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considéré comme présent et recevant les honneurs dont elles sont destinées à perpétuer le souvenir •. Quelquefois les femmes forment des grouj)es à part ', mais le plus souvent elles se mêlent aux hommes; les convives sont représentés dans les attiludesles plus variées, richement vêtus, couronnés de fleurs, buvant, jouant, faisant delà
Fig. 3355. — Sacrifice, danses et banfiuel funôlire.
musique ou conversant familièrement''; autour d'eux, des serviteurs, des musiciens, des danseurs, mémo dos animaux familiers.
Il est probable qu'en Étrurie, comme à Rome, le repas funéraire, célébré d'abord le jour des funérailles' était renouvelé à des dates fixes : une première fois, neuf jours après'; puis à l'anniversaire de la mort ou à la fête annuelle des Trépassés'. Nous savons en effet que, d'après les Livres Achéronliques, on pouvait assurer l'immortalité aux âmes par le sacrifice de certaines victimes à certains dieux'". Un bas-relief de Pérouse représente une procession se rendant au tombeau pour un sacrifice de ce genre: en tête, un héraut armé d'un bâton; puis trois prisonniers enchaînés portant les objets destinés à la cérémonie; puis deux femmes voilées, puis un groupe d'hommes armés r[ui conduisent des uuiles et un chien; eiilin, poussées ]iar des esclaves, les bêles qu'on va imniulcr, deux béliers et deux bieufs". Sur un sarcophage de Chiusi, aujourd'hui au Musée du Louvre (lig. 3:io5 , les préparatifs du sacrifice et le repas qui en est la suite se trouvent réunis '-.
Ces refias funèbres étaient accompagnés de danses (fig. 3335 et plus haut, p. 8i8, fig. 2845). 11 semble même quecesdanses étaient (juelquefois exécutées à part, avec plus de solennité, et par un personnel plus nombreux. Dans la Grotla dal Triclimo à Corneto, elles se déroulent sur deux j)arois entières de la tombe : la scène se passe en plein air, sous des arbres où voltigent des oiseaux;
I Marlha, (I. c. p. 3«t et s. — ! Iliill. drlf /nsl. IS34, p. '.17 cl s. — ;1 Caililla, tCtriiria mnyitlima, pi. i.xin, lxiv. — » Bruiin. Aniiaii d, /st, ISIti. p. Ivi6. — i' /6. 1X73. p. 102.— 6 Martlia, O. c. p. 3St et s. — " Vair. ap. Non. XI.VMI.Ii. — «Tac. .liin. VI, 5.-9 Oviil. /■•|i,W. U, iil7 ; Val. Max. Il, IS. - 10 Aniob. Adi: genl. Il,6i. — U Coiiestablle, Mon. dt l'cntgia.\i\. xxxix. — I- Cf. llelliig, \»Hati, 1S61, p. 2S
dix danseurs s'y démènent en cadence, les hommes alternant avec les femmes, quelques-uns jouant de la lyre, de la llûte ou des castagnettes". Parfois même ces danses donnaient lieu à des concours : sur un basrelief de Chiusi on voit, à droite, un groupe de pjTrhichisteset un musicien jouant delà double tliUe; à gauche, les juges sur une estrade (voy. t. I, p. 150, fig. 183)". Au programme des funérailles, s'il s'agissait de grands personnages, figuraient des jeux variés lLICi' : courses de chevaux et de chars, lutte et pugilat, saut, exercices d'adresse, parades de mimes, de nains et de bouffons. Ce genre de scènes est fréquent sur les bas-reliefs et les fresques. .\ Chiusi. par exemple, dans la Grotla Casitccini, une fresque représente une course de chars, à laquelle prennent part trois concurrents'^, et, dans la Grotla dclla Ncn/o'o, d'autres fresques montrent après les luttes (fig. 335()) le couronnement des vainqueurs. au((uel préside une femme en deuil assise sur un siège élevé ; devant elle un joueur de flilte est debout sur une estrade "'.
La partie la plus caractéristique de ces jeux funéraires était les combats de gladiateurs igl.muator'. Ces luttes sanglantes avaient sans doute pour origine les sacrifices humains que les Etrusques, comme primitivement les (irecs et les Romains, célébraient en l'honneur des morts, près du tombeau''. Un détail curieux donne beaucoup de vraisemblance à celte hypothèse : nous savons que les Romains ont emprunté aux Rtrusques la mode des combats de gladiateurs '% comme presque tout
il s. — l-i.l/aii. deir Isl. I. |il. xxxii. — UAiiii. delf Isl. 1861, l»v. d'»^. .\B.
— ij .Vomi. rfeH' /si. V, pi xixiii. — '6 74. pi. n. Une danseuse, deiant l'cstiadc, |>oilo un rand.Mabre en équilibre sur sa UMc. Cf. Aimali, ISSO, p. i5l et s.
— 17 11. XXI. iS; Torlull. /)f s/iecl'ic. li: Scnius, Ad Arit. X, 3iW. — 18 .>icol. IJaiiiasc. ap. ,\tlien, IV, 39.
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l'appareil de leurs jeux et de leurs cérémonies triomphales' ; or, l'habitude s'était conservée à Rome, même
sous l'empire, de faire enlever les cadavres des gladiateurs par un esclave qui, avec le nom de Plulon, por-
Fig. 3356. — Jeux funèbres.
tait le costume et le maillet de Charon, le démon familier des funérailles étrusques -. Paul Monceau.^.
Rome. — Dans son acception vulgaire, le mot funus^ désigne la cérémonie des funérailles. Mais, dans un sens plus large, il s'applique à l'ensemble des rites à observer depuis le décès jusqu'à l'inhumation. C'est, en effet, dès le moment du décès que la maison' et la famille du défunt deviennent funestae^, et elles cessent de l'être par le fait de l'inhumation '■. On doit même rattacher au funus le sacrifice qu'on offre aux mânes du défunt le neuvième jour après les obsèques, et le repas {cena nnvemdiaUs) avant lequel les convives quittent les habits de deuiP. Nous aurons donc à décrire les rites funéraires avant, pendant et après les obsèques.
Ces rites sont, en principe, les mêmes pour toutes les funérailles. 11 y a cependant, au point de vue du cérémonial, des différences assez notables : aussi convient-il de distinguer à cet égard le funus trnnslalicium ou vulgm-r, le funns indiclivum et le funus milltare. D'un autre ci'ité, il y a également à distinguer, au point de vue des personnes qui font célébrer les funérailles, le funus privaium et le funus puhUcum.
Deux traits caractérisent les funérailles romaines, prises dans leur ensemble : c'est d'abord l'importance que les Romains attachent à ne pas mourir sans sépulture et la solennité qu'ils donnent à la cérémonie des obsèques ; puis, l'absence des représentants du culte public*. L'un et l'autre caractère sont une conséquence des croyances des Romains sur la mort'. Loin de considérer la mort comme une dissolution de l'être, ils pensaient que le défunt continuaità vivre sous la terre'". D'autre part, ils croyaient que la vue ou le contact d'un cadavre entraînait une souillure dont il était essentiel de préserver les prêtres pour ne pas entraver l'exercice du culte public ". L Rites fu.néraires avant les ousèoues. — 1° Les derniers adieux. — C'est une coutume bien touchante et attestée par de nombreux témoignages que celle de
1 l.iv. 1, .ii ; Appiiui. Dr rcb. ptoi. VIII, 6il; Dinii. liai. Il, 71 ; Val. Ma\. Il, 4, i ; Tcrlull. 1/e speclac. .ï. — 2 Tcrlull. Ad .\<tlioii. I, 10. — 3 On ignore l'élymologic du mot funus. l)'a|)r*s Servius [Ail Aen. I. 72"; VI, 22i), fuims viendrait de funis^ parce que les anciens se servaient, pour éclairer les funérailles nocturnes, de cordes {funes) entourées de cire. — '• Sencc. De l'ila heaia, 28. — '> Gaiu.s, 3 Du verb. oblitj., nig. XI.V, 3, 2S, 4. — » Varr. De liiir/. Ial.\,î3.— 7 Donat. .ld Tcrent. l'bonn. I, 8, 5; cf. Cic. Jii Valin. 12, 30. — « Il n'était pas défcnilu au llamine de Jupiter de suivre un convoi finiéhre. Fabius Pictor ap. Gell. X. l.'i. — » Fustel de Coulanges, la Cite anliqur, livre I", c. 1"; W. Leist, Oracco-ilalisc/K Jtechlsgeschichle, 1884, p. 19. — 10 Cic. Tuscut. 1, 16.
recueillir le dernier soupir d'un mourant, en lui donnant le baiser suprême '-. Elle avait chez les anciens une raison d'être spéciale : elle se raltacliait à la croyance que l'âme s'échappe du corps par la bouche '^
La scène des derniers adieux est une de celles que les artistes ont le plus volontiers reproduite. Mais nous devons laisser de coté, comme on l'a fait pour les Grecs, les monuments [voy. sepulcrum] où cette scène a été représentée d'une manière conventionnelle, sans rapport direct avec la vie réelle, et les sujets empruntés à la mythologie'', plus ou moins appropriés aux circonstances de la mort de celui dont on voulait perpétuer la mémoire. Un bas-relief du musée de Vérone, représente une jeune hlle à demi couchée sur son lit. A coté d'elle sont trois personnages. Une inscription, placée au-dessous de chacun d'eux, indique leur qualité : c'est le père, la mère et l'oncle paternel. Le père tient la main de la mourante et semble l'encourager. Trois autres personnages, dans l'attitude de la douleur, complètent le tableau '^ Une scène analogue est figurée sur un autre relief étrusco-romain du musée de Vérone'".
Sur un sarcophage qui a été retrouvé à Paris'", on voit (fig. 3357) les parents réunis autour d'un mourant
L'aiïonie et les derniers adieuv.
ft témoignant leur douleur par leur altitude. Maffei rapporte aussi au moment qui précède la mort le sujet reproduit par lui '* d'un sarcophage, où l'on distingue encore, dans un ni ieftrèseffacé, deux personnages jouant,
— Il Serv. Ad Aen. III, 01. — '^ Sueton. Aiiy. 99; Scuec. Coniol. ad .Marciam, 3. - l;i Cic. In Vcrr. V, 4.i, IIS ; Virg. Aen. IV, CS4; Senec. Kp. 30; Stat. Silv. II, 1, 173; V, 1, 103 ; Theb. XII, 117; (Juinlil. Declain. VI, 22. — " Morl do Méléagrc; voy. de Clarac, .l/iisi'C rff siiiip/. pl.ccv, n. 25li et 270; mort d'Alcestc, Voy.Guigniaut, A'oiir. ijalerie mylbol. CI.XXIIl, 651 ; GazeHe archéolngii/ue, lS7.ï, t. I", p. 103 et pi. XXVII ; mort d'Adonis (voy. t. I", p. 7.'i), etc. — Ij MalTei, Afiiseum Veroneiisc, p cnxxvii, n. 3 ; Corp. inuc. lai. V, SliSli. — I» Ibid. p. vu, n. i. — 17 Alb. I.enoir, i'(n(i.v(i'(/iie monnmeiiUile de Paris, I, pi. xxvi ; voy. enrorc Barloli, Admiranda romanor. anlii/. pi. ixxci; de tllarac, .Mus. de Sciilplitrr, pi. i.i.iii, u. -iaO. — 18 MalTei. AJus. Vf?'on p. ccccxx, 2.
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l'un de la IroiiipcUe, l'aulro du laïubDuriii (lig. 3358). Ces musiciens auraient été appelés avant le décès : on
Fig. 3358. — Les derniers momenls.
voulait, dit Maffei, ' empêcher le moribond d'entendre les imprécations qui auraient pu lui nuire- ou les maléfices qui auraient pu vouer son ;ime aux divinités infernales ^ Il appuie sa conjecture sur un fragment de bas-relief conservé au musée du Collège romain, où Ton voit deux enfants jouant, l'un de la iuha, l'autre du cornu ; mais cet ouvrage ne peut être considéré comme antique.
2° Oculos condcre. — Lorsque la mort est venue, on ferme les yeux au défunt {oculos conderc '', prcmcrc '-, oiienre'\claudere''). Cette scène est représentée sur une urne funéraire trouvée à Volaterre ' (fig. 3339) qui appartient à la période romaine de l'art étrusque. Ledé-
Fig. 3359. — Les derniers devoirs.
funt est couché sur son lit. Une femme placée derrière lui, pose les deux mains sur les yeux. A côté d'elle se tient une divinité funèbre, tandis qu'au pied du lit une autre divinité tend la main à un jeune homme, probablement le fils du défunt.
C'étaient habituellement les enfants qui fermaient ks yeux de leurs parents. On a prétendu cependant qu'une
1 lUaffci, Mus. Yeron. p. c.xcxxi. — 2 i'Iin. Ilisl. nat. .VXVUL - ; cf. Edouard Cuq, De la nature des crimes imputes au.c chrétiens d'après Tacite, p. 12 ol 13. — 3 Tacil. Annal. II, 69. — * Ovid. Trist. III, 3. 41. — 5 Ovid. Amor. III, 9, 49 ; lier. 1, lOi ; Virg. Aen. I.X, 487 ; Val. Max. Il, 1. — 6 pu,,. Ilisl. nat. XI, 37, 150 ; Senec. Conirov. IX, 4(i7), 5.-7 Luean. l'harsal. III, 740 ; cf. Ovid. Trist. IV, 3, 4-1. — 8 licrliard, Archàoloj. Zeitung, 1846, taf. 50 ; Micali. Monum. per servirc a ta storia d. popol. ital. pi. i.ix. A, — 5 Auson. Popina ap. Varron. De ling. lai. Bip. 1788, t. Il, p. 35». — '0 Non. Marcell. 171, 10. — n Biirhclcr, Rliein. Muséum fUr Philologie, 1803, p. 436; Morili Voigt, Die lex Maenia de dote, 1861, p. 4, 71, 74. — 1- De funeribus Hotnanorum, p. 4i; MorestcIIus, Pompa feraiis sire Justafuncbria ce/wum, in Graevii Ttiesaur. t. XII, col. 137(1. — l;l llist. nat. XXXIII, 2. — IV Suet. Tib. 73 ; Sparliau. l/adr. 26 ; cf. Ilockcr-Gùll, Gallus oder rum. Sceuen aus der Zeit des Augusts, l. III. p. 485. — lE» RaouI-KocIioUe, l^roisièmc jne'moîre sur les Anlit/uitrs clirétiennes des Cutacombes {.Mé?n. de l'Acod. des Inscriptions, 1838, t. XIII), p. 656. — '6 IVoporl. V, 7, 9. — " Quinlil. Dcclam. VIII, 10 ; Ovid. Trist. III, 3, 43; Senec. De trang. an. 12, 7. — 13 Scvv. Ad Aen. VI, SIS ; Anrii. M.ircoll. XXX, 10.
Joi Maenia le leur avait défendu'. Dans la. Satire Ménippée de Varron, il y a une pièce qui a pour titre : Lc/fc Maenia. Le premier fragment est ainsi conçu : « Contra lex Maenia est in pietale, ne filii patribus luci claro suggillent oculos'". » L'examen des fragments de cette loi prouve que Varron parle ici au figuré, et que cette loi, qui paraît être de l'an 368 de Rome, eut pour but de régler les conflits qui pouvaient s'élever entre le père et le fils marié, (|uant à l'exercice du droit de répudiation ".
Kirclimann'^ pense qu'aussitôt après le décès, on relirait au di'fuut ses jjagues (nnulos delrahcre). Mais le passage de Plin<!'^ qu'il invoque parle d'esclaves qui vont dérober les bagues des gens endormis et des mourants. Les autres textes qu'il cite sont tout aussi peu probants'*. Il est certain, d'ailleurs, que les morts étaient enterrés avec leurs anneaux : on a trouvé un grand nombre de bagues dans les lombes antiques '°. Même quand on brûlait le corps, on n'enlevait pas l'anneau".
3° Conclamalio. — Dans le bas-relief reproduit plus haut (fig. 3337), on voit un des assistants tendre les bras vers le défunt, comme pour l'appeler. En effet, après avoir fermé les yeux au défunt, les proches parents l'appellent à plusieurs reprises", et ils renouvelleront encore cet appel, jusqu'à ce que le corps soit porté au bûcher ou enterré 'Mis cherchent, sans doute, à s'assurer que la mort n'est pas apparente : telle est, du moins, l'explication de Pline l'Ancien, et divers exemples prouvent quela précaution n'était pas inutile ". Wasmandorff -' fait des réserves sur le mérite de cette explication. Les auteurs anciens de l'époque impériale cherchent volontiers à justifier, d'une façon rationnelle, des coutumes qui primitivement eurent, suivant toute vraisemblance, un but religieux. Il est probable que l'appel qui est fait après la mort, comme celui (jui a lieu lors de la consécration d'un cénotaphe, s'adresse à l'àme du défunt : on veut la retenir en lui donnant l'assurance qu'elle n'aura pas longtemps à errer sans sépulture. Cet appel se renouvelle, en effet, jusqu'au moment où Vhumatio étant accomplie, on dit au défunt un dernier adieu en lui souhaitant que la terre lui soit légère -'.
On a prétendu qu'on se servait, pour accompagner la conclamalio, d'instruments à vent, mais cette opinion ne se fonde que sur des monuments qui ne sont pas antiques '^■. Dans la figure 3358 les deux scènes séparées par l'effigie en médaillon du défunt peuvent se rapporter à des moments diflerents des funérailles.
A" Unctura. — Après la conclamalio, le corps est descendu du lit, dressé sur les genoux [sitpra gcnua tollcre) -■'. comme pour voir si la vie l'a abandonné -', puis, il est posé à terre [deporiere) ^^, lavé à l'eau chaude -* et par-
— 13 Plin. //i»/. lia/. VII, 52; Val. Max. I, 8, 12; Apul. Florid. IV, )9. 95.
— 20 Die religiosen Motive der Totenbesiattung bei den verschiedenen Vôlkern, p. 16. — 31 Virg. .\rn. III, 67. : » .^niutamque sepuloro condinius cl magna suprcnuMn voce cienius •. — 2i Dans un grand bas-relief du Louvre, transporté de Rome à F'aris sous François I*', et qui représente, dit-on, la ci^r^niODie do la conclamalio, on voit, en cITcl, un tubicen et un comic<*'i. Ce l»as-relier n'est pas antique ; il est aujourd'hui placé parnù les œuvres de la Renaissance au ,nusi!-e du Louvre: Ingliirami, Mon. Kir. s«îr. vi, pi. xiv ; de Clarac, Musée de sculpture, t. Il, pi. cuv, u* 182; Baumeisler, Denkmûler, t. I", Gg. 325; cf. Bruno, Annali dclC htitulo di corr. arch. di Itoma. 1849, p. 365; de Clarac, Musée de sculpture, t. Il, p. 770 ; von Dulin, Jabrbuch des arch. Instituts, 1888, t. III, p. 370 et le I. H du Diclionn.vire, p. 1514. n. 757. — £> Une loi de Nunia le dt^fendait pour ceux qui avaient v[v frappés de la foudre. Feslus. v. Occionus. — 2V Plin. Ilisl. t^at. XL 45 : * Onod in iis (gouibus) inesl vitalilas <•.
— 2:, Ovid. Trist. III, 3, 40; /'o«(. Il, 2, 47; Lucilius, Salyr. Mb. III, ap. Non. Marc. 279, 23 ; Scrv. Ad Aen. XII, 39b. — 2« Ibid. VI, 218 ; Apul. Metam.
Vin, n.
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fumé 'pour empêcher la décomposition trop rapide du corps -. Les nnguenla, dont on faisait usage, étaient composés de scP, de cédrie '', de miel'', de myrrhe^ et de baume '. La loi des Douze Tables proscrivit l'emploi du vin myrrhe [murvaia polio) * : la myrrhe était, en effet, un article de luxe, un produit exotique que les Romains achetaient très cher aux Carthaginois.
Aux derniers siècles de la République, c'est un esclave, le poUinclor, qui était chargé de parfumer le corps'. Cet usage était contraire à la loi des Douze Tables'", si du moins il est vrai, comme le pensent la plupart des auteurs, qu'en prohibant la scrvilis unctura, les décemvirs aient voulu défendre l'emploi des esclaves pour cet office ".
5° Habillement du mort. — Une fois lavé et parfume, le corps est revêtu de la toge'-. Cet usage se conserva même à l'époque où un grand nombre de citoyens se contentaient de porter la tunique et se protégeaient contre le froid ou le mauvais temps avec la pncnuln. Aussi Juvénal a-t-il pu dire que, dans une grande partie de ri talie,personne ne porte plus la toge,sinon après la mort".
On se servait généralement dune toge blanche pour le commun des citoyens '', ou même, si le défunt était trop pauvre, on l'enveloppait dans un morceau d'étoffe noire '^ Mais, toutes les fois qu'on le pouvait, on employait les tissus les plus riches ""'. Les magistrats étaient revêtus des insignes de leurs fonctions". Parfois celui qui se sentait en danger de mort se faisait mettre ses costumes les plus beaux : tels les sénateurs, après la prise de Rome par les Gaulois ".
6° Couronnes. — Suivant Tertullien, il était d'usage à Rome de couronner les morts '^ La loi des Douze Tables, tout en réprouvant le luxe des funérailles, prescrivit cependant de déposer sur la tête du mort les couronnes qui lui avaient été décernées durant sa vie, soit dans les jeux publics, soit en raison de sa valeur^". Qu'il eût été vainqueur dans une course à pied-', au pugilat ou dans une lutte corps à corps ^^ ou qu'il ei'it été gratifie d'une couronne civique ou triomphale [corona, t. P'', p. 1334 et 1533], la loi voulait qu'après sa mort, on mît sur son front la marque de sa bravoure.
Le témoignage des auteurs anciens a été confirmé par les monuments archéologiques. Dans plusieurs tombeaux italiques, on a trouvé une couronne d'or sur la tète du squelette. Ces couronnes étaient formées de feuilles de chêne, de laurier, de myrte ou d'olivier; quelques-unes même d'épis de blc tout en or battu".
La même faveur était accordée au père et à la mère
1 Ennius ap. Serv. Ad Am. VI, 210 ; Apul. l'iorid. IV, 19, 9i. — 2 Lucian. De luctu, 11. — 3 plin. Uist. nat. ,\XXI, 9. — * Ibid. XXIV, 5. — 5 Ibid. XXll, 24. — 6 Varr. in Anliquit. lib. I, ap. Pau!. Diac. v. Murrata potions; riin. ap. Scrv. ad Aen. VI, 218. — ^ Corrippus, In laudem Justini Aug. mhiorh, III, 23 (éd. Parlsch, Monum. Germ. histoi: Auct. antiq. t. III, p. 138).
— s Feslus. V. Murrata pothne. — 0 Apul. m Ilermagor. ap. Fulgcnt. De sennone anliijiio; Plaut. Pom. prol. 63. — 10 Cic. De teg. II, 24, 30 : « Scrvilis uncUira toUitor >i. — 11 Suivant Kirchmann {Op. cit. p. 78}, le texte des Douze Tables aurait un sens tout difTc^rent : il défendrait, à l'exemple de la loi de Solon, do parfumer le corps des esclaves. Plut. Sot. 2, 5 ; cf. Ilolmberg, Df funeribus Itomanorum, p. 7. — 12 Ennius ap. Macrob. Satura. VI, 2 ; Apul. Metam. X, li; Ftor. I, 4; Martial. IX, 57. 8. — 13 Sat. III, 171. — li Artcmidor. OiKir. II, 3. — 15 Ibid.; Eusob. Clinnic. — 16 Val. Max. V, S, 4; Lactant. II. 14, 9; Ilioronjm. Vita Paul, cremit. 17, — n I.iv. XXXIV, 7. Cf. pour les mères des magistrats, Propert. IV, 11, 61. — 18 Liv. V, 41 ; Vell. Paterc. II, 71. — I» ïerlull. De coron. 10. — 20 Cic. De le//. II, 2i, 60. — 21 Varr. De l'ila pop. Rom. lib. I, ap. Non. Marcell. p. 21, 7. — 22 Cic. De leg . II, l.ï.
— 23 Raoul Rocliotte, Mêm. de VAcad. des Ittscr. t. XIII, p. O'j'J ; Ballet. delV Istiluto di corr. arch. di Itoma, 1855, p. 203. — 2* Cic. De leg. II, 2i, 60;
du citoyen couronné. L'himneur qu'il avait obtenu rejaillissait sur eux-'.
Ce n'étaient pas seulcmenl les couronnes qu'il avait gagnées personnellement qui devaient orner ses funérailles, c'étaient aussi celles qu'il avait obtenues pour sa pecunia^'. Ce mot n'a certainement pas, dans ce passage des Douze Tables, la signification large que lui donne Cicéron*" et qui s'applique au patrimoine d'un citoyen. Il n'a pas non plus sa signification première, et ne désigne pas exclusivement la richesse en bétail "^ Aux premiers siècles de Rome, il y avait, en dehors des courses à pied, deux sortes de courses : des courses de chevaux libres, soit dans le cirque, aux consualia, soit au Champ de Mars, aux eouirkia ''^ et des courses de chars attelés de mulets ^'. Le maître du char ou du cheval victorieux recevait une couronne ^". hcmoipecunia désignait donc, au temps des Douze Tables, non seulement les chevaux de course, mais aussi les chars ".
Suivant Pline l'Ancien, la disposition des Douze Tables aurait été appliquée sans hésitation aux couronnes décernées au maître pour ses esclaves ou ses chevaux '-. 11 ne faudrait pas en conclure que, dès le temps des décemvirs, les esclaves dirigeaient les chars dans le cirque : les chars étaient conduits par les maîtres euxmêmes ou par leurs enfants. Plus tard, on considéra comme peu honorable pour un citoyen de prendre part en personne aux jeux du cirque : on se fit remplacer par des esclaves. C'est alors que les interprètes de la loi étendirontaux esclaves la signification du mot p?c((»ia'''.
L'imposition des couronnes décernées à titre de récompense était autorisée, non seulement pendant que le corps était exposé dans la maison mortuaire'', mais aussi le jour des obsèques lorsqu'il était porté, à travers la ville, au bûcher ou au tombeau ^^
L'usage de couronner les morts fut condamné par les Pères de l'Église : c'était, disaient-ils, faire du mort une sorte d'idole '^
7° Le denier de Cliaron. — Suivant une coutume qui parait emiirunt(!'e à la Orècc ^\ on déposait dans lu bouche du défunt une pièce de monnaie : c'était le pri.\ de son passage dans la barque de Cuaron, le nautonier des Enfers. Cette coutume, mentionnée par les auteurs latins du i" siècle de notre ère^\ remonte à une époque plus ancienne. Dans les lombes de Préneste, des v° cl vi'= siècles de Rome, on a retrouvé des pièces de nionnaii' placées dans la bouche du squelette^'. On en a Irouvr également à Tusculum, dans la tombe des Furii'", qui est du vi° siècle. Sous l'Empire, cet usage est devenu
Plin. Uist. nat. XXI, 3 ; cf. Scrvius, Ad Aen. XI, SO. — 25 Plin. toc. cit. : <' Inde illa Icx XU tabularuni. Qui coronani parit ipsc pccuniavc cjus [honorisj virlutisve orgo duitur ci. » — 26 Topic, 6. — 2? Feslus, v. Pectilatus. — 28 Varr. De ling. lat. VI, 13 ; Fcstus, v. Equiiria ; Ovid. Fast. Il, 858-8,ï9. — 29 Feslus. V. Mulis. — 3ft Henzcn, Acta fratrum Arvatium, ccci.xi ; Liv. X, 47. — 31 C'est énaletnent dans une acception restreinte correspondant à ce qii'on a appelé plus l;n-d rcs nrn jnancipi que le mot pecunia est toujours employé dans les Douze Tables; on l'oiiposo au mot familîtt. On l'a, il est vrai, contesté pour la disposition relative à la faculté de léguer. Notre texte fournit uti argument et non des moins décisifs, bien qu'il n'ait pas encore éti'- signalé, à l'appui de l'opinion qui restreint à Upecunia la liberté de léguer. Cf. Edouard Guq, Les Institutions juridiques des /iomoins, 1891, t.I",p. 91 et 282; Karlowa, Pôm. /lechsgeschicbtc, I. H, 1892, p. 3.i8-359. — 3:1 ffist. nat. XXI, 3. — 33 Sur l'extension du sens du mot pecunia, cf. Edouard Cu(|, Op. cit. t. I", p. 504. — 3'. plh,, //in. nul. X, 43 ; Cic. Pio l'iacco, 31 ; Artemidor. IV. 49 ; I.ucian. De luetu, 12. — 35 plin. Uist. nat. XXI, 3. — 36 Tertull. De coronis. 10 ; Minucius Félix, in (tct. 12, 6. — 37 Voy. plus liaul, p. 1371. — 3S Juvcn. Sat. III, 207; Propert. V. 11, 7; Apul. Met. VI. IS. — 'i'> Annali deW Ist. 185S, p. 76 ; cf. Dullet. delf Util. 1870, p. 13; 18Si, p. 77. — '.0 Corp. inscr. lat. I, n" 6S i 72.
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trôs général', surtout dans les dernières classes de la société -.
8° Exposilinn du corps. — L'exposition avait pour Inil, suivant PolUix', d'attester que la mort n'avait pas été provofjuée par un acte de violence. Le corps était couché {collocdvc '' , com.ponerc'^) sur un lit de parade dressé dans l'atrium''' de la maison, les pieds tournés vers la porte d'entrée '.
C'était un devoir, pour les proches parents, déplacer eux-mêmes le corps sur le lit où il devait être exposé '. Ils l'entouraient de fleurs, symbole de la fragilité d(! la vie humaine' et faisaient brûler des parfums dans des cassolettes [aceura] '" disposées au pied du lit. La loi des Douze Tables contenait, sur les acerrae, des mesures restrictives qui ne sont pas parvenues jusqu'à nous". Les amis venaient aussi déposer des fleurs et des couronnes'-. La loi des Douze Tables défendait seulement les lonijae coronae '^ A côté du lit se tenait un esclave'*, ou, à défaut, unmercenaire'" . — r. — .;v^-=t
chargé de garder et d'éventer le corps.
Un basrelieftrouvé en 1847, aux environs de Rome sur la voie Labicane et que l'on présume avoir appartenu à un monument de la famille des Aterii, représente la scène de l'exposition'" (llg. 3360). Sous un toit, soutenu par des colonnes et qui figure l'atrium de la maison mortuaire, est dressé un lit de
parade, sur le(iuel une femme est étendue. Quatre grandes torches brûlent aux coins du lit; à droite et à gauche, deux lampes montées sur des eandélalires, achèvent de donner l'impression d'une chapelle ardente. Au bas du lit, deux cassolettes [acerrae). Un homme, velu d'une courte tunique s'approche de l'une d'elles, en portant les
1 (J. li. de Rossi, Ilull. dclC Islil. 1801). p. 4-.; ; Xolizia ilei scafi. 1878, p. OG; 187'.i, p. 5G, 70, 185. — 2 I-'icoroni, La Botla d'Oro, Rome, 1732, p. 33, 43 ; Raoul Rochelle. Mém. de l'Acad. des liiscr. l. XIII, p. 069 ; moniiaies trouvées ù f'aris, Jlev. archi'ol. 1884, p. 124. — ■IVIll, I. — *Suel. Aug. 100; Capitol. Aillon. P. 3. — SOvid. Mfl- IX, 304; Sencc. Ue brei). vitae, iO ; Lucian. De luclii, 11. — « Kirclinianu, Op. cil. p. 09; J. CJuthcrius. De jure maniuni, lib. 1, c. 17, et Moreslellus, /'oni;/ii feralis. I,c. 18, pn'leiKleul que l'exposiliou avait lieu devant la porle de la maison dans le vestihulc. Mais ou ne compieudrail pas l'expression ex aedilnis e/jTeiTi dans l'annonce faile par le crieur public [lour uu fuiius indictivum. SuiHonc dit, il est vrai, ipie le corps d'Auguste fut ciposi! in vesliliulo domus, mais c'est là une cxceplimi admise pour faciliter l'accès du lit fuuO'brc dans un cas où l'on devait s'attendre à une aKInence considérable. Cf. Beclicr-Gùll, Callus, l. UI, p. 491 ; Marquardt. Uns Privatteben . l. l", p. 347 (Irad. fr. p. 40C, u. 4). — 7 pers. Stil. III, 1U3 ; l'iin. Hist. nal. Vil. 9, 46; Senec. Ep. 12. — 8 Dio Cass. I.VIII, 2.
— 0 l'Un. Hisl. tiat. XXI, 1 cl 3; Dion. Ilalic. XI, 39. — '0 Fcsl. v. Acerra.
— 11 Cic. De leg. Il, 23, 00. — <'> Dion liai. XI, 39; Plin. Uisl. ml. X, 43.
— 13 Cic. De leg. Il, 24. Dans la lig. 33GÛ, c'esl peul-i!lrc une coromi
Fig. 3360. — Eiposition funèbre.
parfums qu'il va répandre sur le feu déjà allumé. Entre les deux cassolettes, quatre personnages sont debout dans l'attitude de la douleur: ce sont, sans doute, des membres de la famille. A la tète du lit, trois femmes coiffées du p'deus, probablement des esclaves affranchies par testament, sont assises les mains croisées sur les genoux''. A droite, un homme s'avance vers la morte; il tient à la main une guirlande de (leurs. Près de lui deux pleureuses [praeficae) se frappent la poitrine. Au pied du lit deux femmes, dont l'une, assise, joue de la double ili'ite '*.
L'exposition durait de trois" à sept jours, suivant les cas-". Pour avertir les passants et particulièrement les pontifes qu'un mort était exposé dans la maison, on plantait devant la porte des branches de sapin (picea)" ou de cyprès^- (voy. plus haut, 1. 1", p. 3o9). Enfin, en signe de deuil, on évitait d'allumer du l'eu dans la maison".
Tels étaient les rites observés avant les obsèques, bien
entendu pour
les citoyens ayant une certaine aisance^'.
Les pauvres étaient laissés sur leur grabat" en attendant le moment d'être portés à la culina publiai établie dans un cimetière public ^^ .
n. La cérémonie DES FUNÉ- RAILLES. — La cérémonie des funéraillescomprend trois actes distincts :
1° le transport du corps de la maison mortuaire au bûcher ou au tombeau ; 2" Vhiimatio ; 3» les actes purificatoires. Nous décrirons d'abord la cérémonie traditionnelle usitée pour le commun des citoyens : c'esl le fimus translaticium-'', qu'on appelle aussi funus vulgare-^, plebeium-^ , siinpluviareum '". Puis nous indiquerons les modifications que comportent le funux indiclivum où se dé-
longa que l'on voit apportée au niorl. — '^ Cod. Just. VU, 6, 1. 5: Uio Cassius, LXXIV, 4. — 15 Apul. Met. H, 21 et 23. — 16 .Vonum. deir hliluto di cot'risp. aecheot. di Jtoma, t. V, lav. C ; Garrucci. ifûnum. del Museo taleranensf, lav. 37. — '7 Plin. Hisl. nal. XXVIII, 39; Apul. ilelam. III. i ; Bruno, Annali delV htilulo, 1849, p. 36S, et Marquardl, /(<5w. Pricatall. l. 1", p. 347, n. C (Irad. p. 40G. n. G), pensent que ces trois femmes sont plutôt les fuiiereae mulieres donl parle Servius (aii Aen. IX, 484). Mais ils n'c\[tliquent pas pourquoi elles sout coiffées du pileus. — 18 Cf. deux autres monuments représentant la scèue de l'eiposilioD, Mon. of Ihe Bril. Mus. V, pi. m, fig. 3; .Wiu. Gregor. Il 91. — 1» Schol. Ouq. ad llor. Epod. XVll, 48. — » Servius. Ad Aen. V. 04: Hcrod. IV, 2. 4; Amm. Marcell. XIX, I, 10; cf. Kircbmann, p. 123; MaT\(uarvlt, Rim. Privalallert. l. I-', p, 347 (Irad. p. 400, n. 0). — 21 Plin. Uisl. nal. XVI. 10, 40. — 21 Ibid. XVI, 33, 139; Serv. Ad Aen. III, 04; Feslus, v. Cupiessus; cf. lierai. Od. Il, 14, 23.
— 23 Scliol. ad Juven. Ill, 214; Apul. Melam. Il, 24. — 2' Lucan. Pllars. III, 442.
— '20 Artemid. Oneirocril. Il, 3. — 2o Front. De coillr. 55, 9 : Aggen. Comm.2l. 15; 86, 9. — 27 Suelon. .Vpto, 33. — S* Oapilolin, .U. Anton. Philos. 13. — 29 Properl. Il, 13, 24. — M Paul. Diac. v. Simf,l idia-ea.
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ployait tout le luxe des funérailles, el le fnnus militare.
FUNVS rRANSLATICIUM. — A. Convoi funèbre.
1° Le transport du corps [eff'evre' = foras ferre, por ter dehors) se fait en général au milieu d'un concours d'amis invités à suivre le convoi. De là le nom donné à ce premier acte de la cérémonie : exsequiae -.
L'invitation est faite ordinairement par un affranchi qui va prier les parents et amis du défunt de se rendre aux obsèques ^ Dans ce cas, les obsèques se font yénéralemenl le lendemain du décès', à moins que ce ne soit un jour de férié publique".
Une très ancienne coutume voulait que la cérémonie ci'it lieu pendant la nuit, à la lueur des lorches\ Cet usage était fondé, d'après Servius', sur des motifs d'ordre religieux : la vue d'un cadavre était interdite aux prêtres tels que les pontifes, le flamine de Jupiter; elle viciait ou même empêchait certains actes des magistrats. En procédant de nuit aux obsèques, prêtres et magistrats n'étaient pas exposés à rencontrer sur leur roule un convoi funèbre.
Les torches, qui éclairaient le convoi, étaient primitivement faites d'étoupe (fîmes) enduite de suif [sébum) ou de cire (cera) ". C'étaient les funalia ou funales candelae. Plus tard on remplaça l'étoupe par de la moelle de papyrus' ou de jonc (scirpus) '". On faisait également usage de torches en bois de pin [faces) ". Ces torches funèbres se distinguaient par leur composition des torches nuptiales [faces nuptiales)^'' : pour éclairer le cortège qui accompagnait la femme à la maison conjugale le soir du mariage, on se servait de torches en bois d'aubépine [ex spinaalba) '^ Avec les torches en bois depinonemployait, au temps de Sénèque, dans les enterrements des enfants, des bougies [cereus funalis) faites d'une mèche enveloppée de cire [candela, cera, fax, funalis]. Les obsèques avaient lieu ad faces cereosque''.
La coutume des enterrements nocturnes s'est de tout temps conservée pour les funérailles des enfants [acerba fiincra)"' et des indigents, et en cas d'exhumation'" {Iranslatio cadaveris) '^ Mais dès la fin de la République, les obsèques se faisaient, dans tout autre cas, en plein jour'*. Rien ne fut changé d'ailleurs aux anciens rites funéraires, et l'on continua à porter des torches comme pour éclairer le convoi. On concilia ainsi le respect des prescriptions du droit pontifical avec les exigences de la vanité des Romains de la décadence, qui voulaient étaler, aux yeux de tous, le luxe des funérailles. Les chrétiens des premiers siècles adoptèrent l'usage des torches qui s'est perpétué jusqu'à nos jours". L'empereur Julien, par
1 Plaut. Mostell. IV, .H, 9; Aulul. Il, 1, 33; Horal. Sal. 11, 5, 86; Douai, in Tor. Antlr. I, I, 81. — 2 Sencc. Eji. 30. — 3 Varr. De re rusl. I, 69. — 4 Cic. J'ro Ctueiil. 9; Ter. Andr. I, 1. 88; Corp. inscr. lai. I, p. SOI a. — E Colum. Dere rusl. 11, 21, 4; Cic. Se leg. Il, 2Ï. — G Sci'v. Ad Aen. VI, 224; 1, 727.
— T Jbid. XI, 143. — SServ. XI, 143 : « Funera autcm alii a funalibus candelis scbo vel cera circumdalis dicla, quod in praclucciiLibus noclu elTorrcutur mortui. »
— 9 Serv. 1, 727 : « Funalia... a funibus quos anle usum papyri cera cii'cunidalos babuere majores ». Isidor. Orig. XI, 2. — 10 Pljn. XVl, 37. — n Ovid. Fasl. Il, 537 : » Pinea tacda ». Cf. Virgil. Ciris. 439; Senec. Med. 37, 112.
— 12 Feslus, 24o, V. Patrhni et matrimi; Massuriiis Sabinus ap. Pliii. Ilist. nal. XVl, 18, 30 ; cf. Rossbacb, Unlersuchimgen ûber die rômische Elie, 1853, p. 337. — 13 Les torcbcs funèbres et les lorclies nupLialcs sont frt-quemraent rapprocliées dans les auteurs anciens. Propei-t. V. 11, 46: u Viximus insignes inter utramque faceni » : Ovid. Fiist. II, 559; Hevoid. XX!, 172; Calpurn. Place. Decl. 29. — U Sencc. Ep. 122; De tranq. an. 11; De brev. vilae, 20.
— "• Tib. II, 6, 29; Horat. Sal. II, 8, 59; Juvcn. XI, 44; Tac. Ann. III, 17; Sencc. Ep. 122 ; De Iranq. an. I, 1,13.— IC Paul. Uiac. v. \eapae. — " Paul. Sent. I, 21, 1. — 18 Ilor. Scrm. I, 6, 42 ; Plut. SuUa, 38; Corp. inscr. lat. VI, 13782 ; « Morluus est IIII K. Julias liora X, elalus est li(ora) III, frequcntia niaxima '>■
— 19 Clirjsost. Homil. IV ad llcbr. ; cf. Coripp. In taiid. Juslini Aug, min.
un édit du 1:2 février 363, essaya cependant de rétablir les funérailles nocturnes, comme aux premiers siècles de Rome ^°. Cet édit, rendu en haine des chrétiens, ne tardapas à tomber en désuétude. Bien qu'il figure encore au Code Théodosien, il n'a pas été inséré au Code de Justinien^'.
Pour transporter le corps au bûcher ou au tombeau, on lerelirait du litde parade pour le mettre dans une espèce de cercueil en bois^\ consistant en un coffre ouvert [capuhis] -'■'. D'où l'expression capularis senex pour désigner un vieillard dont la mort est prochaine-'. En cas de rnort violente^", peut-être aussi lorsque le visage était déjà décomposé-", la tête était voilée.
Le cercueil était placé sur un brancard [feretrum] " en forme de litière [lectica] -' (voy. fig. 3361). Pour les indigents, on mettait tout simplement le corps dans un coffre adapté au brancard-'. Le fereirum portait ici le nom de sandapila^". C'est dans ce coffre banal [vitis arca)'' que fut emporté le cadavre de Domitien'-. Martial l'appelle orchiiana sponda'^.
Le brancard était enlevé à l'épaule^'. Il fallait six^° ou même huit"' porteurs pour une lectica; quatre suffisaient pour la sandapila^\ Les llls du défunt, ses proches parents^' ou ses héritiers^' tenaient à honneur de le porter. Q. Metellus le Macédonique fut porté par ses quatre fils dont l'un était préteur el dont les autres avaient été censeurs ou consuls''". Parfois aussi se présentaient des porteurs volontaires à qui le défunt avait rendu des services", les esclaves qu'il avait|airrancliis par testament'-.
Pour ceux qui, en raison de leur pauvreté, ne pouvaient être ensevelis avec les cérémonies habituelles, il existait des mercenaires, les vespillones, qui se chargeaient du transport des cadavres '^ Sidoine Apollinaire ''lesappelli' aussi sandapilarii , du nom du brancard dont ils faisaient usage. Au Ras-Empire, Constantin établit la corporation des lecticarii, qui fut chargée à Constantinople du transport gratuit des cadavres des indigents**^.
2" Le cortège. — En tête marchent les trompettes [tuhicines), les pleureuses [praeficae) ''° etles joueurs de ilt'ile [iibicines).
Les pleureuses donnent les signes du plus afireux désespoir : elles se frappent la poitrine, s'arrachent les cheveux, fondent en larmes et poussent des cris perçants ''. Par intervalles, l'une des pleureuses, celle qui a la plus belle voix, fait l'éloge du défunt'", puis elles chantent ensemble, au son de la llûte '', la naenia en son honneur. Les paroles en étaient tellement ineptes'*" et insipides" qu'on donna le nom de naenia aux bagatelles [nugae]^- qui ne méritaient pas d'être écoutées et surtout
III, 39. — 20 Cod. Tiicod. I.X, 17, 5. Le texte grec original de cet édit a ét^ récemment publié d'après un manuscrit (cod. 30G) de la bibliothèque Sainl-Marc à Venise; Hermès, t. VIII. p. 107. — 21 Tribonien n'a reproduit que la première partie de l'édit qui a un autre objet. Cod. Jusl. IX, 19, 5. — 22 Apul. Metairt.
IV, 18. — 23 Paul. Diac v. Capulum ; Serv. Ad Âen. XI, C4; Non. Marc. 4. 19-31 ; Isidor. Orig. XX, 11, 7. — 2v Serv. Ad Aen. VI, 222. — S5 Vell. Patere. II, 4. G ; Dio Gass. I.XI, 7. — 26 Dio Cass. ibid. — 27 Varr. De liiig. lai. V, 33, 106 ; Serv. Ad Aen. XI, 04. — 28 Tac. Hisl. III, 07 ; Coru. Nep. in Allico, 22.
— 23 Dio Cass. LXV, 18. — 30 Fulgent. De serm. ont. 558, 23. — 31 Lucan. Pliars. VllI, 730. — 32 Sueton. Domil. 17. — 33 Martial, X, 5, 9. — 31 Hor. Sal. 111, 5, 85; Lucan. Pbars. VIII. 732. — 3i Martial. 11,81, 1. — 30 Voir plus loin, lig. 3361. — 37 M,arl. VllI, 73, 9. — 38 Servius, Ad Aen. VI, 222. — 39 Uor. toc. cit. — 40 Plin. fJist. nat. VII, 44; Val. Ma». VII, 1, 1; Vell. Patcrc. I, 11. 7. — 41 Plin. IJist. nal. XVIII, 16 ; Plut. J'aul. Acm. 39. — 42 Pers. .S'a(. III, 100.
— 43 Fesl. y. Vespac; Eulrop. VII, 23 ; Amm. Marcell. XXIX, 2. 13. — i^Ep. Il, «.
— 45 A^oo. Jusl. XLIU et LIX. — « .Non. Marcell. GO, 27 ; Varr. De ling. lat. VII, 70; Feslus, v. Naenia. — 47 Lucilius, lib. XXII, ap. Non. Marcell. 07, 5. — 48 Varr. De vita pop. Itotn. lib. IV, ap. Non. Marcell. 145, 23; Plaut. Trncul. II, 0. 14.
— 49 Fcstus, !.oe. cit.; Cic. De leg. II, 24. — l'O Non Marcell. 145, 23. — m Cala ap. Gcll. XVlll, 7. —M Pl.iut. Asin. IV, 1, 63,
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d'être crues. Un a prétendu, en alléguant un passage de Varron' que l'emploi des pmcfifw; avait disparu au temps des guerres Puniques-. Cette opinion ne saurait être soutenue aujourd'hui en présence des monuments ligures qui attestent l'existence dea prar/icw h la fin de la Républi<iue (voy. la fig. 3.'{C1). La naenia a également subsisté pendant longtemps : on la retrouve jusqu'aux obsèques dePertinax^.
D'après Servius', les /téiciwe* figureraient seulement aux obsèques des enfants. Mais divers témoignages prouvent que l'usage de la tibia était commun à toutes les funérailles". Nous savons notamment ([u'il n'y avait pas do funérailles sans naeniae et que la flûte était l'accompagnement obligé des nacniaç'^. Il y a peut-être cependant quelque chose d'exact dans la remarque de Servius : c'est que la tuba'' ne devait être usitée que pour les obsèques des grandes personnes'.
Les manifestations bruyantes des musiciens et des pleureuses n'étaient pas particulières aux Romains' : on les a vues en usage chez les Étrusques (voy. p. 1382- 1383)'°. La loi des Douze Tables les avait renfermées dans certaines limites. Elle avait restreint à dix le nombre des joueurs de flûte", puis elle avait interdit les lamentations des femmes {lessitm) ^- .
Derrière le cercueil suivent les assistants, hommes et femmes. Cela s'appelait moscqui^^, fumis comiiare*', e.^•seg|^^^a«^?■e'^ Les parents , • ■ amis faisaient à peu près seuls partie du cortège; les premiers par devoir'", les seconds pour faire honneur au défunt '\ Il n'était pas reçu que d'autres personnes assistassent aux obsèques d'un homme sans notoriété '^ Souvent, du moins à l'époque impériale, les parents, les enfants même s'en dispensaient. Pour réagir contre cette indifférence, certains testateurs eurent la pensée d'insérer dans leur testament une clause destinée à récompenser par un legs ou un fidéicommis ceux qui voudraient bien se rendre à leurs funérailles". Un jurisconsulte du n° siècle, Aburnius Valens, suppose un legs destiné « à celui de mes trois enfants qui viendra à mes funérailles^" ». On fit mieux, et pour stimuler le zèle des assistants, le legs fut adressé à celui qui arriverait le premier'^'. Ce fut le prix de la course. Il y eut même des testateurs qui attribuèrent toute leur hérédité au premier rendu". La jurisprudence eut à se prononcer sur la validité de ces institutions d'héritier et de ces legs qui n'étaient pas inspirés par un sentiment de bienveillance à l'égard d'une personne déterminée. Elle les déclara nuls, comme faits à une personne incertaine. Pour échapper à la nullité, il fallait préciser davantage et par exemple léguer « à celui de
1 Ap. Non. Marcell. 07, 11. — 2 Jlarquardl, i'Wi'n(/e4«i, 1. 1", p. 35i (Irail. p. 415. n. 4).— :i Dio Cass. I.XXIV, 4 ; cf. (^ic. Pro Mil. 32; Siiel. t'nts. s4; Lucan. PAors. Vlll,734; Quintil. Vlll, î. 8. — '•.Irfden. V, 138.— liSuet. Caes.Sl; Sciicc. Apokol. li; Dio Cass. LXXIV, S; 0>id. Ttisl. V, 1, 48. — lî Fcsl., s. v. iVaenin cl funèbres tibiac. — "JCr. von Jan ap. Baumcister, Den/cmiiler, t. UI, p. 165; Moiuniscn, Ilùm. SlaaIsrechI, t. III, p. 287, n. 3 et p. 386 ; Uuclsen. Bullel. deW ht. arcli. 1890, p. 73, n. 1. — 8 Ovid. Heroid. XII. 139 ; Amor. Il, 6, 6; Propcrl. Il, 7, il; l'ors. Sat. III, 103; Pelron. 129; Hjgin. Fab. 274; Artcniid. Oneir. I, 58. — 3 Macrob. Somn. Scip. II, 3. — 10 L'usage des pleureuses subsiste en Corse, en Sardaigne, Brasciani, Costumi delV isola di Safdcgna, Napl. 1850, II. p. 221 ; dans le Bcarn, Capdevielle, la Vallée d'Osiau. p. 131. Cf. Ducange, v. Herestiim, pour le céfL^nionial des obsèques dans noire ancienne France. — H Cic. Ue leg. II, 23. 59; Ovid. Fast. VI, 657. — 12 Cic. /. (. ; Tusc. 11, 23, 56. — 13 Apul. Mel. Vlll. 0 ; cf. Ter. Aildi: I, 1, 101 ; Cic. Tusc. I, 48. — H Qv. Poul. I, 9, 48. — 15 Apul. Ftor. III, 16 ; Ter. riiorm. V, 8, 37 ; Ov. Amor. II, 0, I. — lO Dion. Hal, XI, 33 ; l'Un. H. nul. XXXV, 22. — n Cic. Pro P. Quintio, 15. — 18 Senec. De lr<tn,i. un. 12. — is Marcianus, 2. Fideic. Dig. XXXV, 1, 91. — M |,ib. ï Fideic. Dig. XXXll, 10. — 21 Ciaius, II, 238. — 22 Ulp., nerj. XXII, 4. - 23 Caius, II, 238 ; Ulp.
mes cognais actuels qui viendra le premier à mes funérailles--' «. Cetti; règle (|ui, primitivement, ne s'appliquait pas aux lidéicommis, fut étendue aux dispositions de ce tte espèce par un sénatus-consulte rendu sous Hadrien ^'•.
Dans cette partie du cortège, la douleur des assistants se manifestait de plusieurs manières : les femmes, les cheveux défai ts" et parfois couverts de cendre^*, les vêtements déchirés", exhalaient des plaintes-' {planctus mulierum) en se frappant la poitrine "'. Aux premiers siècles de Rome, elles se déchiraient les joues jusqu'au sang. C'était, croyait-on, une manière de donner satisfaction aux dieux des Enfers-"*. Les décemvirs proscrivirent cette coutume^', mais elle persista en dépit de la loi''^. Les femmes, les jeunes fillesjetaienl sur le cercueil les bandelettes de leur chevelure" et jusqu'à des mèches de cheveux '•. Elles le couvraient aussi de feuillages et de fleurs^'.
Les fils marchaient la tête voilée, comme s'ils allaient vénérer les dieux^". Les filles avaient, au contraire, le visage découvert, bien qu'anciennement les femmes eussent l'habitude de se voiler la tète pour aller en public''. Les hommes quittaient l'anneau d'or et le remplaçaient par un anneau de fer^'. Les magistrats revêtaient la prétexte noire [praetexta pullà)^'^. Les femmes, renonçant à l'or et à la pourpre, retiraient leurs parures et prenaient les vêtements de deuil lugubria)^", de couleur noire'"'. Depuis le décès jusqu'aux obsèques, elles portaient le RiciNiuM, sorte de toge prétexte, dont la coupe était carrée '■^. Pour les funérailles elles échangeaient le ricinium contre un vêtement noir plus ample [puUa palla)''^. Les toutes jeunes filles étaient également vêtues de noir [anthracinac]'*'' . Sous l'empire, alors que la mode des vêtements de couleurs variées s'était répandue, le blanc fut adopté par les dames romaines pour leurs vêtements de deuil '^ Cependant le jurisconsulte Paul dit que les personnes en deuil doivent s'abstenir de vêtements blancs"; mais peut-être cette règle n'était-elle observée que pour les hommes.
La description que nous venons de donner de l'ordre du cortège, d'après le témoignage des auteurs anciens, est confirmée par les monuments figurés. On a trouvé en 1879 à Preturi, en Italie, un grand bloc de pierre calcaire de l^.ee de long sur 0°',68 de haut et 0°,30 de large'". Sur ce bloc, aujourd'hui conservé à Aquila, est représenté un convoi funèbre (fig. 3361). L'époque à laquelle appartient ce relief est fixée par les inscriptions trouvées au même lieu : elles sont de la fin de la République ou du règne d'Auguste ". En tête, les musiciens en file sur deux lignes : à droite quatre libicines, à gauche un iiiice» et deux cornicincs. Après les joueurs de corne,
tteg. XXIV, 18. — 31 Gains, II, 287. — 25 Plut. Qu. rom. U: Liv. I, 26; Ot. FasI. II, 813; l{cr. X, 137; Tib. I, I, 68; Calul. 1.XIV, 351 ; Petron. III; Ter. Pborm. 1, 2, 56; Ueaulonl. U, 3, 49. - K Catul. (. /.; Virg. Aen. X. SU; XII, 1,11. 2; Virg. XU, 609. — 28 Luciau. De luclu, 12; Ov. Her. XV, 113; Juven. XUl, 130. - 29 Cic. Tusc. m, 26; Propert. U, 13, 27; SUI. Theb. 111, 126: Arteniid. I, 43. — 30 Serv. Ad Aen. 111, 67 ; XII, 606. — 31 Cic. De Ug. Il, 23, 59.
— 32 Ov. Trisl. III, 3, 51; Amor. Il, 6, 4; Virg. Aen. IV. 673; Petron. 111 ; IJuinlil. Declam. X; Aricmid. 1, 30. — 33 Dion. Hal. Vlll, 60; Propert. I, 17, 21 ; Petron. 111; Ovid. Heroid. XI, 115; Fast. lU, 562; Sut. Theb. VII.
— 3-. Cf. Wclcker. Ami. delV Islil. 1832, p. 381. — 35 Dion. HaUc. XI. 39; Plin. //. nal. XXI, 7; cf. Minuc. Fel. Ocl. 12, 6.— 36 Scrv. Aen. UI. 407; l'iul Qu. Hom. 14. — 3J Val. Mat. VI. 3, 10. — 38 Suet. .iug. 100. — 39 Festus ï . Praetexta pulla. — M) Liv. XXXIV, 7 ; Dion. HaUc. IX. 39. — " Ubeo ap. Vif. 6 ad Ed. Dig. UI, 2,8; Ovid. Trisl. IV, 2. 73; Prop. IV, II. 97; QuinUU Decl. X. — U Varr. ap. Non. Marcell. 542, 7; Festus, r. Hicinium. — »* Varr. ap. Non. Marcell. 549, I. — " Non. Marc. 350. 1. — 45 Herodian. IV, 2. 3; l'Iul. Qu. i-om. 26; Stat. Sili: III, 3, 36. — 46 Settl. 1. 2, U. — " .\ot. d. team, 1879, p. 145. - 43 C. inscr. lat. IX, 4454, 4458-4460, 4465, 4407, 4171, 44S0, elc
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deux pleureuses, facilement reconnaissables à leur altitude : les cheveux en désordre elles se frappent la poitrine. Vient ensuite le feretrum. Huit hommes portent un brancard qui soutient un lit somptueusement décoré sur lequel repose le corps du défunt. Derrière marchent les membres de la famille : ce sont pour la plupart des
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virs, tu apprécier aux Romains. Pour Heraclite, un cadavre n'est qu'un tas de pourriture qu'on doit jeter dehors comme du fumier'». Les Romains en conclurent que le contact, la vue, le voisinage même d'un cadavre était une souillure pour les personnes et pour les choses consacrées aux dieux supérieurs aussi bien qu'aux Lares et
Fi?. 3361. — Convoi funèbre.
femmes. Nous avons donc sous les yeux le tableau des obsèques d'un personnage important, peut-être un magistrat municipal'.
3° Le lieu de la sépulture. — Le cortège se rendait, dans l'ordre qui vient d'être indiqué, au lieu de la sépulture, ordinairement situé hors ville. Aux premiers siècles, les Romains enterraient les morts dans l'enceinte de la ville- et même, d'après Servius', dans leurs maisons : d'où la coutume d'honorer le Lare dans la maison où il était inhumé. 11 y eut cependant quelques exceptions : Numa fut inhumé sur le Janicule qui ne devait être annexé à la ville que sous Ancus Martius'; Servius Tullius fut également inhumé hors de Rome^ D'un autre côté, Cicéron considère comme un privilège le droit reconnu, avant les Douze Tables, aux Poblicolae et aux Tuberti d'être inhumés en ville'. Il est probable que le privilège concédé à ces deux familles consista à obtenir une sépulture dans une dépendance du domaine public.
Ce sont les décemvirs qui ont proscrit l'usage d'inhumer ou de brûler les morts dans l'intérieur de la ville. Cicéron attribue cette interdiction à la crainte des incendies''. Mais cette raison, bonne tout au plus pour le cas de crémation ', ne peut justifier la défense d'inhumer. Isidore de Séville allègue une raison toute différente : ce serait la crainte de l'odeur putride qui se dégage des cadavres'. 11 faut plutôt reconnaître ici l'influence de la doctrine d'Heraclite sur la nature de l'homme, doctrine que l'Éphésien Hermodore, le collaborateur des décem-
1 Uuclsen, Dullet. thlV Islilulo di coït. arck. 18'JO, p. 7i. — 2 Dion. Halic. ni. 1; Scrv. Ad Aen. XI, 200. — ■i Ad Aen. V, 04; VI, I5i. — * Cassius lloiiiina ap. Pliii. tlisl.nal. Xlil, 13.— '- Dion, llalic. IV, 'lO. — « Cic. Pe leij. Il, 23.
— 1 Ihkl. — 8 Dans la Homo anliquc les maisons ('■lanl isoli'ca les unes des autres, les chances d'incendie i^-taienl bien moins à redouter qu'elles ne l'étaient au temps de Cicéron. Cf. Edouard (Juii, Inslilutiuiis juridii/Ui-s des Iloinains, t. I"', p. 131.
— 9 Orii/. XV. 1 1. — f» Cf. l£d. Cuq, Op. cit. t. !•', p. 133 et n. 8. — " Voyez, plus haut, notes 4 et 5, p. 1380. — ISServ. Ad Aen. XI, i. — '3 lliid. — >'' Liv. XXX, 2; Anjm. Marcell. XXXI, 2; Theodoret. Serm. De tnarlyriOiis, Vlll, 908, t. IV, col. 1017, M. Migne; fclil de Julien {Hermès, Vlll, 107). — 10 A. Gell. X, 15.
— 111 Festus, V. Funèbres libiae. — n Fest. v. JUorluae pecudis, — " Sencc.
aux Pénates. Voici toute une série de faits qui confirment cette conclusion : la maison mortuaire devient funesta dès l'instant du décès"; celui qui qsI funeslat us ne peut sacrifier aux dieux'"; celui qui est appelé simultanément à rendre les derniers devoixs à un mort et à sacrifier aux dieux, doit offrir le sacrifice avant de se charger des funérailles'^; il est de mauvais augure de rencontrer un tombeau'' ; un flamine de Jupiter ne peut ni entrer dans un lieu où se trouve un bûcher, ni toucher un mort"', pas même écouter les flûtes qui jouent aux funérailles"; un flamine ne peut porter des chaussures faites du cuir d'un animal mort de maladie''; le pontife qui doit prononcer une oraison funèbre doit faire interposer un voile ([ui lui cache la vue du cercueil"; enfin on voilait les statues des dieux, ou même on les déplaçait lorsqu'on devait donner en leur présence des combats de gladiateurs '^ C'est pour obviera tous ces inconvénients, pour ne pas jeter le trouble dans les cultes publics et privés^", qu'on reléguait hors des villes les lieux de sépulture. On les établissait généralement le long des voies conduisant aux portes de la ville-'. Les riches avaient leurs tombeaux de famille sur leurs terres -^ Pour les indigents et les esclaves", il y avait des cimetières publics comprenant un certain nombre de fosses communes en forme de puits [putkuUY'' dans lesquelles on entassait les corps. Sous la République, ces putkuli étaient situés dans le quartier de l'Esquilin-". Ce qui tendrait à prouver que la loi des Douze Tables
Consnl. nd Marciam, 1.5. — 'S Dio Cass. LlV, ult. — 20 Paul. Sent. 1, 21, 2 ; Cad. Just. III, 44, 12. — 21 Varr. De ling. lai. VI, 45; Gromal. veteres, éd. l-achniann, t. I", p. 271; llenzcn, liullet. dell' Inxlit. di corrisp. archeol. 1864, p. 155; Corp. inscr. /«(.V, 7404: «T. Lollius. T. 1. Masculus iiii vir liodinconi,igensis positus propler viam ut dicant praelerientes : Lolli, ave ». Cf. l'ro[)ert. III, lli, 25. — 22 Liv. XXXVI, 11 ; Martial, X, 43 ; Allmer et Dissard, Inscripliuns antiijues de Lyon, 11, p. 390 ; « C. Saivi Mercuri iiiiii viri Aug. l.uj;d. in suo sihi posilus liberi supcrslites p. c. >■,. — 23 llor. Sat. I, 8, 8. — 2» Varr. De ling. lut. V, 25; Feslus, V. fuliciUi: Schol. Cruq. ad Hor. Sat. 1, 8, 10. — 21) l'orphjr. ad llor. Sut. I, 8, 14; Schol. Cruq. Ad h. toc; cf. I.aneiaui. Ilultet. dtlla commissiunf archeol. municip. di Itoma, 1875, t. Ul, p. il et l'.tO.
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fut introductive d'un diMjit nouveau, c'est qu'elle ne porta aurunc atteinte aux droits acquis antérieurement à sa promulgation. Nous savons déjà que certaines familles conservèrent le droit d'inhumer leurs morts dans un sépulcre situé en ville, droit qu'elles avaient obtenu en récompense des services rendus par un de leurs membres. Il en fut de même pour les Vestales'.
Aiirès la promulgation des Douze Tables, quelques personnages illustres, par exemple C. Fabricius, obtinrent le même privilège ^ A une époque plus récente, plusieurs lois ou sénatus-consulles accordèrent à de grands personnages une sépulture au Champ de Mars'. Sylla', Hirtius et Pansa^, Julie, la lillo du dictateur César, l'épouse de Pompée", Agrippa' reçurent cet honneur. Auguste se fit construire entre la voie l'Iaminienne et la rive du Tibre un mausolée* où furent inhumés la plupart de ses successeurs jusques et y compris Nerva''. Trajan se fit également construire un tombeau ; c'est morne, d'après Eutrope'", le seul empereur qui ait été inhumé dans l'intérieur de la ville.
La prohibition de la loi des Douze Tables ne fut jamais appliquée aux enfants de moins de quarante jours. On continua à les enterrer dans la maison, sous l'auvent [suh grundo) de la porte donnant sur la cour. Cet endroit s\\}- Tpeliiii suh r/nindarium" , d'où lenoni de Lares f/rundulcs'-.
Sauf ces exceptions, la défense d'inhumer ou de brûler les corps dans l'intérieur de la ville resta de tout temps la règle de la législation romaine. Elle fut confirmée par un sénatus-consulte rendu sous le consulat de Uuillius en 49-4 '^ Une prohibition analogue existait dans la colonie de Genetiva Julia do l'an 710; elle y élait sanctionnée par une amende de ijOOO sesterces". Au second siècle de notre ère, un rescrit d'Hadrien édicta également une peine pécuniaire contre ceux qui enfreindraient la prohibition et contre les magistrats qui auraient toléré la contravention. Il ordonna en outre la confiscation du terrain où l'inhumation avait été faite et l'exhumation du corpsqui devait être transporté ailleurs''. Quelle était la portée de ce rescrit? Était-il applicable dans les cités dont la loi autorisait l'inhumation en ville"^? Un rescrit pouvait-il abroger une loi municipale ? La question fut discutée au cours du second siècle ; les rescrits impériaux n'avaient, dans le principe, qu'une portée limitée. Ântonin le Pieux renouvela la défense d'inhumer en ville '^ C'est seulement au m° siècle qu'Ulpien fit prévaloir l'opinion qui attribuait aux rescrits force de loi générale '". Celte opinion fut consacrée par Dioclétien en !290; la défense d'inhumer en ville fut généralisée".
Au Bas-Empire, l'interdiction ne fut pas rigoureusement observée dans l'empin? d'Orient et particulièrement à Conslantinople. L'usage s'était introduit, grâce aux progrès du christianisme, de conserver les rpli(iues
< Scrv. Ad Aen. XI. 2uG ; cf. Eli. Ciiq, Jtistittitions jiindiqtœs. (. 1"', p. 16i.
— 2 Cic. De leg. Il, 23; Plut. QimcsI. rom. 79; Poblic. 33; Dion. Haiic. V, 48; cf. Mommsen, ad Corp. inscr. lai. l, p. 585. — 3 Dio Cass. XI.VIII, 53; SIrab. V, 236; Sil. liai. XUI, 63'.'. — '' l.iv. Ep. 00; Plut. Sulla, 38; .^ppiail. De bell. civ. I, H6. — 5 |,iv. ICp. 110. — C Dio Cass. XXXIX, 64: Lit. Kp. 106. —1 Dio Cass. LIV, 28. — s Sucloii. Aiig. 100. — ^ Epil. De Caesnribus, XII, 12; cf. 0. Nirsrlifcld, Die kaisertic/icn Grabslàllrn in Dont {Sitzungsberichte (/. Akail. d. Wissensch. :u Berlin, 1886, t. II, p. 1 IM). — il Breviar. VIII, 5.
— 11 Fulgcnl. Senn. ani. 3G0, 13. — 12 Arnob. I, 28. — 'J Scrv. Ad Aen. XI, 206 ; cf. Mommsen, ad Corp. inscr. lat. I, p. 39. — 1^ Corp. inscr, lui. -Il, 5439, c 73. — 15 Ulp. 25 ad Kd. Dig. XI.VII, [i, 3, .ï; cf. Ep/iem. cpigraph. III, p. 94. — 1** A Coloi;ne, on a trouvL^ un tombeau dans une maison (/n/irbuch d. Vercuis von Altcrlhurnsfrcitiidcn im lilieinlande, ISIO, t. XIV. p. 97).
— n Capitolin. Anton. P. 12; cf. l'.iul. Sfnl. I, H, 2, 3. — 18 Cf. Éd. Cuq, le
des saints dans l'intérieur des villes. C'est ainsi que les reliques de saint André, de saint Luc, de saint Thomas furent transférées par Constance dans l'église des Saints- Apôtres à Conslantinople -". Ce fut dès lors une faveur très recherchée que d'être enterré près de leur tombeau. Les empereurs d'abord et entre autres Constantin-', puis les évoques--, des particuliers enfin, obtinrent ce privilège".
En 381, Théodose I", par une constitution adressée au préfet de la ville Pancrace, crut devoir réagir contre cette tendance et renouveler, sous menace d'une peine très sévère, la défense édictée par les Douze Tables : la confiscation du tiers des biens du contrevenant et une amende de cinquante livres d'or contre ïofficium du préfet de la ville'-'". L'interdiction s'applique même aux inhumations (|u'on voudrait faire ad si'dinn .Apostolorum vol tnmii/rum. C'est seulement à la fin du i.v" siècle que l'empereur Léon leva l'interdiction qui avait persisté depuis le temps des décemvirs, et autorisa l'inhumation des morts dans l'intérieur des villes".
B. Humatio. — Vhumalio est le rite essentiel de toutes les funérailles. Elle consiste à jeter de la terre sur le corps ou tout au moins sur une parcelle du corps du défunt {os reseclum), suivant que la sépulture a lieu par inhumation ou par incinération-'"'.
De ces deux modes de sépulture, le plus ancien est l'inhumation. C'est l'avis de Cicéron" et de Pline l'Ancien'". Leur témoignage est confirmé par l'existence même de ïluunatio. Ce rite n'fl pu être introduit qu'à une époque où il était d'usage do jeter de la terre sur le corps et de l'en recouvrir entièrement. L'adaptation de ce rite à la sépulture par incinération a quelque chose d'artificiel et de forcé. Couper un des doigts du défunt (o.s rcsectum) pour y jeter dessus tpois poignées de terre est un de ces expédients familiers à la jurisprudence pontificale et qui consistent à substituer à un acte réel un acte simulé ".
D'autre part, la période de l'inhumation est caractérisée à Rome par les tombes découvertes en contre-bas de Vngger de Servius Tullius^", par les fosses à cercueil trouvées sur l'Esquilin"", par les caveaux maçonnés en pierres de taille, identiques à celles du revêtement intérieur du mur de Servius'-.
L'inhumation et l'incinération sont la conséquence de deux conceptions différentes de la mort ". Dans l'une, la mort est comme une prolongation plus ou moins imparfaite de la vie. L'inhumation rend le corps à la terre dont il est né'''. C'est la terre qui le protégera contre les chances de destruction qui le menacent. Dans l'autre conception, il ne subsiste après la mort qu'une sorte d'image du défunt, une ombre de lui-même'-'. L'incinération permet à cette ombre qui contient l'àme du défunt de retourner au ciel d'où elle émane'". Grimm pense
Conseil des Empereurs d'Auguste à Dioclétien. 1884, p. 337 et 410. — 19 Cod. Jusl. [II, 44, 12. — 30 Consulai'ia Constanlinop, a. 357; Hieronym. CItronic. anno Constantii 19 et 20; Chron. Pasch. p. 356 et 337. — 21 Socral. Ilist. Eceles. I, W; Zonaras, XIII, II. — S2 Socral. Ibid. I. 26; Evagrius. IV, 30. - 23 Augustin. De Dukitii quacsl. yill, 2 ; cf. Cbrjsoslom. Homil. in ilatih. 73. 3. — JV Cod. Thcod. IX, 17, 6. — 2S iVoc. Léon. Lllil (éd. Zachariac, /it« graeeoromanum. t. III, p. 146). — 26 Cic. De leg. Il, 52 ; Varr. De liitg. lat. V, 4, 23. — i^ De leg. Il, 22. — 28 Hisl. no/. VII, 54, 187. — S9 Sor». Ad Aen. Il, 116; IV, SU; cf. Éd. Cuq, tnstit. jurid. des Romains, U !•', p. 733. — 30 Ballet, delta eomm. areheol. municip. di Borna, IS83, p. 47. — 31 /àid. p. 39. — 33 Jbid. t. III, p. 43. — MCf. G. Perrot. /m civitisalion mycénienne (Beene des Dettr .^fondes, CXV, p. 865). — 3^ Cic. De /cj. II, 22. — 35 Tibul. III, 2,9; Servius, Ad Aen. IV. 654 ; cf. B. \V. Leist, Allarisches Jus civile, 1892, p. 203. — 3? Serv. Ad Aen. III. 68 ; cf. B. \V. Leisl, Graecoilalisclie BicMsgesehichle,'y>. 36.
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que l'inhumation est propre aux populations agricoles, rincinéralion aux tribus nomades*.
1. Inhumation. — ■ Le corps est déposé dans un loiiib:au enfoui plus ou moins profondément dans la teire. Nous n'avons pas ù, décrire ici les formes diverses de tombes qu'on rencontre suivant les époques : nous ne nous occupons que des sépultures. Tout ce qui a trait à la construction, à l'ameublement ou à la protection des tombeaux trouvera sa place au mot sepulcru.m.
On descend dans la tombe le cercueil contenant le corps du défunt ^. C'est la scène qu'on a vu figurée plus haut sur un vase grec^ (fig. 3340).
Le corps est enfermé dans un coffre de pierre * [arca lapidea), de marbre '% de plomb '^' ou d'argile ' {fclilin solia). On a même trouvé des cadavres enfermés dans deux demi-amphores ajustées l'une dans l'autre ". Parfois aussi, on plaçait dans la tombe le lit funèbre'. Un lit en bronze a été trouvé en 1823 dans une tombe de Corneto '" [lectus].
La loi des Douze Tables avait interdit de déposer de l'or dans les tombeaux " [neve auntm addito). Exception était faite pour le cas où le défunt avait des dents attachées avec de l'or {mi aura dentcs juncti esscnt) ; on les enterrait avec lui '-.
Les constitutions des empereurs, la jurisprudence essayèrent de réagir contre l'usage '■' d'enfermer dans les tombes de l'argent''', des vêtements précieux '^ dos ornements '°, des rangées de perles, des émcraudes'". Ces dispositions restrictives avaient pour but d'empêcher que des malfaiteurs n'eussent la tentation de dépouiller le cadavre ".
L'inhumation a pour effet de rendre rcligiosus le terrain où elle a lieu, mais à une triple condition : qu'elle ait été faite par celui qui a la charge des funérailles, dans un terrain lui appartenant en propriété quiritaire ", et après qu'il a rendu les derniers devoirs au défunt-".
II. Incinération. — 1° Où se fait l'incinération? L'incinération a lieu, tant(')t à l'endroit même où doit se faire la sépulture, tantôt dans un local spécial. Lorsque les restes du défunt doivent être inhumés dans le lieu où le corps a été brùlé^ ce lieu s'appelle bnsluni. Le mot bnstum désigne donc à la fois l'emplacement sur lequel on a élevé le bûcher et la tombe où seront enfermés les os et les cendres après l'incinération -'. Le buslum est la plus ancienne forme de tombe de l'Italie centrale^ .
Les sépultures de ce genre, trouvées à Vercelli, ont permis au P. Bruzza de reconstituer le procédé suivi dans la Gaule transpadane ^'. On commençait par creuser une fosse d'un mètre environ do profondeur; puis on élevait le bûcher au-dessus de cette fosse, au fond de la-
1 Ueber das Verbrenncn dur Leichen {Abhandl. der BerlinCf A/cad. d. Wissenc/i. I84n, p. 194). — 2 Ap'il. Melam. III, 9; Didkt. dclV Jnsl. 1830, p. 13; iVot. dri scavi, 1883, p. 128. — i Monum. delV Islit. dicorr. arch. t. VIII, tav. IV, 16; naiiiiicislcr, Denkmaler, l. I", p. 306, fig. 321. — 4 Uaius, 19 ad Ed. Di^-. XI, 7, 7, I.
— 6 Tibul. III, 2, 22; Ulp. 25 ad Ed. Dig. XI, 7, li, 4.-0 Nol. dei .tfnc/, 1878, p. 69; 1881, p. 133; 1882, p. 49; 1883, p. 202. — 1 IMin. Hisl. nat. XXXV, 12. — 8A'o(. rfciscoui, 1881, p. 31 ; /(ec. de Ccmstantine, iSii, p. i\0. — ^ 0. lnUu, VaseJisaiiwiIitng. p. 86. — 10 Mus. Gref/or. I. tav, XVI, S ; lîaunieistcr, 1. 1"^ p. 311, fig. 32G aelb. — " Cic. De leg. II. 24. — 12 Cic. Eod. — 13 plaul. Pseud. I, 4, 19; Ter. Eun. prol. 13. — Il Marcian 14 Inst. Dig. XLVIII, 13, 4, C. — 10 Papiii. 3 llcsp. ap. Marcian. 7 Inst. XXX, 113, ;j. — "■ V\[i. 23 ad Ed. Dir/. XI, 7, M, .'i.
— 17 Cf. la clause d'un fostamont rai>porli'o par Cervidius Scaovola 17 Dig-, Dig. XXXIV, 2, 40, 2. — 18 Cf. Dig. XXVII, 12; Cod. Jiisl. IX, 19. — 13 fiains. II. 7. — 20 Cic. De leg. II, 22 ; Paul. Diaf. v. /Migiosiis. — 21 Sorvius, Ad Aeii. XI, 201; Fcstus, V. Bustum; Aclius Gallus ap. Pcst. v. Sepiilcrum; Salemn. C/ojs. V. Dusla. — 22 Abckon, M ittel Italien, 2il ; Wcis», KosMmkunde. Il, 1187. — 23 hcrizioni antichc Ver ellesi 1, 871, Iiilrodu/. p. lt. — 2i Feslns.
quelle venaient se déposer les cendres et les os du mort avec les charbons provenant du bûcher. On formait ensuite la fosse en y amoncelant de la terre [tiuintlus].
Dans les sépultures qui devaient servir à un nombre plus ou moins grand de personnes, comme les columbaria, on avait soin do ménager un local spécial appelé ustrina ou ustrinum-' pour y brûler les corps dont les restes étaient ensuite déposés dans la niche {ollarinin) qui leur était réservée *^ fcOLUJiBARiUM, p. 1333]. Un ustrinum subsiste encore à la cinquième borne milliaire de la voie Appienne-".
2° Le bûcher [rofjiis, pi/ra) est formé d'un amas do bois. Servius " prétend qu'il faut distinguer rofjun et pyn : vogus, ce serait le bûcher allumé, pyra, le bûcher prêt à être allumé. Mais lui-même dit ailleurs-' que le rogus est e.vtrticlio Ugnorum. Aucun doute ne saurait subsister en présence de la disposition des Douze Tables : lîogum ascia ne polito.
Pour faciliter la combustion" on enduisait le bûcher de poix", de papyrus^'. On atténuait la mauvaise odeur qui se dégageait du bûcher et qui aurait incommodé les assistants en l'entourant de cyprès^-.
3° Le bûcher était disposé en forme d'autel". On ne devait se servir que de bois brut. La loi des Douze Tables défendait de le polir avec I'ascia ''. Cette prohibition devait être tombée en désuétude à l'époque impériale; Pline parle de bûchers décorés de peintures^-' : le bois était non seulement façonné, mais échafaudé en de hautes constructions somptueusement ornées. Les dimensions du bûcher variaient suivant la fortune du défunt : il y en avait de très hauts ^^. La figure 3362 r.?présente, d'après une médaille, le bûcher de Pertinax.
C'est une immense pyramide à plusieurs étages, ornée de guirlandes, de draperies, de statues séparées par des colonnes'''.
D'autres s'élevaient à peine audessus du sol ^'; tel est celui que représente la figure 3363 d'après un bas-relief du Musée Fig. 3302. — Bûcher funtoire. du Capitole^' : derrière le bûcher
une pleureuse se tient les cheveux épars, une autre femme porte un vase et une fiole à parfums, destinés à l'onction du corps; un homme fait chaufl'er l'eau pour le laver.
4° A l'époque où l'on inhumait les citoyens dans leurs terres, il était d'usage de placer le tombeau à l'extrémité du champ ou sur un emplacement pierreux et stérile. C'est aussi à l'extrémité de la propriété qu'on élevait le bûcher dans les sépultures par incin(U'ation. 11 y avait
V. Dusium. — 25 Corp. imcr. Int. VI, 4410, 10237, 11576; V, 3bS4, 8308.
- ;'» Fabrelti, p. 231 ; Ganina, Via Appia. t. XXXIl. — 27 Scrv., Ad Aen. XI, 18^
- 23//). 111, 22; cf. Cic. De fin. III, 22; T'use. I, 33; Suclon. Caes. 84; Plaul. Menaechn. I, 2, 43. — 23 Cf. Kirchmann, p. 324; Becker-dûll, Oallui, t. III, p. 329. — 30 Martial. X, 97; VIII, 44, 13; Plin. Hisl. nal. VII, 186. — 31 Plut. Convival. lll, 4, 2. 3; Macrob. Satuvn. VII, 7; Arlcmidor. Oneirocr. II, 8.
- 32 Varr. ap. Scrv. AdAen.\'[, 210. - 33 Serv. Ad Aeii. VI, 177. Sur l'origine de celte forme, voy. Raoul-Rochelle, A/èni. de l'Acad. des In/icript. t. XVII, 181, 196. — 31 Cic. De leg. Il, 23. — 35 J/isi. nnt. XXXV, 7, 49; cf. Raoul Uoclidle, Peint, antig. inéd. p, 324. - 30 pi„l. Dnitiis, 20, 3. — 37 Lucan. Pliars. VIII, 742. — 38 Cohen, H/onn. imp. III, p. 391 ; cf. /*. Il, p. 288; III, p. 12; IV, p. 12, 145; V, p. 317, SIS; VI, p. 109, 133; Eekbel, Dnct. mim. VIII, p. 468 et s. Vo)'. les descriptions dans lUVodien. IV, 2, 8 ; Dio Cass. I.XXIV, 3. — 39 Foggiui, .Vus. Capitol, t. IV. pi. XI.; Monlfaueon, Antiq. e.rpt. l. VI, pi. xi ; cf. lînrloli, .\dmirandn 7-otn. antig. pi. i.x.ti. Voy. aussi le lulchcr de Palroclo fiRur(': sur les inonuineuls iliaiptes. 0. Jahn, Oriecli. Ihldercltroniken^ liiuni, I.S73, pi. 1 fil i'.
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là un voisinage peu agréable, paifois dangereux pour les autres propriétaires. La loi des Douze Tables di-cida qu'aucun bilcher, aucune tombe ne pourraient à l'avenir être établis à une distance moindre de 00 pieds du champ voisin, si l'on n'obtenait l'assentiment du propriétaire '.
Un sénatus- consulte, dont un fragment a été trouvé à Rome, en 1875, contient une disposition plus radicale : il défend d'établir aucune ustrina dans le pagus Montanus-. Un édit du préteur L. Sentius, rendu au dernier siècle de la République, en exécution d'un avis du Sénat, défend d'établir une nslrhia ou de déposer un cadavre
dans un certain périmètre du cmnpiix f^^qnWinus ''. Enfin, en 716, un édit d'Auguste défend de procéder à aucune incinération à moins de deux mille pas de la ville '.
5" En plaçant le cercueil sur le bi'icher, on a soin d'ouvrir les yeux du défunt, comme pour lui montrer le ciel-'. On met également, à côté de lui, les objets précieux qui étaient à son usage personnel: armes", vêtements ^ vases peints \ etc. On tue les animaux qu'il afTectionnait, des chiens, des oiseaux, pour les briller avec lui\ 11 y avait là une cause de déperdition de richesse : la loi des Douze Tables essaya d'en restreindre les effets. A l'exemple de Solon, les décemvirs défendirent, quel que fût le mode de sépulture, d'envelopper le corps dans plus de trois ricinia ornés de bandes de pourpre [clavi piirpwae)"^ [ricinium].
Pour témoigner de leur douleur, les assistants jetaient sur le bûcher des présents [munnra]'^: c'étaient des vêtements'-, des vivres '^ du pain'', des parfums'". Ici encore, les décemvirs essayèrent en vain de réprimer l'abus consistant k asperger le bûcher avec des produits coûteux '^ Une inscription de rép(jque impériale parle de cinquante livres d'encens pour des funérailles publiques célébrées à Ostie ". Il fallait être
I Crc. De Inj. Il, 24 ; Pompon. 5 Ad Sab. Dig. XI, 8, 3 pr.l ; cl. Eil. Cuq, Insl. juridkiues ilfs Romains, l. 1", p. 13.1, 277. — 2 Corp. inscr. lat. VI, 3823.
— 3 Bruns. l'oute.i Juris romani, p. 17i ; cf. Lex luci Lucerini : » In lioce loucarid stircus ne {qu)is fundatid, neve cadaver projccilad, nevc parcnlatid •'. Corp. inscr. Int. IX, 782. — Ulio Cass. XLVIII, 48. — t>P\ia. Hisl. nal. XI, 37. — GWilmunns, 315. — ^Lncan. Phars. IX, 17n ; I.ucian. Ep. nt\ Nigrin. 'iO; Philopsrudcs, 27. — 8 Kaoul-RoclicUc, Afém. de l'Acad. de.t Inscr. l. XIII, p. .189. — ' Plin. Ep. IV, 2. — 10 Le levle de celte disposition, que Cict'i-on [De Icg. Il, 23, .H?) nous fait connaître, varie suivant les éditeurs. Les manuscrits portent : " Kvtcnuato igitur sumptu tribus riciniis vincla purpurac ». Les uns lisent : et vinctis (Dirksen, reltersic/tf der bisherifjcn Vcrsuche zur Kridk und Ilersteîtung des Tcrtes der Zuôlf-Tiifel- Fragmente, 182i, p. 665) ; les autres : et (loucw^a {Bruns, Fontcsjuris Bomani anlii/ui. p. 3i). Sclioell [Legis diiodecim tabuhirtnn l'cligniae, 1866 p. 57) nous parait plus près de la vérité en écrivant ; et wi'i clavo ; mais il nous semble préférable de lire avec Turaèbe, Le Conte et Moritz Voiîrt {Die Zirôlf-Tnfeln, 1883, t.. I", p. 730) ; {r.n)m cla{vis). Cette leçon est confirmée par un passage de Feslus ; Il Reciniurii omne vesliutentum quadratum ii qui xu intorpretati sunt esse dixerunt. Verrius : Vir{ili) loga mulieros utebanlur praetoxta clavo purpnrco ". Le texte ainsi amendé prouve que l'usage des toges avec bandes de pourpre existait au temps des Douze Tables. Ce costume était sans doute, comme l'a judicieusement conjecturé Heuzey [ci.avus i.atusJ. un privilège du patriciat. — •! Suet. Caes. 83; Tibul. 11, l, 44; Stat. Silv. 111, 3 37; Val. Place. Arg. 111, 313; Dio Cass. LXXVI. 15.
— i2Sil. Ital. Pun. X, 562; Lucau. PItars. IX. 175; Servius, Ad Aen. VI, 221; Sueton. Caes. 81; l'Iul. Calo min. 11; Tac. Ann. 111, 2. — 13 Virg. Aen. VI,
Fig. 3363. — Préparatifs de l'incinéralion.
bien pauvre pour être incinéré avec du bois tout sec",
t)° Les parents ou les amis adressent au défunt un
dernier appel (ultima conclamatio) ", puis, détournant
le visage^", ils mettent le feu au bûcher-' avec les
torches qui ont servi à éclairer le convoi".
Quand l'incinération est terminée, on éteint le bûcher avec de l'eau ou du vin ", bien qu'une loi de Numa ait prohibé l'emploi du vin en pareille circonstance*'.
La pleureuse en chef congédie alors l'assistance en prononçant le mot sacramentel : Ilicet^^. Chacun dit au mort un dernier adieu", et se retire en souhaitant que la terre lui soit légère '".
7" Tout n'est pas fini cependant. Après le départ de l'assistance, les proches recueillent dans un linge ^' les ossements calcinés [ossilegium) " et procèdent à Vhunuitiù de l'os resectum.
Pour faciliter la séparation des cendres du mort et de celles du bois, on enveloppait parfois le corps dans un linceul d'amiante ^"[a.sbestls]. On conserve à la bibliothèque du Vatican un linceul de cette espèce, trouvé aux environs de Rome dans un sarcophage; il contenait encore un crâne et des os calcinés. 11 mesurait l^jSSTi sur l'°,()185 ^'. Mais l'amiante était d'un prix très élevé, c'était un moyen tout à fait exceptionnel.
Lorsque l'incinération a lieu dans une usirino, on laisse les cendres sécher en plein air pendant quelques jours, puis les proches les enferment dans une urne. Les urnes sont de formes et de nature très diverses [OLLA, URNA ; voy. aussi atrium et domus, fig. 6-24, 2308 à -2311.] C'étaient des vases d'argile'- (parfois des vases peints) '\ de verre'', de marbre'% d'albàtre'^ d'or", d'argent'*, de plomb '\ Les parents vont ensuite nupieds et sansceinture, déposer ;VoH(;jOHere,conrferei"' l'urne cinéraire dans le tombeau ou dans le columbarium •'. L'urne est généralement enfermée dans un coffret
2ÎI ; Ter. Eun. III, 2, 37; Tertull. De resurrect. carnis: C. inscr. lai. III, 2919 : . lib(is) [i]n fun(us). — U Ualul. LIX, 4. — 15 Plin. Bist. nal. XII, IS, 82: Val. .Max. V, I; Propcrt. Il, 13, 23; Stat. Silu II, I, 162; V. I, 210-217.
— 16 Cic. De leg. Il, 22 : .. Ne sumpluosa respersio ». — " Corp. inscr. lat. XIV, SIS: cf. XIV. 321; II. 1050. — 1» Lucau. P/ini-s. Vlll, 736. — " Serv. j4d Jfii. VI. 2IS. — XVUn. ffiu. nat. XI, 37; Scrv. Ad Aen. VI, 224. — 2' Dio C»ss. LXXVI. 15; Appiau. De bell. cii: I, 48. — 22 tlalpurn. Flacc. Decl. 29. — M Serr. VI, 226; Stat.5i7ii. 11,6.90.-21 Plin. Hisl. iiar. XI\', 12.— ^^ Sert. Ad Aen. \l. ilC. —2SVarr.ap.Serv. XI. 97. —37 Cf. Corp. inscr. lat. U, p. 1178; Vm,p.ll07; X, p. 1177; XII, u" 1929; XIV. |). T.di. — 2S Tibul. III, 2, 38. — 2S Tibul. 1.3. 5; m, 2, 9. — 30 Varr. Ling. lat. V, 131 ; Plin. XIX, 2. 19. — 31 Honlfauccn, l)iarimn llalictim. 1 , 1702, p. 450 ; .Mongez, .U-Jm. (/..• CAcad.des Inscr. t. IV, p. 24). — «.i». nnli deW Inslitulo. 1871, lav. V; .V<><. dci scaci, ISSI. l. V; l'roperl. U, 13, 32.
— 33 Raoul-Rochetle. .Mrm. de lAcnd. des Inscr. t. XIII. p. ,ï90. — W Oterbeck. Pompei. I. II. p. 30; li-liK arcbeol. 1879, l. XKXVII, p. 308; 1880, l. XXXIX. p. 60. — 30 Dio Uss. LXXVI. 13 ; Monifaucon, AnI. expl. V, I , pi, ij. 1. — 38 Borghesi, Œuvres. I. Il, p. 176; C. inscr, lai. VI, 1282. L'urne d'albàlrc qui contenait les cendres de P. Clodius est aujourd'liui au musée du Louvre. — 37 Eulrop. Vlll, 5; Spart. Secer. 21. — ;« Auuu. Marc. XIX, 2.-39 Ballet, délia commis. archcol. munici/i. <li Itoma, 1883, p. 271. — 10 Hor. 5n/. I, 9, 28; Propcrl. Il, 34, 35; Ovid. Trist. III, 3, 70; Fast. III, 547; V, 451; Sueton. Aug. 100; Tacil. Hisl. 1, 47; Tibul. III, S, 26; C. insc. lai. X, 34«9 ; Orelli, 4717. — U C'est celle cérémonie que rappelle sans doute un bas-relief, J/us. Pio-Clcment.y, p. 217,
pi. XXXIV.
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[ossi'ARiUM*, ciwemWHW(j, pour la proléger contre toul accident. Dans ces coffrets, on a souvent trouve do petits vases à long col en verre, en terre cuite ou en albâtre. Pendant longtemps on a cru que ces vases servaient à recueillir les larmes des parents ou des pleureuses : c'étaient, disait-on, des lacvymatoires ^ L'existence de cet usage est aujourd'hui révoquée en doute. Les prétendus lacrymatoires sont tout simplement des lioles à parfums^.
Vos trsrclum est généralement un doigt que l'on coupe avant de placer le corps sur le bûcher et que l'on conserve pour Vhumalio '*. L'htnnatio consiste ici à jeter trois fois une poignA de terre sur ce doigt qui représente le corps du défunt ".
Vossilegium et Vhumalio doivent avoir lieu consécutivement le même jour. Les Douze Tables défendent de recueillir les os d'un mort pour procéder ultérieurement aux funérailles". La loi ne veut pas qu'en cas de sépulture par incinération, on fasse deux cérémonies distinctes, l'une pour briller le mort et recueillir les os, l'autre pour Vhumatio de l'os rcscclum. Les cérémonies funèbres sont toujours très onéreuses : la loi n'en tolère qu'une seule. Elle a cependant fait une exception en faveur des citoyens morts à la guerre ou à l'étranger''. Dans l'un et l'autre cas, on peut conserver l'os resechnn pour l'inhumer ultérieurement sur le territoire romain '. Mais, dans la suite, le Sénat prescrivit, dans certaines circonstances, d'enterrer les soldats morts sur le champ de bataille, à l'endroit où ils avaient été tués. Il voulait éviter d'effrayer la population de la ville en la rendant témoin d'un trop grand nombre d'huinationes''.
III. Que la sépulture ait lieu par inhumation ou par incinération, elle est « légitime » dès l'instant où l'on a jeté de la terre sur le corps ou tout au moins sur le doigt du défunt '". Il faut, de plus, consacrer la tombe par le sacrifice d'un pourceau*'.
Si le corps n'a pu être retrouvé, la sépulture n'est que <( imaginaire »'- et le tombeau porte le nom de cénotaphe [cenolapkium). La construction des cénotaphes était due à cette croyance que l'âme détachée du corps avait besoin d'une demeure. Si on ne lui donnait un tombeau pour asile, elle errait sans trêve ni repos, comme un génie malfaisant ". Aussi, dès que le cénotaphe était terminé, appelait-on par trois l'ois l'âme du défunt pour l'inviter à entrer dans la demeure qui lui était préparée''.
Les cénotaphes étaient affecti'^s principalement à ceux qui avaient péri en mer ou en temps de guerre. Un monument de ce genre fut construit par Germanicus, pour les âmes des soldats des légions de Varus "^. Le
ICelsus ap. Ulp. 18 ad Ed. Dig. XLVK. 12, 2. —2 Guthcrius, flc jure manium, lib. I, 27 (col. 1157) invoque une inscription rapport(;c [ia.v Gruler (p. 092, 10) où il est dit ; " Kiini lacrimis cl opobalsanin lulimi hoc sepulcro condidit », ce qui signifie lout simplement que la mC-re i!u défunt a baigné de ses larmes et parfumé le corps enfermé dans le tombeau. Ovide a dit dans le mOmc sens (//c?\ XIV. 127) ; <' lit sepeliri lacrymis perfusa fidelibus ossa 3. et {Fast. 111, 561) : -« Mixla bibunt molles lacrj'mis ungucnia favillac ». Cf. Namur (De laerimatoriis sice de lagenulia Incrimanim propinquorum cotligendis apud Itomunos aplatis^ Luxembourg, 1853) souticut encore l'opinion ancienne. — 3 Uaoul Uoctielle, O. l.; Houlez, Sur ies vases vulgairement appelé.^ lacrymatoires [liulUtin de l'Acnd. de Itrtuelles, l. V,n. 4ct51; Bcckcr-Grtll, GaUiis, t. 111, p. 511. — t I-'cslus, v. Memhrum abscidi. — t Sorv. Ad Aen. VI, 170; cf. Cic. De lerj. Il, 27.-6 Cic. /*. 24. — ^ Cic. l'^od.\ cf. pour les citoyens morts à l'élranger ; Tac. Ânn. III, 4; Mari. IX, 31, 3 et 0; Anim. Marc. XI.X. — fi Lîibbcrl, Comment, pont. 71 ; MarquardI, HOm. l'rivatalt. I, 37.1 (Irad. p. 4-10). — 'J Appian. De bello civ. — 10 Scrv. Ad Aen. VI, 323. — » Cic. J}e kg. Il, 22. — 12 Scrv. loc. cil. ;
cénotaphe était donc un innne Imstum, un vanimn sepiilcrum '° et la sépulture était inanis '".
Il y avait une autre espèce de cénotaphe érigé en mémoire d'un défunt inhumé ailleurs : c'était un /(o?iOrariuin scpiiIrruDi"'. Tel lut le monument construit pour Drusus, sur les bords du Rhin, par les soldats placés sous ses ordres, tandis que son corps, transporté à Rome, était inhumé au Champ de Mars. Le christianisme a conservé l'usage de ces cénotaphes, (jui furent érigés en l'honneur des saints".
De CCS deux sortes de cénotaphes, la première a le caractère d'un tocus relitjiosus ■"•, mais non la seconde. Telle est la décision d'un rescrit de Marc-Auréle etVerus, rapporté par Ulpicn -'.
Légitime ou imaginaire, la sépulture est « pleine ». Elle est iiiops lorsqu'elle a eu lieu sans qu'on ait jeté de la terre sur le corps, c'est-à-dire lorsqu'on a omis Vliiiinalio --.
IV. L'héritier ([ui négligeait du remplir le devoir dcV Itumatio, devait immoler une truie {porca praecidanea) k la terre et à Cérès-% célébrer des fêtes funèbres pendant trois jours, et offrir tous les ans en saciilice expiatoire une porca fanina-''.
Il n'y avait pas lieu à humalio pour ceux qui avaient péri en mer, parce qu'il ne reste plus sur la terre aucun de leurs os -% et que par suite, leur famille n'est pas souillée. Il en était de même, d'après une loi de Numa, pour ceux qui avaient été frappés de la foudre". Leur corps était, par les soins des haruspices^', entouré, à l'endroit même où ils étaient tombés, d'un mur ou d'une clôture [iîide.ntalJ pour que nul ne pût y toucher. Il était même interdit de les dresser sur les genoux [supra genua iollere) pour s'assurer qu'ils étaient bien morts-*. Celte disposition était tombée en désuétude à la fin de la République : Strabou, le père de Pompée, eut des funérailles solennelles, bien qu'il eût péri frappé par la foudre-'.
Quant à ceux qui s'étaient pendus, le droit pontifical défendait de leur rendre les derniers devoirs. 11 permettait cependant de célébrer à leur intention les sacrifices annuels [parent.vlia], mais â la condition de suspendre à un arbre des poupées [oscilla]. On pensait apaiser la colère des dieux en leur offrant, en guise de victime expiatoire, une poupée représentant un corps humain. On lui infligeait, en apparence, un genre de mort analogue à celui (ju'avail choisi le délunt '". Celte exception s'appliquait uniquement à ceux qui s'étaient pendus. La raison en est assez singulière et bien en harmonie avec la casuistique pontificale : l'usage de suspendre des poupées aux arbres avait été, dans le principe, imaginé pour ceux dont le corps n'avait pas été
cf. Wasmandorir, Die religiôsen Motive der Tolenbestaltung liei dm verscbied,:nen Yolkern. 1884, p. 13. — 13 Serv. III, 6S ; IV, 380; l'iiu. Ep. VII, 27; Terlull. De anim. 56; Plaut. MostcU. Il, 2, 08. — IV Virg. Aen. VI, 606; III, 301; Auson. Parental. — '= Tacit. Aii'in(. I, 02. — 16 Slal. Tbeb. XII, 121; Ovid. Melam. VI, S68. — n Scrv. Ad Aen. VI, 325. — '» Sneton. Claud. I. — lOTheodorct. Sermo. De martyr. \\\\, 002; l'nidcnt. Hymn. l'crist. — SOJIarcian. 3 Inslit. Dig. I, 8, 0, 5, qui invoque Virg. Aen. III, 304. — 21 23 ad Ed. Dig. XI, 7, 6, 1. Voy. lo cénotaplie de Caventius à Pompéi, Ovcrbeck, Pompei 2» éd. Leipzig, 1886, p. 361. — 22 Scrv. Ad Aen. VI, 325 : » Ops lerra est ». — 2J Varr. ap. Non. i^larcell. 163, 16; Paul. Uiac. v. Praecidanea agna. — 2' Cic. De leg. Il, 22; Marins Victor, p. 2470, Putsch. — 25 p. Mucius ap. Cic. De leg. Il, 2i ; Pelron. 113. — 26 [•■estus, V. Occ; Arlemidor. Oneirocril. 11,8; Plin. flist. nat. Il, .a ; cf. Plut. Qiiaesl. convival. IV, 3, 4, 15. — 27 Varr. Calo, ap. Non. M.->rccll. 03, 18. — 28 CL Morilr. Voigt, Die teges regiae (llerichte der Sachs. Gesellsciiaft der Wi.js., Pldl.-Hist. cl. 1876-1877). — 29 Plut. Pomp. I; cL (Juintil. Declam. 274. — 30 Varr. op. Scrv. Ad Aen. XII, 003; cf. Fcstus, v. Oscillantes.
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l'iilrouvé sur terre (»n Icrrls) '. On crul pouvoir assimiler ;\ cette hypotlièse, celle où le corps du diMiiiit se balançait dans les airs -. La règle du droit ponlilical ne fut pas toujours rigoureusement observée. En (ilrJ de Rome, on lit des funérailles à Silanus, qui s'était pfndu après avoir été chassé delà maison paternelle par un jugement de son père T. Manlius Torquatus^
A l'époque impériale, on ne fait plus de distinction parmi ceux qui se sont donné la mort : on ne rend les derniers devoirs ni aux uns ni aux autres'*. Mais une restriction nouvelle s'est introduite ; ceux-là seulement qui se sont tués ayant conscience de leurs méfaits {rnnlri conscienlia) ne méritent pas qu'on porte leur deuil''. Il en est autrement de ceux qui se sont donné la mort par dégoût de la vie".
Au temps d'Auguste les corps des condamnés à mort étaient, après l'exécution, rendus à leur famille '. Au m'' siècle, il fallait une autorisation spéciale, qu'on n'accordait pas toujours surtout pour ceux qui avaient été condamnés pour lèse-majesté. Mais on pouvait l'obtenir même pour ceux qui avaient subi la peine du feu *.
Toute personne, et non pas seulement un parent, avait la faculté- de réclamer le corps d'un supplicié pour lui donner la sépulture ". L'humalio était d'ailleurs un devoir pour (juiconque reneonlrail, gisant sans sépulture, le corps d'un inconnu '".■
Au Bas-Empire, on trouve la trace d'une coutume, d'après laquelle les créanciers faisaient saisir le cadavre de leur débiteur et s'opposaient à l'inhumation jusqu'à ce que les parents ou les amis du défunt eussent acquitté la dette ou fourni des cautions". Saint Ambroise déclare avoir assisté plusieurs fois à des scènes de ce genre'-. Il y avait là non pas l'exercice d'un droit consacré par la législation romaine, mais un abus provenant vraisemblablement de coutumes provinciales '^ Une constitution du 1" décembre 520 adressée par Justin au préfet de ConstantinopleThéodotus" et une novelledu 1°' décembre 537 adressée par Justinien au préfet du prétoire d'Orient, .lohannesCappadox'',proscrivirentcetabus,etédictèrent une pénalité rigoureuse pour en prévenir le retour.
V. Les deux modes de sépulture usités au temps des Douze Tables, subsistaient encore au r' siècle de notre ère"'': mais l'incinération était le mode le plus répandu. Certaines génies conservèrent néanmoins pendant plusieurs siècles l'usage de l'inhumation : Pline dit que Sylla fut le premier de la gens Cornelia dont le corps ait été brûlé ■'.
La sépulture par incinération ne fut jamais appliquée aux enfants qui n'ont pas encore de dents'". Quant aux indigents, ils étaient sans doute le plus souvent jetés dans la fosse commune : mais les textes prouvent qu'un les portait aussi au bûcher ".
1 Schol. liob. in Cic. l'd. Orelli, p. 5iù. — 2 Cf. Gullierius, De jure manium, in Gpaevii Thesaur.\l\, col. i 1 11 ;cf. I.cist, Graeco-Ual. liechtmjcschichte, p. 274. l!'âme (le celui ((ui avait pt-U-i de niorl violente contiiuiiiit à errer jusqu'à l'époque où il aurait vécu s'il n'avait été tué prématurément. ïertul!. De anim, c. yO. — ■' Val. .Max. V. S. 3. 11 y en a un autre exemple dans Ca[>ituliu. Ciordian. — * Cf. C . inscr. /«/. XIV, 2112, col. Il, 0. — 5 Cf. Pap. lu llesi>. ap. Marcian. De delatoi: Dig.XLVIII, il, 3 pr. — 0 Neratius ap. Ulp. ù ail Ed. Uig. 111, i, 11, 3; C. iiisc. lai. I, 1418: « .... Loca sepullurae d. s. p. dat. extra auctoratcis et quel sibei laqueo manus allulisscnt et qnei qnaesturu spnrcuni professi esseut... « . — ^ Aug. lib. X De vita sua, ap. Ulp. u De uffiv. Pnc, Uig. XI.VUI, U. 1. — s Ulp. Jbid. — s Paul I, Senl. Uig. XLVlll, 24, 3. — 10 yuinlill. Ui'cUm. V, 0, Il ; Petron. 114.— Il Hcinibach, Die Lelwe von dem cfedUiim, 1849, p. 19; Ksmeiu, Mélanges, p. 245.
— 'S fi<j Tobia, c. tO. — 13 Mitleis, Yùlksrecht und Jleichsreclil, 1891, p. 450.
— " Cod. Just. IX, 19, C. — lli i\ov. Jiisl. I.X, I, 1. — 10 Cf. lex Tudertina, C iiMi-r. /(If. I, p. 2tj3. —n Pliu. JJtU. iial. VII, 54; Cic. De ley. II, 22; cf. LdouanI
A partir des Aulonins, les sépultures par inhumation devinrent i)lus frc(|uenles. Klles se multiplièrent dans la suite avec les progrès du christianisme. Au temps où vivait Macrobe, au V siècle, l'incinération était tombée en désuétude -".
G. Actes purificatoires. — En principe, la maison et la famille du défunt sont souillées (funestae) dès l'instant du décès. Mais l'application rigoureuse de cette règle aurait entraîné des consiMjuences fâcheuses : un citoyen, ignorant le décès survenu dans sa famille, aurait pu offrir un s'acrifice aux dieux avant de s'être purifié. La jurisprudence pontificale subordonna \u. fiineslulio à une déclaration du chef de famille qui'reconnait l'existence du décès [funus agnosrere) ^'. Si la nouvelle lui parvient au moment où il va sacrifier aux dieux, il doit surseoir à cette déclaration jusqu'à ce (jue le sacrifice soit terminé*-. Il y a plus : la mort d'un enfant impubère n'avait pas pour effet de souiller la maison, pourvu qu'on eût la précaution de l'emporter de nuit ". C'est ce qu'on avait toujours soin de faire pour les enfants des magistrats.
La déclaration de décès a pour conséquence toute une série d'actes purilicatoires : il faut purifier la maison, la famille, les assistants, le dieu Lare, tout ce qui a été souillé par la vue, le contact ou le voisinage du cadavre.
1" Avant la sépulture, on purifie la maison mortuaire, on procède aux e.cverrae. C'est, dit Festus -', une certaine purification de la maison d'où l'on doit porter le mort à la sépulture; elle se fait par l'ererria/or, qui emploie à ctd usage une espèce de balai dont le nom vient de e.vira verrere, « balayer dehors ».
2° Au retour on purifiait avec l'eau et le feu ceux qui avaient assisté aux obsèques'^ : c'était la suffiliu. Elle consistait à asperger^" d'eau les assistants avec une branche de laurier-' (voy. plus haut, t. I", p. 358), après quoi on les faisait passer sur le feu.
3" Puis on purifiait la famille, et cette purification résultait de deux actes distincts : un repas funèbre (.si7(C<,'cniiim)-" qui avait lieu auprès du tombeau-', un sacrifice dans lequel on immolait a Gérés une truie [porca) qualifiée /j)'acse«/(ni('ri parce que, dit Veranius, une certaine partie du sacrifice avait lieu en présence de celui dont on célébrait les funérailles'".
Le menu du repas funèbre était fixé par l'usage. On servait des œufs'', de Tache'', des légumes", des fèves'', des lentilles et du sel'°, du pain et de la volaille. Le témoignage des auteurs anciens a été confirmé par les découvertes archéologiques. On a fréquemment trouvé dans les tombeaux des comestibles destinés aux repas funèbres, surtout des coquilles d'œufs, des fèves brûlées, des vases contenant des restes de liquides".
Ces repas, bien que consacrés par l'usage, ne parais-
Ciu|, Iiistit. Jurid. des Humains, t. I»', p. 71. — 18 Plio. Hist. nat. VII. 16; Juveu. XV, 140. — 13 MarUal, VIII. 75, 9 ; I.ucan. Phars. VIII. 736. — MMacrob. Sal. Vil, 7. — 21 Serv. Ad Aen. VI. S : . .\unc funcslalus fuerat morte Paliuuri. uon quod cum viderai, sed quod funus agnoveral. id est doluerat; in oo enim est pollutio... nani ipsa implant quae agnosciuius ■*. — ai S(^rv. Ad Aen. W. i; I,iv, II, 8, 7. — 23 Ibid. XI, 143. — 2k V. Eeerriator. — 3i Ser». Ad Atn. VI, 229. — 2iî Feslus, v. .\qua et igni ; cf. v. Exfit. — 2< Ibid. v. Laureati; Maâsurius Sabinus ap. Pliu. Uist. nat. XV, 30. — S8 Feslus, v. Sitieerniwn : Serv. .4</ Aen. V. 92; Douai, ad Tercul. Adelpk. IV, 2, 48. — 23 Varr. ap. Non Marcell. 48. 8. — 30 Kcstus, V. Praesentanea porca. — 31 Juvcn, V. 85 ; Lucian. Catapt. 7 ; Tac. Ami. VI, 5. — 32 piin. Hisl. nat. XX, M. — 31 Plut. Quaest. eoncival. VII. — 31 Hor. Serin. Il, 6, 63. — 3ô Plui. Crois. 19. — 3S Kaoul Rochctte, Mrm. de r.Xcad. des Jnscr. t. XIII, 681. L'inscription d'uue urne antique du palais MatUM porte CCS mots : « Argeuti, bave; Ar^uli, tu milii bibe» .> {Mûnum. ilatteian. t. III, cl. X, scct. lu, n» ■ii);,Corp. iiiser. lai. VI, 10268.
FIN
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sent pas avoir eu le caraclère d'un rite funéraiie. Il arriva plus d'une fois que l'héritier, irrité contre le défunt pour une cause quelconque, s'abstenait d'inviter les assistants'. Souvent aussi, ces repas étaient, pour des parents plus intempérants qu'affligés, une occasion de débauche-, malgré la disposition des Douze Tables qui défendait de boire à la ronde [circumpnlatio)^. Mais le mort n'était pas oublié'; on déposait sur sa tombe des aliments et du vin\ C'était une tentation pour les malheureux qui, pressés par la faim, ne craignaient pas de porter la main sur des mets que nul ne pouvait toucher sans souillure ". Piaule les appelle l/uslirapi '. Ils n'attendaient pas toujours jusque-là : les mets jetés sur le bûcher excitaient leur convoitise; ils tournaient autour, pendantque le feu faisait son œuvre, prêtsà saisirles morceaux de pain qui en tombaient et sans crainte du bâton dont les frappait l'esclave chargé d'entretenir le feu'. ■4° Enfin on purifiait le Lare domestique en lui sacrifiant un bélier [vervcx'i''.
Le temps consacré aux actes purificatoires, constitue les fériés mortuaires (fcriae denicales)^". C'est un temps de repos pour les hommes et même pour les animaux. 11 était interdit d'atteler des mulets pendant les fériés". Les travaux les plus urgents de la culture étaient suspendus, par exemple l'irrigation d'une prairie : il n'était fait exception que pour Vaqua légitima^-.
Ceux qui accomplissent ces purifications jouissent d'une excuse légale, soit lorsqu'ils sont appelés à servir dans les légions'^, soit lorsqu'ils sont cités en justice". La même excuse est accordée pendant la durée des funérailles propi-ement dites ; elle ne peut d'ailleurs être invo(iuée que par les membres de la famille du défunt {fitmis faiiiiliare). On peut juger d'après cela de l'importance que les pontifes attachaient aux fériés dénicales, puisqu'ils mettaient les devoirs qui en résultent au-dessus des devoirs de citoyen, au-dessus même des exigences de l'administration de la justice.
FiiNUS I\DICTIVUM. — 1° Organisation des pompes funèbres. — On appelle indicliva, dit Festus, les funérailles auxquelles on était convoqué par un crieur public (praeco) ''. C'étaient des funérailles solennelles. Les invitations, au lieu d'être faites individuellement par un affranchi ou un esclave aux parents et amis du défunt, étaient adressées à tous les citoyens. Le praeco courait la ville pour annoncer les obsèques [funus indicere)'''. La formule consacrée était : Ollus quiris leto datus est^'. Exsequias, quibus est commodum, ire jam lempus est", ou bien : Ollus ex aedibus e/ferlur'^. Le crieur public était un mercenaire. Aux premiers
1 Pers. Sol. VI, 33. — 2 Alhenae. VIII. .M4. — 3 Cic. De ler/. 11, U. Ce passage de Cîcéron n'est pas sans difliculh's. On ne voiL pas comment dans une lex de unctwa il peut être question de cùcumjjotalio. Cf. Dirkscn, UebersiclU fjer bisherigen Versue/ie zur Kiitik und Herstellutig des Tf-'xtesdei' Zwùlf'Tafei Fragmente^ 1824, p. 676. KIotz, dans son édition de Cicéron, propose de lire circumputatio. — * Lucian. De tuctu, 9. — !» S. August. Serin. 15, de Sanctis.
— c Tibul. I, 5, .53. — " Pseud. 348. — « Catul. Ll.\, 4. — 9 Cic. De leg. II, 2i.
— 10 Paul. Diac. v. Dénicales fej-iae. — " Coluin. De re rust. Il, 21. — 12 Sei-v. Ad Georg. I, 272. — 13 A. Gell. XVI, 4. — 1» tex coloniae Genetioae Juliae (C. inscr. lai. Il, 5431)) ; Ulp. 3 ad Ed. Dig. Il, 4, 2 ; 74 ad Ed. Dig. Il, 1 1, 4, i.
— '« P. ItJii, V. Jndiclivum funus. — le» Suet. Caes. 84; Cic. De leg. Il, i4 ; De prov. cons. 20, 45. — 11 Kest. v. (Juiris, p. 254 ; Vart*. Ling. /«t. Vil, 4i ; Corp. inscr. lat. X, 2030 1. — 18 Tereut. Pliorm. V, 9, 37; cf. Ovid. Amor. Il, 6, 1.
— 'Il Varr. Ling. lat. V, 160. — 20 Cf. Éd. Cuq, Insl.jurid. des Humains, l. I", p. 616. — 21 Val. Ma». V, 1, 1. — 22 plaul. Aulnl. 111, 0, 32; Valeiius Antias ap. Ucll. VII, U; Varr. ap. Plin. Hisl. nal. Vil, 176; Apul. l'iorid. IV, 19; Senec. De tranguil. an. Il, tU; Ep. 99, 22; Acron. in llor. Sut. Il, 6, 19; d. Éd. Cu<|, 0/f. cil. t. I"', p. 619. — 23 C'était une sorte de Vénus dont te nom vient de liài-
siècles de Home, les citoyens riches louaient les services de diverses personnes qui, par leur concours, contribuaient à l'éclat des funérailles : c'étaient, outre le praeco, le pullinctor, les siticines, les praefirac et depuis la fin du V siècle, les gladiateurs. Tous ces gens étaient de condition infime et recevaient un salaire".
A partir du vi" siècle, le luxe des funérailles prit un développement considérable grâce à l'accroissement de Ut fortune publique et privée. A l'exemple de l'Ktat qui, plusieurs fuis au cours de ce siècle, mit en adjudication les funérailles de certains personnages-', les particuliers s'adressèrent à des entrepreneurs Jocatio funeris)--, au lieu de traiter directement avec les personnes dont le concours leur était nécessaire. L'entrepreneur se chargeait aussi de procurer le matériel. C'est dans le temple de la déesse Libitina-^ que l'on vendait tous les articles concernant les sépultures^'. On appelait libilinarius l'entrepreneur des pompes funèbres'^ et libilina sa profession".
Le personnel qu'il employait se composait partie d'hommes libres tels que l'ordonnateur des pompes funèbres [designalor ou dissignator), les musiciens, les chanteurs, partie d'esclaves, tels que le pollinclor" , les fossoyeurs (fossores)^^, les préposés au bûcher {ustores)-'^, et pour les convois des pauvres les vespae ou vespillones^'', les pilarii^^. Le même individu remplissait parfois plusieurs fonctions: par exemple un jrraeco pouvait en même temps être designator^- ; un pollinctor pouvait être chargé de faire brûler le corps".
La profession d'entrepreneur ou d'ordonnateur des pompes funèbres, celle de crieur public, étaient peu considérées. Le gain que réalisaient tous ces gens-là était sordide^' [sordidus quaesliis) comme les services qu'ils rendaient (sordida officia]^'. Ils étaient journellement souillés par le contact des cadavres. Aussi la loi municipale de J. César les déclare-t-elle incapables de remplir des fonctions municipales", tant qu'ils exercent leur profession.
Les libitinarii formaient une sodalité consacrée au culte de la déesse Libitina et qui en portait le nom. Us tenaient des livres où étaient mentionnées les obsèques dont ils avaientété chargés. Suétone rapporte que, dans une épidémie survenue sous le règne de ^îéron, trente mille convois furent inscrits sur les registres de la corporation".
Dans les funérailles solennelles, le corps restait exposé pendant sept jours ^' sur un lit d'or'' ou d'ivoire '" recouvert des draperies les plus riches" [Attalicus torus^^, Attalicae vestes) [aulaeaj '■'. Pour en faciliter la conservation, on l'embaumait (tni^e^'e) : c'était l'affaire du pollinctor'''. Servius prétend que le pollinctor peignait le visage du
tum, " désir ». Cf. Bréal et Ii.iilly, Dictionnaire étymologique latin p. ICI . — 2i Plul. Quaest.rom. 23; Phaodr. IV, 77. — SiLabeo ap. Ulp. 28 ad Ed. Uig. XIV, 3, 5, 8 : " Libitinarius quos graece vtxpoôàTT-aî vocant ». — 26 Val. Max. V, 12, 10 : « Libitinam exercere ». Plut. .Yuwii, 12. Par extension libitina signifie aussi le cercueil (Plin. XXXVII, 45 ; Mari. Vlll, 43, 4), le bûcher (Mart. X, 97), la mort (llor. Od. 111, 30, 7 ; Sal. Il, 6, 19; Juvcji. XII, 122). —27 Labeo ap. Llp. 28 ad Ed. Dig. XIV, 3, 5, 8. — 28 Corp. inscr. lat. VI, 7543. — 23 Cic. p. Mil. 33 ; Catul. I.IX, 5 ; Lucan. Phars. VIII, 738. — 30 Festus, v. Vespae, p. 368. — 3' Sidon. Apoll. Ep. H, 8. — .52 C. inscr. lat. X, 5429. — 33 Sid. Apoll. Ep. 111, 13. — 3i Senec. De benef. VI, 38 : » Mortes optant ». — 3ô Sorv. Ad Aen. VI. 176. — 3ii c. inscr. lat. I, p. 206, liv. 94. — 37 Suet. Aero, 39; Liv. Xl„ 19; XLI, 21; Hor. Sal. Il, 6, 19; cf. Dion. Ilalic. IV, 15. — 38 Seiv. Ad Aen. V, 64; cf. Ilcrodian. IV, 2, 4; Amm. Marcell. XIX, 1, 10. — 39 Chrjsosl. Serm. l. Il, col. 692 (éd. Mignc). — '•0 l'ropert. 111,5, 3. — H Sueloil. .\ero, 50 ; cf. Val. Mai. V, 5, 4. — »2 propert. III, 5, 6. — " Jbid. 111, 18, 19 ; lîaoul-Roclicttc, Mém. de VAcad. des Inscr. t. XIII, p. 641. — V. Apul. Ilermag. lib. 1, ap. Eulgent. De serm. ant. 2 ; " Uicti autetn poltinctores quasi pollutorum unetorcs, id est cadavcruni curatorcs ». Plaut. Asin. V, 2, 60; Poen. Prol. 63 ; Martial. X, 97.
FUN
FUN
morl pour qu'on ne vit pas la pàloui- des truils : mais {■"est là une explication qui ne paraît reposer que sur une élymologie inexacte'.
2" Convoi funèbre. — L'enterrement solennel avait toujours lieu en plein jour. Le cortège était form(' par les soins du dissignalor-. En tète ligurenl toujours les musiciens : mais ici c'est un corps de musique qui se fait entendre. Outre les tibicines et les tubichies, il y avait des silicines et des cornicmes. Les siticines, qui jouaient seulement dans les enterrements', avaient un instrument spécial [longa tuba)'' dont les notes graves difl'éraient de celles des autres trompettes''. Quant aux cornicines'\ leur instrument recourbé en l'orme de corne de bœuf sauvage, rendait des sons rauques et profonds [corm].
Viennent ensuite des chœurs d'hommes qui, dans les enterrements solennels, paraissent avoir remplacé les pleureuses pour chanter l'éloge du défunt [naeniay. Puis des danseurs, des bouffons et des mimes'. Aux funérailles de Vespasien, rarchimime Favor représentai! l'empereur et parodiait suivant l'usage, dit Suétone, le geste et le langage du défunt".
Les esclaves affranchis par testament marchaient la tête rasée et coiffée du pUeiis"\ Â la lin de la République, certains testateurs, pour augmenter réclat de leurs funérailles, affranchissaient en masse leurs esclaves". Ils hésitaient d'autant moins à manifester ainsi leur libéralité qu'elle ne faisait tort qu'à leurs héritiers. La loi dut mettre un terme à cette générosité inconsidérée. L'intérêt public était en jeu : l'affranchissement avait pour conséquence l'acquisition du droit de cité. L'État ne pouvait voir d'un œil indifférent transformer en citoyens romains des esclaves indignes. En reconnaissant aux maîtres le droit d'affranchir par testament sans le concours des comices calâtes, les Prudents avaient supposé que les testateurs feraient un usage raisonnable de cette liberté. La vanité de quelques citoyens rendit nécessaire l'établissement de mesures res-. trictives'-. En 761, la loi Fufîa Caninia détermina le nombre d esclaves qu'il serait désormais permis d'affranchir par testament". De 2 à 10, la moitié; de 10 à 'AO, le tiers; de 30 à 100, le quart; au delà de 100, le cinquième, sans jamais dépasser 100''. La loi ne s'applique pas à ceux qui n'ont pas plus de deux esclaves. D'autre part, le testateur qui se trouve dans l'une des trois dernières catégories peut toujours affranchir au moins autant d'esclaves que s'il était dans la catégorie inférieure : celui par exemple qui a douze esclaves peut en affranchir cinq, comme celui qui n'en a que dix''. Si le testateur dépasse le maximum fixé par la loi, les esclaves les premiers nommés obtiennent seuls la liberté. Enfin
1 PoUinctor viendrait de pollen, Scrv. Ad Aen. IK, -ISS. — 2Acro .iJ Hor. Kpod. 7, 5; Scliol. Cruq. ad h. i. — 3 Aleius Capil. Conjeclnn. ap. Gcli. XX, 2; Non. Marcell. 54, 1. — * Ovid. A.mor. II, 6, 6. — 6 Cf. Kircliniann, p. 148. — C Pelron. Siilyric. 78, Uti; Hor. Sal. 1, 6, 44 ; Senec. Apokolokynl. IJ. — 7 Dio Cass. LXXIV, 4, 3. — 8 Dion. Halic. VII, 7i; Sucton. Caes. 84. — 9 Yespas. l'J.
— 10 Non. M.nrcell, .Ï2i, 19; Uv. XXXVIII, 51; Appian. De belto .Vilhrid. i; Cod. Jml. Vil, 6, 1, 5. — Il Dcnjs d'Halic. IV, S4. Cf. Edouard Cuq, Inslilutions juridiques des Romains, t. I", p. .kIS. — 12 Gains, I, H; Dio Cass. LVI, 33.
— 13 Gains, 1. 43. — U ;(,,,/. 45. — 'S JUd. 4I5. — '« Cf. Jnst. 1, T. — 17 Val. Max. VUl, 15, 1 ; Plin. Hist. mil. XXXV, 11 ; cf. Visconli, .Mus. Pio Ctem. t. Vi, praef. ; Btnndorff et Scli6ne, Laleran. Muséum, p. S09. — <* l'ol\b. VI, 53, 5.
— il Antike Gesichlshetme und Sepukialmaske (Denkmûl. dei- Phit.-Uist. cl. d. k. Akad. der Wissensch. zu Wien, l. XXVIII, p. 878). — 2» Polyb. VI, 53, 6 cl 9. C'est l'opinion généralement admise depuis Kiehsladl, Oe imaginibus Iloman. diss. Il, Pelrop. 1800; cf. Becker-Ciôll, Callus.l. III, p. .'iOS ; Marquardt, Privai- Ifben, t. I", p. 353 (trad. fr. p. 413). Kirclnn.inn (p. Ili4), Gnlhcrius (col. 1137) et Uorestellus (col. Vi^H) pensaient au contraire qu'un portail les bustes des ancêtres
si, pour éluder la loi, on a écrit les noms en rond [in iirbenC], aucun esclave n'est libéré".
Les affranchis escortaient les lits funèbres sur lesquels étaient placés les portraits des ancêtres [imagines). C'étaient des masques de cire en forme de bustes'', que les grandes familles conservaient dans Vatrium " [IMaco] ; Suivant une conjecture de Renndorff", ces masques étaient obtenus au moyen d'un moule du visage du défunt, pris par le pollinclor avec de la cire, puis retouché et peint pour donner l'illusion de la vie. Pour porter ces iiiasques, on engageait des acteurs'" que l'on révélait du costume et, s'il y avait lieu, des insignes de la fonction remplie par l'ancélre qu'ils représentaient-'. Ce sont eux qui conduisaient le convoi {ftinus ductini/''-, précédés par les porteurs de faisceaux représentant les licteurs^'. C'est dans la procession des ancêtres que se déployait tout le luxe des funérailles-'. On lirait vanité du nombre de lits, et par conséquent d'ancêtres, qui précédaient le cercueil. Servius prétend qu'aux obsèques de Marcellus, il y avait six cents lits, et six mille à celles de Sylla^'. La loi des Douze Tables avait bien défendu de dresser plusieurs lits funèbres", mais celle prohibition, si peu en harmonie avec le faste des Ilomains à la lin de la République, était tombée en désuétude. Pour allonger le défilé, on faisait suivre les ancêtres des familles se rattachant à la gens ou simplement alliées à la famille du défunt-', parfois même les images des cités ou des peuples qu'il avait vaincus'*. Ces exhibitions, dit Sallustc''', avaient pour but de stimuler l'ardeur des jeunes Romains en leur inspirant le désir d'égaler les hauts faits de leurs ancêtres.
Venaient enfin les porteurs de torches'" et probablement aussi les licteurs, les faisceaux renversés".
Le défunt était généralement porté en efligie sur un grand lit de parade placé sur un char. Le corps, enfermé dans le cercueil, était à l'intérieur du char. Le défunt était représenté en pied par une espèce de statue sur laquelle on appliquait le masque du défunt".
3° Oraison funèbre. — Au lieu de se rendre directement au tombeau de famille ou au bûcher, le convoi passe par le Forum'' et s'arrête devant les rostres où l'on prononce l'oraison funèbre f/aurfa^î'o futiebris)''. Le corps est déposé en face de la tribune aux harangues; les ancêtres s'assoient sur des sièges d'ivoire '^ Puis un lils ou un parent du défunt, parfois même un magistral'' adresse aux citoyens assemblés [funebiis confia)^' un discours dans lequel il fait l'éloge du défunt'*. 11 y a ici toutefois un point assez obscur. En principe, un simple particulier n'a pas qualité pour assembler et pour haranguer le peuple". Y avait-il exception pour les discours
sur une litière ou au bout d'une pcrclie. — 21 Polyb. VI, 53. C ; tlioilor. Exc.WXl. Î5. i. 22 Hor. Epod. VIII, H. — 23 Ascou Jn ^filon. p. 3* : Hor. Sal. I. 7, 5 ; cf. .Mommscn, Rum. Staatsrechl.l. I, p. 431. — 2lUv. Ep. 4«. — » Ad Aen. VI, 861. — 26 Cic. Ile teg. Il, 23. CO. — 27 Tac. Ann. III, 70; IV. !). — 28 Diou. Halic. VIII, ;VJ; Dio Cass. LVI, 34 ; LXXIV, 4: Tac. inn. 1,8. —^Jug.À-.ct. Val. Max. V, 8, 3 ; Polyb. VI. 33, 10. — 30 Tac. -Inil. III, 4. — 31 Jbid. III, i ; Servius, Ad
Aen. XI. 89; Stot. Theb. VI, il 4; cf. Uommsen, Rôm. Stanlsr^chl. t. I", p, 4i5.
33 Tac, Ann. III, 3; cf. Plut. Sulla, 3S ; Appi.in. De lifllo cir. H, 147; Dio C»ss.
I.IV, 4; LVI, 34; Herodian. IV, i, i. — 33 Dion. HaUc. V, 17 ; XL 39 ; Plut. LuciiR.
13; Apul. .Velam. Il, 21; Hor. Sal. I, 6, 43. — 3i Acron. in Hor. Epod.; Cic.
De oral. Il, S4 ; cf. Cadenbach, De romanorum laudal. funebr. Esscn, I83Î; GrafT.
De Rom. laudal. Dorpat, 1862; Huebncr, Hennés, 1S66, t. I". p. 440; Kukutscli.
L'eber die laudalio funebris bei den Rômern, Wien, 18SS ; Vollraer. ^lufadoiuim
fuaebrium Romanorum historia et religuiae (Jahrb. fur klass. /*Ai(.Supplcmenl-
band. XVIII, p. 443). — 33 Poljb. VI, 53, 9.-36 QuinlU. III, 7, 5; Lir. II. 47.
— 37 Cic. De oral. Il, 84. — s's Schol. Bob. 233; Dio Cass. LVI, 4. — 3» (■eslus,