I. Dans la première catégorie, il y a
1° La simple suspension d'armes pour enterrer les morts ; le vainqueur est tenu moralement de l'accorder au vaincu qui reconnaît ainsi sa défaite ''*.
2° La trêve, èxey£ip{a'',àvo/aî, àvajca))'/^ , (TTïovoaî, de durée généralement déterminée (par exemple, dix jours, deux, quatre mois, un hiver, un an, cinq ans)'^, qui peut être renouvelée", qui le plus souvent a pour but de faciliter soit la sentence d'un tribunal d'arbitrage'', soit les négociations et l'envoi d'ambassades pour la paix " ; ainsi la trêve d'un an de 423 entre Sparte et Athènes est un vrai traité préliminaire de paix ^°.
3° Le traité préliminaire de paix, (7Û[x6a(ri;, irufASax/ipio; Xoyoç, souvent confondu avec la trêve, mais qui peut en être distinct -'.
4° La capitulation, ofioXo^i'a, quelquefois (Jij|x6a(jiç '^2. H ne s'agit ici que de la capitulation avec conditions. Car la capitulation sans conditions ne peut être assimilée à une convention. Elle met le vaincu, corps et biens, à la discré tion du vainqueur et les Grecs ont souvent appliqué ce droit de la guerre dans toute sa rigueur ^^. La capitulation conditionnelle prend les formesles plus diverses", mais la condition la plus ordinaire est le droit pour les soldats ou les habitants de se retirer la vie sauve -^.
5° Le traité de paix proprement dit, dont les clauses varient à l'infini, selon la durée de la guerre, le degré d'inimitié ou d'épuisement des belligérants, selon leurs forces ou leurs visées politiques. La théorie exprimée par Andocide -^ que la véritable paix, e\a■rl^^■r^, ne peut découler que d'un traité équitable, sauvegardant les intérêts des deux parties, n'a aucune valeur historique. Le traité peut établir une paix simple, ou, ce qui a lieu le plus souvent, fonder en même temps des relations plus étroites, une subordination, une alliance, une confédération ". Nous n'étudions maintenant que la paix simple. Elle peut être conclue soit pour un temps déterminé, trente, cinquante, cent ans-', soit, le plus souvent, pour toujours^'. On peut distinguer plusieurs formes de traités de paix.
A. Les traités imposés à des vaincus et dont la plupart ne sont que des capitulations plus ou moins favorables; par exemple, les traités imposés par Athènes à des villes ou à des souverains qu'elle fait entrer ou rentrer de vive force dans son empire maritime'", par Elis à Scillonte qui reçoit des gouverneurs", par la Perse à Évagoras de Chypre qui doit payer tribut'^; le traité imposé par Lysandre à Athènes en 404, qui comporte la démolition du port et des Longs Murs, la livraison des vaisseaux de guerre, le rappel des exilés, la réduction de l'empire
précédente. — 23 Thuc. I, 30; 2, 67; 3, 28, 32 ; 0, 116 ; Xen. Hell. i, 1,32;2,2, 20 ; 4, 3, 23-25 ; Cyrop. 7, 5, 73 ; Polyb. 5, 9, 0 ; 6, 11, 3 ; 2, 02, 11 ; Aristot. Pol. p. 1253 a. Pour l'époque homérique, Iliad. 9, 592. — 24 Horodot. 9, 86-88 (livraison par Thèbes des chefs du parti mèdc) ; Thuc. 3, 28 Mytiléne s'en remet à la décision du peuple d'Athènes) ; 3, 62-68 (les Platécns acceptent un jugement) . — 56 Thuc. 2, 70; 4, 100; Diodor. 7,2; 11, 68, 4; 16, 59; 21, 18, 1 ; Polyb. 4, 63, 7; 4, 72, 2-3; 4, 78, 13. — 2G 3, 11. — 27 Xénophon distingue la paix simple de la paix avec alliance [Hell. 7, 4, 10). — 23 Paix de trente ans entre Athènes et Sparte eu 445, entre Sparte et Argos en 450 (Thuc. I, 115; 5, 28); paix de cinquante ans entre Sparte etArgos en 418, entre Sparte et Athènes en 421 (Thuc. 3, 77-80; 5, 18-20) ; paix de cent ans entre les Acarnaniens et les Ambracioles (Thuc. 3, 114, 3). — 29 Paix dite de Cimon, paix générale de 371, paix d'Antalcidas, de Pbilocratc (Isocr. 4, 120; Dem. 19, 273; Lyc. C. Lcocr. 73 ; Xen. Bell. 5, 1, 31-32; 6, 3, 2-3; Diodor. 15, 30; cf. Polyb. 4, 52, 5-7). Avec les rois, la perpi'tuilé est indiquée par les mois •' \\n tel et ses successeurs ». — 30 Voir les toxles dos notes 14, 17 et 19, p. 1201 ; 18, 20, 28. p. 1202; 18, p. 1207. — 31 Cauer Delectus iriser, grâce. (2' éd.), 261. — 32 Diodor. 15, 9, 2.
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athénien à l'AUique ' ; les traités par lesquels Sparte dissout la conlédération d'ÉIide et fait entrer Olynlhe dans sa ligue" ; les traités d'Athènes avec Philippe en 338, avec Antipaler après la guerre Lamiaque, plus tard avec Cassandre, qui lui laissent une partie de ses possessions, mais lui imposent tantôt l'hégémonie macédonienne, tantôt, en outre, la transformation aristocratique de sa constitution et la surveillance d'un gouverneur'; le traité par lequel Philippe fait prononcer par une sorte de tribunal des Grecs le démembrement de Sparte'. Le rappel des exilés, des modiflcations de constitution au gré du vainqueur sont des clauses fréquentes dans ces traités ^.
B. Les traités équitables, soit ceux où les parties se font des concessions réciproques, soit ceux où une des parties garde ou reprend son autonomie et sa liberté (aÙTovo[Jiîa, IXeuOEpîa). Citons comme exemples le traité entre Sparte et Tégée au vi" siècle ^ la paix de 443 entre Sparte et Athènes qui reconnaît les deux confédérations rivales'', la paix de Cent ans entre les Acarnaniens et les Amphilochiens *, la paix de Nicias de 421 ', la paix de 418 entre Argos et Sparte qui maintient le sialu quo, l'autonomie des autres villes du Péloponèse, et qui est suivie d'un règlement de toutes les questions litigieuses (otâXutïiç) '°; la paix accordée par Thèbes à Corinthe et à d'autres villes en 366 " ; les traités entre Byzance d'un côté, Rhodes et Prusias de l'autre'^ ; la paix de 355 qui rend leur pleine autonomie aux alliés d'Athènes "; les traités par lesquels Philippe en 338, Alexandre en 336, Polysperchon plus tard, accordent leur autonomie et leur liberté aux républiques grecques '* ; les traités de même genre que les Séleucides consentent à quantité de villes grecques "'. La plupart de ces traités justifient, comme on le voit, la formule Im toïi; l'uoiç xoà ôp-oioiç, à conditions équitables '^. Plusieurs amènent, en outre, la formation d'une symmachie.
C. Les traités conclus entre deux États ou deux groupes d'États pour Jîxer leur zone d'influence et leurs droits respectifs sur des villes tierces. Tels senties traités entre les Perses et les Grecs, la paix dite de Cimon, la paix d'Antalcidas".
D. Les conventions (SiaXXâY-f), StctXuiriç, ô|j.oXoYca) conclues après une guerre civile entre les deux partis. Elles ac-
iXea.Bell.", 2, 11-23 ; Diodor. i:î. l07;Plut. ii/s. 14. — 2Xen. fleJ/. 3, 2, 31 ;5,3. 2i), — 3 Oioilor. IG, 87; 18, 3-4 et 71; Pausan. I, 23, 3 Aulres paix du niiîme genre, paix de Philocrate (Dem. 19; Aescli. 2); paix imposée aux Étolicns par Philippe V en 217 (Polyb. 5, 103, 7). — '• Pausan. 2, 20, 1. — 5 Outre les textes citiîs, Arrian. Anab. 2, 1, 7. — 6 Herodol. i, ti6 ; Plut. Qitaest. ijraec. a. — 7 Tlmc. 1, 115.
— 8 Thuc. 3, 114, 3. — 9 Thue. 5, 18-21. Ou tire au sort pour savoir lequel des deux contractants rendra le premier ses conquiHcs. — 10 Thuc. 5. 77-80. — H Xen. HcU.l, 4, 10. — 12 Polyb. 4, 52, 5-7. — 13 Diodor. 16, 22; Dem. 3, 28. —1* Diodor. 16, 89; 18, S6; Dem. 17, 8-15; 18, 322. — 16 Dittenberger, Syll. imcr. rjraec. 125, IBC. 16 Tlmc. 5, 79; cf. Andocid. 3, Il : U fsou. Autres exemples : Diodor. 20, 99; Slrab. p. 404, c. 14. —H Isocrat. 4, 120; Dem. 15, 29; 19, 273; Lyc. C. /eocr. 76 ; Xen. //e«. 5, 1, 31-32; B, 3, 2-3: Diodor. 15, 50. — 18 A Corcyre (Diodor. 13, 48, 8) ; à Cyrène (ibid. 1-4, 34, 6); à Cynoctha (Polyb. 4, 17, 9); à* Mi'garc (Thuc. 4, 74, 3) ; à Athènes après les Trente (Xen. Hell. 2, 4, 38, 43 ; Dem. 20, 11 ; Isocr. 7, 67; Aristot. Polit. Athen. c. 38-40); à Halicarnasse (Cauer, Del. 491). — laCuuer, tfW. 428. — 20Thuc. 1,40, 4;2, 72, I ; Xen. Bell. 7,4, 10; Diodor. 18,56; Pol;b. 17,8, 9. — 2' Amitié do cinquante ans entre les ÀDOeli et les Melapiî (Uoehl, Inscr. graec. antiq. 1181 ; traités entre Thurii et Crotone (Diodor. 12, 11, 3), entre Athènes et le roi Alceste (ibid. 15, 36, 5) , entre {Icrmioue et Asine (Dittenberger, Sijll. 389), entre Aegosthèno et Siphae de Béotio (Cauer, Del. 283) ; échange do bonnes relations entre AUiéncs et Colophon (Coïy). inscr. att. 2, 164) ; amitié entre Cyréno et Alexandre (Diodor. 17, 49). — 22 Les Coreyréens font remarquer qu'ils ne sont d'aucune ligue, oùStvi; tv<nov5oi (Thuc. I, 31). — 23 Corp. inscr. grâce. 2534 ; Dittenberger, Syll. 51, 83, 85 ; Cauer, Del. 116, 117, 119, 181 ; Bull, de corr. hell. 9, 6, n" 8. Dans les traités avec un roi il y a la formule ; un tel et ses successeurs (/?«//. de corr. hell. 13, p. 47; Dittenberger, Hyll. 73).
— 21 Pour cinquante ans (Thuc. S, 23, 79; Dilte:ibcrger, Sijll. 60); pour cent ans
cordent généralement l'amnistie [amnestia] et règlent les difficultés relatives aux biens des exilés" [kxsilium]. A Mytilène on établit à cet eli'et une commission de vingt citoyens, dont dix exilés".
£. Les traités de neutralité*".