‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines, d'après les textes et les monuments (volume 5)Chapitre 9 sur 104 · FEC · texte numérisé non relu

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quilù', quiaffirme, à la suite de Pylhagore. quelesdivcrs étals de notre individu relèvent de divinités spéciales, et que nous cherchons à y remédier par les contraires qui en triomphent ou par les identiques qui les apaisent. On ne peut cependant citer chez les Grecs aucun culte analogue à celui de Febris chez les Romains. Ceux-ci ont mis cette divinité en rapport avec Saturne, en faisant des personnilicalions de la fièvre quarte les lilles de ce dieu'-. Pline, qui mentionne, lui aussi, le fanum de Febris sur le Palatin, s'indigne avec Cicéron que la superstition ravale la divinité en la mêlant aux maladies et aux pestilences, dans l'espoir d'en conjurer les atteintes ^

Valère Maxime est le seul des auteurs anciens qui parle de trois sanctuaires dédiés à Febris dans Rome', l'un sur le Palatin dont il est question ailleurs, l'autre sur l'emplacement des Monurncnia Mariana, c'est-à-dire, suivant toute ressemblance, sur l'Esquilin^ et le troisième à l'extrémité supérieure du Viens lotigus, sur le Ouirinal, où il y avait aussi un temple de salus*^. Il est probable que le sanctuaire sur l'Esquilin fut dédié à l'occasion des assainissements qui y furent menés à bonne lin par Auguste et Mécène et auxquels Horace fait allusion. Cette colline possédait en outre une chapelle en l'honneur de Mefilis, un lums de Libitina et un autel de Mala Fortuna, monuments dont l'existence s'explique naturellement par l'insalubrité séculaire de ce quartier'.

Tous ces sanctuaires se trouvent sur des hauteurs, audessus de marais que les progrès de la civilisation firent dessécher'. En a-t-il existé un autre au Vatican dans l'antiquité païenne? On le pourrait induire d'un culte de la Madonna délie febbri, honorée dans cette région durant le moyen âge'". Nous savons par "Valère Maxime que les malades guéris vouaient dans ces temples les formules des remèdes qui leur avaient rendu la santé; ces remédia adnexa ne sont autre chose que les TrspîaTïTa des Grecs, amulettes d'un caractère à la fois médical et religieux dont le rùle est connu" [amuletum]. Les apologistes de la religion chrétienne ont maintes fois plaisanté le culte de Febris'-; on a vu cependant que, sous une forme à peine différente, il a survécu au paganisme. Rome avait d'ailleurs, pour l'accueillir, des raisons toutes particulières auxquelles les écrivains classiques font de fréquentes allusions'^ et que résume, au xi" siècle, Pierre Damien dans un vers célèbre : Romanae febrcs slabdi sunt jure fidèles. Les inscriptions ne prouvent guère que le culte de Febris ait été beaucoup pratiqué ; celle que l'on cite d'après Gruter: febiu divae, tebri sanctae, eebri ma-

GNAE, CAMILLA AMAÏA l'RO KILIO MALE AFFECTO, paraît apocryphe '*; il n'y a de sûr, dans cet ordre d'idées, qu'une

' Thcod. Prise. III, ml liusi-h. /il. (clans les Medic. antUjui Lnt. ùd. Alilc, Vonisc 1517, fol. 130.) Cf. Marciuardl, /(o-m. Micrt. III, p. 23. — 2 Cf. Thcod. Prise. hc. cil. — ''Hisl. nat. I, .i, i. — '• Val. Max. II, 5, 6; .\cl. Vm: hist. XII. Il, qui iiieiilioniic à la fois un Icmplo et un aulel. — î» Jordan, OïLV, cit. Il, p. 520. — G Ti(. I.iv. IX, i3; X, I. Cf. Plin. Hisl. nul. XXXV. Ifl; Jordan, I, I, W'J, n' 8; Cilborl. Gesckichtn und Topographie der .Stadt Jioui, III, p. 1)S, Lcipz. ISDO. — 7 Hor. Sut. I. 8. 14 : « Nuuc licpt Ksiiuiliis liabilarc salubribus. » Le temple de Salitn, brûli^ sour^ Claude, ne fut pas rcb.'il.i {llcnzcn.Actti fr.firr.\}. 9i}. Peul-Ctre y a-l-il une relation entre ce fait et la remarque de S(înôque, Apokol. li. que Febris, seule de tous les dieux romains, suivit aux enfers Claude : quae cum ipso tôt annos vi\i(t). — 8Cic. Op. cit. : Var. Liiuj. îat, V, Si). L'emplacement du lucua Lil)itinnc est simplement probable : \ , Prcllcr, nœm. MijtU. I, p. 410, h" 3.-5 Nissen, ftnlisc'ie Lnndcskunde, Rerl.. 1883,1, 413. — 10 Matthacis, Ciilto delta dea febhre, Dissert. delV Ac. rorn. diarch. 1821, p. «0. — 11 Marquardt, Op. cit. III, p. 100; cf. Preller, Ilmn. MytIi.W, liO. — 12 S.Augustin. Cil'. D. III, 23; II, 14, 3, s'appuyant chaque fois sur le tiîmoignage d'Aut. Labeo ; Id. Contr. Faust. 20 ; S. Cypr. Idol. van. 4, passage reproduit par Minutius I-'elix, Oct. 23, 8. Cf. Prudent. Uamart. 157. — 13 Hor. Ep.

inscription votive à la Dea Tertiana, personnification de la fièvre tierce '^ J.-A. Hild.

FEIJRUUS. — Personnification divine qui, dans la religion romaine, est préposée au mois de février, comme Janus est le dieu du mois de janvier'. Février étant, de toute antiquité, le mois des morts, on en vint assez tard à dériver son nom de ce dieu spécial que paraît avoir ignoré la tradition primitive. Le dieu fut identifié ensuite avec Dis Pater ou avec Pluton. On le considéra aussi comme le père de ce dernier. Un mythographe-, sur la foi d'antiques témoignages, lui donne une origine étrusque '■'.

Mais le mois de février n'était pas seulement le mois des morts; il était aussi celui des purifications; comme l'année primitive n'était censée commencer qu'avec mars, on se débarrassait durant le mois précédent, par des cérémonies spéciales, de toutes les souillures de l'année écoulée. Cet usage est rapporté au roi Numa et le dieu Februus fut, grâce à lui, celui des lustrations : luslraliomiin polcns crediiur''. Car febriiare est identique à iusirarc '' et la peau de chèvre dont se couvraient les Luperques, avant de là couper en lanières, était appelée februum [lupercalia] . Juno Lanuvina, déesse de la purification en même temps que de la fécondité, en était revêtue''; elle portait les surnoms de febniala, fvbrtialis ou februlis. Le jour principal des Lupercalia s'appelait februaius dies et concordait avec les nones de février'. Ovide appelle februa casta, expression qui, au témoignage de Varron, est d'origine sabellique, le mélange du sang égoutté de la queue du cheval d'Octobre [october equus] avec les cendres obtenues par la combustion des veaux mort-nés et de la paille de fèves, dans la cérémonie des F0RDIC1DIA, et qui servait ensuite pour les parilia '. Il n'existe d'ailleurs aucune trace d'un culte dont le dieu Februus ait été l'objet chez les Romains. J.-A. Hild.

FECUiXDITAS. — Personnification de la fécondité des impératrices romaines. Le premier usage qui en fut fait dans la religion officielle, date de Néron'. Lorsque, en lan 63, Poppée lui donna une fille qui, d'ailleurs, ne vécut guère, le Sénat répondit aux transports de l'empereur envolant des supplications et en élevant à Fecundiias un temple dont la dédicace donna lieu à des jeux qui rappelaient la commémoration de la victoire d'Actium sous Auguste. Henzen a cru releverdes traces de cette fête dans les Actes des Frères Arvales pour le douzième jour des Calendes de février; jour oii le collège s'acquittait des vœux formés pour l'heureuse délivrance de l'impératrice-. Le culte de Fecundiias reparaît plus tard sur les monnaies, frappées en souvenir d'événements semblables. C'est là aussi qu'il faut chercher les représentations de cette divinité; elle n'est guère qu'une copie de Venus

I, 7,9; Snl.l, S; Od. II, 14, 13; Juv, Sat. IV, 30; Gai. Comment. Il, in Lib. l. Uippocr ; Cad. Aur. Acut. II, 10. — '• Gruter, 07, 1 : Orelli, 179C; Corp. inscr. Iat. III, 70, — i:;/ bid. VII, 990.

FEBKUUS. 1 Serv. ad Virg. Geory. I, 43. ~ 2 ,)r,/i/i. Vut. 111, Fab. i, n" 3 ; Isid. Uisp. Etym.\,'i'i,i. — -Uch. \.\i\. Demeits. IV, 20, d"aprC*s Anjsius. — VMacr. Snt. 1,13. 3. — SFcstus,s. V. Februariiis.a.\tM:Ling.lat.\l, 13 ;0v. /•«.îMI, 13, 425 et 333; Var. ap. Non. 114, 22; Plut. Quaest. rom. 08; Serv.ad.Aeii. VIII, 433. — 6 jlmicn'nm lunonis, chez Var. toc. cil. Voir la repr.'sentalion de Junou couverte du febritiim sur les monnaies des Cornniieii (fig. 633, t. I, p. 337), Meltii, l'apii, Procilii, Roseii, ïhorii et la statue du must^e Pic (.'.lementino (lig. 1023, t. I, p. 819). Cf. Cic. .Vat. Deor. I, 20, 83. — ^ Paul. Diac. 83 ; Mart. Cap. II, 37, 149 ; Arnob. Adv. Cent, m, 30. — 8 Ov. FasI. IV, 721 et suiv. Cf. ILirtung. Jletig. der llœm. II, p. 179; Preller, Umn. Myth. I, 4IC ; II, 98, n» I Steuding ; chez Roseher, .liMfahrl. /.r.rik. p. 1471.

l'ECUNDITAS. 1 Tac, .lii/i.X.p. 23.— 2 llenzcn, Ac/n /'/■a/r. Arrat. p. 83; Corp. inscr. Iat. VI, I, 2013, I, .\II, Kal. Febr. : In Capilolio vota solula quae suscepcrunt pro partu cl incolumilate Poppaeac.

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