‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines, d'après les textes et les monuments (volume 5)Chapitre 64 sur 104 · GAU · texte numérisé non relu

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aller à ce que je vais dire. Lp jeune homme décidé à Caire le sacrifice de sa virilité jelle bas ses vêlements, s'avance au milieu de l'assemblée en poussant de grands cris, saisit un glaive, réservé, je crois, pour cet usage depuis de longues années, se châtre lui-même et court par toute la ville tenant en main ce qu'il a coupé. La maison, quelle qu'elle soit, oii il jette ce qu'il tenait, lui fournil des habits et des vèlemonts de IVimme. » Ces Galles avaient aussi un mode de sépulture particulier. Quand l'un d'eux mourait, ses confrères l'enlevaient et le portaient dans un des fauliourgs : là ils le déposaient avec la civière sur laquelle il avait été porté, le couvraient de pierres et s'en allaient. Ils ne pouvaient rentrer dans le temple qu'au bout de sept jours.

On ne connait aucune inscriplioi) qui mentionne des galles de la Déesse Syrienne. Peut-être le culte de celte divinité sémitique, moins prêt aux concessions que le culte phrygien, eût-il par là même moins de succès en Occident, lorsqu'il essaya de vivre à part. G. Lakaye.

CAMELIA. [UIEROGAMIA, MATRIMONIUM].

GANYMEDES [JUPITER].

GARnM,ràfov, aussi appelé /(V/wamcxpar les Romains'. — Sauce très relevée dont les anciens faisaient grand usage- pour assaisonner des légumes, des fruits et des viandes ^ Elle devait présenter une certaine analogie avec nos sauces d'anchois. On la faisait avec des intestins et d'autres parties de poissons mélangés avec des petits poissons entiers qu'on salait et qu'on exposait ensuite au soleil pendant environ deux mois, ou qu'on chauffait au feu si l'on voulait accélérer la préparation. Quelques personnes y mêlaient aussi du vin '. Les auteurs nous ont conservé des recettes pour plusieurs espèces de garum. L'une se faisait avec des intestins de poissons auxquels on ajoutait des athérines, de petites mendoles, de petits rougets, des anchois ou une espèce quelconque de petits poissons. Pour une autre, celle de Bithynie, on employait des maquereaux, des saurets ou de Valex; l'espèce appelée aiaâxiov se préparait avec les viscères et les branchies des thons en y ajoutant le sang et les autres liquides qui en découlaient ; c'était l'espèce réputée la meilleure". Pline appelle le gnrum une liqueur exquise {e.rquisilus liqiior), quoiqu'il le définisse par les termes putresceniium sanies '^. Dès l'époque d'Eschyle, cette sauce était recherchée en Grèce et l'invention en remonte sans doute à une antiquité beaucoup plus reculée'. Dans le commerce on distinguait encore le (/flj'ujnditdes alliés {sociorum), appelé aussi garon d'Espagne ou garon noir, qu'on fabriquait avec les maquereaux de Carthagône',le garum arcanum et le garum faecosum^ qui ne sont peut-être pas différents du précédent, le garum de silure" et le gari flos^^ ; en outre, on semble

GARUM. l Coel. Aurol. Morb. chron. II, 2 cl 7, p. .-is.ï cl 388 ; Gcopoil. XK, 40 ; Isicl. Orig. \K,i.— 2 Marlial. VII, 'J4, 2; XI, 27, 2; .Mil, 102.— 3 Galeii. A/mi. /ac'.

II, p. 58ii. Kiihu ; Apic. VII, 8. — l Mari. VII, 27, 8. — û Ocopon. /. c. ; Manil. Aslroti. V, 1)71. — c XXXI, 43(7). —^ Atlidn«e, II, 75, p 07 c, cilc des passages d'Eschyle, de Sophocle cl des poMes comiques Cratintis, I'h(?rtfcrale et Plalon. — 8GaJIeii. Sec. loc. III, 1,1. XII, p. 622 ; Slrab. II, p. 137 ; Scncc. Ep. 03, 25. — 9 Jlart. VII, 278; XIII, 102, 2; c"esl peul-ôtre celui que Paul d'Égine, III. :ii> nomme ^àouv T;^ntitov. — lO Coel. Aurcl. Chron. II, p. 338. — >' Bull, arcli. comun. Rom. 1879, p. 93 ; Arch. Zeilung, 1877, p. 27; Xoliz. il. scavi, 1870, p. 146. — 12 Paul. Aegiii.

III, 37. — 13 Atheii. IX, p. 330 c. ; cf. Arlcmid. (hwirocr. I, 66. — IV Geop. /. /. — 15 Plin. (. c. — i« Apic. I. 34. — n A(liu<, III, «2; XVI, 121 ; Marc. Empiric. 30. — Bibliographie. Oribase, éd. Bussemakcr cl Ilaremhci-g. uotes du I. I 17, p. 568; Bcckpr-noll, Galtu.<!, odcr rômische Scefien des rôm. Privatlebens, Berliu, 1S82, III, p. 341.

UASTRAIMIETES. 1 lloron. nAo-o.lsxi, 7.

on avoir préparé de véritables boissons en le mélangeant avec de l'eau ( kydrogarum) '- ou du vinaigre [oxygarum) '^.

Valec. ou alux ou kakx, que nous avons mentionné déjà, était le résidu des ingrédients dont on avait extrait le garum en le passant '•, mais on donnait le même nom à une espèce particulière de garum, faite avec du nonnal, des huitres, des oursins, des acalèphes, des creveltes et des foies de rouget "'. On vantait partout les propriétés du garum comme excitant lappélit et comme facilitant la digestion"^. Quelques médecins donnent même des recettes de garum médicinaux ". CM.

GASTRAI'IIETES (rafrrpïsé-y^ç). — Grande arbalète de guerre. Elle ne différait de l'arbalète à main arci'ballistaJ que par ses dimensions et par son mécanisme : il était nécessaire pour la bander de l'appuyer fortement au corps (d'où lui venait son nomi': mais son principe moteur n'était pas la torsion comme pour les grandes machines de jet [tormenta]. E. S.\glio.

G.\STRUM. — Vase ventru, à large panse, comme l'indique la racine yaG^Yf. On pense que c'est un synonyme d'AMPuonA, car Pétrone parlant damphores brisées les appelle un peu plus loin gaslra'. C'était une vaisselle de l'espèce la plus commune dont les tessons jonchaient les rues-. On s'en servait aussi pour des opérations de jardinage^ et pour des mélanges quelconques'.

E. PûTTlER.

GAULrs (yaùXoç). — I. Nom de navire, de forme presque ronde ' . C'était un vaisseau de transport pour les marchandises, une espèce de chaland, en usage sur les côtes de Phénicie et d'Asie Mineure^.

11. Nom de vase, dérivé de sa ressemblance avec le bateau. Cette identité de termes engendrait une confusion dont les auteurs comiques ont parfois tiré des plaisanleries''. On a déjà signalé, aux mots ac.\tus, cy.mbé, l'assimilation faite entre les navires et certains vases. Dans la langue française elle-même, le mot vaisseau a ces deux sens. Les allusions des auteurs sont trop vagues pour qu'on puisse déterminer exactement la forme du yctOXoç. Cela devait être une sorte de jatte ou de marmite analogue àlacuYTRA\de grandes dimensions, puisqu'on l'assimile aussi à un seau; on s'en servait surtout pour traire le lait° ; il est comparé également au seau d'un puits et Suidas dit qu'il était en bois^ Mais, d'autre part, quelques textes font penser que le vaùÀo; et surtout le gaulas des Romains pouvaient être de taille plus petite, de simples vases à boire, mis sur les tables avec les coupes, les bols, les canthares, etc.' E. Pottier.

GAUSAPA, gausape, gausapum, en grec -rx'jciirr^çK — Étoffe à longs poils d'un côté, unie de l'autre, dont on faisait des couvertures de lit' et de table', des serviettes*

GASTRIM. I Petron. Salyrie. 70. — 2 /J. 79. 3Gaigil. Martial. De arb. pomif. 3 (p. 397, édil Slai). — * Marcell. Emp. De medicam. Î3.

GAULl'S. I Keslus ap. Paul. p. 96, Mil. Millier. —2 Hcrotlol. III, 136; VIII. 97; Arisloph. Av. 598; Atlicn. Vil, 320 0; Hcsych. s. v. Comparci un raisseau de transport, aux formes trùs arrondies, repri^senté sur un bas-relief assyrien de Ninivc; Lajard. .\iiimli und seine L'eberreste, fig. 67 (= Helbig. flot AomerijcAe Epos, fig. 3). — 3 Antiph. ap. Athen. .VI, 500 F. — V Hesych. s. r. Poilu» énumt^re parmi les vases de cuisine le ; atfi-ijXo; (VI, 89). — 0 ttdi/ss. IX. 223 ; Tbeocrit. V, 58 ; Hesych. s. u. — >• Hcrodot. VI, 119 ; Etymolog.^agn. s. c. ; Suida:., s. v. ; et. Theocrit. V, 104. — ' Ànlholog. Palat. IX, 404 ; Longus, III. 4; Aul. Gell. X. 25 ; PKiul. nud. V. 2. 32 (r. 1319).

(iVVSAPA. 1 Le mot est |»eut.^trc d'origine orientale. V. Weise, Griech. M'ôrter im l.atein, Lcipi. 1882, p. 66. — 5 Plin. flisl. nat. VIII, 73, 4(193) ; Martial. XIV, 147 ; Augusl. ap. Cliaris. p. 80. — 3 Mari. XIV, 138 et 132. — 4 Lucil. ap. Priscian. 9, p. 870;Hor. Sal. Il, 8,11.

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et enfin des vêtements chauds d'hommes * et de femmes ^

Cette étoffe se fabriquait particulièrement avec les laines des alentours de Padoue^; elle est déjà mentionnée par le poète Lucilius, mais c'est au temps d'Auguste qu'elle paraît avoir commencé à être d'un usage fréquent à Rome ; on ne la trouve plus nommée après le i" siècle. E. Saglio.

GEMELLAR. — On a voulu entendre sous ce terme un vase à huile dans le genre de nos burettes, en supposant qu'il a pour racine geminus et qu'il désigne un récipient contenant une double mesure ou formé de deux cavités communiquant entre elles'. La poterie antique offre, en effet, quelques exemples de petits vases conjugués, à double goulot ou à double panse, ayant l'aspect de Qacons à huile'. Mais rien n'autorise, dans les rares textes que nous possédons, à faire cette assimilation. Il y est question du pressoir [prellm] et le gemellar est la partie du pressoir qui reçoit l'huile douce, tandis que l'écume [amurca) s'écoule au dehors'. L'expression employée par Columelle {structile gemellar)'' prouve aussi qu'il s'agit d'un réceptacle assez grand, construit avec l'appareil tout entier, et non d'un vase mobile. E. Puttier.

GEMMAE (AÎ601 TtiAioi). — Les pierres précieuses et les pierres fines ont joué, dans la vie des Grecs et des Romains, un rôle considérable, à un triple point de vue : elles ont été utilisées dans la parure et l'ornement, en cabochons, grains de colliers, pendeloques, camées et intailles; d'autre part, on les a considérées souvent comme des talismans, des phylactères et on leur a reconnu des vertus magiques ou des propriétés médicales et thérapeutiques ; enlin, on les a enchâssées dans les chatons des bagues ou suspendues à des colliers pour les faire servir de sceaux ou cachets. C'est sous l'un de ces trois aspects, quelquefois sous tous les trois à la fois, que nous apparaissent les gemmesantiques parvenues jusqu'ànous, et que nous les présentent les écrits variés des auteurs anciens.

L'origine de ce triple caractère donné aux gemmes dans toute l'antiquité et, par la suite, jusqu'ià l'époque moderne, se perd dans la nuit des temps et il faut chercher à l'expliquer par un raisonnement d'induction. En efTet, partout sur la surface du globe, dès qu'on constate la présence de l'homme, on le voit rechercher avidement les ornements personnels et cette superfluilc qu'on nomme la parure. Les colliers, les bracelets, les bagues, les pendeloques se rencontrent chez les troglodytes de l'époque quaternaire aussi bien que chez les sauvages de nos jours. Mû par l'instinct du beau, l'homme primitif recueille avidement les gemmes aux vives couleurs, dont l'éclat mystérieux l'étonné et le ravit; il prend plaisir à les voir scintiller à son cou; il se mutile pour les suspendre à ses oreilles, à ses narines, à ses lèvres. Bienti'it, il découvre quelques-unes des propriétés optiques, thermiques ou magnéliquesdecertaines pierres, leur pouvoir réflecteur de la lumière, leur électrisation par frottement; et ces propriétés appliquées, dans certains cas, à des maladies, paraissent provoquer la guérison. Dès lors, impuissant à expliquer ces phénomènes, cet homme primitif «onge à faire intervenir les puissances surnaturelles. Il s'imagine qu'un génie supérieur,

< Cass. Scvcr. ap. Charis. p. 80 cl l'riscian. p. "à'.l ; Mari. VI, SU, 2 ; XIV, 1« ; cf. 143 el 21 : Pelron. 28, cf. 21 : f/nusujiina (se. vesLis), Sencr. I^p. 53. — 2 Uvid. A . am. III, 300. — 3 Slrab. V, 218; cf. Mart. XIV. 152. ou lielicaonia ("-ijuivaul i

invisible, habite dans chaque gemme ; comparant l'éclat différemment nuancé des astres avec le scintillement coloré des gemmes, il croit qu'il existe des rapports secrets entre celles-ci et les étoiles. C'est ainsi que naquit, par la force des choses, dès l'origine du monde, l'étrange superstition qui attribua aux pierres précieuses un caractère magique, talismanique et astrologique.

Quand on sut, avec les progrès de la civilisation, graver sur les pierres dures des figures et des caractères, l'idée vint logiquement de représenter sur ces gemmes des images divines, des prières et des invocations destinées à renforcer le caractère magique de la pierre et à accroître son efficacité surnaturelle. Dans toutes les circonstances où l'homme croyait devoir invoquer la divinité, il avait recours à sa gemme talismanique, à laquelle il tenait comme à la vie, qui ne le quittait jamais et qui devenait comme l'emblème de sa personnalité. De là, l'idée de faire servir la pierre gravée à sceller les actes dans lesquels l'homme engageait sa foi et où il avait à défendre ses droits; les êtres surnaturels dont elle était la demeure mystique devenaient les témoins du contrat qui ne se pouvait plus délier sans déchaîner leur vengeance sur le violateur. Le rôle d'ornement, de talisman et de cachet assigné aux gemmes, non seulement chez les Grecs et les Romains, mais dans les grandes civilisations de l'antique Orient, s'explique donc logiquement, et le côté superstitieux de ce rôle a pour fondement naturel l'ignorance de la nature chimique des gemmes, ignorance dans laquelle l'humanité resta plongée jusqu'à l'époque moderne.

I. Quels sont, parmi les minéraux, ceux que les anciens considéraient comme des gemmes, et qu'ils classaient parmi les XîOo! xijiiot? Question à laquelle on ne peut répondre qu'approximativement et incomplètement, à cause du désaccord et de l'incertitude des témoignages. Aujourd'hui, la nomenclature scientifique classe et nomme les pierres d'après l'analyse de leur composition chimique et de leurs formes cristallines; mais pour les anciens, les noms attribués aux gemmes reposent exclusivement sur l'observation de leurs couleurs, de l'usage auquel on les destinait, de leurs propriétés externes, magiques ou thérapeutiques. Le principe de cette classification, étant purement empirique, est la source de contradictions inextricables pour le critique moderne. Non seulement il nous est impossible souvent de saisir les raisons qui ont fait considérer tel ou tel minéral comme une gemme ou bien comme une pierre vulgaire, mais telle pierre est considérée comme vulgaire par un auteur et rangée par un autre au nombre des gemmes. De plus, les anciens comptaient parmi les gemmes des matières qui ne sont même pas des pierres, telles que les perles, les pâtes vitreuses et les fossiles dont les formes étranges et multiples constituaient autant de variétés parmi les gcinmae.

Toutes les pierres, même celles qui n'étaient pas considérées comme des gemmes, étant susceptibles d'être investies d'un rôle magique ou thérapeutique, nous n'avons guère à tirer parti, au point de vue qui nous occupe ici, des Lapidaires, d'origine orientale, que les écrivains de l'école d'Alexandrie répandirent dans le monde romain, tels que les Crjranidcs de l'Hermès Tris-

patavina. Ailleurs (XIV, 138) Marital éleiid le uoni de galisapa à un tissu de lin. GEMI-:l.l.AK. 1 Forcellini, Lexiv. lat. s. v. — 2 Cesnola, Cy/'r«5, Appeudix, fig. 23, 27. —3 Augusl. In Psttlm. 130. 9. — * Coluuiell. XII, 62.

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mégisle', le 77'fli/edc Damigéron leMaf^e^Ia Vied'Apollotiinsdi; 7'yane'^ et les écrits qu'on altrihuait à Orphée'", à Aristote^ à Plutarque" et qui devinrent si populaires dans les bas temps et au moyen âge. Parmi les naturalistes, Théophraslc', Pline l'Ancien", Solin, l'abréviateur de Pline", Isidore de Séville'" seront nos principaux guides. Mais, il n'y a pas même un essai de classement des gemmes dans Théophraste et dans Soliii. Quant à Pline, son XXXVl" livre traite, en efïet, de la nature des pierres {/a/9tc?wmna/Mj'a) et son XXXVI P livre, des gemmes [gummwi). 11 semble donc qu'il ait voulu établir une distinction nette entre les deux classes : il n'en est rien ; quand on y regarde de près, on s'aperçoit que certains minéraux sont traités à la fois comme pierres vulgaires et comme gemmes, et que le désordre le plus complet règne dans l'ordonnancement de ces deux livres. De tous les auteurs anciens, celui chez lequel on rencontre quelque logique, c'est Isidore de Séville, dans son traité des Elymologies. Le livre De Inpidibus et metallis distingue : 1° les pierres vulgaires (ch. in. De lapidibus vulgaribus); 2° les pierres de luxe ou demi-fines (ch. iv, De lapidibus insignioribus), parmi lesquelles nous trouvons l'aimant (magnes), l'émeri {smyris), le jais (gagates), l'ostracile, l'obsidienne, l'androdamas, l'amiante, l'hématite, l'aetite, le schiste, etc.; 3° les marbres (ch. vi. De marmoribus) et enfin, 4° les gemmes (ch. vi, De gemmis).

Après avoir averti, comme Pline, que les diverses espèces de gemmes sont innombrables et qu'il énumère seulement les principales, Isidore de Séville en groupe un certain nombre suivant leurs couleurs, puis d'autres suivant leurs vertus magiques ou suivant le sens des noms qu'elles portent. Mais on relève parmi les pierres de luxe [De lapidibus insignionbus) des minéraux que Pline classe parmi les gemmes, et en outre, il y a des pierres, comme l'hématite par exemple, qui figurent à la fois dans les deux catégories. Pour être moindre que chez les autres auteurs, la confusion n'en est pas moins embarrassante pour nous. Il faut ajouter enfin que nous sommes rarement certains do l'identification des noms grecs et latins avec les noms modernes des gemmes.

En présence de ces difficultés de toute nature, nous avons dû nous borner à adopter l'ordre alphabétique dans la nomenclature suivante, qui comprend la plupart des minéraux que les auteurs anciens classent dans la catégorie des gemmae.

Achates (à^âxTiç), l'agate ". Les anciens comme les modernes groupent sous ce nom toutes les variétés de quartz qui ont une demi-transparence, comparable à celle de la corne. Pline énumère les variétés suivantes : Vaelhachales, qui rend une odeur de myrrhe ; la cerachates qui ressemble à la cire; la coralloachates, parsemée de gouttes d'or comme le corail; la dendrachates ou agate arborisée; ïhaemachates qui a des taches de sang; \a.jaspachales ou agate tirant sur le jaspe; la leucachales, agate blanchâtre; la smaragdachates qui se rapproche de

VîKMMAE. 1 Kiriani Kyranides, trad. de Kiviiius (Leipzig. J638); cf. F. de M«y, Revue archéolog. 3' sir. t. XII, 1888, p. 319. — 5 l'itio, Spicilcg. SoUsmense (Paris, 1883), t. 111, p. l.i.\ et 3i4 ; F. do MiSly, Itevuc arck. 3* sér. t. XV, isno, p. 113. — 3 Philoslral. Vila Apollon. Tyan. — > Orpli. nij'. »;««,,.

— 5 Sur le lapidaire atlribuù à Arislolc, voyei F. de M(^ly, Hevue des études ijrec/jues, t. VU, 1S'J4, p. 181 à 191. — 6 l's. Plularcli. II.}', IIo;ap„v. Sur ce IraiW, voy. F. de Mi-ly, daus la Uev. des éliiJ. ijrecq. t. V, 1S9J, p. 3i? à 3-to. — 7 Tlicophr. nif\ .V,0.... — 8 plin. .Vn(. hist. libii .\XXV1 el XXXVII. — » Solin. Polyhisl. passiin (l'd. Mûinniseu). — 10 [sid. Etymol. lih. XVI, De tapidilma et metallis.

— Il Thcophr. De lapid. 31 ; Plia. Nal. hisl. XX.\V1I, 139 i 14i; Soliu. Polyhist.

l'émeraude. Les Romains recueillaient les agates principalement en Sicile, dans le fleuve Achates (le Drille) qui a donné son nom à la gemme '^. Les Orientaux et les Grecs exploitaient surtout les torrents de la Crète, de Cypri-, de Rhodes, de Lesbos, de laThrace, de la Phrygie, le cours du Choaspe.s et d'autres gisements de la Perse, <ie l'Inde et de l'Egypte. L'agate, dit Pline d'après les livres des magiciens, est très bonne contre la piqûre des scorpions et des araignées; les médecins la pilent en mortier; elle guérit des ophtalmies, apaise la soif, détourne la foudre, chasse les tempêtes, rend les athlètes invincibles, met la discorde dans les ménages ; mais pour en obtenir ces merveilleux effets, il faut accomplir certains rites, notamment la suspendre à des crins de lion.

AcoUonos (àxoiTovoç), gemme à veines irrégulières " ; c'est peut-être une variété d'agate mousseuse.

Acopos^'', gemme qui ressemble au nitre; elle est poreuse et parsemée de paillettes d'or. Elle guérit de la faligue physique, comme les médicaments du même nom.

Adadu-daclylos, Adadu-nephros, Adadu-opkthatmos, gemmes de Syrie, consacrées au dieu Adad, et dont la nature est indéterminée '^ .

Adamas, le diamant'*. Les anciens lui ont donné ce nom de « pierre indomptable » (àoauâw), parce qu'ils ne sont jamais parvenus à le tailler ou à le graver; mais ils ont su le broyer et le réduire en poudre, et les éclats [crustae] de diamant leur ont servi à graver les autres gemmes. Pline connaît six variétés de diamants, établies d'après leurs propriétés extérieures, leur grosseur ou leur pays d'origine. Il y a le diamant d'Ethiopie qu'on extrait auprès de Méroé et qui ressemble à une graine de concombre; le diamant des Indes, transparent comme le cristal, qui atteint parfois la grosseur d'une aveline; le diamant d'Arabie, plus petit; celui qu'on nomme cenchron (nsy/soç) parce qu'il n'est pas plus gros qu'un grain de mil; le diamant macédonique qu'on trouve dans les mines d'or de Philippes; le diamant de Cypre, tirant sur le bleu céleste, moins dur que les autres qu'il surpasse par ses vertus médicinales. On considère aussi parfois comme un diamant la sideritis qui a l'éclat du fer poli ; mais cette pierre se brise sous le marteau et on peut la percer avec un autre diamant. A l'épreuve, dit Pline, le véritable diamant brise le marteau et l'enclume ; mais on parvenait cependant à le réduire en poudre. Les vertus magiques du diamant sont nombreuses : il annihile les poisons, dissipe les troubles et les craintes vaines, et de là vient que quelques-uns l'ont appelé anancitis (kttyyXrK;).

Aegophlhalmos, agate à couches orbiculaires qui ressemble à un œil de bouc ".

Aegyptilla, gemme traversée par des veines rouges et noires, ou bleues et noires ". C'est sans doute une variété d'agate rubanée.

Aethiopicus, gemme couleur de fer, qui rend un suc noir quand on la soumet à une forte pression ".

Aelilis {à^-i-rfi), pierre d'aigle'". C'est une variété de

5; Uid. XVI. 11,1. — 13 CertaïDS auteurs ODt %ouIu trouver au oom de l'agate uoe racine s6mili<^uc; v. à ce sujet, H. Lewy, Die setnitischen Fremdvôrter, Pm^Hiu. 1S95, p. 56. — 11 Aiithol. gr. 695. — li Plin. XXXVII, 143. — i» PUn. XXXVII. 186. — 1« Tlicophr. De Inpid. 19 et s. ; Plin. X.XXV1I, 55 à 61 ; Solin. 53 ; Pausan. Vlll, 18, 6 ; Isid. XVI, 13, î ; cf. Pinder, De adamante, Berlin. 1829; E. Jannettaz, H. Fontenay, E. Vanderlieym et A. Coutance, Diamant et pierres précieuses, p. 178 et suiv. (Paris, 18SI). — " Pliu. .X.XXV1I, 187; Isid. XVI, 15, 19. — 18 Plin. .VXXVU, US; Isid. XVI, 11, 3. — i» Isid. XVI, 15, 13. — » Philostr. Apoll. Tyan.n, U; Plin. XXXVI. IW à 151; XXXVII, 187; Solin. 38; Aelian. Hist. auim. i, 3S; Ps. PluUrcli. De fluv. XX, i; Isid. XVI, 4, ii; cf. F. de

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fer hydroxydé qui a la couleur rougeàlre de la queue d'un aigle, et que ces oiseaux mettent dans leurs nids pour féconder leurs œufs. Elle est commune en Perse, plus rare dans l'Euphrate et en Afrique. Les médecins l'emploient dans les accouchements. 11 y a une pierre vulgaire du même nom qu'on ne comptait pas parmi les gemmes.

Alabandicus, alabandina, l'almandinc. Grenat rougefoncé [alabandicus carbunculus) qu'on recueillait à Orthosia et qu'on travaillait à Alabanda, en Carie ' .

AlabastrU'is^, variété de l'onyx, blanche avec des nuances diverses, qu'on exploitait à Damas et à Alabastron, en Egypte. On l'utilisait contre les maux de dents.

Akrjorias^, gemme cristalline, de la grosseur d'une fève, qu'on trouvait dans le gésier des gallinacés. Elle rendit Milon de Crotone invincible.

Amellnjstus (àaéfiijdoi;, àyLÎ0u(7Toç). L'améthyste des anciens est le quartz coloré en rouge et en violet, qu'on trouve en Espagne aux environs de Carthagène, en France auprès de Brioude, en Hongrie, en Arabie, dans l'Inde. Pline estime surtout celle de l'Inde et méprise celle de Cypre et de Thasos. Les variétés de l'améthyste portent les noms de socond'ion, sapenos ou pharaniiis^ paederotas, anierolas, pierre de Vénus '. Les anciens ont fréquemment gravé en creux l'améthyste dont la nuance violacée et la limpidité sont vantées par nombre d'auteurs^. On la considérait comme un remède contre l'ivresse et le poison. On appelait ameihyzon '^ une gemme violacée qui devait être une variété du rubis balais ou du grenat syrian. L'améthyste figurait parmi les gemmes du rational du grand prêtre Aaron '.

Anancitis, ananchilide (àvay/ÏTiç), gemme qui servait dans l'hydromancie ; on a parfois donné ce nom au diamant et à la galactite '.

Androdamas, variété d'hématite, luisante comme l'argent, que les magiciens employaient pour dompter la colère; on l'appelle aussi argijrodamas''.

AnthracUis, peut-être le rubis spinelle. Cette gemme, couleur de feu, comme le rubis, se recueillait en Thesprolie, en Arcadie et en Afrique. Elle guérissait les ophtalmies '".

Antipalhes, gemme noire, opaque, qui passait pour guérir la lèpre. On la trouvait en Mysie".

Aplirodisiaca, gemme de couleur rousse, tirant sur le blanc '^

Apsyctos ou absyctos, gemme noire, avec des veines rougeàlres; échauffée au feu, elle garde sa chaleur pendant sept jours '^

Arabicus, sorte d'onyx ressemblant à l'ivoire, et qui passait pour excellente contre les maladies nerveuses".

Argyrites, argyrophyla.c, gemme qui ressemble à l'argent et qu'on recueille dans le Pactole ; elle avait la propriété de garder les trésors contre les voleurs '^

M61y, Bev. anh. 3» sér. t. XII, 1888, p. 322 et Re\>. des étud. grecq. t. V (1892), p. 334; (ili. Tissot, Géogr. comp. de la province rontaine d'Afrique, t. I, p. 268. — 1 I'liu.XXXVll,02;Isid. XVI, 14, 6. — 2Tlieo|iIir./*e in/ziii. 0; Plin. XXXVIl, 143; Isid. XVl, 5, 7. — ■' l'Un. XXXVII, lit; Solin. 1 ; Isid. XVI, 13, 8.— 4 Tlieophrasl. 30 cl s.; l'iin. XXXVII, 121 et suiv. ; Isid. XVI, 9, 1. —5 Voyei notanimcnl deux ôpigrammes sur l'am^îtliystc, dans VAjithoL gr. n"' 748 et 752. ^ 6 Isid. XVl, 9, .■>. — TExod. XXVIII, 19; Cli. de Linas, les Origines de Vorfiorerie cloisonr.ee. t. Il, p. 38 et 41. — 8 plin. XXXVII, 192 ; Isid. XVl, 13, 22; F. de Mcly, Iteme arMol. 3« sSr. t. XV, 1800, p. 112. — 9 l'Iin. XXXVI, 146 cl XXXVII, 144 ; SoIin. 34 ; Isid. XVI, 4, 17 ; XVl, 15, 8 ; cf. Tissot, /. /. t. I, p. 268. — 10 Tlieoplir. 33; l'Iin. XXXVII, 98 et 189; Solin. 38 ; Isid. XVl, 14. 2 ; cf. Tissot, (. l. — " Plin. XXXVII, 14b; Dioâcorid. V, 140 ; l's. Plularch. De /luu. XXI, 5 ; cf. F. de Mély, Heo.

Aromatilis, gemme d'Arabie et d'Egypte, qui a la couleur et l'odeur de la myrrhe "^.

Asbclos ou asbestos, gemme couleur de fer, qu'on trouve en Arcadie ; une fois rougie au feu, elle ne s'éteint plus ".

Aspilaiis ou aspisalis, gemme qu'on trouve en Arabie, dans le nid de certains oiseaux. Elle est tantôt couleur de feu, tantôt couleur d'argent. Attachée à un poil de chameau, elle guérit les obstructions de la rate ".

Aster., asteria, asleritis, astrios'". C'est peut-être notre girasol. Cette gemme renferme en elle, dit Pline, une lumière qui y est contenue comme dans la prunelle d'un œil. On la trouve dans l'Inde, en Carmanie et au mont Ballenée, d'où le nom de ballen qu'on lui donne quelquefois. L'asirion, appelé aussi ceraunia, pierre de foudre; Vastroites que vantent Zoroastre et les mages; l'asirobo- Uoii, paraissent, par leurs noms, n'être que des variétés de la même gemme.

Asirapaea, gemme de couleur noire ou bleu céleste ; il en sort comme des éclairs-".

Alizoe, gemme qui a un éclat argentin et qu'on trouve dans l'Inde, en Perse et sur le mont Ida '■".

Augitis ou augetis, peut-être une variété de la callaina'-'.

Autoglyp/tos, pierre que roule le Sagaris et sur laquelle on voit naturellement la figure de la Mère des dieux ^'; il s'agit sans doute d'une agate mousseuse.

Balanites. Il y en a de deux sortes, les unes verdàtres, les autres bronzées. Toutes ressemblent au gland et sont traversées par une veine couleur de feu. On les trouve à Coptos en Egypte et chez les Troglodytes^*.

Bapfes, gemme tendre, dont l'odeur est agréable ^^.

Baroplis ou baropienus, gemme noire, avec taches blanches et rouges ^^

Batracliiles, la crapaudine, gemme de Coptos, qui a une nuance verdâtre, tirant sur le bleu ou sur le rouge ^\

Beli oculus, l'œil-de-chat, agate blanchâtre, avec couches orbiculaires; au centre, une prunelle noire environnée d'une couche dorée ^*.

Beryllus (p-^ipûlXoç), le béryl, l'aigue-marine ". D'aucuns, dit Pline, considèrent le béryl comme une variété de l'émeraude ; il est de vert de mer. Le chrysobéryl, un peu plus pâle, est peut-être notre cymophane. 11 y a d'autres variétés qui se rapprochent des nuances de l'hyacinthe (hyacinthizontes), du cristal de roche, de l'améthyste, de la topaze. L'une d'elles a la propriété de noircir dans les mains des faux témoins^". Pline dit qu'on taille le béryl en prismes hexagonaux, et que l'Inde est le seul pays qui le produise.

Bolae, gemmes qui tombent du ciel pendant les orages et qui ressemblent à des mottes de terre".

Bosirychitis, gemme noire, avec des veines blanches ou sanguines qui ressemblent à des cheveux de femme '^ : variété d'agate rubanée.

des étud. grecq. l. V, p. 334. — 12 Plin. XXXVII, 148. — 13 Pliu. XXXVII, 148; Isid. XVI, 11, 2. —II. Plin. XXXVII, 143; Solin. 34; Dioscorid. V, 149; Isid. XVl, 4, Il ; XVI, 13, 14.— 15 Ps. Plularch. De flur. VII, 3; cf. F. de W-h, l.l.f. 331; Isid. XVI, 15, 7. — 10 Plin. XXXVII, 143; Isid. XVl, 7, 14. — " Plia. XXXVII, 146; Solin. 7; Isid. XVl, 4, 4. — is l'Iin. XXXVII, 116. — m Plin. XXXVII, 131, 132 cl 133; Ps. Plut. De ftuv. XII, 4; cf. F. de Mély, /. l. \i. 333; Isid. XVI, 10, 3; XVI, 13, 7. — 20 Plin. XXXVII, 189. — 2i Plin. XXXVII, 147. — 22 pli„. XXXVII, I.i7. — 2;) Ps. Plut. De /luv. XII. 2 ; cf. F. de Mély, (. /. p. 333. — 2V Plin. XXXVII, 149;Isiil. XVl, 15, 10. — 2:i Plin. XXXVII, 149.— *6 Plin. XXXVII, 150 Isid. XVl, 11, 5. — 27 Pli,,. XXXVII,149. — 28|'lin. XXXVII, 149; Isid. XVl, 10, 9. —2» Diod. Sic. II, 52; Plin. XXXVII, 76 et 77; Solin. 53; Isid. XVl, 7, 5 et 6. — 30 Ps. Plut. i)(;/îuu.XVIII,3;cf.dcMély,i.;. — 31 Pliu. XXXVII, 150.— 32 Pliu. X.UVII, 150 et 191.

GEM

GEM

liiilrii'ilh (porpuiTTiç), gemme noire fiui ressemble au raisin qui commence ;"i mûrir'.

/Jronles ou brontia^ gemme qui élcinl lu l'eu de la foudre; on la trouve dans la tête des tortues-.

JJucardis, gemme (sans doute un fossilej qui ressemble à un cœur de bœuf, et qu'on trouve en Ghaldée^.

Cadmilis, variété de Vostraeitis *.

CaUaïs et calla'mn ou rjnllaina (xaÀ/aVvôç Xi'Ooç) ''. Gemme d'un vert pâle, qui se rapproche de la topaze et quelquefois de l'émeraudc ou du saphir; on suppose que c'est la turquoise ". On la trouve, dit Pline, dans l'Inde, dans le Caucase, en Carmanie, chez les Saces et chez les Daces; il y en a aussi, dit-on, dans le nid de certains oiseaux appelés mclancorijphi.

Cantharias, gemnio-fossile, qui a la forme d'un scarabée (x7.v6apoi;) '.

Capnitis, agate dont les couches sont enroulées en spirale'.

Cappadocia, gemme qui ressemble à l'ivoire et qu'on trouve en Phrygie".

Carchedonius (xap/r|OÔv[oç). Sous ce nom, les anciens désignaient non seulement notre calcédoine, mais aussi une variété de quartz assez commun, d'un blanc mat, nébuleux, quelquefois légèrement bleuâtre. Les anciens tiraient leur carchedonius lapis de l'Égypto, de l'Inde, de la Perse et du pays des Nasamons en Afrique; on en faisait un grand commerce à Carthage. Elle servait le plus ordinairement à fabriquer des coupes et des vases à boire; mais elle se prêtait peu à la gravure'". Celte dernière réflexion de Pline ne saurait s'appliquer ni au grenat ni à la belle calcédoine, que les anciens ont constamment gravés ; elle convient seulement à la variété d'agate vulgaire, se rapprochant par sa couleur cendrée de la véritable calcédoine et de l'albâtre.

Carcinias, gemme qui a la couleur de l'écrevisse ".

Catochilis, gemme de la Corse, qui s'attache à la main, comme une gomme '-.

CatoplrUis ou catopyrilis, gemme de la Cappadoce, variété de la pyrite "

Cenrhritis, gemme dont les taches ressemblent à des grains de mil '".

Cepionidis ou ceponidcs, gemme qu'on trouve à Atarné en Éolide et qui ressemble au cristal ou au jaspe '°.

Cepitis ou cepolatitis, pierre blanche et luisante, avec des veines qui s'entre-croisent '\

Ceramitis, pierre qui a la couleur de la brique ".

Ceraunia"'. Il y en a plusieurs espèces: l'une, qui ressemble au cristal et n'est qu'une variété de l'astrion; elle vient de la Carmanie ; une autre, qui est noire, est regardée comme sacrée et on en fait des bétyles [baetylia] ; il y a aussi des céraunies rouges dans l'Inde et en Lusilanie.

Ceritis, gemme qui a la couleur de la cire vierge".

Chalazias (/aXaÇîaç), gemme aussi dure que le diamant

1 Plin. .\XXVn, 150. — 2 Plin. XXXVII, 150 et 176 ; Isid. XVI, 15, 24. — 3 Pli,,. XXXVII, 150. — * Hin. XX.XVII, 151.— s Plin. XXXVII, I10.i 112 cl 15l;Solin. 21; Isid. XVI, 7, 10; S. Rcinach, le Miraije nrienlal, p. 18 (e\lr. do l'Anthropologie, 1893). — C Berlhclol, dans le Journal des Savants, p. 379-382; /(«•«-,' archéolog. Z' scîr. l. XIV, ISSU, p. 296. — ^ Plin. XXXVII. 187. — 8 Pli,,. XXXVIl, 151. — 0 Plin. XXXVII, 151. — 10 Slrab. XVII, 3, Il et 19; Pliii. XXXVII, lOi; l5id. XVI, li, 5; cf. Tissot. O. l. t. 1, p. 269. — " Plin. XXXVIl. 187; Isid. XVI. 15, 13. — 12 Plin. XXXVIl, l52;SoIin. 3. — 13 plin. XXXVIl, 152.

— !■• l'Iiii. XXXVIl. 186. — 16 Plin. XXXVIl, 156. — 16 Pliu. XXXVIl, 156.

- i" Plin. XXXVIl, 153. — 18 Plin. XXXVIl, 132, IS'» cl l7C;Solin, Polyhist. 21 cl 24; Isid. XVI, 13, 5 ; cf. Porrol el Cliipici. Hi^l. de farl dans I antiquité, t. VI, p. 118-119. — I' Plin. XXXVIl, 153. — 2» Plin. XXXVIl, 1S9 ; Solin. 38; Isid. XVI, 4, 36; XVI, 10, 4; XVI, 13, 4. — 21 p|i„. XXXVIl. 191; Isid. XVI, 15, 9.

l'I qui ressemble à la grêle; on la broie pour en faire des remèdes en médecine'".

ChalcUes, gemme qui a la couleur du cuivre -' ; c'est sans doute une variété de la malachite.

Chalcophonos ou chalcophthongos, gemme noire qui résonne comme le bronze-^.

Chelidonia, pierre d'hirondelle ; elle a la couleur de cet oiseau -'.

Clielonin, gemme qui n'est autre chose que l'feil même d'une tortue des Indes; elle a des verlus magiques-''.

Chetonilis, gemme qui ressemble à la carapace d'une tortue".

Chernitis, sorte d'agate mousseuse ou arborisée; elle passait pour préserver les cadavres de la putréfaction '°.

Chlnrilis, gemme couleur d'herbe qu'on trouvait dans le ventre des bergeronnettes ".

Choaspitis, gemme vert-doré que roule le Choaspes-'.

Chrysc/ecirus, gemme qui tient de l'or et de l'ambre par sa couleur-".

Chrysocolla ou nmphidanes, gemme de l'Inde, couleur vert-de-gris, tirafit parfois sur l'or; elle a les propriétés de l'aimant '".

Chrysolampis, gemme pâle dans le jour, étincelante pendant la nuit; on la trouve en I^lhiopie^'.

Chri/solilhos {■/yj'jihMç, la topaze ou l'hyacinthe. Gemme transparente qui a la couleur de l'or. On appelle chrijseleclrae les chrysolithes dont la nuance se rapproche de celle de l'ambre; leucochri/si, celles qui ont une veine blanche ; mclichrijsi, celles dont la couleur se rapproche de celle du miel. On connaît encore une aulre variété qui porte le nom de xuthon. Les plus belles chrysolithes viennent de l'Inde ; il y en a d'inférieures en Arabie, dans le Pont et en Espagne^^ .

Chrysopis, gemme qui a les mêmes propriétés que la chrysolampis; on l'appelle aussi chrysopastns ^^.

Cinaedias, gemme blanche, de forme oblongue, qu'on trouve dans la cervelle de certains poissons ; elle pronostique le calme de la mer ou la tempête ''.

Circos, gemme qui a la couleur de l'épervier".

Cissitis, gemme blanche et transparente dont les contours ressemblent à des feuilles de lierre ^^

Clitoris (x),£tTop;ç), pierre de couleur noire, qu on trouve au monlLilée,et qui sert à faire des pendants d'oreilles^".

Cochlis, gemme d'Arabie, fabriquée artificiellement avec de gros blocs de pierre qu'on fait cuire dans du miel pendant sept jours et sept nuits".

Collâtes, gemme que les hirondelles recueillent dans le Nil et qui a des propriétés magiques".

Coralliiim ou ciiralium (xojpâXXiov), le corail" [coRALlium] ; on l'appelle aussi gorgonia. La corallis est une pierre vermillon qu'on trouve à Syène el dans les Indes ; la coralloarhatcs est une agate-cornaline qui ressemble au corail '■'.

— 32 pliu. XXXVIl, 154; SoUd. 38; Isid. XVI. 15,9. —23 p|in. XXXVIl, 15»; Isid. XVI, 9, 6. - 21 Plin. XXXVIl, 155. - 2i Plin. XXXVIl, 155; Isid. XVI, 15, 23.

— 26 Thcophr. Dr lapid. 6; Plin. XXXVIl, 191 ; Isid. XVI, 4, 24. — ï! Plin. XX.VVII, 156. - 28 Plin. XXXVIl. 156; bid. XVI. 7. 16. - 2» Plin. XXXVIl. 51: Isid. XVI, 15, 3. — 30Tlicoplir. 26 et 40 ; Plin. XXXIII. 86; XXXVIl, 147; Isid. .XVI, 15, 7. — 31 Plin. .XXXVIl, 156 ; Isid. XV. 15, l. — 35 Dioil. Sic. II. 52; Plin. XXXVIl, 90. 91. 101, 126, 127, 172; Isid. XVI, 15. 2. - 33 plin. XXXVIl. 1.^6; Solin. 30; Isid. XVI, 15, 2. — 3lpliQ. XXXVIl, 153; Isid. XVI, 10, 8; P. de MiMv. Revue arc'icol. 3« s.^1-. I. XII, 1888, p. 325. — 3;, plin. XXXVIl, 153. — 35 Plin. .XXXVIl. |8j.37Ps. Plul. A-/îi<r. XXV, 5; cf. K. de M.'l; , /fer. dcsélud.grecq. t. V.p. 335.

— 38 Plin. XXXVIl, 193 et 191. — 3S Ps. Plul. De fliiv. XVI. 2 : cf. F. de ll«y. Rer. des étud. grecq. 1. V, p. 333. — M Tlicophr. 38 ; Plin. XXXII. 21 4 42 ; XXXVIl, 153 cl l64;Solin2;lsid.XVI,8,l6;XVI,S,l6;XV1.15,25. — »l Plin. XXXVIl, 139 el 153.

GEM

GEM

Corsoïdes, gemme qui a la couleur des cheveux blancs | d'un vieillard'.

Cori/bas, pierre magique qui a la couleur du corbeau et qu'on trouve à Mycènes -.

Craicrilis, gemme dont la couleur se rapproche de celle de la chrysolithe et de l'ambre '.

Crocallis, gemme qui ressemble à une cerise \

Crocias, gemme qui a la couleur du safran"*.

Cri/phios, gemme qu'on trouve au mont Ida **.

CnjslaUus (xpuTTaXXoç, uaXoç), cristal de roche'. Ce quartz limpide et incolore est formé, dit Pline, d'eau de pluie et d'un peu de neige; « c'est pour cela, ajoute-t-il naïvement, qu'il ne saurait contenir la chaleur et qu'on ne l'emploie que pour boire frais » *. Le cristal le plus estimé était celui de l'Inde ; mais il s'en trouvait aussi en Carie, à Cypre, dans les Alpes. Pline ajoute, d'après Juba, que dans une île de la mer Rouge, on a recueilli un bloc de cristal d'une coudée de long. Aux monts Amincnscs, en Lusitanie, on en a trouvé aussi d'une grosseur prodigieuse.

Cyamias, gemme noire qui ressemble à une fève '.

Cyanus (xuavôç), la lazulite, ••gemme bleue, parsemée de points d'or ; la plus estimée venait de la Scylhie. Cypre et l'Egypte en fournissaient en abondance et cette gemme était, dès la plus haute antiquité, employée pour toute espèce d'ouvrage artistique '".

Cyitis, gemme blanche, de Coptos ; quand on l'agite, on sent remuer en elle une autre pierre "■.

Daphneas, gemme que Zoroastre dit bonne contre le mal caduc'-.

Dendrilis, gemme qui a la propriété d'empêcher la cognée de s'émousser, quand on l'enfouit au pied de l'arbre que l'on veut couper '^

Diadochos, variété du béryl''.

Dionysias, gemme noire, avec taches rouges ; elle préserve de l'ivresse et donne à l'eau le goût du vin'°.

Diphues, pierre à la fois mâle et femelle, blanche et noire, les portions de chaque sexe étant séparées par une ligne"*.

Dracoiiitis ou dracontia, gemme blanche et translucide qui s'engendre dans le cerveau des dragons, mais qu'on doit enlever sans que le reptile meure de l'opération'".

DrosoUthus ou Jovis gemma ; elle a la couleur de l'or ; le feu lui fait rendre une liqueur comme la sueur '*.

Dryilis, gemme qui ressemble à un tronc d'arbre et qui brille comme du bois '".

Echilis, gemme tachetée comme la peau de la vipère-".

Encardia (êyxapS'a) ou ariste, gemme noire ou verte qui a la forme d'un cœur -'.

Enhyrjros, gemme blanche, lisse et toujours parfaitement ronde ; quand on la secoue, on sent un liquide qui roule au dedans ^^

Enorckis, gemme blanche^'.

I Plin. XXXVII, 153. — 2 Ps. Plul. De fîuv. XVIII, 8; cf. de MiSly, l. l. p. 333- 334. 3 Plin. XXXVII, 154. - '• Plin. XXXVII, Ib4. — 5 Plin. X.VXV11, 191. 6 Ps. Plut. De fîuv. XIII, 4; cf. F. de U«y, /. l. t. V, p. 333. iTlieoph. De lapid. 30; Diod. Sic. II, il; Plin. XX.XVII, 23 et suiv.; Solin.

/•olyhiU. IC; Isid. XVI, 13, I. — 8 Cf. Atilhol. ijr. n" 7.Ï3 et 754.

0 Pliu.

XXXVII, 188. — lOTIieoplir. 31. 39 et 53; Plin. XXXVII, 110; Solin. 16; Isid. XVl, 0, 7; llelbig, Das Itamerische Epos, p. 131. - t' Plin. XXXVII, 154. — 12 Plin. XXXVII, 157. — 13 Plin. XXXVII, 19i. — 1'» Plin. XXXVII, 157. — is Plin. XXXVII. 157; Solin. 38 ; Isid. XVI, 4, 7; XVI, 11, 8. — 10 Pliu. XXXVII, 157. — 17 Plin. XXXVII, 158; Philoslr. Vil. Apollon. Tyan. III, 7 et 8 ; Soliu. 31 ; Isid. XVI, 14, 7; de M6ly, Itnue archrol. 3- s(t. t. XII, 1888, p. 323. — '» Plin. XXXVII, 170; Isid. XVI, 12, 2. — 1» Pliu. XXXVII, 188. — 20 Plin. XXXVII, 187; Soliu. 3S ;

Epimélas, gemme blanche, mais noirâtre à sa partie supérieure^'.

Eroiylos, pierre magique', appelée aussi amphicomos et hieromncmon -■'.

Erylhallis ou crislalis, gemme blanche qui, vue de profil, parait rouge -'*.

Eumeces, gomme de la Bactrianequi donne la clef des songes-''.

Eumilhres ou miilirax, gemme qui a la couleur du poireau; on l'appelle aussi pierre de Belus-'.

Eupetalos, variété do jaspe qui tient à la fois de quatre couleurs: l'azur, le feu, le vermillon et la pomme-".

Eureos ou euneos, gemme blanchâtre, cannelée comme une coquille'"; il s'agit sans doute d'un fossile. Eurotias, gemme noire ^'.

Eusebes ; dans le temple d'Héraclès, à Tyr, il y avait un trône en pierre euscbes, où l'on pouvait voir apparaître les dieux eux-mêmes^-.

Exebenus, gemme blanche dont les orfèvres se servent pour brunir l'or''^

Galaclilis ou rjalaxias, quartz laiteux qui a la couleur et le goilt du lait; on le trouve dans le Nil et l'Achéloiis; il donne du lait aux nourrices et de la salive aux enfants qui le portent au cou. On l'appelle aussi leucogaea, leucographitis, synnephilis; une de ses variétés ressemble à Veplmélas, sauf qu'elle est traversée par des veines rouges et blanches ''.

Gassinades, gemme qui a la couleur de l'orobe et paraît parsemée de lleurs ; elle résonne quand on la secoue ; on la trouve en Médie ^^

Geranilis, gemme qui a la couleur du cou d'une grue" : variété d'agate.

Glossopeira, gemme qui ressemble à une langue humaine; elle tombeducieletpossède des vertus magiques". Goniaea, gemme qui aide à tirer vengeance d'un ennemi''.

Bacmatitis, l'hématite. Cette substance métallique, noire, parfois rougeâtre, se laisse facilement entamer par le burin ; aussi a-t-elle été souvent gravée dans l'antiquité. On lui attribuait les propriétés de l'aimant et des vertus magiques ; les médecins l'employaient dans les maladies des yeux et du foie. Les plus belles hématites, dit Pline, viennent de l'Ethiopie ; l'Arabie et l'Afrique en fournissent également. Dans l'Inde, il y en avait une variété de couleur blanchâtre, tirant sur le jaune, que les Indiens appelaient mcnui et les Grecs xanthos ".

Hammilis, gemme qui ressemble à un œuf de poisson;

on la trouve en Egypte et en Arabie '".

Hammockrysos, gemme parsemée de poussière d'or*'.

Hammonis cornu., gemme qui a l'éclat de l'or et que les

Éthiopiens considéraient comme sacrée '^ ; il s'agit d'un

fossile très commun.

Heliolropium, la prime d'émeraude; elle est d'un vert

Isid. XVI, 15, 18.— 21 Plin. XXXVII, 159. — 22 Plin. XXXVII, 190; Solin. 38; Isid. XVI, 13, 9. — 23 Pliu. XXXVII, 159. — 2i Plin. XXXVII. 161 ; Isid. XVI, 10, 10. 2i Plin. XXXVII, 160. - 26 Plin. XXXVII, 160. - 27 plin. XXXVII, 160. 2S Pliu. XXXVII, 160. - 29 Pliu. XXXVII, 161. - 30 Plin. XXXVII, 161.

— 31 Plin. XXXVII, 161. — 32 Plin. XXXVII, 161. — 33 Plin. XXXVII, 159; Isid. XVl, 10, 11. — 3'> Plin. XXXVII, 162; Solin. 7; Dioscorid. V, 50; Isid. XVI, 4, 20 ; XVI, 10. 4. Sur la galaclitc, voy. de Mi5ly, /lecHie arch. 3' sdr., t. XV, 1890, p. 103 et suiv. — 35 Plin. XXXVII, 163. — 36 Plin. XXXVII, 187. — 37 Plin. XXXVII, Ifii ; Soliu. 38 ; IsnI. XVl, 13, 17. — 3S Pliu. XXXVII, 16t. — 39 Tlieophr. 37 ; Plin. XXXVII. 114 et s.; XXXVII, 1C8 cl s.; Solin. 31 ; Isid. XVl, 4, 16 ; XVI, 8, S.

— "1 Plin. XXXVII, IG7 ; Isid. XVl, 4, 29. — 41 Plin, XXXVII, 188 ; Soliu. 38; Isid. XVl, 15, 5. - » Plin. XXXVII, 167 ; Soliu. 28.

GEM

GEM

de poireau, avec des étoiles ou des veines sanj^uincs. On la lrouvcàCypre,en Élliiopiu,cn Mritjue. Kllcavaillc pouvoir de rendre invisible la personne qui la portail sur soi'.

Bephaeslitis, gemme dorée, dans laquelle se reflètent les objets comme dans un miroir; exposée aux rayons solaires, elle allume le bois sec. On la trouve à Corycus en Cilicie^.

Hppalitis, gemme qui guérit les maladies du foie'.

Hennuaedoeon, gemme cerclée d'or, dont le noyau peut être noir, blanc ou verdâtre ' : variété d'agate à couches orbiculaires.

Hexecontalilhos, gemme qui a soixante couleurs à la fois ; on la trouve dans le pays des Troglodytes '•".

Hieracitis, gemme qui a la couleur de l'épervier".

IJormiscion ou hormesion, gemme couleur de feu'.

Hyacint/ios, l'hyacinthe ". Cette belle pierre azurée, plus claire que l'améthyste, se rencontre en Ethiopie ; elle était très prisée des anciens. Ou donne le nom àliyacintldzon à une gemme de l'Inde qui se rapproche de l'améthyste.

Uyaenia, gemme qu'on trouve dans les yeux de l'hyène ; elle avait le pouvoir de révéler l'avenir''.

laspis (l'ac-Tciç), le jaspe, une des gemmes les plus communes dans la glyptique antique; son nom est d'origine sémitique'". Les jaspes étaient très appréciés à cause de leur belle couleur et de la facilité avec laquelle le burin peut les entamer". Ils diffèrent des agates en ce que ces dernières sont toujours un peu translucides, tandis que les jaspes sont des quartz complètement opaques. On distingue le jaspe lydien ou pierre de touche qui est noir foncé ; le plasma qui est vert poireau ; le jaspe sanguin, variété de l'héliotrope; le jaspe égyptien; le jaspe rubané, qui a plusieurs couches, comme l'agate. Le jaspe do l'Inde, dit Pline, ressemble à l'émeraude: celui de Cypre est dur et vert foncé ; celui de Perse et des bords de la mer Caspienne est bleu céleste, les Grecs l'ont appelé horia ou aerizusa. Il y en a d'autres variétés en Phrygie, en Cappadoce et sur les bords du Thermodon. Le plus estimé est celui qui est couleur pourpre et celui qu'on appelle térébinlhizusa; le meilleur pour les cachets s'appelle sphragis; on cite encore les variétés suivantes : capnias, iaspnnyx, monogrammos, poli/grammos, ces dernières variétés étant environnées d'une ou plusieurs couches blanches '^

Icterias, gemme verte ; il y en a de quatre espèces qu'on distingue suivant leurs nuances plus ou moins foncées".

Idaei daclyli, gemmes noirâtres, qui ont la forme du doigt humain et qu'on trouve en Crète'" : il s'agit du fossile commun appelé bélemnite.

Jndica, gemme roussàtre, de l'Inde, d'où suinte une humeur purpurine'''.

1 Piin. XXXVU, 163; Solin. 2s ; Isid. XVI. 7, ri; Cli. Tissot, Géogr. comp.dc la prov. d'Afrique, t. I, p. 260. — i Pliii. XXXVU, 166; Isid. XVI, 13, 13 ; de Mi'ly, Jleviie archéol. 3' sér. l. XII, 1888. p. 3H. — 3 l'Iin. XXXVll, ISC. - » l'Un. XXXVU, 166. — t; Pliii. XXXVll, 107; Solin. 3i; Uid. XVI. 12,5. — 6 l'Iin. XXXVll, 167; Isid. XVI, 13, 19. — 1 Plin. XXXVll, ICS; Isid. XVI. Il, II. — spiin. XXXVll, m et 123; Soliii. 31 ; Isid. XVI, 9, 3; H. K. li. Kûlilcr, Uesammelle Sehriflen, l. IV, p. 93. — apiiu. XXXVll. 108; Solin. 28; Isid. XVI, 15,23; de M.-ly, nevue archéol. 3» si'r. l. XII, 1SS8, p. 328-329. — '0 lltinricli I.eny, Die semitischen Fremdwui'ter, p. 36. — n Antholog. (jr. »"» 746, 747 et 750. — 12 Tlieophr. 23,27 et 35; Plin. XXXVU, 113 et suiv.; Isid. XVI, 7, 8. — 13 Plin, XXXVll. 170.

— tkPIin. XXXVll, 170; Solin. Il; Isid. XVI. 15, 12. — 16 Plin. XXXVll, 170.

- 1» Plin. XXXVU, 170. — n Plin. XXXVll, 136; Solin. 34; Isid. XVI, 13, C. -1» Plin. XXXVll, 190. — 13 Plin. XXXVll, 170. — so Plin. XXXVll. 170. — 21 Plin. XXXVll, 128; Isid. XVI, 15, 6. — 22 Plin. XXXVll, 171. — 23 Plin. XXXVll, 171.

loti, gemme violette et étincelante, qu'on trouve dans l'Inde"'.

Iris, gemme qui ressemble au cristal et qui décompose la lumière solaire; on la trouve en Perse et dans une île de la mer Houge. Une variété de cette pierre porte le nom de kros ".

Leonlios, gemme qui ressemble à une pea*i de lion".

Lcpidolis, gemme dont les couleurs imitent les écailles de poisson".

Lesbia gleba, gemme terreuse qu'on trouve à Lesbos-".

Leucoihri/ses, gemme dorée, avec une couche blanche".

Leucophlhnlmos, œil-de-chal -^

Leucopœcilos, gemme blanche, traversée par une ligne d'or".

Libanochrus, gemme couleur d'encens, qui rend un suc pareil au miel-".

Linourgos, pierre de couleur livide qu'on recueille dans l'Achélous".

Liparca, gemme qui, mise au feu, fait fuir les bétes venimeuses ^^

Lijchnis, gemme commune, qui ressemble à la flamme d'une lampe et que d'aucuns regardent comme un rubis balais. Pline en distingue plusieurs variétés. On la trouve dans l'Inde, près d'Orthosia en Carie, dansl'Hydaspe, et, croyait-on, dans le nid des cigognes, oùces oiseaux la plaçaient pour féconder leurs œufs et éloigner les serpents ^'.

Lycophthalmos, agate à couches orbiculaires, qui ressemble à un œil de loup ^'.

Lyncwium (X'j-cxoûp'.ov), la tourmaline ou une variété de l'hyacinthe. Théophraste définit cette gemme une pierre plus jaune et plus pâle que l'anthrax. Suivant le témoignage de Pline, Démostrate donnait le nom de hjncurïon à l'ambre et prétendait que celte gemme était formée par la coagulation de l'urine des lynx, d'où son nom. Le lyncurium passait pour avoir les propriétés de l'aimant et pour guérir les maladies du foie ^^

Lysimachos, gemme qui ressemble au marbre de Rhodes, avec des veines dorées ".

Machaera, pierre qui ressemble à un couteau et qu'on trouve au mont Bérécinlhe; elle fait devenir fou".

Margariia. La perle est considérée comme une gemme par tous les auteurs anciens. Isidore de Séville l'appelle prima candidanim gemmarum'-.

Meconilis, gemme, sans doute un fossile, qui ressemble au pavot''.

Medea ou Media, gemme noire avec des veines dorées; elle a le goût du vin et elle rend un suc qui a la couleur du safran '".

Melichloros, gemme qui a une face noire et une autre couleur de miel; on l'appelle aussi melichnts*'.

Melichrysus, gemme de l'Inde, qui ressemble au miel".

Memnoiiia, gemme de l'Egypte ".

— 21 Plin. XXXVll, 171. — 25 Ps. Plul. De fiiw. XXII, 3; de Mêly, flfr. des étud.grecq. t. V, p. 334. - 2« Plin. .Va(. hist. XX.XVII, 172: Isid. XVI. 15, ii.

— 27 Plin. XXXVll. 103 ; Solin. 53; Pliiloslr. Vita Apult. Tgan. Il, 14: Ps. Plul. De fîiw. I, 2; cf. de US\, I. ]. p. 331 ; Isid. XVI, 14, 4. — ïs plin. XXXVll, 187; Isid. XVI, 15, 20. — 29 Tl.eopl.r. 27 et 31 ; Plin. VIII. 137 ; XXXVll, 52 cl SUÎT.: Solin. i ; Isid. XVI, S. S ; II. K. E. Kûliler, Gesamm. Sehriflen. t. IV, p. 106; de MiMv. Iteoue arch. 3' sér. I. XII, 1888, p. 326 ; W. Froehner, la Verrerie antif/tte, p. 5; M. Sclimidt, dans la Zeitschrift far vergteich. Spraehf*trschu»g, t. IX, p. 399. — 30 Plin. XXXVll, 172. — 31 Ps. Plut. De fluv. X. 5: F. de M.'ly. /(«■. des èlud. grec/, t. Y. p. 332. — 3J piin. XXXVll. 204 cl s.; Isid. XVI, 10. I.33piin. XXXVll, 173; Solin. 38; Isid. XVI, 15, 20. — 3V Plin. XXXVll, 173; Isid. XVI. Il, 4 ; de M6ly, /tenue archéol. 3- s*r. l. XII, 1888, p. 326. — 35 Plin. XXXVll. l'.ll ; Isi.l. XVI, 7, 15.— 3« Plin. XXXVll, 1S8; Isid. XVI, 15, 6. — 37 p|in. XXXVU, 173. •

GEM

GEM

Mesoleucos, gemme traversée par une ligne blanche ' . Mesomelas, gemme traversée par une ligne noire ^. Milhrydax ou ntithrax, gemme dont les multiples nuances étincellent au soleil; on la trouve en Perse et sur les bords de la mer Rouge K

Moluchilis (jAoXû/àç), la malachite; sa couleur est celle de la mauv£ (u.oXo'/y,) et elle est plus foncée que Témeraude. On en fait d'excellents cachets et elle a des vertus médicinales'".

Murmoi-ion. Celte gemme a plusieurs variétés; celle qui est noire et diaphane s'appelle promnion; celle qui a la couleur du rubis porte le nom d'ale.raiidriiiani; celle qui a la nuance de la cornaline est le cijiyrium. 11 y en a dans l'Inde, en Galatie, auprès de Tyr et dans les Alpes''. Murochlos, gemme verte qui rend un suc laiteux". Mijnda, pierre d'une blancheur éblouissante, qu'on recueille dans le Tigre".

Mijrmecias, gemme noire qui a des aspérités comme des verrues '.

Myrmecilis, gemme qui ressemble à une fourmi". Mijrrhïiis, gemme qui a la couleur et l'odeur de la myrrhe; on la trouve en Perse '".

j1/(/n7ima (|j.&p^îa)". Nous ne savons pas sûrement ce qu'était celte matière précieuse qui servait à fabriquer les célèbres vases murrhins. La description quelque peu obscure que Pline donne des vases murrhins, en nous apprenant que Pompée, le premier, les fit connaître aux Romains, est entremêlée de fables et elle ne s'adapte parfaitement bien ni à des coupes d'agate ou de sardonyx, ni à des coupes d'ambre ou de pâles vitreuses, ni enfin à des coupes de jade, comme le pensent quelques critiques'-. Myrsinitis, gemme qui a la couleur du miel et l'odeur du myrte "*.

A'arcissilis, gemme veinée qui a l'odeur du narcisse". Nasamonilis, gemme couleur de sang, à veines noires'". Nebritis, gemme consacrée à Bacchus et qui a la couleur de la nébride dont ce dieu est revèlu '^

Nilion, gemme qui se rapproche de la topaze enfumée. U y en a dans l'Inde, en Attique, et sur les bords du Nil ' ■ . Nipparene, gemme qui ressemble aux dents de l'hippopotame et ([ui porte le nom d'une ville de Perse".

Obsldianum, obsidhis lapis (ÀtOoç o'I/iavbç), l'obsidienne '^ pierre noire, translucide; on la trouve dans l'Inde et en Italie dans le Samnium.

Uka, gemme dont la couleur esl noire, rousse et blanche -".

Ombna, gemme appelée aussi noiia, qui tombe avec la pluie, comme la ceraunia et la broniea -'.

Onocardia, gemme semblable à la cochenille '^ O/M/.r (ôvu/iùv, ôvu/iTriç). L'onyx des anciens correspond lanlôtà l'alhàlre, calcaire jaunâtre qu'ils appellent aussi alabastrites, tantôt à la calcédoine ou même à certaines variétés de la sardoine. Pline insiste sur les nuances de l'onyx qui en font toute la beauté; il y en a, dit-il, de

1 riin. XXXVII, 174. — 2Plin. XXXVll, 174; IsiJ. XVI, 11, C. — 3 Plin. XXXVII, 173; IsiJ. XVI, U, 2. — '' fVm. XXXVll, 114; Solin. 34; Isiil. XVI, 7, H. —6 Plin. XXXVll. 173; U.K. li. Kûliler,a(. l. IV, p. 97. — c [•lin. XXXVll, 173. — 1 Ps. Plut. IJefluv. XXIV, i; de MiSly. Hev. iksélml. grccq. l. V, p. 335. - « Plin. XXXVll, 174. — oPlin.XXXVIl, 187;lsid. XVI, 15, 19. — I» Plin. XXXVll, 174; Solin. 38; Isid. XVI, 7,14. —11 Plin. XXXIII, 3; XXXVI, 19S; XXXVll, 21 el204; Martial. IV. 3; X,80; Properl. III, 10; Uid. XVI, 12, 6 ; Ulp. Dig. XXXIV, 2, 10, 20. — i^Acli. Devillc, //is(. Je l'arl di: lavurrerie dans l'antiquité, p. ISets.— 13 plin. XXXVll, 174. — l'> Plin. XXXVll, 188. — IS Plin. XXXVll, 17S ; Solin. 28. - 10 Plin. XXXVll, 17S. — '7 Plin. XXXVll, 114. — I» Plin. XXXVll, 17.5. — i» Plin. XXXVl, 196 cl 197; XXXVll, 177 et 200; Isid. XVI, 4, 21. — 20 plin. XXXVll, 170. —SU'.in. XXXVll, l/C. — 22Plin.

flamboyant, de noir, de corné, de veiné; il réunit l'éclat de lachrysolithe, de la cornaline, du jaspe, et parfois de l'améthyste et de l'escarboucle. Les plus appréciés viennent de l'Inde et de l'Arabie ".

Opalus (Ô7riX),iov), gemme peu propre à la gravure, mais très recherchée en joaillerie ; elle réunit, dit Pline, « le feu de l'escarboucle, l'éclat purpurin de l'amélhysle, le vert marin de l'émeraude ». L'opale esl quelquefois appelée paederos ou paederola, à cause de sa grande beauté : c'est l'opale irisée. Il y en a une variété qu'on appelle sangenon et que l'Inde seule produit. Des opales inférieures se rencontrent en Thrace, à Cypre et en Asie Mineure; celle de l'Egypte porle le nom de taenites^^.

Ophlcardelou ou opitlocardelos, agate noire entre deux couches blanches ^\

Ovca, gemme brune, avec reflets blancs et verdàlres -''.

Oritis ou sidnrilis, gemme ronde que le feu ne parvient pas à échaufi'er".

Oslracias ou ostracitis-^. Cette gemme n'est autre chose que l'os que la seiche a sur le dos. Il y en a une espèce, dit Pline, qui ressemble à l'agate. La poudre d'ostracite sert à graver les autres gemmes.

Paeanitidïs ou gaeanida, variété de cristal qu'on trouve en Macédoine el qui ressemble à la glace ; on l'emploie dans les accouchements^'.

Panchrus, gemme qui réunit en elle presque toutes les couleurs^". Il s'agit sans doute d'un quarlz hyalin irisé.

Paneraslon on panerola^' , gemme indéterminée.

Pangonus, gemme qui ne diffère guère du cristaP'.

Panlarbe. gemme qui attire les autres; elle s'évanouit quand on la cherche et il faut user d'arlilice pour la surprendre; la nuit elle brille comme le feu".

Pardalios, gemme qui ressemble à une peau de panliière^'.

Perileucos, gemme dont la blancheur croît, de la surface à la racine ^^

Philadelphos, pierre qui a la couleur du corbeau el la forme d'un homme; on la trouve aux monts Haemus el Rhodope'".

Phloginos ou chrysiiis, gemme qui ressemble à l'ocre ; on la trouve en Égyple^'.

Phlogilis ou phlogitidis, gemme dans l'intérieur de laquelle on aperçoit une flamme incandescente ''.

Pttwnicitis, gemme qui ressemble à une datte''.

Phi/citis, gemme qui ressemble à l'algue '•".

Polias, gemme de couleur blanchâtre ; le spartopoUon en esl une variété noirâtre ".

Polijlhvix, gemme verte et comme chevelue; on dil qu'elle fait tomber les cheveux*-.

Polyzonos, gemme noire environnée de zones blanchâtres " .

Ponlica. Il en existe de plusieurs espèces : l'une, étoilée ; une autre avec des gouttes sanguines ; une troisième avec des gouttes dorées ; une quatrième, sillonnée

XXXVll, 176. — 23 Thcophr. 31 ; Plin. XXXVl. 59 à 61 ; XXXVll, 90 cl s.; Isid. XVl, 8, 3 ; H. K. E. Kôhler, 0. l. t. IV, p. 106 et s. ; )46 el 226.— 21 Plin. XXXVII, 80 et s. ; XXXVll, 129 et 130; Solin. 34; Isid. XVl, 10, 2; XVI, 12, .3. — 85 Plin. XXXVll, 177. - 2ii Isid. XVl, 12, 1. —27 Plin. XXXVil, 176. — S» Plin. XXXVll, 151 et 177; Dioscoiid. V, 150; Isid. XVl, 4, 20 cl 23 ; XVl, 15, 16. — 29 plin. XXXVll, 180; Solin. 9. -30 Plin. XXXVll, 178; Isid. XVI, U, 1.-31 pli,,. XXXVll, I78.32pii„. XXXVll, 178. — 33 Philusli-.Vif./l/jo^.rynil. III, 40.— 3H'iin. XXX VII, 190. -3:; Plin. XXXVll, 180. - 30 ps. Plul. Ùe /?«!■. XI, 4; de Mi-ly. /ifu. Jcs ,'tud. (jrccq. l. V,p. 332.— 37 pjin. XXXVll, 179. — 38 Plin. XXXVll, 189; Solin. 38; Isid. XVl, 14, 9. — 39 Plin. XXXVll, 130 et 189. — 40 Plin. XXXVll, 180 — u Plin. XXXVll, 191. — ••2 Plin. XXXVll, 190. - " Plin, XXXVll, 189.

r.EM

GEM

de lignes ; une cinquième qui représente des montagnes cl des vallées '. Il s'agit d'une variété d'agate mousseuse.

Prasius (-K'Arnoç), le plasma : c'est le quartz opaque, vert d'herbe, qu'on appelle parfois fausse émoraude ou prime d'émeraude. Pline en distingue trois espèces ; la plus estimée est le rhn/soprnsius, qui est vert poireau, tirant sur l'or; on en fabrique de grandes coupes. Cette gemme vient de l'Inde -.

Piji'cn, gemme qui ressemble à un noyau d'olive ^

Pi/rilis, gemme noire qui brûle les doigts dès qu'on la presse ' ; c'est l'oxyde de sulfure de fer appelé pyrite.

Rhnditis, gemme qui ressemble à la rose"*.

Saffda, gemme verte ou noire qu'on trouve en Chaldée et à Samothrace ".

Sandaster ou sandastrus, l'aventurine (?). On l'appelle aussi sandrisita, sandasirus et garamantique. Elle a, dit Pline, du rapport avec l'anthracite, et on distingue le sandaster mâle de la sandaslcr femelle. La plus estimée est lumineuse et renferme des étoiles d'or qui brillent à travers sa substance. On trouve la sandaster en Arabie et dans les Indes; les Chaldéens l'emploient dans leurs cérémonies religieuses'.

Sa pphifus [TiTi'jieiooq) ,\e la'pisAg.y.iûi . Le nom du saphir est d'origine sémitique ^ et cette pierre figurait parmi celles du rational du grand prêtre Aaron^ Ce que les anciens appelaient saphir n'est pas le corindon de ce nom, une des pierres les plus dures et les plus limpides après le diamant, mais le lapis-lazuli, considéré comme une variété du Cl/anus. Pline distingue;! la vérité le cyanusdu saphir, mais la définition qu'il donne de cette dernière gemme ne peut convenir qu'au lapis-lazuli, puisqu'il dit que c'est une pierre opaque, marquetée de points purpurins '".

Sarcilis, gemme qui ressemble à la chair du bœuf".

Sarda, sardius (<râp3iov, (jàpoioç), la cornaline ou sardoine rouge '^ C'est une variété de la calcédoine, dont la couleur va du rouge orange au rouge brun. Elle est demi-translucide. On la recherchait particulièrement pour en faire des cachets, parce que, dit Pline, seule de toutes les gemmes, elle n'enlève pas la cire quand on appose le sceau. On recueillait de belles sardoines dans les environs de Sardes, ainsi qu'en Arménie, en Chaldée, en Arabie et dans l'Inde. Il y en avait aussi en Egypte, en Épire, à Paros et à Assos. Celles de l'Inde forment trois variétés : une rouge, une autre appelée pionia à cause de son onctuosité, et une troisième qui produit tout son effet quand on l'applique sur une feuille d'argent '^

Sardonyx ou sardonijches (uafcovu?, ovu; napocooi;). La sardonyx est une variété d'agate dont les couches sont principalement, comme son nom l'indique, le blanc de l'ongle humain et le rouge incarnat ou brun de la sarde. Les plus belles sardonyx que les anciens aient employées pour les camées ont trois couches : le brun foncé, le blanc laiteux et le rouge tirant sur le jaune ''.

1 l'Iin. XXXVII, 179 ;Solin. 14 ; Isiil. XVI, li, 4 ; XVI, l:i,2(;. — 2Piin. XXXVII. 1 13 et lU; Solin. 53; Isid. XVI, 7, 4 cl 7 : XVI, 14, 8. — 3 V\m. XXXVII, 188.— V Plin. XXXVII, 180; Solin. 38; Isid. XVI, 4. 5; XVt. 11. 8. —5 Plin. XXXVII, 101; Isid. XVI, 0, 8. — i> Plin. XXXVII, 181 ; Soli». 38 ; Isid. XVI, 7. 13. — 7 Plin. XXXVII, 100, 101 cl 102; Isid. XVI, 14. 3. — » II. Lewv, Die semitischen Fremrluàiler, yi. ^6.

— '.' Iixod. XXVill, 18; Cil. de IJnas, Oritf. de Vorfévrerie cloisonnée, t. I, p. 33.

— Il) Theoplii-. 8. 23 et 37; Plin. XXXVII, 119 et s. ; Isid. XVI, 9, 2 ; de W\\. ncilue nrchéol. 3" si'r. I. XII, 1888, p. 328. — Il Plin. XXXVII, 181. — 12 Orph. he laptd. XIV, 5 ; Thcoplir. 8 et 23 ; Plin. XXXVII, 103 cl suiv. ; Solin. 12 ; Isid. XVI, 8, 2; Kôhler, Gi'sawm. Schriflen. l. IV, p. 86 et s.; 164 et s. ; 223 et suiv. — 13 Sur IVHyniologie du nom delà sarde, voye/. II. Lewy, O. l. p. 57. — IV Plin. XXXVII, 86 à 89 ; SoUn. 34; Isid. XVI, 8, 4; Kcililer, O. l. l. IV, p, 114 et s, ; cf, p. 150,

Saurais, gemme qu'on trouve dans le ventre d'un lézard qu'on a fendu avec un roseau ''.

Scarbunculus ou car/naiculus (-/.vOça;), l'cscarboucle, le rubis et peut-être aussi lo grenat. Le quartz hyalin coloré en rouge sang ou en rose est appelé «raî-6M??cu/î«, dit Pline, à cause de sa ressemblance avec la flamme. On distingue, dit le même auteur, le rubis des Indes, le rubis du pays des (laramantes ou de Carthage V.ai/y.oov.oç Xi9oç, carbunndus carchedonius), le rubis d'Ethiopie, le rubis alabandique, qu'on tire des rochers voisins d'Orthosia et qu'on travaille à Alabanda. On appelle rubis mâles les rubis dont l'éclat est le plus vif, rubis femelles ceux qui sont plus pâles. Les plus estimés sont ceux qui tiennent de l'améthyste (atnrihystizontae), c'est-à-dire dont le l'eu lire sur le violet; après ceux-là, viennent les syrtilae, originaires, comme leur nom l'indique, du pays des (iaramantes, voisin des Syrles ; puis les rubis de l'Inde, peu éclatants, appelés lirjnyzontrs, et enfin les rubis inférieurs qu'on trouve en Thrace, à Trézène, à Orchomène, à Corinthe, à Chios "'. L'cscarboucle avait, entre autres propriétés magiques, celle de briller la nuit comme un charbon ardent''.

Scarilis, gemme qui ressemble au poisson appelé scarre ou sarget '* : il s'agit évidemment d'un fossile.

Scorpilis, gemme, sans doute un fossile, qui ressemble au scorpion ".

Selenitis, gemme blanchâtre, translucide, tirant sur le miel ; son éclat augmente ou décroit avec la lune. On la trouve en Arabie-".

Sicyonos, pierre noirâtre qu'on recueille dans l'Araxe; on l'emploie dans les sacrifices-'.

Sideritis, gemme qui a la couleur du fer ; l'une de ses variétés, qu'on trouve en Ethiopie, s'appelle sîrfcco/joeci/os*-.

Sinaragdus,Vémcvd,ude-^. Les anciens n'ontpas connu la véritable émeraude qui ne se trouve qu'en Amérique ; par le nom de smaragdus dérivé du terme sémitique ppi;2. baraqt-', ils désignent le quartz vert qu'en joaillerie on appelle péridot ou fausse émeraude. C'est d'ailleurs la matière d'un assez grand nombre d'intailles antiques. Après le diamant cl les perles, l'émeraude est ce que Pline estime de plus précieux; c'est la gemme dont l'éclat est le plus doux et le plus agréable; aussi, prétend Pline, avait-on décrété qu'on ne la graverait jamais. Pline ajoute qu'il y a douze variétés d'émeraudes ; les plus belles sont les scylhiques; viennent ensuite celles de la Baclriane, de l'Egypte, deCyprc, de Perse, derAttique,du mont Taygèle en Laconie, de Sicile, etc. Les Arabes, suivant Juba, donnaient à l'émeraude le nom de chlornn; en Perse, il y avait une variété appelée (anos (peut-être l'euclase d'aujourd'hui ; la variété cuivrée de Cypre s'appelait chalcosmaragdos (la dioptase ?) ; d'autres variétés portaient les noms d'/irrmineiis ■'% de limonialis^''. Néron regardait les jeux du cirque ;\ travers une émeraude; à

197 et 227. — 15 Plin. XXXVII, 181. — '6 Thcoplir. S, is^el 30 : liiod. Sic. II. 52 : Plin. XXXVII, 91 et suiv. ; Solin. 29; Slrab. XVII, 3, 9 et 19; Isid. XVI, 14, I: Cil, Tissol. Céofir. comp. de la prov. d'Afrique, t. I, p. 269. — 17 Sur les propri<^tés magitiues de l'escarliouclc ou anthrax, ¥oy. J Pub. Syrus, ap. Pelron. Satyr. § 55; Aelian. De nal, animal. VIII, 22; Epiphan. De .Ml lapid. cli. IV. Cf. de Mély. La table d'or de di,m Pédrede Casiille, p. IS et s. — I» Plin. XXXVII, 187.— is Plin. XXXVII, 187: Isid. XVI, 15, 19. — 20 Plin. XXXVII, 181; Solin. 38; Isid. XVI. 4, 6 ; XVI, 10. 7. — 21 Ps. Plut. De flur. XXXIII, 3 ;"do Uii|y, Rev. des étud. grecq. I. V. p. 334. — 22Plin. XXXVII. 182; Solin. 3« ; Isid. XVI, 13, II. — 21 Thcophr. 4, S, 23 et suiv.; Diod. Sic.MI, 52; Plin. XXXVII. 62 cl suiv.; Isid. \W. 7, I à s. — SVLewv.O. /. p. 57. L't^meraudc figure i>arn]i les gemmes du poclorald'.Vraon, £"tt'/. XXVllI, l7:Ch.deLiua5,0./.l.l,p.38.--2ipUu.XXXVII,69. — î6Plin.XXXVII.I72.

GEM

GEM

Tyr, daus le temple d'Hercule, il y avait un pilier fait d'une seule émeraude; en Egypte on voyait des obélisques et une statue colossale de Sérapis faite aussi d'un seul bloc d'émeraude'. Il est évident qu'il ne peut être question de véritables émeraudes, mais de jaspe vert ou de tluor ou encore de prime d'émeraude.

Sotis gemma, gemme blanche qui projette des rayons comme le soleiP ; c'est sans doute le girasol.

Sophron, pierre que roule le Méandre et qui rend fou ^

Spongilis, gemme qui ressemble à l'éponge ''.

Stealitis, la stéatite ^.

Siiccinum (/-ÎXexTpov), l'ambre ou succin. Celte matière occupait, dans l'antiquité un rang égal au cristal, dans la hiérarchie des gemmes ".

Sycitis, gemme qui a la couleur de la figue \

Sytiochilis, gemme qui sert dans l'hydromancie à évoquer les morts*.

Synodoniitis, gemme qu'on extrait de la cervelle de certains poissons'.

Syiingilitis, gemme qui ressemble à un fétu de paille '".

Syrtitis ou sgrlilidis, variété de carbunculus qu'on trouve dans les parages des Syrles ; elle est couleur de miel ".

Tuos, gemme qui aies couleurs des plumes du paon et de la peau de l'aspic; on l'appelle aussi iimictonia'-.

Tecolithos, gemme qui ressemble à un noyau d'olive ; elle guérit de la gravelle '■''.

7'e/3/iri<w,gemmecendrée,qui ressemble à un croissant'".

Thelycardios, gemme qui a la couleur du cœur ; les Perses l'appellent mulc^'-.

Thelyrrhizos, gerame cendrée ou rousse, à fond blanc"'.

Thrncia, gemme noirâtre et sonore qui comprend trois variétés : une verte, une pâle et une troisième marquée de gouttes de sang ''.

Topazus (xo-i^io;), la chrysolithe, le péridol. Pline ", qui vante beaucoup cette gemme verte, très employée dans la joaillerie et la glyptique, dit qu'elle fut découverte dans une île de l'Arabie, nommée Cytis, par des Troglodytes. Arsinoé, femme de Ptolémée Philadelphe avait sa statue haute de quatre coudées, d'une seule topaze. Pline distingue deux espèces de topazes, l'une qui est couleur de poireau, l'autre qui tire sur l'or et prend le nom de chrysolithe. La topaze, sous le nom de n"lt2S [ptieda] figure sur le rational du grand prêtre Aaron ".

Thrasydile, pierre qu'on trouve dans l'Eurotas ; elle s'élance sur la rive au son d'une trompette, mais l'arrivée des Athéniens lui fait peur et elle se cache au fond de l'eau. Plusieurs de ces pierres furent consacrées dans le temple d'Athéna Chalciaecos'".

Trtchrus, gemme noire, qui vient d'Afrique ; quand on la frotte, elle rend des humeurs-'.

1 Plin. XXXVll, 62 et suiv. : Solm. 10; 11. Bliininer, Technologie iind Terminologie der Gewerbe und Kttnste, l. III, p. 322. — 2 piin. XXXVII, 181; Solin. 38 ; Isid. Etymol. XVI, 10, 6.-3 f's. flutarcli. De fluv. IX, 3 : F. de Mi-lj-, /(en. des étnd. grecq. t. V. p. 332. — '• Plin. XXXVll, 1)<2. — 5 piin. XXXVll, ISG.

- !■' Theophr. 29; Plio. XXXVll, 31 et suiv.; Solin. 2! ; Isid. XVI, 8, 0. On a beaucoup i?crit sur l'ambre et son commerce dans l'anliquité ; voy. Bl.ECTitrM, p. 534 ; ajoutez s. Reinach, le Mirage oriental, p. 32 et suiv. {extrait de VAnthropologie, 189.3). — - Plin. XXXVII, 191. — 8 Plin. XXXVII, 192 ; Isid. XVI, 15, 22.

- 9 Plin. XXXVll, 182. — 10 Plin. XXXVII, 182. — n Plin. XXXVll, 03; Solin. 2. Isid. XVI, 14, 10; Ch. Tissot, O. l. 1. I, p. 269. — 12 Plin. XXXVII, 187; Isid.

XVI, 19. - 13 Plin. XXXVll, 184; Solin. 3R. — r. Plin. XXXVll, 184.— )ô Plin. XXXVII, 183. — ir. Plin. XXXVll, 183. — n plin. XXXVll, 183; Uioscorid. V; Isid. XVI, 4, 8. — 18 Plin. XXXVII, 107 et suiv.: Isid. XVI, 7, 9. — 1» Eiod. XXVIII, 17; Ch. de Unas, Orig. de Vnrf. dois., t. I, p. 38. — 20ps. Plut. De flm.

XVII, 2; cf. de Mély, Rev. des rlud. gr. t. V, p. 333. — 21 piin. XXXVII, 183; Isid. XVI, 7; Ch. Tissol., 0. l. l.I, p. 209. -• 22 Plin. XXXVII, 187. — 23 plhi. XXXVll, 186. — 2k Plin. XXXVll, 184; Solin. 2; Isid. XVI, 11, b. — 2b piùi.

Triglilis, gemme pareille au poisson appelé mulet '-.

7'cîV<yo/if/ia//?ios, gemme qui a comme trois yeux humains'-'.

VcienUum, gemme noire, avec une zone blanche en bordure ; on la trouve en Italie, auprès de Veies-'.

Veneris crines, gemme noire sillonnée de filaments roux, ressemblant à des cheveux-".

Vitrum annulare ()viOoç /'jtt,, ÀiOtvov yyzbv), pâte de verre. Il s'agit des pâtes vitreuses, diversement coloriées, qui imitent les gemmes, et sur lesquelles ont été reproduits, par simple moulage, des sujets analogues à ceux des véritables intailles gravées. Pline, mentionnant l'industrie de ces gemmae vilreae, sur lesquelles il insiste longuement, dit qu'il existe à ce sujet des traités didactiques et que c'est souvent chose très difficile de distinguer les pierreries fines d'avec leurs imitations artificielles'''''. On gravait le verre par les mêmes procédés que les gemmes elles-mêmes -'.

Zathenis, gemme de la Médie, qui a la couleur de l'ambre ; pilée avec du vin de palmier et du safran, elle se ramollit comme la cire et donne une odeur agréable^'.

Zmilampis ou zmilaces, gemme brillante qu'on trouve dans l'Euphrate et qui ressemble au marbre de Proconnesus ; dans son milieu, elle est couleur vert de mer ".

Zoraniscaea, gemme de l'Inde qui sert aux magiciens^".

11. Parmi les gemmes qui figurent dans la nomenclature précédente, il en est un bon nombre qui n'ont jamais été gravées, et que l'antiquité s'est contentée d'utiliser dans la bijouterie et l'ornementation ou dans la médecine et la magie. Le domaine de la glyptique antique ne comprend guère que les différentes variétés du quartz soit hyalin, soit compact, telles que les agates, les jaspes, la sardonyx, la sarde, la cornaline, la calcédoine, le cristal de roche, l'aigue-marine, l'hyacinthe, l'opale, le lapislazuli, la prase, le grenat, ou bien quelques substances métalliques telles que la malachite et l'hématite. Le diamant et les corindons, à cause de leur dureté extrême, ne furent pas gravés dans l'antiquité. Pline prétend qu'il était interdit de les graver et qu'on aurait traité de sacrilège le burin qui aurait osé entamer ces chefs-d'œuvre de la nature^'. D'autres gemmes n'étaient pas d'un grain assez fin pour se prêter à un travail de sculpture exécuté à l'aide de la pointe métallique la plus ténue.

Lu dehors du témoignage de Pline, nous avons fort peu de renseignements sur la technique de la gravure des gemmes, qu'on désignait sous le nom de 5axTu)vto- •;m'^U ■'- ; la gravure des camées rentrait chez les Romains dans la scalplura ectypa ". Le graveur en pierres fines s'appelle \\.<ioyl'rfO<; ou liOoylù-KX-r^i;, ZxxTuhoylû-^oi, cavator ''', signarius ^'"^^ insignitor ^'^, gcmmaruni scaiptor ou sculplor^', gcmmai-ius sculptov'"'; il était distinct du

XXXVII, 184; Solin. 38 ; Isid. XVI, 6. — 26 Plin. XXXVI, 194 et s.; XXXVII, 98, 117, 128, etc.; Isid. XVI, 16: cf. Marquardt, La vie privée des Homains, Irad. V. Henry, t. II, p. 414. — 27 \v. Froelmer, La verrerie antique, p. 94 et s. ; R. Mowat, dans la /(euiit' archénl. N. S. 1. XLIV (1882), p. 280 et suiv. ; MarquardI, op. cit. p. 415 et s. — 28 Plin. XXXVll. 185. — 29 pii„. XXXVII, 185 ; Solin. 38; Isid. XVI, 15, 14 ; F. de Mély, daus la Dei>. arch. 3> sir. l. XII, 1888, p. 321. — 3a Plin. XXXVII, 185. — 31 Plin. XXXVII, I et 104. — 32 Pollui, Vil, 108, 135 et 179; Plat. Alcib. I, p. 128 c. — 3;i Soncc. De benef. III, !6, I: Plin. XXXVll, 173. — 31 Inscr. ap. firuler, 622, I ; Orclli, 4153 ; C. inscr. lut. t. VI, n° 9239. — 3i Inscr. ap. Muralori, 963, 4. — 30 S. Augusl. Cir. Dei, XXI, 4. — 37 p|in. XX, 134; XXIX, 132 ; .\XXV11, 60 et bS.'Jes artistes étaient distingués dos Qemmarum politoresoti gemmarii, les joailliers proprement dits. Marquardt, O, L t. II, p. 366. — 38 C, inscr. lat. VI, 9436. Sur ce corps de mélier, voir parlicuiii^ronioiit II. Brunn, Geschichte der grieck. Kù)istli;r, t. Il, p. -Ul et suiv. el Slopliani, t'i-bf^r einige angebl. Steinschneider des À Itertftums, dans les Mémoires de l'Acad. de Saint~ f'tHersbourg . vi« str. Sect. polit, liisl. et pliil. VIII (18.'i3), p. 216 et s.; Bliimner, Technologie und Terminologie der Ociverbc und Kïtnste, t. 111, p. 231.

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poliior gemmanan ainsi que du oy.y.z'Ai'j'i^y-'^, <)ui montait les cachets et les anneaux. Les outils dont on se servait pour graver étaient en fer mousse ou recuit {ferrum retusum) '. C'étaient des liges aiguisées, de did'érentes formes, désignées sous le nom générique de trépan (tç.0- Ttavov) et de scie {tcrnbra) ^ Ces instruments, sortes de Ibrets ou de tarières, appelés aujourd'iiui scies, bouterolles ou molettes, étaient mis en mouvement par un tour à pédale ou à l'aide d'un archet. Pendant que durait le travail, on les tenait constamment imbibés de poudre dediamanlou d'émeri (Taûsii;, naxium)^, détrempée dans l'huile; on se servait aussi de poudre d'ostracite ' et de pierre à aiguiser [cos, k-Mrt^) surtout pour le polissage. Pline observe que les gemmes les plus dures ne sauraient résister à la poudre de diamant, et il disserte sur les moyens de pulvériser la pierre indomptable, qu'on no peut vaincre, dit-il, qu'en l'arrosant avec du sang de bouc encore tiède, et suivant des rites dont les dieux eux-mêmes avaient dû confier la formule aux mortels. La poussière et les éclats du diamant étaient incrustés dans les tiges de fer [feiro includunlitr) à l'aide desijuelles on gravait en leur imprimant une vitesse vertigineuse [fi'.rvov terebrarum) '.

Un scarabée étrusque, trouvé à Cortone et conservé au Musée Britannique, peut nous donner assez bien, ce semble, l'idée de ce que devait être l'installation et l'outillage du graveur en pierres fines (fig. 3483). Nous y voyons, en effet, un ouvrier penché en avant pour regarder attentivement un objet, peut-être une gemme, fixé sur un établi, et qu'il est en train de forer ou de graver avec une drille qu'il met en mouvement à l'aide d'un archet : nous ne pouvons guère Fig. 3483. —(ira- nous représenter autrement le travail de

veur lra^ aillant. • , , , •

premier ébauchage que devait nécessiter tout sujet gravé sur les gemmes ''.

Les anciennes civilisations de l'Orient ont pratiqué la gravure des gemmes avec une profusion que n'ont pas dépassée les Grecs et les Romains. Le scarabée égyptien, le cylindre et le cône chaldéens se sont répandus pen-

mSm^

^fllilEMltlil yn/i.f

Fig. 34fci4. — Cvliniire oriental.

danl de longs siècles, non seulement dans la vallée du Nil et dans le bassin du Tigre et de l'Kuphrate, mais

1 Pliii. XXXVII, 2il0i TliM|ilir. h<- lapiil. 5 cl 41 à 43. — 2 l'iin. XXXVII, iOO. — 3 Plin. XXXVll, l09;Tlicoiihr. 44; Dioscor. V. 163; Galcn. XII. p. 203 k; Isi.1. XVI. 4, 27. — V Plin. XXXVll, 177; Iwan von MiilliT, llnndbnch ihr kla$sischen AUertuma- Wisseiisc/taft, t. VI. |t. 1Î14 (Archâofngie der Kunsf parK. Sitll). — ^' Pausan. VII. 18, (î; Plin. XXXVll, 200. Sur la (echniqoe ilo la gravure en pierres Unes chez les anciens cl chez les motlerues, vo\ez surtout : Laurent Natlcr. Traite de ta méthode antique de f/raver en pierres fities, compare'e avec la met liode moderne, Londres, 1754: P.-J. Mariette, Traité de pierres gravées, t. I. Paris, 1750; Calyus. dans les Mém. de t'Acad. des Inscript, t. XXXll ; Ein. SoKIi, dans la /ievue archéolog, \. S. t. XXViU (1874). p. I i7 et s.; le ini>me. Les arts méconnus cli, i; Bekker. AneC" dota ijraeca, p. 1182; II. liliimner. Technologie nnd Terminologie der Oetcerbe und Kitnste, t. III, p. 279 à 323; J . Mi'nant, Recherches sur la glyptique orientale^

dans toute l'Asie occidentale. Les Héthéens, les Phéniciens et les autres populations de la Syrie qui subirent tour à tour l'influence ou la domination des Égyptiens et des Assyriens eun-nl, comme eux, des scarabées, des cylindres et des crtnes : tout l'Orient conserva l'usage de ces trois formes de gemmes gravées jusque sous la domination perse et même longtemps encore au delà'. Nous donnons, à litre de spécimens, un cylindre (fig. 3484j imité de ceux de la Chaldée, un cône orné d'un sujet chaldéen et accompagné dune inscription araméenne (fig. 3/t8.^', enfin un scarabée pareil à ceux de

Fig. 3487. — Cylindre cypriote.

Fig. 3185. Fig. 348C.

Cachets en forme de cône et de scarab^'C.

la vallée du Nil et portant un sujet familier à Tari de la Fhénicie (fig. 3'i8(ji. A l'instar des Orientaux, les Cypriotes ont failusage, eux aussi, du scarabée, du cylindre et du cachet plat, à tige hémisphérique ou conoïde, mais plus ordinairement, comme les Perses, de ce dernier, qu'ils portaient en chaton de bague ou en pendant de collier. Dans le trésor de Curium, par exemple, et dans les tombes de Salamine. on a recueilli de nombreux cylindres que leur style dénonce comme de simples pastiches, la plupart du temps très barbares, des cylindres assyriens * 'fig. 3487j. Les cachets plats, cônes ou scarabées, trouvés en abondance sur toute l'étendue de l'ile, sont décorés de figures qui ne sont, souvent aussi, que des imitations de motifs égyptiens ou assyriens, même lorsque le travail, plus original et plus habile, trahit la main d'un artiste grec. Parmi ces monuments de la glyplitjue cypriote, il en est qu'on croirait parfois importés des bords du Nil ou de l'Euphrate, mais une inscription cypriote nous révèle le caractère indigène du travail. C'est ainsi qu'un scarabée de la collection de Luynes au Cabinet des Médailles (fig. 3488), porte une légende en caractères cypriotes autour d'un sujet d'inspiration assyrienne : on reconnaît ici l'Héraclès asiatique domptant des lions'. De même, une calcédoine de la collection Danicourt, au musée de Péronnc (fig. 3489), représente un sujet

t. I, Inirod. p. 6el s. ; C. W. King, Antique gems and rings, L I, Londres, 187i: K. Babelon, f.a gravure en pierres fines, p. 22 et suit. — 6 Murray cl Smilli. Catal, ofengraved gems in Ihe British .Vuseum, u' 305: Archaeol. Zeitung, 1872, p. 37; H. Middlelon, The engraved gems of elassienl timet, p. 105 lOmbridgc, 1891). 7 L'histoire de la glyptique cliei les F^gîpliens cl les OricDtaui est résumée dans i'/list, de l'art dans l antiquité de MM. Perrol cl Chipiez, t. I, p. 831 cl s. ; 1. II, p. 661 à 602 ; t III, p. 628 à 662 : t. IV. p.436 à 443 cl 765 1 774; t. V. p. 847 à 855. — 8 0. Perrol, et Ch. Chipiez. Uist. de l'art dans ianliquitë. l. III. p. 637 : L. di Cesnola, Cypnis. appendice par C. W. King et pi. un à lu ; .\lei. di Cesnola, Salaminia, pi. xu et im. — » Duc de LuvDes, .S'umismatique et inscriptions cypriotes, pi. ii (scarabfc en serpentine, trouvé en Cvrénalque); E. Babelon. O. c, p. 78. Hg. 48.

Fig. 3489.

Cachets cypriotes.

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asiatique : un griffon dévorant un cerf ou un taureau ; dans le champ, la tète de la Gorgone et une inscription en caractères cypriotes donnant le nom du possesseur, Arislodamos ' . Ce détail mythologique et cette inscription autant que l'exécution de la gravure nous révèlent un artiste grec, tandis que la scène principale qu'il a traitée à la grecque est d'inspiration orientale.

Cette influence de l'art égyptien et de l'art asiatique, dans l'art cypriote, dès la plus haute antiquité-, nous allons constater qu'elle s'est répandue dans les contrées plus occidentales, jusque dans les pays baignés par la mer Egée.

Les plus anciens des monuments en pierres dures, recueillis à Hissarlik, à Rhodes, à Théra, et dans toutes les contrées grecques, ressemblent h ceux de l'époque préhistorique de tous pays. Ce sont des armes et des outils en obsidienne, en silex, en jadéite, en néphrite, en diorite, en schiste, en trachyte ' ; de petites hachesamulettes en cornaline, en améthyste, en jade, percées d'un trou pour être suspendues au cou; des balles, des fusaioles, sans autre ornement que des cercles incisés''. De tels objets ne peuvent être considérés que comme le prolongement des gemmes muettes de l'âge de pierre.

Dès qu'apparaissent des monuments assez caractérisés pour qu'il soit possible d'en tirer un parti scientifique, on constate, à côté des éléments d'un art indigène et spontané, des indices certains d'une influence orientale. On a trouvé à Hissarlik des cylindres en feldspath, pareils à ceux de Cypre : même forme, mêmes dimensions, même décor gravé sur le pourtour '. L'analyse de certains détails décoratifs, la présence de courtes inscriptions en caractères qui rappellent l'alphabet cypriote'^, et surtout des statuettes de la déesse chaldéenne Istar, sont d'irrécusables témoins de l'influence asiatique, plus ou moins lointaine, sur l'art primitif de la Troade et des îles ". Il en est de même pour la civilisation mycénienne dans les contrées qui furent la Grèce propre. Les inlailles recueillies non seulement à Mycènes, mais sur tous les points de la Grèce', sont des gemmes tantôt rondes et aplaties, tantôt allongées et légèrement convexes, comme des noyaux de pêche, en agate, cristal de roche, calcédoine, jaspe, cornaline, améthyste, stéatite, hématite. Elles sont percées dans le sens de leur épaisseur, pour être enfilées dans des colliers, comme les cônes orientaux et les scarabées égyptiens; un certain nombre aussi étaient enchâssées dans les chatons des bagues. Les formes adoptées pour ces gemmes primitives sont nouvelles dans la glyptique, et l'art oriental ne les a pas connues. Les graveurs de l'époque mycénienne se laissèrent en ceci guider par la nature elle-même qui leur fournissait comme modèles des cailloux roulés en forme de glands ou d'amandes, et longtemps encore les Grecs se serviront de pareils cailloux ou ■yr,ti,'j'. en guise de bul-

1 l'errol H Cliipii-'ï. O c. t. UI, ]). 63i, fig. 462; E. Babclon, 0. c. p. 78, lig. 49.

— 2 Oliucfalsch-Uichlcr, dans les Mitlhciiungen der anthropol. Gesellschaft, de Vienne, 1800, p. 90 et s. ; Die Nation, de Berlin, 1891, p. 002 et s.; cf. S. Rcinach, Le mirage orieninl, p. 70. — 3 Voy. surtout H. Fischer, Aephril wid Jatleit nach iftren mijterttlof/ischen Kigenschaften soicie nach ihfer urgescltichtliclten wid ethnographisclten Bedciitung, Sluttg., 1873. — '* Schliemann, /lias, trail. de M"" Kgger, p. 229 et 51"; Milclihocfer, Die Anflinge der Kunsl in Oriechenland, ch. m, Die aelteste Cultur; Alh. Dumout et Chaplain, Les céramiques lie la Grèce propre, t. I, p. 14; M. CoUignon, /list. de la xciilpt. grecque, t. I, p. 3 eisuiv.; l'errol el Chipiez, 0. c. l. VI, p. 115 et s. et p. 207 et 838.

— ^ Schlieinann, llios, p. 645. — G Saycc, dans Vllios, de Schliemann, append. II, p. 901 ; Perrot et Chipiez, t. III, p. 496. — ' M. Collignon, 1. I, p. 9-10.

— 8 Les fig. 3489-3'l96 sont empruntées au tome VI' de l'I/isl. de l'art de MM. Perrot et Chipiez (p. 834 à 862 et pî. xvi), qui renferme un choix abondant et

letins de vole dans leurs assemblées délibérantes'. Les sujets représentés sur ces gemmes sont primitivement des fleurs, des animaux, tels que lions, cerfs, antilopes, taureaux, poulpes, poissons, tantôt seuls, tantôt affrontés héraldiquement ou luttant les uns contre les autres (fig. 3490, 3491 et 3492) ; des griffons, des Pégases ou

Fig. 3i90.

Fig. 3»1.

Gemmes de IV-poque mycénienne.

d'autres êtres fantastiques; des scènes de pèche et de chasse, des hommes luttant contre des lions ou des sangliers; des combats de guerriers couverts de leurs armures (fig. 3493, 3494 /«%V

Fig. 3403.

Fig. 3494.

Fig. 3495.

Fig. 3490.

Fig. 3197

et 3493). Sur les plus anciennes de ces pierres, la simplicité du sujet, la gaucherie, les disproportions des figures révèlent un art à ses débuts : c'est la première époque mycénienne. Bientôt l'artiste est assez maître de son art pour représenter des figures sur deux plans différents, comme des lions, des taureaux, des antilopes marchant côte à côte, ou se croisant en se dirigeant en sens

inverse (fig. 3496 et 3497). Ne suffit-il pas d'une maladresse naïve dans de pareilles compositions pour que les figures s'enchevêtrent et que l'observateur se croie en présence d'un seul être monstrueux à plusieurs têtes? Par exemple, le groupe du lion dévorant un aegagre a paru, sans grand effort d'imagination, n'être qu'un monstre ayant à la fois une tète de lion, une tête de chèvre et une tête de serpent. Celte conception de la Chimère, une fois entrée dans l'imagination populaire, aura pris corps, et les artistes s'en seront em-

e\cellent de pierres gravées mycéniennes. On consultera aussi : l.ud. Ross, lîeise anf den griech. Insein, t. III, p. .VII, 21 et 24 ; Fr. Lenorinanl, dans la lleoue archéolog. N. S. 1874, t. XXVIII, p. 1-3 et pi. xn ; Newton, Essaijs on art nnd archeology, p. 279-281 ; Schliemann, Mycènes, trad. Girardin, p. 280 et s. ; Milchhocfer, Up. c, p. 39-90; Rossbach, dans VArchaeol Zeilung, 1883, p. 169- 178 el p. 311-348, pi. XVI ; Annali dell' /nslit. di corr. arch. 1883, p. 188-222, tav. d'ag. G et H ; Duemmler, dans le% Afitt/ieiUingen des arch. Instituts, Athen. Abtheilung, 1886, p. 170-170 et pi. vi; Furt\v.iengler el Loeschckc, Mykeiiische Vttsen, p. 7.Ï-79 et pi. fi; Tsounlas, dans l"E5T,;ii}i; ij/«i'>X'>Y.»»,. 1888, pi. \ et 1889, pi. X ; S. Murray et Smilh, A catal. of engraved gems in the liritish Muséum, pi. A ; M. Collignon, 0. c. t. I, p. 50 et suiv. ; E. Babclon, O. c. p. 81 i 92; Tsounlas, .M'js9;viii «aï nuxr,yaV«; -oki-miii;;, pi. v. — » llerod. VIII, 12:i ; Aescityl. Ënmen. 748; l'Ial., Leg. C; cf. S. Murray cl Smilh, (I. c. lutrod. p. 4.'

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parés aussi bien que les poètes. Telle est la théorie ingénieuse de la mytliûlogie iconologi(|U(;, formulée et développée pour la première (ois par M. Clermont- Ganneau', et reprise par M. Milchhœfer-. C'est par ce système qu'on explique la formation des types de Pégase, de la Gorgone, des Harpies, du Minolaure, ignorés de la symbolique orientale et que l'art et la mythologie gréco-étrusques ont tant exploités. De ces constatations aussi ingénieuses que jusliliées, certains savants nous paraissent tirer des conséquences forcées quand ils essayent d'expliquer de la même manière tous les types étranges que nous fournit la glyptique mycénienne, et quand ils se refusent absolument à reconnaître dans cet art primitif des contrées grecques toute iniluence égyptienne et asiatique '.Aous croyons qucsi, comme MiM.Clermont-Ganneau et Milchhœfer l'ont démontré, l'influence des images maladroites sur l'imagination populaire ne peut être contestée, elle ne saurait suflire à expliquer la présence de tous les monstres qu'offre à nos regards la glyptique mycénienne, et dans bien des cas il faut faire intervenir la démonologie sémitii]ue dont les Phéniciens et peut-être les Héthéens et les Cypriotes se sont chargés de faire pénétrer les formes principales dans les îles de la mer Egée et jusque dans la Grèce propre, avec les produits industriels de l'Egypte et de l'Assyrie''. Schliemann a recueilli à Mycènes un cylindre en opale, sur lequel est gravée une figure humaine de style égyptien, et un scarabée portant le nom de la reine Ti, femme d'Aménophis III ''. Des preuves formelles d'imitation de cylindres chaldéens ont été signalées depuis longtemps dans les sujets gravés sur les chatons de bagues en or trouvées à Mycènes''; les œuvres de la glyptique proprement dite sont non moins éloquentes que ces bijoux d'or. Par exemple, une gemme du Musée britannique a pour sujet un héros debout entre deux ibex qui se dressent et qu'il saisit par les cornes, type des plus communs dans la glyptique chaldéo-assyrienne '. Sur un jaspe rouge trouvé à Mycènes, figure un personnage entre deux lions, comme sur les cônes assyro-chaldéens (flg. 3497) ; sur une intaille en cristal de roche trouvée à Phigalie, un géant dompte deux monstres dressés contre lui et qui ont des pattes d'oiseaux, comme un grand nombre de génies asiatiques".

Une autre représente Héraclès, dieu d'origine orientale, combattant l'àXio; yspiov, « le vieillard de la mer », à queue de poisson, dont le prototype, sous le nom de Dagon, doit être cherché en Phénicie el en Chaldée " ( fig. 3'i98). On trouve aussi sur les gemmes mycéniennes des figures léontocéphales, des sphinx, des bouquetins, des lions dressés, motifs dont l'origine orientale ne saurait être

1 Clermont-Ganneau, L'imagerie phênieieiine et lu mythologie iconologii/ue chez les Grecs, introLiuction. — 2 Milclilurfer, Die Anfaenge der griech. Kunst, p. 55 el suiv. — 3 Celle Uièse soulonue on iiarliculier par M. Newton (Es^ays on the art and archeology, p. 2.S0), par M. Miloiiliœfer [Op. cit.), par Kdouard Mejer (Oeschichti des Altherthums, l. H 1893, p. 178), est brillamment résumée par M. Salomon Reinach, dans sa brochure Le mirage oriental (extrait des n" 5 ef G de V Anthropologie, 1S93). — ^ Vojez principalement la thèse de M. Victor Bérard De l'origine des cultes arcadiens, Paris, 1S94. — 5 Schliemann, Mycènes. p. ISIIS:!; M. Collignon, /li.il. de la scutpt. i/recg. t. I, p. Gi. — c Fr. I.c-

FiîT. 3490.

el

contestée. A lalysos et à Camiros, dans l'ile de Rhodes, on a aussi signalé des gemmes sur lesquelles l'influence orientale est indéniable '".De ces multiples observations, on est en droit de conclure que la glyptique mycénocrétoise avait un caractère mixte formé de trois courants distincts : le courant autochthone, le courant asiatique et le courant égyptien. Les artistes de la période mycénienne donnent à leurs gemmes une forme originale, qui est le plus souvent celle des cailloux roulés par les Ilots; continuant une tradition qui remonte jusqu'aux temps préhistoriques ils n'adoptent pas les formes étrangères: ni te cylindre ou le cône des Chaldéens, ni le scarabée de l'Egypte. Quant aux sujets qu'ils gravent sur ces pierres lenticulaires, ou bien ce sont des animaux et des fleurs de la faune et de la flore des iles ou des pays baignés par la mer Egée, des mythes empruntés à leurs traditions, des types créés par leur génie propre, ou bien ce sont des sujets inspirés de la glyptique orientale, copiés sur les gemmes de l'Kgypte et de la Chaldée, que les relations commerciales plus ou moins directes faisaient pénétrer jusqu'à eux.

Ce qui étonne le plus quand on étudie l'ensemble des œuvres de la glyptique mycénienne, c'est, comme l'a remarqué M. Perrot, le degré de perfection auquel elle est parvenue, à un moment donné, dans la reproduction des figures d'animaux. Il est telles de ces images de lions, de taureaux, de bouquetins, de lions dévorant des cerfs, de vaches allaitant leurs veaux, qui ne seraient pas déplacées au temps de la splendeur de l'art grec " (fig. 3499). Ces belles intailles vont de pair avec les reliefs du vase d'or de Vaphio et avec les lions affrontés de la porte de Mycènes ; les artistes auxquels on les doit étaient des animaliers plus habiles que ceux qui sculptèrent, longtemps après eux, les plus admirés des bas-reliefs ninivites.

Les invasions doriennes qui ont bouleversé la civilisation mycéno-crétoise et en ont refoulé les débris loin des centres nouveaux de l'activité sociale, n'ont pas fait disparaître l'influence orientale danslescontrées grecques. Comme les populations qu'ils ont subjuguées, les Grecs d'Homère s'inclinent devant la supériorité artistique et industrielle des Asiatiques et des Égyptiens et ils leur demandent tous les objets de luxe et de parure'-. Les relations commerciales créent entre les Hellènes et les Orientaux une véritable pénétration réciproque qui a son contre-coup direct dans les œuvres de la glyptique. Les pierres gravées grecques de cette époque sont presque exclusivement des scarabées ou des scarabéoïdes : la forme est donc égyptienne et n'a plus de rapport avec les intailles lenticulaires des temps mycéniens. Mais les types orientaux que les Grecs reproduisent sur leurs scarabées sont rarement des copies servîtes ; en général, on

nomLint, Les anti^/uitès de la Troade, ±' pari. p. 2-4 ; Perrot et Chipiez. O. c. t. VI, p. 841, lig. 423; M. Collignon, O. c. p. 46, Dg. 23. — ■ S. Murray cl Smitli, ,4 Catalogne of engraeed gems in the British JJuseum. a* 93; E. Babclon, 0. c. p. 89, fig. 59; voyez aussi d'autres sujets, dans Perrot et Chipiez. Op. cil. p. 843. fi». IG. 21, 22, etc. — s Milchhœfer, 0. c. p. 53, fig. .\. —9 Heoue arehéot. N. S. l. XXVIII (1874), pi. xn, I ; R. Babelon, Lagraeure en pierres fines, p. 89, fig. 60 ; Perrot et Chipiez, Op. cit. p. 851, fig. 16. — 10 S. Murray el Stnith, 0. c. p. 46 cl 4S. — 'I Voy. .en particulier, C. Perrot et Ch. Chipiez, 0. e. l. VI, pi, XM (héliogr.), fig. 12 el s. — '- M. Collignon, O. c. I. I. p. 67 el suir.

Fi;. 3500.

GEM

GEM

Fig. 3501. -

Cacliel grec.

sent que l'artisle a une tendance à s'affranchir de son modèle et à l'interpréter avec liberté, pour s'essayer dans des compositions de son invention'. Il arrive un moment où, d'interprètes, les Grecs deviennent des novateurs; les Orientaux, à leur tour, rendent hommage à leur supériorité et leur demandent de travailler pour eux : des scarabées, grecs par le stjle, le type, la composition, sont exécutés pour des Phéniciens, comme le prouvent parfois les inscriptions phéniciennes qui accompagnent ces sujets grecs '. Dans le trésor de Curium, comme dans les tombeaux de Kertch, les cylindres imités de ceux de l'Assyrie et les scarabées égyptisants se trouvaient mélangés avec des scarabéoïdes de style grec'. Parmi ceux-ci, les uns représentent simplement des animaux : chevaux, taureaux, hippocampes, aigles, colombes, ibis"; d'autres, d'un art plus avancé, ont des types empruntés à la mythologie hellénique : Némésis, Nikè, les travaux d'Héraclès, les aventures d'Ulysse, Échidna et le Dragon, le rapt de Proserpine par Hadès, Borée enlevant Orithye". Le style de ces gemmes nous montre le génie hellénique dans toute sa force de conception et d'exécution technique : déjà l'archaïsme grec est supérieur à ce que l'art oriental a produit de plus achevé. Ce n'est pas tout : avec le temps, l'art grec achève de se dépouiller du vêtement d'emprunt qu'il doit il l'Oriont : la carapace du scarabée égyptien se moditie, s'altère, se transforme : on en arrive même à lui substituer d'autres figures aussi en relief : masque de Silène ou de Gorgone, tête de nègre, lion couché, qui rappellent seulement par le galbe général, la forme scarabéoïdale traditionnelle '' (fig. 3.jU1).

Dès l'apparition de la monnaie, au vu° siècle, il s'établit une sorte de solidarité entre les types monétaires et ceux de la glyptique ; les mêmes artistes gravent les gemmes et les coins monétaires, et l'on commence à inscrire des noms grecs sur les intailles dans le même temps que les légendes monétaires font leur apparition'. Les intailles les plus anciennes qui portent des inscriptions grecques sont un scarabée (fig. 3301) sur le plat duquel on lit, au-dessus d'un dauphin, en caractères de forme très archaïque :

©eptrioç È[i.i dSjxa, |jls [xe ôcvoiyE [Je stiis yardez-vous de me briser) ', et un scarabée en agate, trouvé à Égine, en 1829, sur lequel on lit : KpeovTi'oa È[ai '. On voit par là que les Grecs, au vii'= siècle, suivent la mode orientale de graver sur la gemme le nom de l'individu auquel elle sert de sceau. Mais ils ne tardent pas à inaugurer un usage ignoré des

* Voyez les scarabées réunis dans Louis l^. di Ccsuola, Cypnts, pi. x\ wiii et xvxix ; E. Babclon, O. c. p. 94. — 2 E. Babclon. Op. cil. p. 95, lig. 6.ï et 06. — 3 Anliquilés du Bosphore cimmérien, fdit. Salomou Roinaeli, pi, xvi ; Louis P. di Oesnola, Cypms, pi. xxxretsuiv. — ^Inihoof iilunicr et 0. Keller, ÎVt;;- und PflaitzenùiliiertntfMïnizen und Gemmen. Leipzig, 1889, pi. xiv et s. ; Louis l'aima di Cesnola, Ci/prus, pi. xxx\ ni. — 15 Louis P. di Cesnola, Cypms, pi. xixix. — » S. Murray et Smilli, Calaloij. n"* 244 à 247 et 479 ; Atiti(/uUés du Bosphore cimmth-inn, éd. Rcinacli, pi. xvi, fig. 1 1 et 12; voy. aussi ci-dessus l'art, anxulvs. — 7 E. Babelon, dans la lievite numism. 1894, p. 209 et s. — 8 0. Uossbach dans VArcli Zcilimn, 1883, p. 336-339 et pi. xvi, fig. 19 ; E. Babelon, 0. c. p. 57, fig. 69. — » Bull. deW Inslit. di corrisp. nrch. 1840, p. 140; Stephani, dans Kôliler, Gcsammelle Schriflen, t. 111, p. 228. — 10 Louis P. di Cesnola, Cypriis, pi. xi„ fig. 14. — Il Brunn, Gesch. der yriech. Kûnstler, t. IL p. 033; King, Atitique gems, t. I, p. 115; Furtwaengler, dans le Jahrbuch desdeutsch. areh. Instituts, 1888, p. ilC-119; E. Babelon, /. /. p. OS, fig. 70. — 12 H.

Fig. 3S02. — Scarabée grec.

le cachet de l'Iicrsis

Fig. 3303.

Gemme ionienne

agrandie.

Asiatiques et des Égyptiens: leurs artistes signent leurs œuvres et inscrivent leur nom à côté du type dans lequel ils ont déployé tout leur talent. Pour le critique moderne, c'est souvent une difficulté de déterminer si le nom inscrit sur une gemme est celui de l'artiste qui l'a gravée ou celui d'un possesseur qui l'a utilisée comme cachet. En général pourtant, on peut dire que le nom de l'artiste est dissimulé dans une partie secondaire du champ de la gemme, en lettres modestes et très fines, tandis que le nom du possesseur est, au contraire, gravé en grandes lettres dans le champ, en vedette et d'une manière très apparente. On peut demeurer dans l'incertitude à ce point de vue,parexemple,ausujetdunom de ^r-t^my.ç,i.Tr^q, gravé au-dessus d'un cheval, sur un scarabée du trésor de Curium'", ou même au sujet du nom i;ï|[Aovoç, gravé sur un jaspe noir du musée de Berlin, autour d'une femme nue agenouillée, tenant une hydrie qu'elle remplit aune fontaine" ; ou enfin au sujet de noms tels que 'Ap!(7T0T£Îy Y|;'- et 'Idocyop (aç) '', sur des gemmes qui remontent au vi" siècle. Mais nous entrons dans le domaine de la certitude avec une stéatite du Musée britannique, sur laquelle on lit : ï!upiT(Ç £7;o''£'7£, à côté d'un homme barbu qui joue de la lyre" (fig. 3301). Le style de cette gemme archaïque est admirable, et la forme du nom de l'artiste aussi bien que l'analyse de cette belle œuvre permettent de la rattacher presque avec certitude, aux écoles artistiques qui florissaient en Asie Mineure au vi' siècle.

Nous savons en effet, par les sources littéraires, que l'île de Samos était alors le siège d'une école de graveurs en pierres fines, aussi bien que de sculpteurs. Mnésarchos, le père du philosophe Pythagore, est qualifié oixx.Tukw(Xù-jjoç, (jraveur de cachnts^'^ ; comme il mourut au commencement de la tyrannie de Polycrate, son activité se place au temps de la grande fioraison des toreutiticiens de Samos, au milieu du vi' siècle. L'un de ces derniers, Théodoros, filsdeTéléklès, qui était allé en Egypte, apprendre à couler le bronze, était en même temps un lithoglyphe renommé : il grava pour Polycrate un cachet (ijtppYiYtçypuuôSe-o;) auquel une anecdote populaire est attachée "^. Théodoros avait coulé en bronze sa propre statue qui le représentait tenant une lime et un scarabée plus petit qu'une mouche, sur lequel il avait réussi à graver un quadrige d'une perfection inimitable ". 11 ne nous est point parvenu d'œuvres signées de Mnésarchos et de Théodoros.

Jusqu'au v"= siècle, la forme scarabéoïdale fut prépondérante dans les pierres gravées grecques, et quant aux Étrusques, on peut dire qu'ils n'en ont pas connu d'autres". Les nécropoles de la Toscane nous ont livré en abondance des scarabées gravés. Ceux des tombes les

Brunn. p. 604; Furtwaengler, i^u^\e Jahrbuch des dentsch. arch. Instituts, 1888, p. 194-195. — 13 S. Murray et Smith, Calai, n" 48Î ; Furtwaengler, loc. cit. p. 193, note 5. — l'V W. Frobner, Mélanijes épif/raphigues. p. 14-15 ; S. Murray et Smilli, n" 479; Murray, Handbook of tjreek Aixhai'otùgy, p. 152; Furtwaengler, toc. ci!. p. I9.Ï-197 : E. Babclon. O. c. p. 99, fig. 71. — l.i llerod. XIV, 93 ; l'ausan. III, 13, i ; l'iut. Plac. phil. 1,3, 11; II. Brunn, Geschichte der griech. Kiiastler, t. I, p. 1 16 ol t. Il, p. 407; S. Murray cl Smitb, introd. p. 7; Iwan von Miiller, Hamibuck der Idass. Altcrtums~Wisscu>.rhaft, t. VI, p. 549 {Archàologie der lùtnsl, tle K. Siltl). — If. llerod. 1, 51 ; 111,41 ; Pans. III, 12. 8 ; Atlu-n. Xll, 515 ; II. Bruno, O. c 1. II, p. 407 ; S. Murray et Smith, introd. p. 7 ; M. Collignon, Uisl. de la sculp. grecque, t. 1. p. 130 cl suiv. — I' Plin. Nat. hist. XXXIV, 83 ; 0. Benndorf, dans la Zeitschrift filr Œsterreich. Cymnas. 1873, p. 401 ; Miltheilungen aus Œsterrcicb, IX, p. 178, 186; 191 ; Loosehcke, Archaeol. Miscelten, 1880, p. 1 cl suiv. ; M. Collignon, O. c. l. I. p. 160. — is J. Marlha, l'Art étruvjue (Paris, 1889). p. 391 cl s.

(iEM

Fig. 3504. — Scarabée épyptisaiil.

plus anciennes sont en faïence éinailléc ou en pierr<' dure et le plat en est orné de figures qui n'appartiennent qu'à la symitolique ('gyptienne : le dieu llorus, la barque sacrée, des cartouches oyaux '. De tels monuments que rien ne distingue de ceux qu'on recueille dans la vallée du Nil, ont été certainement importés d'Egypte en Étrurie. Mais on trouve surtout dans les tombes étrusques, comme à Carthage et en Sardaigne'', des scarabées qui ne sont que des contrefaçons plus ou moins habiles de ceux de l'Egypte, sur lesquels les signes hiéroglypliiques défigurés sont devenus indéchiffrables, où les attributs des dieux, le costume des personnages ne sont que sommairement et inintelligemment reproduits ((ig. 3504, scarajjée trouvé en Sardaigne '). Ces scarabées, pareils à ceux qu'on trouve partout où les vaisseaux phéniciens et carthaginois allaient faire le commerce, sont les produits des ateliers de la Phénicie, do Cypre ou de Carthage'. D'autre part, il faut le reconnaître, les Étrusques eux-mêmes eurent leurs ateliers de glyptique, dans lesquels ils copièrent et imitèrent non seulement les scarabées orientaux, mais aussi ceux des Grecs. Après que Démarate eut fondé Tarquinies, au milieu du vu" siècle, la glyptique éfrus(|ue subit surtout l'influence de l'art grec audétriment de l'influence orientale. D'abord, les gemmes de style grec représentent, comme à Cypre, des figures d'animaux : lions, chevaux, taureaux, bouquetins, sangliers, aigles. Un voit aussi le griffon terrassant un cerf, la Chimère, le sanglier ailé, des Centaures portant une branche d'arbre ; des guerriers, des athlètes, des vainqueurs dans leur quadrige, des tisserands à leur métier, des forgerons martelant des casques; des sculpteurs, l'ébauchoir à la main, et d'autres scènes de la vie privée °. Viennent ensuite les nombreux types empruntés à la mythologie et surtout aux cycles troyen et thébain, comme les sujets gravés sur les miroirs. Les dieux qu'on y voit le plus fréquemment, dans toutes les phases de leurs légendes, sont Hercule et ses multiples travaux. Minerve, Neptune, Mercure, Apollon, Nikè; les Centaures et les Satyres, l'Hydre, Cerbère, Neptune et Amymone [amymone, lig. 315] ; Ulysse, Diomède, Ajax. Achille, Philoctète, Adraste, Tydée, Capanée, Castor et Pollux, Thésée, Jason, Admète ^

La plupart du temps, la ressemblance des scarabées étrusques avec ceux de la période grecque archaïque est si complète, qu'il est impossible de les distinguer, soit par la forme ou le style, soit par le sujet ou la matière. On ne peut toutefois se refuser à considérer comme étrusques les scarabées sur lesquels le sujet est accompagné d'une inscription étrusque, à l'imitation de ce qui était pratiqué sur les vases peints, les cistes et les miroirs. On lit, par exemple, à côté d'une gravure représentant le combat d'Hercule etdeCycnos, Hercle elA'ukne; à côté d'un héros

1 Au Cabiiiel tics mt^dailles. V. aussi Abeken, MilteUtalien. p. 27o, notc3 ; BlUl, (feW InstU., 1808, p. 67 ; (jozzaiiini, Scavi Anwntdi, p, 76-77 ; \otizic degli scavi, 1882, p. 183; J. Martlia, l'Art étrusquCj p. '602. — - HcUirg, daus les A?iria/l detl' Instit, arch. 187(1, p. 219 ; S. Murray et Sniilli, Catalog. introd. p. 12 el pi. b, c ; cf. p. 20 ci pi. n et B. — 'i Abeken. Mittetitalien, pi. vr, fig. 11 cl 12 ; Xotis. d. scaci, 1882, p. 194 et 197; Bull. d. Instit. 187-1. p. 56, n" 9; Annali, 1885, p. 207-208; ,1, Marlha, l'Art vtrusi/tie, p. 592-393. — * S. Murray cl Sniitb, p. 30 à 58 ; le 1'. Delallre, Carthage, notes archéologiques, extrait du Cosmos du 13 janvier 1891, p. 214. — ^ Micali, Monumenli per servire alla .-itoria degli antichi popoli Italiani, Firenie, 1832, pi. cxvi et cxvn : Kossbach, dans les Annaii delV Inst. 1885, p. 99, 211 el s.; King, Antitiue geins, t. Il, pi. xvjii ; 7, J. Marlha,

Fig. 3505. Fig. 3506.

Gemmes étrusques.

fabricant un navire, Zî^asun (Jason) ; à côté de Tydée blessé 7'ule (fig. 3505); à côté de Capanée foudroyé, Kapne; à côté d'Ajax se suicidant Aivas, etc. Une iataille célèbre du musée de Berlin (fig. 3500) représente le conseil de guerre des héros devant Tlièb(!s avec leurs noms yl/rcsMe (Adraste), Tute {Tydèe),Phulnire{Po]ynice),/''/)</(«no/je(Partliénopée)/lm/)A/(orr'(Amphiaraus)'. Comme pour les vases peints, toutes les inlailles qui sont d'une facture nette et franche sont plutôt grecques, tandis que celles qui paraissent des imitations ou des copies sont plutôt de fabrique étrusque. Les thèmes exploités par la glyptique étrusque, même dans la dernière période de la vie autonome de l'Etrurie, ne varient pas ou plutôt ne se renouvellent pas, tandis que la glyptique grecque progresse avec le temps et puise à de nouvelles sources. L'Etrurie, une fois qu'elle a cessé ses rapports directs avec la Grèce, en est réduite ii vivre sur elle-même et a exploiter toujours et par routine le vieux fonds de mythes et de légendes que lui avaient apporté les anciens Grecs : elle se traîne dans l'archaïsme d'imitation ou se borne à acheter les vulgaires produits de l'art carthaginois*.

Au contraire, l'ère nouvelle qui s'ouvre pour la Grèce aussitiH que l'invasion de Xerxès est refoulée, fait époque dans l'histoire de la glyptique grecque aussi bien que dans celle des autres branches de l'art. La forme des gemmes, le style, le choix des sujets, tout se transforme rapidement. Le scarabée, d'origine égyptienne, qu'un préjugé aussi déraisonnable qu'obstiné a maintenu presque exclusivement jusqu'ici comme une formule nécessaire, commence à être abandonné dès le milieu du v'' siècle ; les images, en creux ou en relief, achèvent de se dépouiller de la raideur archaï([ue. Le goût des beaux camées, sur des agates à plusieurs couches, naît et se propage au fur et à mesure que s'accroissent le luxe et l'opulence ; les types des intailles seront souvent désormais les copies des œuvres des sculpteurs ou des peintres en renom.

Des pierres gravées qui peuvent remonter à cette époque reproduisent (tig. 3307) le Philoctète blessé du sculpteur Pythagoras'; la légende de Pélops et Hippodamie, qui forme le sujet du fronton oriental du temple de Zeus à Olympie, a aussi été interprétée sur un des plus admirables camées grecs du Cabinet des médailles'" (lig. 3308) ; le meurtre de Clytemnestre el d'Égisthe par Oreste et Pylade est traité identiquement sur un bas-relief

l'Art étrusque, p. 593. — 6 .Micali, op. cil. pi. civi. 5: cxvn. -ï ; Jmpronle deW Inslitulo, I, 14; III, 3. 18. 23; V, 23. 27, 43, etc.; Chabouillct, Catalogue des camées, etc. n"> 1766, 1776 à 1778, clc. ; King, Antique gens, I. II. pi. iixni el xiiiv: E. Babclon, le Cabinet des Antiques, pl. v, xltii cl ivi: J. .Marlha. rArl étrusque, p. 593 à 595. — 7 Les fig. 350*. 3505, pierres de l'ancienne colIcclioD de Slosch.au musée de Berlin. Voy. encore Micali, Op. cit. pl. ctti, I, 2. 3; Chabouillct. Catalogue, n° 1805; King, O. c. l. Il, pl. xiii, 5 et lui, 8: Bull. Instil. 1834. p. 116 el 118; 1863. p. 12S ; 1885. p. S; E. Babclon, le Cabinet des Antiques, pl. V. 16. 19, 20; J1.V1I, 5,6; i.vi, 1, 2;J. Marlha. l'Art étrusque, p. 596-597. — » J. Marlha, fb. p. 599. — » M. Collignon, O. c. l. I. p. 411. — 10 E. Blbelon. le Cabinet des Antiques, p. 213 el pl. lvui. fig. I ; M. Collignon, Op. cit. p. 439.

Fig. 35u7. — l'hiloclêUlulaillc.

GEM

GEM

el sur un camét' de la collection impériale de Vienne '. Sur un chaton de bague trouvé à Kertch, la Victoire qui attache

Fis. 33

• Pt'Iops. (Cannîe grec agrandi.)

un bouclier à un trophée^ est la copie assez fidèle d'une des Victoires de la balustrade du temple d'Athéna Nikè, à Athènes, dont la date est fixée aux environs de l'an 407 '. La femme tenant une hydrie et les quatre danseuses qui forment les sujets de deux intailles du Musée britannique '• sont à rapprocher des caryatides de l'Érechthéion et des hydrophores de la frise sud du Parthénon ".

Les plus célèbres des œuvres de Myron, de Polyclète, de Phidias ont été exploitées à satiété par les lilhoglyphes depuis le V siècle jusque sous l'empire romain : le Marsyas et le Discobole de Myron", le Doryphore et le Diadumène de Polyclète se voient métamorphosés ou plus ou moins fidèlement interprétés ou

affublés d'attributs variés sur de nombreux camées ou intailles ; l'Amazone de Polyclète ne nous est même connue dans tous les détails de son maintien et de ses attributs que par une petite gemme du Cabinet des Médailles qui la reproduit'(fig. 3509); le buste de Héra, type de l'un des plus beaux camées grecs de la môme collection, est inspiré de la statue qu'Argos devait au même maître ' (fig. 3510) ; une cornaline du Musée de l'Ermitage représente Hippolyle armé de l'épieu de chasse

1 Winckelmann, Momtni. aut, ined, p. 193, n" 148; Eckliet, Choix de pierres yravéesdu Cabinet impérial de Vienne, p. 48 ; J. Arnelli, Die antiken Cameen des k. k. Munz. und Antiken Cafnnettes in Wien, pi. xix, 11. — 2 Bull. arch. NeapoîitanOy t. I, p. 120 et pi. vu, fig. 4. — ^ R. Kckiiif, Die Reliefs an der Balustrade der Athcna Niké, pi. iv, fig. M. — » Murray cl Smith. Catal. n" 562 et 563. — i' Jb. p. 27. — 6 Murray, Uandbook of greek archaeoloijy , p. lo3 el suiv. — TA. Klucgmann, Die Amazonen in attischer Literatur und Kunst ; liaumcister, Denkmfder der klass. Aller tums, s. v. Polyclète, p. 1 350 : Rosclier, Au^fùkrl. Lcxicon der Mythologie, s. v . Amazonen, col. 277 ; Micliaelis. Die soyen. epliesischen Amazonslatuen, dans le Jaltrbuch des kais. tleutscb. arch. J?tstituts, l. I, 1886, p. 14 et suiv.; E. lialjelon, le Cabinet des Antiques, p. 200-201 et pi. I.V1, fig. 4 ; M. Gollignou, /fist. de ta sculp. grecque, t. I, p. 505. — 8 E.

et accompagné d'un Êros ; le revers d'une monnaie de Trézène a le même type, et tout porte à croire que l'art monétaire et la glyplique se sont emparés d'une œuvre sculpturale de Polyclète ou de son école, qu'on voyait vraisemblablement à Trézène '. Enfin sur un camée du Musée de Berlin, nous retrouvons le type d'Éros en Hermès, qui fait son apparition dans la sculpture à l'époque de Phidias '".

Dès avant l'an 400 et jusque vers la fin du premier siècle de notre ère, on constate l'existence d'une longue suite de gemmes signées du nom des artistes qui les ont gravées. Ceux de ces artistes qu'on peut placera la fin du V^ ou dans le iV siècle avant notre ère sont les suivants :

Athénadès. La signature A0HNAAH2 se lit sur une intaille formant le chaton d'une bague trouvée à Kertch, dans un tombeau de femme". Le sujet est un Scythe assis regardant une llèche qu'il tient sur ses genoux.

Phrygiltos '-. On lit ce nom sur une cornaline de l'ancienne collection Blacas, qui représente un Éros agenouillé et jouant aux osselets. La tète de ce génie rappelle celle du Doryphore de Polyclète. Des monnaies de Syracuse de la fin du v° siècle, signées du même nom, permettent de croire que Phrygillos fut à la fois graveur de coins monétaires et de pierres fines.

Dexamenos '^ Il nous est parvenu quatre des œuvres de cet artiste, qui était originaire do Chios : c'est d'abord une calcédoine du Fitzwilliam Muséum, à Cambridge, sur laquelle on voit une femme à sa toilette ; une servante lui présente le miroir (tig. 3511). On lit dans le champ, à la fois le nom de la dame possesseur de la pierre, MIKH2 et la signature A EIA M ENOZ. La nécropole de Kertch nous a fourni deux intailles représentant des hérons, avec les signatures AEZAMEN02 et AEIAMENOI EHOIE XIOI. Lnfm, un jaspe rouge trouvé enAttiquenous montre un beau portrait d'homme barbu avec la signature AEIAMENOI EHOIE.

Pergamos''. Nous connaissons trois intailles signées de ce nom : un scarabée trouvé à Kertch qui représente une tête imberbe coiffée d'un bonnet phygien; un nicolo du Cabinet des Médailles, où figure une tête coiffée d'un casque décoré d'un masque silénique '^; enfin une pâle de verre du musée de Florence nous conserve le souvenir d'une intaille signée Pergamos, qui existait encore au siècle dernier : elle représente un satyre dansant'".

Oiympios. Ce nom est sur une cornaline du musée de Berlin, qui représente Éros bandant son arc". De belles monnaies d'Arcadie, frappées vers 370, ont pour type un Pan assis sur une montagne au pied de laquelle on lit le nom de l'artiste OATM. Le graveur de la gemme el du coin monétaire sont peut-être le même personnage.

Onaias. Cette signature figure sur un scarabéoïde du

IJabelou, le Cabinet des Antiques, p. 57 cl pi. xix. — '•' Inilioof-iiUinier et f'ercy Gardner, yumismatic commentary on Pausanias, p. 48, et i)l. M, vni (extr. du Journal of hcllenic Studies, 18S5). — 'o Furtwaeugler, Meisterwerke der griech. Plastik, p. 101. — Il Kurtwaeugler, .lahrliuch d. deutch. arch.Inst. 1888, p. 198- 199 ; Antiq. du Bosphore cimmèrien, éd. S. Rcinacli, p. 137. — 12 H. Brunn, Geschichte der griech. Kùnstter, t. Il, p. 4Ï2, 440 et 623 ; Furtwaengler, l. c.p. 197-198 ; Koschcr, Lexicon der Mythol. s. v. Eros, 1. 1, col. 1356. — 13 Furtwaengler, /. c. p. 199-204; S. Murray. Catal. of engraved getns, iutrod. p. 19; E. Babclon, la Gravure en pierres fines, p. iii. — iV H. Hrunn, 0. l. l. II. p. 572 ; Furtwaengler, 1889, p. 72-73. - 15 Chabouillet. Catalog. n« 2143. — l« Sur une autre pâte de verre du musée de Berlin, la signature Pergamos est moderne, Furtwaengler, /. c. 1888, p. 134133. — 1" FurtwacDglcr, l.c. p. 119-121 et 20*.

Fig. 3511.— Gemme

de Dexaniénos.

GEM

— Ii7." —

GEM

Musûe Ijrilannique qui représente Niké érigeant un trophée. 11 y a une grande parenté de style entre la Niivé d'Onatas et l'Eros d'Olyinpius'.

Le siècle de Scopas, de Praxitèle;, de Lysippe et d'ApcUe est illustré en g[ypli({ue par un artiste dont raiili([uilé tout entière célèbre la gloire, mais dont il ne nous est parvenu aucune ojuvrc signée : c'est Pyrgotèle'. Pline ^ après beaucoup d'autres, le proclame le plus habile des graveurs de tous les temps, et comme il le place au même rang que les sculpteurs et le peintre dont nous venons de prononcer les noms, il est permis de croire qu'il les égalait en mérite. Alexandre ordonna qu'aucun autre que Pyrgotèle n'aurait le droit de reproduire ses traits sur une pierre précieuse; parmi les camées et les inluilles do nos musées qui représentent Alexandre, il en est peut-être qui sont sortis des mains de ce maître incomparable ou qui sont des copies anonymes de ses œuvres '* (fig. 3512). 11 ne nous est pas parvenu non plus de camées

Fig.'3bl2. — Alexuiulre (camt-e).

OU d'intaiUes signés de Cronios

et d'ApoUonidès qui pourtant s'étaient acquis, comme Pyrgotèle, une grande renommée ^ En revanche les auteurs ne parlent point de plusieurs autres graveurs dont nous possédons un assez grand nombre d'œuvres signées : en voici énumération. PkekUas. On lit (t)EIAIAZ EFFOEI sur une hyacinthe du Musée britannique dont le type, un jeune homme nu, assis sur un rocher, rappelle la statue de Munich connue sous le nom de Jason ou d'Alexandre ".

Lycomède. Sur une calcédoine de la collection Tyskievickz, représentant probablement la première Bérénice, on lit la signature ATK0MHAH2'.

Pliilon. Sur un chaton de bague de la môme collection, un portrait d'homme imberbe, de profil, est signé <^\M1H EnOEI".

Onesas. Un lit ONHCAC enOIGl. ^^ur une pâle de verre antique du musée de i'iorence, qui a pour type une Muse appuyée sur un cippe et jouant de la lyre. Une cornaline du même musée porte aussi la signature

d'Onesas, à coté d'une tète d'Héraclès jeune, de profil'.

Alhi' iiion. La signature AGHNinN est en relief à l'exergue d'un camée du musée de Naples, qui a fait successivement partie des collections de Fulvio Orsini et des Farnèse '" ; il représente Zeus dans un quadrige (fig. 3513), foudroyant les géants auguipèdes. Un camée du Musée britannique avec la même signature, a

1 |-url«aenglcr, t. e. I88S, p. 201-200; Murray i-l Smilh, ii» 1101. ï Krausc, Pijrgotcks oder ifie edlen Sleine der Allen (Halle, I8b0. in S"); II. lirumi, O. l. t. 11, p. 628. — ^riin. XXXVll.S, lij. — '• Cabinet ilc France : Cliulioiiillcl, Cnlatoij . tles Camées, n. lai cl suiv. ; Umuy, Hist. des dVecs, 111, p. 321. — S H. Brtinn. (icsch. d. yriech. Kûnsller, l. II, p. 567 et 602 ; Kurtwaougler, O. I. 1889. p. 71-75.

— 0 lijid. Fufiwacngicr, dans le Jalirbucli. 1S88, p. 209-210; S. Murray et Sniilli, Cil(ii(. n" 1368. — ^ Ilelbig, Utillet. d. Iiislit. di corr. arch. 1883. p. 21 ; Furlwacnglcr, (. (. 1SS8, p. 200 et 1889, p. 80-81. — » Furlwaen^ler, /. (. p. 206-207 et 1889, p. SO. - 'J II.Bruun, O. lA. Il, p. 519; Fnrtwaengicr, /. /. pi. vu, 19, p. 212-21 1.

— ").l/us. IJorbon. I, pl.i.ni; cf. S. Keiuaoh, dans la /(crue archéol. 1891, 11. pp. ÎOO- 291. — Il H. Brunu, O. /. l.ll.p. 478; Furtwaengler, /./.p. 113-11 V: 215-210, et 1889, p. 8i-8G. — 1- S. Murray, llandbook of greek arçh. p. 172 ; Furlwacngler, /. /. p. 135 ;

Fig. 3513. — CamOe d'AtUénion.

Fig. 351 \, — Camée de Boéthos.

pour type le roi de Pcrgame, Eumène II (197-15!)) dans un i>ige dirigé par Athéna ". Alhénion, qui travaillait à lacour d'Eumène, représente en glyptique l'école de Pergame.

Séleucos. La signature de cet artiste se trouve sur une améthyste de l'ancienne collection Carlisle, représentant Philoctète'-.

Prolarcfws. L'inscription nPnJAPXOI EFFOEI se lit sur un camée du musée de Florence à cijté d'un Éros jouant de la lyre, sur un lion. Le nom de Protarchos est aussi sur un autre camée qui représente Aphrodite et Éros'''.

Anaxilas^'. Au chaton d'une bague du musée de Naples, on voit un portrait d'homme, avec la signature ANAIIAAI EnOEI-

Scopas^'-'. Ce nom est inscrit sur une belle hyacinthe de la bibliothèque de Leipzig qui représente une tète d'homme imberbe. Il n'est pas probable que ce graveur soit le sculpteur du même nom.

lioêthos. La signature BOH0OT est en relief sur un camée do la collection Beverley qui représente Philoctète pansant la blessure de son pied (fig. 351-4) '°.

Mmndros^\ On lit NIK- ANAPOC enoei, sur une améthyste de l'ancienne collection Marlborough qui représente un buste de femme.

Les signatures des artistes que nous venons d'énumérer se distinguent de celles de l'époque antérieure au point de vue paléographique : l'G et le C deviennent cursifs et commencent à prendre les formes arrondies qu'ils conserveront désormais; l'extrémité des hastes de chaque lettre est accentuée par un globule, comme dans les légendes monétaires contemporaines. De même que dans la période précédente, la sculpture continue à fournir aux graveurs de gemmes le thème principal de leurs compositions. C'est ainsi que sur une cornaline du Musée britannique, on voit un Bonus Eventus qui est la reproduction d'une statue d'Euphranor"; un camée de Naples est inspiré du fameux groupe d'ApolIonios et Tauriscos connu vulgairement sous le nom de Taureau Farnèse "; la Vénus de Milo enfin est apparentée à divers types de gemmes des musées de Londres et de Berlin -". L'iconographie prend une place importante dans la glyptique de l'époque hellénistique. A l'imitation d'Ale.xandre, ses généraux aiment à se faire représenter sur des gemmes, souvent avec des attributs divins. Nous avons ainsi de beaux camées qui représentent des tètes royales qu'on a cherché à identifier avec les effigies de Seleucus Nicator-', de Persée, le dernier roi de Macédoine "S de PlolèméeSoter, de Lysimaque, de Démétrius Poliorcète. Le

cf. 11. Urunn, op. cil. 1. 11, p. p. 631 . — '^ Furlwacngler. /. t. p. ÎI8 cl 1889. p. 73 ; S. Murray, Idandbook, p. 172 (on lisait autrefois Ptotarchos); BruDU, Op. cit. t. Il, p. 626). — '* Le uom a éti lu à lort Heracltidas par M. Furtwaengler, /. /. p. 207- 209. — 'i Furlwaeugler. O. I. p. 72 et 1893, p. 185. — '« U. Bruno, O. c. l. U, p. 478; Furtwaengler. O. l. 1888, pi. vni, 21, p. 2I6-21S. — «' H. Brunn, O. /. U II. p. 518 : Furtwaengler, l. c. p. 210-211. La collection Mailborongh a ^lè Tcodue en 1875 à 51. Broniilow de Balllesden Parle. Cf. S. Reinacli. dans la Hernie erilique du 7 janvier 1895, p. 13. — 1» S. Murray el Smith, Calalog. n" 929 cl 930. — Il» M. Colliguon, VArchéoloijie grect^ue, p. 211. — 30 s. Murray el Smitli. Calalog. n' 790. — 21 Chabouillcl. Gazelle archéolog. 1885, p. 396. — 22 Cli. Lcoorniaut, dans le Dullelin archéol. de l'Àlheneum français, 1855, p. 58 ; Chabouillcl, Catalogue, a' 159; E. Babe'lon, La ijraiiire en pierres fines, p. 13*.

GEM

plus grand des camées du musée de l'Ermitage (Og. 3olo) est une magnifique sardonyx sur laquelle on a cru long-

Fig. 35io. — Cannée «lu nui^r'- d<.' l'iinnitagc {demi-grandeur.

temps reconnaître les bustes conjugués de Ptolémée II Philadelphe et d'Arsinoé ', mais qui représente en réalité Alexandre Bala, roi de Syrie, et Gléopàtre Thea ^

L'époque ptolémaïque est celle où l'on commença à tailler dans des blocs de pierres fines ces beaux vases aux nuances irisées et translucides qui éblouirent tant les Romains lors des triomphes de LucuUus et de Pompée, et dont quelques spécimens sont aujourd'hui la gloire de nos musées. Le plus beau et le plus riche de ces vases d'agate est le célèbre canlhare dionysiaque du Cabinet des Médailles, vulgairement désigné sous le nom de coupe des Ptolémées ou de Mithridate (fig. 3516) ;

Fig. 3516. — Coupe dite des Ptoléiflïés (demi-grandeur).

le pourtour est ornée d'attributs bachiques curieusement affoiiillés dans la gemme. On a évalué à trente ans l'espace de temps nécessaire à l'exécution de ce vase dont la contemplation nous plonge dans le ravissement et que

* Visconli, Ictmofjr. grucfjlte, pi. X[.vr, 11 ; E. liaiielon, ff. L p. IS.'i; Tn'sor de num., IVum. des rois i/recs, pi. lwxiv. Voyez aussi un remarquable eam^-e de Vieuue, dans J. Arneth, Die antiken Cameen des k. le. Mùnz-und Ântiken Cabinet, in Wien, 1840, pl.v.— 2J. Six, BeGorjone, p. 73 CAmslerdam, 1883). — 'JK.Babelon, le Cab. des Antiq. p. 1 15 à 151 et pi. xi-v. — 4 Edouard Aubert, Le trésor de Sainl-

le moyen âge émerveillé avait transforme en calice^. Le vase dit de Saint-Martin, à l'abbaye de Saint-Maurice d'Agaune, sur lequel est gravée, assez lourdement, une scène représentant Achille àScyros*, la coupe du musée de Xaples, connue sous le nom de Tasse Farnèse, sur laquelle on voit représentée sur la face interne, une scène champêtre se rapportant à l'Egypte % et sur la face externe, une égide avec la tète de Méduse (t. 1", fig. 14.5), sont les deux plus importants des monuments qu'on puisse rapprocher du canthare du Cabinet des Médailles, mais ils paraissent ne remonter qu'au premier siècle de notre ère.

Quatre siècles durant, c'est-à-dire jusqu'aux environs de l'an 130 après J.-C, le goût et la recherche dos beaux camées par le public donna à la glyptique une popularité et un développement qu'elle n'eut jamais à une autre époque. Tout le monde a eu l'occasion de contempler les produits si nombreux de la glyptique gréco-romaine, soit dans les galeries du Cabinet des Médailles, à la Bibliothèque nationale, soit au Cabinet impérial de Vienne, les deux plus riches collections qui existent, soit enfin à Naples, à Florence, à Londres, à Saint-Pétersbourg, à Dresde, à Berlin, ou dans quelques collections privées : le nombre et l'infinie variété des sujets mythologiques traités par les artistes nous dispense de citer des exemples. Les camées iconographiques, d'autre part, nous offrent la série presque sans lacune des portraits des empereurs et des membres de la famille impériale durant les deux premiers siècles. Le portrait d'Octavie, sur un camée de la collection de M. le baron Roger de

Fig. 3517. — CanK''e repr(3seutant Octavie.

Sivry ", est célèbre et peut-être le chef-d'œuvre du genre (fig. 3517. Voy. aussi t. 1, les figures 1855, 1858, 1860). Au Cabinet des Médailles, le Grand Camée de France, improprement appelé Apothéose d'Auguste, et qui

.}/aurice dWifaunc, pi. \vi à xmu. — ■' lî. (Juaranla, ^(£5. Bovboniai^ t. XII, 47; Fr. Leuormanl et Kobiou, Cfiefs-d'teuvre de l'art antique, 1" si^r. t. II, pi. xxx-xxxi et p. 2i; G. I.afaye, Hist. du culte des dirinit'^s d'Alexandrie, p. 316; lî. Miintz, Hist. de l'art pendant la Itenaissanee, t. 1, p. 696; E. Babelon, La yramre en pierres fines, p. 140-141. — G Gaz. arch. 1875, pi. 31 ; Duruy, Uisl. des liom. III, p. 505.

GEM

GEM

représente en réalité l'apothéose de Germanicus, est le plus grand des camées qui existent; il mesure 30 centimètres de haut sur2G de large ; il dut être exécuté après l'an 19 probablement quand Agrippine ramena en Italie les cendres de son mari' (fig. 3ol8j.

La galerie impériale de Vienne est plus riche encore que le Cabinet des Médailles en gemmes iconngraphi(|ues do la première importance artistique et historique ^.

L'un de ces camées, de proportions grandioses, est sculpté sur ses deux faces :

d'une part, le buste d'Auguste en haut relief, et, de l'autre, un aigle, les ailes éployées, tenant dans ses serres une couronne et une palme. Le Grand Camée de Vienne qu'on désigne sous le nom de Gloire d'Auguste est de dimensions un peu moindres que le Grand Camée de France, mais il lui est supérieur parla conservation et par l'idéale perfection de la gravure : si ce n'est le plus grand, c'est le plus beau des camées'. Comme les camées, les intailles de cette période peuvent se répartir en trois groupes essentiels : la série iconographique, la série mythologique, et enfin les sujets de genre, scènes de la vie privée, édifices, animaux, plantes, etc. La suite des portraits en intaille est fort nombreuse, mais, ii de rares exceptions près, on ne peut guère identifier que les effigies des membres de la famille impériale. Celui-ci (fig. 3519), qui représente le buste d'Antonia, femme de Drusus l'Ancien, avec les attributs de Cérès, et une belle améthyste du cabinet des médailles, qui a fait jadis partie des collections du pape l'aul H'. Les types mylho-

1 E. lîubeion. îe Cab. des a»t. p. 1 à 6 et pi. i; J. Bornoutli, linm. Icimùgraphie , iï* part. pi. XXX et p. 275. — 2 J. Arnelh, Op. cit. — 3 Voyez, surtout F. de Mi-Iy, Le grand cttmt^e df V/ejuie (Toulouse, Soc. arclt. du midi de la France), 1894. — ^Clialiouillet, Ccital. 1000 ; 0. Jahn. Berichte d. Sûchs. GcsetUch. 1861, pi. ix, 5 : E. Babcloii. La gravure eit pierres fines, p. 2il . — ï> I« au \ ou .Millier, Uandb. derkf. Allertums

Fig. 3518. — Le Grand Camée de France (grandeur réelle ; haut. 30 oenl. ; larg. 20 cent.).

Fig. 35r9. — Autonia (intaille).

logiques sont loin d'offrir l'intérêt des pierres gravées grecques et étrusques; les aimables légendes qui mettent en scène les dieux et les héros des temps fabuleux paraissent surannées aux graveurs sceptiques du premier

siècle de notre ère. On se borne à graver les images des dieux de l'Olympe, et des divinités allégoriques comme la Victoire ou la Fortune, les Muses, des Satyres et des sujets amoureux ou bachiques. Quant aux sujets de genre, ils sont extrêmement nombreux : athlètes, cavaliers, gladiateurs, masques comiques ou tragiques, chasseurs , artisans (fig. 3520), animaux de toute espèce. L'exécution de ces gemmes est très inégale : il est de petits chefsd'œuvre, mais il est aussi des cachets grossiers , évidemment gravés pour le vulgaire '.

Durant la période romaine comme dans les siècles antérieurs, il est rare de rencontrer des signatures sur les pierres gravées. On connaît pourtant les artistes suivants :

Dioscoride^. Le nom de Dioscoride est célébré par Pline et par Suétone ", comme celui d'un graveur contemporain d'Auguste, dont les œuvres pouvaient soutenir la comparaison avec celles de Pyrgolèle. Son chef-d'œuvre fut, parait-il , un portrait d'.\uguste : mais ce portrait ne nous est pas parvenu, ou plutôt, parmi les gemmes qui reproduisent les traits d'Auguste, aucune n'est signée de son nom. Les seules gemmes qui portent la signature AIOCKOTPIAOT sont les suivantes :

Héraclès domp tau t Cerbère : camée du musée de Berlin ' ;

Wiss., t. VI. p. 7*0 {Archùol. der Kiinst. K. SilU). — 6 H. Bninn. (J. l. l. Il, p. «S et s.; Furtwacngler, O. 1. 18SS, p. 218-224 el 297 à 304. -' Plin. Kal. hisl. .\XXV1I, S; Suct. Aug. 50. — 8 Beger, Tkesaur. Brandenburg. p. 192; Kâhler, Gesamm. Schriflen, I. III. f. 287, n. 23 ; Brunn, O. l. l. II, p. 49t ; Furtnaengler. O. l. 1888, p. 100-110.

Fig. 3520. — Sculpteur liutaille agrandie).

GEM

GEM

Fig. 35-21. — Intaille de Dioscoride.

Fig. 3322.

Inlaille de Dios'

coriHe.

Hermès debout, tenant le caducée; inlaille sur cornaline des anciennes coUeclions 0. Tigrini (IfiSo), Fulvio Orsini et Marlborough, aujourd'hui dans celle de M. Uromilow' ;

Hermès debout, tenant un plateau sur lequel est posée une tête de l)élier: inlaille sur cornaline de l'ancienne collection Carlisle-;

Diomède enlevant lo Palladium ' ; intaille sur cornaline de la coUoclion Devonshire (fig. 3321);

Buste de Démosthùno, de face ; intaille sur améthyste de la collection du prince de Piombino '' : copie de la tête de la statue de Démoslhène attrilniéo à Polyeuktos;

Buste de lo ou d'Artémis Tauropole; intaille sur cornaline de Fancienne collection Poniatowski, dont il existe une copie sur cornaline au musée de Florence''; Tèle de Cicéron âgé ; intaille sur amélhyste du Cabinet des Médailles''' (fig. 3322). Ce beau portrait de vieillard chauve et imberbe a été lour à tour appelé Selon, Phidias, Cicéron et Mécène. M. l'urtwaengler, le comparant à un buste en marbre de Aspley House, à Londres, croit que c'est décidément le portrait de Cicéron dans les dernières années de sa vie''.

Dioscoride eul trois fils qui s'illuslrèrent comme lui dans la glytique, Eutychès, llerophilos et Hyllos.

Solon '. Cet artiste, que l'on ne connaît que par quelques-uns de ses œuvres, était contemporain do Dioscoride, et il a parfois traité les mêmes sujets que ce dernier : Diomède enlevant le palladium ; à l'exergue COACON GnOiei. Signalée eu Italie en l'an 1600, cette gemme est aujourd'hui perdue, mais une reproduction moderne, faite d'après l'antique, est au musée de Berlin.

Buste de Bacchante, avec la signature COACON. Gemme aussi égarée, et qu'on ne connaît que par une pâte de verre du musée de Berlin''.

Portrait de Cicéron, avec la signature COACûNOC. Ce portrait estpareil à celui qui est signé de Dioscoride '". Aspasios^'. Cet artiste a signé une célèbre intaille du musée impérial de Vienne qui reproduit le buste de l'Athéna Parlhénos de Phidias (fig. 3323). Par le souci minutieux du détail, cette copie tardive mais sincère, fournit des éléments essentiels pour

1 Furtwaengler, dans le Jahrbuch. 1888, p. ai8 : S. Reinaeli, dans la lii'vm: arch. 1894, II, p. 292-293. —2 Brunn, Op. cit. p. 492; Furtwaenglor, O. l. 1888. p. 220. — 3 MaricUe, Traité, II, p. Cl; Furtwaengler, (. l. p. 220, pi. viil, 20. — 4 lirunn, p. 488; Furtwaengler, p. 222. — !» La collection Poniatowski a ^t^' vcn(iue .à Londres en 1839; on ignore ce fiu'esl de\cnuo l'Io de Dioscoride, qui en faisait partie. Voir à ce sujet S. Heinacli, dans la Chronique des Arts des 5 et 12 janvier 1895, p. 2 et 11. — C Cliabouillet, Cataloij. n' 2077; B. Babelon, Le Cabinet des Antiques, p. 208 et pi. i.vi, fig. 18. — T Furtwaengler, O. L 1888, p. 130, et 297 et s. J'avais songé à rceonnailre dans ce portrail l'effigie de Phidias (E. Babelon, Le Cah. des Ant., p. 209) ; l'oiùnion qui y voit le portrait de Cicfron, depuis longtemps cxprinn^e {flist. nat. de Pline, èdit. Panekouckc, 1833, t. XX, p. 439) et reprise avec de nouveaux arguments par M. Furtwaengler, me parait ôtre contcsIOe à tort par certains critiques (voyez S. Reinach, dans la lievue critique du 7 janvier 1895, p. 14; et Hernie archi'olog. 1894, II, p. 293 et 291). — 8 II. Brnnn, Op. cit. t. II, p. 417 et suiv. et 524 à 531 ; Furtwaengler, dans le Jahrbuch. 1888, p.- 308-311. — » l-'urtw.aenglcr, O.e. 1888, p. 121123. — 10 S. Kcinach, dans la IXevue urch'oL 1891, II, p. 299. Nous devons

Fig. 3523. — Inlaille d'Aspasios.

la reconstitution du chef-d'œuvre du v" siècle'-'. Un hernies de Dionysos Pogon, au Musée britannique, et un fragment du musée de Florence qui ne comporte plus qu'une poitrine drapée, sont aussi signés d'Aspasios.

Glijcon''. La signature fATKCûN est en creux sur un beau camée du Cabinet des Médailles qui représente la néréide Galéné emportée sur les flots par un monstre marin.

Rufus^''. On lil POT(|)OC enOGI sur un camée du musée de l'Ermitage qui représente une 'Victoire volant et dirigeant un quadrige. Le graveur Rufus a, ici, copié un tableau célèbre de Nicomachos.

Agalhopus^". On lit AFAGOnOTC enOGI, sur une algue marine de Florence qui représente un portrait d'homme inconnu.

Sosos '". La signature de cet artiste a été signalée par Brunn sur une calcédoine du Musée britannique, qui représente une tète de Méduse ailée, do profil ".

Pamphilos". La signature TTAJVKt'IAOT se lil sur la plus belle des intailles de la collection du Cabinet des Médailles : c'est une améthyste qui représente Achille assissur un rocher et jouant de la lyre " (fig. 3324). Le graveur Pamphilos n'est pas autrement connu.

Apnllntjios-". La signature AnOAAnNIOY est sur une améthyste qui représente Artémis chasseresse debout sur un roch(T. En 1383, celle intaille appartenait à Oraz.io Tigrini; elle fit plus lard partie du cahinel de Fulvio Orsini '-', et elle est aujourd'hui au musée de Naples.

Euiychès^^. Un buste d'Athéna, sur cristal de roche, déjà signalé au commencement du xv"^ siècle par Cyriaque d'Ancône, et aujourd'hui au musée de Berlin, est signé : ETTTXHC AIOCKOTPIAOT AirGAIOC En(otsO- Nous apprenons par là qu'Eutycliès était fils de Dioscoride et originaire d'Aegae en Cilicie, patrie problahh^ de Dioscoride lui-même.

Horophilos-'. Un camée du musée de Vienne, représentant la tète de Tibère, est signé : HP0<1)IA0C AIOCKOTP(t3ou).

Jlyllùs^''. Les œuvres du troisième fils de Dioscoride f[ui nous sont parvenues sont les suivantes :

Camée du musée de Berlin, représentant h^ buste d'un jeune satyre de profil; la signature est : YAAOC AIOC-

KorpiAOY enoiei.

mentionner ici la fameuse Miîdusc Stroï.zi qui porte la signature EOAQNOC. gravf'-e au temps do la Renaissance. S. Mnrray et Smilli, Calalog. p. 148, n" 12rj6.

— 11 11. Brunn, O. l. I. Il, p. LSI, 402, 473 i 477; Furtw,aengler, O. l. 40-49.

— 12 M. Collignon, Phidias, p. 31 ; Id. Hist. de la sculpt. qr., t. I, p. 542.

— 13 II. Brunn. Op.eit. I. II, p. G12; Furt» aengler, O. c. 1889, p. 72; Cbaliouillcl, Calai, n" 8(1 ; Id. Gazelle arch. 1885, p. 139 et s. — ''• IL Brunn, Op. cil. p. 031 ; Furtwaengler, 1889, p. 00-02. — "• 11. Brunn, /. /. 11, p. 470; Furtwaengler, O, /, isso, p. 211. — 10 Brunn, Op. cil. t. II, p. 583 ; Furtwaengler, O. l. 188», p. 21 1.

— n Voyez YArchaeol. Anzeiger do 1891, p. 136. — 18 Furtwaengler, O. l. 1888, p. 321-322; cf. S. Murray et Smith, Calalog. p. 223, n" 2305 et 2300. — 1» Cliabouillet. Calalog. n« 181.'!; :E. Babelon, Le Cab. des Antiques, p. 203 et pi. i.vi, fig. 13.

— 20 Brunn, Op. cit. t. II, p. 472; Furtwaengler, L. c. p. 320-321. — 21 S. Keinach, dans la Itevue archéolog. 1894, II, p. 291. — 22 Brunn, Op. cit. t. Il, p. 499- 503 ; Furtwaengler, /... c. p. 304-303. — 23 Brunn, Op. cit. t. II. p.305-507; Furtwaengler, p. 303-30C. — 21 Stefihani, dans kiihler, Cesamm. Schriflen, l. III, p. 310 ; IL Brunn, Gesch. der griech. Knnsller, t. 11. p. 507 à 513; Furtwaengler, /,. c. 11. 1 101 13.

Fig. 3521. — Inlaille de Paniphitos.

(Haut. 17 mill. ; larg. 1 '» mill.)

GEM

GEM

Fis. 3Si

Iiilaillc J'IIjUos.

Thésée debout,s'appuyanl sur sa massue; dans le champ, TAAOT. Sardonyx à six couches du musée de lierlin '.

Buste d'Apollon de prolil ; devant le cou, YAAOT. Cornaline du musée de l'Ermitage.

Tête barbue d'un barbare; sous le cou, TAAOY. Cornaline du musée de Florence.

Taureau dionysia(|ue, sur un Ihyrse, et grattant le sol de ses pieds de devant. An- dessus, dans le champ, TAAOT (signature d'une authenticité très douteuse). Calcédoine du Cabinet dos Médailles - (fig. 3.^25).

Ale.vas^. La seule gemme signée de ce nom est un fragment de camée du Musée britannique, qui représente un hippocampe .'irmé d'un aviron ; le mol AAEIA est en relief.

Aulus, fils d'Alr.Tfix''. Le nom d'Aulus, tju'on a parfois confondu avec celui de Hylliis, se rencontre sur de nombreuses gemmes, parmi lesquelles les suivantes seules sont regardées comme authentiques :

Deux pâtes de verre antiques, exécutées d'après un camée (pti représentait Poséidon et Amymone ; la signature est ATAOC AAEIA enOIGL Musée de lierlin et British Muséum.

firos clouant un papillon à un tronc d'arbre, au-dessous, ATAOZ. Hyacinthe (|ui faisait partie jadis de la collection de Fulvio Orsini.

Éros, les pieds enchaînés, condamné au travail comme un esclave, et pleurant appuyé sur sa houe. A l'exergue ATAOC. Camée de la collection du baron de Gleichen, publié au siècle dernier par Bracci ■' et égaré aujourd'hui (cf. t. 1, p. l'<>28, lig. 1883).

Aphrodite assise sur un rocher et jouant avec firos ; à l'exergue, ATAOC. Cornaline du Musée britannique".

Personnage dans un quadrige au galop ; la signature est au génitif, ATAOT. Pâtede verre, du musée'de Berlin '.

Cavalier armé de la lance et du bouclier ; à l'exergue, ATAOT. Sardonyx du musée de Florence.

Buste d'Artémis, signé ATAOT. Hyacinthe de l'ancienne collection Ludovisi.

Sur une cornaline du musée de Berlin, on voit un coq et une poule, avec la signature fragmentée ...AOT, qui est peut-être le nom d'Aulos ou celui de Hyllos*.

Quinlus, fils d'Alcxas^. Un fragment d'un camée sur sardonyx, du musée de Florence, sur lequel on voit seulement les jambes d'un personnage, est signé KOINTOC

AAEIA enoiei.

Pob/clclr '». On lit nOATKAGlTOT, sur une cornaline déjà célèbre avant 1 130 et qui était au siècle dernier, dans la collection Andreini, à Florence ; le sujet représente l'enlèvement du Palladium, comme la gemme de Dioscoride que Polyclète parait avoir copiée.

• Furlwacngler, /. c. ii. 12'J-I3I. — i Cliahouillct, Calai, n' 1037; E. Babcloii. Le Cabinet des Aiitii/ues, p. 103 et pi. \\\m, (ig. i. — 3 H. Brumi, Op. cil. t. li, p. 513; Furtwaengler, p. 137; S. Miirray cl Smilli, Calaloji. p. 96, n" 629.

— * U. ISrunn, 0. c. t. II, p. 516 à 550; FiirUvacngler, O. c. I5S9. p. 51 à 56.

— 5 Hracci, Memorie <ÎCffU nntichi iticisori, 17S0, l. 1, p. 18i. — 1 S. Murray cl SniiUi, 0. c. p. 95, n' 616. — 7 Furtwaengler, 1. 1. 18S8. p. 131-132. — 8 Furtwaengler, L. c. p. 133. Voyez des gemmes avec la signature d'Aulus, g<^n«^raleniont oOTisidiSrée comme moderne, d.ans S. Murray et Smith, Calai, n" 1130, 1310 cl 2i97. — il Furlw.ienglcr, /. /. 1S39, p. 50. — 10 II. lînnni, Op. cil. t. Il, p. 578; Furtwaengler. O. c. ISKS, p. 311; S. Rcinach, dans les Comptes rcmliis de l'Académie des luscr. séance du 11 di'ccndire 1891 et /tevue archtUU. 1891, II, p. 297 à iW. — H H. lîrunn, Op. cil. t. II, p. 197 à 499 ; Furtwaengler, /,. c. p. 319.

— 12 s. Murray cl Smith. O. c. inlrod. p. 37 et n" 1589; nernoulli, Rùmisclie Iconographie, t. II, pl. xxvi, p. lia, 177 ; S, Reinaeli, dans la Jlecuc archéol.

Fig. 35î«.

Inlaille

d'Epitynchanos.

Epiti/nchanns^'. Nous connaissons trois œuvres qui portent le nom de cet artiste :

Un camée du British .Muséum, portant le portrait de Germanicus; il est signé CniTTrKA ''•

Une intaille sur améthyste de la collection de Luynes, au Cabinet des Mi';dailles ; elle représente le buste d'un jeune satyre; dans le champ, GniTTrKA- NOT'MfiB--"^-^20).

Bellérophon monté sur Pégase. Cornaline du Cabinet des Médailles ; la signature est seulement GOL

Une inscription du colutnlianuni de IJvie mentionne un aurifnx du nom d'fipitynchanus : il s'agit peut-être du graveur en pierres fines ".

Ar/alli(iiif/r'li)s. Une intaille sur cornaline du musée de Berlin, repri'sentanl la tète de Sextus Pompée, est signée AFAGANreAOZ '"'•

A;jnlliiij)iis "'. Une aigiie marine du musée de Florence porte en intaille le portrait de Cnaeus Pompée, avec la signature AFAGOnOTC GnOIGI.

Fi-H.v'\ Une intaille de l'ancienne collet-tion Marlborough qui représente lilysse et Diomède enlevant le Palladium, est signée <j)HAII GFIOIGL Hans le champ, le nom du possesseur de la gemme : KAATTOTPNIOT CEOTHPOT.

Gnaios ''. La signature TNAIOC accompagne la tête d'Héraclès, en intaille, sur une aiguë marine du British Muséum qui a appartenu à Fulvio Orsini ". Deux autres gemmes, l'une au musée de Berlin représentantl'enlèvementdu Palladium, l'autre dansl'anciennecollectionMarlliorough, représentant unathlète, sont signées fNAIOT. Ce graveur paraît s'être inspiré d'œuvres de Polyclète.

Saiurnimis'". Sur un camée du musée de Berlin qui représente peut-être Antonia, femme de Drusus, on lit en creux la signature CATOPNEINOT.

Teucros'". Héraclès assis, attirant à lui une nymphe; intaille sur améthyste, du musée de Florence, signée TETKPOT.

Anleros. La signature ANJePCûTOC se lit sur une aigue-marine de la collection Devonshire, qui représente Héraclès jeune portant le taureau crétois. Un fragment dé camée du Bristish Muséum porte aussi la signature

ANïLepnc'?] enioiei'?]".

Philcmon -^ Une intaille du musée de Vienne, représente Thésée devant la porte du labyrinthe où il vient de luer le Minolaure ; dans le champ, la signature <t)|AHMONOC:

Scylax -\ Ce nom d'artiste a été relevé sur deux gemmes : un camée de la collection de M. le baron Roger de Sivry qui représente Hercule Musagèle ; à l'exergue, CKTAACOC; une intaillo représentant un jeune satyre dansant: à l'exergue, CKTAAI.

1891, II. p. 295-296. — 13 E. Babelou, Le Cab. des .inlii]uei. p. 16. el pl. t. fig. 9.

— H Gori, Monumenhtm sive columbarium libertorum tt servorum Liviae. p. 151, n» 113. — IJ H. Brunn, Op. cil. t. II, p. 539 à 313; Furtwaengler. L. c. p. 123 à 129 et 317. — 16 II. Brunn. Op. cil. I. II, p. 470 i 472 ; Furtwaengler, L. c. 1888, p. 115-116 el 21 1-212; cf. S. Murray et Smith, O. c. p. 173, n» 1352. — 17 H. Brunn, Op. cil. l. Il, p. 503-304; Furtw.aengler. L. c. 1888, p. 312-314 ; Miinjuardl. La vie privée des Romains, I. II. p. 367. — '8 H. Bnnin, Op. cil. I. II, p. 560 .i 566; Furtwaengler, L. e. p. 314-317; S. Rcinach, Ret: arch. 1894. II. p. 292. Cf. une signature de Gnaios dont rauthcnticité est contcstt^e, dans S. Murray el Smith. O. c. p. 151, n» IÎ8I. — I» H. Hninn. Op. cit. l. II, p. 578-579; Furtwaengler. L. c. p. 318. — 2« II. Brunn, Op. cit. I. II, p. .531-533; Furtwaengler. L. c. p. 323.

— 21 H. Brunn, Op. cil. t. II, p. 545-546; Furtwaengler, L. c. p. 323; S. Murray. Ilandliook of greek Archaeology, p. 170. — 22 H. Bniuii, Op. cit. l. II. p. .576; Furtwaengler, /,. c. p. 3i-4-325. — 23 Furt n aenglcr, O. c. p. 49-oO.

GEM

Leiikios. La signature AGTKIOY, sur une cornaline publiée jadis par Stosch ', parait authentique à divers critiques; le sujet est Nikè ailée dans un bige au galop. Gaios-. Sur un grenat syrian de l'ancienne collection Marlborough, on lit TAIOC GnOIGI, gravé sur le collier du chien Sirius.

A'oî/ios\ Le nom KOINOT se trouve sur une petite améthyste, jadis dans la collection Ficoroni, qui représente un chasseur debout appuyé sur un cippe ; son chien est à ses pieds. Ce type rappelle la statue célèbre sous le nom de Narcisse.

Mijcon''. Un portrait d'homme, que les uns ont appelé Aristote, d'autres Caligula, et qui se trouvait jadis dans la collection de Fulvio Orsini, est signe MTKflNOC.

Sostratos^. La signature CHCTPATOT, se lit sur un camée du musée de Naples qui a pour type une femme ailée, Eos ou Nikè.

Diodolos. La signature AIOAOTOT, peut-être antique, se lit sur un camée de la collection de M. Pauvert de La Chapelle, qui représente une tête de Méduse*^.

Tryjihon'' . Une épigramme de l'Anthologie mentionne un lithoglyphe de ce nom, qui avait gravé sur béryl l'imago de la néréide Galéné. On lit TPY<j)nN GFFOIGI sur un camée do l'ancienne collection Marlborough qui représente Éros et Psyché.

Evodos^. C'est l'artiste qui grava sur une grande et belle aiguo-marine du Cabinet des Médailles, le portrait célèbre de Julie, fille de Titus.

La signature est dans le champ, GYOAOC GnOIGI (hg. 3527).

Dès le commencement du second siècle do notre ère, on ne rencontre plus aucun nom d'artiste sur les gemmes. Dans la liste que nous avons dressée, des œuvres signées depuis le vil" siècle jusqu'à Évodos, nous avons pris à tâche do ne citer que des signatures authentiques ou qui peuvent passer pour telles. Mais on rencontre dans toutes les collections publiques ou privées un grand nombre do gemmes qui portent des signatures d'artistes de l'antiquité, gravées par des faussaires modernes. C'est souvent une difficulté grande de juger de l'authenticité d'une signature sur une pierre gravée, et depuis près d'un siècle cette question n'a cessé de préoccuper de nombreux savants: nous ne pouvions entrer ici dans l'examen et la critique des opinions multiples qui ont été formulées ^

11 parait que les Cyrénéens étaient d'habiles graveurs de gemmes'", mais aucun des noms d'artistes que nous connaissons n'est dit d'origine cyrénéenne. A partir du II" siècle, on grave à profusion des gemmes médiocres et sans intérêt, qu'on trouve dans toutes les nécropoles

' Ui; .Slosch, Pierres (/raoéex, pi. il. — 2 ||. ISruim, Op. cil. l. Il, p. 558-500; l'urlwaenglcr, O.c. 1889, p. 67. — JH, Brunn, Op. ci(. t. Il, p. 513-510; Furlwacnglor, L. c. 1880, p. 51. — 4H. lirunn, Op. c:/. t. Il, p. 510-517; [•■urUvaciiglcr, O. c. 1888, p. 317-.118; s. Itcinacli, d.ins la Jtevue archioi. 1891. Il, p. 290. — s H. Brunn, Op. cit. t. II, p. 584-589 ; Furlwacnglor, L. c. p. 02-03. r, Furiwapngicr, L. c. p. 63.

— 7 II. lirnnn, (Ip. cit. L II, p. 458, 409 et 035 ; Fuilwacngler, i. c. p. 38-69.

— * II. lirunn, Op. cil. l. Il, p. 448 cl 499 ; Furl«acnglcr, /. c. 1888, p. 319-320 ; U. Babelon, Cali. ,les Anlir/ues, p. 104 à 106 cl pi. xxxiii, fig. 3.-9 Voyez surloul, sur raulhenlicilii ilcs gemmes et des signatures d'arlistes, Clarac, Catalogue des

Fig. 3527

— Julie, fille de Titus par Evodos.

352s. — 1,1's dninilL^ du Capitule (intaille agrandie).

du monde romain. Ce sont, sauf de bien rares exceptions, de petits ouvrages d'artisans dont la pauvreté technique n'est égalée que par la banalité du sujet. Quoi de plus lourd que ces grands masques de Méduse en calcédoine, taillés en camées, qui servaient de décorations militaires? Les côtés en sont percés de trous de suspension, et des statues ou des bas-reliefs nous montrent des légionnaires la poitrine constellée de ces grossières phalères [pualerae] ". Quant aux intailles, leur nombre incalculable, leur infinie variété n'augmente guère la curiosité qu'elles nous peuvent inspirer. Parmi les plus intéressantes, nous citerons une gemme do l'ancienne collection du baron J. de Witto '-, qui représente les trois divinités du Capitole, accostées du Soleil et do la Lune et entourées des figures allégoriques de sept jours de la semaine (fig. 3328^; une autre gemme du cabinet des médailles ou l'on voit un éléphant de guerre surmonté d'une tour et étouffant un soldat avec sa trompe rEr,EPU.\s, fig. 2G24]. A peine, dans cette période, rencontre-t-on quelques portraits. En général, ce sont des têtes de divinités ou de personnages passés dans la légende populaire, comme la tète de Socrate (fig. 3329)'^ ou celle d'Alexandre, des dieux debout ou assis, dos figures allégoriques, toiles que la Fortune, l'Abondance, la Paix, la Victoire, Hygie et les types banaux des monnaies romaines à partir du m'' siècle. Citons aussi la Louve allaitant les jumeaux, Mithra égorgeant le taureau, Atys, Mên ou Lunus, le capricorne, le caducée, les mains jointes, la corne d'abondance et des animaux de toute espèce ; au règne végétal on emprunte les épis, les grappes de raisins, les pavots. Assez souvent, ces types, dépourvus de tout intérêt archéologique ou artistique, sont accompagnés d'une inscription : c'est le nom du possesseur du cachet, gravé, la plupart du temps, d'une autre main, lourdement, après l'acquisition du cachet chez le g'ejnwmrius; c'est aussi, parfois, une formule banale, telle qu'un vœu de bonheur pour le porteur de l'anneau, une invocation pieuse, plus rarement le nom delà divinité représentée.

Il est deux classes de gemmes qui, déjà en usage dans les temps antérieurs, deviennent la mode courante au m'' siècle : ce sont les gryllcs et les abraxas.

Un peintre contemporain d'Apelle, Antiphilos, l'Egyptien, avait fait la caricature d'un certain personnage nommé Gryllos, etcette œuvre satirique eut un tel succès que le nom de grylli fut appliqué dans la suite à toutes

artistes île l'antiquité (1849), p. 314 cl s. ; Raoul Horliclle, Lettre à M. Scliorn. Supplément au Catalogue des artistes de l'antiquité fjreeque et romaine {id. de 1815); II. K. K. Koehlcr, Gesumm. Schriflen [M. de L. Stepliani, 18.;t). t. III. p. I et s.; II. Brunn, t. Il, p. 443 cl suiv. ; Clialinuillet, Etudes sur quelques camées du Cabinet des Médailles, extrait de la Gazelle archéologique do 1885 cl 1880 ; Furtwaengler, dans le Jalirbuch des le. deulsch. arch. Instituts, 1888 et 1889; E. Babclou, I.a gravure en pierres fines, p. 12Î et s., 247, 203, 293 et s. — 10 Aelian. Yar. hisl. XII, 30. — •' A. de I.ongpurier, ^iic. t. Il, p. 193 et s. et 246 et s. — '2 Duruy, Hist.des Uom. VII, p. 387. — 13 Cabincl des Médailles, Catalogue, n' S038 : Duruy, O. c. Il, p. 202.

GEM

GEM

Fig. 3o30. — Grjlle.

les peintures comiques et aux caricatures'. C'est par assimilation avec ces images dont l'ninpci nous a fourni de nombreux exemples, que les critiques modernes ont donné le nom de grylles aux intailles sur lesquelles est figuré un sujet grotesque ou baroque, tel qu'un assemblage monstrueux de tètes ou de membres qui appartiennent à des êtres difTérents, des corps d'hommes bizarrement soudés à des membres d'oiseaux ou de quadrupèdes (fig. 3330). Cette classe de gemmes est fort nombreuse dans les collections et elle a dû être très populaire chez les amateurs de bagues et de cachets -.

Les- pierres gnostiques ou abraxas se rattachent directement aux gemmes talismaniques qui étaient si répandues dans les civilisations de l'antique Orient, particulièrement en Egypte (Voyez aux mots abraxas et amulktum). Pline '■' nous apprend que nombre de ses contemporains portaient comme amulettes des gemmes sur lesquelles étaient gravés des symboles et des légendes mystérieuses, des images astronomiques dont les vertus thérapeutiques étaient réputées souveraines. Les formules qu'on lit sur ces gemmes sont, la plupart du temps, inintelligibles pour nous, et les symboles qui les accompagnent ne sont pas plus explicables; En les analysant, on y retrouve des éléments empruntés aux anciennes mythologies chaldéenne et surtout égyptienne, au culte de Sérapis d'Esculape [Voy. draco, p. 412], d'Isis, d'Harpocrate, de Mithra, aux livres de Zoroastre, à la Bible, et aux écrits cabbalistes; on y trouve enfin des traces des légendes fantastiques imaginées sur l'expédition d'Alexandre dans le bassin de l'indus, pays habité, disaient ces récits, par les Cynocéphales, les Acéphales, les Imantopodes, les Énotocètcs, les Astomes, les Arrhines, les Monopthalmes, les Macroscèles, les Opistodactyles. Les gemmes gnostiques nous font passer

Fig. 3531. — Amulelle

l ig. 3.j32. — Gemme giiostique.

sous les yeux un beau choix do ces monstres. On y retrouve aussi la trace des cultes singuliers que l'Orient

1 l'Iiii. Nal. hist. .\XXV, 37 ; f'aul (■iraril, /.a peinture antique, p. 2i6. — 2 Le Cabinet vies Médailles et le Itritisli Muséum possi^Jcnt li'imporlantes collections (le iin/Ui. Cliabouillet, Cataliitj. p. 270, n" ill3 il 2161. La lig. 3530 reproduit le n» 2U8; S. Murray et Sniilli, Catnlog. p. 206 et s. — a Plin. Nal. hist. XXX, 1 et XXXVll, /*(!.¥*. ; cf. l'article amui.ktim, — ^ La lig. 3ii3î reproduit UD jaspe n'ccmmeut eiilri^ au Cabinet des Mi-dailles. Les recueil%jes plus importants de gemmes gnostiques sont les suivants : Moniraucou, L'aiilii/uilé ejcpliquée, les Ah'axiis, i. II, i" pari.; J. Matler, //isloire critique du giiosticisme, vol. suppk^m. ; Cbabouillet, Catalogue ijênth'al îles camées, etc. de la Bibliothèque impériale, |i. 282 et s. ; Collection de M. de Moutiijny, Pierres gravées iSST, p. H et s. ;

vit éclore et disparaître sous l'empire romain, tels, par exemple, que le culte du serpent Glycon, que le devin Alexandre avait réussi à implanter à Abonotichos, en Faphlagonie; le serpent Chnouphis, la tète entourée de sept rayons symbolisant les sept planètes ; lao, Sabaolh, Adonaï, laldabaoth, Oraios, Astaphaios ; des génies inférieurs tels que Ananael, Ouriel, Gabriel, Raphaël, Mikael, Isagael. Les types les plus fréquents sont les signes du zodiaque, les planètes et les constellations sidérales, ainsi que les animaux qui jouaient un rôle dans la magie et les opérations théurgiques, les crocodiles, les serpents, les tortues, les scarabées, les scorpions" (fig. 3532).

Pour faire ressortir l'efficacité talismanique de toutes ces gemmes, il circulait des traités d'astrologie minérale, des lapidaires, des livres de magie, des recettes empiri(}ues de sorciers et d'apothicaires qu'on attribuait à Pythagore, à Platon, à Aristote, à Plularquo et aux écrivains ou philosophes les plus en vogue. Le Traité des fjruves attribué à Plutarque nous fait connaître les vertus magiques des gemmes qu'on recueille dans différents fleuves ^ Les Cyranides de l'Hermès Trismégiste, rédigées vers le milieu du W siècle, nous donnent les formules nécessaires pour obtenir la guérison de toutes les maladies, à l'aide de diverses espèces de poissons gravés sur les gemmes '"'. Comme remède contre l'ivresse, on se sert d'une améthyste sur laquelle est gravé un sujet dionysiaque '. Un aigle ou un scarabée, intaillés sur une émeraude, protègent de la grêle et des sauterelles, si en les portant on récite une prière spéciale. Alexandre de Tralles, au vi" siècle de notre ère, enseigne que les gemmes sur lesquelles est gravé Hercule étouffant le lion de Némée, sont un préservatif efficace contre la colique ; celles sur lesquelles est gravé Persée tenant la tète de la Méduse et la harpe, préservent de la foudre et des infortunes". Inutile de multiplier les exemples de ces croyances puériles ou ridicules entretenues par toute une littérature populaire et tout un monde de magiciens et deChaldéens qui ont prolongé leur influence à travers tout le moyen âge. Les sujets et emblèmes divers gravés sur les gemmes qui servent à de pareilles pratiques, sont d'une barbarie qui trahit un public rebelle à l'émotion et à la jouissance que produit la contemplation des formes plastiques idéales amlletu.m'.

Le siècle de Constantin se signale par une sorte de renaissance de la glyptique, inspirée peut-être par les idées chrétiennes. Les camées de cette époque sont nombreux, et d'aucuns atteignent des dimensions qui rappellent leurs aînés du temps d'Auguste. Le style luimême, bien qu'empreint de rudesse, et reflétant les caractères de l'art du iV siècle, est encore agréable. Nous y retrouvons enfin des bustes d'onyx en ronde bosse, et le plus intéressant que nous puissions citer, à titre de spécimen, est un buste impérial du Cabinet des Médailles dans lequel on reconnaît le portrait de Constantin ou

\o\ez aussi G. Scliluiubergcr, Amulettes bgzantiiis anciens, dans la Bévue des éludes grecques, l. V, 1892. p. 73 à 93. — 3 F. de Mdly, dans U Rerue des études grecques, t. V, 1892, p. 327 à 332. — 6 F. de M^lj. Le poisson dans les pierres gravées, dans la Herue archéol. 3« siSr. t. XII, 1388. p. 319. — ' Vojei dcui ^pigrammcs do V Anthologie grecque, n" T48 et 752. — ' .\lei. Trall. De medieam. lib. X, I, p. 593 de l'édil. de B.Ue. 1556 ; cf. Marc. Empiricus, De medicam. cil. vin, X, XII cl XIV, éd. Helmreich, p. 89. 110, 122 et 133. Sur ces croyances et leur persistance Iradilionnolle, voyei Ed. Le lilanl. dans la Rerue archéol. 3» sér. t. 1, 1883, I, p. 306 et Xote sur quelques formules cabalistiques. Ib. 3' scr. l. XIX. 1892, I, p. 55; G. Schimnbergcr, liecue des éludes grecques, l. V. 1892, p. 85 cl s.

GEM

peut-être de Valeatien 111' (lig.3o33). Un des plus beaux camées de celle époque est celui du Caliinct des Médailles

Fig. 3533. — Busle d'onyx en ronde bosse (demi-grandeur).

qui représente le triomphe de Licinius, dans un char dirigé par deux"Vicloires et accosté du Soleil et de la Lune personnifiés : ce camée est une des dernières œuvres de

glyptique qu'aient inspirées les idées païennes'.

Clément d'Alexandrie et d'autres Pères de l'Église exhortent les chrétiens à faire graver sur leurs cachets des symboles de la loi nouvelle ^ Aussi, les sujets chrétiens commencent au iV siècle à devenir nombreux ; ce sont le bon Pasteur (fig. 3o3i)'% l'agneau, l'ancre, le poisson, la" colombe tenant un rameau, le mot IX0YC, l'arche de Noé, la liarquc do saint Pierre, le monogramme du Christ " (fig. 3533)''. C'était là un bien pauvre répertoire; la glyptique participait d'ailleurs à la décadence générale. Si l'on descend un siècle seulement après Constantin, on constate que la renaissance constanlinienne n'a été qu'un relèvement momentané ; au vi° siècle, la barbarie de l'exérution, la pauvreté des sujets sont telles qu'on peut les attendre d'une époque où l'art tout entier se débat dans les dernières convulsions d'une lento agonie ''.

Les Byzantins seuls continuèrent à s'adonner avec succès à la glyptique et ils perpétuèrent jusqu'en plein

ï E. Ruhclon, Le Cnh. dea Antiques, p. ll'i ù I2ii cl [it. xxxvii. — 2 Chabouillct, dans la Hcvue archèol. t. IX (1853), p. 76i. Vojc/. aussi Iwan von Millier, Handèuch der klass. AUertumsivi^seiischaft, t. VI, p. l'J2 {ArckUoL der Kunst von K. Sitll). — -1 Paedaff. 111, il ; Mariette, Traitv des pierres gravées, t. I, p. :i6. — ^ l)u Cabinet des Médailles. Cliabouillet, Cala!, n. 2100. — = La pierre (fig. 3535) qui réunit ces symboles a été publiée par Uarrucci, Civiltâ cattolica, 1857, et

moyen âge les traditions de cet art. Une dizaine de camées byzantins, au Cabinet des Médailles, sont pour

Fig. 3534. — Le Bon Pasteur (gemme agrandie).

nous comme le trait d'union qui rattache le moyen âge à l'antiquité *. Par la technique, ils sont le prolongement de la glyptique du siècle de Constantin; par leurs sujets chrétiens et l'agencement des figures, ils se rattachent aux conceptions iconologiques du moyen âge.

Parallèlement à la glyptique romaine et byzantine, l'Orient voyait se développer une autre branche du même art qui, par certains côtés, se rattache étroitement à l'art classique : c'est la glyptique des Arsacides et des Sassanides. Les Arsacides qui se réclamaient des Grecs par leurs traditions dynastiques, s'efforcèrent de donner à leur art comme une teinture d'hellénisme. Leurs gemmes gravées ont ce caractère et il suffit de citer comme exemple un portrait sur grenat de la reine Musa, femme de Phraate IV, le contemporain d'Auguste', ou les intailles assez nombreuses qui représentent soit d'autres princes Arsacides, soit des dynastes qui ont régné dans diverses régions de la haute Asie. Le style grec, ainsi imprégné d'éléments asiatiques, marque son empreinte jusque dans l'Inde, sur des gemmes qui portent des légendes indo-bactriennes '". Mais avec le temps, l'influence de l'hellénisme s'amoindrit et tend à s'effacer : la glyptique des Sassanides est moins grecque et plus asiatique que celle des Arsacides. Elle puise à une autre source d'inspiration et procède d'idées nouvelles : les types divins qu'elle enfante, de même que la numismatique, sont inspirés non plus de l'CJlympe hellénique, mais del'Avesta : c'est Ormuzd, lepyrée, le taureau Nandi. La conception des formes, l'exécution technicjue rappellent les Perses Achéménides, pourtant si lointains, plutôt que les Arsacides auxquels les Sassanides se sont dirccteinenl substitués. Du m'" au v° siècle, la glyptique sassanide est à son apogée et elle peut mettre en ligne, pour cette période, des camées et des intailles plus beaux que ceux que produisaient alors Rome et Constantinople. Deux camées sassanides du Cabinet des Médailles sont les chefs-d'œuvre de cet art oriental : l'un représente un prince Sassanide domptant le taureau Nandi; l'autre a un intérêt historique exceptionnel : il représente le roi Saporl" faisant prisonnier sur le champ de bataille l'empereur romain Valérien ". L'art oriental n'a rien produit

Duruj, /Jist. des llom. V, p. 7S7. — 6 0. W. King, Antique ijems and rings, t. 1, p. 30t et suiv. — " Chabouillcl, Cntdl. p. 281 ; E. Babelon, La gravure en pierres fines, p. 183-181. — « Chaliouillel, Catal. p. «, n»- 258 et suiv. — 'J Cliabouillet, Catat. n' 1384 ; li. Habclon, La grau, en pierres fines, p. Iti3, fig. Uli. — m E. Senart, dans le Journal asialirjuc. 8" sér. t. Xlll (1889), p. 371. — " E. Babelon, dans les Monuments l'iol, 1" fasc. 1894, p. 8a et s.

GEM

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do plus achevé que ces grands et beaux camées qui nous l'ont comprendre l'enthousiasme des Uomains et des Hy/.antins pour les produits de la glypticiuo et de l'orfèvrerie gemmée des Arsacides et des Sassanides. Mais dès le v" siècle, la glyptique sassanide est en d('cadence, comme le prouvent les nombreuses intaillcs qui reproduisent, en l'altérant sans cesse, Teffigio de Saper I", et la fameuse coupe de Chosroès {"'),'{ i-')7!)) qui du trésor de l'abbaye de Saint-Denis est passée, à la fin du siècle dernier, au Cabinet des Médailles. F.e disque en cristal di! roche qui forme Vinnhtemn de cette coupe, est du plus haut intérêt archéologique, car il représente en relief le roi Chosroès sur son trône, en costume d'ap- ])arat'. Mais en dépit de l'importance exceptionnelle d'un semblable monument, il est aisé d'y signaler des indices non équivoques de déchéance artistique. Depuis Sapor I", la gravure en pierres lines est alb'e de chute en chute à chaque génération, el si la glyptique sassanide, au vi" siècle, a encore conservé, par routine d'atelier, l'habileli! des procédés techniques et le tour de main, elle a perdu le souflle de l'inspiralion : les plus belles des o;'uvros([u'elle enfante procèdent de l'industrie et du métier. Bref, H partir de la lin du vi° siècle, la glyptique, en tant que branche de l'art, peut être considérée comme morte, aussi bien en Orient qu'en Occident.

III. A quels usages destinait-on, dans la pratique de la vie, ces gemmes en cabochons, ces camées et ces intailles si répandus et qui constituent aujourd'hui de si nombreuses séries dans nos musées? Question complexe à laquelle nous avons déjà répondu incidemment, mais sur laquelle il convient d'insister.

De fout temps, les Orientaux ont éti' particulièrement amoureux de la parure, des bijoux et en particulier des ornements dans lesquels entraient les pierres fines. Les Égyptiens, les Cbaldéo-Âssyriens, les Perses, les Phéniciens, les Cypriotes se montrent à nous, dans les œuvres de la peinture et de la sculpture, couverts de bracelets, de colliers, de bagues; leurs tiares sont ornées de perles et de cabochons étincelants; leurs ceintures, leurs chaussures, leurs tuniques sont émaillées de pierreries. Chaque citoyen de distinction a son cylindre, son cachet ou son scarabée qui lui sert à la fois de sceau et d'amulette; il recherche avidement les coupes d'or et d'argent enrichies de pierres précieuses et de verroteries, les meubles, les ustensiles et les coffrets incrustés de gemmes multicolores.

Il existe de nombreux monuments de terre cuite, des contrats assyriens notamment, qui portent encore apposées sur la terre glaise, les empreintes des cylindres ou des cachets dont les parties intéressées se sont servi pour sceller ces actes avant de les soumettre à la cuisson -. En Grèce et à Rome, les exemples de sceaux ainsi apposés el conservés jusqu'à nos jours sont fort rares, à cause de l'altérabilité de la matière sur laciuelle on écrivait. Cependant l'usage de se servir dune pierre gravée en guise de sceau sur les actes publics et privés, n'était pas

' E. Bubflûii, Le Ctifi. tl''s Anlii{i(>'s, p. Cl à OG pi pi. xxi. — - Cliaipie Biili\ Ionien avait son cachet, Ucroil. 1, IOj. J. Menant, Empi'flinlfx tlti cytinifi'es aasijrocltnhlécns, lians les Arcftiviis dt's n(i«s/ojis sdeitt. el titt. S* si?ric. t. VI (I8S0) M. Mi'-nant a publié ilans SCS divers ouvrages tic nonibrcnses empreintes Ho cylindres on cachets assyrochaldtîens relevés snr les contrats en terre falaise où ils avaient 61^ applitpn^s. — 3Heroi). 1,30; II, 177. — •• Diog. I.aert.I,37; S.Murraycl Smith, C'n^n^ Inlrod. p. C— 5 Cojy». t/iser. attic. t. II, 2* part. p. SI2 et sniv. passim. — <"' Jos. Hist. Jnd. XII, 5. — 7 I.o I'. Oelallre, Carthaiie, notes avcht'ol., exlrail tlu Cosmos du 13 janvier 1891 ; Saîinas,

Rg. 3536.

Empreinte de

gemme grecque.

moins répandu (lu'en Orient, d'où il avait peut-èlre été originairement importé. Selon qui visita l'Kgypte, sous Amasis^, édicla, une fois rentré en Grèce, une loi qui interdisait aux lithoglyphes de retenir chez eux la copie des gemmes qu'ils auraient été chargés de graver'. Le but de cette mesure prohibitive, inspirée par ce que Selon avait observé en Egypte, était de prévenir les fraudes qu'f)n aurait pu commettre en usurpant le sceau d'autrui. Les inventaires du trésor du l'arthénen, de l'an 400, contiennent la mention de nombreuses bagues d'or <!l d'argent avec des chatons qui servaient de sceaux^. D'ttprès.losèpbe, Aréos, roi de Lacédémene, aurait envoyé au grand prêtre juif Osias une lettre se terminant ainsi : " Démotélos vous remettra une lettre écrite sur une feuille carrée et cachetée d'un cachet où est empreinte la ligure d'un aigle ipii lient un serpent dans ses serres '"'. >> On a ti'()UV(' à Carthage et à Sélinonte des séries censidi'rables de petits blocs en terre cuite portant l'empreinte de pierres gravées de style grec eu égyptophénicien'. Au musée de Berlin, il y a aussi un bloc d'argile cuite sur lequel se trouve l'empreinte d'une pierre gravée du iv" siècle avant notre ère; le sujet représente le buste de Gé, sur un chariot chargé d'épis' (fig. 3530). Chaque médecin avait son anneau. oxxTÙXto; 'japiAïy.ixY,;, à l'aide duquel il cachetait les drogues qu'il vendait à ses clients'. Les pâtes de verre par lesquelles les pauvres gens remplaçaient les gemmes trop chères peur leur bourse, sont désignées sous le nom de cosaYtosç OâA-vai'"; l'usage en était très répandu au temps d'Aristophane. Un bon nombre de gemmes phéniciennes, grecques et étrusques sent parvenues jusqu'à nous avec leurs montures qui consistent, soit en un chaton de bague ordinaire, soit en un large anneau en fer à cheval qui permettait à la fois de faire tourner la pierre sur son axe et de la suspendre à un collier "i fig. 3537). Hérodote prétend que les Éthiopiens de l'armée de Xerxès se servaient de pierres gravées (Xi'Oot kyyt'fA'jtj.ij.i'/rii) cn guise de monnaies '-.

En contact permanent avec les Étrusques et les Grecs de l'Italie méridionale, les Romains connurent de bonne heure l'usage des cachets en pierres dures, qu'ils portaient en bagues (gcmmati annuli '^). Suivant Denys d'Haliearnasse, Tarquin l'Ancien, vainqueur des Étrusques, fil enlever à leurs chefs les anneaux, sans doute ornés de scarabées gravés, qu'ils portaient au doigt". .\ Rome, comme en Grèce, l'apposition du cachet sur la cire ou l'argile, au bas d'un écrit, engageait le propriétaire de même que la signature de nos jours. On cite des cas où des individus usurpèrent frauduleusement le cachet d'autrui : Annibal faillit surprendre la ville de Salapia en fabriquant une lettre au nom du consul Marcellus et en

Dei xiffilli Oi creta rinvenitti a Setinnnte, dans les Xotizie di Scavi. août 1883. — 8 Fnrtwacngler, Die Meistericerke der ijfiech. Ptatisk-, p. 2.S7-i.ïS ; E. Babclon, ta Orantre e» pierres /î/ic.?, p. I2fi. — ^ Scol. Aristoph. Plut. 884: S. Mnrray et Smith. Catalog. inlrod. p. 37. — 10 Corp. inser. altie. t. II. i' part. p. 313, ligne 70, etc. — " J. Marllia, l'An étrusque, pi. 579, fig. 3SS ; Louis Palnia diCesnoIa, Cyprtia, p. 310 et pi. xxvi et xxvn; S. Murray et Sniilh, Op. eit. p. 83 cl suiv. — IS Hcrod. VII, 6<>i S. Murray et Smith, Catalog. Iniroil. p. 11. — " T. I.ir. l. Il ; cf. farticlo «m.i.i:s. — " Oion. Il.alic. III, 53.

Fig. 3537. — .Monture île cachet.

ge:m

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la scellant du sceau de ce dernier, tombé en son pouvoir '. Chez les Grecs comme chez les Romains, on préserve contre l'infidélité des esclaves, son vin, ses fruits, ses bijoux, ses papiers secrets, en apposant son cachet sur la porte des chambres ou des armoires dans lesquelles ils étaient renfermés -. A Athènes, au temps d'Aristophane, on trouvait moyen, pour trois oboles, de se faire fabriquer un faux cachet à l'aide duquel on rendait ces précautions illusoires; pour se défendre, les intéressés en arrivèrent à se faire fabriquer des cachets de bois vermoulu (Ost7rr|3£(7T2 (josa-pSia) qu'ils portaient au cou et qui étaient plus difficiles à imiter que de simples empreintes de gemmes qu'on surmoulai l facilement en pâte de verre '.

Quantaux sujets gravés, ils variaient suivantlafantaisie de chacun [anulus, p. 2951 ; souvent, c'était un souvenir personnel ou le rappel d'un événement glorieux dans la famille, une divinité préférée, un animal ou un symbole qui constituaient des armes parlantes, ou même simplement un sujet banal et sans portée. Scipion Émilicn plaça sur son cachet le portrait d'un Espagnol qu'il avait vaincu', on dit qu'il fut le premier, à Home, qui se servit d'une gemme pour cachets Le cachet de Sylla représentait, comme quelques-unes de ses monnaies, Jugurtlia livré par Bocchus". Sur l'anneau de Pompée, on voyait un lion tenant un glaive''; sur celui de Jules César, c'était limage de Vénus armée'. Auguste eut successivement trois cachets : sur le premier, on voyait un sphinx', sur le second, la tète d'Alexandre; sur le troisième, qu'il légua à Mécène, ce fut son propre portrait par Dioscoride'". Le cachet de Mécène avait pour type une grenouille"; celui de Néron représentait Apollon et Marsyas'-, celui de Galba, un chien sur une proue de navire '^; celui de Commode, le portrait de sa concubine Marcia'*. Comme à Athènes, les médecins avaient souvent des gemmes gravées pour cacheter leurs produits pharmaceutiques : témoin l'intaille du British Muséum, qui représente Minerve assise , avec la légende iieropuili opobalsamvm'°. a la fin des temps antiques, une lettre de saint Avit, archevêque de Vienne au vi° siècle, contient de curieuses instructions données par le prélat pour la fabrication de son anneau sigillaire. La bague doit être, ditil, un anneau en fer, orné de deux dauphins; le chaton sera mobile et tournera sur lui-même, de façon à pouvoir être utilisé sur ses deux faces; au contre du cliàlon sera enchâssée une gemme verte sur laquelle on gravera à la fois le monogramme et le nom de l'évêque "^.

Outre les gemmes gravées, enchâssées dans le chaton des bagues pour servir de cachet, on portait aussi, à titre de simple ornement de la main, des bagues dont le chaton était orné de camées ou de gemmes non gravées, en cabochon. La petite bague montée en or, récemment entrée au Cabinet des Médailles (fig. 3o38)

i T. I.iv. XXXVII, 28; Plut. Murcell. — 2 Ai-iNlopl.. Tliesm. iiô ; llor. II, Ej,. i. 134; Plin. XXXIII, 20 ; J. H. Middlclon, The eiigraved ijems of clussical limes, Cambridge, Isill, p. 37. — 3 Arislopli. T/tesm. Ail. — 4 PHi,. XXXVII, 4. — " Marquirdt, La vie privée des Jtomains, I. Il, p. 363. — 6 plin. XXXVII, 4. — ^ Plut. Pomp., 80. — 8 1)io Cass. XMI, IS; cf. E. Uabclon, La grnv. en lierres fines, p. 113. — 0 Plin. XXXVII, 50 cl 73. — 10 Sud. Au//. 4. — 11 Plin. XXXVII, 4. — 12 Sud. 21. — 13 Dio Cass. 1,11, 3. — r. Jul. Capitol. — i" S. Murray et Smilli, Calai, p. 100, n= C70. — 10 Avil. Jipisl. l.XXVIII; E. Le Blaiil, Jiiscr. chrél. de la Gaule, p. 30. — n Pli,,. XXXll, H ; XXXVII, i! ; Isid. lihjmol. XVI, 10. — 19 Plin. XXXVII, >. — 19 Ilerod. III, 41 ; Plin. XXXVII, 3; Soliu. l'nlyhtst. 5.

Fig. 3338.

Caniéo en chaton

de ba"un.

a pour chaton un charmant portrait de femme en camée. On faisait remonter à Prométhée l'usage d'enchâsser des pierres fines dans le chaton des anneaux ". L'anneau de Polycrate, une sardonyx suivant les uns, une émeraude suivant d'autres, n'était peut-être qu'un simple cabochon". Celui de Pyrrhus était une agate arborisée dans laquelle des dessins naturels représentaient Apollon et les Muses'". Les Étrusques et les Grecs, aussi bien que les Orientaux, recherchaient les bagues de prix et aimaient à s'en parer. Des statues en ont plusieurs àcha<ii]e doigt; une main de bronze du musée de Cortone nous montre -le pouce lui-même orné d'une bague [anulus, fig. 351] -". Aristophane ridiculise les jeunes effêminôsqui portent plusieurs bagues à chaque doigt de la main ; il les appelle (73/paY[5ovu/apx(Jxo|AY,Tat -'.A Rome, l'engouement pour les bagues était pire encore; on les payait très cher : censu opimo digitos oncrabnnt, dit Pline-'. On chargeait d'anneaux tous les doigts do la main et l'on en mettait plusieurs au même doigt. Juvénal, Martial et les autres poètes satiriques stigmatisent avec véhémence tous les jeunes efféminés qui ont tant de bagues qu'elles leur paraissent trop lourdes pendant l'été, et qu'ils en changent suivant les saisons'^; d'autres n'ont pas seulement, dit Martial, un écrin pour ranger les bagues dont le prix les a ruinés-*, .\pollonias de Tyane avait sept anneaux qui portaient les noms des sept planètes : il en changeait chaque jour de la semaine -^ Des affranchis, Grispinus et Stella, chargent leurs doigts de lourdes bagues gemmées : sardoni/chns, sinaragdus, ailnmanlas, jaspidas uiio portât in arlicido Stella^''. 11 n'est pas parlé, dans les auteurs, de chatons de bagues en diamant avant Juvénal qui attribue une bague de diamant à Bérénice, sœur du roi juif Agrippa ^'.

Ce n'étaient pas seulement les bagues, c'étaient les colliers, les pendants d'oreilles, les bracelets (opixoç SiâXiôc?-*, gemmosa monilia), les agrafes'", les diadèmes^", les coiffures, les vêtements qui étaient constellés de gemmes étincelantes, percées de trous pour être suspendues ou cousues, ou bien arrangées pour être serties dans des bâtes de métal précieux. L'on a beaucoup disserté sur les gemmes du pectoral ou rallonale du grand prêtre Aaron, ornement composé de douze gemmes diverses sur cha-

Fig. 3339. — Collier de scar.i

cune desquelles l'artiste Beseleel avait gravé les noms des douze tribus d'Israël". Tous les monuments nous

— 20 (;oii. Mus. Curlon. pi. l.xwi; cf. \(jli:ie d. .«cifl. 18S6, p. 300; J. Martlia, 0. I. p. S79. — 21 Aiisloi.h. Aub. 332. — 22 Plin. XXXlll, I. — 23 Juvcn. I, 28; VII, 89. — 21 Mari. XI, 30. — 25 Philoslr. Vil. Apoll. III, 41. — 20 Mari. V, 11 ; XI, 30; Juv. 1, 28. 29. — 2' Juv. VI, 136; Mari. V, Il d 63; cf. i'imlci; De adamanie, lîerl. 1829, p. 39; Marquardl, 0. t. t. Il, p. 363; A. de I.ongpt^rier, (Kuvres, t. Il, p. 400. — 23 Trésor de l'acropole d'Atiiônes, Miclia"lis, Iter Parlhenon, p. 290. — 23 Sid. Apoll. Carm. II. 321; V, 18. - 3i) Allicn., V, p. 202 rf.

— 31 Voir en parliculicr, Oli. de Linas, Les oritfines de l'orfèvrerie cloisonnée, t. [, p. 3S et suiv. ; JanneLLa/. Fonlcnay, Vandcrlicym d Coutancc, biamant et pierres précieuses, p. 1 38 d s.

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