V. ASTVS • {lui
Les monuments figurés eux-mêmes portent quelquefois, à côté de l'image des gladiateurs, ces notes explicatives'", qui semblent avoir été identiques à celles dont on faisait usage dans les états de troupes dressés par l'administration de l'armée '' . Mais au lieu de la sigle P on trouve aussi le (heta nigrum ou mortiferian, initiale du mot ©(avujç), ou bien la sigle e, c'est-à-dire l'O barré, initiale du mot O (Ijiil). La figure 3598 représente, d'après la mosaïque Borghèse, le secutor Astivus étendu sur l'arène; à côté de lui se lit la sigle funèbre -e- '*. Si nous possédions un grand nombre de listes, il serait intéressant de rechercher quelle fut, pour chacun des munera connus, la proportion des gladiateurs tués. Dans la liste de Pompéi nous voyons que, sur huit vaincus, trois ont été tués".
Il est peu probable que dans les municipes le compte rendu fût publié co(pme à Rome ; mais on le conservait certainement dans les archives locales, surtout parce qu'il importait ]n)ur le règlement des comptes que le résultat définitif du muints filt soigneusement constaté et enregistré "".
XX. États de services. — Lorsqu'un gladiateur, sorti vivant de l'arène, continuait à exercer le métier, on dressait pour lui des états de services, qui allaient toujours s'enrichissant, au fur et à mesure (|u'il prenait part avec succès à de nouveaux combats. Généralement dans les inscriptions on donne à ce sujet les indications suivantes :
1° Nombre total des combats que le gladiateur a livrés; ainsi : lycvs • PVG.NA(n(W! iv-' ; mais souvent aussi ce
.lu*;., Conimod. 15. C'est de ce compte rendu, jilutùt que il'uu programme, que parle Cic. Ad fam. Il, 8, I ; v. Mommsen, Kphem. Epigr. l. c. p. 412. note I. — 15 r. I. /. IV, 2506, classé à tort p.-irmi les programmes. V. .Mominsco. /. c. Cf. C. i. t.iliil. 1 182 et X, 4920. — 16 Wineldinann, .Voii. ined. 11. 198. — IT Rufin. // int'ect. in Hieron. 36.— 18 Henzcn. Mus. Bnrgh. lav. I. III. L'usage àathela nii/rum ue pi-ul pas itre contesté (v. Monat, Bull, épigr. de la Gaule, 1884, p. 133) ; il est HMi formellement par Pcrs. IV, 13 et Schol. Ad h. I. : Mart, VII. 37, 2 ; Ru fin. /. c. ; Isid. Orig. I. 21. Mais il est possilile que dans l'aiitiquil<^ morne il se soit produit une confusion avec l'O harré ; ou bien que le second caractère se soil, après Auguste, substitué au premier ; v. Miibner. £jrrmpt. script, epigr. p. 73. — 19 Corp. i. t. IV, 2508. Il y a doute pour deux des trois. V. encore ihid. 2483. Il 82, 2, 3 ; 1 175 d : 2177; V, 3466, 4512. — âo C'est ce qui résulte clairement de la lex Jtaticensit, r. i. /. Il, 6278, Ugnes51-52 •< rationibus deccm retroversuin annorum inspectis, f jcjiiplismuncrum in quaque ciritnte editorum eoKSideralis. . — SI C. i. l. VI, 10180.
GLA
GLA
nombre est représenté seulement par un chilTre, sans sigle d'aucune sorte ; ainsi severvs • lib • xxxxv signiliersi Seve7'us libievtus), xxxxv [pugnarum)''.
2° Nombre des victoires indiqué par un chiffre, précédé du mot pahnarum^, ou coronaruni', ou de la siglo C, <:), 0, ou >, c'est-à-dire de l'initiale de Cyoronarinn), quelquefois retournée; ainsi favstvs 3 xxxvii '■. Cependant il semble que toute victoire n'était pas nécessairement récompensée par une couronne, et que celle-ci était le svmbole d'une victoire
ASTACIVS ASTACIV5
plus éclatante; car on voit dans des inscriptions grecques qu'un mémo personnage peut être qualifié à la fois de vi(x-/î<raç) et de (7T(£a.av(oO£i'ç) , et que le chifl're de ses couronnes peut être inférieur à celui de ses victoires^. Il y a là une difficulté que nous ne sommes pas encore en état de résoudre.
3° Nombre des combats où le gladiateur a clé gracié sans avoir eu le dessous [slans niissiis).
A" Nombre des combats où il a été vaincu et gracié [missus).
Il est rare que toutes ces indications se trouvent réunies après le nom d'un même personnage; on général les deux dernières sont absentes. Cependant une inscription nous apprend ces détails sur un certain Flamma : pvgnat- xxxiiu- vicit- - XXI- STANS- viiii- MIS- un'''. Il pouvait arriver qu'on eût à dresser les états de services, non d'un gladiateur encore vivant, mais d'un gladiateur mort; le cas se présentait fréquemment, lorsqu'on rédigeait des épitaplies; s'il avait été lue dans l'arène, on indiquait quelquefois à part, après le nombre tolal de ses combats, celui où il avait perdu la vie '. Ces inscriptions, qu'on pourrait appeler des cursus de gladiateurs, sont singulièrement instructives pour l'histoire de leurs mœurs. Ainsi Flamma, mort à trente ans, avait combattu trentequatre fois ; tel autre, mort à vingt-deux ans, treize fois, après sept ans de mariage"; un autre, mort à vingtquatre ans, cinq fois, après cinq ans de mariage'; un autre encore, mort à vingt et un ans, cinq fois, après quatre ans d'école'". Mais ces chiffres ne sont rien à côté de ceux des combats livres par Commode ; dans s(m existence, ([ui dura trente et un ans, il se serait mesuré avec plus de mille adversaires". Il est probable que les acta diurnii donnaient les états de services des gladia-
1 M;iu, MitthcH. Itûm. iSOO, p. 3-2, p. 48, noie 2; I8'J|, p. VU. V. plus hmil, cliap. V], 4»4; cf. C. i. l. V. 363, 2884; 3.(59, 3405. 3406, 3468, 4506, 4311, S933 ; IV, 10180, 1018'i,l818!l, 10193; De ISoissicu, /nscr, de Lyon, p. 409 cl «rfrf. — 2 Ibid. Il, 1739. — 3 ma. XII, 3332. — '• Ibid. XII, 3324; Mau, /. c. 1S90, p. 33 ; cf. C. i. t. IV, 538;1173d, 1182,14-21, 1422,1474,1470, 1770, 1770 n, 1773, 2364 (t, 2387 ; X, .1920 ; XII,3323,5836. — se. i. i/r. 2154, 2889 ; Mau, Millheil. lli,m. 1800, p. 73. -iC.i. l. X, 7297. — 7 C. !. l. V, 3106, puynar. Vil © 17//; ibid. 3408 : pugnar. X, hic XI deceptus. —8 IMd. V, 5933. — » Ib. 4306. — lu Ib. 2884. — n Hisl. Aug., M. Anton. 19; Commod. 11, 12, 13 cl 17 ; Dio Cass. LXXII, 22; llcrocibn. I, 15; Mcicr, Di: ;/lad. p. 34.— lnilinl. A ug., Commod. 1 3. — " v. ['licdlniidcr, /. c. Anhang, 16, Uvber den fdiufigen Gebnmck Iterii/tmter Kiin^tlernamm, p. 627 ; cf. p. 322. — 1'' Sciicc. Proi\ 4,4; Mari. Specl. 20, 1. — l-'Mart. lliid. is, 27 ; C. 1. 1. VI, C3I;
leurs, lorsqu'il rendait compte des mimera où ils avaient paru '^ et on peut supposer qu'il en était de même dans les libelli ; car c'était un moyen d'attir.cr l'attention de la foule ; ni lesedilores ni les lanistac ne devaient le négliger. XXI . Gladiateurs célèbres. — Les gladiateurs qui a valent remporté de nombreuses victoires Jouissaient d'une popularité extraordinaire. Certains noms qui reviennent à plusieurs reprises dans les fastes de la gladiature semblent avoir été illustrés d'abord par quelques-uns de ces
héros de l'amphithéâtre,
Fig. 3398. — Gladiateur misa inorl.
puis repris après eux, comme il est arrivé pour les pantomimes, par des successeurs jaloux de les égaler ". Tels sont par exemple Triumphus ", Carpophorus '■, Philodamus "^, Philargurus ", Antiochus", Hernies''' et Petraites-". On a assez vu par ce qui précède quels encouragements ces virtuoses trouvèrent jusque dans la plus haute société de Rome. Sans parler des princes qui leur accordèrent la protection la plus fiatteuse, ceux mêmes qui n'eurent qu'un goût médiocre pour leurs exercices furent obligés par politique de paraître s'y intéresser. On assure que quelques gladiateurs eurent des maitresses de noble condition. Faustine, femme de Marc- Aurèle, aurait entretenu, dit-on, avec l'un d'eux des relations coupables, auxquelles Commode aurait dû le jour^'. On a trouvé récemment sur un mur de Pompéi des inscriptions à la pointe mentionnant un Ihrace, qui est appelé puellarum dccus et suspiriuiii iiucllarum--; ces mots peuvent être rapprochés d'un vers où Martial célèbre les conquêtes d'un certain Hermès, cura laborque ludiarum-^. Les gladiateurs qui comptaient à leur actif un certain nombre de victoires pouvaient arriver à la richesse pour peu qu'ils s'entendissent à exploiter la faveur publique ; on en voyait qui, après fortune faite, se retiraient à la campagne-'; d'autres laissaient un assez bel héritage pour que leurs fils pussent justifier du cens équestre et passer dans la classe des chevaliers ^^. Caligula enn'ila d'anciens gladiateurs parmi ses gardes du corps, en leur donnant des grades élevés-"; on prétendait que l'empereur Macrin avait été lui-môme gladiateur-''. Mais à côté de ces parvenus, il ne faut pas oublier non plus les pauvres hères qui traînaient au sortir di; l'école une existence misérable ; ils étaient (|aeliiiierois réduits à
Juv. VI, 109. — II' c. i. I. I, 722, 723, 776(1. — H Ib. 721,726, 729.— '» Ib. 723.
— l'J Ib. 776 6, XII, 5696, 32 cl Mart. V, 24. — 20 V. plus bas ilaush scclion des œuvres d'arl la iiole sur les verres. Dans Horace, Sat. II, 7, 97, racidcianuscst un personnage eniprunlé à Lueilius, Oie. Tusc. IV, 21 . On voil aussi revenir souvenl les noms de lion auRurc, iïauslus, l'elix, Forluualus, C. i. l. I. 742, 753, 763, 776 f. V. encore Halo. Ibid. 7IS et 776 4*; VI, 10188; Dio Cass. LXXVll, 6, li. - 21 Mari. V, 24. 6 cl 10; Juv. VI, 78, 113; Pclr. 120; Plul. Galb. 9 ; //Isl. Aug.. M. Anton. 19.
— 22 Mau, Mitlbeil. liûm. 1890, p. 29. n" 42 à 44. Il semble bien qu'il y a (iuel(|ui; chose de semblable, p. 30 dans le n" 33 : puparum noctnntantm nm'tut]i'
(n)ar(ii»i) medicus. —23 Mari. V, 24, 10. — 21 llor. jk'pist. I, 1,5. — 2r, juv,
III, 138. — 2ù Jos. An(. Jud. XIX, 1,15 ; Suct. Calig.S»; Dio Cass LX, 28. — 27tf,s/. Aug., .Mocrin. 4.
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chercher un rolugc parmi les prêtres de Hi'lhine cl à parcourir les rues avec eux en dcmandanl l'auiiiôno aux passants '.
XXII. Les partis. — Il n'y eut jamais à l'amphithéâtre des partis aussi nombreux, aussi puissants et aussi bien organisés qu'au cirque. Les auteurs anciens n'en citent que deux; l'un, celui dos scutarii (r;y.o'jTàptoi) favorisait les grands boucliers [scuta), c'est-à-dire les oploviachi, seculores, etc. ; l'autre favorisait les petits boucliers, c'est-à-dire les thraces; on appelait ses membres parmular'n (Trapixo'jX'/p'.o'.l. Domitien s'était déclaré pour le premier, Caligula et Titus pour le second; Trajan et Marc-Aurèle voulurent rester neutres ; mais il est assez probable que sous le secutor Commode les grands boucliers reprirent l'avantage-. On a conservé l'épitaphe d'un marchand d'huile, qui exerçait son commerce à Rome : son épitaphe mentionne qu'il fut parmularius'.
XXIII. Suppression. — Nous n'avons pas à retracer ici l'histoire du mouvement d'opinion qui amena la suppression des combats de gladiateurs'. Ils étaient l'objet d'une faveur si générale', que les esprits les plus éclairés, tels que Cicéron ou Pline le Jeune, trouvaient desraisons pour les justitier ; tout au ^ plus allaient-ils jusqu'à souhaiter qu'on y mît plus de variété et qu'on y fût moins prodigue de vies humaines'. Cependant dès le début de l'Empire les écoles de rhétorique et de philosophie durent insister sur le caractère barbare de ces spectacles'; Sénèque a été l'interprète le plus convaincu et le plus éloquent de leurs protestations ^ On sait avec quelle ardeur passionnée les Pères de l'Église achevèrent l'œuvre commencée au nom de l'humanité par les philosophes. Le l" octobre de l'an 320, Constanlin, se trouvant à Béryte, publia un édit par lequel 11 étendait la peine des travaux forcés dans les mines à tous les cas qui pouvaient entraînerauparavant la damnalio ad ludum ; c'était enlever à l'amphithéâtre une bonne partie de ses recrues'". Mais Constantin ne songea point à supprimer tout à fait l'institution; car un peu plus lard il imposait aux prêtres provinciaux de l'Italie l'obligation de donner annuellement des combats de gladiateurs ". La réforme même qu'on lui attribue ne visait peut-être que les provinces d'Asie ; en tout cas, si elle eut une portée plus générale, elle ne lui survécut pas longtemps ; en 363, Valenlinien défendit seulement de condamner des chrétiens au Indus'-. Cependant la cause de la gladialure était perdue; la suppression définitive commença probablement par l'Orient'". Puis en 399 on ferma partout les écoles impériales " ; en iO-4, à la suite d'une échaufl'ouréo qui se produisit à Rome dans lamphilhéàtre, llonorius interdit formellement les combats de gladiateurs''. Ils
1 Jiiv. VI, m:; lU schol. a:l h.l. — 2 Oninlil. II, II, I ; Sud. Calig. 32, 54, :i3 ; Tit. 8; lliim. 10; Mari. IX, 6S ; XIV, il3; Pliu, Pancij. îi; M. Anton. Comment. 1, 5, — J C. i. l. VI, 0710. Je croirais volontiers qu'il Tournissait do l'huilc aux unctarps de lY'CoIc. Sur les amntores des gladiateurs v. encore, Ihid. V, 5(1.) et 3460. — '■ 1'. !■;. SliiHer, De gm. aev. Tlirodos. Il, p. SO ; Wallon, I/ist. (le l'fsclin'. III, 4il ; L'sener, Aiifhebung tier Otatl. Schitleii, Jt/icin. Mils. 18S-.!, p. 479 ; Friedliinder, /. c. p. 413, Schiussbetrachlunn. — b Oulre les textes déjà cités, V. encore llor. ICpisl. I, 18, 10; .S'n/. II, ti, 41; Ov. Ars am. I, 104 ; M.-irt. V, 6.Ï : Stat. Sih. I, 6, 51 ; Epict. .1/nji. iO, 3 et 33, i ; Tac. J)ial. 20; Augustin. Conf. VI, S. — 6 Cic. Tusr. Il, ii',^a; Plin. Hpht. VI, 31; Paiierj. 33 ; //;'«(. Aiig. Majrim. i;t Balb. 8; Sjmm.ieli. Kpisl. 11,40. — ' M. Anton. Comment.'^\, 46;Tac, A<i/i. 1,70. — 8 Cic, Timc. Il, SO.'Xfi ; (Juinlil, VIII, 5, 12; Decl.^el 3û2.Surles |trotestalions des Grecs, v. plus liaul.cliap. ii. — 9 Scu. Epist.Wi, 2- XC, 45 ; Tji'tranqn. an. Il, 13 ; il est beaucoup plus indulgent dans sa Consol.ad Helc. 17. 'fc
— 10 Co(/. Theodos. XV, 12, 1 ; Momniscn, Ber. d. Sûchs. Gcs. 1850, p. ÎTST
— Il llenïcn, 5580 ; cf, Orelli, 3800. — i2Corf. Tliend. IX, 40, 8. Pour les mimera de cet ^poilue, v. encore Tirui. Miitern. .Wnth. III, .'i, !>; VII, 22. 13 C'est ce
ont pu reparailro encore pendant quelques années '^ mais isolémenl et sans éclat. Désormais le nom de niunus s'applique uniquement aux ve.natioxes, qui, moins faciles à condamner au nom de la morale, se sont perpétuées au moins jusqu'au milieu du vi' siècle ■'.
XXIV. L'akt. — Rien ne montre mieux à quel point les Romains ont aimé les combats de gladiateurs que la quantité prodigieuse de monuments figurés qui s'y rapportent : aucun sujet n'a été plus en faveur au temps de l'Empire, surtout dans l'art populaire. Il en faut probablement chercher le prototype dans les fresques ou les tableaux, qui décoraient les murs des édifices publics, et que les erfi^ores faisaient exécuter pour perpétuer le soUivenir des jeux célébrés à leurs frais. Cette coutume remonte au moins au commencement du ii" siècle avant notre ère: vers cette époque un personnage nommé C. Terentius Lucanus donna sur le Forum romain, en l'honneur de son aïeul, un 7mimi.i commémoratif, où parurent trente paires de gladiateurs, et il fit ensuite représenter ce combat dans un tableau qui servit à la décoration du temple de Diane '". Un grand nombre de peintures semblables furent exécutées depuis, non seulement à Rome mais dans les municipes, par ordre des empereurs, des magistrats et des riches particuliers. Telle était celle que l'on voyait sous un portique à Antium, et qui représentait un mumis célébré au nom de Néron ; toutes les figures des gladiateurs et des gens de service étaient des portraits". Une fresque de ce genre couvre le mur d'un portique, chez le Trimalchion de Pétrone -". Une inscription de Bénévent mentionne deux munera donnés à cinq ans d'intervalle par un magistrat; il les avait fait reproduire sur deux tableaux, placés l'un dans la basilique, l'autre sous un portique de la ville-'. C'était là l'art des hautes classes ; de nombreuses fresques de Pompéi, quoique déjà beaucoup plus modestes, peuvent nous en donner une idée-^. Mais il y avait aussi les dessins grossiers, tracés à la couleur rouge ou au charbon, que les lanistes exposaient en public pour faire valoir leurs hommes; c'était un sujet d'admiration toujours nouveau pour les esclaves et le menu peuple". Les produits de l'art industriel, surtout les poteries à bon marché, ont multiplié à l'infini ces images, dont l'amphithéâtre fournissait les modèles, et il n'est pas une province de l'ancien monde romain où on n'en ait recueilli des exemplaires.
Dans l'art des premiers chrétiens la figure du gladiateur est devenue un symbole; elle représente l'homme juste et pieux, qui, fidèle aux enseignements de l'Église, est toujours prêt à affronter avec courage les luttes de la vie et à subir la mort, pour mériter la couronne réservée aux élus-'. Georges Laf.vye. .
qu'on peut conclure du silence de saint Jean Clirysostome, si stWi>re pour les autres spectacles. Millier, /. c. p. 87; Wallon, p. 427. — UUscncr, p. 470. — >^ Théodore!. Hist. Eccl. V, 20; cf. Prud. In Symn. Il, 1121. — IS Augustin. Cic. D. III. 14. 2 (an 410), en contradiction avec IV, 14, 22. — 17 Friedlander, /. c. p. 419 ; Mammscn, Ephem. cpigr. I. c. p. 40J, note I. — 18 Pliu. ffisl. nal. XXXV, 33, § 52. Sur la date, V. Mommscn, Afùnziresen, p. 551. 104. — 13 Pliu. Le. — ** Peir. 29 — il C. 1. /. IX. 1600. v. encore Basil. Uumil. in Psalm. LXI; Sid. Ap. Episl. II. 2, 31 ; cf. f/ist. .4»!/., Gard. tr. 3 ; Carin. 19. — 2i V. plus bas, la <ecUou des Peiuturcs, — 23 ||or. Sal. II. 7, 90. — 2V De Rossi, Bull. d. arch. crist. IS07, p. 82-84; Garrucci, .S(ono d. arte crisl. 1. VI. pi. a>\>viii ; Catalogue CiwM/ani, u* 428= C. i. l. VI, lOI.'SO ; Krausc. Iteal Eneycl. d. chrisll. Alterih., art. Corona, Gladiatory Kampf. Une lislc de inonuincnU figurés a éii doont^ par Friediiiii* der, /. c, Anhang 3, Darsteli. von Glnd. ouf Knnslicerken ; une aulre par Héron de Villefosse et Tliédcnat, Cncliel.t doenlistes romains, Bull. mon. 1SS3. p. 310. V. aussi Monlfauron, .intiguité expl. III, p. 263-269 (la plupart des ligures sont d'une allribution douteuse). Suppt. III, p. 177-178; Schrciber, Eutturhist. Bilder Atlas, I, pi. .'tx^n à xxxiii. Voici une liste des monuments
GLA
GLA
GLADIUS çîtfoç. — Nous réunissons dans cet article tout ce qui regarde les épées grecques et romaines, en renvoyant cependant à des articles spéciaux pour les armes dont la forme demande une explication particulière, ou pour celles dont le nom s'appliquait également à d'autres instruments.
Les Grecs ont employé pour désigner les épées des noms variés. Voici la liste des plus usuels avec la signification et l'usage de chacun d'eux.
'AxivixTi;, épée courte de forme droite, en usage chez les Orientaux [.\cin.\ces].
"Aop, terme usité par les poètes comme synonyme de çt'cf oç' .
KoTtiç, sabre recourbé, souvent difficile à distinguer de la [xiyaipa'- [COPIS, macuaera].
les mieux connus : Peintures, llelbig, Wandgem.n" 797, 798,1312 à 1516; Ifaclilr. p. 40b; Bull. ihW Ist. nrclt. di Huma, 180'j, p. 240, 242; l'acho, Voyage dans la Marmarique, pi. 33, 1. — Mosaïques. .M. d'Augsbourg ; Grulcr, p. 336 = C. i. l. m, 3833 a; M. Massinii : Wiuckflmanu, Mon. an/, ined. 11, taf. 197, I9S = Hiibner, Anf. Bildw. in Aludrid, n" 399-400 cl C. i. l. VI, 10203; M. Borgli6se : Heozen, Musie. Burgh. L c. = C. i. l. VI, 10206; M. de Reims, Loriquet, l. c. ; M. de Bignor, Archaeologia Britan. XVIII, 1, p. 203 ; Lyson, Beliqu. Brit. Rom. III, pi. 16 et 19; Duruy, ffist. (/e Wom. Vil, p. 73 cl 73 ; M. de Ncnnig, Hev. arch. 1S35, 1, p. 106 ; Bull. mon. 1553, p. 1 ; Ed. Gerhard, Arch. Anzeiger zur arch. Zeit. XII, 1834, p. 434; Wilmowsky, Die rôm. Villa :u Nennig, 1864-1863; Meicr, Westdeutsch. Zeitsohr. fur Gesch.u. Kunst, I (1882), p. 154; M. d'Aulun : Arlaud, Mosaiq. p. 44. Autres ; Moutfaucon, Ant. expl. III, pi. lxïii = C. i. l. VI, 10203 ;iVo^;:. d. Scavi. 1888, p. 627; Bull. Moiiuni. liW, p. 179;/iei). arch. 3' sér. XXII (1893), p. 107 = Comptes rendus de l'Acad. des Jnscr. 23 avril 1893. — Statues. II n'y en a pas. Ou a souvent qualifié de gladiateur des statues d'athlùtes ou de guerriers, qui n'ont rien de commun avec la gladiature, iMus. Borb. V, 7; VII, 23; Arch. Anzeig. zur arch. Zeit. XII, 185i, p. 454; Clarac, pi. 854 C, 2211 c, D 2211 D, pi. 865, 806, 869 à 872; Arch. Zeit. XXXI, 2.! ; Bull. delV Jst. di Borna, 1863, p. 33, etc. On n'a jamais pu élever de statues à des gladiateurs, comme on en l'ievait aux athlètes et aux cochers du cirque ; les gladiateurs étaient infarnes. V. Chabouillet, liev. arch. VIII (1852), p. 397 ; Sal. Keinach, Ibid. 1888, 2, p. 280 ; 1889, p. 22 et 187. — Statuettes. Bronze. Caylus, Rec. III, pi. xxvi, n" 5 et p. 99 = Chabouillet, Camées de la Bibl. imp. 3080 ; Chabouillet, Ibid. 3081 ; Rev. arch. 1848, p. 363 ; 1832, pi. 109; Bull, dell' Ist. arch. d. Roma, 1863, p. 67 ; Bull, des ant. de France, 1862, p. 43; 1883, p. 302; Arch. Zeit. XXIll, 120' )1805) = Anzeiger fur Schmeiz. Gesch.u. Alt. 1865, n" 1; Longpérier, Bronzes du Louvre, p. 140; Frohner, Coll. Grèau, Bronzes, n" 264 et p. 36 et 57, n» 263 ; Schumacher, Bronsen zu Karlsruhe, n" 691 ; Sackcn et Kenuer, Samml. d. Cab. zu 'Wien, n* 183 ; Sacken, Die antiken Bronzen des Wicn. Mus. I, taf. xviu, 8; Sal. Rcinach, Bronzes figurés de Saint-Germain, n"» 186 à 190 ; Eahelon et Blanchet, Bronzes du cab. des médailles, n"' 940 à 932. — Terre cuite. — Clarac, jl/iw. de sculpt. pi. 866, n° 2201; Heuzcn, Mus. Burgh. tav. VII, 1 : lliibner, Ant. su Madrid, n'aiô; Kékulé-Rohden, Pompeian. Terrac, taf. 41 ; Mcicr, Westdeuische Zeitschr. I, p. 168, n" 20 à 26. — Ivoire. Lon^iérier, Ber. arch. VIII (1831), p. 326, pi. 105 = Œuvres, 11, 1, p. 272, pi. iv, 1. — Bas reliefs, marbre. Moutfaucon, Ant. Mp(.IIl,2, pi. 154; Gori, Jnscr. 111, p. 09;Fabrctti, Col. Traj. p. 236; Gruter, p. 333, 5 ; Bull. Xapolet. III, p. 86, IV, tav. 1 ; C. i. l. IX, 1037 ; X, 121 1, 4920 ; Hcnzen, Bull. deW Ist. arch. di Boma, 1846, p 89; Brunn. Berlin. Jahrb. 1846, I, p. 724; liCti'onne, Rev. arch. 1816, pi. 46; Lcemanns, Ihid. 1832, p. 08, pi, 183, 1 et 2 ; VVinckelmann, .Mon. ined. 190 ; Rosniini, Sloria di Milano, II, p. 277 ^ Dûstchkc, Atxt. Bildw. in Oberital. V, 1018; Allmer, Bev. épiijr. I, p. 319, n. 352 = C. i. l. XII, 1913; Arch. Zeit. 1882, p. 147-130, taf. 0 ; Schreiber, Atlas, pl. xxxu, 3 et 0 ; pi. xxxni, 7 et 8 ; C. i. (. VI, 10207, 10207 a ; Baumeistcr, Denkm. fig. 2314. — Stuc. Mouunieut de Scaurus, Mazois, Pnnip. I, pi. 32, p. 49 ^= Mus. Borb. XV, tav. XXX (C. i. t. IV, 1182). — B.-rel. en terre cuite. Héron de Villefosse dans les .1/onum. Piot, II ;189o), p. 97; Baumeistcr, Denkm. lig. 2343 = C. i. l. XII, 2747. — Tablettes de plomb .\lliiier, Bull, de la Drtime, 1876, p. 306 = C. i. l. XII, i:iS2. — Vases. Argent. Ga;. arch. 1885, pi. 37. Plomb. Rev. arch. 1849, |>. 122. Bronze. Bull. d. ant. de Fr. 1885, p. 199. Terre. Lcemanns, liev. arch. 1832, pl. 183; Jansscn, Mon. gr. rom. II, 2050, 2099; Stichaner, .Samml. rôm. Denkm. in Baiern herausg. von der Akad. (1808), II, taf. ï, C et VIT, 12; Hiibncr, Monatsber. d. Berl. Akad. 3 févr. 1868; Smith, Collect. ant. IV, pl. xxi; Gagnât, Bev. arch. 1893, p. 218 = C. i. l. Vil, 1333, 3 et 4 ; Jahrb. d. Rheinl. I,XXVI, 68; LXXXVIII, 121; ISuU. du comité de la langue, 1837, p. 922; Bull, monum. XXVII, p. -407; Corp. inscr. tal. X\l,' 5682, 95; Bull. delV Ist. arch. di Itoma, 1863, p. 67; Arc/i. Zeit. XXII, 182"; Amm. 4t ; Journal of arch. A.-isoc. IV, p. 7 : Rct). arch. 1892, 2. p. 3 i I ; Mciei', Westdeutsrhe Zeitschr. I, p. 169, n" 27, p. 174E, 4, p. 173-177. — Médaillons de vases en terre cuite. Frohner, Musées de France, p. 06, xx et pl. 16, 3; ,\IUuor, Inscr. de Vienne, III, p. 84, n. 419, pl. 198; Leblanc, Congrès archéol. |il. 580; Allmer cl Dissard, Trion, n" 1393 à 1397 = Inscr. de Lyon, IV. p. ',53. n" 14 à 17; C. i. l. Xll, .3687, 22, 26, 29 ; Bull, des Ant. de Fr. 1807, p. 187. — Verres. Arnelh, A'amecn, taf. 22, 3 (= C. i. /. III, 6014, 2); Fr. Lonormanl, lier. arch. 1803, p. 303-310, pl. XX (= C. i. l. XII, 5690, 32); lliibner, Kphem. Kpigr. IV, p. 209 ; cf. Allmer, Inscr. de Vienne, III, p. 220; Cochet, Itei; arch. XVI
Mà/atpa, sabre recourbé distingué par Homère et par les auteurs classiques du K'^^o:; ^ mais les deux termes de viennent ensuite synonymes, par exemple dansPolybe''.
Sîoo;, épée droite généralement à deux tranchants. C'est l'épée classique des Grecs.
i'.cfoixà/aiix, longue épée d'après Hésychius '.
Zu-/,ÀT,, courte épée des Spartiates '"'.
ÏTrâO-f,, la partie large de l'épée ', puis une épée large'.
tpârryavov, couteau, puis épée ou poignard, dans Homère''' et dans Sophocle'".
Les Romains avaient également un cerlain nombre de mots pour désigner les armes du genre épée.
Eiisis, terme poétique, synonyme de g/adius*'.
Gladius, épée droite.
(1867). p. 151 : C. i. l. VII, 1274; Frûhner, Verrerie antique, p. 63, 110, pl. xxi, 92; Jahrb. d. Mheint. LXXIV, 149 ; Rev. arch. 1805, 2, p. 303, pi. xix ; Bull, du comité de la langue, 1837, p. 919 et suiv. ; Mém. de la Soc. des ant. du Nord, 1872, p. 60; Mém. des ant. de la Cùte-d'Or,l.'Vll, p. 203,pl.n = C. i.t. Xll, .3096. 32; Héron do Villefosse, Verres antiques trourés en Algérie, n*" 1. Verre en forme de casque. Bonn. Jahrb. XXXVI, taf. 3; LXXI, taf. 7; Mcicr, Westdeutsche Zeitschr. I,p. 174 E, 2. — Lampes. Bartoli et Bellori, Ant. lucern I, tav. 20 ."i 22 ; Passeri, Lucern. jictil. III, tav. 0 à 8 ; MuscUi, Antiq. rclig. lab. 142 ; Borioni, Collect. antiqu. Boni. 94; Caylus, Rec. Il, pi. c, 2 ; vu, pl. lxxu, 3; Séroux d'Agincourt, Rec. de sculpt. ant. en terre cuite, pi. xxv ; Henzcn, Musiv. Burgh. tav. vu; Bull. Napolet. H, p. 139; Jahn, Alterth. von Vindonissa, Mittheil. d. ant. Ces. in Zurich, XIV, Heft 4, p. 16, taf. 2 ; Beundorf, Ibid. XVII, Heft 7, n» 280; Rev. arch. XVI (1839), p. 500, pi. 371 ; Anlich. di Ercoluno, VIII. Lucerne, p. 89, pl. 8; Arch. Zeit. V, 136 ; VIII, m' ; Bull. delV Ist. arch. di Roma, 1863, p. 67 ; Keuncr, Thonlampen des k. k. ant. Cab. n" 106 à 114; Jahrb. d. Rheinl. L\l, 107, 114 ; Montfaucon, Au/, expl. \', \i\.c%c\i,cxcvu; Recueil des ant. de Constantine, 1862, pi. i,u; Arch. epigr. Mitth. Oesterr. III, p. 173; IV, p. 77 ; Indicateur des ant. suisses, 1861, pl. i, 3 ; Ficdlcr-Houbens, Antiquar. taf. vin, XXX ; Meier, Wcstd. Zeitschr. fur Gesch. u. Kunsl, 1, p. 162, a catalogué et décrit près de cinquante lampes conservées dans les musées des bords du Kliin; Coraarmond, Mus. de Lyon, pl. 4; Allmer cl Dissard, Trion, U, p. 522; Roux et Barré, Hercul. et Ponipéi, pl. 32-48; Hclbig dans les C. rendus de l'Acad. des Inscr. 12 octobre 1894; Héron de Villefosse dans les Mon. Piot, II (1893), p. 96. Lampes en forme de casque, Grivaud de la Vincellc, Rec. II, pl. xxvi; Emele, Beschr. rôm. Alt. in Mainz, taf. VIII; Ficdlcr-Houbens, Antiquar. taf. xxix; Mcicr, De glttd. p. 40, n. I ; Westd. Zeitschr. l. c. p. 103, n° 7 ; p. 172e, i. — Figures graffites. Avelliuo, Atti d. Soc. Pontana, III, p. 194 ; Mtisco Borb. VI, tav. c: Garrucci, Graffiti de Pomp. pl. ix à xv : Overbcck-Mau, Pomp. p. 485 = les figures graffites à côté des inscriptions du Corp. inscr. lat. IV, 1293, 1421, 1422, 1474, 1476, 1481 a, 1633, 1770, 1773, 2364a, 2468. Cf. 1770a, 1937 ; Mowat, Bull, des Ant. de Fr. 1891, p. 143.— Cachets d'oculistes. Héron de Villefosse et Thédcnat, Cach. d'oc, rom., Bull, monum. 1883, p. 311 et suiv. — Gemmes. Lippert, Dactyliothek, I, n, 473 ; Impronte geiumar. dell' lit. VI, 79; Bull, dell' Ist. arch. di Roma, 1839, p. lit, n" 79; Henzcn, Musiv. Burgh. tav. VII. 10 ; Arch. Zeit. XXXV, 88 ; Chabouillet, Camée, de la Bibl. imp. n" 1870. — Contorniates. S;ibaticr, Médaillons cort. pl. vin. 9. — Armes. Moutfaucon, Ant. cj-pl. sttppl. III, pi. lxvit, 2 ; lliibner, Ant. Bildw. in Madrid, p. 307; .Vus. archéol. 1878,344; .l/«s. Borb. III, tav. 60 ; IV, tav. 13, 29; VII, tav. 14; Dubois, Catal. Pourtalès, p. 117. — Bibliographie. Just. Lipsius, Saturnalium sermonumlibri II de gtadiatoribus (1383), dans Graevius, Thés. ant. t. IX (1699); riliscus, i!.exicon ant. s. v. (1713): Mongez, Mémoires de l'inst. Lettres et beauxarts. Il (1798), p. 423; Dezobry, Rome au siècle d'Aui/usle (1835), t. III, lettre xcvii; Krause, art. Gladiator, dans Pauly Real Encyclop. d, Alterth. Wiss. t. III (1844), p. 836-876; Henzcn, Explicatio miisivi in villa Burghes. asscrvati {Disscrtaz. d. pontif. Acadeniia rum. XII. 1843, p. 74); Brandcs, art. Gladiatores (1839), dans Erscii et Gruber, Encyclop. der 'Wissenschaften ; Guhl et Koliner. Bas Lehcnd. Gr.u.Rôm. (1861), g 105 ; trad. deTra« inski, 1883, l,p.431; I.oriquel, ia mosaïque des promenades et autres trouvées à Reims, 1862; Spactli, Commenlatio de gtadiatoribus [Proqr. d. Ludw. Gymn. zu Miïnchen), 1863; Goguel, Les glad. romains, Strasb. 1870; Meicr (P. J.), De i/ladialiira romaua quacsliones selectae, Bonn. 1881 ; Fricdliindor (LuJw.), Darstellungen ans der Sittengesch. i" éd. 1802, 6» éd. 1889, t. II. Abschii. 111, 2 a ; Id. Die Amphitheatralische Spiele, dans Marquardt, llandh. d. rôm. Alterth. VI2 (1885), p. 334 à 565: Baumeistcr, nenkmàler des klass. Altertums, III, arl. WcttkSm/ife (1888); Monnnscn, Obscrvationes epiyrnph. ad Aes Italicense, Epliem. Epigr. VII (1890), p. 388-428.
OI.ADIUS. 1 Hom. lliad. XIV, 383; Odyss. VIII, 403 etc. ; llcsiod. Seul. 221 ; Thcngou. 283. — 2 Euripi<l. Elcct. 837 ; (J. Gurl. VIII, 14, 29. Suidas au mot xosi'î dit y',r.r^ r, ^v.-/'a\va. Strabon, III, 3, G, donne au mot ^'.r.i:, le sjnonjmc nayaîisî;. — ** Hom. lliad. III. 271. Cf. les textes cités plus bas pour la période classique cl pour Polvbo, Épées romaines. — ^ Ou ignore la forme de la ;iço[ji«/atpa qui est inentionnce dans les inscriptions atliqucs. Corp. inscr. allie. 1, 161 ; II, 733. —» llesjch.s. v. — f'Xcnopli.; Anab. IV, 7, 66. Le mot E'ji'yr; qui se trouve d,ins Pollux, 1,137, est une erreur de copiste.
— 7 Eurip. Kury.ilh. 2.-8 Pliilcmon, p. 378 ; Alcac. Fragm. 13. B.; Scliol. Hom.
Il, II. 43, ïiço; T);v K'/>.ou|Jl£vr,v ffKciOr.v, T,-:t; l\^r,-ixi rafà zh OT.iobai ajTT.v -t,\ Or,»r.; etc.
— 'J Hom. /;. X, 250 , Od. XXII, 79, etc. — m Soph. Ajar. 899; Trachin. 930 ; Euripid. //ec. 343. — il Quintil. /nsl. oral. X. I. Il; cf. Isidor. Deorig.i.
GLA
GLA
lig. 3359.
Spalha, longue épée. Ce dernier terme, usité dans la langue courante, a Tormé les mots spada.espada, cpce. ÉPÉES GRECQUES. — Lcs plus anciennes épécs grecques ont été découvertes dans les tombeaux de Mycènes'. Kilos sont en l)r()n/.(' et de types très dilTérents. Le premier groupe d'iiistruinonls tranchants auquel M. Scliliemann donne duhilalivement le nom d'épées conii)r('ii(l des couteaux en bronze, courts et à un seul tranchant. Ils sont d'un seul morceau et longs de 60 centimètres à fi7j millimètres. La poignée est trop épaisse pour avoir reçu un(^ garniture de liois. A l'extrémité de cette poignée est un anneau de suspension (fig. 3599) ^ 11 est très probable que ces longs couteaux représentent l'objet désigaé par le mot homérique o7.':-iix''ov'^. Le '^'/ayavov servait à égorger les animaux et à tuer un ennemi dans un combat corps à corps '. Le second groupe comprend les épécs dont la lame, souvent formée de deux ou trois plaques de bronze soudées ensemble, est à deux tranchants, mesure environ 80 centimètres de longueur et va en diminuant de largeur depuis la poignée jusqu'à la pointe. Au milieu de la lame, dans le sens de la longueur est une arête formant une saillie. assez prononcée. Des spécimens de ce groupe ont été trouvés dans les quatrième^ et dans le cinquième' tombeaux de l'agora de Mycènes. La poignée, qui est une suite de la lame, c'est-à-dire une barre plate, était recouverle de bois ou d'autre matière. On y voit encore les clous, souvent à tète dorée, qui servaient à lixer la couverture de la poignée '. Plusieurs de ces épécs n'ont qu'un clou à la poignée et deux à la naissance de la lame, d'autres ont trois clous dans chaque endroit (fig. 3600)*. Ces clous sont également visibles sur des fragments de pommeaux d'albâtre'. Certaines poignées portent encore des morceaux des plaques d'or dont elles étaient revêtues'". A la lame d'une courte épée adhèrent des fragments d'un fourreau de bois". Auprès d'une autre, M. Schliemann a trouvé des boutons d'or qu'il suppose avoir servi à orner le fourreau '-.
Un troisième groupe d'épées comprend des épécs <\u\ ont été découvertes dans l'île d'Amorgos '^ en Attique " et fréquemment en Italie
1 On ua Irouvr (IY'Iil'l-s ni û Cjprc, ni à llissarlick; l'errot el Chipie/, Htst. de l'art dans Vantitiuitè, t. VI, p. 970; Scliliemann, //(OS, p. lîlO. — 2 Scliliemann, Mycènes, p. 3til de la Irail. franc, fig. 442, 45iH. Sur un vase à ligures noires représcnlant le combat d'Hercule contre Géryoïi. Kurjtion combat avec un çdir^av'.v; Gerhard, Anserlcs. Vasenbildff, 11, 107, 1 (= Baunieisler, Denkmaeler, lig. 7i9.) — 3 *l>ttffyavov pour ffii-;'^"'^*- ^^^ '•* racine iza-j. Hiîsyehius, s. r. mentionne uu verbe çwffrâvuv qui signifie tuer avec l'épée. — ^ Scliliemann, Mycènes, p. 3(il.
— 5 thid. p. mi, fig. 43:l, 444 ; p. 3113, fig. 415 ; p. 364, lig. 440; p. 365, lig. 447-159.
— C lOid. p. 388, lig. 463-466. — '' Ibid. p. 303, lig. 443 c ; p. 364, fig. 446. Vific repri!'senti^e {fx^. 3603) a ^té trouvée ppùs de la porte des Lions, "Est.ji. apy. 1891, pi. 11 (= Perrotel Chipiez, Uisl. de l'art. VI, p. 976). Oes 6pi!es ornées de clous d'or ont été trouvées à Vapliio par M. Tsountas en 1890. Cf. Saloniou Heinach, Chianiijues d'Orient, t. I, p. 6S5. — » Ilclbig, Das homrr. Epos, p. 334, fig. 126, 127; trad. Trawinski. p. 427, fig. 132, 153. — 3 Ibid. p. 36», «g. 447. — 10 Ibid. p. 305, fig. 419; p. 385, fig. 400. — U Ibid. p. 363. — 13 Ibid. p. 385, Gg. 460.
— 1^ Mittlieitnnyen des dentsclien are/i. Institut, .itfien. Abthcil. t. XI, p. 24, suppl. 1, 11° 6. — i^Mém. des Antiquaires du Xord, nouv. série, 1878-83, p. 230, n"* 8 el 9. M. Ohnefalsch-Richter a trouvé des épécs du méinc ly|ic à Knrion, dans l'ilc do Chypre. Cf. Ilclbig, Oji. laud. p. 335. n. 4; cf. Irad. Trawinski, p. -130, n. 3. fil autre cveiniilaire do plus grande dimension et de provenance ^n'c^nc a été
Fig. 36UII.
Fig. 3001.
(fig. 3601) "•. La lame et la poignée, dont la partie à laquelle est attachée la lame est de forme demi-circulaire, sont deux morceaux de bronze distincts. La lame est à deux tranchants. Elle a la forme d'un triangle isocèle allongé dont la base serait du coté de la poignée. Des clous, au nombre de cinq, six ou huit, réunissent les deux morceaux. Ces épi'es, comme celles du groupe mycénien précédent "', ne pouvaient servir qu'à transpercer, elles se seraient brisées à la jointure de la lame et de la poignée si l'on s'en était servi pour frapper.
Parmi les épées trouvées à Mycènes, il en est une qui appartient à une période plus récente. Klle a été découverte dans l'édifice situé au sud de l'agora et que M. Schliemann appelle le palais des Atrides*'. Celle épée (fig. 36021 est de bronze el d'une seule pièce. Sa longueur totale est do 60 centimètres; la lame est à deux tranchants relativement large ; elle s'amincit seulement vers la pointe. Dans la soie, qui est large, plate et garnie d'un léger rebord, sont fixés des rivets qui servaient à maintenir la poignée faite de bois, d'os ou d'ivoire. Avec celte arme on pouvait combattre d'estoc el de taille. Une épée semblable a été trouvée à Olympie '\ Elle est longue d'environ un mètre, mais la partie supérieure de la soie manque.
On rencontre enfin à Mycènes''' un quatrième type, également représenté par des exemplaires trouvés à lalysos -", à Corinthe^' et à Corcyre ". L'épée de Mycènes (fig. 3603) a été trouvée parmi les décombres des maisons situées au nord-est de la porte des Lions. La lame est de la même forme que celle des épées du groupe précédent el, comme elles, elle esl partagée dans le sens de la longueur par une nervure. Le manche est terminé par une garde demi-circulaire, dont les pointes sont dirigées vers la lame el qui
signalé dans le Bullit. di paletnografià italiana. t. II, p. 32. — 1» Dullet. dipal.:tn. ilal. l, II, pi. 1, p. 41 el sniv. ;cf. Uelbig, Das homerische Epos. p. 335, Gg. IS9; traduction Trawinski, p. 429, fig. 154, 155; cf. Keinble. Horae ferales. pi. vn ; Bultet. delV Instit. di corr. arch. 1881, p. 36 el 37 ; Indsct. Éludes sur l'àye de bronze en Hongrie. I. p. 146 el suiv., en signale de semblables. — *6 Schliemann et Newton comparent les épées myeéuieunes à des rapières; Schliemann. Mycènes, p. 305. — 17 Schheraann, .Mycènes, p. 222, fig. 221 ; cf. Ilclbig, p. 336. fig. 130; trad. Trawinski. p. 431, lig. 156. — 18 Sophus Mûller. Den Europaeisie Drontealders Oprindelse, p. 245, fig. 27. D'après M . Ohnefalsch-Richler. des épée* semblables ont été trouvées à Cjpre, dans un lombeau phénicien près de Kurion el dans un tombeau grec à Marion. Cf. Helbig, p. 336, n. 5 ; Irad. p. 431, n. 3. — 19 'EïT.;«p. ij^. 1891, p. 23-25, pi. n ; ( = Perrol cl Chipiez. Hisl. de l'art, l. VI, p. 976. fig. 551) ; cf. S. Rcinach, CAi-oniçuM d'Orient, 1892. p. 91 el 03. — *> l'ndscl, (. /. I, p. 151. — 21 Ibid. p. ISl. — !Î2 Ibid. p. 150 el 151, pi. ïvin, 2 ; IK-lbig, p. 338. p. 132; Ira.l. p. 433, fig. 158. Une éi>éc trouvée dans le Iroisièrae lombeau de l'.\erop»>lc parait avoir eu une garde semblable; Scliliemann, Mycènes. p. 244, fig. 233. Il en esl de même d'une épée trouvée à Dodone ; Carapanos, Uodone et ses mines, p. 102 el 13s. pi. Lvii, I. On Irouve encore des exemplaires du même lype dans le sud de l'IUlic. Cf. Bullrt. deW /;is/. ISSI,p. 26; Butlet. di paletn. ilal. l. VII, p. 31 el 59. U IX, p. 99 cl suiv. pi. m, 6 ; Bastian el Voss, Die BrOH:eschirerten des Muséums =u Birlin. pi. sn,6
Fie. 3002.
Fig. 3603.
GLA
GLA
protège bien la main. Le pommeau a la forme d'un fronton ou d'un dôme et la poignée est entourée de rebords formant saillie. Les clous qui servaient à fixer l'os de la poignée existent encore. La longueur totale do ces épées est d'environ 75 centimètres.
Certains savants ont supposé que les épées de Mycènes étaient des épées votives représentant les armes de fer avec lesquelles on combattait'. En supposant que les armes des tombeaux soient des offrandes, ce qui n'a rien d'invraisemblable, l'absence de tout objet de fer dans les trouvailles de Mycènes ne permet pas d'admettre qu'il y ait eu alors d'épées de ce métal^.
Les épées mentionnées dans les textes non suspects de V Iliade sont également en bronze ^ 11 n'est question qu'une fois d'une arme en fer'. L'auteur de \' Odyssée connaît les armes en fer et même la trempe de l'acier ■', mais il ne parle que d'épées do bronze ". La lame de ces épées était à deux tranchants '. Elles devaient être assez longues, car Homère leur applique les épithèles de fj.Éya;" et de TavuyjXY,;". Les combattants s'en servaient de deux façons. Tantôt ils en frappaient leurs adversaires, comme avec une masse tranchante. C'est ainsi, par exemple, qu'Eurypyle frappe sur l'épaule d'Hypsénor et lui tranche la main '", et que Diomède sépare du tronc la tête d'Hypiron ". Tantôt ils les transpercent de la pointe. C'est de cette façon que Thoas lue Piroùs '-.
L'épée était contenue dans un fourreau (xoXsov) fait de bois ou de métal. Quelquefois le fourreau était de matière précieuse, par exemple d'argent" ou d'ivoire". Enfin Homère parle de poignées (xojttvi) en argent ''.
Une desépithètes qu'Homère donne le plus souvent à l'épée est celle d'à^yj^oy^Àoi;, (ornée de clous d'argent)"'. Un passage de V Odyssée nous permet de déterminer exactement la place de ces clous décoratifs. Ulysse, sur la demande de Tirésias, replace dans le fourreau son épée ornée de clous d'argent '". Le fourreau est ici distinct de l'épée et c'est à celle-ci qu'est appliquée l'épi- Ihète àpYupoYiXo;. Or il est bien évident que ce ne pouvait être sur la lame, mais uniquement sur la poignée, que pouvaient être placés les clous '^ Dans VIliade, Hector, après le combat qu'il a livré à Ajax, lui fait don d'un glaive orné de clous d'argent, avec son fourreau et un riche baudrier". Là encore l'épithète d'àpYupoT,Xoç est donnée à l'épée elle-même. Un troisième passage est plus clair encore, c'est celui où est décrite l'épée qu'Agamemnon porte sur ses épaules. « Autour de ses épaules, dit le poète, le fils d'Atrée jette son glaive sur lequel
1 M. HosLinann, Correspondenzblatt des Gesammtoercins der deutschen fjfjschickfs und Atterthumsvereinc, 1879, p. 20 et s. — 2 Voir fekrdm, coi. lOSO.
- a/;, m, 335; XVI, 130; XIX, 373. — '• //. VII, 144. Deux autres passages où il est question de pointes de fer (IV, 123 et XVIII, 34) sont suspects.
- 1> Otiyss. IX, 3!il-392. — 0 Odyss. VIII, 403 ; X, 302 ; XXII, 80. — 7 'A,L^m; ; II. X, 2S6; XXI, 118; Odyss. XVI, 80; XXI, 341 ; XXII, 80. .Sophocle "donne à l'ipic l'iSpillif^tc d'4|»ç„i/.;,; ; Trachln. 030. — 8 /;. 1,194; V, 146; XV, 712; XVI, 115; XXII, 307, 'etc. — 9 n. VII, 77; XIV, 385; Odyss. IV, 257: XXII, 443, etc. — 10 II. V, 80-82. — " //. V, 140; cf. X, 453-437; 484-489; XI, lOil, IM, 240, 301; XII, 102, etc. etc.; (Myss. X, 440; XXII, 97, 328.
- '2 /(. IV, 531 ; cf. /;. XIII, 147; XIV, 20; XV, 278, etc. — 13 /;. XI, 31. Des fourreaux d'argent ont iyi; trouvi-s dans des tombeaux anti<iucs de Prfneste. Ils servaient à renfermer dos poignards ; Monum. de V Inst. t. X, pi. xxxî, 4 et 5 ; Annal. 1870, p. 219; Jlull. di paletn. ital. t. IX, pi. nr, Il et 12. Ces objets paraissent d'importation pli(!-nicieunc; cf. Ilelbig, Dus homer. EpoSy p. 31, trad. p. 37. — 1'» Odyss. VIII, 403. On a trouvé également dans un très ancien tombeau, prés de Voies, deux épées de fer avec des fourreaux d'ivoire; Arcltaeologin, 1841, I, pi. VI, 2. — lli n. 1, 219 ; Odyss. VIII, 403. — 10 //. II, 43; III, 33i, 301 ; XIV, 405; Odyss. VIII, 400, 416, etc. etc. — n Odyss. XI, 97. — 18 Helbig, p. 333, trad.
brillent des clous d'or et autour duquel est un fourreau d'argent suspendu par un baudrier d'or-". » Ainsi que le remarque avec raison M. Helbig, les clous ne pouvaient être visibles que s'ils étaient sur la poignée. C'est du reste à cette place que se trouvent les clous dorés encore visibles sur les épées de Mycènes^' (fig. 3600 à 3603).
Une autre épithète donnée par Homère--, par Hésiode" et par les poètes tragiques'^' à certaines épées est celle de ij-ôXocvoetoç, entouré de noir. M. Gerlacli donne une explication très plausible de ce mot en supposant que les épées ainsi désignées devaient être semblables à certaines épées de bronze trouvées dans le nord de l'Europe. La poignée de ces armes consiste en une tige de bronze tantôt unie, tantôt annelée par la saillie de disques du même métal. L'intervalle placé entre les disques devait être rempli par des cordes ou par des morceaux de bois de couleur foncée. On avait ainsi une poignée sombre et facile à tenir en main "'•'.
Les fouilles du Dipylon nous ont fait connaître une épée du vu" ou viii° siècle (fig. 360 'ij. Elle est en fer et a la même forme que les épées en bronze du type le plus récent de Mycènes. C'est une arme à deux tranchants, propre au combat d'estoc et de taille. Sa longueur est de 48 centimètres, sa plus grande largeur près de la poignée de 6 centimètres et la largeur de la poignée de 4 centimètres -°. Cette forme d'épée est aussi celle qui est représentée sur les vases peints du Dipylon-" et sur d'autres vases de style sévère, notamment sur des vases représentant le suicide d'Ajax ^', Hercule tuant Alcyoneus-', Thésée se précipitant sur le Minotaure ^" et sur un vase béotien où l'on voit Ulysse tuant Circé ^'. Elle figure également sur une plaque de bronze estampée , découverte dans les fouilles de l'Acropole'-, et sur quelques vases à peintures rouges '^
Sur les vases à ligures rouges l'épée affecte cependant le plus souvent une forme différente. A partir de la garde, la lame présente des deux côtés une courbe rentrante, puis une courbe sortante, de telle sorte que la plus grande largeur est à un endroit assez rapproché de la pointe. Là est le centre de gravité.
p. 427. — IS //. VII, 303. — 20 /;. XI, 29. — 21 Helbig, 0. c. p. 334, trad. p. 437. Hésiode, Theog. 283, parle aussi d'une épée dorée : '0 S' «op /fûffiiov è'/ev ;jiETà xt^ot otAiTi^i. Ce devait être une épée semblable à celles qu'on a trouvées à Mycènes.
— 22/;. XV, 713. — 23 Seul. IJerc. 221. — 2i Eurip. Orest. 821 ; Phoenk. 1109. Fragments d'Iùirystli. dans Puilux, X, 143. — 2o Philoloyus, t. XXX, p. 502. Voir de ces types de poignées dans S. Millier, Urspriiny und erste /Cntwicklunf/ der ettrop. Bronzecutlu); p. 194, fig. 9 ; Helbig, p. 335, fig. 128; trad. p. 429, fig. 154 : c'est notre fig. 3601, d'après Mariotti, Bull, di patoetnol. II, pi. i, 2, exemple trouvé en Italie. —26 Diimmier, Miltlml. des arch. luslit. in Allicn.l. XIII, p. 297; cf. Helbig, p. 337, f. 131 ; trad. p. 432, fig. 137. De grandes épées de fer avec des poignées d'ivoire ont été trouvées aussi à Tamassos, dans l'ilc de Cypre, par M. Obnefalscb- Ilichter; S. Roinacli, C/ironii/ues d'Orient, l.I, p. 704. — 27 Arch. Xeilung,l. XI.III, pi, vni, — 28 Itayet et Colliguon, liist. de la céramvpie grecque, p. 71, fig. 30.
— 29 Ann. de l'instit. t. V, pi. n (= Uaumeister, Denfcmaeler, p. 49, fig. 50); cf. Gerhard, Anserles. Vas. Il, 95, 96 (= Uaumeister, p. 037, fig. 724); Ib. II. 121, 1 (= Baumeister, p. 800, fig. 884). — 30 Gazelle archéol. t. IX, pi. i {= Duruy, /Jisl. des Grecs, l. I, p. 63). — 31 Journal of licll. stud. t. XIII, p. 81 . — 32 Ibid. p 282, fig. 32 ; cf. A. de Hidder, Catalogue des bronzes d'Athènes, n" 324. — 33 Noël des Vergers, l'Etrurie et les Étrusques, Atlas, pi. xn, xxii, xxx.
Kig. 3604.
GLA
De cette façon l'épée pnut servir à la lois à frapper et à transpercer l'ennemi. Telle est la forme de la lame de l'épée que tient Achille égorgeant Troilos sur une coupe signée d'Euphronios'. Une des épées trouvées à Dodone, épée de fer (fig. H603), répond exac'temenl à a\ dessin-. Sur un grand nomlire de vases tant à figures rouges qu'à figures noires, on voit dans la main di's guerriers une épée légèreincnt recourbée el qui parait n'avoir qu'un seul tranchant'. C'(;st la a-i/aipy. [macuakhaI. Au temps de Xénophon les cavaliers employaient encore cette arme tandis que le çîooç à deux tranchants était l'arme des fantassins. La raison que l'écrivain athénien donne de cette préférence est que, venant de haut, le coup de la aix/aiia est plus terrible que celui du ;!'ioç '. Certains peuples grecs, les Théhains, par exemple, avaient conservé l'usage de laaâ/aipa, même pour les corps d'infanterie'^. Les Lacédémoniens avaient une épée courte appelée iu-i^X-^ '^, et l'on sait le mot par lequel Antalcidas répondait à ceux qui critiquaient le peu de longueur de cette arme : « Nous serons plus près des ennemis' ». Iphicrate, qui lit de si nombreuses réformes dans l'armement des troupes athéniennes, pensait, aucontraire, qu'ilétail préférable de tenir son adversaire à distance ; il donna au corps des Peltastes une plus longue épée*.
Les Macédoniens se servirent également de longues épées et c'est à celte circonstance que Diodore de Sicile attribue en partie leurs victoires sur les Perses'.
Les peintures de vases nous montrent que les poignées des épées étaient de formes très diverses. Sur un vase à figures noires on voit (fig. 3606) une épée semblable aux épées mycéniennes les plus / récentes'". La poignée, ordinairement en
1,-xA métal ", est terminée par un pommeau
assez large, de façon que la main était solidement appuyée. Ce pommeau est plat'-. D'autres sont de forme sphérique ", cylindrique ou rectangulaire", parfois surmontés d'un bouton (lig. 3607,360!)) '^.Certains pommeaux sont contournés en tète d'aigle (lig. 3608)"^. Sur quelques épées le pommeau man([ue complètement"; mais cette forme de poignée parait très rare.
Du côté de la lame, la poignée se termine par une garde le plus souvent droite", quelquefois recourbée, les quillons étant dirigés tantôt vers la lame'' et tantôt
1 Rayet et Colligiion, 0/). luud. p. 171, fig. 70. La liste des monuments figurés où sont rcpr*5scnlées îles (îpfos du même type serait démesurée. Il suffira d'indiquer les suivants : Rayet et CoUignon, Op. laud. p. 117, fig. 55; p. 193, fig. 76; p. 243, fig. 91; B,"iunu'isler, Ih-nkmae/er, fig. iî, 30, 12S, 782, 793, 798, 799, 980. 1309, 1310, 1311, 1313, 1311, 1339, 135+, 1SI]7, 1S08, 1841, 2000 a, 2151. Et dans le /)lc/ionnaire^ les fig. 245, 1042. 2250, etc. — 2 Carapanos, Dodone et ses ruines^ pi. lvu. n. S ; (= Kaunicistcr, Op. laud. p. 2040, fig. 2222). — 3 Par exemple sur le rase Vivenzio au musée do N,iples (=jVm, /Inrh. XIV, 41) ; Rayet el Colliguon, Op. laud. p. 71, fig. 36. — • Xcn. De er/iiil. XII, II. — li Xcn. hell. VU, 5, 20. — <• Xon. Anali. IV, 7, 16. — 7 Philarcli. Apophl. Lac, Antalcidas, VIII, p. 217 E ; cf. I.ycurg. 19, 4.-8 Diod. Sic. XV, 41; Corn. Nep. Ipliicr. 1.-9 Diodor. Sic. XVII, 33. — lOAim. d. Inst. t. V, pi. d, 2 (=Baumoistcr, Denkmaeter, fig. 36). — Il Dos poignées revêtues d'or et mémejenrichics do pierreries ont été trouvées on Crimée, Antii/. du Bosphore, pi. xxvm, 8, 9, 10. — I-' Voy. d'autres somblaMos. Millin, Peint. de vases, II, pi. vu, p. 37 ; Le Ras-Reinacli, Voyage, Mon. /igurt's, pi. ex ; Mon. de l'/nst. I, pi. xsxv, etc. — I^MilIin, Peint, de insM. l, pi. xiv ; .l/oii. de l'Jnst. VI, pi. XXI (=Baumoister, 0. c. p. 727, fig. 2SI). — 1« .Won. de C Inst. I. pi. lv ; II,(d.x\i; VI, pi. XIX ; VIII, pi. xvvii; Gerhard, Auserles. Vasenb. II, 08, 150; IV, 267, 260; Wiener \orlcjielilatler. pi. vu, 1 ; (= lîaumeister, O. /. fig. 791. 2207). — 15 .Von. del'lnsl. IV, pi. xix; VIII, pi. xxvu ; Millin. l'einl. de va.ics. II, pi. xxini, 73; Raoul Kocliette, Mon. inédits, f\. xxxvii ; Ucrliard, Trinkschal. wid Gefiisse, pi. c; Id. i*iis,T/. Vas. cvn ; poniuieau orné d'une agate, Aniiij. du Bosphore cimmérien, XXVU, 7,— 16 Genndorf, Oriech. undSicil. Vasrn. pi. v. 2 ; Bultet. .\apolet. II, pi. vi ; Comptes rendus de la comm. archéol. Saint-t'étersb. 1SC7. pi. xviii ; II. pi. \vi el lv ;
Kig. 3C06.
vers le pommeau-". L'espace compris entre la garde et le pommeau, celui qui est saisi par la main, est parfois
Fig. 3608.
droit -', parfois bombé, c'est-à-dire formé par deux courbes sortantes--.
Sur d'autres on voit au milieu un nœud destiné ;i rendre la prise de la main plus ferme -'.
Le fourreau se compose de trois parties. Une partie plus large, placée à l'ouverture, sert d'appui à la garde de l'épée. Elle est le plus souvent de forme rectangulaire -■•. L'extrémité inférieure est généralement terminée par une bouteroUe arrondie - ', quelquefois ornée d'un bouton, d'un fleuron (Gg. 3609) '' ou d'une tète de panthère-' ; quelquefois aussi carrée -". Entre les deux est la gaine dans laquelle est renfermée l'épée; elle est rectangulaire ou se rétrécit de haut en bas -'.
Les épées courbes comme la coi'is ou la MACUAERA avaient nécessairement des fourreaux recourbés. Nous en voyons de semblables sur les bas-reliefs de Pergame ; fig. 3610; ".
Les fourreaux étaient en bois, ordinairement recouvert
touraeistor, Op. laud. fig. 1435, 2203, 2215. — >7 Leuormaut et de Wille, Élitedes nwnnm. céramographigues, pl.vi; Gcrliard, Auserles. Vas. III, pi. 223. — '8 Sfon. de l'Inst. I, pi. XXXV, lv ; II, pi. xvi ; IV, pi. xix ; VI, pi. xix, xii. xxu : VIII, pi. XXVII, XL) ; IX, pi. xxxii; Ronndorf, /. /. ; Lenormant, l. l. pi. vi ctx ; Baumoister, Op. (aiirf. fig. 30, 731,781,980, 1307, 1432. 2213. — 19.1/on. df T/inf. Vlll, pi. xxxvn ; Mon. de l'Assoc. des études grecq. pi . i cl n ; Lenormant et de Wilte, Op. l. pi. v.
— 20 Mon. de l/nst. XI, pi. xnvnl ; (= Baumeisler, Op. l. fig. 1434). — 21 Lenormant et de Witte, Op. t. pi. v ; Gerhard, Auserles. Vas. pi. ci. ; {= Baumeisler, Op. l. fig. 56). — 22 Mon. etr. gregor. Il, pi. v, 2a ; Baumeisler, Op. l. f. 798, 980. 1+32. 2124, 2207, 2213 ; Mon.de llnst. I, pi. xxxv. liv; II, pi. ivn : VI, pi. xix; VIII, pi. xxvu (c'osl notre fig. 3609) ; XI, pi. xxxviii; Monum. publ.par l'Assoe. des études grec/ueSt 1, 1872, pl.l el it ; llarlvvig, Griech. Meistersehalen. pi. xxi et xl.
— 23 Lcuormanl et de Witle, O. l. pi. x ; Gerhard, Auserl. Vas. 11, pi. xcvin et an.
— 2^ Mon. de IVnst. \, pi. xxxv, lv; IV, pi. xix ; VI. pi. xix, xxi; VIII, pi. xxi, xxvii; IX, pi. xxxii; XI, pi. xxxvni; Lenormant et de Wilte, Op. l. pi. vi et x; Gorliard. O. l. Il, pi. xcviii. cm, cxxxi, cl; Id. Trinksch. und Cefàsse^ pi. c; H.iilnig. Op. l. pi. XXI, XI ; Baumeisler, lig. 30, 730, 731, 7sl, 974, 980, 1432, 2207.
— *^ J/o/i. rft* /'//w/. I, pi. XXXV ; IV, pi. XIX ; VI, pi. xxi; .\1, pi. xxxvin; Lenormant et do Wille, Op. l. pi. x ; Gerhard, O. (. Il, 98 : Baumeisler. fig. "31, 974, 1037.
— 2<) Mon. de l'/nst. VIII, pi. xxviii ; Marlwig. Op. laud. pi. xxi cl XL ; GerliarvJ, TriiikschaL u. Gefâsse, pi. c. — 27 Mon. de l'/nst. I,pl. lv ; VI. pi. sin. —M Mon. de r/n3t, I, pi. LI ; Gerhard, Auserl. Vas. pi. cvi. cxxvi. ccxxi ; (Baumeister, p. 003, fig. 930) ; Arch. Zeitung, 1847. pi. xu; de Labonlc, Vases de Lamberg, 11, pi. xxiv. — 25 Voir les "mémos ligures. — *> Baumeisler. O. l. 795, 1435, 2216.
Fig. 3610.
GLÂ
GLA
de peau ou de métal '. Les bandes de cuir ou de métal étaient disposées horizonlalemenl -, ou obliquement (fig. 3609) % ou s'entie-croisaienl (fig. 36H)*. Le cuir
ou le métal, pouvaient aussi être plaqués sur le bois de façon à dessiner des ornements variés comme on en voit dans quelques peintures de vase' et sur des épées retrouvées récemment avec leur fourreau à Novilara, près Pesaro ''. La forme de celles-ci correspond exactement à celle des épéescourbéesetà un seul tranchant représentées sur les vases; elles paraissent d'importation hellénique.
On voit (fig. 3612) la face la plus ornée de ces épées,
Fig. 3011.
Fig. 3612
couverte de cuivre découpé : c'est celle ([ui était visible quand l'épée était suspendue; le bois sur l'autre face n'était couverte qu'en quelques endroits. Le fourreau d'une épée iigurée parmi les trophées de Pergame parait couvert d'écaillés imbriquées (lig. 3612) '. Les tons blancs que nous vovons sur certaines peintures de vases font croire que les parties plus larges du haut et du bas étaient parfois en argent ou en ivoire ^ C'est ce qu'(jn peut observer aussi pour l'une des épées de Novilara.
Les Grecs portaient l'épée à gauche. Elle était suspendue à un baudrier, TsXajAcov, àoçTTrjî [balteus], porté en bandoulière de droite à gauche. On voit cependant quelques exemples d'épées attachées à la ceinture [cingulumj.
Épkes étrusques et italiques. — Les épées trouvées dans les plus anciennes tombes de l'Italie reproduisent tous les types des épées primitives, soit des Grecs, soit des populations du nord de l'Europe. Elles sont en bronze et à deux tranchants. Tantôt la poignée fait corps avec la lame, tantôt c'est une pièce rapportée qui s'ajuste à la lame au moyen de rivets. Une épée ou poignard cité plus haut (lig. 3001) trouvé à Castione, dans le Parmesan,
1 Les fourreaux d'ivoire, qui sont mciitioimc-s parmi les olTrantles de Délos, sont probablenitiiit des objets votifs; liuU. de corr. hcllén. t. VI, p. i30, n. 3, — 2 Leiiorniiuit et de VVitte, (). c. p!. vi. — 3 Jhid. pi. x ; Baumeister, Op. l. fig. 980 ; Mon. de l'înst. I, pi. xxxv, i.v ; VIII, pi. xxvii; .\[, pi. xxxviii. — 4^071. de l'inst. IV, pi. xu, lig. 1307. — i» Lenormaiit et de Witle, Op. l. pi. x ; (ierliard, Au^erl. Vas. II, pi. cvill, cxix ; cf. Ilcliodor. Aetliiop. il, Il ; de Lon^pùrier, Œuvres, t. III, p. 151. — 6 Monian. de l'/tist. VI, pi. xix, xxii; Gerliard, Trinkschat. u. Oefûsse, pi. c; IIai-t«ig. Griech AJeisterscftalon, pi. xxi et Wiene7' Vorlei/eblâlter, VII, 1. — 1 Monum. piM. d. acad. dei Lincei, V {1896) p. 226.
— 8 Voy. note 2. — "Mon. piM. d. Acad. de Lincei, l. c. — 1» ,1. Martlia, l'Ai'l élrust/ne, p. 01, fig. 42-4»; Ilelbig. O. (. trad. p. 433 et s.; Undset, Études sur Vàfje du bronze, I, p. 109 ; Monum. ont. publ. de Lincei, 1895, Atlas, pi. xi
— <1 I.indensrliiiiit. AUerth. uns. Iteidu. Vorzeit, IV, 1, 2, 3: Uautneistcr, lig. 22.-i4, 223.1. — l-'Martha, Op. l. p. Cl. — " Monum. publ. d. acad. d. Lincei, I. c. ibid. II. I ; Bullet. di pateoln. ital. t. IX, p. 81-107. — !'• Noi-I des Vergers,
a un manche divisé par des anneaux dont les intervalles devaient être remplis de bois, de corde, ou de toute autre matière. Il y a des manches qui sont en ivoire, parfois ornés d'incrustations d'ambre ou de pâtes colorées'. Les poignées sont tantôt terminées à la partie supérieure par une calotte hémisphérique, tantôt par un croissant dont les extrémités sont enroulées (lig. 3613)'". Parfois la poignée ressemble à deux paires de cornes boulonnées dirigées l'une en haut l'autre en bas et jointes au milieu par une boule (comp. plus loin, fig. 3615)". Ces épées ont été, comme en Grèce, remplacées plus lard par des épées de fer faites sur le même modèle '-. Les fourreaux étaient en peau, en bois ou en métal. Les fourreaux de bois étaient cerclés de fils de bronze (fig. 3613) ou recouverts d'une feuille de bronze comme on l'a vu plus haut (fig. 3612). La figure 3614 reproduit une épée trouvée sur le territoire falisque; elle est en fer, le fourreau est en bois recouvert d'une lame de cuivre décorée, d'un côté seulement, de stries concentriques ; la poignée était d'ivoire, quelques traces d'incrustations de métal y sont encore visibles ".
Sur les peintures murales des tombes étrusques, sur les miroirs et sur les basreliefs on retrouve à peu près toutes les formes d'épées usitées chez les Grecs : l'épée à deux tranchants qui va en s'amincissant de la garde à la pointe, l'épée renflée vers le milieu, l'épée recourbée, etc. Les fourreaux sont également fabriqués de la même façon que les fourreaux grecs '*.
Les Étrusques portaient, comme les Grecs, l'épée suspendue à gauche par un baudrier ".
Épées romaines. — Dans l'organisation servienne, les légionnaires appartenant aux centuries des trois premières classes avaient seules dans leurs armes un (//rtaf/ws ". Nous n'avons aucun renseignement sur la forme de ce gladius. U était probablement en bronze et devait resseni-
l'jÉtrurie et les ÈtrusQues, t. III, pi. i, u et m ; Gerhard, lîltrusk. Spiegel, t. IV, pi. cuiii, etc. — 15 Voy. t. I, lig. 1834; l. Il, lig. 2774; Micali, l'/lntie et les Rom. pi. XXX, XI, vm; Noël des Vergers, Atlas, pi. xxi ; cf. Ouriiu IJist. des Romains, t. I, p. 59. et 252; E. Bruni), / reliée! délie urne^etrusclie, t. 1. pi. i, 17; viii, ix, 21, 24; XV, 18; xxxiv, 18; I.l, 7 et S ; lm, 10; i.v, 15, ele. ; t. II, ul. x, 4, xiu, 1. Dennis, Cities and cemetcries of ICtruria, I, p. 201, signale à Norcliia des i^pêes recourbi^es; cf. Ibid. II, p. 442; — ItiTit. Liv. I, 43. Denys d'Halicarnasse, IV, Ifi et suiv., dit au contraire ipie la quatrif-nie classe port;tit également le t/lndius. Kiiclily et Uiistow, Krictjscltrift.Ueller, II, I, p. 38, et J. Ahirqiiardt, De l'urf/anisntion inilitnirr des Romains, trad. Brissaud, p. 12, adoptent l'opinion do Tite-l.ive. Huscbke. Servius Tutlius, p. 425, et Lange, Romise/te Alterth. P, p. 521, suivent Denys d'Halicarnasse. M. Mominscn, Romische Tribus, p. 138, n. 135. concilie les deux opinions en disant <|iu' la quatrième classe cbangoait d'arineiiu-nl suivant qu'elle faisait corps avec la lt''gioii ou cunibatt.iit à paii. coiniiie truupi' aimée ;i la légère.
Fig. 3013.
Fig. 3614.
GLA
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hier à IV'pc'e des Étrusques. Lors de l'invasion des (iaulois, les liomains adoptèrent l'épée de ces Barbares dont
ils avaient eu quel((ue dilliculté n parer les coups'. D'après Tile-Liv(; c'était une épée longue et sans pointe ; elle servait surtout à frapper de taille^ Nous poss(5dons de nombreux exemplaires des épées en usage chez les peuples celli([ues. Les plus ani'i(!nnes sont en bronze et ne correspondent pas à la description d(; 'î'iLc- Livc. Ce sont des armes d"(!Stoc, d'abord à lame étroite i^t mal emmanchée, puis à lame plus large et à deux tranchants \ Plus récentes sont les épées à deux fins. Leur lame s'élargit avant de se rétrécir à la pointe. Les poignées sont surmontées d'un pommeau à antennes et à enroulements (iig. :561."J) ou d'un pommeau ovale '*. Les fourreaux sont en bronze ou en bois. Le type le plus récent est celui des épées de bronze de Hallstadt(fig. 3()1()) ^ La forme de la poignée, les deux tranchants et la pointe émoussée de la lame montrent que ces épées servaient à frapper de taille et non d'estoc. Sur le modèle de ce dernier type on fabriqua ensuite des épées de fer. Souvent on trouve à la fois les deux sortes d'armes dans le même tombeau ". Un grand nombre de ces épées en fer du type de Hallstadt ont été trouvées en Gaule, surtout en Bourgogne. Telles sont, en particulier, colles de Magny-Lambert dans la Côte-d'Or '. L'arme a un mètre de long. La soie est fixée !i la poignée par dos rivets en fer ou en bronze. On remarque l'existence de crans a la naissance de la lame. Celle-ci est à deux tranchants, élargie vers le milieu el à pointe mousse. D'autres spécimens ont été découverts à Salzberg près de Hallstadt, dans le Noricum, et aux limites du Noricum et de la Vindélicie. l,es tombeaux où ont été faites ces fouilles sont du V ou du iV siècle avant l'ère chrétienne, et par conséquent à peu près contemporains de l'invasion gauloise en Italie".
Le groupe des épées des cimetières de la Marne, de la plaine des Laumes et de la Têne (Suisse) représentent,
1 Plut. Cnmiti. 40. — 2 u Galli* (gladii) praclongi ac sine mucronibus » ; Tit.-I.iv. X.Vn, 46, S. Cr. l'olyb. II. 30, 8; 33, S; III, 114, 3; Diod. Sic. V, 30. — 3 K. de Villcnoisy. Ou moftf' d'umploi dfla épées antitjwjs. Revue arrbeol. I8''4, l. II. p. :;30 et s. — ^ ////'/. p. 233. La figure 3015 reproduit une épùe trouvée eu Bavière; la lame est en fer, ou y voit incrustées en or les images du soleil ol la lune. Lindcnsplimit, AUerth. uns. heidn. Vorzett, IV. p. 2. Il; cf. ift. IX, pi. xLix Voir des spiîciniens des différents genres d'épées gauloises dans le Dictionnaire archéologiijue de la Oaule, Époque celtique, t. I, types de l'dge de bronze, planches sans numéro; Morel, Collection Caranda, suppl. au fascicule do 18S8, pi. xcix et c, nonv. série, tig, 1, Irt; I et 2. — SA. Bertrand, Ai'cht^ot. celtique el gauloise, i' édil. p. SS9. — <> A. Bertrand, Ibid. p. 290. — ^ Iliid. fig. 71 el 72. — 8 lliiil. p. 2S0, aSHîsn. — 9 rt>id. p. 280 et 291; cf. Morel, Altimn des cimetières de la .t/uruc. 1" li%r. pi. I, (ig. l et 2 ; pi. u, fig. 9 à 13 ; 2» livr.
Fig. 3615.
Fig. 3811..
Fig. 3617.
d'après M. A. Bertrand, la transformation du glaive aux derniers temps de l'indépendance gauloise'. Des épées du même genre ont été trouvées en Italie dans l'Apennin ffig. 3617)'". Dans les armes de ce groupe, la lame, large au sommet, se rétrécit en forme de feuille d'olivier. Sur les deux faces on voit une côte longitudinale dans toute la longueur. Le fourreau est en fer comme l'épée.
Parmi les épées trouvées à Alise, quelquesunes rappellent les armes à lame faussante (|ue les (iaulois portaient déj;'i au temps de Camille". La pointe est camarde et même (|uelquefois arrondie. » Il est à remarquer, dit le colonel de Reffye, que, dans ces armes, les tranchants ne sont pas du même fer que le corps de la lame. L'ouvrier après avoir forgé celte partie avec du fer très nerveux, étiré dans le sens de la longueur, soudait, de chaque côté, de petites cornières de fer doux pour former les tranchants. Le fer était ensuite écroui au marteau. Le soldat pouvait de la sorte, après le combat, réparer par le martelage, les brèches de la lame, comme font aujourd'hui les faucheurs. Les fourreaux en fer étaient fabriqués d'après le même principe. » Les musées de Zurich et de Mayence ont des armes du même genre trouvées par le colonel Swah dans les habitations lacustres du lac de Bienne '-.
 partir de la seconde guerre Punique, les Romains substituèrent à l'épée gauloise l'épée ibérique ' '. Celle-ci était plus courte, à pointe {muci-o, el à deux tranchants. Elle était propre aux coups de pointe comme aux coups de taille'*. Mais si les Romains imitèrent la forme espagnole, ils ne purent jamais atteindre à la même perfection dans la fabrication du fer '°.
Quand furent crés les vélites, en ill av. J.-C, leur armement fut composé de plusieurs hastes et d'une épée '°. Après avoir lancé leurs hastes, ils attaquaient l'ennemi, corps à corps avec le glaive ' '.
Le glaive espagnol demeura en usage pendant toute la durée de la république et de l'empire. C'est à cette dernière période qu'appartiennent les épées qui sont aujourd'hui conservées dans les musées et les représentations qui en existent sur les monuments figurés". La poignée du glaive icapulus) se terminait du côté de la lame par une calolle sphéri(|ue retombant sur le fer et, du côté opposé, par une boule légèrement conique Iig. 3618) à son extrémité supérieure". Parfois la partie qui devait être placée dans la paume de la main était ronde
pi. IX. fig. S; pi. wui, f. 2; pi. xxiv, fig. 31 et 32. — 10 A. Bertrand. Ibid. p. 350. Iig. gTSIf; De Mortillet. Rerue nrch'^olog. 1871, p. 390; Goiiadini, Di un antic. necrnpol. a Mnrzabtttto nel Bolor/uese, 1865; Di ulteriori scop€rte nell' antic. itecropol. a Marzabotto, 1870. — 1' Jî'-cue arehéol. t8fi.J, II. p. 347, fig. 15 et 16. - 12 Ibid. — 13 T. Liv. -XXII. 46, 3; Suiilas j. r. ;4ai.:-.i. Cf. Polyb. W. Did. p. 155, frag. \IV. C'est par anachronisme que Claudius t^uadrigarius. cité par Aulu- (■ell. .Xocl. ait. \K, 13, 18, et Tito Uve, VII, 10, 5, font coniballrc M.inhus avec uo glaive espagnol en 261 av. J.-C. — n T. Liv. /. /.; Polyb. III. 33. 6; 114. 3; VI. 23.
— JwSuid. |A«t/at'^a. Sur l'excellence des glaives espagnols, voir Diod. Sic. V. 33.
— iSTil. Liv. XXVI, 4,4cls. — i-T. Liv. XXXI. 35, 5; XXXVIII. 21. 12. — "Liodenschmit, Alterthitmer unser. heidnischen Vorzeit. I, viii. 6. 4 : cf. I, v. i, 3. 4, 5 ; 11. i'>. S; II, vu, 6. la, I b. 2n, 26, 3a. ta, 6; tui. 2, 14, etc. — >9 LindeDschniil, Trarht und Beveaffnung, pi. \\, 5.
Fie. 3618.
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et unie ' ; parlois, au contraire, elle était annelée de façon que les doigts y fussent solidement fixés*. Les poignées ordinaires étaient en bois ou en os". Certaines poignées étaient en ivoire, ce sont évidemment celles des armes de luxe*. Quelques-unes étaient d'or ou de métal argenté " et ornées de sculptures. Telle est celle que porte Trajan, sur la colonne élevée en commémoration de ses victoires. Le pommeau a la forme d'un aigle". Les poignées des épées portées par les soldats des troupes auxiliaires conservent parfois les formes usitées dans leur pays. C'est ainsi que la poignée d'une épée d'un cavalier représenté sur un monument trouvé à Mayence [eqiites, p. 986, lig. 2739] est exactement celle d'un certain nombre d'épées celtiques. Le pommeau se compose de deux orbes réunis au milieu'.
Le fourreau [vagina] se composait de quatre parties : la face antérieure, la face postérieure, l'ouverture et la ferrure destinée à protéger la pointe. Les lignes générales du fourreau suivent la forme de Tépée. L'ouverture par laquelle entre le glaive est toujours une bande de métal; il en est de même de la partie inférieure, protectrice de la pointe. La face antérieure et la face postérieure sont en bois, presque toujours revêtu d'une enveloppe métallique et, en tous cas, elles sont maintenues ensemble par des bandes de métal placées de distance en distance, en forme d'anneaux transversaux. Les deux bandes supérieures sont terminées par des anneaux à l'aide desquels le fourreau était suspendu à la ceinture [cingilum] ou au baudrier [balteus J. Tile-Live nous apprend que dans certainscas oninfligeait comme punition aux centurions dont les manipules s'étaient lâchement conduits devant l'ennemi, de quitter le ceinturon et le fourreau et de tenir l'épée nue à la main *.
Le plus beau spécimen de fourreau romain qui ait été conservé (fig. 3619) est celui de l'épée dite de Tibère, trouvée à Mayence et actuellement au Hritish Muséum ''. Les faces antérieure et postérieure sont recouvertes d'argent, mais les traces du bois qui était à l'intérieur sont encore visibles. Les bandes transversales, ornées de feuilles de chêne, et les bas-reliefs qui ornent le haut et le bas du fourreau sont de bronze doré. Le bas-relief placé près de l'ouverture représente l'empereur assis sur un trône; sa main gauche est appuyée sur un bouclier où sont gravés ces mots : Félicitas l'iberii. Dans la main droite, il porte une statuette de la Victoire, devant lui est le dieu Mars, derrière est la Victoire, qui porte au bras gauche un bouclier sur lequel sont inscrits les mots : Victoria Augnsli. Au milieu du fourreau est un médaillon sur lequel se voit un empereur couronné de lauriers et regardant à gauche : c'est Tibère ou Auguste. La partie inférieure représente une édicule tétrastyle, à l'intérieur
1 Kroelmor, Colonne Trajtinr, |il. i.v[i; Durtiy, Hisl. des Jiomaiii.';, t. VI. ]>. .'îtil, 366, ;iiO 1. — ~ Froeliiior, /ttitl. pi. i.xi. — 3 Lindenschmit, Tra<:ht unit Hewa/fming, pi. v. et xi, 5. — '• Llndensclimit. Op. taud. 11, iv, 3, 4. — " « Spii- Ihas argcntcas cl aureas » ; Cajiilolin. Maximini duo, 29(3), 9. — » Froclincr, Colonne Tra/ane, pi. lxiv ; cf. Pliilologus, t. XI, p. 230, n. I. Voir encore dans Overbeck, Pompeii in sein. Gebâuden, 2" parlic. p. 321) et 327, et Jaki'b. des Vereins von Alterth. freundcn im Jtheinlnnde, t, XXV, pi. iv. 2 et 3. Voy. aussi ciNGui.uM, fig. 1503. — ' Liiideiischmit, Traeht und Bewaffnunij, pi. vu, 3. — 8 T. Liv. XXVIII, î3. — 'J lii-ilisli Muséum, A ihàde lo the Bronze room, p. 4i, n" 38 ; cf. Proceedings of the Society of nntiquaries of London. nouv. sér. t. 111 (1867), p. 338 ; l.ersch, Das Sogennnnte Scliwert des Tilierius, Bonn, 1840. — '0 Hor. Od. IV, 4, 17 et suiv. — H Taeil. Ann. H, 26; cf. Haumeistcr, Denkm. p. 2073. On trouve souvent des fragmcnls de fourreaux adlic'rcnts aux épées. Cf. Lindcnsclimit, Alterth. 1. v, 2, 3, 4, 5. Sur le fourreau, n. 2, on lit CS I. Une statue de Tilir-re, trouvée à Veics et maintenant au musée du Valiran, tient de la main gaurlie un fourreau
de laquelle est un aigle, les ailes déployées et tourné vers la droite; c'est l'aigle légionnaire. Entre les deux colonnes, de chaque côté est placé un vexilhim ; au-dessous une Amazone casquée lient de la main droite une hache à deux tranchants et de la main gauche une pique. On a rapproché ce monument de la description faite par Horace'" et on a vu dans l'Amazone une personnification de la Vindélicie conquise par Tibère.
L'épée serait un présent fait à l'empereur, lors de son voyage en Germanie ".
Sous Vespasien, les cavaliers portaient une épée plus longue que les fantassins'-, mais nous ne savons quelles étaient ses dimensions. Les monuments qui représentent les équités singu- LAiiiîs les montrent également armés d'une épée, mais il est difficile d'en apprécier la longueur '■''. 11 en est de même de l'épée des cavaliers représentés sur la colonne Trajane et sur d'autres bas-reliefs'''.
Au temps de Claude, les auxiliaires portaient une épée dilTérente du glaive des légionnaires.
On désignait cette arme sous le nom de spaiha'^. Végèce, qui définit la spalha un glaive plus long, nous apprend que de son fis- 3619.
temps elle était devenue l'arme
des légionnaires. « Ils portaient, dit-il, un glaive plus long appelé spatlia, et un autre plus court appelé semi- ■tpalha '". » Au contraire il nomme le glaive parmi les armes des troupes légères et des archers'''. Les triaires portaient la semispatha ".
Sous la République, les soldats portaient le glaive à droite'' [cingulum, fig. 1488-1490] ; et c'est ainsi que le portèrent les soldats de l'armée impériale [cingulum, p. 1179, 1180], aussi bien les prétoriens-" que les légionnaires-' et les auxiliaires". A gauche, ils avaient un poignard [pugio]. D'après Josèphe, les cavaliers qui firent la guerre aux .luifs sous Vespasien portaient le poignard à droite et le glaive à gauche-'. C'est de la même façon que sont placés le glaive et le poignard do i>lusiours signifcri dont les monum(>nts ont
orné de palmcttesau luiut etau bas; jilus. Chiaramonti^ n» 400; cf. Duruy, Hist.des Homains, t. IV, p. 291. Cf. lo fourreau tenu par Caligula, Mns. Pio Clem., n<'262; Duruy, ;. l. p. 3S1. — 12 Josepli. /lell. .Ind. III, 5, 5. — 13 Gori, Inser. etr. 111, p. 23.
— 1» Frôliuer, Colonne Troj.. pi. i.xi. i.xu, m. — t^^Tac. Annal. XII, 3îj. — If' Vcgct. R. milit. II, 13. — i~ Ibid. — 1"* Ibid. Le mol semispatha est employé ici comme épilhéte du mol gladius. Certains au leurs pensent que le glaive plus long on spathn fut employé par les Iroupcs romaines au temps d'Hadrien. Le texte sur lequel ils s'apptiient ne me parait pas probant. Spartien, Hadr. 1 0. emploie le mot spntha pour désigner l'épéo d'Hadrien, mais Spartieu écrivait an iv* siècle et s'est servi du mot usité de son temps.
— 1-1 l'olyb. VI, 23. a. — 20 Saumaise, ad. Spart. Hadr. p. ;i 1), éd. Paris ; Duruy. Hisl. des Jiom. t. 111, p. 741, bas-relief du Musée du Louvre. — 21 Lindenschmil. Alterth., I.iv.O; vtn, fi: ix, 4 : 111, vi,.'). Lt sur la colonne Tr.ijanc, Froebner. pl.xxxi, xxxii, i.vii, i.i, i.xv, elc. etc. Bas-reliefs de l'arc de Seplime-SévcTe, Duruy. l/isl. des Ilomains, t. VI, p. 71 ; cf. Ibid. t. V, p. 362; t. VI, p. 361, 366. — 2-' l.indensrlnuit, f)p l. I. X. 3; Duruy, //. des Jiom. t. V. p. 566. — 2'J Josepli. Oeil. .lud. III, .,, 5,