III. Petit sac, bourse '- [crumena
l'V. Diadème, bandeau de coifl'ure " [spiifndonè].
Fig. 3330. — Pysmée armé de la fronde.
V. Monture dans laqui'lle est serti le chaton d'une bague [an'UI.us, p. 293-29 'tj. G. Fougèhes.
FL'XDlTOn [funiia].
FUIVDUS. — I. On entendait \\i\.v fuiidu^, en droit privé romain, tout immeuble, (|u'il consistât eu terres ou en bnliment; c'est ainsi que l'immeuble dotal italique rendu inaliénafjle ' par la loi JuUn (h: n la/tfriis el de fundo duliili, se nomme fundus dolalis- ou dotale prardimn ilalicum.
Dans une acception moins large, fundus désignait un domaine-' ou un ensemble composé di' li'rres et d'édilices; enfin, stricto sen.^u, une terre'", dont la ferme ou villa n'est que l'accessoire. Du reste, le ])lus petit champ ])eut s'appeler fundus'^, pourvu qu'il ait des limites, taudis que le mot locus a un sens indéterminé °. Quand on supprime le fundus, la villa n'est qu'un aedifcimu. Cette corrélation entre le fundus et la vill'i est énoncée
L XXXII, 1S47, p. 90-107; Visclier, Kleine Schrifwn, II, 240 sq. ; Pfistcr, 32 ter Jalircsbt'richt des liistorisehen Vereins in .Mitlelfranken, Ausliarli, 1S04, p. 20-30. Les rcpréscnlalions de frondes sur des nionumenls fignri^s sont ]ieu nombreuses. Aussi nous signalerons, oulrc celles qni sont reproduites ou nientionniîos dans le cours de cet article: Ingliiranii, Vasi fiuili. II. pi. ci.\ix (où le frondeur parait avoir cliargiS son arme de deux projectiles à la fois); Klein, AleistcTsii/nnliieeUj p. 118, a" 4 (coupe de Mennion); Perret, CiUac. de 7?o»te, l. I, pi. xxxivii; P,inorka. Eigennamen mil n'Ai;, pi. i, 13a(frondeur dans un costume analogue à celui de la fig. 3320, ampliore à figure rouge).
l-'Ui\Dl"S, 1 Sans le conscnlemenl de la femme; Oaius, 11, 0:1. — 2 Fr. I,
Dig. XXIII, li; fr. 13, Cod, ; fr. ll.\ Dig. L, 10. — 3 Fr. 90, 113 et 211, De lerb.
xign. Dig. I„ 10. — '> Varr. De liiuj. Int. V, 40 ; fr. 8, Dig. VII, 4; Cic. lo/iie. 4.
- ■' Fr. 00, ^2, euJ. — 0 Pour les <liverses esp.'Tes d'immeubles et leurs noms,
voy. l'HAKIiItM.
FUN
FUN
encoro par CaUm '. L'inlroduclioii du finidus ol de la i-i/la en Gaule date de répoqiio romaine, el un n'en trouve d'exemple que sous l'empire °; le sol fui divisé alors en pagi et fund'i, probablement à l'occasion du cadastre, comme l'a prouvé M. d'Arbois de Jubainville. Pour les mots fundi nrciftnii, emphyleulicaru , liiiiilanei, limilaii, sa/ltirnscs, vecligiili's, voyez aiier et saltus; pour les fundi princi/iis ou palrimunialcs, voyez i'athimo.mlm i'hincipis. Dans une constilulion d'Anastase\ on trouve menlionnés, à côté des liiens des temples, les fundi afjnulr//iicii)\i urjonotJieà ; c'étaient des terres jadis consacrées à subvenir aux dépenses des Jeux publies religieux
[IMlAEDlUMl.
II. l)ans la lanj^iie du droit publie romain, rexi>ression fiiidiis désignait une ville municipale [MUiXiciriuM] qui avait conservé son autonomie, lors(|u'elle avait d'ailleurs spontanément adopté' tout ou partie du droit privé romain. Suivant Feslus\ fundus signiliait auclor, i)[ fundus ficri se disait d'un peujjle qui admettait par une loi spéciale l'application du jus civile Ilonianorum. C'est ainsi que, dans l)eaucoup de cités latines ou italiotes, s'étendirent les règles relatives aux intérêts [usurae] s.\x\ testaments, au droit de cité, etc.". Sous tout autre rapport, CCS villes gardaient leur autonomie, sous la liaute protection du sénat ', qui pouvait leur imposer des règlements d'ordre public % comme le sénatus-consulte relatit aux Bacchanales en 508 de Rome, et la loi Didia de 621 contre le luxe, etc. '. En outre, le sénat prenait connaissance des grands crimes"', et veillait à la décision des différends " enlre les cités '-.
La tabula Hcraclcensis ou Icx Julin Municipalis, rendue par Jules César en 709 de Rome (45 av. J.-C), mentionne" des municipia fundana. Ce sont des villes qui avaient reçu des lois données par des commissaires, et ceux-ci sont autorisés à y ajouter des suppléments. Ceci se rapporte, suivant MM. de Savigny" et Walter'", à des villes au delà du Ti'i qui, à la suite d'une loi JuUa Municipalls de l'an 705, étaient devenues fundi dans la forme habituelle. RudorfT '° entend par municipium fundnnum un municipe latin qui ne s'est pas, comme un municipe romain, soumis aux lois civiles romaines, par une décision spon lanée de ses habitants". Mais Mommsen" fait remarquer que les lois Furia et Voconia sur les hérédités testamentaires" ne furent introduites dans les colonies latines que par des résolutions particulières de ces villes, tandis qu'elles repoussèrent les règles qui interdisaient la clause ])énale en matière de fiançailles-". Du reste, toutes les civilaics focdcraUu: perdirent depuis l'an 433 le droit de ballre monnaie-'. G. Hcmbeut.
l'TiM'S. — GuKCK. — Les rites funéraires des Grecs, toul en se maintenant invariables sur les points essen-
I n. nist. i-, cf. 3. — 2 Tac. Ann. III, 4i>. — 3 c. 14, CoJ. Jusl. De fiutd. pair. XI, fil. — l Cic /Vo Salbo, 8, 21, 21; Gcll. .XIV, 13 ; XVI, s; Plaul. Trinitm. V, 1, G. — « Wallor, GcscItichU' d. i-Oin. liecltis, n" 232; RiiddorH", Jlimi. IleclitsgeS'-h. I, § I, p. 3. — C T. I.iv. XX.W, 7; OU. Ml, 121, 122; Cic. Pro Hallio. 8. — 1 Polyli. VI, 13. — «T. I.iv XXXIX, U; ILiuboUI, Momim. 11. 5 ; Corp. imcr. lai. -413, n. l'J3. — 0 Maci-ob. Il, 13. — 'o l'oljb. VI, 13.
— il Dionjs. II, Il ; T. Liv. IX, 20; Varr. //. rusl. III, 2, 3 ; Cic. Ail Alt. IV, 15; On offic. I, 10; Wallcr, Oesch. n' 128. — 12 V. Senluntia de finitmt inler tJettutttes cl Vilurins, ap. Spangelibci!;. Tnbut. 380, et Orelli, Insci: II, 3121; Orclli- Ilin7.cn,p.27û; Corp. inscr. lai. I,72,ii» 100. —13 I.iv. 139 à IC3,v. Ilaiibold, â/oii.mi. p. 132; Corp. inscr. lai. 1,119, 11° 206; Zuiiipl, Comm. ep. I, 82-92. — I» Verm. Scliri/'l. p. 2Si0-32ii, 377-100. — IS Grsch. 11° 200. — 10 Gesch. I, p. 3. — U V. aussi UUo Karlowa, Jlocm.'Itec/ttsi/tsfh. I, p. 207 et s. — i^ Mùnzices^ii^it. 220, rem. 13.
— !'•' liaius, Comm. Il, 22.';. 220. — S" Ucll. IV, 1. — 21 Moinmscii, .VSiijice.^tfii. p. 230 à 210; 327 à 330. — BiBLUji^n.u'ini.. Uoiu, Vas Prii>aln.clildi.r Jlûmtr, féibl.
' tiels, ont cependant subi, à travers les siècles, un certain nombre de changements qui correspondent aux différentes phases de la civilisation hellénique. On peut distinguer en gros trois périodes : l'époque mycénienne, l'époque homérique et l'époque historique, qui comprend elle-même la période ancienne et la période classique. I. l'rriode niycénienm:. — Nous désignons ainsi la période de plusieurs siècles représentée par les monuments de Mycènes et de Tirynlhe, par les lombes à coupole et les tombf^s rujiestres primitives de l'.Vrgolide, de la Laconie, de l'Attique, de la Béotie, de la Thessalie, de la l'hucidi', [);ir les nécropoles des îles de Crète, de Chypre et de Rhodes. Il est à peu près impossible, actuellement, dans l'état de nos connaissances, de remonter au delà de ces limites; les squelettes trouvés aux environs d'IIissarlik, dans de simj)les fosses en terre ou dans des jarres de terre cuite, en même temps que des outils de pierre et d'os, appartiennent encore à l'époque préhisloriipie cl nous ne pouvons déduire de ces trouvailles que la pratique très ancienne de l'inhumation. L'hypothèse d'une nécropole à incinération à Hissarlik doit être abandonnée'. Les sépultures royales trouvées par Schliemann sur l'acropole de Mycènes comprennent six fosses rectangulaires creusées dans le roc, à une profondeur qui varie entre trois et cinq mètres, et fermées par des dalles et des plaques de schiste qui reposent sur des poutres protégées à leurs extrémités par des capsules de cuivre-. C'étaientdonc de véritables chambres; elles renfermaient en tout quinze squelettes, dont deux ou trois de femmes et un d'enfant, qui y avaient été déposés intacts, peutêtre cependant après avoir été soumis, pour être conservés pendant la durée des obsèques, à une sorte d'embaumement sommaire^; ils avaient encore, chacune à sa place respective, les différentes pièces de leur toilette de parade; les femmes, le visage découvert, avaient le diadème, les colliers, les bagues, les broches, les pendants d'oreilles, les bracelets en or; les hommes la couronne, la ceinture, le baudrier en or, une bande d'or autour du fémur; ils portaient en outre sur la ligure des masques d'or qui avaient été façonnés d'après leurs traits mêmes. Ce sont les seuls exemples que nous ayons de l'emploi de ces masques dans la Grèce' Les vêtements des hommes avaient été cousus de plaques d'or; une fosse en renfermait plus de sept cents. Leurs armes étaient à portée de leur main. .\ côté des corps il y avait des vases dont plusieurs en or et en argent; le quatrième tombeau renfermait un autel cylindrique' et presque tous des résidus d'oll'randes, cornes, os, cendres. Dans le remblai qui couvre les tombes, on a trouvé des ossements et des crânes humains qui peuvent provenir soit de l'inhumation d'autres personnes de condition inférieure, soit du
I.cip/ig, 1§5S, p. 170 et 177 ; Wallor, GeschichU des rômiscften Jlecbts, 3» édU. lîonii, IS60, n** 232 et 2(i0 : Bcckcr-Marquanll, tlandltuch der rùm. Alterîhùmer, II, I, p. 30, 2" it\. I8SI : Staatsveric. I, p. S et 52 el s.; d"Arbois de Jubaintille, Lf fiindas el la villa, citrait des Comptes rendus de l'Acad. des iiiser. f»aris, I8S6. (iiraud. Du droit de propriété chez les lîomains, Paris. IS35, p. 305 el suir. ; RudorlT, liitm. Jlechlsgeschichle, I, p. 3, Leipzig, IS57-!55y ; von Savigny, Vermiscfite Scliriflen, lli, 28» à 326; 3S7 à 400; W. Zun\\i\. Sludia romana. p. 307, Berlin, 1860; Moninisen, Staatsreclit ron SnljH'nsa. IS55, p. «09; B. Stattlsreeht,3' tii. Leip/iï, 1887, I, p. 092 ; Ollo Karlowa, Itôm. licchlsgesch. IS85, p. 297 et s.
fXXlS. I Perrot et Cliipici, //is(.ci<; Vart dans l'antiçuité.t. VI, p. 251 et 561-563. — 2 Pcrrol el Chipiez, /. c. fig. 110. — 3 Sclilicmann, Mycènes, traducl. françaiso, p. 378-379; Tsouiulas, 'Es»,!»!;;; iai,,<,M-;:xT,, ISSO.p. 121-179.— k Schliomailil, /. e. p. 277, 300-303, 394-395. On retrouve ces mast^ues dans beaucoup d'autres pa\s, surtout eu Orient. Cf. Benndorf, Àntike Gesichtshelme uiul Sepulkralmasketi^ Vienne, 1874, cl l'article i>caâo.NA. — û Perrot cl Cliipici, /. c. fig. IOi-103.
FUN
FUN
sacrifice de prisonniers de guerre. Chaque tombe avait sans doute son tertre et sa stèle; on en a retrouvé neuf, en entier ou en fragments, toutes orientées vers l'ouest, trois décorées de scènes de chasse et de guerre, une d'une sorte de méandre, les autres sans décoration'. Elles étaient dressées au milieu d'une enceinte circulaire, d'une sorte d'esplanade où Schliemann a vu avec une certaine vraisemblance l'agora de la cité primitive; à l'époque classique, en effet, beaucoup de cités avaient ou croyaient avoir dans leur agora les sépultures de leurs héros'.
Les tombes souterraines à di!ime ou à coupole ont été trouvées, sur le territoire de Mycènes au nombre de huit, à l'Héraeon près d'Argos^ à Vaphio et à Abbia en Laconie ', à Spata dans la Mésogée, à Ménidi près d'Acharncs, à Eleusis et à Thoricos dans l'Attique ^ à Orchomène de Béotie" et à Dimini près de Volo en Thessalie'. Elles se composent essentiellement d'un couloir d'approche et d'une chambre ronde au-dessus de laquelle s'élève un dôme de forme parabolique; dans la tombe d'Orchomène et dans une des tombes de Mycènes il y a, outre la rotonde, une chambre latérale; à Palamidi il y a deux chambres, à Spata trois; à Vaphio on a trouvé après le couloir d'accès une fosse qui a peut-être eu pour but de recevoir les offrandes et les sacrifices et dans la rotonde une fosse inférieure dallée. Le sommet du cône devait dépasser la crête du terrain et peut-être portait-il un objet quelconque. Nous ne faisons qu'indiquer rapidement les dispositions essentielles des tombeaux, en renvoyant pour tous les détails d'architecture et d'ornementation à l'article sepulcrlm.
Ces tombes, pillées pour la plupart depuis longtemps, ne conservaient plus qu'une petite partie de leur mobilier funéraire, surtout des figurines de terre cuite, des pâtes de verre et des fragments d'ivoire, des perles de colliers en verre ou en pierre dure, des boutons, des vases de style mycénien; à Vaphio, dans la tombe restée intacte, on a trouvé un collier, des boules d'améthyste. des bracelets en pierres gravées, un gobelet d'argent et un gobelet d'or à portée de chaque main du squelette*, vers la tète des instruments et des armes de bronze, des vases d'albâtre, d'argent et de terre, des lampes.
Les tombes creusées dans le roc de cette même période, plus ou moins analogues' aux lombes de l'acropole de Mycènes, ont été trouvées à Mycènes dans la ville basse ^, à Palamidi'" près de Nauplie, à Épidaure", à Athènes entre le Parthénon et le mur méridional de l'Acropole'-, à Anlicyra de Phocidc'% dans quelques-unes des Cyclades, en particulier à Mélos'*, à Rhodes dans la nécropole de lalysos'^. Elles afTectent différentes formes; ce
1 Cf. Reichel, Die Mykenischen Grabsteten, p. 25-33, dans le recueil Eranns Viitdobonenais^ 1 803 ; Perrot, /.ci». 772-773 , qui voit dans ces scènes la glorificaliou de rois. — 2 Telles réunis dans Scliliemann, /. c. p. 200-201. l'erroL y ajoute Hésiode enterré à Orcliomônc {Vit. Uesiodi, éd. Caisford, p. 7). — 3 Pcrrot, /. c. p. 395-396. — l Perrot, l. c. p. 403-411; 'Esr.iAS};; ip;.. 1889, p. 130-143; 1891, p. 189-19I. — S" AO/.vitio/, VI, p. 107-172 ; Mitiheilimyen d. d. arch. Inslil., Àlheti. Alitlieil. 1877, p. 82-84 et 201 270; 1880, p. 154-155 ; llaussoullier, Catalogue descrijitif des objets découverts U Spata (Bull, de corr. hell. 1878, p. 183-228); Das Kuppelijrab vom Menidi, herausgegeben vom d. arcb. Instit. in Athen^ 1880.
— c Schliemann, Orchomenos, Uittheil. atlt. Abl. 1379, p. 177-182, taf. x(-ini.
— 1 Uittheil. alk. Abl. 1885, p. 99-103 ; Lolling et Woltcrs, Das Kuppelgrab bel Dimini {Ibid. 1880. p. 433-143). A colé de la grande lorahc, il y avait de petites lombes avec des vases rappelant la céramique mycéaienne. Cf. Woltcrs, Mykenische Vasen aus dem nirdlichen Giiechenland (Ibid. 1889, p. 202-270, taf. vni-xij.
— 8 Verrai, Les vases dTor de Vafio{Bnll. decori: hell. 1891, p. 493-537). — » "Esiin. «f/. 1888, p. 121-132. — 10 Pcrrot, /. c. p. 397-403; •A»vitio., VII, p. 183-ÎOI ; ilitth. ath. Abt. 1880, p. I43-1G3). — H Mi.:m i;/.aioVioYi«ov, 1888, p. l5S-iSS.
— 1- at>.uov. 1888, p. 83 et 170. — 13 ililllieil. Ath. Abt. 1889, p. 203-170.
sont tantôt des hypogées à une ou deux chambres, avec couloir d'approche, tantôt des caveaux taillés dans le roc et qui donnent directement sur le dehors; tantôt de simples fosses dallées ou recouvertes seulement de pierres". On y trouve des figurines et des idoles primitives, des vases de la période mycénienne, des armes ''. Elles étaient peut-être en général surmontées de stèles". Eu Crète, les tombes de la période mycénienne ont fourni surtout des récipients funéraires en terre cuite, qui ont la forme soit de cuves, soit de caisses à parois rectangulaires, portées sur quatre pieds, avec un couvercle en forme de toit à quatre pentes, et qui devaient être enfermées dans des chambres voûtées". Dans les nécropoles de Chypre, la sépulture comporte un puits vertical de forme rectangulaire et un caveau creusé au fond du puits, soit dans l'axe même, soit sur une des parois latérales ; mais il y a trop d'incertitude sur le caractère et l'origine de cette période de la civilisation cypriote pour que nous puissions l'utiliser pour notre sujel^".
Quels sont maintenant les rites funéraires révélés par les monuments qu'on vient de voir? D'abord la plupart des tombes sont des tombes de famille-', et l'on trouve toujours dans les hypogées un certain nombre de corps réunis; quand la tombe était pleine, on faisait de la place de différentes manières, tantôt en creusant des fosses dans le sol même ou des niches dans la paroi ^^, tantôt en établissant une seconde chambre^', tantôt en empilant les os au fond du caveau et quelquefois peut-être en les brûlant-'", tanl(')t en les mettant dans des récipients tels que les cuves Cretoises. Nous avons donc là la preuve dune très forte organisation de la famille. En second lieu, nous ne trouvons de traces probables de l'emploi de l'incinération que dans les nécropoles de Chyi^re; mais ces tombeaux appartiennent plutôt à la civilisation phénicienne et orientale qu'à la civilisation hellénique; partout ailleurs nous ne rencontrons que l'inhumation. On a cru trouver quelques traces d'incinération sur l'acropole de Mycènes, à l'Héraeon, à Spata^% mais elles peuvent s'expliquer par différentes causes accidentelles très postérieures, ou par l'habitude d'offrir des sacrifices dans la tombe, ou peut-être par la nécessité de brûler des os pour faire de la place à de nouveaux corps ^^ L'inhumation a donc été la règle pendant cette période de plusieurs siècles. C'est d'ailleurs l'opinion qu'avaient les Grecs de l'époque historique : lorsque les villes grecques se mirent plus tard, aux vi' et v'' siècles, sur les conseils de l'oracle de Delphes, à cherclier les restes de leurs fondateurs, elles rapportèrent non pas des cendres, mais des squelettes^''. En troisième lieu, la présence d'os, de cornes
— H Perrot, (. c. p. 470; Mitth. Ath. Abl. 1886, p. 30. — 16 Cf. Furlwaengler et Loesclicke, Mtjkenische Vaseit, Atlas, x-xi. — '" Plans de quelquesunes de ces fosses dans Perrot, ;. c. lîg. 122, 128, 132, 137, 114, 145, 160, 250, 253. — 1' Pcrrot, /. c. p. 732-702. — '8 Conjecture de Tsoundas ('Eçim. if/. 1888, p. 127). Cf. Pcrrot, fig, 2.(2. — 19 Orsi, Urne fenebri cretesi nello slilo di Micene (Monumcnli aniichi del. .\ccad. d. JJncei. 1891, fasc. 2 ;) Bull, de eorr. hell. 1892, p. 239-297 où une caisse a les dimensions suivantes : h. 0,98; long. 0,90 ; larg. 0,32. Plusieurs de ces récipients sont reproduits dans Pcrrot, /. c. Tig. 109, 171, 249, WO. — ^ Millh. alh. Abt. 1886, p. 209-202; Ohuefjlscli-Richter, liypros, Ihe Bible and Uomer, Londres, 1893 ; Pcrrot, l. c. p. 465-.KS, 048-650. — !' Pcrrot, /. c. p. 574. — 22 Uid. p. 575. lîg. 125, 126, 130, 134-137, 251, — 23 /bid. fig. 127, 128. — 2' 'E;,^. ij/.. 1888, p. 133-135; Milth. Ath. Abt. 1880. p. 140-163. — 2û Schliemann, Mycènes, p. 378-379 ; Mitth. Ath. Abt. 1878, p. 277. — S'i II y a un résumé de celle question dans Perrot, /. c. p. 504-570. — s" Pour Orcsle, Hcrodot. 1, 68; pour Thésée, Plut, Tlies. 36 ; pour Prolésilas, Hcrodot. 9, 120 ; pour Pélops, Pausan, 5, 13,4. Dans Apollonius, Argon. I, 480, 1530-1734. les compagnons de Ja-uii eu- Icrrcut leurs morts.
FUN
FLN
(le taureaux, de moutons, de chèvres, de cerfs, au milieu de cliarbons et de cendres, dans les lombes de l'acropole de Mycènes, dans rinlérieur ou dans le couloir des lombes rupestres et des lombes à coupole prouve qu'on avait riiabilLide d'olï'rir au mort des sacritices, des victimes'. On peut sans doute attribuer aussi à cet usage des trouvailles de coquillages, d'huîtres, d'olives-, et il devait y avoir des provisions du même genre dans les vas(!S placés à côté des morts. La grande ((uantilé de ces résidus de sacrifices et l'existence dans un des caveaux de Mycènes d'un autel creux ne s'expliquent que par une longue continuation de ce culte du tombeau. I,es vases (jui avaient servi aux apprêts du sacrifice étaient sans doute brisés et éparpillés dans la tombée Oll'rail-on aussi des sacrifices humains? Égorgeait-on des caplii's aux obsèques des chefs, comme on le verra dans V/lindr'l Les nombreux squelettes trouvés dans le couloir des tombes rupestres ou dans le remblai des fosses de l'acropole de Mycènes peuvent le faire supposer : mais il n'y a là qu'une hypothèse '". En somme, nous trouvons déjà la conception de la vie posthume qui va persister chez le peuple grec jusqu'à la iin do son histoire et qui s'accorde mieux avec le rite de l'inhumation qu'avec celui do l'incinération : le défunt continue dans la tombe une existence obscure, analogue à son existence antérieure, avec les mêmes besoins, les mêmes goiUs, les mêmes plaisirs qu'il avait sur terre. C'est à cette idée que correspondent l'aménagement et l'ameublement de la sépulture, et toutes les précautions qu'on prend pour la protéger et la fermer. On enterre le mort avec sa plus riche toilette, ses objets de prédilection, surtout ses armes, avec ses trésors, si c'est un roi. Le mobilier funéraire comprend évidemment ce qu'il y avait de plus précieux dans la maison. On laisse en outre au mort de quoi se nourrir et se désaltérer et on renouvelle de temps en temps le repas funèbre. On n'oublie pas les idoles funéraires qui doivent protéger le défunt ^ Ces croyances auraient dû aboutir logiquement à l'embaumement, comme en Kgypte; mais les habitants de la Grèce et de l'Asie Mineure n'avaient pas les substances nécessaires, telles que le nitre, les aromates. Ils ne sont arrivés qu'à cette sorte d'embaumement sommaire (jue nous allons retrouver dans l'épopée homérique et dont il y aura encore des traces à l'époque hislori(]ue°.
II. Période homi'y'tqne. — Nous retrouvons dans V/liiide et dans YOdijasée une partie des rites primitifs, mais ils ont subi sur certains points des modifications considérables'. L'ensemble des honneurs funèbres s'appelle xTifca". Les morts y ont droit; c'est leur consolation; car du repos du corps dépend le repos de l'àmc; la plus cruelle vengeance à l'égard d'un ennemi est le refus do sépulture'; les âmes de ceux qui ne l'oblienncnl pas ne peuvent traverser le fieuve lladès'"; ceux qui ont négligé de rendre les derniers devoirs aux défunts encourent la colère des dieux". Les cérémonies essentielles des funérailles sont celles qu'on retrouvera
i Voir les textes rft'jrt rites et en parliculici-Scliliemann, /. e. p. Iij7, 231, 2-V5, 415. — -Scliliemaim, Mycènes^ p. 415; 'Eoirni. àpy,. t8-8, p. 136. — "^ Das Knpptrtgrahvon Mtnidi, p. 20-2:t ; 'Kj/Sn. 4}/.. 1888, p. ISli. — « Cr. sur ce point 'V.-:r,-/.. àç/.. IS8S, [1. 150-131. — jCf. PciTOl, l. c. p. 5fi4-575. — cCf. Ilelliiy, Das homerische. Epos, i'éd. p. 63-58; Xen. rfell. 5, 3, 19 ; Hcrodol. 9, 120 ; Aulliolog. Palat. 7. 176, 537; Kiiibcl, Epigramm. ijr. 5W, 685, 1083. — l Voir sur celte question, J. Girani. /j; sentiment religieux en Grèce, c. V. —8 Od. 5, 3tl I. — 5 «. 22, 333. — m O//. 4, 1!)7; il, 295; //. 23, 71; cf. l'ial. Hippias maioi: p. 291 1). — U OJ. Il, 72; //. 22, 358.
à l'époque historique. Quand on a fermé les yeux et les lèvres du mort, h; corps lavé, frotté de parfums par les amis (ui les l'emiiies'-, est exposé publitiuement sur le lit funèbre (Xé/o;), les pieds tournés vers la porte ; c'est l'exposition (TtpoOsTiç); elle dure plus ou moins longtemps selon la dignité du mort; ainsi Hector reste exposé dou/.e jours, Achille dix-sept'^ Cette longue durée de l'exposition ne peut s'exi)liquer que par cette sorte d'embaumement sommaire qu'on a vue dans la période mycénienne; c'est ce qu'indique d'ailleurs le sens primitif du mot Txp/'jî'.v qui est plusieurs fois dans Homère''". Le corps est enveloppé dans une toile de lin, o5îo;; il y a une toile de même matière sur le lit et une troisième qui recouvre le tout'\ Pendant ce temps, tous les jours, les parents et les amis se livrent à difl'érentes manifcslatitms, généralomoiit très violentes de leur douleur, les hommes se couvrent la tète et les vêtements de cendres, se roulent par terre, s'arrachent les cheveux"; les femmes s'égratignent les joues, se frappent la poitrine" ; on se prive do nourriture ; on se coupe une partie ou la totalité de la chevelure pour la mettre sur le bûcher". Il y a quelques gestes de douleur qu'on retrouvera sur les monuments figurés, par exemple l'extension de la main sur le cadavre ". Les lamentations peuvent prendre la forme de véritables chants funèbres, Ost.vo'., àotoT,; il y a alors une ou plusieurs personnes, généralement les proches parents, qui sont O;y,v(ov l;ip/ot, c'est-à-dire qui chantent les premiers, à tour de n'ile, des espèces de versets; les autres assistants, quelquefois le peuple entier, répètent une sorte de refrain^". Après l'exposition on brille le corps sur un bûcher, -'jî/,, Ti^oza'.-/,, de grosseur variable, selon le rang du défunt; on y brûle en même temps les animaux et les autres objets préférés du mort (xT£p£îx au sens primitif). On accompagne l'opération de lamentations, d'appels, d'adieux au défunt, de libations-', quelquefois d'holocaustes ; ainsi Achille égorge en l'honneur de Palrocle douze Troyens, quatre chevaux, deux
IM .Tiva*-.!
Fiï. 3331. — Prisonniers l'gorgfs devant le biicher de Palrocle.
chiens, un grand nombre de bœufs et de moutons -^ ; cette scène est représentée sur une ciste (fig. 3331) et sur un
— 12 (hl. Il, 416 ; 24, 44-78, Ï94 ; //. 1 1 , 38-39, 453 ; 24, 5S7. — U/l. 19, 212; 18, 314; 2-1. 720; Oit. 24, 44-78. — " 11. 7, 83 ; 16, 456, 674. — 13 fl. 18, 35»; 24, 588 ; Od. i, .j7.l6/(. 18.22 ;Orf. 24, 640. — <7 //. 19, 4S4. — l»JI. 19. 210: 23, 46, I35;0rf. 4, ms. 19 /(. 18, 317; cf. Lucian. De luctii, 13. — M //. 24, 695; 22, 408-431 ; 18, 51-310. Loutseli conjecture avec asseï do raison qu'il y a une altération dans le telle d'IIom^ro, //. 24, 721, et que ce sont les trois renimcs, Andromaque, ll^ubc, Ili^lf^ne qui sont successivement les directrices du chœur (f*hitolog. su,-»/»/, ft. 1, p. 72). — SI /;. 23, 164, nS ; 24, 47-78 , Od. 10, 519; 11, 27. — S2 [l. 23, 166.
FUN
FUN
vase pcinl : au contre est un Ijricher avec les armes du défunt; Achille égorge un prisonnier; d'autres, enchaînés, attendent leur tour'. On éteint ensuite la llamme avec du vin, on recueille les ossements et on les étend sur une double couche de graisse, on les roule ensuite dans une toile et on les dépose dans des récipients de dilTerentcs formes et de différentes matières, urnes, vases, amphores ('Y".i)vT|, à[Aï,'.'^op£'Jî), cassettes, cercueils (Xâsva;, c7opoç) qu'on met dans un trou-; on élève par-dessus un petit monticule de terre, bordé de pierres, (tûuiSoç, Y|pîov)^ à côlé duquel on met une stèle; cet ensemble forme le monument. TViU-a, -/wi.-/.''. \a cérémonie se termine généralement par le repas funèbre (-i-iov ozf.v'Jva'.)\ On célélire ensuite difl'érents jeux, surtout des courses de chars, en l'honneur des rois ou des personnages importants'"' [ludi]. L'épopée homérique nous montre donc deux éléments nouveaux : l'usage de l'incinération et la croyance aux Enfers, oii le corps du défunt se survit pour ainsi dire sous une forme vide et impalliablo, comme une ombre, un fantôme''. Comment les populations dont l'épopée homérique reproduit les mœurs élaienl-cUes arrivées à l'usage de l'incinération? Sans doute c'était ce procédé qui permettait le mieux de ramener dans leur patrie les restes des guerriers morts* ; mais cette explication est insuffisanle, puisque nous voyons les Troyens pratiquer également chez eux l'incinération ; peut-être faut-il admettre que les Grecs d'alors ont voulu par l'emploi du bL'iclior refouler définitivement les esprits des morts dans les Enfers pour n'avoir plus à les redouter'.
III. l'ih-iodo hisiorique. — A. L'pO'/ue archaïque. — .Nous arrivons maintenant à l'époque hisiorique. Les rites funéraires y sont toujours inspirés jusqu'à la fin par la mémo conception grossière et matérielle de la vie future. Elle résiste à tous les progrès de la pensée spéculative et de la philosophie, à rinfluence des mystères, à la théorie de l'immortalité du l'àme, ou plutôt elle réussit tant bien que mal à se concilier avec ces nouvelles croyances. Si l'idée de la continuation de l'existence dans le sépulcre ne règne plus seule en maîtresse, c'est toujours elle du moins qui explique les cérémonies des funérailles, et le culte de la tombe beaucoup mieux que la croyance au séjour de l'âme dans les Enfers. L'accomplissement des funérailles est toujours, dans les idées des Grecs, un devoir essentiel. C'est ce qu'on appelle tï. bîxata, T». vo[/.!iAa, xi voiJ.'.Cô[Ji£vx, -à. -ooT/iXOVTa. Euripide y
voit une loi générale dos Grecs, voiaoç T<vyElX-fi\
.\près
chaque combat, les belligérants doivent régulièrement s'àccoidor une trêve pour ensevelir leurs morts, le plus souvent en masse [foedus] ". Le procès intenté aux stratèges après la victoire des îles Arginuses, pour avoir négligé de recueillir les morts, montre avec quelle rigueur les Athéniens poursuivent cette sorte de sacrilège ''^ Le passant doit jeter deux poignées de terre sur le cadavre
1 K. Kochclle, il/o»». ï'nc'i. pi. xx: Monum. deW Istituio di coi-r. archeol. IX, lav. 3i-33. — s /(. 23, 237, 239, i'M ; 2t, 790; 0<l. 2i, 44-78. — 3/;. 23, 126, 253; 2i, 797. —'•11. 2, 814; 7, 86; 11, 371 ; 16, 437; 17, 434; OU. 12, 14. —5 //. 23, 29;
21, 803. o /'. 23, 287, 833; Od. 21, 87. — 7 Pour les Enfers nous renvoyons
aux articles asacus, chahon. bleusima, ixrEnt, pluto. — *^ //. 7, 333 ; oT. Acscliïl. Agam. iii; Soplioel. Eh'clr. 1113. — 0 Conjeclure d'Eiwin Roliili<, Scelr:ncidl uni Unsterldicltkàtsglauhr dcr Oritrhen, 1890. p. 31-31. — <0 Siippl. B26; cf. Sopliocl. jl^Vix. 1197. — 1' l.'cnlcn'cmcnl en masse est la r^XjàvSoi-/; SuKIas, s. h. V. ; Strab. 9, p. 429; l'ausan. 2, 22, 9; 2, SI, 7. — 12 Xcn. //.,■//. I, 7.
— 13 Pausan. I, 32, o. — H Var. hUt. 5. 1 1 cl 7. 19. — i-^ Dcni. -13, 5».
— If' Xeu. Memor. 2. 2, 13. — n Aescliin. I, H ; l'iul. A'oi. 22 cf. Mcier-ScliO-
inconnu qu'il trouve sur son chemin" et, d'après Elien, tourner sa tête vers l'Occident'''. Dans l'Altique, la loi oblige les plus proches parents, d'abord ceux qui imt l'héritage, à recueillir, à ensevelir le mort, à purilicr le dénie; s'il s'agit d'un esclave, ce soin regarde le maître; c'est le démarque qui, dans chaque dème, veille à l'observation de la loi ; s'il trouve dos récalcitrants, il procède lui-même aux cérémonies nécessaires et leur fait payer le double des dépenses; il s'expose pour loub' négligence do ce devoir à 1000 drachmes d'amende '\ Le lils (jui n'a pas orné convenablement la tomlie de ses parents peut être exclu d'une magistrature""', lors de la DOKiM.\si.\; s'il ne leur a pas rendu les derniers devoirs, il s'expose à une action publique, à une yp^c.ifi pour xaxwdii; ■"jvÉtov et il n'a même pas l'excuse, qu'il a en d'autres cas, d'avoir été maltraité par eux'''; car même les enfants des courtisanes, même ceux que leurs parents ont prostitués ou à (|ui ils n'ont pas fait donner une éducation conforme à leur état, doivent k leurs parents une sépulture décente . Les gens frappés par la foudre sont ensevelis à l'endroit môme de l'accident'*. Dans toute la Grèce, les parents qui n'ont pas le corps du mort lui élèvent cependant un cénotaphe, x£voTï.'iiov, xevov [xvT,u.a, (|ui a droit au mémo respect qu'un vrai tombeau'''. 11 n'y a que les criminels, surtout les traîtres, qui n'ont pas de funérailles ; leurs corps sont expulsés hors de la frontière-", ou jetés dans des lieux spéciaux, à Sparte dans le Céada, à Atliènos à Mélité-'. A Athènes on coupe la main droite aux suicidés et on les enterre sans cérémonie--. A répo(]ue historique, les cérémonies funèbres ont été partout à peu près les mêmes; mais c'est sur colles de l'Attique que nous avons le plus de renseignements.. 11 y a eu presque partout des règlements sur les funérailles, surtout pour en restreindre le luxe et prohiber les manifestations excessives de la douleur. A Athènes, après les dispositions attribuées au légendaire Épiménide, est venue la loi de Solon que nous connaissons par dos citations d'auteurs grecs, en particulier de Démosthène et de Plutarque-'' et par les emprunts que lui a faits la loi des Douze Tables-'. Elle avait été adoptée par les Béotiens qui déférèrent les contraventions commises en cette matière aux magistrats appelés tiY.XAiKOXOMOs". Elle avait aussi inspiré la loi de Julis, ville de l'île de Céos, dont nous connaissions déjà quelques dispositions par l'historien lléraclide-'"' et dont on a retrouvé le texte presque entier". Nous avons, mais d'une époque postérieure, la loi de Gambréion, en Mysi(! -*. Les funérailles comprennent partout quatre actes essentiels : latoiloUo funèbre, l'exposilion, le iranspurt et la mise au tombeau. 1" La foil'Ule fiiDchri-, — L'usage romain-' de recueillir le dernier souftlo du mort paraît avoir été étranger aux Grecs; les représentations de l'agonie même sont rares; on n'en connaît guère que deux, sur des stèles d'Oropos et du Pirée'". Une épigramme de V Anihùlo<jie fait allu-
inainil.i|isius, Ikr allische Process, p. 353. — '« Arteniùlor. Onirocr. 2, 9.
— 19 Xcn. Anali. 6, 4, 9; P.nusan. 9, 18, 4; Elom. Od. 4, S84; Argnm. nd Dem. 21, p. 512; Anihol. Palul. ', 5S9; cf. Micliaelis. Arcliaeolog. Zcitung, 1871, |,. iiJ. 20 Acsclijl. Sept. ap. Theb. 1013. — 21 Tliuc. I, 131; Plut. Them. il.
— 2-' Ai-scli. 3, 241; cf. l'Iat. Ug. 9. p. S73 I). — 23 Ocra. 43, 02; Plut. Sol. 12 il 21. — 2'> Cic. U: leg. 2, 22-26. — i-' Plut. Sol. 21, 7. — 20 pragm. hisl. gr. J. 213 (l'il. Oiilol). — 27 Diltcnlicrger, SijUoge imcr. gi: iOS-179; Darcste, Haus- -o.illiiT, Ucinacli, Itenueil des Imcrlplions Juridiques ;/?•«•(/ iii's, 1, n" 2, lole cl i-oinincnbirc. — 2« nillcnlicrj;or. /. c. n" 470; Dareste, Elaussoullicr, Uehiacli, (. c. n" 3, p. 18-21. — 2'J Virgil. Aen. 1, 0S3. — 30 I.c lias cl Ki'inai'ii, Vmj. anh. Mo. nuni. (ig. pi. 1.X.VI ; Wollcrs, dypsdbgilsse, u» 1642.
FUN
FUN
sion à une scène du même genre'. On ferme la bouche el les yeux du mort-; nous voyons, sur un vase peint du Louvre (fig. 3332), une sorte de mentonnière l'n lornic
Fig. 3332. — Es|i05ition du niorl.
de bandelette qui lui serre le menton pour empêcher la bouche de s'ouvrir d'elle-même'. On ne voile pas la figure; c'est démontré par les monuments, où le mort a toujours le visage découvert ' ; c'est une des recommandations expresses de la loi de Céos ''. L'usage de mettre une obole dans la bouche du mort pour le nocher Charon n'est pas très ancienne; Homère et Hésiode ignorent encore Charon; on ne peut précisera quelle époque cette légende a pris naissance en Grèce ; en tout cas, au
vi° siècle, elle est établie dans les croyances populaires''. L'usage de l'obole n'a cependant pas été génér.-d : on ne trouve pas d'oboles dans la nécropole arcliaïque du Dipylon à Athènes, ni dans celle de Mégara Hyblaea'; elles sont très rares dans toute l'.Mtique"; un lécythe blanc attique du \° siècle paraît pourtant (fig. 3333! montrer une obole entre les doigts d'un éphèbe assis sur les degrés de son tombeau et prêt à monter dans la barque de Charon ', Au contraire, il y en a dans
1", 730. — -• lloni. (Iil. Il, ih<;i't.i9{i. — -H'Mignon, Fomlalionl'iol, MoiiuM. et ntémoh'is. I, p. oj', pi. \ii, au Louvre; Jalirhîic/icr d. d. kais. Iiistit. 1S03, Àrcli. An:figet\ p. 196-107 (plaque peiiilo lUi m* siècle). — '• Il v a ua cas oxecpliouuci dans Plat. Phai'don, p. 118. où Socrate se voile Iui-nii>mc la ligure a^■a^t do mourir. — " g 2, 1. 7. — 0 l.uciaii. /. c. 10; Dialor/. 22, 2; Arisloph. flan. VJV ; Ihill. dccorr. heit, 6, p. 412-VIU ; Uarpoer. Suidas, Pilof. s. i). Savâxr,, vaî/.ov, -opO;ir.iov, (ISiao;. Voir l'odier, Ktud'! .iitf li's Ucythes blancs, p. 13, W, et l'arliclc ciiAnoN. — 7 Biiicekuer cl l'oniicc, Eiii nltischer yriedhof[MillUnl. alh. Abl. 1893, p. 73-191). — 8 Voy. les faits qu'a réunis Uaoul-lioelieKe, Mihn. de l'Iiisliltil, 1838, 13, p. 065. — « Aniike Dentnnaeter, I, pi. xxiu, n» 2. — 1*^ l'otlier el Reinacli, Xécropoïe de Myriiia, p. lO-ilOU; Comptes rendus d; la Commission de Saint-Pètersbonrt]. 1882-1,8SS, p. 10-17; 1873, p. ,"i-0 ; Slackclbcrg, Grûbei- der Hellenen, laf. vu,n° 12 — " llelbig. hnllet. d. Islulo di eori: areli.. IS33, p, 1S5. — 12 Complet rendus, IS'iO. p. 20 ; isr.i, p. S; isr,:l. p. Il; Ito^v. Arcliaeol.AnfsûIze. I. p. 29 cl 32.— l;> (Mal. /"/lot.fcm.
presque toutes les tombes des nécropoles de Myrina. des environs de Kerlch et d'Anapa, à Céphallénie '". On
J5J['J 'iiJiErpSn5lgïig^s^|,?'î^'-^f?n g ; /^-o^i
Fif;. 1333.
L'obole de Charon.
Fi,£;. 333 K — La\age du corps
a trouvé une pièce de monnaie dans la bouche d'un mort à Tarente ". Ces monnaies sont placées soit à ci'ité, soit entre les dents ; il y en a une seule, ou plusieurs jusqu'à douze et même davantage'-. Pour empêcher une putréfaction trop hâtive, on lave et on frotte le corps de parfums et d'essences : ce soin appartient généralement à des femmes choisies parmi les plus proches parentes'^, et il est bien nettement rei)résenté (fig. 3334) sur un vase à figures noires représentant la mort d'Actéon '•. Le corps est ensuite entouré de bandelettes'' et enveloppé dans un linceul" qui, pour les éphèbes, est remplacé par la chlamyde'" ; à Sparte on emploie plutôt pour les hommes
le vêtement de guerre, laooivix!;". L'usage des masques funéraires a disparu; mais on continue à orner le corps de différents objets de toilette qu'on retrouve souvent dans les tombes à la place qu'ils devaient occuper primitivement, surtout des colliers, des bagues, des broches, des bandelettes d'or la ténuité et
des amulettes, des bracelets, (dTÀsyi'î;! destinées à retenir les cheveux'
lie la plupart de ces bijoux indi(]uent bien
la
ragililé
qu'ils étaient de destination purement funéraire". Les trouvailles d'objets de ce genre sont innombrables et prouvent que chaque pays a ses habitudes: la toilette du mort est beaucoup plus luxueuse, par exemple, dans les colonies grecques du Pont-Euxin, dans l'Asie Mineure que dans l'Attique-' ; mais presque partout on orne la
p. I lô, e. 63 ; Is. 6, ♦! ; Eurip. Phoenic. 1329, lliSI ; Hecyb. 605 ; Lucian. l. f. 11; Schol. Plat, ad, Hipp. minor. p. 368c; Slob. Serm. 121, 18 o. — " Millhfil. des deut.tcli. /nst. Athen^ 1890, pi. vui, — '5 Lucian. /. e. iO ; ArislOfili. Sectes. 1032. On a relrouvtî des dM>ris de bandelettes {Comptes rendus, 1874. p. 138 cl 1875- 76, p, 16-17), — II"' l.ysias, 12, 18; Kurip. Phoen. 1320, 1326 ; Alcest. 158: Sopbocl, Klectr. Il«. — 17 Anihol. Pal. 7, 465. — I» Plut. Lyc. 27,— i» Roiindorf, Oriech. und Sicil. Vas., p, 19, fig. 2 el 5 ; f'olticr-RcinacIt, Mt/rinn, p. 105-106 cl catalogue n"' l-i6-i70 ; Brueckner et Pcrnice, /. c. p. loi ; .Antike Denkmaeter d. nrch. Iiist. Il, n"' 2-4; Comptes rendus. 1867, p. 3 ; 1S86, p, 31 ; 1873, p, 45 ; 1839, p, 121 cl allas, pi. ut, n" 2. On ne voit |xas bien si les sandales dont il est question à l'année 1SS2, p. 23. liaient .aui picils du niorl on â col^. — 30 Potlicr-Rcinacli,, Myrina, p. 10.3-106 ; Kaoul-Roclicttc, /. c. p. 632 ; v. fiRArraïc et cacl&tcba. p. 78^ cl s, — -' Sur la toilette funèbre en gi^néral. voir Huinonl. /Vi'm/. cératniq. de la (irêçe propre, p. 33-37,
FUN
FUN
tètfi du mort d'une couronne qui est soit de fleurs, soit de métal, souvent d'or, imitant un feuillage [coronaî'. L'État peut décerner une couronne d'or à un mort'. Nous ne savons pas exactement quel sons avait cet ornement; le scholiaste d'Aristophane' y voit la récompense décernée à l'homme après le combat de la vie ; Lucien paraît croire que les fleurs de la couronne jouent le même rôle que les parfums, pour diminuer la mauvaise odeur'. A Myrina on a trouvé de petites plaques de bronze portant le nom du mort et destinées à être attachées à son corps ^; elles rappellent ces tablettes d'héliastes qu'on a souvent trouvées dans les tombeaux de l'Attique et auxquelles Aristophane paraît faire allusion"; à Mégare on a trouvé également des plaques de marbre carrées avec les noms des défunts''.
2" L'exposition, Tipoôstriç. — Elle a lieu, du moins dans l'Attique, le lendemain de la mort; il a dû en être de même dans le reste de la Grèce ; cependant à Thurii elle a lieu la nuit *. Elle est absolument nécessaire ; on expose même les ossements des gens morts au dehors qu'on ramène dans leur patrie ^ Platon paraît y voir un moyen d'éviter l'ensevelissement de gens en catalepsie". Pour le détail, la loi de Solon laissait chacun libre". Le mort repose allongé, avec un coussin sous la tête'-, les pieds vers la porte''', sur un lit (xXtv-fi) qui est placé
soit dans la maison, soit dans l'atrium; dans la loi de Julis, ce lit doit être à pieds en forme de coin''; il est également à quatre pieds sur les monuments figurés '^ 11 est orné de branchages, à Sparte de feuilles d'olivier""', à Athènes d'origan et de vigne''; on l'entoure, à Athènes, de lécythes blancs à représentations funéraires, sans doute remplis de parfums et qui doivent être déposés au tombeau'*; en même temps que les couronnes de Heurs, de feuilles d'ache ou d'olivier et quelquefois d'or envoyées par les parents '^ Le linceul du mort, le drap posé sur le lit et le drap qui recouvre le tout constituent les trois couvertures qu'autorise la loi de Solon-"; la loi de Julis dit que les trois linceuls ne vaudront pas ensemble plus de 100 drachmes-'; mais dans beaucoup de pays ils sont plus luxueux ; un tombeau de Kerlch renfermait plus de 300 plaques d'or qui avaient dû être cousues sur une étoffe--. Les linceuls sont généralement de couleur blanche ■-"', quelquefois noire-', quelquefois, comme l'indiquent les monuments figurés, violette ou verdâlre^''. On met devant la porte de la maison un vase rempli d'eau de source, àoSiviov, pour que les personnes (|ui sortent de la maison puissent se purifier-". A Julis la loi défend l'usage pratiqué jusque-là de mettre une coupe sous le lit et de répandre reau". Les monuments figurés montrent encore d'autres objets dans la chambre mortuaire :
Fig. 3335. — Exposilion du mort.
une ombrelle -", un éventail qui sert sans doute à chasser les mouches^'. Parmi les assistants il y a généralement les proches parents et les amis invités; les hommes sont libres de rendre les derniers hommages à qui ils vimlent; il n'y a do limitation d'aucune sorte^"; mais, pour les femmes, la loi de Solon n'autorise à assister à l'exposition que colles qui sont âgées do plus do
1 Oolligiiûii, Cutalogue dfi vases peints du musée de ta .S'oc. archéol. d'Attiènes, n" iii'J ; Ileydemaiin, Griech. Vasfnbitder, laf. xii. ) 1 ; Ilpiv/.on, Annali delV Istituto. iSi3, p. 2Tr,.28S ; Comptes fendus, 1873, |i. .I-O et 7 ; lS7i. p. 138; 1873-187(;. p. 10-17; l'otticr-Ucinacli, /. c. p. 103 et 1!I7; Pollior, Lécythes, p. 16; Antike Denkmâter, 11, 2-4 (la couronne sur un vase du Dipjlon), voy. l'art, corona. — 2 Kaibel, Epif/r. gr. 502 ; Cic. pro Ftac. 31. — 3 Lysistrat. 601. - * L. c. 18 ; cf. Potticr, Lécythes, p. 19. — •'• Polliei-Reiaach, l. c. fig. 21, p. 200-208. — ''Plut. 177, 278; cf. Potlicr-Kcinacli, /liid. On a trouvl"' des pla(|U<>s d'op avec ic nom du d^-funl dans uiï loiiibeau étrus(pie dn l'épo(iuc romaine (Raoïil-Koclidlc, /. c. p. ;i83). — " Itee. archéol. 1801, 1, p. 123. — 8 Menander, De démons, p. 203 (Walz, Ithetor. f/r. IX). — '■> h. (I, 4. — 10 leg. p. 9;i9 A. — 11 Dem. 43, 62. — 12 Lys. 12, 18; le coussin est représenl»^ sur un vase lin Dipylon, Antike Denkmûler, 11, taf. H, 2-4. — ':' Pollnx, 8, 65; I.ucian. /. c. 11; Hesych. s. u. S,ix l)jp.r,y. — Il § 2. 1. 7. — is Monumenti, I.X, tav. 39, n" 3. — 10 Plut. /lis/, lacon. 18. — <' Arislopli. Ecclesinz. 1030. D'après Uos» (/. c. 1, p. 23), Faurel avait trouvé un lit do branches d'olivier dans nu sarcophage en marbre de l'Attique. — '» Aristopii. /l'afesiiiî. 1030, 1032, 1153;
soixante ans ou, au-dessous de cet Age, seulement les proches parentes jusqu'aux filles de cousins germains''". Ainsi il y a identité entre la liste des femmes admises à l'exposition et la liste des parents au degré succossible ab intestat'-. Dans la loi do .Iulis les seules femmes qui doivent entrer dans la maison sont les parentesjusqu'aux lilles de cousins et encore pas toutes, car au delà du
Plut. Aristid. 21; Schol. Plat, fïijip. min. p. 308 c; cT. F'ottier, Lécythes, p. 19-20. — 19 Schol. Eurip. Phom. 1032 ; Plut. Pei: 30; Timol. 26; Suidas, s. V. ct'ilvoj. — 20 Plut. Sol. 21, 6. — 21 § 1, I. 4. — 32 c. rendus, 1875, |i. 5. Raoul-Rochette signale une trouvaille du mt>me goure à Ivertch (/. c, p. 649. et Journ. des Saeants, 1832, p. 5-11, voy. brattea). — 23 pUit. De oud. poet. 6, p. 23 B; Pausan. 4, 13, 3; ArtemiJor. Onirocr. 2, 3 ; loi de Julis, § 2, 1. 3; C. rendus. 1882-1888, p. 23. — 2'> I.ucian. Philops. 32 ; Schol. Arisloph. llan. 1330. — s;; pottier, Lécythes, p. l.'î. On a Irouvi'' des restes d'un tissu de laine brune dans une tombe de Kertch {Comptes rendus, 1875-1870, p. 33). Sur les linceuls loir aussi Jahrh. d. deutsch. Lislil. I, p. 121. — 2C Polluv, 8, 65; Suid. î. h. '■.: Eurip. Alcest. 98; Arisloph. ^cc/csia:. 1033. — 2i § 10. — 28 tierhani, Akadem. Abhamllungcn. I, p. 14, pi. 1 (vase apnlieu <pii repr^-sente l'exposition d'Arclu-inoros). — 2!i Benndorf, l. c. pi. 33, V, p. 12. Cf. la ciste des funérailles ib- l'atroclc (Monumenti, IX, lav. 32-33). — M Thuc. 2, 34 ; Tbeoidu-.asl. Charact. 1 1 ; Is. 9, 4. Dans une inscription de MessiNne, les citoyens vont en masse au-devani, d'un convoi funèbre [Ftntl. de corr. hell. '.'*, p. 15i). -- •*! hem. 13, Ci. — ;i2 Dem. 43, 51 ; Is, 7, 22.
FlIN
FUN
l'ig. 33:ifi.
degré de s(rur on n'admet que cinq l'emmes niil)il(;s el deux enfants; ce sont probablement les proclies panmtes jusqu'aux sœurs (]ui sont souillées parle ('onlact du mort ([jLiaivci|ji.£vatj'. Sur une plaque du musée du Louvre -ifig. 3336), les femmes sont désignées par les noms qui indiquentlesplus proches degrés de parenté; sur la plupart des monuments figurés, les femmes sont en majorité \ car elles ont le rôle principal dans la cérémonie.Tousles assistants ont des costumes de deuil, de couleur noire ' ou grise '', d'après les textes; mais nous ne voyons de vêtement absolument noir que sur un seul vase"; sur les lécythes, il y a des nuances violettes, vertes' ; à Argos la loi autorise les vêtements blancs"; à Julis, d'après Héraclide, les hommes n'ont pas de vêtements de deuil; à Gambréion, la loi fixe la couleur des habits de deuil, blancs et noirs (cpaioç) pour les hommes et les femmes, mais les hommes peuvent les porter blancs.
C'est surtout pendant l'exposition, comme le montrent les textes et les monuments, qu'ont lieu les manifestations du deuil ". Les différentes législations ont essayé de les modérer. A Sparte, Lycurgue a interdit les plaintes'". Gharondasa fait des règlements du même genre". D'après Héraclide, la loi de Julis interdit aux hommes de se couper les cheveux. La loi de Solon interdit également les clameurs des femmes, les gémissements inarticulés (xwxijEtv), les thrènes composés à l'avance, l'emploi de chanteurs et de chanteuses étrangers'-; mais elle laisse subsister les chants funèbres'-' et d'ailleurs les monuments (fig. 3337) prouvent qu'elle n'a pas été rigoureusement observée''. Il est probable que le thrène de l'époque historique, chanté, d'après les grammairiens, sur le mode phrygien ou carien, ne diffère pas essentiellement de celui de l'époque homérique''; il s'appelle Opf|Voç ou è7itxY,5£tr>v (s.-ent. àdjxa); les grammairiens essayent inutilement d'établir une distinction entre ces deux mots"'. Pollux mentionne le Oyr,\otoiq, personnage loué pour chanl<>r, nu qui conduit le chœur". Xous
1 £. c. § 11. — - Où elle a H6 dcssiaOc ; cf. Duruy, I/isl. des Orecs, I, p. 173; Bcniulorf, /. c. Uf. 1-2, p. 3 (outre le pùrc et les frères, il y a la graïui'môre, la m^l•e el les stpurs}. Voy. les groupes analogues sur des vases : Monum., VIII, lav. -i-S, 1 ft (huit personoes), 2 b (tiualrc femmes: Ib. III, lav. liO (six femmes et deii\ cnfaiits) ; IX, 39, n" 3 (liuil personues). — ^ Voy. noie prfcèdeiile et pour les vases peints, benndorf, /. c. p. 6-7. A la mort d'Erjsichtlion, il y a sou père, sa m6re, ses sœnps, sa nourrice et div femmes (Caltini. In Cer. 93). ^ '• Hom. //. 'Xi, 93 ; Hymn. ad. Démet, ii; Eurip. Ak. 127 et 819; UeU. 1088; liion. Idyll. 1. i5 ; Xen. Hrll. ), 7, 6 ; Tlul. l'er. 3k. — ^> Vita Eurip. ; p. 135 (éd. Weslermaun). — ti Furlwaengler, \<isens(tminl . d. lîerl. Afus. n" 26fi4 (publit- par Girard, La peinture anti'jue, iig. 122t. — '' Pollier, Lécythes. p. 12. — 8 piui, Qu. rom. p. 270 F, c. 26. — 3 Cf. Saplio, fr. 62; Nonn. Dionys. 18, 344. — 10 Plut. Lyc. 27. — Il Slob. Scrm . 41. 40, 1. 13-17. — 12 Plut. Sol. 21, T.. La loi des Douze Tables proliibe de même l'usage du iessutn que Cicérou traduit par», funebris ejtiliitio •■ {Oc leg. 2, 23). V. aussi laMoi de Ct^os, Dittonlierger, Syll. 468, 25. — 13 Solon, Fraii. 21 (iVl. Bcrgk). — U Plaques de terre cuile peintes du vi" siùcle, dans Bcundorf, (. c. pi. i ; 'Eçr,;». 4j/, I88S, pi. ii; Colli-
n'avons pas d'autres renseignements sur ce sujet. Nous ne savons ;'i quel moment on pouvait chanter les thrènes ([ue Pindure avait composés pour de riches familles; on devait plutôt les chanter dans des cérémonies com-
mémoratives " .
.11 faut citer aussi l'usage qui se maintient encore de se couper les cheveux, sans doute pour les mettre dans le tombeau"; la loi de Julis qui l'interdit aux hommes le laisse peut-être subsister pour les femmes.
Les m o n u menls figurés représentent souvent la scène de l'exposition. Elle se trouve par exemple sur une série de vases dont les plus anciens, ceuxduDipy-
l.a famille autour du mort .
(<?^f^^^M(AT^AH>/Tf^:/VP^hcO
Fig. 3337. — Le ehant funéraire.
Ion lig. 3338)-", remontent peut-être au viii' siècle, sur des loutrophores à figures noires et rouges, sur des plaques de terre cuite (fig. 3336), sur de nombreux lécythes (fig. 3339), sur une stèle attique-'. On y voit les différentes attitudes desassistanls*-; ils sont en général debout, fontle simulacre de s'arracher les cheveux, tendent les bras vers le corps; plusieurs personnes tiennent des offrandes destinées au tombeau, surtout les bandelettes de deuil raiv-a) pour
gnou, (;a::elle archéol. 1888, p. 226 et suiv. — Ij .\eseh\l. Sept. 1064; Sopli. lilectr. 88; Kurip. Med. 1208; Plat. liep. p. 3 SD; Pollui, 4, 75; llcsycli. t. r. x«5rv«i. — if' Eust. Ad Od. p. 1673, 48; Scrv. Ad. Bucol. 5, 14. Il y a les mois irtxr.Sî;'.; <->$r, dans Plat. Lcy. p. 800 E, ÎTrtxr.Ss-.^; ^K^*^^ *^"^ Suidas, <. h. v. — 17 6, 202. — l» Cf. Girard, (. c. p. S69-27I. — 19 Eurip. Al. 819. Voir coiia. p. 1362. — 20 J/onum. deW Util., IX, pi. 39- 40. — 21 Benndorf, /. c. pi. wmm. et 7. p. 6-7, pi vn, 17, 1. Aux monuments cités aux notes prêcédenfcs nous ajoutons : Potticr. I. c. pi. I et p. 12-13; de Wittc, C. rendus de CAcad. d. inscr. 1367, II, p. 164 cl suiv.; Hirsclifcld, Vasi cucaici {.innali, 1872, p. 131-185 cl Monum. IX, lav. 39-40); Dumont, Céramiques, I, p. 388 cl pi. xxxli; Mélanges, p. 102-10,1 ; Collignon. J/onum. e( incmoircs. Fondât. Piot. I, p. 49 cl suiv.; Furi- «aengler. /. c. n* 2i.'i6, cl CoUect. Sabouroff, pi. xv, xtu et lu; Ath. Mitth. IS'.'l, p. 378 el suiv.; Hrui'ckneret Pernice. /. c. p. 103-104 (vase du Dipvlon; sous le lit à J>aldaquin deux femmes, à droite sept ligure*, à gauche cinq ; derrière deux hommes^ ; Jahrb. d. k. arch. Inst. 1^93 ; Arch. Atiseiger. p. 196: Ant, Denkm.. Il, pi. n, 2-1 (prolliésis dune femme). — »2 C. SilU, Die Gebtrdea rfcr Grieck. u. Hômer, Leipr. 1890, c. iv.
FUN
FUN
lesquelles il ne semble pas qu'il y ail eu de eouleur obligatoire, car il y en a de rouges, de noires, de violettes' ; sur un lécythe figure un oiseau sous le lit du mort; c'est sans
Fig. 3338. — Exiiosition du inorl.
du vi" siècle montre à côté de l'exposition d'une morte l'intérieur du gynécée avec plusieurs femmes qui s'oc-
)ule aussi une oflrande"-. Une plaque à ligures noires
Fig. SS:!!". — Expo^ilion ilu mort.
cupent du petit orphelin [voy. p. 466, fig. 2597] ^ 3° Le transport (âxciopà). — Dans beaucoup de villes il y a encore, avant le départ, des libations et des sacrifices funèbres; à Athènes il n'y a plus guère que des libations *. D'après la loi de Solon, le transport a lieu le lendemain de l'exposition, à la fin de la nuit, avant le lever du soleil, pour ne pas en souiller les rayons^ On ne doit
Fier. 3340. — Convoi funèbre.
même, dans cette fin de la cérémonie, prononcer le nom d'aucun dieu\ Le transport a lieu sur le lit de l'exposition, souvent surmonté d'un baldaquin et orné de branches et qui est porté soit à bras (fig. 3340), soit sur un char à quatre roues; dans le premier cas les porteurs sont, à l'origine, des parents ou des esclaves de la maison'', plus fard des porteurs payés, vsxpo'fopoi, vsxpoOà-KTa!, Tst-iî?;, xÀi[ji.axf|Cpopo'.''; on peut sans doute prendre des citoyens pour les morts de distinction'. Le char est généralement traîné par deux chevaux, quelquefois par des mulets'" {fig. 3341). Les membres du cortège s'avancent derrière le corps dans un ordre qui n'est pas abso-
1 SUclielberg, /. c. laf. 4(, 1-2; 4o ; 46 ; Bcnildorr, /. c. p. 33, 3.i ; Cullignon, Cataf. 6:!'.! -.cf. Pollicr, ;. r. p. 18. — 2 Cf. Potlicr, l. c. p. 20-21. — 3 Aiililo' Ih'nkmliU-r , II, laf. 0, 2; Collignoii, Gaz. arch. 188S, pi. xxxi. p. 1229; Ilirschfclcl. Mhnuschil'iita/tcs im Hertiner Muséum, dans Festsclirift fi'tr Ovrfiecfc, l.i-ip/ig, 1803.
— ■• Hal. Minos, p. 315, c. 5. — li Anlipli. C, 31; Ucrii. 43, 62 ; Heracl. Allegor. hoiii. 68 ; l'iat. Leg. \\\, 060 A; Slob. Serm. 122, 16 ; Cic. De leg. 2, 22, 106; Anihol. l'alal. 7. .Ï17; Euripid. Akcsl. 23; Hipiiol. 1137; Troi. 416. Lys. fr. 1.
— G Dcm. 60, 30. — 1 Sur uQ vase, qiiall'û figures barbues paraissent ùtre des esclaves {^Monumenti, VIII, lav. 4, n" 1 b), — 8 Plul. Phoc. 37 ; Cat. viaior, 9 ; Euripid. Alcest. 611 ; Sopliocl. Electr. 1488; Anthol. l'ai. 7, 63i ; Polvb. 3.ï, 6; ï'ollux, 7, 19a. Voir le mot fossor. — '^ Plut. Tim. 39. — 10 Deux eautliares à
luuient déterminé, avec le môme costume ([u'à l'exposition. Il y a en tète une femme, rèy^^uToi^-pia, portant un vase appelé /uxpiç, pour les libations". Viennent ensuite les hommes revêtus soit du costume do deuil, soit du costume de guerre avec leurs armes, et qui, dans ce dernier cas, sont souvent montés à cheval. A l'époque ancienne, avant les lois de Solon, il y a eu sans doute beaucoup plus de magnificence dans le cortège, comme le prouvent les peintures des vases du Dipylon (fig. 3342) où les hommes sont souvent montés sur des chars et où la voiture funèbre a des proportions considérables'-. Mais on a dû, niènu' plus lard, autoriser
ligures noires représentent le transportFon à dos d'boiunies ilig. 3340), l'aulrc sur un cbar (MiUiet-Giraudon, Vases du Cabinet des Médailles, u"' ;{7-30). Cf. Micali, Monu~ menti iter servire alla sloria, pi. xcx^ i ; l'ariofka, Ililder antik. Leb. pi x\. 2: Antike Denkmàler, laf. 10, 4 ^ Fiirlwaengler. /. c. n° 1814 (vase «lu l)i|ivloiil. — Il Etjm. niagn. s. h. v. Elle figure sur la platane de terre cuite citée à la noie suivante {fig. 3343) . IJrueckner (/. c. p. 143) conjecture ([u'clle portait au tombeau les loutropliores. — '2 Sur un vase du Dipylon (fig. 3342). le lit est à baldaipiin ; à côté du mort, à droite, une femme qui soutient sa ti^tc cl tient un enfant sur son genou : derritre, il ; a six femnies et quatre guerriers ; à gauclio une scCno synu^lriquo (llirsohfeld, Vasi areaiei, l. c. n" 43) ; sur un second, le premier registre de dessins nioutre à droite cinq femmes et des liommcs armés, à gauclie des fennnes ; le second
FUN
VMl] —
FIN
le cosliiiiie riiililairc pour les hommes; car Platon demande dans ses Lois qu'à rcnterremenl des premiers citoyens de l'État, les éphèbes marchent (!n tête en costume militaire', et il se peut r[uc' l'éphèbe armé, coille
du pélase et drapé dans riiimation, qui li;,'ure sur plusieurs vases-, signilie primitivement ci'lte assistance des hommes armés '. Derrière les hommes il y a les femmes (|ui ont assisté à l'exposition''; mais les peintures de
Fig. 3S4I. — Convoi funèbre.
vases montrent souvent, pour l'épociue ancienne, d'autres hommes derrière les femmes. La marche est fermée par des joueurs de tlûte; la loi des Douze Tables en limite le nombre à dix-', il est probable qu'il y avait la même
disposition dans la loi de Solon. Ces musiciens accompa-
^'uent-ils des thrènes? Nous ne savons pas exactement.
Dansl'.Mtique, quand le défunt a succombé à une mort
violente, on porte en tète du cortège une lance qui in-
Fig. Miî. — Convoi funèbre.
dique le droit de vengeance des parents ; on la plante ensuite sur le tombeau autour duquel on veille pendant trois jours''. La loi de .Iulis recommande le silence pendant le transport". A Athènes, dans les enterrements publics des soldats morts à la guerre, on recueille et on
regislre neuf cli.irs .i lieux roues et i lieuv chevaux (/bid. n" 4i cl Moinnnenti.W, pi. xxxix-xi. ; sur la |ilanclie 10. il y ,i sis chars à deux chevaux). Sur un Iroisicniclc char est à quatre chevaux ; il y a aulour de la hière plus de douze personnes et le corlè:;een conipi-end plus de cent iliruecknerel l'erliice, /. c. p. lol-ln;i. tombe n" i ; cf. p. 107, lonihe n" :!'. Sur une plaque de lerre cuile. il y a .lutonr du char trois l'eninies, le joueur de llùle et ileux l'plu'bes en cosluuio de guerre (Uajel. MomiiKiits de t'iirt antiifttc, I. pi x et notice — Duru\. liist. (/es Grecs, 1, p. -iilj. Cavaliers,
expose les ossements sous une grande tente; on leur ollre les hommages et les libations ordinaires, puis on les transporte dans dix cercueils et sur dix chars, un pour chaque tribu; un onzième cliar porte un lit vide pour les corps disparus; le cortège comprend les citoyens
éphèbe à cheval, dans Monumenli, VIII. lav. 3, Collignon, Calai. 505. — • \ S|iarlr les .Mess#nieus, hommes et femmes, doiienl suiire. habillés de noir, le corli-gc du roi ou des personnages de marque J'ausaii. i, 14, 3). Des soldala armi^ e^orlcnt l'urne qui eonlieni les eeudrcs de l'hilopoemcn (Plut. Philop. il. S). — i Benudorf, /. c. laf. IC. I ; IS, l,î; îl, I (voy. fig. 3310). — 3 CoDJeclure de PoUicr. l. c. p. 1,1-63. — ' I)em. 43,62 (loi de Solon) ; Lysias, I, 8. — 5Cic.flefcj. Ï,Î3. — 6 Pollux, S, 7j llar|iocr. s. u.-S<;;>; Ueni. 37. 69. — 7 § 4.
FUN
FUN
el les femmes'. La cérémonie du transport n'est représentéequesurunpctilnombredc monuments figurés dont les principaux ont déjà été énumérés^. On y voit souvent le geste traditionnel, l'extension de la main vers le défunte La ligure du mort est toujours découverte, comme l'ordonne la loi do Julis'.
■4° La mise au lumbeau. — Celte cérémonie diffère selon les époques et, à la même époque, selon le mode de sépulture.
L'époque primitive est celle à laquelle correspondent les vases du Dipylon. Les fouilles ont prouvé qu'on y avait pratiqué presque exclusivement l'inhumation. On n'a guère trouvé qu'une tombe à incinération dans la nécropole du Céramique et une autre dans la plaine au sud-ouest du Pnyx°; les tombeaux caractérisés par les vases de la période géométrique à Eleusis ont donné les mêmes résultats''. Des deux lombes à incinération connues, l'une était une simple fosse en terre, l'autre devait avoir la forme d'un caveau ; les cendres y ont été trouvées dans des urnes en bronze ; l'une était portée sur un trépied du même métal ''; la seule marque extérieure était sans doute le vase du Dipylon trouve encore en place sur une des tombes*. Au Céramique, les fosses à inhumation sont simplement creusées dans la terre; à Eleusis elles sont entourées de dalles ou de briques ; quelquefois une décoration de plaques de terre cuite peintes forme le pourtour de la cuve funéraire ' ; on connaît aussi l'exemple des sarcophages peints de Clazomènes '". Le mort y a été déposé allongé, peut-être enveloppé dans les linceuls, comme on l'a vu à propos de l'exposition. La loi de Julis, qui ordonne de rapporter les linceuls à la maison", a sans doute été particulière à ce pays. 11 n'y a pas de cercueil. Le mobilier funéraire disposé autour du mort est plus ou moins riche; au Céramique il comprend des armes, des diadèmes, des rubans d'or, des vases, des hydries; en Béotie on trouve des fibules et d'autres ornements en bronze'-.
On rencontre en outre, à Athènes, à côté de tombes qui paraissent être du vi" siècle des tas d'ossements de victimes'^. Ce sont là les indices d'un ancien culte des morts, tel que le décrit Platon '*, qui comporte ces holocaustes que va interdire Solon'^ et que la loi de Julis autorise encore d'après l'usage des ancêtres'". Les grands vases du Dipylon, trouvés dans les tombes,
1 Tliuc. 2. ii'i. — 2 Elle lu- figure pas sur les lôcUlics hlaiics. Cf. PoUicr, t. c. |i. 29, — y Cr. Kiiriii. Alcest. 788. — * § 2. — ^ Hrueckiier el l'eruice, /. c. p. 143 et p. 4U-41o. laf. xiv. Une autre tombe à inciur-raliou qu'Hirschfcld {Annati, 1872, p. 135) croyait de celle époque esl sans doute post»^ripurc. — 6 'Eoïisa. àf/, 1887, p. 171-187. .^I. riiilios croit tiue s'il y a «[uelrpies traces d'IticiiK^ralion, c'est qu'où a brùIé des os pour faire de la place, — 7 Jirueckner et l'eruice, /, c. p. 104-103, lig, -i-5 et p, 41i-4ia, laf. Iiv, — 8 lOid. p. 11.3, — 'J llirsclifeld, Athetu Finiikes im Berl. Muicum {Fpstschrift fin' Ovcrbecb, Leipzig, 18î>3), — iO An(. Denkm. des dmtsch. lust. I, pi. xuv-xj.vi. — Il § c, — 12 Ath. Millh. XII, p.l4; 'Eçr.n.if/. I892,p,219,— 13 Brucclincr cl Vemcc, t. c. p. flO ; Alh. Millh. 15,
Fig. 3343. — Convoi funt-ljre.
n'étaient sans doute pas destinés à être brisés ; on devait plutôt les conserver, après les avoir utilisés pour la cérémonie funèbre, et en laisser un au-dessus de la
tombe comme
marque extérieure''.
Il ne semble pas quil y ait eu de règle fixe pour l'orientation de la tombe ni du corps. Au Céramique, quelques corps, surtout d'enfants, ontété trouvés dans des vases, par exemple une amphore, un grand pithos'".
La loi de Julis " interdit quelques pratiques qui devaient avoir cours plus anciennement, par exemple l'usage de porter au tombeau les balayures de la chambre de l'exposition-". Les stèles, mises à côté des tombeaux, sont rares; celles qu'on a sont brutes, sans ornements-'. La présence de nombreux chars sur les vases peints du Dipylon fait croire qu'on continua à célébrer des jeux funèbres en l'honneur du mort, el cet usage persista