‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines, d'après les textes et les monuments (volume 5)Chapitre 49 sur 104 · VIII. La gourmette (û-o/aÀivioia)-, courroie, tige ou · texte numérisé non relu

VIII. La gourmette (û-o/aÀivioia)-, courroie, tige ou

chaînette en métal, qui assujettit le mors en passant sous la barbe du cheval. La figure 3287 reproduit un mors en bronze trouvé à Pompéi, qui est encore muni de sa gourmette ' .

IX. Le mors. — Le mors proprement dit est souvent désigné par le terme le plus général /-A'mi;, frenum. Mais, si on voulait désigner d'une façon précise, en l'opposant aux autres parties de la bride, la pièce que nous appelons Vembouchure, on se servait des mots ito'ja'.ov ', çTou-iç^, ÛTto(rTO[ji.'.ov ", orea'' . Les mors antiques, si on n'en considère que la partie essentielle, peuvent être ramenés à deux types principaux :

1" Mors à barre unique d'une seule pièce (lig. 3288)'; 2° Mors brisé à deux canons (âçovsç)'-'. Ce modèle est celui auquel se rapportent la grande majorité des mors antiques (jue nous possédons'". Quelquefois les boucles (ijuiiêoXotO ", <]ui forment le /)// des canons, au lieu d'être engagées l'une dans l'autre, étaient réunies par un anneau

' V. surtoul |ilus bas, lei fig. 3201. — 2 Xc-iiopli. A; re fiiit. Vil, 1 ; rolluv, I. illi.

— -t Go£<a<liiii, Mors italiques, tav. m, i et -i. — '• ilerodot. I, 21;j, IV, 7i; .-Voscli. Prom. 286 cl IIIO'J ; Arj. 133; Soph. ÏVac-/i. Ii6l et .'^chol. ad h. I.; El. 1162; Eur. El. n'i-Hipp. \îii;\c-n.l)erei'qn. VI, 7, 9,X, 7, H, 16; Pollux.I, 21!, Il, Uni. X, 56.

— iPonux,X,30;i:t!m.M;.VoM.XXII, 23; Lucil. Salir, rel. lili. XV, fr. VI (éd. L. Mueller). — 6 pollui, I, l»i. M, 100, X, S6. — ^ Nacv. Corn. 20 ; Tiliii. Coin. 119 ; Fost. p. 182 b, 23; Cato, OnV/. 3 ; Paul, ex Kcsl. p. 183-8 et 8-12; Plaeiil. Gfoss. 73, 18. — 8Piranesi, \asi, candelabri, pi. xiii : Ginzrot. t. 11. laf. lix H et p. 216; Archaeologia i\c Lomlics, l. XI. Il, pi. xxx, p. 487; Sclilieniaiin, //lus. p. 7T3, fig. 1531 de la Irad. rraiiç, 1S8C; Uolierl, Calai, du Musée irarlillerie. t. 1, p. 140, E, 53; Gozzadiui, (av. I, 3, 11, II, 11. Les exemplaires di^crits et reproduits par ce savant sont pour la plupart de fabrication élrusipie ou celtique, mais construits d'aprt^s le môme principe ([ue les mors desGrecs et des Romains, .\rrien, /nt/icrt, .XVI, 10, têinoigne formellement que les Celles bridaient leurs clic%aux comme les Grecs. Sur ces rapprochements entre les mors des dilTérents peuples de l'anliiiuité, v. Rev. archéol. Mouv. si!r. t. XI (1888), p. 32. La lîg. 37SS reproduit d'après VArchacolO'jia, l. c. un

Fig. 3287. — Mors avec gourmcUe.

intermédiaire '-, et même deux ou trois anneaux pouvaient être suspendus en cet endroit; Xénophon les

Fig. 32S9. — .Mors à plaque.

Fig, 3288. — Mors à barro saus brisure.

appelli; simplmiicnt o: /.'x-x [xlivi i/.-ôr/ à;civ(.)v Zx/.r'jho:'^. On leur donne ailleurs le nom de TtaXt^TT-iix'*. Ils avaient l'avantage d'occuper sans cesse le cheval, de telle sorte ((u'ils lui tenaient la bouche fraîche et lui ôtaient l'envie de saisir le mors avec les dents.

Il y a dans le mors antique deux pièces tout à fait dignes de remarque, ce sont celles que nous appelons aujourd'hui, dans le mors de biidon, lesa(7es; on entend par là les deux tiges de métal qui, placées en dehors de la bouche, aux deux coins dos lèvres, maintiennent l'embouchure en place et l'empêchent de glisser de druite à gauche ou de gauche à droite.

Ces ailes sont représentées sur un grand nombre de monuments antiques et les mors que l'on retrouve dans les fouilles en sont souvent pourvus. Elles affectent une très grande variété de formes''. C'est tantôt une tige mince et droite fplus loin,

fig. 3291,3292), tantôt une plaque ajourée (fig. 3289) '% tantôt un cercle orné de rayons et tantôt un triangle; quelquefois l'aile est courbée en demi-cercle, ou en forme d'S ; d'autres sont plus compliquées, elles imitent la silhouette d'un cheval ou d'autres animaux, et sont munies d'appendices destinés à résonner pendant la marche. Mais en général toutes ces pièces sont de dimensions beaucoup plus grandes que les ailes de notre mors de bridon; souvent elles s'élèvent même au-dessus des naseaux; aussi sont-elles très apparentes sur les monuments.

Dans quelques mors la surface de l'embouchure est complètement lisse ; dans d'autres, au contraire, le métal a été tordu de façon à former une spirale, qui par ses arêtes rendait les canons un peu plus durs à la bouche

mors trouvé à Préuesle. — 3 Xen. De re equ. .X, *J et 10. — lOCaylus, Ilec. tTantiq. t. II, pi. ciini, 2, p. -toi ; Inveruiiii, p. I, et pi. I, n« I ; Giutrol, I. il, pi. i.iiiti, 4, o, 6 (tous les autres mors représentés par cet auteur, pi. r.\xi, 6 à 11, ix\\\ 6 à II, sont de pure fantaisie. Celui qu'on voit pi. Lxxi, 9. est composé de pièces rapportées, d'.iprès .Montfaucou, .Uil.cipl. suppl. I. IV, p. 21 et pi. su, 2), Goizadiai. pi. i, I, 4, 10, pi. Il, 6. 7. 15. pi. III, 2, 4, 6, II, 14; Lindeuschmidt. .Vlertli. uns. keidn. Yorzeil, II, lleft .\, laf. 3, n" I cl 3, laf. 5, n" 1, 5, 9; Robert Catal. du Musée d'artillerie, p. 108 C, 76, p. 140 E, 54, 55, 56, 57 ; S. Keinach, C<i/o/. sommaire du .Vusée de Saint-Germain, p. 110 (romains) ; cf. Ibid. p. 86, 96, 139, 142, 155, 164. 170, 171, 187 (gaulois): Schumacher, O. l. w 789, laf. xvi, 17; Archaeologia de Londres, l. X, p. 113, XIV, p. 92, XLI, p. 419; Bull. deW Jslit. di corr. areh. di /loma, 1877, p. 39; Notizie degli scni, 1887, p. 131. — " Xen. De re rgu. X, 10; Pollui, I, 208. — lî Goiiadini. lav. m, 14. — 13 Xen. De re equ. X, 9. — l» Geopon. XVI, I, II. — 15 Slcphani. C. rendus de la eomm. arcA. deSaint- Pétersb. pour 1865, p. 188. a catalogué les principales; mais il leur donne à lort le nom de ii)...ov, p. 1336 noie 6, — 16 J/oimm. de l'InsU, VIU (1867), pi. iut.

FRE

FRE

de labéte. Mais on avait imaginé d'autres moyens encore pour augmenter la puissance d'action de l'appareil. Voici les conseils que donne Xénophon : <( Il faut avoir deux mors, l'un desquels soit doux (ÀsToç), ayant ses rouelles (rpo/ot) d'une bonne grandeur ; l'autre dur(Tpa/ijç) avec des rouelles petites et plates, des hérissons (Èyïvoi) aigus, afin que le cheval qu'on aura bridé avec celui-ci, le haïssant à cause de son àprelé, le quitte volontiers pour prendre le premier, dont, par ce changement, la douceur lui fera plus de plaisir, et qu'il exécute avec ce mors doux tout ce qu'on lui aura appris avec l'autre ; que si méprisant la douceur de la première embouchure il cherche à s'en faire un appui et pèse fréquemment à la main, c'est pour cela que nous avons mis au mors doux de grandes rouelles, afin que, forcé par elles à ouvrir la bouche, il se dessaisisse du canon ; l'on peut d'ailleurs faire d'un mors dur ce que l'on voudra et par la légèreté de la main le modifier à tous les degrés. » Xénophon recommande ensuite que le mors, à quelque catégorie qu'il appartienne, soit toujours coulant (ÛYpôç ) : « Car celui qui est rude (c-xXYipoç), par quelque endroit que le cheval le saisisse, il le tient (comme une broche de fer, par quelque point qu'on la prenne, on la fixe tout entière) ; mais l'autre fait l'effet d'une chaîne, dont la partie seule que l'on tient est fixe ; le reste fléchit et demeure pendant. Ainsi le cheval, cherchant toujours à saisir ce qui lui échappe, lâche la partie qu'il tient et ne se rend jamais maître du mors. » C'est pour oiUenir ce résultat qu'on suspendait au pli des canons les anneaux dont il a déjà été question. « Si l'on demande maintenant ce qui fait qu'un mors est cimlant ou rude, nous expliquerons encore cela. Il est coulant lorsque les brisures et les canons qui s'emboîtent l'un dans l'autre jouent librement et que toutes les pièces que traversent les canons ne sont ni serrées, ni gênées dans leurs mouvements; quand au contraire toutes ces pièces roulent et jouent difficilement, alors le mors est rude; mais, quel qu'il soit, la manière de s'en servir sera toujours la même '. » Il y a dans ce passage deux mots techniques sur lesquels s'est porté principalement l'effort des commentateurs. Par « les pièces que traversent les canons » 'TTttVTx ôitoîx ■KioixifieTOL'. :r£p'[ TO'Jç âçovxç) Xénophon entend évidemment celles-là mêmes qu'il a désignées plus haut sous les noms de xpo/o; et d'â/îvo'.. Les premières, qu'il attribue même au mors doux, étaient des rouelles placées au nombre de deux à l'intérieur de la bouche, une de chaque côté, entre les barres et la langue. Comme l'explique P.-L. Courier, " leur fonction était d'empêcher que le cheval ne pût fermer entièrement la bouche ni saisir le mors ; et c'est une chose à remarquer que, dans beaucoup de figures équestres qui nous restent de l'antiquité, le cheval a la bouche ouverte-. U pouvait bien fermiîr les lèvres et joindre

1 Xen. De re egu. X, 6, IraducUou de l'.-L. Courier. Sur le mors en général, V. cQcorc Xon. Hipparch. Vlll, 4; Ue re equ. III, i, VI, 7, VII, 1, IX, 9 ; Pollui, I 207-208. en répétant ces recommandations, ne fait que résumer le texte de Xénophon. Dans le livre X, 56, il appelle naAaxf;; le mors coulant. — 2 Exemples : les statues é(|uestres des Balbus, Museo Horbonico, II, tav. 38 et 39; celle dite d'Alexandre, Bronzi d'Ercoiano, t. Il, p. 239-2ii, tav. lxui-lxiv ; celle de Marc- Aurèle au Capitole; Kiglielti, Il Canipifhfftio, tav. 38.1; les chevaux de l'église de Saint-Marc à Venise. Zanetli, Slalui: neW antisain ili San Marco, t, I, tav. 43-46; un cheval bridé, statue de bronze au Musée de Nai>les, Bronzi rl'Ercolano, t. II, p. 2i7-i49, tav. i.xv, p. 253, tav. lxvi ; létcs de chevaux en bronze, Ibkl. t. I, p. 89... Il faut y joindre un nombre considérable de bas-reliefs, à commencer par les chevaux de la frise et des frontons' du Parlhénon, Vo; . p. 737, lig. 2719 ; p. 798, fig. 2735. Courier dit « dans toutes les figures équestres ■■. C'est pcut-ôlre généra-

Mors garni d'olives.

même les pinces, mais non serrer les mâchoires )>. Les i/Xvoi, comme il résulte du texte même de Xénophon, étaient propres au mors dur. Mais quelle en était exactement la forme? Le mol est évidemment employé par métaphore et il est naturel de penser que ces hérissons, quoi qu'en ail dit Courier, étaient des cylindres hérissés de pointes, qui pouvaient tourner autour de l'axe des canons. PoUux distingue dans le mors deux parties : l'axe du milieu, qu'il appelle y|Viov, et les accessoires placés autour, que le cheval faisait rouler avec sa langue; ce pouvaient être des cylindres (oa/.- TiiXtot), ou des olives de métal poli (fig. 3290) ^ mais d'autres étaient garnis de pointes sur toute leur surface (ê/ïvoi) ; on en faisait aussi qui n'avaient que trois pointes (tpt- SoXo!) '*. Enfin Pollux a connu un système, où les rouelles et les hérissons, que Xénophon distingue, ne formaient qu'une seule et même pièce; ou plutôt il appelle rouelles à dénis de scie (xûv ûtkxttojji.hijv tx ^repicpEpii zaï TpiovwTÔc xpo/oî)" ce qu'il a dans un autre passage désigné sous le nom de hérisson. L'n mors en bronze de la collection Carapanos, qui n'est connu que depuis peu, semble devoir fixer une fois pour toutes les idées des savants sur un sujet qui a soulevé beaucoup de controverses 'fig. 3:291) ". U a été trouvé en Grèce et c'est certainement un des exemplaires les plus curieux et les mieux conservés qui aient été signales jusqu'ici.

On remarquera d'abord les deux grandes ailes qui arrêtaient le mors au coin des lèvres; chacune de ces pièces est munie de deux anneaux, où venaient s'attacher les montants de la bride ; ils devaient donc

nécessairement être bifurques, comme on le voit sur un grand nombre de monuments figurés; cette disposition du reste se retrouve dans d'autres mors déjà connus ''. .\ l'embouchure sont adaptés deux crochets recourbés, qui devaient recevoir l'extrémité des rênes [habenae] ; ils tiennent lieu des anneaux (SaxxûXioc), qui servaient plus ordinairement à cet usage*. Le mors est brisé; de chaque côté du pli, on peut voir les rouelles dont parle Xénophon ; mais ici elles sont singulièrement coupantes, et l'on se demande comment un cheval a jamais pu endurer, sans

liser beaucoup; nous possédons aujourd'hui dans nos musées des mors (jui n'ont ni rouelles, ni accessoires d'aucune sorte ; c'est même la majorité. Il est difficile do croire que les sculpteurs anciens aient pris modèle uiiiquemeut sur des chevaux bridés avec les autres mors. — 3 Ceci, Piceoli bronzi dul Museo di Napoli, tav. vu, 44. — * Pollux, I, 148 : to-J -/«^ivoù tî> h=./ ^if^-' r.-yiov. (il faut avouer que re mot est un peu inattendu ; Courier a proposé de lire çtôiju^v) Ta Si nsp'. «.jto S«nTi>toi, i/tv.)-.. TjtSoAot, o'j; ;*a9«Tat ô ;-t:o;. Cf. I, 18-1, -ùt-t 'i-OT:o[ituv ta xoTXa l/Tvoi ; Hcsych. T5:?o>.o: àxàvOTj; itSo;, &Oev y»'. Ti T-sT; trnîot; tv toY; /«Aivot; l^xAi^i-^ff. — 5 Pollui, 1, 184: Aristoph. Anagyr. <TT(>|xta îtptovcoTK dans Pollux, X, 56. Mors oii les dents sont semées à même sur les canons, sans pièces mobiles, liev. arch, 3* sér. t. XI (1888), p. 39 ; Bull, de corr. Iiell. I89U, p. 377, v. ici, fig. 3292. — « Bull, de corr. /tell. 1890, p. 386. — 7 V. Jtev. archcol. 3" .sér. t. XI (1888), p. 52. — 8 Poil. 1, 147.

■ Mors à rouelles et hérissons.

FRE

FRE

Fip;. ;J202. — Mors ft !n'i-issons.

avoir la bouche ensanglantée, un appareil ainsi construit. Enlin les canons sont recouverts par des hérissons mobiles autour de l'axe, qui portaient sur les

barres de l'animal. Un autre mors (lig. 32'J^)', trouvé sur l'Acropole d'Athènes, oITre unedisposition analogue; seulement ici les rouelles sontabscmtes. Cet objet a été recueilli dans les ruines des temples de 1 époque archaïque, antérieurs au Parthénon ; il est probable qu'il y avait été déposé à titre d'ex-voto : c'est ainsi qui; Cimon, avant Salamine, fit offrande d'un mors à Athéna-. En 1873, on a trouvé sur les bords de la mer Noire, dans une tombe qui doit dater du iV siècle av. J.-C, diverses pièces de harnais, parmi lesquelles plusieurs mors, les uns en ier, les autres en bronze, et quelquesuns composés en partie du premier métal, en partie

du second K Ils ressemblent beaucoup au mors de l'Acropole d'Athènes ; mais ils ont ceci de particulier qu'à chaque extrémité de l'embouchure ils sont pourvus d'une grifïe à quatre dents, perpendiculaire à l'axe des canons (fig. 3293)'".

Stephani voyait là des TiîêoXoi; mais il faut chercher un autre nom pour cette pièce: d'abord elle forme quatre pointes, et non trois; ensuite^, la position qu'elle occupe par rapport à l'axe ne correspond pas du tout à la description de PoUux et ne permet pas de supposer qu'elle ait été faite pour exercer une action sur les barres. Elle devait être placée, non pas en dedans de la bouche du cheval, mais en dehors, de fayon qu'elle accentuait l'indication donnée par les rênes, en piquant la lèvre extérieurement, soit à droite, soit à gauche, suivant que l'un ou l'autre canon était tiré en arrière par la main du conducteur. C'était une aide utile dans les voltes, surtout pour le cavalier armé, qui était obligé de diriger sa monture avec une seule main.

Les Grecs ont appelé £/t'/|VY| ou iyy^^iti. le mors dur, pourvu de hérissons; on s'en servait communément dans les troupes de cavalerie". A l'époque romaine apparaît une nouvelle désignation, celle de frcniun liipaliint ;

I Hull. lie coït. Iiell. 1890, p. 377. — 2 l'iul. Viln Cimon. 5 ; v. l'arl. doxaria, note lt»9 K. — 3 stcpliani, Comptes rendus de la commiss. arch. de Saint- Pétersb. pour 1870, p. lïS, n" 56 et p. i3i à 137. — i Ibid. p. 132, n« 33. — E KOilc, Archaeul. Zeii. t. XXXVIII (1880), p. 179. — 6 'EtiTjv, orf.TiuT.xi, Ilutl. de corr. hell. IS'Jl, p. 160, 1. 123 (:m 279 av. J.-C); cf. Corp. inscr. atl. Il, 652. t. 23 (au 398 av. J.-C). C'est aussi ce qu'on doit conclure de Xen. De re etju. — 7 Sevv. ad Virg. Georg. III, 208 ; Lupatis frenis asj}errimis. Dicta tupata a titpinis dentibus, qui inaequales sunt, nnde etiam eorum morsns vehemenler obt'sl. V. Viig. (. c. et Am. VI, 397; Hor. Odes. 1, 8. 5; Ovid. Am.

1, 2, 15; Trisl. IV, 6, 4; l.ucan. Phnrs. IV, 75,S ; Slat. Theb. IV, 730, VI, 303 ; AMIl. I, 281; Mari. I, 105; Sil. lUilic. III, 701 ; Claudiau. i'/iisr. XXIll, 2, XXXVil,

2, In /lufin. 351; IJuart. cous. Uonor. 561; In Prob. et Olyb. cons. 82; (iin7.rot. t. Il (p. 432), a tort de contester l'étymologic donntV' par Servius, d'autant plus (juc celle tpi'il v substitue est tout à fait invraisemblable. Il est à noter

Fi!;. 3293. — Mors i griffes.

on a dit aussi tout court lupntum, et même lupus''. Il n'est pas douteux que cette métaphore, difiérenle de celle qu'employaient primitivement les Grecs, s'appliquât exactement au même objet, c'est-à-dire à un mors dur, le /xl'.v'oz rsa/ûç de Xénophon {frenum asperiusf. A leur tour les Grecs de l'Empire ont par imitation pris le mot Xijy.o; dans ce sens spécial du latin lupus''.

Tous les mors que nous venons de passer en revue, agissaient sans exception de la même manière : c'étaient ce que nous appelons des mors de bridon ou des mors de filet. Ils ne pouvaient imprimer à la bouclie du cheval ((u'un simple mouvement de traction d'avant en arrière. Les ailes même les plus longues, dans les mors que nous avons conservés, sont indépendantes de l'embouchure qui les traverse de part en part, et elles n'obéissent en aucune façon à l'action des rênes. Tout différent est le mécanisme du mors de bride, dont on se sert généralement aujourd'hui ; les branches, qui y sont adaptées de chaque ciMé, font corps avec l'embouchure et elle ne se meut que par leur moyen. Les rênes étant attachées à ces branches mêmes, il y a non seulement une traction d'avant en arrière, mais une pression de haut en bas exercée sur la langue, en même temps la gourmette serre par dessous la mâchoire inférieure. En un mot, les branches opèrent à la façon d'un levier, et plus elles sont longues, plus le levier a de puissance, de sorte qu'on peut augmenter la force de la pression en reculant, autant qu'il est besoin, vers l'extrémité des branches le point d'attache des rênes. Les anciens n'ontils jamais connu le mors de bride ? P.-L. Courier l'affirmait '", et on l'affirmait encore il n'y a pas longtemps. Il est certain que, sur les monuments qui datent même des premiers siècles de l'Empire, on ne voit jamais représenté que le mors de filet ". Mais le Cabinet de Vienne possède un mors (fig. 3294), dans lequel il est impossible de méconnaître un mors à branches '-.

M. von Sacken, qui l'a publié, en rapproche quelques autres, dont un trouvé à Chalandry, dans l'Aisne ". Il semble donc probable que le mors à branches a été connu à l'extrême limite des

temps antiques ; le mors de Chalandry, en effet, a été recueilli dans un terrain oii se trouvaient éparses des monnaies du Bas-Empire.

Les mors qui nous viennent des anciens sont pour la plupart en bronze ou en fer. Quelques-uns, très primitifs, sont l'œuvre d'ouvriers qui ignoraient encore la soudure :

tpie tous les exemples connus sont lirfs des poètes. — 9 Tit. I.iv. .^ÎXXIX, 25, 13.

— 8 Plut, Syinpos. M, 9, 8 ; Heâycb. ajxo; t^ tv toT; ;taVivuT^ «Si-pî'.v. — 10 Ad Xen. De re equ. Vil. 1, p. 63, note 2. — H Faule de s'en convaincre, on a quelquefois commis des erreurs dans la reproduction des monumenU antiques ; tel est le cas pour la Colonne Trajane de Bartoli, comme l'a*ait di^jà bien rcmart^ué Fabretti, Col. Traj. p. 226 ; on peut en dire autant des copies et des restitutions de Giozrot .

— I- Von Sacken dans les Jahrb. der Kunsthist. Sammt. su U'ien, t. I (1883), p. -is, lig. fi. — 13 Ed. Fleury. Antiquités et monuments de l'Aisne, I, fig. 131. Mautellier a reproduit dans son Mémoire sur les bronzes antiques de \eupy en :^ullias (1865*, pi. ni, un cheval en brome du Must^e d'Orléans. Ou pourrait élre teut(> de prendre le mors pour un mors à braucbes ; mais cet objet, trouve^ à côté du cheval, a étt- certainement recompost^ et rajustt* d'une manière inexacte. On y a ajouté une seconde barre, qui n'eustait pas, et du reste les branches s'adaptent à remboucbure par des anneaux, de sorte qu'elles ne peuvent faire l'office de leviers.

Fis. 3294. — Mors de bride.

FRE

FRE

ils sont en partie fondus, en partie travaillés au marteau ; pour fixer les diverses pièces dont ils se composent, on les a accrochées les unes aux autres par leurs extrémités tordues et enroulées sur elles-mêmes'. Dès le temps d'Hérodote, les Massagètes, peuple scythe des ])ords de la mer Caspienne, bridaient leurs chevaux avec des mors en or-. Les poètes classiques ont quehiuefois attribué à de nobles coursiers, qu'ils font figurer dans des aventures imaginaires, des mors de matières précieuses^; leur fantaisie n'a pas autant de part qu'on pourrait le croire dans ces inventions. Sous Domitien on vit paraître dans le cirque des chars traînés par des cerfs, auxquels on avait passé dans la bouche des mors en or"; on cite un cheval de l'empereur Honorius, qui par sa beauté sembla digne « de rouler sous ses dents de vertes émeraudes^ ».

Brides entières. — La bride elle-même, dans toutes les parties qui viennent d'être successivement décrites, était quelquefois très richement ornée; on y appliquait des bossetles en métal, des pierres précieuses ou des morceaux d'ivoire teints de pourpre [ampyx,

Page 1