou par une plaque (fig. 3001) ">. Ce type, rare dans l'ouest, est extrêmement fréquent à Hallstatt et en Hongrie. Là où les disques sont pleins, des cercles concentriques tracés à la surface rappellent les enroulements primitifs". Bien que quinze fibules de ce genre aient été trouvées en Apulie, on peut dire qu'elles sont rares en Italie et que le type en est sans doute originaire de la vallée du Danube. M. Helbig a proposé d'assimiler à ces spirales, que l'on trouve parfois groupées au nombre de quatre, appliquées sur une lamelle de bronze en losange ou en carré (fig. 3002)'^, les ÉAt/.Eç mentionnés dans deux passages homériques comme des accessoires de la toilette féminine'^. 3° La fibule dite à timbale {Paukcnfiebelj, où

Fig. 3001. — Fibule i spires.

Fig. 3002. — Fibule à spires.

Fig. 3003. — Fibule dite à timbale.

l'arc naviforme est remplacé par une demi-sphère creuse (fig. 3003) ". Cette fibule se rencontre souvent dans les tumulus de la vallée du Rhin, en compagnie de la fibule serpentiforme la plus simple et d'autres objets que Ton peut attribuer au v' ou au iv' siècle avant Jésus-Christ.

Dans ces mêmes tumulus paraissent les fibules en T, caractérisées par la présence d'un nombre égal d'enroulements du fil de chaque côté de lare, et que l'on appelle aussi fibules en arbalète {Armbrusi fiebel) . Là, contrairement à ce que nous avons vu jusqu'à présent, lare Rg-S""*- — forme une pièce à part, la spirale et l'ar- Jb»i°ie."' dillon une autre : c'est donc une fibule composite (fig. 3004) ". Les arcs de ces fibules sont souvent ornés de demi-sphères creuses dites timbales, qui présentent de très nombreuses variétés"; d'autres fois,

Epos'i. p. 280. fig. 101 (analogue de Miîgarc). — 1' LAntknpol. 1890, p. «IJ. — 12 Martha, l'Art étrusque, fig. 53 (spécimen proTcoant d'un poz:o); Lindensclimit. Jiôm. germ. Centralmus. pl. xxxvi, 18 (Apulie) ; Helbig, Das hom. Rpos-, Cg. 102 (Thôbes ; noire fig. 30041, 103 (Italie). — " Iliad. XVIU, 401 ; ffi/mn. kom. IV, 86 sq, ; cf. Ilcltig, Das hom. Epos S, p. 279-2S1, combattu par Studnicila. Beitrâge zur Cesch. der allgriech. Tracht, p. 114; Bull, corrtsp. hellén. t. Xll. p. ."iô (sp(^cimcn d'Élatée). — 1* Beitrtige sur Anthrop. Bayems, pl. it, 15; cf. Lindenschmit, Bôm. germ. Centralmus. pL xzxt ; Chantre, Age du ffr, pl. xxxix, 9 (Sarai). — 13 Beitrâge. pl. iv, 19; cf. p. 60. — 16 Beitrâge, p. 61, avec les notes.

FIB

Fig. 3005.

Fibules du type de la Tiïne.

Fig. 3006.

leur pied se termine par un bouton, une plaque, un crochet, affectant des formes très diverses '. Quelques fibules de cette classe se sont rencontrées dans ritalie du Nord ; celle que reproduit notre figure 3004 provient de la Certosa (Servirolo). D'autres ont été recueillies dans la nécropole bolonaise dite Arnoaldi et à Marzabotto S mais il est probable que ce type esL d'origine septentrionale et qu'il a été introduit en Italie par l'invasion gauloise.

XVI. On sait que les archéologues appellent période de la Tène ou Marnienne celle qui est caractérisée par l'usage exclusif d'armes en fer et par la substitution du fer au bronze dans un grand nombre d'ustensiles et d'ornements. A cette époque appartient une série

de fibules qui, malgré de nombreuses variétés locales, présentent d'incontestables caractères communs '. Le plus constant, c'est que le pied, formant un S avec l'arc, remonte vers celui-ci, tantôt pour venir le rejoindre en formant un œillet (fig. 3005) '', tantôt en se terminant par un disque, un bouton ou une série de boutons diversement ornés. La tête de la fibule est généralement en T. Nous donnons comme spécimen (fig. 3006) ^ une fibule de Marzabotto, qui ofi'rc le type de la Tène dans sa plus grande simplicité. Les modèles plus compliqués sont souvent enrichis d'émaux d'applique, de cabochons de corail, etc. ; les fibules en fer sont quelquefois décorés de perles de verre ou de bronze. Les nécropoles à inhumation de la Champagne en ont fourni de très nombreux spécimens^. La fibule celtique, qui sert à fixer le sagum, analogue au plaid écossais, constituait une partie essentielle du costume militaire.

Les tombes celtiques fournissent souvent deux fibules pareilles, unies par une chaînette '; de même, sur les bas-reliefs galloromains, on voit quelquefois des personnages portant une grosse fibule sur chaque épaule '. Le même détail s'observe sur plusieurs curieux bas-reliefs trouvés en Pannonie et conservés au musée de Pesth ; nous reproduisons une partie de l'un d'eux (fig. 3007)'. Le type de la fibule est celui que l'on trouve figuré plus loin (fig. 3009).

Les fibules du type de la Tène sont extrêmement répandues, des vallées de la Tamise et de la Seine à celle du Danube, ainsi que dans l'Allemagne du Nord, mais elles sont plus rares en Italie. Il ne paraît pas douteux que la civilisation à laquelle elles se ratta-

1 Beitrnge, p. 60, — 2 Ibid. p. 62. — 3 Ihid., p. 6Î. — » Itei). archéol. 1879, II, p. 221 (Musfe do Pcslh.). Voir un spicimen de ce genre trouvé en Épire, Carapanos, Dodone, p!. i.t, 7. Réunion de vingt-deux fibules de la Tène dans Lindenschmit, Bôm. germ. Centrabnus. pi. xxx ; cf. deux planches non numérotées du Dict. de la Gaule; Keller, Pfuhlbautm, 6" rapport, pi. xiv. — n Beilrnr/e, pi. v, 26. Cf. Brizio, Necropoli galtiche^ pi. vu. n''*27 39 (environ de Cologne); Mucli, Allas dt'r Centralcomm. pi. Lxxxvii, n* 2 {Bohême). — 6 More), la Champagne souterraine, pi. xni et suiv — 7 Much, Atlas der Centralcomm. pi. xc, 9 (fibules géminées en argent trouvées aux

Fig. 3007. — Fibules attachant le vêtement.

chent doive, dans son ensemble, être considérée comme gauloise. On est cependant encore fort embarrassé pour expliquer l'étendue de son domaine et la rapidité de sa propagation '".

XVII. En Italie, les objets d'époque romaine qui ne présentent pas un intérêt artistique ont été beaucoup trop négligés : il n'en est pas de même dans les provinces de l'empire qui sont pauvres en œuvres d'art proprement dites. Aussi la grande majorité des fibules romaines que l'on connaît proviennent-elles de la vallée du Danube et de celle du Rhin; les musées de Saint- Germain-en-Laye et de Mayence en possèdent de très riches collections. Bien que les provinces aient eu certainement des fabriques locales, les types des fibules qu'on y rencontre peuvent être considérés comme romains et l'on a même découvert de ces fibules, en compagnie de monnaies impériales qui servent à les dater, bien au delà des frontières les plus étendues que l'empire ait atteintes dans l'Europe du Nord".

On a remarqué que les fibules romaines proprement dites se rattachent moins aux anciens types italiques qu'à celui de la Tène ; elles se

distinguent ce- pj^ 30O8. — Fibule à plaque d'arrêt.

pendant de ces

dernières : l" par l'existence d'un appendice qui enserre la tête de l'ardillon ; 2° par la présence d'une

Fig. 3009. — Fibule à placpie d'arrêt allongée.

plaque d'arrêt, le plus souvent unie, quelquefois percée d'une ou plusieurs ouvertures (fig. 3008)". Au lieu d'un appendice qui se relève vers l'arc, il y a le plus souvent un bouton. Du côté de la tête, à l'extrémité de l'arc, on remarque quelquefois deux petites cornes (fig. 3009) ".Dans d'autres fibules romaines, au type des fibules en arbalète, l'ardillon et le fil roulé constituent une pièce séparée, l'arc et la plaque d'arrêt une

autre : la plaque devient carrée et l'arc s'enrichit de divers motifs d'ornementation (fig. 3010)". Un autre type fort répandu se distingue : 1° par la

environs de Brcgenz avec des monnaies gauloises cl de laliépublitiue romaine); Erizio .Vncrrjpnli galliclie, pi. V[, 1 1 (Bologne) ; Dict. de la Gaule, planches non numérotées- Morcl, Champagne souterraine, pi. xui, I. — 8 Caumont, Bull, monum. 1862, p. 439. - 9 /Irc/i. .Crtesi/o, 1879, vol. XIV, pi. xxx\Mn, p. 311 ; 1S85, vol. V, p. 31. — 10 Cf. L'Anthropologie, 1892, p. 253 (d'après Virchow) ; Ha:, archéol. 1S81. II, p. 191 (d'après Tischler). — » Tischler, Ueitrûge, p. 09. — fS Beitrige, pi. v. 34; Lindenschmit, Itôm. germ. Centralmus. pi. xvn, 3. •— )3 Arch. Ertesilo, 1885, vol. V p. 29; Catai. de la vente Egger, Londres, 1891, pi. ix. — 1» Beitrâge, pi. v, 37.

Fig. 3010. — Fibule romaine à plaque d'arrêt carrée.

Fig. 30 11. -Fibule romaine à queue évasée.

FIB

FIB

-^^rw^<i/\ik^

Fig. 3012. — Fibule à disque m(-dian.

longueur el la forte convexité de l'arc; 2° par la forme

évasée de la partie terminale, qui est plane ou très légèrement convexe; 3° par l'exiguïté de la plaque d'arrêt (fig. .'1011)'. Un modèle différent, d'apparence encore plus massive, présente un arc côtelé et un grand disque entre la partie convexe de l'arc et l'appendice terminal (fig. 3012) '^ il s'est déjà rencontré dans les ruines de Bibracte au mont Beuvray (exemplaire au Musée de Saint-Germain).

Tischler a proposé de reconnaître une dérivation du type de la Tône dans certaines fibules fort répandues sur les bords du Rhin, où on les trouve avec des monnaies des Antonins'; le pied forme un œillet et se prolonge par un fil roulé autour de l'arc ; le reste présente généralement le dispositif des fibules en arbalète (fig. 3013) ''.

Auiirdau iv=siècleap. J.-C.,là forme romaine dominante dans le Nord est celle de la fibule à arbalète, avec arc très convexe, appendice droit et allongé, très petite plaque d'arrêt (souvent remplacée par une gorge à la partie inférieure du pied). L'arc est parfois ciselé, orné d'incrustations diverses, d'émail niellé ou de dorure (fig. 3014) '".

Dans le Sud, on rencontre surtout la fibule dite cruciforme à charnière : le fil en spirale a été remplacé par une tige dont la décoration seule rappelle quelquefois l'origine. Ce type, appelé aussi romain-provincial, s'est conservé très longtemps; il se retrouve dans la fibule en or du tombeau de Childéric I", qui a été découverte parmi des produits de l'art barbare et prise d'abord pour un graphium (fig. 3015) ^ Les extrémités de l'arc et de la crossette sont générale-

Fig. 3013. — Fibule romaine dos bords du Rhin.

Fig. 3014. —Fibule romaine on apbaliilc.

ment ornées de boulons ; la convexité de l'arc est très prononcée.

Longpériera montré que, dans certaines fibules de cette classe, appartenant à la fin du iV siècle, l'ardillon est engagé aux deux tiers dans une gaine faisant suite à l'arc et qu'une broche à pas de vis, pénétrant dans la traverse en T, passe, pour la fixer, dans un œil pratiqué à la

. 3015. — Typeroni; [iroviacial.

1 ï^citrùge,p\.\t, 39. — 2 Jb. pi. vi, 41. Cf. Lîndcnschrait. Fîôm.germ. Centralmus. p!. xvii, 1!), 21; Monum. tlM' Jnsl. 1854. pi. xxxni,4; /!ul!.AJonum. 1864, p. 217.

— 3 Tischler, Deilrfige, p. 73. — ' Jliid. ; et. Arch. epigr. Mitih. t. X, p. 40, Cg. 4.

— 6 Beilrâgt; p. 77. — c Cochet, le Tombeau de Childéric, p. 214; cf. Arch. epigr. Milth. l.X, p.40; Arnclli, CoW und Silber .yonumenle.n"i(>. 114, 118, 131, etc.

— 1 Itev. archéol. lMi\, II. p. 105. Cf. une belle fibule cruciforme m or, avec gratiukS àwsi\rnQlh,(:olduiiilSilber .Vonumente.a' m. —> Archaeologin. t.XLVlll(lS84), p. 100, fig. 14. — 0 Lindonschmit, Handlj. der deutsclien Aller thumskunde. t. 1, pi. sviu, S (spiiciincD do la Ucsso), cf. pi. ivi, xvii, xix; lim. germ. Centralmus.

partie supérieure de l'ardillon. Pour 6ter le vêtement, il fallait dévisser la fibule (fig. 30IG) '. M. A. Evans a acquis en lUyrie une fibule où la gaine, dans laquelle s'insère le pied de l'ardillon, est munie d'un véritable fermoir, analogue à ceux qui sont encore en usage dans les bracelets*.

Une dernière forme, caractérisan t les nécropoles gothiques, franques, burgondes, anglo-saxonnes, etc., est la fibule à tête demicirculaire, carrée ou ogivale, avec large pied p- ,„,„ T„n. .» • • •

~ ' o f t-ig. d016. — Type romain provincîA.

en forme de parallélogramme ou de trapèze, uni à la tète par un col étroit formant l'arc (fig. 3017) '. Il en existe de riches exemplaires en or et en argent, rehaussés d'incrustations, de granulé, de boutons et de bossettes couverts de ciselures.

Mais ce sont là déjà des produits de l'industrie du moyen âge, dont l'étude ne doit pas nous occuper ici.

XVIII. A côté des types principaux de fibules que nous venons de passer en revue, on citerait quantité de modèles de fantaisie, plus ou moins isolés, comme ceux de la fibule à pincette (fig. 3018) '", de la fibule en sandale, en bipenne, en trompette, en miroir, en vase à deux anses, en P ", sans parler des innombrables fibules zoomorphiques dont il sera question tout à l'heure. Toute classification de ces objets, dont on retrouve continuellement des modèles nouveaux, i-isquerait d'être incomplète au moment même où elle paraîtrait : ils ne présentent, d'ailleurs, indépendamment de la valeur artistique de quelques spécimens, qu'un intérêt de curiosité.

XIX. Toutes les fibules dont il a été question jusqu'à présent olTrent plus ou moins le type de nos épingles de sûreté : élargi, tordu ou chargé d'ornements, l'arc conserve quelques-uns des caractères répondant à l'idée que suggère ce mot. Il n'en est plus de même dans les fibules analogues à nos broches ; l'arc y disparait complètement pour être remplacé soit par un disque plein, souvent orné de rosaces et de rayons 'S soit par une rosace ou un cercle évidé ", soit encore par deux, trois ou quatre cercles juxtaposés, une plaque cruciforme' ,

pi. V. Do magniliques fibules trouTi^es en Transylvanie ont été publiées par J. de Bave, te Trésor de Szilagy-Somlyo, Paris, ISOS. — "> Matériaux, t. XIX. p. 517; Lindenscbmil, Alterih. unsrer heidn. Voneit. U IV, 1, 10, .•; et 3 ; Frœhncr, Ccll. Gréau, Bronzes, n«520 ; Olympia, l. IV, n» 1143. — '• Lindenscbmil, Jbid. n" lî- 14, i, 10, C, 8, Il ; Jtôm. germ. Centralmus. pl. xvi. Fibule en sandale avec inscription romaine, Bu/(. de la Soc. desAntiq. li wm iiOQ. — i*Annali deW Instit. 1882, pl. a. S; Armellini, Scult. del Campidoglio, pi. ciu, ccit. cocit.ccuc, ccliiht, cccLui, cccuun oU:. — 13 Arch.epigr. ilitlh. t. X, p. 40. — 1' P. ei. àluselU, Antiq. reliq, pl. un.

Fig. 3017.

Fig. 3018. — Fibule à pincelte.

FIB

— IHO —

Broche en niédaillon.

une croix gammée, une figure d'homme ou d'animal, etc. Dans les monuments de l'art antique, la broche, servant à agrafer le vêtement supérieur, est bien plus souvent représentée que la fibule. Par suite d'un changement

de mode qui remonte au v° siècle, les fibules, que l'un rencontre parfois au nombre de vingt et même davantage dans les anciennes sépultures étrusques, deviennent rares au iv° siècle ; on trouve à leur place des broches en forme de médaillons, dont un des plus beaux spécimens connus est au Louvre (fig. 3019) *. Les œuvres grecques et romaines montrent les broches tantôt sur l'épaule droite-, tantôt au milieu de la poitrine des personnages' ou à leur ceinture*, tantôt (chez les femmes surtout) au nombre de deux, une sur chaque épaule ', parfois enfin employées pour agrafer les manches des vêtements ^ ou relever une tunique au-dessus du genou ''. Lesgrosses broches, le plus souvent dorées, étaient appelées BULLA '. Les broches servant d'agrafes comportent de nombreuses variétés de forme et de décoration : signalons celles qui sont ornées d'un appendice en forme de feuille' ou de petits disques adhérents au grénetis qui constitue lepourtour (voy. p. 121, fig. 2344 et 2345.) Les broches de l'époque romaine ne doivent pas, du reste, être étudiées sur les œuvres d'art, mais directement, car elles se trouvent en grand nombre dans les musées. Elles

sont souvent en métaux précieux, rehaussées de figures estampées '° , de filigrane et de granulé, d'émaux champlevés ou d'autres inscrustations". La fantaisie des artisans s'est donné carrière dans la fabrication de ces petits objets, dont nous ne reproduisons ici que deux spécimens (fig. 3020 et 3021) ^\

Les fibules dont l'arc ou le pied est décoré par une figure d'homme ou d'animal (cavalier, chien, lion, lion ailé, sphinx, etc.) ont été de très bonne heure

1 Martlia, l'Art étrusque, frontispice, n* 8; cf. ibid. p. 583. — 2 p. ex. r.\pollon du Bolvi'dère, Baumcisler, Den/cm. fig. 1 1 1 ; l'Euterpo du Louvre, Clarac, Musée, n" ) 01 6. etc. ^3 Hommes : Millingen, Peint, de vases, pi. l ; Jlon. delV Inst. t. IV, pi. XIX ; R.RocIiettc, Afon. inéd. pi. xxxvii ; Braun, lïeliefs Spada, pi. vi : Bull, arch. napol. I, pi. vu; Clarac, Musée, n" 2150, 2IG0. Femmes : Baumcistcr, Denkmùler, fig. 2170 ; Clarac, Musée, fig. 693, 1S06 a; Garnicci, Vetri, pi. XMi, I. — * Garrucci, Vetri, pi. xxi I ; Quiclicrat, Histoire du costume, p. 63. — B Baumcisler, Denkmdler, fig. )184; II. Roclielte, Mon. inid. pi. xxxvn ; Clarac, J/«s(!«, n" 811 H, 870, 1214, IS19, 19i7, 2026 A, 2200; MaUer-Wieseler, Denkm. pi, xixu, n'Ula. — 6Cr, Bull.decorr. hellén. 1890, p, 308; Clarac, J/mée, n" 998, 1131 o, 1214, 1231, 1431, etc. — 1 Clarac, Musée, n' 1212. — » De laud. virg. carm. éd. Giles, Oif. 1824, p, 142 ; Garrucci, Vetri ornati, pi, xu, 34. — 3 Laborde, Monuments delà France, pi, cm; de Rossi. Bull. arch. crist. 1874, pi. x; Arch. epigr. Mitth. t. X, p. 211, fig. 2. —10 P. CI. /(et), archéol. 1877, II, p, 190. — Jl Voir I.iudensclirait, Rum. germ. Centralmus. pi, xvi, — '! Lindcnschmit, Altcrtliûmer unsrer

Fig. 3021.

Broches romaines.

Fis.30J2.

Fig, 30Î3.

Fibules zoomorpliiques.

en usage " : elles sont fréquentes en Italie dès l'époque des pozzi, plus communes encore aux époques suivantes, tant dans les nécropoles étrusques que dans le nord de la péninsule"; on les trouve aussi, quoique plus rarement, au delà des Alpes '=. La fibule dite en arbalète présente quelquefois, sur l'arc ou sur le pied, des têtes d'hommes ou d'animaux grossièrement exécutées, rappelant le style d'imitation de monnaies gauloises'". Les fibules et surtout les broches zooinorphiques furent très en faveur à l'époque gréco-romaine : le musée de Saint- Germain et la collection Evans à Nash-Mills en ont réuni de nombreux spécimens provenant, pour la plupart, de l'Europe occidentale " .

Nous figurons ici deux beaux exemplaires en or, conservés au Musée de Naples, et présentant, l'un, une têtedebélieràl'extrémité du pied, l'autre un lion ailé et un sphinx à chaque bout de l'arc (fig. 3022 et 3023j ". On a récemment découvert à Rome une magnifique fibule en or, en forme d'aigjt aux ailes déployées, rehaussées de pierres précieuses". Notre figure 3024 donnera une idée d'une fibule plus modeste appartenant à la même série-". Nous pourrions citer de nombreux exemples de broches zoomorphiques, remarquables par l'élégance de la silhouette ou le luxe de la décoration.

XX. II nous reste à dire quelques mots des fibules à pendeloques. Nous avons vu que l'on trouve de très bonne heure des fibules ornées de disques mobiles ou dont l'arc est entouré d'une sorte de manchon. Le goût des grandes pendeloques parait avoir régné surtout dans l'Italie du Nord, aux environs de Bologne et de Côme, et, plus encore, au delà des Alpes, dans la région de Hallstatt^' et en Hongrie ^^ Nous donnons ici comme spécimen de provenance italienne une magnifique fibule à chaînettes découverte en 1858 près de Côme (fig. 3025) - '; les chaînettes ne sont pas terminées par des disques, comme c'est le plus souvent le cas à Hallslatt, mais par des enroulements doubles que l'on trouve déjà dans les stations lacustres et les sépultures de l'âge du bronze ^'.

heidn. Vorzeit, H, 10, l,n'» 2 et G. Cf, la réunion des principaux types dans \cBômgerm. Centrahnus. pi, xvi. — 13 U est question d'un objet de ce genre dans VOdyss. XIX, 225. Voir plus loin p. 2011. — *Wolic fibule (étrusque avec canards et sphinx, ;l/onum. deW Jnstit. 1S54. pi, xxxm, 3, — IS Spécimens préetrusques, Marltia, l'Art étrusque, fig, 71, 80 ; étrusques, ibid. fig, 389-90. — lOTiscldor, Deitrâge zur Antltrop, Zîayerns, 1881, pi. IV, 25 ; cf. i6id. p. 06, 80. — " Cf. Lindensclimit, .à/ffrl/iOmer, t. II, 7, 4 ; l. III, 9, 1 ; Bôm. germ. Centralmus. pl. xvi; Arch. epigr. Mitth. t. m, p. 51; Proc. Soc. Antig. (de Londres), 1886, n» I. SpL-ciniens du Caucase dans Chantre, liech. anthrop. dans le Caucase, pl. xi» bis. — 18 Ceci, Piccoli bronzi, pl. xm, 23, 24. — 19 Bull, commiss. municip. 1888, p. 425. — 20 Lindinschmil. Alterih. unsrer heidn. Vorz. II, 7, 4, n« 6 (Mayence). — 21 Sacken, Dns Grabfeld von Hallstatt, pl, xiv ; B6m. genn. Centralmus. pl, xxxvi, 10 ; Monum. delV Inst. 1854, jil, xxxni, 8.-22 Matériaux, t. XX, p. 575. — 23 Bull, palelnol. ital. 1878, pl. m, n' 1. — 2k Munro, Lake-dwellings of Europe, p. 222; Troyon, Habit, lacustres, pl. vui, IJ.

FIB

— Hdl —

FIB

Du reste, le goût pour les grosses pendeloques de verre, d'ambre ou d'autres substances, attachées aux fibules comme des breloques, persista Jusqu'à l'époque romaine: nous en donnons comme exemple une fibule en or du Musée de Naples trouvée à Herculanum ' (fig. 3026!. XXI. La fibule destinée à fermer une ceinture^ ou un grand manteau' se cornpose d'une plaque généralement ornée, à laquelle fait suite une tige munie d'une feuille à pointe recourbée*; celte pointe entre dans un trou et assure ainsi la fixité do l'attache. Les fibules de ce genre vont généralement par paires : on en a déjà pu voir un spécimen (fig. 1481) ^ Dansl'Orfj/s-

II; 5 m

°, Ulysse ferme sa chlnena de pourpre

avec une fibule (irepivri) en or. Cette fibule a un double canal (aûXoTdi oiSûjAotct) et est ornée sur le devant d'un groupe représentant un chien qui tient un daim entre ses pattes. Or, on a découvert en Italie plusieurs fermoirs ornés de sphinx qui répondent à la description homérique. Les doux aiguilles de la partie droite intraient dans les deux lubes qui leur font face et le tout était maintenu par les crochets et les agrafes qui sont figurés

Fi-. 3023. — Fibule à cliaiiiettos.

Fig. 3026. — Fibule romaine à pendeloque, en or.

entre les aiguilles (fig. 3027)''. On connaît des boucles de ceinturon composées de deux pièces, l'une terminée

Fig. 3027. — Fermoir.

par trois têtes d'homme ou d'animal, l'autre par trois anneaux, lesquels viennent s'emboîter dans les saillies des proiomés qui leur font face'. Pour les différents modèles de fermoirs de ceintures, nous renvoyons aux articles

CINGULUM et ZONA.

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