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SIT
peu
t-être seulement l’œuvre du peintre. "Nous rencon-
Fig. 6478. — Situle italiote.
|ronS encore, sur ces vases, une situle cylindrique, ui ,,’est autre chose que la ciste, pourvue d’une anse mobile Le corps de ces situles est parfois godronné2 ou même orné de ligures3 (lîg. 6478). Détail caractéristique, elles sont généralement montées sur de petits pieds en forme de boule ou d’astragale, qui en protègent le fond.
Sauf la situle en forme de corbeille, qui disparait, ces mêmes types étrusco-campaniens demeurent en usage durant toute l’époque romaine. Les formes sont définitivement fixées dès le début de notre ère, et ne subissent plus que de minimes modifications *. La situle à corps ovoïde sans col et à pied tend, de plus en plus, vers la forme hémisphérique. L’épaule de la situle à panse rebondie devient plus anguleuse; un col droit ou oblique, de quelques centimètres, remplace le simple rebord de l’époque étrusque 5. Pompéi a fourni bon nombre de ces seaux (fig. 6479), dont quelques-uns en plomb3. Ces situles se rencontrent éparses dans tout le monde romain et même au delà des frontières de l’Empire, en Germanie et jusqu’en Suède 7. Le luxe de l’époque impériale a créé quelques beaux exemplaires en argent, décorés d’une ornementation florale ou figurée rappelant celle des poteries d'Arezzo 8 (fig. 6480).
Cette continuité de types, depuis la période étrusque jusqu’à la fin de l’époque impériale, la fréquence des représentations de situles sur les
Fig. 6479. — Situle de Pompéi.
vases peints de l’Italie méridionale, le peu de variété des formes romaines, confirment les indications des auteurs anciens touchant le centre de fabrication de cette vaisselle de bronze. On connaît la « campana supellex » d’Horace 9. C était à Capoue déjà que Caton recommandait d’acheter tous les vases de métal10. Pline reconnaît que, malgré les divers essais de contrefaçon, la Campanie et Capoue tiennent toujours la palme11 pour le travail du bronze, et Porphyrion, commentant Horace, confirme qu’à son époque encore (iiic siècle), c’est à Capoue surtout que se fait cette vaisselle 12. Capoue est une ancienne colonie étrusque13. Ce sont les Étrusques, sans doute, qui dès le ' 11 s’ècle, y ont créé les fonderies de bronze, dont la domina,tion samnite n’arrêta pas l’activité et auxquelles la conquête romaine ouvritle marché de l’Italie etdu monde11.
^1 -l/u/ium. Inst. Mil, pl. i.i, 4; Reinacli, Vases pci/its, II, 179, 2 ; 301, 3; 321 ; /.'i,,!"’11’ 5-; 57 ; Millingen, 23, 24. —2 Millin, II, 57 cl 09. — 3 De Labordc, Vases de H 1 Uilliu, Mus. Ant. Méd ., I, 29. — 4 Willers, Die rom. Bronzeeimer von ' l1' 1 “* S(I* — 8 Ibid. p. 116, fig. 45 : formes de situles de bronze pomf’f g"6/' ~ 3 M usée de Naples, salle des objets de Pompéi, armoires 44, 52, 53.
Napoli , p.384,no> 1758, 1704, 1705, 1767. Situles de plomb, g ' G“ida< P- Ï27, n° 925 et p. 382, n° 1756. En terre cuite, cl'. Jatta,
®“c/i ut " 100s> P- 318 sfi. — 7 Willers, Op. !.. p. 119 elpassim; Ne ne Dnter-
p,0»cn erd,e rom- Bronseindustrie, p. 87 sq., 140 sq. — 8 Au Musée de Naples, situle de C ' llercula““'n, Satad- argenti, n« 1875, Guida.p. 402. Siluledes environs If. Wiik'r 'lllî0Ue^ au Uritish Muséum, Ann.d. Inst.. 24(1852), pl. i., p. 16, 230; liiid i "n Dle r6m" bronzeeimer, P- 178, l'g. 66. Autres situles d’argent, Willers, -U ü 182’ lig-..67’ °8' 09' -9 Bat., I, 6, 114 ; II, 3, 148.-10 Deagvic. 135.
ait. 34, Jô. 12 Ad Dorât. Sut. 1,6, 118. — 13 Cf. lluelscu, Art. Capua ,
Usages de la situle. La situle est, avant tout, un vase d’usage pratique servant ùpuiser et à transporter l’eau. Elle fait partie, à ce titre, de l’équipement du soldat romain 16 (fig. 4418).
C’est avec la situle que sur les miroirs étrusques les femmes se rendent au puits. Sur les vases peints de l’Italie méridionale, la situle apparaît dans la plupart des scènes où, sur les vases attiques,on trouverait soit l’hydrie, soit l’oenochoé. Une situle sert aux jeunes Campaniennes à verser à boire aux guerriers en armes 16. Elle est le vase employé pour faire les libations 11 . Elle contient le liquide que vont lancer les joueurs de cottabe 18. Sur une amphore (fig. 6481) c’est le seau où il est versé ’9. Elle est, dans les scènes bachiques, un attribut fréquent des Satyres et des Ménades 20. Un très beau putéal néo-attique du Musée Mafï’eï, de Vérone, nous présente, parmi les nymphes et les autres personnages du cortège de Dionysos, un Silène portant une outre sur l’épaule gauche, tandis que, de la main droite, il tient une situle S1. Ce vase apparaît également dans les scènes de gynécée et de toilette, avec la cassette et le miroir 22. Himéros et Pothos, emportant Aphrodite dans les airs, ont l’un et l’autre une petite situle à la main 23. Peut-être ces seaux contiennent-ils l’ambroisie, dont les déesses ont coutume de baigner leur corps2*. De l’idée de ces ablutions matérielles, une exégèse ancienne voulait passer à celle de purification morale, dont la situle serait devenue le symbole 25. Un a renoncé à ces explications.
Mais il est utile de dire que dans la religion officielle,
ap. Pauly-Wissowa, iïea/encyciop. — 14 Von Dulin, Annali. ap. 51 (1879), p. 132, 139 ; ltôm. Mitteil., Il (1887), p. 271-275 ; Willers, Rôm. Bronzeeimer, p. 206 sq. —15 Appian. ’ i G 85. Un bas-relief fie la colonne Trajane nous montre un seau sur le paquetage fies soldats en marche ; ailleurs, un soldat puise de l'eau au lleuve à l'aide d'une situle: Cichorius, dieReliefs der Trajansdule, pl. vu et xui. — 16 Millin, I, 13; H 69. — 17 Rciuach, Vases peints, II, 179, 2; 325. — 18 Monum. Inst. VU I , pl. Li, 4; Reinach, Vases peints, II, 321. — 19 Ballet. Napolet., N. S., V, pl. xui.
— 20 Ibid. H, 301, 3 ; 302, 4; 321 ; 328, 3 ; Millingen, 24, revers. — 21 Malfei, Muséum Veronense, pl. lxxi, 2; cf. Schrader, Neu-attische Reliefs, n“ 29, p. 21.
— 22 Reinach, Vases peints, I, 517 = ’Eçsp. in- 1892, P1- xui; 11, 305, 2; 328; 355. Cf. Paul. Sent. 111, til, 6, u° 83, avec le sens de capsa. — 23 Lenormaut et de Witte, Elite cèram. IV, pl. vi. Aulre scène du même genre, mais qui parait entièrement refaite.pl. iv = Millin, 11, 54. — 24 Hoiner. II. XIV, v. 170-171. — 23 Millin, 1, 52, 57 ; l.cno.mant et de Witte, Elite, UI, pl. lxxxu, texte p. 250.