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Grâces nues, auprès d'elles une femme velue, el, audessus de CCS ligures, l'inscriplion Ad sororcs IIIP : il est probable qu'on a voulu par là désigner celle femme comme une qualrième Grâce.
Les Charilesrépandenl la grâce sur les vers des poètes, sur la parole des orateurs, elles président à la danse, aux arts et en particulier à la musique. Aussi sont-elles très fréquemment associées aux Muses - ; elles font avec elles partie du cortège d'Apollon ^ Avec les Muses, elles sont invoquées par les poètes '*, qu'elles inspirent^ Pindare appelle la poésie « le jardin exquis des Cbariles'"'. » Un poète vante les vers d'Anacréon, « pleins du souffle des Charités et du souffle des Amours' ». Un autre poète dit (|ue les Charités, « cherchant un temple indestructible, trouvèrent l'âme d'Aristophane " ». Les philosophes eux-mêmes se mettent sous la protection des Charités : Platon recommandait souvent à Xénocrale, qui avait un caractère sombre, de sacrifiera ces déesses'' ; Speusippe, élève de Platon, plaça leurs images dans l'Académie'". Dans Martianus Capella", une des Charités vient baiser sur la bouche la Philologie et « communique la grâce à sa langue ». Les images des Charités, placées dans une des mains de la statue d'Apollon à Délos, tenaient des instruments de musique '-. Dans l'Odéon de Smyrne, on voyait une Charis peinte par Apelles'^ Elles chaulent sur le mont Ida, en compagnie d'Aphrodite et des Nymphes", ainsi qu'aux noces de Cadmus '■. Euphrosyne elThalia sont appelées par Pindare les amies des chants "'. C'est par ces déesses <■ à la voix séduisante '' », « au doux langage"», que la parole humaine charme et persuade : ce qui fait qu'on les unit â Hermès Logios" et à Peitho, la Persuasion ''" ; car « c'est surtout l'éloquence, dit Plularque, qui exige le don de plaire et de se faire aimer-' ». L'épitaphe métrique d'un comédien mort â Thespies est ainsi coni;ue : « Voyez ici la tombe du sage Eutychianos, qui, parle don des Muses, eut le langage des Charités ^^ ». Très souvent on nous les montre ex(''culant des danses, en se tenantparla main -^ ; des poètes lesappellenty opoTtcoi^^ yopÎTiBei;-^. AOrchomène, la fête nocturne des charitesia, célébrée en leur honneur, consistait surtout en danses".
■ Jordan, Arch. Zt'ituiiy, XXIX.p. 6.t et siiiv. ; Kimigliche Must'cn zti Berlin^ Jleschreib. (ter aniiken Skulpl. p. 360, u» Silo. — 2 llcsio.l. Th-og. 6i; Saijpho, fragm. LX. M. Bcrgk ; Theoprnis, 13; Emi|i. Ilelena. 13»; Ueic. 673, et ap. Plutarch. De millier, virt. prooem. ; Arislo|ih. Ar'cs, 78i; cl fragm. 314, p. 190, M. Dmclorf-nidol ; l'ial. Leges, III, p. 6SJ A ; Anth. Palat. VII. ii. 6; VU, 416, 2: VU, 417, 4; Vil, 410, 4; Vlll, li6. 3; Vlil, 127; VIII, I2S; VIII, 134, 3; IX, 1S7; X,52, 2; Brunck, Analecta, III, p. 26S , ii" .Ï60; Adian. De nat. anim. XII, 6; Quint. Sniyrn. IV, 140-141: Mari. II, 132; Diltcnbcrger, Inscr. graeeae Megaridis, Oropine, BocoUae, 1886; t\ inscr. tat. III, 4910. — 3 Hymn. hom, adApoll. Pyih. 16 (— 191). l'otir rtinloii «rApollon Miisapôtc avec les Charités, voir Trocop. Epist. XLIX. 1. — '• Sappho. frag. I.X et LXII, 6<i. liergk ; Tlieog. lï; Pind. Pi/lh. IX, 89. — s Piiid. Pylli.lK, 3; IX, Si ; Nem. IV, 7 ; X, 1 ; PM. Leges. m, p. 682A ; Theocril. XVI, 6; Anlh. Palal. Il, 36t; VII, 22. 6: IX, 187, 3; X. 32, 2; Brunck, Anal. III, p. 26S, n» 560; Propcrl. IV, I, 73; Kaibcl. /Cpigr. graec. ex lapid. conlecta^ 994, 6. — fi Otymp. IX. 37; cf. Pytk. VI, 2, — 7 Pseudo- Sinionid. Anlh. J'alnl. VII. 25, 3 (= Bcrgk, .Simonid. fragm. 181). — 8 Psoudo- Plal. ap. Olympiodor. Pltitonis vita. p. 2, ligne 29. éd. Westerniann ; cf. Vie anonyme de Platon, p. 7. lig. 8. même éti. : Vies d'.\ristop)iaue, dans les SchnHa gracca in Aristaplutneni de Diibner. p. xxix. n' 12, ligne 48, cl n" 15, ligne 23.
— y l'int. Coiijug. praee. 28, et Marina. II, 4; Diog. I.aor. IV.2, li : lùniap. Jainbliei i'i(«, diHiut. — lOUiog. Laer. IV, 1, I. — " II, 132. — '-' PluUrcli. De mi.sico, XIV. 4; voir plus loin, note 37, p. 1661. — 1^ Pausau. IX. 3H, G. — IV Cypria.ap, Allicn.
XV, p. 6SJ K. — 1^' Tlieog. 15-18. — IG Olyinp, XIV. 13 cl 15 (!>i^r,^!';ji')">.::t.;, t^açt'lLO/-
,^,;). n Theocr , XXVIII, 7 (^^ipi;.,»,.). — "* Aii/A. Pat. VII, 416. 2 {t,iiM~n).
— 1» Plut. De reclii nnil. rnlione, 13 ; Max. Tyr. XXV, I. — 20 llesiod. Op. et d. 73; lb;cus. fr.igm. 5, éd. Bergk ; Anili. l'ai. XII, 95, 2; Nymn. X, 13; Cornut. De nat, deor. 24; Plularcli. Conj. praecla, prooem.; Arlemid. finir. 11,37: Max. Tyr. I. c. Selon quelques-uns, Peillio est n)6nie une des Cliariles : voir notes 3-5, p. 1059. — 21 Plut. De recta and. rat. 13 ; couf. I.ucian. Le-ripli. 23 ; Procop. Epist. 49. Dans Chutdiou {Cnrm. minora, XXX, 881, les Gr;ices apprennent à [tarler à un cufant. — 22 Diltculierger, lns':r. graeeae ilegaridis, 1886. — 23 lloni. Odijss. XVIII,
Dans Pindare, elles accordent la gloire aux vainqueurs des jeux-"; Callimaqiie dit d'un chorège vainqueur qu'il est monté sur le char des Charités".
Amies de la société, elles ont leur place à toutes les fêtes, aussi bien dans l'Olympe -'' que parmi les mortels""; mais il Jaut que la décence y soit observée, car ce sont des vierges'" respectables", pures" et saintes ''*. Dans les festins, dit Horace ' ', la Grâce, craignant les querelles, défend de vider plus de trois coupes. Selon Panyasis", seule la première coupe leur appartient, ainsi qu'aux Heures et à Diony.sos; la seconde est à Aphrodite et de nouveau à Dionysos; mais, avec la troisième, arrivent la Violence et la Folie, qui apportent le malheur. Elles assistent aux mariages^'. Aux noces de Cadmus, elles vantent dans leurs chants l'union de la beauté et de la grâce : « Ce qui est beau, disent-elles, est aimable, ce qui n'est pas beau n'est pas aimable"" ». Elles dansent aux noces do Pelée et de Thétis". A Athènes, les jeunes gens, â leur entrée dans la vie civile, leur offrent un sacrifice, en même temps qu'à Héra et à .Vphrodite, en prévision de leur mariage prochain'". Dansl'épithalame de Stella et de Violantilla, Stace montre Vénus préparant le lit et le sacrihce nuptiaux, tandis que l'Amour et la Grâce ne cessent de répandre une pluie parfumée de fleurs sur le corps de neige de l'épouse désirée". La peinture connue sous le nom de Noces Aldobrandines présente, à gauche du groupe principal (comprenant la fiancée et Vénus), une jeune fille à demi vêtue, qui verse dans une coupe le contenu d'un flacon '- : il faut peutêtre y reconnaître une des Grâces, qui s'apprête à parfumer la fiancée. On les voit fréquemment sur des monuments romains représentant des mariages'^; elles y figurent comme des servantes de la mariée, assimilée ^Ile-même à Vénus. Sur un cratère du musée des Conservateurs, à Rome, elles sont présentes à la première entrevue de Paris et d'Hélène *'".
On jure souvent par elles : vt, tï; Xxp;-aç, --M twv XapÎTtov, uj ç.rAat Xiç'.-£; '"'.
Elles sont enfin considérées comme les déesses de la reconnaissance (/âpl;)•^ Aristote dit que, dans les villes,
194 ; Hym. hom. ad Apoll. Pyth. 16 (= 194): Hymn. hom. XXVII, 15; Anacr. fragm. 69. éd. Bcrgk : Arisloph. Thesmoph. 121 : Xcnopli. Conpir. VII. 5: Hymn. orph. XL1I1,8; ijuint. Smyrn. yo-sMcnitr. IV, 140: Hil\er. ilétanges de tilt. grecque, p. 452. vers 6 : îlor. Carm. I, 4,6; IV, 7. 5 : Martianus Cap.. Il, 132. — 2' Eurip. Phoen. 788. — 25 .N'ono. Dion. XXIV, 261 : XXXI, 205 ; XXXIV. 37 : XLI, 2i7.
— 26 Eust. In Odyss. XVUI, 194. — 27 Olymp. II, 50; IV. 10; VI, 76 ; Pylh. V, 60: jVem. V, 54; VI, 37; X, 38. — 28 Epigr. incerta, XI. p. 105, W. Schneider.
— 2'J Pind. (ilymp. MV, S : Apul. .Met. VI, 124. — 30 piud. .Vm. V, 54. — H Sencc. Dr benef. I, 3, 2. Nous avons dit que, selon Horacre el Hésiode, luuc d'elles épousa lléplwislos (notes 2, p. 1658, el 1, p. 1639). — 32 pind. fragm. 95. î, éd. Bergk: Eurip. Ilelena, 1341 (,t;v,«;). — ^ Alcae. fragm. 62. éd. Bergk ; Sappho, fr. 65. mime éd.; Hymn. orph. LX, 4, éd. Abel (i^vciO. — ''• Find. Olymp. XIV, 8 Iti-^tf,-.).
— 33 Carm. m, 19, 5. — 3". Ap. Allicnac. Il, p. Sj D; cf. Plut. Quaest. convie. I. .i I. 37 Euiipide les appelle irA^r-i: (Hippol. 1147). Ovid. .Vetam. VI, 429; Àrs umat. il, 464: Claudian. Carm. X, 202; Sid. A|>oll. Carm. XI, 113: llracoutius. ICpithalamium. 42, éd. llulin ; De Vil, Onomasiicon, t. r. Gralia ; cf. Plul. Coitj. praec. prooem. —38 Tlieognis. 15-18. — 39 ijuinl. Smyrn. IV. 140. llcsl probable qu'elles assislaienl au mariage de PéU'c el de Tbélis. sur le vase François, i col* d'Apollon cl d'Arlémis. Celle partie du vase e-t malheureusenient presque cnlièromcnl détruite (Wcizsncker, Ilhein. .Muséum. XXXll, 1877, p. 45; Robert, Comm. t'a Aon. .Vmnniseni, p. M I ; Pelerscii, Arch. epigr. ililtheit. ans Oetterreich. V, p. 51 1.
— 1) Etym. maguum p. 220, s. e. •^•^ry.,.. — " Siir. I, 2. 19 cl suiv. — « Bu-toU, .\dmirâiida Hnm. pi. 58; llcibig [-Toutain], J/iijcM darthéot. classiiiMede Home, u- 958 ; li.iuineislcr, DenkmàUr des klass. Attert. Il, p. 872. Bg. 946. — " Voir plus loin, note 4, p. 1667. — •' Ballet, delta commiss. comuaaie di Roma, VII (1S80), pi. vi-vni. — »= Eurip. Cyc/o;iî, 583; Arisloph. Xnb. 773; Plat. Theaelel.i: Plul. Quaest. Vil, 7, 4 : Lucian. Qnomodo hisl. conscrib. 26 ; Hermot. 36: Scytha. 9; Aler.ander, 4; Julian, Epist. hS, 3; Procop. Epist. 116. in fne: Aristaen. Epist. I, 3; 1, 11:1, 14: I, 19: I, 27; Themisl. Orat. I, p. 14; XXIIl , p. 348, *d. Dindorf; etc. — 'n Slrab. IX, 2, 40; Diod. Sic. V. 73; Cornut. De nat. deor. 15; Scuec. De benef. I, 3; cf. plus haul, note 27, p. 1(>Ï9.
GRA
GRA
on place le temple des Charités l)ien en vue, comme témoii^nagc de reconnaissance'. A Athènes, le culte du Démos, puis celui de la déesse Rome furent associés au culte des Chantes : c'était pour les Athéniens une manière de manifester leur gratitude pour les avantages qu'étaient censés leur procurer le gouvernement démocratique et, plus tard, la domination romaine. On plaçait dans ce temple les images des bienfaiteurs d'Athènes".
IV. Associalion des Charités à iVuulres divinitcs. — A Orchomène, le culte des Charités n'était lié à celui d'aucun autre dieu. Cependant, en général, il n'en était pas ainsi. Il est possible qu'en plusieurs lieux de la Grèce, les Charités, divinités primitives, aient dû partager leur culte avec des divinités plus récentes et appartenant à des tribus conquérantes. D'autre part, la grâce ne constitue pas l'essence des choses : c'est une qualité qui leur est donnée par surcroit. Enfin, le caractère individuel des Charités était si peu tranché, qu'au lieu d'en faire des personnalités indépendantes, il était naturel qu'on les rattachât à des êtres divins dont la physionomie était plus nette et qui avaient, pour ainsi dire, leur histoire mythologique. Les Charités sont donc d'ordinaire des divinités secondaires, au service d'autres divinités. Selon un hymne homérique ^ elles sont « les compagnes de lous les dieux ». Elles figurent sur l'autel des douze dieux, au Louvre'. On célèbre leur culte, on place leurs images à l'entrée de certains sanctuaires consacrés à de grandes divinités^.
En étudiant ces associations, il y a lieu de distinguer celles qui nous montrent les Charités comme des divinités de la nature, sur laquelle elles répandent leur charme, et celles où l'on doit reconnaître en elles des déesses mêlées à l'existence humaine et accordant aux mortels le don de plaire. Quand, par exemple, les femmes d'Élis' invoquaient Dionysos aux pieds de taureau et, avec lui, les Charités", il paraît certain que leurs vœux s'adressaient à des puissances présidant à la régénération de la nature au printemps. Quand, d'autre part, les Charités apparaissent chez les poètes en compagnie d'Apollon, d'Hermès Logios, d'Éros, elles représentent la grâce unie à l'art, à l'éloquence, à l'amour. Mais cette distinction n'est pas facile à faire ; souvent on doit constater l'association des Charités avec telle ou telle divinité, sanspou-
1 Elhica Nicomachea, V, 5, 7. — 2 Keil, dans le Philohgus, XXUI, p. 236- 238 ; Benndorf, Arch. Zcitung, XXVII (1809), p. 39 ; Jaliii, Entf. der Europa, p. 38, II. 1 ; Milclihôfer dans Gurlius, Die Stadtfjesc/ùchte voji Athen, p. nmu ; Ilaussoiillier, à l'article desios de ce Dictionnaire. M, p. 77; Homolle, Bull, de corr. helt. XV, 1891, p. 34^ et suiv. — 3 Jn Vnxerem^ 9o. — 4 Clarac, Musée de sculpture, pi. 17.1. Sur un camée conscrv»; à Saint-Ptf-tcrsbourg, on les voit audessous de trois déesses, Vénus Anadyonu'iie, Minerve et la Fortune : Kôhler, Gesamnielte Sckrifteii, V, pi. 2. — " Dans le pronaos de l'iléraion d'Argos /Pausanias, 11, 17, 3) ; devant la porte du tem(ile d'Alliéna f^olias à Krytlires (Pans. VII, 5, 0). De même, elles étaient adorées â l'entrée de r.\cropole d'Athènes (voir note 9, p. 1GG4). Cf. Axtli. Pal. VII, 733 (mention de deux jirélrosses des Charités, cl de Démêler « tîçô tïô^sw; »); Furlw'ânglcr, Athen. Mitîheil. des arch. Inst. 111, p. 187, n. 1 ; Pelerscn, Arch. cpigr. MxtthciL ans (testerreich, \^ p. 47. — C Plut, tjuaestiones gr. 36. Cf. peut-être : l"" une gomme où l'on voit un taureau s'élançant tête baissée ; sur son dos sont figurées sept étoiles (les Pléiades), entre ses cornes le groupe des Charités nues (Jahn, E»tf. der Europa, p. 36-40 ; Kùliler, Gesam. Schriflen, VI, pi. 3 ; Haunieister, Denkmàler,
I, p. 377, lig- -H3 ; 2" un fragment de Ijas-relicf publié par Jahn (Entf. p. 31 et 44, pi. IX, fig. G), où sont représentées les Charités nues et, auprès d'elles, un taureau.
— 1. N'oie IS, p. 1639. — «.Note 22, p. 1659.— 0 Noie 'i, p. 1638. — in Note 8, p. 1660.
— 11 P.aus. 11. 17, 3. — 12 VI, 24, 7. — 13 Hom. Odyss. XVIII, 194; Pind. J'yth. VI, 2 : Aristoph. Acharn. 989 ; Pax, 4.36 ; Bien, Idyll. 1, 91 ; Moschns,
II, 71 ; Anth. Palat. IX. 623, 1 ; IX, 625, 4 ; IX, 634 ; IX, 639, 1 ; licrgk, Poetae Itjrici graeci, III, p. 120^ au fragm. 93 de Sapplio ; Chr\sipp. ap. Senec. De benef. 1, 3, 9 ; Cornut. De nat. dcor. 24; Lucian. Deonim dinl. XX, 15 et 16; Alciphr. Epist. 1, 38 ; Julian. Episl. 58, 3 ; .'Sonn. /Jion. XXXI, JOl : Xl.l, 7 et 228 ;
voir l'expliquer d'une manière précise et certaine. Nous éuumérerons ici les dieux avec lesquels elles sont mises en rapport.
Comme nous l'avons vu", elles sont lilles de Zeus, et, àOlympie, Phidias les avait représentées sur le tn'mc de sa grande statue chryséléphantine. iXous avons dit aussi que plusieurs mythographes leur donnent Héra pour mère"; qu'Homère les place sous la dépendance de cette déesse'; que Polyclète les fit figurer sur la couronne de sa statue d'Héra, à Argos '". Au même lieu, dans le vestibule du temple d'Héra, on voyait d'antiques statues des Charités ".
<i Les Charités, dit Pausanias'-, appartiennent k Aphrodite, plus qu'à toute autre divinité », à Aphrodite, déesse du printemps et déesse de la beauté-. Aussi lui sont-elles très souvent associées ' '. Servius nomme Vénus la mère des Grâces'', Coluthus l'appelle leur reine '^ Elle dirige leurs danses au printemps"", elle tresse avec elles des couronnes de fleurs'''. Les Charités sont ses servantes" : elles la baignent, la parfument, la coiffent, lui font des vêtements ". Elles sont fréquemment aussi données pour compagnes à Éros -". A Élis, la statue de co dieu était placée sur la même base que les leurs-'. Un tal)k'au du peintre Néarque représentait Vénus entre les Grâces et les Amours--. Elles apparaissent sur quelques sarcophages romains, auprès d'Éros et de Psyché -^
On les trouve souvent aussi avec Apollon. Dans l'Olympe, « elles ont, dit Pindare ^'', leur trône placé auprès de celui d'Apollon Pytliien, â l'arc d'or. » Elles dansent, tandis qu'il joue de la cithare en présence des dieux ^^. Sur le vase François, il semble qu'elles aient figuré à côté du char d'Apollon et d'.\rtémis -". Des statues du dieu les tenaient sur une des mains''". Des bas-reliefs, qui appartiennent à l'époque hellénistique, mais qui reproduisent plus ou moins fidèlement un original archaïque, nous montrent Apollon Citharède, accompagné de Léto et d'Arlémis, et tendant à la Victoire une coupe que celte déesse remplit : sur plusieurs d'entre eux, on voit, auprès de la Victoire, un autel cylindrique autour duquel sont représentées trois femmes dansant : ce sont peut-être les Charités-'.
Dans un hymne homérique-'' .Nrtémis, se rendant à Delphes, est accompagnée des Muses et des Charités. En
Ouint. Smjrn. V, 72 ; Aristacn. Epis/. Il, 1; lierai. Cnnn. I, 30 ; III, il, 22; Claudiau. Cnnn. minora, XXV, S ; Fulgcnt. Mgtliol. Il, 4. Il u'esl pas impossible que les Charités figurent, à côté d'Aphrodite et d'Éros, sur des vases atliqucs et tarentins des y" et iv siècles (voir par exemple, Stephani, Die Vasensawmlung der A'ai's. Ermitage, II, p. 400, n° 1983; Ilcydcmann, Yasen&ammîungen des Museo yazioyiale zu Neapel, p. 710, n" 321). — n In Aeneid. I, 720. — i-^ Ilapt. Uelenae, 16 ; cf. Arislaeu. Epist. 1, 1 (tV ipx''''J'""'' ''"' Xaf!™-.). — i» Ilorat. Carm. 1, 4, 5.
— n Cypria, ap. Athen. XV, p. 682E. — i« Cypria. l. c. ; Nonn. Dionys. XXIV, 262 («niÎTi'/ioO ■. Mylhogr. du Vatican, I, 132, p. 42, éd. Bode {famulas Veneris).
— l'J Hom, //. V, 338 et OJyss. VIII, 30 4; Cypria. l. c: Hymn. hom. 61 ; .Nonu.
XXXIII, 4; Claudiao. X, luOetsv. —20 Kurip. IplLig. Aiid'rf. 5 19-330; .liiM. Palat. Vil, 416 ; IX, 616; IX, 623, I ; IX, 639, I ; Anacreonta. XLIl, 9-11. éd. Bergk ; Lucian. Deor. dial. XX, 15 cl 16; (Juint. Smyrn. V, 72; lierai. Carm. I, 30, '.i.
— 21 Pans. VI, 24, 7. — 22 plin. Hist. nat. XXXV, 141, éd. Janus. — 23 Jahn, Entf. der Europa, p. 33, n. 1, n" f/; Stephani, Compte rendu de la commission de .Saint- Pétersbourg, 1877, p. 162; Malv, et vou Uu\m, Aiitike Bildwerke in Itom, n" 2862.
— 2'. Olymp. XIV, 10. — 2J Hymn. hom. in Apoll. Pyth. S(= ISll). iNonnus (Dionys.
XXXIV, 38). les appelle Anjî-a'.i <I.o;6oio. — 2r. Voir note 39, p. 1061. — '' Pour celle de Délos, voir note 37, p. 1664. Selon une scolic de Pindare (O^j/ni/). XIV, 16), une stntuc d'Apollon â Delphes portait les Charités sur sa main droite. Cf. Macroh. I, 17, 1.1; Apollinis simulacra manu datera Oriltias gestant. — 2« Stephani, lier ausruhende Deraklcs, p. 230 ; Schreiber, Die hcllenist. Jteliefbilder, pi. xxxiv et xïxvi (cependant, dans ce dernier bas-relief, il se peut que ces fcnunes soient des iNvmphes, car elles paraissent élre aecomiiagnées d'un personnage qui. autant ipi'on peut le distingiier, est un Pan, compagnon ordinaire de ces divinités).