H/i xv^e
■'Samniles.
GLADius] , quelquefois remplacée par une lance [uastaj "*. La figure 3375 représente un bas-relief qui décore le tombeau de Scaurus, à Pompéi; on y peut observer plusieurs samniles, armés du bouclier long, de Vocrea et du casque à panache ".11 est très remarquable qu'il ne soit plus question de ces gladiateurs dans les écrivains postérieurs à Auguste'-. Ce fait, qui avait déjà frappé Juste Lipse, a été remis en lumière par M. Meier et il en a tiré des conclusions importantes. En réalité, l'arme des samniles n'a jamais été supprimée; au moment même où leur nom disparaît, on en voit apparaître deux autres, ceux du sccnlor et de ^'oploinachiis ; d'oii la conjecture très plausible que ces gladiateurs ne sont autres que des samnites, dont l'art s'est divisé en se perfectionnant. Ce qui a pu contribuer à faire abandonner l'ancienne appellation, c'est qu'on la considérait comme injurieuse pour une région de l'Italie contre laquelle Rome n'avait plus aucun motif de haine et qui lui donnait depuis longtemps de bons citoyens.
Le scculov (crsKoÛTojp) apparaît pour la première fois sous Caligula '^ C'est un samnite, dont la spécialité est de poursuivre le rétiaire ; de là son nom *'. Il a jiar conséquent les armes ordinaires du samnite, le grand casque, l'épée, le bouclier long et Vocrea à la jambe gauche (fig. 3576) '°. Qtielijucfois le seculur a été
III, 2, pi. ci.iv ; Winckclmann, J/on. ined. 190, monument de IJato (= Corp. inscr. lat. VI, 1018S). Genune avec la Mgende PAM pour C.A.M (v,;;), d'après Ilenzen, .\Iusiv. Bnrgli. lab. vu, 1 et 5 et p. 108; Winckelinanu, ,i1/o?), ined. 11, n, lav. 199, p. 200 ; Guattani, .\Joh. ined. tav. 3 ; Clarac, Mus. Sculpl. pi. 866 ; Bull. deW Ist. 18;i'',p. 167; Bursian, Anz. fiir Schweizer. Oesch. 1865, n" 1 ; Arch. epigr. .Mitthril. ausOesterr.l, 7 et 100; Bellori, Lucerne, pi. 20 ; Meier, Arch. Zeit. XL, 1882, p. 147-130, laf. v], 2, 3 ; Sal. Reinacb, Bronzes fig. de Saint-Germain, n" 186, 187, 189, 190; Frolmer, Coll. Grenu, Bronzes, n" 264; Sacken, Ant. Bronzen, pi, xvui, 8, etc. — '^ Aupai-avaul ils sont mentionnés par Lucil. Sut. IV, vers 16 et 26, Millier; Varr. ling. lut. V, 14i et ap. l'iin. Hisl. nnl. VII, 81 ; Cic. Pro .S'«(. 134; De or. Il, 325; Hor. Epist. Il, 2, 97; Corp. iusrr. lat. VI, 10187; IX, 466. — '3 Suet. Calig. 30. Dans le Icxle de Cic. Ad Altic. Vil, H. 2, on a eu tort de corriger sculorutn en sccutorum : Meier, De glnd. p. 19. — 'V Schol. ad Juv. VI, 1U8 ; Artemid. (Jnirocr. Il, 3Î ; Dio Cass. LXII, 19, 2 ; llisl. Aug. Coinmod. 16,7; Isid. Orig. .WIll, iiS : .i Hecutor ah inseqnendo retiarinm dictuv. » l'rud. C. Symw. Il, 1110; l's. Ilierocl. Philogelos. 87, EbLM'liard; Corp. inscr. lat. V,563, 3459; VI, 5933, 10IS9, 10190, 10191; XII, 1382, 4433 ; Not. d. Se. 1888, p. 62, n"» 856. — It. Le monninent du secutor Urbicus, mal reproduit par Mui-alori. 617, I, a été décrit avec plus d'exactitude par Cavedoni, Bnllett . dell' Istit. arch. di Ronui, 1816, p. 190, et d'après lui par Meier. De glad. p. 21 et Bullelt. delV ht. areh. di Roma 1884, p. 160. V. Kosniini, .Storia di AJilano. Il, p. 277 = Diitschkc,
(iLA
dési{,'n6 sous lo nom de contrarelinriiin, qui se rencontre d<ans les inscriptions exprimé jjur la sigle > iii;t- '.
^B lœ^^^JECVTOR 1
Fi-^. 3^70. — Seculor.
Voplomachus- (oTrÀôaa/o;) doit son niuii au i)ouclier long (rjTtXov) dont il se couvre; ses armes étant celles du samnite, il ressemble au secator; mais son jeu est tout
m^jT-'itr
Fig. 3577. — Oplomachus.
durèrent; car il a en général pour adversaire un gladiateur de la catégorie des thraces, et l'escrime du thrace
Aiit. lîildw. in Olier li il. V, 1018. I.'imajic d'un .-ïiitro secutor. arcomiiagnt-c de son Litre, se voit sur un bas-relief (iniîditl ; Sal. Ucinacli, Catnl. du Musce de Consliinlinnple, n" 231, Mittheil. Allie». X {1883), i>. l.i, n" 1. Autres .<!eculores : Ann. deir Jst. 1S50. |i. 1-2j; lleiu-en, Afiisiv. fïurgh. tav. i, ni cl iv; lie Kossi, Bull, di ttfch. crist. V. 87; Wilmowsky, Afos. ï-i iVennig ; fiaiTucci, Graffiti^ X. 2: XII, 1, etc. — 1 C. iiincr. lai. VI, 031, lOISO; .Vo(. </. Afni'i, I8S8, p. 62. d" «50. — 2 C'est l'orthograptie la plus ordinaire dans les inscriplious et dins les bons mss. ; C. insc. lai. Il, 173!) ; IV, i'iu» ; VI, 031 ; IX, SOO-.Suet. Calig. 3.'j;Scnec. Controv. ejccerpl. 111. praef. 10; Mart. VIII, "l; cf. M. Anton. De viln sua, 1,5.-3 Ma- 7.ois, l'oniji. IV, pi. 48, 2. — i Ainsi s'e\pli>|uc que dans C. in.ici: Int. IX, 406, ou trouve niontionni''s à côté l'un de l'autre VoptomncliHS et L' samnvs; le samites ici n'est aulre qu'un seculor, qui n'est pas eneoi-e dijsigné par un nom spécial. C'est ainsi que Meier, De ijlad. p. 23-i.V, a résolu la ditliculté qui av.ait arrêté Henzen, Musir. Durg/i. \i. loy. V. Barloli, Lucerne sep. I, 22 ; Overbeck-Mau, Pnmpeji^, p. 182 ; de Boissiou, /user, de /.ynn. p. 101. — G Cic. Pro .Sest. 64. Le mot çrec est lionne par Miltlu-il. Atlien. VI (1881). p. 124, n' 7; IX (18841, p. 213. C Corp. inscr.lat. VI, 10183), bas-rclief inédit. — 7 Corp. inscr. lai. IV,24S3; V, 2884, 4502:
ne peut être comparée à celle du rétiaire. M. Mêler pense même que le casque du secutor n'avait pas la même forme que celui de Voplomndms ; ce dernier portait un casque très haut, orné d'aigrettes ou de plumes, et muni d'un rebord rabattu, qui enîl'aisait entièrement le tour Mig. Wa't'j ^ ; le casque du secutor devait être plus petit, plus bas et dépourvu de rebord (fig. 3570^ ; autrement il aurait oll'ort trop de prise au filet du rétiaire et le combat aurait été trop vite terminé. \j' oplomachus apparaît, comme le secutor, au commencement de l'Kmpire ; il semble cependant qu'il soit de quelques années plus ancien •.
i° Le provo<:alor{r.-^'jf,'jy.-j.-M'^) était déjà connu au temps deCicéron'-; son costume est déterminé par un monument du Musée du Capitole". Il porte les armes du samnite, le srulain et ïocrra k la jambe gauche. Mais en quoi en dilTére-l-il? C'est ce que nous ne savons pas exactement; on ne peut pas établir d'une façon certaine la véritable raison d'être de son nom '. M. Meier a supposé que c'était un samnite, qui avait pour fonction propre de combattre les bêtes féroces dans les venaiiones ; mais il est difficile de l'admettre; car \c provocator a Rome est Instruit dans le Ludus magnus et non, comme les bestiaires, dans le maiutiinis '. Une inscription donne à la suite de son nom la'^sigle si'AT ■ , qui doit se lire spal!ariusj\ Aussi l'opinion la plus vraisemblable et la plus généralement admise est-elle que le /jroyoca^or était armé de la spata ou ■spalha (cTiïO-fJ, épée plus longue que le gladius gladiusj, et que c'était par là qu'il se distinguait des samnitesl'".
3° Le retiarius {ç,-f^->.y.ç,irjç) se reconnaît d'abord au filet, rele,jaculum. àjxaiêXri^TTiov Xt'vov, qu'il lance sur son adversaire pour l'envelopper " ; il a encore pour l'attaque un trident fuscina, tridens '- (remplacé exceptionnellement par une lance dans une fresque de l'amphithéâtre de Pompéi (fig. 3578) '^), une épée ou un poignard". Il n'est pas douteux que l'équipement et la manœuvre du pécheur aient servi de modèle lorsqu'on organisa les premiers rétiaires '"'. Longtemps auparavant on avait eu déjà chez les Grecs l'idée de ce genre de combat"^, mais d'une façon tout à fait exceptionnelle, et les rares exemples que nous fournit leur histoire ne peuvent pas être considérés, à proprement parler, comme ayant donné naissance à l'Institution romaine''. Lesarmesdéfensivesdurétialre (fig. 3j78, 3379)" sont celles des autres gladiateurs, le subligaculum, le
VI, 76.Ï8 ; il/i«/ici/. Athen. VI (I8SI), p. 124, n' 7. — 8 JJeier d.ins le Bu//. rfW. lu. arch. di Dnma, 1884, p. I.Ï7 h 160. — » Corp. inser. lat. VI, 76.ÎÎ1 ; cf. 10183.
— *i> Ital. spada. épée. Gaprxicci, /tull. d. fst. arch. d: Itoma, 1865, p. 78. Sur cette arme. Vegct. .1/i7. Il, 15. Meier (/. c. p. 157. note 1} conteste la lecture et rinterprélation, mais à tort; v. Mommsen dans VHermes. 1886, p. 266, note 3.
— 11 Juv. VIII. 203; Isi.l. Orij. XVlll, 54: Gloss. Labb. retiarius. — "i Juv.. Isid. //. ce; Mari. V, 24, 12: Suet. Oïlig. 30; Corp. iiucr. lat. II. 40'.i : III. 2I»7;V, 563, 1037, 3Hiô, 4506 ; VI, 10169. 10171, 10184; IX. 466. — «3 flarnicci. Uull. .\apol. N. S. I. 1853, pi. vn, n' 5. — " Val. Mai. I, 7, 8. I.c poisuanl est souvent représenté sur les nionumcnls^ — 13 Mart. V, 24, 12; .\mob. Adr. geni. VI. 12. -Vci/uorciis est le nom d'un rétiaire, Corp. inscr. lat. X, 1927. Attributs marins sur une pièce d'armnrc, Dull. \ap. S. S. 1853, lar. m, 2. — 16 Str^b. XIII, I, 38, p. 600; Diod. XVII. 43; Itiog. Laerl.l. 74; Polyacn. SIrateg. I, 25; Welcker. Jilt. Denlini. 11. lat. 16, 3.'. — 17 II n"; a aucun fond à faire sur les témoignages contraires de Fesl. p. !S5 M: Polvaen. /. e. — '* Rev. arch. VIII, 1851. pi. 160: tiaulliier-Stirum. .Xolice sur une petite statue de bronze trouvée à Ebarres, 1842: Babelon et Ulanchet, Bronzes delà Biblioth. nation. 91.3.
Fig. 3578. — Rétiaire.
GLA
ceinturon ot le brassard, ou manica : il est ii remarquer seulement qu'il porte ce brassard, non sur le bras droit,
Fi". 3580. — Galerus.
Fig. .'ÎSTO. — RtHiaire.
mais sur le gauche, parce que la manœuvre du filei l'obligeait sans doute à le découvrir davantage. 11 y a dans son armure une pièce qui lui est tout à fait particulière ; c'est une sorte d'appendice en métal, fixé tout droit au-dessus de l'épaule gauche et montant assez haut pour pouvoir masquer complètement la tête; on l'appelait le galerus'. Il était d'un grand secours pour le rétiaire, qui ne portait jamais de casque, et dont la tête
n'était ceinte tout au plus que de courroies ou de bandes d'étofTes -. Cependant le galerus n'était pas d'un usage constant ; on connaît des ligures de rétiaires qui en sont dépourvues ^ On voit ici reproduit (iig. 3580; voy. aussi dona- EIUM, fig. 2547) un galerus qui a été trouvé à Pompéi*.
La figure 3378 montre comment cette pièce s'adaptait à l'épaule du gladiateur et comment elle pouvait le proléger ■'. Le rétiaire était opposé soit au murmillo, soit, comme on l'a vu, au scrulor. Sa tactique ordinaire consislait à maintenir autant que possible l'adversaire à dislance et à le coiffer de loin avec son filet ''. Celui-ci se livrait à une manœuvre absolument contraire; ayant avantage à combattre de près à cause de la nature de ses armes, il cherchait sans cesse à en venir à un corps à corps. Au début de la lutte, le rétiaire tenait le trident de la main gauche, de la droite il lançait le filet ' ; mais s'il manquait son coup il ne pouvait songer à l'aller
1 Juv. Vlll, 207 et Scliol. ad h. l. : Cajlus, I!ec. d'anl. III, pi. 21, 2, 2; Hcn7.cn, Musio. Uurgli. p. 131 ; Dull. dcW ht. arch. di /(orna, IS53, p. 130 ; (iarracci, Bull. Nap. N. S. I, p. 101 cl 103. lav. vir, 2, 4; Jbid. IV, Uv. I; Hei'. arch. vin, pi. 165; Corp. inscr. lat. V, 34Gii : Mosaïques do Nennig et Massînii, II. ce. — 2 Galen. De fascHs, 32, XVIII a, 707, Kiilni ; Bull. Nap'. IV, lav. i, — 3 ttev. arch. Vlli, 1851, pi. 109 cl plusieurs réliaircs de la mosaïque BorgIu>sc, dans Hcnzcii , pi. i, m et iv. ~ '•Gamicci, Bull. iXap. N. S. I, p. 101 cl 103, tav. vui. S, -t; Museo Dorh. IV, pi. 2'J, 1 et 2: Longpéricr, Œuvres, pi. iv. — 5 Sur la mosaïque di* Bignor, le (/alerus csl développé d'une façon extraordinaire, au point d'afTocler la forme «l'une aile: Lyson, /telitpt. Bril. rom. III, pi. xvi et xix. I.ipsins et Ilen/en suppuseiit aussi que le rétiaire était protéfîé par un plastron d'épongé, spougia, d'après Terlull. Specl. 25; mais la lecture parait douteuse. — C Isid. Orir/. XVIII, 51, 55; Aricmid.
ramasser; aussi l'avait- on pourvu d'une corde, enroulée autour du filet [sjura), et dont une extrémité était attachée à son corps, peut-être à sa ceinture ; elle lui permettait, en cas d'insuccès, de tirer le filet jusqu'à lui pour recommencer sa manieuvro ^ La figure 3581 représente.
Fiir. 3S81.
Seeutor et rétiaire.
d'après une mosaïque de Rome, actuellement à Madrid, un seculor qui vient d'être enveloppé par le lilel de son adversaire ". Il est possible que cette arme ne ftlt pas on usage dans tous les combats où le rétiaire avait à paruilre ; car elle est souvent absente sur les monuments figurés. Un bas-relief trouvé en (irèce (fig. 3582'j
M^ Kfî"^^
Fig. 3582. — Réliaire et seeutor.
nous offre l'imago d'une scène tout à fait singulière : on y voit un rétiaire debout sur un échafaud [calasta), cherchant à repousser les attaques d'un seeutor placé au dessous. Cette combinaison avait été imaginée sans doulc pour donner à la foule le spectacle d'un assaut, dans lequel le combattant le plus légèrement armé avait pour lui la supériorité de la position'". Le rétiaire semble avoir occupé dans la gladiature un rang tout à fait inférieur ".
Onirocr. Il, 32. — '' Gori, Iiucr. III, 99 ; Archaeologin, XVIII, p. 203. — » Juv. VIII, 208; cf. Fest. p. 330 M; Isid. Orig. XIX, 4, 2; Garrucci, Dull. Nap. N. S. tav. I, p. 104; Meicr, De (jlad. p. 28-31. — » Winckelmann, Mon. ineii. Il, u, p. 238, 259, tav. 197; Cliabouillcl, Bea. arch. XVI, 1852, p. 397. - lo Meicr dans les Athen. JUittlieil. 1890, p. 1C2. — O llenzcn, Musiv. Btirgh. p. 1 13 ; Mcier, De glad. p. 32. Outre les moTunnents déjà cités, v. cwcoro Archneolotiia, XI, p. 19; XVIII, p. 2o:i ; XIX, p. 70 ; Uev. arch. V, p. 273,502 ; Vlll, p. 117, IG9, 410, pi. 183; Mus. Borb. XV. tav. 27; Mazois, Buinci de Pomp. pi. 32; Bull. ,V<i/i. N. S. I, 1853, tav. vu, 12: II, 1854, lav. is, 20. 21 ; Garrucci, Grafftii. lav. .vu: Stevenson, Bull. dell' /st. arch. di Borna, 1883, p. 102; Benn.iorf-Nienianu, Beiseii in /.ijkien, I, p. 41 et p. 157, Og. 30 ; Jalnl, Ber. d. SSchs. Ces. d. Vi'iss. 1855, taf. m, I [i .iscldUM, (ig. 2S87J. Coll. de l.uijues, n" 28 ; C. inscr. lut. VI, 10I8C, cic.
GLA
GLA
-i" Le Uu'acc, thranx (Oir.;), était un gladiatfiur auquel on avait attribué les armes du peuple thrace. Ce fut sans doute au lein[)S de Sylla qu'il fit son apparition, lorsque les Romains ourcnt capturé des soldats de celte nation qui servaient dans les troupes de Mithridate'; le premier qui en parle est Cicéron-. Le gladiateur appelé thrace porte un petit bouclier {parma, parmula), quelquefois rond ', mais le plus souvent carré ' ; sur certains monuments il a la forme triangulaire-'. L'arme offensive du thrace est la skn'\ c'est-à-dire un sabre court il lame recourbée'; quelquefois au contraire la lame forme un coude vers le milieu de sa longueur*. Le thrace a pour se garantir la manica au bras droit, le balleus et li; sublir/aruluin; son casque affecte dos formes assez diverses ; parfois c'est une simple calotte de métal pourvue d'un large rebord, mais sans visière; d'autres fois au contraire le visage est complètement caché par une visière percée de trous, que surmonte un cimier très élevé. Isnfin le thrace n'ayant pas, comme Yoplomachm et le snciilor, un bouclier long, mais seulement une parma ([ui ne peut couvrir que sa poitrine, on lui a donné, non
pas une orrca, mais deux; ces deux jambières sont un des signes auxquels on le reconnaît le plus sûrement; souvent même les cuisses sont entourées de braies ou de fasciae,q\i' on peut supposer en cuir, et qui ont pour effet d'amortir les coups que le bouclier n'arrête pas.
La figure 3583 reproduit le bas-relief funéraire d'un thrace du temps de Trajan, M . Antonius Exochus; on y retrouve, à peu de chose près, tous les détails qui viennent d'être décrits; on remarquera notamment les deux jambières, la sica (cf. la fig. 3370), et, en face, le casque à cimier '. Sur la figure 3384 on voit deux Amours,
I Plut. Crass. 8.-2 Cic. Phil. VII, 6 ; De prov. cons. l. — 3 plin. Hist. nat. XXXIII, 12'J: M;i7oiSi Potyip,p}. 3i(Mon. dcScaurus) ; IIi'iulmi. Afusiv. linrgh, lav. vu, fig. S; cf. Artcmid. Ottirocr. II. 33 ; Sciioc. Qii. nat. W^praef. S; Pctron. 15. Pour cette raisouon désigne sous le nom de parmularii les partisans des tliraces. V. plus bas cliap. sxii. — ^ Outre les uioiuuncnts (lu'oii voit ici, voy. MaiTet, jl/us. Veron. 414, :2 ; Mari. XIV, 213. — î>Lori()uet, [il. v ; Deville, /Jist. de la verreri'; dans i'ant . \t\. -19 A.
— «V.il. Max. 111, i, a. —T Corp. i/loss. lat. Goctic et Gundermann, II,p. 183 6 ; Juv. VIII, iOI ; l'iiu. Hist. nat. XVIll, 2 ; Héron de Villefosse, ^Jon. Piot, II, 1803, p. 97 ; Mazois, t. i:. etc. —8 C. inscr. lai. .Ml, 1013. Sien tout à fait si^guIi(^re, Meier, Wesideuische Xeitschr. I, p.170; Overbeck-Mau, Pomyjeji, p. 1S2; Bull. Xap. 1833, lav. VII, 13, 11, 16, p. lllel 1 15. — 9 Fabrclli, Col. Traj. iid =C.i. lat. VI, 10191. V. encore llull. Nap. I, p. 95 ; Ilcnxen, Mvsiv. Burgh. lav. vn, 2, 4, 7, 9 ; S. Kcuiacli, Ih'onzesde Haint-Gennnin, [). 203, fig. 1888 ; Scliuniaclicr, Bronzen zit Karhrnlu; n» 601; C. i. lut. IV, 23S7, SSII, 230S, n»' 1, 13, 17, ;3, 29, 32; V, 4ÏI1, 5121 ; VI, 10187, 10192 à 10197 ; XII, 1915 ; Arch. Zett. 1S82, pi. vi, p. IIS.
— iOPiit. d'Evcolano, IV, p. 77; Bull, napolil. N. S. lav. vu, 15, p. 114 = Ilelbig. Wandijem. il» 797. — " F.pict. .V«ii. 29, 3. — 12 Cic. Phil. Vil. 6 ; Suel. Calig. 32; Dont. 10; Auson. Terhnopaeg. p. 488, Toll ; Corp. inscr. lat. IV, 2387, 250s.
— 13 llcuzcn, Musiv. Bitigh. tav. VII, t; lampes do Berlin, 913, 5187, de Trêves, 750 d;ms Meicr, De glad. p. 34 et Wcsldenlsr/ir Zeilschr. I, p. 163. — U Ibid. lampes de Ti-ùves, n"» 750, 2978 ; Kékulé, Pomp. Terrac. laf. 41 ; Pacho. Voyage dans ta Marmariquet pi. 53. — '« Garrucci, Oraffiti, pi. \i, 2, x\, 1; Comnrniond,
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l''ig. 3583. — Tbracc.
qui, la sien à la main, se battent à la façon des Ihraces'" : les enfants chez les Romains jouaient au gladiateur.
Fig. 3384. — Amours en gladiateurs.
comme les nôtres jouent au soldat". Nous avons déjà dit que Fadversair*! ordinaire du thrace, c'est Vojtlornachus; mais il peut être aussi opposé au murmillo'-. Les monuments nous montrent même qu'on mettait parfois aux prises deux thraces l'un avec l'autre", comme les deux Amours de la figure 3384. Enfin notons qu'on voit des thraces tenir, au lieu de la sica, une épée droite semblable à celle du samnite'", et d'autres tenir une lance "^: mais ce ne sont là que des exceptions.
5° Le gaulois, gallus"\ aurait été, suivant quelques savants, introduit dans les jeux publics au temps de César, c'est-à-dire après la conquête de la Gaule; mais on peut admettre avec M. Meier " que l'origine de cette arme remonte plus haut; elle est peut-être contemporaine des premières représentations de l'ampliithéàtre; les Gaulois Cisalpins ont pu en fournir le type aux Étrusques (fig. 3370), qui l'auront communiqué aux Campaniens. et par eux aux Romains. Toujours est-il qu'à la fin de la République on voit naître de cette arme une arme nouvelle, le murmillo (u.uf.[j.î),Àojv), dont il est fréquemment question dans la suite'*. Cependant le gallus ne disparait pas immédiatement et même dans un texte il est nommé à côté du murmillo'''; de là une difficulté que nous ne sommes pas en état de résoudre. Le murmillo doit son nom à un poisson de mer, le morme {^•jç.'xi, u.opu.'J:oç, aofunJÀoç)-", dont il portait l'image sur son casque'-'. Aussi s'explique-t-on aisément qu'il ait été opposé au rétiaire; celui-ci, armé de son filet, est assimilé au pêcheur qui poursuit le poisson -'. Cependant après le i" siècle il n'y a plus de témoignage dune semblable lutte; au contraire on voit encore le murmillo aux prises avec
Descr. des anl. de Lgon, pi. iv, n. 417, p. 74. — 16 C. i. lat IX, 466 ; Fest. p. 2S5 M
— 1^ De glad. p. 35-36. Il s'appuie notamment sur un mot d'un discours de Caton (184 av. J. C.) .. galliim morientem » dans T. Liv. XXXIX, 42, 11. — <» Cic. Phil. III, 1 2 ; V, 7 ; VIÏ, 6 ; De prov. cons. 4. L'origine du murmillo serait plus ancienne encore que ne le croit }i. Meier, s'il fallait admcUre parmi les fragments de Lucil {Sat. IV) le vers 27 (MiiUer); mais c'est très douteux. L'orlliograplie »iurmi//o est de beaucoup la plus commune. C. i. lat. IV, 2387, 2308 ; V, 1907 ; VI, 631 ; 10169, 10174 à 10180; IX, 466; X, 1926; Bull. delV Ist.arch. 1865, p. 80; Ci. gr. 2161. 2889, 3392 ; Val. Max. 1, 7, S; Suet. Xer. 30; Dom. 10 ; Calig. 32; Fest. p. 285 H ; Fesl. Paul. p. U4M; Juv. VI, 81; VIII, 200; Amm. Marc. XVI, 12, 49 ; XXIII, 6. 83 ; .\uson. Idyll. 13 ; Cento nupl. praef. ; C. inser. gr. 2164, 3392 ; Diltenberger dans Hermès. VI, p. 143. L'identité du gallus et du murmillo est établie d'une façon certaine par le texte do Festus, p. 283 M : • Retinrio pugnanti adversus myrmillonem canlatur : non te pvto, galle, guia wyrmillonum genus armatura gnlhca rst insigne: itiyrmillones anie galli apimllabanlur. •— >" C. i. lat. IX, 46G ; cf. Mari. VIII, 75, 16.
— 20 Oppian. Halieut. I. 100; Ovid. ffa/ieur. 100; ?\\a. Hist. nat. XXXII, 152(54); Plut. Sol. anim. 26; Artemid. Onirocr. il. II; .\Uien. VII, p. 313c. Dans Arlemid. /. c. II, 32, Meier corrige -jux' ày|-jçt«v S::"*.*»v en ;itTà h9jhiVa«>«; ôsVm>. — SI Fest. /. c. On peut observer des images de poissons sur des castiucs de gUdiateors ; Xiccolini. Case di Pomp. Caserma de glad. lav. ii. 7; Corp. inser. lai. IV, 53S; mais ce ne sont pas des casques de niurmillous. — 2i Fesl. Le.; Val Max . I, ", 8 ; Uuintil. VI, 3, 01. avec la correction de Lecinans, Bev. arch. IX, 1852. p. 82.
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le thrace ' et avec le provocaior. Peut-être aussi a-l-on fait combattre deux murmillones Tun contre l'autre -. Il est certain qae ce gladiateur portait Varmaturn gallica', et nolamnienl le scutum; on ne peut pas douter non plus que le scutum murmillomcum , qui est cité dans un texte, fût distinct du sculum des samnites, puisqu'on lui avait donné un nom spécial'. Mais ici s'arrêtent les renseignements positifs dont nous disposons el, somme toute, nous ne savons pas encore exactement en quoi consistait l'armure dumurmillo. Les savants se sont partagés entre deux systèmes tout à fait opposés : les uns le rattachent aux armes pesantes, les autres aux armes légères. Tacite rapporte qu'en l'an 21 de notre ère, Sacrovir ayant soulevé contre les Romains le pays d'Autun, enrôla dans ses troupes « des esclaves destinés au métier de gladiateur, et que les Éduens appelaient cnippellarii ; une armure de iev [conlhiuum ferri tegimen] les couvrait tout entiers suivant la coutume de cette nation [more gcniico) el les rendait impénétrables aux coups, quoiqu'elle les gènàt pour frapper eux-mêmes '' ». On invoqua aussi un passage où Ammien Marcellin étalilit un rapport entre les murmillones et les fantassins de l'armée partlie " ; or on sait que les Parthes et d'autres nations de l'Orient faisaient usage d'une armure souple, composée d'écaillés de fer qui couvraient entièrement le corps [CATAPQRACTi] ; on peut même l'observer sur un bestiaire, dans un bas-relief trouvé à Rome'. On a conclu de là que le murmillo et le cruppellarius étaient identiques. M. Meier est d'une opinion tout à fait contraire; il récuse la valeur des témoignages que Juste Lipse avait allégués le premier ; pour lui le viurmillo doit être assimilé au fantassin gaulois, qui, bien loin
Fig. 3S85. — MurniiUo et thrace.
de se couvrir de fer, dédaignait, à l'exception du casque et du scutum, toutes les armes défensives en usage chez
' Cic. /. c. cl les textes cMs plus haut ; Mittheil. Allien. IX, [i. 213, u" 1 . — 2 C. itiscr. <jr. '216i; Mcier, De t/lad. p. 40-4i. — 3 Fcst. (. c. — 4 Fest. l'aul. p. IH M, attribué à l.ucilius. Sut. IV. vers 27, par L. MUUcr. — "Tac. Aim. 111, i3. — C Amin. Marcell. XXXlll, 0, 83. I.e texte du même auteur, XVI, li, 49, ne peut rien nous apprendre — 1 lias-relief Torloniadans Hcnjcn, Musiu. Uiiri/h. tav. xxxviii. — «Polyb. Il, 30; Liv. XXXVllI, 21 ; l'ausan. X, 21, 2. — 9|Ienzen, o. /. tav. vu, C.V. encore Conestabile. JUoH. (li Perugin, tav. 62, 2 ; Le Bas, Voij. arch. pi. 18,2; Didl. i\ap. IV, tav. 1 ; Mon. de Scaurus, dans Maiois, Pomp. 1, pi. 32 (la quatrième paire) ; Bull. Nopolil. IV (1845), lav. I (première paire); Winckclnmun, Mon. imii. Il, lab. I!I7, 198; Loriquct, Mosaïques île fldms, pi. 6 et 10; (;om,irmond, Dcscr. des uni. de Lyon. pi. iv. n. 001, p. 102;Belluri, iuctfrae, tav. !i.i. I.etronno, I.ongpérier, Lori-
les Grecs et chez, les Romains, telles que la cuirasse, les jambières, etc. '. Son bouclier même, quoique très long, devait être plus léger que celui du gladiateur samnite, étant fait, non de métal, mais de bois el de peau. Enfin M. Meier, suivant une indication d'Henzen, croit pouvoir reconnaître le type du murmillo dans une figure moulée sur une lampe en terre cuite (fig. 3o8o)' : c'est le personnage que l'on voit ici représenté de face à côté d'un thrace; il
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KATOPO c »A K I WOOV EN iE K An V KTE VCAC Is£IK H M
tient à la main un bouclier hexagonal tout à fait semblable à celui qui est généralement attribué aux Gaulois; il est armé de l'épée et coiffé d'un casque de petites dimensions laissant le visage entièrement découvert ; on remarquera surtout qu'il ne porte point d'ocreaa ; à part les fasciae qui entourent les chevilles, ses jambes sont entièrement nues. Ce serait là l'indice le plus sûr auquel on reconnaîtrai t le /»«?'millo. Tous les savants qui se sont occupés de la question ont négligé un bas-relief du musée de l'Ermitage, seul monument où la représentation du murmillo soit accompagnée de son titre. Il porte le suhUgaculum,
le torse et les jambes sont nus, la main droite tient une èpée ou une lance, l'objet posé sur la colonne paraît être un casque'" (tig. 3.586).
6° Nous sommes encore plus mal renseignés sur le dimachaerus (Siixi/aipoç) " ; d'après l'étymologie du mot, on doit supposer que ce gladiateur était armé de deux coutelas (fjtotyatpa). On s'est trompé en croyant reconnaître son image sur quelques monuments'-.
7" L'arme distinctive du vêles était le javelot muni d'une courToie,\iihaslaameutata [amenïim]. Il devait offrir beaucoup de ressemblance avec les soldats des troupes légères appelés velites '^
8° L'essedarius (èao-eoQtpioç) combattait du haut d'un char, à la manière des guerriers bretons ; il n'y a rien à ajotiler à l'article spécial qui concerne cette catégorie de gladiateurs [essedarius], si ce n'est qu'ils paraissent avoir été
quet ont encore d'autres systèmes, mais qui ne Tout tiu'enibrouitler la question. Friedliinder repousse celui de Juste Lipse; mais il n admet celui de Meier qu'à titre provisoire. — 10 C. Saygctel A, Dcsarnod, Album d'un voyage en Turquie fait par ordre Je l'Empereur ISieolas I" en 1829 et 1830 (litliogr. à Paris chez Knselmaun), pi. 48. L'inscription n'a été lue que récemment, Athen. Mittheiluufj. I8S1, p. 213. n. '. l'n autre monuuieut (C. i. l. VI, 10178) u'a pns été gravé. — H Do lioissieu, /user, de Lyon. p. 409 = Orelli, 2381. Allmcr et Dissard, Inscr. de Lyon. III, p. 88 : Arteniid. Onirocr. 11, 32. — 12 Mas. Uoib. Vlll, p. 7, 8 ; ;/ ■!•. arcli. V. 562 cl VIII, 410. — 13 Isid. Oriy. XVIll, 57 ; Cic. Brut. 78, 271 ; l'Iin. fJisl. nal. XXVlll, 34 ; Varro ap. Non. Marc. Ve jiropr. .lenn. I, p. rû, 1, (juicherat; Ov. Jb. 45; Cic. De or. Il, 78, 310; Lucil. Sal. inc. vers 107, Millier; Fest. p. 310; Paul. p. 328, éd. 0. M.; C. i. lai. IX, 400.
Fig. 3586. — Murmillo.
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6néfalemciil opposés les uns aux autres deux par deux'.
9° Vequcs (t'TTTTE'jç)-, ou gladiateur à cheval, a pour
armes dislinctives un casque à visière, une lance, un petit
bouclier rond et un brassard sur le bras droit; il est vêtu
Fig. 3587. — Enuitcs.
d'une tunique, et des fasàac. protèfçent ses cuisses (fig. Ii587) ^ Les équités se battaient entre eux. Ceux d'une même troupe formaient une lurma''.
\(yhQ,lnqucariiis se rapproche du rétiaire ; comme lui il a la tète et les jambes nues; comme lui il porte le galerus à l'épaule gauche. Son arme principale est un lazzo, qu'il lance sur l'adversaire de façon à l'étrangler et à le terrasser. Celui fju'on voit dans la figure 3388 tient en outre dans la main droite un bâton, avec lequel sans doute ce gladiateur parait les coups qu'on lui portait".
11° Sur le scissor nous ne savons absolument rien". 12" L'andabala (y.vZy.fjiz-rfi) '' n'est mentionné dans aucune inscription. M. Meier conjecture que ce nom serait celui d'un peuple auquel on aurait emprunté une armure particulière*'. D'après les rares textes où il est question des andnbatae on peut croire qu'ils portaient, comme les c.\T.\PunACTi, une armure composée de mailles ou d'écaillés de fer, qui couvrait la plus grande partie de bîur corps^ et qu'ils combattaient les yeux bandés
1 Moicr, De tjtad. p. 13, d'après le C. i. *;r. âlGAct le C.inscr. l. IV, :i50!*, Ajoulci aussi aux ri^fi^rences do cet arliclo C. ?. /. IX, 466 ; XII, 33^3. 332-4, de Boissieu, Inscr. de Lyon, p. '160 et 621 add. = Allrncr et Dissartl, Inscr. de Lyon, Ht, p. S8 ; Mau. Mm. MMheiL 1800, p. i5 et suiv. — 2 Cic. Pro Sest. 59, liO; Cilen. De camp, med. p. i/en. III, i (Kiilin, vol. XIII, p. 601 i; Isid. Orii;. XV1II,53; Arlcniid. Ouirocr. 11, 32; C. i. l. IV, ii.i:-. VI, 4334. 10167 IX, 4C.'i ; X, 7361. — 1 Mou. d. Soaurus, Mazois, Pomp. I, pi. 3-2; sur des lampes, v. Fîedler. Anliquaritint. taf. viii, 4; Meier, \\Vi((/. 2eitsc/u\ I. p. 165 ; exemplaire seriililalileau I.ouM'e; aulre : Meier. Ift. p. 171, n" I. — ''Curji. inscr. Int. IV, 2137. — SIsid. Orig. XVIII. ;.0; lleuicn, .Xtusiv. /lunih. lab.vn,10;l.eemans, /îfl'.ni-c/i. XI (1852), p. 86 ; C. r. /. XII, .ï6S7, 26. — 6 C. i.l. IX, 466. — 7Cic. A'//Vt»i. VII, 10, 2 ; Varro Sat. A Hf/a^nMe dans le Pétrone de Buclieler, p. 165. — s Meier, De ijlad. p. 41, d'après une glose du Cod. Palal. Vatic. 1773, dans Mai, Class. aitct. VII, p. 5H, rapprocIuS de l.yd. De n>ag. I, 46 — î* I,yd. /. c. Cf. lo
Fig. 3588. — Laijucarius.
ou couverts par une visière sans trous'". 11 ne serait pas impossible f|ue cette arme ait été supprimée à la fin de la Ilépublique ".
13" Le snf/iltnrius transperçait son adversaire à coups de flèches. Il avai t pour défenses le ceinturon et le brassard ".
Il faut classer dans une catégorie tout à fait distincte des précédentes les pnegniarii [r^ivciwi , jeu). Ils étaient pourvus d'armes qui ne pouvaient donner la mort. On les faisait paraître, en guise d'intermède, après la venaiio, qui avait lieu le matin, et avant le combat de gladiateurs qui occupait la fin de la journée : de là le nom de ludus rneridianus donné à cet intermède. Il est vraisemblable que la condition des /5a(;//n(^/)H était assezdifférenle de celle des combattants dont la vie était en jeu ; cependant c(!ux-ci les considéraient comme des camarades : ainsi ;i Home il y avait des paegniarii dans la troupe impériale du Ludus mngnus. C'est seulement à partir du temps de Caligula qu'il est question de leurs exercices. Cette partie du spectacle, destinée à reposer les sens de la foule entre deux tueries '\ pouvait avoir parfois un caractère plaisant, comme les scènes de comédie où l'on échange des coups de b'iton. Les organisateurs s'attachaient sans doute à accentuer cette ressemblance : un jour Caligula imagina inopinément de donner pour adversaires aux paegniarii des pères de famille, gens honorables et connus, mais affligés de diverses infirmités physiques '•. La figure 3o89 représente, d'après une mosaïque trouvée à Nennig (Prusse Rhénane), un groupe
Fig. 358'J. — Paegniarii.
de deux paegniarii ; l'un tient un fouet, l'autre un l>;\lon : tous deux ont sur le bras gauche un bouclier cintré, qu'il faut supposer fixé par des courroies ; dans leur main gauche on voit un bâton recourbé du bout [pedum],
lias-reliof Torlonia, Ilenzen, .\fii.^iv. Burgli. tav. isiviii. — 10 Hieron. .irfr. Vorm. I. 36 ; Conir. Jiufin. 3, p. 101 A; Arfo. ffelcid. 3, p. 3 A. — " Hieron. (/. ce. ne fail peut-i^tro que rappeler la satire de Varron Andaftatae. — 13 o*id. ..Vmx. 171, et Schol. ad h. I. ; Pcrs. IV, 42; C. i. I. IX. 466; cf. llero.lian. I, 15. — n Ancironeinenl les S|ieetatcurs ne quittaient pas rarapliilhéàlrc pour aller prendre leurs rvp.-is : ils y restaient toute la jounu-e. Ce fut en 00 av. J.-C. que s'introduisit crt usage. Dio Cass. XXXVII. 46. Il ne faut |>as oublier cepend,aut qu'il y aT.ail aussi quelquefois des e\(Vutions de criminels pendant lehidut nwridinmis.^^uet. Claud.3i :TcrtuII. Apol. t.ï ; Senec. Kpisl. 7 ; v. plusliaut, cli.ap. VI, 1'. Mais les spectacles comiques y étaient l'ordinaire, comme il résulte de Sen. /. c. — 1' Suct. Caliq. 26 ; cf. Senec. TcHull. ;/, ce: C. I. lai. VI, 631, 10168. 101S2; Cavedoni, Bull. deW Isl. 18*6, p. m. II n'y a jamais eu de gladiateurs appelés meridinni, comme l'aTail supposé llenien, Mnsiv. lliirgh. p. 117. d'après C. i. '. VI, [alsat, 3168 a.
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destiné à parer les coups '. Il ne faut pas confondre les paegniaru avec les gladiateurs de la séance d'escrime [pugna hisoria), qui leur succédaient dans l'amphithéâtre' ; ceux-ci en effet avaient des armes de bois, ou des armes émoussées, mais en tout semblables à celles des combats à mort, et leur jeu par conséquent était de tous points conforme aux règles propres de chaque spécialité.
11 fallait assurément beaucoup d'exercice aux gladiateurs de ces diverses catégories pour exceller dans leur art; cependant on vit quelquefois un même homme se distinguer dans plusieurs armes : Martial cite un gladiateur qui se rendit également redoutable comme samnite, comme rétiaire et comme vélite; il était du reste omnibus eruditus annis'; on en connaît un autre qui fut à la fois dimachaerus et essedarius '. Notons aussi que les gladiateurs de toutes les catégories pouvaient être employés avec leurs armes et leur costume ordinaire dans les combats contre les animaux féroces [venatio], quoique ce fiH plus particulièrement l'office des bestiarii et des VENATOREs ; aussi les voit-on figurer assez, souvent sur des monuments qui se rapportent à ce genre de spectacles". Naturellement le nombre des armes représentées dans un seul munus était proportionné à sa richesse et à son importance. Quelques listes de troupes, conservées sur la pierre, nous offrent des exemples intéressants ; un de ces documents, trouvé k Venouse, donne le résultat à\xn munus où parurent des gladiateurs appartenant à onze armes différentes '''. Les armes qui dominent dans nos listes sont celles du thrace, du murmillo et de Vessedarius ' ; aussi peut-on s'étonner que nous soyons encore si mal renseignés sur la seconde et qu'il ne subsiste de la dernière aucun monument figuré. Lorsqu'une troupe était considérable, elle pouvait comprendre plusieurs sections {lacinia)^; il est probable qu'en pareil cas plusieurs armes étaient représentées dans chacune d'elles.
XI. Les grades. — Tout gladiateur qui n'a pas encore joué sa vie en public dans l'amphilhéâtre est un simple conscrit, tiro ; s'il meurt à son premier combat, il meurt tiro, ce qui s'indique dans les inscriptions par la sigle t • , ajoutée à son nom '. Si au contraire il sort vivant de l'épreuve, il devient par le fait même veteranus [vet- ], soit qu'il ait été vainqueur, soit qu'on l'ait gracié'". On voit aussi des gladiateurs qui portent le titre de primus palus (TipcûToç -Koloi;, TtpioTOTtaXoî) et de secundus palus (Ssûtepoç 7rx)>oç)"; il a été évidemment formé par analogie avec celui de primus pilus en usage dans l'armée, et il rappelle le poteau sur lequel on s'exerçait à l'escrime; il devait désigner un instructeur qui, de temps
1 Wilmowsky, lîom. Villa -« Nennig, pi. 9; Mciur, Vr'esldent&ch. Zeitschr. I, p. liiri ; cf. Mosailiboden von S^-Gci-eon in Kôbi, Bonnet- Whickelmann. progr. 1873, p. 18 ; Rosellini, Mon. deW Egilto, I, lav. 104; Krause, Agonistilc, taf. xwin, 128.
— 2 V. plus bas cliap. .wi-, 2". — 3 Mart. V, 2^, U ; mais le sens du v. 13, caasidc tanguida thnendus. que j'applique à un samnite. est encore mal diïtermiué. — * De Qoissieu, Insci'. de Lyon, p. 469 = Allmer et Dissard, Inscr. di; Lyon, II!, p. 88.
— îi La liste de ces monuments a Hù dressiïe par Meier dans les lîonner Jahrh. I.X.M, p. 111. — e C. i. ;. IX, «0. — 1 C. I. /. IV, 2308 ; IX, 465, 4(56; Mau, /(dm. MUthnI. 1690, p. 33. — » C. i. l. IX, ;iOOO; cf. Colum. VII, 3, 3. — 'J Cic. Pro liose. 17; C. i. l. IV. 1474 ; VI, 031, I019'i ; IX, 405, 460. — 10 Telle csl du moins l'opinion tri>s pla\isiblc de Mommsen dans Vllcrmea, 1886, p. 267, qui invoque Caes. Bell, dall. I, 2i; Bell. Civ. III, 28: /)ig. XXXIX, 4, 10, 3. .Aleier au contraire {De glod. p. b3) suppose qu'il fallait plusieurs combats pour mi^Titer ce titre. — n Nist. Aug., Commod. 15; Dio Cass. LXXII. 22; Corp. inser. Int. V, 5933 ; VI, 10184, 10189; X, 1926; C. inser. jr. 2063, 3765; I.e lias-VVaddington, Voy. arch. 1757.
— 1- l)e même dans nos salles d'armes on dit, par une figure analogie, que le professeur « fait le mur n. — 13 On trouve un doctor et primus, C. i. 1. VI, 10183. — n C. I. ;. V, S93.5; VI, 10189. V. aussi //«(. Au;/, et Dio Cass. //. ce.
— I" Dio Cass. Le. — l« C. i. /. V'I, 10170, 10201, 10Î02; VIII, 10983; IX, 5906;
en temps remplissait l'office de ce poteau, en faisant tirer les conscrits sur sa poitrine '-. Les pâli devaient donc être des vétérans gradés, ayant une certaine autorité sur leurs camarades, et placés eux-mêmes sous la direction du doctor^''; cependant ils étaient toujours en activité de service et comme tels pouvaient encore combattre dans l'arène ; on connaît un primtis palus, qui est mort à vingt-deux ans, un autre à vingt-sept'*. Il est il présumer qu'il y avait dans chaque école et pour chaque arme un palus primus et un secundus ; Commode au Ludiis rnagnus se faisait appeler primus palus seculoruin, et il était très fier de ce titre '■.
Les gladiateurs dits pt'ima ou summa rudis, et secunda rudis"', devaient être au contraire des retraités qui avaient mérité l'épée de bois, signe du congé définitif; c'étaient par conséquent des rudiarii remarquables par leur force et leur adresse, et qu'on engageait dans l'école moyennant salaire pour y servir d'instructeurs ; nous avons conservé l'épitaphe d'un gladiateur summa rudis, mort à soixante ans'''. Ces gradés devaient assister le doctor ; peut-être pouvaient-ils devenir dociores à leur tour au bout d'un certain temps de service ".
Mais A'oici une question qui est encore pour nous remplie d'obscurité, bien qu'elle ait donné lieu à un grand nombre d'études érudites '^ On possède dans divers musées de petits parallélipipèdes en os ou en ivoire, généralement percés d'un trou à une de leurs extrémités, et portant une inscription sur chacune de leurs faces, quelquefois sur trois faces seulement. On y lit un nom d'homme, le plus souvent un nom d'esclave, suivi
du mot SPECÏAVIT, SPECTAT,
SPECT • OU sp • ; puis vient ^->^) une date, indiquée d'or- v y^ dinaire par le jour, le mois et l'année. Lebâtonnet que représente la figure 3390 est le plus ancien de tous ceux de cette série qui portent une date certaine; il est de l'an 93 av. J.-C.
L'inscription doit se lire :
Mcnopil{us) , A bi[ï)L[ucii) s\ervus), speclavit, C. Val-
{etio), M. Her[ennio consulihus)^" . Sur un autre bâtonnet (fig. 3.591), qui est au contraire un des plus récents (7 4 ap. J.-C), on lit: Maximus, Valeri{i) [servus) , sp{ectavit) id{ibus) jan[uariis), T{ilo) Caes[are), Aug{usti) f{ilio) tertiuin, [Ti. Plautio) Aelian[o) secundum [consulibus) ^' .
X, 1928 ; de Boissieu, Inscr. de Lyon, p. 7 et 409 = Allmcr et Dissarii, Inscr. de Lyon, III, p. 8. Vn gladiateur suinnia rudis est repriîsontr en bas-relief (inédit), C. i. l. VIII, 10983. — " lliid. — 18 Ces id&s sont celles de Mommsen, I/ermes, XXt llS86), p. 269 et de Friedliinder, l.c. Auhang, 5. Elles sont très différentes de celles de Meier, De glad. p. 53, qui n'ont pas prévalu. — 19 Monimsen, dans le Corp. inscr. Int. I (1803), p. 195, u"* 717-776; Ritsclil. Tesscrae i/ladintorine, dans les Abhandl. d. Milnc/ien. Akad. X (1864), 2, p. 293 ; BUcbcIer, len. LiU. Zeil' 1877, p. 730; Ilubner, Ephem. Ef.igr. III (1877), p. 161 et 203; Unef, De glad. (1881), p. 53, 1 ; llenzcn et de Rossi, ItnU. deW /st. arch. 188-, p. 8 ; Monnnsen, //ernies, XXI (1880), p. 266-275; Elter. Bliein. .y«,s. XLl (1880), p.517-34S ; Meier, U.l.XLU (1887), p. li1-l]!Mg,Berl.Philol. Wocliensc/trift , 1888, p. 703 ; Meier, O./.p.lOOi; IlauR dans liursian, Jahresb. d. Iclass. AUcrtli. LVl (1888), p. 106 ; Friedliinder, l. c. Aiiliang, 4. On trouvera les inscriptions des lessères réunies dans le Corp. inscr. lat. l. c. ; il faut voir, en outi-e, Ephem. Epigr. l. c., Corp. inscr. lai. II, 6240, 1, X, 8009, 8070, 1 i 6 ; XII, 3693, 1 ; Bull, munie, di Borna, 1887, p. 188 ; Mit- Iheil. /?ôm.l8S8, p. '.'1. — 20Garrucci, Sylioge inscr. lat. lav. II. n» 7; JCphcm. Epigr. m, p. 203. Une autre de l'an 96 est suspecte ; Bull, èpigr. ÎV, p. 150, Mommsen dans V/Icnnes. l.c. p. 273, noiol. —21 Corp. inser. lai. I, 774 = RitsclM, l.c. taf. ni, R. On en possède un autre do Pan 88 ap. J.-C. Bull., munie, di Borna, 1887, p. 818.
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