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Fig. 3344. ^ Jeux auprès du tombeau.
longtemps encore, comme semble l'indiquer une peinture (lig. 3344) oii un char de course est représenté à côté d'une stèle qu'on achève de décorer --.
A l'époque historique, à partir du vi* siècle, nous constatons dans les rites des funérailles des changements assez importants. 11 est probable d'abord que, par suite des groupements politiques et de la concentration de la population dans les villes, les tombeaux de famille, souvent isolés jusque-là ", s'agglomèrent de plus en plus pour former des nécropoles. Nous les trouvons toutes en dehors des villes, mais à peu de dis"
321 ; 17, 33; Kuinanudis, njaxT.xii, IS84, 19 (fouilles du l'irée). — I'' !Jinos. p, 315, c. 5, — y-> Plut. Hol. 21 {diîfcuse de sacrifier uti bœuf). — 1'' ^ S, — 17 C'est l'oiulltou de Brucckncr cl Pernicc.p, 151, cl de Mili'hliocrcr(.4//i. Millh. 1880, p. 178) coulrairc à celle de Hajel {Céramique, p. 2i). — 1** Krueckucr et Pernîce, p. 134, lig. 30. — lailelbig, IhiU.d.lmsI. 1883, p. 133, — 2»S 10. — 21 liruecknorct Pernice.p. 133-134. où on cite des oliservalions analogues pour la m^cropole de Néaniiria (Kolilcwcy. ^'<•t^lu^ria, p. 17, fig. 30), pour Aiuorgos [llull. de corr. hell. 1891, p. .398; Alh. Miltli. XI, p. 99). Cf. Pans. (9, 37,7) sur la sliMe du tombeau d'AgaiiK^.lùs, - '2 Gerhard, Festr/edattk. an Wincheimnnn, Berl, 1811 , pi. Il : Mus. Cregoriauo, II, 16 — 23 Ils sont évidemment situas sur les terres de chaque famille, Cf, Deni. 37, 67 ; 55, U.
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lance, el surtout le long des roules. Les exemples de cette disposition abondent'. A Athènes, en i)articulier, il est absolument interdit d'enterrer dans la ville-; il n'y a guère que Sparte, plutôt grand village que ville, qui fasse exccplion à cette règle''. L'usage dos tombeaux de laniille persiste jusqu'à la plus basse époque, car on trouve souvent plusieurs morts dans la même fosse, et d'époques différentes : on pouvait donc rouvrir une sépulture pour y enterrer successivement plusieurs personnes; les chambres funéraires de Panticapée et d'Olbia sont de véritables ossuaires où l'on a fait de la place à de nouveaux corps en creusant de nouvelles cavités pour les cendres et les os des premiers morts''. Or il était f(jrmellement interdit de mettre un étranger dans une tombe de famille; des centaines d'épitaphes sont suivirs d'une formule interdisant de violer le tombeau ou d'y introduire une personne étrangère sous peine de malédiction ou d'une amende à payer à un temple, à la ville, au fisc, ou d'un procès pour Tu;j.C(.)f.u/'a '. Si le terrain nii était situé un tombeau de famille passait à un étranger'', le précédent propriétaire gardait peut-être, pour y accéder, un droit de passage. A l'époque romaine? il y a des places dans ces tombeaux de famille n(jn seulement pour les parents, mais souvent aussi pour les affranchis et les esclaves'. Ces tombes ont quelquefois un périmètre assez étendu"; on les entoure d'arbustes, même de parterres'. Il va sans dire qu'en tout cela il s'agit surtout des familles riches; les tombes des petites gens sont beaucoup moins bien garanties; car la nécropole du Céramique nous montre des lombes presque contemporaines établies les unes sur les autres'".
En second lieu, il y a maintenant emploi simultané de l'inhumalion et de l'incinération". Mais sauf pendant les guerres ou les épidémies, l'inhumation qui est beaucoup moins coûteuse est la plus fré(juemment employée '- ; c'est seulement à l'époque romaine que l'incinération l'emportera pour disparaître ensuite sous l'intluence du christianisme. 11 n'est pas question du bûcher dans la loi de .lulis. C'est l'inhumation qui prédomine dans les nécropoles deMegara Hyblaea'-',deTanagra'', de Myrina'-, d'Aegae en Éolide '" ; à Athènes, au Céramique, l'incinération paraît dominer aux vi' el v° siècles et l'inhumation au IV", et il en est de même à Érétrie". Les deux modes paraissent avoir été également employés à Panlicapée el àOlbia'».
La forme du tombeau varin selon les pays et surtout selon la nature du terrain; on peut distinguer dans l'ensemble les fosses creusées dans la terre et les constructions élevées au-dessus du sol. Les fosses sont sim-
1 Cf. UaussouUic-r, Qiiomorh seputcra Tanayrafi (let^oriiiu-rinl, p. .'J ; Corp. inscr. gr. 2821 (et la noie de Boeckli); Petilus, Lrt/es allicae, p. .■(95-.')'.*6.
— 2 Cic. Ad fmn. 4, 12. — 3 TIiuo. 1, 10; Plul. T.yc. 27, 1. l'Ius liu-.l il y eut ijucliiues exceplioiis ; ù .\plii-odisias de Carie, un ciloyon reçoit romine lioniiour le ilroit il'ùlre enterré au g\nniase (Corp. inscr. f)r. 2706). — * Combles irmliis. 1867, p. 10; 1882, p. li-1"», — 5 Voir Bajet. Archivi's fies missions. ;!• série. 111, p. 218; Vidal-l.a Blaclie, Commetitatio di: tittilis funebri/iiis in Asia Minore: Keinach, Traite d'êpig7'ap/tir} greeipu% p. -129-131 ; llirsclifelil, t'eber die t/riechischeu Oralischriften, irelche /lehisfrafen anordtten^ Kônigsberger St»t/iVjj. Nous renvoyons sur ce point aux arlieles sspui.crum, titi;i.i:s, tymhobycuia.
— 0 Deni. -iô, 13 : /.iscr. gr. .Sicil. ft liai, d'ii, ( I. «2. — ^ Cf. les coloniliaires de Sniyrne, d'Aphrodisias de Carie (Corp. inscr. gr. 2821-2816, 3270). A .\plirodisias des caveaux reufornienl un autel sur lequel est un sarcophage, puis des niches avec des unies. — 8 llem. H, 79. — » Anlhol. Palal. 7, 22-21 ; lienndorf. (. c. pi. xxiv, 2; Jtev. arclii'ol. 1873, XXVI, p. 377 (jardin autour de la lonibe du roi l'haruace. vers Oiav. J. C). — 10 Brucckner el Pernice, I. o. p. 81. — n Thuc. 2, 32 ;ri, 71 ; Oiog. l.aert. :i, 00; Plal, PItaedo. p. Il."i lî. Au Céramique, les lombes à incinération reminiteul au vi« siècle (Brucckner et Pernice. /. c. p. 100). — t* Plat. t.rg.
plemenl taillées dans le roc ou dans le sol, ou bien ce sont des récipients déposés en terre, sarcophages, cercueils, cuves, etc. ^''; il y avait au-dessus du sol quatre sortes principales de monuments, les tumuli, les stèles les édicules el les cippes ^'. Si la plupart des lumuli ont disparu ^^ sous l'action du temps, du vent et à cause de la culture du sol, nous savons cependant qu'ils étaient très nombreux dans les nécropoles. Milclihoefer croit que ce monument a été le plus usité à Athènes au y" siècle el qui; cela explique la rareté des reliefs funéraires de cette époque". Les peintures des vases el surtout des lécylhes blancs reproduisent le lumulus sous la forme d'un petit monticule-". Platon, tout en restreignant le luxe des constructions, permet d'élever un lu- 7imlus qui exige le travail de cinq hommes pendant cinq jours -^. Le tianuhis était généralemont surmonté d'un vase funèbre (lig. ;{;{i.")}, d'abord en terre cuite-", plus
Pig. 3345. — Tertre funéraire.
lard, dès le V siècle, le plus souvent en marbre-'. On trouvait encore au-dessus des sépultures des cippes, des colonneltes, des édicules, quelquefois de simples urnes-'. On mettait un loulrophoresur la tombe des personnes non mariées '". Souvent les tombes de gens du peuple n'avaient aucun siirne extérieur. A Clazomènes. dans l'ile de Vourla en face de Clazomènes, à Rhodes, on a trouvé aussi des sarcophages en terre cuite, souvent peints, en forme de cuves'". Voilà les principaux types de tombeaux connus. Pour les détails de conslructions, la décoration sculplu-
.\11, 947R; Thuc. 6, 71. — 1:1 Orsi, Monumenli dei Lincei, I. p. SS9. - <• llaussouUier. /. c. p. 70 et l.otliug dans Brucckner et Pernice. /. c. p. 1^8. noie 3.
— li PoUier-Reinach, /. c. p. 72-77. — 16 Bull, de corr. hell. 1891. p. ÏI3-23T.
— n Brucckner cl Pernice, /. c. p. 78-79. — 1* Eçr,;!. ij/. 1886, p. 39. — " Complet rendus, ls:i9. p. 8 ; 1801. X; 1862. XIV; 1873, 1-XXX; 1S74, IX-XI; 187.5-1876. V-XXXIV el 1-47; 1877, XVl-XXIV; 1S81,I-XX: 1882, IV-XXIII; 1883. XXXll- Xl.Vll-, IS80.t;Vlll CXX. - i» Poltier-Ueiulch. /. c. p. 58-70. lig. 12-13; llaussoullicr, /. c. p. 3-22; 62-70. — 21 potlier. Léeyihes, p. 53-.56. — Î2 11 en reste 1res peu au Céranùquc. Cf. Brucckner el Pernice, p. 85. — 23 Hitth. nth. Ahl. 1880, p. 104-191 ;cf. //(il/. I89n, p. 318-329 el /Iheiniscli. .\fiis. 1846. IV. p. 3 |iour 1m lumuli île Vourva el de Vélanidclia dans r.\ltiquc. — -^ Cf. F'ottier-Reinacli. /. e. p. 65, noie t ; Brucckner el Pernice, /. c. p. 96, lig. 6. — S Leg. XII, 958 E.
— 2it Monumenli, VIII, Uv. .S, I ; Potlier, Lécylhes, ap}>cnd. n* 86. — i'* Arek. Zeilung. 1804, laf. 183; cf. Milclihoefer, Mitlh., ath. Abt. 1880, p. 164-194.
— -I^Cf. Kuinanudis, •E-r^çasa; ii:iTJ;jL£iit, ::3oÀe^;ai>«, «r.-iS'-x«'. — S^Dcm. 4t. 18. .10, cf. Collignon. .l/oiiiinicii/s Piol, I, p. 49 cl suiv. — M BiiU. de corr. hell. 1890. p, 376-3S2; pi. M, 1892, p. 240-242; Annali, 1383, p. 168-183: i/a>iKnien/j, XI, tav. 53-51; Saliniann, .X^cropûle ile Camiros. pi. ;tirin, I, i.
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raie et les idées religieuses qn'on y attachait, nous renvoyons à l'article sepulcrum.
Les tombes à incinération sont naturellement de deux sortes, celles où le mort a été liri'ilé sur place, et celles où l'on n "a mis que le récipient des cendres et des os. Les tombes de la première sorte sont surtout des fosses spacieuses, qui ont encore des traces du feu, des débris de bois, des cendres; quelquefois le corps a été brûlé dans le sarcophage déjà en place dans la tombe'.
Cette opération pouvait se faire avec une quantité relativement petite de bois. Pendant la crémation on faisait des libations, puis on jetait dans le bûcher les morceaux des vases et ensuite, après l'extinction du feu, le mobilier funéraire. Quand la crémation avait lieu en dehors du tombeau, elle se faisait sans doute à proximité de la nécropole dans un endroit spécial'. Les cendres et les os du corps sont souvent encore enveloppés d'un linge, comme à l'époque homérique'. Les récipients des cendres et des os, les ostolhèques ont toutes les formes; on trouve au Céramique des amphores grossières, des hydries*, un grand cylindre avec un couvercle plat et renfermant une urne en bronze ', une cassette de bronze sans doulc enfermée dans un coffre de bois; dans l'Eubée des urnes de bronze"; en Sicile, en Cyrénaïque, à Panticapée des vases et des urnes de différentes formes'; à Myrina des vases de terre ou de métal ". On n'a pu mettre dans les ostothèques que de petits objets et il y a également peu de mobilier funéraire dans les tombes qui les renferment. Au Céramique il n'y a pas de tombes d'enfants à incinération; il est donc vraisemblable qu'à Athènes comme à Rome, les enfants très jeunes sont tous inhumés'.
Les tombes à inhumation peuvent se ramener, comme on l'a vu, à trois groupes : les fosses simples, les petits récipients de terre cuite et les sarcophages. Dans les fosses et les sarcophages, il y a généralement sous le corps, qui est couché sur le dos, les bras allongés '", soit un lit de sarments ou de branchages", soit un matelas en feutre'-, ou en diverses substances, varech, sciure de bois''; il se peut qu'on ait mis aussi un coussin sous la tête du mort. Dans les fosses simples,
I Pollicr-RoJnarli.AVc/'ii/). (/l'.l/i/niin, lombes, n" '.18-1 01 ; Anuali, 1884.(1.226-228.
— - Briierkiior el Pernice, /. c. p. tfiil, croicnl avoir rciroiivû Vuslriua du C)5ratiiii|uo. iiiarqiK'r par des débris el des couclies de cendres. — ^ Brueckner cl Pernice, l. c. p, 160-161; Ross, Arcft. Aufsdt. p 24. Brueckner cl Pernice citcnl encore {p. 18.5) dos morceaux de toile de lin Irouv^-s dans des urnes de bronze à ALIiùnes {Musi-e ih la SocitHi'; archrol. Invent. 5t'/5. ÛA.*iv. 301). — '* Brueckner cl l'eniice, /. c. taf. 9, n"' 2-4, — <• Ibid. fig, 32. — C Ibid. p, Kil,
— '' Raoul-Roeliellc, /. c. p, 590-591 ; Comptes rendus, 18S2,p. 14-15. — » l'oUier- Reinach, l. c. lombes n" 51, 108, 110. — » Plin. //l's/. nrit. 7, l.i; Juvcnal, Sut. l.i, 140, — 10 Pollior-Rninacli, /, c. Cig. 3-C ; Brueckner cl Pernice, /, c. p. 180, fig. 33- 34. — »l On l'a vu dans Texposilion, Cf. Ross, Arcli. Atifsâize, 1, p, 23. — '2 Observalion ilc I^umcI. cilée par Brueckner cl Pernice, /. c. p. 187. C. rendus, 1882. p. 19; aux papes lr.-17 il csl ipieslion i!c nalles el d'herbe lrou\Y'es non pas dans mais sous des cercueils di' bois. — '■! Cimiple.i rendus. 167.1, IV; 1S81. XX: I8.S2,
Fig. 33^6. — Mise au lombeau.
rarement dans les sarcophages de pierre ou de marbre, il devait y avoir comme premier récipient un cercueil en bois [sarropragus, sepulcrum] ; on en a trouvé un assez grand nombri^ pour qu'on puisse croire que cet usage a été général, au moins pour les fosses simples '\ La forme du cercueil est indiquée (fig, 334G) par un
loutrophorc attique à ligures noires '■'. Mais nous ne savons à quel moment précis on mettait le corps dans le cercueil. Les petits récipients de terre cuite sont tantôt des cercueils recouverts de briques plates ou on forme de toit"', tanti'it des cuves allongées pour les enfants'', tantôt desvases, surtout de grandes amphores fermées, qu'on trouve couchées et où on introduisait le corps par un trou fait sur le côté; mais, à l'époque postérieure, on ne met plus dans les vases que des enfants ". Les sarcophages sont tantôt enfoncés simplement dans la terre, tantôt emboîtés dans une fosse de tuf, tantôt placés dans une chambre sépulcrale : cette dernière disposition est surtout celle des sarcophages en bois de Panticapée et d'011>ia ''\ 11 y a des exemples de lombes qui sont à la fois à inhumation et à incinération -". On trouve souvent dans les sarcophages, audessus du corps, une quantité plus ou moins grande de terre : y avait-elle été mise intentionnellement ou faut-il y voir des sédiments laissés par les eaux -' ? Il est difficile de se prononcer. Il ne semble pas qu'il y ait eu de règle sur l'orientation des tombeaux ni sur celle des corps ^-. La scène de la déposition figure au naturel sur une amphore à figures noires--' (fig. 33'i6), et avec les dieux funèbres Thanatos et Hypnos sur quatre lécythes blancs: ces dieux soutiennent le corps du défunt et s'apprêtent à le déposer au pied d'une stèle (voy. p. 18, (ig. 2'287) ; leur présence parait exprimer une croyance populaire, le rôle du dieu de la Mort qui endort l'homme et l'enlève-'. Quand le mort a été déposé dans la tombe, on lui offre des libations; la loi de Julis n'autorise que trois congés de vin et un d'huile -° ; on brise, en général, une partie des vases qui ont servi à cet usage et on en jette les débris, soit avec le corps, soit au-dessus du récipient; c'est un usage général; cependant la loi de Julis ordonne de rapporter ces vases à la maison-". Les sacrifices
IV-.\\. — 1* Trou^aillcsâ Alliènes, Aixoné. Véianidct/a. Paulicapée (Hoss. Ardi Aufsàt:e, l, 24, 28; AiMi'-v àç/.. 1890, p. 23 Musée de la Soe. archéol. Inxienl. Sta=, ai.T,v, 296; Comptes rendus. 1873, IV. — K Monumenli, VIII. Uv. 4, I h
— If' i;f. Slackelberg. /. c. laf. 7. — n Pollier-Reinacb, (. c. p. 70, fig. 14.
— i« Brueckner el Pernice, /. c. p. 161. — 19 C. rendus, 1873, IV; 1874, IX-X; I87J-IS76, p. 1-15 el pi. i; 1882, IV-IX ; 1886, p. 188 cl 128 el allas pour 1882- 1888, pi. VI. — 20 potlier-Rciu.acb, /. c. p, 90; C, rendus, 187Ô-1S76, p. 24-26 (chambre avec un enfouccrnenl jiour un sarcophage cl ilcs niches pour des urnes.)
— 21 Pour la première opinion, l'oUier-Rcinaeh, p. 72; Clerc [/iulL de corr. Iiell. 1891, p. 213-237); pour la seconde, Brueckner cl Pernice. /. c. p. 186-187 cl Tsoundas, /liid. — 22 Les monumonls ne donnenl aucun rt^snllal ; les iexles sont ronlradicloires (Ael. Var, 5, 14, 7, 19; Schol. 'l'hue. I, 8 ; Diog, l.aerl, I. 47), — 23 cidessus, noie l.ï. — 2'> Collignon, Cutal. 630, 631 ; Robcrl, Thanalos, p, 19. laf. 1-2, Voir sur celle queslion Poltier, h'rythes, p, 22-23, — 2» § 3- — -" "" '•
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proprement dits ont à peu près disparu dans ["Allifiue au v' siècle, mais ils subsistent encori! dans d'autres pays; la loi de Julis, on l'a vu, les autorise encore et les colonies grecques du Font-Kuxin les pratiquent également à l'époque historique'. Puis on dépose à ci'ité du corps le mobilier funéraire ; il est généralement plus riche pour les hommes que pour les femmes. Les objets, surtout les vases, sont jetés habituellement au hasard, dans le fond de la fosse ou dans les grands récipients ; cependant, les objets de toilette sont souvent à côté de la partie du corps à laquelle ils étaient destinés ; ainsi, les miroirs sont à portée de la main ou vers la tète. Les petits récipients ne contiennent naturellement qu'un très petit nombre d'objets. On retrouve souvent une partie du mobilier, par-dessus les plaques de la couverture, sous une petite couche de terre - ; c'est le cas des vases qui servent aux banquets funèbres. Beaucoup d'objets, non seulement en terre cuite ou en verre, mais en bronze, en métal, ont été brisés anciennement et sans aucun doute avec intention '' : cette coutume ne peut guère s'expliquer que parce qu'on les considérait comme souillés ou parla crainte d'une violation du tombeau; on brisait les objets pour décourager les voleurs. Le mobilier ordinaire d'une tombe se compose de différentes catégories d'objets '". 1" Les ol)jets de toilette et les ornements fixés au corps du défunt que nous avons vus. 2° Les objets qui ont appartenu au mort et qui lui ont servi dans les usages journaliers de la vie ^ ; ils sont naturellement d'une variiHé infinie; pour les hommes, ce sont surtout les armes", peu nombreuses dans les tombes de l'Attique, les fibules, les strigiles, les bagues, les cannes, des jeux divers, surtout de dés, d'échecs, d'osselets ' ; pour les femmes, les miroirs, souvent enveloppés dans du lin ou du papyrus", les boîtes et fioles à parfums, où on trouve encore souvent des matières odoriférantes ^ les pierres ponces, les stylets, les aiguilles et les petites lames de toutes sortes, les cure-oreilles, les médaillons, les bracelets, les boucles d'oreilles, les petits objets en verre, bagues, perles, imitations de pierres précieuses '"; pour les enfants, surtout les jeux, les osselets, les gobelets. 3° Les objets destinés à recevoir la boisson ou la nourriture du mort, coupes et soucoupes, plats de terre cuite et de bronze, bouteilles de toutes sortes, oenochoés, alabastres; ce sont parfois de simples simulacres. On trouve souvent encore des débris des mets otïerts au mort, os, châtaignes, miel, coquilles d'œufs, blé, graines de melon ". On sait qu'on offrait aussi au mort un g;\teau de miel destiné à adoucir Cerbère (aîîaToïTxa) '-. i" Les monnaies qui représentent l'obole de Charon. 5° Les figurines do terre cuite, la partie la plus intéressante du mobilier [sr;ill,\]. G° Les poteries et les verreries. Les
1 C. rcniliix. 1882, p. IJ. — -' Uaussoullii'r, /. c. |i. TU-SO ; l'oUicr-Hciluicli, p. loi ; liraccknei' el Pernico, p. 1S8. — 3 C. rendus, 18.i!i, p. Il; IStlt!, p. 81; 1876, p. 8; SUrkellicrg, (. c. p. 37 -.Bull, de con: hell. 1870, p. 12.<. Voir sur coltc «[ucstion PoUicr-Rcinach, /. c. p. 101-1U4. — "* Voir les triivaux (K''jù rilC'sdc llaoul-RochelU', Uaussoullicr, Bnicclvucr et rcrilicc (p. 105-184), l'otlier-Reiiiacii (p. 78-100,101-100, 197-260), Pollier, /..'fj(Ae.«, 1, p. 63cl suiï.— iRoss, (. c. p. 28-33; Riiycl, Gazette des Beaux Arts, 1873, I. p. 300-306 — 6 Butlel. deW Islil. 1829, p. 121-163 (pour Kgiiio) ; Raoul-Koclicltc, /. c. \t. 61U (pour la Grande-tJrùco) ; C. rendus, 1873, XIV; 187ûl8TU, XXXlll; 1882, IV-IX (pour Paiilkapi!o ot Olbia).
— 7 Cf. PoUier-Rciuacli, p. 2lo-2IO. — « Raoul-RoclicUo. p. 562; Brucckucr el Periiico, p. 167-168, touibo il" 33. — 0 Rrueekuer et Peruice, p. 167. tombe n" 3:ï.
— l'> HrueckluM' cl Pcruicc, p. 167, tombe n" 87. — O Polticr-Reiiiacli, p. 71; C. rendus, 18S2, p. 12; Raoul-Rocbctlo, p. 681; Stackelbcig, laf. viu, p. 43.
— I- .\rislopli. .\ub. j07 ; Lysislial. 002. — 1^ Voir Pollier, Lécylkes p. 10 el suiv.
poteries appartiennent à tous les genres. Ce sont soit des poteries communes, bouteilles, amphores, cratères, oxybaphons, alahastres, aryballes, oenochoés, phiales, soit des poteries de luxe, coupes, vases peints, et, presque exclusivement dans l'Attique, les lécythes blancs à représentations funt-raires dont nous avons vu le rôle dans l'exposition", soit des lampes en terre cuite. 7" Des objets divers, des manches de fouet, des sacs en cuir, un panier d'osier, un masqueen or représentant Athèna'S des clochettes, des clous [clavls], des hameçons, des plumes à écrire, des coffrets en bois '», puis, toute la catégorie des objets dits de substitution, simples symboles des offrandes véritables, par exemple, des Heurs, des fruits, des tables servies en terre cuite, de petits modèles de constructions funéraires, stèles, colonnettes, des miroirs, des clochettes, des fauteuils en terre cuite. Il reste à signaler trois groupes particuliers d'objets. On trouve en plusieurs endroits des ossements d"animau.x domestiques qu'on enterrait parfois avec le mort""', d'oiseaux dans l'Attique, de moutons, de chiens, de chevaux à Myrina et surtout dans les tombes gréco-scylhes de Panticapée '^ Toutes les nécropoles préhistoriques et liistoriques du monde ancien ont fourni en nombre considérable des objets qui se ramènent à deux formes principales, des pyramides et des cônes en terre cuite, et des disques plus ou moins bombés, faits de différentes substances. Quelle qu'ait été la destination naturelle de ces objets, qu'il faille y voir des pesons de métiers ou des poids, nous savons pertinemment qu'ils ont été employés comme ex-voto religieux ; il n'est pas étonnant qu'ils aient servi d'offrandes funéraires ".
La déposition au tombeau est le dernier acte des funérailles proprement dites. S. l'époque historique, il n'y a plus de jeux funèbres; dans les enterrements publics on prononce alors le discours funèbre ^'epit.vpiiia. D'après la loi de Julis, les femmes reviennent de la cérémonie avant les hommes". Puis on procède à la purification de la maison mortuaire et de ses habitants -" ; à Julis, les personnes souillées sont purifiées le lendemain avec de l'eau, la maison avec de l'eau de mer et une autre matière dont le nom a disparu-'. Ensuite a lieu le repas funèbre, TTcpiosiTivov. auquel prennent part les parents et où on fait l'éloge du mort --. Solon avait restreint les dépenses des funérailles, mais nous n'avons pas les chiffres de sa loi ". Platon les fixe à cinq mines pour les citoyens de la première classe, à quatre pour ceux de la deuxième, à deux pour ceux de la troisième el à un pour ceux de la dernière -'. Gélon, à Syracuse, avait aussi diminué les frais -". Quelques associations religieuses, des thiases font enterrer leurs membres, pauvres à leurs frais : nous avons des exemples pour A'hènes et Tanagra-''. On célèbre, en outre, sur le tom-
— y^C. rendus, 1 873, IV ; 1 SS2. XIX, XXIII. — 1- Potliev-Rcinacli, p. 204-206. — 1« Sur cette habilude. voir Kaibol, Epiiiramm. gr. 329. 332, 625-627; Anlhol. Pat, VII. 207-209, 211. — 1" Brueckiicr et Perntce, p. 175; Pollicr-Reiaach, 74; C. rendus, 1801, X; 1862, XIV; 1866. XVIU ; 1873, IV; 1882, IV-IX. XII: ISS3-I884, X.V.XIII ; liullet. 1878. p. 47. — l« Voir sur ces objets Pollior-Reinacli. p. 247-260.
— 19 § 8, — ^ Schol. ad .\rislopb. .Yn6. 838. D'après uue inscription la durOc de la souillure pivduile par le coiilacl ou la vue d'un mort est limitée à div jours pour les membres d'une associaliou religieuse qui pratique à .\tUèues le culte du dieu étranger Méu Tyrainios (Foucarl, Associât, retig. chez les Grecs, p. 219. a* 38).
— 21 § 7 et 12. — i2 Dem. 18, 288 ; Atlien. VII. p. 290 <• -. Stob. Serm. 1 24, 34 : Zenob. 5, 28. Cicéron (De leit. 2, 25) dit qu'anciennement à .Mlièues les parents étaient couronnés. — 23 Plut. -Sol. 21, 6 ; Cic. De leg. i, 23. — âv leg. p. 959 D-E. — i- Diodor. Il, 38, 2. — *'■ llaussoullier. /. c. p. 73-74; Foucart, /. e. p. 5 el 194, n' 6 1. 12.
FIN
FUN
beau, le troisième jour après les funérailles, les roÎTa sous-ent. Èvrâ-iiï) cérémonie qui consiste en un repas lunèbre offert au mort' ; le neuvième jour les Éwarx -, puis le trentième jour la Tsiaxiç ou les xiiaxioîç, qui comprennent un sacrifice et un repas ^. Les textes qui nous donnent ces renseignements s'appliquent surtout à Athènes, mais ces coutumes sont générales en Grèce, comme vont nous le montrer les documents archéologiques ; on peut même dire qu'elles s'appliquent à toute l'antiquité, puisque la loi des Douze Tables interdit à Rome ces cérémonies '. La loi de Julis interdit également l'offrande du trentième jour (Tst-rixddTEa) ^. On peut renouveler le repas à l'anniversaire soit de la mort ", soit de la naissance; dans ce dernier cas, ce sont les v£vÉ<ji3t pour lesquels les défunts ont souvent laissé par testament un certain capital". A Julis, le sacrifice annuel s'appelle âviaOïia ; il entraîne pour la maison et les parents une souillure de trois jours, pendant lesquels ils ne doivent pas aller au temple". Cette pratique aboutit dans beaucoup de pays à une sorte de culte des héros". Les vsxuo-ia, dont parlent les grammairiens, sont probablement une fêle générale des morts, célébrée tous les ans dans chaque ville, à Athènes au mois boédromion'"; en Crète, il y a le mois vôxut'.oç. A Platées, on célébrait tous les ans une fête en l'honneur des Grecs morts à la bataille de Platées " ; elle avait lieu le matin ; le cortège se composait d'un joueur de 11 û te, de chariots pleins de myrtes et de couronnes, d'un taureau noir, de jeunes gens qui portaient les vases de vin, de lait, d'huile et de parfums pour les libations; l'archonte, en tunique rouge, l'épée à la main, allait chercher l'hydric déposée au local des archives publiques, faisait sur les stèles des libations et des aspersions d'eau et de parfums, tuait le taureau, offrait des vœux à Jupiter et à Mercure, convoquait les morts au repas et à la libation de sang et vidait en leur honneur un cratère de vin. On offrait également des victimes aux héros nationaux : ainsi, d'après Pindare '-, le héros Pélops recevait chaque année des libations de sang, et, à l'époque de Pausanias, on lui sacrifiait encore un bélier noir '^ Platon demande dans ses Lois '* qu'on célèbre tous les ans, pour honorer la mémoire des principaux magistrats, des concours musicaux, gymniques et équestres. Outre ces cérémonies régulières, les parents et mémo des étrangers font, de temps en temps, des visites aux tomlieaux pour renouveler les (jffrandes '\
Ce culte du tombeau a tenu dans la vie et dans larl des Grecs une place considérable. 11 faut y distinguer les offrandes au mort et les offrandes à la stèle. Parmi les offrandes au mort, il y a d'abord le repas funèbre. Les monuments qui le représentent ont fait l'objet de nombreuses controverses qui se ramènent à quatre hypothèses '° : 1° le banquet est un souvenir de la vie réelle
I Aiisloph. Ujsist. 612. —2 Is. 8, 39. — 3 Poilus, 1, 66; Hai-|iocr. s. h. u. ; lîckk. An. 26S, 19. — '* « Ne uni plura (funcra) Hcrent. » — ^ § 9. — 6 Is. 2, ■10; Clal. Leg. IV, p. 717 E ; Stob. Serm. 44, 40; Euripid. Alcesl. 366.
— ^ Diog. Laerl. 10, 18. — 8 B, 1. 1-13. — 9 Corp. inscr. gr. 1657, 1661.2478, 3837. — 10 Hcsycli. s. f. fiycma ; Artcniidor. Unir. 4, 83. A AUiùncs ce sont peutêtre les »f^t<rf.« (Dcni. 41, II). — " Plut. Arislid. 21. — li Olymp. 1, 90.
— 13 Pausan. 5, 13, 2. — il .XII, 947 E. — '5 l.a loi de .Solon a%ait cependant in- Icrclil les visites des ùlrangers (Plut. Sol. 21, 6). — 10 Cf. Pottier-Rcinacli, ;. c. p. 437. — 17 potlJcr, Li'vylhes, p. 69-73 ; Durnont. Mf^lant/ps d'arcftt^ologîe Pt d'èpifjraphie, p. 69-101, où il y a le travail le plus complet sur le banquet funèbre. A la note I, le complément de bibliographie, fait pur .M. Homolle, indique : Keinacb, Manuel rfc jihilulogie, II, p. 71-»i; Cardner, Journal itf hi-llenic sludies, 1884. p. 105 et suiv. ; Furtvvacngler, Collecl. Sabouroff, inlrod.
des défunts sur la terre ; 2° c'est l'image de la vie des bienheureux dans leur séjour ; 3° il représente les repas offerts à des divinités; -i° il reproduit les repas funéraires offerts aux morts par les survivants. Cette dernière hypothèse est la plus vraisemblable. Nos monuments se rapportent surtout à l'Attique, aux Cyclades, à la Thrace, aux colonies du Pont-Euxin, aux cijtes méridionales de l'Asie Mineure; pour ces régions, le banquet figure sur plus de trois cents stèles, bas- reliefs, terres cuites de toutes les époques, sur de nombreux ex-voto à Esculape, sur beaucoup de lécythes blancs'''. C'est la principale manière d'honorer le mort, de réjouir son ombre. On trouve sur les bas-reliefs et les stèles [sepulcrum] d'abord le type simple, le mort assis sur un trône, ayant à côté de lui sa femme, recevant la libation et quelquefois se versant le vin lui-même, puis les complications ultérieures, nées sous l'inlluence d'idées nouvelles ; le mort est maintenant couché sur un lit, tandis que sa femme reste assise à ses côtés ; la libation devient un véritable banquet, servi sur une table et en présence
Fig. 33 i". — Dauquet funèbre.
de liHite la famille (fig. 3347)"; on mêle à cette scène d'autres sujets empruntés aux mythes funéraires, les Adieux, le Cavalier, etc.; à l'époque gréco-romaine, la table et les assistants disparaissent; il rie reste en présence que le mari et sa femme et le caractère conjugal de la scène prédomine de plus en plus '\ Nous n'avons pas à étudier ici ces conceptions artistiques qui ne répondent pas à la réalité ; elles trouveront place à l'endroit où l'on doit traiter de la décoration du tombeau SEPULCuiMl. Les peintures des lécythes blancs du v' siècle et les vases italo-grecs du iv'' -" montrent mieux le véritable caractère et la simplicité de ce repas; il se compose de fruits et de gâteaux et d'une libation faite sur les degrés de la stèle avec de l'eau, nu du vin, ou du lait, ou un liquide miellé -' ; mais il se peut (jue dans certaines régions, en dehors de rAtti(]ue, il y ait eu un véritable repas--. On oITre ensuite au mort diffé-
p. 25 et suiv. et les nolices des planches xxx-xxxiii; Polticr et Reinach. /. c. p. IÏ2-133 et 437-442 ; Girard, l'Asclèppion dAlhines, p. 103 et suiv. — 1» Vo; . siieui.cReir. Nous ne reproduisons ici qu'une de ecs scènes où le banquet funèbre est caractérisé par la pri-'-sence do la barque de Charon, Salinas, Monum. .sepotcrali, p. 24 et s. pi. I, l' et pi. IV, b' ; Poltier. Lrcytii. p. 48. — lî" l.a série chronologique des scènes de banquets est donnée par Pollicr-Reinach, l. c. p. 438, noie 3. — 2i> Hcnndorf, ;. c. laf. 10, I ; 20, 2 ; 22, 1 ; Pollier. Lèvijtlws, appcnd. n" 67, 74, 87 ; d"Hancarville, Antiquités iHrusqnes, I, pi. lv ; Raoul-Hoclietle, Monum. inédiU, pi. Lxxvni ; Annati, 1852, lav. P. Pour cette question v. Pottier, Lécythes, p. 70-71. — 21 Acschyl. Pers. 6I.Ï; Euripid. Iphii/. Tnur. 160, 032; l.ucian. rAnroii, 22; Corp. inscr. gr. 2248; .inthol. Pal. 7, 657; Plut. Aristid. 21. — 22 A Kertcli une place jonchée de tessons, cendres, os, a peut-ôlre été l'emplacement des repas funèbres ;Com/>/f, s rendus, 1882, p. 23 ; cf. 1881, p. 11).
FUN
FUN
Fig. 33(8. — Onclloii ile la stèlo.
rents objets qui lui rappellent sa vie passée, par exemple à un soldai une ûpée ', ù un pêcheur une nasse et une rame -, à une l'umme un miroir, un éventail V (Jn oflre encore des oiseaux '*, des vêtements '■'.
Parmi les oflrandes à la stèle, il y a surtout les handcletles", les couronnes et les guirlandes de feuillage',
les fleurs *, les lécylhes à parfums posés sur le tnmulus ou fixés à la stèle'. On arrose et on frotte même la stèle avec de riiuile et des jarfums (lig. 3348) '».
Tous ces objetsolferts au mort ou à la stèle, étaient laissés sur place ";ils constituent évidemment une parlie du mobilier quon retrouve aujourd'hui à peu de ])rofondeur dans la terre ; et c'est pour cette raison qu'il y a sur plusieurs inscriptions funéraires des menaces d'amendes et des imprécations contre ceux qui oseraient les prendre ou les déranger '- ; d'après Lucien on les faisait quelquefois surveiller jiar un gardien ''\ Outre les objets que nous avons vus, il y a sur les peintures des vases les ustensiles nécessaires au culte du tombeau: la corbeille aux offrandes, zorvoîiv. y.-ivYjÇ, xizvÎcxîov, qui est toujours dans les mains d'une femme '% le coffret qui renferme les bandelettes, les objets de toilette '" et les différents vases pour les libations (-^'.aX/,) "et un vase qui est particulier à rAtti(|ue, soit une pyxis, soit une plémochoé ''.
Sur les peintures des vases, quoiqu'il y ait parfois des hommes'", ce sont cependant les femmes qui jouent le rôle prépondérant dans ce culte du tombeau; les altitudes sont, en général, plus calmes que dans l'exposition ; il y a des gestes d'adoration [adoratio, p. 118] qui consistent à étendre la main à plat vers la tombe ou à l'élever à la hauteur du visage, avec deux doigts, en général, le pouce et l'index réunis'"; les vêtements ont souvent des couleurs claires qui indiquent que le temps du deuil est fini-". Le mort est souvent représenté sur les lécythes (fig. 3349 et plus haut fig. 3333) par un personnage assis qui reçoit les otïrandes-', quehiuefois, comme sur plusieurs vases et bas reliefs de l'Attique, par un éphèbe qui joue de la lyre ■-: mais le personnage assis n'est pas toujours le mort-'. Lnfin les vases indiquent encore la conversation des assistants avec le défunt-' et la coutume de faire de la niusi(jue au pied du tombeau
1 Benniloi-r, I. c. laf. 21, i; Arch. Zeil. 1870, p. 15. 8; PoUier, /. c. pi. iv,
— 2 Aiithal. l'ai. 7, "iii.".. — 3 Bonildorf, l. c. 18, i. 5; Si, 1 ; Collignon, Ca'al. 650 ; Potlier, /. c. app. n" 57. — '» Ibiiï. n*** Vil, 55 ; Starkclbcrg, laf. -16. l, i; Bcuililorf, ;. c. laf. Il), 2 : C'.olligiioii, ;. c. 661 ; Arch. Zeit. 1880, p. 135 ; 1861, p. 25'J.
— » Cf. Pasanisi, ftivista di filoloffia. 1887, p. 513 et siiiv. — G Bcnndorf, /. c. laf. 17, 2; 25. — 7 Ibid. 2i, 2; Millinpi'n, Peint, de vasex gyecs, pi. xix, 39 : Ijcnormanl et lie WiUe, lîtitc (Us moiium.ci'ram. I, pi. xxxv; C. inscr. (/}'. 3912 el 2Ï27 b. A Delphes im alTranclii doit offrir des couronnes de laurier deux fois par mois à la stèle de son patron {Collilz, Sammt. der Dialekt-lnsfliyiften, n" 1807}.
— 8 Raoul-Koolietle, I. c. p. 605, 711. 756. — 9 Stackciberg, /. c. laf. 45, 1 ; Arch. Zeil. 1876, p. 15, 6, 7; Benndorf, /. c. taf, 18, I ; 21, I ; PoUicr, /. c. app. n» 86. — 10 Plut. .iris(. 21 ; Uician. Charon, 22 ; Pollicr. t.c. n" 32, 72, 74. I.a lipurc 3348 est faite d'après un vase du Louvre. — n Vitruv. 4. 1 , 9. Voy. les objets sur U nionliculo, Gerhard, Ausefl. Vasenb. \t\.t:ci\. — '^Viilal Lablache, f. c. p. 58-67: C. inscr. gr. 916 ; Kailiel, Kpiijr. r/r. 602, 523; Pottier, I.C. p. 70. — i3.\igriii. 530; cf. C. ijr. 2664. — Il Benndorf, (. c. laf. 14; 16; 20, I ; 22, I ; 25 ; 26. C'est celle qui est eni[ilnyre dans les r.'n'nionies religieuses (Aristoph. PttT, 948; Ac/lant.
pour le distraire; l'instrument est toujours la lyre'". 11 ne faut pas confondre ces repas funèbres qu'on vient de
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ém. '^
Fig. 3349. — Offrande à une morte.
décrire el ([iii sont offerts spécialement au défunt avec les vrais repas dos survivants, faits à côté des tombeaux; ainsi en Thrace, à l'époque impériale, un Ihiase célèbre chaque année le jour des rosalia un repas funèbre près du tombeau de ses donateurs -'"'.
La durée du deuil varie selon les pays ; à Argos, à Athènes et sans doute à Julis, elle est de trente jours*' ; â Sparte de onze jours et le douzième jour il y a un sacrifice à Démêler-'; à Julis, les hommes n'ont pas de vêlements de deuil, ne doiventpas se couper les cheveux, el la mère porte une année le deuil de son enfant^'. A Gambréion de Mysie la loi fixe la durée du deuil à trois mois pour les hommes, à quatre pour les femmes, la couleur des vêlements de deuil, blancs et noirs, pour les hommes el les femmes; les hommes peuvent les porter blancs ; le magistrat compétent en ces matières est le gynéconome; les femmes délinquantes sont exclues pendant dix ans des sacrifices.
Ce régime des funérailles qu'on vient d'exposer subsiste sans changements essentiels jusqu'à l'époque romaine. On voit cependant reparaître les expressions exagérées de la douleur, l'habitude pour les hommes de se couper les cheveux'", ou, au contraire, plus tard, sous l'intluence des idées romaines, de les laisser croître", les sacrifices coûteux, les jeux funèbres, l'emploi des chanteurs el chanteuses payés, toutes les pratiques que décrit Lucien dans un de ses Traités'-. Les constructions funéraires deviennent, comme à Rome, de plus en plus luxueuses. On voit de véritaliles monuments, des sarcophages décorés de sculptures et de basreliefs. A .Vlhènes, Démétrius de Phalére avait inutilement renouvelé les prescriptions de Selon contre le luxe des funérailles et des tombes''. Cu. Lécbivain.
241). — 'â Millingen, /. c pi. iir ; C. rendus, 1860, pi. i; Colliguon, /. e. 665 : Pollicr, /. 0. p. 66-67. — i« Bcnn,lorf, /. e. laf. 20. 2: Collignon /. c. 633. — " Cf. Pol lier, /. c. p. 67. — 18 Potlier, /. c. pi. iv. — 19 Benndorf. I. e. Uf. 34; Collignon. /. C.640, 6tl,6l4, 6t6-64S, 602, 668, 669; cf. Potlier, /. I. p. .°>6-38; mais voy. aussi Aescli. Cho'pli. 22 et s. ; Plut. Cons. ad Apolt. 26. — îu Benndorf, (. e. l»f. 18, I ; 21. I, 2: 22, 2; 24, 4 ; Collignon, l.c. 644. 6S0, 669; cf. Polticr. f c. p. 5s. — il Ihimiuil el Chaplain, Céram.. i, p. 386, xxv-xxvi ; Collignon. /. c. 634, 638, 639 : Benndorf, /. c. laf. 13; 19, 2, 5 ; 20, I . — 22 Potlier, /. /. pl. n ; .Voiium., 188-.. Uv. 16 . — 23 C'est ce que soulienl avec raison Potlier, /. /. p. 63-64. contre Milchlioefer, Millh. n(A. Abik. 1860, p. 1S0-I81. — 21 Benndorf,/. c. laf. 16, 2; 17,2,— 2^ Benndorf. /. c. laf. 34; cf. Potlier, /. c, p. 73, note 7. — 2fi Heutcy et Daumel, Mission de .UacMoiite. n" 87-88. — 2Î Plut. Qu. gr. p. 296 F: I.vsias, I, 34; Loi de Julis, S 9. — 2S Plul. lye. 27. — 2» Heraclid. /. c. — *) plui. Cous, ad i/jor. 3-4: Alhen. 15, p. 673 A : Philostral. Vil. sophist. 2. 8. — îl Plut. Qu. rom. c. 14. p. 267 B. — 32 fte luctu, c. 11-21. Dans une inscription de rt^po,iue inipt^riale, un épicurien interttit pour ses funérailles les parfums. les guirlandes, les bûchers funèbres, les lit>alions [C. i.'yr. 6298). — w t:ic. De leg. 2, 26,66.
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ÉTRURiE. — Les rites funéraires des Étrusques ne nous sont guère connus que par les monuments figurés. Pourtant l'Élrurie, comme l'Egypte, a eu son Livre des Morts où étaient consignées toutes les prescriptions et les croyances relatives à la mort ou à l'autre vie. C'étaient les Libri Acheruntici' qui faisaient partie du grand recueil des rituels où était renfermée la législation religieuse et civile des Étrusques -.Les Livres Achérontiques avaient été traduits au m' siècle de notre ère par Cornélius Labeo, sous le titre de De dis animah'hus^. Mais il est impossible de se faire une idée nette de cet ouvrage d'après les rapides allusions qu'y font Arnobe et Servius. On y peut suppléer heureusement par l'étude comparée des nombreuses scènes funéraires qui sont représentées sur les bas-reliefs des sarcophages, des stèles, des cippes et des autels ou sur les fresques des tombeaux. Grâce à tous ces monuments, on peut reconstituer avec assez de précision les cérémonies des funérailles chez les Étrusques : toilette et exposition du mort, procession et déposition au tombeau, offrandes, banquets et jeux funèbres.
Toilelle du morl et exposition. — Entnms tout d'abord dans la chambre mortuaire. Sur une urne de Vollerra est représenté le moment qui suit immédiatement le décès : une femme ferme les yeux du défunt (voy.
plus loin fig. 3339) '. A Corneto, sur le panneau principal de la Grotta dtl HJorto, on voit le mort étendu sur son lit; une jeune femme, montée sur un escabeau, lui voile le visage ; une autre personne, debout au pied du lit, ramène le vétementsur lesjambesdu défunt; à droite et à gauche, d'autres assistants font de grands gestes de désolation ■■ (fig. 3350). Surun bas-relief de Chiusi (iig. 3331), des femmes entourent le lit; deux
Fig. 3351. — Toilette liii mort.
d'en Ire elles tiennent des vases contenant les parfums pour oindre le morl, une autre un éventail pour chasser les
1 Serv. Ad Aen. Vlil, 3yS ; i- Sacra Arlicrunlia (|uai' Ta,£es coniposuisse dirilur ». Cf. Arnob. Ado. (jent. il, 62 : " libris in Aclicrunticis ». — 2 Ces livres sacrés des Ktrusques sonl di'sijïnés par les auteurs latins sous différenls noms : libri Etrmci (Cic ne divin. I, 33 ; II, 23); cliartae /Clruscae (Oie. 0. c. I. 12) ; Etruscae dis- Cipliiwe voliiminn [Phn. llist. nat. II, 83, 199); Ililtmles Elruscorum lihri (Fesl. s. V. Jlilnnles); Tuscorum lillenie (Plin. 0. c. II, 53) ; libri Tai/elis (Amni. Marc. XVII, 10). Suivant la tradition. la loi (-trusiiue avait été révélée à Tarchon, héros ^ponyino de Tarquinies, par le génie Tagùs ((^ic. (). c. II, 23 ; I.yd. De ostens. p. t), Hase; Ovid. Mctnm. XV, .ï.=i3 ; Mari. Cap. II, 2T ; Isidor. Ori(j. VIII, 9). lin réalité, ces rituels avaient été rédigés pai- les l.ucuinoiis, cliefs politiques et religieux des
mouches ". Souvent, sur les bas-reliefs funéraires, la chambre mortuaire est envahie par des êtres du monde infernal, qui semblentguetter leur proie : génies funèbres, Charons ou Furies'. Tantôt ces démons assistent simplement à la toilette du mort : par exemple, sur une urne de Volterra déjà citée, on voit s'approcher un génie qui conduit par la main un jeune homme et, dans le coin adroite, un autre génie attend, glaive en main*. Tantôt, au contraire, ces démons cherchent à entraîner le mourant, et leur présence donne lieu à des scènes violentes ou attendrissantes. Sur un sarcophage de Vulci s'engage une sorte de lutte contre les divinités infernales : deux démons ailés, aux bras entourés de serpents, s'emparent d'une jeune lill(>; le père veut la retenir, la mère est debout derrière lui avec ses enfants'. Un sarcophage de Chiusi nous montre les adieux attendris de deux époux : à droite, la femme, entraînée par un génie ailé, se tourne vers son mari qu'accompagnent six personnes de la famille; à gauche, un autre génie sort du caveau'".
Après la toilette funèbre avait lieu l'exposition solennelle sur un lit d'apparat. On dressait ce lit dans le vestibule de la maiscm, comme on le voit sur un cippe de Chiusi, aujourd'hui au musée de Berlin, où le lit est placé
sous la colonnade d'un édifice à fronton". Une fresque de la tombe dite del letto funèbre représente le lit de parade vide : sur l'oreiller est encore le capuchon (tutulus) qui couvrait la tète du défunt'^.
C'est là, au seuil de sa maison, que le mort recevait les adieux solennels de tous les siens'''. Un basrelief de Pérouse nous fait assister à une scène touchante, un enfant qu'on approche du lit et qui embrasse une dernière fois sa mère''.
Le rite essentiel de l'exposition funèbre était la com-
Toilelte du inoi-t.
Fig. 3352. — Lamentation.
plainte ou lamentation [conclarnatio fiinebris), exécutée par les parentes et les pleureuses à gages qui faisaient
Étrusques (Censorin. De die liât. IV. 13). — 3 Serv. Ad Aen. III, lUS. — » fierliarj, Arch. Zeilwuj. I81C, pi. Ivi. — <• ilm. Gregorian. I, pi. 09; Mon. dell' Inst. Il, pi. u ; cf. Annal, d. Iiisi. IS81, p. 10. -- C Micali, Monitm. ined. a iltustr. d. sloria d. ant.populi ital. Flor. 18U, pi. xi.viii, 3. I.e lias-relief, Iig. 3351, est au Louvre, où il a élé dessiné. — ' Micati, Mon. per serv. alla storia d. pop. ital. pi. i.ix et i.ï.
— n Ib. pi. i.ix, 4. — ^ Micali, .1/o;i, inédit, pi. xi.viii, I. — lo Ciori, AJns. etr. pi. 189; lugliiraini, Mon. etruscfii. VI, pl. *J. 2. n. 1 ; Mus. CAïusj/io, pi. IK ; Micali, Mon. per serr. pl. i,\. — n Alieken, Mittelitnlirn^ Stultg. 18.13, pl. viii; Micali, Mon. inédit, pl. x\ii. I. — 12 Hennis, Ciliés and Ceniet. of IClruria, I, p. 316.
— !'•' liigliiraini, .^fon. etr. I. pl. xr.v. — IV Conestuliile, Mon. di Perugin. pl. xxxii.
FUN
FUN
le geste de s'arracher les cheveux et de se déchirer les joues (fig. 3352) '. Debout, au pied du lit, une Icmmc interpellait le mort, tandis que d'autres fomnies, les bras lovés, répétaient le refrain. Ces chants se faisaient au son des instruments. On voit dans la figure 33r)2 un joueur de flûte au pied du lit; ailleurs les chants sont accompagnés par la cithare. Tous les personnages de cette cérémonie sont représentés sur des bas-reliefs de Pérouse, de Chiusi, de Florence.
Procession et dr position nu tombeau. — Au jour fi.vé pour les funérailles, un cortège solennel se formait devant la maison pour accompagner lemort. L'importance du convoi variait naturellement suivant la condition sociale et la fortune de la famille. Souvent le mort semble conduire luimême son convoi. Une fresque de la tombe del Ti-
fone à Corneto fait défiler sous nos yeux un groupe très animé ^ : au premier plan, le défunt vêtu d'une toge, le bras droit découvert; sur son épaule, la griffe de Charon, dont on aperçoit par derrière la figure grimaçante et le maillet; au second plan, de nombreux personnages, jouant de divers instruments ou portant des . offrandes [etrusci, p. 841, fig. 2824]. Ailleurs le mort est monté sur un char, qu'escortent les amis et les parents, les musiciens, même des génies funèbres '. Les bas-reliefs d'une urne cinéraire de Vulci représentent, d'une part, un joueur de flûte et des pleureuses, d'autre part, un char à quatre roues, traîné par deux mules ; sur le devant du char, le cocher, et, derrière lui, le mort dans son linceul, entouré de ses parents(fig. 3354) ; l'âme
Fig. .1351. — Convoi funèbre.
du défunt, figurée par un oiseau, voltige au-dessus des mules ; un chien suit le char'. Quand il s'agissait d'un personnage de marque, la procession prenait l'aspect
1 Mus. Cliiitsiiio. pi. i.ii ; cf. Silll, Dir tiebi'iril. </. (iritxh ». Uthn. I.eip/. IsyO, p. 60.
— 2yi. j)l. x[.. t'.f. les scènes nn.iloguos, Mon. dfll, Ist.\, pi. wxii ; Mioati, Mon.perserv. pi. i.vi ; Mus. Cliius. 1, pi. u à v. — :' Micali, O. I. pi. iiu, i (lias-rolicf do CliiuM) ; Canina. Ktruria mnrilliwa, pi. xi.i (bas-relief ilo Cer\elri) : Conestalûle, Pitt. niiirali, pi. \iii (fresque trOrvieto) ; cf. Marllia. .Art étrus<fiie. p. 117 et s. — » Mieali, O. /. pi. i.vii. I.
— ■' Micili, lliiliaaf. il ilominio. pi. \x»n . Cf. lanoleileKaoul-Roclielle, p. il ilo r.'dil.
d'un triomphe : le défunt s'avançait sur un char magniliqiie, précédé de licteurs, accompagné d'une foule d'amis ou de curieux, suivi de pleureuses, de joueurs de llùte, de cor et de trompette. Sur un bas-relief du musée de Volterra (fig. 3353), défilent successivement une troupe de musiciens jouant de la trompette, de la cithare, de la double flûte; puis un char triomphal à quatre chevaux, où le mort se tient debout; à côté du char voltige un génie funèbre; par derrière, un enfant et un esclave portant un bouclier'. Ce qui est surtout caractéristique dans ces défilés funèbres, c'est le rôle actif qu'y joue souvent le défunt luimême. Il est vraisemblable, suivant l'hypothèse de M . Map- Iha ', que dans ces cortèges le mort était repri'senté par un mannequin ou un histrion. C'est ainsi que les choses se passaient à Rome ' ; et
nous savons que les Étrusques aimaient beaucoup ce genre de mascarades, puisqu'ils s'en servaient, même à la guerre, pour effrayer leurs ennemis '. C'étaient sans doute aussi des acteurs qui représentaient ces génies funèbres si souvent mêlés au cortège.
L'itinéraire de la procession variait suivant le mode de sépulture : en cas d'inhumation, on conduisait directement le corps au tombeau; en cas d'incinération, on se dirigeait d'abord vers le bûcher. Ces deux systèmes de sépulture ont été également en usage chez les Étrusques, et cela sans doute à toutes les époques'. A l'origine (période des tombes a pozzo et a fossa] prédomine l'incinération'". Depuis le vu' siècle, on préféra d'ordinaire l'inhumation", mais sans renoncer tout à fait à l'autre système : des bas-reliefs de Pérouse'- et des plaques de terre cuite peinte de Cervetri"^ représentent la procession funèbre s'acheminant vers l'autel où l'on va brûler le corps.
Enfin l'on gagnait le tombeau. A l'origine, pendant la période des sépultures a pozzo et a fossa, aucun signe extérieur ne l'annonçait. Mais depuis le vif siècle, époque où se généralise l'usage des caveaux taillés dans le roc, l'emplacement de la sépulture était ordinairement indiqué par quelque emblème funéraire, un fumulus, une borne, une colonne, une pyramide, un cippe ou une stèle, des lions ou des sphinx ", des grifTons, une façade sculptée dans le roc [sei'ulcrim . Par un étroit couloir, le mort pénétrait dans sa nouvelle demeure. La forme
française, Paris. 1824. — '"■ .Marllia, tl. c. p. 117-119. — '■ l'oljb. VI, 53 et 61; Suet. Vesp. m ; Voy. plus loin, p. 1399. — 8 Liv. VII, 17 ; Flor. I. 6 ; Fronl. II, ♦, 17. — •I Hcibig, .\nn. dlC Isl. 1S81, p. Ii;i cl s. ; Marllia. O. c. p. 39 cl s. — 10 Hcibi-. /. c. p. llii cl s. -, Marllia, O. c. p. 37 cl s. — <i CscII, Fouilles dans la néeropole de Vii/ci. p. 315 cl s. — 'S Coneslabilc. Mon. di Perugia, pi. xniv-winn. — 'J Marllia. O.c. pi. iv. -■ Il /./. p. in il7.
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et les dimensions du caveau dépendaient de l'importance sociale et du caprice de la famille : c'était une simple galerie, précédée ou non d'un vestibule, une chambre reclansulaire ou circulaire, ou tout un appartement décoré de piliers, de pilastres, de corniches et de fresques. Mais toujours le tombeau était pour le mort une véritable habitation. Si le corps avait été brûlé, on plaçait dans une des niches du caveau l'urne qui contenait les cendres. Dans les lombes à inhumation, un banc faisait tout le tour de la chambre, ou bien des lits funéraires étaient rangés le long des murs ou enfoncés dans des alcôves : c'est là qu'on déposait le cadavre, enfermé ou non dans un coffre de bois, de terre cuite ou de pierre'. Là le mort devait continuer à vivre au milieu des siens : une même tombe renfermait toute la famille, même les esclaves; on y a trouvé souvent des restes d'animaux domestiques, chiens, chevaux, volatiles ^ On veillait à ce qu'il ne manquât rien aux habitants de la tombe : c'était la raison d'être des offrandes.
0/frandes. — On observe entre les rites funéraires et les croyances des Étrusques la même contradiction que chez les Égyptiens ou chez les Grecs. A l'origine, on pensait que l'âme ne quittait point le corps et continuait de vivre obscurément dans la tombe. Plus tard on admit qu'elle se rendait aux enfers, pour y subir sa peine ou s'y relever par l'expiation'. Ainsi s'explique la présence des divinités infernales dans beaucoup de peintures ou de bas-reliefs funéraires : départ du mort', monté sur un char (voir t. I, p. 1528, fig. 1993), ou bien sur un cheval que conduit Charon ou quelque génie funèbre (voir t. 1, p. 1100, fig. 1360); troupes d'âmes, enveloppées de linceuls, poussées vers l'enfer par des démons^, scènes infernales où figurent Mantus et Mania '■ [charon] et les Furies [furiaj. A son tour, le mort devenait Lare, Larve ou Mâne [lares, manes]'. Par des sacrifices et des expiations [piaculum], il pouvait monter au rang des génies*. Pourtant ces croyances nouvelles ne changèrent rien aux rites funéraires qui, jusqu'au bout, restèrent d'accord avec les croyances primitives. On admit que, tout en se rendant aux enfers, l'âme accompagnait le corps au tombeau, sous la forme d'un oiseau, d'une figure ailée, d'une ombre enveloppée d'un linceuP; cette image effacée du défunt y vivait d'une existence à demi matérielle et y conservait les besoins d'autrefois. D'où la nécessité des offrandes et du mobilier funéraire.
Tout d'abord, pour préserver l'ombre de l'anéantissement, on multipliait dans la tombe les portraits du mort : de là, ces ligures sculptées ou moulées sur le couvercle des sarcophages [sarcophagus]; de là ces masques funéraires des urnes primitives", ces canopes en forme de bustes (voir p. 83'î, fig. 2800 à 2808), ces statues et ces groupes cinéraires (p. 837, fig. 2809 ; p. 838, fig. 2810). Si l'âme du défunt voulait s'égayer ou s'attendrir au souvenir des joies ou des douleurs passées, elle n'avait qu'à contempler toutes les scènes de sa vie ou de sa mort que reproduisaient les peintures murales, les bas-
1 Marllia, 0. c. p. (h2. — ^ Ann.deW Inat. 1870, p. 11; 1877, p. luS. — aMarllia, p. 177-180. — 4 Micali, /(a/m nt'«n(i il dominio,\t\.\s\\ : ilon.pcr s/'rr. pi. i. mi, 1 ; Mon. inédit, pi. ivin ; Mon. ddV ht. VIII. pi. xix. — " Miciili. Mon. per serr. pi. lAV. — C Cf. Noi'l lies Vergers, l'Étrurie <■( Ifs Étrusques, I, p. :)U.ï el s.; 0. Millier, Etrusknr, II, p. ICI. — ' Arnob. Adv. fient. III, iO : Mari. (Jap. Il, 9; Kcsl. s. V. Mundus. — 8 Serv. Ad Aen. III, liis cl 302; cf. Norl des Vergers, O. c. I, p. 300 cl s. ; Marlha, 0. e. p. 180 el s. — 'J Martlia, O. c. p. 17ii el s. ; /b. pi. IV, 1. — 10 Jlilaui, Museo Ilalimio, I, p. i03-29(i ; Marllia, 0. c. p. 331.
reliefs des sarcophages, des urnes et des cippes [etrusci]. Pour subvenir aux besoins de sa pâle existence, dans son tombeau en forme de maison, elle trouvait autour d'elle des vases de toute sorte, des armes, des pièces d'équipement, des objets de toilette, des couronnes, des Ijijoux ou du moins des imitations de bijoux, des gâteaux en terre cuite et des ustensiles de ménage. Évidemment, le mobilier funéraire s'est modifié, et surtout s'est enrichi avec le temps". Aux urnes, aux poteries grossières, aux ustensiles et aux figurines Informes des vieilles nécropoles à incinération se substituent ou s'ajoutent peu à peu les objets en or, en argent ou on ivoire, les poteries corinthiennes, les vases de biicchero ncro, les coupes phéniciennes de la période gréco-orientale, les vases peints et les chefs-d'œuvre de l'industrie attique, les cistes, les miroirs, les vases noirs à reliefs de la période élrusco-campanienne [etrusci]. Mais l'idée qui préside à ces ofi'randes reste la même: il s'agit de fournir au défunt tout ce dont il peut avoir besoin. D'ailleurs le mort n'était pas trop exigeant et se contentait des apparences. Pour le satisfaire, il suffisait de meubles et d'ustensiles peints au mur ou sculptés en relief dans la roche '-, comme le prouve la curieuse tombe dei R'dievl à Cervetri (voir p. 836, fig. 2802).
Banquets el jeux funèbres. — Les cérémonies des funérailles étaient complétées par un repas funèbre [coena], auquel s'ajoutaient souvent des danses, des courses, des jeux de toute sorte.
Les Étrusques ont toujours passé pour aimer beaucoup la bonne chère ". Aussi le repas funéraire, partout en usage dans l'antiquité, était-il célébré en ÉLrurlcavec un luxe tout particulier. Comme il se donnait en l'honneur du mort, dont on réservait la part, il avait lieu souvent dans le caveau même : on a retrouvé dans une tombe de Volterra, outre la vaisselle, des débris de cuisine, des os de chèvres et d'oiseaux". Si les convives étalent nombreux, on s'installait en dehors de la grotte : sur beaucoup de fresques, le banquet se passe en plein air, au milieu d'arbres '■', sous une tente '" ou un abri de feuillage '\ ou devant la façade du tombeau ornée de guirlandes ". Près de certaines grottes d'Orvieto ont été découverts des amas de bois carbonisé et des détritus de tout genre, restes des repas funéraires ". Pour renouveler sans cesse au profit du mort les joies du festin, on en fixait le souvenir autour de lui parle moyen de la sculpture ou de la peinture. Sur de nombreux couvercles de sarcophages ou d'urnes, le défunt est représenté banquetant, seul ou en tête à tête [etuusci]. Les fresques et les basreliefs reproduisent souvent, sous tous ses aspects, l'Image complète du repas funéraire. Tantôt ce sont les préparatifs lETRisci, p. 847] : des victimes amenées au sacrifice-"; des esclaves disposant les tables et pétrissant les gâteaux aux sons de la flûte-' ; ou les pièces de viande suspendues, la volaille, le gibier, un lièvre, des perdrix, un chevreuil, un bœuf entier'^. Tantôt comme dans la figure 33,'î5 (voy. aussi C(»:na, p. 1270), c'est le festin hil-mème :
— Il Cf. Ilclbig, Ann. deW ht. 188i, p. lus cl s. — 13 Nocl des Vergers, 0. c. pi. H el III ; Deiinis. Ciliés. I, p. 294. — 13 Calull. XXXI.X, Il ; Virg. Georg. Il, 193; Aen. XI, 736; Dioil. V, 40; Allien. IV, p. I.i3; XII, p. 517; XIV, p. 042.
— !■• Iiigliiranii, .Von. etr. IV, p. 90. — 1» ùutl. delllsl. 1S73, p. 98-101; Deiiiiis, O. c. I, p. 313-311. — 16 Ucnuis, 0. c. Il, p. 317. — n Mon. delV Jnsl. I. |il. svxii; IX, pi. xiii-xv. — I» Marlha, Art étrusque, p. 412. — "> \otizie. 1887, p. 319 cl s. — 20 Mon. Jelt' Isl. IV, pi, xxxii. — 21 Coneslaliilc. l'ilture tnurali, pi. V. - 22//,. pi. „.
un seul lit portant deux convives, ou deux lit<, ou un triclinium '; dans une peinture de Cervetri, on compte jusqu'à neuf lits et dix-huit personnages^. La scène se développe tout le long de la paroi où sont ouvertes les niches dans lesquelles les morts sont couchés ■'. Dans toutes les représentations funéraires le défunt doit être