‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monumentsChapitre 102 sur 137 · SKA · texte numérisé non relu

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Fig. 6483. — Allilèle piochant l’arène.

commun subissaient le dernier supplice au milieu d’un décore! d’une action mythologiques1. En tout cas, il semblerait, si l’on admet cet exemple, que l’exercicede la «rxonrépSa étailencorepratiquéàl’époque romaine'2, quoiqu’on ignore si le mot grec a jamais été latinisé. Georges Lafaye.

SIÎAPHÈ [SCAPIJA, SCAPIIÈ],

SI»AlMIEION(üxa<petov, dxtxllç, oxaXnrr/jpiov) 1 . — Pioche2. Instrument araloire employé également par les lutteurs3

pour ameublir le sol piétiné de l’arène (fig.

3678, 3080) 4 et pour enlever le sable neuf qu’on y transportait dans des paniers. Une coupe de Bruxelles représente un éphèbe piochant pour remplir une couffe (fig.

6483) 5. Ce travail était considéré comme un excellent exercice pour assouplir les reins et fortifier les muscles des bras6 ; aussi représente-t-on souvent des lutteurs qui s’entraînent en maniant alternativement la pioche et les haltères7. On se servait encore de cet instrument pour indiquer la place d’où l’on devait lancer les javelots et le disque; on voit alors, près du discobole, une pioche piquée en terre par une des pointes de sorte que le manche forme une barre horizontale (fig. 3678, 4115, 4119, 4122) 8.

Selon les contrées et les époques, on employa divers instruments analogues au skapheion. Sur un vase la pioche est remplacée par un instrument à large fer placé près du discobole (fig. 6484) 9. Ce nom paraît plus spécial à la période gréco-romaine. Sous les Lagides, Théocrite parle de la erxair<xvir| 10 et les scholiasles ajoutent qu’en Attique on employait l’âp.7)11. C’est peut-être le nom que Ion donnait à la pioche au ve siècle, mais le mot perdit celte signification car, à l’époque où fut rédigée une autre scholie, 1 âp.Yj désignait un axa^iov TGaxü12, c’est-àdire un instrument à fer large, une houe. En Grèce, plus qu ailleurs, la nomenclature technologique varie d’un cantonàl’autre 13 : d’oùcesquiproquosdevenusproverbes :

' ül Lafayc, L'Amour incendiaire, dans Mélanges de l'École de Home, P' C1, 2 Poil., L. c., en parle encore au prisent. Hesych. s. ».

•«Mifîtï™, = loitotfna,, outrager ; la dérivation des sens est obscure. — Bim.io- '."ArrnE. Mersms; Le ludis Gruecorum (1022), p. 053; Bulenger, De ludis )! r‘""‘ (l637)' caP- At, thésaurus antigu. de Gronovius, t. Vil (1735) ; Krausi lymnastilc u. Agonistilc d. Hellenen , I (1841), p. 323 ; Grasberger, Erzieliun 1 ( ISC4), p. 101 ; B«C(| de Eouquières, /eux des anciens (1869), p. 9i ,, i*1 1 Oiod. Sic. IV, 31; Lucian. Philops. 31 ; Pollux, X, 12! Ane r"- *' U' ; Suidas’ *■ ». Pliot. p. 516, éd. Porson ; Bekke:

Di . 31 Arat. 3 ; Scliol. ad Theoer. IV, 10. Pour l’emploi de

ItL" \anS 'CS g-vmnases’ cf- Welcker, Zeitsch. far ait. Kunsl (1818), p. 251 Pél / 1US' ^Ur *’ P' 77 ’ stePlian'> Compte rend, de la Comm. arch. t

l87je,S P- 151 i 187G- p. loi ; Bursian, Dericlit. d. Stic A s. Gesellsch. d. Wis.

ner Gl'asljei'gei', Erziehung u. üntcrricht in Ici. Alterlh. I, p. 306 ; Bliin

le'\rCh.Z' Griech- Cr ica tait. d’Hcrinann, VI, p. 340. —1 Gerhard, Ause:

, 1 asenb'H- IV, p|. cci.xxi ; V. Duruy, llisl. des Gr. 1887,1, p. 318 ; P. Girari Polli-" 'r CÜhén' l8S9’ P- l97’ fig- 20- — 0 Mwée Ravestein. 1884, n« 347 ; Edn Vase'' a: a'Ch’ *887, P 1 l3, 5- — 0 Schol. ad Theoer. IV, 10. — 1 O. Jalu

<te l834' n° 795 1 Archaeol. Zeit. 1878, pl. xi ; Roulez, Mén

mos ,“8(j e XVI’ P- 13 ; lÀlein, Meistersign. p. 99, n» 10; Id. Euphro B- Poil VP‘ ’ 61 “83 ’ une C0,IPC de Cervelri, Musée Ruvestein, n° 348 pl. xvi ler,’ , aZ'. arCh' 1887j P’ 1I2> 4 ; une couPe d'Orvielo, Arch. Zeit. 188a

cf. une "r ’.Klem’ c' P’ 143 1 P- Girard> O. c.p. 207. — 8 O. Jalin, n» 795 c) lx de Capoue au Palais muuicip. des Beaux-Arls, n» 337 (anc. coll Di

Fig. C484.

l'ioche.

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ajxa; a7t7)TOuv, o( 3’ à7r/)pvouvTO «TxâçpQrç 1 4 ; ici, à|rrj a le sens de faucille et non de pioche. Sorlin Dorigny.

SKIEREIA (Sxtépeia). — Fête célébrée tous les deux ans, à Aléa d’Arcadie, en l’honneur de Dionysos1. Le nom même de Sxtépsta est obscur; est-ce une allusion à ce que les célébrants étaient voilés (<rxtx2)? Dans cette fête des femmes étaient flagellées, comme l’étaient les éphèbes laconiens à l’autel d’Artémis Orthia [diana]. Plusieurs explications ont été proposées de ces flagellations rituelles : survivance d’anciens sacrifices humains (diamastigosis 31 ou rite de contrition4, de l’espèce des mutilations, jeûnes, etc.; rite de fécondation, comme dans les lupercalia, ou même de communion avec l’espèce végétale qui sert à la pratique du rite. Si cette explication, développée par M. Thomsen5 à propos du rite laconien, est la vraie, elle doit s’appliquer aussi à la fête d Arcadie1’. Emile Cahen.

SKIROPHORIA (Sxtpoipdpia) ou SKIRA (Sx-lpa). — Fête célébrée à Athènes en l’honneur d’Athéna Skiras et des déesses éleusiniennes, Déméter et Coré1.

C’était une fête d’été; le mois skirophorion en a pris son nom. Le 12 (22 juin, c’est-à-dire quand commençaient les grandes chaleurs), une procession partait de l’Acropole conduite par le prêtre d’Érechthée, par celui d’IIélios et par la prêtresse d’Athèna ; des hommes de la famille des Etéobutades y portaient un parasol blanc (uxtpov)2. On se rendait, à peu de distance sur la voie sacrée d’Eleusis, à l’endroit où se trouvait, disait-on, le premier champ ensemencé par les Athéniens 3, appelé Skiros à cause de la nature du sol, qui était une roche crayeuse ougypseuse (uxtpov)4, dont Thésée, après sa victoire sur le Minotaure, avait fait, disait-on. une image de la déesse ; on disait aussi que de celte craie blanche on frottait 1 idole 5. De là le surnom (Sxipa) donné à Athéna. Selon d’autres, ce surnom lui serait venu de l’invention, qu’on lui attribuait 6, de l’ombrelle (sxi'pov = uxtàSstov) pour se préserver des rayons du soleil. Ces diverses explications, entre lesquelles les anciens hésitaient déjà, se ramènent toutes à ce fait que l’on invoquait Athéna aux Skirophoria pour obtenir sa protection contre les chaleurs torrides.

Les Skirophories étaient une fête des femmes, comme les Thesmophories [toesmopiioria] 7 ; il faut expliquer sans doute les rapports signalés entre les deux fêtes et la place que les déesses d’Eleusis avaient dans les Skiro-

tuit); une coupe du Louvre, coll. Caropana, nJ 978 ; P. Girard, O. c. p. 203, f. 23 ; Jüthncr, Ueber ant. Turngerâlhe, Vienne, 1896, fig. 25, 26, 36, 43. — 9 Vase Catalani, Gerhard, Ant. Bildw. pl. lxviii. — 10 Theoer. IV, 10. — H Sclt. ad L. c. cf. Arisloph. Lac. 299 et 426; Xenoph. Cyr. VI, 2, 34. — 18 Schol. ad Theocrit. 1\, 26. — 13 C est ainsi qu’à Siphuo, la pioche se nomme àL'vr,, mot qui désigne, à Athènes, la hache, la cognée du bûcheron. Le dict. de Ch. Byzanlios n’indique que ces deux derniers sens, alors qu’on trouve dans le Lexique de Venloti (Vienne, 1790) : « hache, coignée, scure, mannaia, houe, pioche, zap/ a ». — 14 Suid. s. v. ôcpir,.

on ■ i,iv r.i p

i au».

, ci. c*uii. niizig-Diucmner, m, p. Ult

Immerwahr, Myth. u. Kult. Ar/cad.p. 189. — 3 C'est l’explication des anciens euxmômcs : ainsi Plnlostr. Vit. Apoll. VI, 20, 2 ; elle ne rend pas compledoscirconslances particulières, et de personnes, durile. — 4 Cf. Cruppe, Griech. Mythol. p. 911, n. 10.

» 1,1. Thomson, Orthia , Copenhague, 1902, explication acceptée par S. Bciuach Mythes, Cultes et Belig. 1, p. 173 sq. - 6 Cf. Nilsson, Griech. L'este, p. 299.

SKIROPHORIA. 1 Schol. Arisloph. Eccl. 18, et Tliesm. 834; Steph. Byz. E*,W. - 2 Harpocrat. s. ». Sxifov, Phot. et Suid. s. ». et —3 Bekker, Anecd.

p. 304; Strah. IX, p. 393 ; Plut. Conj. praec. 42. — 4 Bekker, L. c. ; Pausan. I, 4, 36 ; Etxjm. Magn. — 6 Arist. Vesp. 925. — 6 Phot. Suid. Bekker, Z. c. — 7 Arist Thesm. 834 et Schol ; C. ins. lat. II, p. 422, n. 573. V. aussi Schol. Lucian Dial mer. Il, 1, cité par Bolide, Kl. Schrift. II, 315; Miss Harrison, Lroleyom. la the stud. of greek Religion, p. 135, propose une nouvelle explication: les femmes auraient fait des gâteaux comme aux Thesmophories, en mêlant de la craie à la farine.

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phories à. côté d’Athèna, en rappelant que celle-ci fut, la première en Attique, une protectrice de l’agriculture [minerva, p. 1313, procharisteria].

Les Skirophories étaient aussi pour ceux qui y prenaient part un temps d’abstinence et de lustration, où la peau de bélier appelée dioskodion servait à se purifier1.

Émile Cahen.

SKOLION (SxôXicv). — L’usage d’égayer les banquets par des chants est des plus anciens dans les pays grecs. « Le chant et la danse, dit Homère1, sont les ornements du festin ». Mais, dans Homère, les convives ne chantent pas eux-mêmes. C’est un chanteur de profession, un aède, qui, lorsque les convives sont rassasiés2, prend la lyre, et, adirés une invocation à la divinité, raconte les exploits des anciens héros et les aventures des dieux. Après avoir longtemps charmé les hommes, l’épopée commença à languir. On avait fini par être fatigué de ces éternels récits sur les géants, les Titans, les Centaures2. Un genre nouveau, le lyrisme, avait pris naissance. La poésie nouvelle fut bientôt introduite dans les salles des banquets: elle était musicale. Selon l’usage consacré, on invoquait d’abord les dieux. Le chant, dit Xénophane4, doit commencer par eûq>vj(xotç pijtiot; xoù xaQapofoi Xdyoi;. Cet hymne, prélude des autres chants dans les festins, était le péan5. Il était chanté en chœur [paean]. Le péan est souvent mis au rang des scolies6; ce qui se comprend bien, puisque assez souvent le scolie n’estlui-même qu’un hymne. Après le péan venait le tour des chansons.

La chanson de table ou scolie est née très probablement dans cette île de Lesbosqui devait bientôt après donner le jour à Alcée et à Sapho. L’origine éolienne du scolie semble établie par la tradition qui le fait remonter à Terpandre par l’usage du barbitos, et sans doute aussi par l'accentuation même du mot çxdXiov’'. C’est, en effet, au lesbien Terpandre que Plutarque attribue la création du scolie8. Pindare, cependant, dans le passage auquel se réfère Plutarque, dit simplement que Terpandre, dans les festins des Lydiens, remplaça la haute pectis par le barbitos9. Presque tous les poètes des vne et vie siècle ont composé des scolies : Alcman, Alcée, Sapho, Pytherme, Anacréon, Stésichore, Simonide de Cos, Timocréon de Rhodes10. Nous avons quelques fragments des scolies d’Alcée11. L’ardent poète y chante l’amour, le vin; avant tout arbre, dit-il, il faut planter la vigne ,s. Le vin est la sincérité même : c’est un miroir pour l’homme13. Déjà le scolie sert les passions politiques. « Il faut boire à présent que le tyran Myrsile est mort u. » Dans une autre pièce, c’est' le tyran Pittacos qu’il traîne dans la boue15. Tous ces scolies étaient le plus souvent chantés par un seul convive s’accompagnant de la cithare16.

Quelquefois aussi ils ont pu être chantés en chœur

Avec Pindare et Bacchylide11, le scolie devient décidément choral18 eL reçoit souvent les développements qui distinguent une ode de Pindare d’une ode d’Alcée ou de Sapho. Plusieurs des scolies du poète thébainontété exécutés comme des odes triomphales et avec le même appareil 19 Nous possédons des fragments un peu étendus de deux de ces scolies. L’un d’eux est dédié à Xénophou de Corinthe, vainqueur à Olympie, au stade et au pentathle celui-là même pour lequel le poète a composé ]a XIIIe Olympique. Si courts que soient les fragments du scolie, ils suffisent pour nous montrer la différence des deux genres lyriques. L’ode triomphale célèbre la gloire de la maison de Xénophon et ses nombreuses victoires à tous les grands jeux de la Grèce. Le scolie a poursujetle vœu qu’avait fait Xénophon de consacrer, s’il était vainqueur, cent courtisanes au temple d’Aphrodite à Corinthe20. C’est probablement la partie délicate à traiter qui nous a été conservée de ce scolie. Le grand poète la traite avec cette ironie grave qui est un des côtés les plus curieux de son talent. Il a des paroles consolantes pour ces jeunes femmes. Ce scolie fut exécuté pendant le sacrifice que Xénophon, entouré de ces courtisanes, offrit pour célébrer sa victoire21. Le second scolie exprime, en termes ardents, la passion que Pindare, arrivé à la vieillesse, éprouvait pour Théoxène de Ténédos22. Il y avait dans le tempérament de Pindare une veine de sensualité assez marquée23.

Ces scolies des grands lyriques, même ceux qui, la première fois, furent chantés avec l’appareil des odes triomphales, étaient repris dans les banquets d’une façon plus simple ; le plus souvent même, ils étaient récités par un soliste24. Ce n’étaient pas seulement les scolies de Pindare qu'on chantait dans les banquets, mais ses autres poésies : odes, parthénies, dithyrambes, etc., et il en était de même pour Stésichore, Alcman, Simonide23. Ces récitations dans les banquets ont eu une influence considérable sur la propagation du lyrisme26. C’était la marque d’une bonne éducation de savoir par chœur de longs morceaux des grands maîtres lyriques2 ‘ : pour caractérisé! la profonde ignorance, on disait : ignorer la triade de Stésichore 28.

A côté du scolie littéraire créé par les Éoliens, il y avait une littérature populaire de ce genre de poésie. A quelle époque remonte-t-elle? Nous avons vu qu’avantTerpandu . on chantait chez les Lydiens en s’accompagnant de la pectis29. Nous savons qu’à Sparte, on chantait dans les Syssities des péans et les vers de Tyrtée30; à Athènes, on chantait les lois de Charondas31, qui étaient eci il' ^ 1 vers. Dans un tel milieu de chants et de poésie, il do111

1 Suid. s. v. Aiô; Phot.s. v. — Bibliographie. Hermann, Cottesd.

Alterthüm. § 61; Schoemann, Griech. Alterth. Il, p. 474; A. Mommsen, Feste der Stadt Athen, p. 309, 313, 504; Id. Philologus , L, p. 125; C. Robert, dans Dermes, XX, 349 sq. ; Rolide, 1b. 1 16 sq. = Kl. Scbriften, p. 371.

SKOLION. 1 Od. 1, 152; VIII, 99, 256; XVtll, 304; Bymn. in Berm. 55. -- 2 Od. I, 150 ; VIII, 72. — 3 Xenophan., 176, I, 21, éd. Diels, Poet. Philos, [ray. (Athen. XI, 462 C). — 4 Xenophan., Loc. cil. v. 13-14. — 5 Article palan; ibid. p. 269, col. 1 le cotiàv fTifAcofftcocriç ; Rlat., Symp. 176 A; Xcn. Symp., II, 1; Elut. Quaest. symp. I, I, 5(615 B); Athen. XIV, 627 E ; V, 179 D; M. Croiset, Bist. de la lit. gr. III, 655 ; Christ, Griecli. Lit. 149. — 6 Plut. loc. cil. —7 A. Croiset, Bist. de lalil. yr. Il, 213. L'adjectif mojuôça subi la papoxoviiAi; éolienne. — 8 De music., 28. — 9 Pind. éd. Christ, fr. 125 ; Bergk, Poet. lyr. 125, 4« éd. Les discussions sur celle question sont résumées chez Engelbrccht, De scoliorum poesi, p. 10-14. Cet auteur croit qu'avant Terpandre, les chants populaires de table se chantaient à table sans accompagnement : dans le fragment cité par Plutarque, il est cependant question de la pectis. — 10 Engelbrechta rassemblé dans sa disser-

tion (p. 74-98) les fragments de scolies qui nous sont parvenus de ces divers px h I qui leur sont attribués ; cf. encore Gasté, De Scoliis, passim. — u '“f- '"’J 1 set. lyr. gr. t. III, p. 147, 4* éd. 1873. - 12 Bergk, 44. C'est l'ode d'Horace, encore Bergk, 40, 41. — 13 Bergk. 53. — 14 Bergk, 20; c'est Iode imri P >race (Od. I, 37) : Nunc est bibendum. - « Bergk, 37 A. - '« Athen., W •istoph. Daitaleis, fr. 223, Koch : ’Aaov S>i v; ‘ pllsc,.

vaxfioveos ; Thémislocle blâmé pour avoir refusé de jouer de^ la lyre, >«• ^ ^

o. 17 Bacchylide a au moins écrit des n°s 1 / -22 de ■ as . ^

;, 27 et 23 ; Engelbrecht, p. 89. — 1» A. Croiset, Bist. de la ht. gr- . — 19 A. Croiset, La poésie de Pindare, 103. — 20 Ed. Christ, fr. 122. — 21 , w”’’. e 3 F. — 22 Christ, fr. 123.- 23 Voir à ce sujet Nagcolte, Bist. de la Vot:s"’ ' ^ 238. — 24 Aristoph. Daitaleis, fr. 223 ; Nab. 1355. — 2o Eupolis, f. 3llh’ ’ t )Ch. — 20 Rcitzenstein, p. 32.-27 Cic. Tuscul. I, 4; Plut. Thermst . ’ (

28 Hesych. Tff« ; Zcnobios 1 , 23 (Miller); Crusius, Comment-^ ^

29 Reitzenstein place les scolies populaires avant les scolies poétiques. ^ ^

;h. fr. 56, Didot. — 31 D'après le philosophe Hermippos, Athen., X ,

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arriver, et le fait a dù se produire de très bonne heure, 0 ,]es convives habiles se missent à réciter des scolies de leur composition. Certaines de ces chansons furent plus particulièrement goûtées ; on en prit des copies pour les réciter à l’occasion ; il se forma ainsi des recueils populaires, où l’on faisait entrer toute chanson qui avait eu du succès, sans se soucier d’indiquer qui en était l’auteur; c’était du reste de très courts morceaux, n’ayant le plus souvent aucune prétention littéraire. Nous possédons un de ces recueils; il nous a été conservé par Athénée sous le litre de SxoÀta ’Axrtxâ : il contient 25 pièces qui étaient renommées, dit Athénée, par leur antiquité et leur simplicité1. Les plus anciennes concernent la lutte de lanoblesse contre les Pisistratides2 ; elles célèbrent les tyrannicides ; quelques-unes rappellent les guerres médiques 3 ; dans d’autres, on peut constater une imitation de Pindare4. Il faut donc admettre qu’un peu avant le milieu du ve siècle, ce recueil de scolies était répandu dans les cercles aristocratiques d’Athènes5. Il futlongtemps en vogue; Aristote leconnaissait6, ainsique Dion Chrysostome7 et Didyme8. Ces petits couplets très courts, d’une allure preste et dégagée, tout en petits membres logaédiques 9, ne sont parfois que la reproduction abrégée et comme un écho10 de morceaux poétiques connus, de proverbes, de fables. Ce sont assurément des improvisations ; parfois la phrase est un peu embarrassée11. Certains morceaux ont une réelle valeur poétique, ainsi le scolie connu en l’honneur des tyrannicides12, et le scolie d’Hybrias, ajouté à la suite des 25 scolies attiques, belle chanson de mercenaires, qui devait être chantée avec entrain aux Syssities des Crétois13.

Parmi ces scolies anonymes, dont le souvenir s’était conservé, il y en eut quelques-uns auxquels on voulut attribuer un auteur; il est intéressant de voir qu’on ait pensé aux sept sages ; nous possédons sept scolies qui portent leurs noms : tous contiennent des leçons de morale14.

Au commencement du ve siècle, la poésie lyrique, à son tour, languissait ; un genre nouveau, la tragédie, avait pris naissance, et sa faveur grandissait chaque jour. 11 Cela sent son vieux temps, dit Eupolis13, de chanter Stésichore, Alcman etSimonide». Une scène de la comédie des A uées' c d’Aristophane met sous nos yeux la lutte entre les deux genres et la victoire de la tragédie sur le lyrisme. A la fin du banquet que Strepsiade donne à son üli’, il lui dit: « Prends la lyre et chante 17 le mélos de

Simonide sur la toison du bélier. » Le jeune homme, qui suit les modes nouvelles, refuse ch disant qu’il est stupide de jouer de la lyre, de chanter en buvant, comme une femme qui moud de l’orge; il ajoute que Simonide est un mauvais poète. Strepsiade demande alors à son fils de prendre un rameau de myrte et de dire un passage d’Eschyle. Mais le fils est plein de mépris pour Eschyle ; il débite une tirade d’Euripide 18. Ainsi vers la fin du Ve siècle, toutes les faveurs du public allaient à la tragédie. Comme on avait eu des recueils de scolies, il se forma aussi des recueils de morceaux choisis tirés des grands tragiques19 ; on les apprenait par cœur, pour les réciter dans les banquets. La comédie, à son tour, fournit aux convives un répertoire riche en fantaisies, en satires. Dans les festins, dit Aristophane20, parlant de Cratinus, on ne pouvait chanter autre chose que « Doro chaussée de calomnies » et « Artisans d’hymnes bien tournés ». Le succès de la comédie ne fit que croître avec Ménandre21.

Cependant, la poésie lyrique n’était pas morte ; les compositeurs d’odes, de dithyrambes, etc., sont nombreux22. Le scolie est toujours cultivé ; Mélétos, l'accusateur de Socrate, en composait23. Au siècle suivant, Aristote devait donner le modèle du genre, en écrivant cet admirable scolie à la vertu en l’honneur de son parent, le tyran Hermias24.

La scène des Nuées ne nous montre pas seulement les changements qui s’étaient opérés dans les goûts du public athénien au moment de la guerre du Péloponèse; elle nous indique aussi très nettement les différences relatives à la récitation de la poésie lyrique et de la poésie dramatique dans les banquets. La poésie lyrique est chantée23 avec accompagnement de la lyre26, tantôt en chœur2’, tantôt par un convive. Dans ce dernier cas, les convives habiles à jouer de la lyre, oî (ruverot, se font seuls entendre; la lyre circule au milieu des convives, en décrivant ainsi une ligne tortueuse28. Les tirades dramatiques sont déclamées29. Généralement, tous les convives sont en état de réciter un passage d’une tragédie ou d’une comédie. Cette fois c'est un rameau de myrte30 ou de laurier31 qui circule; chaque convive le prend à son tour, chante et, quand il a fini, le passe à son voisin32. Le rameau suit une marche régulière et est reçu par tous les convives. On commence généralement par la droite33. Des morceaux lyriques ont pu être récités de celle manière, le chanteur tenant, non la cithare, mais le

1 Allien,, XV, 694-696; Reilzenstein, 19; Engelbreclit, GÇ ; Bergk, III, p. 643; 1 ' ^ceuwen (6d. des Guêpes d'Arisloph. v. 1123 et 1245) pcuse que Praxilla n’a *las 1ai1 f1es poésies, mais un recueil de napoma. — 2 Wilamo’witz, Arist. u. Alh. II, 319, au sujet des scolies sur les tyrannicides. — 3 Le scolie en l'hon- 11(1111 1 an esl le quatrième du recueil : le scolie cinquième contient une allu-

Sl0n aux victoires contre les Perses. Sur Pan voir Herod. VI, 105-106. Pour toute cttu. discussion, voir Reitzcnstein, p. 13-24. — 4 Scolie en l'honneur de Pan, 1]lil ti. 95, cf. Aristoph. Thesmoph . 977 ; sc. 15, cf. sch. Aristoph. Lysist. 1237.

Itcitzenstein, p. 15. — 6 Les scolies 23 et 24 sont reproduits dans la Const • 1 c. xix et xx. — 1 II, 63. — 8 Scholies d’Oxford ad Plat. Gorgias , 451 E.

M. Croisot, Flist. de la litt. gr . lit, 658 ; Gasté, Op. laud ., p. 17, avec les p ,encos- P) Le scolie 20 relatif au scorpion est imité d’un proverbe; ^uuill.i aurait imité le scolie, Rcitzentsein, 18. Bergk, III, p. 567 et Buchholzp 11 Ant/i. ans der Lyrik. der Gr. 4° éd. p. 176 et 210) attribuent le sc. à '■d'à. le scolie sur le crabe est l’abrégé d’une fable, Reitzcnstein, 19. — H Voir I "t le sc. 16, I indication peT1 A/ikkia d’après le sc. 15. — 12 Hésychius altri- I c scolie à Catlislrate. Les appréciations sur les sc. des tyrannicides sont très 1 Bergk, Poet. lyr . gr. III, p. 646, croit que la strophe 2 est le motif principal,

I " Gs autres strophes ne sont qu’une répétition. Reilzenstein (p. 22) suppose que l'iati c strophes forment un tout divisé en deux parties; c’est à peu près l’ex- Hcation d Engelbreclit, p. 67. Wilamowitz ( Aristot . u. Ath. Il, 319) critique la *'01>“e 4 (Jf- encore Buchholz-Sitzler, Anthol. II, 209. — 13 E. Bergk, III, p. 651 ; itzenslein, p. 33; Engelbreclit, 85; Buchholz-Sitzler, 11,177. — 14 Atheu. XV,

696 A ; Bergk, III, p. 645. Casaubon, le premier, contesta l'authenticité des sept scolies: voir E. Hitler, Die litterarische Thâtigkeit der sieben tVeisen, dans Jlhem. Mus. XXXVIII, 518; 0. Millier, Hist. de la litt . gr. (trad. franc.) Il, 133 ; Leutsch, Philolog . XXX, 134; Engelbreclit, 96. — 15 Fr. 139 Koch. — 16 V. 1353-1376.

— 17 Remarquer le mot ânat pour Simonide, et plus loin Xé;ov quand il s'agira d'un passage d’Eschyle. — 18 V. 1370, ft<r’ Eûg iitt$ou Tiva. — 19 Wilamowitz, Herakles , I, 172; Reitzcnstein, 38. — 20 Equit ., 520. — 21 Plut. Quaest. conv. VII, 8, 3.

— 22 lis sont vivement attaqués par les comiques, Aristoph. Nub ., 333; Fax, 829 ; Av. 1372, 1384, etc. — 23 Aristoph. Ran. 1302. — 24 Athen. XV, 696 A-D ; Diog. Laert. V, 7. Des fragments de scolies ont été trouves récemment eu Egypte, Schubart et Wilamowitz, Berliner Klassiker texte , fasc. V, 2e partie, n. 15. — 25 Aristoph. Vesp ., 269, 1225; Lysistr. 1236; fr. 223; Cratinus, 236; Eupolis, 139, 366. — 26 Aristoph. Acharn. 980; Nub., 1355 ; Sch. Vesp ., 1222, 1239; Plut. Quaest. symp. I, 1,5 = 615 B; Tzetzes, 'IajiSoi te^uxoi «un-oSt'at;, 82. — 27 Le scolie attique (TytouvEiv |*èv aotorov), entre autres, était souvent chanté en chœur; Bergk, p. 645; cf. Platon, Gorgias , 451 E et la scholie. — 28 Diccar. sch. arch. ap. Goryias , cité dans la noie précédeuLc ; Artemon ap. Athen., XV, 694 A ; lesautres textes dans Reitzcnstein, p. 4. — 29 Lesjiqo'Ei; des poètes tragiques, d’Euripide surtout, ont pu être chaalées. — 30 Aristoph. Nub., 1364, et les textes cités ci-dessus, n. 26.

— 31 Le laurier est mentionné par Aristoxèue, Loc. cit. ; sch. Nub., 1364 ; Vesp., 1232, 1239. — 32 Schol. Vesp., 1222, et les textes cilés plus haut

d’Aristoxône, d’Arlémon, de Plutarque. — 33 Pollux, VI, 108 : xai jAupptvyj ln\ $t;t& nEçicpÉpovTE;; Anaxaudride, 1 ; Atheu. XIV, 463 F ; Plat. Sympos. 177 D.

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