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Fisr. 3307.
Les Eumi^'nides.
de bénir une union jusf(u"alors stérile. Eschyle n'a eu garde d'oublier ces traits dans les Eumi-nidi's'. A Céryneia, sur la ci'ite de l'Achaïe, les Érinyes sont surtout vénérées a. titre de vengeresses tjui frappent les meurtriers et provoquent l'expiation. Quiconque était souillé de sang humain ne pouvait franchir le seuil de leur temple sans être frappé de démence'. Oreste en personne, disait-on, avait élevé ce temple; on y voyait les déesses représentées par d'antiques xoana et, à côlé, des statues d'un caractère artistique, images des prêtresses qui avaient été chargées du culte. Sur le golfe de Corinthe, Sicyone parait avoir joué, pour la diffusion de la religion des Érinyes en Attique, un nMe prédominant'". C'est de là, s'il en faut croire Pausanias, que serait sorti le nom d'Euménides, marquant leur transformation en divinités bienfaisantes. Elles y possédaient un sanctuaire situé au centre d'un bois de chênes verts, où on leur ofl'rait tous les ans un sacrifice de brebis pleines, de miel et de lleurs; ce sacrifice leur était commun avec les Moïrai, qui avaient un autel au même lieu".
De tous les cultes grecs en l'honneur des Euménides. ceux de l'Attique ou, plus exactement, ceux d '.Vlhènes, ont eu le plus d'éclat et de célébrité ; il n'en faut conclure (ju'une chose, c'est que l'art et la poésie y ont su, mieux qu'ailleurs, faire valoir les données delà religion populaire, et les défendre longtemps contre l'indifférence qui faisait déchoir les croyances trop spéciales et les jiratiques trop anciennes. On voit, par la décadence de
Kuiiii^iiidcs de Sicyone cl celles d Atliines. sans doute en plaisantant sur la ri«Jilé relijficusc des deun villes. — Il Cliei Eschyle (Prom. 5I6>, les Érinyes sonl invnqui5c5 de concert avec les MoTrai. Cf. Sept. Theb. 973 et A'um. 961 ; elles tiennent le gouvernail de la dcsIiniV. A'iiiii. 930. Pausanias (111, II, 8) nicnlionne le lomiM'au «rOresle au lein|ilc des Moïrai de S|»arlc. Sur les 9arcopha^«?s ^tru>qu»'s. les I->iii\cs jouciil le rôle de divinid's du sorl funeste.
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la religion des Euiiiénides dans le reste de la Grèce, que si celle d'Athènes a survécu jusque sous l'empire romain, ce fut au moins autant par le prestige de la poésie dramatique que par la force des traditions nationales.
Nous rencontrons d'al)ord les Ërinyes au dème de Phlya sous le vocable de Sj;j.vïi, vénérées en compagnie de Démêler Anésidora, de Koré Protogéné, de Zeus Ktésios et d'Athéné Tithroné'; ce culte est de ceux ou la nature agricole et domestique des Érinyes apparaît avec le plus d'évidence; à ce titre il est sans doute un des plus anciens, un de ceux où il convient de chercher la signitication première des déesses et le point de départ de leur culte. Puis nous arrivons aux portes d'Athènes, dans le bourg de Colone, illustré par la légende d'OEdipc, telle que Sophocle nous la présente dans la tragédie connue -. Là, entre deux collines qui ont donné son nom au dème, s'étendait le bois sacré des Euménides ; leur autel y était placé à côté de ceux de Poséidon Hippios, d'Athéné Hippia, non loin des sanctuaires héroïques d'UEdipe et d'Adraste. de Thésée et de Piiithoiis' ; c'està-dire que les déesses y étaient en contact avec les plus anciennes divinités, avec les héros protecteurs du pays. Dans ce bois la légende plaçait une des portes qui s'ouvraient sur le monde souterrain; Thésée et Pirithotis étaient descendus par là, quand ils entreprirent de ravir Perséphoné*-. OEdipe y avait rencontré la purification de ses souillures, une mort mystérieuse et la glorification par l'apothéose ; on y localisait son tomlieau, gage de prospérité pour la ville d'Athènes; on en faisait un lieu d'asile pour tous les voyageurs errants'. Peut-être que, dans le nom d'un couvent dont les ruines subsistent au sommet d'une des collines, il est permis de retrouver, aujourd'hui encore, le souvenir du culte des Euménides; ce couvent s'appelait : "Ay.ot 'Ay-^vouvoi ''. Pour prier les Érinyes près de l'autel de Colone, il fallait remplir trois cratères, entourés de fils de laine, avec l'eau puisée à la source du bois; à l'eau du troisième on mêlait du miel, puis on faisait les libations, en prenant soin de ne vider entièrement que le cratère d'hydromel; sur le sol on étendait trois fois neuf branches d'olivier ; puis on priait H voix basse, et l'on s'éloignait en silence sans regarder en arrière''. Pythagore songeait-il à ce détail du culte, lors(iu'il faisait cette recommandation * : « Quand tu quittes ta maison, ne te retourne pas, les Erinyes marchent derrière toi »? Le vin était absolument exclu des offrandes en l'honneur des déesses; elles ne devaient être sollicitées que par des substances inoflensives et douces, par l'eau, l'huile, le miel, des Heurs et des victimes pacifiques, telles que les brebis pleines, généralement noires'. Ce culte de Colone semble tombé en désuétude au temps de Pausanias qui ne mentionne plus en ce lieu que le bois sacré de Poséidon'".
A Athènes, la religion des Euménides se rattachait à
1 l'aus. I, .'il, i. Il faul sans Joule aussi ailmitUro \m cuUodes Érinyes à Delphes, A. Monmiscn, Detpluka.\i.2i i4si|. — - Sopli. Ocrf. Col. i6' el sq. ; Apollod. lil, 3, 0.
— 3 Taus. I, .'lÙ, '.iAïuIrol. cilé par le Schol. Oïl. XI, 271 ; liuiilior. Frag. 52, llcinekc, 121. — '• Soph, Oed. Col. 1598. — 5 Jl,i,l, lolO. — c Roscnliorg, Op. cil. p. 3». — 1 Oed. Col. 4(J9 et sq. avec le Scliol. — 8 Porpli. Vila Pythai/. i'2.
— 9 On couronnail leurs statues de narcisse, Kuiilioi-. loc. cil. ; celle fleur i^'Iail consacrée aus divinités rhllioniennes, sans doule parce (|u'elle était une des premières à se montrer au printemps, Soph. Oed. Col. 08.1. — 1» Jul. Ohscq., Prodiij lili. 50, fail mention d'une profanation, expiée par un sacrifice liuinain, dont ce sanctuaire aurait été le théâtre aux temps ilc la ligue Achéenne, de la part d'un envahisseur ; Alithridate. quihiounue, ne vint jamais en Atlique. — " Thuc. I, 120; Arist. Eq. 1.112; Tlicsiit. ■H'i; Plut. Sol. 12; Paus. I, 2», 0, 7; cf. Lcake, 'J'upoijrophie mit Allieii, Irad.
l'institution de l'Aréopage par la légende d'Oreste, telle qu'elle a été mise sur la scène par Eschyle. L'enceinte où elles étaient honorées était située entre la colline môme de l'Aréopage et la pente ouest de l'Acropole". L'adyton du sanctuaire se trouvait dans une crevasse du rocher, sur le flanc est de la colline. On peut reinar(|uer d'une façon générale que les lieux où s'est fixé le cuite des Erinyes ont un aspect sauvage, qui évoque l'idée du monde infernal'-. Dans le péribolos se dressaient des statues de Pluton, d'Hermès, de Gaïa, divinités chthoniennes; les autels des Euménides étaient placés à l'entrée de la caverne '^ C'est là sans doute que furent érigée la statue unique deCalamis, et plus tard les deux statues de Scopas, lorsque le nombre de trois déesses, proclamé pour la première fois par Euripide, fut entré définitivement dans l'opinion populaire'*. 0. MùUer, s'appuyant sur un passage d'Eschyle, a conjecturé que dans la caverne même on voyait des xoana, que l'on parait, aux jours de fêtes, avec des vêtements couleur de sang'". C'est auprès de ces autels que furent massacrés les partisans de Cylon qui y étaient venus chercher un asile ; quand Épiménide entreprit de purifier la ville, frappée de malédiction en raison de cet attentat, il procéda avant tout à lalustration du sanctuaire souillé'".
Tous les auteurs athéniens s'accordent à faire intervenir les Euménides dans l'institution de l'Aréopage. L'orateur Dinarque appelle les juges de ce tribunal leurs compagnons : auvoî/.ous ; les trois jours du mois où ils siégeaient solennellement étaient consacrés à l'une d'elles; les citoyens acquittés avaient à leur offrir un sacrifice''. Enfin,lesAréopagites choisissaient les Uço^ton/t, parmi les citoyens d'une moralité irréprochable ; leur nombre paraît avoir été de dix". La famille sacerdotale des flésychides, qui rattachait ses origines au héros Hésychos, avait à désigner les prêtresses qui portaient le nom spécial de l-t^TBioM ; Hésychos lui-même et les Hésycliides tiraient leur nom du silence religieux dans lequel ils avaient à s'acquitter des fonctions du culte. Car les rites étaient accomplis la nuit, à la lueur des torches, dans le plus profond silence : [x^rk ■\c!<y/\ri.c, xat 6ij(p-f,[jiiaç ". 11 y avait, en l'honneur des Euménides, une fête et une procession spéciales, célébrées au mois Hécatombéon el mises en rapport avec la grande fête des Panathénées'-'". Le cortège partait du temple d'Athcnè )\ilias sur l'Acropole; on sacrifiait en chemin au sanctuaire d'Hésychos, situé auprès de la porte inférieure de l'Acropole-' ; puis on se rendait à celui des Eumi'nides. Les esclaves étaient exclus de la procession, où ne devaient figurer que des hommes et des femmes sans reproclie ; les éphèbes des meilleures familles préparaient eux-mêmes les gâteaux destinés aux sacrifices; le reste des offrandes consistait en lait et miel mêlé d'eau ipie l'on mettait dans des vases d'argile. On peut induire tliin passage d'Eschyle (|u'on
Kur. El. 1271 : ■/i'j>yt... /Sovoî. Cf. pour — 13 Paus. loc. cil. el
ail. p. 250. — 12 Aesch. Eum. 1001 ;
Colone. Soph. Oed. Col. 57 el i'iOU : yii;r,i /«/,>.;-•>..; iSC;.
VII, 25, I, où on Icsiippelle : pui«.,Oî Ou^Si,;; cf. Aesch. £■«»). 773. — 1' V. p. 1417. n. 17 et 18. — lu Aesch. Eum. 773 el B82. avec le romnienlaire d'O. Muellcr, Op. cit. p. 179. — 10 Thuc. el Plut. loc. cit. t^'cst par erreur que lliogène de Laercc, I, 112, r.ipporte à Épiméniile rinslilution même du culle des Kuménides en ce lieu. — '1 Aesch. Eum. passini. ; Schol. Acschin. p. 747 R; Dinarch. G. Dem. § 87 ; cf. Dem. C. Arislocr. p. 041. — '» llcni. Mid. p. 534; Klym. mago. p. 409 ; Pholius, s. V. 'ujosuiî.:, qui veut que le uomhre en ail élé indétermiiié. — 1" llesjch. s. v. 'iUjyiS'M cl I.rtiîfKi; Schol. Oed. Col. 489. —.20 Cf. A. Momnisen, //eortologie. p. 171 ; Schnemann, Gricck. Alterihiimer, 11, 505 ; el C. Vr. Hermaun, (iotlesdimsl. Alterlh. 5, 02, 37. — 21 l.eakc. Topographie, p. 257.
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itiimolait aussi la luiililcs vicliiiu's aiiiiiiali'S, sans dinile des brebis noires', l'n oracle existait au sanctuaire des Euménides sur l'Aréopage, mais il était sous l'invocation spéciale de lladès, comme le prouvent des inscri[)lions découvertes sur l'empIacemiMit même-; il y avait aussi une formule spéciale de serment par les i^Eavz'; et des prières où on les associait à Zeus Soter et à Apollon, invoqués en laveur do la ville'. Les affranchis et les étrangers avaient le droit d'ofl'rir des sacritices dans h; péribolos; tout(t l'enceinte sacrée était un lieu d'asile, notamment pour les esclaves fugitifs''. Celle religion des Euménides était encore dans toute sa force aux premiers temps du christianisme ; Pausanias, qui n'a trouvé aucun vestige de leur culte à Colono, est très explicite sur celui d'Alliènes et nous savons par Dion Cassius que Néron, lors de son voyag(! en Grèce, n'osa pas a|>procher de l(Hir sanctuaire, sous la pr(!'occupation des nieurtres de Hrilannicus et d'Agrippine '.
Divers documents épigraphiques, pour la plupart originaires d'Athènes, prouvent d'ailleurs, pour leur pari, le caractère po|uilaire de ce culte des Euménides. Sur des lombes on trouve des imprécations qui remettent aux Érinyes le soin do venger toute profanation de la sépulture;'^ : <• Maudit soit qui n'épargnera pas ce tombeau... qu'il soit sans cesse sous l'œil des Érinyes I » Ici un mort confie sa tombe aux divinités- souterraines, à Pluton, à Déméter, à Pcrséphonè, aux Erinyes''; là, c'est un enfant qui se plaint d'avoir rencontre la mort aussitôt après sa naissance et qui s'en prend à l'Érinys inévitable'; là encore nous lisons, sous une forme métrique, des imprécations contre une certaine Sosikléia, imprécations qui semblent s'inspirer d'une parole de Pythagore : « Je t'enchaînerai par des liens infrangibles au fond du Tartare, en compagnie d'Hécate infernale et des Érinyes qui frappent de démence (Y|)v!Oaôvaiç) ' ». Il reste également ' des vestiges de quelques superstitions populaires en rapport avec la religion des Euménides. Un proverbe grec plaçait les animaux sous la protection des Erinyes : sW: xa; xuvôjv 'Epivûsç; déjà chez Eschyle, mais le passage parait n'être qu'un métaphore très poétique, l'Erinys [lunit l'èlre cruel qui ravit aux oiseaux leurs petits '". lùilin, à un point de vue tnul dill'érent, on appelait jiiorccnu d'/yrhvjs, un être laid el mal cnnformé : 'l'^p'.vOwv i-ôipo); ;:tl TO)v o'jcôiooiv ". Dans un poème orphique, de composition d'ailleurs réccnle, on cite le corail comme la pierre ipii préserve de l'action funeste des Erinyes '-. iSous ne I)arl(ms que pour nu'moire de quelques légendes étranges, citées par le Pseudo-Plutarquc, qui met la personnaliti" des Érinyes en relation avec les fleuves du Phase, de l'Araxès (U de l'Alphée, avec la montagne aussi du Cithéron appelée [xu/oç 'Ep-.vÛMv, ce qui s'explique par le souvenir d'dl'Alipc, sans qu'il soit nécessaire de recourir
I Schol. So|)li. et 100; Schol. .\i'sch. loc. cil.: cf. A|>oll. liliod, IV. 7li, pour un sacrilico aiuilo^ue. l'iiilo. Qitod omn. prob. § :iO : Acscii. /i»m. 108.
— -' Eur. £7. 1270; cf. flcrmvs. l. VI, I, p. 100 cl sq. — » Diiiarcli. C. Dem. « ; Acscll. c. Tirn. p. lilO; lliod. Sic. XIU, lOi; INius. 1, iS. 6. — • Suidas, Hi-.cjiroï; Scliol. Ainsi. Eq. 1309; Tlivsm. 214. — » tlio Cass. I.XllI. II. Cf. sur co cullc, Hosfuborg, Op. cit. p. 3-i el s»]. — *> Ephcn. archaeol. 1892, p. 173, n» 71. L'iniprcVulioii csl en pai-lie cinpruuU^c au Deulcronoinc. — 7 Corp. inscr. grâce. DUi ; rf. Kailicl, Ejiigr. II)-IC, 98 cl Corp. inucr. ijraec. HiSO K. — » Ibid. UI5.
— 9 Kuuianudis, ICphnn. Arcluteot. I8G9, p. 333. u» 403; cf. p. 1411, u. 10, cl l'orpli. V(V. Pyth. \\. — 10 Paroemiogr. (irarc. (Lculsch et Schneidcwin^ U, 20; cf. Acsrli, Agnm. .'js. — H Suid. s. v. — 12 Lilhik. v. 584. — 'arseudo-Plul. De flur. 1. o, 33; 9 el II. 2. — IV Laolioon. cap. 2. — '«» V. Gerliard. Gcsannnette Abfittnd- Imgen, 1, p. 102 et sq., atlas, X ; cf. lioellifrer. Pif Furicnmnskc, p. 13 cl sq.: 112 cl sq ; Uoseuberg, Op. cit. p. Vj el sq. — "' V. p. I llj. n. 7. — 17 l'aus. I, 2?. <i;
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à quelque aventure romaincsquc, comme a fait l'auteur inconnu du traité Des Flkuves*'.
III. Les Érinyes dans Varl. — Il n'est plus possible aujourd'hui d'accepter comme exacte la parole célèbre de Lessing : « .l'ose soutenir (juc les anciens n'ont jamais représenté une Eurie plastiquemenl '• ». L'art primitif en Grèce les ignore, il est vrai ; mais il y a sur les vases à figures noires des llarpyes et des (iorgones, tout aussi horribles que les Érinyes'^; et le jour où celles-ci ont conquis la popularité, grâce à la tragédie, elles sont entrées dans l'art et s'y sont développées selon deux types, l'un vénérable qui correspond à la conception des Euménides, l'autre terrible et finalement affreux, qui est le type propre de l'Érinys-Eurie dans le monde gréco-romain.
Le premier ne nous est connu encore que par les basreliefs trouvés à Argos, dans le bois qui leur était consacré et dont nous avons parlé plus haut "'. C'est sans doute ainsi que Calainis comprit l'Érinys unique dont il Ut la statue pour le sanctuaire de l'Aréopage. Pausanias remarque ([uelle n'avait absolument rien de terrible, rien qui la fit ressembler aux divinités sinistres du monde infernal ''. 11 en fut de même des deux Érinyes en marbre de Paros que Scopas sculpta, environ un siècle plus tard, sans doute pour compléter au même lieu la triade, désormais consacrée, des Euménides vénérées sous le vocable de ilsavai; des critiques modernes ont cru les reconnaître, mais à tort, dans deux figures d'Hygie '". Le type redoutable s'ébauche à partir d'Eschyle, qui doit en être considéré comme le créateur. Par des transformations successives, il évolue vers l'horrible et y atteint en effet, quand le goût s'altère et que le besoin du nouveau, dans les arts aussi bien que dans les lettres, s'affirme par des exagérations caricaturales.
Les éléments des représentations les plus anciennes sont empruntés aux démons ailés, Harpyes, Gorgones et autres personnifications morales d'un caractère sinistre, comme Éris, Deimos et Phobos, qui se rencontrent sur des vases à figures noires (voy. plus haut lig. 33t)0)". .\ partir de ce moment, on peut distinguer les Érinyes en deux classes, celles qui portent la tunique longue, pareilles aux Euménides des bas-reliefs d'.\rgos; pour les distinguer, les artistes leur mettent des serpents dans les mains, mais non encore dans la chevelure, comme 1(! dit Pausanias en parlant des Érinyes de la tragédie escbyléenne-". Telle est la Furie unique, vêtue d'une lunique à petits plis et, par-dessus, d'un manteau qui rctdiiihe sur le bras droit en longs pans alVectant la forme d'ailes, avec un serpent dans chaque main, sur un vase à figures rouges (fig. 3308 qui peut dater du V siècle", l'ellcs encore, mais plus récentes, et sans serpents dans les mains, les trois Érinyes représentées sur une amphore de Vulci fig. 3369, escortant l'ombre de Clylemnestre--.
l'olcm. l'rngm. p. 73 (éd. Prellcr, ; CIcni. Al. Prolr. p. 4: Scliol. Àescll. S ISS (Dimlorf). — IS Cf. Brumi, Gcschichle der griechaBitdhauer. I. p. 332; L'rliclis, Scopaji, p. 48 cl sq. Toutes les Iriades «livines, MoTrai. Cbariles, Erinyes sont poslùrieurcs à la 80' olympiade. Pour l'ideulitication avec les statues d'Hygie iBelvêdèrc cl musée de Berlin), v. Flascli, Builet. deW liut. p. Il et 34. 0. ilûller com|>ar« a\ec la »Mcdus,\ Rond,inini, I/andb. der Arch. § 398. 5. — 19 Gerhard. Op. cit. Il n'y a point d'Erinyes sur les vases à figures noires. Cf. Kr,rlc. Die Personnifilatioiten psycliolog. Affekte in der spaeteren Yasenmaterei^ Berlin. IS74. Les figures appareillées aux Érinyes sont Lyssa, .Mania, Ocstros, c'esl-â-dirc les diverses variétés de la folie furieuse. — ^ I. 28, G. — -' Ucproduite pour la première fois au frontispice de la monographie de Koseiilierg; musée de Naples, catal. de Heydemanii. 24<>3. — -- ConsidénV comme la plus ancienne des représentations |»ar Welcker. Alte Denkmaeler^ V, p. 287 ; lab. 18, et Uoscnbcrg. p. 51 ; cf. Moittun. delf htit. V, 56; Aimai. 1S53. p. 272.
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La transition vers le type plus mouvementé nous est fournie par un vase du plus beau style (fig. 3370^ avec
Fig. 33G8. — Krinyc.
deux Ërinyes à la tunique longue, l'une tenant un serpent de chaque main, l'autre un serpent et un miroir où se réfléchit une image, qui peut être celle de Clytemnestre .
Ureste, entre les deux, se défend d'un côté avec l'épée, de l'autre avec le fourreau '. Tel est aussi le cas de l'Krlnys uni- ([ue qui, sur un vase du musée Jatta à Uuvo, s'élance
sur Oreste agenouillé, l'épée à la main, auprès de l'omphalos, tandis qu'Apollon sous le laurier lui tend un arc. L'Érinys en tunique longue(-ooy;pY,ç) lient deux serpents d'une main, un seul de l'autre -. L'aspect de ces Erinyes est plutôt imposant, mais leur attitude est vive et se concilie moins avec l'ampleur majestueuse du vêtement. Cette tenue leur convient encore lorsqu'elles sont représentées au seuil (lu temple de Delphes ou près de la tombe d'Agamemnon '. Mais déjà, dans cette scène, même quand les P^uriessont endormies, la tu-
1 Haoïil lioclicllc. Mon. inéd. 30; Musiîc ilc .Nazies. IDSi. —2 Catal. n» 149-S; BuU. (leW Instit. !386, p. iI7. Roproduilc chez Roscnherf;. in fine. Voy. encore l'Erynis en Inniqne longue, levant une hache sin- la tète (rOreste (miroir, fjerharii, fCtrusk. .Spiei/cl, I. pi. \\i) et frcnjueniinenl sur les urnes funéraires fitrus(|ue8, lîrunn, Ititiroi ddlc urne etrusche, passini. — 3 Vase do Vulci, cité plus haut et groupe des trois Érinyos, Mus. l'io Ctem. V, ii ; R. Hochellc, Mon.
Ei'in\e.
Fig. 3369. — Les Érinyos suivant l'onitire de Clylcniuestre.
nique courte prédomine ■ ; les Érinyes ne nous apparaissent plus comme les divinités graves de la réparation morale, mais commeles vengeresses rapides et infatigables, acharnées à la poursuite des criminels. De même qu'Eschyle, pour les peindre dans sa tragédie, s'est souvenu des Gorgones et des Harpyes, ainsi les artistes se bornent à reprendre à l'art primitif les représentations de démons soit ailés, soit lancés seulement dans une course rapide, c'està-dire courbant juscju'à terre le genou; parmi les ligures de ce genre que (îerhard a groupées, une seule (fig. 33r)G) pouvait passer pour une Furie", à cause du serpent qui l'accompagne et qui restera le principal emblème.
Puis le type se perfectionne et devient celui de la chasseresse infernale ; le plus souvent elle est chaussée de I'e.n- DROMIS (fig.
3371) »; celle d'un vase de la collection CoghiU est ailée, elle porte des serpents dans la chevelure et dans la main gauche ; de la droite elle cherche à saisir Oreste ([ui se défend en fuyant'. Ailleurs, outre les serpents,
elle est armée d'une torche, parfois aussi de la lance ou de l'épée. L'épée est rare chez les Grecs; de même le fouet; sur un trépied une Furie est représentée tenant une hache '.
La torche et l'épée sont les emblèmes les plus ordinaires de la Furie sur les sarcophages étrusques etromaiiis quircprésenlcnt des scènes do meurtre et de carnage; elle y ligure tanlTil au repos, conlciiiiilanl avec satisfaction son ii4ivn' de mort,
ii«y. I, i.;.. 2. Une Èrinyc en tunique llollanle, Mon. delf Isl. VIII. K'i, Annali. 1869, tab. A. li 2. — '• Mon. delf. Islil. tav. 4S ; de Wilte, Ann. .Xl.'C, p. 118 ; Ovorbuck, G ail. heroi.sch. Dildmerke, pi. xxix, 7. — " Akad. Abhandl. atlas. X, 2, 3, 4. r, Arch. Xcit. 1867, pi. 222. — ' Millingcn, Vases Coijhill. 29, t: Stcphani. C. r. 1863, p. 2ji. Cf. Tiselibein, Collfclion /iaïuillon, III, 23 ; Ovcrbcck, XXIX, lu; p. TUT; Mucller-Wiesclcr, Denhnaeler, etc. Il, 13, 118. — » V. le vase
Oreste poiir-^uivi par les Érinyos.
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Fis. 3372. — Furie de lliL-âlro.
tanlôl on action, cxcilanl les comballanls ou drossaiil sa torche comme un avertissement sinistre; ainsi la Furie qui sort de terre avec un Ihuiiheau immense et qui saisit par la bride les chevaux attelés au char d'AiMPiiiAiiAiis (voy. t. 1", lig. 26o)'. On considère comme représentant la Furie de la tragédie en grand costume (fig. XiTi), celle qui, d"un air insolent, s'éloigne devant Apollon, tandis (ju'Oreste, rélugié auprès de l'omphalos, se tourne en suppliant vers Athéna.
Un serpent de grande taille entoure le corps; sa tète se dresse au-dessus de celle de la Furie, dominée encore par les ailes qui doublent presque la taille; un serpent plus petit s'enroule, comme une bandelette, autour des cheveux ; les pieds sont chaussés de Vendromis des marcheurs de profession ; la tunicjue courte, retenue sur la poitrine par deux baudriers croisés, esta manches cl richement ornée de broderies^ Les représentations les plus récentes donnent à la Furie la couleur noire \ tordent sa bouche, recourbent son nez en bec d'oiseau,
s'efforcent de la rendre la plus hideuse possible ; parfois on lui trouve des ailes aux tempes ■'. Sur le vase de Canosa, ailleurs encore, la Furie prend des allures de Bacchante, en ce qu'elle porte la nébris sur le bras ou jetée sur les épaules".
Indépendamment de la Furie que les Étrusques et, à leur exemple, les Romains ont fait figurer sur les sarcophages (fig. 3373, cf. 335!), plutôt avec le caractère d'une personnification des destinées funestes'^ que comme celle des vengeances divines, nous trouvons l'Érinys mêlée à la représentation do légendes diverses '. La plus fréquemment exploitée est la légende d'Orestc, pour la([uolle les artistes s'attachent à suivre Eschyle et Kuripide. Puis viennent les légendes d'Œdipe et de ses (ils, de Médéc, de Méléagre,
Coluguo, cliez KosunbLM-f: ; lîttllet. ileîV Istil. 1808. [i. l.iS. l'ulir la laiicc ou l'ép^c, V. les ÉrinjTS dans Raoul KoclicUe, Loc.cit. pi. 38. Avec la liachc. ^il7(a/i rftf/r Isl. ISli.H. p. 230; 337 cl s. Pour Ip fouci, .Uoiiii.ii. <MV hlil. VIII, 13: Mus. Pro Cletn. V. I. — I V. aussi Ingliiraini, Mon. elriisclii, I-, |il. «7, 93, 9i; Mus. Chiusino. II. IS9, 190; Mus. Gni/or. 1. V3, 13 ol 96, 3: Ovcrlirck. Op. cil. II. n»8; V, n" M. 13. Il et 13. — 2 Millin, Momim. in'il. II, 3'.> : 0\crbcck, Op. cil. pi. wix. 9. p. 713; cf. Uosclicr. t.e.cikon, p. 1335. — ^ Vases à Saiiit- Pt^lcrsliourj;, Comptes rcntius, 1S63. VI. .ï, p. 252; à Naples, calai. ii« .T2V.>. I.cs Ériiiycs iid(*cs, Momm. dell' hlil. IV. -18. — l Son. Hcn. fur. 1006 ; « Tcmporilms liirtas squalidis piniias qiiatit. Cf. Viscoiili. Mu^. Pio Ctem. V, ii. — i» Milliu. Tombeaux de Cauosa, lab. 3. — t" Micali, Mon. p. serrir à h slorin d. pop. Uni. pi. XI.IH ; Krunn. Urne Klrusclie, Rome 1870; Millin. Galerie ntytitol. X. 7. 312; Ovcrbcck. Op. cit. V. 13. l'î. clc. Voy. cependant (îerli.ird. Areh. Zeiluag, 1816, p. 36i cl s. ; rf. MiiUcr-l)ccl,e. ICirutker. II. |i. IO'.l. — 7 Sur
Furie L-tras((ue.
d'Amphiaraiis, de Pèlops, etc. Enfin elles sont toujours à leur place dans les représentations du monde infernal 'iNFEHi]. Sur l'amphore de Canosa on voit une Érinys, costumée à la fois en bacchante et en chasseresse, frapper du fouet Sisyphe qui roule son rocher; une autre Érinys, munie de deux torches, menace Héraclès qui cherche à entraîner Cerbère"; sur un vase d'Altamura figurent deux Érinyes appelées IIo'.v/î, l'une assise sur une peau de panthère, l'autre la portant nouée autour de la tète'. Une amphore de Uuvo et un vase de Cumes nous montrent des Érinyes mêlées au chàtimentd'Ixion et cherchant à arrêter sa roue; un autre, Thésée et Pirithoiis enchaînés par une Furie ailée '". l.'ne mention spéciale est due aux illustrations du Virglli' du Vatican : l'une représente Alccto, vêtue d'un manteau rouge, portant la torche d'une main, le bâton de l'autre, avec des serpents dans les cheveux, qui tâche d'arrêter Énée avec la Sibylle à l'entrée des enfers; l'autre nous donne l'image de ïisiphonè montant la garde sur la tour d'airain, reconnaissable aux serpents de sa coiffure; la troisième représente Junon qui appelle contre les Troyens Alecto armée de serpents et d'une torche. Ces illustrations sont du iv' siècle et s'inspirent de sarcophages romains". J. A. Hild.
FinuiX.V et FIRUINALIA. — On rencontre aussi la forme Furina. Sur cette divinité du calendrier primitif (les Romains et sur la fête qui lui était consacrée, nous n'avons que très peu de renseignements. Varron constate que, déjà de son temps, peu de personnes en connaissaient le nom'; cela seul rend peu probable l'identification, généralement acceptée, avec les Forinae dont il est question dans deux inscriptions trouvées à Rome'; sans compter que les Forinae sont plusieurs et que Furrina est toujours nommée au singulier. On a expliqué ce nom en le rattachant tantôt au latin furvus, tantôt à l'ombrien furfaic^=fcbruare ^ Les hellénisants, au temps de Cicéron, ramenaient à fuiere et confondaient Fiirrhia avec Fuvia qui, au pluriel, devenait le nom latin des Érinyes [furiae] ; cette identification est purement factice'. Elle a permis cependant de supposer que Furina était, comme Mania, la mère des Mânes, comme les Larvae et les Lcmures, un esprit de la région des morts et des fantômes, un de ceux dont Plutarque dit que, semblables aux Erinyes, ils surveillent la vie des hommes et hantent leurs maisons ; mais cela n'est pas sûr ^ Fttrnna possédait un Utcus au delà du Tibre'; Cicéron détermine une localité par rapport à un sanctuaire de Furrina (ad Ftii-ri)iae), hors de Rome, à Satricum, sur la voie .\ppienne ■ . Elle avait aussi un flamine que Varron nomme en compagnii^ d'autres llamines aussi archaïques et aussi obscurs, du Voltiunalis et du Palatualis^. La fête qu'on célébrait en son honneur est indiquée dans les calendriers pour le -23 juillet: elle est appelée Fxirrinalia et Funi-
ce point, v. Koscnbcrg. lr*s complet. Op. cit. f. 60 et sq. — « Cf. le lase de Rnvo. chei Welcker. Aile Denkinaeler. U IH. — 9 Monum. dell. Islil. VIII. tak. 9. — 10 Raoul Roelictle. .Voii. iii'-rf. pi. im: Bull. delC Jntlit. IS73. p. 3. — " Valic. n' 3423; CCS illustrations portent les n" ii. 48.56 cl correspondent à Aen. VI, 290; 494; VII, 324: cf. Mai. Vergitii picturaemtiq. ex cn'lice. VaC. Home, 1835.
Fl'RniN.\ et KURBI.\.\I.I.4. 1 Liii^. lai. VI, 3, 19. — 2 Corp. i«»cr. lat. VI. 422 : e.iJ«io rORiNAncM kt ccitobibcs Mujts toa ; 76. VI. 10200 : !-»:«ista ao Aii'am) roBiMni». — ' Feslus. p. 63 ; cf. Mart. Cap. n. 16t. Pour l'éttmologir ombrienne, Bueclielcr, l'mbrica, p. 71 . — l Cic. .Yn(. Geor. III, 18. 46. — » Plut. Quaest. rom. .il ; Mart. Cap. Zoc. cil. ; Dion liai. II. 73 ; cf. Rapp, cliei Roscher, AlLsfihrl. Lexik. il. Mylhol. etc. p. 1560, art. rennE. — 6 Lucus Furinne Irans Tiberim ; Aur. Vicl. Vir. illuslr. 65 ; cf. Pkil. C. Grttcch. 17; App. Bell. eie. I. 26. — ' Cic. Ad (Juinl. fr. \ll, I, 4. — « Ling. lai. V, 13, 8t et VII, 3, 45.
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nalfs Feriae.Gilherl la considère, sans preuves d'ailleurs, de même que les Lucaria, les Nepttnialia et les Fonlinalia', comme une fête spéciale à quelque pcigus, d'aliord indépendant, puis absorbé dans l'unité de Rome, ce qui la fit tomber très vite en désuétude ^ J. A. Hild.
FruiOSUS, FUUOR. — Fiiriosus est le nom donné au fou, ou comme s'exprime le droit moderne, à l'aliéné, par la loi des XII Tables, qui le mit sous la curatelle légitime de ses agnati, et à leur défaut, de ses gentilps' [hères], si d'ailleurs il était sui juris. On s'est posé la question de savoir si furor ne désignait pas seulement la folie furieuse, et si la loi des Xil Tables ne s'était pas restreinte à ce cas. La réponse est au Digeste-, qui fait deux synonymes complets de clcmens et de furiosus. De son côté Cicéron ' définit la fureur mciUis ad omnia caecilalem'', Fidenlifie avec la démence et les distingue de l'insanité ou de la sottise {stuliUia), qu'il regarde comme une simple faiblesse d'esprit. Suivant Audibert, à l'époque des XII Tables le furiosus était un possédé; plus tard, on considéra le monomane comme un Jrmriis, et on mil en curatelle les doiieulcs ou nirutc cupli; ce fut une curalelle dative créée par le préleur; eniin postérieurement, la tutelle légitime serait tombée en désuétude, au temps de Justinien. Alors furent soumis à la curalelle les déments comme les furiusi.
Celle docirine pouvait, il est vrai, laisser échapper certaines monomanies qui auraient mérité d'être classées dans l'aliénation mentale; le droit prétorien y pourvut en assignant des curateurs honoraires, c'esl-ii-dire nommés par le magistrat, à ceux dont l'esprit étaittroublé, meute capli'% falid'\ sans que leur folie fût complète.
Pour l'administration du curateur [ciratou], il faut remarquer seulement que les actes faits par le furiosus étaient nuls ipso jure', à moins qu'il ne fiU dans un intervalle lucide*. F. Bauhry.
FURXUS. 'ItivÔç. — Le mol furnus désignait plus particulièrement le four du boulanger, le four à cuire le pain ou les gâteaux; les mots caminus et fornax s'appliquaient aux autres espèces de fours : hauts-fourneaux. Cours à poterie, fourneaux de cuisine, etc.
A l'origine on fit cuire le pain dans les cendres chaudes du foyer, puis, par un premier progrès, sur des briques fortement chauifées'. l'eu à peu, et par une série d'inventions successives, on arriva à construire les fours et les autres instruments- employés pour la cuisson du pain et des gâteaux iPams, cliba.nus^].
.\vanl l'invention des moulins à farine, on broyait le grain cl, pour le rendre plus apte à subir cette opération, on le forréfiail dans des fours ■. D'abord chaque maison eut son Tour, car l'induslrie du boulanger, eu tant que métier, ne s'introduisit à Rome qu'après l'année 580 (^ni av. J. C); jusque-là, le pain était fabriqué par les femmes ou, dans les familles riches, par les cuisiniers''.
lue terre cuite de Tanagra, conservée au musée du
* Cal. Allif. Pinc. Maff. ; v. Moiiimseii. Corp. inscr. lat. I, p. 298 et sq. ; cf. FesUis ap. l'aul. Diac. p. SS, qui a la fornip i uhbai ia : Sacra Furrinae r/uam dcam dicctant. — 2 Geschichte und Tnpographif der Stadt Itom^ II, 123.
FUIUOSl;s, Funon. l Cic. Va invenl. Il, 50; Ulp. Keg. XII, i, 2; Va.r. l),: rc rusl. 1, 2 ; Coluni. De re rnsl. I, 3. — 2 L. 7, § i, lie cm-atorib. furios. et aliis extra minores dandis, .\XVII, Dig. 10. — 3 J'uscul. 111, 5.— 4 Laclanl. De vita beala. Vil, 12. — 5 Insl. Jusl. 23, § l. — li L. 2, /Jepo.ilul.m, Uig. 1. — ' Gaius. Comm. IV, lOG. — 8 Paul. Sent. 111,4 à S; Instit. Il, 12, 1; fr. 2, Dig. V, 2. — KiBi.uK.iiAi'iiiE. Rein, Das Privntrecht der Jtômer, I.cip/.. 1838. p. 138 cl suiv. ; Riiilorir, Vormundschnflsracht, Herliii, 1832, I, p. 188-I2S; Scliilliiig, Instit. I.cipz. 1831-1810, II, p. |/i2-l'iS; Démangeai, Cours clcm. de droit rom. 3' éd.
Louvre, d'un caractère encore archaïque, nous montre un pâtissier (z^axo-jv-oTroiôç) assis devant un four à peu près semblable aux nôtres (fig. 3374); à ses pieds,
Fij. 3374. — Four de Ijoulau^er.
quelques gâteaux ronds sont déposés sur un plateau''. Malheureusement l'étal de ce curieux monument ne nous permet pas de nous rendre compte des détails de la construction du four ni surtout de la manière dont opérait le pâtissier. C'est à Pompéi, où l'on a retrouvé un certain nombre de boulangeries et de fours privés, qu'on peut le mieux étudier la construction des fours dont les formes
Fig. 3375. — Four de boulanger.
elles dispositions générales n'oiil guère varii' depuis leur origine jusqu'à nos jours. Les fours les plus simples se
Paris, 1876, I, p. 209, 103; Audiberl, litiides sur fhisl. de Home, 1892, p. 71-73. FlJlll\rs. 1 l.e pain cuit dans lalre s'appelait ;>fl»it« subcinericius ou focacius (cf. Isidor. Or. XX, 2; Ovid. Fast. VI, 31o). Le pain cuit sur des briques s'appelait panis testiciiis, (Cal. H. rnst. 7.i) ou Icstuncium (Varr. Linr/. lat. V, 106). — 2 Cf. Senec. Ad Lucil. 90 : Varr. ap. Non. Marc. XI, .'>2. — 3 Panis ctibanicius (Isid. Orig. XX, 2 ; cf. l'Iin. Hisl. nat. XVIII, 20, .3 ; 27, 1.) Panis fiirnaceus (Pliu. XVIII, 27, 1;20, 3;.— 4 Ovid. /■'as(. II, 323; VI, 313; Serv. /nXeii. 1, 179. — B Cf. l'Iin. XVIII, 28. — 6 I,. Ilcu7.cy. Fir/urines antiques de terre cuite du Musi'e du Louvre, p. 22, pi. xxxix ; cf. Rayet, Monum. de l'art antique, pl. \ui; une terre cuite semblable, provenant île l'AUiquc, est au Mus^-c de Berlin sous I« u» 7880.
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Fig. 3376. — Coupe d'un four anlii|ue.
composaiont unitiuomenl d'un sol ou area, recouvert d'une voùle munie à sa hase d'une itouche par laquelle on pouvait introduire dans le four nu en retirer le combustible et les cendres, la pâte et le ])iiin'. I. es l'ours des grandes boulangeries étaient plus conipli(jur's ; notre tigurc! Xiltj représente l'intérieur d'une boulangerie de Ponipéi ; on y voit un des moulins et, au fond, le four^. \a'. sol du four {a)' était formé avec des britiues bien unies et cimentées îi la chaux; sous les briques, pour empêcher la dispersion de la chaleur, on disposait un lit de sable épais de plus de dix centimélrcs. Le tout reposait générale- ^-^ I ment surun massif de maçonnerie pleine (h) ; parfois cependant le four était supporléparune voùlc sous laquelle on faisait sé('her du bois ou des légumes''.
Le sol était recouvert par une voiHe {r) dont la base reposait sur un petit mur haut de 23 centimètres environ {d), en pierre dure et, jiar là même, assez solide pour résister au choc de la pelle à enfourner ou des instruments avec lesquels l'ouvrier attisait le feu, enlevait les cendres ou nettoyait le four. La voùl(! elle même était construite avec des morceaux de britiucs taillées et disposées en assises horizontales et son sommet, terminé par un fond d'amphore ou do dolium ou par une brique entière, était généralement un peu conique. Un connaît quelques voûtes de four en jtierres, recouvertes d'une couche de chaux •'. Parfois aussi, à un mètre environ du sol, la voûte était percée d'un trou auquel aboutissait un tuyau qui servait à établir un courant d'air pour activer la combustion ; on le bouchait pendant la cuisson ^ La bouche du four (c), placée nalurellenient au niveau du sol, était, comme la partie inférieure de la voûte et pour la même raison, ordinairement entourée de pierre dure.
Sa forme était carrée ; si la voûte était ovale, on perçait la bouche à l'extrémité du petit diamètre'' ; pendant la cuisson, elle était fermée par un obturateur en fer, non fixé au four, mais muni de deux poignées'. On en a trouvé plusieurs en place devant des fours de Pompéi contenant encore la fournée' (fig. 3377).
' H. Bliimncr. Technologie und Terminologie der Gewerbe und Kiiiisie liei Griechen und Jtomern, l. I, p. GO, fig. 11. — ~ Mazois, liuines de Pompei, t. H, jil. xxxv; Mus. Borbon. l. V, pi. II.; Oveilicck, Pompeji, 2» >!J. l. II, p. i ; !.. I'"ulvio, Dette foniaci e dei fovni /*o»i/jci«»»i, dans Pom/tei e la regione sotterrata dal Vesiwio tieW anno LX/X, Memovie e notitie puhttlicaU' datV ufficio tecnico degli seavi délie provincie merittionuli, 1879, p. i73-29I, pi. u, G. Voir des dessins d'aulrps fours dans Hrclon, Pompeia, p. itî8 ; !.. Kulvio, Op. l. pi. n, 1,5, 9. Nous nous aiderons surtout dans ce qui sniUio IVHude si prc^eiso de M. l'iu^t^uionr [.. Fulvio.
— 3 Les lettres italiques entre parentli^scs se rapportent à la ligure 3:t7;i. Fulvio. /./.
— ^ Cf. Fulvio, O, l. p. 2S3, tel était le four de la maison île la ri''gion IX, île I, n" 3; iFiorelli, Heseri:. di /'om;iei,p. 307). — 5 i;f. Fulvio, p. iSli. — '< M, p. iSU.— ' Id.
VffilMlfi^yiMiT/iil'''"'''""'""'^'''''"""
Fig. 3377. — Fermeture d'un four antique.
En avant de la bouche, et sur toute la largeur du four, s'étendait une table (f) en pierre dure ou en briques cimentées à la chaux. Comme sur notre figure 3375, celle table reposait le jiliis souvent sur un arc de voûte, plus rarement sur une architrave en pierre ou en bois. Le fiinutcalor, pendant qu'il était occupé devant le four, pouvait avancer les pieds dans l'espace laissé libre sous la voûte ou l'architrave de la table'".
Souvent la table était protégée par une voûte (^) reposant sur. deux murs qui n'étaient que le prolongement des parois lati'rales du four. Une ouverture Ui) ménagée dans l'un de ctîs murs, à une extrémité de la lable, mettait le furnacntor en communication avec la boulangerie; il pouvait, par là, recevoir la pùte à enfourner et livrer les pains à mesure qu'il les retirait du four".
Comme de nos jours, on chauffait les fours avec des bois légers, des fagots, faisant une belle flamme et peu de fumée, rocida*-, cremia^^. Pline dit que l'écorce du lin est excellente pour cet usage". La fumée, dans les fours les plus simples, sortait par la bouche du four, sans aucun appareil de tirage; dans quelques-uns des fours de Pompéi, la voûte {(j) qui protégeait la lable if) était, à cet effet, percée d'un simple trou'^ Parfois elle était surmontée d'une véritable cheminée («'); dans celle qui est représentée sur notre figure 337-^, le tirage i-tait encore activé par trois tuyaux se réunissant dans le corps de la ciieminée [c.aminus].
Dans les fours les mieux établis, une chambre de chaleur {]) enveloppait la calotte du four; elle était chaufTée par la fumée qui tantôt s'y rendait directement pour en sortir par des trous ménagés dans le plafond "', tantôt y pénétrait par des ouvertures pratiquées dans le conduit de la cheminée ^' (k).
Kniin, au-dessous de la table, existait une cavité [l] dans la((uelle on faisait tomber les cendres pour les recueillir ensuite plus facilement avec une pelle" et, en avant, un petit réservoir plein d'eau im) en pierre, en argile ou en maçonnerie, servait au furaacalor pour refroidir ses instruments trop échautlés et, parfois, prêts à prendre feu''.
Le four ne servait pas seulement pour le pain : on y faisait cuire aussi des préparations pharmaceutiques, magiques-" et industrielles-', on y séchait des fruits et ties légumes--, et il est bien probable que l'on faisait aussi, comme de nos jours, des plats cuits au four, furnnti-^ [mnis, pistor, pistrinum]. H. Théhe.nat.
FURTII.M. — Pour les Grecs voy. klopk.F)»-/!/»!, en droit romain, di''signe le maniement frauduleux de la chose il'aulrui, ou seulement de l'usage ou de la possession d'une chose ; il dérive de ferre, pris dans le sens d'nufcrre, emporter, comme le mot grec iâp de oÉps-.v'. H faut repousser l'étymologie qui fait venir fartuin de furvus, obscur, synonyme de niger, ftiscus, bien que celte opinion ait pour elle Varron. Labéon et Isidore, qitod clam et
[t. iSîi. — ï* id. p. 28"). — 9 Id. pi. n. Dans la boulangerie de la r^ion VII. ile I. n' 31i il'iorelli, t>. l. p. 171), — 10 |d. p. «4, iS5. — H Id. p. iS7 et pi. n. 5. — 1- Non. .Mai*. XII, 52; cf. Fesl. ap. Paul. Diac. s. p. Cocula. — '^ Cf. Fulrio, p. isl ; Coluui. J)e re nitt. XII. 19 ; Itig. XXXII, 53, § 4. — >' Hist. nul. \\\. 3. 3. — *^ t'.f. Ct. Bcclii, dans Mus. Borb. sur la pi. il. — 16 Cf. la coupe d'un four ap. Overbeck, Pompeji, i* f^. t. II, p. 14; H. Bliimncr, O. I. l. I, p. 65, fig. 10, d. : Fulvio, pi. n, 7. — I" Cf. Fulvio, pi. il, 9. — " Cf. II. Klfimner. O. /. l. I, p. 05. — 19 Of. Fulvio, p. 287. — 2» Plin. Hisl. nal. XX, 39, 2; XXIU. S; 33, 2; 81,3 ; XXVIII. 29. 3; XXXII, 20, 3. — 21 Plin. XVI, 21. — 23 PIm. XUI, 9, 6, — 23 Cf. Forcellini de Vil, .ç. v. Fnru.tlu^. FUIITIM. 1 .\. C.ell. iXocl. ail. I. IS7.
FUR
FUR
obscuro fiât et pkminquc iiucie; on doit ajouter encore inoins de foi à l'avis de Sabinus.qui le rattache -ÀfraiisK
A l'époque antérieure aux jurisconsultes classiques, le mot fwlum embrassait tout acte attentatoire à la propriété d'autrui, notamment le pillage et d'autres laits qui, plus tard, lurent l'objet d'une répression spéciale; toutefois il fallait que la chose volée appartînt à un individu physique et non pas à une hérédité jacente-, mais l'ancienne acception réparai t chez les auteurs classiques ^ . D'après la notion la plus moderne, il faut une conirccialio fraudulosa rei aiienae^ vel usus, vcl possi'ssionis''.
Parcourons successivement les diverses périodes de l'histoire romaine, en décrivant rapidement les principes du droit répressif en matière defuiium, que Rein notamment, après Hube, a profondément étudiés.
I. A l'époque de la loi des Douze Tables, la notion du furlum était encore vague et très compréhensive ; elle embrassait le brigandage et la supercherie, mais non le vol, de l'usage ou de la possession. On faisait une distinction importante entre le furlum manifestum et le furtum nec manifestum. Le premier embrassait d'abord tout cas où le voleur était pris en flagrant délit, ce qui fut fort étendu plus tard par les jurisconsultes ^ notamment au cas oii le voleur était pris sur le lieu du vol, ou en tout autre endroit, avant d'avoir atteint le lieu oii il se proposait de porter l'objet du furtum, etc. ; tout autre voleur était fur non manifesius ".
Le furtum manifestum était puni de la peine capitale'; les esclaves étaient frappés de verges et précipités de la roche Tarpéicnne; les hommes libres soumis à un châtiment corporel, puis attribués [addicïij à la personne volée; ils devaient restituer les choses volées ou leur valeur. Quant au furtum nec manifestum, la loi des Douze Tables prononçait, à titre de peine, une amende pécuniaire du double de la valeur de la chose volée*.
La distinction précédente offrait encore de l'importance à un autre point de vue. En effet, \e fur manifestus pouvait être impunément tué pendantla nuit, au moment du vol, même en l'absence d'une résistance de sa part. Au contraire, pendant le jour, le fur manifestus ne pouvait être tué qu'autant qu'il entreprenait de se défendre; encore fallait-il que le volé appelât incontinent des témoins pour ne pas être suspect de meurtre prémédité.
La loi admettait un mode solennel de recherche de l'objet volé. On punissait comme furtum manifestum le vol d'objet trouvé au moyen de l'antique perquisilio : le réclamant pouvait entrer dans la maison nu, couvert seulement d'un cinctus et portant un plat, pour se livrer à la recherche; alors il y avait furtum lance licioque conceplum^. De plus, la loi des Douze Tables établissait encore deux autres actions : 1° ïactio furli concepli, tendant au payement du triple de la valeur de la chose volée, contre celui qui avait été le détenteur, lors même qu'il n'aurait pas participé au vol, si la perquisition avait été faite de son consentement ou dans les formes solennelles, ou si l'objet aval té té découvert accidentellement'"; 2° l'action furli oOlati au triph^ compétait à celui chez
I V. sur ce point, Serv. Ad Ciori/. ll\, 103; l'aul. I , pr. Ue /'unis, big. .\1.VI1, i el Jnsl. IV, 1, 2; Rein, Dos Criminalreclit der llùiner, p. 2^3. — 2 Gains, Insl. II, 5J-30 ; III, 201. — :i Gcll. XI, 18. — •• Non. Marc. IV, 203, p. COD. — li Gains, III, 184 ; I. 7, g i, Di;;. h. t. XI.VII, 2. — 0 Gains, III, 183. — 1 Gains. III, 189. — 8 G.-lius, III, 190. — 3 Gains, III, 193 à 194. — 10 Gains, III, 180, 191. — " I,. 33, D. XU, 3. Voy. usucaiio, leoes. — 18 Min. JJisl. 7tal. XVIII, 3. - 13 Gains, II, 51. — n Gains, III, 190, 197. — 13 l. il,
lequel la chose avait été ainsi trouvée, contre celui qui l'avait fournie, pour se soustraire à la peine du furtum conceptum. Enfin, cette loi pourvoyait à la sécurité des individus volés, en disposant que l'isuc^i'io des choses volées serait impossible ; rei furlivae aeterna aucloritas csto. Cette règle fut renouvelée, avec quelques modifications probablement, par la loi Atinia". Un cas particulier de vol était sévèrement puni par la loi Décemvirale, celui qui s'exerçait pendant la nuit relativement aux céréales'^ [s.iCRATIO C.\PIT1S].
II. Dans la période qui suivit, jusqu'à l'époque des jurisconsultes classiques, l'édit du préteur et la doctrine des jurisconsultes qui s'y rattachait opérèrent plusieurs changements fort importants, par rapport à la notion du furtum et du lait constitutif de l'infraction. On admit alors l'opinion, rejetée plus tard, d'après laquelle les immeubles étaient susceptibles de furtum'\ De plus, la doctrine introduisit l'idée du vol d'usage ou de la possession d'une chose appartenant même au voleur; \e' furtum rei alienae n'était plus le seul possible. Le furtum usus comprenait le cas du créancier gagiste, du dépositaire ou du commodataire qui se sert des objets à lui remis ou prêtés, contrairement à la volonté du maître''.
On entendait par furtum possessionis la soustraction de la possession juridique; il avait lieu notamment lorsque le propriétaire enlevait au possesseur créancier gagiste la chose donnée en gage'"' ou à l'usufruitier, ou à tout créancier investi d'un droit de rétention "', ou même à un possesseur de bonne foi '" ; enfin, on assimilait à ces hypothèses celles d'un colon qui, après l'aliénation d'un domaine, avait soustrait un esclave au nouveau propriétaire". Du reste le furtum exigeait pour constituer un délit : 1° le dolus malus ou Vanimus furandi, c'est-à-dire la conscience du tort causé à la propriété d'autrui, dans l'intérêt de l'agent"; 2° un fait matériel, rotiirectatio, c'est-à-dire le maniement de la chose ^"; l'appréhension suffit"'. Les complices sont punis de la même manière, et l'on comprend parmi eux les instigateurs et ceux qui donnent aide ou instruction pour l'accomplissement du délit. Déjà l'ancienne formule du préteur les indiquait par ces mots: ope consiiioque-^. Mais un simple consilium sans aucune intervention matérielle ne suffisait pas-^ Le receleur était puni comme voleur, et soumis à l'action furti concepli. Quant à la tentative de vol, elle n'était pas considérée comme délit privé °' ; mais quelquefois l'infraction inachevée était punie en tant que délit spécial, en certains cas comme injure, parfois comme vis -'.
Occupons-nous maintenant des conséquences pénales du furtum. L'ancienne addiclio avait été abandonnée comme trop dure^''; autrefois même on y recourait rarement, caries parties transigeaient d'ordinaire, moyennant une somme d'argent, ainsi que le permettait déjà la loi des Douze Tables-". Cette composition devint peu à peu la règle ; le préteur en fit mention dans son édit, et lixa la somme moyennant le payement de la(]iielle le voleur pouvait éviter Vaddictio. S'il était insolvable,
s 2, l)ig. II. I. — Ifi L. 13, § 1 el 2, Dig. A. I. — " Gains, III, 200. — 'SGelI. .XV, 18. — 10 Clins, III, 208. — 20 Mon pas l'cnlôïcnienl, couinio l'a (-crH liiinliaum, p. 20 el sniv. — 21 I,. 3, § 18, Dij;. h. t. — 2î Gic. Di: nal. deor. III, 30; Gains, 111,202; Insl. IV, 1, 11; A. Gell. XI, 18. — 23 I,. 33, § 2, Dig. L, 10. — 2i l.uilcn, A'ur /(I (™(a(iw, p. 187-200 ; Zaeliaiiac, Théorie de la lenlnlii'e, 1, p. 139-143. — 2iPanl..S'6'iiMI,3l,33;1.21,§7, Ilig. /i. ^ —20 Gains, III, 189. — 2" L. 7, S 14, Dig. Il, 14.
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l'addictlu devcniiil nécessaire, coidiih! cela résullo du discours do Galon'. Depuis l'édil du pnHcur, lo vol devint un délit privé, engendrant une oMij^ation au profit de la partie directement intéressée. Vaddiclio se tiiinslornia donc en une action pénale privée appelée actio l'ui'll qui, suivant que le vol était ou non manifeste, tendait au payement du quadruple ou du double de la valeur de l'objet-. Elle compétait au pro]iriétaire et à tout détenteur ayant un intérêt légal à l'e que le vol n'eût pas eu lieu, soit le possesseur de bonne foi, l'usufruitier, le créancier gagiste, le fermier, le locataire ■'. Mais il faut toujours supposer une lionesln causa; c'est pourcjuoi ni le voleur auquel la chose a été enlevée, ni le possesseur de mauvaise foi ne peuvent agir. L'action est donnée cimtre le voleur; si c'est un filius fumilias ou un esclave, l'action est ouverte noxalitef contre le père ou le maître '". Le préteur laissa subsister les actions fwli cnncepli et ûblaii, conçues au triple de la réparation; plus tard, il introduisit l'action furli pro/tihiti, au quadruple, contre celui qui s'opposait à la perquisition de l'objet volé, faite en présence de témoins, par un pracco ou un sei-vus publicus, sur l'ordre du préteur, à la place de l'ancienne recherche lance liciugue, tombée en désuétude' ou peutêtre abolie par la loi Aebutia, d'après Aulu-Gelle". L'action/■(«■/( nccexhibitl se donnait contre celui chez lequel la chose était trouvée, pour le triple de la valeur de l'objet. Indépendamment de ces actions spéciales, le maître de la chose volée pouvait intenter la revendication contre tout possesseur de la chose volée, ou la condiclio furtiva qui se donnait contre le voleur lui-même ou ses héritiers, et contre celui qui possédait de mauvaise foi, ou qui, par vol, avait cessé de posséder. Ces actions n'entraînaient pas l'infamie, à la différence des actions pénales résultant du furtum^ qui étaient toujours infamantes, alors même que les parties auraient transigé '. Quant aux vols commis entre membres de la même famille, ils étaient traités d'une manière spéciale. Les furta des époux entre eux ne donnaient pas lieu entre eux à l'action fiirti' ; il s'ouvrait seulement une action en revendication, ou l'arlion civile reriim amotarum '\
On entendait par furla doineslica les vols commis par les fds de famille, les esclaves, les clients, les affranchis; l'action furii n'était pas possible entre deux personnes faisant partie de la même famille". Dans le cas où un affranchi, client ou mercenaire, avait volé son patron ou maître, on refusait également l'action, s'il s'agissait de vols peu importants".
m. Sous la période des jurisconsultes, la notion du furtum se restreignit encore en ce sens qu'elle ne comprit plus le pillage, ni différents cas particuliers de fraude. Sans doute le préteur avait déjà admis dans son édit,pour
I Ap. Gl-11. XI, 18. — 2 Oaius, 111, IS'J, IHO. — -i l'aul. U, 31, 4, et I. 10, 11, 11, § 10, Dig. h. t. ; Scliradcr, ad Insl. |i. liSi. — '• Paul. II, U, 7, S, ».
— = Plaul. Poemil. 111, 1, 58; 1. 1, § 2, II. XI, *. — 6 XVI, 10. —7 Dirkspii, Talml. hcracl. 36, I. I, II, i; Cic. Pro Cliicnt. 4i. — 8 I,. i, Dig. XXV, i.
— 3 I-. Ji, Dig. II. t. ; Dig. De ad. rer. anwt. XXV, S; Cod. V, ii. — 10 /„$(. IV, I, li. — 11 1.. H, § 1, Dig. XLVIll, 19, De poenis. — 12 TiIIc csl du moins l'oi>iiiion de Scliiader, laslil. IV, I, I, p. 3SI ; Wiirlilcr, De furtis, p. 35ï> ; liirnbaum, p. 15C-103; Paul. 1, 1, § 3, Dig. De furlis. — H Pîiul. Ilecepl. sent. II, 31, §1. Mais vovci I. 51, Dig. XXVIl, i. les anciennes fijniologirs de f'urlum cl Rein, Pas Criminalreclit, p. i')'S. — "Justin. Novell. 131, c. 13.
— 15 Gains, /ii.!(. Il, 51.-10 Juslin. Insl. IV, I, 4. — IT I,. | cl S, Dig. Erpil. haered. XLVII, 19. — l« Dig. lib. .\I.VI1, li et Cod. IX, 19. — i» 1,. 3, pr. cl § 7 ; I. 11 ; Dig. ; I. 2 à 5, Cod. A. (.— 20 L. 3S, § I, Dig. A. (. eti. 1-3 ; Dig. I, 15 cl I. l:i; I. 10. — liniLioiuiAiMiu:. Uein, Das Criminalieelil d. Ilùmei\ I.eipt, IS 11. p. ««jj.
la n.\pi.\A, l'action d<; vi bonorum raplorum, et la partie lésée pouvait en ce cas agir par cette voie ou par l'aclion fnrti; mais du temps de Paul, l'adjonction du mot fi-nudulo.sn il la définition contrectalio, etc., indique l'emploi de moyens détournés, exclusifs de la violence'-. En effet, le termi; /mus comprend de plus que dulus une idée de mystère que n'implique pas nécessairement cette dernière expression. Cependant Paul l'emploie également à propos de furtum '■'; di' même, les définitions récentes du furlum contiennent les expressions occulta et clandestina. De tout ce qui précède, il résulte donc que cette idée de fraude restreignit la notion primitive du furlum^'. Un autre changement opéré à l'époque des grands Jurisconsultes consistait en ce que le furtum ne fut plus admis qu'en matière de choses mobilières'". Des modifications plus importantes se produisirent au point de vue de la [irocéduie et de la pénalité. On abolit la perquisition domestique plus moderne, qui se faisait /''.</ii«s firaesentibus, et avec elle tombèrent en désuétude les actions furti concepti, oblati, prohibitif non exfiibiti. Les actions furti niant festi, nec manifesli, demeurèrenlseulesenusage, et les receleurs furent poursuivis au moyen de la seconde"^. Ces diverses actions pénales privées parurent insuffisantes au point de vue de rintérôt public, qui n'était pas sauvegardé. 11 y avait bien des cas où l'intérêt privé lui-même n'était pas garanti, notamment lorsque le voleur était insolvable. De plus, l'action furli ne compétait qu'autant (ju'un individu physiquement existant avait été déiiouillé ; elle ne s'appliquait pas au cas de violation d'un tombeau ou de vol au préjudice d'une hérédité. Ces circonstances amenèrent successivement, dans divers cas, l'établissement d'une action criminelle, avec restitutirm ou indemnité simple envers la partie lésée. C'est ainsi qu'en vertu d'un rescrit de Marc-Aurèle fut établie Vaccusatio ou crimen expilalac hacreditalis. qui amenait une coercitio extra ordinaria'' . et l'action de sepulcro violato '". Ce fait donnait lieu à la fois à une action civile populaire, prétorienne in factum, et à une poursuite criminelle extra ordinem'^. Un certain nombre de cas particulièrement dangereux furent confiés au l'iiAEi'ECTus viGiLLM, qui procédait comme en matière de police, et, en province, au lieutenant de l'empereur. Cette procédure extraordinaire se transforma peu à peu en règle générale -'',mais l'examen de ces divers cas nous entraînerait trop loin voy. flres b.\lni;arii, noctlrmI.
G. Hlmbert. FUSCIiVA [tridens].
Fl'SCIM'L.V (Kç.eiYpï). — Petite fourche à trois dents, l'ourchette. Le mot latin ne se rencontre que dans la Vulgale ; il traduit le grec xpsâvpa, en deux endroits où il s'agit de fourchettes destinées à manier les viandes des animaux sacrifiés, et il est spécifié que ces fourchettes
317, Waller, Oesch. Jfs lôm. Rechls. 3' éAH. Bonn. I $00; II. p. 440 i 444, n" 793 à 70;» ; llnlie, fie fitrtis. Varsovie, 1^28 ; Hudorfl". Bôm. fiechtsg.;schichte, Leipf. 1S37-IS:VJ, II, p. 348-331 ; Orlolau, Explic. hhl. des institut. . IX' M. fans, 18*0, III, n" 1715 et sniv. ; du Caurroy, htstit. explhjUt^es. s*i^d. Paris, l!*51. II. n*' M4i elsui^'. : Démangeai, Cour* èlém. de droit romain. 3* éd. Paris, 1876. II, p. 432 cl s. ; Nicol. Xaudgi'ry, Observationes de furtis. 1857; M . Voigt, />*> A'// tafeln. Leipûg. 1S87, II, p. 570 et s. ; Vaugerow, De furto eoncepto ex tege XII tabul. p. 22 et s. ; Id. PandekteH, 6' M. Marburg, 1863, III, ,S 699. p. 58G cl s. ; Rein, PricatreeAl der Humer, Leipzig. 1858, p. 73Gcls.; Acnria, Précis de droit rom. 4' M. IS84. Il, u" 606 cl s.; Puclila. Cursus iiislilul., 6' M. I.eipug, IS57. III. § 277. p. 120 et s.; Saviguy, Obligation, i\, p. 193: Leisl. Graecoilalitche Herhisge.fchichle, p. 298 cl s. ; Friedrich Sclmlin, Lehrbueh der Gesebiehte d. r. IlecAls. SluUgart, l8S9,p. 138 cl s., 139, 320 cl s. : 582 ; A. Dcsjarvlms. Traité du roi, Paris, 1SS7 ; OUo Kailow.», Rôm. /{ecA/s$cscAicA(<?,Leipug. IS93, II. 2. S 69, p. 774 et s.
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doivent être à trois dents'. On peut admettre que sous le même nom, ou peut-être sous celui de fvrcula. on désignait aussi celles qui ont deux dénis. Nous placerons ici ce que nous savons de l'une et l'autre espèce. Pour les griffes à dents plus nombreuses servant à un usage analogue voy. harpago.
La rareté d'un terme applicable à l'objet en question montre déjà qu'il n'était pas aussi commun chez les anciens que chez les modernes. On ne peut mettre en doute cependant qu'ils l'aient connu dès une très haute antiquité. En dehors du monde gréco-romain on peut citer une fourchette en bronze à deux dénis délicatement ouvragée qui a été retrouvée, avec une cuiller, dans les ruines de Ninive ". Les passages de la Bible cités plus haut déterminent l'emploi d'instruments semblables chez les Hébreux, dans les sacrifices. 11 n'est pas nécessaire de supposer que les fourchettes aient été réservées exclusivement à l'usage du culte. Pour la Grèce, il est prouvé par les textes que la xosaysa faisait partie du mobilier ordinaire de la cuisine ^ Dans une é|iigiamme de Léonidas', un gourmand consacre, avec les autres objets qui lui sont familiers, marmite, coupe, couteau, cuiller, une fourchette de bronze élégamment recourbée (eù/ïXxojtov EÙYvajjLTTTov T£ xcisif^ay). Dans une autre épigramme anonyme '^, la fourchette paraît bien désignée comme un instrument qui sert à manger (ôlo^âY&'.çxpeiypa). On pourrait s'étonner d'ailleurs que l'instrument employé dans la cuisine pour saisir et découper des viandes brûlantes n'eût jamais passé à la table pour le même usage. Il est certain toutefois que cet usage n'a pu être qu'exceptionnel et que pendant toute l'antiquité comme pendant tout le moyen âge, et encore aujourd'hui en Orient, on prenait les alijiients avec les doigts : apprendre à les manier avec convenance faisait partie de la bonne éducation".
La figure 3378 reproduit unn miniature de la lin du v° siècle ou du commencement du vi° ap. .].-C\ ou l'on
Fig. 3378. — FourcbcUe servant i la cuisine.
voit, avec d'autres ustensiles, une grande fourchette di'poséo à coté de personnages occupés des soins de la cuisine. Les fourchettes, en bronze, on argent ou en fer, qui existent dans les collections sont plus petites; ((uelques-unes le sont trop pour avoir pu servir ii découpw- ou à manger. Il y en a c|ui paraissent être des instruments de chirurgie : on en a trouvé une ;i llcrculanum" :
FUSCINULA. I /^j-od. XXVIl, 3; Itef/. I, î. 13 : xoii-rt» tfiiSoa;; cf. Paralip.l, 2S, 17. — 2 porrot et Chipiez, Hisl. de l'art (lant l'anliiiuilé. H, p. 700. — 3 gchol. Arislopli. Eg. 7Ti ; Allien. IV, p. 169 ; Anlh. l'ai. V|, 300. — 4 AiUh. l'.-il.VI, 303. — i'/(i. XI, 203. — C Plut. liduc. 7 ; Vict. doc. passe, 2 (p. iSUff, Ovid. A. Ayn. III. 755. Voy. coEi-^A. p. 1274. — 7 De Nessel, Cataloff . codicum m. s. i/raccot\ etc. Viildob. 1G90, pi. xLi; Garrucci, Storia d. arte cfistiana, pi. cxxii. — 8 Vùdrènes, Trad. de Cclso, Paris, 187G, pi. ix, 3. — 9 Ancienne collection (^ainpana. — 10 Védrùnes, O.cil. pi. ïi, 7. — Il Du Molincl, Cal), de .Saintc-di'nrvim; 11, p. 18. — 12 /lec. d'atitig, III, 81, 5 ; cf. Raoul Roclicttc, ÏVoisiewc niihnoife sur li's antiq. des catacombes, p. 155. — 13 Grivaud, Antiq. recueillies dans les jardins du Sénat, Paris, 1807, pi. u, 2. — U (.)astellani, lîullet. di'lla Vommi.ss. nrcheol. municipale. II ;1874), p. 110, pi. IX ; Ibid. 1S78, p. 200, el 1881, p. 217. — 1" .N« 1037 du catalogue. — Il Archiv fur /Jessische Geschichte und Alterthunishunden, XIV, ^'' livr. — n Au muste de l'iesole. — 18 Noliz. d. scavi, IS7S, p. 2H. — m Scliulz, Dullet. delC /s(i/.l830, p. 73 ; Not.d. Scuvi, 1S7U, p.8V; 1880, p. 258, etc. Il faut (-carter
le musée du Louvre' et le musée Orfila '", à Paris, possèdent des érignes doubles, à fourchette d'un bout et à anse de l'autre. Dans la même catégorie on doit sans doute ranger un objet en bronze de l'ancien cabinet de Sainte-Geneviève, terminé en spatule à une de ses extrémités et à l'autre en fourchette ".
On ne peut pas attribuer la même destination à d'autres objets qui ont été découverts en divers endi-oils. Le llecueil de Caylus'^ offre la figure d'une fourchette d'argent à deux dents trouvée à Rome, dans un tombeau do la voie Appienne; elle est d'un bon stylo antique et l'on n'a plus do raison d'en suspecter raulhenticilé depuis que l'on en connaît do pareilles. Une presque semblable fut tirée des fouilles faites, au commencement de ce siècle, dans le jardin du palais du Sénat''; deux autres fourchettes d'argent ont été trouvées à Rome en 1874, deux de bronze en 187G et 1881 ''. Des fourchettes d'argent, l'une dépasse el l'autre n'a pas quinze centimètres de long ; la première ne diffère pas beaucoup des précédentes (fig. 3379), l'autre a trois dents (fig. 3380). Deux fourchettes à deux dents en bronze, l'une de treize, l'autre de quinze centimètres de longueur, sont conservées au Cabinet des antiques de la Bibliothèque nationale.
Le musée de Lyon possède aussi deux fourchellos de bronze, l'une à deux, l'autre à trois dents ; la première trouvée à Morancé (Rhône) a quinze centimètres de longueur; la seconde trouvée à Tassin, près de Lyon, en a quatorze. Une autre fourchette à trois dents, à manche en pied de gazelle, se trouve au musée Fol, à Genève". Une fourcliotle à doux pointes '" a été découverte en Allemagne, à Friedberg, avec des coquilles d'escargots; une autre, en fer, avec des couteaux, dans les ruines d'une maison romaine de Fiesole '" ; une pareillement en fera Rond in olo '" ; une fourcliolte en bronze trouvée à Meudon, autrefois au musée de Cluny, appartientaujourd'hui au musée de Saint- Germain. Nous en omettons d'autres, au sujet desquelles nous sommes insuffisamment renseigné ". E. Sai;i.iii.
rrsORIl'M. — Ëvier, égoultoir, décharge pour les
Fig. 3379. Fig. 3380 Fourchettes d'argent.
FUSIIS. 'ATpxToç ', VY|Toov -, ÈttÎvY|Tsov ', ovo; '*, fuseau. — Le procédé très simple usité chez les peuples classiques pour fabriquer le lil (vtïv, v/jOeiv, xXiôOeiv, nnre) romonto au delà du loinps d'Homère et il s'est perpétué jus(|u'à nos jours dans les pays où subsistent encore les mœurs primitives. La matière qui servait le plus ordinairement
la dc'couverle prétendue d'une fourclicttc à (juatre dents à Paestuni : lîaïuoule, Antich. Pestane. p. 74 ; Nicola, Memoriesui monum. di antich. in à/iseno, lîaoli. lîaia, etc. N'apl. 1812, p. 332, pi. v, 13; Riioul-Rochetle, /. /. ; mais voy. Pagrino, lal.igula, Napl. 1830, p. 12. — Bnii.iocuAPiiiE. l'.arulTaldus, De armis coHviealiùus, dans le TItesaurus de Sallengrc, III, p. 737 ; Maripiardt, ta Vie privée des anciens, Irad. V. Henry, 1, p. 370; l.ombroso, la Forchetta, in Mem.d. Accad dei Lincei, Se. niorali, X (1882), p. 141 ; Çaslcllani, dau^ le lîullel. arc/ieuloij. 7nunieip. di Honut, 1874. p. 119 el suiv.