‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines, d'après les textes et les monuments (volume 5)Chapitre 58 sur 104 · FI R · texte numérisé non relu

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jeu normal des facultés. Dans VOrcslc, dans Vfphifjihiic en 7'auridi;\ les Krinyes n'apparaissent plus aux regards des spectateurs. Le héros seul croit les voir et les paroles que le poète place dans sa bouche les évoquent seules devant les imaginations-. 11 ne se fait d'ailleurs pas faute, grâce aux réilexions des personnages qui gardent^ leur sang-froid, d(! réduire ces apparitions à un phénomène subjectif, d'ordre pathologique autant que moral. « Tu ne vois rien de ce que tu crois clairement apercevoir, » dit l';iectr(; à son frère, quand elle cherche h calmer ses accès de démence; et Orcsto lui-même, à la question i|ue lui pos(! Mi'uélas sur la maladie dont il soull're (tÎ; T'iTioÂÂ'j'Tiv v'JîCyç ;) répond par ce v(!rs (|ui marque une dat(^ dans l'évolution de la morale religieuse des Orecs : « C'est la conscience de muii crime ; » y, /jùviiyn;, oz'. tùvoioï.

ù£l'v' £!C.Ya<7a£VC(Ç.

Cependant, si chez. Euripide et chez les poètes j)oslérieurs les Êrinyes perdent la réalité religieuse, leur être, dans le détail des passages où ils le font intervenir, n'en est que plus nettement déterminé. Euripide est le premier (pii parait avoir fixé leur nombre à trois, sans les distinguer d'ailleurs par leurs fonctions ou leurs noms^ 11 achève et précise leur personnalité de chasseresses infatigables et inévitables, dont les vêtements mômes exhalent la llamme et soufflent l'esprit du meurtre : il leur met aux mains tantôt des serpents, tantôt des torches pour atteindre les impies et les criminels ; il introduit surtout dans la poésie et par elle dans les représentations artisticfues, une assimilation curieuse avec les Ménades du cortège de Dionysos, auxquelles elles semblent fournir comme un pendant sinistre*.

Nous n'avons considéré jusqu'ici les Érinyes que sous leur face terrible et afl'reuse; mais la poésie et avant elle la religion les ont connues à titre de divinités vénérables, bienveillantes et bienfaisantes; ce qui n'étonnera pas si l'on considère leur nature morale, si l'on songe que le génie grec, dans la conception des dieux qu'il prépose à la vie humaine, aime à concilier hîs contraires, en légitimant la rigueur des châtiments divins par la sainteté du but et l'excellence idéale des résultats. Nulle part cette tendance ne s'est manifestée avec autant de force, n'a rencontré une expression plus saisissante que dans les tragédies où Eschyle et, à son exemple, Sophocle ont lait intervenir les Érinyes avec la qualité d'Euménides''. C'est dans la conclusion de rOre,s7(V> que le premier de ces poètes nous fait assister à la transformation même de leur être, sous l'influence des grands dieux, d'Apollon et d'Athèna, en qui s'incarne le principe de la purilicalion, la possibilité du pardon, l'idéal de la justice tempérée par la clémence, fondéi! sur l'appréciation raisonnée des responsabilités morales". Lorsque persuadées, non sans peine, et apaisées par Apollon, les vieilles

) iNO,oî ji.,-,r«;, Or. 43, 400, 7111, 835; //i/i. Taui: 281; Son. Dion. XXI, loG; Viig, Aen. VU, 34«; Ov. Met. IV, 491 ; Fast. VI, 489; Suel. .\er. 34, clc. — 2 Or. a33 l'is., 390,400, 403 ; /pli. Tttur. 391 et s. — 3 0/-. 12G0 ; WH ; I6.Ï0; Troail . 457 avec le Schol. Uans Vlph'ij. en Taur. le nombre parait iiidtîtprniiui^, 96S et sij. — ^ Or. 3tOet sq. : //;/i. yaiH*. 285 et sq. ; conipart^csàdes ehiemies, O/'. 13i2;/p/t. Taur. 294; iU^jà elle/. Kscliyle. CItofph. 912, 1051 ; cf. Luc. Phars. VI, 733 : Stygiae canfs. V. ji. I4ti, note' 20, pour leur assiniilalion avec les Haccliaules; une bruns avec un rliieu, Arch. Xi'iluni/, 35. t. IV, I; p. 137. — î» Le nom trEum^nides ne ^1' rencontre pas dans le texte de la tragiT-die ([ui porte ce litre ; ou suppose qu'il s'est perdu a\ei' les vers ijui luauqueul à partir de 981 ; tl. IleruKUui, Ojmsc. Il, p. 133 et sq. ; Wieseler, Attnolathnfs in Afsch. Eiim. p. 215 et sq. — i' Sur la transformation des Érinjes en liuiu^nides, voir, avec le tevte d'Ksclijle, 610 et sq., ilild. £tudesur les démons, p. 182 cl si|. ; les passages les plus importants sont 778 à 820 ; 895 ad fin. — 7 pour les Fum^'nides, repn^entaut le droit primitif, v. Emn. tiJO.

déesses, qui ne représentaient encore que la loi brutale du talion, im sont venues à accepter le jugement de l'Aréopage, le suflfage d'Athèna ayant entraîné l'acquittement d'Oreste, nous les voyons du même coup abdi- (]tier leur colère, changer en bénédictions leur chant de nioi'l il d'imprécation furieuse, accepter sur le sol de rAtti(|U(; une sorte de domination morale qui sera le gage de sa prospérité. " Sans elles aucune maison ne sera heureuse ; par elles la terre sera fertile, les citoyens vaillants et unis ».... « Elle est grande, la puissance de la vénérable Erinys clie/. les immortels et dans les enfers; l't parmi l(!s mortels elle donne aux uns l'existence pleine de joies, aux autres une vie trempée de larmes. » Cette inêmi! (;ouc(q)tion des Euménides motive ledimouement de Vf//ùlijji' à Calant:''; Sophocle s'abstient presque d'y i';voqu(!r les déesses sous leurs traits terribles ; il ne veut se souvenir que de leur influence' bienfaisante*. C'est dans le bois sacré de Colone, aux portes d'Athènes, que le héros doit rencontrer, qu'il rencontre en effet la fin de ses jours et de ses misères. Et un double résultat est attaché à cette mort mystérieuse qu'avaient prévue les destins; malédiction sur les fils dénaturés qui ont chassé Œdipe; prospérité et félicité sans fin pour le pays qui l'a accueilli, pour le roi qui l'a pris sous sa protection. Dans ces deux tragédies, dont la première est contemporaine de la plus ancienne représentation de l'Krinys par le ciseau de Calamis, l'expression poétique des déesses atteint à sa perfection ; on y trouve, naturellement développés et ramenés à l'unité, les éléments fournis par l'antique épopée, par la poésie lyrique de Stésichore, par les enseignements pythagoriciens sur la purification morale, par les pratiques du culte populaire sur le sol d'Athènes et par les traditions qui liaient ce culte à l'institution de l'Aréopage''. C'est-k-dire que les Érinyes y apparaissent comme la personnification complète de la loi morale, sanctionnée pour cette vie et, dans une certaine mesure, au delà de la mort, par des peines inévitables et jiar des récompenses assurées; et ces peines comme ces récompenses ne sont pas tant d'ordre transcendant et idéal, qu'elles ne découlent logiquement de la nature même des grands crimes et de la pratitjue des vertus essentielles à l'humanité, de la justice et de la piété'".

Les poètes de l'âge suivant semblent (jublier peu à peu, chez les Grecs et ensuite chez les Romains, que les Érinyes sont des divinités saintes et vénérables autant que terribles ; ils se bornent à en faire des tt^u'tionnaires au service des dieux infernaux, et des ministres exécutant le mal pour le compte des dieux irrités en général; ils renouvellent les peintures que l'antiquité en avait tracées, par l'exagération des traits horribles et repoussants".

De l'époque des poètes alexandrins paraissent dater les noms donnés aux trois Érinyes et la distinction des

102, 394, 731. — « 1552 cl sq ; cf. 42 et sq. ; 84 et sq. Pour Sopliocle. c'est à Colouc que s'est faite la transformation des Érinves eu Euménides ; mais il ajoute : !i.'ù.% 5'ùÀ'o.a/o; ti\i. r>'aprùs Pausanias, Vlll, 34, 2. le nom serait origiuairt; de Sicyoue ; v. plus bas. A Athènes le vocable d'Euménides alterne avec celui de "Lf^^. L'opinion atliéuienue. exprinu^e avec tant de force par Esclivie. est celle de la plupart des sclinliastes (v. celui d'EscIùne, p. 747 R ; celui de Sophocle, Oetl. Col. 42) et des levicograplies ; V. Pliotius, Suidas. Harpocratiou 5. e. '^iiyji^: c(. Deaiosth. .4m(ocr. p. 041. — >' Celte transformation qui marque un progrès daus les idées morales el religieuses des Urecs(v. surtout J. tiirard, /.«' sentiment religieux en Itréce. p. 497 et sq.; Kosenberg, Oy) cit. p. S3) estniolivée aussi par le besoin de Veuphèmie qui a iullué daus une large mesure sur l'être de certaines divinités. Scliol. .\poll. Kho<J. I. 1019; lleltad. Chrestomnth. p. 22. — loCf. oulr« les ouvrages spéciaux déjà cilés. l'reller, tiriech. Mythol. \. p. 087. — " Roseubei^, Of. cil. p. 18e» sq. avec les textes à l'appui.

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fonctions allribuées à chacune d'elles en vcrlu de ces noms. Aleclo est celle que rien n'apaise, la personnification de la conscience du crime qui ne cosse de faire entendre sa voix ( 'A)vY|XtÔ) -api tô [jlyj l-r^yuv) ; Mégère (MÉYatpa Trapx to [i.i-{%'.ç,e'.w xai oGovstv), celle de la haine et du mauvais regard; Tisiphone, l'esprit de vengeance, issu du meurtre (Tiasi. -rb ti'veiv toù; çovÉ'/ç)'; ce sont ces divers aspects qu'exploitent les poètes romains, identifiant de bonne heure avec l'Érinys des Grecs la furm.NA de l'ancienne mythologie romaine. Les Érinyes que l'on appelait aussi Mavîïi - devinrent les Furiae, à la faveur du radical fur, et la tragédie des temps de la République les popularisa d'autant plus aisément que les Uomains crurent y reconnaître, soit des figures de leur lable nationale, soit des représentations du monde infernal, dès lors consacrées par l'art étrusque''. Quant aux Euménides, divinités vénérables et bienfaisantes, il ne semble pas que la conception s'en soit acclimatée ailleurs que dans les villes de la Grèce où un culte spécial leur avait donné de la consistance. Leur image s'eiïace de plus en plus devant celle des Furies proprement dites et, chez les poètes, le souvenir même d'Eschyle et de Sophocle ne suffit pas à faire vivre leur personnalité idéale '. Ennius a mis les Furies sur la scène dans la tragédie d'Alcméon, imitée d'Euripide'' ; elles s'avancent contre le héros, les mains armées de torches, le corps ceint de serpents. Chez les poètes du temps d'Auguste, ces deux traits restent classiques; des serpents s'entrelacent à leur chevelure, se roulent autour de leurs bras et leur servent de ceinture. Elles manient les torches brûlantes comme une arme, tanti'it les lançant contre leurs victimes, tantôt les agitant iKiur en faire jaillir des flammes avec du sang. Parfois aussi on leur met aux mains un fouet dont les coups engendrent la démence. Leurs yeux, leur bouche, leurs cheveux, leur corps tout entier exhale un feu empoisonné ''. Tout ce que l'imagination peut suggérer d'horrible et d'affreux, tout ce que la recherche de l'extraordinaire et de l'imprévu peut enfanter d'images violentes et de métaphores sinistres pour varier une matière depuis longtemps rebattue, sert à peindre les Furies; elles continuent d'occuper, dans le cortège des divinités infernales, la place la plus importante. Attachées au châtiment des grands coupables sur terre et dans la région des morts, elles sortent des profondeurs pour souffler, parmi les vivants, les passions sauvages, les instincts de guerre et de meurtre, pour y apporter les grands fléaux matériels ou moraux dont souffre l'humanité aux époques funestes de son histoire'. Au nombre de

1 TzcU.. ail I.jTo|ilir. 400; cf. Apoll, lihoH. IV, 1070, ol pour l'inl,er|)réUlion, l'ott, Zeitschrift fur veri/li^ich. Sprac!i.\, 363 el sq.; Lclirs, Poput. Aufsût::e, p. 63. — 2 Notammciil i IK'guIopolis, l'aiis. VllI, M, 1-3. — » Diou. Hal. Il, 7.Ï; Plul. C. Gracch. 17; Cic. i\'at. clcoi'. III, 18, 46. — 4 V. cependant Val. Fiapc. Arçi. IV, 74 : Erinys respirions celsi Ingcm Jovis. — ■' Ribbeck, Pragm. Il et III, p. 1.1 cl 17. — 6 Virg. Geonj. V, 482; Aen. VI, 374, 571, 329, 408; VII, 447 cl 457; XII, 851; Catull. 64, l'J3; Ov. Met. IV, 434, 483, 491, 50i ; Hei: II. 119; ïib. I, 3, 69 ; Ilor. Gd. Il, 13, 33 ; I, 28, 17 ; cf. Cic. Pis. XX, 46 ; Pro Jloscio, XXIV. 67 ; Leg. I, 14, 40. Les jioMcs emploicnl indiffiîremnieut, Krinijs. Euménides (pluriel), Furine, IMrae; ils s'en tiennent encore au nombre troisel les désignent par les noms connus, .\lccto, Mcg.aera, Tisiplionù. Mètnes Irails chez les poôles de l'âge suivant: v. notani. Sen. Ocd. 161; Hure. fur. 100,987; 1007, 1011; Ag. 798; A/«/. 968 ; Luc. Pliars. IX. 631; Slat. Theb. I, .■197 et loulc la description. Ib. 83-123 ; Pclr. Snt. 168, 18 ; Val. Klac. Arg. VlII. 20. etc. ; Claud. /((!/)(. Pros. I, 40 et souvent ailleurs. — 1 Sen. Ilerc. fur. 989 ; Tltyesl. 251 ; .1/erf. 13 ; Gclar. 794 ; Luc. Pars. IV, 187; Val. Flac. Arg. IV, C17 ; VII. 112 ; Juv. XIII, 31: Non. Dion. XXXI. 262; XXX, 43; Or|ili. Hgm. Frngm. Il, 5: Arg. 1167, etc.; Ouint. Smyrn. V,433; Arnob. III, 26; V, 28 ; .1/i/f A. i/r. lal.l. 27 et 147.— ^ Turba, agmina, globi t'uriarum ; dfji chez l'ropercc, V. 11, 22; cf. Sen. /V«/. 900; Thyest. 78; Val. Fhic. Arg. Il, 22«, III, 217. - " Sen. De ira, II, 33, S; Luc.

trois chez les poètes du siècle d'AugusIe, elles sont toute une bande chez ceux de l'âge suivant*. Le nom de Dirac alterne avec celui de Fitriae et s'applique par métaphore à toute personnalité humaine, à toute influence morale qui suggèrent l'idée du crime au service de l'envie, en .particulier celle de la guerre civile''. Et même avant le déclin des lettres latines, les Furies ne sont souvent autre chose que d'alfreuscs sorcières qui mêlent des poisons et président aux forfaits contre nature '"; l'Érichtho de la Pharsale peut être considérée comme le produit le plus achevé de cet art oii le goi'it de l'horrible, que les Uomains avaient reçu de l'Etrurie, altère, jusqu'à en effacer le souvenir, la sombre majesté des tragédies helléniques. II. Les Erinijes dans le culte. — Les raisons de linguistique, récemment déduites par M. Bréal sur la signilication et l'origine du nom des Érinyes, rendent on ne peut plus vraisemblable l'opinion jadis soutenue par WelcUer, G. F. Hermann et 0. Mtiller, combattue d'ailleurs par G. Hermann et Preller, que le culte des Erinyes a pris naissance en Arcadie, et qu'il fut identique à celui de Déméter". Pausanias mentionne comme ayant été vénérée dans ce pays une Déméter-Érinys ; le verbe spè/vsLv y était employé pour désigner l'humeur sombre et irritée (to Ouixco -/yr^ida.'.) , (d'anciens lexicographes avaient déjà interprété, èpivùç par àpavjç), ce qui mène à faire de Déméter-Érinys une divinité de la malédiction'S peut-être tout d'abord de la malédiction qui sévit sur les productions de la terre, d'où elle se serait étendue ensuite à la nature morale. Le caractère d'une divinité agricole et domestique reparait dans la conception des Euménides, telle qu'Eschyle l'a exploitée pour son tlrame'^ ; et il est tout au moins digne de remarque que la malédiction d'Amyntor sur Phoenix, dontil estquestion dans YUiiidc, a pour effet de priver le héros de toute postérité'''. C'est à Thelpusa, en Béotie, qu'une légende naïve avait cours sur les amours extraordinaires de Dé méter et de Poséidon'^; la déesse y était figurée par deux statues, dont l'une, haute de neuf pieds, la représentait sous le vocable de Erimjs, et l'autre, de six, sous celui de Lusia, image que quelques-uns prenaient pour une représentation de Thémis. De l'union de Déméter- Érinys et de Poséidon était issu le cheval Arion, que d'autres faisaient naître ou de l'Érinys toutcourt ou d'une llarpye'". Des traces d'un culte analogue existent à Phigalie el à Phlya, en Attique ^'. Quoi qu'il en soit de ces fables fort anciennes (Pausanias s'en réfère à la Thébaïde d'Antimaque) et du rapport que l'on peut établir entre le culte de Déméter-Erinys en Arcadie avec les légendes

Phars. 1, 373; VI, 730 et le le\i(iue d'Oudendorp dans l'édilion de la Pharsale. Knnius [Trag. fraf^m. Uibbeck, 7) appelait IléR-ne une l'urie ; cf. Virg. Aen. II. 573. De môme Médée, Val. Flac. Arg. VlII, 390; cf. Orpli. Arg. 872. Avec les expressions 'EçLvjwv ti.\at,\ "ATr,; Attu».'» [/Cmpt'd. KarstcU, p. 167), cf. -îeV-vov. Tfwnt^w 'Eç.

(.\cbil. Tat. V, 5, 8; Eusth. PIM. VlII, 11, 2). I.ucain appelle Cléopâlre, Pliars. X, 59 : Latii feralis Erinys. Déj.i Tit.-Liv. XXI, 10, 11, pour Ilannibal : Furiam facemque hujut belli. Mart. XII, 32, 0. — m Pour l'Érinjs sorcière, v. la Tisiphone d'Ovide. Met. IV, 504 : cf. Uor. Sut. 1, 8, 13 où la Furie est un spectre (■vOllU(^ la nuit par la magie; cf. Ibid. Il, 3. I il ; pour Krichtho, v. Phars. VI, VI, 307 et sq. — 11 Welcker. Griech. Goelterl. III. 7, I ; 0. .Millier, Aesch. Eumeniden. p. 165 et sq. ; C. Fr. Hcirnann. Quaest. Oed. p. 71 et sq. el Goltesdiensl. Allerih. S 1 '■ 1 1 ■ V. encore Kanqic. Erinyes. Ijisserl. licrl. 1831 cl Prusinovvski. De Erinyum rrtigione apud Graeros, ib. 1844. Pour l'opinion opposée, (j. llerniann, Die Eumentden des .\eschylos, d:ins les Opiisc. VI, 2, p. 200 ; l'reller, Démêler und Persephon!', p. 103 et s(|. ; et en dernier lieu, Roscnberg, op. cil. p. 22 çt s(i. qui i-ésmne toute la discussion. — 12 Elym. rnag. p. 374 ; l'aus. VIII, 25, 4 el 6, .se référant ù Antimaqne. Cf. Hesjchius, f. v. ■Açàviiiiv if.»j»t MaxiSovs;. — '^l Enm. 793, 819, 937. —H//. W, 434 et sq. — 1= Paus. VlII. 25, 4. - 10 Schol. //. XXIII, 3*0; et Schol. Sopli. .\nlig. 126; v. d'autres tcvtes chc/ Uosenl.crg. Op. cil. p. 27. — '" Paus. VlII, 42, 1; I, 31, 4.

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l)L'otienncs ou alliqu(;s, il ])arail conslanl (|ii'rn divers lieux de la Grèce lîrinys Cul, 1res anciennement, un vocable de Démêler et qiK- ce vocaMe a une ori^'iiie arcadienne; l'hypothèse (Tiin d('d(iul)lemenl donnant une ])ersonnalite dislincle à l'iîrinys, c'est-à-dire à la Malédiction, est d'autant plus probable que l'Ërinys, d'abord unique, devient ensuite plusieurs et (jue dans son être se maintient, jusqu(^ cbez les poètes du grand siècle, la signilieation favorable et bienfaisante qui est propre à Dé. méter. La légende même des relations d'Orestc avec les firinyes avait cours en Arcadie, peut-être grâce à une ressemblance de noms toute fortuite; Phérêcyde racontait qu'Oreste s'était réfugié au temple d'Artémis à Oreslliasium et que la déesse en aurait chassé les Ërinyes acharnées à sa poursuite, comme nous voyons Ajjollon et la Pythie les écarter de l'autel de Delphes, dans les Euiiif'iùdes d'Eschyle '. Nous trouvons d'autres traces encore du culte des Érinyes en Arcadie, à Mégalopolis, et cela sous une forme éminemment populaire et archaïque^. A sept stades de la ville, sur la routes de Messéné, elles avaient un sanctuaire où la légende racontait qu'Oreste avait été frappé de démence; elles y étaient vénérées sous le nom de Mavîjci, en compagnie des Charites^ Un peu plus loin, sur la même roule, on mon- M-ail un rocher qui s'appelait Aay.T'JXcj ;j.vr,;j.3;, en souvenir d'un doigt qu'Uresle s'y serait coupé avec les dents pour apaiser les terribles déesses ; puis une autre chapelle encore, où il aurait fait le sacrifice de sa chevelure : ongles, doigt et cheveux coupés ne sont autre chose que les formes adoucies des antiques sacrifices humains'. Un troisième sanctuaire, à proximité des deux autres, portait le nom de 'A/.yi, c'est-à-dire qu'il rappelait la guérison obtenue. On racontait que les Érinyes étaient de couleur noire avant l'expiation et qu'on leur offrait alors les k-i^yi'nj.xry. propres aux divinités chthoniennes, mais que l'apaisement les rendit blanches et qu'elles devinrent l'objet de sacrifices proprement dits (O'jcrta!), comme les dieux olympiques''. Pris dans leur ensemble, les divers cultes des Érinyes en Arcadie nous ofl'rcnt tous les traits essentiels de la légende et du culte athéniens que la tragédie a idéalisés.

Il y a peu de traces du culte des Érinyes dans le reste duPéloponnèse; noussavonsseulementquelesSparliates, lors d'une épidémie qui sévit sur les enfants delà famille des /Kgides, élevèrent un sanctuaire aux Érinyes de Laïus et d'OEdipe, en qui ils incarnaient la malédiction céleste, et que le fléau cessa tout aussitôt'*. Argos nous fournit, à défaut d'un témoignage historique ou littéraire, trois bas-reliefs votifs eu l'honneur des Eiiménides'. L'un surtout (lig. .'(367], est intéressant ; il représente les lùmiénidcs au nombre de trois, sous la ligure de femmes maigres et de haute taille, vêtues de longues robes, tenant un serpent d'une main et de l'autre une fleur. Devant elles S(mt deux adorants, le mari et la femme, dans l'attitude do la prière; une inscription porte : IvJaivtTiv îJ/iv. H n'est pas douteux que sur ce monument les Érinyes sont invoquées comme présidant au bonheur de la famille, par l'accord des époux et la fécondité; de même qu'à

I Scliol. Kiirip. Or. liiW. — 2 l'aus. VIII. M. I. i. - -1 Sur celle .issaciulion. i-r. 0. Jalm, F.uropa, \i. 32. — ^ i;f. Hild. lus Argiles, dans BuUetin de la Faaillé lie l'oiliers, 1S8!1, |). IÎ8 cl sq. — " Cf. 0. Miiller, Kwnenitl. |i. 130, S.

— 0 Ueioil. IV. 119. — 1 Mittheiluugen rfi's tteiitiehen /itslitiils in Alhen, VI, Unli. 9. — a V. p. lll:t, 11. 6 et suiv. — « l'aiis. Vil. 2,i, .i; Scllol. Oeil. Col. li.

— 't> Paus. Il, 11, 4. 1.0 coîiiiqui' IMiiU^iuoii (Scliol. Stipli. toc. cit.) disliiij;uail les

Sparte on les implore pour arrêter la mortalité sur les enfants, il semble que les époux d'Argos leur demandent

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