FEB
seuses usitées dans le pays, tout en copiant les formes plus él(''f;antos d(! l'industrie grecque. D'ailleurs, en étudiant do près les rcpr('sentations figurées, on se rend conipte que l'instrument romain est fort différent de la torche grecque; et qu'il ne se compose pas do baguettes liées ensemble. Hien qu'on rencontre parfois une reproduction assez fidèle des faisceaux ligneux', on constate, dans la grande majorité des cas, que la torche romaine présente une surface lisse et arrondie, terminée on haut par une sorte de bobèche évasée, et (ju'elle donne bien l'idée d'un tube métallique, de bronze ou d'autri; matiôre, qui n'est que l'onveloppo du véritable hnninaire -. La démonstration en a déjà été faite à l'article CANDELABRUM(fig. lOSiJ, 1083). Dans les peintures pompéiennes, l'artiste, abandonnant franchement le type grec, réduit la hampe de la torche à une tige effilée (]ue surmonte une série d'élégants calices superposés, commodes fleurs emboîtées les unes dans les autres (fig. 2915) ^ L'idée de cette transformation a été sans doute inspirée par les monuments de l'industrie étrusque, comme Fig. 2915. — on peut en juger par une peinture de tombe Torche lo- ^^ y^^ y^ji (j^ns une oscorto de génies funé-
mainc.
raires, un long chandelier à bobèches superposées qui forme une torche d'une forme toute particulière (fig. 1085, 283/.).
Ces l'éserves étant faites, on ne peut douter cependant que, dans la vie ordinaire, les Romains n'aient fait usage assez souvent, comme les Grecs, des torches résineuses et l'on en a pour preuve le texte de Pline qui étudie longuement les six espèces d'arbres dont on peut faire des torches; la sixième est par excellence la tarda qui a donné son nom même au produit'. Les usages en sont variés et conformes à ce que nous avons vu à propos des Grecs. Les premières heures do la nuit, après le soleil couché, portaient le nom de fax priina^. Les riches voyageurs employaient ces faces à éclairer leur route, quand il n'y avait pas de lune, et souvent des incendies étaient dus à l'imprudence des gens qui n'éteignaient pas soigneusement les débris enflammés de leur flambeau". Les chasseurs se servaient des spicntac faces', sortes de falots à multiples lumignons dont on a peutêtre un exemple sur la mosaïque de Lillebonne * ; elles étaient sans doute dérivées des torches à croisillons que
1 Bliiinnor, Tcck)ioto(/ù' uiiil Ti'rminolof/ie (1er Gewerbe uiul Kiinsle, IV, pi. vu, fig. SB ; Motmmeiiti, 180:i, pi. 84, n" i; 1877, pi. -ili, 11° I ; Duruy, fH.1l. ih's Ro- Hm/;is, VI, p. loi). — 2 Baumcistcr, Denkmxli'i\ fig. llti. îl'JG, 1812; .l»/t<(/i. 18ti8, pi. y H. — ^ Mhsi'O Borlinuiro, IV, pi. 54. Voy. encoro Schrciber, J/i'Uenistische Helie/s. 1, pi. -12 ; 11. pi. 33 ; .l/oiiM»a'il(i, 18:i9. pi. 1 ; Aiinnti, IS72, pi. C ; Campana, O/i'/r in iilnst. pi. 33. — V Plin. XVI, 10, 10 ; XVll, 18, lit. Ou en faisait même en joue (c\ sparte. XIX, 2, 7). — " Macroli. Sat. I, 3; fioll. 111, 2. — 0 Juvenal. 111, 285; Suct. Alii/ttst. 2'J ; C^sai\ 31 ; Plularcli. Tih. Gracch. 14; Appiau. Dell. ch'. 11, 17; 0^id. h'ml. 11, SOO ; IV, 167; .l/c(,i«i. 1, 493. — 1 Grat. Cijneg. 484. — 8 Uul-uy, Hist. <les Itoiii. V, p. 444. — » Suct. Oadm, 3 ; Tacil. Hùl. IV, GO ; Liv. IV, 33 ; Cacsar, Uett.civ.\l\, 301 ; Val. Place. II, 235; Virgil. .i,m. VII, 397 ; IX, 72, :>22 ; Sil. Italie. IX, 336 ; Xlll, 199. On connaît la ruse crAuinUal, attaeliaut des lorelics eudaninn^es aux cornes de taureaux ([ui, i-endus furieux, >e rueut sur les Koniaius ; l.iv, XXII, 16. Pour les supplices, Lueret. 111, 10 15 ; Juvcn. I, 158 ; cf. Duruy, i/ist. îles Jîoin. IV, p. 010, 766, 768, 769. Un grand nombre de pierres grav(^cs d'i'-poque hellénisluiue et romaine représentent Kros brûlant Psjclu^a\ec une torche; Collignou, /..■ .}f;/llie île Psyché, p. 387-391. — '0 Aiimili. ISIS, pi. N, Il Cie. Pro Clueitl. 6 ; Taeit. Ann. XV, 37 ; Val. Max. VII, I, I ; Virg. Aen. IV, 18; Ciris, 439; JCcloi/. VllI, 29; Martial. XII, 42, 3; Calnll. I.Xl, 117; Terenl. AiW/i/i. V, 7, 8; Ovid. Fitxl. II, 556. — 12 PUn. XVI, 18. 30; I-esl. s. r. Piiliùmi; Non. Mareell. s. 1). fax. — 13 Festus, .5. v. Patrimi; Calull. l.Xl, 178. — Il Plulaïch. Qiiaesl. Rom. 1,2; Varr. IJng. Int. V, 6 1 ; .Non. Mareell. s. e. fax. — 1^ Feslus, s. v. Riipi ; Scrv.
nous avons signalées plus haut sur les vases de l'Italie méridionale (fig. 2010). La torche était aussi un engin de guerre, même de torture, comme on le voit sur des leiiefs de la colonne Trajane, où des femmes Daces lirùlont vifs des prisonniers romains'.
La naissance, le mariage, la mort sont symbolisés, comme en Grèce, par unt; torche. Un relief du Vatican monlre Juno Lucina tenant d'une main un enfant cl de l'autre une torche '". Les textes des auteurs sont nombreux sur les faces nuptiales ": elles étaient en bois d'aubépine'^ et portées par les enfants revêtus de la robe prétexte qui accompagnaient les époux ". On allait les allumer chez les édiles, et, au moment de franchir lo seuil de sa nouvelle demeure, la mariée touchait l'une d'elles en signe de purification'*. Les amis du marié la dérobaient ensuite et l'emportaient hors de la maison ''. Elle figure sur les monuments aux mains d'Éros, d'ilyménée ou de simples assistants"'' [matrimoniu.m]. Les torches funéraires sont souvent aussi mentionnées". L'usage s'en était conservé, bien qu'on ne fïit plus obligé de devancer le lever du soleil pour les onlerremonls '", si ce n'est pour les enfants". On sait combien lo motif décoratif de l'Éros funèbre, appuyé sur une torche renversée, est fréquent sur les sarcophages et les cippes romains-" [finis]. Sur les urnes étrusques figurent aussi des génies infernaux tenant une torche*'. Parmi les divinités d'époque romaine qui sont spécialement caractérisées par cet acceseoire, il faut placer en première ligne le dieu mitura, dont on sait les accointances avec les phénomènes solaires--. Comme chez les Grecs, beaucoup d'actes religieux de tout genre appelaient l'intervention des torches ''. Toutes ces cérémonies romaines sontétroitement liées à la religion grecquedont elles ne font en général que reproduire le détail rituel et la signification symbolique. E. PorriER.
FEBRIS. — Divinité qui fut à Roiue, du temps de Cicéron, la personnification de la fièvre, mais qui put être, à l'origine, celle de la saison briilante'. Il n'y a pas de mentions plus anciennes de son culte que celles qui se rencontrent chez l'orateur; il cite, comme lui ayant été consacré, un fanum sur le Palatin avec un autel antique : ara vêtus -. D'après la tradition hellénique, la Fièvre fut envoyée sur la terre, avec toutes les maladies personnifiées, en punition de l'audace de Prométhée '. La raison de son culte, il la faut chercher dans cette remarque d'un médecin-philosophe de lanti-
ad Virgil. Ecloij. Vlll, 29. Sur ces ciVi^nionies nuptiales vo; . Rossbacli. l'iilersuchniiijeii ueber die rœm. Ehe, p. 337 et suiv. ; Marquardl, Das Privallebni der Raeiner, p. S4-55. — 16 Arch. Zeilimg, 1855. pi. 81 ; 1839. pi. 130; J/onuiiie/id'. 1844, pi, 9 ; Duruy, Uist. des Rom. V, p. 263. — " Senec. De Irnnq. anim. 1 1 ; De breril. rit. 20; Virgil. .l«i. XI, 143; Propcrt. V, II, 46; Dwd. FasI. Il, .=»!. — l'Tacit. 111, 4; Serv. ad Virgil. Aeneid. VI, 224. Voy. la rrcUUcalion de Gocll dans le Calliis de liccker, III, p. 501. — 19 Scrv. ad Virgil. Aen. XI, 143. — » Voy ci-dessus, fig. 2193, 2386 ; S. Reinach, Bibl. des mon. fig. I, Le Bas, J/on. figurés, 86 ; Arch. Xeilimg, 1862, pi. 159 : Inghiranii, Oatl. omerica, Odiss. pi. I2fi ; B»umeister, Denkm, fig. 770; Duruy, Uist. des Rom. V, p. 418. — SI Voy. ci-dessus, fig. 265; Mcmorie deW Inst. II, pi. 2; lugliirami, Gall. omericn, Jliad, |il. 192, 193 ; Odiss. pi. 7 ; Arch. Zeil. 1845, pi. 25. — 22 Baumcistcr, fl<-iiA-ni. fig. 996 ; Ammli, 1864, pi. L, M, N; Arch. Xeilung, 1863, pi. 177. — 23 Voy. ci-dessus, fig. 2461. Pour les torches consacrées pr*s dos arbores s*ci»k, toï. BoetUcIior, Der Raumknltus der Uellenen. Berlin, 1856. p. 50. fig. 22, 26. 36, 56. Sur la |>crsislancc du culte du feu dans les fiMes de \illages chei les modernes, cf. MannhardI, Der RttHmhdtiis. Berlin, 1.875. p. 501 el suiv.
FEDIIIS. I Jonian, Topographie der StadI Rom, I. I. p. 150. On dérive /i-4n> lanlol de ferrere (Var. .ap. Non. 46. 22; cf. D. Meycr, Vergleichende Gram. Il, 218) lanlol de ;iS«jL»i. frissonner(Miillenlion', cliei Curtius. Klym. 300). Sorvius, ad .\en. VII, 695, cite une vieille forme sahellique : heljris. — 2 Cic. Leg. Il, 1 1 , 28 ; -Vn/. Deor. 111, 2,3, 63. — 3 Hes. Op. et D.'Ji; cf. Hor. Od. I. :!. 10.