FUT
Fig. 339t. Fig. 3302.
le peson en pierre '. Si «n Loini).ire au prsoii de celle pièce quelques-uns des objels (jue Sclilieuiunii a exhumés dans ses fouilles, on conviendra qu'il esldil'lieile de souliailer une ressemblance plus parfaile. Des lusaïoles présentant de grandes analogies avec, celles de Troie ont été signalées, tant en Grèce qu'en Italie, parmi les vestiges des âges antérieurs à l'histoire ^
Les deux petits objets des ligures '.VMl, '.ï.i'.H, viennent de Prénesle ; ils étaient enfermés dans une ciste ^ ; il est à présumer qu'ils ont dû servir de bobines pour enrouler le lil, lors(|ue l'ouvrière déchargeait son fuseau; on remarquera dans V\ini\ dr. ces i)()bines la dent destinée, suivant loulc apparence, à fixer l'exlrémité du lil; l'objet a une base qui permeltait de le poser debout sur une table ''.
Dans l'édit de DiochUien sur les tarifs, le prix maximum d'un fuseau avec son peson est fixé à douze deniers (environ 0 fr. 40), si l'objet est en buis, à quinze deniers (environ 0 fr. \>(i) % s'il est d'un autre bois".
Le filage était avec le tissage l'occupation principale des femmes dans la famille [lana, textouI ; le zèle qu'elle y déployaient donnait la mesure de leurs vertus domestiques aux yeux de ceux qui défendaient comme un héritage sacré les traditions patriarcales des temps primitifs ; dire d'une femme qu'elle avait passé sa vie à lilerlalaine, c'était lui décerner le plus beau de tous les éloges. Chez les Romains, dans les cérémonies nuptiales, on portait une ((uenouille et un fuseau àcôté do la mariée comme un symbole de ses devoirs". Cesinslruments familiers desbonnes
1 BliimntT, ;. c. p. 120, fig. 14. — 2 Hclbig, l. c. ; Milthàl. d. ilettttch. Insl. in Alhen, XI(IS8C), p. •lii; Beilage, I, c. 5, et |j. 242: BeUcuje,l, 12.— 3 Mon.deW ht. diRoma, VIII (I8C4), pi. vjn, 21-23.— * Autres bobines du mime genre : Bounin, Antiq. des El/uroviques, pi. l, 8-10 ; S. Reinacli, Catal. du Musée de ^.-Germain, p. 05 et 143. — Ë Si l'on accepte pour le ileoicr de Diocli'ticu l'évalualion delluHscii, Griech. u. rôm. Metrologii\ 2* ii. (1882), p. 333.— » Cmy. inscr. lai. III, p. 834, cap. 13, lin. 5 et 6. — 1 Plin. Uist. nat. VIII, 74. —9 Bull, de corr. hell. VI, 131 ; Anthol. Pal. VI, 39, 160, 247, 288, 289; Plin. /. c. Cf. do.iauium. note 174, m.
— a llom. nd. V, 61 ; X, 221,227; Sriiol. Aristopli. Han. 131.J; Epicli. ap. Allien. XIV, G18D;Catull. LXIV, 320-381 ; Ov. Trist. IV, 1, 13; l'oll. IX, 1 25 ; Voss ad Virg. Geurij. III, p. 141; Bôtliger, Saliinu, II, 103. — '0 Plin. Uisl. )ial. XXVIII, 5.
— Il l'oll. VII, 188; EoucliL-Leclercii, Histoire de la dioination dans l'anl. I, p. 183. — BiBLio(;nApaiE. Schneider ad Hcriptores rei rus/icne (1797), vol. IV. p. 359-
ménagères sont quelquefois menlionnésparmilesoffrandes qu'elles déposaient dans les temples pour en faire hommage à, leurs divinités protectrices' : c'est là peut-être ce ([ui explique qu'on en ail si souvent retrouvé des débris dans les fouilles. En accomplissant sa tâche, la fileusc accompagnait par des chansons le mouvemenl de ses doigts; Catulle s'est inspiré de celte coutume, lorsqu'il a mis dans la bouche des l'arques un chant prophétique en riiouneurd'Acliille '. D'après Pline l'Ancien, une loi rurale observée dans la plupart des métairies de l'Italie défendait aux femmes, en marchant dans la campagne, de tourner leurs fuseaux ou même de les porter découverts: on croyait que, faule d'observer celte prescription, elles pouvaient faire maïuiuer les récoltes'". Les gens experts dans l'art de la divination prétendaient pouvoir tirer certain présages du mouvement d'un fuseau; on appelait ce procédé (TtpovouÀoiAavTEi'a". (lEonfiEs L.^fate.
FUSTIDALUS. — - Bâton long de quatre pieds, au milieu duquel élai l a ttaché une fronde de cuir, lançan t des pierres. Ce bâton était manié à deux mains '. De L.x Berce.
FUSTUAIUU.M.— Bastonnade, entraînant le plus souvent la mort, peine appliquée aux militaires et aux esclaves [miutum poe.n'ae, servus].
FUTILE. — Vase dont l'orifice était large et le fond étroit et pointu. Cette forme spéciale avait été donnée aux vases qui servaient pour mettre l'eau nécessaire aux cérémonies du culte de Vesta. En effet, il ne fallait pas que cette eau fi'it déposée à terre; c'eût été une cause d'impureté, qui n'était pas à craindre par suite de la forme instable du /"u/ife '. J. A. Bua^nchet.
FUTIS. — Vase nommé par Varron ' comme servant anciennement à verser l'eau dans les repas. E. S.
387; Mongez, l/isloire et mémoires de l'Jnslitut royal. Classe d'hisloire, tome IV (1818), p. 222-314; l.'fBniner, Technologie and Terminologie der Gvwerhe and Kanste bel Griechen und Bômern, I, i (1874); Das .Spinnen, p. 107-120 ; Cohauwn, Dos Spinnen und Weben bel den Allen, Annalendes Vereins fiir Xa.^samsche Altertlmmsliunde, 1879, p. 23; Schliemann, i^usaio/ts e( /î(ai/e chez lesanciens dans llios, trad. française de Mme Egger (1885), appendice; Marijuardl, Das Privatleben der Rômer {[Siù), p. 517.
FUSTIBALUS. 1 Vegel. III, 11.
FUTILE. 1 Scrv. Ad Aen. XI, 339; Paul. Diac. De verb. signif. s. r. Futiles; Laclant. Plac. ad Stal. Theb. VIII, 297; Donat. in Ter. Andr. lU. 5,3, et Phorm. V, 1, 19; cf. Preuncr, Heslia-Vesta, Tûbingeo, 1S67, p. 305; labbé J. Marchant, Notice sur les Vestales, 1877, p. 37.
FtTIS 1 \rizro. De ling.lat. V, 119.
GAE
GAL
GABATA. — Plal creux ou écuelle, dont la (orme parait être à peu près celle du catinum el du tryblio.n ' , On le trouve nommé parmi ceux qui servaient à la table-.
Dans les textes de la fin de ranliquité le mot est cjuclquefois appliqué au plateau d'une lampe en jnétal précieux, telle qu'on en suspendait dans les églises ^ E. S.
GAESUM' (rafcov OU yacTo;). — Ce mot, d'origine celtique', et qui fut emprunté aux Gaulois par les Germains', désigne les javelots des peuples celtiques'", en particulier de ceux qui habitaient la région des Alpes ^ Chaque guerrier en portait deux, ce qui indique que leur poids ne devait pas être très considérable". Le gaesum était l'arme celtique par excellence, comme le riLUM était celle des Romains et la sarissa celle des Macédoniens''. Il était tout en fer'; du moins les textes ne font-ils pas mention d'une hampe en bois à laquelle il aurait été fixé". Athénée dit que les Romains empruntèrent le (jaesuiii aux Ibères '". Ce témoignage, qui paraît se rapporter au /lilum, s'explique peut-être par une erreur do l'écrivain grec, qui aura confondu les Ibères avec les Gaulois"; mais on peut faire observer que, d'après Diodore '^, les Lusitaniens possédaient des javelots qui devaient être analogues au pilum romain. Il semble, du reste, qu'une arme de fer, assez voisine du gaesum celtique, ait été commune aux peuples de l'Europe à une époque fort ancienne " ; dans l'Italie Centrale, cette arme existait avant la domination romaine sous les noms de falarica et de veru ''*. Tite- Live no\js montre plus tard le gaesum dans les mains des Campaniens"' et attribue aux Étrusques la coutume de porter deux gaesa "^.
Les Romains empruntèrent le mot gaesum à la langue gauloise, mais cet emprunt ne peut guère être antérieur au iv° siècle avant J.-C, puisque le mot échappa à la loi du rhotacisme''. Rien ne prouve, comme on l'a dit '*, qu'ils aient également adopté l'arme désignée
GABATA. ï Hosych- .î. i'. IVfi«Oôv ; Du Gaufre, Gloss. med. et inf. Int. s. v. cauata. — 2 Martial. VII, 47, 3 ; XI, 32. — 3 Venant. Forl. Carm. II, 10 ; do I.inas, Urig. de l'orfèvrerie cloisonnée^ I, p. 3011.
Cl.VESI'M. 1 On trouve aussi les formes tjesum, gessum, gesa, gesara, etc. Cf. Diefenbacli, Origines Knropaeaey\i. VM^ 353; \\o\ficT, Altkeltisclier Spraclischatz, s. V. — 2 « On retrouve le mot gaison en irlandais sous la forme gai ; il a donné le dérivi? gaide qui veut dire armé d'une lance et dont on a constaté la présence dans un manuscrit du ix* siècle » (d'Arboisde Jubainville, Revue archèol. 1891,1, p. 192). La forme irlandaise gai permet de conclurcà l'existence d'un primitif gaisos (Stokes, Irish glosscs, p. y?) qu'on a voulu aussi rapprocher du sanscrit hê'shas signifiant blessure (cf. Schrader, Sprachvergleichung und Urgeschichte. 2" éd. p. 340). Plusieurs noms de lieu gaulois, comme Gesoriacum, Gesocribate, paraissent renfermer le mot gaisos (i)iefenbacb, Op. l. p. 334). — 3 C'est ce que prouvent des noms d'hommes comme [Hjario-gaisos^ roi des Quades en 174 ap. J. G., Lanio-gaisus, guerrier d'origine franque au temps de l'empereur Constance, /tadngaise, l'adversaire de Slilicon, etc. On a proposé de lire Gaeso-rîx le nom d'un des deux rois cimbrcs faits prisonniers par Marins à la bataille des Gampi Raudii en 101 av. J.-G. (Zeuss, ZJie Deulschen, p. 143; d'Arbois, liev. archéol. 1891, I, p. 11':!). Ce serai! le même nom que celui du roi vandale Genséric. Gaesum est devenu en allemand ger, signifiant javelot ; le mot gothique équivalent est gais (Zeuss, Die Deutsc/ien. p. 240). — 4 Varr. ap. Non. XV, 19. — i^ Virg. Aen. Vlll, 061. -^ <• Virg. Aen. Vlll, 60! ; Sil. Ital. 1, 029 ; Glaudian. In Stitic. Il, 243. — 7 Serv. ad Âe„. Vlll, CCI. — 8 llcsych. Y«t'7'^;' è;jiGo).tov ôXootSripov. — 0 M. d'Arbois de Jubainville (Itev. archéol. 1891, I, p. 192) inler[iréte les mots de Virgile {Aen. Vlll, 001) alpiita gaesa par « deux gaesum dont le bois a été fourni par dos sapins des Alpes ». Mais l'épiilii^lc alpina par-iît se rapporter au pays d'origine des guerriers armés du gaesum, — 10 Athen. VI, 100. — 1* C'est par une erreur analogue que i^nltux qu,ilific le gaesum de libyque {Oiirini. Vil, 33). — 12 Diod. V, 34 : xp.r.vTwt Si Kui «rawioi^ ô"Aoi7i$/;ff.i;. A rapprocher de la falarica atlribuéc par Tite-Live aux
ainsi. Dans le premier passage de Tite-Live que l'on allègue à cet eftet, gaesum est simplement synonyme de javelot"; dans le second, il s'agit de Romains envoyés en éclaireurs qui essayent de se faire passer pour des Étrusques^". Il est d'ailleurs certain que, dans l'usage courant, on en vint à dire gaesum pour huslii : ainsi Polybe, dans son exposé de l'organisation militaire des Romains, nous apprend que l'on donne un gaesum comme récompense au soldat qui a tué un ennemi-'.
Properce décritle chef belge Viridomar, qui prétendait descendre du dieu Rhin, lançant des gaesa de sonchariot couvert (222 av. J.-C.)-^ Les Galates d'Asie Mineure étaient peut-être aussi armés de gaesa^'. Le gaesum servait encore aux Gaulois de la région des Alpes à l'époque de la conquête de César; en oG av. J.C., la division lie Galba fut attaquée, dans son campement d'Octodurus, parles tribus alpines des Veragri et des Seduni, qui lancèrent sur elle des pierres et das, gacsa^K Des faisceaux de javelots, liés ensemble, figurent parmi les trophées de l'arc d'Orange, mais, dans l'état actuel de nos connaissances, il est impossible de distinguer, parmi les armes en fer des musées, les ^aesa des javelots ordinaires.
D'après un lexicographe, le mot gaisos aurait aussi désigné l'éperon de fer des trirèmes ; mais ce témoignage isolé parait suspect^-'. Salomon Rhinach.
GALAÏARCIIA (raXaràp/r);). — Le Galatarque était, dans la province romaine de Galatie, ce que I'asiargiia était dans la province d'Asie '. Une inscription d'Ancyre où sont mentionnées séparément, pour un même personnage, la grande prêtrise de la Galatie et la Galatarchie-, conlirmc la distinction que nous avons établie, à propos de l'Asie, entre l'Asiarque et le grand prêtre de l'Asie'. Le Galatarque présidait aux jeux qui étaient donnés à Ancyre, auprès du temple de Rome et d'Auguste, au nom des trois peuples galates. On a la preuve que la Galatarchie était une fonction temporaire
Sagonlins (XXI, 8). — 13 Lindonschmit, Bandbuch der deulschen Altertkumskunde, t. l, p. 182; Bertrand cl Reinach, les Celles dans tes vallées du P6 et du Danube, p. 197. — "> Virg. Georg. Il, 108; Aen. Vil, 605; IX, 70,ï. Voir l'article FAi.Aiuc.\ et lÎprtrand-Ueinach, Loc. cit. p. 194. — 15 Liv. XXVl, 0. — IG Liv. IX, 30.
— 17 D'Arbois, Ree. archèol. 1891, l, p. 192. On sait que, dans d'antres mots, l'action du rhotacisme a été entravée par la présence de Vs redoublé ; il on a été notamment ainsi pour lo mot causa [caussa) ; cf. Bréal et Bailly, Dictionnaire étymolog. latin, p. 37. — 18 D'Arbois, ;. l. — 19 Liv. VIII, 8. — 20 Uv. IX, 36.
— 21 polyb. VI, 39. — 22 Propcrl. IV; 10, 42. — 23 Claudi.in. /n Eutrop. II, 250. Ce lénioignage est d'ailleurs unique et de peu de poids. — 2'» Caes. Bell. gall. III, 4, 1. — 2oEtym. magn. s. v. YaTffoç. — Bibliochaphie. Tons les textes antiques relatifs au gaesum ont été réunis par Diefenbach, Origines Europaeae, Francfort-surle-Mein, ISGl, p. 330-354.
GAI-ATAIK^IIA. 1 I.c Galatarque est mentionné dans les textes suivants : Corp. inscr. gr. 4014, 4016,4031, 4075,4076 et dans le Dutl. de corr. hell. 1883, p. 117.
— 2 Corp. inscr. gr. 4016. — 3 L'opinion sotitenne ici est partagée par Mommsen {ïlist. rom. trad. franc. X, p. 124, note 1). Elle a été condiattue par Marquai*dt, Organisation de l'empire romain (trad. franc. II, p. 523, note 4). Pour lui i'ào/itftj; i-ïù xoivou T~.v raAaT<;;v et le r«>.«T«p/r,; sont un scid et mémo personnage comme le grand pi-ètre de l'Asie et r.\slarqne. C'est ce qu'admettent aussi Henzen (Annati, 1803, p. 203), Kiihn {Verfassung des rûm. Ileichs, I, p. 107). Lighlfoot (Apostolic Fathers, II, p. 987) el M. l'abbé Beurlier (/.e cul'.e impérial, p. 131). M. Guiraud [Les assembh'es provinciales dans l'Empire romain, p. 103 et suiv.) émet deux hypothèses : ou bien ces deux termes sont synonymes, ou bien Galatarque, comme Asiarque. est un terme honorifique qui sert à désigner celui qui a été ou est grand prêtre de la province et qui indique qu'il appartient dés lors i une catégorie de notables du pajs. l.c'S dilTérenlos opinions émises sur la question .sont rapiinrlécs et discutées par M. r,il>bé liourlifr (Op. cit. p. 122 et s.).
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et non viugùre ; des insciiplions cl'Ancyre nous parlcul en efl'et de personnages (]ui auraient rempli deux fois ces fonctions'. Si, couimi; on l'a supposé avec toute vraisemblance, c'était tous les (jualre ans que revenaient les jeux dont les premières célébrations nous sont rappelées sur l'ante do gauche du temple d'Auguste, il est probable que les fonctions du Galatarque correspondaient, par leur durée, à ces périodes quinquennales^.
A c6lé du Galatarque, il faut placer le grand prêtre de la Galalie l'àp/côaeùî raÀaxia;, dont la charge (àp/'.eso- (TÛvY)) paraît avoir été aussi temporaire, car on n'y trouve jamaisjointe cette mention (S-.à pîou) qui accompagne au contraire le titre du Flaminc d'Auguste 'Ss^aTTo-f/vT-/-,;)'. Une lettre di; l'empereur Julien à un certain Arsace, àpyispja TaXaTia;, nous montre le grand prêtre de la Galalie investi d'un droit de surveillance et de direction morale sur les prèlres de toutes les divinités adorées en Galalie, sur tout ce qu'on pourrait appeler le clergé de la province*. Nous avons publié, le premier, deux inscriptions nouvelles où il est ((uestion de ces grands prêtres; dans l'une sont donnés les noms des citoyens galates qui s'offrirent à concourir de leurs deniers à une restauration du temple, entreprise sous les auspices des grands prêtres'^; dans l'autre un grand prêtre est nommé, immédiatement après le gouverneur romain, parmi les éponymes qui servent à dater l'année de l'érection d'une statue à uii certain empereur dont le nom a disparu".
On peut se demander quels sont les dignitaires dont les noms sont inscrits, au génitif avec Èm, en tète de chacune des commémorations officielles des premières célébrations des jeux, sur l'ante de gauche du temple de Rome et d'Auguste'. 11 ne peut être question d'y voir, comme l'avaient pensé les premiers éditeurs, les gouverneurs romains alors en charge; un au moins de ces noms a un aspect tout grec et même provincial qui ne peut convenir à un grand personnage romain de celte époque (km BaaiXâ., 1. 65). D'ailleurs les noms des gouverneurs seraient indiqués plus au complet et ne seraient pas abrégés avec ce sans-façon. Enfin, comme nous avons là le tableau des sacrifices et des hommages de la province, ce qui semble devoir le plus naturellement figurer en tête des noms de ceux qui se sont distingués par leur libéralité, c'est le nom du magistral qui est chargé par la province d'honorer le dieu que fêtent ces jeux, ou le nom de celui qui préside à cette solennité. Nous avons donc ici les noms de quatre grands prêtres de la Galalie, ou plutôt de quatre Galatarques, comme la place ([u'occupe le grand prêtre', après le gouverneur romain, dans l'inlitulé d'une consécration de statue, nous conduirait à le croire.
G. Pekhot.
GALAXIA (FaXà^ia). — Fêle célébrée à Athènes, en l'honneur de la Mère des dieux. Elle tirait son nom d'une bouillie d'orge avec du lait qu'on préparait à cette occasion'.
I Corp. l'iiïcr. gr. 4075, 407C. — 3 C'est un mol de SulIouc (Aiig. 59) yii a fail penser que ces jeux élaicnt quinquoiiiKiux. Voir Perrol, De Galntia provincia^ p. "7-78. — 3 C. i. gr. 4031. — l Lettre, 49. —<> De Balulia prov. rom. p. 153, Paris 1867. — !• Ibid., p. 129, cl Ed-ploration archcol. de la Galalie, n» Ii3.
— 7 C. t. gr. 4039. — ' lixpl. arch. u° 123. GAI.\XI.V. 1 Fiekkor, Anecd. p. 229; llesjcli. I. p. 7'.ll.
GA.I.EA. 1 Virg. Aen. III, 468; SU. Punie. 1, 628; IV, 13; VIII, 419; l'iiii. Hist. liai. .\, 1, 2. — 2 Isid. Orig. XVIll, 14, 2.-3 Dans une insi-riplion lic Uélos, Siill. eorr. hellén. l. VI, p. 130. Ce mot désigne plus parliculii^rcrncnt le cimier.
— '' Isid. Orig. l. l.; cf. Tac. Germ. 6. — » Vcget. p. 4S, 11, éd. Lang; cf. Arch.
ti\LK\, K'jvT,. — I. Le seul équivalent usité en latin est cassis, devenu en bas-latin cassicum, d'où le français casque; le mot conus est rare' et parait avoir désigné plus particulièrement l'appendice conique surmontant le casque auquel le panache était attachée En grec, les prosateurs emploient surtout la forme xpivo;; les mots /ccip'jç, 7tr,},Y|;. T:epiiCE!f.a/,aîa, X(«voî' sont poétiques OU peu usités; ceux de tte^ïvï, et de xzraTTu; ont des acceptions spéciales dont il sera question plus bas. Galea désigne proprement le casque de cuir et cassis le casque métallique '", mais les écrivains, même les écrivains militaires, n'observent pas toujours cette distinction'. Élymologiquemont, x'jvyi est une coiffure en peau do (-hien (x'jwv); dès l'époque d'Homère, l'origine du mot était assez oubliée pour que l'on parlât d'une xuvf, en peau de chèvre, en peau de martre ou en peau de bœuf, -/■.•jvét, aivî-'v,, xTioiv,, Tï'jpeiV, ". La martre ou belette se disant aussi en grec -.'ïÀ-r,, YxÀé?,, on a supposé qu'il existait une relation entre ce mot et les vocables latins rjalca, r/alcrus' . Cassis fforme [irimilive ' cal-ti) est inexpliqué et a été emprunté par les langues germaniques, comme galea l'a été par les langues slaves'. Ko'i'j; et xoàvo; sont des mots spécifiquement grecs, qui se rapportent certainement àxipa, tète. Comme tous les noms d'armes défensives, celui du casque n'est pas commun au grec, au latin et aux autres langues de la famille indo-européenne, ce qui permet de conclure que ces armes n'étaient pas encore usitées à l'époque indivise '^ Mais l'étymologie transparente de xuvéT, nous apprend ce fait important, que les premières armures de tête ont été des peaux d'animaux'".
Nous en avons encore d'autres preuves. Jusqu'à la Un de l'antiquité, Hercule paraît souvent avec la dépouille du lion de Némée sur la tête [uERcaLEs]. Dans plusieurs staluetles découvertes en Gaule, où l'on reconnaît le Jupiter infernal des Celtes, le dieu porte la dépouille d'un loup". Hadês, sur une peinture étrusque, a la tête couverte d'une peau do loup [ktrusci, fig. 2772J. Junon Sospila porte de même une peau de chèvre, dans un bronze étrusque de Pérouse (fig. 1023), qui fait pendant à une image d'Hercule revêtu de la dépouille du lion '^ et sur les monnaies de plusieurs familles romaines (fig. 3393)'^. La coiffure nationale des Thraces, I'.^lopekis. n'était autre qu'une peau de renard, où la queue de l'animal formait panache derrière le cou, les pattes étant croisées sous le menton comme une jugulaire. Properce attribue à Komulus une galea lupitia''; les véliles romains avaient une peau de loup sur leurs casques'" et les augures, par une survivance d'un antique usage, ne portaient sur la tête qu'une peau d'animal [flamex, p. 1167]. L'art plastique a parfois attribué à certaines figures un casque métallique imitant la dépouille d'un animal. Ainsi la belle statue des frontons d'Êgine (fig. 3394), où l'on voit ordinairement" Her-
epigr. Mitlheit. aux Oesterreich, t. V, p. 206. Le même casque csl appcL' tantôt cas$i$. lanlol galea par Ovide, Met. VIII, 25. — « Hooi. OJ. X.\IV, 230 ; //. X, 355, 2^8. En revanche, on dit aussi xpà>r, «zJTiva, Xen. Anah. V, 4, 13. — ~ Schradcr, Siirachrergleichung, '.' éd. p. 333. — 8 Ihid. — 9 Ibid. p. 327. — 10 Cf. Helbig, Bas liom, Epos 3, p. 295 ; liërard, De l'origine des cultes arcadiens, p. 120.
— 11 S. Keinacli, Bronzes figurés de la Gaule romaine, p. 141, 175. — n Uicali. J/onic". -\V, 8; cf. Cic. De divin. I, 29 {Juno Sospita cuin pelle eaprina),
— l^Babolon. Monn. de la Jtèpubl. rom., Co>conia, p. 434. 435; II. Papia, p. 280; Prooilia, p. 336; Roscia. p. 402. — U Propert. XIV. 10, 20. — 15 Poljb. VI, 22-
— 16 Furlwaeuglcr ap. Roschcr, Leiicon i<er Mylhot. 1. 1, p. 2153.
Fig. 3393. — Monnaie de la famille Roscia.
GAL
GAL
Fig. 339t.
- Hercule du froiilon d'Égine.
cule jeune tirant do Tare, est coiffée d'un casque dont la partie antérieure figure un mufle de lion; c'est bien
un casque en métal, témoin les trous carrés, creusés à la hauteur des tempes, qui étaient destinés à recevoir les tenons des garde-joues'. Il en est de même pour l'Alhéna de la villa Albani ^, qui ne porte point, comme on l'a cru autrefois, une peau de lion sur la tête :
M. Furtwaengler a montré que c'est une sorte de casquette faite avec une peau de chien ou de loup, comme l'avait déjft soupi;onnéWinckelmann'.
Cette coiffure nous est connue par l'épopée : c'est la calotte d'Hadès, 'Av5o<; xuveri, qui répandait l'obscurité autour d'elle et qu'Athéna, dans l'IIiadf, revêt pour lutter contre Arès\ Suivant la légende, Hadès l'avait reçue des Cyclopes^ et cette conception très ancienne se retrouve dans les diverses images où le dieu infernal parait revêtu d'une peau de loup''. Nous verrons plus loin, en étudiant la décoration des casques, que l'art s est plu à rappeler leur origine en les modelant en forme de têtes d'animaux.
II. Les coiffures en peau, en cuir ou en feutre ne sont pas, à proprement parler, des casques, bien qu'on les trouve quelquefois désignées ainsi et qu'il soit souvent très diflicile, sur les monuments, de distinguer les bonnets coniques en métal de ceux de cuir". Pline parle de casques fabriqués en peau d'hippopotame, qui étaient impénétrables aux traits*. Mais la matière par excellence des casques antiques est le bronze, xpâvoç ya^xoOv, /aXxr, TtEpixecpaXaîa", d'abord employé seulement pour garnir et fortifier le couvre-chef en cuir ou en treillis, puis servant à la confection d'armures de tête entièrement métalliques. Cependant l'usage des casques de cuir garnis de bronze ne cessa jamais entièrement; dans une inscription attique qui contient les comptes des trésoriers d'Athènes vers 32t), il est question de casques en cuir de bœuf rehaussé de bronze, xpivri (o(j.o6riïva xE/aXxoij.Éva"'. Hésiode parle le premier d'un casque d'acier"; à Rome, le casque de fer ne fut introduit que par Camille '^ Un inventaire de Délos mentionne un casque en fer doré, 7t£p!X6çaXaîa(Ti8T|pàTrepi7ipYup'"K-^''^i '"• A l'époque impériale, les casques romains sont souvent en bronze et en fer. -Nous connaissons, en particulier par les fouilles du Bosphore Cimmérien, des casques en fer argenté, plaqués d'argent ou dorés'*; le tumulus d'Ak-Bouroun, dans la
1 Furhvacnglor, IbUI. ; Coilignon, Sculpture grecque, t. I. fig. 14G, p. 295. Sur un ■vase du musée de Bonn, Herculea pour casque le mudeseul du lion ; la peau de l'animal a Hi coupÉC {Jahrb. des Instit. ISOi, p. 6!l)- — 2 Kricdoriclis- WoUers, Cipsubguxsij, n" 5i-V ; Furhvaciigler, Meistcrwrrke. p. 113. — 3 Winckcluiann, Gesch.der ICimsl, l. n,2,§îl. — 'Ilom. //. V,84S ; cf. Iles. Seul. 2i7. cette coifrurccslan."iloguc â la Tarnknppe de la nivtliologic germanique. — 5 Apollod. I, 2, 1. — 6 Holbig, Annati delVInsl. 1870, p. 27: Mon. drlV Inst. IX, 15; Ilead. Hist. Num. p. 425 cl les statuettes gallo-romaines citées plus haut. Cf. Preller-Robert, Griech. Mytkol. t. 1, p. 709. — "î Par exemple sur la slùle do Pella, Coilignon, Sculpture grecque, t. I, fig. 137. — B riin. Hist, nnt. VIII, 25. 95. — 'J Cette dernière expression est dans Polylw, VI, 23. Dans l'épopée, on trouve les épilhéte-s /à'ixmî {11. .Ml, 184;
XX, 398), .r/.a.o; (/(. VII, 12), -«■../aX.oi, î:«-if«.o; [Od . XVlll, 378; XXII, 102), y.«l,»;,f,5 (/;. m, 3|r,; XXIll, 601; Od. X, 206; XXII, IH, 1-15, etc.), )ry»»oràprio;
in. XII, 183 ; XVII, 29-J ; XX, .397 ; Od. XXIV, 523) ; cf. Ilelljig, Das hom. Epos 2, p. 295. — 10 Corp. iascr. atl. Il, 720. — " Hcs. Scut. 137. — 12 Plut. Camill. 40. — 13 Bull, de enrr. hell. t. VI, p. 130. — 1* Antiq. du Bosphore, éd. Rcinach,
Fig. 3395. — Casque du tumulus d'Ak-Bourouu.
même région, a fourni une sorte de casque tout en or, de travail ajouré, qui était sans doute porté au-dessus d'un bonnet de cuir (fig. 3395) '\ Xénophon fait donner par Panlhée à son mari Abradate un casque d'or avec un panache couleur d'hyacinthe"^. De ce goût barbare pour les armes en or, nous avons conservé en Occident un monument précieux, le casque gaulois d'.\mfreville ", qui doit être rapproché d'une espèce de '"are en or découverte à Schiil'ersladt près de Spire et conservée au musée de Munich'*; mais ce sont là des coiffures d'apparat, des insignes plutôt que des armes, pour lesquelles l'antiquité classique ne parait avoir eu que peu de goiU".
III. Les fabricants de casques s'appelaient cassidar'n^'^ \ ceux qui travaillaient spécialement les paragnathides étaient dits bucculavii'-". En Grèce, les fabricants sont les xpavoTTotoî --, les xpavoupyoi " ; ceux qui font les cimiers sont les ),ooozoio''-'*. Nous avons déjà reproduit une peinture de Pompéi, représentant un ouvrier qui cisèle les ornements dorés d'un casque (fig. 661) et une peinture de vase montrant la manière dont on donnait aux casques le dernier poli (fig. 1466). Un jeune homme martelant un casque est représenté sur un vase peint". Un vieillard assis, polissant un casque à grand cimier, parait (fig. 955) sur un bas-relief du Louvre qui représente la forge de Vulcain^^ L'art romain a emprunté à l'art alexandrin l'ingénieuse idée des Amours forgerons que l'on voit, sur divers bas-reliefs, fabriquant des armes, des boucliers et des casques". Deux pierres gravées, publiées l'une par Gori, l'autre par Mariette, représentent des ouvriers martelant des casques^'.
IV. L'étude des formes si variées que l'on a données aux casques ne saui'ait être faite exclusivement au point de vue chronologique ou géographique, car pour un grand nombre de casques qui se trouvent dans les musées, on ne peut déterminer avec certitude ni l'époque ni le lieu de leur fabrication. Les monnaies mêmes, qui sont le meilleur guide, ne nous renseignent pas exactement, parce qu'elles reproduisent souvent des types traditionnels. Avant donc d'esquisser, dans la mesure restreinte de nos connaissances, l'histoire du casque dans
pi. wvMi. p. 77. — 1^> Kondakof, Tolstoï, Ueiuaoh, Antiq. de la Bussie mérid. fig. bù, p. 19. — 16 Xcn. Cyrop. VI. 4, I. — n Bev. archéol. 1862, pi. v; Bertrand, Arrhi'ol. celt. et gauloise, fig. 106 ; Gazette archcol. 1883, pi. lui. — 18 S. Keinacli, Catal. sonvn. du Must^c de Saint-Germain, p. 149; Ijudenschmit, Atterthiïiner, I, 10, 4. Le Louvre possède un objet analogue, provenant d'.-\vanton prés de Poitiers (Ibid.). — 19 Les peuples peu civilisés ont conservé jusqu'à ce jour l'usage d'armes^éfensives en métaux précieux ; ainsi, dans l'il-^ de Nias, un lourd casque d'or est l'insigne du comai.indement {Anthropologie, 1800, p. 346). — 20 Corp. in.wr. lut. VI, 1952. — S* Digij. L, 6, 6; cf Cad. Theod. X. 2S, 1 et Blfimncr, Terminologie niirf Technologie, t. IV, p. 361. — 28 Aristopli. Par, 1255; Dio Clirjs. Or. 77, p. 653 ; Poil. I, 1 19 ; Vil, 155. — 23 Poll. Ibid. — St Aristopli. Par. 545. — 25 Klein, Vasen mit /,iehlingsinsehriften,p. 48. — 26 Jahn, ftrrichte der Sâclts. I7es.l861.pl. II, 8. M. Frœhnor a contesté .i tort l'antiquité de ce bas relief (A'od'eerfe la sculpture, n° 109). — 27 Jalm, Op. laud. pi. vcii, 1 ; Hliimner. Op. laud . t. IV, fig. 58. — 28 Gori, Mus. Florent, t. Il, pi. xv, 5 ; Corp. inscr. graec. 7223 ; Mariette. Pierres gravées, t. I, pi. cxxvn.
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l'an tiqui té, nous croyons de voir nous arrij 1er à la description des différentes parties du casque, de ses éléments conslitutils, alistraetion laite de leur décoration artistique sur laquelle nous reviendrons plus loin. Nous laisserons également de côté, pour le moment, l'explication des termes que fournit l'épopée homérique, cette explication devant trouver sa place dans la partie de notre travail où il sera question du casijue homérique et mycénien.
V. Nous avons dit que le casque dérive, en dernière analyse, de la dépouille d'un animal employé pour protéger la tète, mais le passage de la peau à l'armure n'a pas été immédiat. Les types intermédiaires sont des couvre-chefs très variés en cuir, en laine, en feutre, même en bois et en treillis [causia, pileus]. Ce sont les formes de ces objets qui ont déterminé celles de la plupart des casques, avec les modilications que comportait le passage d'une matière souple à une matière résistante. A la calotte de cuir ou d'élolTe, qui suit le contour de la tête, répondent, en général, les casques antiques, ceux où le profil du timbre est un demi-cercle, un demi-cercle surbaissé ou un fer à cheval. Au bonnet élevé correspondent les casques ovoïdes, en cône ou en dôuie; on a même imité en métal le type du bonnet appelé phrygien, où la partie supéricjire, au lieu de former une pointe, s'incline en avant sous l'action de la pesanteur. Certains casques triangulaires, dont nous citerons des exemples, paraissent dériver d'un chapeau en treillis peu élevé. Knfin les rebords que l'on donnait aux chapeaux, et qui tantôt protégeaient le front, tantôt la nuque, tantôt couraient tout autour de la coiffe, ont été imités en métal : on en a déjà vu un spécimen (fig. 1264). Quant au casque qui recouvre entièrement la tête et le visage, en laissant seulement des ouvertures pour la vue et pour la respiration, ce n'est pas autre chose qu'une tête de iroîî:'', xf âvoç ', dont l'invention peut être attribuée à quelque tribu grectiue chez qui la technique du martelage était développée.
VI. Pollux distingue, dans le casque, les parties suivantes : celle (jui est au-dessus du front et qui porte le même nom (le frontal, fAeroiTrov); celle qui est au-dessous (les sourcils, ôaçOeç) ; celle qui les surplombe (l'avance, Y£ï<Tov); celle qui couvre la tête même (la calotte ou coiffe, ÊTTixpavov) ; ce qui domine la coiffe (le cimier avec le panache, Xocpoç y.y). ),'>'^a xa: Tp'.Xo-.pia) -. Ces indications sont insuflisantes et ne tiennent pas compte de certaines parties essentielles du cas([ue, telles que les paragnathides et le couvre-nu(iue. Il nous est donc impossible de les prendre pourpoint de départ.
VII. La seule partie du casque qui ne manque jamais est naturellement la coill'e, que l'on peut appeler aussi calotte ou timbre. Elle se compose généralement d'une seule pièce de métal, quelquefois aussi de plusieurs pièces soudées ou jointes par des rivets. La décoration proprement artistique de la coiffe du casque nous occupera plus loin, lorsque nous traiterons des casques de luxe et d'apparat: pour l'instant, nous laissons de côté tous les ornements, incisés ou en relief, où intervient la figure
1 Cr. rriciliTichs, Kleinere Kiintt, p. 2ÎI. — 2 Pollm, I, 135. — J Goïiadini, Di ulterîttri scopfrh\ pi. xi. 4 c. - ^ .ï/ohh/h. fUW /s7i7. IS.^». pi, m. Voir aussi l'Alhi^ua de la coupo H'Euphronios au Louvre, Kayol et CoUignon, Cé~ ramnjue, fi^. 69, et l'Arliillc do la coupo de Sosias, fig. 1400 du Dictioniinirc. — 5 Lindciischmit, Alterth. unsr. heidn. Vorzeit, 111, 7, 4; Tracht und Be~
Fig. 3396. — Casque décor* d'dcailles.
Fig. 3397. — Casque romain de Jart.
humaine ou animale. La coiffe est d'ordinaire tout à fait lisse; cependant on la trouve parfois décorée d'écaillés comme dans une statuette en bronze de Mars découverte à Marzabotlo^ et sur un vase grec du V siècle (fig. 3396)', ou, à l'époque romaine, affectant l'aspect de la chevelure qu'elle recouvre, comme dans des stèles de Mayence (lig. 2007 et 273*J) représentant des cavaliers''. Nous parlerons, à propos du cimier et du panache, des crêtes métalli- (jues qui sont parfois fixées
sur le timbre. A la partie supérieure, il présente souvent un œillet ou bouton saillant, tantôt destiné à recevoir le panache, tantôt servant à suspendre le casque. Cet œillet se voit très nettement sur diverses figures de la colonne Trajanc (fig. 798); il s'est conservé sur un beau casque (fig. 3397) du 1^'' siècle après J.-C, pesant l'',300, qui a été découvert au bourg de Jart en Vendée ''.
Ce casque en bronze, dont le métal a près de 2 millimètres d'épaisseur, est renforcé sur la coiffe par quatre côtes saillantes, dont deux correspondent aux tempes, les deux autres au milieu du front et à la nuque. Certains casques présentent des saillies latérales qui répondent à des usages divers : les unes étaient destinées à recevoir des ornements, plumes ou panaches; d'autres sont simplement décoratives ; d'autres servaient à fixer la jugulaire ou les garde-joues; d'autres enfin étaient des sortes de bosses ou de plaques circulaires, ayant pour objet, comme ïuniljo du bouclier et les côtes dont il vient d'être question, de renforcer le casque. .Nous donnons comme exemple un très Rg. 3398.- Casque grec a.ec cotes.
ancien casque grec découvert
dans l'intérieur du Samnium (fig. 3398) '. L'origine de ces bosses ou plaques doit être cherchée dans les casques primitifs, en cuir ou en toute autre matière non métalli<iue. qui étaient recouverts extérieurement de clous de bronze etde quelques grands disques de métal, plats ou en saillie. 11 nous en reste deux spécimens caractéristiques, appartenant à cette civilisation ccltoillyrienne qui a conservé intacts tant de traits de la
trnff'nung. pi. vu, 3 ■. vni. i (= Baumeistcr, Itenkmaeltr, fig. Îi7l); cf. /6i'rf. 111, 8, 4; Jahrb. der Atterthumsfr. im lUieintande. 1. LXXXI. pi. 3. 4. — « K. de Rochebrune, Sépulture d'un légionnaire romain tIf''coiivfrte nu bourg de Jart. .Niort, 1878. —' Collection Bourguignon i Naples, Helbig, Z>iu borner. Ep<u>.
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civilisation homérique '. Le premier est un casque conique en treillis découvert en Carniole, le second un casque presque hémisphérique, en treillis également, de la même région -.
VIII. Le frontal ou fronton^, ce que Pollux appelle (jLÉTtoTTov, n'existe pas dans tous les casques. Destiné à en
Fig. 3399. — Aryballe do Cos.
Fig. 3400. — Aryballe pliciiicicn.
Fig. 3401. — Casque roniam avec avance mobile.
Fig. 3402. — Casr|uc grec à ailerous mobilcîî.
fortifier la partie antérieure, il peut être mobile : alors, quand on le rabat sur le devant, il forme comme un
couvre-vue ou une avance, que l'on qualifie parfois à tort de visière '. Un vase en terre cuite de Cos, dont la forme est celle d'une tête casquée, nous offre un très ancien exemple du frontal saillant (fig. 3399) ^ formant un plan distinct de la convexité du timbre; on comprendra le progrès accompli en comparant ce spécimen à un aryballe analogue en faïence égyptienne, portant le cartouche du roi Apriès (fig. .3400)°. L'avance mobile se distingue très bien sur un casque romain provenant du castellum d'Osterbucken
(fig. 3401)'. Sur un vase peint par Douris, on a signalé un dispositif jusqu'à présent fort rare : le casque d'un guerrier, à sa partie antérieure, présente, entre les garde-joues relevés, deux autres plaques mobiles destinées à se rabattre surlefront(fig.3401)*.
IX. Le nasal constitue une partie essentielle de ces casques, couvrant à la fois la tète et une grande partie du visage, que les modernes appellent rnsqurs cnrinihiens à, cause de leur fréquence sur les monnaies de Corinthe. Sur l'exemplaire trouve en Grèce,
1 Bruno, Ueber dio Austjrabungen der Certosa, Munich, 1887, p. 20; Borlrand- Keinacli, Les Celles, p. 228. — 2 Much, Atlas drr Centralcommissioii, pi. i.vii, lv. <^e5 gravures sont des restitutions; il ne reste que des fr.ignienls des originaux. — 3 Ileuzcy, Gaz. archéol. 1880, p. 145, i^erit fronton. — ^ Droyson, Griechische Kriegsallerlhiim'jv, p. 10 ; Ailou, Althn. de la Soc. des Antiquaires de France, t. XI. p. Ifil. l.a visiAre protège le visage, l'avance protège seulement le front et les yeux. — li llcuzcy. Gazette areliénl. 1880, pi. xxviii, 3, p. Mi. — C Ibid. ; Duruy, liist. des Grecs, I, p. 717. —^ Lindcnschmil, Allerthiimer, V, 3, 2, 3. — 8 Ar-
Kig. 3403. — Casque coriulliieu.
Fig. 3404. — Casque romain de Niederbiber.
que nous reproduisons (fig. 3403) ", le nasal présente une arête médiane qui vient rejoindre la ligne des sourcils, indiqués à leur place naturelle. A Olympie, on a découvert un assez grand nombre de lames de Iironze qui sont certainement des nasals de casques de ce genre. Avec le développement du type de casque dit corinthien, le nasal tend à diminuer de grandeur ; sur les vases, où les figures sont généralement dessinées deprolil, il se confond souvent avec la ligne du nez et parait absent.
X. Le casque dont nous venons de parler couvre les oreilles, mais
il est parfois échancré pour les laisser libres. Ces variétés se rencontrent à la fois sur certaines œuvres d'art, par exemple sur un vase chalcidien de Berlin, présentant deux tètes de guerriers qui se font face où l'on remarquera aussi la différence de forme des garde-joues '°. Un casque romain, découvert à Niederbiber, dans la Prusse rhénane, présente, de part et d'autre, une plaque destinée à couvrir les oreilles sans les gêner (fig. 3404)".