X.VXV, 9. — y Mommsen, l'i'bt'f
22. — 11 Cf. Plin. Ilist. nat. XVI. 86, 1. Le rang que lui assigne ta Notitia dans
l'i^numt'-ration des monuments de cette région vient aussi à l'appui : Senatuu),
Atrium Minervae, Forum Caesaris, Forum Augnsti, IS'ervae yCurios. Reg. VIII;
De région, ibid. dans Urliclis, Cad. urb. liorn. top. p. 10 et 1 1} ; cf. lïecker, Hand- Imch der rOm. Ail. I, p. 36i et s. ; Jordan, To/mgr. d. Sladt Ilom, M. p. MO et s : Nicliols, The roman Forum, p. 247 et s. — 12 Suet. Aug. .V.XIX. — 13 Macrob. Salurn. II, 4. — 14 Suet. Aug. XXIX, '.i ; Ovid. FasI. V, 673 et s. : « .Mars adcs, et satia scelerato sanguine ferrum, sletque favor causa pro meliore tuus : templa feros, et, me victore, vocaberis Ultor. — 1.» Corp. inscr. lut. I, Contmcnttir. diuni. I" août ; cf. Dio, LX, 3. — iiî.Suoton. .\ug. XXIX; Dio, LV. 10. — 17 Dio, (. c. ; Vol. Palerc. II, 100. — 18 Cf. Middieton, The rcmains of anc. Rome, II, p. 12, — 19 D'aprt^s Duruy, Hist. des Romains, t. III, p. 770 ; les colonnes et leur base sont compUvtemcnt dégagés; on ne peut cependant pas les reproduire en entier, car la rue qui passe à côté (via Uonellai est à cinq métrés au-dessus du niveau du sol antique.
Des œuvres d'art de grande valeur contribuaient à la beauté de ce temple. Auguste l'avait enrichi d'une partie des dépouilles ennemies-^'. La statue du dieu Mars, vengeur de César, était groupée avec celle de Vénus, mère
'hyL',}.^.
Fig. 3270. — Le temple de Mars L'Ilor et l'enceinte du forum d'Auguste.
du dictateur déifié". A gauche, en entrant, une peinture représentait Alexandre sur un char de triomphe, et, à côté, la Guerre, les mains liées derrière le dos, œuvre d'Apelle-" dont il semble que Virgile se soit inspiré dans son Énéide^^; un autre tableau du même peintre, encore Alexandre sur un char triomphal avec Castor et PoUux, faisait sans doute, à droite, pendant au premier-'. Claude eut l'idée bizarre, blâmée d'ailleurs par Pline, de faire effacer, sur les deux peintures, la figure d'.\lexandre pour y substituer celle d".\uguste'^^ On conservait aussi dans le temple deux coupes en fer".
Par les privilèges qu'il accorda à ce riche sanctuaire, .\uguste en fit l'égal des temples vénérés de Jupiter Capilnlin et d'Apollon Palatin'". On'y avait aussi établi
Le mur appuyé au teuiple et l'arc sous lequel passe la rue Bonella larco de' PantaDÏ. v. lig. 3209, 0) appartiennent à l'enceinte du Forum d'.Xuguste: nous en parlerons plus loin. — a' aist. nat. XXXVI, 24, i. — 21 FttSt. V. 549 el s. : . Digna giganteis Iiaec sunt deinbra tropaeis c 11 ne faut pas confondre ce temple de Mars Ultor avec un petit temple roud, représenté sur des monnaies, et qu'.\ugustc voua aussi à Mars Ultor qui lui avait permis de venger sur les Partîtes la défaite deCrassus. Ce temple ét.itt sur le Capilole; les étendards reconquis sur les Partbes y furent déposés en attendant que le temple de Mars Ullor du forum d'.XugnsIe achevé pût les recevoir. Ovide fait allusion â ce double vœu quand il appelle .Mars bis uitus [Fnst. V, 581). On a souvent confondu ces deux temples. Celui du (apitoie fut dédié le 12 mai 734 (= 2U av. i. C), et celui du forum d'.\uguste, encore ioiclievé, le i" août 752 (= 2 av. J. C). Cf. L. Bopsari. Il forod'Augusto c il tempio di Marte l'ttore, dans Aecad. dei Lincei, Menmrie. 3' série, -XHI (1883-1884), p. 400 cl s. ; Corp. inscr, lat. t. I (2. éd.), p. 318, 12 mai ; Mommsen, Res gest. <lir. Aug. (2* éd.), p. IÎ6. — 23 Ovid. (. c. — *3 Res gest. IV, 23-26 : cf. Mommsen, Ibid. p. 88. — 21 Ovid. Trisl. I, I 290. — 2.i Plin. Uisl. nat. XXXV. 10, I ; 36, 30. — 2G Aen. 1. 298 ; « Furor impius inlus saeva sedens super arma, et centuni vinctus ahcnis post tergum nodis, freniet horridus ore cnienio «: Servius, Ibid. » Furor impius intus : in (aede) in Foro -\ugusti inlroeuntibus ad sinislram. fuit bellum pictum el furor sedens super arma devinctus eo habitu quo pocta dixil ■>.
— 2': Plin, /. /. c. e. — 28 Plin. Hist. nul. XX-XV, 30,31. — 29 Ibid. XXXIV. 41.
— 30 Dio, LV. 10 ; Suet. Aug'. XXIX ; Ovid. Fast. V, 55«-55S. Les membres de la
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un dépôt du trésor et .luvénal raille Mars de n'avoir su sauver des voleurs ni la caisse dont il avait la garde, ni même son casque'. Enfin, comme au temple de Castor, il y avait un bureau pour la vérification des poids^.
Comme le forum de César pour le temple de Vénus Genitrix, le forum d'Auguste servait d'area au temple de Mars Lîltor ; temple et forum avaient été construits avec le butin dePhilippes^ sur un terrain acheté aux particuliers * ; Auguste même avait dû restreindre ses plans, reculant devant des expropriations"^. On employa pour ces constructions des matériaux de premier choix; tout le bois avait été coupé à la canicule et sous certaines constellations, parce que, dit Pline, dans ces conditions il se conserve indéfiniment''. Le mur d'enceinte était bâti en gros blocs de tuf et de travertin ', avec colonnes et revêtement de marbres précieux à l'intérieur '. Le temple était adossé à la partie centrale du murd'enceinte qui fermai! le forum au nord-est (fig. 3269); ce mur
Fig. 3271. — L'enceinte du forum d'Auiru^te.
enfermait une place carrée avec hémicycle à droite et à gauche du temple. La figure 3270 nous donne déjà une vue d'une partie de l'enceinte, attenant au temple; l'arcade sous laquelle passe aujourd'hui la via Honella, rue
famille iiniiériale devaient y recevoir la loge virile. C'est là que le Sénat devait délibérer sur la guerre et sur les honneurs du Irioinplie ; les magistrats investis de l'imperiura devaient partir de ce temple et v rapporter les trophées de leurs victoires. Les triomphateurs devaient revenir y dédier à Mars llltor leur sceptre et leur couronne: c'est dans ce temple que l'on devait déposer les enseignes prises à l'ennemi ; les censeurs sortant de charge y devaient fixer leur clou; la garde en était conliée auï sénateurs. — 1 Sal. XIV, 23U. — 2 cf. Uatti, Annali deW inslil. arclt. 1881, p. \S'i ; Borsari, /( foro d'Auq. p. 410. — 3 Iles (jRSt. IV, 21-2i : I» Martis Ultoris templuin forumquc .\ugustuiu e\ manihiis feci ». — * Ibid. : « In privato solo ». — !■ Suct. Aufj. LVl. — C Plin. Hist. nul. XVI, "i, 3. Sans ajouter aucunement foi à ces iniluences sidérales il est curieux de constater qu'au wi"" siècle, quand on détruisit une portion de l'enceinte du forum d'Auguste qui confine au forum de Nerva, on consluta iple Icn grosses pierres de taille de ce nmr étaient leliées entre elles par des erampuns de bois taillés eu (pieue il'aroude et si cxtraorilinairement bien conservés qu'on aurait pu innnédiatcuu'ut les remettre en œuvre (Vacca, Memoi-ia, 89, cité par liorsari. // foro d'Augusto^ p. 402). — ~' Borsari. l.c, — 8 Id. /bid. p. 404. — y Sur ces fouilles récentes, cf. Lanciani, AoHziP. defjli scavï, 1889, p. 15 et s. 33; 1890, p. 318 et s.; et Butlell. délia corn. arch. comuii. 1889, p. 2fl et s. p. 73 et s. ; 0. Gatti, Ibid. p. 481 ; 1800, p. 251 et 9. pi. xiv; HueUeo, Millheilung. d. k. d. arch. Jiisl. t. V (1889). p. 247, 305 et s.; t. VI (1891), p. 49 et s. — 10 Alittheilung. t. VI (1891), p. 96. — 11 Cf. Tacit. Aim. XV, 38. — 12 Spaitiau. JJadriaii. XIX. - 13 .Suet. Aug. XXIX. — !'• Suet. Claud. XXXIII ;
moderne (fig. 3270, G), est an tique, mais elle est aujourd'hui à cinq mètres environ au-dessus de l'ancien sol du forum. A droite de cet arc, du côté opposé au temple, on a complètement déblayé une partie de l'hémicycle, jusqu'au sol, où on a retrouvé l'ancien dallage en marbre'. ÎSous donnons, d'après M. Huelsen '", unevue de ce murd'enceinte, haut de trente-six mètres, une des plus belles ruines de Rome (fig. 3271). 11 dut contribuer à sauver le forum et le temple des incendies qui ravagèrent ce quartier ". Et en effet, ou n'en connaît qu'une restauration, sous Hadrien '-.
Le forum d'Auguste était, nous l'avons dit, un forutn judiciaire, spécialement réservé aux piiblica judicia et aux sui-titioiies jtidicum^\ Les empereurs y rendaient la justice".
Auguste orna son forum de nombreuses statues : « 11 voulut, nous dit Suétone, que, après les dieux immortels, on honorât surtout les illustres généraux qui avaient fait Rome, de si petite, si grande; ... c'est pourquoi il érigea leurs statues, en appareil triomphal, dans les deux portiques de son forum, déclarant dans son édit qu'il voulait ainsi proposer aux citoyens des modèles pour le juger lui-même, de son vivant, puis les princes des âges suivants '^ » Ces statues, en bronze '% occupaient des niches rectangulaires ménagées dans le mur; le nom et le cursus honoruni du personnage étaient gravés sur la plinthe supportant la statue ; au-dessous une plaque en marbre portait Velogium'''. Les niches étaient protégées par un portique, qui, de chaque côté du temple, courait tout le long du mur d'enceinte ; ce portique était composé d'une seule rangée de colonnes auxquelles correspondait un pilastre'*. On peut voir quelques niches très bien conservées dans la partie du mur encore debout (lig. 3271). La statue d'Énée, portant son père, commençait la série; suivaient les roisd'Albe" ancêtres de la gens Julia-" ; puis Romulus et, après lui, les grands généraux de la République-'.
Une inscription, trouvée dans les dernières fouilles et gravée sur un piédestal, mentionne une œuvre d'art en or, sans doute un vase, du poids de cent livres, dédiée à Auguste par la province d'Espagne pacifiée". Nous savons, par Auguste lui-même, que, en l'année de son treizième consulat (752 = 2 av. J.-C), le peuple lui décerna par acclamation le titre de Père de la patrie, et décréta que ce titre serait gravé sur les quadriges qui lui avaient été, en vertu d'un sénatus-consulte, érigés sur son forum -'. On ne sait pas quel endroit du forum
llio, l..\Vlll. 10. — 1i Suet. Aiig. XXXI; Dio, I.V, 10; Horat. Carm. IV, 8, 13; Lamprid. Sever. Alex. XXVIII; Dvid. rasi. V, 503 et s. — "• Dio, l. c. — " Cf. Lanciani, Bullell. d. corn, arcli. 1889, p. 73 ; Corp. inscr. lai. I, 187-188. V. les textes des Elogia du Forum d'Auguste, dans Corp. inscr. lat. I (2" édit.\ n"* 1-20, p. 189 et s. — 18 Borsari, Il foro d'Augitsto..., p. 411-412, pi. ni reproduisant un dessin de Sangallo ; voy. dans Iluelsen, Mittheilnng. d. k. d. Inst. t. VI (1891), p. 97 une restauration de ce portique. — 19 Ovid. Fast. V, 503 et s. Mars est venu visitei- son temple et le forum qui lui sert d'area : » Hinc videt Aenean oneratum pondère sacro et tôt lulcae nobilitatis avos ; hinc videt Iliadeu humeris ducis arma fereutem, claratpic dispositis actii subesse viris ><. — 20 Cf. Tacit. Ann. IV, 9. — 21 l'armi les grands hounnes dont les statues ornaient le fornm d'Auguste, on couuail, soit par les auleui's, soit par les inscriptions, 20 noms : Énée, Lavinia, Silvius Aoiu'as,Homulus, M. Valerius Maxiinus (dictateur en 260 de Rome), M. Furius Camillus (tribunus milit. en 353), L. Albinius?, M. Valerius Corvus (cos. en 406), L. Papirius Cursor (dictateur en 429), Appius Glaudius Caecus (cos. en 447), C. Duilius (cos. en 494'i, IJ. Fabius Maximus (cos. en 521), L. Cornélius Seipio .Asiaticus (cos. en 564), L. Acmilius l'aullus (cos. en 572), Ti. Sempronius (iraceluis (cos. en 577), P. Cornélius Seipio Aemilianus(cos. en 007), Q. Caccilins Metcllus Numidicus (cos. en 645), C. Marius(cos. en 647), L. Cornellius S; lia Félix (cos. en 666), L. Licinius Lucullus (cos. en 680). Cf. Corp. inscr. lat. t. I (2« éd.), p. IS8. — 22 Lanciani. Bullell. d. corn, arch. comun. 1889, p. 32; cf. Bes gest. V, 10, Il : « Gallias et Hispanias provi(n|cias et Gernianiani.... pacavi ■>. Cf. aussi Vell. Fat. II, 39. — 23 /(«■ yesr. VI, 24-27.
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occupaient ces quadriges; M. Borsari pense que c/élait peut-èiro le centre de chacun des hémicycles'. En l'an 772 (= 19 ap. J.-C), le Sénat, après la pacification de l'Arménie, décerna l'ovation à normanicus et à Drusus, et décida que deux arcs de triomphi;, orni's de leurs statues, leur seraient érigés de chaiiuc côté du temple de Mars Ultor^.
Le l'orum n'était pas moins que li; li'm|(le lui-[nême riche en œuvres d'art; on y voyait un Apollon en ivoire'; à l'entrée, Auguste avait placé une statue archaïque de Minerve, en ivoire aussi, (euvre d'Endoios, cju'il avait rapportée d'Alea' d'Arcadie, avec les défenses du sanglier de Calydon'. Enfin, devant le temple, on avait dressé deux des quatre statues qui supportaient la tente d'Alexandre le Grand ; les deux autres étaient devant la Regia ".
Les actes des Frères Arvalcs contiennent la nicnlinn de plusieurs sacrifices célébrés soit dans le temple, soit dans le forum d'Auguste".
Le forum d'Auguste est appelé Forum Augustum dans les lies grslar'^ ; ce fut donc son nom officiel; après la mort d'Auguste on le désigna sous le nom de Forum divi Augusti; la magnificence du temple de Mars lui fit aussi donner le nom de Forum Miirlis^; le nom, si populaire à Rome, de Murforio, porté encore aujourd'hui par la via di Marforio qui passe devant la prison Mamertine, dérive de Marlis forum '".
Le forum Augusti figure encore dans les régionnaires".
3. Templum et forum Pacis. — Aussitôt après avoir triomphé des Juifs 82i (= 71 ap. J.-C), Vespasien et Titus fermèrent le temple de Janus et résolurent d'élever un temple à la Paix '-. Les travaux furent poussés avec une grande activité, car le temple put être dédié dès l'année 828 (=: 73 ap. J.-C.)'^ C'était un édifice d'une magnificence extraordinaire" ; Vespasien prodigua l'argent, dépouilla les autres temples pour l'enrichir et en fit un musée oii l'on voyait réunies des merveilles jusque-là dispersées dans tout l'univers'-'. C'est là que furent déposés les vases sacrés et les objets en or provenant du temple de Jérusalem"^, Néron avait dépouillé la Grèce de ses œuvres d'art pour en orner sa maison dorée, Vespasien en transporta une grande partie dans le nouveau temple". Les auteurs nous ont transmis les noms de quelques-uns de ces chefs-d'rpuvre : un héros, œuvre parfaite de Timanthe qui excellait dans l'art de peindre les figures héroïques"; Vfalysics, le plus estimé des tableaux de Prologène ", une Scylla de Nicomaque -",
t Borsari, // foro d'Aiig- p. 4K1. Nous avons mciilioiiiiû plus haut, p. 1305, une monnaie rcpri^sentant le temple de César avec un quadrige de chaque coté. — 2 Tac. Ann. II, 04. — '.! riin. Uist. nat. VII, .'i4, 4. — * Ou .\sca ; cf. Smilli, Diction, of greek and roman gcoijrnphy, s. v. Aléa. — ■> l'ausaiiias, VIII, 46. — 6 I*lin. Hisl. nai. XXXIV, 18, 8. — i Cf. Hcuzcn, Acta Fialr. Aro. p. 71 el 7i. — 8 Jles gesl. IV. 21-i2. — 9 G. B. de Rossi [Ihllett. di nrc/i. crisl. 1874, p. 41 et s.) a diS-
inonlré l'identité du Forum Aut/usti et du Forum Marlis 10 Xibby, Homa antica.
M. p. loy; cf. Borsari. fl foro di Autjusto. .., p. 404-40ii. — O ('iirios. De retjionib. Victor, Keg. VIII, dansLIrlichs, Cod. itrb. Hom. tnjiogr. p. 10, 6 ; 1 1, ** ; 38. — '2 Joseph. Bell. Jud. VII, .">, 7; Suct. Vespax., IX; .\urel. Victor, D". Caes. IX. — 13 Dio, I.XVl, i:i, — 1. l'Un. Hi.'il. nnl. XXXVI, Jl), 2 , llorodian. I, 14,4.— 15 Joseph. /. f.
— Il"' Id. Jhid. L'histoire de ces dépouilles sacrées est curieuse. Sauvées de l'incendie du lenqile de la Paix, elles furent emportées à Carthage par Oenséric ; l,â Bélisairc les reprit et les rapporta à (!i)nstantino[ile d'où Juslinicn les envoya à l'église de Jérusalem (Procop. Bell. \'nnrf. II. 0 ; cf. Xiliby, /(omti oiidVd, II, liS9), Les lahlcs de la loi et le voile du temple furent déposés au Palatin. — " l'iiu. Hisl. uni. XXXIV, 19, 31.
— I» Id. X.XXV, 31), 1 ;. — 19 Id. XXXV, 30, 38 et 311 ; l'iularch. Demrlriu.':. XXII. C'est sur ce tahleau <iu'élail représenté le chien dont l'artiste ht la bave en lançant son éponge contre la toile, dans le dépit de ne pas pouvoir la reproduire, — 20 l'Un. £{ist. nat. XXXV,3f., 44. — illd. XXXVI, lV,l,H. — i2Pausan. VI, 9.-23 Plin.fffs(.nn/.XXXVI, II, 4. Le Nil du Vatican (Hclbig, Guide dans les musées d'archéoloiji» classique de
une Vénus d'auteur inconnu mais digne de son antique renommée-' ; une statue de Cheimon par Naucydès, transportée d'Argos à Rome "; la statue colossale du Nil en basanite (pierre de touche), représentant le fleuve autour duquel jouent sei7.(^ enfants, symbole des seize coudées que le fleuve doit atteindre quand sa crue est complète -' ; une statue de Ganymède-'. Enfin Vespasien avait dédié dans ce temple et en même temps dans le temple du Capitule une couronne de cinname, enfermée dans de l'or ciselé -'■. Il y avait aussi, dans le temple de la Paix, une bibliothèque ■"; Trebellius l'ollion se plaint de quelques critiques dirigées contre lui par des érudits ou gens de lettres qui s'y réunissaient^". Le temple de la Paix était situé près du Forum romain ^^ et du forum de Nerva" (Voy. fig. 326!).)
Quant au forum dt; Vespasien, son nom napparait ([u'à une époque tardive dans les auteurs". i\mmien Marcellin l'énumére encore parmi les belles choses de Rome : Décora iirbis aeternae".
En l'année 944 (= 191 ap. J.-C), à la suite d'un tremblement de terre peu violent, soit par l'effet du tremblement de terre lui-même, soit qu'il eïit été frappé de la foudre, le temple de la Paix fut incendié'- ; d'autres crurent que le feu éclata d'abord dans des boutiques, i>uis gagna le temple'' ; malgré leselfortsdes citoyens t^t de la troupe animés par la présence de l'empereur Commode, l'incendie s'étendit avec rapidité justju'au temple de Vesta et au Palatin où il dévora les bibliothèques publiques''. Ce fut un désastre pour les arts et les lettres; c'en fut un aussi pour des particuliers qui. suivant un usage fréquent à Rome, avaient déposé dans le temple leurs richesses qu'ils y croyaient plus en si'ireté'-'.
La plus grande incertitude règne sur le sort du temple après cet incendie ; beaucoup pensent (ju'il ne fut pas reconstruit. J'ai peine à croire qu'il fut excepté des grands travaux par lesquelsSeptime Sévère répara les dommages de cet incendie; Trebellius Pollion, en parlant de la bibliothèque certainement reconstituée du temple de la Paix, aurait-il employé les mots delubrum l'acis si le temple eût été de son temps une ruine abandonnée'""? Ce temple figure encore dans la IVotitia comme monument principal et épouyme de la quatrième région'"; autour de lui, le forum Pacis avait été reconstruit"; peut-être même est-ce seulement au temps de cette reconstruction, sous Septime Sévère, que l'ancienne area du temple delà Paix fut transformée en forum". 11 semble qu'au temps de Procope le temple était en ruine; mais faut-il
Home, traduct. Tontain, u" 47) en est probablement une copie antique. — 2>Juvéuai. IX, il-îi. — 25 Plin. Hist.nal. XII, 42, 6. C'était une piaule rare, à laquelle s'allachaient des traditions faliuleuses. et qui, au temps de f'Iine. coulait mille deniers (S20 francs) la livre ; on en conservait une racine Inïs pesante dans le temple d'.^uguste au Palatin (Plin. l.c). — 26Gell.V, 21 :XVI, S. — 2îTrcbeIl. Pol. Trij. (yrn,iii.X.VXI (XXX). Le texte porte in delubro Pacis; mais il est probable que c'est de la bibliothèque qu'il s'agit. — 2^Suel. Vespasian. I.X : Foro proiiinum. — 23 Martial. I, 3, 8 : LimiDa post Pacis Palladiumque forum. — 30 .\mm. Marcell. XVI, 10: Fonim pacis; Aur. Symmach. Fp. X, 7K (dans Mignc, Patrolog. lat. XVIII, p. 403, : Forum Vespasiani ; Procop. fi.'H. Oolh.lV, 21 : sif^îEîjv-».;. — 31 Amm. Marc. /. r. — 32 llérodicn, 1. 14, 3 et s., fait ces deux suppositions. Cf-Gatcn. De antidot. 1, 13 it. .XIV. p. 66. éd. Kiihni (t. XIII. p. 362). — 33 Dio, LXXII,J4. — 31 Dio, /. e. ; fialcn. Decomposit. inedicam. I, 1 (t. XIII, p. 362). Galicit y perdit sa bibliothèque privée cl plusieurs de ses ouvrages, — 3^|lerodian. /. c. — 36 Trig.tyrann. X.XXl (xx\\ — 37 Curios. De région. P.Victor, Kc.ç. IV, daos l'rlicbs, (^oilexurh. Hom. topograph, p. 6.7. .i6. — 3S^nimien Marcellin le cite encore comme une des beautés de Rome (XV, 10' : cf. Procop. Bell. Golh. IV, 21. — 3*i Ainsi s'expliquerait la mention larvlive du Korum Pacis dans les textes des auteurs. Il est plus probable cependant que la transformation eu forum de l'area ou Tii^tvo; du temple do la Paix, avait fait partie, un siècle plutôt, du plan des Iravaux relatifs au Konim transilorium, p,ir lequel Domitien voulait réunir les autres forum icf. .\urcl. Vict. Z*e C'o'». .Mil : A DomitiauQ coopta fora;.
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supposer que pendant plus de trois siècles il était resté en cet état au milieu de son forum reconstruit?
Toutes les œuvres d'art accumulées dans le temple de la Paix et sur son forum ne périrent pas dans l'incendie : on put sauver les dépouilles du temple de Jérusalem '. Procope vit encore sur le forum de la Paix une fontaine ornée d'un bœuf en bronze, œuvre, croit-il, de Phidias ou de Lysippe ; plusieurs statues de ces mêmes artistes, une, entre autres, dont l'inscription attestait qu'elle était l'œuvre de Phidias ; une génisse de Myron -.
Vespasien avait aussi construit un édifice qui devint le temphan Sarrae Urbis ; sa façade, que Maxencc, à la fin du m" siècle, masqua par le temple rond de son fds Romulus, se trouvait près de la Voie Sacrée, un peu avant le temple d'Antonin et de Faustine (^j), c'est-à-dire en dehors du Forum romain ; de l'autre côté il s'étendait jusqu'au Forum Pacis'. Brûlé en même temps que le temple de la Paix, il fut reconstruit par Septime Sévère; son mur de derrière, sans abside, formait, du cùté du Forum Paris, une grande surface plane sur laquelle Septime Sévère fixa son grand plan de Rome gravé sur marbre. Il est probable qu'un premier plan, exécuté par ordre de Vespasien, avait péri dans l'incendie. [Sur ce plan de Rome, voy. forma, IV, p. 1249.] Le templum sacrae Urbis et le temple de Romulus existent encore aujourd'hui; c'est l'église des saints Cosme et Damien. Les travaux de voirie et de construction ont mis au jour, à différentes reprises, des restes du temple et du forum de la Paix'.
Une rue, qui fut fermée plus lard par la basilique de Constantin, mettait le forum de la Paix en communication avec la Voie Sacrée, à côté du temple de Romulus-'.
4. Le forum de Nerva (ou transitorium). — Les forum d'Auguste et de César étaient séparés du temple de la Paix et de son orea par une rue, l'Argiletum (C), qui mettait le Forum romain en communication avec le quartier de Subure. Pour qu'il n'y eût pas de lacune entre ces groupes de monuments, dont les temples, les places et les portiques formaient déjà un ensemble remarquable, Domitien résolut de transformer en un nouveau forum la partie de l'Argiletum confinant au Forum romain"; et, comme il avait pour Minerve une vénération toute particulière ', ce fut à elle qu'il voulut consacrer le temple qui devait s'élever sur son nouveau forum". La dédicace du temple et du forum, que Domitien ne put achever, fut faite par IS'erva en l'année 851 (^ 98 ap. .I.-G.)''. Le temple de Minerve était très beau ; Aurélius Victor l'appelle rmineriliur et magnificentior"' ; on a retrouvé le fragment du plan antique de Rome sur lequel il est dessiné " ; il en existait encore des restes considérables au commencement du xvii° siècle dont du Pérac et
1 Procop. fie//, Vanft. Il, 0. — ~ Id. Bt'tl. Goth. IV, 21. — 3 Surlo Icinpliim Sacrae L'rbis, cf. Laiiciaiii. Degli antichi edi/izi componenti la Chiesa dei 6'. .S'. Cosnia r /Jamiano, dans BiiUft. d. corn, arcli, com. 1882, p. 29 et s. — '» Cf. Huclscti, Mit- Iheilung. der k. d. arcli. Insl. t. VI (1891), p. 101 ; t. VII (1803), p. 290; Middlcton, The remaiiis ofanc. Jiome, II, p, 17. — !> Middielou, 0/). laud. H, p, 16, — <■' Suet, Domit. V, 25; Stal, Silv. IV, 1, 14, Lanciani {L'aula et (jli uffici del senato rojnano, dans Atti dei Lincei, Memorie^ V sur, t, XI, p, 28) pense que ces travaux faisaient partie de tout un ensemble de constructions destiniïes à réparer lus dégâts de l'incendie de Néron. — "ï Suet. Domitinn. XV : ti Quam suporstitiose colebat »
— 8 Mommsen, Ueber den Chronof/r. d. Jahrc 364, p. 646. — 9 Aurel. Vict. Br Cnes. XII; Corp. inscr. lat. VI, 953. — 10 /„, c. - H .lordan, Forma Urb. liom. pi. xvn, 1 16 ; XXXVI, 6. — 12 Cf. Lanciani, Laitta e gli uffici, p. 26. — " Id. Ibid. Voir aussi, sur le temple de Minerve, les documents et dessins trouvés et publiés par Lanciani, /ftic7. p, 25. — 1^ Cf. H, BItimner. Annal. delV Iml. di corrisp. arch. 1877, p. ij et s. ; Monumentif t. X, pi. xl et s. La diviuité en relief ([ui surmonte ce frag-
Palladio nous ont conservé des vues ; c'était un temple corinthien, prostyle, hexastyle avec abside ; en 1606 le pape Paul V le démolit et ses matériaux servirent à construire la fontaine de l'Aqua Paolo sur le Janicule '■'; la destruction s'arrêta à la base des colonnes, et les substructions existent encore sous la maison qui forme l'angle de la via Alexandrina et des Colonnacce'^
Le forum de Nerva était un rectangle dont les deux petits côtés affectaient une forme curviligne (fig. 3269). Tout le long du mur intérieur, sur les petits côtés aussi bien que sur les grands, courait un portique composé d'une seule rangée de colonnes corinthiennes cannelées, avec des avancés qui servaient de piédestaux à des statues. Au-dessus des colonnes régnait une frise ornée de sculptures d'un bon travail, et surmontée, de distance en distance, d'une image de divinité en relief. La portion encore existante, connue sous le nom de Colonnacce (fig. 3269, C) permet de se rendre compte de cette belle architecture"; des découvertes partielles ont démontré que l'ornementation était la même sur tout le périmètre du forum'". Le petit côté regardant le Forum romain était percé de grands arcs monumentaux, qui servaient d'issue de ce côté "^; on se trouvait, après les avoir franchis, dans un boulevard aussi large que le forum lui-même, long de cinquante mètres environ, et qui débouchait sur le Forum romain entre la curie [k] et la basilique Aemilia [d) ^' .\ l'intérieur du forum de Nerva, au pied des murailles des longs côtés, à droite et à gauche, existait une rue pavée avec de gros morceaux de lave de forme pentagonale; l'area était couverte de grandes dalles'". Pour continuer la série des statues qui ornaient le forum d'Auguste, Sévère Alexandre fit dresser sur le forum de Nerva les statues colossales, soit en pied soit équestres, des empereurs qui avaient reçu les honneurs de l'apothéose ; à côté de chaque statue, sur une colonne en bronze, étaient gravéeslesrtsiyes/oedurfiyus'''.
M. Lanciani a pu, à l'aide de dessins inédits de la fin du xv'^ siècle, reconstituer le forum de Nerva -". Il y a trouvé la preuve que les forum d'Auguste et de Nerva se touchaient, et que l'architecte de Domitien avait su, avec une remarquable habileté, bâtir son forum et son temple dans un endroit resserré et les adapter merveilleusement à des édifices déjà existantset offrant des lignes courbes ^' .
Le forum de Nerva porte dans les auteurs des noms très différents : Il s'appelle Forum iSrrvae, du nom de l'empereur ([ui l'a dédié ^^ ; forum Imusiloriuin" et foruui perviiim'-'' parce qu'il servait de lieu de passage entre les difl'érents forum ; forum Palladium-' à cause du temple de Minerve.
•j. Le forum de Trajan. — Au temps de Trajan, il RxistaitàRome deux vastes emplacements couverts d'édi-
tiu-nt du portique est Mincr> e ; sur la frise qui est au-dessous, on a jusqu'à ce jour reconnu deux groupes : Minerve et Arachuè, puis Minerve Erpané présidant â des travaux féminins. M, l'etersen a démontré que ce second groupe représente Minerva musica entourée des neuf Muses; lauleur s'est inspiré, pour reproduire ses Muscs, de types de statues 1res anciennes, et il a placé la scène dans un paysage ((ui est j)robablcmout l'IIélicon (Pelersen, .Mittheilttng . der k. d. arch. /nst. t, IV (1889), p, 88). — IS Cf. I.aneiani, L'aula et l/li uffici, p. 22, — 16 Cf, Lanciani, Op. laud. p, 22. — " Lanciani, Op. laud. p. 22 et 29, - 1» Id, Jttid. p, 23, — 15 Lamprid, Sever. Alex. XXVIII, — 2" Voir l'étude détaillée de ces dessins. Op. laud. appcniiire, I, p. 22 et s. pi. i et ii. — 21 Cf. Lanciani, Ibid p. 21, — M Suet, /Jomilian. V ; Lyd, />(• mens. IV, 1 ; Laniprid, Scvcr. Atexand. XXVIII. — 23 Servius, In Aen. VII. 607; l.amprid. /. c. ; Eutrop, VII. 23; Curios. De rcijion. r, Victor, Keg, IV, dans Urliclis, Cad. Irh. /loin. Inpoijr. p. 6, 7, 36; llieronyni. dans Mommsen, Ueber Chron. rom Jahre 3i4, p, 693. — 21 Aurel, \irl. De Caes. XII. — SS Martial. I, 3, 8.
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fices somptiipux : les forum, qun nous venons de décrire, situés au pied des palais impériaux et des temples du Capitole, et prolongés vers l'est par l'amphithéàlre et par les Thermes de Tilus ; puis, de l'autre cAté, le Champ de Mars. Mais ces deux centres, séparés par une sorte de promontoire (jue le Quirinal projetait vers le Capitole, ne communiquaient (|ue par un iHroit délilé-. Trajan conçut le ])roiet grandiose de l'aire disparaître la colline et de réunir le Champ de Mars aux rorum romain et impériaux par un nouveau forum dont la beauté surpasserait celle de tous les autres'.
Tellefut Vov\^\neduForiimTr(ijaiii, appelé quelquefois aussi, mais rarement, Foriun^ lllplum-. L'exécution en fut confiée à l'architecte Apollodore de Damas, qui, déjà, avait construit pour Trajan h; célèbre pont du Danube ^ Il fallut, pour faire ce forum, acheter environ i75 0UO pieds carrés de terrain'', et, pour aplanir la colline, dont la colonne Trajane devait égaler la hauteur '', enlever environ huit cent cinquante mille mètres cubes de terre et de roche, qui furent transportés près de la via Salaria, sur les confins des jardins de Salluste, au lieu dit Ad nvcem (Vigna Naro-Bertone) ".
Le forum de Trajan était en communication directe avec celui d'Auguste (fig. 3269, H) ; on y entrait en passant sous un arc de triomphe décrété à Trajan par le Sénat, l'année même de sa morf, et dont on a, à plusieurs reprises, découvert des débris*.
Une monnaie nous a conservé la vue de l'arc, qui servait d'entrée au forum de Trajan (fig. 3272). Sa façade est ornée de six colonnes, avec une grande porte au milieu, surmontée d'un médaillon; de chaque côté, deux niches, surmontées elles-mêmes d'un médaillon, renferment chacune une statue debout. Sur la plate-forme, l'empereur est couronné par la Victoire, dans un char à six clievaux, placé entre d(^s trophées, des soldats ou des Victoires '. L'arc de triomphe franchi, on entrait dans une vaste avea'" (ou atrii(yn"'i au milieu de laquelle se trouvait la statue équestre en bron/.e de Trajan '-. Cette area, d'une superficie de 126 mètres, était circonscrite par un portique de forme carrée, en dehors duquel elle se prolongeait, à droite et à gauche, par deux hémicycles dont l'un (fig. 3269, D) existe encore aujourd'hui; le laite des portiques était orné de chevaux et d'enseignes militaires en bronze doré, érigés fx maniibiis '^.
Le côté de cette area opposé à l'entrée était occupé par la façade de la basilique Ulpia " qui nous a été conservée comme type monétaire (fig. 3273) '^. Une autre monnaie représente la même façade avec des variantes '^ On voit, en comparant ces monnaies, que la façade de la basilique Ulpia était surélevée sur plusieurs marches
• Cio, LXVIII. 16; Corp. inscr. lat. VI, '.MiO. — î Capilolin. A/i(oii, phil. XXII ; Sidoii. A|ioll. Carmin. \\. — a Dio. I.XIX, +. — * Cf. l.auciani, Ancii'nl Home. p. 87. — s Corp. inscr. lai. VI, 960; Dio, I.XVIII, 16. — 6 Lancuni. Hull. d. Ojin. arch. coilllm. 189i, p. 107. — ^ Dio, XVIII. i;). — 8 Cf. l'cllegniii, /iuUetl. tlfW in.1t. arch. 1803, p. 78 et s. — 9 Colieu, Monitaies imp. Trajaii. 107.
— lU Coll. XIII, II. — Il Amm. Maiooll. XVI, 10. — U Ii). lliid. ; P. Victor. Rcg. VIII, dans Urliclis, Cod. urb. Jtom. top. p. 38. — '3 Gcll. XIII. i4.
— *^ Lamprid. Comtnod. II. — IS Colicii, Monntiies imp. Tr^an, -i-i. — iS Ibid. 42, 43. — 17 V. plus haut, nAsii.iCi, p. OSO. — '* Jordan, l'orm. Crb. Bom. S3,
337i. — Ar.^ du I.) de Trajau.
dont les restes existent encore ''. Dix colonnes de face et six petites en haut soutenaient trois frontons surmontés chacun d'un quadrige portant un triompliateiir ; le quadrige du milieu était conduit par deux Victoires debout tenant une palme; r('difice était couronné sur toute sa longueur par une plate-forme garnie d'antéfixes. Comme la basilique .Iulia du Forum romain, la basilique Ulpia se composait d'un espace central, rectangulaire, entouré
d'une double rangée de colonnes qui la divisaient en trois nefs précédées d'un portique parallèle à la façade; les colonnes, dont il reste des fragments considérables, étaient en granit gris. Un fragment du plan antique de Rome représente la basilique Ulpia (fig. 3274) ". Nous y voyons que, comme l'area, la basilique se prolongeait, à droite cl
La Ijasiliquc t'Ipja.
Fig. 3274. — Fragment du plan antique de Rome.
à gauche, par deux absides (fig. 3269). Sur l'une de ces absides, on lit le mot Libntnli.i. La plusgrande incertitude règne sur l'interprétation de ce mot ; on a voulu y voir la preuve que l'Atrium libertatis avait été transporté en cet endroit; d'autres auteurs ont rapproché cette inscription d'un texte où Sidoine .\pollinairt' dit que c'est au forum de Trajan qui s'accomplissaient les formalités de l'affranchissement ". Il semble que ce nom de divinité, seul,augénitif, devrailètre, d'après leshabitudesde parler des Romains, l'indication d'un temple ou d'un sacrarium. En sortant de la basilique, du côté opposé à la façade, on se trouvait dans une petite cour, en face de la colonne Trajane. Sa hauteur égale celle de la colline disparue, comme l'indique l'inscription gravée sur la base^". Elle est représentée sur un grand bronze de Trajan (fig. 3275)^'. La colonne, encore debout, est en marbre; elle se compose d'un piédestal quadrangulaire, orné d'armes, de trophées et de Victoires supportant l'inscription ; le filt porte un développementde bas-reliefs disposés en zone spirale, représentant les expéditions de Trajan; près de 2500 personnages entrent dans cette
'ij', 2j (I. m. Jordan (O. t. p. 28, 8) avertit que les mots Emil. rt»slilufe sur le fragment ir,' sont une erreur de Bellori. — '3 Sidon. .\potl. Carmin. Il, in fin. — 20 Corp. i/i.çcr. /(!/. VI. 900 ; « Senalus populusque Komanus lmp>ratori''Oaesari.
Divi Nervae f(ilio), Nervac Traiano Aug< usto) ad declarandum quantac altitudi-
nis mous et locus lanlis [o|>e]ribus sit egeslus -. Cf. Dio. LXVIII. 16 ; Eulro(io (VIII, l.H) la dit haute de 114 pieils. — -* Colieu. .l/onn. imp. Trajan. 359. V. plus haut cOLL■M^A, lig. t7SS, 1789. Sur la colonne Trajane. cf. P. S. Harloli, Colonna Traiana: Frtchner, La colonne Trujanr, in-S*, 1863; in-fol. 1874; S. Rcinach. La col. Traj. auJJus.de S({int-Germain, 1886. in-16.
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FiR. 3-275
■ Colonne Trajanc.
composition. Le fût se termine par un amortissement ou acrotère qui supportait la statue. Creuse à l'intérieur, elle renferme un escalier à vis qui lui a fait donner par les auteurs anciens le nom de columna coclis ' [coLUMNA, p. 1351 et s.]. Elle était destinée à servir do sépulture à Trajan, et, en effet, après sa mort, on y enferma ses cendres - recueillies dans une urne d'or^
De chaque côté de la colonne étaient deux édifices (fig. 3269, E, F) que l'on croit avoir été les bibliothèques grecque et latine'. Ces bibliothèques, connues sous le nom de Bibliotheca Ulpia ^ et de Bibliotheca tompli Trajani^ 'soni souvent mentionnées par les auteurs. Les livres, au moins les livres précieux, y étaient classés dans des armoires numérotées''; les écrivains célèbres y avaient, même de leur vivant, des statues^ La bibliothèque Ulpia fut plus tard transférée au Thermes de Dioclétien'.
En face de la colonne, Hadrien éleva un temple à Plotine et à Trajan'"; le seul de ses nombreux édifices sur lequel il ait mis son nom".
Le forum de Trajan était orné de nombreuses statues dont on a retrouvé quelques inscriptions et quelques piédestaux'-'. On y continua la série des statues qui ornaient le forum d'Auguste '\ Marc-Aurèle y fit ériger celles des officiers morts glorieusement à la guerre'"; et Sévère Alexandre l'orna de statues apportées de tous les endroits de la ville "" ; Aurélien y eut une statue en argent votée par le Sénat "^. Parmi les œuvres d'art les plus belles que contenaient ce forum, Pausanias mentionne une statue d'Auguste en electrum, et une statue en ivoire de Nicomède, roi de Bithynie'".
« Tel était, écrit M. C. de la Berge '*, le forum de Trajan qui resta debout jusqu'à la lin du w" siècle ". Il est souvent mentionné dans les auteurs de la décadence, et, en effet, il fut longtemps un centre de réunions et de promenades. Bien des souvenirs populaires se rattachaient il cette place qui portait le nom du meilleur des princes. On y avait vu Hadrien brûler les créances non recouvrées du fisc"°, Marc-Aurèle vendre les meubles les plus précieux du palais des Césars pour épargner de nouveaux impôts aux provinces vX défrayer la guerre contre les Marcomans-', Aurélien détruire toutes les tables de proscription*-. C'est là (|ue les consuls venaient rendre la justice ", c'est là qu'on affranchissait les esclaves". D'ailleurs, la bibliothèque Ulpia, riche en documents de haute importance, attiraitleshistoriens et lesphilosophes.
I Curios. ne rrg. Rc;. VIII. ilaiis Uilichs, Cod. U. Jt. p. )0, 7 H 11, 5.
— 2 Dio, LXVIII, 16 ; LXIX, 2; Auiel. Vict. Epit. XII ; Cassiod. Chrome. 200.
— 3 Kutrop. VIII, S. — » Dio, LXVIII. Î6, — i Vopisc. Aurelian. I, VIII, XXIV.
— c Gcll. XI, 17. — 7 Vcpisc. Tacit. VIII. — 8 Vopisc. Numerian. XI; Sidon. .\poll. Jipist. IX, 16 : Carmin. VIII. — 'J Vopisc. Probus, H. — '0 Corp. inscr. Int. VI, 066. — H Sparlian. Uadr. XIX. — 12 Corp. ijiscr. lat. VI, 1377, l:.n9, 1710, 1721, I7il; cf. Jordan, Topogr. d. Sladt. i(om. |2, 465, note 36.
— 13 Cf. lioi-ghcsi, Œuvres, t. V, p. 35 et s. — H Capilol. Anton. Phil. XXII.
— 1^ I.amprid. Sev. Alex. XXVI. — 'G Vopisc. Tact/. IX. — 17 l'ausan. V, ii,
— 18 Es.mi sur le rèf/ne de Trajan, 06 et s. — lo L'anonyme d'Einsiedelu le Aient. — 20 Sparlian. Hadrian. VU ; Corp. inscr. lat. VI, 967. — 21 Capitolin. Antonin. philos. XVII ; celle vente dura deux mois. — 22 Vopi.sc. Aurelian. XXXIX. On y distribuait aussi des congiahium (Lamprid. Commod. II).
— 23 Oeil. XIII, 24. — 24 Sid. Apoll. Carmin. Il, 544-546. — 25 Gcll. l. c.
— 2(i Venant, i-ortunat. Carmiri. III, 23. — 27 Outre les statues mentionni^cs plus haut, ou peut citer celles de Vicloriuus, de Ponlius Laelianus. d'Anicius Fauliuus
Surl'areavoisine.Favorinus^^parlaitmorale ougrammaire avec ses amis, et Fronton, Dion Chrysostome, Hérode Atticus, avaient groupé leurs disciples. C'est sur le forum de Trajan que la poésie latine fit entendre ses derniers accents-'^. Les grands édifices élevés par ApoUodore avaient été ornés de statues représentant les hommes de guerre, les légistes, les littérateurs les plus célèbres". Le Romain pouvait être fier en jetant les yeux sur ces monuments d'un art original et puissant. Pausanias, familiarisé avec les merveilles encore debout sur le sol hellénique, n'a pas refusé son admiration au forum de Trajan-*. On sait qu'il arracha un cri de ravissement à l'indifférence byzantine de Constance-'', et les débris qu'on y retrouve, à de longs intervalles, sont placés, par les critiques du goût le plus difficile et le plus si"ir, peu au-dessous ou à côté même des œuvres grecques. »
C'est à Strabon que nous emprunterons la conclusion de celte longue étude sur les forum de Rome : on n'en pourrait trouver de meilleure. Après avoir décrit Rome et ses plus beaux monuments, le géographe ajoute : « Supposons pourtant que d'ici l'on se transporte dans l'antique Forum et qu'on y promène ses regards sur cette longue suite de basiliques, de portiques et de temples qui le bordent ; ou bien que l'on aille au Capitule, au Palatin, dans les jardins de Livie, contempler les chefsd'œuvre qui y sont déposés, on risque fort, une fois entré, d'oublier tout ce qu'on a laissé dehors. — Telle est Rome ■"' ! »
LES FORUM l'iWViNCl.iUX. — Quand les Romains fondaient une colonie, une colonie militaire surtout, dans un lieu non encore habité ou tout au moins non encore pourvu d'une ville, tout se passait suivant des règles rigoureuses, et le point d'intersection dos deux voies principales, le cardo ma.rimus et le dccninanns viaxhnus marquait l'emplacement du foi-uin".
Le forum de Timgad, si consciencieusement exploré et ensuite si bien décrit par MM. Boeswilwald el R. (^agnat^-, nous offre un excellent exemple de ces forum créés tout d'une pièce et entièrement conformes au type traditionnel; Timgad en efïet est une colonie militaire fondée sous Trajan. Nous donnons ici le plan de son forum d'après MM. Boeswilwald et Cagnat'^ (fig. 3270).
Si au contraire la colonie s'établit dans une ville assez importante et déjà pourvue d'un forum, peu à peu ce forum se transforme à l'image du Forum romain ; ainsi nous voyons, de bonne heure'', les forum de Galatie, d'Auxime, de Polentie et de Pisaure s'entourer, à l'exemple de celui de Rome, de boutiques el de portiques^". Le forum de Pompéi est un exemple instructif et bien comjilet de ces forum transformés (fig. 3277)'".
[cos. eu 33V^ de Kl. Kugcnius, de Sallustius (cos. en 363), de Salurniuus .Serumlus, d'ilyniettius, de Nicomachus Flaviarnis (ces. en 394J ; de tllaudieu, de Pere^riuus Saturninus, de Petronius Maxinuis, de Merobaudes, d'Auxentius (cf. Jordan. Topogr. 12, p. 465, n. 36).— 28 V, 12; X, 5. —23 Amm. Marcell. XVI, 10 : .. Verum cuMi ad Trajani forum vcnisset (Coustautius), siugularem sub omni coclo structurain, ut opinaïuur, eliam numinum assensione niirabilcni. iK-ierebat atlouilus, per f;ij:anteos contcxtus eircuinferons nieuleni, ncc relalu inelTabiles, nec rursus jnorlalibus appeteiuios ». Cf. Cassiodor. [Var. VII, 6) ; " Trajani forum vel sub assiduitatc lidere miraculum est »i. ^ 30 Strab. V, S, Irad. Tardieu. — 31 V. plus haut, p, 1278. — 32 'l'inigad, Une cité africaine sous l'empire liomain, livr. I et II, Paris, 1802. - 33 Op. hiud. pi. vi. — 31 An de Home 580 (= 174 av. J. C). — 3.. Liv, XI, I. 27. — 36 iMonuineuls du fornm de Pompci : A. Temple de Jnpiler, lî. y\i\Ye\\ê[Mnctdlum). C. Monunu'nt indi^terminé, (v. p. 13t7i. D. Temple du gi^nio d'AufîUsle. E. Moiuiruent d'Kumacliia (halle aux draps). I*'. Ecole '?? G. Hastlii^uc. II. Temple il'Apollon. I. Marcllt^' aux fruits el auv légumes. J. Latrines publiques. K. Curie.
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Tandis quïiTimgad, tout so tient dans un plan unique et bien coniitiné, à l'onipi'i il a lallu, iiuur douuer à
Varca sa forme régulière el y rattacher les monuments di'jà construits, ix'courir à. des raccordements, et donner
Fig. 3276. — Le forum de Tinigad (d'après MM . Bocswihvald el Cagiiat).
aux portiques des profondeurs inégales'. Cela est surtout visible devant le marche
(B), le monumentd'Eumachia (E), la basilique [d) et le temple d'Apollon (H).
Près du forum, dit Vi- Iruve, on doit trouver 1(> s temples, la basilique, l'aerarium, la prison et la curie. Ces monuments se rencontrent, en elTct, autour des forum qu'on a pu étudier, et spécialement autour de ceux de Timgad et de Pompéi.
Le forum de Timgad ne possède qu'un petit temple (D) dédié on ne sait à quelle divinité -'.
A Pompéi au contraire, le forum est dominé par le temple de Jupiter [k) , qui , avec son escalier monumental, s'avance sur le forum, comme le temple de Mars Ultor sur le forum d'Auguste, et le temple de Minerve sur le forum de Nerva. Un bas-relief
curieux, trouvé dans une maison de Pompéi, représente le côté nord du forum; il permet de constater que la plate-forme qui sépare en deux la partie inférieure
1 Cf. Ovorbook-Mau, Po7»peji,\K tid; lîreton, /*o»)/R't(i, p. Hl> et s. — '-Booswilwald el Cagual, p. -W . — * Cf . Ovcrbcck-Mau, Pompeji, p. 7 ! .L'auteur de ce curieux bas- relief
de 1
escalier du temple portait un autel, et, par conséquent, n'était pas, comme on l'a dit, une tribune; à droite et à gauche de l'escalier, on avait érigé une statue équestre ^. Sur le côté ouest du forum de Pompéi, se trouve aussi le temple d'Apollon i H), indépendant d'abord et rattaché au forum par des p(5rtiques. Sur le ci'dé est.
la prêtresse Mamia avait dédié un petit temple au Génie d'Auguste ' ^D) ; à côté un autre édilice (G), que l'on a longtemps reardé comme la Curie, plus probablement consacré aussi au culte impérial ^.
La basilique du forum de Timgad (B^ occupe une partie du côté est du forum ; comme la basilique Ulpia sur le forum de Trajan (voy. lig. 3-269), elle a son plus long côté en façade sur le forum; le tribunal est composé d'une grande plateforme à laquelle on accédait par deux marches ; la basilique n'a pas d'abside, mais
parait avoir voulu reproduire les effetsdu Iremblenicnt de terre. — ' Corp. inser. lat. X. SIC. — 6 Fiorelli, Z)escrisiane di Pompéi, p. iOi ; cf. Overbcck->lau,Poiii/)e7Ï, p. 130.
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l'extrémité nord est terminée par une pièce en forme d'exèdre, où se trouvait sans doute une statue. Tout le côté est, opposé à l'entrée, est terminé par six pièces dont il est difficile de déterminer l'usage '. La basilique du forum de Silchester offre une disposition tout à fait analogue-; le tribunal aussi y occupe une place semblable, et à l'extrémité opposée se trouve également une niche en exèdre; enfin, pour compléter la ressemblance, les deux basiliques n'ont qu'une seul nef. On est surpris que les architectes qui ont fait le plan du forum de Tinigad, n'aient pas placé leur basilique au centre du côté qu'elle occupe, la prolongeant à droite et fi gauche par des portiques, d'après le conseil de Vitruve^ C'est ainsi qu'on a procédé pour la basilique de Veleia, à laquelle ses deux portiques donnent une façade égale à la largeur du forum'. La basilique de Pompéi iG) a une tout autre disposition que celle de Timgad; elb^ a trois nefs, le tribunal est en face de l'entrée, et sa façade, précédée d'un portique et placée sur un des petits côtés, est seule en contact avec le portique du forum. La basilique de Pomjiéi est spécialement intéressante à cause de sa haute antiquité ^ La basilique du forum de Lindum (Lincoln) en Grande-Bretagne, occupe, par rapport au forum, une situation analogue à celle de la basilique de Pompéi ''.
Vacrarium ou Trésor public est un monument qui existait sur les forum, mais difficile à reconnaître. M. Gagnât, sans regarder la question comme tranchée, se demande si la crypte ménagée sous le petit temple de Timgad (D) ne serait TpasVaerariwn de la colonie'. Cette opinion est très plausible, car les trésors étaient conservés dans les temples : il y en avait un à Rome dans le temple de Saturne ; il y en avait aussi dans les temples de Castor, de Mars et de la Paix. On connaît un trésor dont l'emplacement est parfaitement certain, car une inscription, encore en place, ne permet aucun doute à cet égard' ; c'est le trésor du forum de Préneste; or il est dans la crypte d'un temple". Ce fait donne une grande probabilité à l'opinion de M. Gagnât, le temple D étant d'ailleurs le seul qui existe sur le forum de Timgad. On a cru aussi, mais sans autre preuve qu'un dépôt de monnaies, retrouver Vaernrium du petit forum de la station militaire de Cilurnum dans la Grande-Bretagne'". On ne connaît pas avec certitude l'emplacement de Vaerarium de Pompéi ; peut-être était-il sous le podium qui supporte le temple de Jupiter".
Le forum de Timgad n'a pas fourni de prison ; on a cru reconnaître cet édifice à Pompéi dans le bâtiment qui se trouve au-dessus de Tendroil désigné par la lettre J, sur le bord de la rue'-, et quelques auteurs ont cru à l'existence d'un cachot sous le tribunal de la basilique (G)"''.
i Overlicck-Mau, Pom/ii'Ji, \i. ii et s. — 2 Hov. J. fi. Joyrc, 7'liird accoiiiit of Excavations at Sitcltesler, dans Archacolofjia, l. XLVI -, p. 34i et s, [il, xvi.
— ^ V, 1 : " Sin aulem locus (hasiiicae) crit ainplioi- in lon^iludinc, clialcidica in extremis partibus conslitilantul-, uli snnt in l)asilica Jnlia Aquilana »>. — * Anlolini, Lfi rovinp di Xelcia, part. Il, pi. i; cf. lioeswiUvaK! et Cagnat, p. 'H. V. aussi un plan ries fouilles de Veleia dans Atti dei Lincei, 3' série. Memoriit, t. I (I.s76-t877) et iXotizie, 1877, pi. V. — î' Cf. Sur la basilique de Pompéi, cf. Man dans Mittheilung. d. k. d. nrch. Inst. t. III (188S), p. 14 et s. ; t. VI (IBÎ'I), p. 07 et s. ; l. VIII (IS'.i.-)), p. 166 et s. ; WolliMs. Ibid. l. III (1888), p. 47 et s. ■ c G. E. Fox, Récent discoveries of roman remains in Lincoln, dans Archaeotoi/ia, t. Mil, 1, p. 237, pi. xvni.
— 7 Pag. îiO. — 8 Corp. inscr. lut. XIV, 2075 ; cf. Dessau, L'iscrizione delV aerariunt di J*alestrina, dans Bultett. deW inst. di cor. arch. 1881, p. 270 et s.
— 9 Cf. Marucclii, Osservazioni sul tanpio delta Fortnna Praenestina, dans Bullett. dell inst. 1881 , ji. 218 et s., qui démontre que le forum Ae. Préneste était à l'endroit appelé aujourd'liui Piazza Savoia. — 1" J. Colliiigwood Bruce, On tlie fnrnm of tlie roman station al Cilurnum dans Archaeolo(jia, t. XLVI', p. 2, pi. i.
— 1' Cf. Overbcck-Mau, Pompeji^ p. 00. — '2 Overbeck-Mau, Pompeji. p. 73;
Une des plus heureuses découvertes de MM. Boeswilwald et Cagnat est celle de la Curie (C) ; cette attribution paraît certaine, car l'album des décurions était encore en place''. De plus, le monument paraît tout à fait adapté à sa destination'^; des inscriptions d'Afrique nous apprennent que les curies des municipes étaient comme la Curie de Rome, des lieux consacrés, des temples"^. A Pompéi on a plusieurs fois repris et abandonné l'opinion qui plaçait la Curie dans l'édifice située à l'extrémité sud du forum iK); c'est à cette opinion que s'est finalement arrêté M. M au dans son édition d'Overbeck" et la ressemblance de ce monument avec la curie de Timgad lui donne du crédit; la découverte de M. Cagnat aidera désormais à reconnaître, sur les autres forum provinciaux, la curie qui jusqu'ici n'avait été déterminée avec certitude que sur le Forum magnum de Rome.
Les monuments signalés par Vitruve reconnus, il reste sur nos forum un certain nombre de pièces plus ou moins grandes demeurées sans attribution; il faut en répartir un bon nombre, partie entre les boutiques des argentarh et autres'*, partie entre les scholae des corporations. Beaucoup de ces dernières, en effet, avaient leurs scholae sur les forum; à Rome nous avons, sur le Forum romain, la schola Xanthn, et on sait qu'elles étaient très nombreuses sur le forum d'Ostie ".
Devant le petit temple du forum de Timgad (D), s'étend une plate-forme assez vaste ; c'est la tribune -°. Placée près de la curie, elle est à portée des magistrats qui ont à faire des communications au peuple. Timgad n'est pas la seule ville d'Afrique dont on connaisse les rostres; les inscriptions nous apprennent que les rostres de Rusicade-' et ceux de Zattara" furent, sous les empereurs Constance et Constant, restaurés par des citoyens généreux. A Pompéi, Jordan a cru reconnaître les rostres dans deux suggestus, pris par d'autres pour des piédestaux-\ Fiorelli croit que les tribunaux de Pompéi servaient à l'occasion de tribune ^'.
Les forum étaient très fréquentés ; les Romains y passaient une partie de la journée; aussi les latrines publiques qu'on y rencontre, ne sont pas des monuments superflus. Celles de Timgad (E) étaient très bien aménagées; les sièges, au nombre de vingt-cinq environ, étaient séparés par des dauphins en pierre, oii les bras pouvaient s'appuyer ; une rigole en pe"nte, creusée devant les sièges, recueillait les matières liquides que l'eau fournie par le trop-plein d'un bassin poussait à ^égout-^ Les latrines du forum de Pompéi (J) n'étaient ni moins vastes ni moins bien organisées; des eaux, amenées par des tuyaux encore existants, traversaient les fosses et entraînaient tout dans un égoul voûté que l'on voit près de
liiflon, Poiupeia, p. 135. — ^'i Breton, Op. l. \>. 115 ; rf. Overbeck-Mau. 0. l. p. lii. Apulée {De mag. IX) appelle Tutlianum la prison d'une ville de provii,e|.. — li Corp. inscr. Int. VIII, 2103, 17'J03 ; cf. Boes\\il«ald et Casnat, p. 39.
— 1" Ibid. p. 37. — 16 Ibid. l. c. Voir les exemples réunis par MM. Boeswilvvald et Cagnat :acdeni curialein Concordiae; Ordinis in lem|)lo dcleclns... ; acdcm sive curiam ; curia igilur ordinis quam majores nostri merito leruplum ejusdcm ordinis vocitari voluerunt (Corp. inscr. lai. VIII. 757. 11821, in:u., I8328|. — n Pompeji, |). 139. — ^8 Sur les boutiques du Forum de Timgad, cf. Bocswihvald el Cagnat, p. 5 et s. — i^ Cf. Lanciani, Le forum d'Ostie, dans Atti dell. r. aec.d. Lincei. Mentorie, S" série, t. VII (1880-1881), p. ao3, pi. i ; Pierre André, Théâtre et Forum d'Ostie, dans Mélanges d'arch. et d'hist. de l'Éc.fr. de Home, 18(11, p. 500 et s ; cf. aussi Corp. inscr. lat. XIV, 109 ; 2924 ; Scliola in porlicibus fort ; Wilmanns, Exempt, inscr. lat. 794 : Collegia quac altingunt eidem foro.
— MBoeswilwaldelCagnal.p.SO.— Siro)-;). inscr. lat. VIII, 7980. — 22 Jbid. 5198 ; cf. lîoeswilwaldt't Cajiiiat, p.51. — 2:1 Sur les rostres de Pompéi et sur les rostres des forum provinciaux, cf. Jordan, Ephemeris epigraptnca, III, p. 25.5. — 2V Descrizione di Pompéi, p. 251. — 2ii Cf. Boeswilwald et Cagnat, p. 14-1.5.
FOR
FOH
là '. Des portos doublos à Tiingad, à Pomp(^i doux murs parallèles contrariés dcrondalenl rinlérioiir des lalrines contre les regards des passants*.
Un des plus curieux monuments que l'on ait trouvés à Pompéi est une série de mesures publiques, conservées dans une chambre ménagée dans le mur du portique du forum, en face l'angle nord-est de l'enceinte du temple d'Apollon (H), avant une autre chambre un ])eu plus grande et l'escalier et la rue qui précèdent le marché aux fruits et aux légumes (I). On conservait aussi des poids étalons dans le temple de Castor sur le Forum romain et dans le temple de Mars Ultor sur le forum d'Auguste; il yen avait encore au marché d'Ostie ', ainsi que des mesures publiques au forum vinarium de la même ville*; l'endroit où l'on conservait les poids publics s'appelait ponderunum '.
Le portique de Timgad était formé d'un r;mg de colonnes à chapiteaux corintliiens, dont un petit nombre a disparu; il était plus élevé de deux marches que le niveau do l'area couvert d'un beau dallage de grandes pierres rectangulaires". Le portique du forum de Pompéi, élevé au temps de l'autonomie, était en pleine reconstruction quand survint l'éruption. On élevait un second ordre au-dessus du premier, car les escaliers destinés ;\ donner accès à l'étage supérieur sont encore visibles; là sans doute, suivant le conseil de Vitruve ", on avait l'intention d'établir des loges ou galeries ; de Rome en effet cet usage s'était introduit dans les provinces où ces loges s'appelaient aussi mneniana *. Le forum de Timgad avait, sur le côté nord, une entrée monumentale" ; deux arcs de triomphe, placés de chaque côté du temple de Jupiter (A) donnaient accès au forum de Pompéi. Enfin, pour compléter la ressemblance avec le Fonun magnum, nous voyons des forum provinciaux pourvus de ces arcs appelés Janus si connus sur le Forum romain'".
Le forum de Pompéi avait un marché aux vivres (B), un marché aux fruits et aux légumes (I), et enfin, suivant une conjecture de M. Mau", le monument construit par Eumachia'^ (E) était une halle pour le commerce des draps. Il existe encore sur le forum de Pompéi un monument resté sans attribution (F) ; on a voulu, sans preuve suffisante, y voir une école '^ Il y eut en effet, sous la République, des écoles sur le Forum romain ; à Timgad, M. Gagnât a rencontré un édifice qui pourrait être une école", mais là aussi les preuves font défaut; une peinture antique de Pompéi représente une scène d'école sous les portiques du forum de cette ville '^
Le Forum romain n'avait pas seul le privilège d'être encombré de statues ; on en trouvait de nombreuses sur les forum provinciaux. Sur beaucoup de ces derniers, en Italie
lOvcrbcck-Miiu, Pompeji. |i. 72; Breton, Pojnpeia, p. t;ifi. — 2 BoeswîIw.iUI-Cagnat, Breton, ;. c. — 3 Cofji. iiisci: Inl. XIV. 375. — i Ihid. — S Ibid. VIII. 737. Sur les poids et mosuros publics, cf. M.TCipiardt, tlandltuch, lr;nl. Vi<;i<^. De l'administration financi^'ve chez h'S Jiomain-i, p. 0.1, n. I. — G ltoes\vil\vald et Gagnât, p. j(î-.H7. — 7 V, i. — 8 Corp. inscr. lat. IX, 1 118. Sur le portique de Poinpci, cf. Overbock-Mau, Pompeji, p. GO ; Mail, Il portico del fora di t*ompci, dans Mittheilang. d. k. d. areh. Jnsl. t. VI, (18'jn, p. 108 cl s. — a Bocswilwald et Caf;n.at, p. 18. — 10 I.iv. XLl, 27. — 11 Osservazioni siiU' edifizio di Eumachia di Pompci, dans Mittheilung. d. k. d. arch. iiisl. l. VII (18'J2), p. 113 et s. pi. iv-v. — li Corp. inscr. lai. X, 810- 814. — 13 Breton, Pampeia. 123 ; cf. Overbeck-.Mau, Pompiji, p. 130. — Il Pag. 56. — lii Helbig, Pif Wandgt'muldc der vom Vesuv verschiilteten Stâdte Cafnpaniens, w 1192 ; Le pittttre anliched'/ircolano e contorni, III, 41, p. il3. — 16 Corp, inscr. lai. X, 808-809. — " Cf. De Uossi. Bullell. di arch. christ. 1874, p. 55; Corp. inscr. lat. I. p. 188. — 18 Corp. inscr. lai. II, 1930, iuOû ; Vlll, 5i99. — 19 Corp. inscr. (u(.VIII, 1838. — i» Corp. inscr. lat. II, 1341, 1359, 4275, 4278; VIII, 714,
surtout, on reproduisit les statues elles elogia dédiés par Auguste, sur son forum, aux grands hommes de guerre qui avaient fait la grandeur de Rome. C'est ainsi qu'on retrouva à Pompéi les statues d'Rnée et de Romulus, ou plutôt leurs bases avec les inscriptions'", et à Arretium toute une série de sept elogia ''. Les forum étaient ornés aussi de statues de divinités, offertes souvent par de riches citoyens"* et quel<|uefois placées dans un édicule '''. Les empereurs et les princes des familles impériales, des particuliers aussi avaient des statues à pied ou équestres, votées par le conseil des décurions ou autorisées par lui -'' ; si le personnage était un empereur, un patron de la colonie ou un bienfaiteur insigne, le décret ajoutait souvent que la statue devait être érigée dans l'endroit le plus fréquenté du forum -' ; et, comme nous avons vu, à Rome, les censeurs procéder à l'enlèvement des statues qui encombraient le Forum, nous voyons aussi, dans un munieipe africain, un riimaniement des statues entre lesquelles il devenait difficile de se frayer un passage'^. La statue la plus enviée par les forum de province était sans aucun doute celle de Marsyas, dont la présence attestait que la ville jouissait du droit italique -'. MM. Boesvvilwald et Gagnât ont trouvé la base du Marsyas du forum de Timgad ^* ; on connaît les inscriptions de deux autres Marsyas de villes africaines'^.
Les monuments des forum portaient aussi, de toute part, les inscriptions des bienfaiteurs de la cité qui les avaient élevés, ornés ou restaurés ; d'autres citoyens avaient construit, embelli ou réparé le forum lui-même'"; ils avaient fait ou refait le dallage de son area^' et le pavé des ruesy aboutissant ou le traversant -*; ils l'avaient entouré de trottoirs 2'; ils avaient réparé ou complété ses portiques'", reconstruit en marbre son tribunal, etc. ^\ et ils n'avaient pas négligé de graver le souvenir de tous ces bienfaits sur la pierre ou le bronze.
La comparaison entre les monuments et la disposition du Forum romain et des forum provinciaux, révèle donc la plus grande analogie ; il en sera de même si nous les comparons au point de vue moral. Le théâtre était moins vaste; ce n'étaient plus les destinées du monde qui s"y jouaient; mais comme les honneurs qu"on y briguait étaient, aussi bien qu'à Rome, les plus élevés auxquels les candidats pouvaient aspirer, la lutte n'était pas moins vive sur les modestes forum de province, et les mêmes passions s'y agitaient. C'est en effet au forum que se faisaient les élections, et, à Pompéi, on voit la différence du droit entre les anciens habitants et les colons amenés par Sylla créer, comme à Rome, la lutte entre deux classes'^; à Nola,un des anciens habitants {ex veleribus), élu décurion, croit la victoire assez, importante pour la mentionner dans son inscription". Comme à Rome,
1413 ;X, OS'.i, Ill2i. 3S33; XII, 5805; XIV, 2919. 2931. — SI Corp. imcr. lat. V. 3333 : " in celeberrimo loco fori ; 533, in ccicberrima fori nosiri parle; VIII, 1013 : ubi honoritîccntius crigenilum credidit ». Cf. Jonlau, Ephem. epigr. III. p. 254. — 22 Corp. inscr. lat. VIII, 7046. Sur les statues du forum de Timgad, cf. Bocsnrilwald et Cagnat, p. 03 cl s. On peut voir, par la si-rie des peintures rvpn^senlanl le forum de Pomp«5i. que les statues équestres ; i^L-iient nombn^uses (cf. Pilture d'Ercol. m, 11-43, p. 2 13-2271 ; les bases lrouv)5es encore en place conlirmenl d'ailleurs eeUeiadicalion. — 23 V. plus liaul, p. 1300. n» 20. — SI p. 6S. — 2^ Corp. inscr. lat. Vlll. 16417 ; 4219: cf. Boeswilwald et Gagnai, loc. cil. — ^' Corp. inscr. lat. Il, 1649. 2098; V, 7376, 7780; Vlll, 1584: IX, 1596. — 27 Anlollni. llorine di Veleia. p. 20 cl pi. 1 de la 1" partie, Corp. inscr. lat. XI, 1184 : l'inscription, en lettres de brooie incrustées dans le dallage,occnpe presque toute la largeur de l'area ; V. 7426 ; Vlll, 704; IX. 4379; X, 5416. — 28 /J. X, I69S. 4660. 5201; XIV. 375. — S» Ib. X. 4385. 4386. — M /h. Vlll. 608, 5178. — 31 U. XIV, 375. — 32 Cac. Pro Sgll. X\l ; cf. Corp. inscr. lai. l. X, p. 89-90. — 33 Corji. inscr. tat. X, 1273 ; cf. fbid. p. 1*2.
FOR
le forum est le centre de la vie publique; c'est là que le gouverneur de la province lient ses assises [conveotus] ; il y a, comme au Forum romain, des rostres ' d'où l'on écoute les communications officielles et où l'on prononce des oraisons funèljres; en effet, avec l'autorisalion des décurions ou en vertu d'un décret spontanément porté, les restes des citoyens qui ont illustré ou enrichi leur cité peuvent reposer un instant au forum et c'est de là que partira la pompe funéraire '\ C'est au forum que les magistrats prêtent serment^ ; on y célèbre des sacrifices'; on y met en adjudication les travaux publics^ ; on y paye les impôts " ; on y distribue dos sportules' ; dans les basiliques on fait du commerce", des affaires d'argent ', on juge les procès '" et on vient entendre des conférences". Les élections des magistrats, les inaugurations ou dédicaces des monuments ou des statues érigés par les particuliers, sont l'occasion de repas publics, de fêtes qui souvent se célèbrent au forum. Nous avons le programme très attrayant et très varié de jeux donnés sur le forum de Pompéi par des magistrats nouvellement élus: la fête commence par un défilé ou procession (pompa); puis viennent des courses de taureaux avec taurarii, iaurocentae et succursores ; des gladiateurs comiques [pontarii); des athlètes combattant par couples, à la mode grecque [jiyclae) et à la mode romaine {pugiles) et des athlètes combattant en troupe [pugïlrs caiervavii); des pantomimes; de nombreux couples de gladiateurs; une venatio avec des taureaux, des sangliers, des ours, des animaux variés ; des intermèdes de chant et de musique '-. Outre ceux que leurs affaires amenaient au forum, les désœuvrés aussi en faisaient leur promenade favorite ; à Timgad comme à Rome, ils ont laissé gravées sur les dalles du Forum les traces de leurs jeux '^ ; désirait-on rencontrer quelqu'un, c'est là qu'on était sur de ne pas le manquer"; en même temps que l'on apprenait les nouvelles peu sûres répandues par les tlàneurs, on pouvait, surles aZÔMTw, trouver le moyen d'occuper son temps pour les jours suivants : en efl'et, sur les albums du monument d'Eumachia (e), les fvrenses de Pompéi pouvaient lire les annonces des ventes et des adjudications, le programme du prochain spectacle'"; une peinture de Pompéi représente le portique du forum, avec une longue affiche devant laquelle s'arrêtent les passants'" [albuiM, fig. 20'J, 210]. Cette peinture fait d'ailleurs partie d'une curieuse série trouvée à Pompéi et représentant les scènes les plus variées de la vie populaire sur le forum'" : on y voit des marchands de draps " et de toiles '% des boulangers et des pâtissiers"", des fruitiers ^' ; des cordonniers prennent les mesures de leurs pratiques ou vantent leur marchandise ^^; un gargotier a allumé son fourneau ambulant et sert ses clients"; un marchand de ferraille et
1 Voy. plu'i h:nit, p. 1318. — 2 Corp. inscr. lat. X, .lOOS : -■ ut c foro ad roguin funere porduoviros allerum amljosve iocato [iroljatoque feratur » ; IX, 1783 : »< IIos docuriones funere publico de foro c Iribuiudi ellereiidos cens(uerunl) ». — 3 Corp. inscr. lat. Il, 5M0. — ■'• Corp. inscr. lat. II, 54.)U ; XII, 4333 ; cf. le basrelief reppr-sciiLant le côté nord du forum de Pompéi (Overbeck-Mau, p. 71). — t Corp. inscr. lai. 1, p. 120,37. — c Vitruv. V, 1 . — 7 Corp. inscr. lai. XIV, .■Ï53. — 8 Vitruv. l. c. — ^ V. plus haut, uasilica, p. G78. — 10 Jbid. — H Apul. De mag. I.XXIII. — '2 Corp. inscr. lat. X, lO'-i, — 13 Bocswilwald et Caguat, p. 10, 20, 27, 21t. — 1* Apul. Metamorphos. IX, 21. — 1» Overbeck-Mau, Pompeji, 135-136 ; lireton, Pompcia, 34; v. plus haut, Ai.miM, fig. 210. — 10 Hcibig, Wandijrmûldf d. Stùdte Campan. 1491 ; Pitt. d'Iircolano, III, 43, p. 227. — " Ilelbig, Vandt/cmûde d.StfUlte Campanicns^ 14SO-1500; cf. H. Nisclien, Pompeianisclie Stitdien, p. 208. — <« Helbig, 1497 -, Pitt. Ere. III, 42, p. 221. — l'J Helbig, 1498 ; Pitt. lire. Ml, 42, p. 221. — 20 Helbig, 1497; Pitt. Ere. Iliid. — 21 Helbig, 1500; Pitt. Ere. III, 43, p. 227. — 22 Helbig, 1499, 149G ; Pitt. Ere. 42, p. 221. — 23 Helbig,
de pots a étalé sa marchandise^'; un aveugle en haillons, conduit par un chien, reçoit l'aumône^"; un amateur dessine une statue équestre d'après nature^"; un chaudronnier couvre, avec le bruit de son marteau"", les hurlements d'un gamin qui reçoit, dans l'école voisine, une correction sans doute salutaire'" ; et, au milieu de ce lapage, des magistrats exercent gravement leurs fonctions". Dans les villes de province il y avait, souvent comme à Rome, plusieurs places qui portaient le nom de forum. A Pompéi il existe une petite place, entourée d'un portique, appelée, à cause de sa forme, le forum triangulaire, quoi qu'on n'ait aucune preuve qu'elle ait porté ce nom dans lantiquilé (fig. 3278)^". La partie centrale de
ce forum ou portique est occupée par un temple grec, ancien; il communique avec un des théâtres de Pompéi. Les théâtres antiques n'étaient pas couverts, aussi Vitruve recommande de les mettre en communication avec un portique qui puisse donner asile aux spectateurs pendant un orage^'. A Timgad ^- et à Ostie ^^ le théâtre était voisin des portiques même du forum.
Il existait un forum vinarium k Ostie^';un forum pecuarhim à Aquilée", à Atina'" et à Ferentinum '" ; un forum oliiûrium à Tignica^* ; un forum novum à Calama"', ce qui est peut-être simplement le nom de l'ancien lorum reconstruit; un forum transitorium à Lambèse*"; est-ce le nom d'une des deux places dont se compose le forum de cette ville"?
III. Forum des camps. — On donnait le nom de forum à une place ménagée devant le prétoire, ou quelquefois de chaque côté. La tribune y était représentée par un siiggeslus d'où l'on parlait aux soldats [castra, p. 931, lig. 1219; gastrorum metator, p. 904].
IV. On appelait aussi forum la partie du pressoir sur laquelle on posait le raisin ou les olives destinés à être écrasés [praelum, torcular] '■-.
V. On donnait le nom de forus au pont d'un navire [ivavis] et à une table de jeu [tabula lusoria].
Uenuy ïhédenat.
l:i(Ki ; Pitt. Ere. 43, p. 227. - 21 Helbig. IlOli; Pitt. Ere. 42. p. 221. — 2a Helbig, 1 193 ; Pitt. Ere. 43, p. 227. — 26 Helbig, 1494 ; Pitt. Ere. 41, p. 213. — 21 Helbig, 1497; Pitt. Ere.iî, p. 221. — 28 Helbig, 1492; Pi». Ere. 41, p. 213. — 29 Hcibig, 1 is9 ; Pitt. Ere. 41, p. 213. — 30 Sur le forum triangulaire, cf. Overbcck-Mau, p. 75 et s. ; Breton, p. 148. — 31 V, y, Les théâtres de Pompéi étaient on communiralion avec un autre grand portique carré. . — 32 Boeswihvald et Cugaat, p. 28. — 33 Lauciani, Atti dei Lincei, Memorie, 3" série, t. VII (1880-18S1), pi. i ; cf. Pierre André, Tkèàtre et Forum d'Ostie, dans Mélanges d'arch. et d'hi.it. de l'École franc, de Jtomc, t. XI (1891), p. -499, pi. vin. — 31 Corp. inscr. lut. XIV, 376, 409, 430, — 35 Ibid. V, 8313, — 3» Ibid. X, 5074. — 37 Ihid. 5S50. — 38 /bid. VIII, 1408. — 39 Jbid. 5295. — W Ibid. 2722. — 41 A. Poulie, Nouvelles insciiplioiis .le I.ainbèsc et de Timgad, dans Rec. de la Soc. arcli. de Cnnstantine, t, XXIll (1SS3lS84),p, 199, pi, xn. — 12Coluniel. /Ir?.ï /(i«(. XI, 2. — IiuiLioon*i'iiiK. — Fobdm-conce- LiAuui.UM. V. la bibliogr. du mol coNcn.uDtii.uM. Sur le roiiUM noMAiN et les FonuM wvf.uiAux, outre les mémoires déjà cités : Piale, Bel foro romano, sua posisione e
FOS
FOSSA. — Grec, oioSpuç, el aussi Zioùû'iri, Siopû/vi. Latin, fossa, quelquefois fosùo\ et plus tard fosxatum'K Nom générique de toute espèce de tranchée ou de fossé', nom technique des canaux*.
I. Technique. — Les anciens, à toutes les époques, ont donné aux fossés et canaux toutes les applications dont ils sont susceptibles. [Pour la fossa qui fait partie des systèmes de fortifications, voir munitio, vallum.] Les peuples de la Grèce et de l'Italie n'ont eu besoin d'apprendre de personne l'usage des tranchées et lignes de drainage, non plus que celui des rigoles d'irrigation et de dessèchement ", et tous les procédés de la petite hydraulique agricole. Ils ont même eu à inventer ceux de la grande, et à les applicpier à leurs fleuves, à leurs lacs, à leurs bassins divers. 11 n'y a en efl'et, dans leurs pays, que très peu de contrées où un peuple nombreux ail pu s'établir et grandir sans consacrer de longs efforts à l'aménagement des eaux; il n'en existe aucun dont la culture n'ait exigé une lutte crmlinuc pour prévenir l'impaludation tout en assurant l'arrosage. La création des vastes systèmes sur lesquels toute l'antiquité a vécu, et l'invention des pratiques populaires sur lesquelles la vie rurale était fondée, datent de temps très primitifs ^ ; nous ne connaissons pas toujours la technique qui y présida. A l'époque tout à fait historique appartiennent les entreprises de grande canalisation, les ouvertures de voies navigables; les Grecs, et surtout les Romains les abordèrent avec hardiesse ; ils avaient eu pour devanciers, et ils reconnurent pour maîtres, les peuples orientaux, les Égyptiens surtout' ; ils continuèrent même leurs oeuvres, et, pour cet ordre de travaux, les moyens qu'ils avaient nous sont moins inconnus.
Établir un canal s'appelait /"ossawi ducere". La direction une fois arrêtée, entrait en scène le librator, généralement un primipilaire. Ce personnage, dont le concours paraîtrait nécessaire pour presque toutes les entreprises, semble pourtant n'avoir pas toujours été appelé pour les routes, dont les rampes étaient estimées à l'œil. Pour les aqueducs et canaux, il était chargé des nivellements. 11 les faisait, soit avec la Uhrn aquaria, oîo-KTçy., soit avec le chorobates', en s'aidant du niveau de maçon ou libella [geodesia].
L'itinéraire donné et les nivellements faits, le tracé sur le terrain s'opérait par les mêmes moyens que celui d'une route [via].
La fouille {ôi.o(,u'i}j.%, fossam cavare^") se faisait aussi par les moyens usités pour tous les terrassements. La pioche et le fossoir (scudicia^' , fnssoriiim '-), la pelle et la bêche'^ [palaJ, la houe, « zappa » des Italiens'' [ascia],
fjrniith^za non ficw inicsa dal \anlini, 1818 el 18.32; Xihby, Del fora romano, ddla sacra via, deW anfitpatro flavio, 1821 ; Gcrliiird, Délia liasUica Giitlia ed atcuni siti del foro romano, 182^1; Fea. Jndicazione di'l foro romauo e sue principali adjacenzt!, 1827; Caristie, Plan et coupe rf'«ne partie du Forum romain, ■182y. à coniiili'-ler par fi. Anselini et A. Fea, Jl foro romano, la via sacra, il clivo capitolino dal IS09 à IS37: Cauiua, Descrizione storica dH foro romano e sue ndjaccnze, 1834 et 18l;i; Hunscn. Le Forum romain expliqué suivant l'état des fouilles le SI avril IS:lj ; \d. Les forum de Jtome restaurés et expliqués, 1835; liecker, L/andlnich dcr rœmischen Alterthiimer, t. I, p. 281-36-t, sur les forum imln^i'iaiix, p. 3t)2-38.ï, 1843;Tocco, Hipristinazione del foro romano, 18.">0;T. H. Dyer, art. RoM\ dans Smith, A dictionartj of grcek and roman geography, t. 11. p. "72- 7y7 ; Forum impériaux, p. 7y7-802, 1873; Ravioli et Montiroli, // foro romano, l.si)2 ; hulert, At' F'trum romain et les forum de Jules César... etc. 187G : l'arker, Arclirnhtjy., t. Il, 1S76; Nichols, Tlie roman forum, a topographical study, 1877; 0. Maruirhi, Il foro romano, 1883 ; M. Description du Forum romain, 1885 ; Jordan. Topof/rnphie der !iladt Jtom im Altcrl/ium, t. \-, p. l.H7-42i> ; sur les forum im|H>riau\ ; Vftjrf. 43li-4Gj, 188.Ï ; G. lio\':^SieT. Promenades arcltéotogiques, cU. I, 1887; Uicliler. Topographie der Stadt Itom, dans Handbuch der klassischen Altcrthum-^Vissen-
siiivant les terrains, le pic'^ [dolabra, fossoria], et même le ciseau"' Tscalprum] dans les roches dures, et certainement, dans les sables, la ravale attelée d'un ou deux bœufs, qui de l'Egypte, où elle est née, a passé dans la pratique des Orientaux et des Africains, étaient les outils employés.
Très fréquemment les déblais do la fouille étaient tout simplement rejetés sur ses bords, tassés, dressés et damés, de manière à former, au-dessus des berges de la tranchée, un ou deux cavaliers, quelquefois revêtus. On a, aux cauaux du Copaïs, de ces revêtements en opus Incertum d'aspect cyclopéen''; on en trouve, par la suite, de tous les appareils employés dans les quais sur cours d'eau naturels.
Dès que l'ouvrage prenait des proportions un peu sérieuses, on ne pouvait se contenter de renvoyer les terres à la pelle. On les enlevait à dos dans des paniers, comme on le fait encore en Italie, en Grèce, en Afrique, en Orient. D'autres fois, comme à. l'isthme de Corinthe, nous reconnaissons que des chemins d'accès étaient ménagés dans la coupe, pour emporter les déblais sur charrettes. De même, lorsqu'il s'agissait de traverser une montagne, les anciens savaient l'attaquer par tranches, sur plusieurs paliers différents ; on a retrouvé des glissières établies pour jeter les débris. Tous les procédés appliqués dans les carrières étaient de mise.
On pense bien que les radiers n'étaient revêtus qu'en cas d'urgence, et sur les points où il le fallait : c'était alors un perré de libages, ou même une maçonnerie. On ne le faisait guère qu'aux lieux où se trouvait soit une chute, soit une forte chasse, permanente ou occasionnelle, comme par exemple aux euripes, ou près des ponts, pimr prévenir des affouillements.
De même tous les travaux qui peuvent exister sur le cours d'une rivière se plaçaient, en cas de besoin, le long des canaux : des épis pour rétrécir le lit et exhausser le niveau des eaux, comme l'on en voit en Egypte, des bàtardeaux pour créer un bief, comme l'on en voit sur le Tigre, des digues de prises d'eau aux points d'où partaient des canaux secondaires. Il est possible que les Romains aient connu la « botte », si usitée en Italie pour l'aire passer un canal sous le lit d'un autre cours d'eau; c'est une espèce de siphon maçonné, dont l'emploi, dans les Marais Pontins, est de tradition très lointaine. D'ailleurs, ou plus tôt ou plus tard, presque tous les canaux antiques durent être traités comme bras de rivière, parce qu'ils l'étaient devenus. Ils l'étaient même dès l'origine. Les anciens n'ont pas fait de vrais canaux ; les leurs ne sont que des fleuves artificiels : ils corrcspon-
scliaft, I. III, p- 784-803 ; sur les forum impériaux, 803-800 ; tinure à part. 60-79 et 70-85, 1880 ; Middleton, The remains of aneienl Rome. t. I, p. 231-352; sur les forum impériaux, t. Il, p. 1-39, 1892 ; Hiilsen. Forum romanum, 1892. Sur les roRcii PROVINCIAUX : .\ntolini. Le rovine di Veleia, 1831 ; Breton, Pompeia, 1870, p. 117 ol s. ; fi. Fiorelli, Descrizione di Pompei, 1875, p. 252 et s. ; 0^-crbeck-Mau, Pompeji in seinen Geliâuden, Altertftùmern und Kunsticerken, 1884. p. 61 et s. ; K. Boeswilwald et R. Cagnat, Timgad. une cité africaine sous l'empire romain, faso. I-II, 1892.
FOSSA. I Plin. Hisl. nat. III, 20. — i l'allad. X. 13; Cassiod. //. E. V, 45.
— i Dis. XI. III, lit. XIV, 1, § 5. Fossa est receptaculum aquaf. manufaeta.
— *• Barrage et caual, Agger et fossa, Dig. X.VXIX, tit. III, I. § 23. — ^ Fostae agrorum siccandorwn causa factae. Ibid. \. — ^ \a Blanchdre. Un chapitre d'histoire Poutine, état ancien et décadence d'une partie du Ijitium {Acad. des Inscr, et H. -Lettres, Sav. élr. t. X, 1" |»artic'i. Il, § 1. — t Lucian. \cro. -4.
— « l'Un. Hist. nat. VI, 33 ; Vitruv. I. 4. - » Vitr. VIII, 5. — 10 Min. Bist. nat. XXXIII. 21. —[Il Isid. Orig. XX, 14, 7. — 12 Finnie. ilalkes. Il, 10.
— l'i |C,ato,3 Jt. ru.U. 1 1 ; l.iv. III, 26 ; Colum. X, 4S. — " Pallad. 1. 43. — 15 Ibid. : Uid. Orig. XIX, 10. — Jf. l.iv. XXVII, 49. — " Voy. plus loin le paragraphe II.
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dent à nos dérivations, à nos voies d'écoulement, non à nos canaux de navigation.
Le point faible de ces ouvrages, souvent irréprochables à tous autres égards, c'était en efTet le réglage, la défense, la manœuvre. Les Égyptiens paraissent avoir connu le procédé des éclusées, ou du moins le principe sur lequel il repose; on ne peut guère douter qu'ils n'aient, pour certaines constructions, pour l'apport, l'élévation, l'érection de poids énormes, fait passer leurs radeaux de flottage dans des bassins temporaires étages, remplis au fur et à mesure, et détruits après le travail ; mais ces bassins, délimités par des banquettes de terre levée, ne possédaient aucun engin de fermeture ni d'ouverlure. Les barrages secondaires dontl'Égypte est pleine n'en ont pas encore à présent, et c'est par une brèche ménagée au moment voulu que les eaux passent de l'un dans l'autre des compartiments qui enlacent, et enlaçaient dès lors. le pays. Les Égyptiens savaient pourtant, aux grands ouvTages de distribution, faire fder le courant S[à Tiv(i)v îcaT£(7X£'ja(r|j.;vojv oupôv '. Mais il ne s'agit que de vantelles, de portes. Toutefois, étant donné d'une part cette connaissance, de l'autre celle des bassins en échelons, tous les éléments de l'écluse à sas étaient entre leurs mains. On se résigne difficilement à croire qu'ils ne l'aient jamais inventée. Letronne - n'est pas loin de penser que les Grecs en ont eu l'usage, hérité de ces habiles devanciers, et que l'euripe du canal Ptolémaïque sur la mer Rouge était un sas à double fermeture. Mais la description que Diodore fait de ce oiXots/vov ôij.op-Yl-tx' ne permet pas de rien conclure. Admettrait-on qu'un tel exemple ait pu demeurer isolé, et que les Romains, qui ont aussi travaillé à ce même canal, n'en aient tiré aucun parti '? Or les canaux à paliers étages ne figurent point dans leur pratique. Malgré quelques essais pour tourner le problème, dont la vraie solution leur manquait, les anciens n'ont réellement connu que le canal à niveau, et dépourvu de son seul moyen de préservation indéfinie.
Leurs prises d'eau étaient parfois réglées, mais le plus souvent libres. On dirait même qu'ils se défiaient du déversoir de superficie, qu'ils ont pourtant couramment appliqué dans leurs barrages, notamment en Afrique, et qui est si facile à établir et si sûr : on voit Trajan' exprimer la crainte qu'en ouvrant un canal entre un lac et un fleuve, le premier ne se vide entièrement. En rivière, dans certains cas, une simple flèche coupait le cours, et, les deux radiers étant au même niveau, la part de la dérivation se faisait, non suivant le cube débité, mais suivant la surface du lit. Dans d'autres, une digue transversale, plus ou moins biaise, et laissant une fuite, élevait l'eau au niveau du canal, qui ainsi ne s'alimentait qu'en proportion, soit de la masse totale, soit des crues. De toutes layons, la partition était d'une grande incertitude, et le canal était placé dans des conditions analogues à celles de la rivière elle-même.
C'est il quoi essayaient d'obvier les systèmes de fermeture. Kn dehors du barrage temporaire en terre soutenue par des claies et des poutres, tel qu'on le pratique en Egypte, les anciens connaissaient l'usage des martcllières ' [cataractaJ. On en rencontre fréquemment de
1 Dioil. 1, I!). — 2 Letronne, l'Isthme de Suez, canal fie jonction tics deux mers sous tes Grecs, les liomains et les Arabes, § t. Voy. plus loin, j). 1328, noie 11. — 3 Diod. I, 33, — '• Plin. Ep. -12. — 6 Rulil. I, 18 ; l'iin. Eji. X, C2. — 6 Slrab.
simples, de doubles, de triples, exactement semblables aux nôtres, sinon que les montants sont des piédroits monolithes; il ne manque que les empèlements, qui étaient de bois. Mais ce procédé ne peut pas servir pour les voies navigables. Un autre, également connu d'eux, et dont la pratique s'est maintenue dans plusieurs parties de l'empire, consiste à remplacer les pales par de grosses planches, glissées l'une au-dessus de l'autre dans les rainures, et que l'on retire une à une pour obtenir un écoulement par tranches; ce système a l'avantage de permettre une plus grande largeur; mais, comme il produit une chute, il n'a pas pu être appliqué aux canaux navigables. Il ne restait que l'écluse simple, ou pour mieux dire la porte à deux battants {ralvae cmissoriae) : tout au plus avail-elle un buse. C'est à ce système qu'appartiennent les bajoyers qu'on a retrouvés en place, par exemple à l'émissaire du lac San Gusmano, en Sicile. Ce n'était que par des lâchures qu'on pouvait l'aire sortir du canal les trains ou les bâtiments : moyen pénible et dangereux pour ceux-ci, et ([ui fait perdre cent fois plus d'eau qu'il n'est nécessaire pour passer.
Contre tous ces inconvénients, les anciens^ ne nous parlent que de 1' « euripe ». Autant qu'on peut le reconstituer, d'après les textes des auteurs et d'après les traces relevées sur le canal de la mer Rouge, c'était un pertuis à section beaucoup moindre que celle du canal, creusé en roche dure, si faire se pouvait, en tout cas fortement maçonné, composé d'un radier et de deux bajoyers, garni de vantaux pour la sortie. Sans doute ceux-ci se manonivraient à grand renfort de cabestans. Il est probable que beaucoup des euripes ne s'ouvraient, en temps ordinaire, que pour les chasses d'entretien ; les bateaux, ou Iransbordaient leurs marchandises'', ou faisaient leur sortie par terre, le long de l'euripe, en dehors, au moyen d'un St'oXxoi;, comme celui qui leur faisait franchir au besoin l'isthme entier de Corinthe *. Six kilomètres de quai en briques que l'on trouve au Sérapéum sur le canal des Pharaons, partout ailleurs simple tranchée, avaient i)eut-ètre pour but de resserrer le lit pour préparer le passage dans l'ancien euripe. On rencontre aussi la mention de claiixlni au débouché de canaux ou de lacs; on connaît les Closlra Romann'', à l'embouchure du Rio Martino, et les Lucrino addila claustra du poète'". Mais rien ne dit en quoi consistait cette fermeture ; on ne distingue rien dans les localités qui permette de le retrouver. Il est loisible de supposer que c'était quelque chose d'analogue à l'euripe ; car Pétrone " emploie le mot à propos du Nil ; mais on ne saurait l'affirmer.
Avec cet outillage, les ouvrages de drainage, d'irrigation, de retenue et de distribution d'eau ont pu atteindre, chez les anciens, une perfection remarquable ; la grande pratique qu'ils en eurent fut cause (|u'ils les réussirent mieux que nous ne le faisons aujourd'hui : leurs barrages étaient solides et efficaces, leurs canalisations bien comprises, leurs émissions convenablement réglées. Mais, dès qu'il s'agissait de canaux fluviaux et maritimes, aptes à la navigation et non seulement à l'arrosage, les moyens leur faisaient di'faut. Leurs voies latérales ne furent, ou ne devinrent, que des lits auxiliaires; leurs canauxdesdcltas
XVII, 25. — •■ l'Iin. Ej). X, Cl. - «Slrab. VIII, î ; Arislopli. Thesmoph. v. IMT. — 9 Plin. 1/ist. mit. III, 9 ; Ptol. 111, I ; Tab. Peut. elc. — 10 Virg. Ueorr/. Il, 161-163. — 11 Salijr. cïxi, v. lli.
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se réduisirent, plus ou moins vite, à n'être qu'une bouche de plus; leurs lignes de navigation intérieure donnèrent seulement, ou des flaques sans autcmomie, soumises à toutes les influences des deux masses d'eau qu'elles unissaient, ou des dérivations d'un fleuve dans un autre, ou des canaux à point de partage manques, parce qu'ils n'avaient que des engins impuissants à gouverner une série de retenues formant des biefs étages. En somme, leurs grands ouvrages de ce genre, leurs fossai'. les plus renommées, sont en général bien placées et témoignent, dans l'exécution, d'un effort parfois merveilleux ; mais trop souvent elles n'ont fait que ce qu'aurait fait, duré que ce qu'aurait duré, un cours d'eau naturel sur le même trajet.
Les anciens n'avaient presque aucun appareil de dragage sérieux. Le curage {fossam pnrgare '), en dehors des chasses, ne se faisait qu'à bras, par fouille, ce qui ne peut, pour ainsi dire, pas s'appliquer aux embouchures, aux barres.
Le classement et l'analyse sommaire de leurs plus célèbres travaux^ expliquera et confirmera ces indications de leur technique.
11. Canaux d'écoulement. — Emissaires. — 11 a déjà été fait mention des canaux émissaires des lacs [emissariumj, combinés ou non avec des tronçons en tunnel. Parmi ceux qui, entièrement artificiels, furent tout du long à ciel ouvert, l'un des plus curieux est celui qui se termine par la cascade délie Marmore, à Papignano près d'Interamna(Terni). C'estunedéchargedu lacus Velinus\ créée par M. Curius Dentatus en .100 av. J.-C, et qui rejette les eaux dans la Nera par une chute artificielle de 140 pieds.
Les plaines closes, marécageuses ou même lacustres, de la Grèce, en Arcadie, en Argolide, en Béotie, n'ayant d'autres débouchés que les catavothres '", ou des fleuves à cours vagabond, avaient été pour la plupart pourvues d'une canalisation aboutissant, soit à des émissaires, soit aux exutoires naturels. Les Phénéates, à une époque si ancienne qu'ils atlriliuaienl cet ouvrage à Hercule ', avaient fait un canal pour emmener les eaux du Ladon et des autres cours d'eau issus du lac Phénéos, et les verser dans les catavothres, qu'ils avaient arrangés et qu'ils entretenaient. Ce canal, long de 50 stades, n'avait pas moins de 40 pieds de large, et il était garni, en partie, d'un soutènement monumental, espèce de cavalier qui faisait passer l'eau sur la partie la plus basse de la plaine. Ses restes se distinguent encore ; mais, aux époques historiques, il était déjà abandonné, et les catavothres, privés d'entretien, s'étaient obstrués en partie.
On sait maintenant que le Copaïs était dans des conditions semblables. Des recherches toutes récentes '^ viennent de di'monirer que le beau tunnel de Larymna n'avait été complètement foré que sur un tiers de son parcours, et n'avait pas déversé le lac. A une époque inconnue, et qui pcnil-ètre correspond à la tentative de Cratès [voy. emissarriji, p. o9Tl, on inuigiua le plan même qui s'exécute actuellement : déverser le Copaïs dans rilyjice, l'Hylico dans le Paralimne, le Paralimne dans la mer; mais au lieu de le l'aire par des voies sou-
' IMiii. XV1[1, tVi. — - Les liwcs sur les canaux antiques, et sur les ouvrages analogues, que l'on [misse consulter avec fruit, sont rares. Voir J.-J. Oberlin. Jungendorum marium fiuvioi'unique omiiis aevi molimina, Strasbourg, i7T;i; Alf. I.t^gcr. I.f'.'i Iravatu' publics au ti'nipx th's /ioiiuiiiis, Paris, 1875. Mais l'analyeo et TtHude du fouctionuenieut de beaucoup des ouvrages est faite ici pour la première fois. — 3 Cic. Atl Ml. IV, l;. ; Pro Scatiro, i. — l .M-irlel, les
terraines, on essaya à ciel ouvert. Des amorces de tranchées se rencontrent sur les trois isthmes ; au col de Karditza, non loin de Moriki, près d'Anthédon. Mais l'œuvre, gigantesque pour les moyens antiques, fut promptement abandonnée. L'écoulement avait été obtenu par une mise en état des vingt ou vingt-cinq catavothres qui existent dans la moitié orientale du pourtour de la nappe, et qui ont été agrandis, arrangés et entretenus de main d'homme : les traces du travail sont visibles.
Canaux sur terre — Cette disposition rendit nécessaire l'invention du système qui fonctionne sous nos yeux en Hoiiand(!, celui des canaux sur terre, portés par des digues pour traverser le bassin. Le Copaïs en avait trois, deux sur la ceinture, l'un au nord qui emmène les eaux du Céphise et du Mêlas, l'autre au sud pour celles du Coralios et du Lophis, tous deux versant par portions dans tous les catavothres des rivages, et se joignant, aux environs de Copae, à la queue du lac, pour jeter tout l'excédent dans les grands catavothres de Larymna, avec le troisième, qui amenait, en coupant toute la dépression, les eaux de l'Hercyne. Ces canaux étaient portés sur d'énormes cavaliers, épais de iO mètres, garnis d'un revêtement intérieur en appareil cyclopéen. Grâce à eux, le Copaïs ressemblait à une espèce de polder. C'est une des œuvres les plus extraordinaires qu'ait accomplies l'antiquité . Ce même système était appliqué à presque tous les canaux de grande irrigation en Égyjfte et en Chaldée.
Dessèrhentents. — Les plus beaux exemples de dessèchements de grands territoires par le moyen de fossae sont dus aux Étrusques et aux peuples qui ont reçu leurs enseignements.
1" Vallée du Pô. Flumina fossaeque a Pado, Fossae Aemilii Scaiiri. — Celte immense et plate étendue d'alluvions est naturellement palustre. Les Étrusques, lorsqu'ils l'occupèrent, ne manquèrent pas de l'assécher, et c'est à leurs travaux que les anciens attribuaient la fertilité et le peuplement de la contrée'. Les Gaulois et Ligures cisalpins, qui leur succédèrent, continuèrent leurs travaux, et nous savons que la querelle qu'ils eurent avec les Salasses, laquelle amena la destruction de ce peuple par Auguste', eut pour cause le détournement par les chercheurs d'or des torrents qui venaient alimenter leurs canaux. La Lombardie a subi trop de changements pour qu'il soit facile de retrouver leurs ouvrages. Mais, sur la rive droite du Pô, il leur avait fallu assainir l'espace entre Parme, Plaisance et Ferrare, qu'Hannibal retrouva marécageux ; ce fut sur leurs traces ([ue M. Aemilius Scaurus, en 110% exécuta ou rétablit les ÔKopuY'c; 7:}>(o-<«ç qui le desséchèrent à nouveau. Le canal de Padoue, que mentionnent les auteurs, agissait de même sur la rive gauche.
2° Marais Pontins. Fossa Celliegi, Gorgo Lecino, Rio Martino [iiiguus Marlinus), Clostra Romana., Plurimi alvei de Décius, Fiume Sisto, etc. — La partie réellement palustre des Marais Pontins comprend environ 'lOOOO hectares, dont :20000 ont été rendus à la culture par les travaux de Pie VI depuis l"""'", dont la totalité le serait si le projet cont;u par Prony " au commence-
CatMothres du Péloponnèse (Her. géogr. IS9J, p. i4l-i5l, !3$-i4«). — S p»us. Vni, 14, 3. — fi M. Kanibanis, le Desst'chement du lac Copais par les anciens [Bull, de eorr. hell. 189i. p. IJt-137 et pi. xii). — '• Plin. Hisl. nat. III, 20. — 8 Strab. IV, 7. — sSlrab. V, 11. — "> N.-M. Nicolaï, De boMificamenli dette Terre Ponline tibri IV, Rome. {' 1800. — il Oc Prou;, Dcscript. hydrographique et historique des Marais Pontins. Paris, IS2i.
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ment de ce siècle était mis à exécution. Cet ancien golfe, dépourvu de pente, extrêmement bas, puisque des points situés à 13 kilomètres de la mer n'ont que t.)'^,'M d'altitude, est borné, au nord, parles monts Lepini et Ausoniens; à l'ouest par les coteaux de tuf des campagnes Véliternes; au sud par une solide dune, large de 6 à
10 kilomètres, et maintenant couverte d'une forêt; à l'est par un cordon littoral. Il reçoit deux ensembles d'eaux : les eaux supérieures, représentées principalement par la Teppia [Tepula?) et la Ninfa {IS'ijmphneits) ; les eaux inférieures, représentées particulièrement parl'Ufens, l'Amasenus et leurs aftluents. Sauf la Toppia, qui vient des coteaux Véliternes, et l'Amaseno, qui a un long cours dans une vallée sinueuse des Lepini, tous ces courants sont clairs, sans troubles, et ne colmatent pas; ils naissent au pied des monts, et bien d'autres sources avec eux, à l'état de lleuves tout gros : ils viennent en effet, par infiltration ou par cours souterrain, de bassins supérieurs, à travers les montagnes. Les dépressions sont de vastes tourbières, la partie supérieure garnie de débris végétaux, l'inférieure infiltrée par des sources minérales, qui y créent des concrétions dures appelées i< tartaro ».
11 est donc évident que, du jour oii la mer a été séparée de ce bassin, il a tendu à ne former qu'un marais ; et jamais il n'a été cultivable, et surtout liahilable, que maintenu, à force de soins, dans un état arliliciel. Or, au commencement de l'histoire, on voit la population y être dense ; vingt-trois villes au moins y sont signalées', les auteurs ne parlent jamais de marais, mais d'un ager que Rome envie, conquiert, colonise même en partie-. Il est certain que la dune, les coteaux et les portions fermes de la <c palude » étaient alors occupées, défendues contre la fièvre et l'inondation.
La Via Appia, créée en 312 ^ trouva le pays détérioré : les guerres séculaires avaient détruit les peuples, les ouvrages avaient disparu, le marécage était vainqueur, la solitude se faisait. En 160, VEpilome de Tile-Live • place un dessèchement par M. Cornélius Celhegus, consul. Mais ce travail n'empêcha pas que le mal continuât, et, pendant toute la République, personne n'y porta plus remède. On se bornait à défendre la route, dont le trajet, pendant les 19 milles de marais entre le Forum d'Appius et le Fanum de Féronie, avait un régime à part et un nom spécial, le Decennoviuni'^ . César, parmi ses grands projeis, avait mis le dessèchement"; mais les empereurs se bornèrent, eux aussi, à défendre la voie contre l'envahissement des marais, dont l'état empira pendant près de dix siècles. Sous le règne de Théodoric, le patrico Décius, chargé de creuser ou refaire des canaux pour la préservation de l'Appia, forma une compagnie' pour entreprendre le dessèchement des marais, fnvearum are pulefailn pnimlsit ribsorbrrr. Mais il estdiflicile, parmi les grandes œuvres antiques qu'on relève dans le pays, de découvrir ce qui peut lui appartenir.
Aujourd'hui, l'évacuation des eaux se fait par une bouche unique, le canal de Badino, moyennant un collecteur unique, la Linea Pia, tranch(';e latérale à la Voie Ap[)i(uine, (jui reçoit: à Foro Appio, la Cavata, dans la(]uellc vient la ÎNinfa; au Ponte Maggiore, rUffentc et l'Amaseno;
1 l'Iill. //ht. iint. ni, b. - 2 Liv. I, 53; II, 0, 34 ; IV, 25; VI, 5. 6, 21 ; lliolljs. 111, iiO; V, 21.; vu, 1, l!i; Fcslus.M. Millier, p. 5). — ■! I,Lv. IX, 28. — 4 Uv. lipil. XLiri. — IJ Voir Corp. inscr. lat. l. X, Via Appia ; l.ii ItlanchCre, Terracine, essai d'hist. locale, Paris, 1883. p. 100-191. —C Sud. Caes. it. On a priili; une lentalivc de
près de Badino, par le long canal du Fiume Sisto, la Teppia et le tribut des eaux de la dune ; et, tout le long de son chemin, les eaux des marais de droite et de gauche par des fossés creusés de mille en mille. De ces éléments divers, les uns n'agissent ([u'imparfailement, les autres n'agissent pas du tout.
Les anciens avaient procédé autrement: les canaux qui remontent à leur temps, la place et la disposition des ponts de l'Appia le démontrent. Us divisèrent les deux masses d'eaux. Sur la dune se voient encore deux monumentales tranchées qu'ils chargèrent d'évacuer les eaux supérieures. L'une, le Gorgo Lecino, faite manifestement pour emmener la Teppia et le Fosso di Cisterna, n'a probablement pas abouti. L'autre, le Rio Martino, est un des plus étonnants travaux que l'antiquité ait laissés. Profonde parfois de 30 mètres, elle traverse la dune, sur 0 à 7 kilomôlres, du Passo San Donato aux Archi di San Donato, où se trouvaient les Clostra Bomana ; elle y amenait le Nymphaeus", grossi de la Teppia et de la plupart des eaux supérieures. Il est probable que les parties les plus basses de la plaine, ce qu'on appelle aujourd'hui Pescinara, Campi Setini, Pantano délie Canneto, étaient laissées à l'état de lacs, de grands étangs ou de marais circonscrits, bien séparés des terrains secs. Les eaux courantes étaient conduites sur la lisière du bassin, au nord par l'Ufens, le long des monts, au sud, le long de la dune, par un canal correspondant en quelque manière au Fiume Sisto, et dont on a retrouvé une partie. Ce dernier débouchait à la mer entre Circeii et Badino. L'Ufens allait rejoindre les eaux inférieures, c'est-à-dire l'Amasenus et la Scaravazza, à peu près de même qu'aujourd'hui, et leur commune embouchure était déjà vers Badino, où elle fut rouverte au xvi° siècle.
Lorsque l'Appia fut créée, elle coupa droit tout ce système : trois ponts au Tripontium (Tor Treponti) laissèrent passer le Nymphaeus et ses tributaires, un autre au Forum Appii la Cavata, un autre au mille LU l'Ufens, le Ponte Maggiore l'Amasenus, le Ponte Alto la Scaravazza. Il est probable toutefois que cette espèce de digue au milieu des marais gêna l'écoulement; et peut-être le dessèchement de Céthégus consista-t-il à y remédier en curant les canaux, et en changeant le fossé de la route en une ligne d'eau importante. Ce canal latéral, dont la Linea Pia n'est qu'une réfection, dura pendant toute l'anliquité, et devint une des grandes voies de l'Fmpire. La route étant sans cesse gâtée et enfoncée, sur ce mauvais terrain, c'est lui qui fut le vrai agent de communication; Horace s'en servit dans son voyage à Brindes '. ( )n y allait à la cordelle ; il y avait trois gares : Ad Forum Appii, départ; Ad Médias (paludes), relai; Ad Fanum Frroniae, terminus'". Quels furent exactement, au vi" siècle, les travaux de Décius? On peut se délier des phirimi a[cri(jii> anli; non qu'il se vante d'avoir ouverts". Peut-être le Fosso di Carrara, qui jelail \v canal d(^ droite dans l'émissaire commun, elle Fiumicello di Terracina, (|ui débouchait au fond du port de Terracine, en sont-ils? Kn ce cas leur action fui pou de temps utile, et, par la suite, pluliit nuisible.