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GRY
GRII'IIUS (•cpîtpoç). — Le mot ypiç-oç signifie à propremenl parler un filet' ; au figuré, il désigne des questions énigmatiques que l'on se posait après boire entre convives. On sait que dans la dernière partie du repas, au symposio7i, les Grecs entonnaient les chants des festins ou scolies, jouaient au cottabe, et un autre de leurs amusements consistait à deviner des énigmes (ypToot) : les convives qui ne pouvaient les résoudre se soumettaient sans doute à une peine '. Tel est le sens habituel du mot. Par extension, il s'appliquait à tout discours embrouillé ou ambigu.
Cet usage déjouer aux charades devait être fort ancien. Nous ne le relevons, il est vrai, pour la première fois, que dans une comédie d'Aristophane S mais le poète y fait allusion comme à un passe-temps fort commun de son tempf : il est donc probable que la mode n'en était pas nouvi .le au v= siècle. On ne saurait douter de l'ancienneté des Y?^?<i'> si l'on songe à l'antiquité des premiers oracles, de la légende d'OEdipe et du Sphinx : à l'origine, cette façon de parler énigmatique avait une valeur mystique et religieuse. On attribuait à Homère un certain nombre de yoîtio.; V Anthologie cite deux énigmes de Cléobuline '', fille de Cléobule, un des sept sages de la Grèce, qui vivait au vi^ siècle, et Thaïes lui décerne l'épithète de coa.-/, « pour caractériser en elle l'union de la sagesse et de la poésie ». De même Ésope sut poser et résoudre des énigmes qui nous ont été conservées °. Insensiblement, de religieux et de didactique qu'il était, le yoîtfoç devint un simple jeu d'esprit, qui plut à un peuple à l'intelligence déliée, amoureux des hnesses et des sous-entendus du langage.
L'Anthologie contient une cinquantaine de 'ifiiioi : sauf les deux pièces de Cléobuline % et une énigme attribuée à un certain Socrate, È7itYpïfA|J<-âTwv 7i&it,tY|V ', elles sont toutes anonymes. Rédigées d'abord en hexamètres, plus tard en distiques élégiaques, leur forme littéraire est de valeur très inégale : si quelques-unes d'entre elles sont joliment présentées, un certain nombre n'ont guère plus de mérite que les productions analogues que nous trouvons de nos jours à la quatrième page des journaux. Les sujets en sont variés, généralement décents; la mythologie fournit quelques casse-têtes qui a exercé la sagacité des commentateurs*. La plupart roulent sur des mots ou des objets ordinaires, instruments, fruits, animaux... etc. Le mécanisme des yfiorji a toutes les formes connues du genre : tantôt ce sont de simples énigmes ^ tantôt ce sont des charades'"; ailleurs ils
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GIIII'IIIJS. I Ëtym. magn. p. 241, 26. — 2 Ilcsjcll. : rsi'ari (rfîsoi) • î« <v toï;
roulent sur la ressemblance de plusieurs noms " ; d'autres jouent sur les lettres'-, sur les syllabes '^ sur les mots. On demandait, par exemple, un vers déjà connu qui commençât par telle lettre, ou qui manquât de telle autre ; ou bien un vers dont les pieds fussent composés d'un même nombre de lettres, ou pussent changer mutuellement de place sans nuire à la clarté ou à l'harmonie '•. Le Yp!(p&ç consistait donc indirteremment dans ce que nous appelons énigme, charade ou logogriphe ' '. L'esprit mis en œuvre dans les petites pièces de VA71thologie ne dépasse pas d'ordinaire la valeur du genre : les Grecs avaient du moins pour excuses de n'en faire qu'un jeu après boire. E. Ard.ullon.
GRUS (répavo;). — L Grue, oiseau que les anciens avaient réduit à l'état domestique [bestiae, p. 702].