II. Lf fronteau [ampyx, frontale
in. La sous-gorge (ysyieiciax-rif)'''. — Sous l'empire, certains chevaux de course, que leurs maîtres harnachaient avec un soin particulier, portaient pendue à la sous-gorge
1 Claudian. E/iirjr. I, 5, 10, 15, 10. ~ 2 Noi-I des Vergers, IKtiurie, t. 1. p. 157; Alex. Berlrami Archêol. celt. et ,jaitL 2" éJ. p. m, 223 (mors de Moeriiigen et de Vaudre\ anges) ; Go//adini, JUors de cheval italiques; Des Ormeaux. Rev. arch. 3» série, t. XI (1888) p. 52, etc.. — 3 Liv. IV, 33, Vril, 30, XI., M; Aur. Vict. De xiir. ill. 10; Florus, I, 5 (11)3; Kroiiliii. Slralai/. II. 8-3. Weissenborn, ad I.iv. IV, 33, pense (lu'on se conteutaîl de conduire avec le filet. Cette explication n'est pas admissible ; les Momains, à l'époque dont il est question, ne connaissaient pas d'autre mors que le lilel, — V Suid. 'imto;. — " Desultores sans bride, Bartoli et Bellori, Litct'rnne Si'ptilc/ir. 24 ; Monltaucon, Ant. ej:pliquée, Suppl. t. IV, pi. xxiv et xxvi ; .Morclli, rAfsaiii-. I, p. 24 et 264; II, p. 458; Gori, Thés, ili/it. Il, tab. xni. — » Xenopb. De iv ei/n. III, 2, V, l.VI, 7; Pollux, I, 147. — 1 Voy. plus loin, lig. 328'J, 3293, 32U6, v. aussi Euuis. p. 804, lig. 2762 et Aniich. d'Eicolano, t. IV, vign. de la p. 89. —» Xcnopli. De re equ. 111. 2. — * Paul. Diac. p. 22 : « Aureas dicebant frenos quitus equoi'Um aures retiyautur, oreae quo ara eoercetianlur. » Sauniaise, ad Vopisc. Caritt. 19, pivtend qu'il y a ici une confusion avec l'oi-co (l'cmboucbure, v. p. 1337, noie 7) ; mais la distinction est établie en termes trop précis pour qu'on puisse croire à une erreur. Du reste aurea est cncoreeniployédans d'autres lexles plus récents. Du Cange, Oloss. nied.etinf. lai,
une sorte de gland ou de plumeau, comme on en voit dans les pays du Midi, et qui, secoué fréquemment par l'animal, avait sans doute pour utilité d'écarter les mouches de sa tête et de son cou'*.
IV. Les /)Orln-i/iors ou montants de la bride (•Tïaç.YÎVa, TTapaYvaOtSeç, ■KXGy'/ahioiixj. — Paire de courroies qui relie la têtière aux di'ux extrémités du mors. Au temps dllomère cette partie de la bride, dans les harnais des riches, était ornée de morc(>aux d'ivoire colorés de pourpre; il vanl(! les belles pièces de ce genre venant de la Lydie et de la Carie, où elles étaient fabriquées par des femmes''. Pollux"^ donne le nom de 7:ap-/-'iov à une pièce d'armure que les cavaliers de la Bactriane fixaient aux montants de la bride lorsqu'ils allaient au combat. Celle que reproduit la figure 3282 est en or; elle a été trouvée dans un tombeau de la Russie méridionale '''. C'est aussi aux montants de la bride que devaient s'attacher les œillères de cuir (Ttaptô-ta, àvOTiXta") qui empêchent le cheval de voir de côté; certains peuples d'Orient en faisaient en métal pour leurs montures de guerre". Les animaux, qu'on employait à tourner la meule ou à accomplir toute autre besogne en suivant une piste circulaire, avaient générale-
Fig. 3282. — Uoutant de bride.
Fig. 3283. — Cheval portant le bande:.u.
ment les yeux couverts par des lunettes '"'ou par un bandeau d'étoffe posé en travers de la figure (lig. 3283)-' : c'est ce qu'on appelait operhnentum oculorum--.
s. c. — '0 Xenopb. ùe re equ. V, 1. — tl V. ciRcns. fig. 1520, 1530. 1536, co:tsct, lig. 1907, COSTOR.MATI, fig. 1921, CURROS, fig. 2227, E^ciTicH. fig. 2751. — 12 Hesych .•!. V.; Poil. I, 185. - 13 Poil. I, 147. — I* V. KatmcM, fig. 2751. — 15 Hom. //. IV. 142 et Eust. ad. A. /. ; v. aussi Eust. p. 67, p. 601, 10, p. 910, 31. p. 1324, 39; Hesycb. Suid. eâXa^a ; Phol. p. 638, 2 ; Ëtym. M. x. v. r«sr,tovj et sa'Aai. Des lanvelles d'ivoire coloré, qui ont pu servir de montants de bride, ont été retrouvées à Troie par Scblieniauu. Jlios. p. 476 et 631. Débris de mors avec ses montaaU de bride, Carapanos, Dodûnr et ses ruines, pi. lu, 7. Sur l'emploi de la |>etnture dans la décoration des harnais, v. Xenoph. Hellen. Ill, 4, 17, IV, 1, 39 : Otf. Mueller. Handbueh, S 73, 3 [pBAr era]. — 16 Poil. I, 140. — l" Kondakof et Tolstoï. Antiqu. de la Iliufie mérid. (éd. Reinach) fig. 242. Une autre plus barbare, en argeul. Ibid. fig. 234. — la Poil. I, 140, II, 53, X, 54; Eust. ad Hom. p. 914, 45, p. 1562. 10; Phol. Hesycb. Suid. s. 0. — 19 Poil. I, 140. — M Bas-relief du musée ChiaranioDii. Pistolesi. Valic. descr, IV, 16; Jahn, Berichte d. Sachs. Gesellsckaft der W'issensch. Phil. hist. Classe, 1861, p. 343; Blumner, Technologie der Geweràe und KOnste bet deu Gr. u. /t. p. 36 cl 4^1. fig. 6. — SI Apul. Met. XI. II. p. 221 ; BlnmDer dans l'Jri-haeol. Zeit. 1877, pi. tu, 2, p. 55: «ce. arckéol. 1892, I, p. 330, fig. 2 el p. 331, notes 2 à 5.-33 Pljn.. ffisi. ,iai, VIII, 64, 4.
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V. La muserolle {■irz-fi'JTrjiuo^', nasale^). — Courroie qui passe sur le nez et \ient s'adapter aux extrémités du mors. Elle est souvent reliée au f'ronteau par une autre courroie qui couvre le milieu du chanfrein. Si on ne mettait point de mors à l'animal, la longe [lorum] s'attachait directement à la muserolle ; on le conduisait par là lorsqu'on le menait boire, lorsqu'on le pansait, cl d'une façon génénérale lorsqu'on ne jugeait pas nécessaire d'exercer une ad ion sur sa bouche. A la place de la muserolle ou sur la muserolle elle-même le cheval pouvait encore recevoir la muselière (oopêsii, x-r,|ji.o;, capistri-m)^
VI. Le caveçon ('J/âJaDv)''. — Demi-cercle de métal posé sur le nez à la même place que la muserolle, et qui sert de frein pour conduire le cheval lorsqu'on ne lui met point de mors; cette pièce agit uniquement parla pression exercée à l'extérieur sur les narines. Chez nous, on ne s'en sert plus guère que pour maîtriser les chevaux difficiles; cependant il est communément employé par certaines populations, notamment dans le sud de l'Italie. Les textes classiques nous montrent qu'il n'était pas moins en faveur dans l'antiquité. Les auteurs ont parlé du tintement que produisait le 'j/âXiov pendant la marche»; il est facile, en effet, de comprendre qu'il devait retentir, en heurtant les anneaux de la longe et les
divers accessoires suspendus autour de la tête". On voit dans la figure 3284 un caveçon de bnmze, trouvé à Rome, qui est actuellement au musée du Capitole "; comme on peut le remarquer, il emboîtait exactement la tête, les deux tiges parallèles faisant l'office des montants de bride, et le demi-cercle de la partie supérieure faisant l'office de sous-gorge ; la longe venait s'adapter aux anneaux des angles inférieurs.
D'autres pièces semblables ont été trouvées à Pompéi*. Le musée de Vienne en possède une, moins bien conservée, qui était couverte d'émail".
VIL La sigiieite, caveçon garni de dents sur sa face interne, qui pique les narines lorsqu'on tire la longe. Arrien décrit en ces termes une siguette qui était en usage chez les Indiens et qui leur tenait lieu de tout autre moyen d'action : « Leurs chevaux, dit cet auteur, ont autour du museau une pièce faite de cuir de bœuf cru, armée en dedans de pointes (/cévtpa) de cuivre ou de fer, pas trop aiguës; les riches mettent des pointes d'ivoire. En outre le cheval a dans la bouche une espèce de broche de fer (oêcXoç)*", à laquelle sont attachées les rênes ; ainsi lorsqu'on ramène les rênes, le cheval est retenu par cette broche, etle cuir garni de pointes, qui tient
1 Etym. M. p. )39, 4, p- '789,. 31; Hcsjcb. s. i). -ÎTantov. — 2 Isid. Gloss. s. «. 3 Voy. aussi iîquus, p. 801, ng. 27GÛ. — 4 Aescli. Prom. U; Clioepli. OOi ; Eurip. Herc. fur. 380; Bhes. 27; Phoen. "92 et Schol. ad A. l. ; Aristopli. Fax, 154, et Schol. ad h. l. ; Plal. De leij. Ul, «12 A ; Xcnopli. De re equ. Vil, i : Uio Clirys. Orat. Si, t. I, p. 606 ReisUc ; l'iiit. Vil. Lyc. " ; Aciian. Aal. ailim. VI, 10 ; Hollu\. I, 148, X, 55 ; llesych. s. d. — •• Aristoph., Aul. /. c. — c J'adopte l'interprétation qu'oui dounC'C du mot 4ii/,iov P.-L. Courier et Jacobs (ail Xeuopli. /. c.) ; Kôrte, Archaeol. Zeit. t. XXXVIII, p. 179. Stcphani appliigue ci' mot aux ailes du mors, C. rendus^ de la comm. arch. de Saintl'rlersh. i8C'i, p. 180-190; opinion inconciliable surtout avec le texte de l'ollux, I. 1''é8, où le 'iwÂiov est dit « i/u -rû (jTi)[jiaTi to5 'tr.r.'nj SittpôjAEvov. » llindorf (ad Xenopli. l. C. et index), d'une façuli |>lus invraisemblable enrore. applii]ue le nom de CùÀiov à la gourmette ; .ScbcU'er l'appliiiue aux anneaux des rênes, Ginïrol à la muserolle. — '' Gozzadini, Mors iluliijues, pi. m, 10 et p. 25. Il y a au Musée du Capitolc deux autres caveçons du mi>me modi>le, trouvés dans la mime fouille. — » JUuseo Sorbonico, VIII, tav. 3i; (= Lenormaut et Krdiiou, Chefs-d'œuvre de t'arl uniii/ue, 1" sér. t. II, pi. ixxix ; Ceci, Piccoli
Fig. 3284. — Caveçon.
aussi à la même broche, agissant alors, le force d'obéir à la main". » Strabon'- etÉlien" mentionnent aussi cet aj)pareil ; le premier l'appelle cptu-ôç, le second xy,[jiôç xsvTpw- Tdç[cAPiSTRUM]. Élien ajoute que les Indiens le maniaient avec une sûreté et une adresse extraordinaires. La source commune où ont puisé ces écrivains parait avoir été le Périple rédigé par Néarque au temps d'Alexandre '*. On possède dans plusieurs collections des anneaux doubles, en bronze ou en fer, portant à leur point de contact deux, et quelquefois trois ou quatre dents proéminentes. On a longtemps pensé que les archers avaient pu se servir de ces objets pour tendre leur arc, en passant à travers les anneaux deux doigts de la main droite [argus, fig. 473]. C'est une opinion qu'il était déjà difficile de justifier par des raisons tirées de la pratique. Il semble qu'elle doive être définitivement abandonnée depuis qu'on a signalé des exemplaires auxquels adhèrent encore des fragments de chaînes passés dans les anneaux. La figure 3285 en reproduit un ijui a été
Fig. 3285. — Siguette.
trouvé à Rome et qui y est aujourd'hui conservé dans une collection particulière. Un autre (fig. 3286) provient
Fig. 3280. — Siguette.
des environs de Vérone '■'. On a soutenu récemment avec beaucoup de vraisemblance que ces anneaux n'étaient autre chose que des siguettes. Arrien remarque, en parlant de la siguette des Indiens, qu'ils « ne brident pas leurs chevaux de la même manière que les Grecs et les Celtes »; mais il veut faire entendre par là qu'ils ignorent l'usage du mors brisé, et qu'ils se servent exclusivement de la siguette; il ne prétend pas que cette
bronzi del Mn-ieo di Nupoti, pi. vu, 40 et 47). — 9 Von Sacken, Ueber einige roe/msche Meiall iind Eîtiail Arbeiteii, dans les Jahrb. à. Kunslhisl. Samml. zn Wien, t. I (1883), p. 47; v. .lussi Gaylus, Rec. d'anliq. t. I, pi. xr.vi, 5 et t. VII, j.l. i.xu, IV. Autres caveçons un peu dilTérenls et d'une époque plus reculée : Scblieluann, Ilios, |>. 075, n" 1425 ; Gross, Résultats des recherches daus les lacs de la .Suisse occidentale, pi. xv, n" 1 ; Sitz. Herie/ite d. Berlin. Gesellseh. fur AnthropoL u. Kthnolng. 17 mars 1875. — '0 C'est ce que Xc'iioplion, lie re equ. X, 8 et l'ollux. 1, 207, appellent ôCt'AÎflxo^, c'est-à-dire un mors tout droit composé d'un canon unique, sans brisure, ni accessoires d'aucune sorte. — o ..^rrian. ludica. XVI, 10 ; Xcn. De re equ.\. 9, traduction de l'.-L. Courier. — '2 Strab. XV, 00, p. 710, p,issagc Iri^s altéré et difficile ;i rétablir sous une forme satisfaisante. V. Jacobs ad Xen. De re equ. V, 3, et Scblieben, p. 141, note 853.— il Aelian. llisl. an. XIII, 9. — H U'aprés Slrab. ;. c. ; cf. llegasthenis Fruym. éd. ScliHanbcck, p. 127, note 39. — IS Sli-obel, dans le liullettino di palelnologia ilaliaua de l'arme, t. XIV (1888), p. 92, tuv. xrr, 1, t. XV (l.ssa), p. Il, tav. n, 2. Ce savant donne le catalogue des objets semblables qui lui sont connus. V. aussi Scbumaclier, Grossherzogt. Summlung zu Karlsruhe, Bronzcn, n" 790, 791.
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sorte de hiide leur fiU paiiiculière. C'est ainsi sans doute qu'il faut interpréter aussi Strabon et Élien, ou plutôt le voyageur grec, dont ils reproduisent comme Arrien le témoignage. Kn effet on cite certaines populations, dans les vallées des Alpes et des Pyrénées, qui, au commencomeiit de ce siècle, en étaient au même [joint que les Indiens du temps d'Alexandre : ils ne connaissaient pas d'autre frein que la siguelte pour conduire les bêtes de siinime et de trait dans les étroits sonlii'rs de leurs montagnes, et cet appareil, après tout, n'est pas plus cruel que le mors décrit par Xénophon '. 11 est donc fort possible (jue les anneaux à pointes retrouvés on Italie et en Gaule aient été adaptés à des brides de cbeval ou de mulet. Il resterait encore à savoir sur ((uelle partie de la tète ils portaient; on a supposé qu'ils avaient drt être posés sur le chanfrein ou sur les côtés du ne/,; d'autres considèrent comme plus probable qu'on les attachait sous la barbe, entre les d(;ux maxillaires inférieurs, à la place qu'occupe d'ordinaire la gourmette. De toute façon, si on ne se trompe pas sur la véritable destination de ces objets, ils devaient être fixés autour de la bouche au moyen de la chaîne dont on a retrouvé les débris, et une secousse imprimée par la longe suffisait à faire agir les pointes tournées en dedans du côté de la peau.