‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines, d'après les textes et les monuments (volume 5)Chapitre 74 sur 104 · GH · texte numérisé non relu

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des deux dimensions varie suivant les auteurs. Pour Eudoxe de Cnide, le rapport de la longueur à la largeur est de 2/1; pour Eralostliène, Artémidore, Sli'alion, il est supérieur à ce chillre ; pour Démocritc, Dicéarque, il est de 3/2 ; pour Aristote, il est supérieur à 3/3 '. Quoi qu'il en soit de la mesure exacte de ce rapport, Vii'cumèm'. a incontestablement une foiine oblonguo, allongée de l'ouest à l'est. Hipj)arque la compare à un rectangle et à une table, l'osidonius à une fronde, Slrabnn à une clilamyde déployée ^. Elle est tout (>ntière conlcnui; dans un quart de la surface terrestre, le quart habitable'.

Graduation. — L'oixouijivT, ou terre habitée ne fut pas tout d'abord divisée en degrés de longitude et de latitude. Le premier essai de graduation chez les Grecs est beaucoup plus simple que la division du grand cercle en 3()0 parties. Uicéarque se contentait de tracer deux lignes perpendiculaires entre (illos, la ligne du diaphragme ■' d'ouest en est et la ligne nord-sud. Rratosthène adopta pour la construction de sa carte un système moins primitif. Pour la latitude il distingua expressément huit parallèles et douze pour la longitude". Ces parallèles qui se coupent à angles droits divisent la surface de Vœcumène en un certain nombre de compartiments rectangulaires que Strabon " appelle sp/ii-ayides (icppaYiSEç) et cari'eaux {■K'kiyf)i<x). Hipparque" enlin adopta pour la construction de sa carte la division en 3(10 degrés qu'il avait empruntée peut-être aux Chaldéens*. Ce mode de graduation devint classique et fut adopté dès lors par les cartographes. Marin de ïyr et Ptoh'mée contribuèrent beaucoup à le vulgariser. •

Division en climats. — La division en climats (xXi'jxaTa, inclinationcs cocli^) est également une division astronomique. Par climats les anciens désignaient des zones terrestres déterminées par la longueur des jours. Ils comptaient d'ordinaire sept climats délimités par les parallèles suivants'" :

Durée du plus long jour.

1° Parallèle de Méroé 13 heures.

2° — Je Syène 13 1/2

3° — d'Alexaudiie U —

4° — de r.hodes 14 I/-2

5" — de Rome ou de rilellespoiil lô —

C — de l'embouchure du Boryslhcne

ou du Pont 15 1/2

"'■ — des Monts Rhyphécs 16 —

Ptolémée porta à vingt et un le nombre des parallèles. Dans son système" la différence de longueur des jours varie d'un quart d'heure à une heure.

Division en continents et en régions. — La terre habi-

1 Agathcm. I, i; Stiab. 11,5,9; Arisl. .IleUoi: II,. ï, li ; 11, IJ, 10; De raclo, 11, l:i, 5. Cf. II. Berger, Op. c, 111, p. 48 sqq. —2 Arist. De caelo, II, 13, 5; iVeleor. II, 5, 10; Strab. II, 5, f. ; II, 5. 9; II, 3, 14; AgaUieni. I, 2; Macrob. In Somn. Scip. Il, 9. Cratùs altribuait à l'œcumùiie la forme d'un liémicycle (Agathem. 1, 2). — ^ Agathcm. 1, 6; cf. Millier, Gêogr. graec. Jitin. Il, p. .tIO. Comme beaucoup d'autres théories grecques. la théorie du quart habitable a élé adoptée par les Arabes. — i Cf. p. 1527, note G, et p. 1531. note 9. — 'j Millier, édit. Strab. carie 1. — c 11, l,3:i. — 1 Strab. Il, 5, 31. — S C.f I.etronnc, fle (a rfiw'sioH (fc l'équatenr et du jour chez les Chaldcens {Œuvr. chois, édit. Fagnan, 2* sér. II, p. 258 sqq.). — 9 Vitruv. I, 1. — *0 La théorie des climats fut formulée par Hipparque d'après des observations astronomiques. C'est d'après Hipparque que Slrabon l'expose (11, 5, 31 sqq.). Pline (VI, 39) résume également celle théorie, mais son exposition dilTôre uu peu do celle de Strabon. Depuis Hipparque l'extension de l'horizon géographique des anciens avait pu rendre nécessaires quelques modillcations de détail, mais <laus l'ensemble la théorie d'Ilipparque resta classique. Les Arabes l'adopléreul. - n l'iol. I, 23. — <2 Strab. XII, 3, Ï7.

— l'-J llippocr. De aère, a(jui.i et tocis, xu, xrn ; Herod. Il, 16; IV, 42; IV, 45.

— 1* Agathcm. I, 3; Sallusl. Jinjiu'th. xvn ; .\ugustin. De cioit. Dei, XVI, 17; Silius, I, 195; Strab I, 2, 25. - '!> Il faut ici rappeler brièvement d'autres

table était aussi divisée par les anciens en plusieurs masses continentales. Encore inconnue à l'époque des poèmes homi'^riquos '-, la distinction des continents apparaît déjà chez Hippocrate et chez Hérodote ". Dès lors la plupart des écrivains prennent l'habitude de considérer l'Europe, l'Asie et la Libye comme trois masses indépendantes. Quelques-uns cependant n'admettent que deux Continents et font de la Libye une annexe de l'Europe ou de l'Asie '*. Mais, s'ils sont d'accord en général pour accepter la division en trois continents'"', les géographes anciens diffèrent notablement d'avis sur les limites et l'étendue relative de chacune des trois parties. Les uns en cllet admettent comme limites les neuves: Nil, Tanaïs; d'autres considèrent les isthmes comme des bornes plus naturelles; d'autres enfin préfèrent la division parles mers, là du moins oii il est possible de l'appliquer"''. D'ordinaire le Tanai's Donj et le Palus Maeolide (mer d'Azow), parfois aussi l'isthme l'onto-Caspien, le Tana'is et le Bosphore Cimmérien et même le Phase (Rioni) marquent la séparation entre l'Europe et l'Asie. L'Europe est séparée de l'Afrique par le détroit des Colonnes d'Hercule et la Méditerranée. Enfin la mer Rouge, l'isthme de Suez, le Nil c'est l'opinion classique), ou bien encore le grand Catahathme entre la Marmarique et la Cyréna'ique forment, suivant les géographes, la limite do r.\frique et de l'Asie". L'Europe, ([u'ilérodote le premier " mentionne avec quelque détail, [lassait chez les anciens pour être le continent le plus \aste. Au jugement île Pline'', elle égale un peu plus des 11/24 de la terre habitée, tandis que l'Asie n'en forme que les 9/28 et l'.^frique les 13/60! L'Europe est encore supérieure aux autres continents par les avantages naturels dont elle est amplement pourvue. Son sol, de relief si varié, est très fertile; son climat tempéré la rend habitable presque dans toutes ses parties. Riche en bétail, en produits agricoles, en mines, l'Europe présente aussi une grande variété de populations, les unes pacifiques et civilisées, les autres guerrières et sauvages. Grâce à ces avantages naturels elle se suffit à ellemême^". La Libye ^' au contraire est bien moins riche et bien moins fertile. En grande partie située sous la zone torride, mal arrosée, semée de vastes déserts, peuplée de bêtes féroces^-, elle n'offre pas à l'activité de l'homme un domaine facile à exploiter.

Les trois continents se subdivisent à leur tour en un certain nombre de parties que les géographes anciens décrivent séparément. Adonné exclusivement à la nomenclature, Ptolémée" ne s'occupe que des cadres aduii-

s\slémes relatifs à la division de la lerre. La diiision classique en trois conti nents él.ail déjà combattue dans l'.inliquilé comme peu justiGée par les lois du climat (Eraloslh. ap. Strab. I, 4, 7; l'osidon. ap. Slrab. II, 3, 7). Éphore (ap. Slrab. I, 2, 2>) proposa une division en quatre parties d'après l'orienlalion des terres et d'après l'ethnographie : 1" portion orienlalc habitée par les Indiens; 2» portion australe par les Elhiopiens; 3" portion occidentale par les ScjUics; 4» portion septentrionale par les Scythes. Posidonius aurait préféré une division fondée sur le climat. Il proposait de diiiser la terre en bandes séparées par des parallèles de latitude (Slrab. Il, 3, 7). Nous avons mentionné plus haut la Ihé'oric des quatre conlinenls exposée par .Macrobc (/n Snmni. Scip. II. 5; II, 9) et populaire au moyen âge. Cf. Rainaud, Op. c, p. 28-31. — II"' Eraloslh. ap. Strab. I. 4, 7 ; Plol. Il, prol. - Il Slrab. I, 2, 25; 1, 2, 2S ; VIL 4,3; Plol. II, prol.; VII, 5, 5-8.

— 1» Herod. IV, .3C. ; IV, 42; IV, 40; IV. 51, etc. - 19 VI, 38. — *> Slrab. II. 3, 26 ; Plin. III, I. Ct. Plin. III, ù ; XXXVII 77 (supériorité de lllalie). — îl Cesl le nom que les Grecs donnent en général i l'Afrique. Le nom d'Aiîiir. n'apparail quo dans les écrits de la basse époque. Ptolémée emploie toujours l'appellation .^lSiTl. "Asçtxr, se trouve bien, il '-st vrai, dans le sommaire du IV* livre, mais non pas dans le texte même de Ploléiuée. — 2- Slrab. XVII, 3, 1; XVII, 3, 10.

— S3 Plol. Il, prol.

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nistralifs, provinces et préfectures. Strabon fait preuve d'un sens géographique plus large. Bien qu'en sa qualité d'historien et de politique il s'en tienne le plus souvent aux divisions historiques et administratives, il n'en montre pas moins à plusieurs reprises qu'il a le sens des régions physiques et des limites naturelles'. En outre, pour rendre plus facile à ses lecteurs l'intelligence de la configuration d'un pays, Strabon emploie fréquemment des comparaisons tirées d'objets bien connus. Ainsi il compare l'Ibérie à une peau de bœuf déployée, la Sicile il un triangle, le Péloponnèse à une feuille de platane, la Libye à un triangle rectangle, à un trapèze, à une peau de panthère tachetée d'oasis, la Corne d'Or du Bosphore à un bois de cerf, etc.-. Puis, la configuralion générale d'un pays ainsi définie, sa surface évaluée en mesures itinéraires, les géographes anciens, qui puisaient surtout dans des descriptions régionales, se bornent le plus souvent à juxtaposer^ les renseignements qu'ils y trouvent sans se préoccuper beaucoup de donner à leurs observations une portée générale.

Mesures ilinéraires. — Quant aux évaluations de distances* fournies par les géographes anciens, il est souvent bien difticile de distinguer si elles reposent sur une véritable mensuration ou si elles sont calculées approximativement d'après le temps employé au parcours. •L'usage d'indiquer les dislances sur les routes principales est fort ancien. La route royale de Suse à Sardes était ainsi divisée en étapes ' comme une route de poste, mais Hérodote ne nous dit pas que ces évaluations de distance aient été précédées de mesures faites sur le terrain. Dans l'Inde les fonctionnaires chargés de la construction des routes' y faisaient placer de dix en dix stades des stèles pour indiquer les distances et les changements de direction. Nous savons d'autre part ^ qu'une roule royale conduisant de Palibothra aux limites occidentales de l'Inde avait été mesurée en schoénes. Les Grecs inscrivaient aussi, semble-t-il, des indications de distance sur des monuments publics". A Home c'était l'usage, au moins depuis Caius Gracchus ", de placer des milliaires sur les grandes voies militaires. Une inscription datée de l'an 622 de Rome (132 av. J.-C.) mentionne expressément les milliaires de la voie de Rhégium à Capoue'". Sous l'Empire, après les grands travaux du règne d'Auguste, toutes les grandes routes sont pourvues de colonnes itinéraires espacées de mille en mille. Le point de départ pour l'évaluation des distances était, non pas le milliaire d'or élevé par Auguste sur le Forum, près du temple de Saturne, mais les portes de la capitale ".

1 Dubois, Examen de la Géogr. 'le Slrabon, p. 373 sqq. Cf. Strab. Il, i, 30 ; 11, 3, 17 ; vu, 6, 1 ; XI, 1, 1 : XI, 1, 4; XII, 2, 11 ; XV, I, 26. — 2 Strab. Il, 5, 27 ; III, 1, 30 : II, 1, 30 : VIU, 2, 1 ; XVII, 3,1; II, 5, 33 ; V, 1, 2 ; VI, 2, 1 ; VU, G, 2, etc. — 3 Cette absence de métbode scientifique est très sensible chez Pline et souvent môme chez Strabon. — ^ L'étude dos mesures itinéraires de l'antiquité a été longtemps chez les érudits l'occasion de grands débats. Taudis que les érudils allemands (Manncrt, Ukerl, Ideler, Boeckh, etc.) défcndaieul la thèse de l'unité de mesure chez les anciens, les érudils franrais (I)'An\ille, Fréret, Gosselin, etc.^ soutenaient la thèse contraire. Pour concilier les textes ils supposaient que les anciens avaient employé diverses mesures. La science contemporaine a donné gain de cause ii l'école française. Chez les Romains le pied, unité de mesure, n'a pas varié. Le problème de l'unité ou de la diversité des mesures itinéraires n'était donc posé que pour les mesures grecques. Cf. Nissen, Handb, der klass. AUert. d'Iwan Millier, 12, p. 888 sqq.; Hultsch, Griech, und rôm. Métrologie; Lcpsius, Die LSngenmasse der Alten^ 1894; Hultsch, Mctrologicorum scriplorum reliquiae. — 0 Herod. V, 54-34. — 6 Strab. XV, 1, 50. — ' Kratosth. ap. Strab. XV, I, 11; Arrian. Ind. III. — 8 Cf. Cot-p. inscr. ultic. Il, 1078. — 3 Plutarch. C. Graech. vu. — 10 Corp, inscr. lut. I, 551. — u Maccr. in Digest. L, IC, 151. — «2 Ik-rod. Il, (1; 11, ;i; II, 149 ; Strab. XI, 12, 5; XVII, l, V,; XVII, l, il ; Pliii.

En Egypte l'unité de mesure itinéraire était le schoène (<T/oïvûç). Cette mesure n'a jamais eu rien de fixe, au moins à l'époque classique. Hérodote l'évalue à 60 stades, Artémidore à 30, Strabon à 40 et même plus'-. Le a/olyoz, devait sans doute aussi varier suivant les localités. Il en est de même de la. parasange {■Kxc.ix'jiyYv) , mesure itinéraire usitée chez les Perses et qui est suivant les auteurs tantôt de 60 slades, tantôt de -iO, tantôt de 30 '^ Ce dernier chilfre est celui qui semble préférable, puisqu'en principe la parasange était la dislance qu'on peut parcourir en une heure, soit une distance de 5 à 6 kilomètres.

Le stade des Grecs'' est également une mesure d'origine orientale; il correspond à la distance parcourue en 1/30 d'heure ou deux minutes. Comme les mesures précédentes, schoénes et parasangcs, le stade a varié de longueur; ce qui semblerait prouver, contrairement à l'opinion de certains critiques, que ces diverses unités itinéraires sont calculées, non pas d'après une mesure partielle de la surface terrestre, mais d'après des évalualions approximatives. Il y avait sans doute à côté des mesures légales, normales '% des mesures différentes acceptées dans l'usage public. En outre, le pied, subdivision du stade, a varié suivant les pays et dans le même pays suivant les temps ". Voici, d'après M. Nissen qui résume les travaux de ses devanciers, les divers stades qui intéressent particulièrement les géographes: stade pylhique, 165 mètres ; stade attique ou stade itinéraire, 177°', 6"; stade ptolémaïque, 18om.; stade olympique, 192°", 27 ; stade commun, 198 m. ; stade ionien, 210 m.

Le stade attique ou stade itinéraire (177"',G) est de 600 pieds; le mille'* romain de 3000 pieds égale donc exactement 8 stades 1/3 '". Le pied romain (16 doigts) a une longueur de 0'",296 ; le pas (3 pieds) a une longueur de l'",48 et le mille (1000 pas) égale 1480 mètres, soit en chiffres ronds un. kilomètre et demi. Bien que répandu dans toute l'étendue de l'empire romain, le mille ne parvint pas à faire oublier toutes les mesures locales. Ainsi les Gaulois conservèrent l'usage de la lieue {Icuca, leuga, leuva). Au delà de Lugdunum (Lyon), dans les directions opposées à l'Italie, les distances étaient évaluées non plus en milles, mais en lieues gauloises-". Plusieurs documents épigraphiques trouvés sur le sol de la Gaule et de la Germanie Occidentale-' mentionnent expressément cette mesure itinéraire. V Itinéraire de Bordeaux à Jérusalem, daté de 333 ap. J.-C, indique en lieues les distances de Bordeaux à Toulouse, en milles les distances de Toulouse à Jérusalem. La lieue gauloise, de moitié plus longue que le mille romain" (environ

VI, 30. — !•■> Herod. II, 0; V, 33; VI, 42; .\enoph. Anab. Il, 2, C ; V, 5, 4 ; Strab. XI, il, 5; Plin. VI, 30. — 1^ Le stade fut ti-ôs rarement employé par les Romains qui ne s'en servirent que pour évaluer parfois les distauces par mer fournies par les itinéraires maritimes. On en trouve des cvemples dans Vîtinéraire d'Antonin. Cependant, même dans ce cas particulier, les Romains se servaient aussi du mille. Vitruve (X, 9) compte par railles un Irajet par mer comme un trajet par terre. — 'ô Hérodote (II, 149) mentionne la brasse légale, ôpyjtà Sixaia.

— *G Cf. pour le pied attique Dorpfeld, Mittheil. des arcluieot. histit. Athen, XV (1890). — 1" C'est de beaucoup le plus enqdoyé par les géographes anciens.

— 18 Strabon le premier a donné ;i cette appellation toute romaine une forme grecque, niXtûv. — ly Le rapport du mille au stade varie uaturelleineut suivant les stades et aussi suivant le ilegré de précision de chaiiue écrivain. Il est tantùl de

.7 1/2 à 1, tantôt de S à 1, tantôt de 8 1/3 à I (l'olyb. 111, 39, 8 ; Strab. VU, 7, 4 ; VU, 7, 59 ; Plutarch. C. Gracchus, vu). — 20 Amm. Marc. XV, 11, 17; Talj. Peut. segni. II « Lugduno.... usquc hic Icgas », — 21 Milliaire d'Aulun, milliaire de Toiigres, milliaire de Niort, etc. Cf. Desjardins, d'ogr. rfe la Gaule rom. IV, 1893 ; Brambach, Corp. inscr. Ithenan. 1930, 1931, 1932, 1953, 1930, 1938, i9i;o, 1961, 1962.

— 22 Amm. XVI, 12, 8; Jordan, De reb. gel. 36. Desjardins, Op. c., p. 24-25. rem.irque a\ec raison que celte correspotiduiicc de la lieue gauloise et du mille ro-

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2"°, 220), ne correspond donc pas à la lieue de France ^environ i '"■",'<oO). Celle dernière mesure doit être comparée plutôt à la rasta germanique, dont l'usage se répandit en Germanie après l'époque de César' et avant celle de saint JérAmo-. La rasta était de 3 milles romains ou do 2 lieues gauloises, soit d'environ 'i '"■°,4'iO. Pour résumer en quelques mots ces diverses indications, nous ramènerons toutes les mesures itinéraires des anciens à deux systèmes différents. Dans le système ancien, le système primitif, les distances sont évaluées en heures ou fractions considérables d'heure. Le schoène égyptien, la parasange persique, lo mille romain, la lieue gauloise, la rasta germanique reposent sur des calculs de ce genre. Au coniraire, dans le système récent, plus perfectionni; que le premier, la minute sert de base à l'évaluation des mesures itinéraires. Telle serait l'origine du stade des Grecs.

FUINCIPAI'X DOCUMENTS GKOORAIMIIQIIRS HE l'aNTEOLITÉ. —

Traites généraux. — Les noms les plus usités sont les suivants : IlepîoSoi; y'fl'i IIspivffiTtç. PeojYoaçtxi ou rstoYpa- ;ioûij.cva, Cosmographia. lU'Jooo^ ylfi, tour de la terre, voyage autour de la terre, est le titre habituel des plus anciens traités. Cette appellation signifie parfois représentation graphique, carte', le plus souvent description générale. Les traités de ce genre, probablement accompagnés de quelques cartes-esquisses, étaient déjà nombreux au temps d'Hérodote'. Hécatée de Milet'', Eudoxe de Cnide '\ Apollodore d'Athènes sont les auteurs les plus connus d'ouvrages de cette nature. Dans la suite, le titre de Yleo'.f^yr^'j'.q se présente beaucoup plus fréquemment que celui de nspioooç y'rfi. Ce mot désigne tantôt une description générale do la terre', tantôt, comme nous le verrons plus loin, une description régionale et particulière. Parfois ces résumés, ces manuels de géographie étaient rédigés envers. Nous possédons encore sous le nom de Scymnus de Chio, auteur de date inconnue (i" s. av. J.-C), des fragments considérables '* d'une Péricgèse en vers. Plus lard, au temps d'Auguste ou des Flaviens'', un certain Dionysios compila pour les écoles un manuel fort apprécié, paraitil, à cause de sa brièveté et de sa forme métriciue'". Dans ce poème didactique de ] 187 vers, Denys le Périégète prend pour guide Ératosthène qu'il rectifie et qu'il complète parfois d'après d'autres témoignages ".Clésias, Asclépiade de Myrlée avaient rédigé des Périégèses aujourd'hui perdues. Artémidore d'Iîphèse composa des r£(.>Ypa(po'ja£va '', Strabon des rsMYpxo'.xi ''. A la fin de l'époque impériale plusieurs traités, parmi lesquels celui d'I'ithicus'', portent le titre de Cosmographia ''. Quant aux encyclopédistes, comme Varron et Pline '",

niaiii ne peut l'-he ;»bsolutneiit evucto. Il o^l bien liiflicik'. en efTet, dcsu|nio>cr ijue le pied gaulois ail eu ri;;oiireuscnient la nuitiie longueur que le pied roniaiu. (les comparaisons entre mesures ilini5raires d'origine diverse ne sont donc pas et ne peuvent pas ôlre d'une exactitude matliéinatiiiue. — • CC-sar (fie//. gn!l. VI, 25) déclare que lie son temps les Gcrmaius ne connaissaient pas encore l'usage des mesures itinéraires et qu'ils calculaient les distances d'aprùs ta durtîe du trajet. — 2 Saint Jérôme {In Joei, 3, V. IS) nous apprend que la rasta lîtait eniplojt^e dans toute la tjcrnianie. — 3 Aristopli. ^'ub. 206; Aelian. Hisl. var. III, 28. — '• Herod. IV, 36. Cf. aussi Strab. VIII, 1, t. — •' Souvent cité par Strabon. Hérodote lui fit des emprunts pour la desriiplion de l'Egypte, Hécatée, qui avait beaucoup voyagé, sut aussi tirer parti des informations géographiques fournies par ses compatriotes, les navigateurs niilésiens. — ('• Cité par Strabon, passim, et par Athénée, VII, g 31 . — ^ Slrah. X, 1 , 16; XVII, I, i: Alhcn. VII, § 8. — 8 C. Mtillcr. Gfogr. graec. min. I, p, 75 sqq. ; p, 196 sqti- — •' Date incertaine, C. Mi'illcr, II, p. \v sqq. — <0 .\vîenus le traduisit en vers latins ; Priscien eu fit aussi une traduction, mais une traduction libre. Eustatlic, le eommeulateur d'IIocuérc, commenta également Dcnvs le Périégèlc. On connaît prés de cent mss. do cet auteur. — O C. Millier, II, p, 103 sqq.;

ils font naturellement une large part à la géographie.

PhgslquK du globe. — La physique du globe fut de la part dos Ioniens l'objet de nombreuses recherches. Ces recherches, où la spéculation tenait sans doute trop de place mais qui auraient pu néanmoins produire des résultats vraiment scientifiques, furent arrêtées par l'opposition des écrivains purement littéraires, comme Hérodote, et des moralistes comme Socrate ". Anaxagore, Anaximandre, Anaximène s'étaient adonnés avec succès à ces études de physique terrestre '*. Plus tard l'école d'Aristote revint à ces recherches si importantes pour la géographie. Vn péripaliHicion, disciple de Théophraste, Straton de Lampsaque, composa sur la physique de nombreux écrits énumérés par Diogène de Laërte ". Asclépiodote, disciple de Posidonius, composa des Questions naturelles, ouvrage cité par Sénèque-". Sénèque aussi a laissé sous ce titre un traité remarquable de physique terrestre^', la seule œuvre de géographie scientilique qu'ait produite le génie romain.

Météorologie. — Une des parties importantes de la physique du globe, la météorologie, fut l'objet de plusieurs traités. Aristote, dont la Météorologie résume l'état de la science che-/. les anciens, semble avoir exercé une influence très heureuse sur le développement des études de cette nature. Théophraste écrivit un traité sur les vents, ïled 'Avéfioiv, dont nous n'avons conservé quedes fragments'^. Ératosthène composa également sur ce sujet un ouvrage cité par Achille Tatius. Antyllus, écrivain inconnu d'autre part, rédigea plusieurs ouvrages sur des questions de météorologie ".

Géologie et orographie. — La géologie ne parait pas avoir été chez les anciens l'objet de livres spéciaux. Par exception la minéralogie, à cause de ses applications industrielles, fut traitée d'une manière plus ou moins scientifique dans les ouvrages .Sur les Pierres, nsp'; A;6wv, A'.Oiay.i, AiOtx-i. Théophraste, Nicias, Archélaiis de Cappadoce, Denys le Périégète avaient composé des traités de ce genre'-'*, tous aujourd'hui perdus, mais mis à profit par Pline. Plus négligée encore, l'orographie ne tient qu'une très petite place dans la littérature géographique des anciens. En dehors du recueil des observations de Dicéarque cité plus haut, nous ne trouvons à mentionner qu'un traité de Ctésias Sur les Montagnes, \Uç,\ 'Oiwv '-'\

Hydrographie terrestre. — Ctésias écrivit aussi un traité Sur les Fleuves, Ilspt IIoTaawv, cité par le Pseudo-Plutarque -''. Un Cyrénéen Philostéphanos -', Lycos de Khégium-', Agathon le Samien. .\rchelaus, Chrysermus de Corinthe -% Callimaque de Cyrène ^° composèrent des recueils d'observations sur les fleuves, recueils dans

L'nger. Ja'.i-h. fur class. Pliil. CXXV. p. 44'.' s.|q. — U Allicn. VIII. § 8.

— I! Athen. III, § 92 ; XIV, § 75. — '• Cf. d'Avc/.ac, Mémoire sur ElMeui cl sur la ouvrages cosmogrophiques intitulés de ce no'n, IS52. — '^ Iliesc, Oeogr. lat. min. 1878. — 16 R. Reilzcnstcin in Hermès. XX, p. 514 sqq. (Varron). Pour Pline cf. les études de .M. Dcllcfscn. — '" Dubois, Exam. de la Gêogr. de Strab. p. 193 sqq. I» Plin. Il, 59; II, 81 ; IV, 20 ; XVIII, 57; Alhcn. Il, § 30 ; II. .5 87. etc.

— 19 Diog. Laerl. V, 3. 4. Strabon l'appelle le physicien (I. 3. 4\ Cf. Ciccr. De nat. deor. I, 13. — 20 Senec. Quaest. natur. VI. 17. — 21 C'est un traité asscj complet de physique du globe. Sénèque y aborde de nombreux problèmes de cosmographie, de météorologie, de physique, d'hydrographie et même de géologie. — Î2 Tome III de l'édit. Winnuer. Agatharchide de Cnide semble avoir aussi écrit un traité sur les vents singuliers. Cf. C. Millier, Fragm. hisl. graet. III. 190 sqq. — Î3 Stob. 101 . S 15, 16. 17. 18 et 30. — :i .Uhen. III. § 43; Stob. I|)0. | 12, etc II reste uo fragment asseï considérable du ITto-. Ai*ti» de Théophraste ;étlil. Wimmer, roi. III). — Î3 Stob. 100, § 18. — S6 Zte /fuo. XIX, î. — 27 c. Mûllcr, Fragm. hist.graee. III, Î8 sqq. Philostéphanos écrivit aussi un Irailé sur les sources célèbres, OîjI Kpr.«Cv Ds»*- S»-;« {Ibid.). — ÎS plin. X.XXI, 19. — 2-) Stob. lOt". § 10, Il el 15. — JOSltab. IX, 1, 19.

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lesquels la mythologie occupait sans doute la plus grande place. Tout autre devait être le caractère du traité de Théophraste, Tle'J. 'ï'oixwv, cité par Athénée '. De toute cette littérature relative à l'hydrographie terrestre il ne nous est resté qu'un Trailr des 7201ns des fleuves et des montagnes ^ compilé par un certain Plutarque ^ qui n'y a consigné que des légendes et des anecdotes sans intérêt pour la science.

Bijdrographie maritime. — Océanographie. — La description des mers fut l'objet d'un plus grand nombre d'ouvrages. Adonnés de bonne heure à la navigation, les Grecs rédigèrent beaucoup de traités pratiques sur l'hydrographie maritime. Un de ces livres, le traité de Posidonius Sur l'Océan, Us-S: 'Q/.£2vc2. était, autant que nous en pouvons juger, un véritable traité d'océanographie. Il fut largement utilisé par Strabon qui le prit pour guide dans l'étude des questions scicntiliques ''. D'autre part les ouvrages pratiques, portulans (Aiasvîç), périples (riEpÎTrXo'.) ■', les instructions nautiques de cette époque, s'adressaient tout spécialement aux marins. Une des compositions les plus remarquables en ce genre était le Traité sur les -ports '' de Timosthènc, amiral de Ptolémée Philadelphe. Plusieurs de ces périples renfermaient la description de toutes les mers connues; d'autres étaient limités à la description d'un seul bassin .maritime. Le périple dit de Scylax semble appartenir à la première catégorie'', les périples du Pont-Euxin, de la grande mer (Méditerranée), de la mer Erythrée sont au contraire des périples de la seconde catégorie.

L'océan Extérieur, Occidental (Atlantique), si mal connu des anciens, ne fut jamais longuement décrit dans les portulans de l'antiquité. Les relations de voyage de Himilcon, de Hannon et de Pythéas, les périples de Charon de Lampsaque, d'Ophélas, de Marcien d'Héraclée sont les principaux documents que les géographes anciens avaient à leur disposition pour l'étude de l'Atlantique. La plupart de ces écrits sont perdus*; nous ne possédons que la relation très courte du voyage de Hannon (traduction grecque) et le périple que Marcien d'Héraclée compila au v'' siècle ap. J.-C. d'après Ptolémée et les distances itinéraires d'un certain Protagoras".

La Méditerranée, beaucoup mieux connue des anciens.

1 II, § 15. — 2 G. Millier, Gcogr. r/raec. min. Il, p. ui sqq., C37 sqq. — 3 Ce IMutarquo n'a rien de commun ({ue le nom avec l'iutarque le moraliste-biographe. Sa patrie est inconnue. La date môme de sa vie ne peut être fixée avec certitude : l'auteur est postérieur à Juba do Mauritanie et antérieur à Clément d'Alexandrie. — '• Cf. Dubois, Exam. Géogr. Slrab. p. 322 sqq. — 5 Strab. Vlll, 1, 1 ; VIII, :i, 20; Albeu. VU, § 8. Cf. H. lierger, Op. c, II, 75-80. — G Ce Ir.iité était en 10 livres (Strab. IX, 3, 10). Eratostliém; le mit à profit. — 7 I,p périple attribué à Scylax ne parait pas pouvoir être placé â une date de beaucoup antérieure à l'époque macédonienne. On connaît deux Scjlax de Caryanda: l'un envoyé par Darius avec mission de descendre le cours de l'indus et de revenir par la mer Erythrée (vers 5U0 av. J.-C), l'auti-e contemporain de Polybe. Certains indices chronologiques du périple feraient supposer l'existence d'un troisième Scylax, — le véritable auteur du périple que nous possédons, — qui aurait vécu aux iv-\* siècles. Quoi qu'il en soit, l'icuvre est très altérée ; on y remarque be;iucoup de confusion etde désordre. La Méditerranée y est décrite avec détait, l'océan Occidental y occupe très peu de jilace. Cf. C. Millier. Ceof/r. gi-aec. min. 1, p. xxiii-i.i, 15-96. — 8 Le l'ériple au delà des Colonnes d'Hercule de Charon de Larupsaque. précurseur d'Iiérodot.'. ne nous est connu (;ue par une mention de Suidas ; le Périple des ciites occidentales de la Libje d'Opliélas, l'Apcllas de Marcien d'Héraclée (?), n'est mentionné que par Strabon (.Wll, 3, 3). Ouciqucs mots de Pline (II, 67) et quelques vers d'A\ienus (Or. Hm;■(^ 380 sqq. ; 412) renferment tout ce que nous savons du voy.age d'Himilcon, le prédécesseur de Pytliéas. Pour Pythéas, cf. plus haut. p. 1:130. — « Cf. sur le Périple de Hannon C. Millier, Op. c, 1, p. xvui sqq. 1-1-t; C. T. Fischer, De ffaminiiis Cartli. periplo, IS93. Pour Marcien d'Héraclée cf. C. Millier, l,p. cxxtx scp]. ; blo-.ITG. Le 1" livre du Péripk de la mer extérieure est consacré à la description de l'océan Oriental (mer des Indes), le second à la description de l'océan Occidental (Atlantique). - 10 Nous ne

fut naturellement décrite en grand détail. Le périple de Scylax de Caryanda est presque entièrement consacr/ à la mer Intérieure. Plus tard, à l'époque d'Auguste, Ménippe de Pergame composa en trois livres un Périple de la mer Intérieure qui fut abrégé'" au v° siècle ap. J.-C. par le compilateur Marcien d'Héraclée. Le Stadiasme de la grande mer " (iv° s. ap. J.-C?) est de tous les documents anciens relatifs à la Méditerranée le plus riche et le plus précis. L'auteur anonyme énumère avec grand soin les ports et leurs avantages naturels, les promontoires, les aiguades, les distances, les points saillants des côtes; son œuvre annonce déjà par certains côtés les portulans méditerranéens'- du Moyen Age et les instructions nautiques de notre temps. Comme au .Moyen Age le Pont-Euxin (mer Noire) fut souvent chez les anciens l'objet de descriptions spéciales. A l'époque d'Hadrien, Arrien de Nicomédie, préfet de Cappadoce, écrivit sous forme de lettre adressée à l'empereur'" une description détaillée des côtes de cette mer. Plus tard un compilateur byzantin d'époque inconnue, mais certainement postérieur au v° siècle ap. J.-C, rédigea aussi un ouvrage de mêmenature'*parvenu jusqu'ànous.

La mer des Indes (mer Erythrée), explorée par les Grecs et les Romains à une époque relativement récente ' ', eut aussi sa littérature de périples. Un polygraphe Agatharchide de Guide (vers 130 av. J.-C), consigna dans un livre de ce genre ses propres observations et le résultat de ses recherches dans les archives d'Alexandrie'". De plus, il recueillit beaucoup d'informations de fonctionnaires égyptiens préposés aux stations de chasse à l'éléphant. Son œuvre cependant, littéraire avant tout, est de peu d'importance pour la géographie; la recherche de l'élégance y nuit beaucoup à l'exactitude. N'éanmoins c'est un document utile pour l'étude de la topographie des rives de la mer Houge '^ Comme son prédécesseur Agatharchide, Artémidore d'Éphèse (vers 100 av. J.-C) puisa pour son Périple aux archives d'Alexandrie. Ce périple en onze livres " devait donc sans doute renfermer beaucoup de détails sur la mer Erythrée. Strabon et Pline le citent. Marcien d'Héraclée, un de ces abréviateurs qui ont tant contribué à la perte des œuvres originales, en lit un abrégé ". Le Périple anonyme ^'' de la mer Erythrée est un document bien

possédons de l'abrégé de Marcien d'Héraclée que quelques fragments relatifs à la côte asiatique du Pont-Euxin. Cf. Millier, I, p. 563 sqq. — H Ainsi appelé sans doute [larce que les distances sont exprimées eu stades. C. Millier, I. p. -127 sqq. l'a publié. Le texte est souvent altéré. — 1- Nous entendons ici par portulans les descriptions écrites qui devaient accompagner les cartes. — 13 Cf. Millier, I, p. cxi-cxv, 370-401 ; Chotard, le Périple de la mer Xoire par Arj-ien, 1860 ; G. .M. Thomas, Der Peripltis des Pontii/i Euximis, 1864. — ■'• C. Millier, I, cxv-cxxn, 4ÛS-42U. — 12 Les Grecs ne paraissent pas avoir fréquenté régulièrement la mer des Indes avant l'établissement de la dynastie Lagide sur les bords du Nil. Les voyages de Ctésias, de Néariiuc, etc. sont des voyages isolés, indivitluels, et pour les Grecs de véritables voyages de découverte. — lu Diod. Sicul. 111,38.— " Cf. C. MiiUcr, 1, p. i.iv-i.xxni et p. 111-193. Agatharchide vivait à la fin du )i' s. av. J.-C. ; son œuvre géograplii(iue en cinq livres était intitulée De la mer Erythrée, ou peut-être Des Troglodytes. Le cinriuiéme livre est celui dont il nous reste le plus de fragments. Diodore de Sicile et Pholius nous en donnent une idée assez couq>léte. — '8 Cf. H. Berger, Op. c. IV, p. 30. - — l!' De cet abrégé il ne reste plus que quelques rares fragments conservés par Etienne de liyzance et réunis par C. Millier, Geogr. graec. min, I, p. 574- 576. — -0 Les ancieos conuncnlateurs l'attribuaient volontiers à .\rrieli de Nicomédie (il" s. ap. J.-C.) parce que dans l'nnifpie manuscrit connu (inss. de Heiilelherg) le Périple de la mer Erythrée est transcrit iiiiniédialement à la suite du Périple du Pont- Euxin d'.'Vrrien. De plus le copiste a inscrit le nom d'Arrien dans le Périple. Ci.'t Arrien n'aurait en tout cas rien île commun avec le gouverneur de Cajipadore. In svnchronisine fourni par la mention du roi Zoscalés d'Abyssinie nous indique en elTet une date (70-80 ap. J.-C.) antérieure à l'époque d'Hadrien. Le texte a été publié par C. Millier, I, p. 257-305, cl par B. Fabricius, Der J'eriptus des lirythralischen Meeres von einem itnlie/cannten, 1883.

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plus préciniix pouv l'iiistoire de la iiht dos Indes. L'autour, un marcliand groc d'Egypte, arinat(nir ou capitaine au long cours, a fait le voyage d'Arahie aux ports do l'Inde et noté avec soin ce qui pouvait intéresser le commerciî et la navigation. En g('néral les descriptions sont exactes. Pour l'Afrique Orientale la nonienclaturc s'étend jusqu'à Rliapta et à l'ile Menutliias et dépasse donc de heaucoup la limite de l'équali'ur.

i\ous nous bornerons à citer, faute de plus amples renseignements, quelques autres écrits de même genre : le Traité sur la mer h'rytiirée de Pytliaguras ', le Périple de VIndo d'Androsthène ^ le Périple de Mnaséas de Palras \ les Périples do Nymphodore de Syracuse', le Périple en cinq livres de Timagène d'Alfixandri(!\ le Périple d'un certain Xénoplion '', lo J'ériple de Zéno- Ihémis", etc. Chez les Latins, Slatius Sebosus ', contemporain de Cicéron, semble être le premier qui ait écrit un l'ériplc géiiériil à l'imitation des (Jrecs. Beaucoup plus tard, à la lin du iv" siècle ap. .I.-C, Avienus rappelait encore par son poème Ora Marithna la tradition des anciens Périples.

lîthnof) rapide, histoire, etc. — Quelques traités d'ethnographie ' méritaient sans doute d'attirer l'attention dos géographes. Au témoignage d'Athénée '", lliîllaiiieus aurait composé un ouvrage sur les Noms des Peuples. Un autre logographe, Damaslès de Sigée, serait également l'auteur d'un traité sur les Peuples ". Nicolas de Damas devrait être aussi, à ce qu'il semble, rangé parmi les auteurs qui avaient fait de l'ethnographie l'objet d'études spéciales '-. Les traités spéciaux sur les oekéses ou positions géographiques intéressaient plus particulièrement les cartographes. Strabon " nous apprend que les ouvrages de ce genre renfermaient l'exposé détaillé de la théorie des climats (au sens grec du mot). Enfin, la plupart des compositions historiques, les recueils de légendes et de souvenirs relatifs à la fondation des villes et des colonies (les KtiVeiç), les commentaires Sur le Catalogue des vaisseaux (IIspl vôiôv xa- TaXÔYOu), les recueils de légendes relatives au retour dans leur patrie dos héros grecs qui prirent part à la guerre de Troie (Nd<jTC/i, Ihsl Xoîtcov), les compilations des logographes, etc., devaient aussi présenter çà et là des indications utiles aux géographes '''.

Géographie régionale. — Quant aux traités de géographie régionale, ils ne paraissent pas avoir été très nombreux. Pour l'Europe nous connaissons le titre de plusieurs ouvrages de ce genre : Périple de l'Europe d'Apollonide ' ', Tour de i'£'wcope (Eùpoj7cr,ç Ttept'oSoî) de Paeonas", Eùpioiriaxa d'.'Vgatharchide de Cnide ''', de Mnaséas de Patras". Le quatrième livre d'Ëphore était

i Allicn. IV, § 82: XIV, § 3i. — 2 AUico. HI, § «. — 3 Allicn. VUl, § .t.

— '• Id. VIU, § 3. — s C. Millier, Fragm. hist. graec. III, p. 3l7-3i3. — » Pliii. VII, 49. — 1 TzctziV, Chil. VII, hist. 144, v. 684. — 8 II est souvent cili^ pur Pline (l.ans les sept prcntiers livres de VUist. nal. — ^ I..i plupart des Iiistoriens, lU-rodote, Èpllore, Diodore de Sicile, Ciîsar, Tacite, etc.. font une large place dans leurs ri'cits à l'ethnograpliie descriptive. — 10 XI, § 0. Cf. C. Millier, fragm. hist. gy'aec. I, [». i>" sqq. — '• C. MiiUer, Fragm. hist. graec. H. p. C4-67. Strabon (I, 3, 1) a cet auteur en lri>s uu^diocre estime et reproclie à Ûratustlii^nc lie lui accorder trop de confiance. — 12 Stob. 5. 50 ; I:i3, li. etc. — 13 I, (, ii.

— H Athénée. Slohée et les scoliasles mentionnent un triïs grand nombre de compositions de ce genre que nous ne pouvons indiquer ici. Strabon a fait un assez large emploi de ees documents. Cf. Fragm. /lisî. graec. de C. Millier, jinssim. — !•• C. Millier, Fragm. hist. graec. IV, 309-310. — l« Allicn. X, §67

— 1" Id. IV, § 66; VI, § 49; VI, § 103; VII, §50; XII, § 74. — 18 Id. IV, § .(; ; Vil, S 47 ; XII, § 40. — 19 Strab. I, 2, iS. — M I.Avd-«oj; Il«<n:ifo» a l'ié l>iil'h,'- d'après la (radvirtion et les comnienlaires de P. liilics par C. Millier.

intitulé : o Tref,; EûpwnyjÇ àôyoç". La Germanie de Tacite, la Desrription du Bosphore de Constantinoplc de Denys do liyzance -", les fragments d'une Périégése de la Grèce attribuée à tort à Dicéarque -', la Description de la Grèce par Denys fils de Calliphon te ^-î nous donnent une idéesuffisjinte de ces descriptions régionales. Les légendes, les traditions, les faits mythologiques, les descriptions archéologiques y tiennent beaucoup plus de place que la géographie. Comme l'Europe, l'Asie fut aussi l'objet de descriptions générales. Athénée mentionne les 'A^tarixâ d'.VgalliarcIiide de Cnidc -\ la Périégése de l'Asie d'Hécalée-', les l'ériplcs de l'Asie de Nymphis d'Héraclée et d(! Nymphodore de Syracuse '-', le Tia'ité sur l'Asie de Mnaséas de Palras-". Dans la catégorie dos descriptions regioniil(!s plus restreintes on peut citer la Description de l'flellespont de Mônécrate^', la Topographie de la 1 roade (Tpojïxo; orixoTao;) do Di'métrius de Scepsis -', V Anal/use de Xénophon qui renferme de bonnes indications, exactes et précises, les nombreux traités sur les .guerres de Milhridate fM-.Ov.oi-ixi) '■• et les expéditions contre les Parthes-" (IlxpO-.zâ;. Cette littérature assez riche de Mithridalica et de Parthi'ca fut largement mise il contribution par Strabon, surtout pour le onzième livri^ de la Géogiaphie^' . Non moins importante la série des descriptions de l'Inde ('Ivî-.xr,, 'Ivotxô) renfermait de précieux renseignements pour la géographie. Les campagnes d'.Vlexandre avaient été racontées par un grand nombre d'historiens ''-. Néarque et Onésicrile écrivirent des relations de leur navigation. Plus tard, les envoyés des Séleucides à la cour des rajahs de l'Inde, Deïmachos et Mégasthène, firent la narration de ce qu'ils avaient vu dans leur ambassade et ajoutèrent encore aux récits merveilleux de Ctésias. Nommons aussi, parmi les principaux auteurs d'Indica", Arislobule, Patrocle, Clitophon de Rhodes, Basilis, Arrien de Nicomédie ".

Le géographe pouvait aussi consulter avec profit les ouvrages relatifs à la Libye en général et à ses diverses régions : \:èux.i, AiyuTTT'.axa, AlOtoTtixa', etc. Quelques-uns de ces écrits étaient d'origine punique : ainsi le Périple de Hannon. D'autres, comme les .VZ'jxi du roi Juba", reproduisaient des informations puisées dans les documents puniques et berbèrs, tels que les livres de Hiempsal ^''. En ce qui concerne les régions du Nil, les Grecs eurent connaissance des documents égyptiens et recueillirent aussi des informations auprès des riverains de la mer Erythrée. Alexandrie, Memphis, Leptis, Cyrène, Carthage furent à des époques dififérentes les centres du mouvement géographique dans cette partie du monde.

Guides de voyageurs. Itinéraires. — Sans oITrir beaucoup d'intérêt au point de vue de la science, ce? textes

Geogr. graec. min. II, p. l-IOI et par Wcscher en 1874. — 21 C. Millier, 1, p. !i7-l 10. L'auteur est inconnu (i50-300 av. J.-C). — 22 Id. 1, p. 238-i»3 u- s. ap. J.-C. au plus tôt). Ce résumé en vers i'ambiques élail sans doute destiné à l'eoseigne- •menldcs écoles. — 21 IV, § 4J ; XII, .S 53. — » U.S. ii. — 23 VI, J &8 ; VII. § 118; XIII. § 70; XIII, | 89. 2i; VIII, § 37. — 27 Slrab. XII, 3, îi. — !3 Souvent cité par Strabon. Cf. l'index de ledit. Militer. — 29 Strabon leur a fait de nombreux emprunts (XI, 2, 14). — 30 Strab, II, 5, \i. — 31 Deux auteurs surtout furent consultés par Strabon ; Apollodore d'Arlémilc et .\delphius ou llellius. Lo premier, contemporain de Strabon, fit une bonne ilescription de l'ilvrcanic et de la Gaeiriane; le second prit part à l'expédition d'.Xutoine conlr« les Parthes. — 32 Cf. C Millier. Script, rer. .4/e.r. ilagni. — 33 Cf. pour l'appn^ialion de la valeur géogr. de ces auieurs, Dubois, Exam. Ciéogr. Strab. p. 240 sqq. Slrabon se monirc en général beaucoup trop sévère ilans ses critiques. — 3t L"I*5itt. d'Arricu a été publiée par C .Millier, Geogr. graec. min. I, p. 306 sqq. — 3^ Cf. La Blancbér^. De rege Juha..., p. 110 «qq. ; Uastpieray in Bull. corr. «/"rie. I8!»i. p. 47s. — "36 Sallusle se les4îl traduire {Jugnrt/i. XVIi).

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ne peuvent cependant pas être négligés dans celte revue rapide de la littérature géographique des anciens. Les Grecs et les Romains possédèrent naturellement des guides du voyageur destinés aux touristes'. Ces guides ou pcrirgèses paraissent avoir eu le caractère d'œuvres liltérairesplutùt que celui de recueils de renseignements pratiques. La Description de la Grèce de Pausanias nous donne une idée des productions de ce genre les plus élevées. Tous les périégètes' sans doute n'étaient pas aussi instruits que Pausanias ou Polémon ^ ; beaucoup devaient s'en tenir uniquement ;i quelques connaissances superficielles sur les curiosités locales. Leurs œuvres, utilisées par Pausanias, ne sont pas venues jusqu'à nous. L'archéologie descriptive y tenait sans doute beaucoup plus de place que la géographie proprement dite. Quelques-uns de ces ouvrages portaient même des litres analogues à ceux de nos anciens guides de voyageurs, les Délices, les Merveilles. Ainsi Nymphodore de Syracuse avait écrit un livre sur les Merveilles de la Sicile '\ Les itinéraires proprement dits étaient beaucoup plus importants pour la topo-géographie. Plusieurs de ces itinéraires étaient désignés chez les Grecs sous le nom de Stadiasrnes '\ c'est-à-dire itinéraires évalués en stades ; d'autres portaient le titre d'/itapes, Stations (STae[Aoi'), titre qui indique très nettement leur destination. 11 nous reste un curieux spécimen des productions de ce genre, les SxaejAot Ilapôixoi' d'Isidore de Charax. Cet ouvrage, où sont indiquées les étapes d'une route d'Apamée sur l'Euphrale à Alexandropolis en Arachosie (Kandahar) par l'empire des Parthes, est extrait lui-même d'un autre recueil cité par Athénée sous un titre analogue ^ L'auteur, qui vivait au i" siècle av. J.-C, entre l'époque de Pompée et celle d'Auguste, était considéré comme un spécialiste distingué en ce genre.

Mais c'est à l'époque romaine que celte littérature d'itinéraires se développa largement. Sous l'empire, le vaste réseau des voies romaines s'étendait jusqu'aux limites mêmes du monde connu des anciens. 11 semble d'autre part que les fondateurs de l'empire, César et Auguste, firent entreprendre une statistique générale des provinces, le Breviarium Imperii', que Pline dut mettre à profit, et firent aussi procédera un grand travail de mensuration du monde romain. Dans l'introduction de sa Cosmographie, Élhicus nomme les quatre géodètes qui exécutèrent cette œuvre*. Ce travail entrepris dans un but

* Les Grecs voyageaient pour alTair^'s ou pour s'instruire. Les voyages de touristes ne devinrent frt^quents qu'à l'époque de l'empire romain, grâce à la sif'Curitiî relative des routes et à l'étendue du réseau routier. Cf. FI. BUimoer in Herniann's, Lehrb. der ijriech. Antiq. IV, § 52 ; L. Friedliinder, Siltengeschichte lioms. 11, p. 28 sqq. — 2 Les guides qui expliquaient aux étrangers les curiosités locales s'appelaient exégéles, périégètes, mystagogues. Ils étaient pour la plupart préoccupés de montrer aux touristes les merveilles des teniples. Cf. l'ai-t. exfc.ktae. — 3 Polémon (n* s. av. J.-C.) voyagea beaucoup et écrivit un grand nombre d'ouvrages. Cf. Egger, Além. dhist. anc. et de phil. 1863, p. 15 sqq. ; Preller. Poteiit. perieg. fragmenta, 1836 ; et pour les périégéses en Grèce, SittI in hJandb. der klass. Altert. d'Iwan Miiller, VI {18i'3), p. y9-100. Sur Pausanias, cf. A. Kalkmann, Pausanias der Perieijet. — '* Ui^\ TiT.v ïv Etxî'AÎo 0a-j;jLaXon£vwv (Allien. Xlll, § 5i>). — " Strabon nous apprend qu'il existait beaucoup de Stadiasrnes, la plupart anonymes (II, 1, 23 ; II, 4, 7). Éraloslliéne s'en servit pour dresser sa carte de la terre. Une curieuse inscription de Smyrne {Corp. inscr. graec. 3311) mentionne deux Stadiasrnes rédigés |iar un cerlain Ilermogénc. Nous avons cité plus haut le Stadiasme de la Méditerranée. — *• t]. Miiller, Geogr. graec. min. I, p. t.vxx-xcv, 24i-25G. — ' C. Jullian, .Met. Écol. Itom. III. 149 sqq. — 8 D'Avezac, Mèrn. sur Ethicus [Acad. Inscript. Savants êtrang. i" série, vol. Il), p. 331 sqq. Bien que cliaeun des quatre géodéles ait mis en moyenne plus de vingt ans à accomplir sa lâclie, on comprend très bien qu'il ne saurait être question ici de mensuration directe. — 3 Plin. III. 3-, Dio Cass. LV, 8. — 10 Pour Mommseu la carte était ronde ; pour Milllenlioff elle étail ronde-oltlongue : pour Oellefsen elle était quarirangulairc, etc. — n Pline s'est beaucoup servi des Comtnentaires d' Agrippa

fiscal fut très utile, sinon à la science géograpliii|ue, du moins à la topographie, car il servit de base aux itinéraires. Les résultats scientifiques de l'opération furent consignés sur une carte et dans un livre. La carte achevée sous Auguste, l'an 7 ap. J.-C, fut exposée sous le portique de Polla, sœur d'Agrippa '. L'absence de textes ne nous permet pas de déterminer sa forme '". Le livre est connu sous le nom de Commentaires d'Agrippa; c'était iirobablement une notice explicative de la carte du portique. A en juger par les citations des auteurs anciens qui paraissent s'y rapporter", ces Commentaires ne donnaient guère que des indications de distances et d'étendue de surfaces; ils ne constituaient peut-être pas un recueil d'itinéraires détaillés pour toutes les provinces de l'empire. Quoi qu'il en soit, la carte et la notice en raison de leur caractère de documents officiels furent largement mis à contribution par les compilateurs d'itinéraires'-.

Le plus ancien des itinéraires romains que nous possédions est Vltinéruire de Gadès à Rome ", gravé sur des gobelets d'argent (voy. t. I, p. 33fi, fig. 396). Ces gobelets ont dû appartenir à des Espagnols qui, en quittant la station balnéaire de Vicarello, près du lac de Rracciano, les ont, suivant l'usage, offerts à des divinités ''. Les distances y sont exprimées en milles romains. L'Itinéraire connu sous le nom à'Anton'in est de date plus récente, car il porte des traces évidentes de remaniement au iv° siècle. Il est d'ailleurs fort mal rédigé; on y remarque de graves lacunes, de nombreuses négligences. Certaines routes sont répétées deux, trois et même quatre fois'^ Quand les indications de noms et de distances ne concordent pas dans les divers itinéraires qu'il a consultés, le compilateur les juxtapose dans son texte, laissant à ses lecteurs le soin de choisir la variante la plus correcte. En outre, à côté des routes principales, le compilateur mentionne les routes secondaires plusdirecteset plus courtes. Tel qu'il estcependant, Yltinéraire d'Antonin '^ terrestre et maritime, est un des documents les plus précieux pour l'étude topographique du monde romain. L'Itinéraire de Bordeaux à Jérusalem a un caractère tout particulier ; c'est un itinéraire rédigé par un auteur chrétien pourles pèlerins de Terre Sainte'''. En raison de sa destination, il ne renferme guère que des mentions pieuses de nature à intéresser et à édifier les pèlerins'*. L'ouvrage, daté par une date consulaire, est

et leur a emprunté des indications de distances. Strabon cile six fois, pour l'Italie du Sud, la Sicile et la Corse, un chorograplie (à /oçoYÇàso;) qui doit être Agrippa.

— t2 Cf. pour la question encore très obscure de la eborograpliie d'Agrippa et les problèmes secondaires qui s'y rattachent ; Fr. Rilschl. Die Vermesswtg des rômisc/ien Heichs iinter Augastas... 1842; Miillenhoff. l'et)erdie Weltkarte und Chorograp/tie des Kaisers Augustus... 1856 ; E. .Schweder, lleitràge zur Kritik der Chorographie des Aïigustns, 1883; id. Weltkarte itnd Chorographir des Kaisers Augustus, 1S92 {Xcue Jalirb. fur Philol. CXLV-GXLVI , p. 113-132), etc.

— 13 Corp. inscr. lat. XI, 3281-3284. La forme des lettres semble indiquer le \" ou le n" s. ap. J.-C. Desjardins {Gaule j-oniaine, IV, p. i-20) attribue à l'époque de Trajan les quatres gobelets de Vicarello. M. Ruggiero {Catal. Mus. Kirc/ter. p. 102- 110) les croit en tout cas de beaucoup antérieurs à l'époque de Oioclélien.

— 1» Exemple : Corp. inscr. lat. VII. 1201. — '•' Ainsi pour la région rhénane, la Pannonio, la Khélie. — IG G. Partliey, M. Pinder, Itinerariuni Autonini Augusti et Ifierosoigmitannm, 1848. Cf. d'Avezao, Mémoire sur Ethicus, p. 361-408 {Mém. .S'or. ctrang. Acad. Inscripl. 1" sér. Ill; Desjardins. Gaule romaine, IV, 1893, p. 36 sqq. — 1^ C'est le premier en date il'une abondante série d'Itinéraîi-es en Terre Sainte écrits d'ordinaire par des pèlerins pour les pèlerins. La Société de l'OrieiU Latin a entrepris la publication des itinéraires antérieurs au xiv" siècle. Cf. pour la série chronologique des itinéraires en Tei-rc Sainte depuis le Pèlerin de Hordeaux {333 ap.J.-l'.jlabibliograjihie de liiîbricht, Bibliotheca geograpliica Palaestinae.Vilinér.iire de lioi'deaux a été publié au tome Ides Itinera Latina del't^ricnt Latin, p. 3-25.

— is l.cs mentions profanes y sont tirs rares.

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do l'an 333 ap. .I.-C. De Bordeaux à Toulouse, les distances sont exprimées en lieues gauloises [kiigae], de Toulouse à. Jérusalem en milles romains'.

Les itinéraires que nous venons d'énumérer sont des itinéraires écrits, la Table de l'eulinger est au contraire un itinéraire peint-. La date de ce document' n'a pas encore été déterminée d'une manière! pnu'ise. La copie, qui date du xi-xiu° siècle, reproduit un original beaucoup plus ancien. Certains critiques '• supposent que cet original est l'œuvre de Castorius, écrivain du iv° siècle; d'autres' prétondent que le dessin général et les grandes lignes du tracé proviennent de la carte d'Agrippa et que le document, œuvre lente et collective, a subi quelques additions du ii" au iv° siècle ap. J.-C. ("est l'itinéraire le plus complet" que nous ait légué l'antiquité.

Cartes et globes. — La carte de Pcutinger est aussi la seule carte authentique des temps anciens'' qui soit parvenue jusqu'à nous. Anaximandre de Milet, disciple de Thaïes, est généralement considéré comme l'auteur de la première carte géographique chez les Grecs*. Arislagoras, tyran de Milet, montra aux Spartiates une table d'airain sur laquelle était tlguré le pourtour de la terre entière". Cette carte gravée sur airain était peut-être la carte d'Anaximandre corrigée par Hécatée de Milet'". Démocrite d'Abdère, Eudoxe de Cnide" donnèrent également de nouvelles éditions revues et corrigées de la carte d'Anaximandre qui paraît être restée longtemps classique chez les Grecs. Des cartes devaient aussi sans doute accompagner ces anciennes descriptions de la terre, Ilspt'oooç yrii;, antérieures au iv° siècle. Les termes de IIsûîoooç Y'fiç semblent en effet avoir dans certains cas '" le sens de représentation graphique. C'est peut-être à d'anciennes cartes de ce genre qu'Hérodote fait allusion quand il tourne en ridicule les opinions géographiques de plusieurs de ses devanciers, auteurs de descriptions générales de la terre '^ La cartographie était alors considérée comme une application de la géométrie ''. Cependant l'usage des cartes se répandait de plus en plus; il y en avait sous des portiques'', exposées en public. C'étaient de véritables caries murales, de très grandes dimensions, puisque sur une mappemonde on pouvait reconnaître l'emplacement de l'Attique et celui de la Béotie '°. Les Grecs avaient aussi à leur disposition des globes terrestres. Le globe de Cratès de Mallos est cité par Strabon et par Geminus qui le mentionnent sans le décrire longuement. Cratès de Mallos [w" s. av. J.-C.) traçait au milieu de la sphère terrestre un

1 De Bordeaux ii GonsUntinopIe par Toulouse, Arles, Die, Gup, Briaiiçon, Turin, Aquiléc, Sirniium, Belgrade, fliilippopoli l'auleur complc 2221 milles, 230 miUationes ou relais, 112 mansioups ou gîtes d'étapes ; de Constautiuople à Jérusalem par Nicée, Ancyre, Tarse. AuLioche, Tj r et Naplouse, i IG i milles, Oy ynutationeSy 58 mansioncs. — - Les Uomains distinguaient deux catégories d'itinéraires ; les itinéraires écrits, scripta, annotata. et les itinéraires peints, picla.LcsHiuôràircspicta sont menliounés au iV siècle par Végèco (111, 6) et saint Ambroise, Comment, ad Psalm. l'.XVIl. 1.0 texte de Lanipridc {.ilcx. Scver. i.ï) se rapporte au contraire â des itinéraires scripta. — 3 Ainsi nommé de Conrad Peutinger qui on était ]iropriélaire au xvi" siècle, V llint/rairc est anjourd'lnii .^Vienne. Voy. ronMA, p. 12j2. — 4 K. Miller, Ihe ^Veltkart(' ffi's Castorius ijenanni die. l'tnitingerscht: Tafrt, 1888. — '^ Uesjardius, Gnuli! romaine, IV, p. \0'6 sqq. — ti Elle nous a été conservée à peu prés intacte. Cf. éditions de Ucsjardins, J,a Tabltt de Peutinger, 1870 sqq., avec un commentaire resté inachevé, et de K. Miller, Op. c, 1888. M. Miller, p. 123-126, donne la bibliographie du sujet. 11 faut ajouter à sa nomenclature le mémoire de M. Schwcdcr. i'cher den Ursprung uiid die altère Form der Peutiiigcrschfii Tafd {.Veue Jahrb. fur PItilol. CXl.Vll, 183-512). M. Miller, p. (i2-ti7, cite, en dehors dos itinéraires mentionnés plus haut, quelques miUiaircs de l'époque romaine qui renferment des iudicalions iilus détaillées que les miUiaircs ordinaires. Nous croyons imuvoir les négliger ici sans inconvénient, — ^ Il n'est question ici que de l'anti<|uité classique et des documents antérieurs au v* siècle de

large bras de mer inondant toute la zone équatoriale ''. Ces cartes anciennes, àç/ato'. ■nîvaxôç"', furent mises à contribution par les grands cartographes de l'école d'Alexandrie. A côté de grossières erreurs résultant de l'imperfection des procédés de projection, elles renfermaient sans doute de bonnes indications. Hipparque invo(iue parfois leur témoignage; et les oppose à Kraloslhène". Ces anciennes cartes n'étaient que des plans agrandis, sans graduation, sans projection proprement dite. La position des lieux y était indiquée d'après l'orientation et les distances à l'estime. Ératosthène le premier lit un essai de projection scientifique ; il voulut représenter la terre tel que l'œil pourrait l'apercevoir d'une dislance déterminée sur le prolongement de la ligne d'intersection des plans du parallèle et du méridien moyens^". La projection plate d'Ératosthène " demeura classique. Strabon s'y conforma-- ; Marin de Tyr l'employa pour la construction de sa carte". Hipparque, qui fit de nombreuses corrections à la carte d'Eratosthène, inventa la projection orthographique et la projection stéréographique. Comme astronome il voulut remédier au vice radical des cartes de son temps. Ses prédécesseurs, et Ératosthène en particulier, avaient combiné avec des observations astronomiques de longitude et de latitude des indications de dislance de provenance et de valeur très diverses. Pour supprimer cette cause d'erreur et de confusion, Hipparque résolut de s'appuyer uniquement sur des observations astronomiques : observations d'éclipsés de lune pour les longitudes, observations de longueurs d'ombre du gnomon pour les latitudes. C'était, on le comprend sans peine, une entreprise immense ; Hipparque ne pouvait à lui seul l'exécuter entièrement. 11 réussit du moins à déterminer les éclipses de soleil et de lune sur une période de six siècles. Ses Tables de climats ou Tables astronomiques donnaient pour tous les lieux de la terre habitable, les différentes apparences de l'horizon céleste sous le méridien de Bhodes-*. La carte qui accompagnait les Commentaires de Marin de Tyr" ne marquait, semble-t-il, aucun progrès sur la carte d'Hipparque. Marin, prenant pour type la largeur du méridien sous le parallèle de Rhodes, faisait tous les méridiens égaux entre eux''. Cette erreur extraordinaire faussait naturellement toutes les positions de sa carte ; pour les points situés au sud du parallèle de Rhodes les distances étaient trop courtes, pour les points situés au nord, elles étaient trop longues. Plolémée, qui corrigea plusieurs erreurs de son devancier Marin de Tyr, appliqua

1ère chrétienne. — 8 Slrâb. 1, I, H ; Diog. Laerl. 11,1,2; Agathcm. I. I.— aHerod. V. 4'J. — 10 Agathcm. 1, I. — " Eusiath. in Comment, ad Dionys. Perieg.{C Huiler, Geojir. graec. min. Il, p. 208). — U Aristopb. .V«6«s, 206 ; Aeban. Hisl. \ar. m, 28. — ' ' Hcrod. IV, 36. Aristote {Meleor. 11, 5. 13) reproduit pres<iuc leitudlemcnt les mêmes critiques. — " Aristoph. IVubis, 301 sqq. La carte dont parle le disciple de Socrate est-elle une de ces caries dressées par les géomètres de l'école de l.ampsaque?— >■■ Uiog. Laert. V, 2, H; Aehan. Hisl. Var. III. 23. — 16 Cf. le texte d'Arisloph. cité plus haut. — 17 Cf. II. Berger, Op. c. III, p. liS-12». l)raiùs est le seul fabricant de globes terrestres mentionné par les anciens. — *'5lrab. 11, 1,34. — " SIrab. Il, 1, l; 11, I, 22. — 2" Ératosthène esl donc l'invcDleur de la projection dite scénograpliique. Cf. pour l'étude de ces questions techoiqucs il'Avczac, Coup dwil hislorique sur laprojeclion des cartes de géographie (Bull. Soc. géogr. Paris, avril-juin 1863) ; M. Riorini, Le proJe:ioni dette carte geografirhe, 1831 ; id. Le sfere cosmografiche e specialmente le sfere terrttiri {BoU. Soe. geogr. ilal. I8ut). — -> Sur le parallède moyen de Khodes avec longitudes comptées du méridien d'Alexandrie. — 22 Strab. 11,5, 10: II, 5, 16. — 25 Ptol. L ÎO, 4 et 5. — 2* Cf. sur le système d'Hipparque, Strab. Il, 1, 41 ; 11, 5, 3.^43, etc. M. U. Berger a réuni les Fragments d'Hipparque. Gosselin, Recherches sur la géographie systémalique et positire des anciens, a étudié avec soin la carte du célèbre astronome. — 25 ptol. l. 6 ; I, iO. ÇéUii uu planisphère. — ïOPlol. 1,20, 7-8.

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le premier deux méthodes nouvelles de projection', l'une plus expéditive, « la projection par développement du cône osculateursur le parallèle moyen de Rhodes » ; l'autre homéolére ou plus ressemlilante, simple inodillcalion du premier système, qu'on obtient <■ en substituant le parallèle moyen de Syène à celui de Rhodes et en donnant à l'emplacement des méridiens sur chaque parallèle, à compter du méridien central représenté seul par une ligne droite, la grandeur relative qui appartient aux intervalles correspondants sur le globe'. » Pour les cartes régionales, Ptolémée se borne à appliquer la projection plate en ayant soin d'ol)ser\er dans le tracé de la graduation le rapport du parallèle moyen au parallèle centrale En résumé, les cartographes anciens ont appliqué ou inventé successivement: la projection coeloscopique centrale (Thaïes), la projection cylindrique plate parallèlogrammatiquo (Ânaximandre), la projection scénographique (Ératosthène), les projections orthographique et stéréographique (Hipparque), les projections conique simple et homéotère (Ptolémèe) '.

L'usage des cartes géographiques chez les Romains^ est attesté par un certain nombre de textes du i" siècle av. J.-C. au iv*^ siècle de l'ère chrétienne. La plupart de ces textes mentionnent évidemment des cartes générales de la terre et non des cartes régionales. C'est ainsi qu'il faut expliquer les textes de Properce ° et de Vitruve ". La carte peinte sur parchemin que Metius Pompusianus portait sur lui était également une cartedu monde, une mappemonde'. D'autre part, les Romains continuaient à exposer sous les portiques publics de grandes cartes murales comme la carte d'Agrippa citée plus haut. Un rhéteur du iv= siècle ap. J.-C, Eumène, mentionne expressément les cartes des portiques du coUèged'Autundestinées à l'enseignementdelajeunesse*.

Quant aux caries régionales, elles ne sont que très rarement mentionnées par les anciens. Nous ne trouvons à rappeler à ce sujet que deux textes : un de Varron' sur une carte d'Italie peinte dans le temple deTellus à Rome, un autre de Pline'" sur une carte particulière de l'Ethiopie.

De toutes ces cartes antérieures au v° siècle de notre ère, il ne nous reste malheureusement rien autre chose que la Tal)le de Peutinger, carte sans aucun intérêt pour la géographie scienlilique. La mappemonde de Cosmas Indicopleustès (vi' s.) n'appartient déjà plus à la science anti(|ue ", mais à la cartographie du haut moyen

1 D'Avczac, (tum\ etli\ Bull. .S'oc. (/i'o//;-., l'ai-is, avril-mai 1S83, p. ^82. Pour l'éviter les iuconv(5nieiils des cartes à projoclioii, l'tolûiiu'c déclarait (I, 20, 3 ; 1, ïi) qu'il était préR'rablc d'exécuter dii-oelcmeul le tracé sur une sphcrc. Mais ce procédé, (pii supprime toute déforuialiou, n'est pas facile à applicjucr, car il cxiçe une spliéic de grande dimension. Ou est donc obligé en jiratique de recourir aux artifices de projection. Comme Plolémée, Strabon croit qu'il est nécessaire qu'un globe terrestre ait des proportions considérables, dix pieds au moins de diamètre (11, 6, 10). — 2 U'Avezac, Oiivr. citi\ p. 282; Ptol. I, 2i. lin d'autres termes, c'est la projection dite projection de lionne, en l'Iionncur du cartograplie français de ce nom (1727-1704), projection adoptée pour la carie du Dépôt de la Guerre. — 3 ptol. Vlll, I, 6-7. — •'* Les carles-ilinéruires des Romains ne paraissent pas avoir été construites sur une projection régulière. CUielqucs savants avaient cru retrouver un système de projection dans le tracé de la carte de l'entiuger, carte oblongue dont la longueur est â la largeur comme 22 est à I. C'est 1.1 une pure fantaisie d'imagination. Cette déformation étrange du vieux monde provient non d'un mode particulier de projection, mais du mode de composition de la carte dressée (l'aiirès tics itinéraires régionaux et tle sa destination toute pratique. Cf. d'Avezac, Oliur. cité, p. 287-288. — « /««/. IV, 3, 37. — « Vlll, 2. Vitruvc semble mentionner les cartes proprement dites (pictti) et le texte explicatif qui les accompagne (scvipta). — 7 Suet. Vomit. X ; Dio Cass. I.XVll, t2. Peur expliquer ([UC la possession d'une carte ait pu causer la mort trun cbevalier romain, ou a supposé parfois que les cartes n'étaient pas encore dans le douuùne public. Celle hsliolhésc nous parait inadmissible. Les détails que iloime .Strabon sur la construction des globes terrestres et des plauispbéres nous auloriacnt, crojons-nous, à penser que

âge déformée systématiquement par les écrivains ecclésiastiques. Une nouvelle intluence, celle de la Bible, se fait sentir et subordonne tout à son action. Quant aux cartes dites de Ptolémèe, elles ne sont pas l'œuvre du célèbre astronome. Bien que sa Géographie ne soit en réalité que la légende explicative d'un atlas en 26 cartes '-, Ptolémèe lui-mémo n'a pas dressé de cartes, ou bien ces cartes ne sont pas parvenues jusqu'à nous. Au \° siècle seulement Agathodèinon d'Alexandrie compila des cartes pour le texte de Ptolémèe, les 27 cartes classiques que l'on trouve dans la plupart des manuscrits et des éditions de la Géographie de Ptolémèe. Ces caries, annexées aux plus anciennes éditions (xv-xvr s.), sont pour ainsi dire le prototype de la plupart des atlas géographiques publiés à l'époque de la Renaissance".

La géographie dans renseignement. — 11 nous resterait à essayer de déterminer la place de la géographie dans l'éducation antique, mais l'insuflisance des textes ne nous permet pas d'arriver sur ce point à des résultats certains. A Athènes, le programme éphébique, qui comprenait toutes les connaissances dont l'ensemble compose l'éducation libérale, renfermait sans doute l'enseignement de la géographie alors confondu avec celui de lagéométrie". Maisnous ne possédonssur ce sujet aucun renseignement précis; nous ne connaissons pas un seul nom de professeur, pas un seul titre d'ouvrage qui ait été réellement un manuel classique. Cependant, on peut supposer avec quelque vraisemblance que les Périégèscs en vers'°, les abrégés compilés aux derniers temps de l'empire romain, les cartes murales exposées sous les portiques"^, étaient tout particulièrement destinés à l'enseignement des écoles. A Rome, les grammaiici, qui commentaient les auteurs classiques, devaient parfois traiter dans leurs leçons des questions de géographie. Nous savons d'ailleurs que quelques-uns d'entre eux étaient renommés pour leurs connaissances en géographie. Asclépiade de Myrlée, grammairien célèbre qui enseignait au temps de Pompée, écrivit une Périégèse des peuples de l'Ibérie citée par Strabon '' ; Tyrannion était également versé dans la connaissance de la géographie". A défaut de textes précis, nous pouvons donc supposer que l'enseignement de la géographie, englobé dans celui de la géométrie, devait, à ce titre, être compris dans le programme des études libérales", chez les Grecs et chez les Romains. A. R.unaud.

les particuliers pouvaient avoir des cartes â leur disposition. Los caries murales dos [lortiques ne pouvaient évidemment pas sulVire au public. — ** Eunien. Oratio pro rest. schol. XX-X.\1. Ces cartes devaient être fort détaillées si l'on en juge par la descri|ilion d'Euméne (XX) . Un autre écrivain du iv" siècle (flieronyin. Epist. L.X, 7J fait allusion au travail des cartographes. — 'J De. re rust. I, 2. — to XII, 8. tictle carte, qui fut présentée à Néron, ofl'rait une particularité intéressante; l'auteur y avait inscrit quelques annotations relatives aux palmiers et aux ébénicrs. Tel est le premier essai de carte de géographie botanique que nous puissions citer. La fameuse mosa'ûpie de Préucste ne représente pas une carte de l'iigypte, mais un paysage égyptien. — II Cf. Santarem, Essoi sur l'hist. de la cosmogr. et de la cartogr. au moyen âge, 11, p. 8 sqq. et Atlas. — 12 ptoI. Vlll, 2, 1 cl les cliap. suivants. — 1^ !Vordenskj*>ld, Fac-similé Atlas, p. i sqq. Siu- la cartographie chez les anciens on peut consulter, outre les travaux déjà cités de Gosseliu, d'Avczac, l''iorini. Nordeuskjold, Schlichl, /)e tabulis gcogj-ap/ticis autitiiiioribus, 1712; Kcini^amun, Gesc/tichte dcr Efd-uiid Landerahbildungen dey Allen, I83ÏI; H. Berger, Op. c., passim cl surtout 11, p. 7.^75, 148-i;i0. L'éilition la plus récente de Plolémée, celle de M. C. Millier, n'est pas encore complète (tome I, t.'*83). — '* Plntai- ch. Quaest. coJtvie. IX, t. Cf. A. Duinonl, Essai sur l'èphebie altignc, 1, 240 Mp|.;P. Girard, rÉducation athénienne au v' et auw siMc av. J.-C, p. 229-231 ; II. IMiinmer in llcrmann's, I.ehrb. der griecli. Antiq. IV, § S'j. — •'' V. plus haut, p. I:i:i7, i-l C. MiilliT, Op. c, 1, p. LXXIV. — te Cf. surtout Humen. Oral, pro re.U. sehol. XXXXI. — I' Slrab. 111, 4.3; III, 4, P.). — 1« Cicer. Ad Altic. Il, 6. — 't* L"E.;xJx).io; TTotiStt'a lies auteurs de la décadence comprenait les sept arts libéraux : grammaire, rhétorique, dialectique, arithmétique, géométrie, astronomie,

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GEOMETRES', liEOMETRA -, GEOMETKlt-' (ysc>|aÉtot,ç) '.

— I. (l('omèlre, celui qui prali<|ue ou i|ui cnscif^ne la géoiDùtrie |(jiîometkiaJ.

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