‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines, d'après les textes et les monuments (volume 5)Chapitre 95 sur 104 · XXVII · texte numérisé non relu

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Alliiiue, les (lliarilus sduI un rapport ùlroil avec le culto d'ArU'inis-lIécato, ou 'l'io^'^oocç, dijcsse lunaire dont l'acUon Ijionfaisanlc s'exerce sur les fruits et sur les semailles, appelée aussi ÈitnrupYiàîa, parce que son sanctuaire surmontait un bastion établi dans la partie su<loucst de l'Acropole '. KUes avaient un prêtre commun -. De nombreux monumenls, dérivés d'un original (ju'on attribuait au sculpteur Alcaméncs, représentent cette Artémis-llécate sous la forme d'une divinité à triple corps, ou tout au moins à triple visage ; sur plusieurs, f|ui allectent d'ordinaire la forme d'hermès, la partie inl'érieuru est occu[)éc par trois jeunes femmes, vêtues d'un long cliiton cl d'un manteau, coiffées d'un calatlios élevé, se tenant par la main et s'avançanl vers la droite en dansant'. Ce sont peut-être les Charités, représentées ici comme associées et subordonnées à Hécate. Mais on peut supposer, d'autre part, que ces femmes sont, sur ces monuments, une seconde image de la triple Hécate, qu'un poète grec anonyme invoque en ces termes : « Toi qui exécutes des danses sous la triple forme des trois Charités'"! » Le calathos qu'elles portent sur la tête semble mieux convenir à Hécate qu'aux Charités, divinités secondaires; en outre, sur d'autres monuments à peu près seml)lables à ceux que nous venons de décrire, ces trois femmes sont assez clairement caractérisés comme une triple représentation d'Hécate, soit par un flambeau que lient l'une d'entre elles, soit par un chien (animal consacré à Hécate), qui les accompagne ' [iiecaïe].

Quelques statues nous offrent l'image d'une femme debout, portant une grosse couronne et un collier, vêtue d'un chilon, d'un grand voile qui couvre le dessus de la tête et le derrière du coips, cnlin d'une longue pièce d'étoffe placée sur la poitrine. Cette pièce est divisée horizontalement en plusieurs registres, où l'on voit les bustes d'IIélios et de Séléné, des Amours, une femme nue tenant un voile au-dessus de sa tête, une femme demi-nue sur un animal marin, enlin le groupe des trois Charités, nues, tenant des Heurs, des épis ou des fruits, et flanquées de deux cornes d'abondance remplies de fleurs et d'épis. Ces statues représentent soit une divinité de la nature, soit une prêtresse de celte divinité, laquelle devait être d'origine asiatique et apparentée à l'Artémis d'Éphèse''.

On peut de même, ainsi que nous l'avons montré", considérer l'union des Charités et de Dionysos comme un symbole du charme qui se répand sur la nature au printemps, avec la renaissance de la végétation. Comme à Élis, nous trouvons ces divinités adorées ensemble ù

1 l'aus. Il, 311, 2. —2 Corp. iiisft: ail. 111, I , iG8 : ;tpi.u; Xapi'ieiv »«\ ■Aott|iiSo; l-.:7sj^-i:liUAi. — '■' Pclcrsen, Arch. epii/r. .MilUied. awi Oesterreich, V, p. 26 cl IV, pi. IV ;f Miiller-Wicseler, Denkmnlfr dcr otien Kmist, II, pi. l.xxi, n" 800. — '* Miller, Mélant/es de littérature {/recque, p. 452, vers 6, — -J Pelerspn, t. c. p. 33 et sv. i Arch. Zeituiifj, XV (1857), pi. 99; I.ebas-Kcinach, Monuments fîijurès, pi. 112, 3; Slepliixni, Dtr aHsru/iende Herakles, pi. v, 4-6. Uu groupe jadis piiblii> par BoissarrI {reproiiuit par Glarac, Musée de scutpt. pi. 032 K, u» 1427 !î) représente les Charités vt^luos, adossées à une colonne, dans la mi^me allitude que les images do la tripler Hécate; sur la hase aurait été gravée l'inscription Taï; \«jiffi AtôvTit,;. Mais le j^'roupe et rinsrription ne sont sans doute pas aullientiqucs (Kaibcl, Inscr. graecae Sicil. et Itat. n" 120 des inscriptions fausses). On ne saurait non plus inférer d'une épigrainme de l'.\utlioIoj;ie i VI, 342) qu'il y avait à. Cyzique un groupe des Charités, présentant le type d'un llécaleion, car le sens de cette épigraunne, ilont le le\te est altéré, est 1res douteux (voir Jahn, fSntf. der Kuropa, p. 37. n. 9). — G Jahn, Kntf. dcr Europa. p. 41-12 et pi. vr; Dutschkc, Aniike Bildncrke in Oherilalien, V, n' 920. — ^ Note 6, p. IC62. —8 |>aus. V, 14, JO; Scol. Pind. Olynip. V, S (= 10); I''rafjt». fiistor. graec. de Millier, II. p. 36, n« 29. — 'J Pind. Olijmp. XUI, 19. — >o Voir noies 21, 23, p. I6S9. a-ins Apollonius de Rhodes (^l;*;/o;). IV, 425), les Charités font uu péplos à Dionysos. — H Voirnoto36, p. Uiôl, Conf. Julian. K/iist. -Vli, 3 ; Urunck, Anatecta ret. poet. firarcorutn, 11, p. 289, n" 2. — I- Anacreonta, IV, 1 éd. liergk. — 1^ Sinionid. fragni. 150, éd, Bcrgk;

Olympie, où illes ont un autel commun", et àCorinthe'\ Quelques texti-s donnent Dionysos pour père aux Charités '". Parfois, c'est spécialement au dieu du vin qu'elles sont associées ". Dans une poésie mise sous le nom d'Anacréon, celui-ci demande f[u'on grave sur sa coupe les (Charités souriantes, à l'ombre d'une belle vigne'-, lilles sont 1res souvent mentionnées ou représentées avec Hermès '^ 11 faut distinguera ce sujet [)lusieurs aspects du dieu. ,\vec Hermès Logios, elles personiiilient, comme on l'a vu '', la grâce unie à l'éloquence. Mais lorsqu'un bas-relief archaïque de l'Acropole (fig. 3630) nous les montre s'avançanl en exécutant une danse et précédées d'Hermès, celui-ci esl alors considéré comme conducteur et chef du chojur, ■/yviç-i'i:, ' ', de même que sur des monuments d'une compositiim analogue où il apparaît avec des Nymphes"'. En Atlique, Hermès faisait d'ailleurs partie du collège divin que formaient Hécate et les Charités '' : on les invoquait ensemble '", on les adorait à l'entrée de l'Acropole ", on leur offrait une victime commune aux Éleusinies™. H y avait des statues des Charités devant le temple d'Alliéna Polias à Érythres*'. A Cyziquc, le pronaos du sanctuaire d'Athéna contenait peut-être des statues de ces divinités--. A Coronée, leurs images avaient été placées, du temps de Pausanias, dans le temple d'Athéna llonia (!t de Zeus". .Klius Aristide dit que les Charités sont à la disposition d'Athéna-'. Un bas-relief d'époque romaine, conservé au musée du Vatican, nous montre Asklépios, auquel Hermès présente un homme agenouillé; auprès de lui se voient les Charités nues, qui personnifient ici, soit la reconnaissance due au dieu (jui guérit les malades, soit la joie vivifiante qui accompagne le retour à la santé-'. « Avec loi, bienheureuse Hygie, dit le poète Ariphron de Sicyone, tout fleurit et le printemps des Charités resplendit -''. >> Nous avons vu qu'Homère et, après lui, d'autres poètes ont fait d'une des Charités la femme d'Héphaistos-' : c'est, selon Cornutus^', parce que les œuvres d'art sont agréables. A Sparte, les Dioscureset les Charités avaient un temple commun".

V. lù'pariition géographique ilu culte des Charités. — Le culte des Charités en Grèce remonte à une époque très reculée '". Le plus célèbre et le plus antique de leurs sanctuaires se trouvait en Béotie, à Orchomène, contre le fleuve Céphise. « Elles sont, dit Pindare^', les reines de la brillante Orchomène, les patronnes des antiques Minyens. » Leur culte passait pour avoir été institué par le héros Étéocle '- ; on les adorait sous la forme de pierres

Arislopl). Pgj, i56 : Cornut. De nat. deor. 24; Sonec. Ite tn'nrf. I, 3. 7 : cf. Kenndorf, Arch. Zeilumj. XXVU (1869), p. 58. — H .Note 19, p. 1061. — '■' Cf. Coruulus, t. c. 15 : *,YEit^>« îiajaSiSoaçîv aj-.'>v (t^v X.)t^v 'Epj*^v. Pour le bas-n;licf de r.\cropole, voir noie 11, -p. 1665. llermés esl aussi associé aux Charilcs sur les bas-rviiefs de Tliasos (note 6, p. 1665). — 16 Voir note 15, p. 1660. — *" Robert. Contm. in hon. .Mornmseni. p. 147; Lccliat, Bultetinde coït, hellên. XIII. p. 143. — '« Prière prononcée par un héraut dans les Thesmophories d'.\rislopliane (vers 299). et adrcss^^e à divers dieux, entre autres « t?, Ko-jsotçôsi» (sans doute Hécate), tî. r>. raX za 'Ej;^*, »«; T»t; XàjiTiv. » — 19 Paus. I, 22, 8 (cf. noie 1, p. 1663). — 2» Sur une inscription d'ËIeusis {C. inscr. attic. I, 5). on doit peut-êlrc lire (Rolicrt, /. c. p. 117) : . I 'E«dTlj, Ep;.r. Evo.Y»-."'':'. Xàfiiriv «;-« .. — 2' Paus. VII, 5, 9. — K Anlh. Palal. VI, 342 (inlerpn-talion douteuse). — S3 Paus. I\, 34, I. — S'- Oral. II. p. 21, M. Ilindorf. — 2.'» Visconti, Mu.Keo Pio-Cii^ment. IV, pi. xui : Mdlin. Gnlerie mytkoî. pi. xxliu, 106; Jahn, Eulf. der Kinvpa. p. 3910; Gazelle des beaux-arts, 2' période. VU (1873). p. 131. — «* Ap. Alhen. XV, p. 702B = Bergk, Portât lyrici graeci, III, p. 597; conf. Kaibel, Epigr. graeca. 1027. — S" Notes 2 c^ 7, p. 1658.

— ix De nat. deor. 15; cf. Anlh. Pnlal. VI, 61 : KaiM. Fpigr. ijraecti. nnle à l'épigr. 269. — 29 Paus. III, 14. 6. — *• Hérodote (11. 50) remarque que les Charités sont des divinités purement grecques, qui ne se retrouTcnt pas en Egypte, pays d'où, connue on sait, il fait venir la plupart des dieux de la l'irèce. — •''l Olymp. XIV, 2.

— 3S Paus. IX, 35, 1 ; Tlieocrit. XVI, 104, et scol. ; Slrab. IX, 2, 40,

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qui étaient tombées du ciel, au dire des habilauts, et qu'Éléocle avaient recueillies : ce fut seulement au temps de Pausanias que des images faites avec art leur furent consacrées en ce lieu '. Des fêtes appelées CUARITESIA étaient célébrées en leur honneur - : des concours divers, poésie épique, tragédie, comédie, Qûte et cithare avec chant, y attiraient des concurrents de toutes les parties de la Grèce, de TAsie Mineure et même de la Grande-Grèce ^ On y exécutait des danses nocturnes, à la suite desquelles des gâteaux de farine et de miel (appelés /aptata) et des pâtisseries étaient distribués aux assistants'. Une inscription de ce lieu, du m" siècle av. J.-C, rappelle la dédicace d'un trépied aux Charités par la confédération Béotienne, d'après l'ordre de l'oracle d'Apollon-'. Nous retrouvons aussi à Coronée, en Béolie, le culte des Charités avec celui d'Atbéna Itonia\

Les Charités étaient très vénérées à Athènes'. Dans le serment que prêtaient, au temple d'Aglaure, les jeunes gens qui entraient dans le collège des éphèbes, leurs noms étaient invoqués en même temps que ceux d'autres divinités : Aglaure, Ényalos, Ares, Zeus, Hégémoné*. Elles avaient deux sanctuaires dans la ville. L'un d'eux se trouvait près de l'entrée de l'Acropole'. On y célébrait des mystères '", et ce culte était, comme nous l'avons déjà fait observer", lié à celui d'.\rtémis- Hécate et d'Hermès, que l'on adorait au même lieu. Plusieurs bas-reliefs du vr et du v' siècles, représentant les Charités et trouvés sur l'Acropole, semblent avoir été des ex-voto placés dans ce sanctuaire'-. Dans la ville même, à peu de distance du Théseion, il y avait un temple de Démos et des Charités qui remontait au moins au IV'' siècle '^ Un fragment de bas-relief, trouvé à Athènes, représente probablement ce temple : dans le fond se dresse une stèle avec l'inscription Ay,[[xi.i x>.iXï.piciv],et, sur cette stèle, une plaque votive où ligurent les trois Charités, savançant à gauche". Sur une des faces d'un jeton de plomb attique, on voit la tète du Démos, sur l'autre, les trois Charités et, au-dessous, la légende de Aï,[A(o'7tov)''. A Eleusis, le sacrilice solennel, offert le 21 du mois de boédromion, consistait en un taureau, un bélier et un verrat à Jacchos et aux Grandes Déesses, une chèvre ùTriptolème, une chèvre à Hécale'^ à Hermès Énagonios et aux Cliariles ".

Nous constatons encore le culte des Charités à Corinlhe (où il est associé à celui de Dionysos)", à Argos (avec celui d'Héra)'', à Hermione, en Argolide'", à Ëlis

1 Paus, IX, 38, 1. — 2 UiUeiiberger, /user, ijraecae Mi'ijaridis, n" 3193, 3196, 3197; cf. Reiscli, Dr 7nusici.! Graecorum curtamini/ms, \>. 109-120. EusUtlie {Odtjss. XVlll, 194) appelle ces fôtcs XKf.Vi». — 3 DiUciihergcr, l. c. — '• liustat. l. c; conf. l'iild. Pi/lli. XII, 20-27. - ■' UiUoiiboi'ger,n" 3207. Sur le culle dos Cliariles à Orclioraéne. voir encore : Eplior, fragm. OH, dans les Fragm. histor. grâce. de Miillcr, 1, p, 2.ï'i (cf. noie iS, p. iOôO); lîupllorinn, fr. 00, dans Mcineko, Annlrcdl Alcxandriim. p. 109 ; Aiilli. Palal. IX, 038, 1 ; XII, 181,2; Nomi, Dinnys. XIII, 91; XVI, 131 ; XXIV, 201 ; XXXI, 209; XXXIV, 37; XI.I, 227; Scol. ad f'ind. Oly?njj. \\V ; Scrv. Jn Aeii . I, 720 ; cf. 0. Miillcr, Orchomenos und die Mynier, 2' éd. p. 172 et s. l'oiir rcniplacenuMiL du temple, Uliichs, lirisfn und h'orschnngen in Griechfnland, p. 178 el suiv, ; liiirsian. Géographie von GriecUenland, I, p. 210. — 0 Voir note 23, p. 1003. — 7 l'our les noms (pielles y dorlaiciit, voir notes 9, p. 1659, et 10, p. lOGO. — 8 PoIIux, VIII, p. 100; voir Dumonl, lissai sur l'éphébie attique, p. 9; Robert, De Gratiis alt:cis, p. 1 16. — 3 l'aus. IX, 33, 3 : « irpi x*;; l; tV.v à/joitoV.iv Im^'n .\«ju£; t'.Tt ". On a supposé (pic ce sanctuaire se trouvait, comme celui d'Arlérnis-IIécale (voir noie I, p, 1003) sur l'emplacement occupé pins tard par l'aile nit'Titiianalc des Propylées de Mnésiclés, et qu'après la construction de ces Propylées le culte des (Charités fut célébré â l'intérieur niûuie de l'aile en question (FurI wîingler, At/ien, Miltheit. des Instituts. III, p. 187.) Mais cette aile était un pass.iïe très fré' quenlé, ce qui ne convenait nullement à un culte à inystér'es. Il est i)lus vraisemblable que le sanctuaire des Cbaritcs était dans la partie orientale du bastion (rùo-,",;), nu sud des Propylées et à l'est du teuqilc d'AtIiéna->'ikè ; voir iVIilcbliofer, dans

(avec Éros et Dionysos)^', à Olympie (avec Dionysos)", près de Mégalopolis en Arcadie -', à Sparte (avec les Dioscures)-'. Dans ce dernier lieu, près du fleuve Tiasa, il y avait un temple, dont on attribuait la fondation au héros légendaire Lacedaemon, et qui était consacré aux deux déesses Kléta et Phaenna: on a vu plus haut qu'elles sont assimilées dans Pausanias aux Charités-". A Paros, Minos, selon une légende qui nous est conservée dans la Bibliothèque d'ApoUodore.-", sacrifiait aux Charités, lorsqu'il reçut la nouvelle de la mort de son fils Androgéos : il rejeta alors la couronne qu'il portait sur sa tête et fit taire la flûte, mais il n'en accomplit pas moins le sacrifice. C'était ainsi qu'on expliquait la coutume (jui s'était conservée à Paros de sacrifier aux Charités sans firite, ni couronne. Cette association du culte de nos déesses au souvenir de Minosprouve du moins la haute antiquité de leur culte dans l'ile-'. A Naxos, à. Délos, à Thasos, colonie de Paros, on adorait aussi les Charités : à ïhasos, contrairement à ce qui se passait en Attique aux Itleusinies, il était défendu, d'après une inscription du début du V siècle, de leur sacrifier des chèvres et des porcs ^*. On trouve encore les Charités à Cyzique (avec Athéna)" et à Érythres en lonie (avec Athéna Polias)^". Hérodote dit que, près de la Grande Syrte, coule le fieuve Cinyps, qui prend sa source au lieu appelé colline des Charités ; cette colline est couverte de forêts, tandis que tout le pays environnant est sans arbres ^'. Peut-être le culte des Charités avait-il été porté en Cyrénaïque par les Minyens, dont elles étaient les principales divinités à Orchomène. VI. Itepvcscntallons figurées des Charités. — A Orchomène, les Charités étaient simplement représentées, jusqu'à l'époque romaine, par des pierres, peut-être par des aôrolithes^-. A Élis, c'étaient des statues de bois, dont le visage, les pieds et les mains étaient en marbre et les vêtements dorés; chacune d'elle tenait en main un attribut : une rose, un dé et une branche de myrte ^^ A Argos, les statues qui décoraient le vestibule du temple d'Héra appartenaient à une époque ancienne^'. On attribuait à Boupalos de Chios (^milieu du vi" siècle environ) des Charités qui étaient placées dans le temple de Némésis, à Sinyrne^', et d'autres images de ces mêmes déesses, conservées dans la collection d'Attale, à Pergame ^''. Vers le même temps, Tektaios et Angélion, élèves des Cretois Dipoinos et Skyllis, les placèrent sur la main de la statue d'Apollon qu'ils firent pour le temple de Délos^' : on a sur des monnaies el sur une gemme

Rauuieister, Ven/cindler, I, p. 203, et Lolling dans 1. iMiiUer, Uandbucli der ktass Attertliumswiss. III, p. 342; cf. aussi plus loin, note 4, p, 1000. — 10 Paus. t. c.

— Il Notes 2 et 17, p. 1663. — '2 Voir notes II, 13, p. lOO.ï, et 0, p. 1660. Le fragment principal du bas-relief (fig. 3(i.'i0) a été trouvé prés des Pi-opylées et do la terrasse de la Victoire Aptère. — 13 Homolle, Ch//. decorr. Iielléni(jue, XV, lS9l,p. 344; eouf. plus haut, note 2, p. 1002. — !'• l'urtvvaugler, Allien. Mitlheit. III, p. 192 ; Ilaussoullier, à l'article iirmos de ce Dictionnaire, p. 77, n. 13. — Ij llaussoullier, (. c. p. 81, fig. 2308. — 1» Ce nom n'est p;is certain : voir note 20, p. 1063. — H Corp. in.fcr. attic. I, 5. Voir plus haut, note 14, p. 1000. pour le culte des Charités, dans la grottede Vari. en Attique. — 18 Voir noie 9, p. 1603. — "Note 11, p. 1062.— 20 Paus. 11,34, 10. — 21 Notes 6 et 21, p. 1662. — '^^ Note 8, p. 1063. — 2;l Paus. VIII, 34, 3.

— 2'» Note 29, p. 160.1.— 2ô Note 7, p. 1659. Conf. Polémon, fragm. SO, dans les Frng. Iditor. grâce, de Miillcr, III, p. 142. — 26 111, 13, 7. — 27 Une inscription, trouvée jadis dans les Cyclades et datant dm" siècle tle notre ère, fait eonuiiître un prêtre à vie des Charités (C. inscr. (jracc. 2323). — 28 Miller, lleruc archéul. 1803, II. p. 413 ; Raycl, Monumenls de l'art antique, notice aux pi. xs cl x«i. Pour Naiios et Délos, voir Bull, rft'Con-.Aei;. l.l8-7,p.8S,n''38etVI, 18S2,p.29,§5.— 2n'oirnote22,p.l663.— SOlVotc 21. p. 1003. — 31 IV, Itb.Cf. Callini. fragm. 200, éd. Schneider (= Scol. Pind. I gtli.\, 2-1) ; Nonn. Dion. XIII, 341. — 32 Voir note 1, p. 1604. — 3:i l'aus. VI, 21. 0. — 31 jd. II, 17, 3('/.-(o.>.n!<T«àp/.«r«).— 3;id. IX, 35,5. — 30 1d. /Wrf. ; cf. CoUignou, llisl.dcla sculpture grecque, I, p. 142. — 37 Id. IX, 35, 3 (cf. II, 32, 5( ; Plut. Dr ninsica. XIV, 4 (il dit que les Charités étaient sur la main gauche du dieu). Cf. Collignon, /. c. p. 224-325.

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des reproductions de celle œuvre, reproductions libres dans lesciuolles les Ciiaritcs sont d'ailleurs peu dislinclos'. Un voyait à Ërythres des slalucs des Charités en marbre blanc, œuvre d'Endoios '. A l'époque archaïque, les Charités élaiont toujours représentées vêtues : l'ausanias ralTirine^ cl les monuments qui nous restent le prouvent. En général, il est pourtant difficile d'identilier avec certitude les Charités, car elles ne se distinguent guère des divinités r|ui leur sont apparentées, Nymphes, Heures ou Muses ''. Ainsi, elles sont peut-être hgurées sur un cerlain nombre de vases à figures noires, (ui compagnie d'autres dieux, en particulier d'Apollon, avec des rameaux, des crotales, des Heurs dans les mains ', mais en l'absence d'inscriptions, rien ne prouve que ce soient véritablement elles. Sur les bas-reiiel's ((ue Miller a découverts à Thasos et qui sont aujourd'hui au Louvre ^ étaient représentées lesChariles et les Nymphes, comme le prouvent les inscriptions qui s'y lisent. On s'accorde il reconnaître des Nymphes dans les trois femmes qui se voient sur la plaque principale, vis-à-vis d'Apollon (Apollon Nymphégète, dit une des deux inscriptions], dieu dont elles sont séparées par une sorte de porte. Quant aux Charités, plusieurs savants croient qu'elles devaient suivre Hermès (Hermès yoo-r^yôq). Or ce dieu, tourné à gauche, apparaît sur une deuxième plaque plus petite, et, derrière lui, une femme, tenant une guirlande ou un bandeau, se dirige du même côté : ce serait précisément une des Charités; les deux autres auraient été représentées sur une plaque non retrouvée qui aurait fait suite à celle-Ui\ Mais il est plus vraisemblable de reconnaître les Charités dans trois femmes, tournées à droite, que nous montre une troisième plaque, de mêmes dimensions que la deuxième, et qui devait lui faire pendant : les Charités auraient ainsi fait vis-à-vis à Hermès, de manière à former un motif d'ensemble, symétrique à celui de la plaque la plus longue, où les Nymphes se trouvent en face d'Apollon*. Ces femmes, dans lesquelles nous voyons les Charités, s'avancent lentement; elles portent des vêtements diflerents, double chilon de lin et long manteau, chiton etchitonisque disposé en travers delà poitrine, chiton linement plissé et manteau; elles avaient sur la tète une couronne, dont il ne reste que les clous en bronze qui la maintenaient. Dans leurs mains elles tiennent, l'une un objet rond qui peut être un fruit, la seconde une guirlande, la troisième une guirlande ctprobablement un fruit. Ces bas-reliefs de Thasos sont du commencement du v' siècle environ^.

Toute une série de bas-reliefs attiques, dont nous possédons les originaux ou des copies, nous montre les Charités s'avançanl vers la gauche d'un pas dansant, en se tenant par les mains, " àXXi-Xtfiv ir.': xxç:ti.) y £!ûoti;'s/oj7a'. », selon l'expression que l'on trouve dans l'hymne homérique à Apollon Pythien '". Le plus ancien qui soit actuellement

• H<'ulf, Mwiiitiu's f/',-l//t<^NC.9, 1». 301; SLt^phani, Compta rendu, ISOtj, (>. GO; l-'inl«aiigUT, Areh. Zniluiig, XL (188S), p. 331 ; CoUignon. /. c. ; Millin, Gnleiie imjth. pi. xxsiii, 474. — 2 l'aus. VU, 5, 3. — 3 IX, 3"., 6 et 7. — 4 Voir noie I, p. KiGO. — E» Par oxcniple Gerhard, Auserlesi'iic Vasenbihler, pi. xxxiii el xxxiv ; rouf, l'elcrsoii. Arcli. e/iii/r. MiUfieil. <mç Oesterreich^ V. p. ."il. Tour le vase l'ranrois, voir noie 3'->. p. tG61. — G Rajel, Monuments Je l'art anthfue^ pi. xx-xxi ; llriinu et itruckniaitii, Denkmfller griech. und rûm. Sculplitt', pi. Gl ; Colligiioii, /. c. p. 277. — ~* Rajct, /. c. ; CoUignoi), /. c. — si Robert, Contm. in hon. AJommsenij p. 147; Kiirlwîingier, Hoscher's Lexikoii, p. 880. Ouaitl à la femme plact'e derrière lleriiii^s. elle fait pendant à celle qui, placiV tlerriert* .\pollon, le ronronne. 11 est ililliclle de ridentilier: M. Robert (/. e.) a pensif à Ht^cale, oe ipii esl (n'u Mai^-i inblal'le. — '-' .Sur le niuninnonl des llarpxes de Xanthos en

i:onnu a étt; trouvé sur l'Acropole en 1889 (fig. 3650)". 11 représente Hermès jouant du chalumeau; par derrière

Pij,'. .^0. 36 — Hermès conduisant les Charités.

lui, les truis déesses, (|ui iiioutrent leur ]joilrine et leur visage de face ; enfin un adolescent nu, que la troisième des Charités lient par la main : il esl de taille plus petite que les quatre autres personnages et parait être le dédicant. Les Charités portent une Stéphane, un long chiton, et, par-dessus, un vêlement plus court, linement plissé. La première, qui, seule, a une des mains libres, lient un fruit. Ce monument votif, qui parait dater de la fin du vi" siècle, est d'un art encore grossier : les corps sonl trapus, les visages carrés, les yeux ronds et saillants, l'ensemble 1res lourd. Au Pirée a été découvert un fragment en marbre pentélique, aujourd'hui au musée de Berlin'- : on y voit la tète et le haut du corps de deux Charités, se présentant de face : elles portent aussi une Stéphane el sont vêtues, l'une d'un fin chiton, l'autre d'un chiton et d'un manteau. Pour le style, ce fragment occupe une place intermédiaire entre le précédent et ceux dont nous allons parler. Plusieurs bas-reliefs et fragments de bas-reliefs, dont deux ont été trouvés sur l'Acropole et un autre sur la pente méridionale de cette colline, et dont le meilleur exemplaire est conservé au Vatican (musée Chiaramonti), se rattachent à un même original (lig. 3G.")1) ". Les trois Charités s'avancent solennellement d'un pas cadencé, la première se présentant de trois quarts et la seconde presque de face. Les deux premières portent un péplos dorien en laine, dont la partie supérieure esl rabattue ; la troisième, un chilon ionien en lin et un lourd manteau. Cette ditïérence de costume, ([Ui marque une époque de transition entre la mode du chiton ionien et du péplos dorien à Athènes, l'absence de ces longues boucles tombant sur les épaules que nous

l.u'ie. une femme assise reçoit les hommages de trois jeunes tilles, dont l'une lient un pavot et une Heur, et uue autre un œuf (Colliguon, /. r. p. 2Gi, fîg. 129). iln a pensé que ce sont peut-iitre les Charités iBrauu, Annnli dflV /nstit, XVI. p. 142; l'ctersen. /. c. p. 5I-I>2). Mais il est plus probable qu'il faut y voir de simples mortelles, offrant leurs hommages à uue diîfunle hfroîst^e. — *o Vers 18 = ISIG). - Il Léchai. BiJlel. de conesp. helli'n'i/ue. Xlll, p. «GT-tTG el pi. iiv. — 12 Ittsclircib. der antilien Skulpturen, n" 68^. — i-l llelbig -Toulain . Mnsres de Home, I, p. 47, n» 83. avec la bibliographie îles principales iHudes sonl celles de iicnndorf, Arth. Zeitiing^ XXVII. p. 53 et suiv. el de l'urlwiingler. At. JdUtheil. 111, p. 181 et suiv.). RoprOiluctious du bas-relief Chiaraïuonli àan^l'Areh, Zeitung, XXVU. pi. îi, fig. 1; dans Raumeisler, Denhnûter, 1, p. 373. fig. 411; dans le /.ejiA-oii de Uosclicr, I, p. 882.

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montrent tant d'œuvres de l'art altique primitif, le bonnet qui coiffe deux des Charités, l'aisance avec laquelle

Fig. 30S1.— Les Charités.

sont traités les plis des vêlements et en même temps la raideur des attitudes, toutes ces parlicularilês nous reportent vers la lin de la période archaïque ou le début de la période de l'art lil)re : vers 470 '. On voit, sur un cratère en marbre du musée des Conservateurs (fig. 36a2j,

Les Charités.

à Rome, représentant l'entrevue de Paris et d'Hélène -, et sur l'autel des douze dieux du Louvre-', des images des Charités très apparentées entre elles : c(> sont des copies d'œuvres attiques, de la lin di' la péiindi' archaïque;

1 Fm-lniiDgler. j/i'is/fcuitfrfa, p. 33 et p. 37, n. 3 (cf. Ailien. Miltlwil. III, p. 183).

— 2 llelbig r-Toutaili], I, n» 582 ; Hull'tl. ilella commiss. comimnle <li Itoma, VIII, pi. vi-viii; llauscr, Lie neu-ullisc/ien lliHiefs, p. 114. — '1 Frfihner, Notice de la scul/jt.antiijue, n" I •,\'ricdcr'ic.\i^-\\ oUor^^JHe Gypsaligiisse initiker /iildieerK-e,u° iî2 ; Clarac, Musée de sculpture, pi. 173 ; Bainneister, Lleiiliumler, III, p. 21311, lig. 2394.

— 4 Pausaii., I, 22, 8; IX, 3,1, 7; Sool. ail Aristoph. Nub. lTi\ Diog. I.aert. Il, 5. 19 {conL l''rag. histor. graec. ilc Millier, II, p. 187, n' 78) ; Suid. s. v. EuxpùTii;. Le scoIia.ste d'Arislopiiane nous apprend nue c Y-lait un bas-relief (Y^uçETffat «t XiçiTïq) et les doutes exprimés à ee siiji-t par Ciiideehens {Enej/klojjddie d'Erscli et Gruber, I. XVIII, p. 4311 et par liliinincr (AreA. Xeilung, XXVIII, 1870, p. 83) ne nous paraissent pas fondés, 'l'ous les ailleurs cités aflirmcnt que c'était l'd'uvre du philosophe Socrale, fds de Sophroniscos. l'Iine {Hist. nnt. XXXVI, 32) dit (pi'il faut distinguer le Socrate qui fil ces Chariles d'un autre Socrate, peintre, mais cela ne permet pas, croyons-nous, de conclure, par un argument ex sikntio, que Pline ne reconnaissait pas Socralo le philosophe comme l'auteur <le celle œuvre; nous ne pensons pas non plus qu'il y ait lieu de corriger ce texte de l'Iine (comme le veut IJssiug, Oriec/i, Iteisen und i)Uidieii,\i. 13j, noie), l'ontriitdicaliou du lieu où si' trouvait ce bas-ielief deSocrale,

elles montrent le raffinement, la grâce précieuse qui semble avoir caractérisé l'école de Calamis. Les déesses, coifTées à l'ancienne mode, avec de longues boucles tombant sur les épaules, couronnées de diadèmes, vêtues d'une fine tunique sans manches ou à manches courtes et d'un péplos rabattu dans sa partie supérieure, chaussées de sandales, s'avancent vers la gauche, comme dans les bas-reliefs précédents, d'un pas léger et en se donnant la main. Sur le cratère, la première tient une Heur dans sa main droite restée lil)re.

Le phi losophe Socrate, qui avai t é tudié la sculj) Lure dans sa jeunesse, était l'auteur d'un bas- relief représentant les trois Charités vêtues, que l'on voyait exposé à l'entrée de l'Acropole, sans doute dans le sanctuaire que les déesses avaient en ce lieu '. Cette œuvre était célèbre. Des drachmes et des létradrachmes attiques, postérieurs à Alexandre, et portant le nom de l'inspecteur monétaire Socrate, offrent l'image des trois Charités vêtues, se dirigeant ii gauche, en se donnant la main '. Ce sont sans doute des reproductions de l'ieuvre du grand Socrate, dont cet inspecteur était fier d'être l'homonyme. Sur un fragment de bas-relief de l'Acropole, on voit la tête de Socrate et, à, gauche d'elle, le reste d'un fronton f|u'accompagne ce fragment d'inscription... 12| TOI--- Il ... PATOPOZ- M. Robert le complète ainsi : |Taïç /ïp]t(7t ~b [7.£T0Mj.7. aÙTox]piTûf&i;, pensant qu'il s'agit d'une représentation du sanctuaire des Chariles, auprès de Socrate, auteur de leur image ''. Quelques archéologues ' ont voulu attribuer à Socrate le bas-relief dont la meilleure réplique est au musée Chiaramunti : ce que nous ne croyons pas admissible, car il faudrait dater cette œuvre de 445 à peu près, tandis que son style indique qu'elle est plusancienned'environ un quartde siècle. D'ailleurs, tout ce que les textes et les monnaies nous api)renn(mt sur l'ceuvre de Socrate, c'est que les Ghariles y étaient vêtues et qu'elles s'avançaient à gauche en se tenant par les mains, motif que l'on retrouve, comme nous venons de le voir, non seulement sur les bas-reliefs du type Chiaramonti, mais sur toute une série d'autres, appartenant à l'art attique.

On a dit plus haut que les Chariles furent représentées par Phidias sur le trême de la statue de Jupiter Olympien % et par Polyclète sur la couronne d'IIéra à Argos". Sur la frise orientale du temple d'Athéna-Nikè, frise qui montre une réunion de dieux et qui date de 4'23 environ, on voit, à gauche, un groupe de trois jeunes lilles, portant des chitons flottants et se dirigeant vers la droite, d'un pas de danse léger, mais sans se tenir par les mains'" : l'image de la déesse Aphrodite, figurée auprès d'elles, l)crmet de supposer que ce sont les Charités".

les textes ne s'accordent pas coniplèlement entre eux. F^ausanias dit t:çî» tî;; lî; li-.v àxfiîio'Ai» iaiSm et »«To. T»i» tiroSov; liiogéne Laerce, iv isfo-asi; Pline, in propylo Alhenieiisium ; le scoliaste d'Aristophe, ùrÂiia tîj; AOt,vik;... £v tffl toÎx'H- ^Ï- liolin {nie Piu/njUieil dee Akroiiolis :u Mhen, p. 24) le place dans le recoin formé pailes antes de la partie centrale et de l'aile méridionale des Propylées. Il résulte cependant du texie de Pausanias (cf. ensemble, IX, 35, 3 cl IX, 3d, 7), que l'ii-uvre de Socrate se voyait au lieu même où l'on célébrait des mystères en l'Iiouneur des Chariles, c'esl-à-dire dans leur sanctuaire, qui parait avoir occupé la parlie orientale du bastion (voir note U, p. 1064) : ce qui explique l'expression du scoliaste » derrière l'Athéna « (derrière le temple do rAlhéna-Nikè). — " Boulé, Monnaies d'Athènes, p. 297; Anh. Zeitung. XXVII, p. Cl, pi. 22, fig. 4. —<• Unllett. dvlf Institulo. 1870, p. 69; Corp. inscr. altic. III, 224 c (cf. /j). — 7 Benndorf, Arcl(. Xeitung, XXVII, p. 01 ; Ilelbigf-Toulain], I, p. 48. M. l'urtwiinglcr, qui penchail vers celle opinion [lioschcrs' Lcxikon, p. 881), semble l'avoir abandonnée (Meislerwerke, p. 37, n. 3). — « Note 7, p. 1600. — '■> Note 8, ibid. — 1» Le BasReinach, Voyage archéol. An-liilerlure, Al/ièncs i" série, pi. 9, en liant. — " Pclerscn, /li-c/i.-e/j/.(/r. Miltlieil. iius Oeslerreich, V, .'12. n. 96 ; Kurlwangler, Meisleruei-ke, p. 218.

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Parmi les peintres, Apeiles fui l'auleur d'une Charis vêtue, que l'on voyait àSmyrne' ; il peignit aussi les Charités avec la Fortune-. Dans le Pylhion do Porgame, l'on montrait des Charités, vêtues aussi, de Pylliaj,'oras de Paros '.

A partir de l'époque hellénistique, on trou-ve raremont sur les monuments des Charités vêtues. Les représentations de mariages sur les sarcophages romains font cependant exception '. Elles y figurent d'ordinaire en costume grec* et tiennent, soit une cassette, soit une pyxis à fard, soit un miroir, soit un vase à verser et une paiera, soit une draperie contenant des fruits, soit un rouleau (sans doute le rouleau sur lequel on écrivait le Carmen nuj)tiale). Au IV siècle ap. J.-C, elles apparaissent encore entièrement vêtues sur le cofTret d'argent de Secundus et de Projecta, où elles font pendant à une scène représentant la conduite de la jeune fille à la maison de son fiancé ".

Dans une lettre de Synésius', il est question d'artistes d'Athènes qui revêtaient Aphrodite, lesCharites et autres beautés des attributs des Silènes et des Satyres. Nous n'avons pas de représentation liguréo ([ui réponde à ce texte. Sénèque, copiant Chrysippe, dit que les Grâces se donnent la main et portent des vêtements lloltants et transparents* : Horace parle des Grâces aux ceintures dénouées, solulis Graliae zonis '. Nous ne connaissons pas non plus d'o'uvre d'art oti elles soient représentées de cette manière.

Au contraire, sur beaucoup de monuments, elles apparaissent sans vêlements, et des textes nombreux nous parlent de leur nudité '". Pausanias dit que, de son temps, les artistes ont l'habitude de les montrer nues, mais qu'il n'a pas pu savoir quel fut le peintre ou le sculpteur qui, le premier, les représenta ainsi". Cette nouveauté date vraisemblablement de la fin du iv° siècle ou du commencement du m". Callimaque'- et Euphorion " appellent les Charités àïraXÉEç et à'-papésç, c'està-dire sans vêtements. Les Grâces, dit Servius ", sont nudae, connexae;... una aversa pingilur, duae nos respiciunt '°. Un grand nombre de copies d'un même original répondent exactement à cette description. On y voit les Charités debout. Celle du milieu se présente de dos et montre sa tête 'de profil, tournée à droite ; le poids de son corps repose sur la jambe droite. Les deux autres se

1 l'ausanias, IX, 35, 6.-2 Libanins, M. Reiske, IV, p. 1069 (= Ovcrbcck, Die antiken Schriftt/udlen =ur Geschich.le der Kimst, n" 1869). — ■ ^ l'aus. IX, 35, 7, On ne sait pas coniincul ('■taieuL reprt^senlécs les Charitcs peintes par Néarque, on compagnie d'Aphrotii'e (Plin. Jli^t. nat. XXXV, 141). — V Rosshacli.flômjscAe Hochzeita-und Eheiiunkmiih'r, p. 69-7i, 109, 139 et planche à la fin ; Moiuim. deW Inslit. IV, pi. !x ; Oerhard, Antike Bildwerke, pi. i.xxiv (oii on n'a représenté qne deux (jrâces, par manque de place) : BoUari, lïoma Sotterranea, II, p. 1 18 (= Mal/. cl Duhn, Antike Bildwerke in Rom. n° 3090); Dulsclilic, Anlike liildwerke in Oliet'italien. 1, n** 41 ; IV, n" 78S. — t» Sur un sarcophage de Pise (l)ulschke, î. c. 1, u*» 41 ; Lasinio, Itaccidta di sarcofagi dt'l cnmpo santo di Pisa, pi. cxD, elles portent une courte tunique à manches el des chaussures ; ou a voulu les assimiler à des camiUae. — G Dutsclike, /. c. p. 41 ; reproduction dans Viscouti, Ojicre rarie, 1, pi. xvn, 4. — 1 Epist. 154, M. Hercher. — » De benef. I. 3, S. — ■■> Carm. I, 30, 5 ; cf. Jahn, Enif. der Eu/opa, p. 33, n. i. — 10 Cornul. De nat. deor. 15. rhilostr. Epist. 7, <îd. Hercher; Suid. s. v. Xàçita; ; Horat. Carm. III, 19, 17 cl iV, 7, 6; Sool. Horal. ad Carm. I. 4; Claudian. Cnrm. minora, XXX, 88. — H IX, 35. 0 l't 7, — I- Fragm. 266, éd. Schneider (iffîaÀit;). — t-ï Fragm, 6u. éd. Mcincke, dans les Analecta atexandr. p. 106 {àçajû;) : cf. Jahn, /. c. p. 34, — 1^ In Aen. I, 7i0; cf. Mythogr. Vatican. 11, 36, p. 86 ; III, II, i, p. 229. éd. liode; Kulgenl. Alytliol. II, 4; Ilorat. Carm. III, 21, 22 [segncs nodum solvtire Gratiae). — "» Cf. .\ut. Paint. W, 616 (description d'une statue des Charités placée dans un bain) : " Tandis que les Charités se baignaient, liros leur enleva leurs divins vôtcmenls et s'enfuit : il les laissa ici nues, n'osant plus franchir la porte. <i — ic II y a queUpiefois des variantes dans les répliques que nous possédons ; en particulier puur la position de la tiMe, des jambes et des mains de la (irâce du milieu, pour celle des mains des deux autres (irâees qui se posent sur les épaules de celle du mi-

montrent de face ; elles inclinent la tête, el leur corps s'appuie sur la jambe qui se trouve en dehors (la gauche pour la Grâce de droite, la droite pour celle de gauche). La (irâce de gauche pose sa main gauche sur l'épaule droite de celle du milieu; celle-ci, sa main gauche sur l'épaule droite de celle de gauche; la Grâce de droite, sa main droite sur l'épaule gauche de celle du milieu""'. De leur autre main, elles tiennent d'ordinaire quelque attribut : (leurs, épis, rameau ou fruits. A côté d'elles, on voit parfois un ou deux vases, sur lesquels sont déposés des vêtements. En montrant de dos l'une des trois sœurs, en alternant les points d'appui, l'auteur de ce groupe a évité la monotonie ; par la disposition des bras, il les a étroitement unies; les lignes souples et élégantes des corps, on particulier des hanches, les têtes penchées pudiquement, les mains libres portées en avant, comme pour présenter ces aimables attributs donnent â l'ensemble un grand charme, qui explique la popularité de l'œuvre. Comme elle est faite pour n'être vue que d'un seul côté, on a supposé, avec une très grande vraisemblance, que l'original était uneptjinture ''. Parmi les répliques, qui ont été énumérées par 0. Jahn ", la plus connue est un groupe trouvé à Rome et aujourd'hui conservé à Sienne (fig. 3tj.j3), groupe auquel manquent malheureusement les mains tenant les attributs, ainsi que la tête de la Grâce du milieu ". Dans un autre groupe, que l'on voit au musée du Louvre, les tètes sont modernes ^".

Les bas-reliefs sont en général soit des ex-voto-', soit des représentations ornant des sarcophages--.

Des peintures, entre autres une charmante composition de Pompéi-\ des mosaïques-', des pierres gravées^', des monnaies*" et des lampes^' se rattachent au même original. S. Gsell.

lieu. — '^ Furtvviingler, lioscher's Lexikon, p. 884. — 18 Entf. der Europa, p. 34- 33. — '9 Clarac, Musée de sciUpturej pi. 633, n' 1427 A; Miiller-Wieseler, Denkmàler der aiten Kunst, II, pi. 57. n* 723 ; Baumeister. Denkm. des klass. Alterthums, l,p. 376, n'*4l2; Brunu et Hruckniaun, Denkmàler^ pi. 259, reproduite dans notre fîg. 3653. Sur la découverte de ce groupe, voir De Rossi et Gatti, BuU. delta commissione cojnunate di Borna, XIII (1886), p. 345. — 20 Bouillon, Musée des antiques, 1, pi. xxiv ; Clarac, pi. 301, n^ 1423. Pour les autres statues, voir Jahn, ;. c. p. 34, n. 5; Matz el Duhn. Antike Bildurerke in Rom, I, n* 841 ; Bull, delta comtit. corn, di Roma, 1886, p. 163. L*n torse d'Athènes, d'un eicellenl travail, faisait peut-être partie d'un groupe des Charités (Friederichs-Woltcrs, Gipsabgùsse, n"* 14S3). — 21 Viscouti, àîuseo Pio-Ctementino, IV, pi. jcm ; Jahn, /. c. pi. ix, G ; Jahn, Arch. Beitrûge, pi. iv, Bg. 2; Corp. in«r. lat. VI. 548. — ïî Jahn, Entf. der Europa, p. 35, n' 1 ; Matz et Duhn, a" 2S53-2857 ; Michaelis, Ancient marbles in Grcat Dritain, p. 228, n° 1 1 , p. 683, n" 49 ; peut-être aussi Dulschke. Ant. Bildr. in Oberitaiien, I, n. 1. Pour d'autres mouumeuts représentant les Cliarit«s eo basrelief, voir plus haut, notes I, p. 1661. el t'<, p. 1663. — 23 Helhig. ^Vandgemàtde Campaniens, no856 el allas, pi. ix <i. four d'antres peintures, voir Jahn, p 33, n. i; llelbig, n* 5S6 b (=: .Vuseo Borbonico. \'III, pi. m), n* 857 : Monum. dell' Instit. Il, pi. xLvii (peinture découverte à Catane). — 2i Mosaïque d'ilypata : Kékulé, BuU. deW Instit. 1S68, p. 59; Mo.saïque ,1e Cherche! : Schniitter, Bult. des antiquaires de France. 1883, p. 135, cl Waille, Comptes rendus del'Ac.des inscr. I8S6, p. 305: conf. à Ponipéi, Bull, deif Instit. 1839, p. 70. — 25 Jahn. Entf. p. .15. n. 3: en parlicnlier, Kûhicr, Gesamm. Sehriften, V, pi. I (= HiUler-Wîcseler, />en/.-iNâ/«r, II. pi. 57, n» 724; Rosciters I.exikon. fig. à la p. 884), pi. 2 el pi. 3 (= Baumeister. Denkmûler, I, p. 377, fig. 413). — 2* Jahn, /. c. p. 35. n. 4; Mionnet, Descr. fies médailles, Supplément, I.X (tables générales), p. 250. — 27 Jahn. /. c. p. 35. n. 5.

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