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fipaux sont le manganèse et l'oxyde de fer. Mais les analyses chimiques ne permettent de rien affirmer.
Une fois l'enduit noir étendu sur le fond, le vase était Eoumis à une seconde cuisson qui faisait fondre l'enduit et le faisait adhérer plus intimement à la terre. C'est après cette cuisson que, surtout pour certains vases archaïques à figures noires, on appliquait les différentes couleurs destinées ù, mettre de la variété dans le décor noir, couleurs qui ont reçu dans la langue de la céramique le nom d'engobes. Ces engobes sont des couleurs opaques, d'une apparence terreuse, semblables aux couleurs de gouache : elles ne sont pas cuites, ou du moins, elles n'ont subi qu'une très légère cuisson ; aussi ontelles peu d'adhérence à la terre ; elles s'écaillent facilement et sont solubles dans les acides. Les nuances les plus fréquentes sont un rouge foncé qui tire souvent sur le violet, le blanc, plus tard le jaune et un bleu verdâtre. Outre ces couleurs, certains vases ont reçu par place des dorures, surtout dans les parties représentant des armes, des instruments, des ailes, des parures, etc. Ces parties étaient d'abord recouvertes au pinceau d'une terre fine d'un rouge brun qui faisait une légère saillie, sur laquelle on appliquait ensuite uneleuille d'or très mince. Dans certains vases de la décadence, on se sert non plus d'une feuille d'or, mais d'une simple couleur jaune imitant l'or, appliquée sur une première couche d'un blanc sale sans relief.
De nombreuses altérations dans les procédés de la peinture des vases se remarquent dès le iv° siècle. Les vases étrusques d'imitation grecque diffèrent des vases grecs beaucoup plus par le style et la qualité du dessin que par la technique. Mais, dans un certain groupe de vases provenant de la Russie méridionale, le fond noir n'est pas l'enduit noir brillant dont nous avons parlé plus haut : c'est une sorte de couleur d'aquarelle sans éclat, appliquée au pinceau entre les figures'. D'autres vases de même provenance, auxquels il faut joindre les vases trouvés dans l'Italie méridionale, connus sous le nom de vases de Gnathia^, et une série plus curieuse encore dont on possède de rares exemplaires, provenant pour la plupart des nécropoles de Vulci, Corneto et Orte', présentent une altération de la technique encore plus remarquable. La place pour les figures et les ornements n'est pas réservée : le vase entier, à l'extérieur et à l'intérieur, est couvert d'un enduit noir qui ne peut se comparer ni pour la pureté ni pour l'éclat à celui des vases de l'époque classique; les diverses couleurs servant à la décoration, qui sont le blanc, le jaune et le brun, sont appliquées sur cette couverte noire. Dans le dernier groupe cité, composé pour la plupart des coupes à peintures blanches portant l'inscription latine pocolom (voy. t. II, p. 373, flg. 2535), les figures sont modelées comme pourrait l'être un dessin aux crayons blanc et noir sur papier teinté, les lumières étant accusées par un frottis blanc, les ombres indiquées par des hachures.
Cette technique n'est d'ailleurs pas sans précédents, même à l'époque classique. Dans les exemples que nous venons de citer, elle se présente comme une tentative
* Stopliani, Compte rendu, 1874, p. 49. — 2 Fr. I.eiiormant, Comptes re7ulus de l'Acml. des imcr. 1879, p. 287; Cm. archt'ot. 1881-18S-2, p. lOi-lo:) ; Raycl el Collignon, p. 348-332. — 3 Raycl et Coliigiion, p. 332-J30. — ' Ga:. arck. 1888, p. 192-210 ; p. 281-294, pi. xxviii-jtxix. — 5 Voy. Dumont cl Cliaplaiii. Céramiijues de la Grèce propre, 1, p. 292-313, cliapilre n'digé par M. f'oLlier, avec calalogue; VuUetin de corresp. hell., 1890, p. 370 cl s. — 0 Gaz. archéot. 187s, p. 183; 1835, p. 283. — 7 iU-^iem^nn, Annal, delf Instit. 1877, p. 287: Havcl cl
plus OU moins heureuse pour renouveler les procédés de la peinture céramique déjà en pleine décadence. Mais un certain nombre de vases de style archaïque, qui ont été étudiés par M. Six' et dont les plus anciens sont en quelque sorte intermédiaires entre les vases à figures noires et les vases à figures rouges, nous montrent l'application d'une méthode analogue : les figures n'y sont pas réservées, mais peintes tantôt en blanc avec quelques touches de rouge, tantôt en rouge, par-dessus le fond noir. Cette technique marque alors une période dé transition et de tâtonnements, cl fut abandonnée dès que la véritable méthode des peintures rouges sur fond noir fut définitivement fixée.
Il faut faire une place à part parmi les vases grecs au groupe des vases à fond blanc. L'emploi de ce procédé remonte à une époque très ancienne ^ comme le prouve la célèbre coupe d'Arcésilas, du Cabinet des médailles, où les figures noires se détachent sur une couverte d'un blanc jaunâtre. Au v° siècle, les exemples de cette technique se multiplient : tels sont les lécythes, improprement nommés vases de Locres^, et les coupes à fond blanc pour la plupart de fabrication altique, dont quelques-unes peuvent compter parmi les plus beaux spécimens de la céramique grecque''. Il faut y ajouter la nombreuse série de lécythes à fond blanc trouvés pour la plupart dans les tombeaux de l'Attique*. Ce fond blanc est une couverte de kaolin ou de terre de pipe, polie avant la cuisson, de telle sorte qu'elle présente souvent un remarquable éclat. Pour le décor, les vases à fond blanc suivent les phases du développement général de la céramique grecque. Dans les plus anciens, les figures sont des silhouettes noires exécutées suivant les procédés de la peinture à figures noires sur fond rouge. Puis, sous l'influence de la peinture à figures rouges, on arrive à dessiner au trait les contours el les lignes intérieures des figures : bientôt le dessin se relève d'une polychromie discrète, OLi les tons principaux sont le brun, le jaune, le noir, le violet, le rouge pourpre et la dorure.
Les vases grecs à figures noires et à figures rouges de la meilleure époque présentent, surtout dans les parties noires, un lustre brillant, qui contribue beaucoup à la beauté du décor. C'est une question controversée de savoir si ce lustre est un vernis spécial appliqué sur l'enduit noir, ou bien s'il est naturellement produit par la vitrificalion de l'enduit noir à la cuisson'. Sans doute cet enduit noir est lui-même une sorte de vernis; mais il ne suffit pas à expliquer l'éclat de certains vases, d'autant plus que, dans ces vases, les parties rouges elles-mêmes ont aussi une espèce de lustre. Quelques savants'" ont pensé qu'un polissage soigneux, au moyen d'un corps tel que la corne, pouvait donner leur lustre aux parties rouges. Mais il semble plus vraisemblable d'admettre l'existence d'un vernis spécial incolore et fusible, composé probablement de soude et de salpêtre, étendu en une couche extrêmement mince sur toute la surface du vase, après l'achèvement des peintures et avant la cuisson délinitive". Comme les couleurs d'en-
Collifjiion, p. 218; cf. Klein, Knphronios. p. 2-i7-'2^8. —8 Voy. la nionograpliio do M. Pollicr, Étude sur les lécythes blancs attiques à représentations funéraires,
— 9 Voy. Bl!imner, II, p. 88-91 ; cf. Itircli, 1, p. 217 ; Brongiiiart, I, p. 553.
— 10 John, Die Maîerei der Alten, p. 178. — 11 Cl. l'opinion do Jorio {.Sut metodo p. 5) (jui pense quo la m(^nie snbslance appliqui^e en conclio Iriis mince produil le li''ger t^cial des parlies rouges, landis qu*appliqu<5e en couclie plus épaisse, elle donae à la cuisson la couleur noire (cf. Bliimner, III, p. 89).
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gobes étaient appliquées après la cuisson, on s'explique que les parties noires et rouges aient seules un éclat brillant, tandis que les engobes restent mats. Une hydrie grecque, trouvée à Ruvo, nous a conservé
une représentation intéressante d'un atelier de potier, où nous voyons plusieurs artistes, assis sur des chaise» ou des escabeaux très bas, leurs pots de couleur près d'eux, occupés à décorer des vases' (fig. 3041). Oa
Fig. 3041. — ALelior de potiers.
remarquera que, dans cet atelier, on semble peindre seulement des ornements : partout la place des figures reste vide. Faut-il en conclure que l'artiste peignait d'abord les ornements et ensuite les figures, ou que ces deux parties de la décoration peinte étaient confiées à des artistes différents? Cette peinture nous montre aussi comment les potiers antiques manœuvraient leur pinceau : ils le tenaient, non pas entre les doigts, comme aujourd'hui, mais à poing fermé. Dessinant ainsi par un mouvement du poignet, ils obtenaient sans doute une plus grande sûreté de trait. Enfin ce vase nous fait connaître quelle estime les anciens avaient pour la profession de peintre de vases : deux Victoires ailées, et Alhéna elle-même, debout au centre de la composition, s'apprêtent à couronner les artistes laborieux qui travaillent devant elle -.
Vases à reliefs. — La décoration ordinaire dos vases grecs, depuis les temps les plus anciens jusqu'à l'époque où la céramique grecque disparaît, c'est la peinture, dont nous venons d'étudier les procédés techniques. Pourtant, dès une époque très reculée, on trouve exceptionnellement un autre système de décoration, celui de la décoration en relief, employé parallèlement à la peinture.
Les vases h reliefs étaient autrefois considérés comme propres à l'industrie étrusque et romaine. Mais, bien que l'immense majorité des poteries de cette sorte ait été trouvée en Italie, le nombre des exemplaires découverts en Grèce est, dès aujourd'hui, suffisant pour qu'il ne soit plus possible de douter que cette technique ait
< Jalla, Annal. deW Instit. 1676, p. 20, lav. d'agg. DE; Bliininer, II, p. 85, Gg. 15 ; Uayet cl Collignon, fig. 1. — 2 Cf. un fragment de coupe ù ligures rouges trouvé dans les fouilles de l'Acropole, et reprt^senlant aussi Atlii'-na dans un atelier do potier (Bolho Orjef, Jahrbuch, 1893 ; Arch. Anzeiger, p. 19). — J Voir .sur la question de l'origine grecque des vases à reliefs : Poltier, Vases à reliefs provenant
été connue et praticiuée par les ateliers grecs. Depuis longtemps, les savants qui se sont occupés d'études céramographiques, se sont efforcés de restituer à la Grèce de nombreuses catégories de vases, autrefois attribuées à l'industrie étrusque ou romaine'. Bien des questions sont encore pendantes, à propos des vases à reliefs. Mais ce qui paraît dès maintenant démontré, c'est que les ateliers étrusques et romains n'ont guère fait que perfectionner une industrie d'origine grecque. Cette industrie est née probablement vers le iii° siècle, au moment où la peinture de vases est en pleine décadence. Cependant les potiers grecs ne font alors que reprendre une technique fort ancienne, florissante dès le vu' et le VI' siècle, et qui a subi pendant les V et iv' siècles une sorte d'éclipsé devant la vogue prépondérante des vases peints, mais sans jamais disparaître complètement.
Une des applications les plus simples du procédé de la décoration en relief se montre dans une classe nombreuse de produits céramiques d'usage domestique, qui ont été fabriqués à toutes les époques de la civilisation grecque : les grandes amphores de commerce destinées à transporter le vin, l'huile et les autres denrées. Ces amphores, qui proviennent surtout de Thasos, de Rhodes et de Cnide, à part quelques différences de forme et de matière, sont d'une technique semblable : elles n'ont pas de couverte, et n'ont d'autre décoration que des sceaux imprimés en relief sur les anses au moyen d'un poinçon : ces sceaux portent tantôt les emblèmes des villes, tantôt une inscription au nom des magistrats éponymes '. Les lampes en terre cuite appartiennent
de Grèce, Mon. gr. 1885-1888, p. 43-5!) ; Dumonl cl Cliaplain, I, p. 393; Rcnndorf, Griech. und sicil. Vasenb.p. 109 cl s. ; Ravel cl Collignon, p. 35^.^61 ; Cari Robert, Uomerische Bêcher, Winckclmannsprogr. IS90, p. 1-6. — * Dumonl, Inscr. eé~ ramiq. de Grèce (Arch. des Hissions, î' si'r. l. VI, 1S7I); Raycl et Collignon, p. 35^-361. Voy. DOLiARB crus.
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à une technique analogue. Mais la majeure partie des lampes trouvées dans les pays grecs ne remonte pas plus haut que l'époque impériale. Les plus anciennes sont très simples et sans ornements. C'est surtout à Rome que s'est développée l'industrie des lampes en terre cuite [lucerna] '.
Les véritables poteries à reliefs dérivent de l'imitation des vases en métal. Il faut citer d'abord de grandes jarres ou m'Oot, reposant souvent sur une base à trois pieds [dolium]. On les a trouvées en grand nombre dans les plus anciennes nécropoles d'Étrurie, et particulièrement à Cœré, et elles sont, en effet, généralement connues sous le nom de vases de Caeré. Mais le décor de ces vases, o(i l'on rencontre tous les motifs familiers aux potiers corinthiens, frises d'animaux de type oriental, oiseaux aquatiques, chevaux, centaures à jambes humaines, montre qu'ils sont de fabrication hellénique ^ et sans doute imités des vases de bronze fabriqués à Corinthe. La pâte est d'une couleur qui varie du rougeâtre au jaune pâle ; elle est d'une texture pierreuse, souvent mêlée d'éléments volcaniques, qui produisent quelquefois à la surface des taches noires. Malgré leur dimension, les TTcôot ont été le plus souvent façonnés au tour : quelquefois pourtant les inégalités et les aspérités de la surface montrent qu'ils ont été façonnés à la main^ Ces vases sont décorés d'une ou deux zones de figures en relief, obtenues à l'aide d'un cylindre gravé, imprimé sur la terre encore molle'. Avec ces t:î6oi ont été trouvés de grands bassins plats d'une terre généralement plus fine, et d'un rouge plus foncé, ornés de reliefs estampés par le même procédé. L'imitation du métal est encore plus visible dans plusieurs catégories de vases dont l'industrie se développe à partir du iu° siècle : les coupes dites mégariennes, généralement de forme hémisphérique, sans pieds ni anses, reposant sur un fond légèrement aplati, et décorées de reliefs à l'extérieur '^ ; les poteries étrusco-campaniennes à vernis noir, aux anses décorées de figures en relief^'; les phiales de Calés, ornées de reliefs disposés à l'intérieur autour d'un ombilic saillanf; les vases dorés ou argentés, provenant surtout de l'Italie méridionale, particulièrement d'Armento et de l'Apulie, et qui reproduisent non seulement la forme, mais aussi l'aspect de pièces d'orfèvrerie *. Même, les produits les plus célèbres de la céramique romaine, la soi-disant poterie samienne, ou les vases à glaçure rouge qu'on désigne généralement sous ce nom, et dans lesquels M. Helbig reconnaît des imitations italiennes des vases mégariens ^, et les vases arétins, dont les plus anciens sont encore revêtus d'un vernis noir à l'exemple de la poterie campanienne'", se rattachent par une filiation certaine à l'industrie grecque". Enfin, les vases noirs d'un aspect si particulier, connus sous le nom de vasi di bucchero nero, et de tout temps considérés comme une des plus indiscutables créations de l'industrie étrusque, ne
1 Voir les poinçons romains réunis dans le Corp. inscr. lat. : cf. Avolio, DMe antiche fallure di argilla, Palerme, 1829, p. 110-127; Passeri, Zucenia*- /ic7i/es, Pisauri, 1739 ; Bellori, Lucerne sepolcrali \ Baumeisler, Denkmàler, art. /.ampm, p. 807. — 2 Lœschcke, Arch. Zeil. IH8I, p. 44 et s.; cf. Dumont cl. Chaplain, p. 192 (uole de M. Pollier); Fr. Lenormani, Gaz. arch. 1S81-18S2, |i. 181. 3 Bliimncr, II, p. e-l-ei. — '• Marllia, i'Art étrusque, p. 456. — 5 Raycl et Collignon, p. 352-354; PoUier, Mon. gr. (886-1888, p. 48 cl s. ; Dumont et Cliaplain, I, p. 393 ; G. Robert, Homer. Decher, p. 1-6. — 0 Rayct et Collignon, p. 314-345 ; Garaurrini, Gaz. arch. 1379, p. 38-50. — 7 Camiurini, liull. deW Jnslit. 1874, p. 82; Krfihuer, ka Uuséea de France, p. 48; Kajel ot Golligno",
paraissent plus si étrusques depuis qu'on en a trouvé en Grèce et à Rhodes'^.
Mais malgré leur origine grecque, il reste vrai que c'est dans les ateliers étrusques et romains que l'industrie représentée par ces derniers groupes de vases a pris tout son développement.
Les vases de bucchero nero, dont les plus anciens remontent au vii° siècle avant notre ère et dont l'industrie dure jusqu'au iii° siècle, présentent, au point de vue technique, un intérêt particulier. Leur coloration noire est obtenue par un procédé encore imparfaitement connu; ce qui est sûr, c'est qu'il n'y a pas eu application d'une couche extérieure de peinture : c'est la pâte elle-même qui est imprégnée de couleur noire. Les cassures, qui sont rarement complètement noires, et dont la couleur va en s'éclaircissant vers l'intérieur, présentent souvent de petits grains de quartz qu'on peut remarquer aussi à la surface. Les analyses faites sur ces vases ont donné un corps organique carbonisé, quelquefois des corps gras et résineux. Quant à la manière dont cette substance a été mêlée à la pâte, on a supposé que ces vases, après avoir été chauffés légèrement, étaient enduits de bitume ou de résine, ou de quelque autre substance analogue : par la cuisson, cette substance se carbonisait et pénétrait dans l'intérieur même de la pâte. D'autres pensent que des substances organiques ont été pétries avec la pâte elle-même '^ D'après les analyses ", comparée à la pâte des vases campaniens, celle des vases de bucchero contient plus de silice et de magnésie, moins d'oxyde de fer et de chaux, et en outre du charbon. M. Klitsche de la Grange, qui s'est livré récemment â des recherches chimiques sur la fabrication de ces vases, a proposé une nouvelle hypothèse, qui paraît aujourd'hui la meilleure". Il pense que leur coloration noire est due à une fumigation très prolongée dans le four rempli de matières combustibles dégageantunefumée intense. Ilssontfaçonnéstantôtàlamain, tantôt au tour : le décor est quelquefois gravé, le plus souvent en relief. Les ornements en relief sont tantôt poussés dans des moules, tantôt modelés à l'ébauchoir; cedécor est souvent un même motif plusieursfois répété: mais, en beaucoup de cas, on ne voit pas entre les figures semblables, cette ressemblance mathématique qui indiquerait l'emploi d'un procédé mécanique. Quelquefois, pour mieux faire ressortir le relief sur le fond noir, on a incisé les contours, et même les linéaments intérieurs des figures, de traits gravés à la pointe, qui, en entamant la surface du vase, se distinguent par un aspect plus mal et grisâtre.
Les dénominations de vases samiens et de vases arélins, sont des termes conventionnels'" sous lesquels on désigne les vases à reliefs revêtus d'une belle glaçure rouge brillante qui sont les produits les plus intéressants de la céramique romaine. Ces termes remontent d'ailleurs à l'antiquité : les vasa samia sont mentionnés
p. 346-350. — 8 Rayet et Collignon, p. 350-351. — 9 Bull. delV Inst. 1873, p. 170.
— 10 Dressel, Annal. delV Insi. 1880, p. 329. — H Rayel el Collignon, p. 354, 333. 12 Dumont cl Ghaplain, I, p. 166-192; Rayel ol Collignon, 340-344; Marlha, VAri étrusque, p. 457 el 477 ; voir la bibliogr. dans Dumont ot Cbaplain, I, p. 187, note 3 (E. Pottior). — '3 Abekcn, .ViltetitaUen, p. 3C9 ; liliirancr, 11, p. 59-61. — " lîrongniart. Traité, I, p. 414 ; Birch, II, p. 200 ; Bliimncr, 11, p.Oi.
— IB Klitsclie do la Grange, Sulla tecnologia dei vaseltame nero degli anticlii, Uonic, 1884, — 16 Cependant M, G, Robert {//oin. llcrfier, p. 4) adtncl le nom de Samia vasa pour les vases grecs à reliefs, en réservant aux itaiiotcs les termtrs tirrcti na vasa, campana supellex, cumani calices.
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par un écrivain du vii^ siècle de notre ère, Isidore de Séville', et aussi par Pline ^ qui les cite comme constituant la vaisselle de table d'usage courant : cette industrie n'était pas particulière à Samos : Pline énumère les labriques les plus renommées, en Grèce, en Asie Mineure, en Italie, en Espagne. Le nom de vases arétins vient de la grande réputation de la ville d'Arretium (Arezzo) dont les ateliers, vers la fin du u° siècle avant notre ère, n'ont pas de rivaux pour la l'abrication des vases à glaçure rouge. On a trouvé, en efTet, un très grand nombre de ces vases sur le territoire d'Arezzo : mais on les trouve aussi répandus sur toute la surface de l'empire romain : c'est la poterie romaine par excellence. Et il n'est pas douteux que, dès l'antiquité, la dénomination arrelina vasa ne désignât souvent des vases d'une certaine technique, sans égard au lieu de fabrication ^
La terre de ces poteries est connue sous le nom de terra Ie7m2ia ou sigillata, terre sigillée, à cause de la propriété qu'elle a de recevoir facilement toute sorle d'empreintes. Suivant les différentes combinaisons d'oxyde de fer, et le degré dechaleurobtenu à la cuisson, ces vases prennent les nuances de rouge les plus variées. La similitude de l'exécution et de la matière qu'on remarque dans la plupart des poteries à glaçure rouge, répandues sur toute la surface de l'empire, a frappé tous les observateurs. On s'explique difficilement comment les potiers romains pouvaient confectionner partout des pâtes si semblables avec des matériaux nécessairement différents. On ne peut pourtant pas supposer qu'ils apportaient avec eux leur provision de pâle. Brongniart suppose qu'ils choisissaient des argiles fines et presque sans couleur, et qu'ils leur donnaient la couleur rouge capucine qui est la caractéristique de ces vases par des combinaisons appropriées d'éléments colorants tels que l'ocre rouge*. Mais pourquoi ne pas supposer plutôt que ces vases étaient exportés d'un centre de fabrication unique? M. Potlier a bien voulu me communiquer son opinion à ce sujet. Il pense qu'on a tort de multiplier les centres de fabrication, et de croire qu'on faisait des vases pareils dans des ateliers différents sur toute la surface du monde ancien. Ils ne seraient pas pareils dans ce cas. On a cru longtemps qu'il y avait des fabriques particulières à Nola, à Cumes, à Vulci, etc. Puis on a reconnu que les poteries trouvées en ces divers endroits venaient d'un centre unique, la Grèce, ce qui explique les ressemblances très naturellement. M. Poltier est persuadé qu'on arrivera à la même conclusion pour les vases à glaçure rouge. Pourquoi des inscriptions trouvées en Espagne mentionneraient-elles des fîgulinae arretinae ^, si la fabrication d'Arretium n'avait pas eu une réputation universelle ? De même, aujourd'hui, nous ne nous donnons pas la peine de fabriquer des objets japonais : nous les faisons venir. On peut rapprocher de ces vases la plupart des lampes à glaçure rouge trouvées sur le sol italien.
La glaçure rouge des poteries romaines est d'une
1 Orii/. 20, 4, 3. — s Plin. XXXV, 165. — 3 Fabrique do vasos arcHins, on Espagne {Corp. inscr. lai. II, 4970, n. 51S). — ' Brongniart, Traité, I, p. 423. — S Corp. inscr. lat. II, 4'J70, 510. — 6 Ciléc par Fabroni, Slor. d. vas. fittil. Aret. p. 34. — ^ Brongniart, Traité, 1, p. iii. — 8 Voir les n^sullats exposés dans Bliinmcr, II, p. 91-Î15. — 9 Dolomicu, citiî par Brongniart, Traité, I, p. 4ii. — iO Brongniart, Traité, I, p. 4ii. — 1' F. Kellcr, Die rolhe rtimisctte Tùpferwaare, Hcidclbcrg, 1ST6, p. 16. — 1- Brongtiiart, Traite, II, p. 16.
grande perfection. Elle est si fine et s'adapte si exactement à toutes les aspérités du relief que les arêtes des contours ne sont jamais empâtées, comme il arrive souvent avec les glaçures modernes. L'ancienne opinion ' que le bel éclat rouge de ces vases provient, non pas d'un vernis, mais de la cuisson après un polissage soigneux de la terre encore fraîche, est maintenant abandonnée. La terre a une couleur tout autre que la surface, plutôt jaune rouge, comme on peut le voir dans les cassures. Les écailles qui se détachent souvent de la surface prouvent l'existence d'un vernis'. Mais il est assez difficile de déterminer les éléments de cette glaçure. Les analyses chimiques ne sont pas d'accord'. Certains savants ne veulent voir aucun oxyde métallique dans cette glaçure '. D'autres, au contraire, entre autres Brongniart, croient que ce lustre est dû à un enduit très mince d'un silicate à base alcalino-terreuse, coloré par un oxyde de fer '". D'après les expériences les plus récentes faites à Spire par Keller, il semble que la matière employée soit le borax ".On a trouvé en Angleterre, à Wansford (Northamptonshire) un petit four qui servait à, cuire ce vernis. D'après Keller, les petites pièces, refroidies après une première cuisson à feu doux, auraient été plongées dans une chaudière pleine d'une solution bouillante : les grandes auraient été vernies au pinceau. Elles étaient soumises, après le vernissage, à une seconde cuisson qui faisait adhérer le vernis. Ce vernis est, en effet, d'une extrême solidité, et n'est attaqué ni par les acides, ni par l'humidité, ni par le feu. La glaçure des poteries romaines à reliefs fut très longtemps en usage. Brongniart croit la retrouver jusque dans des poteries dont il place la fabrication entre le vu" et le x" siècle '^.
Les reliefs des poteries romaines n'ont presque jamais été modelés à la main. Deux procédés diflerents ont été employés : le façonnage au moule, et le modelage au pinceau. Le premier est de beaucoup le plus fréquent.
Le façonnage au moule nécessite trois opérations successives : i° fabrication du poinçon en relief au moyen duquel on obtenait l'image en creux dans le moule négatif; 2° fabrication du moule ; 3° façonnage du vase dans le moule [forma]. La fabrication des poinçons ou estampilles était la véritable opération artistique. Le reste était purement mécanique. Même s'il a sous les yeux un modèle qu'il copie, l'ouvrier fait œuvre d'artiste et exécute son sujet à l'ébauchoir. Les estampilles qui nous ont été conservées sont en terre fine de nuance rougeàtre. Elles ont une sorte de manche que tenait l'ouvrier pendant qu'il imprimait le poinçon dans la terre du moule, et se terminent par une surface légèrement convexe où le motif ornemental a été modelé en relief ; rosaces, oves, perles, figures d'hommes ou d'animaux, masques, ou encore le nom du potier". La figure 3042 en donne un exemple : estampille avec une inscription, de Lezoux". ÎSous n'avons pas d'estampilles semblables en plâtre, en bois, ni en métal. Pourtant il est fort probable que la terre n'était pas la seule matière employée :
— 13 Bliimncr, II, p. 104-103; Brongniart, Traité, I, p. 424. — H Brongniart, Atlas. pi. XXX, fig. 9 AB (= Blilmner, II, (ig. 21). Cf. une cslainpille aiec otc, provenant de Leioux (Brongniart, Allas, pi. xxx, fîg. 4 A-B, = Blumner, II, fig. IS); une autre avec une figure de porc, de RIieinzat>crn (Brongniart. AtUs, pi. xxx, fig. 2 .A-B, = Bliinincr, II, fig. 19) ; une autre avec un masque, proven.'uit d'.Arezzo (Fabroni, .S for. d. vas. fittil. Aret. pi. v, fig. 4 ^ Bliîmner, II, 20.) Voy. des poinçons cl moules pour vases dans Tudol, Fiijurint:s en argile de fart gaulois, pi. 08-69.
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les reliefs très plats de certains vases semblent avoir été obtenus à laide d'un poinçon en bois, tandis que les contours aux arêtes aiguës de certains autres paraissent dus à l'action d'un poinçon en métal'.
Il est peu vraisemblable qu'il y eût partout où ces vases à reliefs étaient fabriqués des ouvriers capables de modeler les différents poinçons nécessaires. C'étaient probablement des ar-
Fig. 304». — Poinçon ticles de commercc.
et cslanipille. t , . n ■ • • ,
Les moules ou 1 on imprimait ces poinçons afin d'obtenir des images en creux, sont en général de la même terre fine que les vases eux-mêmes. L'essentiel était que la terre eût une perméabilité suffisante pour absorber l'humidité de la pâte qu'on y coulait. Souvent il y a au fond du moule un trou pour laisser échapper l'eau. Ces moules étaient façonnés au tour. L'extérieur restait lisse, sans autre ornement qu'un rebord saillant qui les rendait plus maniables (fig. 3043 et 3011)-. On imprimait les poinçons dans la
surface intérieure du moule, alors que la terre était encore molle. En général, la décoration consiste en deux rangées de motifs ornementaux très simples, et une zone de figures entre les deux. Dans beaucoup de cas le fond du moule restait uni, afin de réserver la place du pied, qui était ajusté au vase après la sortie du moule. Mais nous avons aussi de nombreuses coupes ou phiales sans pied, dont le décor couvrait entièrement la surface intérieure du moule. On remarque souvent des irrégularités dans le décor qui proviennent de la négligence avec laquelle les poinçons étaient imprimés dans le moule : inégalité de distance entre les figures, positions défectueuses : quelquefois les figures sont placées la tète en bas. Quelques archéologues pensent que ces moules étaient en deux morceaux : on trouve en effet, sur certains vases, des lignes en relief qui semblent être le point de suture des deux moitiés du moule'. Brongniart fait observer que les moules qui nous sont parvenus intacts sont tous d'une seule pièce *. Les lignes de suture qu'on a cru remarquer seraient dans ce cas dues simplement à quelque défaut du moule. Pourtant, si Rrongniarta raison
Fi". 3043.
Moule dn vase {ext(5rieur et inl(5rieur}.
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quand il s'agit de poteries à reliefs très faibles, le retrait naturel de la pièce au séchage suffisant pour permettre de la retirer du moule, il semble impossible qu'on ait pu se servir de moules d'un seul morceau pour les vases à reliefs un peu saillants. 11 est probable qu'alors on employait des moules en deux parties rajustées par des tenons, semblables à ceux que nous décrirons plus bas à propos des lampes. Une fois les empreintes formées, la surface intérieure était soigneusement polie, et le moulage obtenu était porté au four.
Pour faire le vase lui-même, on poussait dans le moule la quantité convenable de pâte humide, et l'on façonnait au tour l'intérieur du vase. Quelques personnes ont pensé qu'on retirait la pâte du moule pour la porter sur le tour^; mais l'action du tour sur la terre encore molle aurait sans doute endommagé les reliefs. Il est probable qu'on portait sur le tour la pâte encore engagée dans le moule'. On enduisait sans doute les parois du moule d'une substance grasse qui empêchait une adhérence trop forte de la pâle, et permettait de la détacher plus facilement'. Le vase une fois façonné et retiré du moule, on ajustait, suivant le cas, tantôt un pied, tantôt une base ronde, une moulure autour du bord supérieur, toutes pièces également faites sur le tour. Il ne restait plus alors qu'à vernir et à cuire.
Les lampes romaines, dont nous possédons un si grand nombre d'exemplaires, étaient façonnées au moule par des procédés analogues. Elles étaient faites en deux
1 lilutnner. II, ji. 10:"i. — 2 Moule du Miist''e «lu I.nuvre (aiic. coll. Durand), provenant de Klieinzaberu. — 3 Caumont, Ctmr& d'anl. 11. p. 203 ; l'abroni, Op. laud. p. 64 ; Bircli, II, p. 341. — * lironguiart, Traité, 1, p. 423 ; lilUinner,
Fig. 3045. — Moule de lampe.
parties coulées séparément dans deux moules différents. L'un de ces moules, décoré à l'intérieur d'images en creux par le procédé à l'estampille décrit plus haut, donnait la face supérieure de la lampe. L'autre donnait le corps de la lampe (fig. 3043)*. Ces deux moules étaient ajustés ensemble au moyen de tenons placés sur le rebord du moule inférieur, et s'adaptanl dans les cavités correspondantes du moule supérieur. Quelquefois les deux moules appartenant à une seule lampe sont marqués de chiffres ou de lettres semblables. Les deux moitiés de la lampe se recollaient aiusi naturellement dans le moule pendant que la pâte était encore humide. Quand la pâte commençait à sécher, on retirait la lampe du moule, et on la portait au four où elle cuisait à une température modérée.
Un autre procédé pour l'exécution d'ornements eu relief est tout à fait remarquable, et particulier à la céramique romaine. Avec un pinceau, une pipette ou une spatule en forme de cuiller chargée de pâte prise dans cet état de liquidité visqueuse qu'on nomme barboline et qui ressemble à de la boue, on modelait sur la panse du vase des ornements divers, tiges, feuilles de lierre ou d'olivier, guirlandes, ou même des figures d'animaux. Les reliefs ainsi obtenus ont des formes lourdes et irrégulières. Comme le remarque M. Blumner, c'est â peu
II, p. 107. — 0 Hefner, Dit} romische Tôpfrrei in Westernilorf, p. 27. — B Bliinmcr, II, p. 108. — 7 Birch, II, p. 341 ; Kaluoni, Op. laud. p. 6J-6.I. — 8 Bircli. Il, p. 277, lig. 189 ) Bluinuer, 11, p. 109, lig. 24 ; iiruuet, Rev. anliéol. t. X, p. 270.
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. 3046. — Roulelle de potier.
près le procédé qu'emploient les conliseurs pour décorer leurs gâteaux avec du sucre glacé '.
La décoration encrcux neseprésenlo guère qu'à l'éclat d'exception dans les poteries romaines : le procédé le plus simple, qu'on rencontre dans un certain nombre de vases de fabrication provinciale, n'exige pas d'autres instruments que le doigt et l'ongle, avec lesquels on trace dans la terre encore molle des incisions et des ondulations.
Quelquefois ce sont des ornements très simples en forme de feuillages, incisés à la pointe. Pourobtenir deszonesd'ornements en creux sur la circonférence de certains vases, on se servait aussi d'une roulette ou molette en terre ou en métal, décorée d'ornements en relief, et qu'on imprimait dans le vase tandis qu'on le faisait tourner sur le tour ^ (fig. 3046, roulette en terre cuite provenant de Lézoux '). A côté des véritables vases à reliefs, il faut mentionner certains produits de la céramique grecque qui présentent une combinaison curieuse des deux systèmes de décoration, la peinture et le relief. Ce sont d'abord des vases analogues pour la forme et les motifs de décoration aux vases peints ordinaires, mais dans lesquels tout ou partie de la décoration peinte est remplacé par des figures en relief. Quelquefois les personnages principaux sont seuls en relief, les autres figures étant peintes, comme dans le vase du musée de l'Ermitage représentant la lutte entre Poséidon et Athéna'. Dans d'autres, la scène entière est composée de figures en relief, appliquées comme une frise sur la panse du vase ^ Ces reliefs sont tantôt peints en blanc, tantôt décorés de couleurs variées, mêlées de dorures, et se délacbent sur le fond de l'enduit noir. Il est peu probable qu'ils fussent façonnés au moule : ils étaient plutôt modelés à la main, et appliqués sur le vase, peut-être après la cuisson ^ Enfin il faut citer les vases en forme de figurines, bustes, masques, animaux, figurines entières ou même groupe de figurines; rhytons ou cornes à boire terminées en têtes d'animaux, chevaux, griffons, béliers, éléphants. Souvent le col de ces vases est décoré de peintures, suivant la technique des vases à figures rouges. Les deux parties du vase étaient sans doute travaillées à part, le col étant façonné au tour, les figurines au moule et les deux parties ajustées ensemble avant la cuisson''. D'autres monuments présentent une application curieuse du bas-relief h la décoration des vases. Ce sont des vases façonnés au tour comme les poteries ordinaires : une fois le façonnage terminé, on a collé sur la panse du vase tout un décor en relief, composé de rinceaux, de lleurons, de masques cl de figurines en ronde bosse, le tout relevé de polychromie et de dorures. Le musée du
I Bliimncr, 11, p. lit; Broiigniurt, 7'faité, I, p. 4-5. — 2 Bliiniiicr, II, p. Ilî. — 3 Broiijîiiiarl, Atlas, pi. xxx, fig. 3 A-B= Blilmncr, II, fig. 26. — i Compte rgiifiii (tu Saint-Pélcrsh. 1872, pi. i. — 5 Exemples : l'arjballo de Kerteh, au niuscc de rErniitago {Compte rendu, 1866, pi. iv) cl l'hydrie de Cumcs, au môme niusf^c {Compte remlu, 186i. pi. m = Uajct el Collignon, p. 267, fig. 102). — 6 Rajct el Collignon, p. 261-270 ; BlCmner, II, p. 100. — 7 Rajct cl Collignon, p. Î70-27» ; Blfinnicr, II, p. 08. — 8 Kekuli^, Terracottcn von Sicilien, 1884, pi. ut; cf. ibid. pi. Lviii; Paiiofka, Terrocotlen... Hcrlin, pi. i.xiii. — • Rayet et Collignon, p. 336-338. — m l'olticr, Vases à reliefs. Mon. Gr. 1885-1888, p. 53. — <l Voir W tableau de la classification des poteries dans Brongniart, Traita, I, p. 300. — IS Voy. les exp,^rieuccs faites par M. Mazard sur un certain nombre de poteries lustrées d'tjponucs et de provenances différentes {II. Mazard, De la connais-
Louvre en possède un exemplaire provenant de Sicilo très richement orné, et d'une exécution très soignée'. Les vases dits de Canosa appartiennent à une technique analogue, mais qui s'éloigne encore plus des méthodes et du style de la céramique classique. La panse des vases est bariolée de dessins de couleurs ternes où le rose domine, posées après la cuisson définitive : la véritable ornementation consiste en figurines modelées à part et fixées sur le corps du vase avec de la barbotine'. Les différents produits de ce genre se rattachent plutôt à l'art des coroplastes qu'à celui des potiers".
Poteries émaillt'es. — L'immense majorité des poteries antiques appartient à la grande classe des poteries en pâte tendre". Elles sont toutes plus ou moins absorbantes, même les poteries arétines et samiennes, dont les formes ont cependant un caractère évident d'utilité pratique'^. Pourtant, bien avant les premiers essais de l'art grec, les civilisations orientales connaissaient le secret de l'émail : il suffit de rappeler les briques émaillées de l'Assyrie, et les petites figurines funéraires recouvertes d'un enduit vitrifié dont la teinte varie du vert pâle au bleu d'azur, que les nécropoles égyptiennes nous ont livrées en si grand nombre. Les Phéniciens ont de bonne heure transporté dans les pays grecs les produits des ateliers égyptiens, et ceux qu'ils apprirent bientôt à fabriquer eux-mêmes, menus objets émaillés, figurines, flacons, vases à parfums. Dans les tombeaux de Camiros, appartenant au vin' et au vu" siècle, on a trouvé, à côté des céramiques indigènes, des poteries émaillées dont l'origine phénicienne n'est pas douteuse ". Les Grecs ont-ils connu cette technique? La réponse est douteuse pour la période archaïque et classique, malgré l'existence de quelques monuments curieux, comme le vase émaillé en forme de sphinx, appartenant au musée de Berlin, et que M. Kœhler attribue sans preuves concluantes à la fabrique d'Égine", ou l'aryballe bleu du Louvre en forme de tète casquée, trouvé à Corinthe, que M. Heuzey a ingénieusement expliqué comme un produit phénicien empruntant son prototype aux aryballes fabriqués dans les pays helléniques au vi' siècle'". Cependant d'autres monuments donnent à penser qu'au moins en certaines contrées plus particulièrement soumises à l'influence de l'Egypte, comme Rhodes ou ley colonies helléniques établies en Egypte même, les artistes grecs ont connu et pratiqué exceptionnellement ce procédé familier aux Égyptiens. Tels sont un petit vase émaillé bleu, trouvé à Camiros, modelé en forme de dauphin, du style grec le plus pur, et portant une inscription grecque en caractères du vi* siècle ", el les figurines en terre émaillée sortant à n'en pas douter d'ateliers grecs, trouvées dans les fouilles de M. Flinders Pétrie à Naucralis '^ Mais rien ne prouve que celte technique se soit implantée dans la Grèce propre"; en
sance par tes anciens fies glaçures plnmbifères ; Paris, 18T0, cxlr. du Ajustée archéoL), p. 3. — t3 Ravel el Collignon, p. 366, pi. iiv ; I.ongp^rier, Mus. Xapoiéon III', pi. u. Perrot el Chipiez. Uist. de l'art, t. MI, pl. vi, p. 681 ; Dumont cl Chaplain, I, p. 103. — Ik Miltk. Ath. 1870, pi. loc, p. 366; Rayet el Collignon. p. 368. — 'S Heuzey, Gnt. arch. 1880, p. I45-IC3, pi. xxvniS ; cf. Perrol el Cliipicz, Bist, de l'art, l, III, p. 675 ; Ravet el Collignon, p. 368. — 18 Synopsis o/ Ihe Brit. Mus., î* Vase Rooni, I, p. 70 ; Ilcuzer, Catat. des fig. de t. c- au itui. du Louvre, p. 214 ; Perrot el Chipiez, l. III, p. 680; Raycl el Collignon, p. 36». — Il i\aukratis. Part. I, 2J e.1. Loudon, 1S8S, p. 14, pl. n, fig. 6-18. — H Pourtant, d'apri'^s Schliemann {.Mycènes, p. 109), le professeur Laudcrcr aurait reconnu UD émail à base de plomb dans l'enduit noir de cônes ou boulons en terra cuiLo grossière, lrouvi5s dans les fouilles de Mycèues.
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tout cas elle semble avoir été délaissée après le vi« siècle.
Au m" siècle, elle reparaît à Alexandrie, au moment où la peinture céramique est en pleine décadence. Nous possédons quelques monuments curieux appartenant à cette fabrication égypto-grecque, entre autres l'œnochoé revêtue d'un émail vert brillant, trouvée à Benghazi, et connue sous le nom de « vase de la reine Bérénice » ' . On a trouvé aussi hors de TÉgypte des poteries émaillées : un même tombeau de Tanagra en a livré deux spécimens intéressants^. Il est d'ailleurs vraisemblable qu'ils proviennent d'un des centres industriels de l'Egypte hellénisée. En revanche, les fragments trouvés à Tarse prouvent que, vers le i"' siècle avant notre ère, les ateliers grecs d'Asie Mineure ont pratiqué la technique des céramiques émaillées ^ Le musée du Louvre possède aussi des figurines émaillées à couverte jaune ou verte, provenant de Smyrne et de Cymé '. M. Mazard pense que les centres industriels d'Asie Mineure ont exporté leurs produits émaillés dans tous les pays méditerranéens, et attribue une origine grecque aux poteries émaillées trouvées en Italie et en Provence ^ Pourtant il est probable que cette industrie s'est peu à peu propagée sur tous les points du monde ancien. On a trouvé des poteries émaillées vulgaires dans des endroits que les exportations grecques n'ont pas dû atteindre, en pleine Gaule, dans le département de l'Allier, et sur les bords du Rhin. M. Mazard a fait le relevé des terres cuites antiques émaillées qui nous sont parvenues °. Ces monuments soulèvent encore bien des questions non résolues. Mais les travaux de M. Mazard permettent au moins d'établir, contrairement à l'opinion autrefois admise ', que les anciens ont connu la glaçure au plomb. Les poteries dont nous venons de parler ont été revêtues d'un enduit à base métallique où le plomb est employé comme fondant : ladjonction de matières telles que le minium, la litharge ou le protoxyde de cuivre permettent d'obtenir les différentes colorations, jaunes, brunes, bleues ou vertes'.
III. La pl.vstique en terre. — La plastique en terre comprend trois groupes d'objets : les grandes statues, les bas-reliefs, ayant pour la plupart une destination architecturale, et les figurines.
La fabrication des grandes statues en terre remonte aux temps les plus reculés de l'art grec. Pausanias mentionne des statues très anciennes en terre crue et en terre cuite à Athènes'; d'autres à Tritaea enAchaïe'". Pline cite les statues en terre crue, cruda opéra, exécutées par le potier Chalcosthènes ou plutôt Kaïkosthènes, dont l'atelier donna son nom au Céramique". Peut-être même, l'argile étant la matière la plus commune et la plus facile à travailler, les statues en terre sont-elles antérieures aux plus anciennes statues de bois '^. De bonne heure pourtant l'art grec paraît avoir renoncé aux grandes statues en terre. On préféra à l'argile des matières plus solides, le bois, la pierre, le métal : et l'on
1 Beulé, Joum. des Savants, IS62, p. 163-172; Rayct et Collignon, p. 372-373, fig. 139. — 2 Furtwacngler, Coll. Saàouro/jf, pi. lxx, 3; Gaz. des Seaux-Arts, 1887, p. 393; Rajet et Colligm.n, p. 3T4-375, fig. 137. — 3 lleuicy, les Fragm. de Tarse au JUus. du Louvre, (eilr. do la Gaz. des Beaux-Arts, nov. 1876); Maiard. Op. laud. p. 36-38. — ' Rciiiacli, Mélanges Graux, p. 148; Rayct et Collignon, p. 377 ; staluellcs et fragments de vases lîmaillcS proïenant de Smyrne et des environs au Musée du Loovro [Catal. de Myrina, n" 783-807). — t Mazard, Op. laud. p. 32 -35. — 6 Mazard, p. 36-71. —7 Voy. Brongniart, I, p. 16-17; Blûmner. 11, p. 89. — 8 Mazard, p. 8-10 ; Rayet et Collignon, p. 375. — » Paus. I, i, 5 et II, 3, 1. — 10 Id. vu, 29, 9. — " Plin. XXXV, 153; cf. MilchliSfer, Zu griechischen Kùnsllem, p. 50-51 (eitr. du volume composé en l'honneur do
n'employa plus la terre que là où on y était forcé par la nécessité, ainsi qu'il arriva, d'après Pausanias, au sculpteur Théokosmos '^ 11 était en train d'exécuter pour rOlympiéion de Mégare une statue chryséléphantine de Zeus : la guerre du Péloponnèse éclate : l'argent manriue pour achever la statue avec des matières aussi précieuses que l'or et l'ivoire : la tête était déjà faite, le sculpteur l'ajusta sur un corps de terre et de plàlro peint en trompel'œil.
L'usage de fabriquer des statues en argile dura plus longtemps en Italie. Chez les Étrusques tout est en terre cuite, les idoles adorées dans le sanctuaire, les statues du fronton, la décoration du toit '' ; il faut citer aussi les statues iconiques placées sur le couvercle des sarcophages et les bustes-portraits surmontant les canopes funéraires de Chiusi. La plastique étrusque en terre cuite emploie concurremment les deux procédés du moule et du modelage à la main. Lestâtes des canopes paraissent avoir été modelées à Tébauchoir. Quant aux grandes statues, elles ont été fabriquées en plusieurs pièces rapportées et travaillées avec plus ou moins de soin, suivant l'importance du morceau. Les bras, les mains et les pieds, qui sont en général sacrifiés, semblent avoir été simplement poussés dans le moule. Les artistes réservent toute leur attention pour les têtes et les détails du costume qui sont minutieusement traités à l'ébauchoir"^. On peut citer comme exemple de cette technique le beau sarcophage du musée du Louvre provenant de Cervetri, qui est de la fin du vi° ou du commencement du v° siècle'^, et celui, plus récent, dit de Seian^i Thanuma au British Muséum".
A Rome, avant l'invasion de l'art grec, les temples étaient ornés de statues en terre. Plus tard les dieux en marbre enlevés aux temples grecs remplacèrent les anciens dieux en argile. Mais jusque dans le dernier siècle de la République, on cite des statues en terre " ; le British Muséum possède une série de statues de femmes drapées en terre cuite, trouvées à Rome en 1765 près de la Porta Latina, et dont la hauteur varie entre 0",70 et I'°,30 ". Deux grandes figures qui passent pour des représentations de Jupiter et de Junon ont été découvertes à Pompéi dans le temple d'Esculape''".
Aux monuments dont nous venons de parler il faut ajouter les maquettes en terre qui étaient la première pensée des œuvres que l'artiste exécutait ensuite en bronze on en marbre. Le but est différent, mais la technique est la même. Alors comme aujourd'hui, le bronzier ne pouvait pas se passer d'une maquette en terre, ou en cire''". Mais elle était presque aussi indispensable ausculpteurquiemployaitle marbre. Voilà pourquoi les anciens appelaient la plastique en terre (plasticc) mère de la toreutique [caelalura], de la sculpture en bronze et en marbre (stadiaria, sculpiura) ^^.
Les procèdes employés par les maîtres antiques ne
H. Bninn, 1893). — 12 Prop. V, I, 5 : Fictitibus crevere deis haec aurea templa; cf. Juv. XI, 1 15. — " Paus. I, 40, 4. — H Marlha, l'Art itrusque, p. 328-329 ; Polticr, les Slat. de t. c. dans l'ant. p. 218. — 16 Marlha, l'Art étrusque, p. 300. - l« Jbid. fig. 202. — " Ibid. fig. Î4I. — 18 Plin. XXXV, 156. — 1» Combe, A description of the collection o( ancienl terracoltas, pi. ni', x.\i39, x.t»'I>, xxxvin76, XL 71», xxxvn75; cf. Pottier. les Statuettes de terre cuite dans l'un' liquiti, p. 230. — 20 Von Rohden, Terracottcn von Pomprji, pi. xiii, p. 21 ; Pollier, loc. cit. — 21 UjiisXsj^oi (Plin. XXXV, Ii5; Cic. Ad Att. XII, 41-4); argilla (PHn. XXXIV, 46; XXXV, 153; TcrluII. Apol. 12); cf. Blumncr, II, p. 116; Milchhiïfcr, Zu griecl'ischdn Kûnstlem, p. 50-51. — 2'J Mol de Pasiléli^s, cité par Varron et rapporté par Pline tXXXV, 156).
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différaient sans doute pas sensiblement de ceux qu'emploient aujourd'hui nos sculpteurs : ou bien l'artiste travaillait la terre humide morceau par morceau, rajustant ensuite les différentes parties une lois modelées ; ou bien, plus ordinairement, il se servait d'une sorte d'armature en bois pour soutenir la figure entière (xàvaêo;, stipes, CRUx'). 11 pétrissait la figure en gros avecles deux mains, et lui donnait ainsi la forme générale qu'il cherchait : c'est ce qu'on appelait pollice ducere^. Ensuite intervenait l'ébauchoir (en bois, en ivoire ou en bronze). Cet ébauchoir que nous voyons souvent dans la main de Prométhoe, sur les monuments où il est représenté modelant l'homme dans l'argile', se terminait d'un côté par une pointe qui servait à tracer les lignes dans la terre, plis des draperies, etc., et de l'autre par une petite palette plate destinée à polir les surfaces. On trouve le même ébauchoir figuré sur une pierre gravée qui représente un vieillard chauve assis sur un fauteuil devant un chevalet à trois pieds (ôxpiêaç ou xiXXîSaç*), sur lequel est assujettie obliquement une planchette qui porte le buste d'une déesse coiffée du polos : l'artiste maintient la planchette de la main gauche, et de la main droite retouche son œuvre à l'ébauchoir^. La figure était achevée avec les doigts, et surtout avec les ongles, l'artiste enlevant ici un peu de terre avec l'ongle, là en rajoutant, ou modifiant le modelé par une légère pression du doigt. Voilà pourquoi Polyclète disait que le difficile de l'œuvre était quand la terre entre sous l'ongle^. La statue terminée était en général cuite, même celles qui ne servaient que des maquettes : elles échappaient ainsi à la destruction, et étaient vendues comme les autres statues'. Nous avons dit, d'après Pline et Pausanias, que des statues en terre crue s'étaient conservées longtemps : mais ce devaient être des exceptions : car la terre, en séchant, se fend : en tout cas, nous n'en possédons aucune. Nous n'avons pas de renseignements sur la cuisson de ces grandes figures : sans doute il fallait des fours plus grands que les fours ordinaires, et disposés de façon que la chaleur pénétrât également toutes les parties de la statue. Après la cuisson, les statues étaient peintes suivant les mêmes procédés employés pour les figurines*.
Les reliefs forment une partie importante de la plastique en terre : la plupart ont une destination architecturale. Dès la plus haute antiquité, les Grecs firent servir la céramique à la décoration de leurs édifices. Les exemples nous en sont parvenus en très grand nombre : corniches, chéneaux, antéfixes, acrotères. Pendant toute la période archaïque, les procédés employés pour la décoration de ces pièces d'architecture sont ceux de la
< Poil. X, 189; cf. Jaliu, Ber. d. Siïc/is. Gesch. d. Wiss. 1854, p. 4S; Blûmner, 11, p. 117; TerluU. Apol. 12; Ad. Nat. 1, 12; Hosych. J. v. xaviôioî xTifij.
— S Bliimner, II, p. 118. — 3 Sarcopliage du Capitule (Miiller-Wieseler, II, 65, 838 A); sarcophagodu Louvre (Clarac, Mus. de sculpl. 215, 433V — * Pliot. p. 326, I ; Suid. s. V. o'ypîSa; ; cf. Bliimner, II, p. 122. — 8 Ficoroni, Gemmae litleralae, pi. V, 1; Jalin, Ber. d. Sticks. Gusell. d. Wissensch. 1861, pi. vi, 1 ; Blumner, II, lig. 28; cf. d'autres pierres gravc'es publiées par Ficoroni, Op. laud. pi. iv, 5; M;iller-Wiesolcr, II, 65, 838 = Blûmuer, II, flg. 27. — 6 Cité par Plut. Deprofect.
in virt. 17 : tû; îtti ;(aX[iïiÛ7aTov aù-ùv Tb i^yiv oT; av itç ovu/a o tcvi^Ôî St^itrizii ; Id. Quaest. couriu. Il, 3,2; delà. les mots 6vu/;"Cew, Uovu^^îOi" : voy. Bltitnuer, II, p. 119, et fExcui-sus, p. 137-139. — 7 Plin. XXXV, 155; cf. Blûmner, II, p. 119.
— 8 Bliinuier, 11, p. 120. — 9 Voy. Doerpfcld, Graeber. Borrmann elSiebold, Ueber die Verwenduitg von Terracotten vor Geison und Dache griecliischen Dauwerke {Programm sum Winckelmannsfeste. Berlin, 1881) ; Rayet et CoUignou, p. 379 et s.
— 10 Ausgrab. ans Olympia, V, pi. ixiiv. — *' Oruenicnls en terre cuite provob.'^ai du trésor de tiéla à Olympie, Doerpfcld et Borrmanu, l/eber dit; Verto. v.
peinture de vases. Les parties hautes des temples furent recouvertes de revêtements en terre cuite peinte '. Le style et la technique de ces pièces d'architecture en terre cuite suivent les phases du développement de la peinture de vases. Par exemple, l'acrotère colossal qui surmontait le fronton de l'Héraion à Olympie, avec son décor géométrique, sa couverte brun noir, rehaussée après la cuisson d'engobes rouge violacé, jaune orangé et blanc, rappelle les vases de style oriental '°. D'autres monuments nous montrent l'emploi d'un style plus libre : les motifs principaux sont alors la tresse, la palmette figurant une fleur de lotus épanouie; avec trois tons très simples, un jaune clair servant de fond, un beau rouge vermillon très intense, et un brun rouge tirant sur le noir, l'architecte obtient un effet décoratif d'une grande richesse". Nous avons aussi quelques exemples de revêtements en terre cuite décorés suivant le système des vases à figures rouges : les palmettes se détachent en jaune clair sur le fond noir, et le décor est rehaussé simplement de quelques touches de brun rouge '^. Enfin un groupe de curieux monuments montre d'une façon encore plus frappante l'influence de la peinture de vases sur la décoration architecturale. Ce sont des tuiles faîtières dont la face supérieure est décorée d'ornements imbriqués, et dont les deux faces latérales présentent un tableau occupé par des scènes à personnages, de tout point semblables à celles des vases peints ". Plus tard la peinture cède la place à la plastique dans la décoration ai'chitecturale. Déjà quelques-unes des tuiles à tableaux que nous venons de citer sont décorées à l'extrémité d'un masque en relief. Certaines parties saillantes, telles que les gargouilles des chéneaux se prêtent naturellement au modelage en relief. Nous rencontrons dans quelques monuments l'alliance de la décoration peinte et de la décoration en relief : tels sont les chéneaux de Métaponte, dont le bandeau est orné de palmettes rouges et noires sur fond jaune clair, interrompues de place en place par des masques de lion en relief formant gargouilles '''. Plus tard les motifs de décoration empruntés à la peinture des vases disparaissent peu à peu. L'Italie méridionale surtout nous a fourni un grand nombre de tuiles faîtières ou antéfixes, poussées dans des moules, et décorées en général de masques de gorgones ou de têtes de femmes. Le musée du Louvre et celui de Capoue en possèdent des collections très riches. Un certain nombre remontent à l'époque archaïque'". La plupart sont rehaussées de couleurs non cuites, noir, rouge, brun et jaune doré. Les moules de ces antéfixes étaient des articles de commerce.
Les dalles de frise en terre cuite nous offrenlTexemple
Terrac. pi. i; Au-tgrab. aus Olympia. V. pi. xxiiv; Kajet et CoUignon, pi. xv, 1, p. 381-383; ceux du temple C à Sélinonte, Doerpfeld et Borrmann, Op. laud. pi. u et in ; Rayet et CoUignon, pi. xt, 3. p. 383-3>4. — 12 Voy. les chéneaux trouvés sur l'acropole d'Athènes (Hittorff, l'Architect. polychr. chez Us Grecs, pi. xiu, fig. 6 ; Rayet et Collignoa, fig. 142); cf. d'autres fragments provenant d'Athènes (Hittorir, Op. laud. pi. xm. fig. 2 ; Rayet et CoUignon, flg. 145, et d'Elatée (P. Paris, Etalée, p. 254 et s., fig. 12 et 14). — 13 Benndorf, Griech. und SieiL Vasenb. p. 70 ; Furtwaengler, Coll. Sabourcff, pi. m; Sludniczka, Jahrb. 1887, p. 69-72 (avec le catalogue des exemplaires connus) ; Dumont et Chaplain. 1, pi. xx; Rayel et CoUignon, p. 388-300, fig. 144. Ces tuiles servaient, suivant MM. Studniczka et Furtwaengler, à décorer des tombeaux à fronton. — 1^ Duc de Luvnes, Métaponte, Paris, ls33, pi. vu; Rayet et CoUignon, p. 386-3S8, pi. xvi, fig. 3; cf. les mufles de lion provenant d'Olympie {Funde von Olympia, pi. xxxix), d'Ëlatée (P. Paris, Jiiaiée, pi. ïii). du Pirée i Calai, de la coll. 0. Hayet, n. 104 et 105; Choisy, l'Arsenal du Pirée, p. 23), — 1B Exemples d'antélixes eo relief de style archaïque dans Kékulé, Terracolten ton SicH. p. 42-46; Pauofka, Terracolten... Berlin, pi. i.
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d'un autre emploi de la plastique en terre dans l'architecture. L'usage de décorer les édifices de frises en terre cuite se développa surtout en Étrurie et à Rome. Parmi les bas-reliefs étrusques, il faut citer ceux qui ornaient les frises et les frontons des temples : ils paraissent avoir été modelés à rébauchoir : nous en possédons des exemplaires fort intéressants, entre autres, un bas-relief de style archaïque représentant Minerve donnant à boire à Hercule fatigué '. Les sarcophages en terre cuite, dont nous avons parlé plus haut, ont aussi généralement leurs parois décorées de bas-reliefs. Tous ces bas-reliefs, ainsi que les grandes statues, sont entièrement peints. Dans les monuments les plus anciens, les couleurs les plus fréquemment employées sont le rouge, le jaune et le noir. Les statues plus récentes, comme celles de Luni, présentent une polychromie plus compliquée : les chairs des hommes sont rouges, celles des femmes blanches ou rosées, les draperies bleues, jaunes, violettes '■'.
Le moule est la règle pour les dalles de frise romaine. Le musée du Louvre possède un grand nombre de ces plaques recueillies par le marquis Campana, à Rome et dans les environs ^ Elles ornaient les murailles des maisons, formant une frise continue à, l'intérieur et à l'extérieur. Elles sont décorées de scènes à personnages, mêlées de motifs ornementaux de toute espèce, et portent ordinairement en haut et en bas, une corniche ornée d'oves ou de perles en relief. Ces bas-reliefs étaientpeints de couleurs en teinte plate après la cuisson. Souvent on trouve seulement deux couleurs, le bleu pour le fond, le rouge pour les figures ; quelquefois des couleurs variées et même des dorures.
La Grèce même n'a pas ignoré les frises en terre cuite, ainsi que le prouvent des monuments comme le basrelief de style archaïque du musée de Palerme, représentant un quadrige, lequel semble une imitation d'une des métopes de Sélinonte, et une plaque du Cabinet des Médailles *. Parmi les bas-reliefs de pur style grec, il faudrait encore citer la classe intéressante des plaquettes archaïques : mais elles rentrent plutôt dans la catégorie des figurines, dans l'art des coroplastes.
Pendant toute l'antiquité, des milliers d'ouvriers ont été occupés à la fabrication de ces figurines en terre cuite, dont tous les musées possèdent aujourd'hui de riches séries. Pourtant les auteurs anciens font à peine mention de cette industrie si florissante et qui nous a laissé tant d'œuvres charmantes^. Ces figurines avaient les destinations les plus diverses : ex-voto à bon marché pour les temples, ornements des chapelles privées dans l'intérieur des maisons, jouets d'enfants, dons faits aux morts. Le plus grand nombre de celles que nous avons conservées a été trouvé dans les tombeaux'. Le nom de xopo-:r).à<jT-irii; OU xopoTtXâOoç, que les auteurs donnent aux modeleurs de statuettes, semble avoir pour étymologie les jouets d'enfants, les poupées articulées (xdpat)
1 Musi5c (lu Louvre : MarUia, l'Art étrusque, p. 221 ; cl", un acroli^re dest^le Archaïque, provenant de Cervetri, et représentant Aurore enlevant Céphale (Arch. Zeit. 1882, pi. IV = Marllia, l'Art iHruxque, fig. 220). — 2 Martha, l'Art étrusque, p. 329. — 3 Campana, Antiche opère in jUustica. Konie, 1851 ; Avolio, iJelle onticlic ftttture di argilta, p. 94-HO; d'Aginrourt, Itecueil de fragm. de sculpt. ant. en rcrrc CHiVe, Paris, 1814, p. l-f>6; Comhe, A description of the ancient terracotlcs in tlie Bril. Mus. Londres. 1810. pi. iv-iietxiin-nvi ; Bircli, 11, p. 253-257.
— * Kekulé, Terracol. v. Sicil. p!. Liv; Hayet, Études d'archéolog., pi. iv, p. 325.
— B Voy. les textes dans Potticr, Quavi ob causam Graeci in sepulcris fifflina sigiUa deposucrint, pars II, cap. 1-U. — 6 Sur la destinaliou des terres cuites,
qui forment une branche de leur industrie. Le moi a pris ensuite une extension beaucoup plus grande, ainsi qu'il est arrivé à d'autres noms d'art et de métier, par exemple au mot i^wj-p"?''? '• L'industrie des coroplastes ne comprenait pas seulement des figurines d'argile, mais aussi de cire ou de plâtre*. Platon mentionne les xopoTtXâdTai et les JtTipoirXâiTTai, mais sans faire entre eux de distinction'. Si aucune statuette de cire ou de plâtre ne nous est parvenue, c'est que la matière en était trop facilement destructible. Le nom générique des figurines est Çàja *", en latin sigilla, d'où les mots sigillarius, figuhis sigillator pour désigner le modeleur. Les auteurs emploient souvent aussi les mots xopYi ou vûjjLcpY)", termes qui s'accordent bien avec la prédilection constante des coroplastes pour les types féminins. Les motifs traités sont très divers : divinités, personnages appartenant au cycle héroïque, sujets empruntés à la vie privée, imitations d'œuvres célèbres de la grande sculpture, caricatures, masques, figures d'animaux.
Pour la technique, nous avons peu de renseignements fournis par les auteurs. Nous trouvons seulement la mention des moules (tûtcoi) '^ dont se servaient les coroplastes, et Lucien nous parle de la polychromie des statuettes dont le rouge et le bleu formaient les principaux éléments '^ C'est aux monuments eux-mêmes qu'il faut demander de nous instruire '*.
Au point de vue de la fabrication, les figurines de terre cuite se divisent en deux catégories : les objets façonnés à la main et les ouvrages au moule.
Pour les uns comme pour les autres, la première opération était le pétrissage de la pâte. De même que les potiers, les coroplastes ont donné tous leurs soins à la confection de pâtes argileuses parfaitement homogènes et épurées. Ces pâtes ne sont pas partout les mêmes : elles présentent souvent des dilférences de coloration et de densité. Mais ces différences proviennent le plus souvent de la durée plus ou moins longue de la cuisson, et de la température plus ou moins élevée du four. La même localité fournit souvent des pâtes d'aspect très différent. M. Martha note cinq pâtes différentes pour la fabrique d'Athènes '" ; MM. Pottier et Reinach en ont reconnu neuf pour celle de Myrina '*. On ne peut donc pas tirer des observations faites sur l'aspect de la terre un critérium certain pour distinguer les centres de fabrication. D'une manière générale, la terre des figurines grecques est plus poreuse encore que celle des vases : elle se laisse le plus souvent rayer au couteau, et varie du rouge foncé au jaune clair.
La première catégorie, celle des figurines modelées à la main en pleine pâte, est de beaucoup la moins importante. Elle comprend seulement des figurines de petite dimension ", des animaux, des jouets d'enfants, de petites idoles à bon marché, en général les produits les plus communs de l'industrie céramique. Dans ces ébauches souvent informes, et rapidement modelées,
voir la thèse citée do M. Pottier, et le livre du inônie auteur, lei Statuettes de t. c. dans l'ant. p. 263-297. — 7 Heuiey, Mon. gr. 1873, p. 13, n. 1. — 8 Harpocr. p. 114, 27 : vopoTîXâôoç ; Suid. s. V. xoçotïAùOoi ; Etym. Magn. s. v. vofniti.àirzyi;. — 9 l'iat. Theaet. p. 191 C; Tim. p. 174 C; cf. UlUmncr, II, p. 155 — 10 Eiym. A/agn. s. v. «opouXûcTTi;. — ** Hesych. «. v. xôp»;: Plat. Phaed, p. 230 B. — 12 Llio Chrysost. Or. LX, p. 580 M. — 13 Luc. Lexiph. 1Ï. — I' Voy. PoUior, Statuettes, p. 247-262; Martha, Catal. des fig. en t. c. du Af usée de la Soc. nrch. d'Athènes, Introd. ; Pollier et Keinach, la iXécropole de Myrina, ch. 111; 0. Hayet, Etudes d'archéol. et dart, p. 287-297. — 15 Martha, Calnl. Introd. p. 13-14. — 10 Néeropôle Je Myrina, p. 12C-137. — " Pottier, Statuettes, p. 249
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la terre est mal pétrie : comme la figurine est massive, il arrive qu'elle se fendille au feu. Pour les figurines dites en galette, l'ouvrier aplatissait un morceau d'argile et le réduisait en une sorte de galette d'un centimètre au plus d'épaisseur. Il la découpait de manière à former la silhouette de l'objet qu'il voulait représenter : une sorte de croix devenait ainsi un corps de femme vêtue d'une longue tunique, et les bras étendus : une boulette de pâte pincée entre les doigts formait la tête, d'autres boulettes appliquées sur le corps figuraient les seins. Les détails du costume étaient des rondelles en pastillage, des boulettes ou des rubans d'argile ajoutés après coup. Quelquefois la figurine est plus soignée, et il arrive qu'à ce corps en galette on ajoute une tête moulée à part '.
La fabrication au moule est de beaucoup la plus usitée. Elle offre l'avantage de donner aux figurines une grande légèreté et en même temps une plus grande solidité, en permettant de faire les parois le plus minces possible, cl en évitant ainsi un retrait trop considérable à la cuisson '■'. Le moule était en terre bien cuite et très dure : la plupart des musées en possèdent des spécimens. Le moulage se faisait par couches successives. L'ouvrier commence par prendre l'empreinte du moule en y poussant une première couche d'argile très mince, qui cède partout à la pression du doigt et pénètre dans tous les creux du moule. 11 superpose ensuite d'autres couches jusqu'à ce que la paroi ait l'épaisseur convenable. Ce procédé est visible dans certaines statuettes qui
Fig. 3047. — Moule de fîgurino avec son erapreinle.
s'écaillent par petites plaques minces : souvent on remarque à l'intérieur l'empreinte des doigts de l'ouvrier'(fig. 3047) \
Si l'objet est un masque ou un petit bas-relief, comme les plaquettes archaïques estampées, on n'aqu'à retirer, après l'avoir laissé sécher à l'air, l'épreuve ainsi coulée tout d'une pièce dans le moule. Cette fabrication de la statuette poussée dans un moule sans revers est de règle pour beaucoup de terres cuites archaïques : les terres
I Hartim, Calai. Introd. p. (7-18. — 2 Pollier, Statuettes, p. 249. — 3 Mar. Iha, Catal. Introd. p. 19-20; Pollier cl Roinach. ta Nécropote de Aft/rina, p. Ii8- 129. — ^ Moiilo d'une seule pi&ce du MusL^e du Louvre (anc. coll. Campana) portant au revers rinscription : I1\A0Eï;M0IKIIII.\i:. Voy. d'aulres moules dans Tudot, Figurines en argile de l'art gaulois^ pi. 3-10. — B Pottier, Statuettes, p. 25i. — ijbid. p. 25i. - ^ Ibid. p. 2S4. — 8 Marllia, Catal. Introd. p. 25. — 9 Pollier et Ueinacli, Nécropole de Myrina, p. 133. — 10 Voyez la descriplion faile par Hayct d'uue iigui'iuu de Caccliaulc soigucuscuieul reloucbéo [Coll. 0. Jtayet, u" 86);
cuites babyloniennes et les xoana de Tanagra sont ainsi faits. Mais le plus souvent la figurine a un revers. Dans les produits les plus communs, il suffit, pour former le dos de la statuette, de coller au revers un morceau d'argile aplatie, en réservant une cavité intérieure. Mais pour les pièces soignées, le revers est façonné dans un moule comme la face : on ajuste ensuite les deux parties de la statuette quand la terre est encore fraîche, et l'on fait disparaître toute trace de suture avec un peu de barbotine. Dans la période la plus ancienne, les coroplastes grecs se contentaient de ce procédé, où les deux moules donnent la statuette entière, face et revers, des pieds à la tète. Mais les produits de Tanagra, de Myrina, de Sicile et d'Italie supposent des opérations plus compliquées, et l'emploi de moules différents pour les différentes parties de la figurine. M. Pottier compte quatorze matrices pour un Éros ailé de Myrina'. Les accessoires et les bases sont également estampés à part dans des moules : certains d'entre eux exigent même une double empreinte, face et revers ^.
Cet emploi de moules différents pour les différentes parties d'une figure a permis aux coroplastes de varier à peu de frais leurs motifs. Les exemplaires identiques sont extrêmement rares, mais beaucoup ont entre eux une étroite parenté. C'est qu'ils sont sortis des mêmes moules. Il a suffi, en ajustant les pièces du moule, ici d'incliner une tête, là de relever ou d'abaisser un bras, de changer de place un accessoire. Mais les modeleurs grecs ont été plus loin. Us ont combiné ensemble des portions de moules appartenant à des figures différentes, et ont pu ainsi obtenir avec un outillage restreint, avec une dizaine de types par exemple, tout un monde de statuettes diversifiées à l'infini '. M. Martha et M. Pottier citent des exemples curieux en ce genre : un guerrier transformé en Hermès ', un Dionysos avec les ailes d'Éros et la lyre d'Apollon, une tète de Niké ajustée sur un corps d'Éros '.
Quand les différentes pièces dont se compose la figurine ont été ajustées et soudées, dans la plupart des cas, il ne reste plus qu'à la porter au four. Mais, pour les pièces soignées, une opération délicate et importante précède la cuisson. C'est le travail de retouche, qui consiste à reprendre l'argile encore fraîche ou rafraîchie au moyen d'un linge humide, et à perfeclionner avec l'ébauchoir les détails du modelé. C'est là que l'ouvrier fait véritablement œuvre d'artiste. Ces retouches sont très visibles "". Dans certains ateliers, comme ceux de Tanagra et de Myrina, les coroplastes ont montré dans leurs retouches une science consommée et une exquise finesse. Au contraire, l'infériorité des statuettes de Locride ou de Tégée, et de celles d'Italie, a pour cause principale l'absence ou la négligence des retouches. Les figurines d'ex-voto sont en général restées brutes au sortir du moule : au contraire, les terres cuites trouvées dans les tombeaux ont été le plus souvent retouchées".
cf. une si^rie d'Éros de Myrina au Must^e du Louvre (Pollier, Statuettes, p. 256-2571. Ud exemple curieux de la fantaisie que les coroplasles apportaient à ce travail de retouclic est cilé par M. Martha {Catal, Introd. p. 24, n* 920) : l'épreuve à la sortie du moule reprt^senlait une femme agenouillt^e dans la posturo des cueilleuses de Qeurs ou des joueuses d'osselets. L'idt^e vient à l'ouvrier de transformer cetlo femme en Satyre. Sans s'arrôter à corriger les formes féminines du buste, il le pointillé à coups d'ébauchoir par lui donner une apparence velue, et surmonte U tout d'une tête satyriquc. — H Pollier, Statuettes, p. 257.