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la silule est le vase le plus couramment employé pour contenir l’eau lustrale. Elle devait figurer, à ce titre, dans la plupart des cérémonies du culte privé et public. Une peinture de Pompéi nous montre, déposée devant la porte d'une maison, une situle d’eau lustrale avec le rameau d’olivier servant aux aspersions [lustratio, p. 1409, fig. 4685). La silule est aussi un des accessoires habituels du sacrifice. Nous l’avons rencontrée dès l’époque crétoise, servant à recueillir le sang des victimes. Nous la retrouvons, destinée sans doute au même usage, à Bologne, à l’époque étrusque. Sur la seconde zone de la situle de la Certosa, on ne compte pas moins de trois situles, de tailles et de formes diverses, portées par les prêtres et leurs serviteurs derrière le taureau et le bélier qui vont être immolés. Au début de l’Empire, sur un bas relief de l’ampithéâtre de Capoue, la situle apparaît associée à la table, aux couteaux, à la hache du sacrifice, à côté de l’apex sacerdotal et de la tête coupée du bélier '. Enfin, les dédicaces de deux seaux trouvés, l’un en Suède, l’autre en Silésie, nous apprennent qu’ils ont appartenu au mobilier sacré de temples romains 1 2. Il y avait parmi les serviteurs un sitularius 3.
C’est surtout dans la religion isiaque que la situle prend une importance toute particulière. Pour les fervents d’Isis, l’eau du Nil, et même toute humidité, est une dérivation d'Osiris. Le vase qui contient ce principe divin, source féconde de toute vie, a la première place dans les cérémonies4. Ce vase est, soit une espèce d’hydrie, que nous décrit Apulée dans le plus grand détail 5, soit une situle. Un bas-relief du Belvédère nous montre une procession isiaque, en tête de laquelle marche la prêtresse qui porte la situle 6 * [isis, fig. 4103]. La situle, ou parfois l’hydrie, est dans la statuaire gréco-romaine l’un des attributs caractéristiques d’Isis et de ses prêtresses 1 (fig. 4102, 4104, 4105). Plusieurs peintures murales de Pompéi, d’Herculanum et de Stabies nous ont également conservé l’image de prêtres et de prêtresses d’Isis portant la situle 8 9. Sur l’une d'elles est représentée la grande cérémonie des vêpres isiaques : l’adoration de l’eau sacrée 5 (fig. 4102). Debout en haut des degrés du temple, entouré d’un acolythe qui joue du sistre et d’une prêtresse porte-situle, le prêtre, tourné vers les fidèles, élève de ses deux mains, cachées sous les plis de son vêtement, un vase qui parait être une situle. Aujourd’hui, le culte catholique emploie encore un petit bénitier portatif, qui a conservé la forme des situles romaines.
La situle a enfin son rôle dans la vie politique des Romains. Ce.inot, ou plussouventson diminutif sitella 10, indique le vase à l’aide duquel on procède au tirage au sort, opération préliminaire de tout vote. Deferre sitellam [comitia, p. 1385] en vient ainsi à signifier : provo¬
quer le vote". Les Grecs employaient l'hydrie pour 1 même usage12. Une scène de la Casina de Plaute nous apprend, dans le plus grand détail, comment on pr0l dait 13 [sortitio, suffragium]. A. Grenier.
SKALLION (SxâXXtov). — Petit vase (xuXtxtov pnxpdv) (.n usage chez les Éoliens pour les libations1.
SKAPERDA (ExowcépBa) *. — Jeu et en même temps exercice de force usité chez les Grecs, surtout dans Ls gymnases. Les grammairiens nous en donnent une des cription suffisamment claire : on plantait dans le sol une poutre (Soxo;) de la hauteur d’un homme, percée d’un trou à sa partie supérieure ; on y passait une corde, aux deux bouts de laquelle étaient attachés les deux adversaires, se tournant le dos l’un à l’autre ; ils tiraient de toutes leurs forces en sens inverse; celui qui réussissait à entraîner l’autre en arrière et à lui faire toucher la poutre avec les épaules était déclaré vainqueur 2. C’était, comme on voit une variété, avec un appareil en plus, du jeu ditéXxu<m'vo:t, dans lequel les adversaires, tirant sur la même corde en sens contraire, mais face à face, se disputaient mutuellement un terrain délimité [gymnastica p. 4700, 1701, fig. 3679, 3680] 3. Quelquefois même il y avait encore moins de différence entre les deux variétés du jeu, car on pouvait supprimer la poutre, et les adversaires tiraient dos à dos sans appareil1. D’après un auteur, les Athéniens se seraient livrés particulièrement à l’exercice de la <rxa7T£poa dans les fêtes des Dionysies [dionysiaJ3, ce qui fait supposer qu’il y aurait pris la forme d’un concours encouragé par des récompenses spéciales.
Nous avons peut-être l’image de la axaitépo* sur une lampe en terre cuite, d’époque romaine, dont plusieurs exemplaires ont été trouvés à Rome et dans les provinces (fig. 6482) °. En haut d’un poteau est passée une corde, dont un bout est enroulé autour du corps d un lion ; un Amour a les mains liées derrière son dos avec l’autre bout ; la lutte vient de finir ; après des eflorts infructueux pour tirer son adversaire en arrière et le paralyser, l’Amour a été vaincu; le lion s’est jeté sur lui elle dévore. Il est possible que nous ayons là une simple fantaisie d’artiste, appartenant à la nombreuse série des monuments qui représentent sous des formes variées le Châtiment de l’Amour. Mais on ne peut exclure l’hypothèse que cette scène ait eu aussi une réalité tragique dans les spectacles de l’amphithéâtre, où des condamnés de droit
1 ISaples, Museo Borbon. XV, pl. xxxiv, 5 ; cf. Willers, Ueber die rôm. Bronzeindnstrie , p. 26, pl. v, 4. — 2 Corp. inscr. lat. XIII, 3, p. 769, n° 60 et n«* 8712 ; cf. Willers, Ibid. p. 59, 69, fig. 54, 55. — 3 Corp. inscr. lat. Hispan. Suppl, t. II, n1» 3442. — 4 Plutarch. de Is. et Osir.,3 6. — 5 Aletam. XI, 11. — 6 Lafaye,
Culte d^s divinités d' Alexandrie, Calai, n. 118 : Àmelung, Skulpt. des Vatilcan ,
AI us. Belved. n° 55, pl. vu. — 7 Lafaye, Ibid. pl. îv, v ; Calai. n°s 48, 87
Hl, 113, 114; Reinach, Bépert. Stat ., I, p. 610-613. 11, 421. — 8 Lafaye,
Ibid. Calai. 225 = Helbig, Wandgemalde Campaniens, 1094 = Pitt. d' Ercolano,
I, pl. l, p. 263; 220 = Helbig, 1095; 227 = Helbig. 1098 = Pitt. d'Erc. III, 51.
— 9 Lafaye, Ibid. Catal. 2223 = Helbig. 111 = Pitt. d’Erc. II, 60. — W Situla
Haut., Casina, v. 359 ; sitella partout ailleurs, Casina, 296, 342y 351. 363, 396; Cic., de Nat. deor. I, 38, 106; fragni. Pro Cornelio , ap, Asconium, éd. Muller.
9 ; T.Liv. XXV, 3, 16; XLI, 18, 8. — U Cic. De nat. deor. 1, 38, 106,
12 — Pausan., IV, 3, 4. — 13 n, vi, 353-423.
SKALLION. 1 Alhcn. XI, p. 498 a; cf. Hesych. s. v.
SKAPERDA. l II est possible que ce fut à l’origine un adverbe comme le^ 111 ^ noms de jeux, pa<r.Xtv3a, |*u(v5a, d<rrpaxtv$« (itaîÇîiv), quoiqu il soit dicüm ^ textes de basse époque. L’étvmologie de Grasbergcr, p. 102-103, est une P111^^ taisic. La racine est celle de <r*àno ;, irxyjirTpov, scapus , tige, fut, colonne ^
IX, 116; Eust. ad II., XVII, 389 (p. 1111, 22); Hesych., PhoL, s. v. - L. c. Monuments figurés : Krause, t. II, pl. vi, fig. 1*; Becq de I* ouqui* i < I La peinture de Pompéi, Helbig, Wandgem. 1477 {Mus. Borbon . XI. p'- 1 Vl’
Becq de Fouquiéres, p. 89), n'a rien à faire ici. — 4 Poil. L. c. 5 Hesjc^tradition sur I’askoi.ia. — 6 Oualre actuellement connus: Klügmann, A" 1 XXIX (1872), p. 40, fig .p. 41 ; Catal. du Musée Alaoui (1897), p- ,,s’ ^
n° 93. L’interprétation de Klügmann est contestée par Blümner dans H('rmal ’ ^ Privatalterth. { 1882), p. 300, not. 1. On pourrait, en effet, songer aussi au / géant .