XIII. La jugulaire ou mentonnière {ôy^'k, îu.à;) " était
tout à faitindispensable avec des casques pesant parfois deux kilogrammes et dont la partie supérieure était surchargée de panaches ; cependant elle est rarement visible sur les monuments, où elle se confond avec les paragnathides, et, comme elle était en cuir, il ne s'en est pas conservé d'exemplaires. On la reconnaît sur Fig. 3400. — Casque avec jugulaire. la tète d'uu guerrier à cheval, figuré sur une urne étrusque '^; elle est très clairement indiquée sur un buste de marbre du Musée de Naples (fig. 3406)'^ et dans un
* Liniieiisclimit, Attpt'thùmsr, IV, S,i. — 2Frœhner, Collection Gréau^ Bronzes, n? C47. — 3 LiudcHschniil, AlUrthûmer, IV, 3S. — ' Kustath. ad II. V, 743, p. 601, 10 ; cf. Slrab. XV, p. 733, ijui euiploic le mot napaYvaOt'Si; pour tlL-signer les parties tombantes d'une tiare. Bucciila ou bitcttla est un mot assez frt'-qucnt en latin (l.iv. XI.IV, 31, 3; Juvcn. X, 131; Capil. Maxim, im;). III, 0); les fabricants de bucculae. buKulnrum stnictores, sont les bitccnlarii (God. Tliood. X. ii, 1 ; Dig, I., G, 7). Le niOinc mot dt'-sigue un revôlenient en arcliitccture (Vitr. X, 2, II) et une partie laliValo de la catapulte {fhid. X, 10, 3l. — ^ Cf. Ileuzey, Ga:. archnil. IS80.p. 156.-0 l''rie.lericlis-\Volteri, 6'i>sii/ijSs,5(>, p. 33. —1 Voir surtout Furlwaengler, 3/(îi5/e/'H'(-'i7i*', p. 10.1 (ti^lo do r.Vtlit^na Farnùse). et un vase de Douris, Arch. /.fit. iS!S3, pi. lu. — * FurlwacngliT, Olj/m/iia, t. IV, pi. 1.1111, n« 10i7 ; Carapanos, Dodimc, pi. i.v. — 3 Britislt Muséum Coins, Thrai-e, p. 100. — 10 Val.
3407. — Stat»ro de Corinthe.
Fig. 3408. — Casque ionien.
trophée auprès duquel une Victoire est debout, groupe récemment découvert à Carlliage''. Le casque corinthien de Pallas, sur certaines monnaies grecqu-s, présente trois agrafes ou œillets : l'attache supérieure est destinée à fixer le panache, les deux autres paraissent avoir donné passage à la jugulaire quand le casque étaitabaissé sur le visage pour le combat (fig.
3407)'". Aristophane se moque d'un Athénien qui, devant conduire une procession, commença par attacher la mentonnière de son casque et essaya ensuite d'y fi.xer le panache : c'est le seul témoignage littéraire que nous connaissions de l'emploi de ce dispositif à l'époque classique "''.
XIV. La visière est la partie du casque qui protège le visage. Au vu' siècle, comme on le voit notamment par les vases à figures noires découverts à Caeré, on fabriquait, probablement dans la Grèce ionienne, des casques dont la partie antérieure formait un véritable masque, ne laissant qu'une ouverture pour l'œil (fig. 3408) ''. Encore cette ouverture " fait-elle quelquefois défaut : on s'est contenté do graver le contour d'un œil sur la visière, de sorte que le guerrier portant un pareil casque aurait été dans l'impossibilité de voir devant lui. Nous donnons ici comme spécimen un beau casque découvert à Vulci, aujourd'hui au Brilish Muséum, où le nasal et les œillères sont seulement indiqués par la gravure (fig.
3409j". On en connaît d'analogues trouvés dans le royaume de Naples -", à Canosa ^' et dans le Caucase-'. Le musée de Rouen possède un casque en bronze, recueilli dans la forêt de Brotonne, où les yeux sont des cavités remplies d'un émail blanc et bleu et où le nasal est indiqué eu relief ".La petitesse de ce dernier exemplaire semble prouver qu'il a servi d'ex-voto, et la même conclusion paraît s'imposer pour les autres spécimens du même type-'.
Les visières mobiles sont de deux espèces : tantôt elles sont percées de trous et ne suivent que d'une manière générale la forme du visage ; tantôt elles constituent des espèces de masques où tous les traits du visage
Flacc. vu, ûiiJ. — 1 1 Hom. //. III, 372. Valerius Flaccus appelle la meatoDnièrc gaUae habenaetyi, 365). — 13 Micali. Antichi Mouum. pi. xxxi — " Rôm. ilitthfil. IS91, pi. vni; Mélanges de l'École franc, de Rome, XIII. 1S93, pi. iv. — It Conimunie. du P. Delattre à l'Acad. des inscr. stîances du 4 mai et du 7 décembre 1S94. — 1* Ou Cabinet de France; cf. Arch. Zeit. ISf.O. pi. xxui, 17. — 1» .\risloph. Ran. 1038.
— " Helbig, Dos hom. Epos 2. fig. 112 ; Perrol. /lisl. de lart. V, p. 176.
— H Ou l'appelait oCH/rtire dans les casques coniques du moyeu âge (Guill. Le Breton, Philipp. XI, 436). — 19 Kemble. Uorae ferates. pi. lu, î. — » Lindensrlimit, Allerlhi>mer, I, 3. J, 8. — 2' Uillin, Description des tombes de Canosa, pi. u, 3. 4. — î2 Ol^nine, Oftjeroa/i'ojw sur l'ouvrage intitulé : Peintures de rases, 1817. — 23 S. Kein.ich, Rrtinzes figurés du Musée de Saint Germain, n* 4i"i6.
— av M. Furtwaenglcr (larait être d'un avis contraire, Olympia, Broasen, L IV, p. 163.
Fig. 340'-*. — Cas.^ue trouvé à Vulci.
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sont indiqués, des ouvêrturos étant ménagées pour les yeux et pour la bouche. Les visières de la première catégorie ne se trouvent que dans les casques des gladiateurs, dont nous parlerons avec quelque détailplus loin'. Les visièresimitanlla forme du visage, qui étaient adaptées à des coifl'es dessinant les cheveux, posent un problème difficile : faut-il voir dans les objets de cette série des pièces d'apparat, sans utilité pratique, ou de véritables armures? La première opinion a été soutenue par M. Benndorf^ la seconde par MM. Lindenschmit ^ et A. Millier''. Les partisans de celle-ci peuvent alléguer
.-' une visière de cas-
i^V que qui figure,
parmi des armes de loutgenre, dans les trophées de la balustrade dePergame (fig. 3410) 'et un objet ressemblant à un casque à visière que porte sur son épaule un signifer romain sur une stèle funéraire de Mayence '''. Mais ce dernier argument n'est pas probant, M. Benndorf ayant proposé de reconnaître dans l'objet en question la partie supérieure de la dépouille d'animal dont les signiferi se couvraient la tète" : l'aspect des oreilles écartées parait lui donner raison. On peut ajouter que les anciens, comme le rappelait déjà Dodwell ^ distinguaient les armes de guerre, oTtXa TToÀsaifT-TiÇta, des armes de parade, ouXa ToixitsuTripia ". Il nous paraît très improbable qu'un Romain se soit jamais présenté devant l'ennemi avec un casque comme celui de Ilibchester (lig. 2011). C'est surtout dans la vallée du Rhin qu'on a découvert ces masques, dont les mieux conservés sont ceux d'Hellangc (Luxembourg) '", de
-2 J- Fig. 3410. -
■ Casque â visiùi-e.
Fig. 3411. — Casijue à visitrc de Wildlierg.
Wildberg (Wurtemberg) (lig. 3411)", de Griifenhausen, des environs de Mayence et de Stuttgart'-. On nous signale un spécimen inédit au musée de Bucarest et M. Doublet on a récemment publié un qui, trouvé à El-Grimidi en Algérie, appartient au musée d'Alger '^ Peut-être faut-il
1 Une figure de Géryon, portant un cas<iue à visière grilli5e, se voit sur un sarcophage du nuisi^e de Mantoue, mais c'est Fœuvre d'uu restaurateur moderne (Labus, Museo di Alantova, t. II. pi. i; Diitsclike, Anli/ce Bildwfr/ce, t. IV. p. 307). Des passages comme Sil. liai. XIV, 630; Stal. TheO. IV, ÎO ; (Juint. D,clmn. III, 12, n'impliquent nullement, comme on l'a pens^, l'existence de casques de guerre ii visiiVos mobiles, mais seulement celle de casques à larges paragnatliides qui cuuvraient une partie du visage. — 2 Benndorf, Aiili/K (ii-siclilshi:lme und Srpiil/iralmaskcn, Vienne, 1878, p. Sfi. — '■> I.indenscliinit, Allerlliùmer, t. III, Ileiliu/e du tl"caliier. — 4 A. Muller, dans les Denkmaeler de Bauuieistcr, t. III, p. 2U70. — ^ Alterlh.von Pergamoii, 1. Il, pi. XLUi. — 0 Undensclimit, A/tcW/iiln»-, t. 1, 4, C, 2. — IBenudorf, 0/).(iiuf/.p. 59.— 8 Dodwell, Traach, I. Il, p. 331. — 9 Dion.
compter parmi les armures de ce genre le casque espagnol à double aigrette, présentant l'aspect d'une face humaine stylisée, qui ligure sur les deniers de P. Carisius, propréteur sous Auguste et vainqueur des Cantabres et des Astures (tig. 3412) '•. Le camp romain d'iledderuheim, près de Francfort, a fourni un casque de parade, avec partie antérieure imitant la forme du visage, mais laissant la région des yeux, du nez et de la bouche à découvert (fig. 3413) '\ On peut y voir un type intermédiaire entre celui du casque ordinaire et le casque à visière complète, qui ne pouvait guère servir devant l'en-
Fig. 3415. — Denier de P. Carisius.
Fig. 3413. — Casque d'Heddernheini.
Fig. 3414. — Casque de Kodcz.
nemi. Le devant d'un casque analogue, orné de figures en relief, a été découvert en 1862 à Rodez (fig. 3414)"^.
XV. L'étude du cimier et du panache présente des difficultés particulières à cause du grand nombre de combinaisons variées auxquelles ces accessoires du casque ont donné lieu. Plus que les autres éléments de l'armure de tête, elles autorisaient des arrangements où la fantaisie avait sa part. Il serait vain de vouloir les classer chronologiquement, puisque des types divers se trouvent, dès une haute antiquité, réunis sur les mêmes monuments. Sur un vase très archaïque de Mélos, où sont figurés deux combattants, l'un porte un casque non pédoncule surmonté d'un énorme cimier, l'autre un casque à cimier sans pédoncule, et entre les deux combattants est un autre casque, posé sur une armure comme prix de la lutte, dont le type difTère encore de celui des deux autres ". Un vase à figures noires représentant des hoplitodromes nous montre l'un des concurrents avec un casque à crête, l'autre avec un casque à pédoncule". Citons encore les bas-reliefs do l'arc de Constantin, datant de l'époque de Trajan, où l'on trouve, dans la même composition, jusqu'à trois types de cimiers difTérents".
XVI. Le cimier, apex-"^ couus^^, xàivoç--, se compose de deux parties, le support et le panache [ciista, Xôîboc, Xo<f etov, Aotfi-ji); ce dernier est appelé plus particulièrement, à cause ducrinducheval qui sert à le former, /»4«,/aiTYi,'ràuoupii;*^.
liai. n,j. Ar,|»oir(. Siivot. 3i. — '0 S. Ueinach, ZJronces figurés, n" 228. — » Sclireiber, Bdderaltas, pi. xi,ui, 18; Lindcnsclmiit, Tracht aud Bewaff'nung . p\ . x. — 12 Lindensclunit, AUerlhûmer, t. IV, 39, 2 et 3 ; t. IV, 8, :i. — 13 Doublet, Musée d Alger, pi. XIV, 1. — li Babelou, Monnaies de la Itt^publ. t. I, p. 320. — Ï5 Lindensclimit, Alterthûmer, t. IV, 20. — 10 Reinacli, //ï*0Hr(^.s- ftijuri-s, n"465. — 17 Cotize, Meltsche Thongefaesse, pi. ni ; Baumeisler, Denkmaeler, lig. 2080. — 18 Gerhard, Auserlg' snne Vasettb. t. IV, 2"j6. — li* Moulages au nuisée deSaint-Germain-euJ^aye. — 20 Virg. Aen. XII, 192; Isid. Orig. XVIII, 14, 2; Claud. XXVI, 459. — ai Vii-g. Aen. III, 408 ; l.ucrct. IV. 432. Cf. p. 1429, note 2. — S2 Aiilhol. Pal. IX, 322. — !3 *«ioço» dans Eschyle (Pers. 001) di^signe les garde-joues de la tiare royale ; c'est par erreur qu'un scoliastc {up. Didot, l'hesaur. s, v.) interiirùte tïIî si&txifuAaîai t^k 'aô^of
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Un casque est dit ÎTtmoaTj; et Homère parle de casques à crinière de cheval, i7i7roxo[Aoi xo'p'jOsi;'. ïhéocrile companî le panache à une chevelure, Xo-^wv ëOets».!-; Eschyle avait déjà employé la môme métaphore, xpâvou; /aÎTwaa'. Les plumes qui ornent le cimier se nomment plnnai',
Le cimier est un ornement'", mais il est aussi une protection pour le timbre'^; les anciens lui ont encore assigné pour but de grandir les guerriers \ de terrifier leurs adversaires'' et de servir de signe de ralliement pendant le combat '. Pour en augmenter l'effet, on teignait le panache et les plumes de couleurs vives, tantôt en rouge, tantôt en rouge et en noir''; Xénophon parle d'un panache qui avait reçu la couleur de l'hyacinthe et qui surmontait un casfjue en or'".
Le cimier et le panache ne sont pas des parties indispensables du casque. Si, sur les vases peints, les casques du type dit corinthien sont généralement pourvus de panaches, cela tient aux préoccupations artistiques des peintres; en revanche, il n'y en a pas trace sur beaucoup de monnaies de Corinthe, de Mantinée, d'Argos, de Tégée, où paraît Athéna coiffée du casque corinthien". La plupart des casques du même type découverts à Olympie ne présentent aucun vestige d'un cimier.
Nous avons dit que le cimier se compose d'un support et d'un panache. Le support est tantôt une tige ou un boulon, tantôt une crête. La tige parait avoir été très légère sur quelques casques corinthiens d'Olympie, où sa présence n'est plus attestée que par de très petits trous percés au sommet du casque pour l'insertion du porte-panache , qui n'était pas nécessairement en métal '^ Un type curieux, que l'on rencontre aussi à Olympie, est celui de la tige bifide; il reparait sur plusieurs casques découverts dans l'Italie méridionale et dont l'un, trouvé à Canosa, muni d'espèces de cornes latérales, est reproduit ici (fig. 3415) '^
A côté des petits supports dont il vient d'être question, on trouve, et en bien plus grand nombre, des pédoncules creux, sortes de tubes plus ou moins recourbés à leur extrémité qui supportent les panaches ". II y a souvent deux pédoncules, portant cha-
* //. XIII, 132. II est Ir^s Oonteux que le support se soit jamais appel*^ vj-^Za-ff^w ce mot signifie promis {11. XV, 535) et ce sont les anciens iulorpriïtcs qui lui oui priilé la siguificatiou do vertex galeae, — 2 Tlieocr. XXII, ISO. — 3 Aescli. Sept. 385. — ' Virg. ^e». IX, 303. — 6 Droyseo, Griechise/ie Xrieiisallerlliamer. p. 11. — 6 Liv. IX, 40. — '' Iloni. II. ill, 337; l'oljl). VI, i3 : Virg Aen. VIU. 020. — 8 Veget. Il, 13 et 10; cf. Foljb. VI, 22. — 9 Millin-Kcinach, /Vintures de vases, p. 10; l'iul. Philop. 0; Poljb. VI, 23. Le cimier de rAllii5na du fronton occidental d'Égiue est peint en ronge (Friodorichs- Wollcrs, Gipsabgiisset p. 33). — '0 .Xen. Cyrop. \'I, 1, i. — '• Kurtwaengler, OlympiOt '
Fig. 3415. — Casque Je la Grande Grèce.
Fr^. 3416, — Casque à douljl panache.
Fig. 3117. — Casqne d'Ath^-na Polias.
cun un panache; nous citerons la peinture d'un vase d'Amasis '^ et celle d'un vase chalcidien "^. Dans ces exemples, la direction divergente des panaches ne répond sans doute pas à la réalité : c'est un effet de l'inexpérience de l'artiste.
Quand les figures sont dessinées de profil, ce qui est le cas le plus fréquent, on ne voit qu'un pédoncule, mais la présence du second support se trahit parfois par l'indication de deux panaches (lig. 2j81 j. Les deux tube.s prennent quelquefois l'aspect de cols de cygne, par exemple sur une amphore ionienne ( fig. 3 il Oj'' et dans une statuette archaïque d'Athéna Polias (fig. 3417)'». Un casque en forme do chapeau hémisphérique à larges bords, découvert à Watsch en Carniole, présente au sommet deux petites figures aux ailes recoquevillées ". Notons enfin un support ayant la forme d'une
tige terminée par un croisillon, sur le casque d'un guerrier dans une peinture à ligures rouges-", où l'on a proposé de reconnaître Diomède pendant son expédition nocturne, coiffé du casque sans cimier, i/.ooo;, que l'épopée lui attribue dans cette circonstance ''.
A défaut d'une tige, le panache peut être fixé directement à la coiffe, soit par un bouton, soit par un ou plusieurs tenons. Un casque archaïque trouvé à Olympie présente deux tenons au sommet et, sur l'occiput, un œillet, qui servait sans doute à y adapter un panache adhérent". Dans un casque de bronze découvert au Caucase, et qui parait de fabrication grecque, la calotte offre un simple trou pour l'insertion du plumet-^ La seconde espèce de supportpour les panaches est une crête métallique courant sur la coifle d'arrière en avant. Nous avons déjà reproduit un casque qui présente deux côtes de ce genre (fig. 3398) ; en voici un autre découvert à Watsch (lig. 3418)-*.
A l'époque classique, il y a souvent trois crêtes supportant autant de cimiers : c'est avec un casque de ce genre que Phidias avait figuré
l'Alhéna Parthénos, mais les crêtes étaient remplacées, dans cette statue, par des images d'animaux (voy. p. 1451). Le triple panache, Tçi),oç.£Îa, était probablement un insigne
t. IV, p. 166. — '» Ibid. p. 166 et pi. i-xn. — '3 Liodenschmil, Allerikùmer, I, 3, 2, 1. — 1* Un dispositif analogue se retrouve an iv« siècle i^Mèm, de la Soc. des aniiq. t. X, p. 299). — '^ Arch. Zeit. lSs4, pi. xt. — i« UclUig, IJas hom. Eposi, fig. 60. — " Helbip, Das hom. Eposi. 6g. 116. — " 'E=T,-^t-fy àj/, 1S87, pi. X. — 19 Malériaiix, I. XVIll, p. 171 ; Much, .4f/il$ dcr Centralcomm. ,,i.' I.,. SO Arcli. Zeit. 1877, pi. v. p. 21. — 2' lloni. Jl. X, 258. — ïl Furt- «.aengler, Olympia, t. IV, pi. Lxn, p. 100,— " Olenine, £"jsai sur le costume des gladiateurs, pi. xi, 56 ; liaurncisler, Denkmaeler, Kg. 2212. — 2i lluch, Atlas, pi. u; Matériaux, t. XVIll, p. t70.
Fi?. 341*. — Ca-sque .ic Watsch.
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de commandement'; en tous les cas, nous savons par Aristophane qu'un taxiarque portait un casque à triple cimier-. A partir du y" siècle, la TO'.Ào-iEi'x est très fréquente dans les images d'Athéna, tant dans la sculpture que sur les monnaies^.
Il existe une très intéressante série de casques coniques où la crête, suivant la forme de la calotte, présente un profil triangulaire. Ces casques, que les uns considèrent comme étrusques, tandis que d'autres, au nombre desquels nous nous comptons, les attribuent à la civilisation illyro-ceUique ou cuganéenne, se sont rencontrés à Falaise, où l'on en découvrit une dizaine à la fois en 1823 \ à Mayence dans le Rhin^ puis, sous une forme un peu différente, à Corneto (fig. 3419) «, à Asti' et tout récemment en Podolie '. Dans deux casques analogues, non plus coniques mais ovoïdes, la crête pré-
Fig. :(ily. — Cssfjne lie Coriiplo.
Fig. 3120. — Cas(|uc (k- Salzbonrg.
sente une forme elliptique: l'un a été découvert au Theil (Loir-et-Cher)', l'autre dans la Seine à Paris'". Enfin, dans un exemiilaire céhjbre découvert à Pass-Lueg, près de Salzbourg, et qu'on considère encore généralement comme étrusque, la crête se rapproche de la forme triangulaire, alors que la calotte du casque est hémisphérique (fig. 3420)".
XVII. Passons au panache. Il est très difficile, d'après les monuments, d'en déterminer exactement la composition. Dans bien des cas, il paraît être tout entier en métal ou en cuir, souvent décoré d'ornements en creux; d'autres fois (voy. plus haut, fîg. 3041), on dislingue nettement une queue de cheval faisant suite à un panache d'une autre substance. Beaucoup de casques correspondent à ce que les modernes appellent des casques à chenille, ceWe-ci étant formée soit de poils courts et rudes, soit d'une matière plus compacte. C'est peut-être par l'effet d'une simple convention que, dans l'art archaïque, l'extrémité inférieure des panaches est sou vont pointue '-. Quelques statuettes en bronze d'Olympie, qui remontent probablement au vu" siècle, présentent des dispositifs singuliers, qui peuvent être dus à la maladresse de l'artiste : ici c'est un lourd panache qui semble fixé directe-
< Apsch. Sept. 365 ; Aristoph. Acharn. 965 ; Virg. Aen. VII, 784. — ! Aristoph, Pax, ii73 ; cf. Lange, Athen. Mitth. 1881, p. 80. — 3 Telle est la slalucltu de Turin, Diit-sclike, Antike Bildw. in Ofjeritalinn, IV, 2, 226 ; Clarac, Mus. de sculpt. pi. cDLxn K ; cf. Le Bas, Mon. fig. 46, et Lanj^e, /. c. Atli^na avee le triple loplios sur la monnaie syracusaiue d'Euclcidas, Brtt. Mus. Dfpartmcnt of coins, 1880, pi. m, c, 31. — '• Itn. archi'ol. 1866, I, p. 261. — 5 Lindcnsclimil, AUerlhîimer, III. 12, I, 2. — f- Notiz. d. scoii, 1883, pi. xui, 8 : Marliia, lArl étrusque, p. 60 ; Aiui. deir Inst. 1883, pi. X. — 1 Morlillet, Mus.préhist. n" Oj.i. — 8 Congrès inlern. d'anthropotogie de Moscou, t. Il, p. 312. C-.»sc|ue analogue en terre culte des envi-
mcnt à la tête (fig. 2212) '^- ailleurs, un casque élevé, avec gros support et petit panache en croissant"'.
Lorsque les figures sont représentées de face sur les vases, il arrive souvent que le panache semble transversal '^ On peut hésiter à ne voir là qu'une marque de l'inexpérience du peintre, parce qu'on trouve aussi le panache transversal sur un cas- (jue dessiné de profil'" et que la même particularité s'observe dans une statuette archaïque d'Olympie. On voit une crête transversale, avec des panaches de crin de pnrt et d'autre, sur le casque figuré au revers d'une monnaie
Fig. 3421. — Monnaie de Mé^embria.
Fi-. 3122
Sl.'l.' de l'olroncU.
de Mésembria (fig. 3421) ^'. A l'épocjue romaine, au témoignage de Végèce", les centurions portaient des crislae Iransvnrsae : on en possède une représentation sur la stèle funéraire d'un centurion découverte à Petronell(fig. 3422)'M1 est possible qu'il y ait lii un ancien usage que les Romains auront seulement renouvelé; mais la question devra rester incertaine tant qu'on n'aura pas trouvé une crisla Iransvcrsa sur un monument grec de la belle époque de l'art ^''.
XVllI. 11 nous reste à parler des plumes et des ailes, qui sont un des principaux éléments des panaches et qui paraissent souvent associées aux crins de cheval dans leur composition. Un des exemples les plus anciens que nous connaissions est
rons de Rimîni, Notis d. scmi, sept. 1894, p. 18.— 8 Matéria>ix,l. X, p. H,5. — 10 Morlillet, /. en» 956. — " Matériaux, t. XIII, p. 542. —'2 GoMadini, Diullerioi-i scoperte, pi. IX {vases à ligures noires). — '3 Furtwaengler, Olympia, t. IV, pi. XV, 210. — " Ibid.f]. ivi, 243 a. — 15 Jic/i. Zeil. 1883, pi. m (vase de Douris) ; cf. ;l/on. deir Ist. I, 51 ; Gerhard, f:iruslc. und. Camp. Va.nub. pi. D : Auserl. Vasenb. IV, 323. ~ It Gerhard, Auserl. Vasenb. III, 208. — " Furlwaenglor, Olympia, IV, pi. xvr, 242 ; Barclay llcad, llisl. num. p. 237. — " Vcget. II, I 3 et 16, — t«Arch. epiijr. Milth. t. V, pi. v. — 20 CL Ilelbig, Ifom. Epnt 2. p. 300, qui signale des terres cuites de Tareule où la crCtc est disposi''o dans un sens, le panache dans un autre.
Fig. 3423.
— Casque avec panache et plumes.
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i-ig. 34ii;
Cas(iue eoiii((uc oriiû d'aik'S
fourni par une puiiiUire de vasu où un panache à queue de cheval, supporté par un(^ longue tige, est (domine encadri' par deux granités plumes (fig. 3'423)'.
Sur les belles monnaies de Vclia, représentant la tête d'Athéna de l'ace, on voit une aile de part et d'autre de son cimier-'. Aristophane mentionne les deux plumes d'un casque'' et nous savons par Plutar(iue (]u'A- Fig. 3-124. — Monnaie Icxandrc, à la bataille du Granique, d'Audoiiîon. portait sur son casque, de chaque
Coté d'une longue crinière, une plume remarquable par sa grandeur et par son éclat ''. Un casque figure sur un des trophées de Pcrgame, cas-
(jue dont la l'orme rappelle celle du bonnet dit phrygien , présente un panache qui, à sa partie supérieure, semble bien formé d'une aigrette de plumes °. Une monnaie d'Audoléon, roi de Péonie, qui appartient au début du iv" siècle avant J.-C, offre une tète d'Athéna dont le casque est orné de trois aigrettes de plumes réunies à des panaches de crins (fig. 3424) '\ ^'ous empruntons à un vase peint un curieux exemple d'un casque conique surmonté d'un panache et encadré de grandes ailes droites (fig. 3423) ''. On trouve un autre exemple sur un vase d'Asstéas, où Hercul^ paraît coiffé d'un cas(|ue avec trois aigrettes et deux grandes plumes (fig. 25U1J.
C'est surtout en Italie que se développa l'habitude d'orner les casques avec des plumes. Du temps de Varron, l'addition d'ailes au casque des soldats était considérée comme une récompense militaire '.
Au dire de Pline, on couronnait parfois les casques avec des plumes d'autruche'.
Chez les peuples italiques, les Samnites en particulier, les casques ornés de deux plumes semblent avoir été fort en faveur ; c'est de là qu'ils pénétrèrent à Rome.
Valère Maxime, décrivant l'apparition de Mars Gradivus en 282 avant Jésus-Christ, dit que son casque était orné de deux plumes'". Tel on le
< llitlorr. Archit. de la Sicile, [A. m; ef. Bull. eorr. hell., 180.1, pi. xvui, fij;. 5, p. ii9. — 2 Cûirdner, Ty/ics of fjreek coin.t, pi. t, il. Cf. uuc monnaie de Naples en Campanie {Brit. Mus. Italy, p. I(U) ut la tôle de Home avec casque «il* sur les deniers romains (lig. Î318-Î3il). — 3 Arislopb. Acham. 1104. — ' liut. Alex. 16. — & Allerlh. von Penjamon, 1. II, pi. xuv. — 6 British Muséum coinSy Macedonia, p. 4. Conip. des as roniano-campaniens, (pii eu pa- Kiisscnt imites, Babclon, Monn. de la Ili'publ. lom. I, p. 16, 57. — 7 Élite des mon. céam. t. IV, pi. xciv. — 8 Varr. Ling. tat. V, Ui. — 3 Pliu. Uisl. nul.
l-'ig. 34;i6. — Monnaie de la famille Axia.
Fig. 3427. — Guenicr samnilo.
voit sur les monnaies de plusieurs familles au temps de la Ré|>ul)lique ". Le casque de la Valeur (Virtus), personnifiée sur les monnaies des familles Aquillia et Axia (fig. 3426) '2, celui de la déesse Rome, ^ur celles des familles Licinia, Lulatia, Manlia, Minucia'^, joignent aussi au panache qui les surmonte des plumes placées sur les cotés.
Ce sont sans doute les geniinae crislne avec lesquelles Virgile se représentait Romulus".
Les peintures qui nous font connaître le costume des guerriers samnites nous les montrent portant tantôt trois plumes séparées (fig. 342")'", tantôt trois plumes réunies par la base '",■
tantôt, et plus souvent, deux grandes plumes de i;haque Cité du casque (fig. 794;, parfois avec un panache entre elles '\ d'ordinaire sans autre ornement ". Les plumes se voient aussi sur les casques des gladiateurs, sur ceux des Salions dans le bas-relief d'Anagni " et sur do nombreux monuments étrusques^".
Dans l'armée impériale, les casques présentent deux
Fig. 3428. — Casques romains â crinière.
Fig. 3429. — Casques romains à plumes.
sortes de panaches, tantôt une crinière émergeant d'un petit support et retombant souvent en deux touffes (lig. 3428-', et plus loin (îg. 3467;, tantôt une aigrette de plumes courtes fixée sur un petit support. Des dis-
X, I, i, 10 Val. Mai. I, 8.6. — " Babelon, O. l. I, Aiia, p. 247; F. Julia. p. S; Poblicia, p. 132 el s.: Veluria, p. 53.H. — u /6. I, p. 216. — " Ib. p. 129, lb7, 175, 179, 23a. — H Virg. Aen. VI, 779. — l-i Peinture murale de Pacstuin, Bull, napolil. n. s. t. IV, pi. iv et suir. ; cf. Tisclibeip. Vases, t. III, pi. sui; Amh. deW Isl. 1863, pi. o. — '6 Monum. dill' liut. t. VIII, pi. ixi; cf. Bull, napolil. o. s. t. V, pl.x, 16. — " Millin, Peinl. de vas.. 1, 19. — 18 Jbid. I, 13. — «» Ann. d. Istil. 1S69, tav. E. — 2i> Miclilclis, Anuali, 1871, p. 176; cf. .Ait*. Zeil. IS73, p. 7i. — •! Bas-relief du Louvre, Clarac, .tfits. de te. a. 731.
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Fig. 3430.
Gcnimc de Vaphio.
positifs analogues se rencontrent dans les bas-reliefs de lare de Constantin' (fig. 3468). Notre figure ;U20 est un bas-relief du Louvre qui représente, d'après l'explication ordinaire, des prétoriens^. Sur la colonne Antoninc on voit dos casques ornés d'un bouquet de plumes réunies par la base (fig. 179).
XIX. En dehors du cimier et des bosses latérales dont il a été question, certains casques présentent des appendices en forme de cornes, fixées soit auprès du sommet, soit de part et d'autre du frontal. Dans l'art assyro-babylonien, on voit fréquemment représentés des personnages dont la coififure est ornée de cornes^ : c'est un ancien symbole de force physique et de puissance. A l'extrémité opposée du monde antique, en Gaule, les monuments nous révèlent la conception d'un dieu cornu, Cernunnos ''. D'autre part, nous avons déjà vu en Étrurie l'image de Juno Sospita, la tête recouverte d'une peau de chèvre munie de ses cornes (fig. 1023). Peut-être l'origine des casques à cornes doit-elle être surtout cherchée dans les coiffures primitives de ce genre, auxquelles de vieilles conceptions religieuses d'ordre zooniorphique peuvent avoir eu aussi quelque part.
L'art mycénien fournit quelques exemples incontestables du casque à cornes : cornes de bélier sur une gemme de Vaphio (fig. 3430) °, cornes de taureau (?) sur un fragment de vase découvert à Mycènes dans les ruines d'une maison ^ M. Reichel croit également reconnaître des cornes de part et d'autre du casque d'un personnage sur un vase mycénien qui représente une chasse au taureau''. Les casques à cornes paraissent fréquemment sur les anciennes figurines de bronze de la Sardaigne ". 11 est moins certain qu'il faille reconnaître dos cornes des deux côtés de la calotte très basse surmontée d'un disque que porte, sur un monument d'ipsamboul, un Shardane de la garde royale égyptienne '.
Nous trouvons ensuite le casque à cornes, avec la corne fixée au bas do la coiffe, sur un sarcophage peint de Clazomène, produit très ancien de la peinture ionienne. Sur quiîlques peintures de même
' Oulil et Koncr, Lebcn der Griechn uml Hômcr, fig. 537 o, 327 4.-2 Clarac, Musée, pi. 323, n» 216. — 3 Pcrrot et Chipiez, //iW. de fart, t. II, p. 86, 57. — i S. Kcinach, Bronzes figurés, p. 103 cl suiv. La mythologie irlandaise coniiait des dieux à téledecliévrcelun dieu « à face de taureau .. ; cf. D'Arbois, Ziu/i. épigr.K. III, p. 17.1.— S Rcichel, Homerische Walfen.Çi^.-iî.— 6 Schliemann, iVycén«s, fig. 213; Gaz. arch. 1880. p. 15:j. — 7 Reichcl, Op. laud. fig. iîa. — 8 Perrot et Chipiez, Hist. de fart, t. IV, fig. S et 53. - 0 ibid. fig. 4. - w Antike Denkmaeler, t. {, pi. xi.iv ; Joum. UM. Stud. 1883, pi. uxi et p. 1 1 . M. Dcnnis a cru pouvoir identifier cette espèce de crochet au j«V.i; homérique; on le trouve iudic]ui5 dans le curieux
Fig. 34.? I.
provenance, on voit des casques surmontés d'un appendice vertical dont l'extrémité supérieure se recourbe en formant crochet '". La frise du trésor des Siphniens à Delphes, datant environ de l'an oOO av. .l.-C, offre des figures de géants coiffés de casques à cornes de taureaux ". Des exemples do casques à cornes ont été signalés dans l'art étrusque et italique'-. Pyrrhus, roi d'Épire, et Philippe V de Macédoine portaient des casques à cornes de bouc '^. Plusieurs rois syriens sont également représentés avec des casques à cornes sur leurs monnaies ". Une curieuse statuette de bronze, où l'on doit pout-ètre voir lo diou syrien Dolichenus, porte un grand casque orné de trois cornes'^. Les textes signalent encore des casques à cornes chez les Garamantes '^ et chez les Chalybes''; mais c'est surtout parmi les peuples celtiques de la Gaule orientale, où l'on trouve aussi le culte du dieu cornu, qu'ils paraissent avoir été en faveur. Diodore mentionne, comme un caractère du costume guerrier do ces peuples, de grands casques en bronze ornés tantôt de cornes, tantôt de figures d'oiseaux ou de quadrupèdes ". Le témoignage de cet historien s'applique sans doute aux peuples de la vallée du Rhin dont les Cimbres avaient adopté la civilisation matérielle; comme l'a fait observer M. Bertrand ", les armes dos Cimbres devinrent, aux yeux des Romains, colles des Gaulois en général, alors que rien n'atteste, chez les Gaulois de l'Ouest et du Centre, l'usage d'armes défensives analogues. Sur le monument dos ,Iulos à Saint- Romy et sur l'arc d'Orange, qui datent l'un et l'autre du 1" siècle de notre ère, on voit des guerriers gaulois portant des casques à cornes, ainsi que des casques, faisant partie de trophées, que surmontent des cornes et des rouelles (fig. 3431, 3432, 3433) -\ Un des casques de Saint-
Remy est couronné de cornes de bélier.
Les casques à cornes paraissent également sur le revers des deniers romains représentant des trophées gaulois ou cimbriques ^' ( voy.
aussi fig. 1613).
Pour les Gaulois du Danube et d'Asie Mineure, les documents font défaut; j'ai liouccpi-ndant do prendre pour descorneslesdeux appendices mutilés du casque conique placé aux pieds de la statue de guerrier gaulois que j'ai découverte à Délos".
monument pulilié par Mieali, Antich. pop. ilalimi, pi. «\t. Cf. aussi /lull. corr. hell. 1893, pi. xviir, p. 4i9. 11 Furtwaengler, P/iilol. Woc/ienschrift, 1894 p. 1277. — ISTischbein, V'ures, III, 43; Gerhard, Etrusk. Spieijel. IV, 399; Arcli'. Zeit. 1877, p. 21; Bull. jYapolit. N. S. Il, pi. xi. -- 13 Plut. Pyrrh. 1 1 ; I.iv. XXVII,' 33. — r. Cf. MoH-at, fins, nrclt. 1887, p. 129. — 15 Gaz. arch. 1887, pi. xvn- S. Reinach, Bronzes figurés, p. 53. — IC Sil. lUI. Punie. 1. 4. — 17 lier. VII, 76! — 18 Diod. V, 130. -l3iIeo. arcli. 1893, I, p. 283; 1694.1, p. 132. — 20 /}<,(, àrc/, 1883, I. p. 201 et d'après les moulages au musée de Saint-Germain. — 21 y^irf 1394 I, p. 162. — 22 Bull, de corr. hell. I8S9, pl. 11, p. 113.
Fig. 3432. — Casques gaulois.
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li:j!J —
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Au nord-est du Rhin, les casques à cornes se rencontrent sur le grand vase d'ari^^enl de Gundestrup (.lulland), où ils sont associés à des cas(iiies surmontrs de sangliers et d'oiseaux '; à une époque liien plus ancienne, voisine de celle de l'art mjcénien, on trouve une ligurine danoise en bronze et une gravure rupestre de; la Scanie qui représentent, l'une et l'autre, des guerriers coiffés de casques à cornes -. C'est peut-être à un des peuples barbares riverains du Danube qu'il faut allribuerun casque sculpte sur la base de la colonne Trajane, à la partie antérieure duquel on distingue nettement une corne de bélier ^ Ce casque est analogue à celui qui ligure sur la monnaie du roi de Syrie ïryphon (fig. 1263).
Dans d'autres casques, oeuvres étrusques suivant les unes, euganéennes ou celto-illyriennes suivant d'autres, on remarque ces cornes déjà stylisées, c'est-Ji-dirc dont l'artiste a oublie la nature et qu'il tend à transformer en ornements. Tels sont le casque de Canosa (fig. 3415) et celui qui est offert en prix sur le fragment de la situle de Matrei représentant un combat'. Dans ce dernier exemple, les deux cornes forment comme un croissant de part et d'autre d'un cimier en forme de losange. Je ne crois pas qu'il faille compter dans la même série le prétendu casque de 'Waldalgesheim, fruit d'une tentative de restitution très aventureuse °. L'idée de décorer un casque avec des cornes d'animaux est d'ailleurs si naturelle qu'elle a reparu spontanément au xiV siècle '.
XX. Il nous reste à traiter la question de la doublure. On conçoit qu'un casque de métal ne pouvait être porté sur la tête sans l'emploi d'une substance destinée à en amortir le contact; cela était surtout nécessaire pour les parties du casque qui louchaient la peau du visage'. La doublure se faisait en cuir, en peau, en feutre, ou même en éponge'. Bien qu'on n'en ait naturellement conservé aucune, l'existence d'une doublure est nettement attestée pour beaucoup de casques, non seulement par les trous pratiqués sur le rebord des nasals et des paragnathides, mais par la présence, constatée sur quelques exemplaires, de pointes de bronze qui fixaient le cuir ou le feutre au métal \ Il y a cependant nombre de casques bien conservés où il n'y a aucune indication d'une doublure '" : pour ceux-là il faut admettre qu'on les portait audessus d'un bonnet de cuir ou de feutre comme celui dont Patrocle est revêtu sur la coupe de Sosias (fig. 1400). Le casque ovoïde, avec ou sans rebord saillant, qui était propre aux Laconiens et aux Arcadiens, comportait évidemment l'emploi d'une coiffe de ce genre, pour ne pas blesser ceux qui s'en servaient. D'ailleurs, au iv° siècle av. J.-C, les artistes, tant sculpteurs que gra-
• Nordiske Forlidsminder, II; Jtev. archvol. IS03, 1, ]>. 283. — 2 .l/e,n. de la Soc. des anliq. du Xord, 1871, p. 71, fi;;. 9 ; Moiilclius, Tanps pn'/iist. fii Suide, Irad. Rcinacli, fig. Ii7. J'.ii signalé lanalogic du premier de ces moiuimcuts avec les statuettes sardes (At* nn'rn^^ orieitlat, p. 53). — 3 Frochner, Colonne Trajane, pi. X. Je crois celle observation nouvelle. — * S. Reinacb, £si/iiisses archéologiques, p. !i7 ; Much, Atlas, pi. i.iv. — 5 Aus'm Wertli, ^Vinckelmannspro• gramm de Bonn, 1870. — •> Allou, Aft'm. de la Soc. roy. de.t anti^i. t. X, p. 292. — ~ Au moyen âge, l'intérieur des casques ^tait garni do velours, de soie ou de drap (,1/eni. de la Soc. des anliq. de France, t. XI, p. 162). — 9 Arisl. Hist. anim. V, 16. — > Ueui casques do Berlin, u" 1016 et 63S4
Fig.343t.— Busted'Alhéna.
Hg. 3435. — llidraclime de Syracuse.
veurs de monnaies, n'ont pas manqué d'indiquer les bords de cette capote di; cuir émergeant du casque corinthien d'Athéna ".(Jn peut citer comme f!xemples un buste colossal qui est au Vatican (fig. 3434), la belle têle d'Athéna conservée à Glienickc ainsi (| ue des monnaies de Corinthe et de ses colonies où un long couvre-nuque en cuir, faisant suite à la calotte, est interposé entre le couvre-nuque en métal et le cou de la déesse (lig. 3435) '^
Les détails circonstanciés où nous sommes entrés louchant les dillérenles parties des casques nous permettront d'abréger la partie historique de notre étude, qui va maintenant nous occuper.
XXI. Lorsque les Egyptiens se trouvèrent pour la première fois en présence des hoplites ioniens elcariens, ils les appelèrent des « hommes de bronze " », traduisant ainsi l'i'lonnement que leur causait le spectacle des armes défensives en métal dont ils étaient à peu prés dépourvus eux-mêmes. C'est sans doute sous l'influence des Carienset des Grecs, c'est-à-dire vers l'an 650 avant Jésus-Christ, que les Égyptiens adoptèrent les casques de bronze, ou du moins que les chefs commencèrent à en faire usage. Hérodote nous montre Psammétique et les onze rois pourvus chacun d'un casque d'airain ", mais, en revanche, dans l'énuméralion des troupes de l'armée de Xerxès, il n'attribue au contingent égyptien que des espèces de bonnets de mailles, xpâvsa yr^AE-jTi'', peut-être recouverts, comme l'a supposé M. Heuzey, d'anneaux et de plaques en métal "'. On a apporté en Europe, il y a quelques années, une collection d'armes de bronze qui passait pour avoir été découverte par les Arabes dans le Fayoum : parmi ces armes était un grand casque conique '", qui peut fort bien avoir été importé du dehors. Mais c'est sans doute en Egypte même, probablement dans la ville ionienne de Naucratis, qu'a été fabriqué le petit aryballe à légende hiéroglyphique (fig. 3400) qui atteste, vers le milieu du vi° siècle, la pénétration du casque corinthien dans ce pays.
Les Shardanas, ennemis d'abord, puis mercenaires des Egyptiens, dont l'identité avec les habitants de la Sardaigne est probable, mais non prouvée, portaient des casques, espèces de calottes basses, que l'on connaît par les monuments égyptiens; la Sardaigne même a fourni toute une série de figures de guerriers, coiffés les uns de casques à longues cornes, les autres de casques à base dentelée surmontés d'un panache qui fait saillie en avant".
Si le casque proprement dit nei)arait que tardivement en Egypte, il ne se trouve pas non plus très anciennement en .\ssyrie. Au ix° siècle, à Nimroud, on rencontre des guerriers portant un bonnet conique sans gardejoues; les chefs portent un camail qui leur couvre les joues et s'adapte à leur colle de mailles, exactement
(Baumeistcr, Oenkmaeler, p. 2034) ; un casquo d'Olympic (Furtwaengler, Olympia, I. IV, pi. i.xm, p. 167). — 10/ouj-n. hell. .Ç/iid. II. p. 67. — Il Sur les mouDaies coriulliicnucs, les plus anciens exemples de cette indication ap|tartieDDent à la fin du v* siècle (Furtwaengler, A/eistcrtcerke, p. 595). — '2 .Millier- Wicseler, ùtnk' mael. d. ait. Kunxt, II. n" 198 a; Rosclier, Lexikon der Mytfiol. I, p. 703; Vîsconti, .Vt«. Pio-C/cm. VI. 2,2(=;Brauu. \orschule der Kunstmythol. Goiha, 1854, pi. i.vni) ; British AJuseum coins, Corinthus, pl. x, 21. — 13 Herod. Il, 152.
— H Herod. Il, 151. — 15 Herod. VII, 89. — '6 Heuicy, Gazette arehéol. ISSO, p. 1^2.
— 17 Antiijua, 1891, pl. xvi, p. 67. — 13 Voir Pcrrot cl Chipiet, Biitoire de Cari, t. IV, lig. 4, 53, 58, 87 cl f. 97.
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comme au moyen âge on Occitlenl'. Au viu" cl au vu" siècle, il Khorsabad et à Koujoundjik, le casque se complète par l'addition de deux couvre-oreilles qui ne paraissent pas mobiles. Enfin, les troupes légères ont un casque hémisphérique analogue portant une aigrette ^ Quelques casques coniques du type assyrien, avec paragnathides non mobiles, ont été découverts à Chypre ; un spécimen de même genre a été recueilli il Olympie 'fîg. 3430)^ De très anciennes terres cuites recueillies dans l'île montrent que le casque hellénique y a été employé de bonne heure, concurremment avec celui de forme assyrienne ''. Sur une coupe gravée cliypriote°, les soldats de la première ligne portent un casque analogue à celui des vases corinthiens, tandis que les archers, les cavaliers et les guerriers dans les chars sont vêtus et armés à la façon des
Assyriens et des Perses *. Les terres cuites de Chypre montrent le développement du type conique dans cette île.
Une figurine de l'ancienne collection Piot présente un garde-joue mobile, à charnière non pas horizontale, mais verticale (fig. 3437)' ; sur une autre, on trouve des garde-joues fixes, avec courroies attachées sous le menton (lig. 3438).
Le type conique parait avoir passé de Phénicie à Carthage. Sur une stèle de cette
Fig. 3436. — Casque d'Olympie.
Fif. 3i3S. — Terre cuite de Chypre.
Fig. 3437.— "erre cuite de Chypre.
ville est gravée grossièrement l'image d'un guerrier portant un casque conique en forme de triangle ; M. Ph. Berger, qui l'a signalée, a rappelé à ce propos certains casques coniques attribués aux Carthaginois que l'on a recueillis sur le champ de bataille de Cannes*. On a émis l'hypothèse que les Grecs auraient reçu le casque des Héthéens par l'entremise des Carions, mais il n'est nullement prouvé que le bonnet héthéen soit un casque métallique'. Ajoutons cependant que des observations, encore inédites, ont été faites récemment sur l'analogie des armures de tète des Héthéens avec celle des Mycéniens '". Du casque carien, nous savons seulement par Hérodote qu'il était pourvu d'un panache, dont l'invention était attribuée à ce peuple", et, par Plutarque, que les Perses appelaient les Cariens àXsy.Tfûoveç, c'est-à-dire coqs, à cause des cimiers de leurs casques'-. Le casque carien ne ditTérait peut-être pas beaucoup du cascjue phrygien, dont nous pouvons nous faire une idée parlebas-reliefdela tombe brisée d'Ayazinn (fig. 3439)'^ : c'était un casque à bord en spirale, à couvre-nuque recourbé, à timbre demi-circulaire, surmonté d'un panache en croissant attaché par un pédoncule en forme de col
I Miim. lia In Soc. des iintiq. de Franc-:, l. X, pi iv, îù. — 2 Gazette arcliiol. IS80, p. Kl; cf. Perrol cl Cliipic::, Ilistoire de l'art, t. Il, Rg. 2G, 211, 221 cl plus haut noire fig. 2199. — 3 llcu/.ey, Gazette archifot. I$80, p. 154; Furlwacnglcr, Olympia, t. IV, p. 172, pi. i.xii. — 4 Heuiey, loc. l. p. 137; cf. Froelincr, Coll. /iarrt', II" lie. — IJ Cesuola-Slern, Cypern, pi. xiv. — 6 Hcu/.cy, loc. l. — 7Hcuzev, Ihiil. p. 131. — 8 Berger, Gaz. archéol. 1877, p. 87. Il eil question d'un casque sidonicn avec cimier, crhtis horrens sidonia cassis, dans Sil. Punie. XVI, 431.
d'oiseau. Un type analogue se constate sur un bas-relief de Xanthos''. Quant au bonnet que nous appelons phry-
gien, il a donné lieu à des imitations en métal dont nous parlerons plus bas.
La variété des armures de tête en usage chez les peuples connus des Grecs, à l'époque où l'influence hellénique commençait à se répandre parmi eux, est bien mise en évidence dans le passage célèbre où Hérodote décrit l'armement des troupes de Xerxès'^. Les indications qu'il donne peuvent se résumer ainsi : Les Perses et les Mèdes portent des tiares, tïOvouç aTta-cia; ; les Cissiens, des mitres ; les Assyriens, des casques de bronze tressés [ize- Tz'ks.yii.i-'iy.) suivant Une mode barbare difficile à exposer en paroles"'; \esSaces, des cyrbasies droites se terminant en pointe''; les Ethiopiens d'Asie, une tête de cheval dont les oreilles étaient dressées et dont la crinière formait panache; les Paphlagoniens, des casques tressés [-^Tilsf ii.iv a.) ; les Mysiens, des casques à la mode du pays (âin/tûfia) ; les Thraces, une peau de renard [.'Vlopekis]; les [Chalybesl Bitkyniens'iy^, des casques de bronze avec cimier, munis d'oreilles et de cornes de bœuf; les Milycns, des casques de cuir; les Masques et les Coljues, des casques de bois; les Mares, des casques tressés à la mode du pays ; les cavaliers perses, des armures de tète (TrotvîjAaxa) martelées, en fer ou en bronze; les matelots phéniciens, des casques analogues à ceux des Grecs; les matelots égyptiens, des casques de mailles ; les matelots ciliciens, des casques à la mode du pays ; les matelots lyciens, des bonnets décorés de plumes. Nous laissons de côté les peuples dont Hérodote dit simplement qu'ils étaient armés à la mode des Grecs. Ces renseignements suflisent à prouver qu'au début du V siècle, l'usage du casque métallique était encore peu répandu chez les populations qui n'étaient pas depuis longtemps en rapports
— 0 Sayce, Transactions of l/ie Soc. of bibl. archaeolof/y, L VII, p. 303; Pcrrot et Chipiez, Histoire de l'art, t. IV, p. 800. — 10 Reichol, Homerische Wa/fen, p 123. — Il llcrod. I, 171. — 12 Plut. Artax. 11 ; cf. Slrab. XIV, p. 661 (AIcce. fr.igni. 22). —13 Pcrrot et Chipiez, Histoire de l'art, t. V, fig. 117 — ii Jàid. lig. 279. — i" lïerod. VII, 61 sq. — 16 Ou peut songer à des casques coniques formés de fils de bronze entrelacés. — n Comme les bonnets héthéeus. — 18 Le nom man(|U0 daus les mauuscrits.
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avec les Grocs ; or, ce que nous avons à dire d.'; l'i^poque mycénienne montrera qu'il y a de fortes probabilités pour que la Grèce, en matière de casques comme pour les liljulos, ait été l'instilulrice et non pas l'élève de l'Orient.
XXII. Dans son ouvrage sur l'épopée hon)érique (1884), M. llolbig avait critiqué les opinions de ses devanciers sur le casque des héros d'Homère et substitué à leurs vues des idées nouvelles qui dominèrent sans conteste pendant di.\ ans. En 1894, la question a été reprise par M. Reichel qui est arrivé, sur beaucoup de points, à des résultats tout à fait nouveaux'. I.a méthode de M. Reichel consiste à expliquer le texte de l'épopée par les monuments de l'époque mycénienne, alors que M. Ilelbig avait eu plus souvent recours à ceux do Fart grec archaïque.
M. Ilelbig se figurait \i' casque homérique (xôpu;) comme un casque corinthien du plus ancien style, enveloppant la tète à la manière d'un masque et toujours en bronze (flg. 3402). Pour M. Reichel, le casque homérique est un bonnet de cuir, exceptionnellement do métal, qui ne couvrait que la partie supérieure de la tète et qui était bordé, en bas, par une bande de métal, (jTstpàvv, ; une courroie, ô/sûç, \[t.iq, parfois plaquée de bronze, servait de mentonnière '. Le casque portait un panache, /OÏ.&S, do crins de cheval', une fois mêlés de fils d'or% ailleurs teints d'une couleur brillante" .Le panache était fixé sur un support assez élevé ou directement adapté à la calotte. Le ctaXo; n'est pas une crèle, mais un ornement en saillie, servant d'àTioTfOTtaiov ; il consistait généralement en une ou plusieurs paires de cornes. Les cpâXapa étaient des bosselles de métal qui consolidaient le casque ; quelquefois aussi on arrivait au même résultat on superposant plusieurs couches de la matière employée. Ces conclusions comportent quelques développements.
La preuve que le casque homérique n'est pas à visière, c'est que les blessures reçues portent souvent sur le nez, les tempes, les joues et les oreilles; par suite, il n'y a pas non plus de nasaP. Le casque est expressément mentionné comme couvrant le front, les tempes et le haut de la tête'. La mentonnière, nommée une fois', aurait été inutile avec un casque à visière. Le fait que le casque vacille sur la tète d'un guerrier qui marche '" s'explique par le poids du panache : un casque enveloppant la tête aurait été plus fixe. M. Ilelbig avait invoqué, à l'appui de sa manière de voir, les trois arguments que voici : 1° Les héros casqués ne se reconnaissent pas de loin, ou plutôt ils se reconnaissent seulement à leurs armes". Mais cela s'explique seulement par la distance qui les sépare ; quand les héros sont en présence, ils se connaissent toujours, à la différence des chevaliers du moyen âge enveloppés dans leurs casques à visière, ou dont le visage est à moitié caché par un énorme nasal'-. 2° Le casque homérique est dit )^aXxoitapvioç, aux joues d'airain. Mais cela peut s'expliquer par l'existence des plaques de métal qui couvrent les tempes, xosu; xootî^oi; àpapuïa, et par les plaques de bronze de la mentonnière ".
* Hoicliel, Die homerischen Waff^'n, Vienne, IS94; cf. S. Reinach, Revue cri~ tique, 1894, 11, \^. 181. — 2 Aussi xjvir., îïi^Xti;, tpuoi\ti«. Ce dernier mot serait pour •TiTçwsàXEta, à quatre ïiAoi, comme Tpâ^itî^a pour " TiToâ-t^a. — 3 Un exemple iloulenx sur un vase, Reichel, Op. laud. fig. 41. — l Hom. //. VI, 469; XV, 337 ; AU. 339 ; 111, 337, 3("i9 (iT:;:io/«fTïi;, 'i^itteioî Xôso;, î::iîôxo[ti;, isiîo'jat;^ îiînoSiffïia xôau;). — Mlom. //. XVII, 3ia. — 6 Ibid. \\, '53s. - 7 Reicliol, p. 112. - 8 ibid. p. 113. —9 llom. /Mil, 372. — lOHom. //. Xlll.SOS; XV, 608. — " Mirf. V, ISI; XI, 326; X\l, 278. — 1^ Keichel, p. 115. Pour des eicmples du mojCD âge, voir
.'{° Le casque homérique est dit -/JÀiôt:;;. Ce mot obscur a été expliqué par les anciens '• de deux façons, soit comme «"appliquant aux ouvertures de la visière (c'est l'interprétation adoptée jjar M. Ilelbig), soit comme désignant le tube qui porte le panache. M. Reichel hésite entre cette dernière explication et une autre, non fournie par les scholiastes, d'après laquelle le distjue aùÀùJTi'.ç serait un casque à deux tuyaux faisant saillie :
ces tubes seraient les -iaÀo-'"^, comme sur le vase mycénien de la figure 3440 '^
Les casques, dit M. Rei- Fi?. 34-W. — Guerrier mycénien.
chel, étaient généralement de
cuir. 11 est vrai que des casques de cuir sont mentionnés expressément deux fois", mais le silence du poète à cet égard dans beaucoup d'autres passages laisse entendre que le cuir était bien la substance ordinaire des casques. Quatre fois le casque est dit de bronze, /ïÀzeiti xôp-jç, ■/jj'ik-r\ Tnzy/aÀxo;, mais 06 sont précisément dos casques exceptionnels. L'épithète fré(iuente de xo'puç et de xuvev;' /z/.xr|pT,ç, s'applique aussi dans Homère aux flèches, aux lances et aux boucliers, qui avaient seulement une garniture de métal. La lyy^iltvji tiÎTTTuyoç d'Hector" ne se compose pas de trois couches de métal, mais de trois couches de cuir ". Les monuments de l'époque mycénienne nous montrent, en guise de casques, des bonnets en forme depilos, avec bouton à la partie supérieure, paraissant faits avec des courroies tressées et entrelacées; le spécimen le plus instructif à cet égard surmonte une tête en ivoire découverte dans une tombe de la ville basse à Mycènes(fig. 3441)^».
La (7T£'^ivT|, qualifiée d'ôù'/ïÀxo;, de /lÀxii'-/;, de /aÀxo- 6-/.p£!a-', n'est pas une sorte de casque, comme le croyait M. Helbig, mais une bande de métal qui fortifie le casque à sa partie inférieure. Si, dans un passage--, ce mot désigne clairement l'ensemble du casque, c'est parce qu'elle en constituait la partie la plus résistante".
Dans Virnid('-'\ Mégès frappe de son javelot le sommet du casque de Dolops : le panache se détache et roule dans la poussière. Cela semblerait prouver que le panache devait être, au moins dans certains cas, inséré dans un tube qui dominait le casque. Cependant deux casques " figurés sur un vase d'argent de la quatrième fosse de Mycènes montrent (fig. 3442, 3443) un panache fixé au bouton du casque et un double cimier (ou panache) que
Mém. de Li Soc. roy. d^s aiUiq. t. X, p. 326. — 13 Reichel, p. 114. Je ne rois pas pourquoi l'on n'admcUrait pas que cette ^pilliiyte s'applique à un casque pounu de garde-joues en cuir |ila<|U^ de mêlai. — '^ Hesycli, s. v. ; Enstath.at/ //. V, 182; Atlien. p, IS9C. — >■> Reichel, p. 114, 115. — 16 Pcrrol et Chipici. Hùl. de fart, t. VI, fig. 497. — 11 Ilom. //. X. 2,'.7. 261. — 18 Hom. //.XI, 352. - < 9 Reichel, p. 117. IIS. — 20 Scluichhardl,Â>A/i<>nm)iii.;'.4(f.ff/r(tA. lig. 308; Reichel, fig. 37a; Terrot et Chipie/., Ilisl. de farl. 1. VI, fig.3Srt, — 21 Hom. II. VU, 12 ; X, 30; XI. 96. — SI Ibid. X, 30. —23 Reichel. p. 119. — iv Hom. //. XV, 533. — >3 Reichel. lig. 38 el 39.
Fig. 3441. — Tête casquée en iroirc.
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nous rapprocherons du type illyrien mentionné plus haut (p. 1-431-1432). Ailleurs le porte-panache est un cône assez
Fig. 3i43. — Casque ni\C('nicn
Fig. 3442. — Casque mycénien.
large dans l'axe du casque.
Les gravures des gemmes insulaires sont trop indistinctes pour qu'on puisse en tirer des
conclusions. Une des rares exceptions est le casque à cornes de béliers de notre figure 3i30.
Pour M. Helbig, le panache s'adaptait au tpa)>ô;, qui serait une crête pareille à celles que présente le casque de la ligure 3398. Un casque pouvait avoir deux -^xX'J. (àu.^t^a).oi; xuvÉyi) ' OU même quatre (TSTpâij.a).Oî jcuvÉt,) -. Les crêtes servaient non seulement à soutenir le oa/.o;, mais à renforcer le casque^ A cela M. Keichel répond, d'abord, que le scholiaste de l'/Z/arfe' entend par (pa)vdç non pas une crête, mais un tube qui supporte le panache; puisque d'après l'épopée elle-même, le cpaXoç est creux, placé sur le fronts qu'il a une pointe et s'élève très haut". L'hypothèse de M. Helbig ne s'accorde pas avec l'existence de quatre cpaXot; elle a encore contre elle le passage où la xuvÉvj de Diomède est dite àsaîio; xai àXosoç', car si le cpaXoç était le support du Xô-ioç, il suffirait de dire aï,aXûç. Enfin, les guerriers pressés les uns contre les autres' se touchent de leurs tpaÀot, ce qui serait impossible si les (paXo! étaient des supports de Xricpot, auquel cas les panaches seuls se toucheraient. M. Reichel conclut, à notre avis avec raison % que les oxXoi sont les appendices saillants, généralement des cornes (fig. 3440), qui font probablement donner au casque l'épithète de fisluU forme, aùXwTti;. Les casques mycéniens des figures 3430, 3440 sont àaoîcpaXot ; on ne connaît pas encore d'exemple certain du casque Tsxpâ^aXoç.
Les '.pâXapa, mentionnées une seule fois*", sont, suivant le scholiaste, des bosselles décoratives ornant les côtés du casque; un casque pourvu de quatre bosselles de ce genre était dit TSTpatpiXripoç". M. Helbig s'est rallié à cette explication et l'a définitivement établie. Seulement, il allègue à cet effet le casque de la figure 3398, tandis que M. Reichel pense que ces petits boucliers, avant d'être purement décoratifs, avaient pour but de renforcer les côtés d'un casque en cuir'^ 11 n'a pas songé à, rappeler à ce propos les casques illyriens dont il a été question plus haut; ces exemples confirment, ce nous semble, l'opinion d'abord exprimée par Brunn et développée par nous'^ sur les rapports étroits qui existent entre le cello-illyrien et le mycénien.
L'épopée mentionne des dents de sanglier insérées,
1 Hom. //. V, 74.1; XI, 41. — 2 Ibvl. XII, 384. — ^Ibid. XIII, 014.
— <• Ibid. XIII. 132. — i- Ibiil. IV, 4,'i',i ; VI, '.l. — « lOiJ. III, 3GI ; XIII, 614.
— ^ Ibid. X, 237. — 8 Ibid. XIII, 132. — 9 Hcicliel, |i. 117. — 10 Ilom. //. XVI, IU3. — Il Ibid. V, 7.13; XI, 41. — la Keichel, p. 118, 119. — 13 Voir |). 1432, note 1. — '* Ilom. //. X, 2CI, 2(15. — 10 Reichel, p. 125. — 10 Hom. II. X, 238. On a cru reconnaître Dioinôile coilTiî de la xaTwTTu; sur une pierre gravi'e. (iori, Mas. Flor. I, 23, 12. — 1' Reichel, p. 126. — 18 Rei.ihel, fig. -48; Athen. Mitlk. 1892, p. 201. — 19 Reichel, fig. 49; Al/ien. .Millh. U~92, p. 214.
comme ornements, dans un casque ". Les monuments n'en ont pas fourni d'exemple certain, mais il est très probable que les dents de sanglier recueillies dans la troisième fosse de Mycènes proviennent d'un casque de ce genre '^
Enfin, la xaratTu; homérique, couvre-chef de Diomède pendant son expédition nocturne"', n'est probablement qu'une casquette en cuir, analogue au cudo des Latins.
XXIll. Les casques di^s vases du Dipylon n'ont jamais de '.paXo!, mais, à d'autres égards, ils ressemblent aux casques mycéniens. M. Pernice croit avoir reconnu des casques du type corinthien sur quelques vases dipyliens de basse époque ''. La grossièreté de la peinture de ces céramiques ne permet guère de distinguer les détails; cependant M. Reichel admet deux types : 1° sorte de bonnet couvrant le front et descendant sur le cou, avec un panache attaché sans support (fig. 2203) ''; 2° casque avec Stéphane faisant saillie sur le nez et présentant un petit support pour le panache ". Ce second type conduit directement à celui que l'on observe, par exemple, sur un très ancien vase de Caere, où le casque a la forme d'un bonnet avec une tige recourbée qui ]>orte le panache-". En étudiant les diverses représentations d'Athéua sur les vases à figures noires, on se rend compte des phases de la transformation de la calotte en casque de métal. Mais, alors même que la casquette de cuir fut remplacée par le casque de bronze à visière, sur les vases altiques d'ancien style elle continua d'être attribuée à Athéna, dont les images conservèrent aussi les plus anciens types de boucliers^'. Sur les vases à figures noires, la déesse paraît encore souvent coiffée d'une simple casquette, faite de courroies entrelacées, avec la Stéphane et le lophos (fig. 3444)--. Il n'y a encore ni garde-joues ni couvre-nuque. Bientôt le cimier se com-
Fig. 3444.
Casques d'Ath^na.
plique et devient une énorme crête, constituée probablement, du moins en partie, d'une pièce de cuir artistement ornée : en même temps, la Stéphane devient diadème (fig. 3443)". Puis la calotte, entièrement métallique, se prolonge par un couvre-nuque ^'' et les paragnathides, mentonnière agrandie et métallisée, font leur apparition sous l'influence du type corinthien^''. A l'époque qui précède immédiatement Phidias, Athéna
— 2U Moimm. dM' Instit. IX, 4 ; Schreibcr, Bilderatlas, pi. im, 2. — SI Reichel, p. 127. — 22 Reichel, fig. 30; (ierharil, Anserles. Vasenbild. cxxti-cxxtii ; cf. Id. Ktr. und Kampan. Vas. II, 3. Voy. aussi une pierre gravée, Gori, Mus. Flor. II, pi. i.v, 1 ; Ch. Lenorniani, Noiw. gâter, mylh. pi. xx, 14. — 23 Reichel, fig. 53; 'EzT^ii., 4p/«ioA. 1886, jjl. vin. — 2* Oenochoé d'Amasis au Louvre (Reichel, fig. 51). Voy. Gerharu, Aiisnl. Vas. pi. ccxi n, où est vraisemblablement reprdseuWe l'Alhéni! d'Endoios ; cf. O. J^din, heantiq. M'mermt simulacr. alticis. p. S.
— 2i Reichel, p. 128.
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. 34iG. — Monnaie d*Atli<>iie3.
est représentée avec un ciniiei' très élevé ot un frontal (jui ne dessine pas encore un angle sur le milieu du Iront'. Telle est aussi rAlhéna du fronton d'Ef^'inn. A la plus belle époque de l'art, le cimier diminue de hauteur et le frontal, détail caractéristique du casque attique, présente une ligne brisée, légèrement arrondie. Sur les vases rouges du style sévère, le panache est plus souvent supporté par une crête que par une anse^; dans les monnaies, dont les plus anciennes remontent au début du vi» siècle, on trouve la crêle à titre exclusif (fig. 3446)'. Plus lard, le casque corinthien tend à dominer dans les images de la déesse : en 375, nous en trouvons le plus ancien exemple daté surun bas-rclicfathénien'*; vers la fin du iv siècle, il paraît sur les monnaies'', peutêtre sous l'influence des statères d'Alexandre au type d'Athéna*"', pour être presque exclusivement employé Sous les empereurs'.
XXIV. Le casque attique laisse généralement l'oreille découverte. Les paragnalhides manquent très souvent
sur les vases, régulièrement sur les monnaies. Elles ont une tendance à devenir mohiles; un des plus anciens exemples de paragnathides à charnière est fourni par l'aryballe de Cos (fig. 3398).
De très bonne heure elles prennent une forme arrondie, dont les vases chalcidiens offrent les premiers ; ' spécimens '. Quand elles
Fig. 3447. - Casque attique du sont relevées, elles présenfroiiton cTÈgine. tent l'aspect de grandes
oreilles d'une forme très élégante (fig. 3447). Le nasal est petit ou fait défaut. Les frontons d'Égine nous fournissent d'excellents modèles de casques attiques vers le début du v° siècle. Plusieurs guerriers ont déjà les paragnathides articulées ' ; le nasal existe, mais est petit'"; le frontal est encore peu développé ". Nous citerons comme exemples complémentaires deux casques attiques, l'un en bronze doré, trouvé à Kertch '-, qui pèse moins d'un kilogramme, l'autre en bron/.e, provenant de la Basilicate (lig. 3448) '^ enfin une tète en bron/.e du musée de Volterra, où les paragnathides sont encore fixes et dégagent complètement l'oreille ".
Fig. 3448. — Casque attique Irouvi^ dans la Basilicate.
I Brmuede Porlici, AïT/*aeo/. Zeit. 18S'2, pi. u. — » Athfin. Mitth. I8SI, p. 80.
— 3 British Muséum coins, Attica, pi. i, H. — ^ Arcltaeol. Zeit. !877,pl. xv, 2.
— 5 British Museu?n coijis, Atdca, pi. v, 11. — 6 Furtwaengler, ap. Rosclier. Le ricon, 1. 1, p. 701. — ^ British Muséum coins, Attica^ pi. xvr-xviii. — 8 Cf. Furlwacnfîler, Olympia^ t. IV, p. 170. ■•- 9 CoUignon, f/ist. de ta sculpture, t. I, fig. \U. — ïO Ibitf. pi. IV. — II lleuzoy, Cwazette archéol. 1830, p. 156. — li An- <i(/. du Bosphore, pi. xxvui, -i. — 13 Kemble, /forae fertiles, pi. xii, 4. — 1* Micali, Mouum. pi. i.vii, 3. — 15 Asclopioii. Tact, I, 2. — IG liemuJorf, Das Heroon
lY.
XXV. Nous sommes fort mal renseignés sur l'armement des soldats athéniens. On sait que les troupes légères, '|/tXot', n'avaient pas de casque''; quant aux hoplites, comme avant Périclès ils devaient s'équiper eux-mêmes, il en résulta une grande variété dans les armures. La frise du mausolée de Trysa en Lycie, œuvre d'artistes athéniens vers le dernier tiers du v= siècle, est très instructive à cet égard : M. Benndorf y a compté 77 casques attiques, dont 4 seulement avec garde-joues (mobiles ou non), 23 casques corinthiens et 143 en forme de pilos, qui ne sont pas nécessairement tous en métal ". Ce dernier type de couvre-chef n'est nullement propre, comme on l'a dit parfois, aux Arcadiens et aux Laconiens; il n'est pas moins répandu que le chapeau ou casque à larges bords, que portent les cavaliers sur un bas-reliet athénien (fig. 2718)". L'hoplite de la stèle d'Aristion " est coiffé d'un petit casque attique sur lequel on aperçoit les traces d'une crèlo; un guerrier dune stèle contemporaine " porte un casque corinthien ; un autre, sur une stèle du v= siècle, porte un casque conique 2°. Les cavaliers de la frise des Panathénées, au Farthénon, portent en général le casque attique, avec ou sans cimier, ou une casquette de cuir dont les garde-joues paraissent se rejoindre au-dessus de la tète (fig. 2719); un guerrier de la frise méridionale porte cependant un casque corinthien-'. Lesmonnaies d'Athènes, un camée du Cabinet de France
(fig. 3449) --, le bas-relief de Kréusis en Béotie" fournissent des exemples du casque attique à la belle époque, avec son frontal élevé, son panache fixé sur une crête et son garde-nuque de petite dimension. Dans les répliques que nous avons conservées du portrait de Périclès par Crésilas -', le stratège athénien porte toujours le casque corinthien rejeté sur le sommet de la tète.
XXVI. La désignation de casque corinthien n'est pas antique, mais peut être maintenue sans inconvénient. C'est le type d'un casque découvert à Olympie, portant une dédicace à Zeus par les .\rgiens qui le qualifie de « butin de Corinthe » -'. Le même modèle se trouve sur les monnaies d'argent d'Argos au début du V siècle*"^ et, dès le VI' siècle, sur les monnaies de la Grèce du Nord'" ; il parait constamment sur les monnaies corinthiennes. Nous le voyons également sur les céramiques de style
loii Trysa, p. 336. — 1' ScliiSue, GrieeMsche Relief», \A. irti. — '9 Collignon, Hisl. de la sculpture, 1. 1, fig. ÏOI ; Schrcibcr, Bilderatlas, pi. ixxit, 1 . — i» Conic, Ath'sche Grabretiefs,l. I, pi. m-, cf. pi. cxxii. — 20 Ibid, pi. xi.ix : et. pi. xa», — 21 Michaclis, Der Pai-thenon, p. S30, iS3. — S Chabouillet, Catalogue n' ÎC; Duruy, Hisl. dis arecs, I. p. îll. — 23 AMen. J/i(/A<iMST9,pl. xvii, I.— ïVFurlw.iengler, .Veistertrerke, p. 270. — S5 Keiiible, fîorae ferales, pi. xii, 3; Furtwaengler, Olympia, t. IV, p. 268. — 2« British Afuseum coins, Péloponnèse, pi. xxvu, 7, 8. — 27 Berliner Katalog, t. II, pi. iv, 35.
Fig. 3449. — Casque aUique.
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corinthien, comme un aryballe découvert à Rhodes' et un pinax de Corinlhe ^ En dehors des représentations figurées, nous possédons une riche série de casques de ce genre retirés du lit des rivières ou du sol à Olympie ; ces casques, dont nous avons donné déjà un spécimen (fig. 3430) ^ auquel nous ajoutons les figures 3450 et 3-451, permettent de se rendre compte des
Louvre, Cadmus, combattant le Dragon, porte un casque à paragnathides mobiles '^. En général, le type du casque
Fig. 3450. Casques d'Olympie. Fig. 3451.
progrès du type*. Ceux qui font l'impression la plus archaïque ont été martelés dans des feuilles de bronze épaisses de 0"',001 àO^iOOlS; ils présentent une silhouette large et informe, descendant en ligne droite du sommet de la tête vers les épaules. Un peu plus tard, on indique les sourcils par la gravure", on dessine la ligne rentrante de la nuque ^ on fortifie le nasal et une partie des joues, soit en épaississant la feuille de métal, soit en superposant deux ou trois feuilles '. Les gardejoues formaient anciennement des saillies très prononcées, à angle ai-
gu* ; avec le temps, la saillie disparaît et la silhouette des paragnathides tend à s'arrondir '. Comme exemple du casque corinthien modifié par le retrait des paragnathides et
dont la forme se rapproche de celle du visage, nous citerons, outre la figure 27-28, deux statuettes de guerrier en bronze trouvées l'une k Dodone (fig. 3452) '°, l'autre près de Sparte". Sur les frontons d'Égine, plusieurs guerriers sont coiffés du casque corinthien : ils combattent tous le casque relevé'-, particularité que l'on observe aussi sur la frise du mausolée de Trysa", et que l'on explique par la préoccupation des artistes de ne pas dissimuler les traits du visage. On constate de même que descombattants, coifiV'sducasque attique, sontreprésentés, sur les vases, avec les garde-joues relevés '\ Les paragnathides des casques corinthiens sont presque toujours fixes : cependant, sur une coupe cyrénéenne du
1 Heuzey, Gaz. archéol. 1880, p. 147. — 2 Anlike Oenkmat^Ur, I, pi. vu, 15.
— 3 Olympia, t. IV, pi. i.xii, 1015 ; Ibid. 1029 a (sii evemplaircs Iroiivc^s à Olympie, un à Athènes); Ibid, 1030 (un cxemphire i Oljmpie, trois à Alhiiues, un ù Kcrtcli). — ' Furlwaeugler, Otijmpia, t. IV, p. 106. — " Dodnxll, Travels, II, p. 330. — 6 Olympia, t. IV, pi. nui; Journ. hetl. Slud. 1881. pi. xi. Dans ce dernier exemplaire, le trou au revers du casque parait provenir d'un coup de lance.
— "ï Furtwaengler, Olympia, t. IV, p. 167. — 8 Sarcophage de Clazomiïue {Antike Denkmacier, t. 1, pi. xliv ; Bauiucistcr, Denkmticlci-, lig. 934) ; vase à figures noires (Micali, Monum. pi. i.xxvni , Sclireibcr, IltlderalUis, pi. xxxiv, 8).
— 0 Casque de Nvniplu'o (Kondakor, ToUloï, Kcinach, Atiliij. de la Hussie,
Viz. 3453. — Peinture du vase d'Exfliias.
Fig. 3452. — Tîron7e de Dodone.
corinlliien domine sur les vases à figures noires, dans les représentations guerrières, tant chez les fantassins
que chez les cavaliers (fig. 2725); les héros au repos, comme Achille jouant aux dés sur un vase d'Éxékias (fig.
3453)'^, se contentent de le rejeter sur le sommet de la tête. La céramique à figures rouges de style sévère affectionne le même type et le beau modèle attique ne paraît sur les coupes que vers la fin du vi' siècle (fig. 3-402). Une recherche détaillée sur les formes des casques dans les peintures céramiques, travail qui .n'a pas été fait encore, conduirait sans doute à des résultats intéressants.
XXVII. Suivant Pline, qui répète évidemment une tradition sans valeur, l'invention du casque était attribuée aux Lacédémoniens". Nous savons par Tyrtée que les hoplites Spartiates portaient un casque surmonté d'un « panache terrible », Xottio; Setvo;", mais on ignore si ce casque était en feutre garni de plaques de métal ou bien entièrement métallique". Photius l'appelle un pilos de bronze et dit qu'il se terminait en pointe; tels étaient, ajoute-t-il, les piloi des Laconiens et des Arcadiens'". Les bonnets de bronze ne sont pas rares dans les coing. 64, p. 48). — 10 Arcli. Zeit. 188i, pi. i ; Reinacli ap. Uajet, Mon. de l'art antique, t. I. On peut rapprocher de ce dernier casque celui d'un guerrier en bronze découvert au l'to'ion {Ihdl. de corresp. hellén. t. XI, pi. lï, p. 361), qui est remarquable par un rebord saillant i la partie inférieure. — " llelbig, Hom. Kposl, d^. 90. — 12 Fricdericlis-VVoHers, Gipsabytlsse, p. 35. — '3 Benudorf, Ilei-oon von Trysa. p. 230. — 1^ Par exemple sur la coupe de Brygos au Louvre (Rayct et Collignon, Céramique, p. 193). — IS Heuzey, Gaz. arch. 1880, p. i:i6; Puchstein, Arcli. Zeitung, 1881, pi. XM, n» i. — "> Monum delf Inslil. t. II, pi. xin. — n piin. f/ist. nal. VII, 50, 200.— 18 Tyrtac. Fragm. .\l, Î5 20. — la Cf. Bauer, Griecliische Krirgsallerlltùmer^, p. 3îi. —2» Photius, ntÀoï x«^«°<'v.
r.Ai.
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KiR. 3l3i. — Di.lraclinic tie Larissc en Tlicssa'ie.
Fig. 3453. — Didrachme (l'Alexandre de Phères.
leclions : nous citerons coUii qui a t-lo découvert à Dodone (voy. aussi fig. 2432)'. Il est cepoiidant probable que les pi/oi Spartiates n'étaient pas fçénéralcment en métal, sans quoi Thucydide n'aurait pas dit qu'ils ne supportaient pas le choc des javelots ^ Rlicn compte les casques cl \espiloi laconiens ou arcadiens parmi les pièces del'équipementde lagrosse infanterie^ Sa phrase semble
indi(]uer qu'il n'y avait ^"^■^X pas qu'une différence de forme entre les casques et les piloi. Une stèle attiiiue, représentant un soldat de Tégée en Arradio, nous donne une représentation précise du pilos arcadien', tout à fait semblable au spécimen de Dodone et à celui de Pella (fig. 3436).
Xénophon recommande pour la cavalerie le casque béotien, ^ouo- Toupyt; ^ mais on n'a aucun renseignement sur sa forme \ Quelques savants ont pensé que certaines armures de tète de style oriental, en forme de très hauts bonnets coniques avec- garde-nuque, représentaient l'ancien type du casque béotien'', mais cette opinion n'est pas fondée et il est certain que le casque en forme de bonnet n'était pas spécial aux Béotiens, car les monnaies k ) i Vj prouvent (fig. 3434) qu'il était aussi
% ' H iT employé en Thessalie'. Le casque
L^'t-.j'^'-J^ê-^éi^ des cavaliers thessalicns, en forme de chapeau, nous est connu par la didrachme d'Alexandre de Phères (fig. 34."5) ^ Une monnaie de Patraos, roi de Péonie, nous montre un cavalier portant le casque attique *°. La belle stèle de Pella, en Macédoine, conservée au musée de Constantinople, reproduit l'image d'un jeune guerrier coiffé d'un bonnet cylindrique, qui peut être en cuir ou en métal (fig. 3450)". Un casque plus bas, avec une avance assez marquée, paraît sur les monnaies de la Macédoine (fig. 3437)'-. Nous savons par Arrien'^ que les cavaliers d'Alexandre appelés hétaïres portaient le casijue, maison en est réduit à des conjectures sur la forme de cette arme. XXVIII. Pour l'époque hellénistique, les trophées de la balustrade de Pergame fournissent des renseignements abondants; mais parmi tant d'objets d'armement qui sont réunis sur ces bas-reliefs, on ne sait pas lesquels sont grecs, lesquels gaulois, lesquels syriens. Les casques affectent deux formes principales'*: 1° un bonnet de métal conique, avec ou sans rebord, sans avance ni
I Carapanos. Dodone. pi. lvi, 7.-2 Tluic. IV, Si, 3.-3 Aolian. Tact. M, 10.
— l Rull. de corr. hellén. t. IV, pi. tu. — " Xen. De re equesir. XII, 3 ; cf. Aolian Var. hist. III, 24; Poil. I. I iO. — HArc/t. Zeit. IS53. pi. ui, 3; 1854, p. 100; cf. Ovcibeck, Gallerie hcr. Bildw. 1,8; II, 2. — 1 Furlnaenirler, Meisleruerke, p. 214.
— 8 Monuaio do Larissa (de Wittc, Itei'. de numism. I84i. p. 77 ; Ouruy, Histoire des Creca, t. I,p. 534). —^ Zeitsc/ti'ift fur Xtimismattk, I. IX, pi. i; Sritish ^fnscumcoills, Thfssnhj^ pi. X, 11 (niamais exemplaire); Baucr, Griechische Kfieysaltefthùmeri, p. 391, lij;. 46. — 'fl Imhoof-DIuincr, Monnaies grev'Htea, pi. c. 9, 10; Baumcisler. Denkmaeter, fig. ilOSI. — H Collignou, tJist. delà sculpture, t. I, flg. 137 j Alhen.
Fig. 3436. — Stèle de Pella en Macédoine.
Fig. 3157.
Fig. 3438. — Casque des trophées de Pergame.
couvre-nuque (fig. 3458) '^; 2° un type plus ou moins circulaire avec un garde-nuque et une avance, couronné ou non d'un bouton "■'. Dans un exempaire il y a, outre le gardevue, une pièce métallique paraissant mobile autour d'un pivot et qui éveille l'idée d'une visière. Un autre paraît cerclé d'un large bord. Nous avons déjà mentionné la visière reproduisant les traits d'un guerrier barbu (fig. 3410); M. Droysen paraît disposé îi la considérer comme gauloise, mais nous la croyons gréco-syrienne. Signalons encore un fragment de casque de type corinthien".
Dans les casques de la seconde série, les paragnathides sont fixées à l'intérieur, sans charnières ; celles des simples bonnets métalliques sont attachées par une charnière à l'extérieur.
Comme ornements, on trouve une fois une plume et deux fois une queue de cheval ". L'exemplairereproduitparnotre figure 3459 " est remarquable par la forme recourbée du sommet, qui rappelle , en métal , le type du bonnet dit phrygien. Le modèle en existe, comme on l'a vu, parmi les casques assyriens-".
Un guerrier figuré sur le sarcophage Ammemlola, au musée du Capitole, imité,comme nous avons essayé de l'établir, décompositions pergaménienncs, porte une coiffure du même genre -'. Un beau casque de ce type a été découvert en Crimée-'; un autre, quelque peu différent, à Herculanum-'. A. de Laborde en a reproduit plusieurs d'après des bas-reliefs antiques encastrés dans les murs de Narbonne-'. Comme le plus ancien exemplaire de celte curieuse série est assyrien, on peut être autorisé à la considérer comme asiatique, sans qu'il y ait, pour le moment, moyen de préciser davantage.
XXIX. L'étude des casques italiques et étrusques ne peut être séparée de celle des casques découverts dans l'Europe centrale et occidentale. On sait, en effet, qu'une école d'archéologues, dont le plus connu était Lindenschmit, a voulu que ces derniers fussent tous des objets importés d'Étrurie. D'autre part, la théorie opposée à celle-là, qui admet l'existence d'une industrie du métal propre aux barbares, doit reconnaître que les produits
Afittheit. t. VIII. pi. iv. — ii British Afusenm coins. Maeedonitt, p 9 (vers 150 at. J, C.V — 13 .\rrian. .-limA. I, 15, .S-7. — tk Droysen. Atlerlhùtner ton Pergamon^ t. II. p. 10-. — 15 /bit. pi. XI.III. -XLv, XLvi. — 16 Ibid, pi. xuv, xlvh. xi.t, iui. — 17 Jhid. pi. XLvni. — 1« Ibid. pi. xux, xuv, ilti. — 13 fbid. pi. xliï. — SO Cf. uu homme en costume asiatique au fond d'une coupe représentant la docimasic de la cavalerie athénicuuc, .irch. Zeit. 1880. pi. iv notre fig. 24S4). — îl S. Rciuach, les Gaulois dans l'art antique, pi. i. — " Kondakof, Tolsloî, Reinach. Antiquités de la Russie. i>. 48, fig. 53. — !3 l'jylus. /(ecii<i(, t. III. pi. xixui. — SI A. de Laborde, a/onuments de la /■'nijicf, l. 1, pi. lxiv. t)cs gravures sont d'une eiactilude suspecte-
Fig. 3459. — Casque des trophées de Pergame,
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de celte industrie se rencontrent également des deux Cotés des Alpes. Nous laisserons de côté la question ethnographique, qui est très complexe, pour nous occuper seulement des types.
Les écrivains romains n'avaient pas perdu le souvenir d'une époque où le casque métallique était inconnu en Italie; les guerriers se coiffaient alors avec des calottes de peau ou de cuir appelées cudo^ ou galerus. Le cudo était probablement analogue à la xaraTru; homérique" et à la calotte qui resta en usage pour les chasseurs, galea vcnatoria^; la même forme fut imitée plus tard en métal. Virgile nous décrit les Latins portant des galeri de couleur fauve en peau de loup*; nous avons déjà vu que cette coiffure était prêtée par la légende à Romulus". Rien ne prouve que le casque métallique ait été importé de Grèce en Italie, car nous rencontrons, dans ce dernier pays, des formes primitives qui accusent l'imitation directe de modèles en peau ou en cuir. Un des types les plus anciens, formé de plaques rivées ensemble, est celui d'un casque conique découvert à Oppeano, décoré de gravures dans le style des situles euganéennes (fig. 3460) ". L'ne coiffure analogue, à bords légèrement concaves.
Fig. 3460.
Casques coniques.
orne la tête d'un guerrier exécuté au repoussé sur Yumbo d'un bouclier de Forli'; les deux côtés delà coiffe conique paraissent cerclés de gros clous. Nous avons déjà parlé d'un casque triangulaire en treillis garni de plaques de métal, qui a été découvert en Carniole ; ce casque ressemble beaucoup àceluides cinq fan tassinsqui forment le dernier groupe sur la situle de la Certosa de Bologne. A cette forme triangulaire se rattachent les casques franchement coniques, comme celui d'un cavalier samnite (fig. 793), un casque portant une inscription osque et un autre découvert à Pizzughi en Ist^ie^ Des casques de ce genre, surmontés d'un bouton simple ou multiple, sans couvre-nuque ni garde -joues, se sont rencontrés en Hongrie ', à Beitsch en Lusace '", à Selsdorf dans le Mecklembourg (fig. 3461)", etc. Nous avons déjà parlé (p. 1435, 1-436) de la curieuse série de casques où la crête suit le profil de la coiffe conique et de ceux où une crête triangulaire surmonte une calotte hémisphérique (fig. 3419, 3420).
Le couvre-nuque paraît, sous la forme d'un petit rebord horizontal, dans un casque conique, à garde-joues
I Sil. lui. VIII, 405 ; XV, 59. Cf. Gloss. Pliilox. : Curlon, „Efmfa>..;«! tîSoî.
— 2Honi. /i.X,2S8.— 3Nop. nafam.m, î. — 4 Virg. jlc/i. VII, 688.— E Cf. p. 1420, noie 14. — G Bull, di Palctnol. Ital. 1878, pi. vi; Bertrand et Reinaeli, les Celles, p. 101, fiR. 58. — 1 A/atrrimi.T. I. XXI, p. iiO. — 8 Pour la silulo de la Cerlosa, voir Marlha, l'Art étrusque, llg. 84, 85; Bertrand el Rcinarh, les Celles, fig. 68 ; pour le casque osque, Archaeol. A"Z. 1892, p. 54; pour celui de Pizruglii, Mueh, Allas (1er Crnlrnlcomm . pi. i,xxix, 24. — 9 Congrès de Pesth, t. II, pi. xxxu.
— "> Kcnible, f/orae ferales, pi. »ii, 6. — 11 Itjid. pi. xii, 7. — 12 Lindensclimil,
Fig. 3462. — Casque coiuquu à garde-joues mobiles et couvre-nuque.
mobiles, découvert en Apulie (fig. 3462)'-. Ce type ne se retrouve guère que dans l'est de la Gaule, où les tombes delaGorge-Meillet" et de Berru'', l'une et l'autre dans le département de la Marne, ont fourni deux casques coniques richement décorés. Ces casques ont généralement été considérés comme importés, mais à tort : Ùornementation, en particulier les plaques de bronze et les cabochons de corail, présentent le même caractère que celle des autres objets de bronze trouvés dans cette région. Pline mentionne d'ailleurs expressément des casques gaulois ornés de corail '^ Il faut ajouter qu'un casque en cuir du même type, garni de pièces de bronze ajourées et surmonté d'une boule de corail, a été signalé dans une tombe du département de la Marne, à Cuperly ". L'analogie que présentent les casques de la Marne avec les casques coniques assyriens du ix° siècle n'autorise pas les conclusions qu'on en a tirées"; ce sont des imitations indépendantes d'un même type en peau.
ITn motif un peu difl'érent est celui d'un casque en bronze, surmonté d'un bouton de fer, qui a été découvert avec une fibule du type de la Tène à "Weisskirchen près deSanct-Margarethen en Carniole". La forme du couvrenuque est la même.
A côté de ces imitalions en métal des bonnets élevés, nous trouvons celles des calottes en peau ou en cuir, suivant à peu près le contour de la tête et surmontées ou non d'un panache. Des calottes de ce genre, de forme surbaissée, se sont rencontrées à Este"; on en connaît une, entourée d'un rebord circulaire, provenant de Hallsfatt^". Le fourreau gravé découvert à Hallstatt-' et la situle de Moritzing (Tyrol)^- ofl'rent des cavaliers el des fantassins pourvus de la même coiffure. Les fouilles de Vetulonia ont donné des calottes hémisphériques présentant, à leur partie inférieure, un léger évasement ;
Fig. 3463.
Casques d<^couvcrls en Htrurie.
Fig. 3464.
l'une d'elles porte des attaches qui servaient à fixer un cimier el quelque objet latéral, peut-être une plume (fig. 3463)". Ces casques primitifs, tenant à la fois du cudo et du pilcus''\ en rappellent d'autres, ornés de gra-
AUerthùmer, l, 3,2; Sclireiber, Bilderaltas, pi. xi.iii. 4. — 13 Bertrand, Archéologie celtique^, ng. 105. — Il Ibid. fig. 104. — I6pliu.//is^ nul. XXXU, 11, 23.
— 16 Congrès nrchéol. de France, 1880, p. 373. — " Berlrand, Op. laud. p. 281 ; S. Reinacli, le Mirage oriental, p. 3.'i. — 18 Much, Atlas der Centralcomm. pi. xc, p. 205. — 13 Notizie degli scavi. 1888, pi. viu. — 20 Sacken, Grabfeld non irallstatl, pi. vnt, 6. — 21 Bertrand et Reinach, Op. cit. fig. 57. — 22 /Jirf. fig. 77,
- 23 Falclii, Vetulonia, pi. ix, 23; XV, 17; XVII, 8. — 21 a. Helbig, Bull, dell. Inst. 1885, p. 14 et Sitzungsb. dfr bayer. Akad. 1880, p. 487 sq.
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vures à la pointe, qui ont élu rccuoiilis dans uno très ancienne sépnlluro de Tarquinia ' ; dos spécimens analogues, provenant d'Élrurio, tiguroni au musée Grégorien (fig. 3K'i)-. Quand les casques sont pourvus d'un rebord saillant ^ ils suggèrent à tort l'idée d'une casquette de jockey, nom que leur ont donné (juclques antiquaires, car ici le rebord n'est pas une avance, mais un couvrenuque (cf. flg. 3462 et 346G).
Le casque consacré à Olympie par Hiéron sur les dépouilles des Tyrrhéniens (474 av. J.-C.) est un spécimen très intéressant des armures de tête étrusques au v° siècle (lig. 2343). Ce type ne se rencontre pas seulement en Étrurie : c'est celui des casques avec inscriptions euganéennes qui ont été découverts au commencement de ce siècle en Slyrie'', caractérisés par un long rebord circulaire qui les fait ressembler à des chapeaux de bronze, comme celui d'Eucratidas roi de Bactriane (fig. 22G4). Watsch en Garniole, Hallstatt dans la Basse-Autriche, Ambras près d'Inspruck et la Tominzhohle près de Trieste, ont fourni des casques analogues'. D'autres ont été découverts à Sesto-Calende, dans l'Italie du Nord S à Robarellodans la même région'', à Sempach en Suisse', dans les environs de Laibach'; plusieurs musées en possèdent qui passent pour provenir d'Êtrurie, sans que l'on sache à cet égard rien de positif". Un beau casque orné de gravures, découvert à Igis dans les Grisons et conservé à Coire, se rapproche par la forme de celui de Hallstatt, mais n'est pas pourvu d'un rebord". A rencontre de l'opinion générale, qui voulait que ces casques fussent d'importation étrusque, Hochstetter a fait observer qu'ils se rencontraient dans la région des Alpes Autrichiennes, non seulement k l'état d'objets isolés, mais figurés sur des situles et des plaques de ceinturon qui représentent des scènes de la vie militaire et religieuse de ces contrées'^. Les casques hémisphériques, coniques et en forme de chapeau, qui paraissent ainsi à la fois dans les sépultures et sur les monuments", sont donc les produits d'une industrie locale, et cette industrie semble, à bien des égards, être la continuation, à l'ouest de la presqu'île des Balkans, de la civilisation des temps homériques'*.
Le casque en forme de calotte hémisphérique est tantôt en bronze, tantôt en fer; un spécimen en fer, caractérisé par l'indication des sourcils au bas de la calotte, a été découvert à 'Vié-Coutat dans le Gard'°. Nous verrons que ce type a persisté à l'époque romaine.
Sur les plus anciens jnonuments étrusques représentant des guerriers, ceux-ci ont généralement la tête nue'^ On trouve aussi de petites statues en bronze, ressemblant, par le style, à celles des couches profondes d'Olyinpie, où des guerriers portent des casques caractérisés par des panaches énormes". Sur les monuments étrusques de la belle époque, ce sont les formes grecques qui dominent; nous citerons comme exejnple une tète casquée, en relief sur un vase de bucchero " et les têtes
i Nnlizic deijU «cnoi, 18SI, pi. v, 18 cl 23; K^Mm, l'Art étrusque, fig. 39.
2 Mwi. Grf*ff. I, pt. Lxxxiv. — 3 Jbid. \ Fricdcrichs, Kteinere Kunst, n« 1020. Un
exemplaire découvert à Paeslum est publit^p.ir Lindeiischmit, Atlerthûmcr, I, 3. 2,-i. — * Micali. iVon. iiifrf. pi. un; Fabrelli, Oloss. itni. pi. iv ; Jtev. nreh. 1S88, 11, p. 189. — ^ Mucli, A^/n.ç,pl. i.I, i.n a; Sacken, t/aUstatt,\i\, vui, S; MucI», pi. i.xvi, 13; pi. LU, 9 a. ~ C Bertrand et Reinach, /cî CeUf.s,[>. tii. — ^ lïivistadiComo, 187^,pl. ix, 4.-8 Aniiqnn, IS88, pi. iv. — » Ibid. p. 7. — 10 Aild^iu, 1888, p. 7; cf. Lindcnsclmiit, A/(pr(A. 1, 3, 23. — a Indicateur d'anliguMs suisses, 1876, pi. x. — 12 Cf. S. Reinach. Esquisses nrc/i. p. 61 ; BorlrandclReinacti.O./. p. 103. — 13 Casque do fanUssinnguré sur la plaque do ceinturon de \Valscli(Mucli, Atlas, pi. lv). — Il Cf. Bcrlraud
Fig. 3463. — Casque itrusquo.
de deux statues en bronze (fig. 1649 et 2417). Une variante propre à l'fitrurie est fournie par le casque de la ligure 3463 ", qui est orné sur le devant d'une rangée de clous.
Sur les peintures de Paeslum et celles des vases de rilalie méridionale^', on voit souvent des guerriers samniles coifTés de casques grecs surmontés de plumes. Nous en avons déjà donné des exemples 2'.
XXX. On est fort à court de renseignements sur l'armée romaine au temps de la République, parce que les monuments figurés font défaut. Nous savons que, dans l'armée de Servius, les citoyens des trois premières classes étaient armés à la grecque et portaient un casque de bronze"; ceux de la quatrième classe n'avaient pas d'armes défensives. Camille introduisit le casque de fer^^ A l'époque de Polybe, les hastali, principes et triarii portent un casque de bronze avec panache, Ttrépivoç (TTÉ^avoç, orné de trois ailes droites rouges ou noires, longues d'un pied, qui augmentaient la taille des hommes et leur donnaient un aspect formidable^'. F^es vélites ont un petit casque, àitôç ■7:£ptxEŒ.â).a'.oç, galericxtlum ", qui n'est peut-être qu'un cudo et sur lequel on place souvent une peau de loup, à la fois pour les protéger et pour qu'ils puissent être reconnus de leurs chefs pendant la bataille ". Les soldats ne mettaient leur casque qu'au moment de combattre : cela s'appelait galeari-'. Une des légions de César fut surnommée Alauda, du mot gaulois signifiant alouette, parce que les soldats qui la composaient se faisaient remarquer par les crêtes de leurs casques-'. C'est là presque tout ce que nous apprennent les textes pour l'époque antérieure à l'Empire. On a cité plus haut des monnaies de la République où des divinités sont coiffées de casques avec panaches et plumes. Il faut aussi rappeler la figure de Rome constamment représentée avec un casque surmonté d'une crête et pourvu d'ailes sur les côtés [denarius].
Sous l'Empire, l'introduction dans les armées de nombreux auxiliaires, sans doute aussi la diversité des climats où étaient stationnées les légions, eurent pour résultat que l'équipement des troupes présentait une grande variété. Végèce nous apprend, et ce témoignage a été confirmé par la découverte d'un monument (fig. 3422), que les centurions portaient des casques à crêtes transversales et argentées-'; il nous dit aussi que les porte-enseignes avaient des casques couverts de peaux d'ours avec le poil, pour se donner un air plus terrible^". Les centurions et les triaires avaient des casques en fer^'. On peut inférer du même passage que les
et Reinacli, 0. t. p. 2S8. — "6 fleu. areh. 1880, I, p. 297. — 16 Micali. Ant. itot>.
pl.xiv,2;.Won.rf«lf /asr.t.VI.pl.xïi. — nCori, Mus. ^rutc. I, 117.— iSHartha,
l'Art étrusque, fig. 321. — '9 Froehner, Collection Gréau, Bronses,n*90l. — ÏO Voir
I p. 1437, notes 15 à 18. — 21 Voir encore .1/on. rfWC /i«f. t. VIII, pi. m. — îi Ur.
I, 43; Dionys. IV, 16. Peul-^tre les ca-sques de la deuxii^me et de la troisième classe n'i^taicut-ils qu'en cuir plaqu<5 de hrooie. — 23 piut. Cam. 40. — 2^ Poljb. VI, 23. — 25 Front, SIrat. IV, 7, 29, — !« Pol)b. VI, 23. — 27 (Urt. B. Afrie 12. 28 Cela ressort de Plin. Oist. nal. XI, 44, S. — 2» Veget. Il, 13. — 30 nid
II, 16. Voir la slèle de jji^ni/er publiée [>ar Lindcoschniit, Atterthimer, 1, 11, 6, 1. - 31 Ibid.
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cavaliers avaient des armes défensives plus massives que les lanlassins'. Tout cela est peu de chose; on en est donc réduit à l'élude des casques qui se sont conservés et des bas-reliefs qui représentent des guerriers en armes. Mais, en présence d'un casque trouvé sur le Rhin ou sur le Danube, on est bien embarrassé de dire s'il est romain ou barbare; et, en ce qui concerne les monuments figurés, les grandes compositions historiques paraissent d'une exactitude médiocre, ayant évidemment subi l'influence de modèles helléniques, tandis que les stèles funéraires, qui n'inspirent pas la même méfiance, sont en général d'une grossièreté telle qu'on y distingue diflicilement les détails. Parmi les casques que nous avons conservés (à l'exclusion des casques d'apparat dont il sera question plus loin), le type dominant est celui du cudo avec bouton plein, œillet de suspension ou tige porte-panache au sommet. Nous avons déjà donné un dessin de l'exemplaire découvert à Jart en "Vendée (fig. 3397); nous en rapprocherons un casque en fer d'Agen, identique à un autre moins bien conservé qui a été trouvé à Alise ^, un casque découvert à Martres de Veyres (Auvergne) et qu'on a pu considérer aussi comme gaulois', enfin un exemplaire découvert en Angleterre dans l'Hertfordshire '. Ces casques ont un très petit couvre-nuque
presque horizontal.
Cette partie est beaucoup plus développée dans les spécimens découverts près de Kiel(fig. 3466), à Osterbucken (fig. 3401), près de Straubing^ et à Nidau". Dans ce dernier casque, qui est en fer, il y a une saillie indiquant les sourcils, comme dans celui de Vié- Coutat dont il a déjà été question (p. 1447). Le casque de Niederbiber, qui présente des caractères exceptionnels, a été reproduit plus haut (fig. 3-404}.
Parmi les grandes compositions en relief, les plus anciennes sont celles de l'arc d'Orange et du monument des Jules à Saint-Remy (premier tiers du i" siècle ap.
Fig. 3466. — Casque des environs de Kiel.
Fi". 3467. — Bds-ifliel Me .•^ainl-Kcmv.
•I.-C.)". On a déjà vu les casques de types barbares qui sont représentés sur ces monuments (fig. 3431-3433).
I Cf. suprà. p. "83.-2 Bev. archéot. 18:9, 1, p. 220. — 3 Anthropolo(jie, t. III, p. 116. — * Kcmble, Horae férules, pi. xii, 5. Voir encore IVotizie degli Scavi, 188G, pi. I, î; Conostabile, Pitturc i>resso Orvieto, pi. xii (casques du môme type avec pardc-joucs mobiles). — t* Lindenschmit, Alterthilmeryl\\B, 1. — ^Indicateur d'nntiq. suisses, 1891. pi. xxx, p. 575. — 7 I,os sculptures de Saint-Remy ont 616 publiées dans lcs.4n(t7ce Denkmaeler, 1. 1, pl.xni-xv (cf. Jahrbuch, 1888, p. I et sq.).
A Saint-Remy, dans les scènes de combat, l'équipement est presque identique de part et d'autre' : c'est celui des légionnaires romains, peut-être modifié par l'influence de quelques œuvres grecques prises pour modèles. Certains spécimens de casques ont la forme simple du cudo fig. 3467). Les guerriers de l'arc d'Orange portent des casques analogues, la plupart sans panaches; les gardejoues sont quelquefois indiqués et quelquefois omis.
La colonne Trajane,la colonne Antonine, l'arc de Septime Sévère et celui de Constantin, formé avec les débris d'un arc de Trajan, présentent de très nombreux exemples de casques; celui de la figure 798 peut être considéré comme typique. Le frontal élevé elle couvre-nuque de dimension modeste accusent l'influence du modèle attique, qui a prévalu à l'époque impériale à l'exclusion du type corinthien. .\u sommet du casque est un anneau de suspension (cf. les fig. 1659,2748, 2749), qui permet au soldat en marche de le porter suspendu par une courroie ' ; au camp, ou quand il travail le à des retranchements, il le fixe à son bouclier posé à terre '". Au lieu du bouton de suspension, les centurions et les officiers portent une aigrette de plumes; comme les textes ne nous apprennent rien à cet égard, nous pouvons admettre que les simples soldats en faisaient parfois autant (fig. 179 et 3468)".
Fig. 3468. — Cavalier romain.
Les musiciens portent aussi des casques à aigrettes (fig. 874) ou bien ils ont sur la tête une peau d'ours fig. 1953, 1956); d'autres fois ils paraissent la tète nue (fig. 1954), sans qu'aucune circonstance accessoire puisse être invoquée pour justifier ces divergences. Beaucoup de casques de la colonne Trajane n'ont, à la partie supérieure, ni anneau, ni bouton, ni cimier (fig. 2744)'^; dans les uns, la calotte est protégée par des bandes de métal, qui manquent dans d'autres; les oreilles sont tantôt libres, tantôt cachées par les garde-joues. A côté du type au frontal élevé, on en voit de presque triangulaires (fig. 2744) et d'autres aplatis comme celui du casque de Kiel (fig. 3466) '•'. La variété est encore plus grande parmi les casques qui ornent les trophées de la base ; on y trouve, par exemple, un type ovoïde " qui ressemble à celui d'un casque parthe conservé au musée Britannique et aux casques des cavaliers sarmates ligures tant
Les figures d'Orange et de Saiiil-Keniy ont 6i6 dessinées d'apri^s les moulages du musc'e de Saint-Germain. — 8 Jahrhucli des Tnslil. 1888, p. 33. — ' Froelnu-r, t'o/oiin« Trajane, II, pi. Lxxvui ; Guhl et Kouer, Leben der Griecfien und liôtner, fig. 545. — 10 Frocbncr, pi. xciv. — Il S. Barloli, Veleres arciis, p. 43. — l2Cf. Froebner, Col. Trajane, pi. cxiviii. 11 y a quelques escm|ilcs de cimiers, /bid. pi. cvni.
■ 31 Frochner, Ibid. pi. lxvi.
■ 14 Jbid. pi. xvn
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sur la colonnf! Trajane' que dans une fresque de Panticapée -. La plupart des armes (|ui com]iosent les trophées doivent reproduire des modèles barbares ; c'est là une question qui n'a pas encore été suflisamment étudiée.
Un bas-relief du musée du Louvre fgravé plus liaut fîg. 3428) nous montre deux soldats dont les casques sont ornés de grands panaches ; sur un autre bas-relief du même musée (fîg. 3429), les casques sont surmontés d'une aigrette de plumes insérée dans une crête. Sur le bas-relief du temple dePréneste,qui représente un navire de guerre romain, on trouve le casque à frontal droit, le casque à frontal abaissé et endn un casque de type grec avec crête longitudinale ^ Ces exemples, qu'on pourrait multiplier à l'infini, montrent que l'idée de Vuniforme, telle qu'elle s'est imposée à l'esprit des modernes depuis les réformes de Louvois, est restée étrangère à la plus grande puissance militaire de l'antiquité.
Sur les stèles funéraires, le casque est relativement rare ; les soldats se présentent généralement la tète nue (fig. 2737, 2738, 2741). Une curieuse stèle, monument d'un cavalier découvert dans la Hesse rhénane, offre un casque à frontal et à garde-joues dont la calotte est modelée à l'imitation des cheveux '. Nous avons déjà reproduit le casque d'un cavalier sur une stèle de Mayence (fig. 2739). Sur une stèle de Wiesbaden, la tète casquée d'un légionnaire parait porter une double crisia et les oreilles sont protégées par deux saillies''.
XXXL Les casques de gladiateurs romains nous sont fort bien connus, tant par les magnifiques exemplaires découverts à Herculanum et à Pompéi * que par les nombreux monuments, bas-reliefs, peintures, mosaïques, lampes et statuettes de bron/e, qui représentent des gladiateurs [gladiaïor]. Ils ne combattaient pas tous avec des casques; quelques-uns portaient des casques de petites dimensions qui laissaient leur visage à découvert ''. Cependant le casque à visière était si caractéristique de leur armement que Juvénal a pu dire (jalea facicm abscondere pour « embrasser le métier de gladia-
GlaJialcurs.
leur»». Une autre particularité que nous apprennent les textes, c'est (|U(" les casques de gladiateurs dits sam-
' Frochner, Col. Traj., p. 10, pi. ijci ; S. Rcinaoli, la Colonne ÏVq/oiie, p. 48.
— 2 Kondakor, TolstoT, Rciiiach. .1 tiliq. de la llussie, fig. 193. — 3 Baunicistcr, Denkntat'lei; pi. i,x. — V Lindc'iHcliniit, Tntcht uiid Hncaffnnng der rôm. Heei'es wâhrend der lùmer:eil, pi. vin, 2 (^ BauiiicMsIcr, fig. UTi). — £• Liudeiiscliiiiil, Alterlhitmer, UI, 0, 5, I. — OOvurlierk, Pompei, (• ril. p. -136; Dubois, Catal. de la coll. Pour- Ittlès.f. 117 (au musi'f ilu Louvre). — 1 Voir U'^auipos publii>cs dans les Deiikmneler de liaiimeislcr, t. 111, p. ÏUHS. — 8 Juv. Vlll, i03. — 9 Varr. De ling. lat. V, US.
— 'OMazois, HuiimdePompci, IV, pi. ii.Mri,i; Ijauiiieislcp, 0. l.Hg. i347; llelbig,
nites étaient ornés d'ailes'. Nous connaissons, par une peinture de Pompéi, l'aspect que présentaient les casques ainsi décorés (fig. 3469)'". Le couronnement des casques de gladiateurs est d'ailleurs très variable ; on trouve des cimiers ornés de panaches, des figures d'animaux; parfois aussi le cimier manque tout à fait, comme dans le casque de la figure 3470 reproduit en relief sur une stèle". Quelques statuettes de gladiateurs sont remarquables par l'énormité des cimiers qui couronnent leur
Fig. 3470. Casques de gladiateurs. Fig. 3471.
casque, par exemple une statuette en bronze du musée de Viennecn Autriche '-. Plusieurs casques présenlentà leur base une partie évasée, destinée à protéger le cou et les épaules des combattants (fig. 3470, 3471) ".
Il n'y a pas moins de variété dans les visières qui couvrent entièrement le visage des gladiateurs, tant fantassins que cavaliers '*. Sur les reliefs en stuc du tombeau d'Umbricius Scaurus à Pompéi '', on distingue plusieurs types sur lesquels il est inutile d'insister. 11 n'y avait parfois qu'une seule œillère, foi*mée d'un trou unique ou de plusieurs trous, sur un des côtés de la visière; mais, en général, les petites ouvertures nécessaires à la vision étaient percées également des deux côtés ""'.
Des lampes en forme de casque de gladiateur " et les beaux casques trouvés à Pompéi dont un est ici reproduit (fig. 3472)'» donnent une idée nette de la disposition usuelle des visières.en même temps que de la richesse de décoration qui caractérisai t ces casques d'apparat. Les visières se composaient de quatre pièces, deux plaques massives, couvrant la partie inférieure du visage, et deux plaques percées de nombreu;iL
Wandgemaelde, n» 1516. — " Arch. Zeil. 18SÎ, pi. vi. — U S. Reiucb. Bronzes figuri's, a' 190. — " Arch. Zeit. ISSi. pi. ti (sWIc). — <* Des gladiateurs à che\al portant le casque à visii>re sont ligures en relief sur le tombeau d'L'mbricius Seaurus a Pompi'i {Mus. Dorbon. t. XV, pi. xj.\). — '5 iluseo Borbon. t. .W. pi. xix; IJaumeister, O. l. fig. 2353. — 16 Une grande ouverture circulaire de cliaque cottS HuU. napolit. n. s. I, pi. vu. — *" Grivaud de la Viucelle, Becueil. pi. xivi, 1-3. — " Oierbeck, Pompéi, 4' M. fig. 254; cf. N'iccolini, Le case ed i monumenti di Pumpei, Caserna dei gladiatori. pi. ii; J/ms. Borbon. t. ll(, pi. nA.
Fig. 3472. — Casque de gladiateur.
GAL
GAL
trous qui, placés à la hauteur des yeux, permettaient de voir tout en olïranl une protection contre les coups. 11 est l'acile de constater que des visières de ce genre peuvent s'ouvrir suivant l'arête médiane, mais non se lever ou s'abaisser, ce qui les distingue des visières du temps des croisades'. Deux autres plaques, ajustées sur les côtés, ont pour but de parer les coups visant la région des tempes. L'ornementation des casques de Pompéi n'appelle pas de longs commentaires. L'un présente un cimier terminé par une tête de griffon et n'a probalilement jamais eu de panache ; deux étuis, placés sur les parois latérales, étaient destinés à recevoir des plumes. La même disposition se remarque dans un autre casque. Le cimier d'un troisième, creux à la partie supérieure et percé de petits trous sur les bords, était certainement couronné d'une puissante crinière, fixée à l'aide de lits de métal que l'on passait à travers les trous". Les sujets qui décorent les calottes des casques et le cimier de l'un d'eux sont tous exécutés en relief. Sur un des casques conservés à Naples, les reliefs du timbre représentent des scènes de la prise de Troie ^
XXXll. 11 ne peut être question d'étudier en détail la décoration sculpturale des casques : nulle part, peut-être, la fantaisie brillante des artistes ne s'est donnée plus lii)rcment carrière et n'a créé des modèles plus variés. Contentons-nous donc d'une tentative de classement, en réservant pour la tin les trois chefs-d'œuvre du genre, le casque de l'Athôna Parlhénos et ceux qui figurent sur les deux camées de Saint-Pétersbourg et de Vienne.
Nous avons déjà vu, dans l'art archaïque, des supports de panache en forme de col d'oiseau (fig. 3416, 3417). L'emploi des figures d'animaux comme supports des panaches commence de très bonne heure. Sur la frise du trésor des Siphniens à Delpiies, les panaches des casques des géants reposent sur un bouquetin, un serpent, un escargot'; sur des vases, on trouve à la même place des têtes d'oiseau et de chien ^; le cimier du casque d'Athéna, dans le fronton occidental d'Égine, eslporté par un serpent"; ailleurs, c'est un sphinx (lig. 3473)'; c'est un hibou sur une belle statuette en bronze inédite, qui est conservée au musée du Louvre*.
Le serpent figure comme support sur un grand nombre de monnaies d'Alexandre, de Lysimaque, d'IIiéron II, sur des monnaies étoliennes. de Tarente, de Velia'. Exceptionnellement, sur certaines monnaies de Byzance, le cimier d'un casque corinthien est supporté par un lion '". Il arrive souvent que la place du cimier est occupée
1 Cf. Além. de la Soc. des Anti(j. de France^ t. X, p. 349. — 2 0\ei-beck, Pompci, 4« éd. p. 457. — 3 Heydeinann, lliupersis aufeiner Triakschale des Bnjgos, lierlin, \sm,\>\.m. — ^PInlol. WocAcnscAn■/'^18!)l, p. 1277. — c Arc/i. ifeiM8C2, pl.ci.xsv ; (ierhard, Ai/5er/. Vusetib.tO'7. — û Pricdcrichs-WoUcrs, GlpsaOt/iisse, p. 3J* — 7Vasc peint (lîeniulorf, Griech. und sicit. \'asenh. pi. xxxi. 1). Cf. une sluUiellc en bronze du Cabinet de France, Duruy, Hht. des Grecs, t. II, p. 731 . — 8 AuticTois an niusiîe de Glnny. Du Sonmierard, Calai, du musée de CluHi/.n" 1221. — V Arc/t.'Zeit. 18S2, p. 33. —to Ilril. Mus. coins, T/,mce,p. 100. — " Virg. Aen. VII, 7o5. — lacf. Bril. Mus. coins, Macedonia.p. 18; Arch Zeil. 1855, pl.r.n, 3. — '3 Cf. Oori, Mu.'!. Flor. I. 17, 4. — 1* Casque d'un pei-sonnage du sarcophage dit de Jovin à Reims (Laborde, Mon. delà France, t. I, pi. cm). — ^^ Nordiske Fûrtidsmindet\ II. Cf. un guerrier scandi- Qaveavec casque portant un sanglier, Alontclius, Temps préh. en Suède, trad. Ueinacb. fig. 332. —if'Mém. de la Soc. des atUiij. t. XI, pi. vu, 1, 3, 22. — 17 Furtwacngler,
Fig. 3473. — Casque surmonté d'un sphinx.
3474. — Monnaie do Thurii.
par un animal : tel était le casque de Turnus, qui portait une cliimère ". On trouve ainsi un griffon (fig. 153, 553)'-, un dragon (fig. 2319)'^, un dauphin'', etc. Le vase de Gundestrup offre des casques surmontés de sangliers et d'oiseaux'^. Celle tradition n'était pas perdue au xiv" siècle '°. Bien plus fréquemment encore, la partie antérieure de la coiffe présen te l'aspect d'une tête d'animal ou d'un animal entier. 11 y a lieu de croire que l'exemple en a été donné par l'art ionien". Un fragment de Caere, au musée de Berlin, offre un casque dont la partie antérieure est une tête de lion ; c'est d'après un modèle analogue que le sculpteur d'Égine a composé le casque de l'Hercule du fronton oriental (fig. 3394)". On trouve de même le griffon sur les casques d'Athéna '^ et de Mars-", le sphinx (fig. 2573) et Pégase sur le casque d'Athéna-', un aigle tenant un serpent dans son bec sur le casque d'un guerrier--, un aigle avec couronne sur le devant d'un casque romain, dont le revers et les paragnathides sont décorés de petites édicules (fig. 3405). Jusque dans le nord d'Europe, nous voyons les Cimbres orner leurs casques de mufies de bêtes sauvages ^', et le même usage se retrouve dans le moyen âge occidental^'.
Au lieu d'animaux, on trouve aussi des êtres fantastiques, comme Scyllo sur le casque d'Athéna (monnaies d'Héraclée et de Thurii, fig. 3474) ", ou des sujets complexes, comme le quadrige au galop sur le casque de Massinissa -^ et les compositions à plusieurs personnages figurées sur le casque de Ménélas dans le groupe du Pasqiiino^\ sur le casque de bronze de Nicopolis au musée de Vienne''. .\illeurs, c'est une tête humaine qui parait sur le devant de la coiffe '' ou sur le frontal '" ; les graveurs de pierres fines se sont même amusés à réunir ainsi plusieurs têtes, l'une sur le devant, l'autre sur la partie postérieure du casque d'Athéna ''.
Sur un petit vase de bronze très archaïque, en forme de tête casquée, qui a été trouvé près d'Olympie, les paragnathides sont décorées de ligures de sangliers '^ La paragnathide d'un casque de géant, dans la frise du trésor des Siphniens à Delphes, a la forme d'une tête de cheval ". Le Cabinet des médailles a reçu du duc de Luynes un casque avec paragnathide décorée d'un
.Meislerwerke, p. 254. — 18 Id. dans le Lexicon der Mijlhol. t. I, p. 2153. — 19 Bril. Muséum coins, Crète, pi. vi, 4. — 20 /ô. rtaty, p. 325. — 2i G.irdner, Types ofgreek coins, pi. V, 19. — 23 Vaso do iVola {Arch. Zeil. 1878, pi. xxcii). — 23 Plut. Mar. XXVI. — 2V Mt<m. de la Soc. des unlii/. t. XI, pi. vin, 87, 80. — 20 Imhoof-Blumer, .Monnaies f/reC'/ues, pi. a, 4. — 2G Gori, Mus. Flor. \, 25, 11 (laltribution do cotlc tôte casquée à Massinissa est incertaine). — 27 Annali dell' hist. 1870, tav. c, d.
— 28 Sackcn et Kenner, Miïnz-und Antihen Cabinet, p. 2y3; Sarken, Jahrb. der oeslerr. Kunstsammlungen , 1883, pi. m; Friederiehs-Wollers , Gipsahgilsse, n" 20G3. — SU Cf. deux pierres j^ravres représentent Atliéiia (fioi-i. Mus. Flor. I, fio, 1 1 ; Mariette, Pierres gravi^e^, II, 6) et un casque de gnei-ricr analogue (Gori, Ojt. /. II, 59, 2). — 30 Buste d'Athéna do l'école do Phidias, découvert à llerculaniim (Fiirlwacngler, Mcisteruierke, p. 91). — 31 Gori, Op. l. I, 49, 1; Marieltc, Op. I. I, 73.
— 32 /ou-.vi. hell.Slud. Il, p. 09. — 33 />/„;. Wochensclirifl,t»Oi,f. 1277.
Fig. 317
- Casque orné de reliefs.
GAL
— 14ol —
GAL
sphinx (fig. '.illo)\ Un casque de Huvo, à Carlsruhe, a des paragnathides en forme de têtes de griffon ^; un objet semblable, décoré d'une figure de grifîbn, a été découvert à Chypre'. Nous citerons encore une belle figure de Scylla sur la paragnathide d'argent d'un casque en fer découvert à Kerlch '', des paragnathides en forme de col d'aigle sur un casque étrusque ', de tète de bélier sur un casijue de Locres ''. Dans le monument des Néréides à Xanthos, le casque d'un personnage offre une paragnathide ornée d'une tête de bélier en relief; on distingue un animal courant sur la paragnathide levée d'un casque sur un vase de Oouris *. Les figures humaines sont plus rares; nous pouvons cependant alléguer une figure d'Ulysse sur une paragnathide en bronze du musée de Berlin et un buste de Minerve sur la paragnatliide argentée d'un casque romain'. Enfin, une paragnathide découverteàDodone présente l'aspect d'un profil humain '".
Une belle monnaie di' Thurii, au type d'Alhéna, offre un dauphin sur le garde-nuque du casque " .
Des ornements végélaux, en particulier des couronnes d'ulivier, décorent le casque d'Alhéna sur presque toutes les monnaies d'argent atliéniennes; il en est de même en Campanie'- et îi Syracuse'^ Le Musée du Louvre possède un casque conique provenant de la Grande-Grèce, qui est entouré d'une couronne de laurier en or(fig. 2004).
Ije casque de l'Athéna Parthénos de Phidias, qui nous
Fig. 3176. — MùiljiMou eu ur de Koul-Oba.
est connu surtout par la petite copie athénienne'', par la pierre gravée d'Aspasios [gemmae, fig. 3522] '» et par le
1 Monum. iMV lusl. I83C, pi. ui. — 2 I.iiulcnsclmiil, AllerthUmer, I. 3, 2. 3.
— 3 Pcriot cl Cliipicz, llist. de lurl, t. III, |). SC7, fig. G33. — > AitHij. du Bosphore cimmèrien, pi. xxvm, I, — ■'. Liiidensclimit, Allerlhùiwr, I, 3, 2, 3. — 6 Jlfuseo Oorlionico, t. V, pi. .\xix, i. — ^ Aiinali delV Inslit. 1875, p. 75. —8 SclirciLer, BUderatlas, pi. xxxv, i. — » Jahrb. des Instit. 18S7. pi. I ; Lindeiiscliniit, O. c. I, I-, ■', <i. — '" Carapaiios, Dodone, pi. i.v. On voil ipiolqucfois sur les vases poiuls des paragualliidos iniilant la barbe, fig. 33!15, 3409, 311i et Arch. Zeilunii, 1871, pi. 48. — Il Iniboor-liluincr, Monnaies grecques, pi. a, 4. — li Brilish Mmetim coins, Italij, p. 73. — M Ibid. Sicilij, p. 187. - U Athen. .Millhfil. 1881. pi. i.
— 15 Slosch, Pierres gravées, pi. xni. — 10 Kondakof, Tolsloï. Reinacll, AïKi^. de In Russie, fig. 207; Anilq. du Bosphore cimmèrien, (d. Keinacli, p 63. — 17 Collignoii, Scu/plure gren/ue, t. I, p. 543. — 18 Keicliel, llomer. W'a/fen. p. lij.
— •» Visconli, Iconographie grecque, pi. lui, 3. — iOlicklicl, Pierres gracèes.fX. \; Visconli-Monge;, Icon. romaine, addit. pi. ixiv A, I. — 21 Paus. Il, 13; VI, 10.
— 22 \oir larlicle doxaria, p. 376. On nionlrail à Kiigyoïi en Sicile, un casque en bron/e voui' par Ulysse (Plut. Marcell. 20). — 23 DodHcII, Traiels, t. Il, p. 331,
— 2VCoi7). Inscr. graec. n" 16, 29 ; Journ. hell. Stud. l. Il, pi. xi(avec Irou fait par une lauoe au revers). — 2ô On les voil rcpn^sculcs lri>s souvent sur les tropluîes avec
médaillon en or de Koul-Uba (fig. 3470;", était décoré avec une merveilleuse richesse. « Le timbre du casque est bas et se prolonge par un couvre-nuque garni d'écaillés; le cimier est formé de trois aigrettes, celle du milieusupportée par un sphinx, les deux autres, plus basses, soutenues par des Pégases ailés. Les garde-joues, relevés, sont décorés de griffons en relief, et au-dessus de la visière prend place une rangée de chevaux lancés au galop, qui se retrouve sur les monnaies attiques repré.sentant la tète de la Parthénos '•'. « Dans ces saillies latérales, encadrant le cimier, on a voulu voir ingénieusement une réminiscence des phaloi de l'époque homérique (cf. p. 14'<2)'«.
Les casques des Ptolémées, sur le camée Gonzague aujourd'hui à l'Ermitage " et sur le camée du Musée de Vienne^", doivent être ci tés en terminant comme exemples du luxe et du goût avec lequel on comprenait, ii l'époque hellénistique, la décoration des casques d'apparat. Une description en serait superflue igemmae, fig. 3514j.
XXXlll. 11 est certain que les casques, en dehors de leur usage à la guerre et comme ornement, ont été portés dans certains jeux-' et offerts aux dieux à titre d'exvoto^-. On est cependant allé trop loin" quand on a voulu considérer comme agonistiques ou votifs les casques dont le métal semblait trop mince pour répondre aux nécessités pratiques. Les casques voués aux dieux, dont nous possédons plusieurs exemplaires avec inscriptions -', étaient, en général, des pièces de butin prises sur l'ennemi et fixées sur des trophées". D'autre part, l'usage do fabriquer des casques purement votifs est attesté par l'existence de spécimens qui sont trop petits pour avoir été portés". Des casques en terre cuite ont été recueillis dans des tombes près de Tarente-' et un casque de la même matière faisait office de couvercle sur un ossuaire de Corneto -*.
Il nous reste à dire que les casques servaient parfois à tirer au sort entre soldats-' et qu'on pouvait aussi, en cas de besoin, les employer comme vases à boire ou pour faire des libations^". Enfin, ils étaient attribués comme prix dans les jeux'' et sont figurés, en cette qualité, sur divers monuments représentant des combats ". Au moyen âge également, le casque, regardé comme la plus honorable des pièces de l'armure, était donné pour prix dans les tournois et les pas d'armes; les autres genres de présents ne venaient qu'après ". S.\lomon- Reix.vch.
GALE.VR. — .V vaut que les acteurs de la palliala latine [co.MOEDiAj ne suivissent l'exemple des Grecs en adoptant les masques [persona], ils se servaient de grandes perruques, galearia, dont la couleur indiquait leur âge : les
les paragnathides pendanlcs (Cf. Juven. X, 134).— 26Voy. un de ces casques, trouvé à 01; inpic, ap.Kurtwaengler. Olympia, t. IV. p. 163. On peut ne pas partager latisdc Friederichs {Gijpsabgasse, M. Wollers, n« I6U) ; d'après lui le casque de Canosa i Carlsruhe (LiDdenschmil, Atterlhitmer, I, 3, 2. 7), dont les oeilliîres sont trop rapprochées, a dû être fabriqué comme ei-voto pour une tombe. — 2' Gazttle archéol. 1881. p. 9S. — 28 yotizie d. Scavi, 1882. p. 178. — 2» Virg. Aen. V. 490. M8.
— M PropcrI. III, 10. 8; Tibull. II. 6. 7; l.ucan. I.\, .HIO. — 31 Herod. 11. 151.
— 33 Virg. Aen. V, 367; Sil. Ital. XVI. 451 ; liertrand et Keinacli, les Celles, fig. 69 (situle de Matrai), fig. 115 (situlc de KulTaniV fig. 71 (silulo Arnoaldi de Bologuc).
— 33 Allou. Afém. de la Soc. des aniiq. de France, t. X, p. 29.!. — BiBuocRApaii. Uiistovv et Kûcbly, Oeschichie des griechischen Krirguresens. Aarau. 1852: llelbi;. Dos homensche Epos, 2- éd. 1884: Drovsen, Heenresen und Kriegsfàkrung der «1 iVcAcii, Fribourg, 1SS9. Baucr, Kriegsallerlhùmer, 2- éd. Munich. 1S92: Dcramin. die Kriegswa/fen. t- éd., Lcipi., 1S93. De ces ouvrages, les uns ne sont plus du tout à la hauteurde la science et les autres sont des nîsumés beaucoup trop succincts. Nous avons cilç dans le corps de cet article les travaus de .MM. Heuicy. licichcl et Furlvvaengler auvqucis nous avons des obligations. On auuouce pour 1S95 la publication de nombreux casques en bromes inédits de la collection Lipp«rbcidc à Innsprûck.
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vieillards avaient des perruques blanches', les jeunes gens des perruques noires- et les esclaves des perruques rousses. Nous devons ce renseignement au grammairien Diomède, qui paraît l'avoir emprunté à Suétone ou à Varron^ Quelques textes donnent galeris ah lieu do galraribus dans ce passage''. S. Reinach.
GALEARIUS. — Végèce dit que l'on appelle ainsi certains valets d'armée, lixae; on a conjecturé que leur office consistait à porter les casques pendant les marches'. Suivant une autre opinion, c'étaient comme les officiers des valets et c'est pourquoi ils auraient été armés de casques-. S. Reinach.
GALEOLA. — On suppose que ce vase avait quelque ressemblance avec un casque, à cause de la racine galea ; mais on ne sait rien de plus précis, car il n'est connu que par un texte' qui l'assimile au sinum. Ur, dans Virgile-, sinum lin'tis signifie un bol de lait. La. galeola devait donc être un petit vase de ce genre. E. Pottieb.
GALERUS, plus rarement galerum, anciennement aussi galera (diminutif galericulum), xuvtr^. — Le sens propre de ce mot, qui a probalilement la même origine que GALEA, correspond à peu près à celui du français calotte; mais il a pris, avec le temps, des acceptions assez diverses'.
I. Virgile nous montre les anciens habitants du Latium partant en guerre avec des calottes fauves faites de peaux de loup^ Stace, décrivant les guerriers arcadiens, dit que les uns ont revêtu des casques, tandis que les autres ont gardé la coiffure de leur pays, le galerus arcadius^. Frontin appelle encore galericulum le petit casque des vélites, qui était probablement en cuir'. A l'époque classique, \egalcrits est la coiffure des paysans, que l'on qualifie pour cette raison ai' galcriti'-'. Le laboureur, aux champs, porte un galerus'', qui le protège contre le soleil"; le chasseur en campagne revêt une calotte de martre". Les poètes latins appellent aussi quelquefois galerus le pétase de Mercure'. Des représentations de calottes rustiques, fort analogues à celles
Fig. 3477. — Ciilotle de Itouvicr.
qu'on porte de nos jours, se voient sur les monuments qui représentent des scènes de la vie agricole et pastorale
GALEAR. I Plaul. Mil. 631 ; fincc/i. 1101 ; Trin. 873 {albicapillus). — 2 Les clieveui (les gaKinls (!-taieiiL boucK's, Cincinnati (Plaut. Mil. 923). — 3 Diom. I, p. 48y (Grammalici Int. de Kcill. — ■ TculTcl, Gesch. di-r mm. Lileriititr, S' M. t. L p. 29.
<;.\LEA|(IL'!<. ' Vcgct. I, 10 ; III, 6.-2 Forcollini, Lexicon. s. i:
GALEOLA. I Varr. aji. Non.XV, 34(|>. 638, Uuiclicral). — 2 V'irg. Bue. VII, 33.
GALERUS. 1 Aiisoiie [Idijll. xtv, 25) parle ni<>nie du galerus d'un hotiloii de rose. — 2 Virg. Aen. VII, 688. — a sut. Theli. IV, :iUi. — v Frontin. Slrntaij. IV, 7, 211. — i3 l'roperl. IV, 1, 20. — 0 Virg. Moret. 121.-7 Cilpurn. Kcl. I, 6. — » Gral. Cj/neg. 33L1. — 3 Stat. Theb. I, 3(i;i; cf. Claudian. Ur rapt, l'roserp. I, 78. Cf. la coilTnrcd'IlcrinèssnrU'S tuonnaics il'Acnos; Miounet, Dt'srr. pl. vr.iN, 3; IJarrIav llcad.
. 3i7S. — ■ Galolie de ,£:v iinlasto .
(fig. 3477 '", voir aussi fig. 433). 11 a été question, à l'article GALEA, p. 1439, des calottes de cuir que l'on portait à la guerre, tantôt sous le casque (fig. 1400), tantôt à l'exclusion de toute autre coilTure".
II. Le galerus désigne aussi le bonnet fait de la peau d'un animal immolé que portaient les flamines'^; les détails nécessaires à ce sujet ont été donnés ii l'article FLAMEN fp. 10(17).
III. Les athlètes et les gymnastes portaient une calotte pour préserver leurs cheveux de la poussière'^ Les vases grecs dont les sujets sont relatifs aux jeux palestriques, en olfrent des exemples '•.
Sur un de ces vases on dislingue les détails de celte calotte, faite de deux pièces, et fixée sur sa tête par une mentonnière (fig. 3477).
On a cru reconnaître une calotte plus petite et tout à fail adhérente sur la tète de quelques athlètes dans la mosaïque des thermes de Carac;illa (cf. fig. 603) '"■.
IV. Le galerus des gladiateurs n'est mentionné que dans un passage de Juvénal'", qui causait déjà de l'embarras à ses scholiastes. Les uns y voyaient un couvrechef {pilrus quem hahent retiarii), les autres, un objet couvrant l'épaule [galerus est itmero imposilus gladialoris). Cette dernière interprétation a été reprise par Garrucci'" [gladiatou].
V. Comme le galerus le plus rustique cl sans doute aussi le plus ancien était fait d'une peau d'animal sur laquelle on laissait la fourrure, on en vint à donner ce nom aux perruques, calottes recouvertes de cheveux postiches, connues des Grecs avant les Romains" et plus anciennement encoredes peu pies orientaux ", qui, à r(''poque impériale, étaient également portées par les femmes et par les hommes [capillamcntum, corgmbium-'^, irspiOeTT- 7rf|VÎxr,,o£V7.xYj,'£VTçt/ov,7iGoxo[ji.iov)^'. D'abord destinées uniquement à garnir des crânes prémalurément chauves et considérées comme une ressource extrême de la toilette, elles furent ensuite adoptées presque généralement par les femmes de haute condition, pour embellir l'édifice de leur chevelure^-. Les cheveux blonds des Germaines étaient particulièrement recherchés à cet effet-''; on importait aussi ceux de l'Inde, qui payaient un droit d'entrée-''. Les galeri de cheveux blonds, au témoignage d'un
Hist. numorum, p. 213, 214. — 10 Mus. Pio-Ciement. l. VII, pl. \xs. Voir aussi Sclirciber, Dilderallas, pl. i.xv. — H Hom. //. X, 2;iS. 355. — liSorv. ad Aen. 11,083. — 13 Mart. Kpigr. XIV, 50. — I» Archnol. Zeit. 1878, pl. xr, d'où est tir(^c la fig. 3477 ; cf. Gazette arc/téol., 1887, p. 423, fig. o. — 1« Secclii, Jl mmaico antoniniano, Rome, 1843, p. 54. — 10 Juv. VIII, 207. — H Garrucci. Vull. archeol. napol. n. s. i. I,p. 103. — t« l'ollux, X, 170; Athcnae. X, 4l5(i4;cf. XII.p. .523o; Aciian. Var. hist. I, 26. — !'•• Xeuopli. Cyr. I, 3, 2 ; Aristol. Oneiroc. 14. V. aussi ce qîic dit d'Annibal l'oljbe, III, 78. — 20 l'ctr. Salyr. 110. — *1 Luc. Diat. mei: M (perruque de femme) ; Alex. 59 (perruque d'homme). Cf. Schol. Arislopli. Plut. 271 ; Suid. Ileyscli. *. v. ;:(pnrto«"A«i'a et T:r.v(x>;; Elyni. magn. i». 790, 20. — 22 IJotUger, Snliimi. I. I. |>. I H. — 2;i Mart, l'-tiifli-. V, OS. 2'. Hit;. XXXIX, 1, lli, 7.
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sclioliaste', convuuaii'iiL surloul aux coiirlisancs, alors que les inatrunes préréraienl les cheveux imirs. Il esl déjà question de cheveux postiches dans Ovide ^ qui les appelle cheveux achetés, crines empli. L'empereur Ollion, (jui avait peu de cheveux, portait uni; perruque si l)ien adaptée qu'on ne pouvait en reconnaître l'artifice ^ Pétrone, dans le Satyricon, nous montre une suivante ajustant au malheureux Giton, qui avait été coinplètcnientrasé, uneperruqu(!('rjryw(/jtMm)de sa maîtresse ; elle lui met aussi des sourcils postiches (ju'elle retire d'une cassette. Un autre personnage, (|ui a subi le même sort, reçoit une perruque; blonde, /lauicomum rurtjmbium'. Martial se moque d'un cliauve qui porte un galericum de peau de chevreau et compare cette perruque à une chaussure de la tète '. Une Table d'Avianus a pour sujet la mésaventure d'un chauve qui avait coutume de mettre une perruque; comme il était un jour à cheval, un coup de vent l'en dépouilla. Objet des risées des spectateurs, il se tira d'afTaire par un bon mot : « Pourquoi s'étonner, dit-il, que mes cheveux postiches [posili capilli) soient tombés, puisque ma chevelure naturelle avait commencé par en faire autant"? »
Les perruques servaient aussi de déguisement. Ovide nous montre Pallas qui, pour se donner l'aspect d'une vieille, se couvre le front de cheveux blancs'. Tout le monde connaît les vers où Juvénal décrit Messaline, dissimulant sa chevelure noire sous une perruque blonde". Néron, au témoignage de Suétone, mettait un pilcus ou un galcrus pour aller la nuit dans les cabarets".
11 a déjà été ([uestion koMA, p. 13(>!lj de bustes de princesses romaines qui portent des perruques. Un buste de ce genre, qui esl au Louvre, celui de Plautille, femme de Caracalla, est décrit ainsi par Clarac'" : « La coiffure lourde et sansgràcedecetle téteestuneperruque, laissant voir desmèches de cheveux qui sortentde dessous. Matidie et Sabine portaient des coiffures artificielles formées d'une quantité de tresses postiches qu'on ne voit pas aux têtes coiffées de leurs cheveux. On sait qu'on changeait à volonté la coifi'uro de certaines statues; telle est une Plautille du Capitole, en marbre blanc, et dont la perruque est de marbre noir. » Visconti a publié une statue de Julie Soœmias en Vénus dont la tète présente la même particularité " : « La chevelure de cette statue est amovible, excepté les deux boucles de cheveux qui tombent sur les épaules.... Quelques-uns (Bottari, entre autres), en observant des coiflures ainsi mobiles sur d'autres tètes antiques, en ont conclu que c'était un usage adopté dans ce temps-là, de porter des chevelures fausses.... Je ne découvre dans cette singulière particularité qu'un rariinoment de luxe chez les dames romaines (|ui, changeant souvent de mode, portèrent la vanité jusqu'à ne pas vouloir se voir dans leurs portraits ajustées avec une vieille mode, et qui obligèrent les artistes
I Scliol. ad Juv. VI, 1-20. — 2 Ovid. Ars amat. III, livi. — '■> Suct. Olho, li.
— Vclr. Salyr. ilO. — iUîcl. Epigr.\[l, io. - <> Avian. /'ai. X.— 1 Ovid. Metam. VI, ii. — 8 Juv. VI, liU. — » Sud. .Ver. 26. Cf. Luc. DM. Mer. V. .1. où il s'agil d'un homme déguisé cil femme au moyen d'une i>erruquc. — '0 Clarac, Manuel de l'Iiist. lie l'art, t. I, \^. 2'i, n" 5i. — H Visconti, Musée Pie-Ctfm. l. II, pi. i.i.
— 12 Tcrtull. De cultu fem. XII, 7 , CIcm. Alex. Paedag. III, II, p. 2'Jl M. Coller. — 13 Boldclli, Osserv. sopra i cimitcri, l. I, p. 2'^'. — La hibliograpliic a Hi donnée ù l'article coma.
GALIiSTIIIiVDIA. I Anton. Lib. Mel. i9 -, Ovid. Met. IX, iSO sqq.; cf Aelian. .Vo(. aiii/;i., XII, 35; Wcickcr, Kleine Heliriflei), 111, p. 190 et s.; Prcllci-l'lcn, Gruxh. Mythologie. 3' M. liei-l. IST.i, II, p. 181.
à imaginer uni' ressourci' au moyen de laquelle on pût changer lacoilfuri! d'une statue de marbre sans l'endommager. » Visconti ajoute qu'il y a dans le musée du Capitule un buste de Julie Mammée oiilescheveux ne sont pas amovibles, mais on, pour pouvoir changer la coiffure, on avait fait trois entailles des deux cOtés et par derrière, dans lesquelles se plaçaient des morceaux qui représentaient une coiffure différente.
I^es moralistes ne laissaient pas de blâmer ce luxe insensé de chevelures postiches; on a déjà traduit [coma, p. 13G9] le passage oîj ïertullien le condamne'^ Cependant les chrétiennes elles-mêmes paraissent avoir obéi à la mode, car Boldetti dit avoir trouvé, dans une tombe de femme du cimetière de Cyriaque à Rome, une perruque composée de cheveux châtains '^. SALniioN Hei.nach.
GALI.VTIIIADIA (ra).'.vO;iîiai. — Fête célébrée à Thèbes en l'honneur de Galinthias, fille de Proetus, qui avait favorisé la naissance d'Hercule, liera irritée le changea en ïelute (vaXîii. Hercule lui éleva un temple, où, le prcmiier, il sacrifia'.
<;.\LLICA. — Sorte de chaussure ainsi appelée parce ((u'elle était d'origine gauloise ; l'usage s'en répandit chez les Romains, dit Aulu-Gelle, « peu de temps avant l'époque de Cicéron' », c'est-à-dire, sans aucun doute, au moment où fut conquise la ^arbonnaise; en -45 av. J.-C. on la voyait aux pieds de Marc-Antoine, qui se trouvait alors dans celte province^. Elle fut ensuite adoptée dans tout l'empire; elle reçut, en passant dans les pays grecs, le nom de Tpo/7.ç, qui indique une chaussure légère, propre à la course (tpÉ/w) ^ ; on rencontre aussi le diminutif gallicula '' (Tio/iotov ^). Voici, d'après les textes, quels étaient les caractères distinclifs de la gallica.
1° Elle rentrait dans la catégorie des sandales et par conséquent laissait à découvert, au moins en grande partie, le dessus du pied ; on l'y fixait avec des cordons, ou avec des lacets de cuir minces et ronds ; en un mot la (/allica est assimilable à la solea; le rapport entre ces deux chaussures est tel que les deux mots mêmes sont considérés comme synonymes et s'emploient indifféremment l'un pour l'autre''. Aulu-Gelle explique ainsi pour- (|uoi on peut, dans l'usage, les confondre sans inexactitude : « Omnia ferme id genus quibus plantarum calces tantum infimaeleguntur, caetera prope nuda et terelibus halicnis vincta sunt, soleas dixerunt. » D'autre pari rjaliica esl quelquefois traduit par tïvooIÀ'.ov".
2° Au début, on trouvait (ju'il n'était pas convenable pour un citoyen romain de porter la gallica, lorsqu'il sortait de sa demeure revêtu de la toge; elle ne devait pas usurper la place du calceus dans la vestis forensis; Cicéron s'indigne qu'Antoine ait osé paraître en public avec des galticae aux pieds' ; il est vrai qu'il était alors en Gaule, dans la Narbonnaise ; mais il était magistcr cguitum de César, et comme tel obligé, plus encore qu'un simple citoyen, d'observer les convenances. Plusieurs
CALLIUA. 1 A. Gcll. Xlll, SI : « non diu ante aelalem .1/. Ciceronis .. — 1 Cic. Phil. 11, 30, 76. — '1 Mcsycli. Glossar graec. lat. ^éd. Gocli et GundermaDU), 5.0. Cf. lidicl. Diocl. IX, ^i. dans le corp. inscr. lal. lil Suppl. fasc. 111(1893) p. I»38 : Gallicae cursuriae. — ' Rufin. Trad. Josepli. Aiiliqu. IV. 8 ; Schol. Juven. III, 67 ; Gtoss. gr. lal. l. c. ; l'iacid. Lib. gioss. éd. Goolj. ». r. ; Icmot se reucoutre eocore dans les telles latins du moyeu âge ; v. Du Gange, Gloss. ê. v.—^ Edict. Diocl. (. c. — f' A. Gell. /. c. : llenzeu, dans les Miltheil. d. deuisch. Insl. Jiorm. Ahllt. il (18*7), p. Ii3. Dans l'iidil de Dioclétion, les soleae et les gallicae sont comprises dans un seul et même paragraphe (l.V, ti) et elles n'y sont point, quant au prix, distinguées les unes des autres. — 'Rufin. /. c. ; Gloss. Ampton. sec. ^Goeti), s. c. gallicas. Cf. Hesycb. Tjo/.iSt; (tk^SàVik. — 8 Cic. et A. Gel., /. c.
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siècles après nous voyons que la gallica est resiée la chaussure des pâtres', des paysans-, des voyageurs et des courriers' ; comme le bâton, elle est un des attributs ordinaires des premiers moines, un indice de leur vie simple et rustique'. Cependant on s'était beaucoup relâché de la sévérité des premiers temps et peu à peu on s'était habitué à voir des citoyens romains porter la galUca au lieuducrt/cei/s ; sous Hadrien, un jour de fêle, des sénateurs ne croyaient pas devoir s'interdire celte chaussure en se rendant à une séance de déclamation; il fallut que le professeur, qui connaissait mieux les usages du passé, leur rappelât la diatribe de Cicéron contre Antoine''. Dans la fête annuelle que célébraient les .\rvales, leur magister ou président, qui était quelquefois l'empereur lui-même, échangeait, le second jour, la toge et le calceus contre le ric'mium et la solea ou la gallica, lorsque, la couronne en tête, il montait dans sa loge du cirque pour donner le signal des jeux^ La sandale, qui était la chaussure ordinaire des prêtres d'Isis, est mentionnée aussi sous le nom de gallica' .
S'il est clair, d'après ce qui précède, que cette chaussure n'était qu'une variété de la soira, il n'est pas moins certain qu'elle devait s'en distinguer par quelque détail, puisque pour la désigner on avait éprouvé le besoin d'introduire un nouveau mol dans la langue. Mais en quoi consistait au juste la dilférence? 11 est possible, que galoche comme on l'a pensé, vienne de gallica'. Le mot français désigne généralement une chaussure sans lacets, à semelles de bois, que l'on peut porter même par-dessus les souliers, et qui est surtout en usage dans les pays où la terre est souvent détrempée par les pluies. 11 faut reconnaître que cette définition ne correspond qu'imparfaitement à celle qu'Aulu-Gelle donne de la gallica. Mais la forme de la galoche a pu être modifiée depuis l'antiquité, sans perdre cependant son caractère essentiel ; ce qui la distingue des sandales les plus grossières, c'est qu'elle est garnie au bout du pied, au talon et sur les bords, de morceaux de cuir rigides, qui la maintiennent en place; ils sont plus ou moins larges, mais n'enferment jamais complètement le pied à la façon d'un soulier ou d'un sabot. Tel a dii être aussi le caractère de la gallica. C'est ce qu'Aulu-Gelle semble indiquer, lorsqu'il parle des chaussures qui laissent le dessus du pied, non point précisément nu, mais « propc nudus'^ ». Hésychius définit les TGo/âSeç des sandales « en peau de chèvre'" «, et un auteur plus récent parle de gallicidae de femme, « entourées de peaux teintes en rouge, (]nae nthricalis pclUhns aiubiuntiir^' ». On peut donc admettre que la.gallica était une sandale, qui avait, de plus que la solea romaine, un rebord en peau, plus ou moins étroit ou découpé. Parla elle devait se rapprocher beaucoup du (;.\MPAGrs.
1 IMacid, Lit), gloss. (Goet/.) ; « GitlVtctda cnlciamunta pasionnn sttnt ».
— 2 Edict. Diocl. t. c. : f Cîallicao ruslicanae •>. — :* Ibid. : « Gallicac cursuriac », avec rcxplicaliou de WaddingLon. — » Hicron. Pritef. in Hcfj. S. Pachom. n. 4. — ^ A. Gell. t. c. — 6 Hcnzeii dans les Mittheil. d. dcxitsch. Inst. l. c. — "< Ps. Tertuli. Carm. ad Sénat, apostat. Î2 (Mignc, Paint, lat. l. H, p. 1100). — « On a pudirc d'abord une gailesche, voy. LilM; s. «. ; Cuper, Apotheos.ji. 190; Saumaise ad ïerlull. Pnll. p. 310; Biilligcr, Kleine Schrifl.lW, p. 75 et 83; l.obcck, Aglnoph. p. 1317 cl les aulcurs citi's ici dans la hibliographie. Cependant M. Anloiuc Thomas, un des auteurs du nouveau IJiclionnaire <lc la langue française, veut bien ni'informcr que cette Olymologio lui inspire dos doutes.
— 9 A. Ccll. (. c. — 1" Hcsycb. " Tfo/àSi; 5«/Si"/.« fcb «îynoj 5if;xat'>; ». — H Al-
dlielm. (vu' s.), De laudc Virg. XIV, p. 310 B. — 12 La figure de Rich, Dictionn. des Antiquitt's, s. v. est tirée des Monum. ined. delV Jstit. dî con\ arch. di Jioma, l. I. pi. sNx cl xxxt; cf. /îer. nrrA. 1888, II, pi. xxii-vxui; la chaussure qu'on
On a essayé de retrouver sur les monumenls figurés l'image de cette chaussure; on l'a cherchée notamment sur ceux qui ont été exécutés en Gaule ou qui représentent des Gaulois'-; les identifications proposées restent en grande majorité problématiques. Cependant les exemples ci-contre paraissent répondre assez bien à la définition que l'on peut tirer des textes anciens. La figure 3479 est prise sur un bas-relief gallo-romain du musée de Bordeaux ", les figures 3480" et 3481''^ sur des statuettes en bronze représentant le dieu gaulois que les Romains ont identifié avec Dispater. Nous voyons
Fig. 3i7;i. .
■ Gallicca.
Fig. 34S0.
Gallicae.
là une chaussure analogue à la sandale, munie aux deux bouts de deux quartiers, ({u'une courroie relie l'un à l'autre en passant sur le dessus du pied. Dans la figure 3481 il n'y a point de courroie, mais l'empeigne est découpée de laçon à rappeler la forme première.
Dans l'Édit de Dioclétien (301 ap. J.-C.) le prix maximum des sandales et gallicae est fixé comme suit pour chaque paire "^ :
Gallicae d'homme, rustiques {riisticanae, iSiioTi-
xai), à double semelle {bisoles, 6raeX|iaO 80 deniers ("2''', 5»)
Gallicae d'homme à une seule semelle (moiio-
soles, |j,ovÔ7t6).|j.o;i) 50 deniers (lf'',60)
Gallicae de courrier {ciiriiiiriae, xouprâpiai) 00 deniers {lf'',9j) [Gallicae] de femme, en cuir de bœuf [taiiri-
nac)ii, à double semelle 50 deniers (IfrjOO)
[Gallicae] de femme, à une seule semelle 30 deniers (l'f)
Si l'on compare ces prix à ceux des autres chaussures, dans les paragraphes qui précèdent et qui suivent, on achèvera de se convaincre que la gallica doit différer
\ voit représentée est un soulier, non une sandale. Voy. l'art. nAiiBAni, fig. 795. V. encore d'aulres chaussures qui semblent provinciales ou barbares dans Gootiling, Gesamm. Abhandl. I, (1851), p. 385-387 et pi. ni = DHIschkc, Antike Bildu: in Oheritulien, III, n. 500, Leipzig, 1878; Mém. lus à la Sorbnnne en IS6S, Archéol. (1806^, p. 100 cl pi. u ; Uaudry (l'abbé) et Ballercau, Pidts funéraires du Bernard (Venrfce), p. 47, 50. 111 et 3'JC; Bull. Monum. 1S:.5, p. 85. 1861, p. 201 ; Clarac, .'ifus. de Sculpl. pi. 65* A; 2155 B ; S. Reinacb, les Gaulois dans l'art antique. Ber. arch. 1889, 1, p. 100 et 338. — » Bull. Monum. 1801, p. SOI. — lis. Reinacb, ^tusde de Saint-Germain-en-Laije, Bron:es figurés de ta Gaule romaine, fig. 149. V. encore p. 13" à 185 passini. — '" Flouest. Deux stèles de laraire, 1885, p. 09. pi. xn = Gaz. archéol. 1887, pi. xxvi, ï et p. 180; S. Rcinacli, (. c. p. 170.— IC Kdicl. Diocl. IX, 12. Los prix sont évalués eu francs d'après le système de M. Hullsch (Métrologie, p. 333) sur lu denier do Dioclétien. — 17 Waddinglon pense qu'on pourrait eulendro • galoches de Turin. C'est pou probable.
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sensiblement du ljiotle(iuin cl du soulirr cl i|uo-fmr conséquent l'empeigne doit y tenir très peu do place '. Au contraire la gallicn ne coûte pas un denier de plus que la simple sandale, qui n'a pas d'empeigne du tout; on aurait lieu de s'en étonner, si cette pièce dans la r/allica n'était extrêmement réduite.
L'industrie des gallicae était devenue assez (lorissante sous l'Kmpire pour occuper des ouvriers et des marchands spéciaux; on les appelait gallkarii^. G. Lai-aye.
GALLUS (râXXoç), Galle, prêtre des cultes orgiastiques de la Mère des Dieux et de la Déesse Syrienne.
I. Culte de la Mère des Dieux |CVhki,k]'. — C'est en Phrygie, d'où ce culte tirait son origine, et particulièrement à Pessinonte, que le sacerdoce qui lui était propre avait dû recevoir l'organisation la plus brillante et la plus complète- ; il est probable qu'elle servit de modèle ensuite à tous les pays (jui dressèrent des autels à la Mère des Dieux. Mais les (irecs, comau; les Ronuuns, virent d'abord avec répugnance s'introduire chez eux les pratiques extravagantes par lesquelles les Asiatiques croyaient honorer cette divinité. Vers 430 av. J.-C. les Athéniens élevèrent dans leurs murs un Métroon, mais ils bannirent du culte officiel le rite phrygien et se refusèrent à adorer Altis, l'amant de Cybèle; aussi jusqu'au temps d'Alexandre n'ont-ils témoigné que de l'horreur aux fanatiques, qui, poussant jusqu'au délire l'enthousiasme religieux, prétendaient imiter la vie merveilleuse d'Attis ^ ; c'est la légende d'Attis qui a inspiré les transports furieux des galles ' ; ils ont été tenus à l'écart aussi longtemps que leur dieu, et sont apparus à sa suite le jour où la victoire lui est restée. Voilà pourquoi le nom même des galles est inconnu à la littérature classique des Grecs ; il entre dans l'usage à l'époque macédonienne', au moment où se forment en l'honneur de la Grande Mère des associations privées qui admettent le rite phrygien repoussé par l'Etat". Les anciens assurent que les galles devaient leur nom à un tleuve de la Phrygie, le Gallos, dont les eaux avaient la pro-
I Edicl. Diocl. (. c. — 2 Hicroii. Praef. in Jieg. S. Pachom. n. 6. — Bmuo- GHAPHiE. Balduinus, Cnlceus antiqitus ^IGlo), cap. .\IV ; Sauiiiaise ad Script, hist. AïKj. (1620), Treùell. Poil. Gnllicni rlitn, 16; Nigroilius, /Je cn/ija, (1667), cap. !l, § 14 à iS; F'iliscus, Lexicoit antiqnit. Jioman. 1713. s. v. ; Becker-Goell, Galltts, 1S82, III. p. 229; Marquardl, Handbuch d. roem. Aiterthùmer, Pril'alkhen, 2" M. (I8S6), p. b95 et b97.
GAI.LUS. I Les femmes étaient en grand nombre parmi les niinistres de Cjbèle; dans certaines associations elles semblent avoir jou6 le rôle principal, v. Jambl. MyslAU, 10;Foucart, Assoc. relig.chez les ^ï-ecx, p. 21 ; Lolling dans les .l/i^Mej/. il. dfidKch. Jnsl., Athen. Ahth. VII, 151 ; Goebler, de Mat)', marjn. ap. liom. cuttu, p. 43 ; Rapp, Kytieli', ]t. 1655. Cependant fe num de galles diîsigne nnir|ueinnient le personnel de l'autre sexe; Callimaque a employé Yà).Âat, en appliquant ce mot aux serviteurs émasculés de la déesse, avec l'intention de rappeler leur umtilation et leur air elTémiiu' ; Hepiiaest. XII, p. 39 Westpli. (Callim. fragtn. 368 Scbncid.). Cette ligure a été imitée par Catulle, LXIII, 12 et U ; cf. Virg. Aen. IX. 617. V. Willamowitz-Mollendorf dans V/fermcs, XIV {1879), p. 191. — ~ I.e peu que nous savons des prélrcs de Pessinonte nous montre que leur autorité égalait leur zélc religieux; ils avaient rang de princes, PoUb. XXI, 4, 6; XXII, 18, 5 Dindorf; Diod. XXXVI, 13 Dindorf; Strab. XII, 5. 3, p. 367 ; I.iv, XXXVII, 0; XXXVIII, IS; l'Iut. .Une. 17; Arnob. Adt). gent. V, 7; Serv. ad .\en. IX. 113; Julian. ÏCp. 21. — -1 V. les anecdotes très significatives racontées par Julien, Orat, V, p. 159 a~b ; Suid. et PlioL l«r,tj«Y;f-'.;i l'''il- Nicias. 13. Cf. cYBKi.E, p. 1683 ; Foucart, l.c. p. 61 et 86-101.— Hx nom d'.i ttis est porté comme un titre par les prêtres de ce ilicu. V. Arch. epigr. Mittlt. aus Oesterrcich, Vlll (1364), p. 93-101 ; Corp. inscr. Int. VI, 2IS3. Inverscmcnl le dieu Altis est quelquefois désigné sous le nom de Gfi/^f(5, Julian. ^>rrt(. V, p. 159, 161, 165, 168, 169. — 5 Callim. /■')-. 368, Scbncid.; Anthol.Pnl. VI, 817-2iO ; Polyb. XXII. 20 ; cf. Pbol. TA'i.'.; ; l.obcck, Àglaoph. p, 659, note a. Pline, Uist. nal. .JXXV, 36, 10, dit que Parrliasius avait fait le portrait d'un archigatle ; mais il commet certaincnieui un anacbronisme d'expression ; ou croit même qu'il s'agit là d'un hermapbrodite; v, Maury, Helig. de la Grèce. III. p. S8, note I . — 6 l*'oueart, /. c. p. Sjclhiscr.
I à 23 ; les plus anciennes île ces inscriptions (2 et -V) datent de la fin du iv* s. av. J.-C.
II est à remarquer que dans aucune les associés ne se donnent à eux-mêmes le nom de galles. — 7 Strab. Xll, p. 542 ; Ov. l'ost. IV, 301-366 ; Plin. Hist. nat. V, -12, 3 ;
priélé' de iiiellre hors d'eux-mêmes ceux qui on buvaient'. Mais cette étymologie n'a point paru satisfaisante aux modernes *. Les uns ont essayé d'établir l'existence d'un mot phrygien qui aurait eu le sens de prophète^; les autres rattachent le nom des galles aune racine sémitique, et croient qu'il désignait des prêtres tourneurs '". D'autres encore ont supposé qu'il devait signifier par lui-même castrat ". Toutes ces opinions sont également douteuses.
Lorsque Attis, dans un moment de folie, s'est dépouillé de sa virilité, ses compagnons ont aussitôt suivi son exemple. Les galles, dans les cérémonies du culte, représentent à perpétuité ces compagnons primitifs du jeune dieu, quelquefois idontinés avec les corybantes'- ; comme eux, comme Attis lui-même, ils se coupent les parties génitales. Ce qui les distingue essentiellement, c'est qu'ils sont eunuques; de là les noms de spadones, setnhnares, srniiviri quo leur donnent les auteurs". Ils ne doivent pas se mutiler avec un instrument en fer, mais avec une pierre coupante ou un tesson de poterie'". Cette castration volontaire s'accomplit lesjours de grandesfètes, lorsque, après s'être livrés à des danses et à des contorsions frénétiques, ils sont arrivés au paroxysme de l'état d'exaltation qu'on appelle furor Acdestius''^. 11 ne faut pas croire cependant que ce sacrifice ait jamais été une condition imposée à tous les hommes qui voulaient faire partie du sacerdoce d'Attis ; c'était, comme aujourd'hui encore dans certaines sectes de l'Orient ''", un acte de haute piété, d'autant plus admiré qu'il était plus rare. Il est possible même que la coutume de la castration ne fût pas en Phrygie une coutume nationale, remontant aune antiquité reculée " ; elle parait être plutôtd'origine sémitique". A Athènes, lorsqu'on vit pour la première fois (IIS av. ,T.-C.) un galle phrygien se livrer à cet acte de démence, il sembla que ce fût un signe de la colère des dieux, qui présageait à l'État les plus grands malheurs". Les Romains éprouvèrent de tout temps le même sentiment; en 102 av. J.-C, un homme s'étant mutilé
VI, 1,3;XXXI.3, I; Hcrodiau. I, Il ; Firm, Mat. Z)e c;r. jjro/. re(. 3 : Claudian. /n Eulrop. il. 263; .Martian. Capell. VI. p. 221 . Eigm. il. p.î:(\-i3;\ib.Sc<iu. De /ttim. Fest. et Stepli. Byr. s. r. — ^ Baumstark. dans Realencycl. III, p. 638, résume leurs divers systèmes, V. aussi Maury, /, c. p. 83, noie 5. — 9 II serait svDonyme de ÔEosôor.To;. V. Botliger, /rfeen zur Kunst Mythol. p. 138 ; Maury. /. c. ; cf. Phrynicli. Eclog. p. 272; Pbol. s. u. riVio;.— l» Moicrs, Phônizier, I, p. 687. — il Hcsycli. ràVAo; ô â-'^K'.-^; ; Casaub. ad Bist. Aug. script. ; Lamprid. Heliog. 7. [[ est remarquable en cITet que ee nom. comme ou l'a vu note I. ne soit jamais appliqué à des femmes et que les aulcurs anciens l'emploient souvent, par comparaison, comme un terme de mépris pour désigner des eunuques. Ouant à rétymologie qui établit un rapport entre les galles et les Galatcs, conquérants du territoire de Pessinonlc i Voss. ad Catull. p. 163) elle est inacceptable. Cf. Casaub. l. c. Une autre, plus invraisemblable encore, est donnée par saint Jérôme. în Os. I. 4. — <2 On les a aussi appelés Cybèbes, nom qui rappelle un do ceux qu'on donnait à leur déesse; t. cybblv, noies 48 à SI . — 13 .InMo/. Pal. VI. 51 . 217-220. 234, 237 ; Lucr. 11.615; Varr. Sal. fmgm. 132, Buecbcl.; Catull. I.XIII, 12,34; Virg. Aen. IX. 617; Hor. Sat. I. i. 120; Ov. Met. III, 537 ; Fast. IV. 183. 221 : /bis.. 435; Senec. Ep. 108. 7; Sil. 11. XVII, 20; Alart. III. 92; Juv. VI, 513; l.ucian. Cronosol. 12; Alhen. IV, 134 A; Minuc. Oc(or. 21 et 24 ; Lact. Jnsl. dit: I, 21 . V, 9 ; Arnob. Adi\ gent. V. 7 ; August. Cl'r. D. II. 7 :
VII, 24, 26; Prudenl. Peristepb. X, 197. De là l'expression -^aWiTr. -t-^tr^. Paroemiogr. gr. p. 152. Leuiscli. Quelquefois les galles consacraient leurs parties sexuelles dans un temple. V. Scliol. ad Nicand. .-ilexiph, 8, rapproché de l.ucian. Dea i!yr. 51. On connaît un médaillon contoruiate. où esl représenté un gallese châtrant lui.n]CRic. Ëckliel. Doctr. numm. VIII. p. 284; Cli. Kobcrl dans la Itev. numistn. 1885, p. 41- 42.— IV Testa samia; Plin. Hist. nat. XX.'iV, 46. 5; XI, 109. I : (ifufasificr. Lucil. VII, 13, Millier; Catull. LXIII. 5 ; Ov. Ja.fl. IV, S3T ; Mari. III, SI. 3; Juv. VI, 511. Cependant Lad. Jnsl. dir.\.9, dit ferra.— '5 Arnob. Adr. gent. V, 13. Agdislit est un des noms de Cjbéle [cybci.e, p. I6SI1. — 16 l-a caslralion volonUirc est encore pratiquée en Russie dans la secte des scopizi ; Maury, Relig. de la Gr. III, p. 86. note 5; Leroy Beaulieu (Auat.) dans la lier, des Deiw Mondes, 1" juin 1875, p. 586, 600 cl suiv.). — 17 M. Happ fait observer qu'Hérodote n'en parle pas; mais l'argument est faible. — '8 Mevcr. Gesch. d. Allerth. § 208 el Rapp. Kybele. p. 1657; V. Renan, Orig. du christ.. Index. Castration. — 13 Plut. .Yicifis. 13.
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en l'honneur de la Mère des Dieux, on rangea cet accès de folie au nombre des présages sinistres ; le malheureux fut déporté au delà des mers avec défense de jamais rentrer dans Rome; c'était cependant un esclave, probablement d'origine étrangère', et il y avait plus d'un siècle qu'on avait solennellement introduit dans la ville la divinité qu'il adorait. En 78, un prêtre de Cybèle fut privé d'une succession en bonne et due forme, <( attendu, disait l'arrêt, qu'il n'était ni homme, ni femme- ». Puis vinrent les édils des empereurs, portant la peine de mort non seulement contre ceux qui pratiquaient sur autrui l'excision des parties génitales, mais même contre ceux qui faisaient appel à leur art^ Les sarcasmes que les premiers chrétiens lancèrent contre cet usage abominable * étaient beaucoup mieux d'accord avec le sentimentpublic que losexplicationssymboliques par lesquelles certains philosophes, défenseurs des cultes étrangers, cherchaient à le justifiera On peut être certain qu'à Rome et dans tout l'Occident, les eunuques que l'on voyait parmi les fidèles de la Mère des Dieux étaient, sauf exception''', Phrygiens, ou en tout cas Orientaux de naissance; nous savons qu'en Asie même, à la lin du u'' siècle, Abgar, souverain chrétien de rOsrhoène, interdit aux prêtres de Cybèle, dans toute l'étendue de ses États, de suivre cette tradition de leur culte '. Ainsi le nom de galles, d'abord réservé peut-être à des prêtres eunuques, dut s'étendre plus tard à des prêtres de race latine, qui n'avaient point fait le sacrifice de leur virilité. D'après une hypothèse vraisemblable, ce fut sous le principal de Claude que les Romains furent autorisés par la loi à célébrer le rite phrygien ; à partir de ce moment on peut considérer le nom de galles comme s'appliquant d'une façon générale à tous les ministres d'Attis et de Cybèle, eunuques ou non ".
Dans le rite phrygien les galles étaient astreints à une règle commune qui leur interdisait certains aliments, tels que le pain et la viande de porc'. Us se donnaient la discipline avec un fouet garni d'osselets, [;,a<jT[? àurpavaXwTTi ( fig. 3381) '°. Les jours de fête, dans les cérémonies ordinaires de leur culte [cybelej, on les voyait exécuter des danses", qui, selon eux, représentaient les mouvements des étoiles'-. Ils avaient des chants spéciaux ([iY,TpcTja), composés dans un mètre très savant, appelé de leur nom galliambe, auquel plusieurs poètes
1 Jul. Obscqu. 4t, Jaliji. — - Val. Max. Vil, 7, (i. — 3 Suel. Dom. 7 ; Slat. Silv. IV, 3, la-.Mart. ll,tiO;VI,-i; Amm. Marc. XVIK, 4 -, Dio Cass. LXVII,2; LXVUI, 2; Paul. Sen/.V, 23,13; Cod. Justin. IV, -ii; Dig. X1.V1I1, 8,4 àO; Jusliiiiaii. Conslit. (JLXX, Lingciillial. Voy. Kajnaud (Tlicoph.), De '■uiiuchis, cap. IV, § 4 cl V, § I, dans ses Opéra {\&Q'â). t. XIV, p. 560 cL 573, et l'arliclc i'/w/t/o dans Pauly, /ï(?fl/ J?nci/f/. (1er AUerth. Wi.M. t. VI (1832), p. 1337. — 4 Miiiuc. Octav. 21 ; Lact. Inst. Jiv. V, U ; Auguslin. Civ. D. Il, 7 ; VII, U. 26 ; rrudcnl. Ptristeph. X, 1 . 97. — 5 Jul. Firiuio. De crr. prof. rel. 3 ; Augustin. Cio. D. VII, 24-25 ; Porphyr. ap. Euscb. Praep. Ev. III, U, p. 110; Julian. Oritl. V. p. 102-103; Sallust. Ve diis et mundo, 4. Une autre explication avait cti' donnée par Lucret. II, 015. — G Aurel. Vict. Epit. XXIII, 3. dit d'Elagabale : « Abcissix genitalihits Mtttri se Marjnae sacravit. » Mais les témoignages sont contradictoires : Lauiprid. Heliog. 7; Dio Cass. LXXIX, 11, semblent parler de la circoncision ou de Vin/ibutatio ; v. athletae, noie 156.
— 7 Bardcsanc, De fato dans Eus. Praep. Ev. VI, 10, p. 270; v. Renan, Marc Aiirète, p. 458. — su est (jucstion d'une filin gatli dans Aruob. Adr, gent. V, 7. Mais le passage des MytliO(jr. *;r. (Westcrman;, p. 388, LXXX, cil»' parltapp, Kybele, p. 1657, 55. ne prouve rien. . — ^ Tertull. De jejitn. 2 et 15; Arnob. Ade. fient. V, 10. — 10 Anthol. Pal. VI, 234 ; Plut. Adtt. Calot. 33, 0 ; Apul. Met. VIII, 28 et 30 ; l.ucian. ylsm.38; Eust. Arf //. XXllI, p. 1280,52; Albeu. IV, lb3«; Poli. X, 53-54; V. ii.AciiiiM, fig. 30111 i 30113. ~ 11 Strab. X, p. 400; Lucian. Sait. 8; Apul. Met. VIII, 27. Une inscription les appelle balîatores Cylielae. Corp. i7tscr. lut. VI, 2205.
— '- l.ucian.' Sali. 7 et 8. — 1^ Poèmes de Calliinatjue (Eruf/m. 508, Scliucid.) ; de Varron {Sat. Fratjm. 70. 131-132, 275, Hucliel.); de Caccilius do Cûme (Calull. XXXV, 18); de Catulle (LXIIl); de Mécène (Diom. dans les Grammnt. lai. I, 614 cl Caes. Bass. Ibid. VI. 202. V. aussi. Mari. Il, 80). — r> Anthol. Pal. VI,
connus se sont essayés'^. Souvent leur dansen'étail qu'un tournoiement frénétique, qu'ils accompagnaient de cris sauvages (rjXôÀuY|j.a '■'!, en frappant des mains '^ et en agitant la tête en tous sens, tandis qu'autour d'eux résonnaient les flûtes, les cymbales et les tambourins"''. Parfois aussi ils brandissaient des épées, des couteaux et des haches''^. Tous ces exercices violents avaient pour efl'et de surexciter en eux la passion religieuse et de les plonger dans un état d'extase, où ils devenaient insensibles à la souffrance ; c'est ce qui explique qu'ils aient pu sans faiblesse, comme on le raconte, se châtrer de leurs propres mains, et aussi se mordre les chairs, se taillader les bras et les épaules sous les yeux de la foule" ; on les voyait alors avec une admiration mêlée d'horreur s'avancer « tout sanglants" » dans le cortège de la déesse. Tel est encore aujourd'hui le spectacle qu'offrent en Asie les derviches tourneurs et hurleurs et les affiliés de diverses sectes musulmanes -°. Il y avait dans l'année un certain nombre de jours, correspondant aux grandes fêtes de leur culte, où les galles avaient la permission de courir par les rues ; ils s'approchaient du seuil des portes en débitant des prophéties: ils indiquaient des formules d'expiation pour les péchés que l'on avait pu commettre, et en échange on leur donnait des sous, ou bien des vêtements et des vivres, qu'ils chargeaient sur un âne ; on les désignait alors sous le nom plus précis de Méti-agtjrles, Mt^tcôç x^ù^tm, mendiants de la Grande Mère [ac.yrïaej^'.
Les galles, lorsqu'ils étaient eunuques, s'appliquaient à accuser encore par leur costume l'apparence toute féminine de leur personne. Us laissaient croître leurs cheveux -- et se fardaient le visage -'; ils avaient des surplis transparents de couleur jaune [crocota] en lin ou en soie; d'aulres se couvraient de tuniques blanches, bariolées de petites bandes rouges [lanceolae], et serrées avec des ceintures: ils se chaussaient de souliers ja'unes [lutei calcei); Qn[\n ils portaient ans iniii-cs, c'est-à-dire de larges bandeaux, qui leur ceignaient le front, suivant la coutume de l'Orient [mitra] -'*.
Lorsqu'en l'an 204 av. .l.-C. la Grande Mère fut établie à Rome sur le Palatin, l'autorité n'eut plus qu'un souci : empêcher que le nouveau culte, qu'on avait accepté comme une nécessité , ne répandit parmi le peuple la contagion du fanatisme. Les magistrats de la
173; Plul. Amni. 10; Ju\en. VI, jIj ; Apul. .1/./. VIII, 27; Varr. Sat. fraym. 132 Uuocbil.; Lamprid. Helioij.l. — lo Apoll. Rb. I, 1130. — 10 Lucr. II, 019; Varr. ■Sat. fragm. 131. 132, 140 Buechcl.; Cic. Dio. 1,50 ; Calull. I. XIII. 27; Diod. III, 7; Prop. III. 17. 33; IV, 7, 01 ; Ov. FasI. IV, 183, 212, 342 ; Pbacdr. III, 20; Val. Flacc.
I. 319; 11,584; III, 23 1 ; Scnec. ff/i. l08;Sucl. Oc(. 08; Auguslin. Cil>. Z). VII, 24; Macrob. .Saturn. I, 21; Porplivr. Ep. ad Ant/». IX, 9 ; cf. Hom. Ifyinn. XtV in Mal. D. el Pind. ap. Strab. X. p. 400. — n Lucret. II. 022; Apul. Met. VIII, 27.
— 18 Scncc. De rit. beat. 27; Mari. XI, 81, 3; Val. Flacc. III, 231 ; Apul. Met. V,
II. 27 ; Tertull. Apol. 25 ; i'rud. Peristepb. X, 1001 ; Commodian. Instnicl. XVII, 8 ; Janibl. Mtjst. III, U ; Mgtlio^r. graee. (Weslerm.l. p. 388, I.XXX ; Minuc. Octav. 24; Stat. Theb. X, 170 : ps. Tertull. Ad senator. apostat. 19; Cl.iudi.in. Jn Eutrop. 1, 277... De là le verbe rjallare, Varr. Sat. fragm. 1 10 el 1 30 Ruccbel. — 19 (ialli sanf/ninei, Lucan. I, 507 ; Claudian. Jiapl. Proserp. Il, 269. — '-0 V. les rapprochements établis par Maury, Jtelig. de la Grèce, III. p. 89, note 4, — 21 plat. Derep. Il, p. 364; Sopli. Ocd. Tgr. 387; Antipban. ap. Athen. ,XII. p. 533c ; Cic. Lefj. II, 0 et 16; Lucr. Il, 020; 0\.Fasl. IV, 350; Pont. I, 40; Dionys. liai. 11, 10; Pliaedr. III, 20; Juv. VI, 322 ; Apul. Met. VIII, 28 ; Plut. SiipersI. 3 ; liabr. fab. 137 ; Aclian. V. Uist. IX, ,s. V. le curieux oracle contenu dans l'inscr. de Kaibel. Epigr. gr. 1038. Cf. Geopon. .XIII, 5, 4j Lucian. Asin. 37; Hcinricb, n</Juv. VI, 511 ; Zoega, liassiril. I. p. 107.
— 22 Ov. Fast. IV, 244; l.ucan. I, 506; Val. Flacc. VII, 036; Slat. TUtb. X, 174; Apul. Met. VIII, 27 ; Arnob. Ado. genl. V, 7 cl 10 ; Corp. inscr. lai. VI, 2262. Ouolquerois ils se les coupaient pour les oil'rir en ex-voto à leur déesse. Anthol. Pal. VI, 234 el 237; l.uciiin. IJra Syr. 00. — 23 A|ml. Met. VIII. 27. — 2'- Prop. IV. 7, 62; Ov. East. IV. 339 ; Dionys. liai. II, 10 ; (Euseb. Praep. Eo. Il, 8) ; l.ucian. Dea Syr. 51 , Apul. Met. VIII, 27; Scliol. ad Juven. VIII, 207; Serv. ad Aen. IV. 216.
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république célébrèrent suivant les rites romains les jeux et les sacrifices solennels, offerts au nom de l'État à la grande divinité asiatique ; mais un sénatus-consulte interdit aux citoyens do remplir auprès de ses autels des fonctions sacerdotales; elles furent confiées à un l'iirvgien et à une Phrygienne ; ils pouvaient, ainsi que leurs compatriotes établis dans la ville, conserver le rite de leur pays, mais à la condition qu'on ne verrait aucun Romain, revêtu de leur costume, prendre part sur la viiio publique à leurs processions, à leurs quêtes et à leurs démonstrations orgiastiqucs' ; nous savons même que leurs hymnes étaient chantés en grcc". 11 n'est pas douteux qu'au temps d'Auguste ces prescriptions étaient encore en vigueur''. Plus tard, après qu'i'lles eurent él(' rapportées, nous voyons les prêtres romains de la Grande Mère placés sous l'autorité du collège des XV viri sacris faciundis [DUUMVini]. C'étaient les membres do ce collège qui pri'sidaient en personne au Bain di- Cybèie [Lnvalio] dans la fête du 27 mars'*; ils avaieni, même en dehors de Rome, la surveillance des confréries de Driidropliorcs [DiJNDniii'noRiAJ, chargées de célébrer la fête du 2:2 mars [Arhor iulrat) '. A partir du ir siècle, lorsque l'usage des taurolioles se fut introduit [ïAuuonoLiA], le sacrifice s'accomplit souvent sous leur direction''. Enlin on leur avait attribué une prérogative très importante, celle de donner l'investiture aux archigalles des villes d'Italie.
Pline l'Ancien est le premier qui parle d'un archigalle'. Il est probable que ce litre s'introduisit sous Claude, lorsque fut abrogée la loi qui interdisait aux Romains le rite phrygien; en effet il parait désigner non pas un chef de religieux eunuques et mendiants, formant un ordre distinct, mais un grand prêtre, qui, sans être nécessairement eunuque lui-même, a la haute direction du culte d'Attis et de Cybôle sur fout le territoire de la ville où il habite; telestuncertainC. CameriusCrescens, qui dans une inscription est appelé à la fois archif/alhis Malris Deuni et Attis populi Romani'. On peut donc admettre, à ce qu'il semble', que Varchigallus est identique au sacerdos maxhnus Matris Peum et prendre ces deux titres comme absolument synonymes. D'ordinaire l'archigalle devait être nommé à vie'". Nous avons dans une inscription, datée de l'an 289 ap. J.-C, un curieux exemple de la )n"océdure que r(3n suivait en Italie pour l'installation de ce dignitaire. Le I"'' juin, l'archigalle de Cumes étant mort, les décurions de la ville ont désigné son successeur par voie d'élection cl ont ('crit à Rome pour notifier leur choix aux XV viri ; le 17 août, ceux-ci répondent par une lettre que nous avons conservée ; ils déclarent qu'ils accordent au candidat élu le droit de porter la couronne et le collier (ocrnbus) dans les limites du territoire de la colonie". Do là sans doute le titre
de sacerdos Malris Deum XVviralis que prennent certains personnages"'. M. Goehier a dressé la liste des archigalles qui nous sont connus " ; parmi ceux qui ont exercé leur ministère dans des villes de l'Occident, plusieurs portent des noms romains; cependant en l'an 310 nous rencontrons encore, iiRome même, un certain Kuslochius, sacerdos l'Iiryx maxhiius, qui peut fort bien, comme le pense M. Rapp, avoir été un Asiatique", ce qui indiquerait qu'on continuait par tradition h choisir quelquefois le plus haut dignitaire du culte comme le voulait la loi primitive, longtemps après qu'elle avait cessé d'être obligatoire. Depuis le temps de Claude, étrangers et Romains se mêlent dans les cérémonies orgiastiques de la Grande Mère et sont mis par l'autorité sur le même pied : ainsi à Porto, en face d'Ostie, l'archigalle, quel qu'il soit, prend part, en qualité de devin, au sacrifice que l'on olIVe pour le salut de l'empereur '\
Ku lan 102 av. .I.-G., le grand prêtre de Pessinonte, étant venu à Rome, avait produit un grand effet sur la muilitudo, lorsqu'il avait paruau forum dans son costume sacerdola!, la teinte ceinte d'une couronne d'or, le corps couvert d'une longue robe brodée d'or". Juvénal a tracé un portrait saisissant d'un archigalle, un eunuque do haute taille, ingens semiuir, qu'il avait vu parcourir les rues, au milieu de son bruyant cortège, coiffé d'une liare ou bonnet, dont les appendices lui enserraient le menton diadema, fig. 2337 et tiara '"]. La figure 3't82 roproduil un bas-relief du musée du Capitule,
Fig. 3482, — Archigalle.
qui représente un archigalle'*; il n'a point de barbe et porte, comme une femme, des boucles d'oreilles "et une robe, dont les manches descendent jusqu'aux poignets: dans la réalité cille devait être de pourpre-". Sa léte est couverte d'un voile et ceint d'une couronne ornée de
1 Dionys. liai. II, lu. Le gallo (Val. Mav. VM, 7. Im de Van Ml av. J.-C, donl parle Goeliler. p. 10, est trOs probablemcnl un alVraiicIii d'origine orioiilale. — 2 Scrv. ad Virj;. Georg. 11, 394. — ^ Diou. Haï. II. ly. parle du si'nalus-consuUc au présent, comme s'il avait encore tous ses etVets. — V l.ucan. I, iiOît : cf. Slat. Sitv, 1, 2, 176. — û Corp. iiiscr. lai. X, 3699. — » Ccrp. insci: Int. VI, 4S8, 457, 499, 501, 508-509 ; XIV, 2790 et add . Avant le temps de Claude il est douteux que les prêtres de Cjbèle aient Hé soumis à l'autorité des .YV viri. Marquardt, Haudb. d. Itoem. Allerih. Sacralwesiin, p. 39'i; (joeliler. p. -16. — ' l'Iin. Hist. tml. XXXV, :U1, 10; TertuII. Apol. ÎH ; Itrsiirr. 10; Serv. nd Virir. .-li'ii. IX, H5; Corp. Iincr. lai. 11, Siippl. 5i60; V. 488; VI, 21s:l; VIII, S203 : X, 3SI0; XII, 1782; XIV, 3-4, 35, 38S ; Allnier et Dissard, Iiiscr. de Lyon, a» 6; Orclli, /ii.ïcr. 2321. — 8 Corp. inscr. Int. \'I, 2183. — 'J Comme l'ont fait MarquardI, t. c. cl Goeldor, p. 41. — 10 C'est ce qui semble résulter de Corp. inscr. tat. X, 369S. n lijij, \i Coi-p. inscr. Inl. V. .«00; IX. 981, 1538, 1541, 1542; X, 3704, 4720: XII, l:i:i7. Cf. Mav.piardl, Op. cil. p. :i9,i. notes 3 ol 1, (ioclder. p. 17, propose
j une autre inlorprétaliou; ce seraient des prêtres qui auraient foroiê daus leur municipe un collège analogue à celui des .YV viri de Rome et auraient reçu le
I droit de s'administrer eux-mêmes, au lieu de continuer à lui cire soumis. V. aussi
I Epheui. cpiijr. IV, 142; llirschfeld. SU:. Berichte d. Berlin. Akad. ISiS. SJS.
I n. 118. — 13 Goeldcr, p. 40. — " Corp. inscr. lat. VI, 508; Rapp, Kybeir, p. IIÎ70 22. Tel esl eucore pcul-ùlre Syulropus à Capodistria, Corp. inscr. Uil. V, 488. — 1^ Fraijni. Xittic. J 148 (CoW. lib. juris antejusliniani, Kriigcr, Mooimsen, Sludemund. 1890, t. III, p. 57). — 16 i;Ta\i; «v4t*i; iii.j^-jm. Diod. XXXVI, 13 Dindorf. Cf. Plut. Mar. 17. — '" Juv. VI, 511. — '* Georgius, Foirgini, /. c. = Winckelinann, J/oii. i»ci/. t. 1. pi. , n» 8 ; I, II. p. T ; Millin, Giil. .Vyth. pi. 82, n" 15; Rigliatti,Ca»j/>i</o9(ia, lav. 130; .MûUer-Wicseler, Denkm. Il, 817; lîuignaul, llelig. de l'uni, pi. 141, n' 230ii; Plallner. Beschr. Bonis. III. I. p. 159, — l'J Ku Orient, il est vrai, les lionunes porlaieul des boucles d'oreilles aussi Lien qneles femmes. Plaut. Pofn. V, 2, 21. — *> Varr Sat. fragm. 121 Buechcl. ; Ov. Fu.'il. IV, 339.
GAL
GAL
irois médaillons, où l'on doit probablement reconnaître la Grande Mère entre deux ligures d'Altis' ; de chaque côté pendent des bandelettes [taemae]. Sur sa poitrine est appliqué un pectoral, pectorale, zpcir:TY,0;Siov, en forme d'édicule, orné d'un autre Atlis-, qui, un doigt sur sa bouche, commande le silence aux initiés. Un collier entoure le cou ; sans doute il faut y voir Yoccabus, qui était avec la couronne l'insigne propre de la dignité de l'archigalle ^. De la main droite le personnage tient une tète de pavot et trois rameaux de feuillage '• ; dans sa main gauche est un panier rempli de fruits, parmi lesquels la pomme de pin, chère à Cybèle. Plus haut on voit le fouet garni d'osselets, avec lequel les galles se donnaient la discipline, enfin, tout autour de la niche, les attributs ordinaires de leur culte, les cymbales, le tympanon, les flûtes et la ciste mystique [cista]. Montfaucon a reproduit une statue d'archigalle, provenant de Rome ^ qui présente les mêmes détails de costume; seulement h' pectoral est surmonté de deux gros médaillons ornés (le figures d'Attis en' relief; ce sont là les tûtio'., mentionnés par les auteurs comme un des insignes ordinaires des prêtres de Cybèle \ Sur le pectoral on voit cette déesse entre Jupiter et Mercure, et au-dessus un Attis couché. Le personnage est revêtu d'une longue robe qui tombe jusqu'aux pieds '^.
Si l'archigalle est bien un grand prêtre, il est naturel de penser que les prêtres placés sous ses ordres doivent porter le nom de galles, qu'ils soient ou non Phrygiens et eunuques. Cependant il est probable que dans le nombreux personnel catalogué par M. Goehleril faut refuser ce litre aux assistants de tout genre, chantres, musiciens, appariteurs, et aux membres des confréries, tels que les Dendrophores et les Cannophores. Il reste encore dans la liste une quarantaine de prêtres proprement dits qui peuvent être qualifiés de galles". Sur ce nombre on compte quelques aifranchis, dont un appartient à la maison d'Auguste', mais aussi un personnage, qui s'intitule fièrement « arrière-petit-fils d'un chevalier romain'" ». La durée du sacerdoce n'était probablement pas fixée d'une façon uniforme : en certains cas les prêtres sont nommés à vie ; mais on a soin de l'indiquer, ce qui prouve que ce n'était pas une règle absolue; c'était parfois une faveur que les décurious décernaient en récompense de services exceptionnels". Tel personnage est loué d'avoir exercé ses fonctions ]iondant douze ans dans le même endroit'' ; par conséquent d'autres changeaient plus facilement de résidence. 11 y a là des
• Voy. encoro d'autres monumonts. Verfiandl. d. deutsch. Phîtolog. in Stuttgart, 1837, p. I5Û: Goohler, p. 37, nolel. — 2 Poljb. XXI, 4, C ; XXII, iS, 5 Dindorf ; Dionjfi. Hal. Il, 19 (Euseb. Prarp. Ei\ II, 8).— 3 Corp. inscr. tal. X, 36S8 ; Allmer et Dissard. Inscr. de Lyon,n" 5 ; idenlificalion acceptée par ÏMarcjuardt, /. c. p. .39ii, 11. 1 . D"une façon f;i'in''rale Vuccaljus est un anneau, Elijm. M. p. 383, 22. On a aussi applujué ce nom à un bracelet, Hesycli. ixyaSo; Ta -eoi tov ^pa/J',-.a ■i.iVî.ta. Terlull. Idol, 18. — ^ Le pavot est un des attributs ordinaires des cultes mystiques ; v. ckrks. Les rameaux (de laurier ou d'olivier) ont pu servir d'aspcrsoir, comme le pense Foggini, t. c. — 5 Montfaucon. Ant. expt. I. i. lab. 4, p. 14. — G Polyb. .XXI, A. 6 Din-
dorf jiETtt TJnwv xaî rpor:r,6tStwv, Cf. Dionys. lïal. II, lit, T^-oy; nîÇixlî^EVOt toT; (jt/.Oet;.
— " Dans Chabouillet, Catatog. des camées, il est douteuv (lue le n" 123 représente bien un arcbigalle. M. Waille^a cru reconnaître un galle ou un archigalle dans une statue du Musée de Cberchell.que l'on avait prise pour celle d'une femme. WaiUe. De Caesareae monument, guae supersuut, 1891, p. 89, et dans les plancbes le n" 26. Cf. Archlv. des miss, scifnt. et litt. sêr. t. Il (1875), p. 395, et de la BlancbE>re, De refje Jubn. p. 63; mais cetle idenli(icntion me parait douteuse, si j'en juge par une pliolograpliic que m'a obligeainmetit communiquée M. (jaucklor. Les insigni>s des galles se seraient appelés 5ra//flrïa d'après r/fic^7Vi c«r/». contra pagaii. {cod. Paris, lat. 8084) vers 4-1, Riese, Aniliol. Int. n' 4. Cf. De Rossi, Dnlletl. di arcli. crist. VI, p. .57 ; mais Baebrens, Poel. Int. min. (1881), XXXXI. lit cullnrihns au lieu de ijnllarihns.
questions obscures qu'éluciderait peut-être une étude nouvelle de ce corps sacerdotal.
La plupart des témoignages relatifs aux galles de Cybèle, que l'on peut puiser dans les ouvrages des écrivains anciens, chrétiens ou profanes, expriment le dédain, le mépris ou l'horreur. Les inscriptions, rapprochées d'autres textes plus rares, nous montrent que, quelle que fût la valeur de leurs doctrines mysliques, ils ont produit sur le peuple, dans toute l'étendue du monde romain, une très forte impression ; ils ont fait un nombre considérable de prosélytes, qui, poussés soit par la crainte, soit par un goût réel pourl'étrangeté de leurs rites, les traitaient avec une profonde déférence '\
IL Culte de la Déesse Syrienne [syria dea]. — Le culte de la divinité que les Romains ont désignée sous le nom précis de Dea Syria''' était originaire d'Hiérapolis, en Syrie. Il nous est connu surtout par un écrit spécial de Lucien '^ La déesse d'Hiérapolis n'était en somme qu'une des formes de l'Astarlè sémitique, amante d'ADoNis. Elle n'a pas eu à beaucoup près, dans le monde romain, la même fortune que la Grande Mère de Phrygie; mais il est très probable que pendant longtemps elle lui a été associée par les Grecs, jouant auprès d'elle un rôle secondaire qui la condamnait à un certain effacement"''. Au temps de Néron elle apparaît comme une divinité distincte, pour laquelle cet empereur lui-même avait une dévotion tout à fait exclusive '\ Depuis on lui éleva un temple à Rome" et elle fut portée par les armées romaines jusqu'en Grande-Bretagne '^
La Déesse Syrienne d'Hiérapolis avait des galles attachés à son service ; on peut leur appliquer tout ce que nous avons déjà dit de ceux de la Grande Mère; ils ne semblent s'en être distingués en aucune façon. Apulée décrit une troupe de galles mendiants, qui portent la Déesse Syrienne à travers la Grèce de village en village; mais ils invoquent aussi Sabazius, Bellone et la Grande Mère de l'Ida ^''; ce rapprochement déjà ancien a dû devenir plus étroit que jamais à mesure que le syncrétisme entrait en possession de la faveur publique. Il faut remarquer néanmoins que dans le sanctuaire d'Hiérapolis, décrit par Lucien, le nom de galles désigne exclusivement des eunuques et que cet auteur les dislingue avec soin des prêtres de la déesse ^'•. Il y avait dans l'année un jour de fête oîi se révélait la vocation des nouveaux galles; il devait correspondre aiiDies saiigiihiis du culte phrygien [cybele] : « Bon nombre de gens, dit Lucien, qui n'étaient venus que pour voir, se laissent
— ï* Un seul est expressémenl appelé yû>.'-i;, Corp. inscr. (jr. ?6C8 ; Dittenberger, Sylloge, 270. M.ais l'inscription esi de Cyzique et de l'an 43 av. J.-C. — 9 Corp. inscr, lat. VI, 4it6, si la lecture saclerdotes] M[alris] d[eiun] est exacte. — 10 Corp. inscr, lat. IX, 1540. — 11 Allmer et Dissard, Inscr. de Lyon, n" 5. V. un sarerdos quini/nennalis. C. insc. lat. X, 3699. — 12 Orelli, 2984. — 13 V. notamment l'anecdote racontée par Riod. XX.VVI. 13 i^Oiudorf) et Juv. VI, 511. — li Souvent corrompu sous la foi-me Diasura, Diasnria, Dasyria. Corp. inscr. lat. VI, 115, 110, 399 ; VII, 758, 759 ;X, 1534; Corp. inscr. gr. 5372; Notizie d. Scaci, 1881, 375; Jordan dans l'flerm/îs, VI, 314; Ktinisgsb. Lect. 1882, 83, p, 15. — lu i)e rf«« .Sj/rin ; cf. Lucian. Asin. 3341 ; Apul. Met. VIII, 27. — 10 poucarl. Assoc. rel. p. 98 à 100.
— "Suet. Ner. 56. — 1» Jordan dans V Hermès, l. c. — <» C. in. lat. VII, 272. 758, 739. — 20 Apul. Met. VIII, 25. — 2' Lucian. De dea Syr. 42. 43. Les galles d'Apulée l. c. sont aussi sans exception des eunuques. — Bibliogiiachib. V. celle de l'article cvbelk. Ajoutez : Saumaise ad Tertull. De pallia (1650), p. L'02 ; (ieorgius, Inlerprrlalio veteris momimenti in quo effigies Archigalli ex/)rimi(«i'(l737), dans Muratori, Noo. Tties. inscr. I. p. ccvii ; Foggini, Mus. Capitol. (1783), IV, pi. 16 : Mosers. P/iociii;icr, I (1841), p. 678-6'JO ; Baumstark, article Galli. dans Pauly, Itealennjclop. d. Alterlli. Wiss. I. III (1814), p. 638; Goehler (II. H.), De Matris Magnae apud Itomanos cultu, Lipsiae, 1880; Rapp. article A'i/iie/<? (1893) dans Rosrlior. .4us/'il/ii7. Lerik. d. Or. u. ll'nn. .Mythologie.