‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines, d'après les textes et les monuments (volume 5)Chapitre 44 sur 104 · V. Statue. — 3 Ephcm. cpiyr · texte numérisé non relu

V. Statue. — 3 Ephcm. cpiyr

Obseuvation. — Les chiffres se référcnl aux ligures 3250 et 3351, sauf les n«' îl et 22 qui ne se trouvent que sur la figure 3250. Les lettres ne se réfèrent qu'à la ligure 3251.

1. Tabularium. — 2. Prison. — 3. Escalier montant au Capitule. — 4. Portique des Dii consentes. — 5. Temple de Vespasien. — fi. Temple de la Concorde. — 7. Arc de Septime Sévère. — 8. Tribune aux harangues (Rostresl. — 9. Temple de César. — 10. Regia. — Kl' Kastcs consulaires. — II. Temple de Vesta. — 12. Le prétendu Putcal de Libon. — 13. La Voie Sacrée. — U. .\rc d'Auguste. — 15. Temple de Castor.

— Ifi. Basilique Julia. — 17. Portique do la basilique Jtilia.

— 18. Virus Tuscus. — 19. Temple de Saturne. — 20. Arc de Tibère.

— 21. Direction du temple de Jupiter Capitolin. — 22. Directiim de la ciladelle. — 23. Soubassements. — 24. lias-reliefs en marbre.

— 25. Colonne de Phocas. — 2G. .Area du Korum. — a. Clivus Capitolinus. — 4. Escalier et portes condamnées du tabularium.

Fig. 3251. — Plan du Forum sous l'Empire.

— c. Édicule de Faustine. — rf. Bases de statues. — e. Umbilicus.

— /'. Jlilliaire d'or. — j. Schola Xanthi. —h. Base. — i. Comitimu.

— j" Degrés du Comitium'; — j. Base de Stilicon. — k. La Curie et ses dépendances. — /. Lignes tracées sur l'area du Forum. — m. Emplacement du lacus Curtius; base d'une statue équestre. — n. Monument de très basse époque. — o. Monument indéterminé.

— p. Temple de Faustine et d'.\ntonin. — q. Maison des Vestales.

— i: Porticus niargarilaria. — s. Boutiques des margaritarii.

— t. Subsiructions du palais de Caligula. — u. Escalier allant du Palatin au Forum. — v. Regard sur la clûaca marima. — x, y. Dallage en marbres précieux. — :. .\rc de Janus. ("?i — a'. Vicus Jugarius. — 4'. Boutiques. — c. .Vrgiletum. — d'. Basilique Aemilia.

— e'. Via Nova.

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genre, M. E. Miintz 'a publié un acte régulier, de l'i99, concédant l'exploitation d'une carrière de marbre, depuis les Saints-Come-et-Damien jusqu'aux trois colonnes (temple de Castor). Les marbres à exploiter étaient donc ceux de l'arc de Fabius, de la Regia, d'une partie de la maison des Vestales, du temple de Vesta, du temple de César, de l'arc d'Auguste et du temple de Castor !

Heureusement on fit au Forum des fouilles plus désintéressées. LéonX en fit exécuter, sous la direction de Michel-Ange, autour de l'arc de Seplime Sévère(7). Vers le milieu du xvi" siècle, pour ménager à Charles-Quint une entrée triomphale et mettre en lumière les débris encore debout, Paul III fit raser toutes les tours et constructions du moyen âge qui encombraient le Forum. Ces travaux servirent à déterminer la topographie du Forum, mais exhaussèrent beaucoup le sol, car on se contenta de niveler les débris. En 1547, le cardinal Alexandre Farnèse entreprit de grandes fouilles dont le résultat fut considérable, mais qui aussi ornèrent ses palais. Ces fouilles, continuées en 1565, amenèrent la découverte d'inscriptions importantes - . Après une longue interruption et les fouilles du baron de Fredenheim près de Sainte - Marie - Libératrice (1788), Pie VII, en 1803, commença, à la base du Capitole, un déblaiement systématique qui fut continué par le gouvernement français de 1811 à 181 i,

par le gouvernement pontilical, sous la direction de Fea, par Léon XII (i8"27-183o) et par Pie IX (1851-1852). Ces fouilles avaient dégagé tous les temples situés au pied du Capitole, une partie de la basilique Julia (10), les soubassements du temple de Castor (15), et la base de la colonne de Phocas (25). Dès 1871, le gouvernement italien confia ù, M. Ilosa la mission de continuer les travaux. Il les poursuivit jusqu'en 1874 et mit au jour l'area du Forum (26), le temple de César (9) et le temple de Vesta (11). Les fouilles de 1876, dirigées par M. Fiorelli, et celles de M. Guido Baccelli en 1882, rendirent à la lumière tout le terrain compris entre les temples de César et de Vesta, Sainte-Françoise-Romaine et l'arc de Titus; ce sont ces dernières fouilles qui ont fait trouver la maison des Vestales (g') ^ Mais déjà nous ne sommes plus sur le Forum.

Ces fouilles diverses ont été l'occasion de travaux que nous ne nous attarderons pas à examiner ici. Donati a

f Ilfv. archéol. 1876, 2- partie, p. I".ï; cf. p. 172 et 174. — 2 Sur VàUl du l'orum aux xvi"», xvii» et xviii" siècles, cf. les dessins anciens publiiîs par lluclseu, dans liutl. d. corn. arch. di lioma, XVI (1888), |j. 153, pi. vn-x : Lanciani, Ancient /tome, pi. de la p. 18; Aupù de I.assus, /,e Forum, trois planches, p. 274, 275, 277. Sur les inscriptions trouvi-ps dans les diffi'Tentes fouilles, cf. Jordan, Sylloge iuscriplionwn fori dans Ejiliemeris epigraphica, t. III. p. 268-310. — 3 Cf. sur les fouilles du Forum : Jordan, O. L, p. 238-207; Notizie dci Scniii. de 1876 à 188.1; Hermès, VII, 261 ; Marucclii, Descr. du l'^orum romain, 1885, p. 20 et s. — * Alex. Donalus, De Urbc lioma, dans le Thesaurua de Graevius, t. III, p. 470 et s. — t Roma nntica, 1660. — C Entre autres Piranesi et Venuti ; cf. Marucclii, Op. l. p. 23. - 7 II a paru sur le Forum et ses monuments de nombreux et excel-

Fig. 3252. — Fragments du plan antique relatifs au Forum.

bien résumé et mis au point, aux vif siècle, tout ce qui avait été fait et écrit avant lui '. Malheureusement Donati le premier puis Nardini, orientèrent le Forum du nord au sud ^et furent suivis par un certain nombre d'archéologues des époques suivantes ^ \ la nécessité d'accommoder les textes avec cette topographie inexacte jeta dans l'étude des monuments du Forum une étrange confusion dont, même après l'erreur reconnue, on retrouve les traces dans des auteurs récents. On plaça les comices et la curie au pied du Palatin ; le temple de Jupiter Capitolin à la place de la citadelle et récipro(iuemenl ; maintenant encore on voit, même dans des livres classiques très récents, des restitutions du Forum où celte grosse erreur est commise. Il faut donc consulter avec une grande prudence les ouvrages du xviiF' et même du xiv siècle relatifs au Forum '.

Monumenls du Foruiii. — A une époque ancienne, le Forum fut entouré de boutiques et de maisons privées. Tarquin avait partagé le terrain environnant entre des particuliers à condition qu'ils y bâtiraient en ornant leurs

façades de portiques couverts * .

Mais peu à peu ces modestes constructions disparurent pour faire place à des édifices publics.

C'est ainsi que la maison de Scipion et un certain nombre d'autres, achetées par Ti. Sempronius Gracchus , furent absorbées par la basilique Sempronia'. Auparavant Caton avait acheté les maisons de Maenius, de Titius et quatre boutiques pour construire la basilique Porcia'". Les édifices publics eux-mêmes, soit après des incendies, soit parce qu'ils étaient jugés insuffisants, furent reconstruits avec plus de magnificence. Vers la fin de la République la transformation était complète, et autour du Forum, s'élevaient des monuments dignes de la grandeur romaine. Nous étudierons ces monuments, autant que possible, dans l'ordre chronologique. 1° Temple de Saturne (19). — Nous commençons par col édifice parce que, d'après les traditions, il est le plus ancien du Forum. Comme première origine, en efl'et, les auteurs le font remonter à Hercule et au delà.

Il était situé entre trois rues : la Voie Sacrée (13) à l'est et au nord"; le Clivus Capitolinus (a) à l'ouest; le vicus Jugarius (a') au sud. Son identification avec le temple à colonnes ioniennes dont le portique hexastylc est encore debout dans l'espace circonscrit par' ces trois voies

lents mémoires de MU. Henzeu, G. B. de Rossi, lirizio, Visconti. Fiorelli, Detlefsen, I.anciaui, Jordan, Richter, Huelsen, etc. Ces articles, que je n'aurai pas toujours l'occasion de citer, sont dispersés ilans les publicalions des Lincei {Atti et Notizie tiei Scai'i), de l'Institut archéologique de Home {Bulleltiiw, Aniiali, Manumenti, Iltindhuch, Denkmiilfr et Mitthrilungen), dans le BuUet. del. corn, arcft. comuii,, dans VHennes, V Archaeologia, les Comptes rendus de r.\cadémic de Berlin, etc. Les lecteurs les trouveront aussi plus d'une fois mentionnés dans cet article et dans les ouvrages plus considérables, cités dans le cours de cet article ou, à la lin, dans la bibliographie. — 8 I,iv. I, 3b. — » Id. XI.IV, 16. — 10 Id. XXXIX, 4-i. — n Nou» conservons, dans tout le cours de cet article, l'orientation un peu inexacte indiquée à la note 3 de la p. 1282.

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antiques, est certaine. Plusieurs textes très explicites ' et surtout un passage décisif de l'inscription d'Ancyre plaçant la basilique Julia (16) entre ce temple et le temple de Castor (15) ^ ne laissent subsister aucun doute. D'ailleurs les fragments du plan antique rapprochés dans la figure 3252, nous montrent, par la coïncidence des lignes qui se continuent de l'un à l'autre, la basilique Julia placée, comme le dit l'inscription d'Ancyre, inter aedcm Castoris et aedeni Salurni^.

Suivant Denys d'Halicarnasse ', des Grecs conduits par Hercule érigèrent au pied du Collis Salurnius (plus tard le Capitole), sur lequel ils s'étaient établis, un autel à Saturne °. A l'époque romaine, on continuait à sacrifier sur cet autel suivant le rite grec ''' ; et, dans le temple même, d'après un usage remontant à ces anciennes traditions, aux Pélasges et à Hercule suivant Macrobe ', à Énée suivant Festus', on sacrifiait la tête découverte.

Les traditions sur l'époque à laquelle ce temple s'éleva au même endroit que l'autel, sont multiples : on l'attribua à Tullus Hostilius '. Selon d'autres, Tarquin en aurait ordonné la construction", mais la dédicace en aurait été faite, après l'expulsion des rois, par T. Lartius", dictateur en l'année 23.3 (=301 av. J.-C), ou par Posthumius Cominius'^ consul la même année. Suivant une autre opinion, les travaux en auraient été adjugés par T. Lartius'^ consul de l'année 2.56 (= 498 av. J.-C). Aulu-Gelle a retrouvé un sénatus-consulte chargeant de la construction du temple L. Furius, tribun des soldats '* en l'an 373 (=381 av. J.-C)'^ Mais la date qui semble devoir être admise pour la dédicace est le jour des Saturnales, le 17 décembre "^ de l'année 237 (= 497 av. J.-C), datée par les noms des consuls A. Sempronius Atratinus et M. Minicius '\

Le temple de Saturne fut reconstruit, à la demande d'Auguste ", par L. Munatius Plancus, en l'année 712 (= 42 av. J.-C)". Les débris qui en subsistent appartiennent probablement à cette reconstruction ; mais, comme l'indique l'inscription qu'on lit encore-", le temple fut, à la suite d'un incendie, de nouveau restauré. Celte dernière restauration dut être exécutée à une basse époque, car les colonnes redressées sans soin et sur des bases inégales et d'autres détails de la construction marquent un temps de décadence.

Il est probable, d'après un texte do Macrobe^', que le faîte du temple était orné de triions embouchant la trompette. La façade regardait le nord; on y montait par un escalier monumental.

Près du temple était une petite place appelée area Salurni dont les praetores arrarii L. Calpurnius Piso

1 Varr. Ling. lat. V, 5; Diony^. L. 34 ; Serv. in Aen. Il, lir> ; Fcslus, s. V. Satumii. — 2 H^s gestae divi Augusti, édit. Mommscn, IV, 12-13 : M Basilicam quae fuit inter aedern Casloris et aodem Salurni ■■. — 3 Sur remplacement du temple de Saturne, cf. la dissertation de F. M. \ichols. The roman Forum, p. 23 et s. ; Jordan. Eph. epigr. IH, 55; Marucchi, O. /. 139,

— » I, 34; cf. Virgil. Aen. VIII, 355; Varr. Liny. lai. V, 4i. — ô Fcslus {s. v. Salitrnia) dit simplement que ce fut avant la guerre de Troie. — G Dionys. I, 3t.

— ' Saliirn. I, 8. — 8 .S. i'. Saliirnia. — » M,icr. Saturn. I, 8. — 10 Dionys. VI. 1. Suivant Varron {Linq . lat. V, 74], Tarquin aurait élcvù un aulel â Saturne.

— 1' Macrob. /. c. — l- Dionys. /. c. — ^^ Ibid. — H Cité par Macrobe, Sat. I, g. — l;i Cf. Fnsti consitlaj'es, dans Corp. inscr. lat. i* édit. à cette année (p. 123). — Ifi Fostus. s. V. Salurnia ; Commentant diurni, ad 17 Dec., dans Corp. inscr. lat. I. — n Liv. II, 21 ; Dionys. VI. 1. — t» Suct. Aug. XXIX.

— l'J Corp. inscr. lat. X, (5087; VI, I3IC>. — M Ibid. VI, 937. — 31 Saturn. 1, 8.

— 32 Corp. inscr. lat. VI, 1263.— 23 Plul. Quaest. Hom. XLII; Macrob. Saturn. I, 8; Varr. Liny. (,i/. V, 184; Suet. Claud. XIV ; Tacit. Ami. XIII, 28. — a> Nicliols, The Forum, p. 30-31. — 23 Liv. XXVII. 10; Cic. Ad Attic. VII, 21. — 26 Cf. Maripiarill, flôm. Staatsverw. II, 203 ; lr,Kl. Vigii\ Orgunis. financ. p. 384.

et M. Salluius fixèrent les limites après avoir racheté le terrain aux particuliers".

Le Trésor public était déposé dans le temple de Saturne-' [AEHAitiu.M] et s'appelait pour ce motif aeranwTn Salurni. La chambre du Trésor se trouvait sans doute au-dessous de la cella du temple ^''.

Les auteurs anciens font souvent mention d'un aerarium sanctins conservé dans le temple de Saturne". Ce n'était pas un second trésor avec un local spécial, mais un simple fond de réserve-'^.

A côté du temple de Saturne, probablement sur son area, s'élevait, près du virus Jugarius ^', un autel à Ops et à Gérés. Cet autel fut établi le 10 août de l'an de Rome 760 (=: 7 après J.-C)-', sans doute à l'occasion d'une grande famine (jui, cette même année, éprouva l'Italie". Le jour anniversaire de l'érection de cet autel était férié ".

Une inscription publiée par Gruter^' et, d'après lui, parOrelli", a longtemps autorisé l'opinion que le temple de Saturne était aussi sous le vocable d'Ops, sa femme d'après la mythologie": aedes Opis et Salurni. Mais la. fausseté de cette inscription est aujourd'hui démontrée'*.

Il n'est pas exact non plus qu'il ait existé, à côté du temple de Saturne, .un temple d'Ops. Les textes qui mentionnent ce dernier se rapportent au temple d'Ops qui s'élevait sur le Capitole '% ou au sanctuaire d'Ops Consiva dans la Regia '^. Pendant les Saturnales on célébrait les fêtes d'Ops à l'autel du Forum, le 19 décembre ' ' .

2" Le comitium. — Le comitium (i) était au nord du Forum; c'est aujourd'hui un fait prouvé". Mais faut-il le placer devant l'église Saint-.\drien, la curie de Dioclétien? Ou bien faut-il croire que, sous la République, avant la création du forum Julium et la construction de la curia Julia, le comitium s'étendait beaucoup plus avant dans la direction du nord ? Sur ce point les archéologues sont partagés. La dernière opinion a été tout récemment soutenue par M. Huelsen '' qui a apporté, dans la démonstration de cette thèse, des arguments nouveaux. C'est pourquoi nous reproduisons son plan du Forum sous la République 'fig. 3249; •", en le modifiant toutefois d'après les indications données par lui-même dans des travaux plus récents".

La question de la situation précise et de l'étendue du comitium sous la République étant intimement liée à celle du déplacement ou du non déplacement de la curie par César, nous y reviendrons plus loin en parlant de la curie.

11 n'y a pas liea de revenir ici sur les origines traditionnelles du comitium exposées plus haut. Notons

— 27 Corp. in/icr. lat. I, Comment, dturm. lu août : ■ arae Opis et Ccreris ia vico jugario ■•. — 28 Jhid. et le commeutaire de Mommseu. — 29 Dio. LV, 31.

— 30 Corp. inscr. lat. l. c. - 31 XXVI, 3. — 32 X- 1506. — 33 Macrob. Sat. I. 10. — 3; Hcnien, Acta fratr. Arvnl. p. 240 ; Corp. inscr. lat. VI5, a' 32*0".

— 35 Liv. XXXIX, 22 : • aedes Opis in Capitolio »» ; Corp. inscr. lat. VI. Acta Anal. an. 80. 2059, II. — 36 Varr. Ling. lat. VI, 21 : cf. Corp. inscr. lat. I, Com. diur. 25 août. — 37 Corp. inscr. lat. t. c. 19 décembre. — 38 H n'y a plus lieu de discuter les opinions de tl.\niua. Bunsen, Bccker et autres, qui placeut le comitium au sud ou â l'est du Forum, ou pensent que c'était un endroit déterminé du Forum luimême. Cf. T. H. Dyer, Roii.k. dans Diction. o( greek. and rom. Geography. t. II. p. 775 et s. : Maruccbi, Op. taud. p. 51 et s. — 33 Oas Comitium und seine Denkmtller in der republikanischen Zeit, dans Mittheilungen des k. d. Arch. /rut. nœtniscti. Abtheil. I. VIII (1893|, p. 79 et s., pi. iv. — *0 HOIsen. Forum nmanum, Rome. 1S92. — ^1 Dos Comitium und seine etc., dans Jtfittfieil. l. c. et p. 233. Le plan de M. Huelseu fait connaître en oulr« les emplacemeals de quelques monuments (basiliques Sempronia, Porcia, Taberaac veteres et novae, etc.) qui n'existiient plus sur le Forum impérial, et par conséquent manquent sur le plan de ce Forum.

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cependant que Cicéron en attribue la création à Tullus Hoslilius et ajoute que, avec le produit des dépouilles ennemies, ce roi l'entoura d'une enceinte (saepsil) '. Si Tullus Hostilius entoura le comitium ^ ce fut pour en faire un lieu sacré, déterminé par les augures, c'est-à-dire un temple ^; et, dans ce cas, sa forme fut sans doute carrée.

Une interprétation fautive d'un texte de Tite-Live ', mieux compris par Piale ^ a longtemps entretenu l'erreur que le comitium était un édifice poul-vu d'une toiture. C'était au contraire une place découverte ^ qui s'étendait devant la curie ou palais du Sénats Son niveau était plus élevé que celui du Forum' et on pense, sans que cela soit certain', que du Forum on y avait accès par plusieurs degrés dont on a cru retrouver les traces (;').

Tant que Rome fut gouvernée par les rois et pendant plus d'un siècle sous la République, le comitium fut, à Rome, le centre des affaires civiles et politiques; le Forum n'était alors qu'un marché, une place destinée aux jeux et aux combats de gladiateurs, un lieu de promenade. Mais, par suite de l'accroissement de la population, le comitium devint insuffisant pour les nombreuses causes judiciaires et des tribunaux furent établis au Forum ; en outre, les progrès toujours croissants de la démocratie firent du Forum un lieu de vie politique de plus en plus active ; dès lors le comitium vit, d'une façon continue, son importance décroître; la nouvelle curie, construite par César et par Auguste, restreignit son étendue ; enfin, il fut absorbé complètement par le Forum dont Tacite et Pline semblent ne plus le séparer '".

Les principaux monuments du comitium étaient la curie et les rostres, dont nous parlerons plus loin ; sur les degrés delà curie la statue de l'augure Attus Navius avait été érigée à l'endroit même où, défié par le roi Tarquin, il coupa une pierre à aiguiser avec un rasoir". Près de là, un putéal entourait le sol dans lequel on avait enfoui la pierre et le rasoir'-. A côté, on conservait religieusement un figuier parce qu'il avait été frappé par la foudre, et aussi comme symbole du figuier ruminai sous lequel la louve allaita les deux jumeaux. L'augure Attus Navius consacra, sous ce figuier, un groupe en bronze représentant le prodige, comme si, dit Pline, cet arbre vénéré s'était spontanément transporté des bords du Tibre au comitium '^ Pour cette raison, on l'appelait quelquefois ficus A'avia, du nom de l'augure". En l'an de Rome 459 (= 29.') av. .I.-C.j, on fit, avec l'argent

f De republ. W, 17. — 2 Cf. Varr. Linij. lut. VII, l:J : .. oninc templum cssc (icl>ct continuo scpluni. » Il est probable que l'encciiite de Tullus Hostilius n'i-Hail qu'une balustrade. — 3 V. cette opinion di'veloiipêc par Jordan, Top. d. Stadt Jl. 12, p. .-iia. — » XXVII, 30. — 5 Del foro romano, p. 25. — 6 Titc-Live raconte (|u'il tomba uue pluie de sang au Forum et au comitium (X.XXIV, 4S) et Juhus Obscquens y signale une pluie de lait (Prodig. CHU; on voit des troupes y camper (l.iv. V, 55|. Tous ces fails indiquent clairement que le comitium était une place découverte. — 7 Cela ressort d'un grand nombre de faits; cf. entre autres, Liv. XXII, 7,60, etc. — H Uionys. II, 29 : « l-, ,o çavtpi»- T'iT» Tii; i-ppà; » ; (iell. IV, 3.-9 Liv. I, 36, 48 ; mais ces textes so rajiportent aux degrés de l'escalier de la curie, et non, comme l'ont cru qucl(|ues auteurs, aux

degrés du romilium. — 10 AgricoUi, II ; l'iin. I/ist. itnt, XV, 20, 3, It Liv. I, 36 ■

Iliouys. 111, 71. Celte slalue disparut sans doute à la suite de l'incendie de la curie .allumé par le bûcher de Clodius (['lin. XXXIV, 11). Denys ((. c.) dit on elTet qu'elle subsista jusque vers son époque. — '2 Dionys. /. c. ; Cic. De divin. I, 17. — 13 Pline Iffisl. liai. XVI, 20, 3) ne croit pas à l'émigration miraculeuse du (iguier

«t semble accuser l'augure de supercherie. — M Festus, x. v. Nftma. tii Liv. X

Î3. — lOTacit. Ann. XIII, S8. — l' Plia. Hist. nul. XVI, 20. 3. m Dioujs. I, il. Suivant une autre tradition, une pierre noire maniuait l'endroit du comitium destiné

provenant des biens confisqués aux usuriers, un nouveau groupe représentant le même sujet et destiné à être placé près du figuier ' '. Quand celui-ci se desséchait, c'était un présage funeste jusqu'à ce qu'il eût poussé de nouveaux rejetons '° oueiH été remplacé parles prêtres". Le comitium était orné d'un certain nombre de statues : près des rostres, un lion en pierre marquait la place où le berger Faustulus avait été tué et enterré "; on voyait aussi au comitium une statue archaïque de Porsena ", la statue d'Horatius Coclès , transportée plus tard au VulcanaP", celle d'Hermodore d'Éphèse qui avait aidé les décemvirs dans la rédaction de leurs lois ^' et, enfin, les statues en bronze de Pythagore et d'Alcibiade érigées par ordre de l'oracle de Delphes -'. Dans la partie du comitium plus voisine de la prison s'élevait la colonne Maenia, érigée en l'honneur de C. Maenius, vainqueur des anciens Latins -^ C'est près de cette colonne que les /riumuiri capitales avaient leur tribunal ^* et c'est au même endroit que se faisaient les exécutions -°. Enfin, sur le comitium, en un lieu qu'il est difficile de préciser, le préteur avait son tribunal-".

3° Le Vulcanal. — Après l'alliance conclue, Romulus et Talius s'acquittèrent des vohix faits aux dieux pendant la guerre. C'est ainsi {]ue Tatius, suivant Denys d'flalicarnasse -' ou, d'après Plutarque -\ Romulus éleva à Vulcain un autel ou un temple. De là le nom de Vulcanal-% donné à Varea de ce temple ou de cet autel ^°. Le Vulcanal était donc une place [area]^' découverte '% un peu plus élevée que le comitium ^'K II est difficile de déterminer ses limites avec précision. On sait que le premier temple de la Concorde fut construit sur le Vulcanal''", et vraisemblablement le nouveau, dont le site est connu (6), occupa le même emplacement que l'ancien. Le Vulcanal était donc voisin du Forum et du comitium '^ ; il l'était aussi du lieu où plus tard César construisit son forum ^^. Il se trouvait par conséquent au nord-ouest du forum et à l'ouest du comitium (»'). En 1848, on trouva dans cette région un autel érigé par Auguste à Vulcain en l'an do Rome 745 (= 9 av. J.-C.)^'". Romulus, après avoir triomphé des Camerini, dédia sur le Vulcanal un quadrige en bronze, pris à l'ennemi, et, à côté, sa statue couronnée par la victoire avec son elogium gravé en lettres grecques'".

D'après d'anciennes traditions, T. Talius et Romulus auraient eu des rencontres secrètes sur le Vulcanal et y auraient convoqué les sénateurs ^'. Cette place parait aussi avoir été, avant le Forum, un lieu habituel d'assemblées populaires'", el on voit encore le

â la sépulture de Romulus et où l'on enterra Faustulus (Festus, s. v. Xiger lapis). Varron dit que le loinbeau de Romulus était sur le comitium, prés des rostres (Porplnr. In Epod. XVI, 13), à un endroit où, en souvenir de ce fait, on érigea deux lions {Cruq. in l. c). — " Plut. Poplie. XIX. — 20 Liv. Il, tO; Uionys. V, 25; Plin. XXXIV, U, 2; Gell. IV, 5. —21 Plin. (. c. - 22 Plutarch. Num. VIII; Plin. Hist. nat. XXXI V, 12. On voit par ce dernier texte que les deux statues disparurent loi-sque Sjlla reconstruisit la curie â l'endroit où elles se trouvaient. — 23 Plin. XXXIV, 11, 2. — 21 Cic. Jn Caecil. dinin. XVI. — 2S Asconius ad Cic. In Caecil. dioin. § L. Sur la pKace occupée par la i>liqiart de ces monuments, cf. le plan donné par Huclson, Op. Innd. dans Miltheiliinij. III (t8'J3), p. 9t.

— 2G/,e.r Xll tahul. III, 5, dans Fonlis juris anliq. éd. lîruns, p. 19; Cell. XX, I, 46-47. — 27 Uionys. Il, 50. — 28 Plut. Quaesl. rom. XLVII ; Plin. XVI, 86.

— 20 Festus. s. u. Statua. — 30 Cf. Varr. ling. lai. VI, 20 : . Vnlcnmilia a Volcano >'. — 31 Le Vulcanal était appelé aussi area Vutcani: Liv. XXXIX, 46; XL, 19 ; Festus, .t. v. Piscaiovii ludi. — 32 Tite-Live [l. c.) et Julius Obsequens (LIX, LX) signalent des pluies de sang sur le Vulcanal. — 33 Gell. IV, 5; Dionys. II. 50.

— 3'. Liv. IX, 46. — 35 Gell. l. c. ; Dionys. /. c. ; Fcst. s. v. Statua. — 3C piin. XVI. 86. — 37 Corp. iusci: lat. VI, 437. — 38 Dionys. II, 54 ; Plut. Ramul. XXIV.

— 30 Plut, Qnaest. rom. XLVII; Dionys. II. 60. — vo Dionys. VI, 67 : Vil, 17.

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décemvir Appius Claudius y convoquer le peuple'. Les constructions que l'on éhiva dans ce coin de Home diminuèrent beaucoup l'étendue du Vulcanal : on lui prit l'emplacement du temple de la Concorde et de son rt/'ca ; la construction de la basilique Opimia le restreignit encore. Il était orné de statues- et on y admirait deux arbres aussi vieux que Home d'après d'anciennes traditions : un cyprès qui périt sous Néron, et un lotus planté par Homulus, encore vivant au temps de Pline '.

4° Le temple de Jamis. — D'anciennes traditions rattachent le temple de Janus et son érection par Homulus à un épisode des guerres des Honuiins contre les Sabins : Janus aurait mis en fuite les Sabins, prêts à entrer dans Rome, en faisant jaillir contre eux une eau bouillante et sulfureuse ^ (ag«ae lautulae)^. 11 semble d'après Ovide que Janus, en récompense de ce service, aurait eu un temple et un autel". Mais le récit de Macrobe attribue au temple une origine plus antique : c'est en efï'et du temple même, déjà existant, que sortirent les eaux' ; et ce n'est pas, comme l'ont cru plusieurs auteurs, la porte de la ville, appelée Jcmualis à la suite de cet événement, mais la porte même du temple que l'on décida d'ouvrir pendant la guerre « velul ad Urbis auxiiiuin profec/o deo ' ». Il existe d'ailleurs d'autres traces de traditions faisant remonter à une antiquité beaucoup plus haute le temple de Janus '. Certains auteurs attribuaient, au contraire, à Homulus et à Tatius l'érection du temple, comme symbole de leur union '". MaisTite-Live" et Pline'- regardent le roi iSuma comme son fondateur.

Ce temple avait deux portes '^ ouvrant l'une sur l'orient, l'autre sur l'occident", appelées belli portae parce qu'elles étaient ouvertes pendant la guerre '\

Des textes des auteurs, il ressort clairement que le temple de Janus était situé à l'entrée de la large rue appelée Argiletum (e'), à l'endroit oi^i elle s'ouvre sur le Forum, entre la curie (K) et la basilique Aemilia (rf') "■'. Jusque-là les textes concordent. Mais un passage de Servius remet tout en question " et il a fallu toute la sagacité de M. Lanciani pour savoir le concilier à la fois avec les textes et les documents archéologiques". De ce texte rempli d'erreurs topographiques et historiques, M. Lanciani n'a retenu qu'un passage, conlirmé d'ailleurs par d'autres auteurs : le temple de Janus « translalum est nd forum transitoriumet quatuor porlarum... templum est institutum ». Voici comment M. Lanciani interprète ce texte : l'incendie de Néron ayant sérieusement endommagé la curie et probablement aussi le temple voisin de Janus, Domitien conçut un plan grandiose de restauration de ce quartier déjà embelli par César, Au-

' Dionys. XI. 39. — 2 Celles d'Horatius Cocli^s (Gell. IV, 5) et d'un acteur lue dans le cirque par la foudre (Feslus, s. v. Statua). — 3 p. Victor, Rep:. IV ; Plin. XVI. 86. — V Ovid. Fast. I, 2S7 et s.; Macrob. Sat. I, 9; Serv. ad Aen. VIII, 36!. — 5 Serv. l. c. : Varr. Ling, lat. V, 156. — 6 Ovid. Ftist. I, 27.ï ; » Ara milii posila est parvo conjuncta sacello ». — "' Macr. /. c. — 8 Ihid. — 9 Cf. Terent. Maurus, Fragin. I, 5, dans Poetae minores, t. I, p. 634 (l'-dit. Lemairc) : « Tihi velus ara ealuit aborigineo sacello ». — lo Serv. ad Aen. XII, 198 ; « Alii dicunl Tatium et Konuilum... ... — n I, 19. — li Hist. nal. XXXIV, 16. — n Plut. .Vuni.i, XX:

De fort. Jtom. IX. — l» Ovid. Fast. I, 139-IW ; Procop. Bell. Golh. I, 23. — 15 Virg. Aen. I, 29S ; Vil, 607 ; V.irr. Ling. lat. V, 165; Màcrob. /. c. Plul. l. c— 16 I.iv. I, 19 ; il ad infîinnm Argiletum .. ; Serv. ad Aen. VII, 607 : « Circa iinuni Argilelum •■ ; Ûv. Fast. 1, 263 : « Hic ubi juucla foris lenipla duobus liabes .-, c'est-à-dire le Koruin romain et le Korum de Côsar ; Procop. Bel. Goth. 1,15: prùs de la curie : Cruq. ad Hor. Serm. 11, 3, 18 : pri.s de la basilique do Panl-Kniile; Senec. Apoloc. VIII : " inforo >.. — n Ad Aen. VII, 607. — 18 t'Anla et gli iiffiei del senato ronmnn, dans Atti d. Lincci, 1882-1883, Mémoires, 3" siVie, l. XI, p. 3 et s. Dans ce qui suit nou-^ résumons les idiîes exposées par M. Lanciani dans l'appendice 11 de ce

gusle et Vespasicn. La partie principale de ce plan, danslcfiuel entrait la reconstruction du temple de Janus, consistait à réunir par un nouveau Forum [Forum transitorium) (voy. idiis Idiri fig. 32()9),le Forum magnuin et les Forum impériaux. L'exécuti(m du plan commença par la reconstruction, avec quatre portes, du temple di; Janus qu'on orna d'un /anus à quatre faces rapporté de Faléries, et qu'on appela pour cette raison quadrifrons'''. Ce renseignement, donné par Servius, est conlirmé par Martial :

l'ervim exiguos habitaba-^ unie pénales l'iwima Cjua médium Borna lerebal iler. fiunc tua caesaréis cinguntur limina donis Et l'ora lot numéros, Jane, quoi ora geris ^o.

Stace fait allusion aussi à la situation du temple de Janus par rapport au nouveau Forum et Lydus dit que le même temple était de son temps sur le Forum de Nerva^'.

M. Lanciani a trouvé et publié des dessins d'architectes du xv= siècle donnant le plan d'un monument bien conservé qu'il croit être le temple de Janus quadrifrons. Ces plans confirmeraient la transformation du temple à deux portes en un temple à quatre portes. Un autre dessin de Sangallo, de la fin du xvi" siècle, montre le même monument; mais, d'une note de Sangallo, il résulte qu'à ce moment cet édifice avait déjà cessé d'exister--. En effet, ce qui en subsistait fut détruit à la fin du xv' siècle et employé à la construction du palais du cardinal de Cornetto Hadrianus Castellensis de Corneto), aujourd'hui palais Torlonia, place Scossa- Cavalli".

11 ne faut pas prendre à la lettre l'expression de Servius, que le temple de Janus fut translalum ad forum transilor'iuiu. Le temple, en effet, auraitétéreconstruitàla même place; et ce fut le Forum qui s'étendit jusqu'à lui. Et encore le temple n'était-il pas dans l'enceinte même du Forum, mais dans cette partie de l'Argiletum (c), longue de 30", 3!), aussi large que le Forum lui-même et qui, bordée par la curie d'un côté et de l'autre par la basilique Aemilia, réunissait le Forum romain au Forum transitorhim, dont elle peut être considérée comme le prolongement^'. Tous les textes sont ainsi d'accord; et ceux qui donnent au temple de Janus deux portes, et ceux qui lui en donnent ijuatre ; ceux qui le placent sur le Forum transitorium aussi bien que ceux qui le disent voisin de la curie, de la basilique .\emilia et du Forum romain.

Par suite d'un usage invétéré, peut-être aussi parce que l'ancienne statue de Janus bifrous resta dans le nouveau temple, on rencontre dans les auteurs, même après la construction du temple à quatre portes, les exprèssavant mémoire : Oet Giano bifronte e del Giano quadrifronte, p. 26-32. — 19 Serv. ad .\en. VII. 607. — 20 Mari. X, 28.3 et s. Les quaire forum, t^gauï en nombre aux visaccs de Janus quadrifrons, sont le Korum romain, IfS Forum de C<^>ar et d'.\ug\islc. cl le Forum de Domitien et de Nerva, ou Forum transitorium qui n^unissait le forum romain aux autres. I.e qu.itrii^me Forum était pent-êlre le Forum Pacis si Domitien le eréaaxec le Forum transitorium. — -' Slal. Sylv. IV, I, 13 et s.; L\d. De mens. IV. I . cité par Lanciani, Op. Inud. p. 28. — 22 Sur ces dessins, cf. L.inciani. p. 29 cl s. cl les plaucbes. — 23 Cf. Lanciani. Miscellanea topografica. dans Bullelt. d. Commiss. arclt. com. d. Itomn. 1891, p. 236. Les théories de M. Lanciani sur le temple de Janus ont été combattues par Jordan (Topographie der Stadt Bom in Atterthum, |5, p. 350, n. 1 ) et par S! . Hiilsen {Sopra un edifizio antico gia esistenle presto la Chiesa di S. .\driano al foro romano, dans Annali del I. a. d. R. t. LU (1884), p. 327 et s. ; Mittheilw\g, IV (1889), p. 236, 242). Jordan interprète aulr^-ment les textes que M. Lanciani; M. Hiilsen voit dans les dessins non le temple de Janus mais la basilique Aemilia. ti'est aux fouilles depuis longtemps désin^es qu'il appartient de donner une décision délinitivc et admise par tous, comme cela se fait peu à pou i>our les parlies du Forum romain mises au jour. — '-'* Cf. Lanciani, FAula et gli uffici..., p. 29.

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Fig. 3253. — Temple doJanus.

sions Janus gemmus pour désigner le temple de Janus '. La vue que nous donnons ici du temple de Janus (fig. 3253)', sert de type au revers d'une monnaie de Néron. Elle représente par conséquent le temple à deux portes.

Le temple contenait une statue très antique de Janus bifrons ou gemmus, dont les deux vi§ages regardaient, comme les deux portes, l'un l'orient, l'autre l'occident^ ; on la disaildédiée par Numa • ; l'arrangement de ses doigts figurait le chiffre trois cent soixante-cinq, nombre des jours de l'année, indiquant que Numa était le dieu du temps'. Auguste dédia dans le même temple une statue de Janus, couverte d'or, et rapportée d'Egypte ^. Enfin, devant le temple, se dressait un autel '. Fermé pendant tout le règne de Numa', le temple de Janus ne le fut qu'une fois sous la République après la première guerre Punique '. Auguste le ferma trois fois'".

5° Le lacus Curlius [m]. — Ce nom remonte aussi à la guerre des Romains et des Sabins. Varron mentionne d'après différents auteurs trois traditions d'où le lacus Curtius aurait tiré son nom ". Un Sabin nommé Metius Curtius, sur le point d'être pris par Romulus et les siens, s'élança avec son cheval dans le marais qui occupait alors le centre du Forum et réussit à gagner, sain et sauf, la rive opposée '-. Suivant d'autres témoignages, un gouffre s'ouvrit au milieu du Forum. Les aruspices consultés répondirent que les dieux mêmes exigeaient qu'un citoyen courageux s'y précipitât. Curtius monta tout armé sur son cheval et, partant du temple de la Concorde, s'élança dans l'abîme qui se referma sur lui ". Enfin, d'après une troisième tradition, le lacus Curtius aurait été un puteal élevé par le consul Curtius autour d'un lieu frappé de la foudre'-. C'est sans doute cette dernière tradition qui est la vraie; l'imagination populaire forgea des légendes reposant sur des similitudes de noms et sur les souvenirs de l'état antique du Forum.

Au même endroit on avait érigé un autel que César fitenlever pour donner un combat de gladiateurs '\ Mais l'autel fut ensuite rétabli, car il était en place au temps d'Ovide '\ Le lac Curtius était un putéal construit au milieu du Forum '". Chaque année, souvenir du temps où ce lieu n'était pas encore desséché, les citoyens de tout ordre venaient, au jour anniversaire de la naissance d'Auguste, y jeter des pièces de monnaie votives pour le

t Lamprid. Comniod. XVI ; CapitoUn. Tr. Gord. XXVi. — 2 Coheu, IVvron, n» 141 . — ;i Ovid. Fttsl. I, UO-UO. — 1 Pliii. XXXIV, 16. — 5 Plin. l. c. Les doigts de la main droite marquaient 300 et ceux de la main gauche 65 (Macr. Sat. I, 9). Cf. Serv. tul Aen. Vil, 6U7. — 0 Plin. XXXVI, 4, 16. — 1 Ov. Fast. I, 275; Ter. Maurus, Fratjin. I, 5, dans Poet. min. éd. Lemairc. I, p. 634. — 8 plut. A'um. XX ; De fort. rom. IX. — 9 Plut. (. c. ; Varr. Ling. lai. V, 165; Liv. I, 19. — 10 Ilor. Otl. IV, 15,8; Suet. Aug. XXII ; Flor. IV, H. — il Ung. lat. V, 14S-150. — 12 Cf. I,iv. 1,12, 13 ; Dionys. II, 42 ; Plut. Ram. XVIII ; Plin, XV. «0,3. — " Liv. VII, 6. Tile-Live pri^'fèrc cette tiadilion à la prcjcijdcnte. avouant loulcrois ((ue le manque de documenls et raiicicnnelé dos laits l'empèclient d"eu héritier l'autlieuticité. — 1» Varr. (. c. — y-i Plin. XV, 20. 3, — 16 Ov. Fast. VI, 403, 401. — " Dionvs. II. 42 ; cf. Tacit. {Ilisl. I. 41 : Gallia fut tué prôs du lac Curtius) et Plutarcli. [Galb. XXVII : Galba fut tué au milieu du Forum). — 18 Suet. Axtg. 57. Ouand Curtius se fut précipité dans le goulTre, de nombreux citoyens jetèrent sur lui des offrandes (Liv. VU. 6). — 'a Plin. l. c. — 20Siat. Silv. 1, 66 et s. — 21 Tacit. Hist. I, 41; II, 53 ; Suet. GiMa. XX. — 22 Plin. XV, 36. — 23 Liv. III, 48. — 21 Babelon, Monn. de la Ilip. rom. p. II, 242. — 23 Curcul. IV, 1, 10. — 26 Dionys. II, 65. — i^ Cf.

Fig. 3554. - Sanctuaire de Vénus Cloacina.

salut de l'empereur '^ A côté du putéal avaient poussé un figuier, une vigne et un olivier que le peuple aimait et soignait à cause de leur ombrage ". Pendant le règne de Domitien, on lui érigea au même endroit une statue équestre -". Elle fut sans aucun doute renversée quand, après sa mort, le Sénat eut condamné sa mémoire.

C'est auprès du lac Curtius que Galba fut mis à mort par les soldats-'.

6° Le sanctuaire de Venus Cloacina. — Pline raconte qu'après le combat, les Romains et les Sabins se purifièrent avec des branches de myrte à l'endroit où furent érigées ensuite les statues de Vénus {Cloacina de cluere, mot qui, dans le vieux latin, signifie purifier--). Vénus Cloacina était à côté des labernae novae et près du comitium (i) ^% c'est-à-dire à peu près à l'endroit où la Cloaca marima entre dans le Forum (v. le plan, fig. 3251).

Il est probable que Vénus Cloacina n'avait pas sur le Forum un temple, mais seulement un autel ou une base assez vaste pour porter les statues mentionnées par Pline, c'est bien l'idée que donne le type de la monnaie de la gens Mussidia désignée par le mot cloacina (fig. 3254)-' : une base ayant la forme d'un vaisseau et deux statues dont l'une lient sans doute une branche de myrte, séparées par un cippe, peut-être un autel.

Plante, on ne sait trop pourquoi, dit qu'on rencontre les menteurs et les vantards apud Cloacinae saci-um^'. La. monnaie qui reproduit le sanctuaire de Vénus Cloacina est de l'année 703 (=49 av. J.-C). On ne possède aucun renseignement sur le sort de ce monument pendant l'Empire. Les traditions par lesquelles on a essayé d'expliquer ses origines inconnues prouvent sa haute antiquité.

7° Z.e temple de Vesla (11). — Beaucoup d'auteurs, dit Denys d'Halicarnasse-', attribuent à Romulus la fondalion du temple de Vesta. Fils d'une Vestale, venu d'Albe, où le culte de Vesta avait été apporté par les Troyens ses ancêtres-", comment Romulus, homme versé dans les sciences sacrées, aurait-il fondé une ville sans y établir ce culte? Tout en reconnaissant la justesse de ces observations, Denys maintient que le temple du Forum ne fut pas élevé par Romulus, parce qu'il est en dehors du pomerium de la Roma quadrata et Romulus n'aurait pas pu le bâtir en dehors de la ville. C'est donc Numa qui en fut le fondateur-'. Toutefois, avant que celui-ci construisît ce temple commun au Palatin et au Capitole déjà protégés par une même enceinte, chaque curie avait son feu et son temple de Vesta-'.

Le temple de Vesla était sur le Forum '", près de la fon-

Liv. 1, 20 : < Alba oriundum sacerdotium et genti conditoris baud alicuum ». — 2^ Dionys. Il, 66. — 29 Id. Ibid. L'origine première du temple de Vesta remonte sans doute à cette époque peu avancée dans la civilisation où les hommes no pouvaient que très difficilement faire du feu. Il y avait alors, dans chaque centre d'babitatious, une cabane oii Ton conservait le feu public, entretenu généralement par les femmes pendant que les hommes vaquaient au dehors à leurs occupations. De la le feu perpétuel, les Vestales et le temple rond {[ui a conservé, par tradition, la forme de l'antique cabane de roseaux ou de cbannie, forme connue par des urnes funéraires (v. doml-s, p. 3111; Laneiani, Aniient Honte, 20). Ovide parait bien avoir recueilli une tradition de ces temps antiques, quand il dit du temple de Vesta ; " (Juae nunc aère vides stipula tune tccta vidcres,et paries lento vimine textuseral ».Ce qui semble bien aussi indiquer un souvenir de ces temps préhistoriques, c'est ce fait que, si une Vestale laissait le feu sacré s'éteindre, elle devait, après avoir été frappéo de verges, le rallumer en frottant deux morceaux de bois {Feslus ap. Paul. Diac. s. V. ignis\ Uwd. Fasl. VI, 261-262). Cf. sur ces origines préhistoriques, llelbig, Bull. delV insl. arch. 1878, p. 9 et s.; d'après lui, LauclanI, lYolizic degli scani, 1883, p. 471. — 30 Dionys. II, 66.

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laine Juturne ' cl du lemple de Castor-, près de lu Voie Sacrée ^ à C(~ilé de la Via Nova {é) ''. Dans le voisinage du temple un escalier (;/), descendant du Palatin, réunissait la ViaNova&\x Forum; Ovide en fait mention'^ et il figure sur le plan antique (fig. 3252; voy. aussi fig. :i2rjl, u). Ces renseignements, la forme des substi-uctions mises au jour à l'endroit désigné par les auteurs, le voisinage de la maison des Vestales {q) ne laissent subsister aucun doute sur l'emplacement de ranti(|uo sancluaire". Sa forme ronde avait pris, comme le feu perpi'luel qu'on y entretenait, un sens symholi(iue :

Vesla eadem est quan terrn, suhesl viyil irjnix ulvique, Significanl sedem terra fbctisrjiie suaniT.

Aussi, dès l'origine, ce fut toujours un èditice rond". Sa toiture, en airain do Syracuse, avait la forme d'un dôme ". Le temple de Vesta n'était pas à proprement parler un temple, car son emplacement n'avait j)as été déterminé par les augures'". Le temple, au moins celui qui fut reconstruit après le dernier incendie et dont nous avons les maigres débris, était un périplère rond, avec dix-huit ou vingt colonnes". 11 fut retrouvé très bien conservé en 1-489; puis trouvé une seconde fois et démoli complètement en 1349'^. Les fouilles de 1883 ont donné heureusement quelques débris de marbre échappés au désastre'^ et qui ont permis de se rendre compte de l'architecture. Le temple étailélevé surun podium ; les colonnes, d'ordre corinthien, supportaient une frise élégante ornée debucranes, de rameaux d'oliviers, de vases et d'instruments de sacrifice". Dans les fondations aujourd'hui découvertes, on voit des morceaux de tuf volcanique qui peuvent appartenir à la plus ancienne construction'^.

Le temple de Vesla est figuré sur beaucoup de monnaies : on y voit souvent la statue de la déesse, sous le temple, tantôt debout '"', tantôt assise". Ces monnaies, qui semblent en contradiction avec un texte bien formel, dans lequel Ovide avoue que pendant longtemps il avait cru que la statue de Vesta était dans son temple '*, ont beaucoup embarrassé les archéologues. Je crois que la statue n'était pas en effet dans le temple même, mais au dehors, soit entre les colonnes, suit pluti'it dans un vestibule ouvert". Le temple lui-même était fermé

1 Dioiiys. VI, il. — 2 M.irt. I, 71, 3-4. — 3 Moral. Serm. I, 9 ; I.anciani, .\'olizie, 1883, p. 473. — l Liv. V, 39. — i FasI. VI, 393-397. — 6 Sur celle acciimulalion de preuves, cf. Lanciani, Xotizie, 1883, p. 472 et s. — ^ Ovid. Fast. VI, SC7, 281 ; cr. Festus, s. v. Hotundmi. — 8 Ovid. Fasl. 2G3 : .. Forma lamen Icmpli quae nunc nianct ante fuisse dicitur ». — 9 Pliu. Bist. nat. XXXIV, 7.

— 10 Gell. XIV, 7 ; Serv. ad Aen, VII, 133 ; Lanciani atli-ibue ce fait aux prenùôres origines du teniiilc antc?rieures â une civilisation assez avanc(?e pour que ces cérémonies religieuses fussent déjà pratiquées {Xotizie, 1883, p. 471). — n Lanciani, .\oli:ie, 1882, 23"2; 1883, pi. xix, e, xxi, d; Jordan, Topogr. d. SI. liom. 12, 422. Jordan {Der Tempel der Vestz und das Hnns der Vestalinen, p. 15 et pi. IV) attribue au temple de Vesla vingt colonnes, par analogie avec le temple rond situé sur les Itords du Tibre. Hans Auer [Der Tempel der Ves/a itnd das Hnns der

Vestaliiien am Forum Itomanum, dans Akad. der V^'issensch. in Wien, pliil.hislor. Klassf, t. XXXVI, p. 209-228) attribue également vingt colonnes au temple do Vesla; cf. Hueiscn, dans .l/i/Mei/mij. d. k. d. arch. liisl. t. IV (1889), p. 215.

— 12 Lanciani, Xolizie 1882, p. 231 ; Ancienl Home, p. 159. — 13 Id. Aolizie, 18S3, p. 470 ; Ancient Home l. c. — ^'* Id. Xotizie, IS83, pi. xx, c ; Aitcient Home, p. 160, lig. ; Jordan {D^r Tempel der Vesta, p. 19) ^oit dans ces représentations des s\niboles du culte nfticiel et principalement des quatre grands collèges sacerdotaux.

— IS Cf. Middlelui, 7'he remains of anc, Rome, I, 298. V. aussi la description du temple de Vesta donnée par C. Macs, Vesta e Vestati, p. 112 et s. — 16 Cohen, Monnaies impér. (2' éd.), Vcspasien, n" 577 ; Titus, 347-351 ; Domitien, 613-G17.

— " llnd. Julia Domna, u" 232-244. Pline {Hist. nat, XXXVI, 4, 13) fait menliou d'une statue de Vesla assise, œuvre de Scopas, qui ornait les jardins Serviliens.

— 18 Fast. VI, 295-298 : « Esse diu slultus Vestac simulacra putavi : Mox didici curvo nulla subesse tliolo... Kfligiem nnllani Vesta nec ignis Iiabcnt ». — 19 Je crois que celte diflimlté peut être définitivement tranchée par le rapprochement de quel. pies textes. La luort de y. Mucius Scaevola nous est racontée par différents au-

Fig. 3435. — Temple de Vesla.

et on n'y pénétrait pas ; la longue ignorance d'Ovide el prouve et il n'est pas probable que l'on ait représenté, ouvert sur les monnaies, un temple dont le mystère devait rester impénétrable à tout autre qu'aux Vestales^".

La plus ancienne monnaie qui nous montre le temple de Vesta est un denier de la gens Cassia, appartenant au commencement du VU" siècle de Home. Le temple rond est couvert d'un dôme surmonté d'une statue ; à drtjiti; et à gauche, la toiture se termine, à son extrémité inférieure, par une tète de dragon -'. Sur une monnaie de Vespasien, le di'une est surmonté d'une Heur de lotus --. La statut! reparait sur le dôme du temple que représentent les monnaies bien connues de Julia Domna"' Le dessin que nous donnons (fig. 3255) est pris sur un médaillon de Lucille ■'*.

Outre les monnaies, M. Lanciani a cru reconnailre le temple de Vesta dans des bas-reliefs antiques". Un de ces bas-reliefs, conservé par des dessins de Peruzzi el de Sangallo", a été retrouvé plus complet dans l'album A de la collection de M. Destailleurs et publié par M. de GeymuUer^'. Les compléments que le nouveau dessin ajoute à l'ancien, rendent l'attribution moins probable-'. Le second bas-relief a été conservé par un dessin de Canina -'; le troisième est encore au musée des Offices à Florence '°. Il est reproduit plus haut (fig. 2944)". Ces monuments sont traités avec la licence que les sculpteurs de bas-reliefs apportent d'habitude dans la représentation des édifices ; il est difficile de démontrer avec une certitude absolue qu'ils représentent vraiment le temple de Vesta ; en tout cas, si on les compare aux monnaies, aux descriptions et aux débris retrouvés, on ne peut nier la grande analogie ^-. A l'aide de ces divers éléments, M. Lanciani a fait une reconstitution du temple de Vesta", M. Jordan en a donné une autre assez, différente de la première^''.

leurs : Cicéron dit que, quand Scaevola, grand pontife, fui massacré, son sang rejaillit sur la statue de Vesta (t:ic. De oral. III, 3). II est déjà asseï probable que le massacre n'eut pas heu dans ce temple fermé el inaccessible. Suivant Flonjs, Scaevola tenait embrassé lautcl de la déesse illl, 21); or, nous voyons, sur les monnaies {cf. entre autres notre fig. 3255), les Vestales sacrifier sur un aulel placé devant le temple et non â l'intérieur. Enfin Lucain dit positivement que Scaevola fut massacré devant le lemple : » Ante ipsum penetralc deae • {Pkars. Il, 127) cl Tile- Live (Epitom. I.XXXVI) ajoute ce détail qui précise davantage : - lu veslibulo aedis Veslae occisus est ». Il ressort bien du rapprochement de ces différents témoignais que la statue de la déesse n'était pas dans rintérieur du temple, mais sans doute dans un vestibule ouvert, eu avant duquel se Irouvail un autel. 0*ide [t. c) n'est donc en contradiction ni avec les types monétaires, ni avec un autre texte où luimême parle de la statue de Vesla {Fast. III, 45). — M Ovid. Fast. VI. 254, 450; Horat. Ep. I, 2, 114; Luc. Phars. IX, 993. Le préteur Ascllio ny peut pas entrer, même pour échapper aux usuriers ameutés qui le massacrent (Appiao. Beit. de. I. 51). — 21 E. Babelon, itonnaies de la Rép. romaine, 1. p. 331, n" 8, 9. Le droit du n» 9 a, comme type, Vesla avec la coiffure que portent le? statues des Vestales trouvées dans leur maison (cf. le dessin de Babelou, /. c. avec Jordan. Der Tempel, pi. viu, ix). — 22 Cohen, Descr. des mon. imp. Vcspasien, n* 377. — 23 Ibid. Julia Damna, 232-244. — î» Ihid. Lucille, 103. — ^ Sotizie. 1883, 473, pi. xix, o, 6, c. — 26 Cf. Lanciani, /. c. pi. x>i. c. — 27 Mélanges de rÉeole française de Rome, t. XI, 1891, p. 136, pi. i. — 2S Cf. Hûlsen, Millheilitngen rf. k. d. arch. Inst, t. VII, 1892, p. 284 el s. ; l. VllI, 1893. p. 285-286 : cf. Jordar, Der Tempel, 16. — 29 Lanciani, (. c. pi. xix, n. — 30 >"• 325 du calal(K;uc ; cf. Lanciani, l. c. pi. iix, *. — 31 Article FE.NEST11A, p. 1038. — '2 Cf. les analogies entre les dessins el la monnaie de Julia Domna qui représente le lemple après sa demièro reconstruction, signalées par Lanciani, .Xoliz, 1383. p. 473 el s., pi. xi\. —^ Ibid. pi. XXI, a, — 3V Uer Tempel, pi. iv.

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Le temple de Vesta fut plusieurs fois détruit. II est fort probable que Fédilice hàli par Numa ne survécut pas à l'invasion des Gaulois'. A l'approche de l'ennemi, les Vestales enfermèrent dans deux dolium le Palladium et les choses sacrées et les enfouirent près de la demeure du flamen Quirinalis -, à un endroit qui conserva depuis le nom de Doliola ^; puis elles se réfugièrent dans la ville étrusque de Caere * l'an de Rome 3G4 (=390 av. J.-C). L'an 513 (= 241 av. J.-C), le temple de Vesta fut incendié une seconde fois. Pendant que les Vestales fuyaient, le pontife Caecilius Metellus se précipita dans les flammes et réussit à sauver le Palladium, mais il y perdit la vue et eut un bras à demi brûlé ". Le temple faillit encore être consumé en l'an 344 (= 210 av. J.-C); il fut sauvé par le zèle de treize esclaves, qui, comme récompense, furent afl'ranchis''. Le temple représenté sur les deniers de la gens Cassia' est peut-être le même qui fut reconstruit après l'incendie de l'an 313, car on ne connaît pas de nouveau désastre avant l'émission de ce denier. Sous le règne d'Auguste, le temple de Vesta fut renversé, ou tout au moins très endommagé par une inondation du Tibre '. Auguste l'enrichit avec les dépouilles de l'ennemi'. Complètement détruit dans l'incendie de Néron '", il fut presque aussitôt reconstruit par le même prince". Des monnaies de Vespasien '-, de Titus", de Domitien'', de Lucille, femme de Verus " (fig. 3235) semblent témoigner de restaurations ou de largesses dont l'histoire n'a pas conservé le souvenir. Enfin le terrible incendie qui éclata sous le règne de Commode, l'an 944 (= 191 ap. J.-C), dévora entièrement le temple de Vesta avec le temple de la Paix et les monuments voisins'". Alors, pour la première fois, depuis qu'il avait été apporté de Troie par Énée, on put voir le Palladium que les Vestales transportèrent par la voie Sacrée, du temple en llammes au Palatin'''. Le temple fut reconstruit par Julia Domna ; ses monnaies nous ont conservé, avec le souvenir de cette reconstruction, la vue du nouveau temple ". C'est celui dont on voit encore les substruclions sur le Forum (11). Le décret de Gratien, de l'an 383, supprima les allocations faites aux Vestales par l'État. Le temple ne fut cependant pas encore fermé. Cet événement arriva à la fin de l'année 1147 [^ 394 ap. J.-C), après la défaite d'Eugène par Théodose II. Alors le temple et la maison des Vestales furent confisqués par le domaine et le feu, entretenu depuis plus de mille ans, s'éteignit ".

Sur le culte de Vesta et le collège des Vestales,

VOy. l'ONTIFE.V, VESTA, VESTALES.

I Liv. V, 42. — 2 Jbid. iO ; Plutarch. CamiU. XX ; Floius, I, 13. —3 Varr. Linf/. lat. V, 157 ; Feslus ap. l'aul. Diac. s. v. Doliola. Ce fut, depuis, urt lieu sacriî où il i'iail dùFendu de craclicr (Varr, l.iv. Festus, l. c). — 4 Liv. l. c. ; Plularrh. CamiU. XXI. — CDionjs. II, Cli ; Ovid. Fast. VI, 437-454; Liv. XIX (Kpilome) ; Plin. Hisl. nal. VII. 45; Val. Max. I, 4, 4: Gros. IV, 11. — 6 Liv. XXVI. 27. — TE. Babelon, Mon. de la Rép. rom. t. I, p. 3a3, n" 8, 9. — « Horat. Od. I, 2. 13-lC. — 3 /les (jestae divi Aug. IV, i'j. — 10 Tacit. Ann. XV, 41.

— 11 On en a pour preuve la monnaie de cet empereur (Cohen, ^fon. irnp. (2' éd.), -Vè;-o/i, n' 334) et ce fait (|ue, au niO[nent du meurtre de Pison, di\ ans apr^s rinccndie, le temple était déjà reconsliuit (Tac. //ist. I, 43); cf. Lanciani, yotizie, 1883, p. 477. — I- Cohen, Méd. imp. (2' éd.), Vespasien, n*» 577, 578. — 13 Ihid. Titus, n" 347-351. — !■'• Ibid. Domitim, n" 613, 615.

— là Ihid. Lucille, 105. — IG Ilerod. I, 14. — 17 Id. Ibid. — 18 Cohen. Méd. imp. (2" éd.), Julia Domna, n" 239. — 19 Sur les derniers temps du temple do Vesta, cf. Lanciani. A'o/i:ic. 1883, p. 480 et s. — 20 Cic. De divin. I, 45 ; II. 32 ; Varr. ap. Cell XVI, 17 ; Liv. V, 32, 50 ; Plut. Camill. XXX; De fort. rom. V. Sur le lacus Vestae, cf. Macs, Vesta e Vestttli, 134. — 21 Cf. I.auciaui, .Vo/i;i>, 1883, p. 473. — 22 4en. XII, 139 et s; cL Scrvius, ad. A. /. — 23 Uionys. VI, 13; Plutarch.

S° /,(? luciis Vestae et Vautel d'Aius Locutius. — Près du temple de Vesta, au pied du Palatin d'où il descendait vers la Via Nova (e'), était un bois sacré, le htcus Vestae. De là, peu avant l'arrivée des Gaulois, une voix surhumaine annonça aux Romains le danger qui les menaçait. Par reconnaissance et aussi en expiation de n'avoir pas tenu compte de l'avis du dieu, on lui érigea, au même lieu, sous le vocable d'Aius Locutius (celui qui a parlé), un autel qui subsista longtemps, près du temple, sur la Via Nova-". Il semble, d'après le silence des auteurs, que le hicus Vestae disparut de bonne heure pour l'aire place à des édifices; en effet, après Cicéron, il n'en fut plus question''.

9° La fontaine de Juturne. — Nous n'avons pas à nous occuper ici de l'histoire mythologique de Juturne, que Virgile rattache aux origines romaines en en faisant la sœur de Turnus ■-. La fontaine qui portait son nom se trouvait près des temples de Castor et de Vesta -■'. 11 est probable que l'emplacement du temple de Vesta fut déterminé par le voisinage de cette source, car Numa avait confié aux Vestales le soin non seulement du feu, mais aussi des sources-'. La fontaine de Juturne était célèbre par l'apparition des Dioscures qui y firent boire leurs chevaux après la bataille du lac Régille et annoncèrent la victoire aux Romains rassemblés sur le Forum -^ Le même prodige se renouvela près de la fontaine après la défaite de Persée par Paul-Émile ". Un denier de la famille Postumia offre comme type la représentation de l'apparition des Dioscures (fig. 3256) -■'. On y voit que la fontaine Juturne était une vasque que supportait ^'S- '-^*-

. Dioscures à la

une petite colonne posée sur plusieurs fontaine Juturne. degrés. Ses débris, s'il en existe encore, sont probablement sous la partie non encore déblayée, entre le temple de Castor et le temple de Vesta.

10° La Regia (10). — Comme le temple de Vesta, la Regia fut fondée par le roi Numa -'. Ellle était située sur la Voie Sacrée-' et sur le Forum dont elle formait, à l'est, la limite^", au pied du Palatin^', près du temple de Vesta '- et de la maison des Vestales '^ Ces nombreuses indications topographiques ne permettaient guère aux recherches de s'égarer; MM. Nichols et Jordan leur ont donné une précision complète en pratiquant, en 1886, des fouilles heureuses qui ont mis au jour les fondations de l'antique édifice ^*.

La Regia était la demeure du souverain pontife '^ ou tout au moins le centre de son administration"'. C'est là que se tenaient les réunions du collège des pontifes".

Co,;o/. III. — 5'. Suid. s. r. Noî;i5; ,t. II, col. 1010. éd. Rernhardj-; Propert. IV, 4, 13 ; et. Lanciani, Xotizie, 1883, p. 443 et 472. — 25 Dionys. l. c. ; Plut. l. c; Val. Max. I, 8, 1 . — 26 Flor. II, 12; Val. Max. l. c. — 27 Babelon, Mon. de la liép. rom. II, p. 379, n" H', 6. — 28 Plut. Num. XIV; cf. Ovid. FasI. VI. 26t; Trisl. III, 1, 30. — 20 Suet. Caes. XLVI ; Fesl. s. n. Sacram viani. — 30 Appian. Dell. cio. II, 14S ; Serv. ad Aen. VIII, 363 : • [inl finihus romani fori ». — 3' Scrv. (. c. : In radicibus Palatii. — 32 Plut. .\um. XIV; Domul. XVIII ; Solin. Polt/histor. L — 33 Dio, LIV. 27. — 34 Sur ces fouiller, cf. Nichols, La Hegia, dans Mitlheilun;/. d. k. d. arch. Inst. 1. 1 (1886), p. 94 ; Some remarks upon llie Itegia, the .Mrium Veslae. and the original localilij of Ihc Fasii Capitoliiii, dms A rcboeologia, t. Ll (1887), p. 227 et s. (planches cl pl.in des fouilles) ; Jord.in, Cli édifiai uutichi fra il tempio di Fau^tina e l'atrio di Vesta (pi. v-vii) dans Mitlheilung. I, 99 et s. ; Huelson, llie llegia dans Jahrbuch der k. d. arch. Jnst. t. IV (1889), p. 228 et s. (Ilg. et plans). — 35 Serv. ad Aen. VIII, 363. Numa y habitait (Serv. I. c. ; Solin. I) ; pjobablement aussi César (Cic. ^((. X, 3 ; Suet. Caes. XLVI) ; cependant les textes ne sont pas décisifs et la question est controversée : cf. Jordan, To/.ogr. d. St. Jtom. 12, 424-426. — 30 Sur la résidence privée du niMTinx maximis, v. ce mol. 37 Feslus, complété par Jordan, 0. c. p. 424, n. 140 ; l'Iin. Ep. IV, II.

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