‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines, d'après les textes et les monuments (volume 5)Chapitre 45 sur 104 · FOU · texte numérisé non relu

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C'était un liuu consacré' et il renfermait des chapelles vénérées : un sanctuaire oCi l'on conservait des armes de Mars {hasiae Maiiis); quand elles s'asj;itaient d'ellesmêmes, c'était un présage funeste qu'il fallait conjurer par des sacrifices - ; un sanctuaire d'Ops Consiva où les Vestales et le sacerdos publicus pouvaient seuls entrer^. On y célébrait un sacrifice le 25 aoiU". Les actes des Frères Arvales nous ont conservé le souvenir d'une séance tenue dans la Ilegia", le 14 mai de l'an 740 (= 1-4 av. J.-C), pour la cuoptado de Drusus César, fils de Tibère, à la place do L. Aemilius Paulkis.

La Regia devait renfermer de riches archives ; sans doute les annales, les libn et les commentahii des pontifes. Les fastes consulaires et les fastes triomphaux furent gravés sur l'angle sud-ouest (lU'j de son mur extérieur; les premiers en l'année 718 (= 36 av. J.-C), les seconds entre les années 7:36-742 (= 18-12 av. J.-C.)".

La Regia, voisine du leniple do Vesta, subit les mêmes vissicitudes ; elle fut sans doute détruites par les Gaulois. Elle périt dans ce grand incendie de l'an 344 (=210 av. J.-C.) où le temple de Vesta faillit brûler'. En l'an 606 {= 148 av. J.-C), elle fut consumée par un nouvel incendie ; toutefois, le sacrarium (probablement celui des armes de Mars) et un des deux lauriers qui poussaient à côté de la Regia furent miraculeusement préservés '. Après un autre incendie, elle fut, en l'an de Rome 718 (= 36 av. J.-C), reconstruite avec un grand luxe parCn. Domitius Calvinus'. Vingt-quatre ans plus tard, Auguste élu Grand Pontife donna aux Vestales la Regia qui était o u.ÔTot/oç avec leur maison '".

On avait déjà retrouvé les fondations de la Regia reconstruite par Calvinus, sous Auguste ". Des fouilles récentes ont mis au jour les substructions de la Regia du temps de la République, qui, placée près de la maison des Vestales, peut justifier l'expression ôjxoTot/oç. De ces faits, M. Jordan tire la conclusion nouvelle que la Regia donnée par Auguste aux Vestales est l'ancienne Regia, la Regia de la République devenue inutile par suite de la construction de la nouvelle '^. Il faut toutefois supposer, pour admettre cette opinion, que l'incendie qui précéda la reconstruction de Calvinus ménagea assez l'ancienne Regia pour qu'elle ait pu être restaurée.

La Regia de Calvinus fut incendiée, comme le temple de Vesta, sous Néron '^. Si elle ne périt pas complètement dans cet incendie, celui de Commode dut l'achever " et il est probable qu'elle ne fut pas reconstruite ''.

Aucune monnaie, aucun monument ne représente la Regia ; un fragment du plan antique en donne quelques

1 Dio, XLVII, 42; cf. Fcslus-Joidaii, (. i-. ot Jor.lan, Ibiit. — i Cr. le sftialuscousulte de Tan 655 = (99 av. J.-C.) dans Oeil. IV, 6; Tauteur attribue le inoiivemeiit dos lances ù un tremblement de terre, fendant la nuit qui précéda la mort de César, elles s'entre-elioquèrent avec un grand bruit : Dio, XLIV, iT. Ce prodige se renouvelait de temps eii temps : liustae Martis in regia sua sponte molae (Jul. Obseq. CIV ; cf. Id. XCVI, CVll, CX). - a Varr. liiig. lat. VI, 21; Feslus, s. u. Opima. — ^ Corp. inscr. lat. ï, Commentarii diurni, 25 août. — 1» Corp. inscr. lat. VI, 2029, 9. Les lieux de réunion des Friïres Arvales pour les cooptatio étaient, outre la Kegia, les temples de Jupiter Stator, de César et de la Concorde (cf. Ilen/eu, Acta Fratrum AjtuUuiu, p. 151). — *> Nous avons suivi, pour ces dates, les opinions si bien appuyées du Corp. inscr. lat. t. 1 (2» éd.), p. 10-12. Sur la critiipie des opinions contraires et sur la détermination contro\ersée du montnneiil sur lequel étaient gravés les fastes (temple de Castor, temple ilc tlésar, Kegia),cf. ibid. p. 1-12; les limites de cet article ne me permettent pas d'exposer et de discuter les opinions diverses. — " Liv. X.WI, 27. — * Jul. Obseq. LXXVIIl. — 9 Dio, XI.VllI, 42. Jordan {Ephem. epigr. III, 2lili', regarde comnte probable «pic l'inscription gravée sur un tronçon de coloime transporté, on ne sait quand, au Palatin {Corp. inscr. lat. VI, 1.101) provient de la Regia et mentionne la recouslructiuu de Cn. Ilonlitius Calvinus. — •(' Dio, LIV, 2T.

traits, sans valeur pour sa reconstitution '". Nous savons que Calvinus l'avait ornée de statues extorquées à César" et (|ue devant elle étaient placijes deux des quatre slatues qui snutenaient la tente d'Alexandre ". Les dernières fouilles ont permis de reconnaître sa distribution intérieure" et nous ont appris que Calvinus l'avait reconstruite en marbri; massif-^". A l'aide des débris retrouvés, plusieurs archéologues ont essayé de la reconstituer^'.

11° Lu Curie, l'Atrium Minervae, le Secretarium senatus (K). — Le lieu où plus tard s'éleva la curie était, à l'origine, occupé par un bois, un antre tapissé de lierre et une source où s'abreuvaient les chevaux de guerre; Tarpeia venait y puiser l'eau pour le culte de Vesta quand elle vit Talius". A ces temps éloignés, quand le temple de la déesse n'était qu'une cabane où l'on entretenait le feu public", c'est, nous dit Ovide, dans une huile de chaume-' que se réunissaient les rustiques sénateurs vêtus de peaux de bêtes". Plus tardnous voyons lesdeux rois alliés les convoquer sur le Vulcanal". Tullus Hostilius le premierélevaunpalaisdu Sénat-' qui, de son norn, jusqu'au temps de César'*, s'appela Curia Hostilia^'. Celle-ci fut construite sur le comitiuni ^° ; on y montait par des degrés"; la façade était tournée vers le Forum, c'est-à-dire vers le sud". Et, comme le Sénat ne pouvait légalement prendre de décisions que dans un temple ^^, la curie fut augurée ^^

On sait très peu de chose sur cette première curie; après avoir franchi les degrés, on y pénétrait par un vestibule " . M . Valerius Messala , en l'année 490 (^204 av. J.-C), fit peindre sur un de ses murs, ou tout à côté [in latere curiaey^ un tableau représentant sa victoire sur Hiéron de Syracuse. Dès lors, ce coin du comitium, connu sous le nom de Ad tabulam Valeriani, est plus d'une fois mentionné par les auteurs '''.

Après un incendie la Curia H^stilia fut reconstruite par Sylla, en l'année 674 (=80 av. J.-C), sur un plan nouveau^*, sans doute plus grandiose". Deux statues qui se trouvaient jusque-là in coniibus comitii disparurent par suite de cette construction"*, ce qui prouve bien que, tout au moins, le nouvel édifice dépassait l'emplacement de l'ancien. 11 semble résulter d'un texte de Ciceron'"' que le monument de Sylla succéda directement à celui d'Hoslilius. Pas plus que l'ancienne, la nouvelle curie n'était pourvue d'appareils de chauffage, et on fut un jour obligé de lever la séance à cause du froid'--. Cette nouvelle curie n'eut pas une longue durée; en l'année 702 {— 52 av. J.-C), les partisans de Clodius

On croit généralement qu'il s'agit de la Regia, quoique l'eipressioo de Dion n'ait pas la clarté désirable. — H Dulerl, Le forum, p. 14. — « Mitlheil. I (I88«), p. 9'J et s. — 13 Tacit. An. XV, 41. — » Herodiao. I, 14, 3 cl s. — 13 a. Lanciani, Noiizie. 1883, p. 479. — 16 Jordan. Forma l'rbis Romae, pi. III. 21.

— " Dio, XLVIII, 42. — 18 Plin. Hist. nat. XXXIV, IS, S. Us dem autres étaient devant le temple de Mars L'Itor (/6irf.). — 19 Jordan, .Viltheilunç. l. c. ; NichoU, Arcliaeotogia. L', p. 228 cl s. — 20 Nichols, Ibid. p. 228. — il Id. Ibid. p. 247 ; Hueiscn, ,/aAr6uc/i rf. *. d. arch. Inst. 1889, p. 246; Corp. inser. lat. I (2» éd.), pi. 1(1.-22 Propert. IV, 4, l-SO. — 2J V. plus haut, p. 1283, n. 29; Otid. Fast. VI, 261. — 21 Ovid. Art. amat. III. 117-118. — Sô Propert. IV, I, 12. — 2« Plut. Quaest. Rom. XLVII; cf. Dionys. 11,50. —27 Varr. Ling. lat. V. 155; Cic. De republ. Il, 17 : Liv. I, 30. — 28 Varr. /. c. ; Plin. ffist. ual. .VXXV, 73. — 28 Liv. I. 30.-30 Dionys. IV, 38; Plin. VII, 54; Cic. /.<•.: Ut.V, 55; X.XII, 7. 60; Ascon. ad II Verr. I, § 58 : Pro .Vil. § 12. — 31 Dionys. /. c. ; Liv. 1. 36, 48. — 32 plin. III, 60.

— 33 (jell. XIV. 7. — 3'. Propert. IV. 4, 13 : « curia saepta . . Cicéron l'appelle templum ituiuguratum, templum pubtici coneilii {Pro dom. LI. LUI: Pra Mil. XXXIII).

— 35 Lit. I, 48. — 36 n;„, Hist. nat. X.XXV, 7, 3. — 37 Cic. /n Vatin. IX, 21 : Ad fam. XIV. ï. — 3» Dio, XL, 50. — 39 Cic. De fin. bo.i. V, I. — «>piin. Hist

i nal. XXXIV. 12. —il L. c. — '2 Cic. Ad l/uinl. U. 12.

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apportèrent sur les rostres le cadavre du tribun ; puis lui ayant fait, dans la salle même des séances du Sénat, un bûcher avec les sièges des sénateurs, les bancs, les tables et les livres des archives, ils allumèrent un incendie qui, en même temps que le corps, consuma la curie, plusieurs maisons voisines et la basilique Porcia'.

Peu de temps après ces événements. Pompée, rappelé à Rome, convoqua le Sénat dans le portique attenant à son théâtre, au Champ de Mars. Là, il lut décidé que le soin de reconstruire la curie incendiée serait confié à Faustus, fils de Sylla, et que, du nom de cette famille qui, deux fois, l'aurait relevée, la curie s'appellerait désormais Curia Cornelia ^. 11 est difficile de savoir jusqu'où Faustus poussa ses travaux. En tout cas, quelques années plus tard, on fit détruire de nouveau la curie sous prétexte de construire un temple à la Félicité; temple dont l'exécution fut confiée à Lepidus pendant qu'il était maître de la cavalerie ^ En réalité, César ne voulait pas que le nom do Sylla demeurât attaché à la curie à laquelle il désirait au contraire donner la dénomination de Curin Julia. Aussi, en l'année 710 (=44 av. J.-C), il se fit charger de relever la Curia HostUia'' qui désormais s'appellerait Julia. Les travaux ne commencèrent pas tout de suite; d'ailleurs la mort de César, arrivée cette année même, explique parfaitement ce retard. L'année suivante, le Sénat, effrayé par une série de prodiges funestes, après une délibération de trois jours, décréta de nouveau que la Curia Hoslilia serait relevée^ ; en 712 (=42 av. .l.-C); les triumvirs se mirent à l'œuvre, donnant à la nouvelle curie, conformément au décret de l'an 710, le nom de Curia Julin'^.

La Curia .Iulia occupa-t-elle exactement le même emplacement que l'ancienne curie? C'est une question difficile, qui divise les archéologues. Les documents ne sont pas assez clairs pour permettre d'établir une opinion qui s'impose''. Ce qui est certain et admis par tous, c'est que la Curia Julia remplaça la Curia Hostilia qui disparut*; qu'elle fut construite sur le comitium, plus somptueuse et plus grande", et, probablement, différemment orientée'". En dehors de ces points acquis, on n'a rien de nouveau à demander aux textes. Ici encore nous

1 Cic. Pro Mil. XXXIII; Ascon. Pro Mil. Argument, p. 34 (i-d. Orelli); Dio, .XL, 49; Appian. Belt. civ. II, 21. — 2 Dio, XL, SO. — 3 Id. XLIV, S. — 1 Id. Ibid. — s Id. XLV. 17. — G Id. XLVII, 19. — ^ Les principaux arguments que l'on peut faire valoir eu faveur du d<>placemcnt de la curie sont les suivants ; 1° A la place de la curie de Sylla et de son iils, ou construisit le temple à la déesse Félicité (Dio. XLIV, .5). {Mais ce temple, simple prétexte imaginé par César pour enlever à Sylla l'honneur d'être éponyme de la curie, disparait complètement de l'histoire après cette unique mention ; ce silence autorise l'opinion de ceux qui croient qu'il a été démoli.) ^1" t)n sait que, pour construire la Curia Julia. il a fallu procéder à une nouvelle auguration(GeU.. XIV, 7). {Mais les dimensions plus grandes de la nouvelle curie, excédant les limites du terrain occupé par r,ancienne, rendaient une auguration aussi nécessaire qu'un changement d'emplacement.) 3° L'orientation de la nouvelle curie n'est plus en accord a^ec le texte si connu de Pline, d'après lequel, jusqu'aux guerres Puniques, uu héraut, placé devant la curie, annonçait l'heure de midi au monnuit où il voyait le soleil entre les rostres et la Oraecostase {IMin. ffist. nat. VII, 60, 3). (Cela est vrai, mais il est fort possihie que, faisant une curie plus grande que l'ancienne et entrant dans un plan d'ensemhie auquel se rattachait la création du forum de César, ou ait été amené à en mudilicr l'orienlatiou.) ■'»" D'un texte de Cicérou {De /in. bon. V, 1) écrit en l'an 709 (= 45 av. .l.-C.), ou peut tirer la conclusion que l'ancienne curie était encore dehoul à cette époque pendant que l'autre se construisait. « Ëquidem etiam curiam noslram, Ilostiliam dico, non hanc novam, quae niihi minor esse videtur, pusteaquam est major. >< (Mais l'auteur ajoute : >• Solebani iutucns, Scipioneni, (>atonem... cogitare. .. Celui qui enqiloie ici un temps passé ne semble-t-il pas pai-Ier de l'ancienne curie conmie d'un monument n'existant déjà plus ?) Kulin le mot employé par Dion lorsqu'il rapporte le décret ordoinuuU la reconstruction de la Curia Hostilia (ûvot-xoSoix^^vKi) ne seinble-t-il pas indiquer le relèvement d'un édilice détruit plutôt que la construction d'un édifice tout nouveau. Ajoute/ à ce f|ui précède les textes <rauteurs assignant à la Curia Julia uu emplacement analogue à celui qu'occupait l'ancienne ? (Voir ces textes dans Lauciaiii,

devons attendre les fouilles ; étant donnée la manière dont bâtissaient les Romains, on retrouvera les substructions, superposées ou espacées, des divers édifices qui se sont succédé. Alors seulement on saura avec certitude si les deux curies occupaient le même emplacement; on saura aussi quelles étaient les dimensions du comitium, et si, placé devant la curie, il s'étendait cependant aussi loin vers le nord que le pense M. Huelsen (fig. 3249).

La Curia Julia, commencée par les triumvirs, fut achevée par Auguste" qui la dédia en l'année 725 (=29 av. J.-C); cette même année Auguste célébra trois triomphes et ferma le temple de Janus. Il orna la nouvelle curie de deux grands tableaux signés l'un par Nicias, l'autre par Philocliarès'-. Au centre de la curie" il plaça une magnifique statue de la Victoire, apportée autrefois de Tarente et ornée avec les dépouilles de l'Egypte"; et, devant la statue, il érigea un autel qui fut consacré le 28 août de la même année'^ C'est ce même autel qui, à la fin du iv'" siècle, souleva de si vives discussions entre les païens et les chrétiens qui demandaioiil qu'il disparût du Sénat où siégeaient des sénateurs de leur religion'". La curie était encore ornée de boucliers offrant, en bustes, les portraits des citoyens auxquels le sénat avait décrété cet honneur'" {imagines clipeatae, clipei, p. 1259).

.\ la curie, Auguste ajouta un portique [chalcidicum] y attenant {curiam et continens ei chalcidicitm"), appelé chalcidicum Minervae par Dion Cassius". Ce portique fut sans doute ajouté à la curie pour lui donner, conformément au précepte de Vitruve^", des proportions harmonieuses. Il est probable qu'il faut l'identifier avec Valrium Minervae^^ que les catalogues placent près du Sénat"-. M. Lancianicroitle retrouverdansundessindeSangallo-' : c'était un portique rectangulaire dont un des petits côtés, composé de trois colonnes, ouvrait sur l'Argiletum (e') derrière la curie (San Adriano, fig. 3257), dans la direction du forum de Nerva dont il était séparé par un grand arc servant de passage entre le Forum de César et l'Argiletum. Quant aux longs côtés du portique, ils se composaient de huit colonnes parallèles au mur de derrière de la curie. Au delà du grand côté le plus éloigné de la curie, s'ouvrait

l'Aula e gli Uffici del scnato romano, dans Atli délia rente Accad. d. Lincei. Memorie, 3' sér. t. XI (1882-83), p. 10). M. Lanciani, qui se prononce nettement contre le déplacement de la curie, fait observer (/. c.) que jamais on n'aurait osé déplacer la curie, symbole des destinées de Rome au point de vue politique, comme le temple de Jupiter Capitolin l'était au point de vuereligieux.il faut attendre les fouilles pour trancher la question. Sur l'opinion favorable au déplacement de la curie, cf. Jordan, .St. Rom. t. 12, p. 253 et s. ; YKuqXsqu, Das Comitium und seine Denkmûler in der Top. d. repiitilik. Zeil, dans Mitlheilunij. d. k. d. arch. fnst. t. Vlll (1893). p. 79 et s. pi. IV. — 8 Lanciani l'a démontré d'une manière définitive et irréfutable l/Anla e gli Uffici, etc.). — 9 Dio, XLVII. 19 ; Plin. Hist. nat. XXXV, 10 ; Cic. J)e fin. lion. V, i. — 10 Cela ressort de l'impossibilité de concilier avec l'orientation de la Curie actuelle le texte de Pline sur l'observation du soleil .le midi euti-e les rostres et la Graecoslase (v. plus haut la note 7, 3"). Dans son mémoire {Oas Comit. dans Mittkeitung. 1893, p. 88 et s. et pi, iv) Huelsen a très bien démontré quelle doit être l'orientation de la curie pour que le texte de Pline soit vérifié exact. — " Dio, LI, 22; Res gest. Div. Aug. IV, 1 ; Plin. Hist. nat. XXXV, 10. — )2 Plin. l. c. — 13 Herod. V, 5. — " Dion, /. c. ; cf. Sueton. Aug. C.

— i'< Corp. iîiser. lat. I, Commentai', diurn. 28 août. Il ressort du texte d'Herodien [t. c.) que rautel était devant la statue. — iiî t;f. (îerhard, Der Slreit am den Altar der Victoria; Otto Seck, dans sa préface à Aurclius Syinmaque, dans Monum. german. Iiist. t. VI I, p. LUI et s. — " Trebell. Claud. III. Cf. Lanciani, l'Aula e gli Ufficit 7. Le bouclier sur lequel était représenté le buste de C.laude il dans le sénat était en or et orné de palmes. — 18 lies gest. Div. Aug. IV, i.

— ly LI, 22. II faut lire : TC -t 'AÛ>,v«iov -}, Xa^xtSix^v ûvo|xa(r|AÉvov... xadit^u^tv (Lanciani, Q. l. p. 7) et non, comme beaucoup d'éditions : Te t* 'Afiijvaiov t& x«t ,V«/.xt5ixàv. — 20 V, I. — 21 Lanciani, l'Aula e gli Uffici, p. 7 ; Mommseu, Res gest. div. Aug. (2" éd.), p. 79. — 22 Curios. Urlt. ; De région, dans Urticbs, Cod. Urlt. Rom. topograph. Regio VHI, p. 10 et 11. — 2:i Lanciani, l'Aula et gli Uffici. p. I», pi. 1.

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une grande niche avec un piédestal supportant la statue de Minerve. Une inscription, d'origine inconnue', mentionne l'érection, après un incendie, d'une nouvelle statue de Minerve; elle provient sans doute de Vatrium Minrrvac'.

M. Iluelsen croit, au couLraire, (jui; Vnlvuiiii. Mïncfum; occupait le portique couvert et la grande salle qui séparent la curie (San Adriano) flu Secrelnrmm{'f>. Martina, fig. ;^2.-i8)'.

La Curia .lulia dut souffrir de l'incendie de Néron ; si elle y périt complètement, au moins put-on sauvi'r la statue de la Victoire et les deux iieinturos dont Auguste l'avait ornée; car Pline décrit plus lard ces peintures comme existant encore ''. En tout cas, une i-econstruction de la curie est attribuée à l'empereur Domitien^ Elle fut do nouveau détruite par un incendie sous Carinus" et reconstruite par Dioclétien'. On a retrouvé, à différentes époques, des inscriptions et des has-relicfs" qui ont dû appartenir à ce nouvel édifice. Une inscription monumentale, entre autres, mentionnant une voûle auri fulfjoii' decoralam paraît à M. Lanciani avoir fait partie des inscriptions commémorativesde la reconstruction de Dioclétien'. La curie de Dioclélien resta à peu près intacte jusqu'au vi° siècle. C'est à cette époque que le

pape Honorius \" en lit l'église de Saint- Adrien '".Cette église, au moins à l'extérieur, est encore la curie de Dioclétien. Nous empruntons à Middlelon" un dessin (fig. 3257) exécuté en grande partie d'après du Perrac qui a vu le monument au xvr siècle, dans un temps où il était plus dégagé qu'aujour-

d'hui'-. La maçonnerie était revêtue de briques couvertes de stuc sur lequel on avait imité les joints des pierres de taille; il en existait encore quelques restes au temps de du Perrac. La corniche en briques, recouverte de stuc, est supportée par une série de consoles en marbre. Aujourd'hui l'encadrement en marbre de la porte a disparu; la porte do bronze, vue par du Perrac, a été enlevée, et c'est probablement celle qu'Alexandre VII transporta à Saint-Jean do Latran '^

1 Corp. inscr. lai. VI, '6^1^. — i Lanciani, l'Aula e gli Uffi. p. 17. — ;i .1/;/. theilumj. d. h: d. arch. Inst. t. VIII (1893), p. 27'J et pian ; le mur de s(5paralion entre le portique et la salle {Via Bonefta de la lig. 32581 ne serait pas antique.

— ' Cf. Lanriani, Ibid. p. 11. — ■' Mommsen, L'eber der Chronograph. von Jtthre 3.ïi, p. 64t) ; Cassiodor. dans Uriichs, Cad. Urb. Rom. lopograph. p. las. — 0 Mommsen, l'tber d. Chronic. 354, p. 648.— 7 fbid. — 8 Cf. Lanciani, O. c. 12. — 3 Loc. cil. — 10 Lanciani, p. 13. La nouvelle l'glise fut appelée 5. lladiianus in tribus fatis parce que, priis des anciens rostres, c'est-à-dire à côti"' de la curie, se trouvaient les statues des trois Sibylles (Plin. Ilisl. nat. XXXIV, 11 J encore existant à cette «époque et di^signi^'cs alors sous le nom de tria Fttta. Procope {/ietl. Golh. I, 25) avait écrit aussi iiuc le temple de Janus (voisin de la curie) (>tait près des tria Fata. — H The remains of anc. Hom. I, p. 23'.>. V. ibid. p. 240, un autre dessin do la curie attribud à Liporio, mais peut- 6lre moins sincère. — '2 Lanci,ini, pi. m (cf. p. 20). — l-l Lanciani. p. 211-21.

— ^'* Ibid. Aujoui-d'hui le ui\cau du sol sVMcve .i peu prùs jusqu'aux Irois petites fausses arcades, de chaque côté du fronton do la porte ; les trois feuiîtres sont iiuirécs, b.iuf la partie inférieure de la fenêtre centrale qui est prise par la

Kig. 33

La curie de Dioclétien (San Adriano;.

L'identification «le l'église San Adriano avec la curie de Dioclétien a été démontrée par Lanciani, qui, aux raisons topograpliiques et autres, ajoute ce fait que l'édifice actuel présente encore les caractères de l'architecture des monuiofmts consiruils par Dioclélien ''.

Mais on possède, sur la curie de l)ioclélien, des documents d'une bien plus grande importance que le dessin de du l*errac. Ce sont des dessins d'Antonio da Sangallo, de lialdassare Peruzzi et de son fils, trouvés et publiés par Lanciani'^. Nous reproduisons un de ces dessins, auquel nous avons déjà renvoyé plus haut, donnant le plan de la curie de Dioclélien et de ses dépendances, relevé au xvi' siècle (fig. 3238) '^ L'ensemble de ces bâtiments formait un rectangle long de iil°',28 et large de i7",5i. La fa<;ade s'ouvrait sur le comitium [i); du côté opposé, les constructions étaient adossées à un mur de tuf et de travertin qui appartenait à l'enceinte du Forum de César; à droite était r.\rgilelum (r') et le Forum de Nerva; à gauche une place que longeait la rue qui passait devant la prison (2j, clivus nrgenlnrius ''. La curie ou salle des séances du Sénat est occupée par l'église San Adriano. C'est une salle longue de 2.")°', 20 sur 17"", 61. Les dix colonnes qui divisent l'église en trois nefs et l'abside sont modernes; aux murs sont appliqués des pilastres corinthiens antiques en marbre, doux de chaque côté, et en plus ceux des coins. Chaque angle de la salle est flanqué, à l'extérieur, de massifs de maçonnerie carrés, qui soutenaient sans doute cette voûte auri fulgore decoratam dont il a déjà été parlé plus haut; dans l'un de ces massifs était un escalier. 11 est difficile de déterminer l'usage précis de la salle suivante ; c'était un vestibule ou peut-être une cour; elle est traversée aujourd'hui par la via Bonella, ([iii ne date que de la lin du xvi'^ siècle ". Il est probable, (laoique les dessins ne l'indiquent pas, que cette partie communiquait avec la curie et aussi avec la salle suivante '■''. Celle-ci était un portique couvert, long de 26 mètres, large de 7"',i7, séparé en deux nefs par six piliers carrés, correspondant à des pilastres appuyés aux murs, et soutenant sans doute une voûte à arêtes. Ce portique communiquait, par une grande arcade montant jusqu'au toit, avec la dernière salle dont la destination nous est connue : c'était le Secrelarium xenatus, aujourd'hui l'église Santa Martina. Le Secrelarium était une salle longue de 18°", 17, large de 8°", 92, en forme de basilique, terminée par une abside circulaire. C'est là, si l'on en croit une note de Sangallo, que furent trouvés les bas-reliefs exposés aujourd'hui dans l'escalier du palais des Conservateurs, qui ornaient l'arc de Marc-Aurèle-". On a retrouvé en place l'inscription mentionnant

porte actuelle. .\u xvi* siùclc, le devant de l'église était déblayé et oa y descendait par un escalier (V. le dessin de Lanciani, l'AïUa et gli Uffici, pi. ui; Ancient Rome, p. 7S et p. 73, l'état actuel. — '5 O. /.p. Il et s. pL i-ii. — > 6 Celle 6gure est empruntée [à Lanciani. VAula et gli Uffici, pi. i. Dans la deâcriptioo de ce dessin je résume Lauciani, p. 14 et s. — '7 Aujourd'hui la cm di Jlarforio.

— 18 La via Bonella fut construite sous le pontiticat de Sixte V par le cardinal .Vlcssandrino Michèle Bonelli ; elle ne correspond à aucune voie antique.

— '3 D'après un autre dessin, le mur mitoyen entre les deux salles centrées (fig. .1258) daterait du moyen-àgo (cf. lluelseu. Miltheilung. Vlll ,1893), p. S79i.

— 30 On suppose que ces bas-reliefs avaient appartenu à l'arc érigé par Marc-Aurèle. en 176, après son triomphe sur les Dalmates et dont l'inscription a été conservée par l'anonyme d'Kinsiedlcn {Corp. inscr. lat. VI, 1014). Cet arc, d'après difTérents témoignages, aurait été élevé à l'entrée du forum, à l'extrémité du Clivus argentarius, entre le Secrelarium scnatus (s'il existait déjà), et la prison. Nibby croit que le Secrelarium scnatus fut construit par Marc-.\urèle, et que les bas-rehefs furent destbiés dès l'origine à sou ornementation et non à un arc de trtoaiphe (cf. Lanciani , p. 15-16),

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Secrelaî'iiint.

la reconstruction, sous Honorius et Théodose, du Secretar'nim amplissimi scnaius, qui avait été construit par Flavianus, vir inluslris, puis détruit par un incendie '. L'inscription nous donne à peu près la date de la restauration ; quant à la construction, on ne sait pas auquel des Flaviani, qui furent préfets de Rome, il faut ratlribuer. Une autre note de Sangallo nous apprend que le Secretarium était construit en travertin ; d'où il faudrait conclure que le Flavianus du iv" siècle, à qui l'inscription attribue la construction du Secretarium , se serait borné, comme on le faisait souvent

de son temps, à adapter à un nouvel usage une dépendance de la curie ^

M. Monirnsen^'a émis l'opinion partagée par M. G. B. de Rossi etGatti* que, au vr siècle, le Secrelarium snialus avait changé de destination et était devenu l'Ah^ium Liberlalis.

12° Le Senaculuiii. — On ignore complètement à quelle date remonte le senaculum, mais il est naturel d'en parler après la curie, car il fut, comme elle, à l'usage des sénateurs =. Il était situé entre le Capitolc et le Forum", vers l'endroit où s'élevèrent le temple de la Concorde (6)^ et la basilique Upimia, plus haut ([ue la Graecostasis *, devant l'autel de Saturne' situé sans doute près de son temple (19). Tous ces renseignements nous permettent de placer le senaculum sur le Vulcanal, ou ])eut-être, comme le fait M. Huelsen (fig. 3249), sur l'extrémité sud-ouest du comitiiim q'ui confinait au Vulcanal. Il est impossible de marquer avec pro])abilité un emplacement précis.

On ne sait pas davantage si le senaculum était une place découverte, un portique ou un édifice '". Son usage n'est pas déterminé avec plus de précision. C'était, suivant quelques auteurs, un simple vestibule ou salle d'attente du Sénat". D'autres pensent, avec plus de vraisemblance, que le senaculum du Forum était le lieu où les sénateurs conféraient avec les tribuns, auxquels l'entrée de la curie était interdite'-; cette opinion est autorisée par un texte de Feslus'^ et aussi par le fait que les sénateurs entendaient, dans un autre senaculum, au temple de Bellone, ceux des ambassadeurs des nations étrangères auxquels on ne permettait pas d'entrer dans la

1 Corp. inscr. tal. VI, I7IS. — 2 Cf. I.micuiii, O. l. p. liol l.ï. — J Hermès, i. XXlll (ISS*), p. 631 ; cf. Huelsen, Millhfilimg. d. /.-. ri. a Iml. t. IV (1880), |i. iW. — » IluUet. dotln com. arch. com. ili Itoma, 1889, p. 3Gi. — '■< Fcstus, ap. Paul. Diac. s. v. Senaculum : « Senaculum, locus scnalorum ». — <• Nicoslrat. in Fest. s. ». Senacula. — ^ Ibid. — 8 Varr. Ling. lai. V, 150. — 9 Macrob. Sat. 1, 8. — 10 Cf. Nicliols, Tlie rom. Forum, p. 108. Il me semble cependant plus probable que cYlaitun ("■tlifice. — " Cf. Willcms, le Sénat de la Itépubligue romainr. II, 146. — 12 Cf. T. 11. Djcr, d.TOS ^1 IHcl'wnnary of i/reek and roman geotiraplnj. II, p. 780. — l-l Nicoslral. /. c. : [senaculum] .. in quo solcbanl m-igistralus cum senioribus delibcrare. — *'' Iliid. — Ij Liv. XXVIII, :)8 : Sripion qui, au reloirr d'Kspngnc, ddsirail le Iriomplie et ne pouvail, pour celle raison, enlrer dans Kome, esl entendu par le S(!nat dans le senaculum du Irnipln de Uellone. — IC Nicoslral. ;. c. ; cf. I.iv. XXlll. 3i. Si ces senaculum n'élaienl pas augurOs (et aucun

Curie.

Fig. 325P. — Pian de la curie cl tic ses dépendances

ville" ouïes personnages soumis à la même défense '^ Il

existait un troisième senaculum près de la porte Capène"^.

13° La pila Horatia. — Après la défaite des Albins,

ou pluti'it des trois Curiaces par le dernier des Horaces,

le roi Tullus Hostilius fit attacher, en guise de trophée, les armes des Curiaces à un pilier que, au temps d'Auguste, on voyait encore à l'angle d'un des deux portiques du Forum ^'. Le vieil Horace, pour exciter la pitié du peuple et lui arracher une sentence favorable à son fils,, montrait ce trophée en rappelant la victoire qui avait sauvé Rome ". Le temps avait détruit les armes, mais au temps de Denys d'Halicarnasse et de Tite-Live, le pilier existait encore et avait conservé le nom de pila Horatia ^^. Les deux portiques existant sous Auguste au Forum étaient sans doute ceux des deux basiliques. On s'est demandé s'il ne fallait pas reconnaître ce pilier dans une base carrée, située à l'angle du portique de la basilique Julia(I7), au point d'intersection de la Voie Sacrée (13) et du vicus Tuscus (18) -°.

14° La prison (2), le TuUiamim, les Laiilumiae, les scalae Gemoniae. — La prison était située à un endroit d'où elle dominait le Forum -', à côté du temple de la Concorde (6) --, près d'un escalier qui descendait du Capitole (3)^'. Ces indications et les restes qui subsistent concordent parfaitement avec l'attribution de la prison aux églises S. Pietro in Carcere et S. Giuseppe de Falegnami. A la suite d'un accroissement de la population, Ancus Marcius fut cimtraint à la construire à cause de l'audace croissante des malfaiteurs^' et pour réprimer les crimes et les attentats-\ Elle était composée d'une série de chambres dont une subsiste encore, partie creusée dans le roc, partie construite de grosses pierres bien appareillées et avec une voûte -''. Sous la cellule conservée esl une partie souterraine, de forme ronde, voi'itée. Un trou, pratiqué dans la voûte, était la seule communication de ce cachot avec la chambre supérieure [carcer, fig. 1183, 1181]. C'est par ce trou que l'on précipitait les criminels pour les étrangler-'' ou les laisser mourir de t'aini -'. La construction de ce cachot souterrain était attribuée à Servius Tullius et, pour cette raison, on l'appiîlait 7'i<///rt;()<Hj -'. Sallustc nous en a laissé une horrible description, encore exacte aujourd'hui '". Sur la

texte ne dit qu'ils le furent), le Sénat ne pouvait pas y faire de séualus-consulles (cf. Varr. ap. Gell. XIV, 7); loulefois, du rapprocbemcnl des textes cités, il semble bien résulter que le senaculum élail un lieu où, sous une forme quelconque, on délibérait.

— n llionys. III, 22. — 18I,iv. I, 26. — 19 Dionys. /. c. Liv. /. c. : l'ropert. 111,3,7.

— 23 Cf. Jordan, Topot/r. d. St. Hom. 12, p. 304-395. Sur notre plan, ce pilier est indi(]ué par un petit carré noir. — 2t IJv. I, 33 : v Media urbe innnincns foro aedificatnr ... — 22 Uio, LVIII, 11. — 23 Dio, I.VIII, S. — 2'. I.iv. /. c.

— 25 Cic. II Cat. XII. — 2C Cf. Parker, TIte primitive fortification nf Home, p. 171. — 2T Liv. XXIX, 22; Sallusl. Cat. LV ; Plutarcb. Cic. XXII. — 2» Plut. JJarius. XII; Liv. XXXVIIl.ii!). — 29 Varr. Linç. lai. V, 151 ; Sallust. Cal. I.V.

— 30 Sallust. /. c. : •■ Est locus in carcere quod Tullianum appcllalur... Eum muniunt undiiplo parieles, alque insuper caméra lapideis fornictbus vincUi; scvl iucullu, tcucbris, odorc, focda atquc tcriibilis ejus faciès ».

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facadi' (pii rcp;ai'fle le Forum on lit, encore une inscrifition gravée en souvenir d'une restauration faite pendant le règne de Tibère, sous les consulats de C. Vihius Uulinus et M. Cocceius Nerva'. L'appellation vulgaire de la prison désignée aujourd'hui sous le nom de pi'ison Manicrtine date du moyen âge seulement.

A côté de la prison d'Ancus Marcius, il existait une autre prison appelée Laulumiae, par aiialogi(! avec les célèbres prisons de Syracuse, parce ((lie, comme elles, elle était établie dans d'anciennes carrières^. On y eml'crma des prisonniers de guerre^ et Sabinus demanda comme une faveur d'y être transféré'*; elle était sans doute moins rigoureuse que l'autre.

On arrivait à la prison par un escalier dont l'emplacement exact n'est pas encore bien déterminé. C'était les scalae Gemoniae. Leur nom revient souvent dans les récits des historiens. On y exposait les cadavres des suppliciés °. Pline les appelle gradus gciintorii'', nom qui rappelle le pont des Soupirs.

13° La Cloaca Maxima. — La Clown Maxun'u, commencée par Tarquin l'Ancien et continuée après lui, se rattache à tout un système d'égouts, dont elle est le plus considérable, destiné à dessécher non seulement le Forum, mais toute la plaine" où s'établissaient peu à peu les populations descendues des hauteurs. Elle entrait sous le Forum près de l'Argiletum (c'), passait sous la base de la statue qui occupe l'emplacementprésumé du Idcus Curtius(?«)- sous la Voie Sacrée (13) et sous l'extrémité de la basilique Julia (10) où l'on a pratiqué un regard [v) qui permet de se rendre compte de son admirable construction. Dans un travail récent, M. Lanciani a déterminé le trajet de la Cbmca Maxima sous les Forum d'Auguste et de Nerva et le point précis où elle pénètre sous le Forum romain*. Pour plus de détails et pour les illustrations, voir le mot cloaca, p. 1201 et les figures 1074 et 1673.

10° Les portiques, les boutiques, les Maeniana. — Tarquin orna le Forum de portiques; c'est-à-dire ([u'il distribua aux particuliers le terrain qui entourait le Forum, avec charge d'y bâtir des boutiques et de les orner de portiques^; il est probable que toutes ces constructions devaient être édifiées sur un plan uniforme. Les portiques avaient un étage supérieur formant une galerie couverte ou des loges d'où l'on pouvait suivre les jeux qui se donnaient sur le F<irum '". On appelait ces loges maeniana, du nom de Maenius, le premier qui en ait fait construire". Les maeniana du F'orum romain, situés à l'endroit appelé siib veterihns, c'est-à-dire près des lahernar r^rtercs dont nous parlerons tout à l'heure, étaient ornés de peintures de Sérapion'^

Parmi les boutiques f[ui s'élevaient sur le Forum, deux groupes sont particulièrement connus : ce sont les tabernac vetrves et les tabcrnae novae. Nous savons par un texte de Tite-Livo «[ue la basiliipie S(unpronia occupait l'emplacement de la maison de Scipion, ju'ès de la statue de Vertumne et à côté des tabrmar crtrres'-'. Or,

1 Corp. iHScr. lat. VI, loSÏ*. L'aimi'c lie ce consulat usl iiicerUiinc. — - Val-r. Ling. lal.\\ 131. — ;) l,iv. XXXII, 26; XXXVII, 3. — V Seiicc. Conlrov. IV, 27; cf. Nichols, The rom. Forum, p. 273. — B Dio, LVUl, 5 ; I.iv. XXXVIII, 59; Val. Ma\. VI, 3, 3; Tacil. An. III, 11; V, 0; Uisl. III, 74, liô ; Suol. Vitcll. XVU. — li /Jisl. nat. Vlll, 61, 3. — " Dioiivs. III, 67 ; Liv. I, 38, 56; Plin. /Jisl. iml. XXXVI, 2i, 1, -l. — 8 la Cloaca massima, dans BuU. d. coin. a. cotiiim. 1890, p. 93, pi. vn-vin. — 9 Liv. I, 33; Dion;s. II, 67. Il cNisUit il'aillcurs des porliiiuf . sm- le t'oiniin bien avanl Tar.pnn (cf. I)ionj>. lll. 21' — 'OVilniv. V,

la statue de Vertumne était sur le viens Tuscus (18) '• et on sait que la basilifjue Sempronia fut absorbée dans la construi:tion de la basilique .Julia. Ce texte nous permet donc do placer les tabernae veteres le long de la Voie Sacrée (l.'l) à peu près à la place où fut plus tard le porli<|ue(l7jd(! la basilique Julia i'10j(Voy. le planfig. '.i-lV.ij. Lorsque le soleil devenait insupportable aux promeneurs qui erraient suù novis, c'est-à-dire devant les tabernae novae, ils allaient chercher un peu de fraîcheur sub veteribus, c'est-à-dire devant les tabernae veteres ''.Que conclure de ce fait, sinon que les tabernae veteres étaient en bordure sur le coté sud du Forum où elles projetaient leur ombre? Renseignement qui concorde avec les précédents. Quant aux tabernae novae, le mémo texte démontre que, inondées par les rayons du soleil, elles étaient sur le côté nord du Forum. Et en effet Tite-Live dit que, derrière elles, on construisit la basilique Aemilia "■' (rf'j . On sait aussi que le père de Virginie, après avoir eiilrainé sa fille près du sacrarium de Vénus Cluacina, à côté des tabernae novae, saisit, pour l'en frapper, le couteau d'un boucher qui occupait l'une de ces boutiques (B) '" ;or ce sanctuaire était également sur le côté nord du Forum (Voy. plus haut, p. 12S8, n" iij.hc?> tabernae novae étaient ainsi appelées parce qu'elles avaient été reconstruites après un incendie". On connaît sur le Forum un autre groupi; de sept boutiques, qui fut aussi détruit par le feu ' '.

Nous avons vu plus haut ([ue les boutiques furent construites par des particuliers sur le terrain que leur avait donné le roi; cependant certaines appartenaient à l'Etal, car, après l'incendie des sept boutiques, leur reconstruction fut mise en adjudication par les censeurs-".

Les boutiques souffrirent, plus encore que les grands édifices, des incendies fréquents qui dévastèrent le Forum romain ; il serait sans intérêt de rechercher les désastres qui détruisirent ces humbles constructions. Simples boutiques d'un marché à l'origine, elles devinrent plus riches à mesure que le Forum devint lui-même un centre de promenade et d'affaires ; des banquiers y remplacèrent les bouchers, les marchands de comestibles et les maîtres d'école-'. On ne peut pas fixer de date pour ce changement qui se lit sans doute lentement et progressivement; la mention la plus ancienne qui soit faite des boutiques des banquiers remonte au triomphe de L. Papirius Cursor, en l'année 'i4o (= 30!) av. .I.-C.)--. Les jours de deuil public et les jours de comices, on les fermait-^; on les ornait les jours de fêtes et de triomphes". Elles disparurent peu à peu vers la tin de la République pour faire place aux magnifiques constructions du Forum impérial. (Pour l'emplacement des tabernae novae et veteres, voy. fig. 3251 ; V. des représentations de boutiques de changeurs et de banquiers, argentaru, p. 406, fig. 494, i'Jo).

17° Le temple de Castor (13). — L'expulsion des Tar- (juins fui suivie d'une série de complots et de guerres auxquels mil fin la bataille du lac Régille en l'année 238 1^= 496 av. J.-C). Pendant le combat, le dictateur

I; cf. plus liaul, p. 1279. — Il Isid. Oriii. XV. 3 : Fo^l. ap. Paul. Diac. s. T. .Maeniana : Ascoii. in Caec. dio. § 50. — 'î Plin. Hist. nat. XXXV, 37, 2. — » U> . XLIV, 16. — l^Varr. £1/1.9. /d/. V, 46 ; Ascon. in // Verr. I. .§ loi. Asconias appelle te viens Tuscus, vicus Turarius ; mais ces deux noms désignent la mémo me, cf. Cruq. i/i //or. Smn. II. 3, 228. — '^ Cic. Acnd. Il, 22. — «Liv. XL. 51. — 17 I.iï. III, 4S. — 18 Liv. XXVI, 27. — 13 Jbid. - » Liv. XXVll. 11.-31 Xon. Marc. XII, 53. — S2 Liv. IX, 40. — 23 Liv. lll, 27; IV, 31 ; IX,7 ; Varr. Amj. ?«(. VI, 91 ;Cic./'rorfom.XXI. — 2ï I,i"v. IX, 40.

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A. Poslumius fit vœu d'élever un temple à Castor' ; et on vit les deux Dioscures, sous la forme de jeunes gens d'une taille et d'une stature surhumaines, comhattre à la tête des Romains-; longtemps on montra sur un rocher du champ de bataille, l'empreinte du pied d'un de leurs chevaux'. Puis, l'ennemi vaincu, ils apparurent sur le P'orum, à la tombée de la nuit, abreuvant à la fontaine Juturne leurs chevaux baignés de sueur et annoncèrent la victoire à la foule rassemblée devant eux'. C'est au lieu même de l'apparition qu'on construisit le temple voué par Postumius ^. Le temple de Castor était donc sur le Forum et près de la fontaine Juturne * ; c'est bien là en effet que le placent le plan antique de Rome (fig. 3252) ' et le renseignement fourni par l'inscription d'Ancyre '. Il en subsiste encore des ruines imposantes et particulièrement trois belles colonnes corinthiennes (fig. 32.j0,1.")j. Quoique dédié aux deux Dioscures, Castor et Pollux, on le désignait généralement sous le nom de temple de Castor; c'est ainsi qu'il est nommé sur le plan antique et par de nombreux auteurs. Bibulus, édile avec César, et dont le nom était effacé par celui de son illustre collègue, disait plaisamment qu'il était sacrifié comme Pollux, dont le nom était omis dans le vocable du temple, dédié cependant aux deux Dioscures '. La dédicace eut lieu le 27 janvier '" de l'an de Rome 270 (=; 484 av. J -C); elle fut faite par le fds du dictateur Postumius auteur du vo'u, nommé duumvir à cette occasion ".

Le temple de Castor fut reconstruit 3()7 ans plus lard, avec le butin, par L. Caecilius Metellus Dalmatiens'^, consul enrannée637 deRome( = 117 av.J.-C.)qui l'orna de statues, de tableaux et du portrait de la courtisane Flora '^ Cicéron accuse Verres d'avoir profité de cette construction pour faire des gains illégitimes". Une seconde reconstruction fut faite sous Auguste, par Tibère qui dédia le nouvel édifice en l'année 747(= 7 av. J.-C.),au nom de son frère Drusus et au sien '°. Caligula fit ouvrir dans la cella du temple une porte qui donnait accès à son palais du Palatin, disant que les deux Dioscures, fils de Jupiter et de Léda, seraient désormais ses portiers"^. Lui-même, assis entre Castor et Pollux, venait recevoir les adorations des visiteurs''. Claude remit le temple dans l'état primitif".

Au jour anniversaire de la dédicace, c'est-à-dire le 27 janvier, on célébrait à Ostie des jeux en l'honneur des Dioscures '\ Le 15 juillet, jour anniversaire de la bataille du lac Régille et de l'apparition des Dioscures, les chevaliers couronnée de rameaux d'olivier, vêtus de robes de pourpre et portant les décorations gagnées sur le champ de bataille, au nombre de cinq mille, se rendaient en

I Liv. n, 211, 12. —2 Dionvs. VI, 13; t'iul. Coriol. III; Val. Mai,. I, 8, 1.

— 3 Cic. De nal. Dsor. III, S. — * Dionys. /. c. ; l'iutarcli. /. c. — s Ibid.

— c Ihiil. ; Ovid. Fmt. I, 708 ; Cic. De nal. Dmr. 111,5; Suet. Caes. X. — 1 Cf. Lanciani, yolhie, 1882, p. 233, (il. xiv. — « Jtes ycst. div. Aug. IV, 1, 13.

— 9 Suet. Caes. X; Dio, XXXVII, 8; cf. Lanciani, NoHzie, 1882, p. 234.

— 10 Corp. inscr. lat. I, Commciitarii diurni, 27 janvier ; cf. Ovid. Fast. I, 70o. Tite-Live (II, 42) assigue à la di'dicace la dale des ides de juillet (15 juillet). Cette date, qui est en contradiction avec celle des calendriers, est aussi la date de la bataille du lac UégiUe. M. Monimsen pense avec vraisemldance (Corp. inscr. lat. t. c.) que la construction du tctnplc ayant eu la bataille pour cause, Tite-Live acoiifoiulu les deux dates. Ceux qui n'acceptent pas cette conjecture doivent admettre que le lenq>le fut dédiC' la première fois le 15 juillet, puis, aprùs sa reconstruction, le 27 janvier. — H Liv. Il, 42. — 12 Cic. J^ro Scaur, frag. p. 87 du t. XXl.K de lïdit. Leclerc; // Verr. I, 31); Ascon. Pro Scaur. (d. Orelli, p. 28; in II Xrrr. I, § 151. —13 Plularch. Powp. 11. — H Cic. Il, Verr.I, 30 :[Vcrrcs| « qui mauubias sibi tanlas ex L. Mctelli mauubiis fcccrit ». Ihid. 3a, 50. Voir l'cx-

procession au temple de Castor après avoir célébré un sacrifice solennel ^°.

Le temple de Castor, placé sur un podium élevé, était un temple octastyle, avec onze colonnes environ sur les côtés. Il était complètement revêtu de marbre pentélique; toute son ornementation était pure et d'une élégante simplicité'". On y montait de la Voie Sacrée par un large escalier; deux escaliers latéraux descendaient l'un vers le vicus Tuscus (18), l'autre vers Tare d'Auguste (14). Il avait une cella où était déposée une partie du trésor; on y avait établi un bureau où l'on conservait des types des poids autorisés; et ceux que les particuliers y avaient fait vérifier portaient l'inscription Cxaclum ad casloris". Sur le Forum, en face du temple, on érigea une statue à Marcius Tremellus, vainqueur des Herniques^^

La situation élevée du temple de Castor lui donna une grande importance dans les trouldes politiques et il fut le théâtre de scènes violentes^'. Le Sénat y tenait des séances ^'^; c'était un centre d'affaires très fréquenté"; Cicéron l'appelle « celeberrimum clarissimumque monumentum » " et il salue Castor et Pollux comme « omnium rerum forensium, consilioruin maximorum, legum judiciorumque arbitri et testes » -'.

Le temple de Castor est représenté sur un des basreliefs du Forum (fig. 3267, 15)^'.

Tel était l'état du Forum romain quand les Gaulois, maîtres de Rome, le ravagèrent et en détruisirent presque tous les monuments, en l'année 364 (= 390 av. J.- C).

18° Le temple de la Concorde [Pi). — Le vote des lois liciniennes fut un grand événement dans l'histoire de Rome ; en rétablissant l'union entre les deux ordres, elles permirent à la République pacifiée à Tintérieur de s'étendre au dehors (an de Rome 387 =367 av. J.-C). Mais ces lois, vivement combattues par les patriciens, ne passèrent pas sans graves désordres. Au milieu d'un tumulte plus violent que tous ceux que le Forum avait vus jusqu'alors, Camille fit vœu d'élever, aussitôt que la paix serait faite, un temple à la Concorde. Dès le lendemain du jour où les lois furent votées, on décréta l'érection du temple voué par Camille^".

Ce temple fut construit dans un lieu d'où il dominait le Forum et le comitium ^',près de la prison", du temple de Saturne et du clivus Capitolinus^'', entre le Capitule et le Forum-'', près des r/mdus Monetae'^^. Ces renseignements sont confirmés par le fragment du plan antique sur lequel on lit son nom (fig. 3252). L'emplacement attribué à cet édifice (6) est donc certain.

On ignore la date de la dédicace du temple de Camille. Une Victoire, qui en couronnait le faîte, fut renversée par la foudre ; les antéfixes étaient ornées de Victoires "^.

pose*! complet de cette alïaire dans Xjciiols, Tlic rom. Forum, p. 100 et s. — lîiDio, LV, 27; Suet. Tib. XX; Ovid. FasI. I, 703 et s. : • Kralribus illa (templa) deis fralres de geute dcorum .i. — tc I)io, LIX, 28 ; Suet. Calig. XXII. — '7 Suet. /. c.

— 18 Dio, I.X, tî. — 13 Corp. inscr. lat. I, Comment, diiirni, 27jauvier; Corp. inscr. /ni. XIV, i. — aoDionys. VI, 13; Corp. inscr. lat. I, Commenlar. dium. ISjuilIel.

— 21 Cf. Middleton, The remaiiis of anc. Rome, I. 270 et s. — 22 i;ic. Pro Sexl. XV ; //, Pis. V ; Pro dom. XXI ; Plutarch. Cat. miu. XXVIII ; Syll. VIII. — 23 Cf. (iatli, Annati deW isl. arch. di lioma, 1881, p. 182; cf. Borsari, AIti dei Lincei. Mcmorie, 3» série, t. XIII (1883-1884), p. 410. — 21 Cic. P/iilip. VI, .'i, 5 ; Liv. IX. 4.'!; l'iin. Nisl. nal. XXXIV, 11. — 2Ô Cic. Il, Verr. I, 4!l : .■ Ouo sacpenumero senatus coinoc:itur «. — 2G /hid. : »< Quo maxiniarum rerum frec|uentissiniac quotidie advocationcs fiuut. » — 2; Cic. /. c. — 28 In Verr. V, 72. — 2;i Voir des dessins de cbapileaux et de frises du temple de Castor, dans Dutert, le Forum romain, pi. xn, XMi. — '.m Plutarch. Cam. XLII ; Ovid. Fast. 1, 041 et s, — 31 Plularch. /. c. — 32 Dio, I.VIII. 11. —33 Serv. ad Aen. Il, IKi; Cic. Phil. II, 7. —31 Fcsl. s. V. Senacula. — 3B Ovid. Fast. 1, 638. — 36 Liv. XXVI, 23.

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En l'année de Rome 633 (= 121 av. J.-C), le Sénat, après ladéfaite et la niorl, (le C. Gracchus, décréta que h; temple serait reconstruit par Opimius'. Le peuple, mécontent de la défaite de Gracchus, le fut plus encore de voir un monument, érigé en souvenir d'une victoire plébéienne, reconstruit comme témoignage du triomphe de l'aristocratie; et, une nuit, on écrivit au-dessous de l'inscription du temple ces mots : « La Discorde élève ce temple à la Concorde^ n. Sous le règne d'Auguste, le 1" janvier de l'an de Rome 747 (== 7 av. J. C), Tibère inaugura son consulat en convoquant le Sénat à une séance où il se fit charger de reconslruire le temple de la Concorde'. L'édifice fut, comme 1(^ temple de la Concorde, dédié par Tibère, en son nom et au nom de Drusus son frère'' déjà mort, le 16 janvier'' de l'année 763 (= 10 ap. J.-C.) ", sous le vocable nouxeau. de Concordia Augusta ''. Pendant un voyage ù Paros, Tibère avait contraint les habitants de cette ville à lui vendre une statue de Vesta qu'il destinait à l'ornementation du temple encore en construction'; Livie, sa mère, avait donné l'autel et d'autres présents'. On admirait, dans le temple de la Concorde, un Marsyas lié, peint par Zeuxis '", un Bacchus de Nicias", quatre éléphants en obsidienne, pierre qu'Auguste aimait à cause de sa transparence '-, enfin une sardoine qui, s'il faut en croire les traditions, provenait de la bague que Polycrate, tyran de Samos, avait jetée dans la mer pour désarmer la Fortune '^ Il était orné aussi d'un grand nombre de statues d'artistes grecs en renom : Bâton ", Euphranor'% Niceratus '°, Piston '", Sthennis'*. On voit que Tibère avait fait du troisième temple de la Concorde un des plus beaux édifices de Rome " et un véritable musée.

Les restes du temple de la Concorde, quoiqu'ils ne se composent guère que du podium, permettent de se rendre compte de sa disposition. La cella, plus large que longue, a encore les piédestaux de deux statues (rf'). En avant, était un très vaste portique ; on y arrivait par un escalier divisé en deux parties -''. L'inscription, aujourd'hui disparue, nous a été conservée par l'anonyme d'Einsiedlen ^'. Devant le temple s'étendait une area, à laquelle le mur circulaire qui se voit encore derrière les rostres (8) servait sans doute de soutènement.

Comme le temple de Castor, le temple de la Concorde eut une grande importance politique : il fut le théâtre d'événements tumultueux "; le Sénat s'y réunissait souvent^'' : c'est là que Cicéron confondit les complices de Catilina, dévoila au Sénat tout le complot, et prononça sa quatrième Catiiinaire -\ Un procès-verbal des Actes des Frères Arvales nous a conservé le souvenir d'un sacri-

I Appiaii. Bell. civ. 1, 26 ; Plularch. C. Gracch. XVII. — 2 Plularch. (. c. : « 'Epyov àiîovoîtt; va^v ôjiovot'aç Tiaitt «. Il est probable que, on même temps que le temple, Opimius construisit la basilique Opimia qui portait son nom et qui était voisine du temple; cf. Varr. IJng. lat. V, l.i6 ; « senaculuni supra Ciraecoslasim ubi aedis Concordiac et basilica Opimia ■'. — '-i Dio, LV, B. — * Dio, LVI, 25 ; Suet. Tib. XX. — ^ Corp. inscr. lat. t. I, Comment, dhini. 16 janvier; Ovid. J^ast. I, 637.

— C Dio, /. c. (-S. le commentaire de Moinmsen dans Cojy. inscr. lat. l. c, — "' Corp. inscr. lat. l. c. ; cf. Jordan, Ephrm. e/iigr. 1, 236. — 8 Dio, LV, 9.-9 Ovid. Fast. I, 64!l. — 10 ['lin. Hisl. nal. XXXV. 36, G. ~ il /Airf. -M, 7. — 12 Id. XXXVI, 67. — 13 Id. XXXVII, 2. — li Id. XXXIV, lu, 24 : statues d'Apollon et de Junon.

— i5/4irf. 19, 27 : une l.atoue tenant Apollon et Diane. — 10 Iliid. 19, 30 : Esculape et Hygie. — n /i/,/. 19, :)0 : Mars et Jlercure. — '8 /bid. 19, -iO : Céi-ùs, Jupiter et Minerve. — '9 On conserve ;i Home, dans le musée du Tabularium, un magnilique fragment de laconiiclie du temple ; il permet de juger de la beauté de l'édifice. On en peut voir un dessin dans Dutert, le Forum romain, pi. xiv. Cf. Middieton, 7'he rem. of anc. Jlome, I, p. 335. — 20 Sur l'état actuel du temple de la Concorde, cf. Middielon, Op. laud. l. I, p. 333 et s, — 21 Corp. inscr. lat. VI, 89. — 22 Cic. PliiL 11.7; VII. S Pro Sf.rl. XII : S,allust. Clil. XI.IX. — -'! Sallust, Cal.l. XI.VI.

fice à la déesse Dia offert pour le salut de l'empereur Antonin in pronao aedh Concordiae, le 7 janvier de l'année 898 (=li"» ap. J.-C.)-'. C'était un des lieux où les Frères Arvales se réunissaient pour les coopialio " et où ils prononçaient l'înc/ic/fo solennelle des sacrifices". Les auteurs mentionnent plusieurs pluies de sang qui tombèrent, pendant deux jours, sur l'area du temple de la Concorde^'.

19° Les roHtra vêlera; le milliaire d'or; l'umbilicus. — Nous avons vu que, après le Vulcanal, le comitium fut le lieu où les magistrats haranguaient le peuple; on ignore à quelle époque une tribune y fut construite à cet effet. En l'an de Rome 416 (= .'WS av. J.-C), C. Maenius triompha dos An tiates et orna la tribune avec les rostres des vaisseaux pris à l'ennemi^'. C'est le premier témoignage historique que l'on ait de l'existence de la tribune, qui, depuis cette époque , s'appela les Rostres '". Tite-Live nous dit bien que les statues des ambassadeurs tués par les Fidénatcs furent placées sur les Rostres en l'année 316 (= 438 av. J.-C.)^' ; mais ce texte, où la tribune est, par anticipation, appelée Rosira, ne prouve pas qu'il y ait eu, dès cette époque, une tribune proprement dite. Peu auparavant, nous voyons en l'an de Rome 303 (= 449 av. J.-C.) Appius Claudius convoquer encore le peuple au Vulcanal ". 11 semble donc probable que la tribune fut construite entre la chute des décemvirs et la victoire de C. Maenius sur les Antiates. Elle était située sur les confins du comitium et du Forum'-'". Lesorateurspouvaient ainsi se faire entendre à la fois des patriciens et des plébéiens. Ce fut longtemps un usage que l'orateurparlàt tourné vers le comitium ; mais C. Gracchus" ouLicinius. Crassus" introduisirent l'habitude de se tourner vers le peuple comme vers le véritable souverain. La tribune était en outre très rapprochée de la curie, car Cicéron raille ces tribuns qui, pendant les funérailles de Clodius, continuèrent, de la tribune, à exciter le peuple par leurs discours, jusqu'à ce qu'ils furent obligés d'en descendre par le feu qui consumait la curie ^^

La tribune avait été consacrée par les Augures; c'était donc un temple^".

Les rostres du comice étaient ornés ou entourés de nombreuses statues : celles des ambassadeurs tués par les Fidénates, dont nous avons déjà parlé''; la statue de Camille ■", la statue équestre de Sylla. en bronze doré '", la statue de Pompée "; deux statues de César, lune avec la couronne civique, l'autre avec la couronne obsidio-

XLIX ; Cic. Phil. II, 7 ; Lamprid. Alexand. VI ; Prob. XI ; Capitolin. J/oj. et Balb. I. — 2V Sallust. Catilin. XLVl. — 2î Galli, In nuovo fragmenta degli aiti de' frntelli Arvali, dans Ballet, del coin. arch. comunale, ISS6. p. 361 et s. — 26 Henzon, Acta Fratrum An^alium. p. 151. — 27 Id. /bid. p. 5. — 2S Liv. XXXI.X, 56 ; Jul. Obseq. LIX, LX. — 29 Liv. Vlli, 14; Flor. I, Il ; Plin. Hist. nat. XXXIV, 11. Ces rostres étaient au nombre de six (cf. Florus, /. c). — 30 Liv. /. c. — 3* Liv. IV, 17. Cicéron dit que ces statues subsistèrent jusqu'à sou temps [Phil. IX, 2). — 32 Oionys. XI, 39. — 33 Cic. Pm Sexf. XXXV ; De amieil. XXV ; Plut. C. Gracch. V. — 3V PluUrch. /. c. — 35 Cic. De amie. XXV. — 36 Cic. Pro Mil. V : ff Hujusaudiusti Iribuni plebis illae intermorluae conciones ■■. Cf. .\scon. in Mil. § XII. Cicéron. dans un autre discours, dit que la Tribune était pr^s de la Curie afin que celle-ci pût la surveiller et la modérer : « Speculalur atque obsidet lostra, vindcl temeritalis et nioderatrii oflicii curia • (Pro Flaec. .XXIV). — 37 Liv. VIII, 14 : « Rostraqne id tempUmi appcllalum ». Cic. /« Yaiin. X. 24 : « In rostris. in illo inquaniaugurato temple acloeo». Cf. Liv. II, 56 ; Ul, 17. — 33 Liv. IV, 17 ; Cic.PAi7. IX, 2. — 39piin. W.sr n.i/. SXXIV. 1 1 , 2 ; Liv. VIII, 13. - WDio, XLII, 13 ; Cie. Phil. IX. 6. 13; Appian. Bell. cir. I. 97.— M Dio. XLIL t*. XI.III. 49; Velk-iu-, 11, 61.

Fig. 3239. — Les rostres du Comitium.

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nale ' ; à ces rostres se livrèrent les combats incessants entre l'aristocratie et la démocratie-; Cicéron y prononça deux de ses Calilinaires; on y exposa la tète d'Antoine, orateur et soldat, qui avait illustré la tribune par son éloquence, et l'avait embellie avec le butin conquis sur l'ennemi', les tètes du consul Octavius'' et des victimes de Marius et de Sylla ; '' les cadavres de Sylla*^; et de Clodius' y furent exposés avant leurs funérailles. C'est aux rostres qu'étaient fixées les douze tables de la loi*. On y avait aussi érigé la colonne rostrale de Duilius", vainqueur des Carthaginois en l'an de Rome 494 (= 2tJ0

av. J.-C.)'". Un fragment considérable de l'inscription de cette colonne, trouvé près de l'arc de Septime Sévère ", est aujourd'hui déposé aux palais des Conservateurs '-. L'année même de sa mort, en l'année 7 10 (=44av.J.-C.), César transféra les rostres du comitium sur le Forum ", à l'endroit où l'on en voit encore aujourd'hui des restes considérables (8). L'attribution de ces ruines aux rostres de César est certaine; Tocco l'a prouvé le premier''; ils formaient l'extrémité du Forum à l'ouest, comme l'arc de Fabius la formait à l'est '^ Un bas- relief de l'arc de Constantin, déjà signalé par Canina, et depuis par de

(lu, 17)

3ic;o, — L'emiieroiir à la tribune d'après ini kis-relief ilc lare de Constantin.

nombreux auteurs"', en donne une démonstration tout à fait évidente (fig. 3260). L'empereur y figure, debout sur les rostres (8), haranguant le peuple; la foule se presse autour de la tribune; à droite on voit l'arc de Septime Sévère avec ses trois arcades (7); à gauche l'arc de Tibère (20) avec son are unique sous lequel passait la Voie Sacrée (13); puis la basilique Julia (1C>, 17). Sur un

autre bas-relief, du temps de Trajau ou d'iladrien, qui a certainement servi à l'ormentation de la tribune reconstruite par César, l'empereur fait brûler devant les rostres'' les livres où sont inscrits les noms des citoyens en retard avec le fisc (tig. 3261). La tribune y est représentée d'une façon symbolique et non réelle, par des rostres ; mais ce bas-relief a l'intérêt tout particulier

(lti-17) Fi". 3261. — Bas-relief l-epr.'selitanl des monuments <lii Foiutn.

de nous donner les vues de plusieurs monuments du Forum. Derrière la tribune (8), en effet, apparaît le temple de Vespasicn (o) dont trois colonnes sont encore

1 Vcllcius. /. c. ; Dio, XLIV, 4. On y voyait aussi la statue dOclavius (Cic. Phil. IX, 2j. Uicéron en fit voler une à Sei-v. Sulpicius (Rurus Phil. IX). — 2 V. ce queuo'js avons dit sur les troubles politiques du Forum et du comitium (p. 1279- 1280). Cf. aussi Xichols, The rom. Forum, p. iOU et s. — 3 Cic. De Oral. III, 3 ; Flor. 111, 21. — lAppian. JOell. cil). 1, 71. — S Jl/id. 94; Flor. t. c; Dio, Ji'ragm. cxix. — <■ Appian. Jietl. cin. cvi. — 7 Dio, XL, 49. — * Diodor. XII, 26. — 9 Serv. In Geortj. III, 29. — W Plin. I/isl. nat. XXXIV, H, 2; Sd. Itai. VI. fi63 ; Qnint. I, 7. Scrvius (l. c.) dit que la colonne de lluilius était : in ros-

ilcliiiut (fig. .3250, 3); à ctMé un arc qu on n'a pas encore déterminé d'une manière satisfaisante; peut-être est-ce tout simplement une des arcades du premier étage

tris ; les autres auteurs disent : in Foro. — " Corp. iiiscr. lai. I, 193. — '- Helbig, Guitlc dans les musées d'arch. classique de Home (trad. Toutaiii), n° S43. — ^ Dio, XUII, 49; Ascon. In or.pro. Milon.^XH; Diod. XII, 20. — i* lUsprislinazioiie del foro rommto, Kome, i«58, p. 20. — li'Scnec. De const. sap. I ; cf. Jordan, Tupograph. der Sladl liom, I-, p. 209, n. 44 et 230, n. 03. — '» Cf. Jordan, Sui rosiri del foro romam. dans Annali deli iatit. di corr. arch. 1883, p. 49. — n La tribune est liguréc par un lostrc do navire sculpté, à droite, sur la pii'rre à laquelle est appuya' le dei-nier personnage de la seiïne.

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(lu TaliLilai'iiiin (1). On voit onsiiilc uno parLii' du Irouton el les six colonnes ioni(|UOS du tcniiil(3 de Saturne il!)), puis la basiliqui^ Julia (I(i-I7)'. A la suite la slatur: de Marsyas et le figuier ruminai, symboles du Forum et du comitium -.

Les restes de la tribune retrouvés et identiliés avec certitude, on chercha à la reconstituer telle qu'elle subsista sous l'empire. On lit, à cette intention, en 1882- 1883, des touilles spéciales dont Jordan a rendu compte d'aprùs un rapport de Fabricius ^ Ces fouilles donnèrent de bons résultats, mais incomplets, parce qu'on ne s'occupa pas de rechercher quelle pouvait être la profondeur de la tribune. M. Richter, par des fouilles nouvelles, compléta les informations sur ce point'. Il arriva ainsi à démontrer que la tribune était une vaste plate-forme, élevée de trois mètres environ au-dessus de l'area du Forum, présentant, sur cette même area, une façade de 23"", 69, ornée de deux rangs de rostres et regardant vers l'est; quant à la profondeur du monument elle était de 10 mètres. Le sol même de la tril)une était soutenu par des pilastres que les fouilles de M. Richter ont mis au jour''. A l'aide de ces documents et du bas-relief de Constantin (lig. 3260), M. Richter a fait une intéressante reconstitution de la tribune'^. Aux extrémités, deux statues colossales, assises, reposant sur des bases, probalilement celles de Stilicon', dont l'une est encore sur le Forum' (/) ; tout le long de la façade, sauf au centre, règne une balustrade en marbre. Cinq colonnes supportent des statues'. On avait accès à la tribune par un escalier, situé en arrière, du côté de l'area du temple de la Concorde, à laquelle le mur demi-circulaire qui existe encore (8) servait sans doute de soutènement; en gravissant cet escalier, on passait entre les deux beaux bas-reliefs qui se voient encore sur le Forum (24, fig. 3261 et 3267); ils appartenaient à une restauration de la tribune faite parTrajanou Hadrien'". 11 est probable que la construction de basse époque, en briques, accotée au côté nord des restes de la tribune [h) était une base destinée à supporter des statues".

César, après avoir décrété le déplacement de la tribune, laissa à Antoine l'honneur de la reconstruire et la gloire d'inscrire son nom dans l'inscription '-. 11 y lit replacer les deux statues de Sylla et de Pompée, ce dont on lui sut gré ", car elles avaient été enlevées des rostres du comitium après la bataille de Pharsale'*; toutefois

* La basilifiue Jiili;i, rccouDaissable sur ce dessiu, est beaucoup mieux conservée sur le bas-relief de l'arc de Conslantiii (fig. 3i60/ et sur 'autre bas-relief des rostres reproduit plus bas (fif^. :ï267). — - Le figuier rumiuai et la statue de Marsyas figurent encore dans la fig. 3261. Ces deu\ bas-reliefs n'intt^ressent notre travail (lu'au point de vue topographique; il n'y a pas lieu de discuter ici les opinions relatives au-v scènes diverses qui y sont rcprc'scntres. De nombreux auteurs s'en sont occnpt.^, sp<!cialeineut Ileuzen {Itilievi di marmo scopei'li net fvro romano, dans lluUet. d. iuatit. di c. a. 187i, p. 273 et s.), V. les indications bibliographiques données par Jordan {Topoi/raph. 12, p. 220, n. 55) ; v. aussi Marucchi. Descr. du Forum romain, p. 151) et s. et le travail plus récent de Cantarelli, Osservazioni suUe scène storiche rappresentate nei due bassiritievi marmorei det foro romano dans IJutlet. d. comm. arch. comun. 1889, p. 99. — ^Jordan, Sut rostri det foro romano, dans les Annati detV istit. arch. 1883, p. 23 et s. et Monumenti detl' ist. arcfi. t. XI, pi.' xlix. — * Scavo ai rostri del foro romano, (huis Bullettino deJV ist. arch. 1884, p. 113 et s. — "Suivant Florus(I, 11) les anciens rostres furent transférés de l'ancienne tribune à la nouvelle. Sur les fouilles et la description de la tribune, cf. llichler, Scavo ai rostri, etc. ; Jtekonstruktiou und Gesvhichte der rômischen liednerbùhne, 1884 ; Vie rôniische Hednerbùtine, dans Jahrbuch der k. d. arcliâotog. Instituts, t. IV (1889), p. 1 cl s. — 6 Die rôm. Itednerb. dans Jahrbuch, p. 3 et 1 4. — 7 Ibid. p. 16. L'une de ces bases {Corp, inscr. tat. VI, 1731) est dans les jardins de la villa Médicis. — 8 Corp. inser. lat. VI, 1730. — » Jusqu'ici cette rcconslitutlon est parfaitement justifiée par le bas-i-olief de l'arc de Constantin. 11 est regrcUaMe tpie la partie supérieure do la Iribtiiic soit seule représentée sur ce bas-relief, de telle sorte que les rostres n'y

Fig. 326». — Magistrats siégeant à la tribune.

Cicéron fait remarquer avec malice qu'il se donnait ainsi le droit d'y rétablir aussi les siennes''. .\ux statues transférées des anciens rostres, on ajouta une statue équestre du jeune Octavianus, âgé alors de dix-neuf ans". Enfin on admirait, près des rostres, une magnifique statue, en bronze, d'Hercule expirant sous la tunique de Nessus ' ' . Nous voyons sur le bas-relief de Constantin Hig. 3200) la tribune ornée de colonnes supportant des statues; or on sait que le Sénat, entre autres honneurs, décréta qu'on élèverait à l'empereur Claude II, sur les rostres, une colonne ornée de palmes et surmontée de sa statue en argent, du poids de quinze cents livres". Une inscription de Rome mentionne l'érection sur les rostres d'une statue en bronze et en argent de l'empereur Honorius '''. Enfin il y avait, près des rostres, un édicule au génie du peuple romain -''qu'.\urélien orna d'une statue en or-' ; on y sacrifiait le 9 octobre --. C'est sur ces rostres que furent exposés, par ordre d'Antoine, les mains et la tète de Cicéron -^; c'est de là aussi qu'Antoine parla au peuple devant le cadavre de César-'".

Les rostres sont représentés sur deux monnaies. Un denier de la famille Lollia montre la tribune posée sur une série d'arcades que supportent des piliers auxquels sont fixés les éperons (fig. 2359/'. Cette attribution a été contestée -'^. 11 est probable cependant que ce type représente les anciens rostres du comitium, et que la forme ovale qu'ils semblent avoir sur cette monnaie est due uniquement au graveur -". Une autre monnaie, appartenant à la gens Sulpicia, frappée vers l'an de Rome 718 (=36 av. J.-C.) représente deux magistrats siégeant sur la tribune figurée sous la forme très rudimentaire d'un simple suggestus symbolisé par trois rostres (fig. 3262) ^\

A la tribune étaient attenant deux monuments dont on ne peut guère la séparer, quoiqu'ils soient, l'un et l'autre, d'une époque plus récente : le milliaire d'or (f) et Vumbilkus RoDiae (e).

Le milliaire d'or était une colonne à laquelle venaient aboutir toutes les routes qui traversaient l'Italie*'. Ce n'était pas cependant de ce milliaire, mais des extrémités de la ville que, légalement, on devait compter les distances'". Le milliaire d'or fut élevé par Auguste

figurent pas. — ••> Cf. Richter, Topographie toji Jiom, dans Handbuch der ktass Atterthnmswissenchaft , t. III, p. 789. — 1* M. Nichols {The rom. forum, p. 217) pense avec raison que l'expression in rostris, chez les auteurs, quand il s'agit de statues, doit souvent s'entendre dans le sens de : prés des rostres, aut rostres ; s'il en était autrement les rostres auraient été par trop encombrés. — H Dio, XLIII. 49. — la Il,id. — li Dio, .XLII, IS. — 15 Plut. Caes. LVII : Apophttgm. Jioman. Cicer. XX. — •»» Vel. Palerc, II, 61. L'inscription de la statue indiquait l'âge il'Uctaviauus qui avait mériti* si tôt un honneur dé-cerné seulement, dans l'espace de trois cents ans. à Sylla. à Pompée et à César (Paterc. .'. et. — t7 pUo. Hisl. nal. XXXIV, 19, 42. — 18 TreboU. Pol. Ctaud. III. — 1» Corp. imer. tat. VI, 1195. — 20 Corp. inscr. tat. I, Commentar. diurn. 9 octobre; cf. Dio, XL\'ll, 2. —21 Cf. Mommsen, i'eber der Chronograph. vom Jahre 354, p. 648; tiinos. l'rb. et De regionib. reg. VIII, dans l'rlichs, Cad. urb. Rom. Topogr. p. 10, II. — 22 Corp. inscr. tat. I, t.c— 23 Liv. Epist. CXX; .\ppiau. Bell. cit. IV, 20 ; Dio Cass. XLVII, 8 ; Juveual. X, 120. — il .\ppian. Bell. cic. Il, 1+3 : Dio. XLIV, 35; Plut. Caes. LXVIII. Sur les rostres sous l'empire, cf. plus haut, p. 1281 ; Niehols, The rom. forum, p. 204 et s. ; Kirhtcr, Rekonstrukiion und Geschiehle der rômisch. Bednerbùhne, dans Jahrbuch. ISS9. — 25 Babelon. Descr. det monnaies de la République romaine, L II, p. 14*. — 26 Cf. entre aulr«s Becker, Handbuch der rùm. Alterthilm. I, p. 290, n. 488 ; p. 698. 699. — 27 Cf. Jordan. Sui rattri del foro rom. dans .Innad, 1883, p. il. 52. — M Babelon, J/on. de ta Rép. II, p. 476. Suivant Babelon, les deux magistrats siégeant sur la tribune sont .\ugust« et .\grippa. — 29 Plul. Galb. XXIV. — 30 J)igesl. !.. XVI. I,î4 : Mille passas non a, miliario L'rbis sed aconlincnlibus aedilîciis uumerandi sunt. ^

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en vertu de sa charge de curateur des voies des environs de Rome'. 11 était situé à l'extrémité du Forum*, près du temple de Saturne (19)'; dans les catalogues il est mentionné immédiatement avant le vicits Jugarhts [a') qui, seul, le sépare du temple de Saturne '• ; ou avant la basilique Julia (16) ^ Ces indications concordent bien avec l'emplacement que les archéologues attribuent au milliaire d'or. On a d'ailleurs trouvé à cet endroit, dans les fouilles de 1849-50, les restes d'une base en marlire, cylindrique, encore en place, concordant parfaitement par sa forme, son style et sa situation avec ce que l'on sait du milliaire d'or. Cette base, d'abord enlevée de son lieu d'origine, a été ensuite remise là où on l'avait trouvée ^ Un seul souvenir historiqui," s'attache au milliaire d'or : c'est là qu'Othon avait donné rendez-vous aux quelques soldats qui commirent envers Rome le double crime de le porter à l'empire et d'assassiner Galba'.

U Unibilicus Ilomae est un monument de beaucoup plus basse époque. On est maintenant d'accord pour ne pas l'idenlitier, comme l'a fait Becker*, avec le milliaire d'or. A l'extrémité nord de la tribune, on voit les restes d'une base circulaire, en briques, autrefois, sans doute, recouverte de marbre (e). Ce sont, d'après l'opinion généralement admise, les restes de VUmbUicus Romae. L'itinéraire d'Einsiedlen confirme cette attribution : .S'. Srrgiiibi umbiliciim ^ Or l'église de Saint-Serge était située derrière les rostres (8) sur l'area du temple de la Concorde ((V) et sur le vicus Jugarius '". Le Curiosum ne mentionne pas Vumbilicus, mais le Dr rcgionibus le nomme immédiatement après le temple de la Concorde". Ce monument, réminiscence sans doute de Vô\j.oaloq des Grecs, fut probablement élevé à l'époque de Constantin.

^(»° La staliir de Marsyas. — Il existait sur le Forum, près des rostres '-. du tribunal et du putéal de Libon'^ une statue célèiire du satyre Marsyas. Le satvre était représenté nu, portant une outre sur l'épaule, la main levée. 11 figure sur les bas-reliefs trouvés au Forum (fig. 3261, 3267), symbolisant, avec le figuier ruminai, le Forum et le comitium ; il sert aussi de type à une monnaie de L. Marcius Censorinus, monétaire vers l'an de Rome 670(=8i av. J.-C.) '', à côté d'une colonne surmontée d'une statue. Autour de la statue de Marsyas se réunissaient les avocats et les plaideurs '°. Un jeune homme fut condamné aux fers par les triumvirs pour

1 Dio, I.IV, S. — 2 Pli,,. i/,-.,(. „„(. 111^ ,1^ i3 ,4 . jn capiie romani Kori. Pline clo„uc dans ce tcvlc la dislance du milliaire aux douze |ioiics de la ville et aux deniiôres maisons, en suivant les rues attenant à toutes les grandes voies; c'està-dire à l'endroit d'où coniiuençaient à compter les milles pour ces voies (cf. Dig. l. c). — :i Tacit. nisl. XXVII : suli aedem Saturni; Suct! Otho, VI : in Foro, sul) aede Saturni. — '* Curioi. Lrbis^ reg. Vlll, dans Uriichs. Codex Urb. Rom. Topogr. p. 10, 10. — &I)e regionib. reg. Vlll, dans Uriichs, p. Il, 12. —G cf. Jordan, Topograph. der Slailt Jiom, 12, p. S44, 243; Id. Sui rostri del foro romano, dans Annali del ist. arch. iS83, p. 57 ; Middleton, The remains of anc. Rome, 1. 1, p. 263. — 1 Tacil. Hist. ], 27; Plut. Galb. XXIV. — i Handliuch der rdm. AU. I, p. 360. — 3 i, 5. 7, 7, cita par Jordan, Top. der Sladl Rom, 12, p. 246, n. 79. — 10 Cf. Huclscn, Riillet. d. corn. arch. corn. 1S88, p. 155-lôC, pi. x; Mittheilung. d. k. d. arch. Insl. t. III (1888), pi. vni. — Il Ileg. Vlll, dans L'rlichs, Cod. Urb. Rom. topogr. p. 11, 11. — 12 Acro, in Ilorat. Serm. I, G, 120 : Marsya statua orat in rostris. Cf. Cruq. Ibid.; Sencc. De benef. VI, 32. — '3 Cola ressort du rapprochement île plusieurs toiles : (Horat. Serm. I, 6, 120; II, 033; Ep. I, 19, S. Cf. Hichter, Topogr. v. Rom, dans Handbueh d. Idass. Alt. III, p. SOI). Faut-il, pour concilier le voisinage simultani! du putfal, du tribunal et îles rostres, conclure qu'il s'agit des rosira du lemple do Cd-sar? — M E. Bahclon, Mon. de la Ri'publ. 11, p. 105. - 15 Ci'uq. in llor. .Serm. 1, 6, 120 : " ad quam soleliant convcnire causidici " ; Acro, /bid. : « Solebant homincs illi convenire qui inter se lites atquc negotia componebant .. IC Plin. //isl. nat. XXI, 0. — 11 Senec. De heiief. VI, 32; Dio, LV, 10; Plin. Hisl. nat. XXI, 6. =^ lî' iM^l. Cannai et lioeswillvvald (Timgad, Une cité africaine sotfs l'empire romain.

Fig. 3263. — Statue de Marsjas.

s'être couronné de fleurs enlevées à celte statue'^; la

fille de l'empereur Auguste venait, la nuit, s'y livrer aux

plus honteuses débauches '". Sur les

forum provinciaux '*, la statue de

Marsyas indiquait la possession du

droit italique et souvent elle figurait,

comme type et comme symbole de

leur droit, sur les monnaies de ces

villes (fig. 3263)''.

21° La (jvarcosiasis. — La (iraecostasis était, nous dit Varron -" un lieu où les députés des nations étrangères attendaient les audiences du Sénat ^'. C'était un Incus siibstmcius situé à droite des rostres en regardant du comitium (v. fig. 3249) ", par conséquent près du Sénat -^ et découvert, car on y signale des pluies de sang et de lait-''. Des textes qui viennent d'être cités, il ressort que la Graecostasis était sur le comitium ou un peu au-dessus-"; elle fut, à uneépoque qu'on ignore, transférée sur le Forum -'^. Le régionnaire de P. Victor en fait mention immédiatement avant le temple de Saturne"; mais celte indication est bien peu certaine, car ces catalogues ne suivent pas toujours un ordre rigoureux.

En l'an de Rome 450 (= 304 av. J.-C), au milieu de troubles graves, Cn. Flavius, à l'exemple de Camille, fil vœu d'élever un temple à la Concorde s'il réconciliait les ordres avec le peuple. Comme des fonds d'État ne furent pas votés pour cette construction, il se contenta d'élever, avec le produit des amendes infligées aux usuriers, une chapelle en airain dans la Graecoslasis-'. Il la dédia l'année suivante" ; l'inscription, gravée sur une plaque de bronze, indiquait que cette dédicace avait été faite deux cent quatre ans après celle du temple du Capitule'". 11 y avait aussi sur la Graecoslasis un édicule ou autel à la Lune, devant lequel on faisait un sacrifice le 24 aoiM". Le nom de la Graecoslasis se lit sur un des fragments du plan antique (fig. 3252).

22° Le solarium. — Les Romains ne connurent que tardivement l'usage de diviser le temps en heures ; la loi des douze tables fait seulement mention du lever et du coucher du soleil; quelques années après on ajouta l'heure de midi : le crieur public annonçait cette dernière heure, quand, de la curie, il apercevait le soleil entre les rostres et la Graecoslasis ; il annonçait la dernière heure du jour quand le soleil était descendu entre la colonne Maenia et

p. tj8 et s.) ont trouva, sur le forum de Timgail, la base de la statue du Marsjas de la colonie. On connaît deux autres inscriptions analogue-;, toutes deux aussi, africaines {Corp. inscr. lai. Vlll. 4219, 10417 ; cf. Cagnat, Ibid.), — 10 Macrob. Satttrn. III, 12; Serv. in Aen. III, 20, IV, 58; cf. Eckhel, Z^ocd-m. i;Hm. veter.iW 492 et s.; Moinmsen, Rôm, Staatsrecltt (1887), 1. III, p. 807 et s. ; traduct, Girard, J,e droit public romain, i. V12, p. 456 ; H. Jordan, Marsyas aufden: Forum in Rom, p. 19^ pi. i-ni. — 20 Varr. Ling. lat. V, 155. — 21 Vers la fin de la U(^publique. l'usage s'ijtait établi do consacrer le mois de février à l'audience des di^putatious provinciales et atrangùrcs f.\scon. in 11 \err. I, § 90) ; cet usage fut bientôt consacré pai" la loi (îabinia (Cic. Ad Q. fr. II, 13. Cf. P. Willcms, Le Sénat de la République romaine, i. II, p. 156). Quant aux députés qui ne devaient pas entrer dans la ville. ils étaient reçus au senaculum du temple de Bellone (Festus, s. v. Senacntum).

— 22 Varr. l.c. — 23 Cela d'ailleurs ressort d'un texte tle Cicéron {Ad Q. fr. II, -1).

— 21 Jul. Obseq. I.XXXlll, XCl. — 2,i Plin. Hisl. nat. XXXllI, 6, 3 : Graecoslasis « quae tune supra comitiutn erat ». — 26 Jbid. — 27 Uriichs, Cod. Urb. Rom. topograph. p. 38. — 28 Plin. nist. nat. XXXIII, 6, 3. — 2» Liv. IX, 46. Tile-Live dit que ce temple remplaça un temple de Vulcain. — 30 Pline, l. c. — 31 Corp. inscr. lat. I, Commenlar. diur}i. 2i août. On ne sait pas s'il faut conlondre avec la Craeco.itasis un monument appelé Grat'cosladium, restauré par Auloniu le Pieux (Capitol. .\nton. P. VIII), incendié en même temj>s que la basilique Julia sousCarinus {Chronic. antig. dan% Uriichs, Cod. fVi. ftom. p. 193), que le Curiosum (reg. Vlll, Urliclis, p. 10, 11) mentionne entre le vicus jugarius (a') et la ùasitica Julia (iG). et le De regionibus {re^. Vlll, Uriichs, p. Il, 13) entre les temples de Castor (15) et <lo Vesta(ll).

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la prison (2) '. Il en fut ainsi jusqu'au temps des guerres Puniques. L. Papirius Cursoi- établit bien, auprès du temple de Ouirinus, un cadran solaire en l'an 4(11 i=i'.)'.i av. .I.-C); mais Pline, qui nous l'ournit ces renseignements, dit qu'on ne sait rien de précis sur ce cadran ni sur le lieu exact où il se trouvait. Il ajoute, irai)rès Varron, (|ue le premier cadran solaire public fut établi auprès dos rostres, sur une colonne, par M. Valerius M(!ssala, consul, après la prise do (>atan(^ en Sicile (491 = 203 av. J.-C). Ce cadran, bien imparlait puisque les lignes ne concordaient pas avec les heures, servit pendant quatre-vingt-dix-neuf ans, jusqu'à ce que le censeur L. Marcius Philippus en lit poser, à ci'ilé de l'ancien, un autre mieux construit -. Quand le temps était couvert l'heure devenait incertaine, le crieur public ne pouvant, pas plus que le cadran, exercer sa fonction. Ce ne fut qu'en l'année 393 (= 139 av. J.-C), que le censeur P. Scipio Nasica dédia la première clepsydre à eau, marquant les heures du jour et de la nuit '.

23° Les septa du Forum. — La première fois qu'on réunit par surprise les cnmiiia Irïbida sur le forum, rien n'étant ])réparé pour le vote, on suppléa aux si-phi par des cordes tendues '. Il semble que plus lard on établit de vrais septa pour les jours de vole' et nous voyons même leurs débris servir d'armes improvisées à une troupe de partisans de Clodius'"'..

M. Middleton a émis l'hypothèse que les lignes tracées sur le pavé de l'area du Forum (Ij mar(|uaienl peut-être l'emplacement de cas septa' . Eckhel croit ([ue la monnaie au type de Vénus Cloacina (fig. 3234) représente les septa du Forum" : mais il semble bien que les personnages ligures sur cette monnaie sont des statues et non des citoyens procédant au vote.

24° La basilica Porcia. — La justice se rendit d'abord à Home devant des tribunaux en plein air; le nombre toujours croissant des habitants faisait les procès plus nombreux et aussi le Forum plus encombré. C'est pour ce double motif qu'on commença à construire des basiliques : palais de justice, lieux de réunion et d'affaires.

La première basilique'^ fut élevée par Porcins Cato '" (Cato Major) en l'année 370 (= 184 av. J.-C), près de la Curia hostilia"^. Elle était à l'ouest de la curie, car, pour faire l'emplacement nécessaire à sa construction, Caton acheta, outre quatre boutiques, deux maisons situées in Lnutuvtiis '-, c'est-à-dire du côté de la prison (2). Le Trésor public lit la dépense de la construction''. Caton mena l'œuvre à bonne fin malgré une vive opposition '' et, de son nom de famille, appela la nouvelle basilique basilica Porcia^'. Les tribuns du peuple y avaient leur tribunal'", et c'est en plaidant contre eux, pour les empêcher d'enlever un pilier qui gênait leurs sièges, que \v. jeune Caton (Cato Minor) lit, comme orateur, des débuts 1res remarqués '^ La basilique Porcia fut incendiée avec la curie par le bik'hi'r de Clodius", et on ignore si elle fut restaurée.

I Hin. Uist. liai. Vil, 00; Varr. Ling. tat. VI, i. — S Plin. (. c. —iJI/id.

— k Dionvs. VII, 50. -- 6 Appian. Bell. civ. lit, 30. — « Cic. l'ro. 5ex<. XXXVII.

— 1 The mil. of. anc. flome, 1. 1, p. 236. — ^ Doctr.n. num.vet.l.W p. ib8. — OOans un textt' ijui sû rapporte à l'année 5i4 (^ 2!0 av. J.-C), Tilc-I.ive nous apprend qu'il n'ckistnil pas encore de basiliques (Liv, XaVI. t'); « nequc luncba^ilicae erant ».

— 10 Liv. XXXIX, 44. — 11 Plularrh. Cato Maj. XIX. — 12 Celles de Maenius et de Tilius;Liv. (. c. ; Ascon. In Caec. dii\%L. Cru.i. m lloiat. Sarm. I, .1, il. — 13 Plularcli. i. c. — l'/WJ. — 15 Liv. XXXIX, II; Plutarrli. Cato .Min. V. — H. Plutarcli. /. c. — I" Ihid. — 18 Ascon. Pro Mil. aig. p. 3V, Mil. Oielli. — 19 Liv. XI., :il.

— 20 Varr. L'ing. lat. VI. 4; cf. Marnrclii, Dx'scf. du /''oi-am, p. ~i. Dans ce lexle Varron doinie à la basilitpie le double nom de Ilasilica lùilvia et Aemilia. — 21 Plin.

Fi?. 3264. — ï.a basilique Aemilia.

23° Basilica Fulvia et Aemilia, basilica Paulli (W). — En l'année 373 (179 av. J.-C), M. Fulvius Nobilior, censeur en même temps qu'Aemilius Lepidus, fonda, derrière les Tabernae novae (fig. 3249), une basilique qui, de son nom, s'appela basilica Fulvia; il l'entoura de boutiques qui furent louées à des particuliers '''. Sylla y établi t un cadran solaire-"; M. Aemilius Lepidus, consul en l'année C76 (= 78 av. J.-C), l'orna de boucliers représentant les portraits de ses ancêtres^' et adopta comme type d une de ses monnaies la façade latérale de la basilique avec ces boucliers (fig. 32G4)'-. 11 semble même, d'après la

légende de cette monnaie M. Lepidus, Aemilia ref[ecla) sienatus) c{onsullu), que M. Aemilius Lepidus aurait non seulement orné, mais restauré complètement la basilique; il est probable qu'elle prit, à cette époque, le nom d'Aemilia. Il faut croire cependant que cette restauralion ne fut pas aussi complète que semble l'indiquer l'expression refecta de la légende; en effet, moins de vingt-cinq ans plus tard, nous voyons un autre Emile, L. Paullus, lils du précédent, reconstruire la basilique. Pour faire face à cette dépense. César lui donna, sur l'or provenant de la Gaule, quinze cents talents", achetant ainsi l'abstention d'un homme jusque-là hostile à sa politique -■•. Dans une lettre datée de l'an de Rome 700 {^ 34 av. J.-C), Cicéron envoie à .\tticus les nouvelles de Rome : Paullus a déjà presque achevé sa basilique ; il emploie de nouveau les anciennes colonnes ; mais quel beau monument, agréable au peuple, glorieux pour celui qui le fait construirez^ ! Plutarque-° et Appien-' louent également la magnificence du nouvel édifice, que les auteurs désignent dès lors sous le nom de basilica Paulli-*. Quoique presque achevée en 099, au témoignage de Cicéron, la basilique ne le fut complètement que vingt et un ans plus tard, en l'an de Rome 720(^34 av. J.-C; sous le consulat et par les soins du fils de L. Aemilius Paullus, Paullus Aemilius qui en fit la dédicace cette même année". Vingt ans plus tard, en 740 (= 14 av. J.-C), à la suite d'un incendie qui menaça aussi le temple de Vesla, la basilique fut restaurée sous le nom d'Aemilius Paullus, représentant de la famille qui avait donné son nom à la basilique, mais, en réalité, par .Vugusle et par des amis de la famille .\emilia". C'est sans doute à cette restauration qu'appartiennent les magnifiques colonnes phrygiennes qui, au dire de Pline, faisaient de la basilique de Paul un des plus magnifiques monuments de Rome^'. Sous le règne de Tibère, Aemilius Lepidus obtint la permission de réparer et d'embellir à ses frais, malgré la médiocrité de sa fortune, ce monument qui portait le nom de ses ancêtres et en perpétuait la gloire ^-. La basilica Pauli est encore mentionnée dans lesrégionnaires*'.

Hisl. nal. XXXV, l. — 22 E. liahelon. Oeicr. de» moan. de la liêp. rom. I, p. IM. - 2n'lul. Cac.ï. XXIX.— 2VAppi.in.tf.!//.cip. Il, 26. — M Ji/A«ic. IV. 16: .....\iliil gralius illo nionuniento. niliil gloriosius >*. — 26 £. c. — i"* L. c. — 2i* Tac. Ann. 111.72: basilica Paulli Aemilia mouumenta; cf. Dio. LIV. 3*; XLIX,4I. — ««Dio. XLIX, 42. — Mllio, LIV, 24. — aiplin. aUl. na(. XXXVI, 21. 2. M. Lanciani a plusieurs fois soutenu l'opinion que vingt-ipiatrc do ces magnifiques colonnes, employées à la CODS- Iruclion de la basilique de Saint-Paul'liors-les-.Uurs, avaient pvri en 1823, dans l'incendic de ce luagnillque monument icf. Mittheitung. d. k.d.arch. Inst. 1888. p. 95'. Celle opinion a êlé combattue parMM.ri.-IÎ. de Kossiet IIGlsenJcf. Ibid.^ — MTacit. .-iiiu. III, 72. — 3J Curies. Reg. IV. Basilicae; fl.Tej.Reg. IV. Basilicae. dans Irlicbs, Coi?. Urb. Rom. lopogr. p. 6, 3"; 7. 7 ; 22, 0 : 2S. 10 : P. Victor, Reg. IV. p. 36.

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Il n'y a pas de doute a émettre sur remplacement occupé par la basilique Aemilia (d'). Elle était située sur le Forum', derrièi-e les Tabernae novae^, du côté opposé à la basilica Julia^, près du temple de Janus'.

M. G. B. de Rossi a communiqué à l'Institut archéologique de Rome les photographies d'un dessin représentant des vues de Rome, conservé à la bibliothèque de l'Escurial° et déjà signalé par M. Miinlz ''. Sur ce dessin, on voit des représentations du temple de Vespasien, du temple de Saturne et de l'arc deSeptime Sévère. Au delà d'une des arches de l'arc de Septime Sévère, on aperçoit l'angle d'un édifice soutenu par des pilastres sur lesquels repose une frise dorique. M. Hillsen a cru reconnaître dans ce monument la basilique Aemilia dont il aurait par conséquent existé des restes considérables à la fin du xv° siècle''. Un fragment du plan antique, avec le nom {A)cmili[a) , concerne probablement cette basilique, mais sans donner aucun renseignement sur sa forme ou son emplacement '.

26° Basilica Sempronia. — On sait très peu de choses sur cette basilique. En l'an de Rome 58.') (= 169 av. J.-C), ïi. Sempronius Gracchus, censeur, acheta, avec la part des impôts qui lui avait été attribuée, la maison de P. Scipio Africanus et quelques boutiques et boucheries y attenant. Tite-Live, qui nous fournit ce renseignement, ajoute que la maison de Scipion l'Africain était située près des Tabernae vctercs et de la statue de Vertumnus'. Nous pouvons tirer de ces renseignements topographiques la conclusion que la basilique Sempronia occupait, près du viens Tuscus (18), à peu près l'extrémité de l'emplacement sur lequel s'éleva plus tard la basilique Julia (16). Comme les historiens n'en parlent plus, il est probable qu'elle disparut, absorbée par la grande basilique de César.

27° La basilique Opitnia. — Cette basilique est moins connue encore que la précédente. On suppose, avec toute vraisemblance, que le consul L. Opimius la construisit en même temps qu'il réédifia le temple de la Concorde en l'année 6H3 (= 121 av. J.-C). Varron, en effet, dit que ces deux monuments étaient voisins l'un de l'autre et situés sur le Vulcanal'". Ce texte et deux inscriptions du musée de Vatican de l'époque républicaine, mentionnant des servi pubîici de la basilique Opimia ", sont les seuls renseignements que nous possédions. Comme aucun autre auteur ne parle plus de cette basilique, il est probable qu'elle disparut dans la reconstruction du

) Plut. Caes. XXI.K. — 2 Liv. XL, 51. — 3 S(al. Sjjh: I. i, -2Û-:!i). — i Ciu.|. />! fforat. Serm. Il, 3, 18. — ^ Mitlheilung. d. k. d. arch. Inst. t. 111 (1888), p. 94. G yiCT. archéol. t. IX (1887), p. 277, fol. 9; Rendiconti delV ace. dei Linceij 1888, p. 71; G. Boissier, Compte rend, de l'Ac. di's Inscr. 1887, p. 451 ; cf. llichler, Dia Augustusbauten auf dem Forum romanwn, dans Jahrbuch d. k. d. arch. Iiisl. t. IV (1880), p. 1,")8. — 7 Cf. MMheihmgen, t. III (1888), p. 95; t. IV (1889), p. 230 et 230 avec une reproduction du dessin; t. Vlll (1893), p. 281. D'apriis ce dessin M. Huclsen a identifii^ avec la basilique Aemilia un monument auquel il avait dfjà consacré une étude étendue, sans pouvoir le déterminer ; Sopra un edifizio antico gia esistente pressa la chiesa di San Adriano. dans Annati deW istit. arch. di Bornât 1884, p. 323 et s. — 8 Jordan, Forma urbis Jlomae, pi. m, 24. — 0 Uv. XLIV, 10. — 10 Varr. Liiiij. lat. V, 130. — H Corp. inscr. lat. I, 1067, 1068. — ^2 Cf. le commentaire au Corp. inscr. lat. l. c.

— l'J Mais non le plus ancien de Rome ; on en connaît trois qui lui sont antérieurs. Cf. T. H. Dyer, dans Smith, A Dictionary of gr. and rom. geography^ t. Il, p. 788. — !'• Ascon. In Verr. I, § 19. — 'û Cf. Tli. Mommsen, Sut fornicc Fabiano dans Annati dclV ist. di c. arch. 1858, p. 176; Corp. inscr. lat. VI, p. 286.

— liî Corp. inscr. lat. I, 606; cf. Jbid. p. 178; VI, 1803. — n Corp. inscr. lat. 1, 007; Vi, 1304. — «Ascon. In Verr. 1, § 19 ; Scliol. Cronov. ibid. — " Marliani, Urbis Bomae topugraphia, p. 42 ; Fabricius, Itoma, p. 138, cités par Ricliter, Die Augustusbauten auf dem Forum ftomanum, dans Jahrbuch der k. d. arch. Instit. t. IV (1889), p. 148. — 20 Scncc. De constant, sapient. 1. — 21 Cic. De oral. 11, 06.

— 22 Ascon. /. c. — 23 Cic. />;■. Plane. VII. I,a summa sacra Vin était à l'endroit

temple de la Concorde par Tibère entre les années lil (= 7 av. J.-C.) — 763 (= 10 ap. J.-C.) '\

28° L'arc de Fabius. — C'est le plus ancien des arcs de triomphe du Forum romain". 11 fut érigé par Q. Fabius, vainqueur des AUobroges", on ne sait pas exactement en quelle année, sans doute pendant celle de son consulat (633=121 av. J.-C.)'". Un de ses descendants, probablement son petit-fils, portant les mêmes noms que son ancêtre, le restaura vers l'année 698 (=56 av. J.-C.)'*. Il était orné des tttuli" et des statues de la gensFabia " et aussi de bas-reliefs représentant des boucliers et des insignes de victoire '".

L'arc de Fabius formait, k l'est, l'extrémité du Forum, comme les rostres à l'ouest^", et y donnait accès-' par la Voie Sacrée sur laquelle il était posé --, plus bas que l'endroit appelé summa sacra via -^ ; il s'élevait près de la ftegia (10)-', du temple de Faustine (rf)^'', du putéal de Libon-'' qui, lui-même, était voisin des rostres^' (les rostra nova ou Julia du temple de César) et du porticus Julia ^'. Ces renseignements, complétéspardes documents relatifs à des fouilles anciennes -° et par les résultats de fouilles récentes^", autorisent l'opinion que l'arc de Fabius se trouvait entre la Begia (10) et le temple d'Antonin et de Faustine (d). Une fresque de Sodoma, dans le cloître de Monte Oliveto Maggiore près de Sienne^', un dessin de Martino Heemskerk^^ conservé à la bibliothèque impériale de Berlin, et un dessin de la bibliothèque de l'Escurial '^ datant tous de la fin du xv" ou de la première partie du xvi° siècle, représentent la vue d'une partie du Forum et un arc à demi enfoui que l'on peut, non avec une entière certitude ^'* mais au moins avec une grande vraisemblance, regarder comme l'arc de Fabius non encore détruit à cette époque.

29° Le puieal Libonis ou Scriboniauum. Les tribunaux. — Un denier de L. Scribonius Libo, monétaire vers l'au 700 (= 54 av. J.-C), représente la margelle d'un putéal orné de deux lyres et d'une guirlande de lauriers, avec la légende : Puieal srribonian{um) '° (fig. 3265). Un texte de Festus^* nous donne l'explication de ce type monétaire : le Sénat confia à un Scribonius la mission de rechercher les lieux frappés de la foudre; car ces lieux devenaient relirjiosi, on ne devait ni les fouler aux pieds ni

oii s'éleva plus lard l'arc de Titus. — 2v Ascon. l. c. D'autres scboliastcs de Cicéron disent qu'il était prés du temple de Vesta et qu'on le rencontrait sur la voie Sacrée ;iprés avoir dépassé le tenq)le de Castor (Scboliast. Gi'onov. In Verr. I, § 19, p. 393 et 399, édit. Orelli). — 2= Solin. I. — 26 Porpljjr. Jn fforat. Episl. I, 19, 8.

— 27 Cruq. In fforat. Serm. II, 6, 35. — 29 Glossae veteres in Pers. Sat. IV, 49, p. XLvni, édit. Cassaubon-Uuebner. Ce7J0?*^ïC»s Julia ne peut pas être celui de la basilique Julia et on s'accorde pour le considérer comme étant en ra[)port avec le temple de César. Dans le régionuairc de P. Victor, il est mentionné immédiatement avant l'arc de Fabius et le putéal Libonis (Urliehs, Cod. Itom. topographie, p. 38).

— 20 Cf. G. B. de Rossi, Suit' arco Fabiano nel Foro romano, dans Annati deW inst. 1859, p. 322; Fabricius, lioma, p. 138; Huclsen. Die rrgia, dunsJahrbuch. d. k. d. Inst. p. 230 et n. 4; Marliani, Urbis Domae topoffraphia, cité par Hiclilcr, Die Augustusbauten... dans Jahrbuch... 1889, p. 148; Corp. inscr. lat. VI, comm. ad. n. 1303. — 30 Cf. Laneiani, Xotizic degli scavi, 1882, p. 224 et s. ; Middleton, The remains ofanc. Boni. I, p. 330. — 31 Cf. C. B. d. Rossi, Mittheitung. der k. d. arch. Inst. t. Il (1887). p. 150; t. III (1888), p. 94. — 32 Cf. Iluelsen, IMlettino dcl. eom. arch. comun. di Itoma, 1888, p. 154, pl. vu. — 33 G. B. de Rossi, il/i»A. I. 111 (1888), p. 94 ; cf. Iluelsen, Ibid. p. 93 ; l. IV (1889), p. 236, avec une reproduction du dessin. — 3', n ne serait pas impossible en effet que ce fût un arc de triomphe élevé par Auguste sur le côté nord du temple de César. Cf. Richler, 7o/;ographie von Boni, duns ffaiidbuch der klassisch. Alterthum. p. 793; Id. Auguislusbauten auf For. rom. dam Jahrbuch der k. d. arch. Inst. t. IV, p. 158. — -isUabelon, Descr. des monnaies de In Ilépublii/ue, II, .427. — 3» 5, ,.. Scriboniauum.

. 3265. — Putéal Scriboniauum.

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les couvrir d'une construction, mais les entourer d'un mur et les laisser à ciel ouvert ' [bidental]. Un putéal lui, à cette occasion, élevé par Scrihonius h un (uidroit (|ue Festus désigne par l'expression peu claire ante atria\ Scrihonius Libo avait donc adopté comme type monétaire le nuinument construit par son ancêtre.

Le puteal Scrihonianum, appelé aussi par les auteurs pttical Libonis, était sur le Forum'' près de l'arc de Fabius', des rostres"', du tribunal du préteur'^ et du porticus Julia'. C'était un lieu très fréquenté où se rencontraient, attirés par le tribunal, les plaideurs', les marchands ', les usuriers '".

Pendant longtemps les archéologues ont été d'accord pour reconnaître les restes du putéal de Libon dans des débris de forme circulaire gisant entre les temples de Castor et de Vesta et assez semblables à la base d'une margelle {l"!). Mais des fouilles récentes ont permis à M. Richter de reconnaître que ces pierres, ne reposant sur aucun fondement, sont des débris tombés là par hasard, et provenant de l'arc d'Auguste (li) ou de quelque autre édifice ".

Un Scribonius Libo, peut-être le même qui consacra le putéal, élalilil à côté, pour la première fois, le tribunal du préteur '-qui, jusque-là, avait été uniquement sur le comitium. 11 ne faut pas cependant tirer la conclusion certaine que, pour cette raison, le tribunal du comitium disparut'^. Il y avait d'ailleurs plus d'un tribunal sur le Forum. Cicéron fait plusieurs fois mention d'un tribunal Aurriium qui semble, de son temps, avoir tenu une grande place dans les troubles politiques et judiciaires du Forum '\ Deux des procès plaides devant ce tribunal sont des années 680 (= 74 av. J. C.) et (595 (= 59 av. i.C.)''\ Il y avait, près de ce tribunal, des degrés appelés gradua Aurelii, qui étaient récemment construits en 680, et d'où le peuple pouvait assister aux procès'". Si l'on doit admettre que les expressions Iribmial Aurelium et r/radus Aurelii sont synonymes, ou que le tribunal et les degrés ont été construits en même temps et forment un tout, on peut, avec Bccker'' et Jordan", attribuer l'érection et le nom de ce tribunal à M. Aurelius Cotta, consul cette même année. Ces tribunaux durent rapidement disparaître du Forum, k mesure que les basiliques se construisirent ou devinrent plus spacieuses, et que les empereurs créèrent de nouveaux forum. On n'en a retrouvé aucune trace sur Varea du Forum ; et cela n'a rien de surprenant car ils devaient être en bois, mobiles et d'un enlèvement facile pour les jours où des jeux, des assemblées populaires ou des fêtes rendaient nécessaire le déblaiement du Forum. Et, ce qui prouve bien qu'ils étaient en

* VaiT. Linij. lat. V, lot) ; ScftoLvcti'r.inPtifS^ II, 27, C\\. (.lassaulion-llucljnor, p.-l.i; l'cslus, Le. — ^2 1.0 teste do Festus est (railleurs très nuiliU''. — ^ Cru<]. Iii Uovat. Serm. 11, fi, 35 : Puteal locus orat in Foro. — * Porpliyr. In Horat . Epist. I, iO, H : Gloss. vet. in Pars, IV, 49. — 5 Cruq. l. c. U s'agit sans iloule des rostres du temple do César. — 6 Jbid. — 7 Gloss. in Pers. l. c. — 8 Horat. Epist. I, It'. 8 ; l'orplij r. Crue]. Jbid. — a Cruq. In Horal. Serm. II, 6, 3.i. — 1» Id. Ibid. ; Gloss. vet. in Pers. l. c: Ovid. Bemed. amoi: SOI, 302; Cic. Pro Sexl. VllI. — H Cf. Richter, .Viltlleilung. d. k. d. arch. Inst. t. 111 (18S8), p. 100; Topogr. von Rom, dans Handbuch d. klass. Alt. p. 801, n. 1; Nichols, Mittlieilung. t. I (1886), p. IS'J. — 12 Porpliyr. fn Horat. Epist. I, 10, 8, Cruq. Ibid. et Serin. II, 6, 35. « Dixi pro Bestia de ambitu, apud praetorem Cn. Domitiuui in Foro mcdio (Cic. Ad Quint, fralr. 11. 3). — 13 Cf. lîecker, riandbiic'i der rôm. Alterltiihn. I, p. 321. — '» Cic. /» Pis. V ; Pro dom. XXI ; Pro Sext. .\V. Dans ces textes, de Cicéron, on voit, plus d'une fois, le temple de Castor intMitionué, à propos de troubles politiques, en niiime teaqts ([ue le tribunal Aureliuin. t)n en a tiré la conclusion puremont lij potliôliquo qUe le trlliunal était voisin du toriiple (cf. Jor.lan, Topogr. d. SladI liom, |2, p. W3, note 123). — 15 Cic. Pro C/iini(. XXXIV; Pro FInec. XXVlll ; cf. JorJan, /. e. — '« Cic. Pro Cluent. XXXIV : .. Gradus illi .aurelii luMi uovi qiKisipro Ihealroilii judicio acdilicali \idoluintnr » ; ProFtacc. X.WIIl.

bois, c'est que nous voyons le peuple briser les tribunaux et les sièges, et se servir de leurs débris pour dresser les bûchers qui consumèrent les corps de Clodius" et de César ^".

.'}0° Ln basiUf/w; .lulta flO, 17). — Lp lac Servilius. — L'époque à laquelle nous arrivons acheva la transformation du Forum romain. César changea complètement l'aspect du comitium, transporta les rostres à l'extrémité ouest du Forum et commença la basilique Julia. Auguste continua, avec plus de magnificence encore, l'œuvre de César : il reconstruisit la Curie et les deux basiliques, qu'il lit plus belles et plus vastes; il restreignit, à l'est, l'étendue du Forum, mais il le termina par un grand temple Manqué de deux arcs de triomphe; plus tard, quand, à l'autre extrémité, les arcs de Tibère et de Septime Sévère feront pendant à ceux d',\uguste, le Forum romain formera cette belle place régulière, dont, malgré son état de ruine, nous pouvons encore admirer aujourd'hui les heureuses proportions et les superbes édifices, modèle et type de tous les forum de l'empire.

La basilique Julia occupaitune grande partie du côté sud du Forum; elle était, nous dit l'inscription d'Ancyre'", située entre les temples de Castor (15; et de Saturne vl9j,etce témoignage de l'empereur qui l'a terminée et reconstruite est confirmé par les fragments du plan antique parvenus jusqu'à nous (fig. 3232) --. Elle fut commencée par César. C'est peut-être d'elle que parle Cicéron dans une lettre à Atticus, datée de l'an 700 (= 54 av. J. C.) où il est question aussi de la basilique Aemilia^'. César la dédia, sans qu'elle fût complètement achevée, en l'année 708 (= 46 av. J. C.) ^^, en même temps que son forum et que le temple de Vénus Genitrix -■' ; les derniers travaux furent achevés par Auguste"; mais bientôt un incendie contraignit cet empereur à la reconstruire ; il le fit sur un plan plus vaste", en y ajoutant un portique (17) et donna à ce double édifice les noms de ses petits-fils Gains et Lucius Caesar ^'. La dédicace eut lieu en l'année 765 (=12 av. J.-C.)-'. Il est probable que le portique seul fut dédié alors, la basilique n'étant pas encore achevée au moment où, quelques mois avant sa morl, Auguste écrivit dans ses fies fjestae : « El si vivus non perfecissem perfici ab heredibus [tneis iussi] » ^''. On sait peu de chose sur l'histoire de la basilique Julia. Il est probable qu'elle supportait une partie du pont par lequel Caligula avait réuni à son palais le temple de Jupiter Capitolin"". De là cet empereur jetait quelquefois des pièces d'or et d'argent au peuple qui se les disputait sur le Forum'- avec un tel acharnement qu'il y eut souvent mort d'homme '''. La basilique fut incendiée sous Cari-

— r, HamllMch d. rôm. Alt. I, 324, note 390. — 18 Topor/r. lî, p. 403. — I» Ascon. In .Wi/oii. argum. p. 34, éd. Orelli. — 20Suct. Caes. LXXXIV; Appiao. Bell. cir. II. 143; Plut. Caes. LXVIII. — SI Mommscn, Hes gest. dit. Aiig. IV, 13. — 32 Jordan. Forma urbis liomae, p. 23, pi. m, n. 20, 23. — « Ad Ati. IV, 16 ; cl. Bccker, Handbuch der Itom. AU. I, p. 302 et s. Elle était à ce moment cn construction. — 2V Cf. iMommsen, Ceber dieQuellen der Chronik der Bieronymus. p. 691. — S Dio. XLIII. 22. — 2<î Iles gest. div. Aug. IV. 14. — 2' Ibid. 14-13. Voici d'ailleurs ce leitc. trop imporlaiil pour ne pas dire cité en entier : Forum Iulium et basilicam quae fuit inler aedem Castoris et aedem Salurni, coopta prolligataque opéra a paire meo pcrfcci. et eanulem b.asilicara consuniptam incendio auiptiato ejus solo sub tilulo uominis tîlinruni m^eorum t]nchoavi, et, si vi\us non perfecisscm. pcrtici ab bcrcdibj/*;'u«*r.

— 28 Hes gest. IV, 13 ; cf. Suet. Aug. XXIX ; Ilio, LVI. Î7. — 29 Dio. (. c. — XUcs Gest. IV, 16. Cf. Mommsen, Ibid. p. 85, Quant à Dion Cassius, il ne fournit aucun renseignement sur ce point spécial, car le mot <r;<-.à, qu'il emploie, a, chez lui. le double sens de portiijue et de basilique. — 3' Cf. Becker, Handbuch der rôm. Alt. I,p. 431, n. 8:9. — "Sud. Cn^j.XXXVIl; Joseph. .\nliq.Jud. XIX, 1, 11; Monmiscn. i'eber d. Chronogr. vom Jahre 35 i, p. 646. — ^ D'après le chronographe de l'an 3'i4 [l. c.), il ; péril 32 bunimes, 217 femmes et un eunuque.

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nus' et reconstruite par Dioclétien^ Elle fut, en Tannée 1130 (=377 ap. J.-C.)i restaurée et ornée de statues par Gabinius Vettius Probianus, préfet de Rome'.

Les centumviri avaient, dans la basilique Julia, quatre tribunaux '■ que, pour les causes importantes, on réunissait en un seul''. Pline le Jeune''' nous a laissé le récit d'une cause plaidée par lui : il y peint sur le vif la physionomie de la basilique un jour de grand procès : « Le procès était porté devant les quatre tribunaux des cenlumvirs réunis. Cent quatre-vingts juges siégeaient dans celte affaire : c'est tout ce qu'en renferment les quatre tribunaux. De part et d'autre les avocats remplissaient en grand nombre les sièges qui leuravaient été destinés. La foule des auditeurs environnait de cercles redoublés la vaste enceinte du tribunal. On se pressait même autour des juges, et les galeries hautes de la basilique étaient encombrées, les unes de femmes, les autres d'hommes, avides d'entendre, ce qui n'était pas facile, et devoir, ce qui était fort aisé. Grande était l'attente ''. » L'empereur Trajan rendit quelquefois la justice dans la basilique .Tulia". On connaît plusieurs inscriptions de nummularii de hasilica Julia''. Dans la basilique elle-même on a trouvé un certain nombre d'inscriptions, et aussi des graflites et des jeux tracés sur le pavé par les désœuvrés qui y passaient leurs journées ou y cherchaient un refuge contre les pluies d'orage '".

Les restes de la basilique Julia furent déblayés pendant les années 1848-1849 et 1870-1871 ''. Mais, au xV' siècle et aussi au xviii", on les avait exploités comme une carrière, fouillant jusqu'aux fondements pour en extraire les piliers dont les bases même, ju.squ'à deux ou trois mètres au-dessous du sol, furent enlevées. Les pilastres en briques que l'on voit aujourd'hui, de même forme que les anciens, ont été construits après les dernières fouilles pour que les visiteurs puissent se rendre compte de la disposition intérieure de l'édifice. Les pierres enlevées au xvi° siècle furent employées à la construction du palais du cardinal de Corneto, aujourd'hui palais Torlonia, place Scossa-Cavalli '^

La hasilica Julia (16) formait un rectangle, long de 109 mètres et large de 48, y compris le portique (17) qui longe la Voie Sacrée (13) ; elle était située entre le vicus Tuscus (8), la Voie Sacrée (13i et le vicus Jugarius («'). Des marches, dont le nombre diminue à mesure qu'on s'élève en remontant la Voie Sacrée, conduisent à un trottoir très étroit d'où l'on pénètre, par deux autres marches, dans le portique ( 17) qui est en communication directe avec la basilique; celle-ci est au même niveau que le vicus Jugarius, tandis qu'un escalier assez élevé la relie au vicus Tuscus. La façade opposée à la Voie Sacrée était garnie de boutiques ouvrant sur le Vélabre (6'). Nous voyons, par la description de Pline le Jeune", que l'area centrale de la basiliqui; (.r, y), où siégeait sans

1 Mommscn, Ibid. p. C48. — 2 Ibid. - 3 Corp. inscr. lat. n' 1C58 ; Lanciani, Notizie (Zey/iscoui, 1883,|J. M. — ■• Quinlil. Inst.or. XII, 5 ; Martial. VI, 38, 5. — 0 Quiutil. l. c. ; l'Un. Episl. VI, 33. — 6 Plhi. l.c. —'' Il semble que celle agitation n'est pas excoplionnelic : cf. Quintil. /. c. « Cum in basilica lulia dicerct primo tribunali... atque omnia clamoribus fremerent ; Martial. /. c. Jam clamor, centumque viri, densumque coronaeVuIgus... — 8 IJio, LXVIll, iO. — 0 Corp. inscr. lat. VI, 9709. 9711. — 10 Cf. Jordan. Syiloye inscr. Fori romani, dans Ephem. ejiif/r.. t. III, p. 278 et s. — tl Id. Jhid. p. SîlG. — 12 Voir ces renseignements pins (k'rveloppés par Lanciani, Afiscellanca topoyrafica, La Hasilica lulia, dans Bullvtlino comunalc, 1891, p. 232 cl s. — 13 Epist. VI, 33. — l'> Cf. Middlcton, Tlic remains of anc. Jloine, t. I, p. 392. et plan, n"' 8, 9. — <» Rcg. VIII, dans Urliehs, Cod. urb. Jiom. top. p. 10, 11; I'. Victor, Ibid. p. 22. — IGl-cst. S. v. Sfi-ilius. — n Pro liosc.

doute le tribunal, était dominée, à l'étage supérieur, par des galeries ou loges; elle était pavée de marbres précieux dont on a retrouvé des restes : porta Santa (pour les compartiments J-. 7/) et marbres orientaux pour les autres compartiments)''. Les tribunaux, construits sans doute en bois, n'ont pas laissé de trace. La basilique Julia est représentée sur trois bas-reliefs (fig. 3200, 3"2C1, 3267) donnant la vue de la façade qui longe la Voie Sacrée. C'est un monument d'ordre toscan, entouré d'une série d'arcades à plein cintre surmontées d'un mascaron représentant une tête de lion (fig. 3267). Les arcades sont séparées par un pilastre sur lequel repose une demicolonne dont le chapiteau monte jusqu'à la corniche.

La basilica Julia est mentionnée dans le Curio.mrnel le J)e ref/innibiis'''.

A l'entrée du vicus Jugarius {a') et attenant à la basilique Julia, existait le lacus Servilius, ainsi appelé du nom de celui qui l'avait établi en cet endroit"''. Il acquit, au temps de Sylla, une triste célébrité : on y exposait les têtes des proscrits. Cicéron le compare au lac Trasimène, si funeste aux Romains ^' et Sénè([ue l'appelle le spoliarium proscriptioiiis Sullanae^^. Agrippa l'avait orné d'un bas-relief ou d'une statue représentant une hydre''. Il n'est mentionné par aucun auteur, ni avant ftylla, ni après Agrippa. On n'en a retrouvé aucune trace quand on a déblayé la partie du vicus Jugarius voisine de la basilique.

31° Le temple de César et les rosira Julia. — Arendruiloii avait été brûlé le corps de César, c'est-à-dire sur l'area (26) du Forum, entre les rostres (8) et laRegia(!0) -'',on dressa un autel où le peuple se mit à célébrer un culte non autorisé-', et, à côté de cet autel, une colonne en marbre de Numidie, haute de près de vingt pieds, et portant l'inscription parenti palriae--. Mais Antoine fit périr, contrairement aux lois, C. Amatius, usurpateur du nom et de la descendance de Marins et promoteur principal de l'érection de ces deux monuments"; cela fait, Dolabella, gendre de Cicéron, reconquit les bonnes grâces de son beau-père en faisant enlever autel et colonne ^''. Il en en résulta une violente émeute, le peuple réclamant le rétablissement de l'autel et un sacrifice célébré par les magistrats; on la réprima par la force; le sang coula, et un certain nombre de manifestants furents condamnés, les esclaves à être mis en croix, les citoyens à être précipités de la roche Tarpéienne ". Un peu plus tard, Cicéron s'inquiétait du nombre des vétérans réunis sur le Forum pour manifester dans le même sens -'"'. L'agitation tomba quand, en l'année 712 (= 42 av. J.-C), les triumvirs décrétèrent qu'on élèverait un temple à César sur le Forum, à l'endroit même où sou corps avait été brt'llé, et que ce temple jouirait du droit d'asile^'. Construit par Auguste -', il devait être terminé vers l'année 721 (=33 av. J.-C), car il figure comme type

.\iner. XXXII. — ^^ De provid. III. — 1» Fesl. /. c. — ao.\ppian. Bell. civ. Il, 148; Dio, XI.VII, 18 ; l.iv. Epitom. CXVI ; Sueton. Caes. LXXXIV. - il Suet. Ibid. LXXXV; Appian. Bell. civ. III, 2; Dio, XLIV, 51. — 22 Suet. (. c. — 23 Appi.in. Bell. civ. 11, 3 ; Liv. Epitom. CXVI. — 21 Cic. Ad Altic. XIV, 16 et 17. — as Appian. Bell. civ. II, 3; Dio, XLIV, 51. — 2G Cic. Ad famil. XI, 2; P/iil. I, i ; Laclant. Jnst. dit: I, 15. — 27 Dio, XLVII, 18 et 19. Cette décision fut accompagnée de plusieurs antres : on jura de ratifier tous les actes de César ; aux jeux du ciniue on porta son image avec celle de Vénus ; le jour de sa naissance fut déclaré jour de félc, et néfaste celui de sa mort ; les ides de mai-s reçurent U) nom de parricide ; on converlil en latrines la salle où il avait été tué ; suivant Suétone elle fut nuirée ; Appicn dit qu'elle fut briUée par le peuple (Dio, (. c; Suet. Caes. 8S; Appian. Iklt. eiv. Il, 117). — 2» /(es gcst. div. Aug. IV, 2; .acdcm divi luli... feci.

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sur les r(!V(!rs d'un aiiieus (^l d'un denier oii Auguste est cun.sul ileriim, desirjnalus terlin. A côté du luinpli! s'élève un autel, peut-être l'autel qu'avait l'ail enlever Dolabella'. La dédicace eut lieu le 18 aoi'il- de l'année 725 (=: 29 av. J.-C.)''. A celle occasion, on célébra les jeux troyiuis; on donna au peuple des combats (il dtis spectacles; on lui montra des animaux qu'il ne connaissait pas encore'. Aup;uste orna le temple de son père de riches dons provenant du butin d(î l'figYplc ' ; il y plaça plusieurs tableaux entre autre les Dioscures", une Victoire', une Vénus Anadyomène peinte par Apclle; mais ce dernier tableau ayant été détruit par le temps et par l'humidité Néron le remplaça par un aulre, de la main de Dorothée'.

Le temple de César était un des lieux où les Frères Arvales procédaient aux cooplalio, et nous voyons dans leurs procès-verbaux que, dans la séance du 26 février 822 (^C9 ap. J.-C.) tenue dans ce temple et présidée par Othon, on pourvut au remplacement de Galba \

Le temple de César était placé sur un podium artificiel très élevé'"; c'est la seule partie qui en subsiste. L'extrémité de ce podium, s'avançant, en avant de la façade du temple, sur l'area du t'orum, formait le suggestus des rosira Julia ornés par Auguste des éperons des vaisseaux égyptiens pris à la bataille d'Actium ". Au centre de la façade de cette tribune, on avait ménagé une niche demi-circulaire (fig. 3231, 9); les éperons étaient distribués sur le mur à droite et à gauche de cette niche; à chacun des deux angles de la façade, un escalier'- conduisait sur la plate-forme d'où l'orateur parlait à la foule

Fiç. 3266. — Temple cl roslrcs de César.

répandue sur l'area du Forum". C'est là qu'Auguste, ù la mort de sa so;ur Octavie, prononça son éloge, pendant que Drusus la louait aux rosira vrlera''-. T. Quinctius Crispinus, consul de l'année ~ii> (= 9 av.

J.-C), y promulgua une loi très sévère contre ceux qui manqueraient aux prescriptions relatives aux aqueducs''. Aux funérailles d'Auguste, Tibère y prononça son éloge'". Des monnaies datées du troisième consulat d'Hadrien représentent le temple de César et

l'empereur, debout sur les rostres, haranguant la foule qui l'acclame " (lig. 3260).

Le temple de César était, nous dit Vitruve, pycnosli/los " ; il était au.ssi prostylos, avec une cella occupant toute la largeur du temple; sur les deux côtés, comme sur le devant, régnait une terrasse, avec balustrade interrompue seulement devant la tribune, à l'endroit d'où parlait l'orateur, comme aux rosira vêlera (fig. 3260). Les chapiteaux étaient sans doute ioniens comme ceux du temple de Saturne". D'après une des monnaies d'Hadrien, il semblerait que le temple était, à droite et à gauche, orné d'un quadrige -". M. Richter a fait une belle reconstitution du temple de César-'.

L'emplacement attribué au temple de César (9) est certain, et les débris qui subsistent encore sont bien ceux de son podium élevé. On sait qu'il était sur le Forum '-, faisant l'ace au Capilole", voisin du temple de Castor et

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Fig. 1-1207. — Bas-relief rcprcsenlant des rnonumculs du rorimi.

do l\)llu\ (15) -' ot de la Regia(lO) -■' et que, en face de lui, se dressait la statue équestre de Domilien (///)"^ Le second des bas-reliefs (^41 qui ornaient les rostra veiera

1 Uabdoii, Di'ficr. 'fa mon. fie la lit'/). 11. p. .i'.i. 138. Voifi la dcsoripliou de co type : Temple à quatre colonnes dont le fronlon est orne' dune étoile ; sur la frise, on lil : Divo Jttllio). Sous le portique on voit la statue de C^sur debout, tenant lolituus; à gauche est un autel. — 2 Corp. iuscr. lat. I, Commentar. diurn. 18 aoili ; on riMi-brait un sacrifice au jour anniversaire. — 3 Dio, LI, ii. — * Id. Ihitt. Auguste avait aussi érigé à llésar, sur le Forum, une statue surniontiîe d'une comète, en souvenir lie la comiMe qui apparut peu après la mort de César, et que le peuple regarda comme l'âme du novivcau Divns reçue dans le ciel (Plin. //ist. tmt. 11, i3. l ; Suet. Caes. LXXXVIU). — " lies gest. div. Aug. IV, H. — 6 rii„. //,.(/. nat. XXXV, 10, 1. — 1 Id. ïbid. — 8 PHn ffist. nat. XXXV, 36, 26. — 9 !lcnren, Àcta Fratr. Arval. p. 151 ; Corp. ittscr. lat. VI, 2031, 55. — 10 On en peut juger par co qui en subsiste ; Ovide appelle plusieurs fois le temple de César aedes exciilm [Metam. XV, 8U ; Pont. II. i. 83). — H Dio, LI, 19. — 12 Ces escaliers no ligurcnt p:is sur le pUm du li-mplo dcCéïar ('.>) de notre fig. 325t. Co plan a d'ailleurs

connrine ces renseignements lopographiques (fig. 3267). L'empereur, en effet, y est représenté sur un suggestus garni d'éperons symbolisant les vostra JuUa. A gauche,

besoin d'être réformé d'apH^s celui que M. Ricbter a donné après de nouTcUes fouilles {Die .ingusibnut. aufdem For. roiH.daus Johrbiich d. k.d.arch. /n.«/.l. IV, p. t40\

— 13 Pour la disposition do la tribune, cf. Riclitcr, Op. laud. p. IW et s. cl la reconstitution du temple, pi. de la p. IH. — 1^ Dio, LIV, 35. — *» Front. CXXIX.

— U> Dio, LVI, 31; Suet. Aug. C. — *7 Colien. .Monn. imp. {f éd.), Iladrieo, n« -ilii-llO; 1388, ISSrt; cf. KicUler, Op. laud. p. 141, fig. 6 a-fi «r. — »« VitniT. m, ^ (2) : •• Pycnoslylus est cujus inlercolumuio uuius et diniidiatae columnac crassiludo inlerpoui polest, qucmadmodum est di\i lulii et. in Cae-saris foro, Vencris ».

— li' Sur la reconstniction du temple de César, cf. Richter, Op. laud. p. 137 et s.

— ^ Cf. Kichter, Ibid. p. i\ù et fig. ti c Ip. I W\ Ou sait par .\ugusle lui-même (fies '/••■fl* IV, H) qu'on lui avait érigé à Rome des statues d'argent sur de? quadriges.

— -îi Op. laud. p. 141. — 2» Ovid. Fast. Ill, 703. — 23 M. Mctamorph. XV. 811.

— 'i* Id. Pont. Il, 2. 85. — 2^1 Cela ressort du texte dAppien. Bett. cù'. H, U8. - 20. Slal. Sijlo. l, !, ii.

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un peu en arrière, l'arc d'Auguste (14), puis le temple de Castor (13); suit un espace libre, sans doute le vicus Tuscus entrant à cet endroit sur le Forum (18), enfin la basilica Julia' (16, 17), que l'autre bas-relief (fig. 3261), si on le place à la suite de celui-ci, continue pour nous donner ensuite la vue des monuments qui terminaient le Forum à l'ouest '^ Sur ce bas-relief, comme sur l'autre, le Marsyas et le figuier ruminai ont une valeur symbolique et non topographique.

32° Les arcs de triomphe d'Auguste. — En l'année 72S (=29 av. J. C), Auguste triompha trois fois en trois jours des Dalmates, de l'Egypte et des vaincus d'Actium^ A la suite de ce triple triomphe, le sénat décréta qu'on lui élèverait un arc sur le Forum '.

Une seconde fois, quand Auguste eut reconquis sur les Parthes les enseignes et les prisonniers qu'ils avaient pris à Licinius Crassus, le Sénat lui décerna les honneurs d'un arc de triomphe ° qui fut élevé à côté du temple du divin Jules ^. Cet arc figure comme type sur un denier de l'an 736-737 (= 18-17 av. J. C); il est à trois arches, orné de colonnes et de pilastres; sur le sommet, Auguste dans un quadrige, entre deux Parthes qui lui présentent, l'un une enseigne militaire, l'autre une aigle légionnaire '.

On n'avait sur l'emplacement de ces arcs que des renseignements bien vagues, fournis par les auteurs : l'un était sur le Forum, l'autre près du temple de César (9); mais, en pratiquant des fouilles pour explorer les fondations de ce temple, M. Otto Richter a retrouvé, tout à côté, les substructions d'un bel arc de triomphe à trois arches (14)*. M. Richter pense que les deux arcs d'Auguste se faisaient pendant de chaque côté du temple de César". Il inclinerait à croire que l'arc dont il a retrouvé les bases est celui d'Actium plutôt que celui des Parthes, car, à peu près au même endroit, près du temple de Castor, on a mis au jour une inscription'" datée de l'an 29, qui se rapporte, sans aucun doute, à la bataille d'Actium ; peut-être provient-elle du premier arc de triomphe, malgré ses dimensions peu considérables". S'il en était ainsi, le n° 14 de notre plan se rapporterait à cet arc ; et celui qui fut élevé après le triomphe sur les Parthes aurait été construit sur le côté nord du temple, à un endroit qui n'est pas encore déblayé.

Ici se présente de nouveau la question des dessins dont nous avons parlé plus haut, à propos de l'arc de Fabius. Il est difficile, dans l'état actuel, de décider s'ils représentent l'arc de Fabius ou celui d'Auguste'^.

33° L'arc de triomphe de 'I ibère 1^20). — L'arc de Tibère fut élevé près du temple de Saturne ob recepta signa cu?n Varo amissa, duciuGernianici, anspiciis Tiberii, en l'année 769 (=16 ap. J. C.)". En 18'.8-1849, en déblayant l'extrémité ouest de la basilique Julia, on en mit au jour

1 La plupart des archéologues oui vu dans ce secoud bas-relief une vue du côliS nord du Forum avec la curie et la basilique Âemilia. J'ai préféré adopter l'opinion de 0. Maruccbi, Descr, du l'ovum romain, p. iG:i et s. — 2 V. p, 1298, l'explication du premier de ces deux bas-reliefs, représenté aussi sur la fij?. 3261.

— 'J Auî;C' J^ss gest. (gracce), II, 9; Macrob. Satwn. I, 12; Virg. Aen. Vlll, "l-i; Servius, lOkl.: Suot. Aug. XXII ; Dio, Ll, 21. — '• Dio, Ll, l'J. — 6 Dio, LIV, 8.

— c Scliol. Va-on. m Aen. Vil, G06. — ^ Uichter, Op. Iciud. p. 153, fig. 9. La légende de la monnaie est ainsi conçue : S. I*. Q. U. iinp. Cacs. Aug. cos. XI, Ir. pot. VI, civib. et sign. milit. a Part, recuper. ; Cohen, Mon. iinp. 2" éd. Aug. 82-85. —8 Richter, .Millh. d. k. d. arch. Inst. t. 111 (1888), p. 99; Antike Denkmûler, 1888, p. U; cf. Ihdkt. del. com. arch. comm. 1888, p. 167. — 9 Die Aut/uçtushautcn, dans Jabrbuch. 1889, p. 153 et s. avec la reconstruction du temple et des deux arcs, p. 157. — 10 Corp. inser. lat. VI, 873. — " Cf. Richter, Op. laud. p. ly-i. M. Richter croit aussi rpconnaitre cet arc sur une monnaie

des substructions qui furent aussitôt détruites. Au moins son emplacement est certain '^ L'arc de Tibère est représenté sur le bas-relief de Constantin, reproduit plus haut (fig. 3260). U servait d'entrée au Forum ; après être passée sous sa voûte, la Voie Sacrée (13i, quittant le Forum, se dirigeait vers la droite pour contourner le temple de Saturne (19) et se confondre avec le clivus Capilolinics (a). Tout à côté de l'arc de Tibère, à l'endroit où le vicus Jugarius [a') et la Voie Sacrée (13) se rencontrent, s'élèvent, de chaque côté de la rue, des fragments de murs (z) que beaucoup d'archéologues ont pris à tort pour les restes de l'arc de Tibère. C'était probablement un Janus (Voy. plus loin, n° 42, p. 1309).

3-4° Le temple de Vespasien (3). — Le temple de Vespasien, peut-être commencé par Titus, fut achevé par Domilion qui le consacra aussi à Titus; c'est en effet sous ce double vocable que le chronographe de l'an 334 l'attribue à DomiLien'^ et qu'il figure dans le Curiosum '^ et dans le catalogue de P. Victor". 11 en subsiste encore trois élégantes colonnes corinthiennes qui supportent le dernier mot de l'inscription, aujourd'hui disparue, mais dont une copie nous a été heureusement conservée par l'anonyme d'Einsiedlen : il y est dit que l'édifice fut restauré par Septime Sévère et Caracalla'^

Longtemps on a pris ce temple pour le temple de Saturne et réciproquement. Nous ne reviendrons pas sur ce que nous avons dit à ce sujet en parlant du temple de Saturne ". C'était un temple corinthien, hexastyle et prostyle, avec une cella carrée dont les murs intérieurs et le sol étaient recouverts de marbres orientaux; les sculptures ont beaucoup de grâce et de finesse; on en peut admirer un beau spécimen dans le musée du Tabularium. L'extérieur était recouvert de marbre pentélique-".

33" Les statues du Forum. — La statue de Domilien (m).

— A plusieurs reprises, à propos des monuments qu'elles ornaient ou entouraient, nous avons parlé des statues érigées sur le Forum. 11 serait peu intéressant d'en faire l'énumération ; elles étaient très nombreuses et si le Forum devint rapidement insuffisant pour les vivants, il le fut bientôt aussi pour les statues des défunts. Aussi des revisions devenaient nécessaires, et, en l'année 59(i (= 158 av. J. C), Scipion Nasica, pendant sa censure, fit enlever du Forum toutes les statues d'anciens magistrats qui n'avaient pas été décrétées par le peuple ou le Sénat-'. Nous les abandonnerons à leur sort, ne faisant exception que pour celle de Domilien : Slace en a fait une description qui lui donne un grand intérêt et, en ce qui concerne l'emplacement des monuments du Forum, une valeur topographique égale à celle des bas-reliefs des rostres ^-.

La statue équestre de Domitien occupait lemplace-

dc la gens Vinieia (/6irf.) ; Babelon, Mon. de la Hépubl. Il, p. 553, 2. — '- V. plus haut ce que nous avons dit de ces dessins à propos de l'arc de Fabius, p. 1302. — " Tac. Ann. II, 41. — l'> Jordan, E/ikem. l'/iiijr. III, p. 246.

— l'i Mommsen, Ueber den Ch-onograph. p. 646. — iCReg. VllI, dans Uriichs, Cod. urb. Rom. topngr. p. 10, 10. — 1' Rog. Vlll, Ibid. p. 38. Dans le J)e regionibiis (Uriichs, p. 11, 12) il est simplement appelé templum Yespasiani.

— 18 Corp. inscr. lat. VI. 938. — '» Kn effet, on prouvant que le temple à six colonnes est bien le temple de Saturne, on établit indirectement l'identité de celui de Vespasien; v. i)lus haut, p. 1285. On peut aussi alléguer cette raison que, en cons- Irnisant re dernier temple, on a condamné tm escalier et une porte {h) du Tabularium (1), monument plus ancien que le leiiq>le de Vespasien, mais plus récent ([ue celui de Saturne. — 20 Pour la description du monument, cf. Middieton, T/w remains ofanc. Home, I, p. 339 et s. —-' l'iin. I/isl. mit. XXXIV. II; Aurcl. Viol. Vir. ill. XLIV. — 22 Silo. I, 1, 22 et s.

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ment du lac Curlius ' (m). Elle regardait le temple de César (9) :

.... Ilinc obvia limina pandil Qui fessus beliis, adscitae numere prolix. Promis lier noslris o.slendit in aelhera divis '-.

Elle était placée entre la basiliciuf^ fimilicnne ou de Paulc (f/') et la basilique .Iulia (\(>, \~) :

Al liilcruin passus hinc .Iulia tecla tuenlur, Illinc bcUigcri siihliinis rerjia l'aiili ■'.

Derrière elle étaient les temples de Vespasien, père de Domitien (3), et do la Concorde (6).

Tcrga palor blaiidor/iœ videt Coiirordia vullu '•.

Enfin elle paraissait surveiller le Palatin et le temple de Vesla(ll):

Prospectare videris

Au nova contemplis surgant Palatia flummis Pulchrius; an lacita vigilet face Troicus ignis Algue explorai as jam laudet Vesla ministras''.

On voit combien la topographie du Forum, telle qu'elle est établie aujourd'hui, concorde avec les renseignements fournis par le poète contemporain de Domitien.

Après la mort de Domitien, sa mémoire fut condamnée par le Sénat, et ses statues, y compi'is sans aucun doute celle du Forum, furent renversées.

36° Le temple d'Antonin et de Faustine (d). — Quand Faustine, femme de l'empereur Antonin le Pieux mourut en l'année 894 (= 141 ap. .1 C), le Sénat lui décréta les honneurs divins, des jeux publics, un temple, des (lamines, des statues d'or et d'argenté Le temple fut construit près du Forum, et, sur le fronton, on grava la simple inscription : Divae Faiistvnae ex s. c. .\ la mort d'Antonin, en 914 (= 161 ap. J. C), le Sénat lui décréta aussi tous les honneurs divins H un temple". Mais, au lieu d'élever un temple nouveau, on associa l'empereur défunt à Faustine et, au-dessus de l'inscription on ajouta les mots Div. Antonino et, qui semblent, en effet, n'avoir pas été gravés en même temps que la seconde ligne '.

Il n'y a aucune preuve à produire pour établir l'emplacement occupé par le temple d'Antonin et de Faustine. Il est encore debout avec son inscription ; c'est aujourd'hui l'église S. Lorenzo in Miranda. Si l'intérieur a été, au temps de cette transformation, dénaturé et en partie détruit, la façade au moins est restée intacte. Le temple d'Antonin est corinthien, hexastyle et prostyle; on peut encore admirer les belles colonnes monolithes en marbre cipnlino de son portique. Sur les côtés règne une frise en marbre, ornée de griffons et de candélabres d'un beau travail ".

Le temple de Faustine est représenté sur des monnaies avec ses six colonnes, un fronton orné de sculptures et surmonté d'un ([uadrige avec une Victoire à chaque angle '".

I .Sidi. 1,66 ot s. — 2 Vnis 2^-24. — 3 V. i9-31. — V V. îl. — :> V. 33-30.— «Capitol. Anton. Plus. VI. — ^ Iliiil. XIII. — « Corp. inscr. lat. VI, lOOo. — 0 Cf. Middlcton, The rrmain.i of anç. lîoine^ I, 330. — 10 Cohen, Mon. imp. (£« t^l.), Faustine mère. Il"» lltl-194, avec la It^geiido: Dedicatio aedis j. c. — 1' Corp. inscr. tat. VI. 1019.

— 12 Middiclon. Tlifremains, I, 3U . — 13 Corp. inscr. lat. VI, 1033. — Il Cohen .J/oii. imp. (2* )^d.), .Srptime Sèvh'r, n" iiH et n" 104 avec quelques variantes : Si^vùre dans un char à six chevaux ; de chaque côti^ une statue (équestre el une statue en pied.

— là Cr. Middkton. The remains, I, p. 343. — 16 Corp. inscr. lat. VI. 103 ; Huelsen, // silo el le iscrizioni délia schola Xantha, sut Foro romano, dans .Viltheilungen d. k. il. nrch. Instit. 1. III (18SS), p. 221. — " Ce C. AvUlius l.icinius Trosius est connu

'.i'" La chapelle de Faustine (cj. — Au fond d'un long couloir formé par l'étroit espace laissé libre entre le temple de la Concorde f6) et celui de Vespasien 5) existent, adossés au tabularium (1), les restes d'un édicule(c); on l'a cru dédié à Faustine parce qu'il s'y trouvait un piédestal portant une dédicace à cette impératrice déifiée"; mais cette attribution est très incertaine; M. Middlcton croit ce petit monument contemporain du temple de Vespasien'-.

38° L'arc de Septime Sévère (7). — Cet arc de triomphe a été, comme l'indique l'inscription '^ érigé en l'honneur de Septime Sévère et de ses deux fils, Caracalla et Géta, en l'année 956 (= 203 ap. J. C). Plus tard, après le meurtre de son frère, Caracalla fit marteler son nom et ses titres. Les sculptures dont cet arc est orné, peu remarquables au point de vue artistique, ont, pour l'étude des choses militaires, un grand intérêt. Elles représentent en effet les principaux épisodes des campagnes de Septime Sévère en Orient. La partie inférieure est ornée de groupes composés de soldats romains conduisant des prisonniers barbares enchaînés.

L'arc de Septime Sévère subsiste encore en entier, sauf les groupes en bronze qui en ornaient le faîte; mais une monnaie nous en a conservé la représentation (fig.3268)". La base est en travertin plaqué do marbre ; l'arc lui-même est en marbre penlélique massif '', et les colonnes en marbre plus précieux. Le faite était couronné d'un groupe en bronze représentant Septime Sévère dans un char à huit chevaux, entre deux trophées et, à chaque angle, une statue équestre.

L'arc de Septime Sévère est situé au nord de la tribune ; il forme de ce côté l'entrée du Forum, comme l'arc de Tibère du coté sud; il donne accès, à la sortie du Forum, sur l'area du temple de la Concorde (6), entre le clivus Argenlarius qui passait devant la prison (21 et le clivus Capitolinus («).

39° La schola Xniiiha {g). — Cette schola était, comme l'indique son inscriptioa'^ Vofficium des scribae. librarii et praeco)ie.<: nedilutm curulium. Elle fut construite, d'après l'inscription vers l'époque de Caracalla, parC..\villius Licinius Trosius ". D'autres personnages, parmi lesquels A. Fabius Xanlhus, dont on lui a donné le nom, la refirent ab inchoato et, après sa dédicace, Tenrichireut de dons : une Victoire, des sièges en bronze, les statues en argent des sept dieux, etc. '*.

Jusqu'à présent les archéologues ont été à peu près d'accord pour placer la schola Aaiitha dans une série de petites pièces situées au-dessous du portique des DU

par une d»5dicace à l'empereur llaracalla de l'anni^c 214 {Corp. inscr. lat. VI, 1068 ; cf. Hucisen, Op. laud. p. 216-217). — 18 Ces renseignements sont empnint^-s aux inscriptions, l'n des bienfaiteurs menlionniîs dans l'inscription avec Xanthus est un affranchi inipi^rial du nom de Bebry.v ûrusiauus. .K cause do ce nom, M. Huelsen ne croit pas pouvoir admettre avec Henzen Corp. inscr. lat. VI. 103» que celte inscription soit postérieure à celle de C. .Avilius Licinius, qui est du commencement du ni* siècle. Il en résulterait que celui-ci aurait reconstruit une seconde fois la schola di^jà reconstruite par Fabius Xantus et Bebryi Drusianus, quoique l'inscription soit ainsi conçue :.C. Avillius Licinius Trosius, curator, scholam de suo fecit {ei non refecit). Le premier auteur du monument resterait inconnu.

Fig. 3268. — Arc de Septime Sé»ère.

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Consentes (4), local incommode et peu approprié à cet usage. Après une étude attentive des documents concernant les fouilles faites à différentes époques dans la partie sud-ouest du Forum, M. Huelsen est arrivé à démontrer, avec beaucoup de vraisemblance, que la schola Xaniha était construite en bordure sur la Voie Sacrée, en Ire les rostres (8) et la basilique Iulia [g), tout à côté de l'arc de Tibère (20)'.

40° Le portique des Du Consentes (4). — Ce portique fut découvert en 1834 et restauré par Canina. Ses colonnes corinthiennes, en marbre cipolin, supportent une inscription qui indique que Vettius Praetexlatus, préfet de Rome en l'année 1120 (= 367 ap. J. C.) rétablit dans leur portique restauré les douze du consentes". Ce sont sans doute ces mêmes douze dieux, sex marcs et feminae totidem, dont Varron signale déjà les slaUies dorées sur le Forum ^ Vettius Agorius Praetexlatus fut un des plus ardents défenseurs du paganisme expirant; il s'efforça de réveiller la foi païenne en favorisant les cultes anciens et fut, à ce litre, le bienfaiteur des Vestales qui lui élevèrent une statue récemment retrouvée dans leur atrium''. La restauration du porti((ue eut pour but de ramener les Romains au culte oublié des douze divinités antiques.

41° La colonne de Pliocns (23). — La colonne de Phocas fut, comme l'indique l'inscription gravée sur sa base, érigée en l'année 008 ap. J.-C, parSmaragdus, exarque d'Italie, à Phocas, avec une statue aurl splendore fulgentein'\

La colonne est d'un style plus élégant que ne le comporte l'époque de Phocas. On a pensé ou qu'elle a été transportée d'un autre édifice'' ou que le monument, élevé en l'honneur d'un empereur précédent, a été, par Smaragdus, attribué à Phocas ". Qu'il s'agisse d'un déplacement de colonne ou d'une désaffectation de monument, il reste certain que la colonne de Phocas est beaucoup plus ancienne que la statue qu'elle portait au vu' siècle. On pourrait facilement être fixé en déplaçant une partie du grossier escalier qui l'entoure*.

Au bord de l'area du Forum, le long de la Voie Sacrée, s'élèvent plusieurs bases en briques (23). On s'accorde pour reconnaître qu'elles devaient être recouvertes de marbre et surmontées de colonnes' et de statues; elles sont de l'époque de Conslanlin '".

42° Les rues du Forum. — Les Janus. — Le Forum, centre des affaires et lieu fréquenté, était par plusieurs rues en communication avec les divers quartiers de Rome.

La Voie Sacrée, Sacra via et, chez les poètes, Sacer clivus (13i ", le traversait de l'est à l'ouest dans toute sa longueur, et y entrait en passant, depuis le vr siècle de Rome, sous l'arc de Fabius '2; c'est un fait admis. De là elle se dirigeait vers le Capitule, en suivant un tracé qui devait être assez direct puisqu'elle avait précédé les monuments qui, ])lus tard, s'élevèrent sur ses bnrds. Il

I Oj). lauj. p. i08 et 5. |>1. Mil : cf. Bullellino ihl. corn. arch. comunale, 1888, p. 4i7. — 2 Corp. insa: lat. VI, 102. — ;i Varr. Iles /tiist. I, I ; cf. Id. Liiig. lai. Vlll, "I. Sur les dii conseilles, cf. l'rcllcr, llomische Mythologie, i' ii. I, 68 el Ausftirlich. Lexik. d. gr. und romisck. Mythologie, s. v. Consentes.

— i Lauciani, Ancient Home, p. 160 cl s. - 5 Corp. inscr. lat. Vi, 1300.

— G i.anciani pense que celle coloiuic provionl du pelil temple roud situé sur les bords du Tibre, où jusleniciil une colonne fait dc'-faul (cf. Jordan, Topogr. der Stadl Hom. 12, p. 2io, n. 80). — ^ C'est l'a|iiniou soutenue, â diffi'Tenlcs reprise;', par Nicliois, avec des variantes dans la forme {Milllicilimg. d. k. d. arch. Insl. l. III (1888), p. 90; .1 revised hislory of Ihe culiimn o( /'/locas, dans Archneologia, t. LU (1890), p. li el s.; cf. Uuclsen, Mittheil. t. IV (1889), p. Ui; t. VI (1891), p. 88. — 8 Cf. Huelsen, Mittheil. 1891, p. 88. — » Quelques tronçons de ces co-

semble donc qu'il faut écarter, ou plutôt reculer jusqu'à une époque assez tardive, l'opinion qui la fait descendre en ligne droite, laissant à gauche la Regia(10)et le temple de César (9), pour rejoindre, en passant devant ce temple, le temple de Castor (13). Il n'y avait pas de raison, au temps où le temple de César n'existait pas encore, pour faire contourner cet édifice par la Voie Sacrée; en outre il ne me paraît pas probable qu'Auguste ait construit, pour lui donner accès sur une impasse étroite, le magnifique arc de triomphe (14) dont on a récemment retrouvé les restes. Ce premier point écarté, nous nous trouvons en face de deux opinions : la Voie Sacrée longeait le temple de Vesla(ll), passant entre celui-ci et la Regia (10) pour gagner directement le temple de Castor (15)'\ Mais, dans les fouilles faites récemment pour retrouver les restes de la Regia, M. Nichols" et M. Jordan'^ ont cru reconnaître, à l'examen des substructions de toutes les époques qui se trouvent entre la Regia et le temple de Vesta, que jamais la Voie Sacrée n'a pu y passer. M. Huelsen a proposé, pour résoudre cette difficulté, de faire descendre la Voie Sacrée entre le temple d'Antonin (d) et la Urgia (10), puis tourner à gauche entre celle-ci et le temple de César (9) pour prendre ensuite (en 13) la direction de l'arc d'Auguste (14) '^ Mais cette opinion est aussi contestée, et l'on a dit qu'entre la Regia et le temple de César, il n'y avait pas place pour une voie ' '. Il n'est pas possible de résoudre ces difficultés à distance, et je suis loin d'en avoir la prétention, laissant ce soin aux topographes plus savants et mieux placés ; mais il me semble probable que, sous la République, la Voie Sacrée passait là où Auguste éleva plus tard son arc de triomphe (14) entre le futur emplacement du temple de César (0) et le temple de Castor (15), et qu'il en fut ainsi au moins jusqu'au moment où, à la suite des incendies de Néron ou de Commode, de nouvelles constructions modifièrent complètement la disposition des lieux". A dater de cette époque, il est très possible que la Voie Sacrée, entrant sur le Forum par le côté nord du temple de César (9) puis tournant brusquement à gauche pour passer devant la façade de ce temple, là où il existe encore une route pavée (voy. le plan), ait ainsi regagné le temple de Castor (13) près du viens Tuscus (18i. Là, retrouvant son ancien parcours, elle longeait la basilique Julia (16, 17), passait sous l'arc de Tibère (20) et gagnait a\ec\e clivus Capitolinusia] leshauteursduCapitole (21) [thiimpius. sacra vu]. Au sud-ouest, le virus Jugarius («'), qui lirait son nom

d'un aut

lunn luga'^ entrait sur le Forum, près du

temple de Saturne (19). Il venait de la porte Carmenlalis; ce l'ut, jusqu'à la création du forum de Trajan, le chemin qui reliait le Forum au Ciiamp de Mars. Il était orné d'une fontaine a]>p('lée lacus Servilius (voy. plus liant, u'^' -M, p. 130i).

Le viens Tuscus (la rue Étrusque) (18), qui débouchait

lonncs ont été retrouvt-s. — '0 Cf. Jordan, dans Ihdlct. del. iiistit. di cor. arch. 1881, p. 106. — Il Marlial. IV, 79, 7. — IS V. plus haut, p. t.lOi, n» 28.

— 13 Lanciani. Atti d. r. Ace. d. Lincei, Mcmorie, 3» sir. t. XMI (1883-1884), p. 93 ; Notisie, 1883, p. 173, pi. xxii. — i'* Nicliols, Some remark vpon tbe regia, dans Archacologia, 1. I, (1887), p. 231 et s. — lii Jordan. Gti edi/i:i aniichi fra il lempio di Faustina e Vatrio di Vesta, dans Mittheil. d. k. d. arch. inst. I (1860), p. 99. -- 10 Huelsen, iJic Ilegia, dans Jahrliuch d. k. d. arch. Inst. 1. IV, 1889, p. Ji9 (plan). — n Nichols, .yilllirilnng. d. k. d. arch. Inst. I. III (I888|, p. 95 ; Marucclii, cilê par Huelsen, dans .Uiltheilimg. t. VI (18911, p. 91. — " Cf. Lanciani. .\olizle, 18Si, p. 219; Alli dei Lincei, Meniorio, 3' sér. t. XIII, p. 93.

— '^ l-'est. ap. Paul. Diac. s. v. lugarius : " Jugarins viens dictns Romae, quia ibi fuerat ara lunonis lugae quam putabanl matrinionia jungcre ■•.

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sur le Forum (18) ontre la basilique lulia (10) et le temple de Castor (15), doit son nom à des légondcs diverses suivant les auteurs, mais qui, pour le fond, s(; rattachent toutes aux Étrusques'. La grande procession des ludi Honiani, entrt^c dans le Forum par le vieux Jiif/afius, en sortait par le vicus luxais-. C'est à l'entrée de cette rue, près de la basilique .hilia, que se trouvait la statue du dieu étrusque Vortumnns ou VrvlHminis\ Le vicus Tusciis réunissait le Forum au Vélabre et au Circus Maximus; on y faisait un commerce de parfums' d'où lui vint sans doute, à une basse époque, le nom de viens Turarius''. C'était un lieu mal famé".

De l'autre côté du temple de Castor (13), et parallèle au vicus l'uscus, était, suivant M. Lanciani, une rue appelée vicus Vestae''.

La via Novn (e'), découverte dans les dernières fouilles, rue très ancienne malgré son nom % longeait le côté sud du Forum. Elle n'a pas été explorée, vers l'ouest, au delà de Sainte-Marie-Libératrice et on ne sait pas jusqu'où elle continuait dans la direction du Vélabre'; un texte de Varron nous dit cependant qu'elle communiquait avec ce quartier'". Elle était au pied du Palatin (/)", au-dessus du temple de Vesta'-, et, à cet endroit, s'appelait in/ima nova via '■'. Nous savons aussi par Varron que, de la porta Romanula SlM Palatin (/), un escalier (i/), très reconnaissable aujourd'hui encore, descendait vers la nia iVoua" ; et un fragment du plan de Rome découvert il y a quelques années''' (fig. 3232) montre que, de la via Nova, une seconde partie de cet escalier, descendait au Forum, entre les temples de Castor (15) et de Vesta (11) ; Ovide fait mention de cet escalier "^.

Sur le côté nord du Forum, une rue dont on ignore le nom passait entre le temple d'Antonin et de Faustine [d] et la basilique Aemilia [d').

Entre cette dernière basilique et la curie (/i), VArgiletum (c')" mettait en communication le Forum avec le quartier de Subure; c'était la rue des libraires" et, paraît-il, aussi des cordonniers'". Domitien et Nerva changèrent complètement la partie de l'Argiletum qui touchait au Forum en y créant leur forum transilorium (voy. plus bas, p. 1314, -4).

Une autre voie, appelée au moyen âge clivus Argentarius, sans doute d'après son nom antique, entrait sur le Forum près de l'arc de Septime Sévère (7), après être passée devant la prison (2). Il est probable qu'elle devait son nom à la basilica Argentaria, située dans cette région.

Enfin une voie parallèle à la portion de la Voie Sacrée qui longeait la basilique Julia, au lieu dit sitb vfteribus, devait border le côté nord du Forum du temple de

1 Varr. Limj. tal. V, -16 ; Tacil. Ann. IV, 65; Festus, ap. i'aul. Diac. s. v. Tusciis viens; Properl. IV, 2, 4!1 ; Dionys. V, 36 ; Liv. II, 14; Criiq. In Ihmit. Serm. II, 3,' 228; Scrv. In Aeil. V, 560. — 2 Cic. II Verr. I, 49; cf. Dionys. VII, 72; Ovid. Amoi: III, 2, 43 et s. ; Liv. IX, 40. — '•! Varr. Ling. lat. V, 46 : i Ab eis (Tuscis) dicLus vicus Tusciis, el ideo ibi Vertuujnum slarc. quod is deus Elruriac priiiccps » ; Ascon, in II Verr, I, § 154 : Signuni VorUunui in ultiuio vico Turario est sub basilicae angulo "; P. Victor, Rcgio VUl. dans Urliclis, Cod. l'rb. Itom. top. p. 39 : •> Vicus Turarius cum signo Vortuumi «. — * Moral. Epist. II, 1, 269; Forpbyr. In Sertn. II, 3, 228. — ^ Ascon. /. c. L'idcntitiratiou est certaine ; cf. les textes de Varron, Asconius et P . Victor cites dans la note 3 ; Porphyr, In Horat. Epist. I, 268; Acro, Serm. Il, 3, 228. — » Plaul. Cm-e. IV, I, îl ; llorat. Si'im.II, 3,228.— 1 Notizie, 1882, p. 233. C'est la rue à l'entriV de hiiuelle se trouve, sur le plan, le bas-côté sud de l'arc d'Auguste (14), et dans la fig. 3252, l'endroit où on lit le mot castoius. — 8 Varr. Ling. lat. VI, 59. — u Laaciani, Notizie, 18S2, p. 236. — 10 l.ing. lat. V, 43. — " Cic. De divin. I, 45. — IS Liv. V, 32. — 13 Gell. XVI, 17. — 1* Ibid.V, 43. — !■ Lanciani, Aolizie. 1882. p, 2.13. pi. xiv. — 16 Fast. Vï, 389 et s. « Qua nova romuuo nunc viajuncta Foro est ». — n Varr. Ling. lat. V, 157 : ■ .Vi-gilctuin <unt qui scripsi-runl ub .\rgola seu .^grola, quod is

César (9) à l'arc de Septime Sévère (7); on sera fixé sur ce point quand cette partie du Forum sera déblayée.

Les principales voies entraient sur le Forum en passant sous des arcs de triomphe, comme la Voie Sacrée, ou sous des arcs appoh-s .lanus. I>es auteurs en f'int plusieurs fois mention; ils citent, entre autres, un Janus primus (mais on n'est pas certain qu'il appartienne au Forum) et un Janus mi'dius qui était, sur le Forum, un centre de commerce et d'affaires-"; à l'entrée du vicus Jugarius (a') on voit encore les débris d'un de ces arcs (s).

LES FORUM IMPÉRI.WX DE ROME-K — Le comitium, devenu insufQsant à cause de l'augmentation de la population, de l'expansion de la vie publique, el du nombre des procès, s'était, peu à peu, déversé sur le Forum où des tribunaux s'étaient établis de divers côtés; ensuite les grandes basiliques fournirent aux juges et aux plaideurs des locaux nouveaux et plus commodes ; mais le Forum romain lui-même et les basiliques devinrent insuffisants pour rendre la justice; ce fut un des principaux motifs de la création des deux premiers forum impériaux, celui de César et celui d'.\uguste ; les tribunaux du Forum romain ne cessèrent pas pour cela de fonctionner; aussi l'ancien Forum et les deux nouveaux sont-ils souvent associés dans les textes relatifs aux choses judiciaires :

Cauans, inquis agam, Cicérone diserlius ipso Atque erit in triplici par mihi iiemo foro --.

Sénèque fait une longue énumération de crimes que les trois forum ne suffisent pas à juger", et Stace parle d'un jeune avocat dont la voix puissante assourdissait les trois forum -''. Les deux premiers forum impériaux dont nous allons nous occuper sont donc, avant tout, des forum judiciaires -\ Les temples auxquels ils servaient à'area leur donnent aussi un caractère religieux.

1 . Le forum de César. — En l'an de Rome 700 (= 54 av. J.-C), pendant que César se préparait à descendre en Bretagne, Cicéron, qui, en ce temps-là, était fier de son amitié, s'occupait à Rome de ses affaires : « Oppius et moi, écrit-il à Atticus, nous avons décidé que le forum (de César) s'étendra jusqu'à V Atrium Liberlatis; nous avons payé le terrain soixante millions de sesterces ; il n'y a pas eu moyen d'obtenir des propriétaires de meilleures conditions. Mais nous ferons quelque chose de magnifique -". » Il est probable que les propriétaires se montrèrent encore plus exigeants, ou que d'autres achats furent faits, car, suivant Pline, le prix du terrain atteignit cent millions de sesterces''', somme confirmée par le témoignage de Suétone-*.

luic venerit ibique sit sepulUis; alii ab argilla, quod ibi id genus terrae ». — 18 Hart. 1,3, 8 ; 4, l et s. ; 1 18. 9 et s. — 19 Argique letuni multus obsidet sutor (Martial. II, 17, 3). Sur lArgiletum, cf. Beckcr, Handbuch, I, p. 206 et s. — 20 Cf. Richter. Topogr. der Stadt liom, dans Handbuch d. klass. Altertftum. t. 111, p. SU2.

— 21 Le plan des forum impériaux que nous donnons (fig. 3269) a Hf dessiné d'aprt^s Midillclou {The remains of ancient Itome, t. II, pi. i). qui l'avait lui-mOrae emprunté à Baedekcr {Italie centrale, 9« édit. franc, p. 240). Suffisant pour donner une idée de l'ensemble des forum impériaux et de leur situation respective, ce plan devrait être, dans plus d'un détail, corrigé et complété par les études, plans el dessins anciens publiés dans ces derniers temps par M.M. Lanciani et Huelseii : travaux que nous aurons plus d'uue fois l'occasion de citer dans Ici^ pages qui vont suivre. Pour ces forum coinnie pour le Forum romain, je regrette que les nécessités de poursuivre ta publication du Dictionnaire n'aient |)aâ permis d'attendre que M. Lanciani en ait publié les plans dans sa Forma urbis Romae dont le second fasicule \ient de pai-aitre. — 22 .Martial, ill, 3S, 3; cf. Id. VIII, 44, 6; II, 64, 7. — 23 De ira, il. 9. — 2> Sil» . IV, 9, 15. — 25 Cf. Appian. Bell. cic. II, iOJ;Sueton. .4nj;. XXIX, — 2« Ad .4«.c. IV, 16. — 27 Bisl. nat. X.VXVI. 24, 3.

- 2S Caes. XXVI,

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M. Mommsen a démontré que, giu W siècle, cet Afriinn Liberiatis, jusqu'où devait s'étendre le forum de César, était dans le local occupé aujourd'hui par l'église Santa Martina(voy. fig. 3238) ' ; il n'est pas probable qu'il en ait été de même au temps de Cicéron-; en tout cas, le passage de sa lettre à Atticus prouve bien que VAtriurn itberialis était alors dans ce quartier.

César était par Iule et Énée descendant de Vénus ^ ; aussi il avait une dévotion spéciale pour cette déesse Ml la représentait souvent sur ses monnaies avec son étoile".

et son forum servit d'area au temple de Vénus Genitrix^ qu'il avait voué avant la bataille de Pharsale'.

Le forum et le temple furent dédiés, encore inaclievés«, en l'année 708 (= -40 av. J.-C.)', le 24 ou le 23 septembre'". César y vint couronné de tleurs, précédé d'éléphants qui portaient des torches et donna, à l'occasion de cette dédicace, des jeux magnifiques". Auguste acheva, après la mort de César, le temple et le forum '^

Antonio da Sangallo a laissé les dessins d'une partie du mur d'enceinte du forum de César existant encore de

Fi". 32r»9. — Les forum împériauv.

son temps. C'était une forte muraille en pierres de tuf et de travertin, dont il subsiste des restes dans la rue del Ghettarello'^ Le forum de César était, nous dit Dion, plus beau que le vieux Forum romain; celui-ci, cependant, crut en dignité, car, désormais, pour le distinguer du nouveau, on l'appela Forum magnum '''. Le commerce était exclu du forum de César, qui avait voulu donner aux Romains un forum analogue à ceux des Perses où l'on rendait la justice et où l'on enseignait le droit'". César y avait laissé ériger sa statue revêtue d'une cuirasse"' ; lui-même y avait dédié, devant le temple de Vénus, sa propre statue montant le célèbre cheval dont

1 Hermès, t. XXIII (1888). p. 031; cf. (i. H. de Rossi l't Galli, IhiU. il. corn. anh. comxin. 1889, p. 362. — 2 Cf. Iluclsen. Milthcilimij. d. k. il. a. Inst. l. IV (I88'J), p. 240. — 3 Appian. Bell. cin. Il, CS ; Tlut. Pomp. LXVIII.

— i Iliid. et 76, m, 28; Propt-rt. IV, 1, 40. — 5 Cf. Uabelon, Mon. de ta Jiep. rom. II, gens Jillîa, n"* 32-36, 'd, 46-50. ~- G Appian. I. c. : ya\ tïVévo; TÇi •iti-i rifiiOfixt», S 'Praii»;»!; ÏTaU» it«t«.i «Tvai. — ^ App. Bell. civ. II, 68, 103.

— 8 Plin. Hisl. liât. XXXV, 45, 2; cf. Nicol. Damasc. Vi7. Caes. XXII.

— 'J Dio. XMII, 22; Appian. Bell. civ. III, 28. — lo Cor/), inscr. lai. I, (2" Mil.), Commentar. ilinrn. 26 sept.; cf. le commentaire de Mommsen, Ibid. au 20 juillet (p. 322); cf. aussi Mommsen, Bes gest. div. Aug. (2' ('■dit.), p. 83. — " l'io, ;. c. — '2 Bes gest. IV, 12. — '3 Dans la maison qui porto le u" 42. Cf. Laneiani, L'aula ri rjli uf/lri ilel .Senalo romano, dans AIti ihi Lincn, Memorie, V série,

le sabot, fendu en forme de doigts, avait l'apparence d'un pied humain; la possession de ce cheval, d'après les haruspices, assurait à son maître l'empire de l'univers ''. Près du temple aussi étaient les monuments appelés Apjiiades, probablement des fontaines avec des Nymphes" sculptées par Stephanus, élève de Pasitèle".

Quant au temple de Vénus Genitrix, il était, d'après Vilruve, pycnostyle -". Palladio =', d'après les restes qui existaient de son temps, en a fait une reconstitution: c'était un temple corinthien, en marbre, périptère, octastyle et pycnostyle ; il était orné de sculptures riches et d'un art élégant", construit tout en marbre", resplen-

I. XI, 1883, p. 14. Cf. Middieton. 7'he remaiiis nf une. Borne, II, p. 4 et !î, lig. 50. — " Dio, XLIII, 22. — l'i Appian. Bell. ne. Il, 102; cf. Ovid. Art. am. I, 80; III, 452. — '6 Plin. Hist. nnt. X\XIV, 10, I. — " Suct. Caen. LXI; Plin., l/ist. nat. VIII, 04, 2 ; Slat. Silv. I, 84, S.'i et la noie au vers 85, Mit. I.emaire, t. I. p. 36. Les représentations nuuiismaliques de ce cheval ont Ht étudiées par Rosclier, qui démontre qu'il figurait sur ce forum non comme statue spéciale, mais comme clicval de la statue équestre de César (Hericht. ûber d. Verimnil. d. le. Saclis. Gesellsclt. d. Wixsensclmflen, 18'Jl, p. 99 et s.).— I« Ovid. Art. am. I, 82; III, 431. - " Plin. Hist. val. XXXVI, 4, 21. — 20 Arch. III, 2. — 21 Areliitellura (éd. de Venise, 1642), I, IV. p. 128, cité par Becker, HandbttCh d. rOm.Altcrth. I, p. 3lio, n. 691. —22 Cf. Middieton. Op. laud. II, p. 6.- 23 Ovid. Art. am. I, 81 ; .. Veneris facto de marmorc lemplo ■■.

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dissanl de l'éclat de l"or'. La statue de la cella était l'œuvre d'Arcésilaus, fils de Tisicrate -, et, à côté de la déesse son aïeule, César avait placé la statue en or de sa maîtresse Cléopâtre'; elle y était encore à l'époque d'Antonin *. Dans le même temple on conservait aussi six dactyliothèques" ou collections de pierres gravées'^ et une cuirasse en perles de Bretagne' ; sur sa façade, on pouvait admirer la Médée et VAjax de Timomachus de Byzance, tableaux que César avait payés cinquante lalonts*.

Brûlé sous Carinus" le forum de César fut restauré par Dioclétien'". L'emplacement qui lui est attribué est aujourd'hui admis par tous et incontestable (fig. 3209) ".

2. Le forum d'Auguste. — Suétone expose les raisons qui déterminèrent Auguste à créer un nouveau forum : La foule toujours croissante des plaideurs et des jugements l'avait rendu nécessaire pour suppléer à l'insuffisance des deux autres; aussi on se hâta de l'ouvrir, même avant l'achèvement du temple de Mars'-, et Auguste se consola par un bon mot des lenteurs de son architecte'^

Comme César à Pharsale, Auguste, à Philippes, avait fait vœu d'élever un temple et de le dédiera Mars Ullor qui, en lui donnant la victoire, devait venger le meurtre de César "*. Voué en l'an 712 [■= 42 av. J.-C), le temple ne fut consacré que lel"aoûf de l'an 752 (= 2 av. J.-C), et sans être complètement terminé '°. Auguste délégua, pour cette cérémonie, ses deux petits-lils Caïus etLucius qui présidèrent ensuite, avec leur frère Agrippa, les jeux troyens; on célébra, à cette occasion, avec une grande magnificence, un combat naval, des combats de gladiateurs et des venaliones" .

Le temple de Mars Ultor était, d'après Palladio, octasty le et périptère avec une cella en forme d'abside ".11 subsiste encore une partie de son côté est ; ces magnifiques colonnes en marbre, cannelées, avec leurs chapiteaux et leur architrave d'un si beau travail ffig. 3270) '•', le tout formant un ensemble de plus de vingt mètres de hauteur, justifient l'admiration de Pline qui écrivait que cet édifice était, avec le temple de la Paix, ce qu'on avait construit de plus beau -°. Ovide-' représente Mars descendant luimême visiter ce temple digne de sa grandeur : et deus est ingens, et opus ; le dieu voit, sur le faîte du temple, les statues des dieux ; il admire, aux portes, les trophées composés avec les armes des peuples vaincus ; il lit, dans l'inscription, le nom d'Auguste et l'édifice lui en parait plus majestueux encore--.

1 Ovid. Art. amal. III, A^i : lias, Venus, c teniplis inullo railianlibus auro, Icnta vides litcs. — 2 Plin. Hisl. nul. XXXV, 4.1, 2.-3 Dio, Ll, Î2. — ' Appian. BM. civ. Il, 102. — ô Plin. Hist. nat. XXXVII. 5. — 6 Ibid. : n Gemmas plures. quod pen-^rino

... ■• Scaurus, beau-fils de Svlla ; Pompt'e consacra au Capitole ( consacra une autre dans le Plin. ffist. tiul. IX, 37. — Chron. voin Sô4, p. ôlS, |y. -

eut le premier, à elle de .Milliridale temple d'Apollon 8 Id. VII, :i'J, 1 ; - 1" Ihid. p. 61S,

appellaul nomine daetyliollieeam.

Kome, une collection de ce ^enre

et Marcellus, lils d'Oetavie, en

sur le Palatin (l'Iiii. Ibid.). — '

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