‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines, d'après les textes et les monuments (volume 5)Chapitre 84 sur 104 · ILA · texte numérisé non relu

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clé conservés'. Quelques monuments r(^|ircsentent également des cavaliers romains portant le glaive à gauche [eouitks, lig. 2730, 27i3J -. Cependant beaucoup plus nombreux sont les monuments sur lesquels l'épée des cavaliers est placée à droite, comme celle des fantassins' [EQUITES, p. 780, 788, 791]. La rais(jn pour laquelle les soldats portaient le glaive à droite parait être qu'en l'ayant à gauche, ils auraient été gênés par le bouclier; aussi les of(ici(;rs, pour lesquels cette raison n'(!xistait pas, ont-ils l'épée à gauche [ciNGULUM, p. 1181J. C'est ainsi que la portent les empereurs dans toutes leurs statues''.

Les instructeurs apprenaient aux recrues à manier le glaive en se servant d'épées de bois plus lourdes que l'arme véritable. Ils apprenaient surtout à frapper de pointe. « Les Romains, nous dit Végèce, méprisaient les coups de taille. Rarement, en effet, on tue l'ennemi en frappant de taille ; quelle que soit la vigueur du coup, les parties vitales sont protégées par l'armure et par les os. Au contraire, il suflit d'entrer la pointe de deux pouces pour (jue la l)lcssure soit mortelle. De plus, quand on frappe de taille, le bras droit et le côté ne sont plus protégés; au contraire les coups de pointe peuvent être donnés sans que le corps cesse d'être garanti et l'adversaire est blessé avant qu'il voie le coup '. » Polybe donnait une autre raison : c'est ([ue pour frapper de taille il faut un espace assez considérable. Sans cela le coup serait sans force. Par conséquent, dans les combats corps à corps, on ne peut porter que des coups de pointe ".

Fabrication des épées. — Nous avons peu de renseignements sur la fabrication des épées chez les Grecs et chez les Romains. IS'ous savons seulement qu'elles étaient forgées comme les autres armes" [ferrum]. Les ouvriers chargés de ce travail portaient chez les Grecs le nom de ^Kfo'jfyoi, çiçoTtoioî, ixayatfOTto'.ot'*, et chez les Romains celui de fal/ii^ [faber]. Les marchands d'épées s'appelaient chez les Romains negolialorcs gladiarii '". Les fabricants marquaient leur nom sur les armes qui sortaient de leur maison. C'est ainsi que, sur la soie d'une lame d'épéc trouvée près de Bonn, dans le Rhin, on lit le nom SABiNi (fîg. 3620). La lame de cette épée est de fabrication soignée : elle est en forme de feuille de roseau, légèrement renforcée vers l'extrémité et rendue ainsi plus solide ".De même, sur un fourreau d'épée, on Ut le

' Oi-ti. /.a {/'•nie Si^l-toiiu, pl.iiirhc, n. 'A; Litldcllscliniil, Op. l. I, xt. 6; Dom.azcwski, Die Fahncn im. Trim. //eere, Vienne, ISSii, [). 30, 77, 74; cf. Gaz. archéol. IS86, pi. 3\ (= Dunij, 1/ist. rf.'.s- /Joni. t. IV, p. 227 (camée de Vienne), t. VI, p. 71).

— - Voir aussi un bron/o du Musée de Naples ; Duruy, //ist. liea Itom. l. VI. p. 461 .

— I Lindonschmil, Op. I. I. m. 7, 1 et 2 ; Duruy, Hisl. des Ilom. t. IV, p. 117; t. V, p. .'ifiS, lias-rclief du nuisc'e de Cliùlons; .\I, (î, i\ Kroehuer, Col. Trajaue, pi. LSI, LXll, Cl ; Beckcr, Muséum (ler Sladt Main:, n" âSl . Voy. kquius, p. 786, 7S8, 701. — '• Voir Duruy, Hist. des Ilomains.t. II, p. 691 (= C\nr:ic, Musée de sculpture, pi. m 1, n. 2.)16), l. III, en lélc J'roeluier, Col. Trnjane, pi. i.xiv; cf. pi. jxxvi, xi.ii, l.iv, I.XXU. lAxvn, l.xxxvi ; Duruy, t. IV. p. 7ÏS (Clarac, p. 'J'i, n" 2H2); t. VII, p. 7, 477, etc. Sur une mosaïque de Sainte-Marie Majeure, qui est du V siècle, les soldats de Josué , costumés en romains, portent IcnrVpéc à gauche. Cf. Durny, Op. l. t. VII, p. 404. Los gardes de l'empereur avaient cependant conservé l'usase de porter l'épée adroite. Saumaise, ad Sparlian., Sept. i'eu. 6, cilc un passage de Jean d'Antioclie

où il dit, 'E!;; çaUxV, -.àj .3«iiai»S -la/OivTi; ojx iv -S ij-.iTTi'f.o |ii;n, 4V*' îv -a Si-i.r.

i4 ïi'si; 5iaî;.'..yj.il)i. Sur la colonne d'Arcadius les soldais portent l'épée à droite. Au temps de l'roeope, les archers la portent à gauche. — ^ Veget. i'pi/. rci mil. I, 12.

— f' f'oly b. 11. :i:l,(i ; 111, 1 14, :i. — 7 .. Coullantur iii cnsem. .>. Virg. Georg. 1, 308 ; « inipositos duris crepitare incudibus eiiscs >•, Ibid. II. 5 Ut. — SAristoph. PrtC, 547 ; .^y.4^2■ l'ollux, I, liU: Dcmoslh. Or. XXVII. p, SIC; l'iutarch. Pelop. 12. etc. Voir feriium, col. 1093, u. 1 1 . On trouve aussi chei les Romains les noms do gladiarii {Corp. imcr. lat. VI, 5442, I'.l.-i2 : X, :t9Sli) ctde spal/iarii{/b. VI, 9S98 ; rf, Not. dign. or. IX, 29, 30, 39) et pour les Grecs le terme général d'Jis'ko,:».,.,; [fkh»i;m]. — » C'était naturellement les fabri aerarii, puis les ferrarii. — 10 Orclli-Henicu, 6173. — Il Lindenschmit. Alterih. 1, viu, 6. 4. — 12Schunuicher, Breschrtibung der grossherz. Sammlung in

nom de l'endroit ou il a été fabriqué et le nom du fabricant : Aovis HE GF, Arjuis hel{velici,sj O'emellimius] f\ec)il '-.

L'épée et le fourreau étaient fourbis par un ouvrier spécial appelé samiator'''.

A partir du m'- siècle, quand s'organisèrent les fabriques d'armes de l'Etat, elles furent chargées de la fabrication des épées ". Dans certains endroits on fabriquait toutes les armes; dans d'autres des épées seulement. C'était le cas de la fabrique de Lucques en Italie [fahrica spatharia), et, en Gaule, des fabriques de Reims et d'Amiens'' [fabrica]. Ces fabritiues étaient sous la juridiction du maître des offices.

Usages de l'épée. — L'épée était le signe distinctif du chef militaire. C'est pour cela que l'empereur avait toujours l'épée au côté". La prise de l'épée est considérée comme l'acte par lequel le prince prend possession du pouvoir" et le dépôt de l'épée équivaut à l'abdication". C'était l'empereur qui conférait aux commandants militaires le droit de porter l'épée, en particulier aux préfets du prétoire'', aux légats impériaux -" et aux tribuns légionnaires^'. Parfois même il accordait ce privilège à certains affranchis. Claude notamment le donna ù Narcisse ^-.

Le glaive n'était pas seulement une arme destinée à la guerre-', il servait aussi dans les combats de l'amphithéâtre et c'est du mot '' ''' rjladius qu'a été formé le mot gladialor. Les glaives dont se servaient les gladiateurs étaient de formes variées [gladiator . Les bestiaires [vËNATio] étaient aussi armés de glaives dans leurs combats contre les animaux-'.

Plutarque-'» et Apulée" nous apprennent que parmi les Jongleurs de l'antiquité il y en avait qui avalaient les glaives, comme les ba- "'' ""'"' teleurs de nos foires avalent les sabres. On connaît aussi la danse des épées dont parlent Platon -" et Xénophon -'. Cette danse était ordinairement dansée par des femmes qui marchaient et sautaient sur les mains au milieu d'un cercle d'épées fixées la pointe en l'air [ceenlus, fig. 13241. D'après Tacite, cette danse était en usage chez les Germains-'. Hésychius parle d'une autre danse des épées

Carlsruhe, 7.H9, pi. xn, 34. — Il Ledit de Diocléticn. VII. 33. sur le maximum, fiie le prix à payer au fournisseur pour une épée et pour un fourreau : .. Samialori in spatha exs usu — biginti quinquc; Vil, 37... Bagina sp.athac — cenlum>,Cf. Waddinglon, Édit de Diocléiien, p. 10. — il .Vo/. Dignilatum, éd. Boccking ; Occid. p, 43 ; Orient. p. 38 et 30. — lj Ibid. Occid. p, 43 et 4^1. — 16 Mommscn, Droit public romain, Irad. Girard, l. 11. p, 29. Dion Cassius, XLII, 27. remarque qu'apn''S la mort de César. Antoine agit en empereur, quand il se montra l'épée au côté. Il était alors maiirede la eav,ilerie. — 1' Sueton. tialba. Il ; Vitellius, S; Scncc. De cli-mentia, I, 11, 3. Il est à remarquer que les auteurs pour désigner l'épée comme insigne du commandement, soit pour l'empereur, soit pour les autres chefs militaires, emploient aussi souvent, sinon plus souvent le mot pugio que le mot gladius. — l^Tacil. Bist. 111, 68. Cf. Sueton. Vitellius, 15; cf. Dion Cassius. LXV. 16. — 19 Victor, Caesares, XII 1, 19; l'Iin. Paneg.ù' ; Plut. Galba. S: Phdostr. VilaApolt.i, 42; 8. 16: Uerod. I, '.', Il ; l.ydus. De magistr. II. 19. On conuail le mol de Trajan quand il r»inil le gl.^ve au préfet du prétoire : « Reçois ce gl.iive, pour me défendre, si je gouverne bien; pour me tuer, si je gouverne mal >. Dio Cass. LXVIII, 16. — ïo Id. LUI, 1,1. Les gou\eruenrs des provinces sénatoriales ne commandant pas de troupes ne fartaient pas le glaive; DioCass, /bid. — 21 Slal. Si(r.. V, 2, 134 et 173 ; .Martial. XIV. 32. — 22 Tacit, Annal. XL 33; cL Dio Cass. LXVII, 17. — 25 Plusieurs monnaies de la famille Servia et de Capoue montrent que parfois on pK-tait serment en tenant l'épée nue au-ilessus d'une victime égorgée; Duruy. //i.vf, des Romains, l, I. p. 96; L 11. p. 31 1. — 21 Monum. delV Imtit. t, III. 3S ; cf. Baumcisler, l. l. fig. 2355. — i,"- Plut. I.ycurg. 19. — 26 .Ue/am. I, p. 103. — 27 plato. Euthyd. p. 294 II. 28 Xenopli, ,1/eiiior. I. 3, 9; Symp. Il, Il et U; VII, 3 ; cf, Alhen, IV, p. 12» d; PoUui, 111. 134; Stob, XVI, 17 ; XXIX. 73. — 23 Tae, Germ. 2t.

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qu'il appelle iicpt(j[xoç et qui est une danse tragique '.

Enfin, sous l'Empire, le glaive devint l'instrument de la peine capitale pour les citoyens romains -. Les sentences de mort prononcées par les gouverneurs de provinces sont souvent mentionnées dans les Actes des martyrs par des formules comme celle-ci: glndio animadverti placet ^. Il est à remarquer que ce mode de supplice n'est pas seulement usité à l'égard des soldats, mais aussi à l'égard de chrétiens qui ne font pas partie de l'armée'*. Les Institutes de Justinien et les Codes nous donnent l'indication d'un certain nombre de crimes qui étaient punis par le glaive. Ce châtiment était infligé aux adultères % à ceux qui commettaient des actes d'immoralité contre nature ". C'est également la peine qui atteint les sicaires", les empoisonneurs ", les officiales concussionnaires", le subsmliendarius et Voptio complices de ceux qui fraudent, ceux qui se font attribuer l'annone sans y avoir droit'", les scribes qui, dans le même cas fournissent de faux certificats", les déserteurs'-, ceux qui consultent les devins '•', ceux qui offrent des sacrifices aux faux dieux'', les diffamateurs "% les délateurs'", ceux qui vendent un homme libre comme esclave '■", les plagiarii, c'est-à-dire ceux qui volent un homme ", etc. Il est à remarquer que le mot gladius désigne parfois non l'exéculion par la main du bourreau, mais la condamnation à combattre comme gladiateur. Ceux qui étaient ainsi damnati ad gladium devaient périr dans l'année ".

Dans un texte d'Ammien Marcellin ^", Lindenbrogacru voir la preuve que les vaincus, pour se rendre a la merci des vainqueurs, se présentaient à eux portant un glaive suspendu au cou,comme au moyen âge ils se présentaient « la hart au col » -'. Adrien Valois a démontré que cette opinion reposait sur un contresens--.

Un autre passage du même Ammien nous montre les soldats de l'empereur Julien approchant leurs glaives de leurs cous pour signifier qu'ils sont prêts à répandre leur sang pour sa défense ".

Gladii jus oupotestas. — Le glaive étant l'instrument de supplice et le vengeur des lois, le droit de se servir du glaive devint synonyme de Vimpcrhan nicrum, celui qui conférait le droit de vie et de mort-'. Ulpien parle à

1 Husych. s. y. (rxiit^ti. Cf. Grasbcrgcr, Erziehunfj und Unlerru-ht, I, p. |jo; Hennann, Mirbuch lier ijriech. Priimlidlerth. 3» éd. p. o03-i. — 2 Dig. XLVlll, 19, 8, 1 . « Vila adimilur ut puta si damnatur aliquis, ut gladio in eum animadvcrtalur; scd animadverti gladio oporlct. non sccuri, etc. » .\ l'i^poque royalo cl à lY'pociuc répulilicaino, la hache était l'instrument ordinaire de la décapilatioi) ; Tit. Liv. II. 5, 8; X, 1, 4; 9, 3. C'est ce qu'on appelle à l'époque imjiériale mo'i priscus; Tacil. Annal. II, 32. — 3 Acta S. Maximiliani marlyris, 3 ; Ruinart, Acta sincera, éd. Ratisb. p. 301 ; Acta S. Marcelli centurionis, 5; Ibid. p. 304; Acta S. Manimarii, Analecta fîoltaiidiana, t. IX, p. 18; cf. Le Blant, Les persécalions ft les martyrs aux premiers sièctrs de Home, p. 1i2. — '» Acta S. Cijpriani, 4; Ruinart, l. /.p. 217. Cf. S.Augustin. Scrmo CCCIX, 3. Tcrtullieu parle aussi de la spatha comme de l'instrument du supplice de la décollation: De citltu fem. 13.

— â Amm. Marc. .XXVIII, 1. C'était en vertu de la ler Julia de adulteriis ; înstit. IV, 18, 4.-6 D'apri-s la môme loi, Cod. Theod. IX, 7, 3; Instit. IV, 18, 4.

— T Instit. IV, 18, 5; Cod. Theod.. IX, 14, 3. En vertu de la tex Cornelia de Sicariis — 8 Instit. IV, 18. 5. En vertu de la même loi. — 9 Cod. Theod. I. 7, I. - 10 Uid. VII, 4, I. - 11 Ibid. XIV, 17, 6. — 12 Ibid. VU, 18, 4; - 13 Ibid. IX, 16, 4. — » Ibid. XVI, 10, 4. — 15 Ibid. IX, 24, 10. — 16 Ibid. X, 10, 10.

— n Ibid. IX, 6, 3. — I» Instit. IV, 18, 10. D'après la loi Fabia, quelquefois la peine est plus légère.— '■' Paul Sent. XVII, 2; Ijig. XXIX, 2, 25, 3; XLVIl, 14, 1; Cod. Theod. IX, 41, 1; Mosaic. et lioman. tegum coUatin, XI, 7 et 8 ; cf. Scnec. Epist. 87; Lactant. De mort, persec. VI. 12. — 20 Amm. Marc. XVII, 12, 10. <■ suspendi a jugulis suis gladios ohsccrantium ». — 21 Ed. de Leipz. 1808, in-8. t. II, p. 290. — 22 Préface, p. i.xvu. I.e texte signilie que les barbares demandent qu'on éloigne de leurs cous les glaives qui les menacent. — 23 Amm. .Marc. .\XI, r», 10. — 2i Ulpian. Dif/. II, 1, 3. n Mcrnm est imiierium liahere gladii poteslatem. ad animadvertenduni facinorosos homiues, quid etiam potcstas a|)pcllatur. » — ^Difj. I, 18,6. Cf. I.amprid. Alex. Sev. 49. - ^''Dig. I, 18, 0. Cod. Tliei.d. IX, 41, 1.

— 27 Di<j. I, 10, U. — 2' Passio Sanctarum t'erpetuae et Feiicilatis, 6. Voir les textes

plusieurs reprises du ^'ms gladii dans son traité De officio proconsulis et dans d'autres de ses écrits. Il fait remarquer notamment que le jus glndii appartient aux gouverneurs de provinces -■'. Ce droit implique le pouvoir de condamner ad metalla, mais non celui de condamner à la déportation. L'empereur seul peut infliger ce châtiment ^'' . Le jus gladii ne peut être transmis à un autre par celui quil'areçude l'empereur-". U était donné non seulement aux proconsuls et aux légats impériaux^*, mais aussi aux chevaliers qui étaient placés à la tête de petites provinces et portaient simplement le titre de procurateurs-". C'est par là qu'on les distinguait des procurateurs de l'ordre financier. A partir de Constantin le préfet de l'annone reçut également le jus gladii'". E. Beurlier.

CLANS. MoXuêSi'ç, lAoÀOêSaiva '. Balle de fronde. — I. — On a retrace à l'article fi'.xda l'histoire et le rôle de la fronde dans les armées antiques. Les projectiles les plus communs dont on ne cessa de se servir pour cette arme de jet, même dans les armées romaines de l'époque impériale, consistaient tantôt en pierres brutes de la grosseur du poing et d'un poids parfois considérable (une mine ou -43(1 gr. pour les frondes baléares)-, tanti')t en galets de rivière ou de plage [lapides missiles, saxa globosa ^).

Toutefois, afin de donner au tir plus de précision, de force et de portée, on s'avisa de remplacer ces projectiles naturels par des projectiles artificiels, dont la forme, le poids et le volume étaient calculés de façon à vaincre plus aisément la résistance de l'air. Le Musée Britannique possède un certain nombre de petits fuseaux en hématite et en fer magnétique, provenant d'Assyrie et du plateau de Camiros (Rhodes), dans lesquels on a pensé reconnaître des i>alles de fronde'. Dans ses fouilles d'Hissarlik (Troie), Schliemann a retrouvé plusieurs objets analogues en hématite et en diorite vert, les uns fuselés ou amygda-

cilés auv notes 19 et suiv. de la p. 16Û7; Le Blant, les Perstkuteurs et les .Warti/rs aux premiers siècles de notre ère, p. 220 et les notes ; Dig. I, 18, G ; Lainprid. Alex. Sever. 49; Kirrnicus Matoriius. Mathes. III, S. 5. — 29 Corp. inscr. IaM1.48i; III, 1919; VIII, 93CT; IX, 5439; Ep/t. cpigr.V, p. 461, n» 968. Cf. Hirschfcld, Sitzimgsbericlite der k. Akademie zu Berlin. 1889, p. 438; E. Schiircu, Gcschichte des Jùdischen Volkes im Zeitaller Jesu-Christi. t. I, p. 389. Dans le passage de la pîission des saintes Perpétue et Félicité, c'est un procuralnr qui a le jus gladii. le procousul élant mort. — 30 Coi^i. inscr. lai. VI, 1151 ; X, 1700. — BiUMoGHteuiF.. H. Schlienjann, Mjjcènes. Trad. franc. Paris, 1879; Heibig, Das homerisc/ie Epos, 2" éd. Lei[>/. 1887: Trad. franc, par L. Trawinski, Paris, 1^95 ; L. Lindenschmidl, Alterthïtmer umserer heidnischen Vorzeit. Maycnce. 18.18-70-71 ; Sophus Millier, Den europaeiske Bronze alders Oprindelse {Saertnjk af Aarboger for Nord. Oldk. 1882): fiiulset. Etudes sur l'âge de bronze en Dongrie ; Bastian et Voss, Die Bronze-se/iwerter des Muséums zu Berlin ; Fricdcrichs, Bertinsantike Bildxecrke; Kleinere Kunst und Industrie, t. II; A. Millier, dans Baumeistcr, Denkmaeler des ctassichen Altertums, au mot V^'affen; De l.agoy. Recherches numismatiques sur l'armement et les instruments de guerre des Gaulois, Aix, 1849 ; Proceedinf/s o, the Society of thc antitjuaries of London, N. S. t. III (1867), p. 358 et s. ; Jahrbitcher des 'Vereins von Alterthumsfreunde in H/ieiulande, t. .\XV (1857) p. 110 et suiv. ; J. M. Kcmble, Horae ferales or shidies in the Archrology of the Northern nattons, 1863 ; Le Beau, Aîêmoi' es de l'Académie des InsçriptiniLS et belles-lettres, t. XXXIX, p. 427; E, Hiibner, Xur Dewaffnung der rômischni I.egionare, dans Hermès, t. XVI. p. 302-308; L. Lindcnschmit. Trncht und Bewaffnung des rnmischen Heeres icàhrend Kaiserzeit, 1882.

GI.ANS. 1 Xcnoph. Ayiab. III, 3, 17; Appian. .I/i(A>-. 3.'i ; Polib. XXVIl, 11(9), 6; I.ucian. /.Mi'/iA.S. — 2Voy. p. 1364, notes 8,9, 10 ; Dind. XIX, 109. — 3 I.iv. XXXVIII, 20, 21, 29. — '* Les frondeurs assyriens figurés sur les b.is-reliefs de Ninive (fig. 36211 brandissent leur fronde de la main droite et tiennent dans la main gauche un caillou arrondi; Î^Iaspéro. Lect. bist. {Uist. ane.) p. 374.

3621. — Frondeurs assyriens.

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loïdes, les aiilros ronds, tous lorl liicn polis'. Il n'hésite pas à tes (lualilicr d(^ halles do Irondc, bien que la taille de matières aussi dures pour un usage aussi éphémère représente un travail hors de proportion avec les sc^rvices qu'on en pouvait attendre, .le er(Mrais pluti'it que ces objets ont dû servir d'amulettes et qu'il l'aut les ranger dans la catégorie des céraunites ou pierres de foudre, si recherchées des anciens pour hnii's propriétés merveilleuses [flii.menJ -.

On a, avec plus de raison, attribué la qualité de balles de ('ronde à des boulets de terre cuite (r/landus lalericiac) de la grosseur et de la forme d'un petit œuf de poule. Des lots en ont été retrouvés à Hennaen Sicile' et, plus récemment, sur l'emplacement d'anciens fours à poteries à DJebel-Ahmar, près le Relvédèrc à Tunis'', et dans les fouilles du P. Delatlre à Carthage '' . Celles d'Henna portent d'un côté un emblème, de l'autre une inscription ; mais elles ne paraissent pas toutes être des balles de fronde. Par leur légèreté relative " et leur fragilité, ces projectiles, qui semblent être d'invention carthaginoise, ne pouvaient guère produire d'efTets meurtriers. Peut-être étaient- ils surtout employés à la chasse aux oiseaux, ou pour les exercices de tir, ou bien, àla guerre, dans certains cas particuliers. César "raconte quelesNerviens lancèrent sur son camp des grenades d'argile cuite et rougie au feu {ferventes fusdi ex argilla rjlnndrs) pour incendier les huttes de ses soldats couvertes en chaume.

11. — Mais le progrès le plus notable fut réalisé par l'invention des balles en plomb : outre que cette matière pouvait être facilement coulée *, sa densité assurait aux projectiles des qualités lialistiques qui firent de la fronde et du xÉTTçoç' des armes de jet supérieures à l'arc et au javelot'". Le métal a donné son nomauprojectile:|j.oXuêo!'i;, [jLo),ij63xiva, en latin glans, r/tans plumbca, plum/ium ^^. Il ne paraît pas qu'on se soit ordinairement servi de bronze; c'est par erreur qu'on a cru reconnaître le bronze dans certains spécimens qui étaient réellement en plomb '-. On no saurait déterminer la date où ces projectiles perfectionnés commencèrent à être employés. Les marchands d'antiquités d'Athènes indiquent volontiers le champ de bataille de Marathon comme provenance de certaines balles de fronde dont ils pensent ainsi rehausser la valeur ; mais ce témoignage est très suspect, et rien ne prouve jusqu'à présent que les balles en plomb aient été connues en (irèce dès le v° siècle. Du passage de ÏAnnhase'^ oii Xénophon vante les merveilleux effets des balles de plomb employées par les frondeurs rhodiens, on pourrai! conclure qu'il s'agit d'une innovation dont les Rliodi(Mis furent les premiers auteurs et qui se pro-

* Ilios, li'ad. Kfîiror, p. 540, n"' ti-'iO et suiv. Leur analyse p. GOl. — 2 [)es balles <ie fronde gauloises, on pierre et tie forme aniygtlaloïile, ont été trûuM'es lians les relraneliements lie la forêt do davre a Candé (Loire-Inférieure). Ces retrancliements datent de la guerre do César. 11 y a trois genres de projectiles : 1" des demi-sphères de 10 à 12 cent, de diamètre, à hase non plane, tnais légèrement homhée. On pouvait les lancor à la main ; î" tles cylindres on disqnes de 8 ;i il cent, de diainèti-e et 4 à 5 cent, de hautenr, lancés soit à la niam. soit au hout d'une palette bandée par un ressort ; S" des olives de 8 à l:> cent, de long qui ne pouvaient être lancées qu'âLlide de fronde; Kené Kervilcr, iieu. «l'cAcVi/. I8S3, II, p. 281 et suiv. pi, xxiv. La comparaison de ces projectiles avec ceux des fusils modernes est intéressante, mais la halle de plomb anti^iue otnprunlée an dictionnaire de Uich est donnée par erreur comme étant de grandeur réelle. — 3 Mnmniseu, ZciIscUrift fiir d. antik. Wissenscltafl, 1816, p. 78*, 783. — ^ Connnunicaliou veihale du D' Carton. Ou a trouvé au même eudroit des halles de plomb anépigraplies. — i' Ces objets sont au Musée du Louvre. Le Musée d'artillerie à Paris en possède d'autres, provenant de Carllia,!;c. de Sicile cl de Xaples : L. Robert, Calalur/Kf 1 (ISSU), p. 1311 H, 30 -, p. IO'J-1 10 C, 89, ;10, <J| , 9i. Kllcs sont toutes dépourvues d'inscriptions et de n,iïures. — *• Oimcnsious d'un œuf en terre cuite, de hjebel-Abmar. connnuniqué par le D' t^arlon ; lonc. O^jÛW; larg. 0",035 ;

Fig. 3622. — Halle de plomb à pointes <Ie fer.

pagea ensuite dans tout le monde grec, pendant le iV siècle. Il est très remarquable que les anciens soient arrivés d'emblée à adopter la forme et les dimensions que les inventeurs modernes n'ont retrouvées qu'après de longs calculs, pour donner à ce genre de projectiles le maximum de puissance dynamique. Les études mathématiques de MM. Semper et René Kerviler à ce sujet sont très démonstratives ".

En effet, à l;t forme sphérique l'expé -

rience ou le calcul firent préférer la forme ovale qui rappelle celle d'une amande, d'une grosse olive, d'un pruneau ou d'un gland. En général, la partie renflée présente deux méplats, de sorte que la section transversale paraît elliptique et non circulaire ; les extrémités sont plus ou moins pointues ; souvent l'une est plus effilée que l'autre, comme si elle était plus particulièrement destinée à frapper.

Quelques spécimens ont les côtés plats comme deux pyramides jointes à la base'^; d'autres sont munis de pointes de fer {aculeus rjland'ts "'j (lig. 3622). Les calibres, très variés, oscillent entre Û",040 et 0"',06o de longueur, sur O^.Oii à 0"',0.30 de largeur. Mêmes différences dans les poids. Vischer '' a relevé sur 8i pièces des poids variant de 22K',80 ;i 136s%80. Probablement, de même que les Baléares se servaient de frondes de différentes longueurs suivant (jue le but était plus ou moins éloigné", on employait, suivant les cas,

épaisseur : 0",030 ; poids, 50 grammes. — '• Bell. gai. V, 15. — 8 Ken. Anab.

111, -i, i" : Eypi'.TX£To S^ »«t vejfa -'i't.'t.à h TciTç »û[iaiî xai ^ftÔAjSSo;, icT« ;^p^a4at cî; t4;

irï-Stiva;. — 'J Le x£<rToo; lançait des balles de plomb, comme l'atteste Polybe ; XXVII, 11(9), 6. Voy. CESTnosiMiESDoNfe. — 10 Xcn. .4iiat. III. 3, 17; 4. 16,

— I' l.ucr. VI, I78-I7tl; Virg. Aeii. IX. 587. — >^ Comme la balle grecque reproduite par la lig. 3625 et que Vtsclier {Ktt'ine Scitriften. Il, p. 8. a» 4) considérât comme un spécimen unique de balle en bronze. Zangcmeister a reconnu qu'elle était en plomb (Jiphem. epigi: VI, p. 13). L'erreur provient de ce que quelques balles eo plomb se sont trouvées recouvertes d'une patine de vcrl-dc-gris. Cf. /t. p. 25 sur les prétendues balles de bronze du Musée des Offices à Florence. — <3 III, 3, 16-IT.

— f» Semper. Ucber die lileiernen Schleudt'rgt^schusse der Altfit. Francfort, 1859: lïené Kerviler, Des projecUles cylii}dro-coni(/ut;s ou en olive depuis t'aiitit/uité Jus- 'jti'à nti-1 jours, flev. archcol. 1883. Il, p. 281-287, pi. xxir. — 15 Voy. Zaogemcister. Ephem. Epigr. VI, p. 31, n« 22. pi. ii. 7.— 16 Liv. XXXVIII, 21, 11. Voy. la flg. 3622. Balle trouvée à Asculuui et actuellement au muséHï d'Ascoli {Corp. itiscr. lat. \\. n. 6086 ; Zangemeister, Ephem. Epigr. VI, p. 31, n* 23 ; pi. u, n» 10. poids. ^5 gr. L'authenticité de l'inscription Liogiol XV est douteuse. — >'' Vischer, Anlike 6'cAfcudergeschosse, Kleine S'clirifteii, II. p. 246-277. — 'S Voy. riNOi, p. 1305. n. 5.

Fig. 3623. — Moule à balles.

GLA

ICIO

Fig. 3624.

des projectiles plus ou moins lourds. Leur force était échelonnée à la façon des plombs de numéros différents, dont se servent les chasseurs modernes. Les poids moyens paraissent se tenir entre 30 et 40 grammes, comme celui des balles de fusils modernes à gros calibre.

Les balles étaient coulées dans un moulé d'argile, tel que celui que représente la fig. 3623 ; l'original se trouve au -Musée de l'Ermitage à Saint-Pétersbourg'. Le moule complet se composait de deux demi-creux semblables, qu'on faisait coïncider pour la coulée et qu'on séparait ensuite ; on pouvait couler d'un seul coup plusieurs balles ; elles sortaient du creux reliées par des tenons qu'il était facile d'inciser. Les légendes ou emblèmes étaient gravées en creux dans le moule, de façon à ressortir en relief sur les faces des balles. Comme il fallait prendre

la précaution de gra-

ver les lettres dans le moule en sens inverse de leur position réelle, des oublis et des erreurs ont produit les mêmes irrégularités épigraphiques qu'on constate si souvent sur les marques d'amphores, de lampes, etc. (lettres renversées, tournées de droite à gauche (fig. 3624), etc.) \ m. — Ce sont ces inscriptions et ces emblèmes qui font, pour l'archéologue et l'historien, le principal intérêt des

balles de fronde et donnent à celles-ci une valeur documentaire. Très souvent il y a absence complète des unes et des autres ; parfois l'une des faces seule est lisse, l'autre porte un emblème ou une inscription ; tanti'it il y a des emblèmes des deux côtés, ou bien des inscriptions sans emblèmes. Ceux-ci représentent soit les armoiries de la ville, comme celles qui se gravaient sur les monnaies ou les boucliers (palme ^ cheval', bucrane ^ étoile'^), soit un symbole des propriétés meurtrières du projectile (aigle

1 Zangomeister, 0. l. VI, p. 1 1 . Les deu\ ci-pux t'iaiont maintenus l'un contre l'autre par (les chevilles insérées dans les (rous qui se voient de chaque côté du canal jtar où l'on versait le métal en fusion. — 2 Balle trouvée en Espagne et rapportée à la guerre de César contre Pompée. Cf. Bel. hisp. c. ! 3 et 18; Zangenieistcr, f). /. p. 49, n" 50. La lecture acu'e, pour accipe, n'est pas certaine.

— ^ Zangemeister, p. 45, n» 42. — 4 Vischer, Kl. Schrif. pi. xili, 2. — ô Hcydeni.ann, Ifcrmes, XIV (I879), p. 317, n" 2 4. — C Vischer, Jàid. n" 4, pi. xiv, n» 40.

— '' Fig. 3620. — 8 Vischer. pi. \t{t. n" 5, 10, etc. CL fig. 3624. — 9 Vischer, pi. xiv, n" 38. — 10/6. n" .16 et fig. 362". — " Zangemeister, n" 38. — '2 Fig. 3023, Vischer, xv, n» 39. — 13 U. pi. \m, n° 19. — H Zangemeister, Ib. n" 01, 62.

— li Lcnorniant, Jtliein. Jtlus. XXI (1866), n» 144. 144 a. — ir. Vischer, p. 261, n» 20, pi. XIV. — n Corp. inscr. gr. 8530 ti. — 18 Vischer, p. 276, n° 84.

— <» Rcinach, C/iron. rf'OrifiK, 8, 383. —20 Vischer, p. 200, n" 25, pi. xiv. —21 /4. p. 261, n" 28, pi. XIV. — 22 Corp. inscr. gr. 5370 <l, 5687. — 23 Zangemeister, W* 3 ti. — 2V Zangemeister, n"* 6, 7, préfùrc celle interprélation à celle qu'on donne d'ordinaire; Fir(mitcr). Firnmm était une place forte qu'occupa l'ompeius Slraho (Appian. I, 47). — 2li Corp. inscr. gr. 8530 d. — 20 Vischer, p. 231, n» 9. — 2ï C. inscr. gr. 8330 6. — 28 Vischer, p. 259, n' 32, pi. jiv, poids, 05«',!10. l'eut-être Démétrius Poliorcète ? — 20 Poids : 41i',3, Au musée du Louvre (MNC. 1643). Provient de llhodes. CL Longpérier : Œuvres, III, p. 302 ; Vischer,

l.;;, -mi

tenant un foudre', foudre ailé ou non ailé\ trident", pointe de lance '», poignard ", scorpion (fig. 3625) '-, serpent '^), sans qu'il soit toujours possible de leur reconnaître l'un plutôt que l'autre de ces caractères. On trouve aussi des emblèmes tels qu'un phallus, dont le caractère facétieux est souligné par l'inscription '\ Les inscriptions se ramènent à plusieurs catégories: 1° Nom ou monogramme de l'État belligérant ou qui a fait fondre les projectiles : il devait être au génitif, sur les balles grecques, comme sur les monnaies : A ou 'ABe (vai(ov)'=, fra. i).£;wv-'HX£i(ov)'», Kopiv(Otwv;i", X {'Ay a;wv)'«, Po(o»ov) ", Bot(wTiôv)-°, M£(j((javûov)-', KaTava(ta)v)^2^ Itali", F)r{mani)-\ 2° Le nom du chef de l'armée, au génitif et très rarement au nominatif, sur les balles grecques; au nominatif

Fig. 3026.

sur les balles romaines : Ex. : Eùê&uXiSx;", SEvoxpotT-ziç^^ IJa^tXâo,- ^^ Av,aY,Tstou («g. 3626)-', Baëûpxa " (Rg. 3627).

Fig. 3627.

— L. Piso. L. f. cos,. ^°. Cn. Mag[nus) imp[erator) "

— M. Fer(i]d(iu)s '^, tribumis) mil{itum) l[egionis) XL 'i" Le nom de la légion :

/. XII viclrix ■'^.

4° Apostrophe ou recommandation au projectile : E'3 uxivou^' (logetoi bien) (flg. 3625) ; Feri Pomp[eium^° Strabonem) .

o" Invocation aux dieux: XizY, Aîoç ^", Ni'xy, Mïté;(.)v •''. Aucune invocation de ce genre n'a été trouvée sur des balles romaines.

6" Apostrophe facétieuse ^. , „„

^ ^ Flg. 3028.

menaçante ou injurieuse

à l'adresse de l'ennemi : TGtoYoiÀiov (bonbon)^*; xpwye

(avale) ^'; ■j:ù6,jey z '•» (gare à loi) ; SÉ^ai '<■ (fig. 3628), lài '■'

p. 273, n" 03; C. inscr. gr. 8530 rf ; Th. Reinacli, Jter. des élud. grecq. 1889, p. 3S4 et suiv. Le nom est le génitif de Duôj^tu;, nom d'homme, et non pas celui d'une ville, comme l'avait supposé Longpérier. — 30 C. inscr. lut. X, n" 8063 : Zangemeister, Ib. p. 1, n" 1. Le nom est celui du consul de l'an 621, qui fit la guerre contre les esclaves en Sicile (Gros. 5. 9; Valcr. Max. 2, 7, 9; Frontin. Strat. 4, i, 26). La balle provient d'Henna en Sicile. — 31 C. inscr. l. I, n" 081 ; II, a" 4965; Zangemeister, 76. p. 48, n" 49. Cette halle provient d'Espagne ; elle se rapporte à Gnaeus, fils de Pompée et à la guerre 00011* César. — 32 Zangemeister. Ib. p. 05, n** 76. lialle trouvée à Pérouse. Le personnage nommé prit part à la guerre de Pérouse dans l'armée de César (Voy. Cic. Ad fam. VIII. 9, 4).

— 33 Zangemeister, Ib. p. 67, n° 80. lialle trouvée à Pérouse. — 3V Vischer, Ib. p. 8, n" 4. La leclurc n'est pas tout a fait certaine. — 3J Zangemeislcr, p. 22, n" 9. La balle, trouvée à ,\sculuni, se rapporte à Cn. Pompeius Sli-aho, consul en 663 (89 av. J.-C), ([ui dirigea le siège d'Asculum, où se trouvaient les Italiens soulevés contre Rome (Oros. 18 ; Appian. I, 48.). — 3C C. inscr. gr. 5748 a. — 37 c, jn. gr. 5748.17. — •** Ross, Itei^en in Griechenland, p. 139. Zangemeister, p. 17, n. 3, croit, mais sans motif sérieux, ;\ une lecture fausse. — 3ll Lenoruiant, Itltein. .Mus. XXI, 1800, nM43. — W/6. n" 142. — *' Poids : 94t',0. C. inscr. i/r. 8529 o ; Vischer. Kl. Schr. II, p. 254, n" 17, \A. xni. Provenance ; Athènes. — *2^ Vischer, Ib. p. 2j.S, u" 18. |tl. xni.

GLA

— 16il

GLA

(attrape ça), Accipc^. — Furj/livi peristis (mort aux fugitifs!)-; Tauium vores mnlo, Tamen eiiomea omnnm'^. — Fuloiac \la\iidicarn peio'' ! — Pulo Oclavta[ni\ culum '• ! — L. A{ntoni) Calve{et) FuLvia cuhvn /ian{dUe) ''' ! — Priiinacia vos radicilu [s] fol\l]et'' !

La verve soldatesque se donnait carrière dans ces devises; mais les faussaires lui ont prêté d'autres libertés (|uo certains érudits ont eu le tort de prendre; au sérieux. Les balles de fronde d'Ascoli obtinrent un instant de célébrité, grâce à l'habileté de la contrefaçon et aux ouvrages d'Ernest Desjardins", qui en a publié plus de 600, et de Théodore Bergk'. Leur authenticité, suspectée par d'autres savants, a été discutée à fond et pièces en main par Zangemeister'". Sa minutieuse (uiquètearendu leservice de déblayer ce petit coin de science des scories qui l'encombraient. iN'ousrenvoyons au précieux répertoire de V Ephnnieris E pigraphica le lecteur désireux de connaître le détail de toute la polémique, les procédés de la contrefaçon, les signes qui permettent au collectionneur de discerner les pièces authentiques des pièces fausses".

Les inscriptions authentiques creusées à la pointe sur les balles de fronde sont très rares '-. Cependant on se servait de ces projectiles, ainsi que des tlèches, pour faire parvenir des messages à une ville assiégée ou pour envoyer des renseignements à l'ennemi {glans inscripla"). En soi, la surfrappe des balles de fronde, ramassées par ceux qu'elles devaient atteindre, surchargées de légendes nouvelles, puis relancées au premier envoyeur n'a rien d'invraisemblable. Mais les faussaires ont abusé de ce procédé, et parmi les balles qu'on croyait avoir servi successivement aux deux adversaires aucune n'(îst reconnue authentique. Toutefois, les légendes des balles de fronde ont pu fournir d'utiles indications sur l'histoire de certains sièges comme celui d'Asculum pendant la guerre sociale en 811-88, et celui de Pérouse en 40 av. J.-C. Les trous qu'on observe sur plusieurs balles et qu'on croyait destinés à recevoir des billets, ont, d'après Zangemeister, été percés par les paysans pour porter la balle en amulette '*.

11 n'y a pas de différence notable entre les balles grecques et les balles romaines; celles-ci sont souvent plus allongées et moins régulières. C'est sans doute vers l'an 189 av. J.-C. que l'usage des balles de fronde s'intro-

1 Fig. un. — 2 Corp. inscr. lai. IX, n. ÛO81;, XIII. Trouvije i Asculuni. Il est jiroliahlc que riiiscriplion se rapporte à la Guerre soeiale et aux Italiens révoltés, et non pas à la Guerre servile comme l'ont pensù les premiers i^diteurs; Zangemeister, /«. p. 26. — 3 Corp. inscr. lat. IX, n" 6086, XXVIII ; Zangemeister, Ib. p. 36, n*" iO. Balle d'.Asculum. L'inscription semble une allusion au taureau, em- Ijièinc de l'Italie ri'voltt''e, et représenté sur une monnaie des alliés terrassant la louve romaine iMommsen. .Mioiztcesi^n, 1860, p. 589). Le sens serait à peu pri^s le suivant : « Tâche d'avaler le taureau, mais tu auras soin de le vomir! » La devise serait alors celle d'une balle romaine, assimilée à la louve. Ou bien : « Si tu avales le taureau, co sera tant pis, car tu le vomiras tout entier! » qui serait la devise d'une balle italienne. — * Trouvée à Fcrouse, Corp. inscr. lai. n 1507; Zangemeister, n. 56. L'inscription se rapporte à la guerre de Pérouse, où L. Autonius, Trère d'Antoine, dit " Calvus », fut enfermé avec sa belle-sœur Kulvie, par Agri|»pa. lieutenant d'Octave en 40 av. J.-C. C'est une balle des Césariens. Sur l'emploi de ces balles pendant le siège, voy. Appian. 5, 36. — ^ Balle de Pérouse, lancée par les gens de L. Antonius, Corp. inscr. lat. I. u. 682 ; Zangemeister. Ib. n" 58. — 6 Balle de Pérouse lancée par les Césariens ; inscription gravée en creux à la pointe et en lettres cursives ; Corp. inscr. lat. I. H. 684 ; Zangemeister, n" 65. — 7 lîalle trouvée À Ossero (.Apsorus), dans l'ile de Clierso (Creiis) en Liburnic. Inscription gravée à la pointe, Zangeni. n» )ûî>. — *' Drsiderata du Corp. inscr. lat. fasc. 2-5 (1874- 1876) : Les balles de fronde. Zangemeister considère comme fausses toutes celles qui sont publiées dans ce fascicule. — STIieod. Bergk, Jahrb. d. Alterth. frcunde im lihfintandf, Bonn, 1875, p. 1-73; Inschriften rom. Sc/tleudergcschosse.lJiiinig, 1876. — 10 Les n" du Corp. inscr. lat. IX (1883), 664-7511, publiés par Zangi>mcistcr, ont été reconnus faux par lui-même. — " Zangemeister, Glandes ptumbrar latint- inscriplae. Ephem. tCpiijr. VI (1885), p. 88. Il a pu retrouver à .\scoli

duisit dans les armées romaines par l'intermédiaire des auxiliaires achéens. La dernière mention qui en soit faite par les auteurs se trouve dans Tacite pour l'an 70 ap. .L-C. ' '. La plus ancienne des balles romaines porte le nom de L. Piso consul en l'an 021 de Home""'; les plus récentes datent de la guerre de Pérouse. Celles qui portent des inscriptions de l'époque de Trajan, de Marc- Aurèle et même de Constantin sont l'œuvre des faussaires '". En effet, sans doute par économie, on semble avoir abandonné à l'époque impériale l'usage des balles de fronde. Sur la colonne Trajane ", dans Végèce " et dans le discours d'Hadrien aux troupes de Lambèse (128 ap. J.-C.) -" il ne s'agit que de pierres lancées par les frondeurs. Toutefoisle biographe de Septime-Sévère'' raconte (|u'à la bataille de Lyon contre ,\lbinus, en 197 de notre ère, l'empereur resta comme mort ictu pluni/ji'ae, sans qu'on puisse déterminer s'il s'agit d'une balle de fronde ou d'un coup de masse d'armes.

Celse (i" siècle ap. J.-C.j étudie les plaies contuses causées par les balles de fronde^-.

Les anciens avaient observé que les balles en plomb s'échauffaient brusquement au choc des armures. La science admettait même que le plomb pouvait se liquéfier dans sa course rapide"^ et les poètes popularisèrent cette croyance -'.

Pour les projectiles des machines de guerre, boulets de pierre ou de métal, voyez torme.xta. G. Fodgères.

GLAUCl'S. — Ce nom a été porté par plusieurs héros grecs dont la plupart n'offrent qu'un intérêt mythologique ou littéraire. Le seul qui doive prendre place ici est Glaucus le Marin (tiovtio;, 6aXaT-;o;), objet d'une légende nautique qui, après avoir joui d'une grande popularité dans les îles des Cyclades et sur les côtes helléniques, fut exploitée avec faveur par la littérature et ne cessa de figurer chez les poètes jusqu'aux derniers temps de la latinité classique.

La légende de Glaucus parait originaire d'Anthédon. petit port sur les rives béotiennes de l'Euripe ' ; il fut, disait-on, un pêcheur de cette ville, fils du héros éponyme et d'Alcyoné ; nous le retrouvons encore, le plus souvent avec des généalogies différentes, à Délos, à Naxos, au promontoire Malée, à Gythium sur les côtes de la Laconie, en Étolie, où il prend les allures d'un

l'officine d'où sortirent toutes les pièces fabriquées par le faussaire VinccDzini. — l2Voy. p. 1610, notes 22 et i3. — 13 Bell, hispan. 13. 18. iO:cf. Herod. Vlll. 128; Heliodor. Aelh. IX, 3; Aencas Poliorcet. 31, 26; Polvaen. II. 29; Plut. Cim. 12. — '* Voy. ruxDA, p. 1364, n. 2». — '5 Dans l'armée de Civilis Hist.

V, 17 : « Saxis, glandibus et ceteris miâsilibus praelium inripitur ». — 16 V. p. 1610, note 30. — n Zangemeister. p. 99. — 18 Voy. fig. 3327. — l!> V. ni..iD». p. 4365, n. 18, 19, 20 « addidistis ut et lapides fundis milteretis et missilibus confligeretis. » — '.îû Corp. inscr, lat. VIII, n. 2532. — 21 Hisl. Aug. Spartian. Vi(o Serer. c. n. — 22 Cels VII, 3, 2. — 23 Arist. De Culo. II. 7. — S» Lucr.

VI, 177 : u ut omnia motu percalefacta vides ardcscere, plumbea vero glans etiam longo cursu volvenda Uquescit ; Virg. Aen. IX, 587; Scrv. .Arf A. foc; Ovid. .Uetam. II, 727; XIV. 82G ; Lucan. Phars. VII. 513: Slat. Theb. X, 533. — BiBE.iOGRAPnie. II parait superflu de reproduire ici Ifc; références dont on trouve l'énumération très complète, pour les balles grecques dans Vischer. Kleine Scbriflen. I87S, 11. p. 230-281 (y ajouter : HcydemauD. Hermet, XIV (187'J), p. 317; I.KjDgpéricr, Journal des Savants. 1877. p. 577-580 = ÉffKcre». III. p. 362 ; Th. Keinach, Hev. des éludes grecques, I8S9, p. 385 et soiv.) Poar les balles roni.iiues, Zangemeister. Ephem. Epigr, VI. donne la liste des musées et collections qui en possèdent fp. xiivl. fp. ixxu), la bibliographie ,p. xlv. 1885). l'index des légendes et (p. xvu) celui des emblèmes. La collection du lx>UTre, comprenant une vingtaine de pièces, eu jwrtie connues, a été publiée par M. Uichon dans le Ballet, de la Soc. des .Intiguaires de France. 1894, p. 268-271. Voir aussi la bibliographie de l'article fdnda.

GLAUCL'S. 1 Mnaseas, ap. Alben. VU. p. 296 sq. ; Paus. IX, 22. 6 : Sb»b. VIII. 403; Dicaerch. Bist. Graec. fragm. (édit. Didot), II, 259, 23. Pour les autres généalogies, v. ,\theu. Loc. cit.

GLA

GLA

chasseur; dans l'isthme de Corinthe où sa personnalité se confond avec celle d'un autre Glaucus, fils de Sisyphe'. On rencontre enfin ses traces chez les Ioniens d'Asie Mineure, dans la Chersonèse des Rhodiens et même chez les lapyges ^ A Anthédon il était présenté comme un simple mortel qui devint dieu marin pour avoir goiUé d'une herbe magique dont le contact rendait la vie aux poissons, étendus morts sur le rivage (un poisson très estimé des gourmets portait son nom^). C'est après avoir absorbe cette herbe qu'il se serait jeté dans la mer, du haut d'un rocher qui, au temps de Pausanias encore, s'appelait le Saut de Glaucus '.Ailleurs on expliquait ce saut par le désespoir qu'aurait ressenti le héros de n'avoir pas, avec l'immortalité, obtenu l'éternelle jeunesse; ailleurs encore par le désir qu'il aurait (ui de prouver à ses concitoyens incrédules son immortalité même '". Une fois rentré au sein des Ilots, il y devient le familier de Nérée et des Néréides, un Sai'[x.(i)v TtpÔTioÀos de Poséidon et d'Amphitrile ". Des vases peints nous offrent peut-être la scène de son admission parmi les divinités marines' ; sur l'un il a les dehors d'un pêcheur, en tunique courte, à la face juvénile ; Poséidon assis sur son trône, le trident à la main et le diadème en tête, l'accueille d'un geste amical ; derrière le trône, Amphi- Irite debout lui tend une guirlande ; l'autre le représente, toujours jeune et imberbe, en tunique longue, portant lui-même la couronne et dans la main gauche une plante marine. C'est Amphitrite assise sur le trône qui lui tend la guirlande, symbole d'immortalité, tandis qu'une Néréide, peut être Ino, lui olïre dans une patère le vin qu'elle vient de verser avec une œnochoé.

Les matelots et les pêcheurs se figuraient Glaucus tout autrement*; il est à leurs yeux un vieillard triste et hirsute. Ils disaient qu'une fois l'an Glaucus visitait pendant la nuit toutes les mers, toutes les îles, tous les rivages, se plaignant de ne pouvoir mourir et faisant entendre de sinistres prophéties. Blottis dans le creux de leurs barques, ils cherchaient à conjurer son influence funeste par le jeûne, par la prière et les sacrifices; quand ils échappaient à la tempête, ils lui vouaient une boucle de leurs 'cheveux '. Ils le traitaient du reste avec une sorte de familiarité liourruc, l'appelant le Vieu.v tout court et le sommant sans fa^^-on de leur livrer ses secrets; ils se louaient de la facilité avec laquelle il se laissait aborder, mais n'attendaient rien de bon de ses présages'". Ses oracles le rendirent célèbre même sur le continent; un poète fait d'Apollon son disciple et Virgile lui donne la Sibylle de Cumes pour fille ". Ces oracles avaient surtout trait aux dangers et aux hasards de la navigation, mais on les étendait à tous les événements delà vie '^ Il n'est pas difficile de démêler l'idée qui fait le fond de ces

i Arislol. ap. Allicii. VII, p. 296 c: Noiin. Uion. 43, 75 passim. : cf. Gerhard, Arch. Zeil. iMI, p. 91) ; Eurip. Or. 362; l'aus. III, 21, 7; Nicandr. ap. Atlicn. Vil, p. 297 a; Honi. /(. VI, 134; ApoUod. I, 9, 3, p. 60 ; cf. Voclcker, Mythnl. des Japel. Geschlechls, p. 119 et 241. — 2 ALhcn. l. t.; mais voy. Schweif^IiaiisLT in indice «. Glaucub; Schol. Apoll. Rhod. II, 7G7. — 3 Alhon. XV, 23; II, 68, etc. ; cf. Crcuzer, Symbol. III, 434 sq. — ' Faus. IX, 2i, (i ; l'iiroem. gr. II, cent. C, 49; Lobeck, Aglaopham. 866. — ■■ Ov. Metam. XIII, 900 ; XIV. 75 ; Serv. Ueory. I, 4S7 ; Ausou. Mos. 270 sq.; Schol. Plat. Rep. X, p. 011; Schol. Eurip. Or. 332; SchoI. Apoll. Uhod. I, 1310. — 6 Prop. II, 20, 13; cf. Monum. deW Init.\. lab. 37.-1 De I.ujncs, Description de quelques vases peints, pi. xxi et xxii. Voy. à l'art. crscuuiM, la ligure 1472, dans laquelle d'autres ont i-econiui Thésée. — 8 Scliol. Plat. Itep. X, p. 611. — 0 Anlliol. gr. I, 0, iCi; p. 237 (l'dil. Jacobs). — 10 Arislol. I.OC. cit.\ Heracl. {Mylhogr. gr. p. 313, 9, édil. Westerruann) ; Parocm. gr. 11 ; Cent. 2, 72; lickkor, An'^ciol. I, 97 : i;,j r/.«îxi. — " Nicandr. ap. Atlicn. Loc. cit. ; Virg. Aen. VI, 30. — li llor-icl. Loc. cit. et Suid. (v. v.); Diod. Sic. IV. 486. — l-i Viuel, Op.

Fig. 3629. — Glaucus guer-

imaginations diverses ; Glaucus est la personnification du flot où se réfléchit l'azur du ciel; il existait déjà chez Hésiode une nymphe Glaucé qui avait la même signification ; il représente surtout la perfidie sourian te de la mer {pcllacta ponti)q\x[Tecè\e mille dangers, avec la voix mystérieuse des vagues etdu vent, quitantôtgémitcommeune plainte, tantôt gronde comme l'annonce du malheur '^

A ce dieu les marins prêtaient diverses aventures amoureuses, lui faisant jouer vis-à-vis des Néréides le rôle que Pan remplit avec les Nymphes des bois". Ses amours sont généralement malheureux. Ainsi il s'éprend de Scylla qui n'est alors qu'une belle vierge de la mer ; comme elle le dédaigne, il obtient de Circé qu'elle soit changée en monstre redoutal)le, et il n'en continue pas moins de l'aiincr''. 11 n'est pas plus heureux avec Ariadne, quand Thésée la délaisse à Naxos; Bacchus en effet lui dispute l'héroïne, l'enchaine lui-même, avec des pampres et le contraint à livrer ses secrets '°. Cette scène, que l'art et la poésie ont idéalisée, semble avoir fourni des traits à Virgile pour l'épisode de la rencontre d'Aristée et de Protée". Il y a d'ailleurs des ressemblances profondes entre les deux vieillards do la mer, Protée n'étant guère que la doublure de Glaucus, avec le don de la métamorphose en plus. Sur les côtes de la Carie, Glaucus est l'amant de la nymphe Symé, qu'il ravit et avec laquelle il habite l'ile de ce nom'*; ailleurs il est mis en rapport avec Ino, Palémon'" et surtout avec le beau Mélicertes. Les poètes lui ont donné un rôle dans l'expédition des Argonautes; les monnaies (fig. 3t)2!l) elles gemmes où il figure avec des attributs guerriers s'inspirent de cet épisode'-". Chez Euripide, il apparaît à Ménélas doublant le cap Malée au retour de Troie et lui fait entendre des oracles qui ne sauraient tromper".

Sur le continent, Glaucus n'est devenu populaire <]ue par les poètes ; Pindare, qui a dû apprendre à le connaître par Myrto sa nourrice, originaire d'Anthédon, est le premier qui l'ait nommé--. Les trois grands tragiques semblent avoir à tour de rôle exploité sa légende ; il existait d'Eschyle un drame satyrique, faisant suite à la trilogie des Perse.s-, dont il paraît avoir été le héros, sous le titre de PÀaixoç IIovtioç ; comme il y a dans le répertoire du même poète une tragédie dont le héros était Glaucus de Potnies, fils de Bellérophon, que l'absorption d'un breuvage de miel ramena du monde des morts, comme d'autre part un troisième Glaucus, fils de Minos et de Pasiphaé, jouait un rôle dans la tragédie des Cretoises., il y a là matière à discussions et à conjectures qui ont fort exercé les érudits^'. Ce dernier Glaucus semble avoir défrayé également Sophocle et Euripide,

cit., et Hcnan, Études sur le.'; religions de l'antiqnitti, p. 20 sq. (0" édit.). Pour la nymphe Glaucé. Hcs. Tkeug. 440 et 244 ; et sur répithètc de vÀauxô; (ne pas confondre avec y'a«Jxo;), Honi. II. XVI, 34; XVIII, 39; Soph. Frag. 341; Eurip. Ilel. 1457. — fi Prop. 11,20, 15.-1» Hedylé, ap. Alhcn. VII, p. 296; Ov. loc. cit.; Serv. Acn. 111, 420 ; Tzek. ad Lycophr. 754. — IG Thcolyt. ap. Alhen. (. l. — " Peut-être dans le Gbtucns Pontius d'Esch\le, imité par Cicêrou dans sa jeunesse; Plul. Cic. 3. V. Ilcrniann, /)<■ Aeschyl. (llancis dissertatio, 1812; Welcker, Acsehyl. Trilogie, p. 311 sq. ; 471 sq. : et Siippl. p. 170 ; cf. Gerhard, Arch. Xeit. 1849, p. 99 cl 19 ; .Stmum. deW Instit. III, 112. 20; Virg. deorg. IV, 430 sq. — 18 Mnaseas. ,ap. Alhen. /. /. — t'* Mosa'ûpie de .Sl-Uuslice, citée par Gaodechens, Itosclier's Lexikon. p. 1681 ; Eckliel, Choix des pierres gravées, y\. \\\. — -0 Philoslr. hnag. Il, 15; Possis ap. Atheii./.c. ;cf. Monum. delV Imt. III, 52, 21; 32, 12. — 21 Eurip. «,-.302; cf. Virg. Ceorg. 1, 4:10; Anthol. Pal. VI, 164. — 22 paus. IX, 22, 7; cl Eustalli. Ilom. //. XII, 401. — 23 V. les ouvrages d'Ilcrmann et de Welcker, cilés plus haut; Alirens, Aeschyl. Fragrn. éd. Ilidol. ]<. 195, 206. 251.

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