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monlrunl les vùtoinenls de cérdnioiiio des Olii'nlaux conslellés de },'emmes, el les textes littéraires ne font que conlirmer les données de l'archéologie'. Le Musée du Louvre possède un magnifique collier étrusque formé de (]uator7,c scarabées en cornaline, enchâssés dans des montures en or - (lig. ;Jo.'W).
Les (jrecs aussi suivirent l'exemple des Orientaux, mais avec plus de goût et de sobriété. En dehors des ornements do cérémonie, c'étaient surtout les musiciens et les histrions qui s'afîublaient, comme les charlatans de nos jours, de vèt(!monts gemmés. Les musiciens Dionysodore, Nicomaque, Isménias ne paraissent jamais en public que tout chamarrés d'or et do pierreries. Un jour ce dernier proposa à un roi de Cypre cent pièces d'or pour une émeraude sur laquelle était gravée la nymphe Amymone. En vain, le prince cypriote, trouvant cette oll're trop élevée, voulut-il la diminuer de deux pièces d'or. Isménias, l'acheteur, ne voulut pas consentir ;i payer la gemme moins que son estimation première pour ne pas déprécier la valeur du joyau''. Au temps de Périclès, les coquettes d'.\thènes rehaussaient leurs charmes par l'éclat des gemmes '. \ Kertch enlin, on a trouvé dans un tombeau un collier d'amulettes dont la plupart sont des gemmes gravées ou en cabochons [amuletum,
iig.;}iO].
Les empereurs romains ont des gemmes comme ornement de leurs insignes impériaux et de leur costume. Claude porte des émeraudes et des sardoines; Caligula, Êlagabale, Sévère Alexandre, Carin, Dioctétien ont sur leurs chaussures des gemmes d'un prix inestimable ". Lollia l'auliua, femme de Caligula, avait des gemmes sur ses vêtements, dans ses cheveux, à son col, à ses oreilles, à ses doigts pour la somme de quarante millions de sesterces''. Les histrions de Néron, comme l'Ëgyption Nabis, esclave de Cléopàtre, étaient couverts de pierreries'.
Les découvertes archéologiques confirment les témoignages littéraires déjà surabondants. Citons en particulier, au musée de Lyon, la parure d'une dame romaine du temps de Soptime Sévère, trouvée en IS'il ". Parmi les bijoux de cet écrin, figurent six colliers composés de gemmes diverses, émeraudes, saphirs, améthystes, grenats taillés en cylindres, en prismes ou d'autre façon, et suspendues par des anneaux ou enchâssées à jour dans des montures on or. En 1892, on a découvert dans un tombeau, àTirlemont (Belgique), un beau camée représentant la tête d'Octave, encore entouré de la monture antique qui faisait do lui l'agrafe de qu(!lquo riche manteau. Il existe au Cabinet des Médailles, un collier trouvé à Nasium
t Voir ou parluMilioi" co «[iio Ouinlo-Ciirce «iit (IX. i) du roi île liaclriano SopWMs. — 2 .1. MaïUi.-i, I). I. pi. 1, lig. 4.-3 l'Iiii. .\XXVII, 3. — V Arisloiih. Av. 670 ; Mciianil. Fragm. M. llidol, p. 38. — 5 i'iiii. IX, Ml; l.ampr. Ilrliog, i3, 4 ; .Çeu. Alex. 4, 2 ; Voiiisc. Carin. 17, t ; MonUaucoii, Ant, t'jrpl. 11, |il. 136, p. 3i6; LongpiTitT, (Jùtvres, II, p. 457 ; llubiicr, Ornemt'ntn muliebrin, dans Vf/ermès, t. I, I8C0, p. 354; \V. Mpjnr, dans les Ablmndl. MiUii/i. Akad. l'hilol. Classe, XV. 1879, |). Ï3. — i> Suct. Catifi- i'i; Plin. A'<i(. /iw(. IX, 117, .18; Marquardl, (). t. l. Il, p. 36S. — ^ Plhi. XXXVll, 0 ; Sil. liai. Panica. XV.IJ'JO IW8. — « Coinarmond, Z).\(ci-. df l'dcrin d'une dame romaine, 1841. — 9 ClialiOuilIcl, Ciilat. n» ibôS. — 10 F'Iiii. IX, 106 à Ii3; cf. Cil. dcl.inas, O. M. I, p. ICT.— H l.uciaii. OcJeasi/r. 3i: de Loiiï-
Fig. 3340. -•- Collier Je canines et de médailles
(Naix, Meuse , i|ui est formé de médailles allernanl avec des camées sertis dans des montures en or très ouvragées'(fig. 3.j'i(J) : il en est d'autres analogues au musée du Louvre et dans diverses collections. L'usage des
perles se développa à Home, à partir de Sy Ha ; les grosses, les plus estimées, reçurent le surnom d'uiiiones (sans pareilles); on appelait etenchi les perles pyriformes; crolalia, celles qui, groupées el montées en pendants d'oreilles, imitaient le bruit des castagnettes'".
Non contents de se parer de gemmes de toute manière et de faire des pierreries le critérium du grand luxe, les anciens en ornaient même les statues. Déjà, avant les Grecs et les Romains, les Orientaux paraient leurs statues do torques, de bracelets, de bagues, de pendants d'oreilles, dans lesquels les gommes occupaient une place prépondérante ".On incrustait souvent des gemmes dans les yeux des statues, et particulièrement des agates orbiculaires, à cause de leur ressemblance avec l'aiil humain '-; à Rome, ces yeux étaient fabriqués par les /«^/i ocularii. 11 y avait, dit Pline, sur le tombeau du roi cypriote Hermias,unlion on marbre dont les yeux étaient deux émeraudes si resplendissantes que leur éclat pénétrait jusqu'au fond de la mer, en sorte que les thons épouvantés s'enfuyaient loin de cette plage. Les pécheurs, avisés, changèrent les yeux de la statue, et dès lors les poissons revinrent dans ces parages '^ Le trône du Zeus Olympien était en or, avec des incrustations de gemmes, d'ivoire et d'ébène ''. Les yeux de l'Athèna Parthénos de Phidias étaient incrustés de gemmes '■'. Au musée de Constantinople,il y a plusieurs statues de marbre qui ont encore leurs yeux remplis de gemmes, rappelant le plus possible l'œil humain. La collection de Luynes, au Cabinet des Médailles, renferme une grande tète de bronze dont les yeux ont été composés de la manière suivante : l'orbite de l'œil est en ivoire, el au centre de ce globe est pratiquée une cavité ronde, représentant la pupille qui était vraisemblablement une pierre fine ou une pâte de verre coloré '\ Nombre de statuettes de bronze avaient leurs yeux remplis d'une petite gemme qui a disparu avec le temps. Dans la collection Oppermann, au Cabinet des Médailles, on peut voir, entre aulros, une statuette en bronze de Bacchus, dont la pardalide et la couronne de lierre sont semés de trous remplis par des grenats", l'ne inscription célèbre, commentée par Montfaucon, puis par A. de Longpérier mentionne une statue d'isis ornée par la piété des fidèles de perles, de cylindres, de cabochons en gemmes diverses, suspendus à ses oreilles, à son collier, à ses mains, à ses jambes ". L'empereur
pi'ricr. Œuvres, l. Il, p. 457 cl s. — 1-J. MéDant, Cn camée du .Musée de Florence, /tevue arch. 3* si^r. t. VI. 1885, p. 7y (camée .lyanl fait fonction de pnpille de l'œil dans une statue colossale du iliou Marduk) : C. inse. Int. VI, ^iOi. 9103 ; )larquardt, O. /. t. II. p. 34fi. — 'a Pliii. XXXVll, 17; Aelian. De nal. nn. XV, 8.— "V faus. V, H ; M. Collignon, l'Iiidias, p. 10',<; Utst. de lasculpt. jivo;.!. I. p. 5i9. — 1^ Plalo, Nipp. major, 1. 1, p. 743, M. Udol. — ''■ Héron de Villefosse, Ga:. arcA. l, III. 1877, p. 90 ; K. Babcloii el J. A. Blanelicl, Cntal. des bi-on zes ant. du Cab. des méd, n» 857. — I' E. Itabclou el J. A. Blanelicl. O. l.. n" 369. — '8 Monlfaucon, tant. expl. U II, pi. isxxvi. cl p. 326; Orelli, n. ijÉO; de Longiiéricr, Œur., t. II, p. 437-460 \ov. aussi llubner dans Hernies, I. p. 316; Ileuzeu, Ib. VI, p. S.
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