‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines, d'après les textes et les monuments (volume 5)Chapitre 7 sur 104 · FA[Î · texte numérisé non relu

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(l.'iniMj cl le gouvjrnail qui apparlirmii-ril d'iii'dinairn à Foiiunn. Il oxislait à Rome, prùs du Forum, très probablemcnl sur l'emplacement actuel des églises de Sainte- Marline et do Sainl-Iladrien (l'une d'cllfs a iH<' appelle à cause de cela Iniiiplimi falah;), un sanctuaire dédié aux Tfid Fdin ' ; pour l'Une l'Ancien, les images (|ui y étaient placi'^es étaient celles de trois Siliyiles. Comme il parle de restaurations dont idles ont éli'; l'objet de la part deSext. Pacuvius Taurus édile et de M. Messala, on peut admettre pour ce sanctuaire, qui sert d'indication lo])oi;raphiquo encore en plein moyen âge, une; respectaide antiquité. On ne sait rien de précis sur un culte des Fata ; le calendrier de Philocalus mentionne des liid'i ffiialcs, célébrés le 30 septembre à Rome ; mais on en ignore le sens exact autant que l'objet -. Il est certain tout au moins que lapopularitédes/'a/rtc dans les provinces celticjues ou germaniques était aussi grande que celle des Sibylles en Italie^. La croyance aux Fées qui interviennent surtout auprès du berceau des nouveau-nés est issue de la croyance aux /^a?ae ou lui a été redevable de ses traits caractéristiques. Les représentations des Destinées ne deviennent fréquentes que sur les sarcophages romains ; chez les Grecs elles ont dû être extrêmement rares*. La plus intéressante nous est l'ournie par le bas-relief dit de Hum-

Fig. 28'J7. — Los Parques.

boldt •'■ (fig. 28!)7). Clotho y est reconnaissabic à la quenouille; Atropos marque la destinée sur un globe et Lachésis tient, non des ciseaux, comme on l'a cru à tort, mais trois sorts, dont elle tire celui du milieu. Le basrelief du musée du Capitole, où Lachésis, placée entre ses deux sœurs, les dépasse de la tête, est de conception romaine; Atropos tient le rouleau où sont gravées les destinées et la Parque du milieu est munie à la fois de la balance et de lacurne d'abondance ".Surl'autel Borghèse, ligure plus haut, les Parques n'ont d'aulri' attribut que de longs sceptres, par l'attitude et la coillure elles ressemblent à la Junon Barbcrini; elles y correspondent, pour un des ci'ités, aux llorae et aux GrAces, auxquelles elles étaient associées déjà dans le temple de Zeus à Mé-

I Jonhiii, TnjmijrA, 1, 3i'J; II, Isi; l'ii.i. Ilist. nnl. XX.XIV, 11, i; Piocop. Jlcl. Colh. 1, 25. — 2 C. inscv. Int. I, p. a.iO. — 3V. 11. Schrcibor, Die I-Wn in Euro/m, Friliourg, 1842, p. 18 cl s. — '• liopUiger. Kiciisdiii/lli. U. 273-73. — 5 Wclckcr, ^/■il.iclir. /'. Allerhiimsiciss. pi. 3. p. i'J7; cf. lîaoul-KocIiellp, .Vo». invH. p. -14; Miillci'-Wioselcr, Dfiikm. ait. Kunat, II. [il. lxxii. 1)22 ; Hntun, lintl. Inst. arch. 18.^0, p. 09. — f'.l/!is. Cap'U. V, 2ii; 0. Mûllcr, ll»itillmch, § 398, I ; Mon. d. Inst. V, pi. viii ; .1)1110(1, 18 W, p. 395 ; licniulorf otScliOiio, Latcran. .Vus., 3U. — 7 Voy. p. 1017, iiolcS.

FATUIJS, FATUA. 1 K/i. ].. i.

F.MXLS. 1 Sci-v. Ceorfi. I, 10: iil. .Icii. VIII, .ili : ()"iil-im l-'aun.is pulaiil dictos al) Cl) ((uod fi'uijibus l'avcanl... Oiiiilaiii Faumim appcllattini volunt oum qucm nos pro[)itiu)n dicinius. — 2 Cf. lioi'iuann, Kritik dcr Siujc vont Koenige Enandros,

gare'. .\ partir du i'^"' siècle de notre ère, les représentati(jns du Faliiiii à Home sont supplantées peu à peu par celles de fortu.na. ■). A. Hilu.

FATUUS, FATL'A. — LesrichesRomains, sousl'Empire, eurent dans leur domesticité, avec des jongleurs, des nains, des boufîons de toute espèce, même des fous véritables, dont ils faisaient un objet d'amusement. Sénèque, dans une de ses lettres', nous apprend que sa femme avait une folle, qui perdit la vue, et, dit-il, « chose incroyable, et vraie, cependant, elle nesut pas qu'elle était aveugle ». E. S.vglio.

FAUCES [noMus].

F.M.vrS. — Une des personnilications les plus importantes de la religion primitive des Lutins, particulièrement honorée à Rome et dans les campagnes voisines. Le nom de ce dieu et son être, quand on le dépouille de tous les éléments grecs qui s'y sont mélangés plus tard, sont égîdement imligènes. Faunus se rattache, ainsi que Faustus, Faiislulus et Favonius, au verbe faveo et signilie fnvcns ou propiliusK Fauna qui, dans la légende, est présentée tantôt comme sa femme et tantôt comme sa lille, est vénérée sous le vocable de boxa dea. lequel finit par se substituer au nom primitif. Le sens originaire de Faunus se retrouve jusque dans le nom d'Évandre, roi d"Arcadie,à qui lesaniialislesetlespoétes hellénisants attribuèrent l'introduction à Rome du culte de Pan, sauf à identifier ensuite celui-ci avec la vieille divinité latine-' Faunus est, avant tout, un dieu champêtre; aux temps historiques il survit à peine dans la piété superstitieuse des paysans de la campagne romaine et le progrès de la civilisation l'a, peu s'en faut, éliminé de la religion officielle ; seuls les poètes semblent avoir sauvé sonsouvenir.

Le trait caractéristique de sa physionomie, c'est qu'il donne la fécondité aux troupeaux et qu'il les garde contre tout accident, particulièrement contre les atteintes des loups: à ce titre il est surnommé Iiiuua et Lupercus^. Le sens de Iiiuus n'est pas douteux; comme toutes les divinités de la terre chez les Latins, Faunus personnifie la force génératrice'; divers détails de la fable qui Fassocie à Fauna ou Bona Dea le démontrent : ainsi les branches de myrte avec lesquelles le dieu frappe son amante, le vin par lequel il l'enivre, le serpent, symbole du genius, sous la forme duquel il entre en relation avec elle^. On donnait, dans la langue populaire, le nom de Fnitni ficarii, épithète qui équivaut à sulnccs, aux démons incubes qui surprennent les nymphes ou les femmes mortelles". Le aisinim fniii, dont parle Virgile comme d'une ancienne bourgade de l'Étrurie, était sans doute un des centres du culte de Faunus, dieu qui féconde les troupeaux, non sans tourmenter les bergers ; car, démon sensuel, il est aussi un génie tracassier qui jou^e aux paysans toutes sortes de mauvais tours : FaunoriDii in (jiiifle ludibtia''. Un commentateur de Virgile en a pris occasion pour mettre la religion de Faunus

Rosslcl)iii, 1S33, cl Schwcglor, Hum. G -.ichichte, I, 331 cl s. — J Paul. Diac. p. 15 cl 110. Lïtymologic anUi|uc de Lupcrcus (lupos Erccll osl douteuse : lupeiria (cf. ))))i'i"rca) n'est probakicnieut qu'un allongement de tu/iui. L'ngcr (Di( LupercalitM, in niu^in. Mus. 1880. p.62). ciplique lupernis par : gui lurm pnrrit. partrrf prcnanl le sens de nrcrre. C'est de la fantaisie pure, tout comme la théorie de Inuus, dieu solaire des Étrus«jucs qui se serait identifié a% ce le Faunus des Latins. — l V. les conimeulalcurs de Virgile. Aen. VI, 77li ; cf. Rutil. Nam. 227. 5 \J. Prellcr. Ha-m. Mytiiol. I, 383 (édil. Jordan) cl l'arlicle »os* dia, 1, p. 72.^ . Molty, /*• Eanno fl Fauna. site Bona D;a. etc. Berlin, IbMi. — 6 .\ug. Ci'-- D. XV, 23; Isid. Orig. VIII, 113 et s; S. Hieronim. In Isai. V, 13. 21. — '' Plin. .\al. Bist. X.VV. 23.

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en contact avec celle des enfers'. 11 est possible, du moins, qu'il ait été appelé le bienvciUant par antiphrase-; on se gardait de ses maléfices en se frottant d'herbes magiques ^

Faunus est aussi un dieu prophétique rendant des oracles, non à l'aide de signes visibles, mais en faisant entendre des voix; il était surnommé Fatuus, Faluelus, et quelques interprètes faisaient dériver son nom de tpwvï/. C'est à lui qu'on attribuait les voix mystérieuses, inarticulées qui, à l'approche d'un événement grave, rompaient le silence des nuits, retentissaient dans les forêts, dominaient le bruit d'une bataille". Ce don de la prophétie, il le partageait avec silva\us, auquel il ressemble d'ailleurs par d'autres caractères"; il existait un recueil d'oracles mis sous son nom'. Ovide et Virgile sont d'accord pour dépeindre, sur la foi d'antiques traditions, les cérémonies et pratiques superstitieuses qui avaient le pouvoir de le faire parlera Le premier qui s'adressa à lui fut le roi Xuma, afin d'obtenir un remède à la stérilité du sol et des troupeaux. C'est sur le mont Aventln que le dieu lui apparut dans un songe et lui révéla ses secrets. Le roi Latinus le consulte dans la même forme, auprès de la source sulfureuse d".\lbunea, pour savoir s'il donnera sa fille àTurnus; il s'y endort couché sur des peaux de brebis, après avoir accompli un sacrifice. Des fantômes de toute sorte s'otTrent aux regards ; des bruits s'y font entendre, mettant en rapport le monde des vivants avec la région infernale. Finalement, une voix sort des profondeurs de la forêt, qui commande à Latinus de garder sa fille pour Énée. Dans les Fastes, Faunus, en compagnie de Picus, livre au roi Numa, après y avoir été forcé par une ruse semblable à celle qui met Protée à la discrétion du pasteur Aristée, le moyen de conjurer la foudre par le culte de Jupiter Elicïus^. Dans une églogue de Calpurnius, Faunus, appelé facundus, grave ses oracles sur l'écorce d'un hêtre sacré au fond des bois'". C'est pour cela sans doute que les premiers poètes de latinité incarnèrent dans ce dieu, avec la science de la divination populaire, l'art grossier de la poésie champêtre". Varron '^ lui attribue l'invention du vers saturnien et, par une fausse étymologie reproduite chez Servius, rattache son nom au verbe fnri. Les mêmes idées se retrouvent dans la fable de Fauna surnommée Fatua''; on racontait que, remplie du soufQe divin, elle prédisait l'avenir, ce qui fil employer le verbe faiuari pour désigner l'état de délire prophétique. Si Ennius, d'un ton dédaigneux, met les vers ou oracles de Faunus au même rang que les prédictions des devins [vatcs], Horace fait de Faunus le protecteur des vrais poètes et attribue à son intervention d'avoir échappé à l'accident qui faillit lui coûter la vie'''.

Dans ces diverses traditions, Faunus apparaît comme

1 Serv. Aan, Vil, UI : Fauuus infernus dicilur deus. La <i<;scri|ilion de Virgile concorde avec celte inlerprc'-lation. — 2Harlung, lietigion <h>r Boi'mer, II, 184. — ^ Tliu. ^Va(. Ais(. VIIl,l;i! ; XXV, 211; XXX, Si. — l Sci-v..àci.. VU, 81 : Fauuus i-b •:(;; çu.»f;; diclus, quod voce non signis ostendit futura... falidicus ; VI, ""ti ; idem Fatuus, Fatuellus;Vll,i7; VIII, .■||l. Cf. Fest.p. .ISii. — f'Cic. flii'. 1, i:i, 101 ; .\nt. Ih-or. 11,2,6; 111, 6, 15.— »Tit. I.iv. 11,7, 2; cf. Dion. liai. V, 16; Val. Max. I, 8, 5. — 'Scrv. .Imi. Vlll, 314 : Faunus Pici filins dicilur qui a fiindo, quod futura praedicerel, Fauuus appellatus est, quorum ctiani responsa fereljantur. — 8 Virjï. Acn. Vil. 81 ; Ov, Faut, IV, 044 et s.— a.Cf. Virg. Gcorg. IV, 395; Ov. /•>[«(. 111, 21i| et s. ; Plut. Num. L'i; Valci'. Antias ap, Arnol). V, 1, 2. — '0 Calp. Kclog. I, 8 et s.; v. surtout 33 : Uui jug.i, qui silvas lueor, salus aclliere Faunus, etc., et 91 : bona... facundi nuniina Fauni.

— 11 Eun. Anxnl. VII, v. 15G : scrîpsere alii rem vorsihus qnos olim Fauni vatesrpie canebapt. — '2 Var. Ung. Int. VII, 36. — <a Just. XMll, 1 ; Scrv. Am. Vlll, 314.

— y* lier. Od. n. 17, 28 : Faunus... Mercurialium custos viroruni. Cf. Front. De eloq, p. 85. — 15 Ov. /'aat. III, 291 et f., v. surtout 309 ; Di ucmorum ; 315 : Di

une divinité subalterne et exclusivement rurale '=. Varron le compte parmi les dieux privés, c'est-à-dire localisés, analogues aux héros éponymes ou topiques de la (irèce'"; on y devine néanmoins les vestiges d'une divinité nationale, et les historiens de la religion ont pu, avec raison, incarner en lui toute la première période de la civilisation romaine'". Il prend place entre Mars, dont la signification est surtout politique, etSilvanus, qui personnifie l'état sauvage. Faunus est le vrai représentant de la vie nomade et pastorale, en même temps que de l'existence sédentaire des laboureurs primitifs: il est le dieu de la terre cultivée, et quelques-uns lui donnaient pour fils Stercutius qui, ailleurs, est un rejeton de Saturne ". Tantôt il habite les montagnes et les bois, où les chiens de chasse devinent sa présence", tantôt il se promène dans la plaine autour des enclos, parmi les troupeaux dont il écarte les loups'". On le rencontre aussi à proximité des sources ; dans les monuments ombriens Fons, qui fait au pluriel Fones,e^i une divinité champêtre pareille au Faunus du Latium^'. Cette multiplicité d'attributions est cause que l'être d'abord simple de Faunus se dédouble; elle donne lieu à une multitude de démons ou esprits de la forêt et des champs, tout à fait semblables aux Panisques et aux Satyres des Grecs --.

Le type le plus élevé figure, dans l'histoire des Latins, la période qui est représentée en Grèce par les Pélasges mangeurs de glands-'. Les annalistes, disciples d'Évhémère, l'appellent Indigena et font de lui un roi des Aborigènes-'*. Il est fils de Picus, petit-fils de Saturne et père du roi Latinus qu'il engendre avec la nymphe Marica; Picus n'étant lui-même qu'une doublure de Mars, on a pu ailleurs appeler Faunus un descendant de Mars. Non seulement il se mêle à l'histoire des rois de Laurente; mais il touche à la dynastie des rois d'Albe, qui relève surtout de Silvanus^», et il procrée chez les Rutules d'Ardée, avec une nymphe locale, un héros au nom caractéristique de Tarquitus, qui s'attaque à Énée dans la bataille ^'^. Un épisode isolé de celte histoire légendaire est celui qui met en présence Faunus et Hercules ; le dieu indigène s'apprête à sacrifier le héros errant à Mercure; mais Hercules le prévient et le lue-".

On peut s'étonner qu'une personnalité fabuleuse de cette importance ait laissé si peu de traces dans le culte; la raison principale de cet effaceinent graduel est que le caractère rural de Faunus raccommodait mal aux destinées brillantes de Rome. C'est dans cette ville ou dans son voisinage immédiat qu'il possédait des sanctuaires, en premier lieu celui qui portail le nom de liiperc.\l, sur le Palatin, considéré comme le plus ancien de l'enceinte des sept collines. Faunus, surnommé Lupercus, y était seul vénéré à l'origine, et le double collège de prêtres

sunius .agrestes et qui dominamurin altis Montibns ; Virg. Ci'orr/. 1, 10. — 10 Varr. ap. Scrv. .4™. Vlll, 275. — n V., outre les traitc's g(^nc^^aux, Rcillersclieid, Annati de(. Instit. 1806, p. 218 et s. ; et Index lect. Vralisl. 1882-83. p. 7 et s. — 18 Plin, .Vn^ hisl. XVll, 50. — 13 Pour Faunus, chasseur et coureur des bois, v. Lucr. IV, 578; Prop. V, 2, 33; Grat. Fal. Cyneg. 10 et s. ; Plin. .\al. hist. Vlll, 151. Cf. Grimra, Deutsche Mythnl. p. 632. — 20 llor. Od. III, 18, l'œuvre la jilus compkHc (juc la divinit(5 de Faune ait inspiriîe à un poète de la laliuilc^ Cf. Ov. FasI. IV, 701. — 21 M. lirM, Tailles Eugnhines, p. 73 et s ; Mart. I.:ap. II, 167; Gloss. Isid. : Foncs, dei silveslres. — 22 Prob. ad Virg. Georg. I, 10; et .Iwi. Vlll, 314; cf. Ov. Met. I, 193 ; VI, 392 ; lliLi, 81 ; Serv. ad.Moi. I, 372. — 2;1 prellcr. Om. cit. 1, p. 3»ii;Aen. VII, 47; Vlll, 314; Juv. VI, 11. — 21 11 est appeli'' /iiAjcilrt par i;ensor. 4, 1 1 ; cf. Virg. Aeii. Vlll. 314 ; I.act. 1, 22, 9. — ^^ Prob. ad Virg. Georg. 1, 10; Aur. Vicl. 4; Just. XI. 111, 1 ; Dion. Haï. I, 31 ; Suet. Vil. 1 ; Aul. Oeil. IVoct. Ait. V, 21 ; XIII, 9 ; XVI, 10. — 26 Virg. Aen. X, 550, et d'^ li. I. — 2' Plut. Parall. Graec. et Ilom. hist. 38.

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préposés à son culte marque assez la grande plat:e qu'il dut tenir, durant les premiers siècles, dans les préoccupations relifficuses des Romains'. Si la fête des luper- CALES se prolonge à travers les Ages, sans mfxiilicalion notable dans la simplicité rustique des coutumes ])rimilives-, ridée même du dieu qui en était l'objet s'oblitère peu à ])ou ; mal défendue par le sentiment national, elle reçoit le dernier coup des spéculations mythologiques des hellénisants ; Tite-Live fait bien honneur à Faunus Inuus de la célébration des Lupercales, et Ovide constate que le i'\iunus cornu des vieilles légendes y, joue le principal rôle; mais, pour tous les deux, l'aunus a succédé au Pan des Grecs, lorsqu'on réalité il lui est antérieur; et l'auteur du culte n'est pas à leurs yeux le roi Numa, do souche latine, mais Évandre venu d'Arcadie. Les Lupercales, vers la lin de la république, semblent tombées en désuétude, comme beaucoup d'autres pratiques de la Rome primitive. César et Auguste les remirent en faveur; de même que lo dictateur aimait à rattacher son illustration à lulus, petit-llls d'Anchise par Venus et Énée, il tenait à remonter à Mars-Picus par Faunus dont la mémoire survivait au Palatin. Reifferscheida remarqué avec beaucoup de sagacité que le diadème, qui lui fut offert aux Lupercales par Antoine, n'est pas autre chose qu'un des attributs avec lesquels on représentait ce dieu primitif.

Jusqu'aux guerres Puniques, qui réveillèrent la piété endormie des Romains, le Lupercal fut probablement le seul sanctuaire où la religion de Faunus se fiH conservée. Il n'est pas possible, en effet, d'affirmer qu'il ait subsisté autre chose qu'une légende de la rencontre de Numa avec le dieu sur le mont Aventin, dans le bois sacré où il surprit ses oracles et les moyens de conjurer la foudre de Jupiter. En l'.tG seulement, les édiles lui vouèrent, dans l'île du Tibre, un temple [aedes) qui fut dédié deux ans plus tard'". Ce temple, le même sans doute dont parle Vitruve qui y place aussi Jupiter, avait été élevé avec le produit des amendes auxquelles avaient donné lieu des usurpations de pâturage sur le domaine public. A cette occasion, des jeux furent célébrés et un sacrifice institué, qui continua d'être offert chaque année le 13 février, deux jours avant la fête des Lupercales. Ce sont les Faiinalia du printemps, dont il est question chez Horace et Caipurnius; aucun des calendriers connus ne les mentionne, pas plus d'ailleurs que les Faunalia célébrées aux nones de décembre et que le premier de ces poètes décrit, dans l'ode xviii du 111° livre, avec la notion très exacte en même temps que très gracieuse de la physionomie antique du dieu et de ses attributions champêtres \ Les renseignements succints des commentateurs, à propos de cette œuvre, prouvent, une fois de plus, que Faunus est plutrit l'objet de la vénération superstitieuse de quelques communes rurales qu'une divinité connue de tous et régulièrement honorée". Ici, il est invoqué tous les mois, ailleurs, au contraire, il ne

— I Til. I.iv. I. S : Ov. rn.lt. V, Ul cl s. ; cf. ih. 11. :!li7 et s. — 2 Sur'le culle île Faunus dans les Lupercales, v. ce mot et Mauniianit, Mythol. Korscluttigeiu p. "- et s. Cf. Uiif-er, Oiti'. cit. — 3 Suct. Caes. 79 ; l'iut. Cnes. lil ; Anton, ti; Dion. Cas. 4t, 11; cf. Reiffcrsclieid, 0. c. — lïit. I.iv. XXXIII, M: XXXIV, 93. a. Vilr. III, 2,3;Jor(lan. Cnmmnit. in linnor. Momms.p. 3o'J et s. — S Cf. Ov. Fast. Il, 193; Corp. inscr. Int. VI, 23ai ; Ilor. 0,1. I, l, 1 1 ; Calp. Ed. V, iG. — 0 l'roh. Georg. 1,10: rusticis persuasuni est ineoienlihus eani parleni Ilaliae qiiae suburbana est, saepe eos in a^ris conspici, — " l'orpiiyr. ad Ilor. Oif. 111, IS ; ei in Italia quidam annuum sacrum célébrant, quidam menstruum. — 8 Virg. Aen. VU, 81 ot s. — 3 Aen. XII, T06 cl Scrvius au vers 7G8. — 10 C'est l'erreur dans laquelle est tombi.<e Gerhard,

donne lieu qu'à un sacrifice annuel '; nous savons par Virgile que, dans une antiquité assez reculée, il possédait k Tibur, près de la cascade d'.\Ibunea, un sanctuaire et un oracle renommés"; mais ni l'un ni l'autre ne paraissent exister encore aux temps historiques ; tandis que Silvanus a été l'objet d'un assez grand nombre d'inscriptions votives, on n'en connaît encore aucune en l'honneur de Faunus. Cependant les marins, eux aussi, lui avaient adressé des hommages spéciaux. Virgile parle de l'olivier sauvage qui lui était consacré au voisinage de Laurente, et où ils allaient suspendre leurs oiTrandes, après avoir échappé aux Ilots; Servius lui décerne à cette occasion le titre d(^ dcus palrius^.

On aurait tort de considérer comme des représentations du Faunus national des Romains celles qui nous l'offrent sous les traits du Pan hellénique, des Panisques'", de Silène et de Marsyas avec lesquels il a aussi quelque ressemblance. Marsyas surtout, celui du moins qui était honoré comme un héros topique sur les bords du lac Fucin et auquel les Marses rapportaient leur origine, paraît n'avoir été qu'une doublure de Faunus". L'image authentique du dieu, dans son expression purement romaine, ne saurait être, avec quelque certitude, signalée nulle part, ni sur les monnaies ni sur quelque autre monument figuré. Un historien nous apprend qu'il était représenté au Lupercal, nu, vêtu d'une peau de chèvre, pareil aux Luperques qui couraient dans les rues de Rome en frappant les passants de leurs lanières de

Faunus.

Fig. i899.

cuir'^ A cette description correspondent des statuettes de bronze publiées pour la première fois et commentées par Reifl'orschoid'^ elles représentent (Qg. 2898, 2890) un personnage nu, le haut du corps drapé dans une peau de bête; la main droite tient une corne d'abondance qui se change, dans l'un des exemplaires, en massue noueuse, sans doute en vertu d'une interprétation erronée de l'artiste: la gauche tient une corne à boire; la figure est barbue, assez semblable à celle que les artistes prêtent à Jupiter. L'attribut caractéristique est la couronne, ou ra-

Hijperb. roem. Sludien, II, 79. Cf. l'article de Wissowa. dans .insfuertichei Lexikon de Roscher. p. 1454 et s. — " Sur les ressemblances de M.wsyas et de Faunus. cf. Preller, O. c. f. 39J, et les lc\tcs ap. Plin. Sat. hisl. III, 108; Sil. II. Pnn. VIII, :i03. — 12 Jusl. XLIII, 1, 7. — 13 Lune dans Annnti rfW/' Imt. 1866, tav. N; l'aulre d'aprùs Sacken, Die antike Bronzen zu Wien, pi. 30, fig. 3. R est digne de reinaiv|ue que d.ans ces statuettes ne se retrouvent pas les cornes dont les pointes font uu des attributs ordinaires du dieu (v. entre autres Ov. Fast. V, 99 ; /ft'roïri. IV, 19) et qui conviennent aussi bien à sa nature agreste <iu'à son tempi'r.imenl sensuel. En faut-il conclure que les cornes n'ont éïé donnéos à Faunus qu'à cause de son identification avec Pan ?

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diéc etenmolal ouformée d'un feuilla^^e très vigoureux; nous avons dit à quelle occasion cet emblème avait été offert à César par les Luperques. L'ensemble suggère très naturellement l'idée de l'antique roi du Latium, dieu viril et bienfaisant, qui tient à la fois des Lares domestiques, de Hercules gardien de l'enclos champêtre et de Silvanus, génie des bois; mais l'attribution à Faunus est seulement probable. J. A. Hilo.

FAUTOR. — Un entendait par faulor /lar/ilil ou ncqidtiae^ une sorte de complice par assistance, qui, sans pousser directement au délit comme le suasor ou auctoh, engage indirectement à le commettre, en fournissant à l'agent des moyens d'échapper à la peine, ou de profiter de l'infraction. Du reste, les actes du faulor se rattachent au délit, soit qu'ils le précèdent ou le suivent; en effet préparer un asile, un lieu de recel, ou faciliter la vente des objets volés, sont des faits qui, par leur ensemble, ou l'habitude chez leur auteur de les commettre, peuvent d'avance faciliter l'infraction et inviter à l'accomplir -. Souvent la loi romaine appliquait au fauteur la même peine qu'au délinquant. Ainsi l'action pénale privée appelée adio furii, était donnée contre celui qui cachait le voleur^.

Le receleur de brigands, lalroncx, était soumis à la même peine que ceux-ci'. De même, une constitution d'Honorius, Théodose et Arcadius, de l'an 415, prononça la peine capitale non seulement contre les magistrats qui, dans le cours de leur administration, auraient soustrait des deniers publics, mais encore contre ceux qui leur auraient prêté pour cela leur ministère, ou qui auraient recelé sciemment les sommes détournées". Quelquefois cependant les receleurs étaient punis moins rigoureusement, ainsi dans le cas d'ABiGEATUs". Ulpien n'accordait pas l'action de vol, furtum, contre celui qui avait celé anillam mereiricem libidinis causa ; il repoussait même l'application de la loi Fabia de plagia''. Paul au contraire punissait le receleur comme un voleur*. G. Humuert.

FAVISSAE (ÔTiuaupoî?) '. — Si l'étymologie' dumot/'flvissae est restée obscure, le sens au moins en est précisé par des textes d'auteurs.

C'était, dit Aulu-Gelle, d'après Varron ;il parle des favissap CapUoUnae) des espèces de caves ou de fosses souterraines creusées sous le sol attenant au temple, où l'on déposaitles images desdieuxque la vétusté avait abattues et divers objets sacrés provenant des offrandes \

On appelait /"auissae, dit Festus, des lieux où l'on conservait l'eau près des temples. Il en est, ajoute le même auteur, qui croient qu'il existe au Capitole des faoissar semblables à des caveaux et à des citernes où l'on déposait les objets qu'un long usage dans le temple avait mis hors de service'.

FADTOR. 1 V. Rein, Dus Criminnlmht iliir lUnnn-, |i. iOl, Lci[j/.ig, 184*; Cic. Ad Âtlic I, 16 ; Horat. Zip. I. 5, 33; Cf. Tacit. Aim. XIV, -il. - 2 Quiiict. De cl. 2.Ï3. — ■•! Fr. 48, § 1 et 3, Dig. JJf furlis, XLVII, 2 ; h\ 4, D. De conil. ob turp. Crtîw. XII, 5 ; Inst. Just. IV, 1, H el 12. — V V'oy. l'art, iieckptatoii, et fr. ), D. De recept. XLVU, 16. — s C. unie. Cod. Justin. De erim. jjpculat. IX, &. — » Fr. 3, § :i, Dig. De Miig. XI-VII, \\. — 'i Fr. :w, Dig. XLVI. 2.-8 .Sent, rec'pl. Il, 31, 12. — Tour la biljliogra|iliif' voir l'article con5ch:s DKr.itrri.

FAVISSAE. — 1 « y. Valerium solitum liicere ail [Varro] quos Ihcsauros graeco nomine aiipellarcinus. pri5cos latines //aci'ssrtsdixcisssc, quod in eos non rndc aesargentuniquc, sed llata signaLaiiue liocunia conderelur. Conjecture igilur se dctractam esse ex eo \erbo sccuiularn Iitloram, et fnvissas essa dictas collas quasdam ctspccus quibusacditui Capitoliniuterenturadcuslodiendumrcsvctercs religiosas(Gell. M, x.) ». D'après ce texte, il y aurait identificatiou entre /lavtssae, vieux mot remplace par thesaurtut emprunta aux Grecs, et faotssac. Il est vrai que, suivant Varron, les /favissae n'auraient été que des tri5sors dins le sens le jdus restreint ilu mot, puisqu'on n'y devait renfermer que de l'argent mouuayé. Mais cette opinion est iuspirC-e

Il semblerait, d'après le texte de Festus, que le nom favissac appartint d'abord à des citernes destinées à contenir les réserves d'eau nécessaires pour le service du temple; puisque, par extension, il fut étendu à des souterrains, souvent de même forme, où l'on déposait, pour en débarrasser le temple, les objets sacrés devenus encombrants ou hors d'usage.

Indépendamment des considérations philologiques, le mot /"ayissae paraît très ancien. Les auteurs qui le mentionnent en recherchent non seulement l'étymologie, mais le sens, ce qui prouve que, de leur temps, il n'est plus en usage. Servius Sulpicius ayant rencontré, dans les livres censoriaux, l'expression /"au^sne Capilolinae ne la comprend pas, et, pour en avoirl'explication, s'adresse au plus célèbre grammairien contemporain, à Varron °. Et si le mot était déjà relégué dans la terminologie archéologique, il ne parait pas que la chose même qu'il désigne ait été plus connue par les écrivains qui en parlent. Ils ne le font, en effet, qu'avec des formules dubitatives, alléguant des autorités étrangères; en outre, il n'est question, dans leurs textes, que des fnvissae Capilolinae; ils semblent ignorer qu'il en existe d'autres.

Les favissae eurent comme première origine une idée religieuse. Au temps où les croyances étaient profondes, on comprend qu'on ait été fidèle à la loi de ne pas livrer à des usages profanes les objets consacrés. Plus tard, avec l'affaiblissement des sentiments religieux, on fut moins scrupuleux; les temples eurent bien des lieux si'irs, le plus souvent souterrains, où l'on conservait l'argent, les objets précieux et sans doute aussi certaines choses hors d'usage qu'on avait intérêt à ne pas détruire. Mais c'étaient des dépôts, des trésors et non pas, comme les favissae des temps antiques, des lieux où l'on cachait, uniquement pour les soustraire à un usage profane et sacrilège, des objets autrefois consacrés aux dieux ou à leur culte.

Si les favissae, dans le sens strict du mol, semblent avoir cessé de bonne heure d'être en usage, elles remontent, par contre, à une très haute antiquité. Nous le démontrerons en signalant quelques favissae connues soit par des textes d'auteurs, soit par des découvertes archéologiques. Toutes remontent à une haute antiquité.

C'était un usage chez les Grecs de débarrasser les sanctuaires, au bout d'un certain temps, des ex-voto sans valeur qui l'encombraient [Voy. donarium, p. 300J, en particulier des terres cuites de tout genre que les pèlerins apportaient et qui s'amoncelaient dans le téménos. D'autre part, on ne voulait pas, en rejetant purement et simplement ces offrandes, qu'elles pussent rentrer dans la circulation et être utilisées de nouveau pour la vente. Tout objet devenu la propriété du dieu était saccr et,

uniquement parla nécessité de fonder l'élymologio sur des ressomhlanoes de mots. Ce fait seul subsiste que Varron établit une synonynio entre fiavissae et le mot plus récent ihesaurus. Cf. Olos. Pkitox. : Favissae. Or,-y«j^û; ot la définition que donne Hésycliius du mot 0>îff«jpûî ; et; «y»"'-!**^"^ *«' >:f>;[ii-wv îepi'v à-ôOurtv oTxo^. Je crois cependant qu'il exista toujours entre ces doux choses une différence cajjitale, fondée sur une idée religieuse que nous expliiiuerons plus loin; il est possible, (oulcfois que, à cause de leurs dispositions analogues, les ftirissae aient été souvent employées comme /A''.sn((ri et réciproquement. — - Vo\c/., note 1. l'étymologie proposée par Varron. Jordan attribue, avec toute vraiseniblanee, une origine étrusque â ce mot. Cf. Jordan, Krit. lîeiirat'fjen ztir Gisschichte der lai. .Sprache. 187'J, p, 80; Id. Topnrjraphie der Sladl Itom. t. I, 1, p. 27-1, noio 38 ; t. 1, 2, p. U, note 3. — 3 Gell. Il, 10. — V Festus. Krccrpf. Paiili Diao., liv. VU ; cf. p. 66, éd. Lindemaïui : « Favissae loeum sic appollabant in quo erat arjua inclusa circa lempla. Sunt autcni qui putant favissas esse in l'.apitolio cellis eislcrnisque siniiles, ubireponierantsolitaea,quaéin teniplo \otuslate eraut firla inutilia. — i^Gell. Loc. cit.

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comme tel, à jamais exclu du monde profane. On creusait donc une fosse dans un coin du léménos ou à peu de distance du temple et l'on enfouissait pieusement ces humbles présents, après les avoir préalablement brisés et mis hors d Usage, afin d'cHer toute envie aux spéculateurs de venir les rechercher. Des dépôts de ce genre ont été fréquemment constatés dans les pays grecs : ils appartiennent à des régions et à des épocjues très diverses', ce qui prouve que ce rituel a été pratiqué fort longtemps par tous les peuples de race helléniciue.

Ce sont bien des favixsac ([u'Ovide décrit dans les vers suivants qui méritent d'être cités ici. La scène se passe aux temps mythologiques :

Luuiiiiis exigiii fuerat prope temi)l:i recessus Speluncae similis, iiativo puinicc lectiis, lleligione saccr 'prisca; quo niiilta sacerdos Lignt'a contulerat veteruui siimil.ii-ra deoniiu*.

Les textes d'Aulu-Uelle et de Festus cités au commencement de cet article font mention des favissae Capilolinae qui s'étendaient sous le temple do Jupiteret sous son area. Ces souterrains mirent obstacle au projet de n. Catuius qui aurait voulu donner à la base du monument, plus d'élévation en augmentant le nombre des degrés '. Ils datent sans doute de la première origine du temple et, comme lui, sont étrusques. L'expression /"auissnc CnplIoUnae s'est conservée à Rome, par tradition, et il est probable que, sans cette tradition, ]>• moi fnvisxac, rapidement tombé en désuétude', ne serait pas parvenu jusqu'à nous'*.

Festus dit que le^ pivissae Capilolinan sont cellis cis- Icrnisque similes; ces mots peuvent nous donner l'idée de deux types de favissae : les unes semblables à des cellae ; c'est bien la l'orme qu'atl'ectent celles du temple de Curium si le plan qu'en a donné M. de Cesnola est exact. D'autres, ressemblant a des citernes ; à ce type appartiennent celles qui furent découvertes au commencement de ce siècle, à Fiesole, sous l'église San Alessandro , élevée sur les raines d'un monument très antique.

Files se composaientde trois puits voisins les uns des autres. Les objets qui en furent retirés rendent fort probable la conjecture de G. del Rosso, que c'était les favissae du temple ^ (fig. 2t)00).

Enfin, à une époque beaucoup plus récente, M. Guardabassi mit au jour, près d'Ancarano di Norcia, sous les ruines et le terrain voisin d'un temple qui semble avoir

' Lii lisle Irt^s coin[tlùle de ces dépûU a été réceiiimeiit drossée par M. P. Paris, Elati'f, p. 1il-lb7, l'aris, 1802. Nous ne pouvons i|iio iiientioniier ici la céléLi-e découverle du Trésor de Curium. à Clijpre, réparti, d'après la relation de M. de tx'snola dans quatre chambres souterraines (voy. Perrot et Cleipzig. ilist. fie l'art, III, p. 281, fig;. ilti) car celte trouvaille a donné lieu à de très vives discussions et on en a contesté, sinon l'antlieuticité. du ntoins la disposition arcliileeturale. — 2 J/g. tam. X, 600. Il somlile hien que les souterrains où Pou enferma Philopocmen, et quo décrit Plutarquc, ont été aussi des funissae : Philop. XIX ; cf. Tit. Liv. XXXIX, L. — ^ Oeil. /oc. cil. — '» Sur les Fitvissae Cajtitolhifie. cf. la description très détaillée AuMuifiQn. IJesclitvilmng ilin- Slnill Ilom. III, 6M. Cette description est citée en entier par Utio Ciilbert, Oeschicht:! unit Topographie lier Sladt Jtom im Allert/ium, l. II. p. 410, note 1. — 5 G. dol Ro%%o, Singoliire scoperta di un ntonitmento etrusco nellu vittit fit Fit'sole, dans Giornale arcnilico di scienze, tettere ed nrti,

été détruit au milieu du \' siècle de Rome, des favissae d'un tout autre genre que les précédentes. C'est un labyrinthe, un dédale de caveaux ajoutés les uns aux autres, sans suite et sans ordre apparent. M. Fiorelli en

Fi§r. 2'JOl. — Caveaux de temple.

Fig. 2900. — Caveauï et puits.

a publié une excellente description et un dessin que nous reproduisons (fig. 2901)*^.

llparait])robableque, sous beaucoup d'anciens temples ou à crité, il existait des favissae; certains dépots de statuettes religieuses brisées'', certains puits antiques que l'on a fouillés, étaient peut-être les favissae de quelque temple voisin ; il estprobable que si les archéologues dirigeaient leurs recherches dans ce sens, de riches et nombreuses découvertes récompenseraient leurs efforts.

H. TnÉrpEXAT.

FAVITS. — I. Rayon de miel [apes].

II. Tablette, section de pierre ou de marbre employée pour la mosaïque [.musivum opls].

FAX (Aaiç et Sic). — Nous étudierons sous ce titre la torche résineuse, opposée aux mèches entourées de cire ou de poix qui tenaient lieu chez les anciens de chandelles et de bougies [candela, cera, fu.vale], également différente des lampes et des lanternes |^l.\mpas, laterna]. Les auteurs, surtout les lexicographes de la basse

époque, n'ont pas établi des distinctions de sens aussi rigoureuses :

ils disent volontiers XauLTcioEç pour oïoc;'. Mais la forme particulière de la torche est suffisamment caractérisée par les textes et par les monuments pour que nous puissions l'étudier à part dans l'ensemble des luminaires antiques.

I. Les Grecs ont plusieurs termes pour la désigner : oaii; et oxSiov, oe-vî, ::£iJxT,, oav&î et ~avoç, Ypi^io^i opuXTO!, ÀOÇ.VÎÇ et /o^vioiov, ÉXa'vT,'. Le mot oat; est le plus ancien

t. m. juillct-septcnibrc IKl'J, p. llS-Ii."!. L'oe source qui s'écoule dans une des trois citernes fait penser au texte de Festus : toeus in quo erat aqua inclusa circa templn. — 6 Fiorelli, Atti delta /t. Accndentin dri Lincri, an. 277, 1879-SO, 3' série, t. V, p. 107, et s»]., pi. I. fig. S. — " I^ liste la plus complète cl la plus r#ccnle a été dressés par M. P. Paris. Elnlée, 1802. p. 139 et suiv. — BiBuuduFHiE. Carlo Promis, Vocaboli latini di architectura posteriori a Xitruvio opfturc a lei scottosciuli, dans Memorie delta reate Accademia di Torino, série II, l. XXVIII, Turin, I87f., p. 300-301 ; G. dcl Rosso (v. plus haut, note 3) ; Ollo Gilbert. Gesehichle und Topograptiie der Stadt Boin im Attrrthitm, t. II, p. -419, note I.

FAX. t Suidas, «, F. AâSt; : Elymoloir. raagn. p. 2tt : Hcsych. *. r. ; Alhen. De:pnosojilt. XV. p. 699 et 700 ; Pollui, VI, IS, p. 103 : Plularcli. -Irudii. 6. — S .\ilicn. toc. cil. ; Hesjch. s. v. îtt»; et «.oç-.;; ; Bekkor. Anecl. graeca, I, p. 30, 27: Photius, |). 639, 4 ; PoIIui, X, 1 17.

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el appartient au lexique homérique (rac. Saûo)'. Le mot OETY, est employé aussi par Homère - et il exprime bien la nature de l'objet formé de brindilles de bois assemblées et liées (rac. Séw). On peut imaginer le luxe déjà déployé par les populations gréco-ioniennes dans l'installation de leur luminaire par l'exemple célèbre du palais d'Alcinoiis et dos statues d'or décrites par le poète, véritables lampadaires en forme de jeunes gens tenant en main des torches'-*. Il faut se représenter ici des torches résineuses, plutôt que des bougies et des cires, car le système d'éclairage au moyen du suif ou de la cire n'a été pratiqué à une époque reculée que par les peuples d'Italie [CANDELA, cera], tandis que les Grecs sont restés de préférence attachés au procédé primitif du bois résineux. Le pin était spécialement recherché pour la fabrication

Fig. 2903.

des torches ; le nom même de l'arbre, -eûxt,, servait aussi à désigner ce produit '. Mais on employait encore d'autres bois, comme le sarment de vigne '', l'yeuse ou le chêne'. Les hommes employés à ce métier s'appelaient oaooyç,Yo;; ils savaient quel bois choisir, à quelle place le couper

(Sqc3oxotc£Ïv), de façon à ne pas faire de mal à l'arbre'. Une fois les baguettes façonnées et bien enduites de résine, on les liait en un faisceau plus ou moins épais ', au moyen de ligatures de papyrus".

On distinguait de ces oETaî la torche d'un seul morceau de bois (aovo;u).oi; )vaa7:iç), appelée plus spécialement Xoç.vî;"'.

Tous ces renseignements prennent vie et couleur, quand on se reporte aux monuments. Voici la torche faite d'une seule branche de pin noueux (fig. 2902) ", el voici la torche composée de multiples baguettes

I Odyss. \ II. lui. Cf. Ilcsioil. Seul. Uerc. i73. — 2 JUad. \\, So3 ; XVII, 6o:t. — 3 Othjss. Vil, 100. — 4 Aoschyl. Agnm. 2S8 ; Soiili. Oal. r. il'i; Eurip. Oresl. 1543 ; Troad. 298. Cf. Hcsvch. s. v. Aïf; ; Pollux. X, 117. — 5 Atlion. XV. p. 701, A. ; Pliot. p. G79, 4 ; Scliol. art. Arisloph. Lys. 308. — C Athcn. p. 699, E. —7 ThooplirasU Hisl. plant. III,!), 3; Caus. /il. V, IG, 2.-8 Allion. p. 700, A; liekkci-, Anecd. rjraec. I, p. 50, 27; l'hot. /.er. p. 238. — 9 Schol. .ld Aristopli. \'np. 1301. — lOEuslalh. art Iloni. Odyss. p. 1633, 17. — H Anh. Zcitung, 1838, pi. 111, n' 3. — 12 Monumeiili delf Inslitulo, XII, 1883, pi. 33. — 13 Ibid. I, pi. 54. — " lùid. IX, pi. 43. — 1" Camp.ina, Opère in plaslicii. pi. 17. — 10 Infchiiaini, l'itture d. vas. etruseh., pi. 327 ; cf. pi. 339, 373 ; de La lioidc. Vases de la cullecl. l.anibery.

~0^Qm^^

Fig. 2904.

(fig. 2903) '- ; ici le simple brandon enflammé (fig. 2904)" et là le faisceau élégant et serré dans ses fines ligatures (fig. 2905) '\ ou bien le lourd assemblage de grosses baguettes (fig. 2906)'". Tantôt les ligatures sont liées fortement de distance en distance comme des anneaux (fig. 2903); tantôt elles tournent en spirale autour de la hampe sans interruption (fig. 2908)"; plus rarement elles sont nouées en croix, comme si l'on voulait assurer davantage la solidité du tout(iig. 2907)'".

Bien que l'usage de la torche remonte aux origines mêmes de la vie antique, il est remarquable qu'elle figure assez rarement sur les monuments archaïques. Innombrable sur les' peintures de vases à figures rouges, elle apparaît sur un

très petit nombre de vases à figures noires ou au trait noir, dont la plupart même appartiennent aux premières années du V siècle plut(H qu'au vi'' ". Parmi les centaines d'ex-voto très anciens en terre cuite, représentant Artémis, que M. Lechat a découvert à Corcyre ''', pas un seul ne montre encore la déesse avec une torche, bien que cet accessoire soit réputé classique entre les mains de la déesse. On voit cet attribut entre les mains de Coré sur un relief altique qui paraît être de style archaïque-", avec une forme déjà longue et régulière comme sur les monuments du v" et du iv= siècle; mais, en général, on constate que la torche garde un aspect primitif et agreste de simple brandon dans la période antérieure aux guerres Médiques, par exemple dans un petit bronze

trouvé en Grèce-'. Elle est plus soignée, formée de baguettes régulièrement liées, mais encore courte et pou épaisse dans les peintures de style sévère, qui correspondent à l'époque de Brygos et de Hiéron ilig. 2905)--. C'est seulement vers le milieu du v' siècle et surtout après les œuvres de l'école do Phidias que la torche prend l'aspectmonumental d'un sceptre, atteignantol dépassant même la hautourdu personnage-^; on comprend qu'alors

I, pi. 31,50.— 17 Ëphnncris nrehéologiq. 1886, pi. 1 ; cf. Ilighimini, Op.l.f\. 328. — 18 Monmnenti delt Insl., 1842, pi. 46, n" 1 et 3 ; Arch. /.eilnHy, 1868, pi. 9; fierliai'd, Aliserles. Xnsenbilder. pi. 312, 313, 326 ; Fiorplli, Yasi dtp. Siracmn. pi. 3, n" i ; Athenische Mittfieitungen, 1891, pi. 9; Bciiiirtorf. Gr. und Sicil. Vasenb.. pi. 19, n<*3, — i^ Bulletin de correspondance belléniQiie, 1891, p. 1-111. — 20 Arch. Zeilung, 1849. pi. 11. — 2'/4iV/. 1881, pi. 2, n« 2. — 2J .I/o», rfc/. /Hs^ IX, pi, 43 ; liigliirami, Pitt. d. ras., pi. 348; de Lu; nos, Descripl. vas., pi. 26, n* 2 ; Gcrliard, Trinkscbal. und Gef. pi. AB. — 23 Micliaclis, Der l'arthenon, pi. 14, n« 26 ; Montimenti didl' Insl., VI, pi. 45 ; XII. pi. 33 ; (lorharj, Elr. uiiil l:(inip. Vasenb. pi. C, li°» 4 et 5,

Fig. 2907.

Fig. 2908.

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Fig. 2;ioo.

Torclies à flainmes multiples.

cet objet devient surtout un symbole décoratif. On lui donne toute l'ampleur et la majesté qui conviennent à un attribut divin. Plus tard, au IV siècle et pendant toute la période hellénistique, on s'efTorça de perfectionner les qualités pratiques de l'instrument, soit en faisant jaillir la llamme de plusieurs points de la torche (fif,'. 2909) ', soit en adaptant au sommet de la hampe une série de brandons plus courts et disposés en croisillons (fîg. 2910)^, de ... , , façon à multiplier les foyers lumineux et à obtenir un éclairage plus intense. On constata aussi la nécessité de protéger la main contre les gouttes brûlantes de résine coulant le long du faisceau et, comme dans les bougies et les cires, on adapta à la base de la torche une large bobèche destinée à éviter tout danger de brûlure ', ou même on piqua le bois résineux dans un candélabre de métal [candelabrum, fig. tO"i et 1081].

Dans l'existence des Grecs les torches occupaient une place considérable dont ne peut donner aucune idée le ri*)le des luminaires modernes. Elles n'étaient pas seulement des ustensiles nécessaires à l'éclairage, à l'allumage. Ayant une vertu purifrcative, elles étaient par excellence des accessoires religieux. Voici les diverses circonstances de la vie antique où l'on pouvait en faire usage.

1° Pour s'éclairer la nuit et surtout dans les chemins", l'éclairage intérieur des maisons étant plutôt assuré par des lampes ; dehors, les torches avaient l'avantage donc pas s'éteindre facilement au vent. On les achetait chez les cabaretiers ou petits trafiquants de détail"; la consommation était, en moyenne, d'une drachme par mois". Celait l'ustensile indispensable aux voyageurs' et aussi, dans les rues d'Athènes, aux gens qui rentraient lard le soir, après un banquet*. Les peintures de vases reproduisent très fréquemment l'épisode des jeunes gens avinés qui se reconduisent les uns les autres à la lueur des torches jusqu'à leur demeure^.

2" En tenij)s de guerre, les torches servaient à faire des signaux dans la nuit. On annonçait l'approche d'un parti ennemi, en les agitant fortement et en tout sens: on les élevait, au contraire, tranquillement et sans secousses, s'il s'agissait de troupes amies'". De là l'expression de 9fjxToî -oiXioc xxi -oÀ£[aiûi ". On sait que l'usage de la télégraphie optique s'est développé de

* Monumentf, 1. pi. i. : Aixh. Zeitung, 18ii, pi. -V. — - Momaiiritti^Xl^ pi. M. Aulros exemples : Arc/i. Zi'ittmij. lSi4, pi. la ; 1867, pi. 221 ; Milllii, Tombes <tt Caiiosa, pi. 3; Aiiiinli ildl' IitsI. 1883, pi. 1; Dullellino areh. JVoiiolelniw, X. S. VI, pi. 8; Baunieisler, Senkinneler des klnss. Alterlhiims, llg. 462, 1879, iOli A.

— '■' Arcli. Xeitung, 1838, pi. 117; Cerluird, Auscrl. Vnsunb., pi. 43; Tisclibein, Peiiiltires vas. Il, pi. 23. — 4 AUion. XV, p. 099 ; Lysias, De exil. Eratosth. 24 ; Arislopli. Nuh. 612 ; Plularcli. Avat. 6. — î» I.; sias. /. c. — C Arislopli. /. c. — ".\ltien. (. c. — 8 Arlstoph. Ecclesiii:. 092, 978 ; Yesp. 1331. — 3 De I.a Bonlc, Collecl. Lam berg, I, pi. 3.', 66 ; Ingliirami, Pill. ras. pi. 373 ; Annali, 1860, pi. B ; 1885, pi. F : liaumeistcr, Denicmxler. fig. 847, 846. Voy. ci-dessus, fig. 1429. — to Tliucyil. II, 94etSchol. <i(/. h. toc. Cf. Suidas, s. r. çfuxtoî. — " Aristid. I, p. 223. Ce s;stùmc de signaux est bien ancien, car il est di^jà mentionné par Homère [lliad. XVlil. 211). — 13 Acscli. Agam. 281-292. — 13 Alhcn. XV, p. 700, C. — '' Seliol. ad Kuripid. Plio'n. 1377. De là u» proverbe grec : oiSi ::yç=i>po; E9ûOr,v pour dire que rien n'a l'cliappé au diHastr,^. Cf. Welckcr, Der epische Cychts, II, p. ISi, noie 22*.

— 1' llom. //i(i</. XVI, 122. — 10 liaumeisler, Deiikmxler. fig. 783 ; cf. Ingliirami. Galh-rki omericn ,f\. t.37. — U Aristoiih. I.ysistr. 308 ; Xub. 1494 ; Tluie;d. VII. 33; XonnpIi. Cyrop V, 9; l'olvb. I, 45. 12; lliod. Sicil. XX, 86; XIII. 13. — IS Slat.

très bonne heure et que, dans la tragédie d'Eschyle, Agamemnon annonce à la Grèce la prise de Troie par une série de signaux enflammés, échelonnés depuis la côte d'Asie jusqu'à Argos'^ Le système des phares [piiarus] pour la navigation procède de la même idée '^. D'après une tradition transmise par des scholiastes, mais qui paraît peu historique, ou du moins difficile à rapporter à une époque précise, la torche aurait été aussi un signal de combat : un itupçosoç, dont la personne était considérée comme sacrée et vouée au dieu de la guerre, s'avançait entre les belligérants et lançait une torche en l'air, puis il se retirait sans être inquiété ". Ce qui est certain, c'est que la torche fut toujours, aux mains des soldats, un engin d'attaque et de défense. Le plus ancien exemple est celui des vaisseaux grecs incendiés par les Troyens"^, épisode représenté sur une pointure de vase de style sévère '^ Dans les opérations de siège, la torche, avec d'autres matières combustibles, jouait naturellement un rôle important'"'. Al'occasion, on se servait même de la torche comme d'une arme véritable. 11 est vrai que, dans ce cas, nous avons surtout affaire aux récits d'épopée héroïque " ou nous sommes en présence du monde mythologique : les Lapithes combattant les Centaures ", les dieux combattant les Géants-", les suivants deBacchus châtiant les pirates-', les Silènes torturant Lamia--, etc.

3° Les cérémonies religieuses surtout nécessitent la présence des torches, le feu étant considéré comme l'élément purificateur par excellence. Dès la naissance, la torche apparaît auprès de l'enfant nouveau-né ". Un sculpteur du iv" siècle, Damophon, avait représenté la déesse de l'accouchement, Eileithyia, avec une torche dans la main, parce qu'elle conduit les enfants à la lumière du jour (v, è; ow; ï-'ojtï toj; ttzîoi;)-'. Dans le mariage grec, le cérémonial des torches est de rigueur [jiatrt.moxilm1 : elles sont portées par les mères des deux mariés ^^, et plusieurs peintures de vases du v^ siècle confirment à cet égard les textes des auteurs". PoUux les appelle Sïos; vj;xi;>-.ai^'. Enfin, dans les funérailles [funus], on avait plusieurs motifs de recourir à l'emploi des torches, d'abord pour s'éclairer, puisque le transport du corps au tombeau avait lieu avant le lever du soleil -', ensuite pour purifier l'air de toute impureté, enfin pour mettre le feu au bûcher du mort ■' (fig. 2904\ C'est pourtiuoi la torche a pris plus tard, dans l'art grécoromain, un sens funéraire très marqué'".

En dehors de ces solennités, les occasions d'allumer des torches à propos d'un acte religieux quelconque étaient très fréquentes. Les lustrations ne pouvaient s'accomplir sans elles ". Une peinture de vase nous fait

Tlwh. VlII. 167. — 10 Avch. Zeil. 1883. pi. 18. — 20 Bauineislcr, Denkmxler. fig. U26 ; Gerhard, Trinksch. und Gef. pi. 2 et 3 ; Overbeck, A</<n ron Kiinttmytholog. pi. V. n' i ; ilonummls publiés par l'Assoc. des élud. gr. 1873. pi. I cl 2. — 21 liaumeisler, fig. 921; voy. ci-dessus, fig. 688. — ^ Alhenisehe Mittheilungeii, 1891, pi. 9. —23 Bocllicher. Baumkiilliis der Hellenen, p. 230; Banmcisler, Denkm. fig. 932. — 2> Pausan. VII, 23, 3. Cf. Annali, 1878. p. 104. — 2^ Euripid. Phoeii.2Vi; rpliig. Aul. 722etScliol. ad. h.loe. Cf. aussi Schol. ad Apoll. Jrjon.IV. 800. — 2t; Voy. ci-dessus, fig. 1992 : Staelelbcrg. Graeb. der ffelleneii, pi. 42 ; ifonunienli dell' lasl. 1876. pi. 33 ( = Duruy. Hist. des Grecs. I. p. 413) ; Artk. Zeilung, 1882, pi. ■'> ; Heydemann, Orieeli. Vaseiib. pi. x, n* 1 ; Furl\v.TOgler, Collection Sabouro/f, pi. :i8. Cf. pour les lascs italioles du iv siècle, Gerhard. Trinksch. pi. G : .ipul. Vasenb. pi. l.î; Annali. 1857. pi. FG. — 3' Polluv. III. 43.-28 DemosUi. Conir. Afacarl.Sî, p. 1071. Cf. pour les monuments lîgunSi, CoUignon. Catalogue des rases d'Atliènes. n' 677 ; Monumenli. X, pi, 31. — 29 Hom. Iliad. X.\III, 177. Représculalions figurées : Monumenli. I. pi. 54: Durui. Hist. des Grecs. II, p. 71 1 ; .Iniin'i. 1872, pi. A. — *) Sirène funébro tenant une lorïhe ; Annali. 1879. pi. R, n» 2. Pour lÈros romain apiiuié sur la torche ren\ersée. to;. p. 1029, note jj. 31 Esclijlc donne aux isovSsi répilhètc de i%S«iSi: iEumenid. lOVU.

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Fi". 2'Jll. — Torches de sacrifice.

Fig. 20 li. — Torcli lomi)lc.

voir qu'on en plantait un certain nombre en terre avant d'égori3'er la victime (lig. 2911) '. Dans les temples, on voyait d'énormes torches dressées sur le parvis même

etformant une sorte d'autel à feu perpétuel qui servait aux besoins de chacun (tig. 2912) -.

On trouvera plus haut des exemples ([ui montrent l'emploi des torches dans diverses fêtes athéniennes et dans certains rituels, par exemple dans les cnoES (fig. 1-429), dans les dionysia dans la purification de Thésée après le meurtre des brigands [dios Koniox, fig. 2450], et surtout dans les grandes solennités des Mystères où les processions nocturnes et les scènes secrètes des initiations exigeaient un déploiement inusité de luminaire [ELEUSi,Ni.\, fig. 2629, 2G30, 2C3i, 2039]. Rappelons encore les monuments relatifs à la LAMPADOPUORiA % les scènes de sacrifices'-, les fêles féminines'', les innombrables occasions de faire offrande aux dieux et d'allumer une torche, soit dans la maison, soit dans la rue, soit dans le temple'''.

On peut noter, en outre, qu'à l'état d'accessoire religieux ou d'attribut divin, la torche grecque s'enrichit souvent de couronnes, de bandelettes et de guirlandes qui en précisent encore le caractère sacré (fig. 2913).

Les exemples en sont fréquents surtout sur les vases de fabrication ilaliote^

En droit, presque toutes les divinités grecques auraient pu revendiquer la torche comme attribut, ayanttoulesun pouvoirpurificateuret tenantdeprès par leurs origines aux phénomènes de la lumière. Mais, dans l'espèce, quelques-unes ont accaparé à leur profit cet accessoire symbolique. Par exemple Apollon, Esculape, Hygie, dieux purificateurs par excellence, en sont rarement ou pas du tout pourvus*. Au contraire, Démêler, Coré, Artémis, la triple Hécate, la portent constamment (voy. ci-dessus les figures 921,1298,1301,1302, 1303, 13(H, 1310, 1311, 13IG, 1320, 1321, 2242, 2G29, 2630, 2634, 2693 pour Démêler et Coré ; fig. 377, 2330, 2331, 2332, 2333, 2336, 2337, 2364, 2371, 2373, 2381 pour

I Hi'yik'inann, Or. Vnxeiihilih-r. pi. xi. n- :i. — -' Moiiimic- de AU-garc, Duru;, f/isl. (les Grecs, 11, p. 430. Voy. l'arliclo do M. Svoioiios sur le ty]ie do certaines monnaies de Byzance dans VÉjihémi'ris archàoloijiq. ISSSI, pi. Il, p. 94-80. — '■' liaiimeislcr. Denhyixl. I\g. âdi. .ï03 ; InKldrami, Vas. pi. :)0:i. — 4 Arch. ZeilKiii/. 1880, pi. 10. — s Cf. Annali, 1878, p. tOk-IOli sur les r.u->rj/ir,«-::<7m. — ^ Arislopli. Vcsji. iST-J. On plantait môme dans les gâteaux sacri's de |)ctites torches, comme on peut le voir sur mie curieuse peinture de vase {L'phi'-mrrîs nrc/iêologit/. 181)0, pi. 7), mais il est difficile de distinguer si ces JaSiV (Athen. XIV, p. Btj) sont de petites cires ou du bois résineux. — " Monumenti, 1802, pi. 00. Autres exemples ; Arch. Zeil. 1843, pi. Il ; DulMIino nrch. Napol. N. S. IV. pi. 3 ; Annali, 1848, pi. N ; 1873, pi. I) ; 1878. pi. (i. — 8 Nous avons citi"' pour Apollon le rc'lablissement solennel du çavo; dans le temple du dieu, profané par Hercule ; voy. fig. 2902. = Arch. Zcitung, 1858, pi. tll, n» 3. — ' I'ourH6calo, voy. l'article de Uoscher, I.cxifmn lier r/ricch. tmil roem. Mythologie, p. 1885 et suiv. Cf. Arch. epiijr. Mittheilimyen uns Oesterreich,

2913. — Torche avec bandelette.

Arlémisi ^ Après ces trois divinités, les personnages mythologiques qui en sont le plus fréquemment munis sont les Ménades et les Silènes, parcourant la nuit les montagnes en compagnie de Dionysos'", puis les Furies (jui tourmentent les morts dans les Enfers ". Il en résulte que dans la symbolique des attributs divins, la torche caractérise surtout les divinités de la nuit et des ténèbres, plutôt que les puissances purificatrices. C'est accidentellement qu'on la voit portée par de pures abstractions intellectuelles comme la Victoire '- et la Poésie''. Au contraire, c'est par une extension toute logique qu'elle est prêtée à Phosphoros ", ou bien à Médée'-' et à la déesse Apatè'*.

II. Les Étrusques et les Romains ont connu la torche résineuse et il est évident qu'au début, comme tous les peuples primitifs, ils en ont fait un usage quotidien. Mais, de bonne heure, comme on l'a expliqué dans les articles ca.ndela et cera, le luminaire a pris chez les nations de l'Italie centrale une forme particulière, grâce à l'emploi prépondérant des matières graisseuses, et, tandis que les Grecs conservaient jusqu'à la domination romaine le système des torches de résine, les Étrusques et les Romains l'abandonnaient très tôt pourse servir des chandelles et des cires. Aussi le mot fax et le mol larda no représentent pas toujours un ustensile absolument pareil à la oxU des Grecs, ou, pour mieux dire, ce peut être souvent une Saîç artificielle, faite à l'image du llambeau grec, mais n'en reproduisant que la forme extérieure et destinée à s'alimenter au moyen d'autres produits. Un curieux objet, publié dans l'ouvrage do Caylus*', en donne une idée précise (fig. 2914).

C'est un tube métallique, en forme de lige de pin noueux; il est percé à l'extrémité supérieure d'un trou pour laisser passer la llamme et d'un autre trou à la partie inférieure, par où pénètre l'air et qui est destiné à rendre possible la combustion d'une matière organique dans l'intérieur du tube Quand on garnissait ce tube intérieur d'une mèche huilée ou d'une mince baguette de cire, il est clair qu'elle devait brûler en exhalant sa Oamme et sa fumée par l'orifice supérieur, de sorte qu'on paraissait tenir à la main une véritable tige de pin, arlistement ciselée, qui so conservait indéfiniment.

De tels artifices l'ont comprendre la nature du luminaire que nous voyons sur les monuments étrusques et romains. La ressemblance qu'il offre avec le luminaire grec est tout extérieure ; en réalité, c'est une simple enveloppe qui permettait de se servir des matières grais-

IV. pi. 3 et 5; Arch. ZeUunij, 1857, pi. 99; Album des Musées de prorince, pi. 23. — 10 Aristoph. Nub. 004. Pour les re)irésentalions figurées, voy. Stackelberg, Graeber der llell. pi. 24; ,l/o)ii(M«;H(i. 1841. pi. 31; S. Reinach, Ilibliolhèq. des mon. /lyurés. II, Va.ics Millin. I, 20 ; de La Borde, Collect. I.ambery, I, pi. U, 24, 44, 45, 50, 03 ; lughirami, Vas. pi. 241, 280, 339, 348 ; Dubois-Maisonncuve, /n(roduct. peint, ras. pi. 11,17; Millingen, Collect. Coyhill. pi. 10 ; (ierhard, Apulische Vasenb. pi. 1, 13;Miniet, Vus. Cab. des Médailles, pi. 8S; Jrc/i. Zeit. 1872, pi, 70; Monuments yrecs, 1870, pi. 3 ; Campana, Opère in plastica, pi. 3V, 30. — " Monumenti, 1837, pi. 49; Annali. 1873, pi. I K; Arch. Zcitung, 1877, pi. 4; 1884, pi. 18 ; Inghirami, l'os. pi. 53; Bull. arch.Xapol. Il, pi. 7. — 12 Benndorf, Griech. und Sicil. Vnsenb. pi. 19, n» 3; Annali. 1878, pi. K. — " Dnruy. I/isl. des Crées, \, p. 443; cf. Friedorichs-Wolters, GipsabgUssr, n» 1029. — IHiaumeister, Denkmœler. fig. 745 ; cf. S. Reinach, Op. cit. Vases Millin, II, 26. — H' liauineister, fig. 980. — IC Id. fig. 419. — n Cavlus, llccucil d'anliq. IV, pi. G.

2914. — Torche de métal.

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