‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monumentsChapitre 104 sur 137 · SKY · texte numérisé non relu

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ions ne peuvent y prétendre. C’est donc l’explication

^(0V SûaxoXov1. D’autres, tout au contraire, interpré-

lenU par antiphrase, <rxdÀtc/v — eüxoXov2; dans la joie des banquets, au milieu des fumées du vin, on ne pouvait pas être exigeant : les chants devaient être simples et faciles. Une explication voisine appelait le scolie un chant détourné, tourmenté à cause des libertés et des irrégularités qu’on pouvait s’y permettre3. On sait que César avait demandé à Tyrannion un travail sur le (xéTpov ax oXicvb

Cos explications si nombreuses, si différentes, montrent combien les anciens éLaient embarrassés pour définir le scolie et en dire l’origine. Dicéarque, en n’accordanL le nom de scolies qu’aux poésies chantées en solo par les convives qui savaient s’accompagner de la lyre, était lidèle à l’explication qu’il avait donnée du mot scolion. En général, on était moins rigoureux. Ce mot de scolie, qui primitivement n’avait qu’un sens restreint et désignait seulement une classe dans le genre des 7raooîvia, avait pris, à un moment donné, un sens général et servait à désigner toutes les poésies qui étaient chantées ou récitées dans les banquets6. Des évolutions de ce genre sont fréquentes6.

Cette habitude de donner, dans les réjouissances de la table, une si grande place à la poésie, a été éminemment favorable à la divulgation des œuvres littéraires ; elle a ainsi grandement contribué à développer chez les Grecs la connaissance et le sentiment des beautés poétiques.

Albert Martin.

SKYRIA DIRE. — Dans le droit attique les procès devaient généralement être soumis aux juges dans le délai de trente jours après la déposition de la plainte1 ; ce délai était de rigueur au ive siècle pour les emmenoi dirai. Mais, en réalité, le jugement était souvent différé soit par l’accord amiable des parties, soit sur la demande d’un des plaideurs, qui invoquait avec serment, soit par une requête écrite (TcapxypacpTjb soit par l’intermédiaire dun représentant, une excuse suffisante, telle que

maladie, mort de parents, absence hors de l’Attique 2 [JUSJUKANDiJM, p. 762]. L’expression employée par les poètes comiques, o-xùpta St'xT), indique sans doute une excuse de ce genre, plus ou moins fondée, le fait d’être en voyage ou de résider dans une clérouchie, à Scyros, Lemnos, Imbros ". Ch. Lécrivain.

SMIXTIIIA (Egfvôia). — Fêtes célébrées en l’honneur d un dieu Smintheus, qui a été, à l’époque historique, identifié soit avec Apollon ', soit avec Dionysos*. C’était sans doute une divinité préhellénique3, et, primitivement, un dieu-souris *, invoqué dans la suite pour écarter le mal que les souris font aux moissons 5.

Nous connaissons l’existence de 2puv9ta à Jlion 6, à Alexandrie de Troade7, à Pariane 8 et à Rhodes*. Ces dernières sont les seules sur lesquelles nous ayons quelques détails. Elles comprenaient une procession, des jeux publics et des sacrifices. Philomnestos avait consacré à ces fêles un ouvrage intitulé Ilepl rÆv èv *Po3u> — pcvOetcov 10. Elles étaient célébrées en l’honneur d’Apollon et de Dionysos, peut-être de Dionysos seul11. Il est permis de supposer qu’on célébrait aussi des fêtes de ce nom dans les villes dont le calendrier comprenait un mois appelé S(j.’v9iüjv ,2. Ch. Michel.

SOCCUS. — Variété de chaussure. Elle fut en usage chez les Grecs1, mais nous ignorons quel nom elle portait chez eux. On a mis2 soccus en relation avec cûxyoi3 et erüxyaç1; rapprochement aussi hasardeux que l’étymologie proposée par Isidore de Séville5. Les philologues modernes supposent un radical (sac), impliquant l’idée d’une chaussure qui s’adapte de façon ferme au pied et le recouvre \ mais sans lacets 7, comme une pantoufle. Les Romains l’ont empruntée aux Grecs8, et l’on voit que, chez eux, hommes et femmes s’en servaient : l’Édit de Dioclétien sur le maximum9 mentionne des socci viriles et muliebres. L’adjectif viriles y est traduit en grec par TTcpicpôpivot, que Blümner 10 voudrait interpréter : pantoufles servant à la promenade nonchalante, uEpiiopxÔYiv 11 ;

Dette explication est reproduite par Tzclzôs, *Ia|i.6ot Teyvivot ueçl xwpupStos v. 82; par le scliol. d’Arislopli. Vesp ., 1223 et 1239. — 2 Scliol. Vesp. 1239;

d Oxford du Gorgias de Platon 451 E; enfin divers proverbes cités par lteilzonstein, 7. — 3 Eustalh., 1574, 14; voir O. Muller, Hist. de la Litter. gr. Il, 132. — 4 Suidas, ExôXiov, — S Dicéarque, Artémon, Athénée ont essayé de bien déterminer le genre; mais Etym. M. 718, 55 : Sxô/.ta -à. au^ito-cucA a^aTa. De môuio 1 roelus, Chrestom. (Photius, p. 321, A), Bckker, Engelbrccht, 63 ; Reitzenstem, H. 6 p ,10us suffi ra jc cjier ce qUi est arrivé pour le p.«ean, Athen., ^ 1,1 I I' , Th. Reinach, dans l’art, paean 266, 1 et 279, 1. — Bibliographie, llgen, ^colia, id est carmina convivalia , léna, 1798; Hallstrôm, De scoliis Graecorum comment, academ. Londini goth. 1827 ; Grim, Prolusio scliolastica de scoliis Graecoimn, Dordraci, 1839 ; Koester, Comment, de scoliis, I, Flcnsburg, 1846; A. -F. 'd'Iiuk, Ueber die Tafelyesânge der Griechen , Berlin, 1848; Arm. Gasté, De tcolns sive de convivalibus carminibus apad Graecos, Paris, 1873 (avec une indi- ^ '*cs références anciennes, p. 5-6) ; Runct, De scoliorum origine et usa, Berlin, Engelbrccht, De scoliorum poesi, Vindobonac, 1876; R. Reitzenstein, 190^UWm 1893 ; P. Pasclla, La poesia convivale dei Greci , Livourne,

011 ^dllcr, Histoire de la littérature grecque (trad. fr.), Il, 131 ; Th. Bcrgk, l,U^!USCfle Literat urff6schichte, 11, 1883, p. 161; A. et M. Croisel, Hist. de la ( '• Qr- II, 211 et 111, 637; W. Christ, Gesch. der griech. Literatur. 4° éd.

J: 47’ v’ Wilainowitz-Mocllendorff, Aristoteles u. Athen, II, 316 ;Buchholz- 17°!’ A'dhologie aus den Lyrilc. der Griechen, 11, 4°éd .Teubner, Leipzig, 1898,

> A. laccone, Antologia délia melica greca , Turin, 1994, p. 33 et 254.

58 , ' RU D1KÈ. 1 Dcm. 21, 47 ; 24, 03 ; 42, 13. — 2 Dcm.2l, 84; 42, 13; 48, 25; g ’ : Scho1- Dem. 21 p. 541, 22; Poil. 8, 00; Ilarp. s. r. — 3 Poil.

Li j ^u*d. Phot. Ilcsycli. s. o. "I — Bibliographie. Meier, Schomauu, Der att. Procès s, Berlin, 1883-88, II, p. 906-909. dével T,,l A‘ 1 dans VIliade, 1,39. Le culte d’Apollon Smintheus était surtout niaxiio * V^11^ ^ ^, oa^e» c*‘ 'a dans l°s v'lles qui Y avaient des colonies, à 11a- ^Téin | lla^ » a Cliryse (Polemo, Fr. Hist. graec. III, p. 124),

Put S l°c' C*M» à Alexandrie de Troade (Pausan. X, 12, 5; Mead,

" 2 Aly, Der kretische Apollonkult (Leipzig, 1908), p. 53.

ffftec/t * ^0n> ^nec^ Fesle , p. 301. — 3 Kretsckiner, Einl. in die Gesch. der JJI ■ p. 402 sq. — 4 £|juV(l0l yap uapà Kçyi<tiv oî (io£ç, Schol. ad Lycophr.

1306 ; cf. Strabo, loc. dt. A. Lang ( Custom and Myth. p. 103 sq.) a cru découvrir ici un totem, mais Frazer ( Golden Bough, 2* éd. Il, p. 427 sq.) y xoil avec plus de vraisemblance un dieu-souris. Cf. Lsencr, Gotternamen , p. 261. Sur la souris, animal démoniaque, cf. Tlieophr. Charact. XVI ; Cic. Divin. Il, 27, 59 Gruppe, Griech. Myth. II, p. 803, n. 1.— 5 Apoll. Le x. Hom. p. 143. — 6 Nilsson! Griech. Feste, p. 143. —7 Lolling, Athen. Mitth. IX (1884), p. 72; Le Bns-Wad dington, 1730» ; Cagnat, /user. gr. ad rom. res repert. IV. 244. — 8 Strabo, XIII I. 48 (p. 605) ; Nilsson, loc. cit. —9 /user. gr. XII. 1, 762 ; Schumacher, /{hein. Mus. XLI (1886), p. 238 sq. ; le môme, De Iihodiorum re publica (Heidelberg, 1886), p. 34 sq. ; Dillenbergcr, De sacris Wiodiorum , I (Halle, 188G), p. X sq. ; van Gelder, Gesch. der alten Rhodier (La Haye, 1900), p. 326 sq. — lu Deux fragments ap. Athen. 111, 9, p. 74; X, 63, p. 445\= F. H. G. IV, p. 477. -- il Dittenberger, loc. cit. — 12 Sptotwv et Z(*,nnwv à Magnésie. Kern, Inschr. von Magnesia , 8, 1. 6 ; 1 1, I. 1 ; 8, I. 2 ; 220, 1. 2 ; cf. Le môme, Arch. Anz. 1894, p. 79 ; cf. Gruppe, Griech. Myth. I, p. 1229. n. 2. - Bibliographie. J. de Witlc, Apollon S mint bien {Revue Numism., 1858); Grohmann, Apollo Smintheus und die Redeutung der Mduse in der Mythologie , Prague, 1862 ; Türnpel, Philol. XLIX (1890), p. 572 sq. ; Schomann-Lipsius, Griech. Altert. Il, p. 481 ; W. W. Fowlcr, Class. Rev. VI (1892), p. 413 ; Goodley, Ibid. XV (1901), p. 194, 284, 319; Preller-Roberl, Griech. Myth., 1, p. 255; M. P. Nilsson, Griech. Feste von relig. Redeutung, Leipzig, 1906, p. 142 sq. et 307 ; Farnell, Cultes of greek States. IV, p. 163-9 et 256-7 ; Gruppe, Griech. Myth. 1, p. 301 sq. ; Le même, Mytholog. Literatur , Leipzig’ 1908, p. 410.

SOCCUS. — l Plaut. Trin. III, 2, 94; Ter. Heaut. I, I, 172; Cic. De orat. III, 32, 127. -2 Doedcrlein, Latein. Synon. s. v. - 3 •r**i¥mxm ??ûY,a (Hesych. 5.’ v.). — 4 Pollux, Vil, 22, 86 : fj Si obx/aq, xpiqittSi nèv cotxev. d>vô|A aerrat Si ix X0J (ruvé^tiv Tbv noSa. — 5 ls. Orig. XIX, 34, 12 : Socci appellati inde quod soccum habeant, in quem pars plantae injicitur. — 6 Corssen, Retirage z. latein. Formenlehre, Leipz. 1863. 27 ; Id. Nachtrüge , 64; Al. Vauicek , Etym. Woerterb. der latein. Spr. 2° éd. Leipz., 1881, p. 290; Saalfeld, Tensaurus italogracc. Wien, 1884, s. v. soccus. — < Hor. Epist. II, 1, 174: non adstricto socco ; Isid. L. c. socci non ligantur , sed tantum intromittuntur. — 8 Plin. H. nat. XXXVI, 5, 41. — 9 JX 20-21 Mommsen. — 10 Commentaire de l’Édit, L. c. p. 28. — n J’y verrais plutôt l’indication d’une empeigne eu peau épaisse (?oPtv»j) ; cf. Diph. ap. Athen. 383 f.

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mais les autres espèces de socci sont désignées vaguement par înroSirjjjiaTac. De cette distinction, du moins, on conclura à deux premières variétés de socci.

D'abord une chaussure banale, sans élégance, qu’on mettait, non pas avec la toge, mais avec le pallium1 sans apparat. P. Rutilius Rufus, poursuivi par la haine de Mithridate, échappa aux cruautés du roi en changeant de vêtements, pour prendre soccosque et pallium 2. D'autre part, certains auteurs blâment l’usage du soccus chez les hommes comme une mollesse toute féminine3 * *. Cela suppose un nouveau genre de soccus, de forme sans doute différente et plus décoratif; de fait, il est question de socci où l’or entre comme ornement*; mais alors on

Fig. 6485. — Le soccus.

emploie plutôt le diminutif soccu/us, pour désigner une chaussure efféminée (fig. 6485), qui peut s’agrémenter, en outre, de perles ou pierres précieuses8. Quand donc un grand personnage, comme Caligula6, chaussait le soccus, c’était apparemment le soccus pour dames, bien plus luxueux. A la fin du me siècle, les distinctions se multiplient encore; 1 Ldit de Dioclétien énumère7: socci purpurei sive foenicei, fixés à 60 deniers, socci albi , socci Babulonici purpurei sire albi. Force nous est de négliger ces sous-groupes.

Troisième variété principale : le soccus des acteurs comiques. Des textes très explicites l’opposent au cothurnus , réservé à la tragédie8. Pline le Jeune9 avait deux villas aux bords du lac de Côme, l’une élevée sur des rochers et dominant le lac, l’autre bordant le rivage : il appelait Tragoedia la première ( quod quasi cothurnis), Comoedia la seconde (quod quasi socculis sustinetur ). Donc le soccus comique était une chaussure basse. A priori il semble peu admissible que la même chaussure ait été attribuée à tous les personnages, de conditions diverses, d’une même pièce; entre les cothurnes aussi il y avait des variétés [cothurnus]. On ne sait même si la comédie grecque, à cet égard, a transmis ses coutumes à la comédie latine, fcn Grèce, le soulier des

I Cic. Loc. cil. — 2 Id. Pro Bab. 10, 27. — 3 f>ljn. H. n. XXXVII, 6, 17.

* Haut. Bacch. Il, 3, 98; Tert. De idol. 8: soccus... cotidie deauratur.

3 Senec. De ben. II, 12 : soccutum auratum, immo aureuni , margaritis dis-

tinctum ostendere; Plin. Hist. nat. IX, 35, lit; Suet. Vitell. 2. Cesl peut-être la

pantoufle emboîtant le talon, mais assez ouverte sur le cou-de-picd, que montre une

curieuse statuette de bronze étrusque, notre fig. 0485 (Ant. d'Ercolano , VI, pl. ix et

xi) ; cf. Aluseo Borbon. I, pl. xx ; VII, pl. xxxix (peinture de Pompéi). Une chaussure

analogue se voit fréquemment sur les monumenls étrusques, Gerhard, Elrusk. Spie-

gel, pl. rxiv, lxxix, xciii, etc. et v. plus bas, note 18. — 6 Suet. Calig. 52 : socco

muliebn. — 7 IX, 18, 19, 23. —8 Ovid. Bemed. am. 375-376 ; Martial. VIII, 3, 13 ;

Quint. Inst. or. X, 2, 22; nec comoedia in cothurnos assurgit, nec tragoedia

ingreditur socco ; Plant. Cist. IV, 2, 29; Plin. H n. VII, 30, 111 : comico socco ;

Ovid. Pont. IV, 16, 29-30 ; Hor. Ars poet. 80 et 90. — 9 Ep. IX, 7, 2. — lOAme-

Iung, ’ÊpSi; in Pauly-Wissowa, Real.-Encycl. - U Diomed. ap. Keil, Gramm. lat.

comiques, selon des témoignages que d’autres d’iii leurs contredisent, s’appelait êp.6âç 10 ou plutôt è V ' T7f|î [embas] ; il était plus bas que le cothurne ef *' convenait pas indifféremment, comme celui-ci deux pieds; d’après un grammairien11, c’est justement, dans la palliata qu’on trouve les comici cum socr- [comoedia, fig. 1879],

Les peintures de vases donnent peu de représentation de la comédie ancienne ; on y voit des acteurs pieds nus (fig. 5593) ou munis de sandales (fig. 5592); nous avons surtout des scènes empruntées aux farces de l’Italie méridionale [pülyakes] ; or, dans nombre d’exemples, les per sonnages vont nu-pieds12, preuve que l’acteur de mime n’était pas seul à jouer planipes 13 * ; les acteurs apparaissent également sans souliers dans les préparatifs d’un drame satyrique (fig. 1426). Certains cas sont d’ailleurs douteux11, quand le peintre céramiste n’a pas marqué la chaussure d’une couleur particulière 1S. On voit (fig.

6486) 1 e soccus avec le pedum de Thalie sur une pierre gravée16; une autre pierre représente 17 un personnage grotesque dansant, qui porte la même chaussure, espèces de pantoufles fort lâches18. Des bronzes étrusques (fig. 1088) représentent des baladins dansant avec des chaussures couvrant le pied et très relevées au talon, d’apparence assez semblable à celle qu’offrent les pierres gravées et qui ne s’éloigne pas beaucoup du socci/s efféminé qui a été décrit plus haut. Victor Ciiafot.

SOCIETAS. — Le contrat de société est un contrat conventuel et de bonne foi, dont nous ignorons les origines, mais qui n’a sans doute été reconnu comme tel, qu après la création de la procédure formulaire. Historiquement, le premier type de société connu est la communauté, l’indivision qui parait avoir été fréquente à Rome comme en Grèce, surtout à l’origine, après la mort du père, entre frères, consortes , sous le nom de consortium1 . C’est le genre d’association qui sert de type dans les textes juridiques et paraît expliquer certains caractères essentiels des sociétés postérieures, l’extinction par la mort, l’infamie du condamné, l’emploi du jus fraternitatis dans le contrat et l’action2.

Les jurisconsultes ont distingué plusieurs espèces de sociétés3 : 1° la société universelle de tous les biens présents et futurs, y compris les dettes actuelles et futures, sauf cependant le bénéfice ou le dommage des faits illicites commis par un des membres ( societas omnium botiorum)1; 2° la société des seuls acquêts et gains futurs ( societas quaestus, lucri, compendii ), issus du produit du travail des associés, de leurs acquisitions à titre onéreux ; elle est présumée à défaut de déclaration

I, p. 490. — '2 Heydeniann, Jahrb. d. Inst. I (1886), p. 271, 289, 293, 293, 296, 304. — 13 Diomed. Loc. cit. — H Ex. Heydeniann, O. I. p. 300. — ‘s H arriïlî que loule la jambe paraisse nue; sans doute alors elle était recouverte d auaxjrides couleur de chair. — 16 Wieseler, Denhmtiler d. Bühnenwesens, pl. m, n. ' L Cades, lmpr. gemm. Cent. Il, n. 85. — n Ficoroni, De larvis, scen. XXXI; Wieseler, O. L. pl. XII, 33. W. -Smith, Diction, of greek and roman antiq. 3e éd. Londr., 1

II, p. 679, donne comme une peinture la môme figure tournée à droite. Babelon-BIanchet, Bronzes de la Biblioth. nation 958.

SOCIETAS. 1 Nom ancien : ercto non cito (Gell. 1, 9, 12) ; Fcstus, v. sors . I atl Hiac. v. disertiores ; Varr. De l. lat. 6, 65; Liv. 41, 27, 2; Val. Max. 4. 4, Plut. Aem. 5; Cic. Verr. 2, 3,23 ; De off. 3, 17, 70: Dig. 27, 1, 34, 5 4;

52, §6, 8; 29, 2, 78 ; 10, 2, 39, § 3; Vell. Pat. 1, 10; Plia. Ep. 8, 1». - 2 D^' 17, 2, 63 pr. ; Cic. Pro Bosc. Amer. 40. — 3 Dig. 17, 2, 1, 5-8; Jnst- ' — '«■ Exemples de cette société entre époux : Dig. 34,1, 16, §3 \ Corp.ins.lo-t>

Fig. 6486. — Soccus d’acteur.

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implicite* ; 3° la société portant sur un seul bien, fonds, , sdave [s. unius rei ) ; sur une seule opération, contrat, travail, achat, vente 2. La convention ( politio ) entre un propriétaire et un entrepreneur ( politor )3 pour l’élevage de bétail, la mise en culture d'un champ, ‘ressemble plutôt à l’origine, au colonaL parliaire * ; plus lard, elle peut être considérée soit comme un contrat d’entreprise6, soit ' gomme une société d’un seul bien 6 ; 4° la société relative à une série d’opérations, métier, commerce, industrie /s alicujus negotiationis) et qui exclut par suite la mise en commun des gains de toute autre source1; telles sont les sociétés de marchands d’esclaves ( venaliciarii }, de banquiers ( argentarii )8, où des règles spéciales de l’édit des édiles rendent responsables tous les associés envers les tiers9 [argentarii, p. 408], de propriétaires de gladiateurs [gladiator, p. 1577]. Ces différentes formes de sociétés sont les sociétés privées ( privatae )10, toutes temporaires. Elles diffèrent donc nettement sous la République et le Haut Empire des sociétés corporatives, des corporations professionnelles et autres, sodadités, collèges, qui ont la perpétuité, la personnalité juridique, une fortune commune, une existence indépendante de celle des membres individuels [collegia, fabri, sodalicium]. Sans doute beaucoup de membres de corporations ont pu constituer entre eux des sociétés privées, au sens I étroit; mais en général, les corporations n’ont pas de but professionnel, n’exécutent pas d’entreprises, de travaux en commun 11 ; leur patrimoine est indépendant des patrimoines particuliers des associés. C’est seulement à partir du me siècle et au Bas-Empire que dans les corpo- I rations officielles, devenues des rouages essentiels de l’administration publique, par exemple chez les navicularii, les pis tores, les suarii, les metallarii , chez les | collegiati municipaux, les biens des membres sont,

I comme les propriétés collectives, affectés au service de | la corporation l2, même s’ils changent de main par aliénation volontaire, héritage ou autrement13. Les sociétés privées diffèrent également des sociétés de publicains,

| de fermiers des domaines publics, des mines, des salines quel Etat a, de bonne heure, assimilée&aux corporations 14 [metalla, publicani, sal].

Les éléments du contrat de société sont: 1° l’intention formelle de former une société ( a/J'ectus societatis), sans laquelle il y a simplement indivision etouverture de I 1 action commutii diridundo et non de l’action pro socio ;

I -J un apport soit égal, soit inégal de chacun des asso- I oies, consistant soit en propriété ou en jouissance d’un I olliet, soit en travail, en activité quelconque [opéra,

I industria, gratta) ; 3° l’attribution à chacun d’une part I des avantages, des bénéfices, sans quoi le contrat n’est

pas valable et constitue une société léonine 1 * ; 4° un but licite16. Un membre ne peut être reçu qu’avec le consentement de tous les autres17.

La société n’a ni la personnalité juridique, ni une existence distincte de ses membres qui sont co-propriétaires des biens communs. Mais elle fait naître entre eux des obligations, des créances, des droits, sanctionnés par l’action pro socio. Ils doivent effectuer chacun leur apport18, fournir la garantie contre l’éviction qui pourrait en être faite, apporter aux affaires sociales le même soin qu’aux leurs, en étant responsables de leur dol et de leur faute, s’acquitter des fonctions que leur compétence spéciale leur a fait attribuer19. Ils participent tous aux bénéfices et aux pertes ( lucri et damni communicatio ), soit d’après une convention spéciale, ou d’après une estimation faite par un associé ou un arbitre et qui peut être attaquée en justice, soit à parts égales, quelle qu’ait été la proportion des mises 20. Le contrat fait par un associé avec des tiers n’a d’effet qu’entre les parties, mais la jurisprudence a tempéré en faveur des tiers la rigueur du droit, par exemple, quand la caisse commune bénéficie d’un emprunt, quand un associé a reçu mandat de gérer et dans l’action institoria 21 .

La société se dissout de plusieurs manières22: 1° ex personis. Par la mort, ou la ruine de chaque associé, ou par sa capitis deminutio, quelconque à l’époque classique, seulement maxima ou media dans le droit de Justinien 23. La société en effet a été fondée sur le choix et la valeur propre des personnes24. Elle ne peut continuer que par un nouvel accord entre les survivants et par un accord spécial avec l’héritier du défunt, pour et contre quis’exerce avec une formulespécialel’action pro socio 25 ; 2° ex rebus. Quand le but social est atteint ou que l’actif a disparu 26 ; 3° ex voluntate. Par un accord de tous les associés, par l’arrivée du terme fixé, par la sortie volontaire d un associé [renuntiatio] qui l’expose naturellement à l’action pro socio, quand elle est dolosive, intempestive, sans motif raisonnable ou légitime 27 ; 4° par l’action en dissolution. L’action pro socio, de bonne foi, peut être intentée pendant la durée ou après la fin de la société. Elle comporte l’infamie contre le défendeur condamné28 ; mais il n’est tenu que dans les limites de ses ressources, probablement dès l’époque classique, dans toutes les formes de société29. Le partage des biens communs comporte en outre l’action commuai dividundo30. Ch. Lêcrivain.

SOCII. — Ce mot désigne les villes et les nations qui sont entrées non pas accidentellement et provisoirement, mais d’une façon permanente et définitive, dans l’alliance militaire de Home. 11 faut distinguer les alliés d’Italie et ceux du reste de l’empire romain.

’ DlJ- l7’ 2’ 7-'3. VI, §1.-2 17, 2, 52, § 12-13. — 3 Nonius, p. 66, 27 ; F. '-p. 71, 20; 234. — 4 Cal. De re rust. 136, où le politor lui-même p< P 1 " un ouvrier pour associé. Aux c. 16 et 137 les contrats avec leçhaufourn 1 vigneron rentrent sûrement dans le colonat parliaire. — 5 Suet. Vesp.

ÎT/ 'T C' 'nS' laL 8 Suppl' h il824- ~ 6 l>,'-h ,7’ 52> § î- V- Pcrnice, Z

tr' ,axiSnV-Stiftung, 7, 1886, 2, p. 97-102. — 7 Dig. 17, 2, 71 pr. 52, §

■ ms. lut. 3, 950 (stipulations réciproques pour former une société de Ba

2 '^S ],"'un ,r'ptvque de Transylvanie). — 9 Dig. 21, 1, 44, § 1 ; Rhet. ad Ht

r(lf- 10 ^9- 1'» 2, 59 pr. — *1 Waltzing, Etude hist. sur les corp

13 ^l"°'ess'onnelleschez Romains, 1, 184-1 88. — 12 Cod. l'heod. 10, 13, 1

’,3 il,5'1' 14 : ,4’ 4’ L 8 ; ,4> C >• V. Waltzing, L. c. Il, p. 248-32

,3 p. '■ l3>5> 3> 20. 22, 27; 13, 6, I. 4,7, 8. — U Dig. 17, 2, 59 t

- 18 p 'aedr' Fab- *’ 23 I Di9- I7. 2, 29, §2.-16 Dig. 17, 2, 57. - 17 17, 2, 1

5=> ç , anS *a soc‘^16 universelle, la tradition est tacjte (17, 2, I , § 1, 2). 19 17,

3 lsn"’/'2: ,nSL 3’ 25’ 9' ~20 Di9- )7> 2. 1, 29 pr. 42, 76-80; 14, I, 4 pr. ; G;

tnst. 3, 25, 1,2. - Si Dig. 17, 2, 82 ; 14, I, 4, § 1 ; 14, 3, 13, § 2. Contr

verse pour savoir si le gain apporté par un associé compense la perte causée par sa négligence (17, 2, 23, 25-20 ; Inst. 3, 25, 2). — 22 Dig. 17, 2, 4, § 1, 63, § 10

— 23 17, 2, 4, § 1, 58, § 2, 63, § 10, 05, § 1 ; Gai. 3. 150 ; Inst. 3, 25, 7-8.

— 2« Inst. 3, 25, 5. — 28 Dig. 17, 2, 35, 37, 63, § 3-9, 03, §1,9. — K 17, », 6j . § 10; Inst. 3, 25 , 6. - 27 Dig. 17, 2, i pr., 14-17, 65, § 3, 10; Inst. 3, 25, 3.

— 28 Gai. 4,” 182 ; L. Jut. mun. 1. III. — 29 Dig. 17, 2, 67, § 2 ; 42, 1, 22 si D'après une opinion, seulement dans les sociétés universelles (42, 1, 6).— 30 tu 1 3. — Bi m.ioGRAPH i e. Karlowa, RSm. Rechtsgesctiichte, Leipz., 1885, il, p. 651- 662; Colin, Zum rôm. Vereinsrecht, Berlin, 1873 ; Poisnel, Recherches sur tes sociétés universelles chez les Romains (Noue. Rev. hist. de droit, 1879, p. 532 sq.) i Leist, Zur Geschichte der rôm. Societas, Berlin, 1881 ; Pernice, Zèitschr. d. Sarigny-Stiftung, 3, 1882, p. 48-103 ; 7, 1886, p. 97-102; 9, 1888, p. 232-237 ; Ferrini, Archivio, 3S, 1887, p. 1-32; Lauret, De la personnalité' des sociétés, Paris, 1890 ; Accarias, Précis de dr. romain, Paris, 3e éd. 1882, 11, p. 505, 524: Girard, Manuel de dr. romain, Paris, 3' éd. 1901, p. 570-576 ; Trumpler, Die Geschichte der rôm. Oesellschaftsformen, Berl., 1906.

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Italie. — Les conditions politiques imposées par Home aux villes d Italie se ramènent deux groupes essentiels, l’annexion avec le droit de cité actif ou passif municipium] et la fédération sous deux formes, le droit latin [latini] et le droit des socii. Ce dernier droit ne repose pas, comme le droit latin, sur l’existence ou la fiction d’une nationalité commune avec Rome, mais sur une alliance militaire homogène. Appliqué sans doute d abord aux Herniques et au peuple du Latium novum, mais qui ont été assimiles de bonne heure aux Latins, il a compris ensuite : Naples, peut-être la première ville lédérée, dès 326 av. .1 ,-C. ; les Samnites, avec leurs subdivisions, Picentes, Vestini, Marrucini , Marsi, Peligni, Frentani , dès 290 '. Vers le milieu du iuc siècle il englobe toute 1 Italie jusqu a 1 Arnus et l’Aesis, avec des annexes extérieures dans la Cisalpine, entre autres Ravenne et Genua2. Les principales villes et nations fédérées connues sont: en Etrurie, Populonia, Tarquinii, Arretium, Perusia, Clusium3; chez les Herniques, Aletrium, Ferentinum, Verulae 4 : en Ombrie, Iguvium, Camerinum, Ocriculum8; Tibur, Praeneste, Lavinium6; les Samnites; dans la Campanie, Naples, Nola, Nuceria, Canum 7 ; dans la Lucanie et le Brutium, Yelia, Heraclea, Thurii, Rhegium, Locri, Petelia8. Comme soldais, les socii de race italique s’appellent togati, à l'exclusion des Grecs d’Italie; en face des alliés étrangers de la Cisalpine, tels que les Insubres et les Cénomans, et des étrangers du reste du monde, ils s’appellent, y compris les Grecs d’Italie, les Romains et les Latins, liai ici'-'. Ce mot, tiré de l’ancien nom Italia du sud de la péninsule, adopté de bonne heure par les Grecs de Sicile et de l’Orient, est officiel dès le 11e siècle 10. Il désigne le groupe qui jouit à l’étranger des mêmes privilèges que les Romains11. D’autre part, la terminologie officielle unit souvent les socii aux Latins et aux colonies lalines considérées comme fédérées [latini, p. 976-977].

La situation des alliés est réglée par le traité, foedus aequum ^foedus] qui, impliquant et dissimulant une soumission préalable'-, les a mis au nombre des socii (in sociorum formulant referre) n. Les anciennes ligues et confédérations sont dissoutes, sauf la fédération religieuse des villes étrusques et ombriennes, dont la fête est célébrée à \ olsinii sous la présidence des deux préteurs et des deux édiles du pays jusqu’au iv° siècle ap. J.-C. 14 letrusci, p. 823’. Les villes perdentleurs clientèles, l’indépendance de leur politique étrangère, reconnaissent et subissent toutes les conventions conclues par Rome avec d’autres peuples, doivent fournir, le cas échéant, le contingent militaire fixé par le traité lb selon la formule socii nominisque latini quibus ex formula togatorum milites

SOCII. 1 Liv. 9, 5, (8 ; 10, 3, 1 ; 10, 10, 12 ; Corp. ins. lat. 9, p. 263, 2S2, 290, 317, 319, 479, 317. — ï Cic. Pro Balb. 22, 50; C. ins. lat. 1, 199. — 3 Polyb. 2, 20, 5; 2, 24, 5.-4 Liv. 9, 43; C. ins. lat. 10, 1 p. 365-0, 572. — 5 Cic. pro Balb. 20, 47 ; Val. Max. 6, 5, i ; Liv. 9, 36, 41 ; 28, 45, 20. — « Polyb. 6, 14, 8 ; Liv. 8, II' 15; 43, 2, lo; Vell. Pal. 1, 14. — 7 Liv. 8, 26; Cic. Pro Balb. 9, 28; C. i. I. 10, 1, p. 21, 124, 471. - 8 Cic. L. c. 8, 21 ; 24, 55 ; Polyb. I, 20, U; Appi’an. Bell. Annib. 29, 57 ; Liv. 10, 2 ; 26, 39 ; 34, 53; 39, 5 ; C. i. I. 10, 1, p. 3, 5, 15, 17, 21, 51. Tare» Le et le reste du Brutium ont perdu leur qualité de socii i la suite de leur défection pendant la deuxième guerre punique (Strab. 6, p. 281 ; Gell. 10, 3, 1 9). — 9 Pendant la guerre sociale, les alliés révol tés s appellen l Itali et leur capitale Italia ( Eph . epigr. 6 p. Il ; italia, p. 501). — 10 C. i. I. 10, 7459 (peutêtre de 193); 6950; Sali. Jug. 26 (111); lliod. 5, 20,3. — 11 C. i. I. 1, 203; Liv. 38, 44, 4 : Bomani ac socii nominis Latini. — 12 [,a soumission se dit ; in /idem ou in fidem dicionemque se tradere, dedere , in fidern recipi. (Polyb. 20, 9 ; 12; Liv. 8, 2, 13; 8, 19, 25; 33, 38; 37, 45 ; 42, 8 ; Cic. Verr. 3,6, 15). 13Liv.’ 43, 6, 10; 44, 16, 7. — 14 Annali, 1842, p. 37, pl. c (autel de Caere) ; Vit. Hadr. 19; C. i. I. H, 2115 ( praetor Etruriae XV populorum) ; 2116, 2120, 3257

m terra Italia imperare soient Chaque ville ou le cas, la réunion de plusieurs petites villes fournil °D cohorte d’infanterie ou sa turrna de cavalerie am„ Sa au lieu de rassemblement par son magistrat pronr,!" ! un payeur 11 ; l’ensemble de ces contingents forn'/i alae sociorum , commandées par les six praefecti soc ^ rum romains dont nous ignorons les rapports avecT^ officiers indigènes [exercitus, p. 914], Au lieu desolcf i * les villes grecques du Sud13 fournissent des vaissea ■ qui, avec les contingents de la Sicile, de l’Orient et surt^i de Rhodes19, constituent le noyau de la flotte romain" Les alliés n’ont pas droit légalement au butin, sonlcepen' dant admis quelquefois aux distributions 20 recniw , les memes cadeaux que les citoyens à l’occasion des triomphes21; leurs villes obtiennent, mais dans une proportion moindre que les citoyens, des assignations de terres sur lesquelles a lieu aussi la pratique de Voccu patio [agrariae leges]22. Ils ne doivent à Rome aucune redevance directe, sauf les contributions volontaires et les frais d’entretien de leurs contigenls. A l’intérieur ils jouissent théoriquement et en fait de la plus large autonomie, gardent la souveraineté sur leur territoire, leur droit de propriété privée, leur constitution, leur législation. Rome a imposé quelques lois à toute l’Italie, ainsi le plébiscite Sempronien en matière de dettes d’argent, la loi hannia sur le luxe, les mesures générales de 180 contre les Bacchanales 23 ; mais, en général, c’est de son plein gré qu’une ville alliée accepte les lois romaines, qu’elle devient fundus ( municipium fundanum)u, et probablement aussi qu’elle codifie son droit local' en entrant dans l’alliance romaine, qu’elle emprunte à Rome, comme on le voit presque partout, quelques-unes des j magistratures municipales, édilité, questure, censure [magistratus municipales, p. 1541]. Telle parait être la loi osque de Banda en Lucanie qui mentionne la censure, j la prédire, la questure, le tribunal et renferme des règlements sur le cens, les comices, les tribunaux populaires,

1 intercession des magistrats, la substitution du mois de trente jours au trinum nundinum 23. Les villes alliées gardent leur juridiction propre au civil et au criminel, sauf les empiètements arbitraires des magistrats romains, le droit de recevoir les exilés romains, leurs i calendriers particuliers20, leurs droits monétairesjusqu a la première guerre punique, à partir de laquelle Rome se réserve la frappe de la monnaie d’argent et généralement aussi celle du cuivre [moneta, p. 1976]. C’est le sénat romain qui règle les différends entre les villes [SENATUS].

Cette situation des alliés, passable en théorie, devient en fait, comme celle des Latins, de plus en plus

[aedilis Etruriae)-, 1848 ( jurat(us ) ad sacra Etruriae)-, Orelli, 3866 (un coronalus rusciae et Umbriae, sans doute le successeur de l'ancien prêtre des villes élrusques, qui dirigeait les jeux au sanctuaire de Voltumna); C. i. I. U, 5265 (res‘ crit de Constantin qui sépare les deux fêtes des Ombriens et des Etrusques), j

— 15 Liv. 41, 8,8; 27, 10, 3; Polyb. 2, 24, 4. — 10 C. i. I. 1, 2U0, 1. 21,-50 I (loi agraire de 11 1) ; Liv. 22, 57, 10 ; 27, 9, 3. — 17 Polyb. 6, 21, 5 ; l.iv. 23, 10; j 27, 9. — 18 Liste dans Mommsen, Monnaie rom. 3, p. 197 ; Naples, Velia, Tarenlr, , Locres, Rhegium, Mcssana et probablement aussi Nuceria et lléracléc. — )3 C'c’ | Verr. 5, 19, 49 ; Rio Chrys. 31, p. 620; Joseph. Bell. jud. 1.21,11 : Ant. 16,5, 3-

- 20 c. i. I. 10, 6527. — 21 Liv. 40, 43, 7; 41, 7, 3; 41, 13, 8 ; C. i. I- >. I 541-546. — - 22 C. i. I. 1, 200, 1. 21 ; Appian. Bel. civ. 1, 36 ; Cic. De Iiep. '■

29, 41. - 23 |.iv. 35, 7: Macrob. Sut. 3, 17, 6; C. i. I. I, 190- - 24 Cesl l'explication de Mommsen, préférable à celle de Savigny qui y voit le consentement à l'acceptation du droit de cité (Festus, p. 89 ; Gell. 16, 13, 6; Cic.

Pro Balb. 8, 20-21 ; il, 27 ; C. i. I. 1, 206, 1. 159-103). — 25 C. i •

46-47. — 26 Polyb, 6, 14, 8; Liv. 3, 58, 11; 20, 3, 12; 34, 32, 10: C. >■ l-

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mauvaise, quoiqu’ils fournissent au moins deux fois plus de soldats que les citoyens. Rome viole souvent leurs droits ; à l’armée ils ne sont pas protégés contre les peines corporelles et autres par l’appel au peuple; les concessions du droit de cité deviennent de plus en plus rares. Les Italiens songent alors à obtenir par la force l’égalité civile et politique. Le rejet de la proposition du consul M. Fulvius Flaccus de faire accorder le droit de cité aux alliés, sur leur demande1, amène en 125 la révolte, cruellement réprimée, de la colonie latine de Fregellae. Contre l'aristocratie sénatoriale, le parti des Grecques est favorable aux alliés, mais il n a pour lui ni l’aristocratie des villes italiennes, atteinte par les lois agraires, ni même la plèbe romaine qui ne veut pas partager avec les Italiens ses privilèges, ses distributions de blé. Les propositions de Caius Gracchus en faveur des Italiens sont une des principales causes de sa chute2. La loi Livia de 122, portant la fondation de 12 colonies italiques de 300 colons chacune, n’est pas exécutée. Le vote de la loi Licinia Mucia de civibus regundis sur la vérification du droit de cité et l’exclusion des non-citoyens3,

1 échec des plans de Livi us Drusus en faveur des 1 taliens 4 amènent enfin l’explosion de la guerre sociale (90-88). La ligue italienne comprend surtout les Marses, les Samnites avec les peuples de leur confédération, les Picentini , les VettiniMMarrucinitesFrentani, au sud les Apulièns, presque toute l’Italie centrale et méridionale; Rome garde dans son alliance les Latins, les Etrusques, les (liulir'ens, les colonies romaines, plusieurs colonies latines, les villes grecques, en Campanie Nola et Nuceria. La ligue italienne copie l’organisation romaine, se donne une capitale générale, Corfinium ou italia, un droit de nie lederal, un sénat de 500 membres, deux consuls et d"uze Préteurs- Rome, quoique victorieuse, est obligée de céder sur le point essentiel. A la fin de 90 la loi Julio « 1 ' i n n e le droit de cité, si elles l’acceptent, aux villes latines et aux villes alliées restées fidèles5 *. Peu après ■sans doute au début de 89, la loi Plautia Papiria accorde a toute personne ayant le droit de cité, ou son domicile dans une ville alliée, un délai de deux mois pour sc taire inscrire devant le préteur comme citoyen romain 6 ; les nouveaux citoyens devaient être inscrits soit seule-

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1 Appian. Bel. civ. I, 21, 34- Val May o k a. => a • r

Plni r /. ’ ’ ’ vai* iuax- o, 4. — 2 Appian. L. c. 1, 23-24-

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~12 Exemples «al ITT <7-° 1 f>'in- l8' «• « »»r Nicomédie).

A«l>uUa (Appian Pun ni T ’ T - n’'n01', Tllapsus’ R1»*, Rsaüs, Theudalis, Magnésie du Sipvle A ' • ’ T T’ !' ,9I : Cyzltlue. Seleucia(Strab. 12, 570 ; 10, 731) ; Clv- 62 hjn ’ m,8US’ Lao<,,cée» Sam os, la Lycie (Appiau. AJithr. 61, 83 ; Bel. p>'° Place a9 . Tel,' J’ T T,*' 9b Apollonis, Mytilène, Tarse, Prusa, Antioche (Cic. ». P m, m. T, ' ’ T!Hu'- Pomp- «! HUt. nat. 5, 3,, ,39; Dm. Cbrys. Polyb. 18 35- ... 1 ' Tmen p- 193 ; cl,l0s’ Smyrne, Erythrée (Liv. 38, 38, Il ;

VU! ^ 5’ 27): E'at|le (PaUSa"' ,ü’ 34, 2> i Epl.èse (C. i. I.

ment dans buitdesanciennes tribus, soit, d’après Appien, dans dix tribus nouvelles7; c’est seulement en 81 qu’on les répartit dans toutes les tribus fTBiBUSj. Une partie des alliés, soit fidèles, tels que Naples,' Héraclée, Ruteoli, soit révoltés, tels que les Lucaniens et les Samnites, n’ont pas accepté de suite le droit de cité romaine"; d’autre part, en 81 Sylla reprend le droit de cité à un grand nombre de villes qu’il remet dans le droit latin ; il s écoule donc un certain temps avant que toute i’Ila- ,'e ProPre n’R't reçu le droit de cité’. L’organisation de la Cisalpine a été exposée à l’article latim (p. 97 v. Le mot /ta /ici désigne alors les habitants de droit latin ou romain de toute l’Italie jusqu’aux Alpes l0. Il

disparaît après la concession du droit de cité à la Transpadane en 49.

Provinces. — Les États autonomes socii soit villes, soit royaumes (reges socii) qui ont généralement obtenu celte condition en échange de leurs services12, portent différents noms. Le mol foederoti désigne la forme juridique de l’acte qui en a rattaché quelques-uns a Rome, le traité public {foedus) avec serment est irrévocable 13 ; à l’égard des rois le traité devient caduc à chaque changement de règne et doit être renouvelé avec le successeur14 [foedus, p. 1209). Le mot foederoti n’est d’ailleurs pas officiel et dans le monde grec les villes fédérées s appellent simplement autonomes ou libres15. Le mot liber 1 distingue les républiques des royaumes; la libertas JXsuOspia) est la souveraineté politique sous la forme républicaine. Les villes libres sont de deux catégories suivant qu’il y a traité bilatéral ( foedus ) ou concession unilatérale : foederoti et liberi ou simplement liberi 16 ; dans le second cas, théoriquement, la liberté peut être revoquee, mais en fait la situation est presque la même1' . La jouissance du droit indigène est exprimée en latin par les mots sui« legibus uti, en grec par le mot «ùTOvouta qui est souvent joint à ÈXcuôepia18, mais en ce sens l’autonomie seule ne parait pas comporter l’exemption du tribut. Le terme le plus général est socii ; marquant alliance militaire permanente, il est traduit en grec par le mot augaa/ot qui implique, comme le montrent les traites, une symmachie à la mode grecque, offensive et défensive ; et il est généralement renforcé, par les

î: T,? ATTrie T Tr0ade (Suet- CUwd- 231 TM. Ann. 12, 5S ; üia ‘7 1 [7, s 1), probablement ThisbéfBruns, Fontes, 6" éd. n” 36.-13 En erec ’ s ’

-p.., (Appian. L. c., 1, ,02; Dio. 54,9; Polyb. 4, 9, 4 ; 6, ,4. 8; e'T» 2,” Exemple» de traité, avec les Eloliens, (jadès (Liv. 26, 24- 33 11 . ,7.,'. '

Balb. 8), les Juifs (Joseph. Ant 12 10 C - 13 ï si '1 1, ' ' ’ ,IC- p rn

Sagonte (Cic. V en, 4, 8 ,8 ; 2, 66, ,00 'pro Balb T T'T TT Ta<'r0"-"i4*"’. Rèmes, oconces, Ca, -unies (Tac. Ann. 25 ; mû.'i'J] pîin. TïMTT'T’ 37, 4, 11, 106; 4, 18, 104), Aplirodisias {C. vis nv ^737) Mai.,i . .... ’

Astypalee Mytilène (C. ,. gr. 2485 ; Bull, de eorr. bell'. 6,'p. 356 p'ToT’ V icreck, Serrno graecus n • 23, ; Rhodes, Tyr (Appian. Bel. cic. 4, 66-68 -Tq 'lo’ 15, 1 pr.) ; Saga lassa (Eckliel, 4, 271t. — U cic Pro SV«/ o,- i ’ . 9 ' ’ .5,9,4; .7, 8,4; Liv. 40, 25, 10. J 16 (Plin Ep ,09^^

3, 14 ; Eckhel 2 , 348) ; Aphrodisias (Plin. Hist. nat. 5, 29, <09 • r ins \r T.-' 2-3-); Athènes, Bysancc, Mopsos (Plin. H. nat. 4,7, 24- 4 U VsThT - '«Suet. Gai. 3; Plin. Bp. 10, 92; Dio. 49 ,3 7 ; . .'Tl ! ’ * ' 3' 27’ 9IL Sci-v. Ad Am. 3, 20; Cic. Verr. 3, 6, 13; Plin. H. nat 3 TT" 3 4 T’ 'T sue ,a concession de ^ oh ^jegls P^“Ï

a "-ios y f ra,o,T

les monnaies (Eckhel, 4, 203) sont dites autonomes- Aldla lITTs'a 'T SUr bus, Antioche, Apamée, Ai-elliusa, Diocaesarea Dora C I u gac’ Al,aza1’

cèe, Mopsos, San, osa, cSebaste. Science, Termes, V’^Ph^T^'

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soc

mots qui indiquent l’amitié, amicus , cpiXoç, yio tç et

Les alliés doivent reconnaître et respecter la souveraineté de Rome : majestatem populi romani comiter conservare* . Ils perdent l'indépendance de leur politique étrangère et généralement leurs sujets, sauf Athènes qui garde Délos, Lemnos, Imbros, Scyros, Paros, Ilaliartos [epimeletai, ]). 686] et Marseille qui garde une partie de la côte jusqu’à Nice3; beaucoup de villes conservent naturellement un domaine municipal assez étendu, souvent en dehors de leur territoire4. Rome a supprimé les anciennes confédérations importantes, celles de Marseille, Rhodes, Sparte, Athènes et ne tolère sous la République que les petits groupements tels que les Eleuthérolacones, la ligue lycienne [koinon, p. 810, 8i2j, sous l’Empire les assemblées provinciales [conciliim]. Les alliés subissent la direction politique de Rome, n’interviennent pas dans ses négociations, ne peuvent ni faire de guerres propres ni même se défendre eux-mêmes, sauf s’il s’agit des petits rois vassaux, maintenus aux frontières, par exemple dans le Bosphore, la Cappadoce, la Mauritanie, l’Arabie, à Palmyre8. Ils doivent théoriquement des contingents militaires, fixés par le traité; mais la République ne les réclame que fort rarement, sauf en vaisseaux6; sous l’Empire, au contraire, beaucoup de pays alliés fournissent des auxiliaires [exercitus, p. 915]. Sous la République les alliés ne paient généralement pas d’impôts à Rome, sauf des prestations extraordinaires et des réquisitions1; ils sont presque tous immunes (7.t£Àe;;) * ; mais celte immunité disparaît graduellement sous l'Empire, surtout en Occident9. Les alliés gardent, d’autre part, la souveraineté sur leur territoire, leur droit de propriété privée 10 ; sont considérés fictivement comme étant en dehors de l’empire"; le gouverneur romain ne peut ni pénétrer officiellement ni exercer chez eux sa juridiction, quoique cependant quelques villes libres, Tarse, Utique, Hadrumète, Thapsus, Panorme, Gadès, soient sans doute volontairement le siège du conventus ’2; les troupes romaines n’ont que le droit de passage et ne doivent pas séjourner en permanence, sauf

en cas de guerre et avec l’autorisation du sénat13 - ] ,. villes fixent librement ‘leurs impôts, leurs octrois h reconnaissant toutefois les privilèges accordés par soit à quelques-uns de leurs citoyens, soit surtout aux

fonctionnaires, aux publicains, aux marchands romains et italiens". Elles gardent, comme on l’a vu, leur léms lation indigène et le droit de la modifier 18 ; etentretienmmi ainsi la vie du droit grec dans le monde oriental18 - e]|,,s peuvent accepter volontairement le droit romain"quelques rescrits impériaux 18 et peut-être aussi quelques lois romaines19 ont été applicables à tous les sujets sans exception. Rome a, d’autre part, fait presque partout remanier les institutions démocratiques dans lesensaristocratique [magistratus municipales, p. 1351], Les tribunaux des alliés jugent librement, sans limitation, au civil etau criminel, même les Romains20; mais sous l’Empire peut-être dès Auguste21, les autorités romaines évoquent beaucoup de procès criminels2'2, surtout quand les Romains23 rejettent la juridiction indigène, et beaucoup d’affaires administratives24. Pour le monnayage, Rome se réserve, dès la République, la frappe des monnaies d’or et laisse aux villes libres et aux États vassaux la frappe des monnaies d’argent et de cuivre; mais sous l’Empire, quelques grandes villes seules, Antioche, Mopsuestia, Tarse, Amisus, la Lycie et les rois de Mauritanie, du Pont Polémon, du Bosphore, de l’Arabie nabatéenne conservent la frappe de l’argent ; les autres villes ne gardent, avec permission spéciale, que la frappe du cuivre, et ce monnayage disparaît complètement sous Aurélien [moneta, p. 1 975 J . Les villes alliées gardent généralement leurs calendriers locaux28 et souvent des ères particulières20. Leurs litiges vont, sous la République, devant le sénat qui statue lui-même ou confie la décision à des sénateurs arbitres ou à une ville tierce21 [senatusJ. L’indépendance des alliés, déjà souvent violée sous la République28, malgré les recours au sénat, subit sous l’Empire des restrictions de plus en plus graves2'J qui finissent par l’annuler, surtout, par l’établissement des inspecteurs financiers appelés logistes, otoaôio-rat, correctores [corrector] 30. Ch. Léciwvain.

1 Le Bas-Wadinglon, Voy. arch. 3, 195-199 (Samos) ; Bull, de corr. héll. G, p. 336; 10, p. 165: 9, 473; C. inscr. gr. 2485, 2737 ; Viereck, Sermo graecus n° 23 (traités avec Narthakion en 150, Thvrraea en 94, Slratonicéc en 81, Astypolée en 105, Myiilcne en 62, Aphrodisias en 44); Cic. Pro Balb. 9. 24; Jn Caec. 3, 7 : Suct. Caes. 25; Acta Arval. éd. Henzen, pl. clxxyjii, clxxx. — 2 Cic. Pro Balb. 16, 35, 36; Dig. 49, 15, 7, § 1; Liv. 38, 11, 2; Polyb. 21, 32, 2-14; 21, 45. — 3 Slrab, 4, 1, 9; Corp. inscr. lat. 5, 7914(uu episcopus Nicaeensium). — 4 Terres d'Arpinum en Gaule; de Naples en Crète ; de Luca sur les Icrriloires de Veleia. Parme et Plaisance; de Termessos (Cic. Ad fam. 13, 11 ; C. ins. lat. 10, 3938 ; 9, 1455; 1, 204); d' Aphrodisias, de Stratonicée (C. ins. gr. 2737 ; Bull, de corr. hcll. 9. 473)H de Termessus (C. i. I. 1, 204). — 5 Quelques pays gardent des corps de police (Tac. tiist. I, 6s pour l’Ilelvétic). — Appian. P isp. 44; Dio. Chrys. Or. 31, p. 620. — 7 Appian. Bel. civ. 1, 102 ; C. i. I. 1, 204 ; Cic. Ad Att. 5, 16, 3; Xerr. 4, 9, 20. — 3 Exemples: Aphrodisias (C. i. gr. 2737), Marseille (Justin. 43, 5, 10), Tlieudalis, les Locricns Ozoles. Amphissa (Plin-. FJ . nat. 5, 4, 23 ; 4, 3, 7, 8); Sparte (Strab. 8, 5. 5); Elalée, Pallanlion (Pausan. 10, 34, 2; 8, 43, 1); llion (Suet. Claud. 25; Slrab. 13, 1, 27 ; Tac. Ann. 12, 58) ; Alabanda, la Lycie, Rhodes, Tarse, Laodicée (Bull, de corr. hell. 10. 299; Senec. De benef. 5, 16; Plin. L. c. 2, 29, 109; Appian. Bel. civ. 1, 7 ; Lucian. Macrob. 21); huit villes de Sicile (Cic. Xerr. 3, 6, 13; 5, 22, 56). Exceptions : la reine Teuta, Jérusalem, les princes du Bosphore (Polyb. 2, 12, 3 ; Liv. 22,33, 5; Joseph, Bel. ju.d. 8, 7, 6; Lucian. Alex. 57). Textes généraux : Cic. In Verr. 3, 6, 13; Liv. 33, 32, 5; 34, 57-58 ; 35, 46; Appian. Bel. civ. I, 102; Polyb. 8, 29. — 9 Tac. Ann. 12, 63; 2, 47 ; Suet. Tib. 49; Dig. 50, 15, 8, § 5. — 10 C. i. I. 1 , 204 ; C. i. gr. 2737 ; Suet. Tib. 49; Caes. Bel. gai. 2, 28; Plin. H. nat. 3. 17, 106 ; Dio. Chrys* 34, p. 36. — il De là l'acceptation du droit de cité par les empereurs dans des villes libres (Philoslr. Vit. Apoll. 8, 16 ; Plin. Ep. 10, 92, 93; Slrab. 17, 3, 24 ; Cic. Pro Balb. 4, 9; Suet. Caes. 25) et le droit pour des accusés d'y aller en exil volontaire (Liv. 29, 21, 1 ; Festus, p. 218; Cic. Verr. 2, 1, 22, 59 ; 3, 90, 223; 4, 59, 132; Tusc. 5, 37, 108 ; Pro Balb. Il, 28 ; 12, 29 ; Ad Fam. 14, 4, 5 ; 13, 19, 2; Ad

Att. 3, 6; 5, 11 ; Pro Sest. 67, 140; Brut. 22, 85; 71, 250 ; De rcp. 1, 8, 13; Ascon. p. 54; Tac. Ann. 4. 43; 13, 47). — 12 C. i. gr. 2222; Slrab. 4, 1,5; Suet. Caes. 7 ; Gai. 3 ; Caes. Bel. civ. 2, 36; Bel. Afr. 97 ; Cic, Ad Fam. 3. 6, 4; Verr. 2, 26, 63; 2, 66, 60; 5, 7, 16; De prov. cons. 3, 6; Phil. 2, 38, 97 ; Pro Place. 29, 71; Plin. H. nat. 5, 109; Plut. Pomp. 10; Tac. Ann. 2, 53. Le gouverneur réside môme à Antioche el à Thessalonique. — 13 Joseph. Ant. jud. IL -,

C. i. I. 1, 204; Polyb. 18, 29, 5; Plut. Flam. 10 ; Liv. 45, 20, 12. — ** C. i. I. 1, 203, 204 ; Liv. 38, 44, 4 ; Polyb. 31,7; Cic. De prov. cons. 3, 5 ; Joseph. Ant. 14, 10, 22. — 15 Autres lexles : Liv. 9. 43, 23; 29, 21, 7 ; 45, 29, 4; Plin. Ad Trau 10, 92, 93; Dio Chrys. 34, p. 36; Strab. 17, 3, 24; Caes. Bel. Gai. 7, 76; Dig. 42, 5, 37 ; 42, 24, 3, § 4. — Voir Milteis, Iieichsrecht und Vol/csrecht, p. 85-1 l°- — H Cic. Pro Balb. 8, 20; 11, 27. — 18 Gai. 1, 53 ; Dig. 47, 12, 3, §5. — 19 GaL 1, 47, 185; Ulp. 11, 18, 20; C. J'ist. 7, 71, 4. — 20 Tac. Ann. 2, 55; C. i. <Jr- 2222 ; Cic. Pro Sest. 26, 56 ; 39, 84; Acta Apost. 17, 15-34 (l'apôtre Paul, citoyen romain, traduit devant l’Aréopage) ; Gcll. 12. 7. — 21 Viereck, L. c. n° 9 . h H" obscure d’Auguste à Cnide : s’agit-il d'un appel à l'empereur ou du jugcnunl d’accusés, réfugiés à Rome? Il parait être aussi question de l’appel dans un < " 11 du proconsul d’Asie pour Cos, Bull, de corr. hell. 5, p. 237. — 22 Dig. 4L 1 § 2; Philoslr. Vit. soph. 1, 25, 3, 2, 1, 26 ; 2, 10, 3. — 23 Tac. Ann. 4. 37; Suc . Tib. 37 ; Dio, 57, 24; 60. 24; Plut .Ileip. ger. pr. 19. — 24 Plin. Ad Trai. 1". ,L> 93 ; C. ins. att. 3, 38 (appel à l’empereur ou au proconsul pour les fournil d'huile à Athènes). — 25 C. i?is. gr. 2722, 2817, 3664; C. i. I. 3. 781. — ~ ^ Mommsen, Manuel , 6, 2, p. 341. Antioche a l’ère des Séleucides jusqu en *1 a' (Eckliel, 3, 269). — 27 Liv. 45, 13; Pausan. 7, 11,4; Hirt. Bel. Afr . 97; lh,L'" berger, Syll. 340 : Bull, de corr. hell. 6, 356 ; C. i. gr. 2095; Bruns, Font' -s ^ n° 40. — 28 Plut. Caes. 4; Pomp. 10 ; Cic. De prov. cons. 3, 5 ; 4, 7 ; Du • ^ ^

20, 64 ; Verr. 1, 2, 6; 5, 19. 50; In Pis. 16, 37, 40, 96; Pro Sest. 43, 04 ^ J" Flacc. 26, 63 ; Pro dom. 9, 23; Ascon. p. 128. — 29 Plin. Ep. 16, 8-, ' ’ •

A ug. 47 ; Tib. 37 ; Claud. 25 ; Vesp. 8 ; Dio, 54, 2; 57, 24; 60, 17, - » • ' f* * '

Ann. 4, 36. — 30 plin. Ep. 8, 24; Dio Chrys. 34, 2, 60; 44, p-

Tac.

; Aristid. L

soc

SOI

SOCII NAVALES. — Nom donné à tous ceux qui appartenaient à la marine militaire romaine1, rameurs (remiffes) et matelots ou combattants ( nautae )2. Ce terme provient de ce qu’à Rome, dès le principe, on avait imposé ]a construction des navires de guerre aux peuples alliés [socu] ou sujets, parmi lesquels se recrutaient encore les équipages, la qualité de marin étant méprisée en Italie. 11 resta en usage sous la République, même dans les cas exceptionnels où un autre recrutement s’imposait, notamment parmi les esclaves 3. La condition de ces marins est exposée à classiarii. Victor Ciiapot.

SOCIUS (sceleris ou delicti). — Dans le droit pénal romain, plusieurs termes, dont aucun n'est technique ni précis, désignent les complices : conscius pour une coopération peu active1, auctor pour l’instigation décisive2, minister, adjutor , adm mister , sa telles pour quiconque a prêté une aide matérielle3, socii qui désigne à la fois les délinquants réunis \ souvent par opposition avec leur chef pr inceps sceleris, delicti , principalis reus 5 et aussi les complices par assistance6. Dans un grand nombre de lois, pour une foule de délits publics et privés7, deux locutions générales curare ut..., dolo malo facere ut..., désignent la complicité par l’instigation, l’ordre, l’assistance à 1 acte; dans 1 action de vol, elle est exprimée par les mots ope consilio 8. Dans beaucoup de cas les jurisconsultes ont étendu le texte de la loi qui ne prévoyait que le délit de l’auteur principal à toute participation au délit9. La complicité n’a constitué un délit indépendant que pour le recel et le proxénétisme [lenocinium]. Ses caractères, ses limites n’ont pas été déterminés exactement. Elle comprend, en général, toute coopération intentionnelle, en vue du délit10. En outre, pour le meurtre, l’aide peut être postérieure au crime11 ; pour le parricide la connaissance du crime équivaut à la complicité 12 ; le maître du navire, le logeur, l’aubergiste sont tenus comme complices des vols commis sur le navire ou dans leur établissement13. En vertu du sénalus-consulte Volu- ® 1 *b individus associés malhonnêtement pour exercer une action et en partager le profit sont tous passibles de la peine de vin. Les complices peuvent rester tenus qu, nul «les raisons spéciales libèrent l’auteur principal 13. l’.n général, à l’époque classique, ils sont punis comme auteur principal et comme s’ils avaient commis seuls

Ie délit ; cependant plus tard on établitquelquesdislinctions selon le degré de culpabilité n. Pour les délits commis par 1 esclave sur l’ordre ou le mandat du maître, voir l’article serves. Ch. Lécrivain.

SODAF.ES AUGUSTALES. — Collège créé par l'empereur Tibère pour présider au culte d’Auguste divinisé et prendre la succession de la gens Julia dans les sacrifices qu elle avait à célébrer. Les premiers membres du collège furent tirés au sort au nombre de 21 et, comme il était naturel, parmi les membres de la haute aristocratie (primores civitatis) *. On ne connaît pas Je nom de ces premiers Augustales2. Tibère, Drusus, Claude et Germanicus leur furentadjoints, ce qui portale nombre total à 25.

Chaque place du collège se nommait décurie; il v avait donc, à l’origine, 25 décuries. Ce nombre fut porté ultérieurement à 26, a une date que l'on ignore, mais antérieure à 1 année ol 3. M. Dessau pense que la vinglsixièine décurie fut établie en faveur de Drusus l. Néron fut nommé à une vingt-septième5; une vingt-huitième fut enfin créée au profit de Titus en 71 6. Supprimée après lui, on la rétablit pour y appeler Caracalla1.

Quand un membre du collège venait à mourir, on le remplaçait par voie de cooptation8. On a supposé que la cooptation devait être précédée d'une désignation de l’Empereur, lequel avait droit, pour les autres collèges sacerdotaux, de nommer aux postes vacants9, ou du sénat qui partageait ce droit avec le prince 10.

Les soda les Augustales étaient, dans la hiérarchie sacerdotale, des personnages importants; des places spéciales leur étaient réservées au théâtre; ils s’asseyaient sur des chaises curules11; ils figuraient aux cérémonies religieuses avec les grands collèges de l'Étal12.

A leur tête étaient trois magistri annuels 13 et un fiamine, nommé à vie par l’Empereur. Un texte de la biographie de Marc-Aurèle permet de croire qu'il n’était pas pris d’habitude, parmi les sodales Borghesi, cependant, est d’un avis contraire15; mais, depuis, on n'a point admis sa façon de voir 16.

M. (i. Howe a dressé la liste des sodales Augustales connus. Elle compte 7i noms, depuis l’année 1 4, date de la fondation du collège, jusqu’à l’année 230 l7.

Le même procédé fut employé dans la suite pour assurer le culte des différents empereurs divinisés : on

J; *1 ' [SUr lîhode»)- — Bibijographie. Voir la bibl. .le l’art, latini, et Bolin, Quaco, J"r,s rerJes sacti populi Romani fuerint , Horlin, 1876;Madvig L'EU l[ad; fr- 1883, 111, 44-94 ; 10, 198-202; Külm, Die stâdti'sche an

* rlassun0) Leipzig, 1804, II, p. 14-33 ; Marquait, Manuel des inst t. y, rBTeS’.l"ad' f''' Pa''S’ ,S89'1' Vl11' '.P- 59-88, 97- 108; Mommsen, lbit t*S83 ’ II’ P 2°9i"3D0 ’ MisPoulet, Les institutions politiques îles Romains , Pari: IfcuO ’ I1' 7k v- : Boucbé-Leclercq, Manuel des inst. rom., Paris, 1886, p. 197-191 socii' I itu^s"r le iHS ifatocum (Nouv. rer. hist. de droit, 1881, p. 621-612). P ü ■ V A' ALES. 1 Ferrcro, L Ordinamento Jelle annale romane, Roma, 1871 résuilo" I ‘|POt\£v F!°Ue <ie Misène' f’aris> «*»«. P- 24, 171 sq. - 2 L'équivalent enrôlés XXVI’ :i5‘ — 3 Tile-Livc qui parle, XXIV, 11, de socii navalt

nmu 1 npensa prmata, écrit par redondance sans doute (XXXVII, 10): no

la (Ion”,’ S0CWS nnvales nd classem frequentes habiturum. et là il s'agit d «0 de Polyxéuidas, amiral d'Anlioclios.

Coel Ü.UJ', 29’ 5’ L §21 i Suct. Gai. 58 ; Cic. Pro Clu. 20, 56 ; 22, 60; Pr

as, :„■ Theod" ». 32, I . -2 Sali. Jug. 30 ; Suet. Ner. 33 : TU. 9 : Paul. ï

23 57 • T.’ . V’ 3 § 4- ~ 3 nhet- ad Her- 2. 4, 7 ; Cic. Pro Clu. 22, 60 ; Pro Coe, it. 18 *,l! ,3’ *’ l3; Hist' *• 27'- Diü- 5, 14 ; 48, 16 I, § 13

-t p'iii’J’ P ln‘ EP‘ 3> 9- 12; Senec. Ep. 52; C. Just. 9, 13, 1 ; 9, 8, 5, § 0 14. - 6 A*’ p ” ; 48 ’ 3* MH C. Just. 9, 41, 4 ; Suet. Cae,

Tac Ann .1 !° C 60 : Dl°- 3’ 10 ; C ■ Just- 3- 2, 5; Plin. Ep. 3, 9, 12 “‘j'sWWo’ 48 2°’ '°: '■ t2'6'§4-' Collat ■ 14, 3, 4. — 7 Lèse

C, Jual g ’ • '■ s '• 3, 4) ; parricide (48, 9, I) ; meurtre (Paul. 5. 23, Il

2: Paul 4 J , 0U' *’ 3I> 1); incendie4 faux (Dig. 48, 8. I pr. ; 48, 10, I, § 2

vo'. néculài : V‘°lence’ eiPul,ion {DiS- «. h § 12; C. th. 9, 10, 4 pr.)

(%■ 48, 13, I ; J, MU. 3, 26, 7; Gel!. Il, 18, 24) ; injure, dommag,

(Dig. 47, 10, Il pr., 15 ; Instit. 3, 26, 7); fausses mesures (lex Silia, Bruns, Fontes, 0« éd. p. 46); accusation calomnieuse (Dig. 48, 16, 1, § 13) ; délits divers (47, 7, 7,' § 4; 48, 12, 2, J 1 ; Kroutin. De aq. 129). — 8 Dig. 47, 2, 50, § 1, 52 pr., § 2.' Abréviation : O. c. (Valer. Prob . Not. jur.). — 9 Dig. 48, 16, 1, § 13; 2, 1, 7, 5 5.

— 10 Pour le vol on a l'énumération d'actes qui constituent l insligalioii et I aide: Dig. 47, 2, 50, § I, 3, 4, 52 § 23, 55, § 4, 67, § 2 ; 42, 2, 37 ; Gai, 3, 202 ; Instit. 4, 1, 11. - Il Dig. 29,5,3, § 12. - 12 48,9, 6. - 13 Dig. 47, 5; Paul. 2, 31, 16. 18. — H Dig. 48. 7, 6. — 16 Instit. 4, 1, 12. — 16 Dig. 41, 2, 50, § 1-3 ; 9, ». 51, § 2 ; 43, 24, la, § 2 ; 48, 4, 3 ; 48, 8, 15 ; 9, 4, 2 pr.; 29, 5, 3, § 12 ; 47, 10, 15, § 2 8. Cependant pour le vol l'auleur principal est poursuivi au quadruple, comme pris Cil flagrant délit, les complices au double 147, 2, 34) et dans les aclious pénales Privées, on doit déterminer la part de responsabilité de chacun (9, 2, II. § 2).

— n Paul. 5, 23, 17; Dig. 48, 19 , 40; Cad. Theod. 9. 32, 2. — Biiii.iogkaphie. Rem, Pas t nminalrecht der Rômer, p. 197; Mommsen, Strafrccht, Leipzig, 1899, p. 98-103; 745-6 ; trad. fr. I, p. 1 13-120.

SODA LUS AUGUSTALES. I Tac. Ann. I, 54; Hist. Il, 95; Rio, LVI, 46.

- 2 Cf. cependant, Dessau, Ephem. epigr. III, p. 200. — 3 Beurlier, Essai sur le culte rendu aux empereurs, p. 82.-4 Loc.cil. p. 76 et 207. —6 Corp. Insc ■. t.al. VI, ,9si- — 6 Ibid- ~ 7 Beurlier, Op. cit. p. 83. — 8 Suet. Galb. 8 ; Corp. ins. lut. \ 1, 1984. — 9 Dio, Ll, 20. Cf. Beurlier. Op. cit. p. 84. — 10 Tac. Ann. III, 19 ; Borgliesi, Œuvr. III, p. 400 et sq. — U Tac. Ann. 11,83. — 18 Ibid. III, 64 ; Dio, LVIil, 12. — 13 On a eu la liste pour les années 213 et 214 (C. i. I. VI, 1987 ; XIV, 2391)'

— '4 Vita Marc) , 7 ; flaminem ex af/inibus, sodales ex amicissimis. — 16 (Eue. III. p. 402. — 16 Dessau, Loc. cit. p. 222 ; Marquardt, Le culte, II, p. 224 ; Beurhor, Op. cit. p. 93. — 17 Easti sacerdotum p. r. publicorum net Pis imperatoriae (Leipzig, 1904), VIII, p. 42 sq.

SOD

SOD

créa successivement d'autres confréries, qui prirent le nom du souverain dont elles devaient garder la mémoire.

Tout d’abord, à la mort de Claude1, ou peut-être seulement en 63, au moment de la naissance de la fille que Néron eut de Poppée2, la sodalité des Augustales fut renforcée de Claudiales ; le titre officiel des membres devint dès lors Augustales Claudiales. A la mort de Vespasien furent créés les sodales Fluviales , qui joignirent à leur nom celui de Titiales après la mort de Titus3. On ignore le nombre des membres de cette confrérie. Puis se formèrent les sodales Hadrianales, après Hadrien 4 et les sodales Antoniniani, après Antonin le Pieux \ Ce fut le dernier collège de ce genre que l’on établit ; il fut chargé du culte de tous les empereurs divinisés postérieurement à Antonin. Aussi ajoutait-on à leur nom celui de chaque nouveau Divus. Par là s’explique les noms de sodales Antoniniani l ’criani*, sodales Mariant Antoniniani \ sodales Aureliani Antoniniani* , sodales Antoniniani Commodiani, Uelviani, Severiani 9, qui se rencontrent dans les inscriptions. R. Cagnat.

SODALICIUM, SODALITAS. — 1. Dès la plus haute antiquité, il exista à Rome des groupements de personnes constituées en vue du culte et dont la raison d’être était surtout d'assurer la régularité de certains sacrifices et de certains repas sacrés. On donnait à ces groupements le nom de sodalitas-, ceux qui en faisaient partie s’appelaient sodales 1 . Celte institution remontait très haut: la légende l'attribue à Romulus, qui aurait ainsi assuré, disait-on, le culte du sabin Tatius 2. Ces sodalilés offraient donc, au point de vue de la religion, une certaine ressemblance avec les genles, chargées de la célébration des sacra gentilicia-, mais elles ne se confondaient pas avec elles et, au besoin, les remplaçaient. Quand une gens à qui l'État avait confié la garde de quelqu’un des sacra publica menaçait de s’éteindre, pour empêcher la disparition de ces sacra , on introduisait dans la gens des étrangers ; de la sorte, on la transformait en sodalitas, en confrérie. On cite comme exemple du fait la sodalité des Lu perd , qui comprenait des Fabiani et des Quintiliani 3, plus lard des Juliani4, parce que les membres appartenaient à trois familles, les Fabii, les Quintilii et les Julii.

D’autres fois, lorsqu’on établissait un culte nouveau, on en confiait la garde à une confrérie, qui pouvait être une gens, mais aussi une agglomération quelconque de personnes exerçant la même profession, habitant le même quartier ou même n'ayant d’autres liens entre eux que de coopérer aux mêmes cérémonies religieuses. On ne sait pas au juste comment avaient été constitués à l’origine les sodales Titii , que Romulus avait fondés retinendis Sabinorum sacris 5 : mais il est d’autres sodalités dont les débuts sont mieux connus. De ce nombre est l’association des Mercatores ou Mercuriales préposés, au culte de Mercure, au pied de l’Avenlin, qui fut composée en 495-269, des marchands établis dans le voisinage6; ou encore le collège des Capilolini, créé en 367-387 après

1 Borglicsi, Œuv. III, p. 147; Dessau, Op. cit. p. 211. — 2 Beurlier, Op. cit. p. 86. — 3 Ibid. p. 87. — '* Vita Badr., 27. — 5 Vit a Anton., 13 — 6 Corp. ins. lut. VI, 1497. —7 Ibid. V1U, 7030. — 8 Ibid. V, 3223 ; VIII, 1222. —9 Ibid. VI, 13. Bibliographie. Borgliesi, Œuvres , III, p. 391 sq. ; Dessau, Ephem. epif/r. III, p. 203 sq. ; Beurlier, Essai sur le culte rendu aux empereurs romains, p. 81 sq.

SODALICIUM, SODALITAS. 1 Fest. Ep. p. 296 cl 297 : Sodales dicti quod una sederent et essent. — 2 Macrob. Satura. I, f>, 32. — 3 Fest. Ep p. 87 et 257 ; Aur. Vict., De orig. gcnt. rom. 22. — 4 Dio, XL1V, G. Cf. Beurlier, Le culte rendu aux empereurs romains , p. 80. — 5 Tac. Ann. I, 44 ; II, 95. — 6 Fest. Ep. p. 148; Liv. II, 27, 5 ; Merlin, L’ Aient in dans l’ Antiquité, p. 183. — 7 Liv. V, 50, 4 ; 52, 1 1 ;

la défaite des Gaulois, en même temps que les jeux (’ tolins et pour les célébrer, de la réunion des cilo habitant le quartier du Capitole1. De même tnr= ‘ ■ *

^ i i S(| tl qjj

apporta de Pessinonle la statue de la mère des Dieux | République, afin d’en assurer le culte, recruta parmi i,,. membres des premières familles des sodales, qui furent réunis en une confrérie nouvelle8. Plus lard encore quand César éleva le temple de Vénus Genilrix protec trice de la famille des Jules, il fonda une sodalité, quq| composa de tous les membres de la gens J ulia9 et qui subsista quelque temps à l’époque impériale.

Telles sont également l’origine et la nature des sodai.es augustales, établis par Tibère, à Rome, à l’image des sodales Titii l0, pour présider au culte d’Auguste divinisé

On sait qu’à l’exemple des sodales Augustales et pour assurer le culte des différents empereurs divinisés successivement, d’autres confréries furent créées, qui prirent le nom du souverain dont elles devaient garder la mémoire. A la mort de Claude la sodalité des Augustales fut renforcée de Claudiales-, à la mort de Vespasien naquirent les Sodales Flaviales, qui joignirent à leur nom celui de Titiales, quand Titus fut mort. Puis se constituèrent les sodales Hadrianales après Hadrien, et les sodales Antoniniani, après Antonin le Pieux [sodales augustales].

Les membres de ces sortes de confréries n’élaient pas des prêtres chargés de célébrer les cérémonies sacrées: ces prêtres existaient à côté d’eux et en dehors; ils assistaient seulement aux sacrifices et aux réunions et organisaient des festins ", Ce n’étaient que des cul tores, dont le devoir était de supporter les frais du culte. Leur situation était, par là même, très semblable àcelledesmembres des gentes. 11 existait même entre eux des liens sacrés comme entre cognati. et affine s. Un sodalis ne pouvait accuser son confrère12, ni prendre sa défense comme avocat13, ni figurer parmi ses juges dans un procès14.

II. Le mot sodalitas 15, ou plus souvent sodalicium 1 1-, est encore employé, à l’époque républicaine, pour désigner un autre genre d’association, qui n’a plus rien de commun avec la religion, mais qui relève de la politique17. En fait, au vu0 siècle de Rome, toutes les corporations, religieuses ou autres, s’occupèrent de politique; elles soutenaient leurs membres aux élections, se laissaient parfois corrompre par des candidats, ou même descendaient dans la rue pour soutenir les ambitieux turbulents. Mais elles n’étaient pas désignées parle terme sodalicium. Celui-ci était réservé aux associations créées dans un but exclusivement politique, dans le but de faire naître et d’entretenir l’agitation. lien est question plus dune fois dans Cicéron 18. C’est contre elles que fut dirigée la lex Licinia rjuae est de sodaliciis et le sénatus-consulte de l’an 696-58 ut sodalitates decuriatique discederent. « Elles se composaient, dit M. Waltzing19, de citoyens puissants, désireux d’arriver aux honneurs; elles étaient permanentes, avaient leurs agents, leurs chefs et sans

Cic. Ad IJ.fr. Il, 5. — 8 Cic. De sen. XIII, 45 ; Gell. Il, 24,2.— 3 Pli»- II, 93 ; Jul Obscq. 08 (118) ; Dio, XLV, 6-, Symm. Laudes in Valent, sen- U.

— 10 Tac. Ann. I, 54 ; Hist. Il, 95. — H Cic. De sen. XIII, 45 ; Gell. U»

— Cic. Pro Cad. XI, 26 ; De pet. cons. 5, 16. — 13 Corp. ins. lat. 08 (l'-' ' l ( tund.) I. 9 et 10. — 14 Ibid. I. 22. Cf. sur tout ceci, Mommsen, De colleges- 1^ et 3. — Cic. Ad Q. fr. V, 19 ; 11, 3, 3 ; Pro Plancio, 15, 37. — 1° Ascon. In. • 34; Pro Plancio , 15, 36; 19, 47. — 17 Cf. Mommsen, De collèges , I1 -nn1)\

— 18 Cf les noies 15, 10 ; ajouter De pet. vous. V, 19 : Quattuor sodalitdes ho ^ ^ adambitionem gratiosissimorum tibi obligasti, M. Fundani , Q . Galle, C. c

L. Corvini. — 10 Les corporations professionnelles chez les Romains , I» I

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doute leurs statuts1. Destinées à soutenir les confrères ou leurs amis, elles gagnaient les électeurs en masse, cliaqUe associé travaillant sa tribu. Les citoyens disposés à se vendre se faisaient inscrire ; ils étaient diviséS en décuries ( decuriati ) par les agents de la soda- )ilé (dit) isores, séquestres ), qui distribuaient le prix des suffrages; mais ces vendus ne formaient pas de collèges véritables 2. » Néanmoins la naissance et la multiplication de ces pseudo-collèges furent la cause des différentes mesures restrictives prises au dernier siècle contre les collèges eux mêmes Ils furent englobés dans la loi commune.

Il suffira de rappeler ici brièvement 3 qu’en 04-090, époque de la première conjuration de Catilina, un sénatusconsulte supprima tous les collèges, excepté un petit nombre dont l’intérêt public exigeait le maintien4. Mais Clodius devenu tribun de la plèbe en 58 fit voter une loi qui les rétablissait el rendait au peuple la liberté d’association ( lex Clodia de collegiis )s. Il en profita pourconstituer un grand nombre d’associations nouvelles qu'il composa des éléments les moins recommandables de la population, même d’esclaves. L’ordre ne se rétablit en partie qu’à la mort de Clodius. Le sénat, pour empêcher le retour de semblables faits, rendit en 56 un nouveau sénatus-consulte qui, cette fois, visait exclusivement les sodalicia , les clubs politiques : ils furent dissous"; mais on remettait le soin de sanctionner ce sénatus-consulte à une loi postérieure. Elle fut votée l’année suivante; c’est la lex Licinia de sodaliciis1 : elle punissait de l’exil les membres des clubs électoraux. Pour compléter la mesure et empêcher tous les autres collèges de se mêler de politique, César les supprima tous d’une façon générale8; de la sorte, il n’y avait pas lieu de faire de distinction entre collegia et sodalicia., et le pouvoir central était assuré de la tranquillité.

Cette fois encore on n’obtint point un effet décisif : à la faveur de l’anarchie qui suivit la mort de César, les associations se reformèrent. « Tous les jours, dit Suétone, se lormaient des associations factieuses et criminelles, qui se déguisaient sous le titre de collèges nouveaux ». Auguste dut intervenir à son tour9. De nouveau, tous les collèges furent supprimés; mais le droit d’association fut réglé pour l’avenir par une lex Julia de col/egiis : elle décidait que les associations, pour être légales, devaient obtenir une autorisation spéciale du sénat (e lege Julia) 10 ; celles qui ne l’avaient pas obtenue étaient tenues pour illicites el leur existence même constituait un délit 11 . Ses successeurs eurent soin que la loi fût sévèrement observée <2.

l orsqu’on rencontre à l'époque impériale le terme de sodalitas et de sodalicium , dans les inscriptions, c’est comme synonyme de collegium. Les exemples ont été recueillis par M. Waltzing13.

ut r / 1 'C* ^ ' cons’ 1,1 ’ A 'l 0- fr- III, I. — 2 Quo facto conscribebantur e0" c°Uegiorumve tribuariorum speciem referrent, dit Mommsen (Op. cit. i — 3 Pour les développements voir l'article cou.p.gium et Waltzing, Op. cit. j I , ) Ml' 4 Ascoa, in Corn. p. 67 ; in Pison . p. 6 ; Cic. Pro Sestio , 25, 55; in ‘‘Son- 1V'8 el 9; üio, XXXVIII, 13, 2.-5 Cic. Ad AU. 111, 15, 4; Post. red.

___ ( ./f ' l ’’ 88 I Pro Sestio , 15, 34 ; 25, 35 ; Jn Pison. IV, 9 ; Ascon. In Pison, p. 8. à c',/" 'rf' fT' **'*• — 1 Pr° Plane. 15, 30; Scliol. Barb. p. 253 (ed. Orelli). Cf.

58 ' S"iet Monlmse", P» collegiis, p. 42 sq. ; M. Colin, Vereinsrecht. p. 45 sq.

^ I ■ Liebenam, Rom. Vereinswesen, p. 25 sq. — 8 Suel. Caes. 42. — 9 Suet.

Dh, Xtv r 10 1 ' '■ L VI’ 2193 = 4410 ! D‘9- JI1' 4- *• — 11 Tac. Ann. XIV, 17; ncllrS ^ 12 XLVII, 22, 1. Cf. Waltzing, Corporations profession-

141 1 13 8tl- — 13 Op. cit. index collcg. (terminologie), IV, p. 207,233, 240,

odalitas ( C. i. I. IX, 4043 ; XIV, 2125) ; sodalicium (II, 1203, 2428, 3730,

Quant au mot sodales, il a une signification très étendue et s’applique à tous les membres d’un collège. Sodales sunt, lit-on au .Digeste, qui ejusdem collegii sunt ’4. On trouve donc désignés ainsi les membres des associations ouvrières et surtout ceux des collèges funéraires i5.

L’organisation de ces divers collèges a été expliquée ailleurs [collegium, kabhi, funus]. On sait qu’elle reproduit assez lidèleinent l’organisation municipale avec la division des membres en centuries et décuries; on y retrouve des assemblées générales, un comité administratif de décurions, des présidents [magister], des trésoriers [quaestor], des patrons [patronusJ, un budget de recettes el de dépenses, lin règlement intérieur [lex] et des décrets que les sodales rendaient au cours de leurs réunions. On saitaussi qu’ils avaient gardé des anciennes sodalilés, surtout des collèges funéraires, l’habitude des sacrifices en commun et des banquets célébrés dans leurs salles de réunion [schola] l6. H. Cagxat.

SOL. "HXtoç. Le Soleil. — Le seul nom d’"HXi>jç désigne à la fois, dans une inséparable unité de conception, naturelle à l’esprit grec, plus difficile à saisir pour nous, l’astre, la force dont il est l’apparence sensible et la personnification divine de cette force1. C’est d’Ilélios personne divine, de sa légende et de son culte à l’époque classique grecque que nousdevons surtout nous occuper ici. Mais on n’auraitdu dieu-soleilqu’une notion inexacte, à ne considérer que la place qu’il tient dans la religion littéraire et artistique de la Grèce classique. Elle est secondaire, et la figure d’Hélios est loin d’avoir pris, dans cette religion anthropomorphique, le relief de celle des grandes divinités de l’Olympe. Chez celles-ci, l’élément personnel, très développé par la littérature et par l’art, a tout à fait rejeté dans l’ombre l'élément impersonnel, la réalité naturelle qui leur sert de substrat; la tendance anthropomorphique a pu se donner libre cours et tout un culte se constituer. Au contraire, pour le dieu "HAioç, le substrat naturel était trop précis et trop fortement représenté aux yeux et à l’esprit pour qu'une personnalité bien indépendante pût s’en séparer et se développer largement, à côté et au-dessus de lui ; c’est pourquoi le dieu llélios n’a pas, dans le mythe, dans le culte, dans l’art de la Grèce du vcet du ive siècle, la place d’un Poséidon ou d’uneAthéna. Mais il a dû en être tout autrement à l’époque la plus ancienne de la religion grecque, antérieure à l’anthropomorphisme homérique et classique. Il ne se peut pas qu’à cette époque, la plus apparente et la plus puissante des forces naturelles n’ait joué un grand rôle dans la religion, et dans le culte les procédés par lesquels on pouvait entretenir et diriger son énergie. De fait le culle du soleil se retrouve dans toutes les religions de l’Europe primitive; si l’école de Max Millier a eu le tort d’en vouloir tirer toute la reli-

8254 ; V, 1703, 6869, 6951, 7044 ; VI, 241, 338, 467, 630, 717 ; IX, 5450 ; XI, 1159,

6135) ; collegium sodalicium (XI, 2722). — H Dig. XLVll, 22, 4. 15 C. i. I. II

1 186, 823, 2731, 2732, 31 14-17, 4064, 5879, 6019 : IV, 221 ; V, 4000, 4853; VI* 675,839, 1339, 2265,5886, 6221, 9130, 9224, 10081, 10681, 12744, 26167, 22462; VIII, 3762, 11549; IX, 496, 1746, 3047, 3065, 3740 ; X, 174, 7858, 8109; XI. 4749 ; XII, 1914 ; XIII, 531. — 16 Voir sur loulcs ces questions Waltzing, Corpor. professionnelles, I, p. 334 sq. — Bibliographie . Th. Mommsen, De collegiis et sodaliciis Romanorum , Kiliae, 1843 ; M. Cohn, Zum rômischen Vereinsrecht, Berlin, 1873; Liebenam, Zur Geschichte und Organisation des rômischen Vereitisicesens, Leipzig, 1890 ; J. -P. Waltzing, Etude historique sur les corporations professionnelles chez les Romains , Louvain, 1895 (avec la bibliographie de tous les ouvrages utiles qui ont traité des collèges).

SOL. 1 Cf. les observations de Ciruppe, Griech. Myth . u. Relig. Gesch. p. 1058 sq.

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gioa et toute la mythologie grecques1, l’importance du culte liéliolatrique à l’époque préhistorique est un fait assuré3. On a retrouvé de nombreux monuments de ce culte, et tout d’abord des représentations du disque solaire. Nous devons nous borner ici aux pays grecs; en dehors d’eux, mentionnons seulement le mieux conservé de .ces monuments, celui trouvé à Trundholm, dans l'ile de Seeland3 ; c’est un chariot de bronze à six roues, portant un disque formé de deux plaques accolées, et recouvert d’un côté, en sa partie centrale, par une mince feuille d’or estampée et gravée, décorée de cercles et de spirales ; les roues sont disposées pour tourner librement autour de leurs axes et le char était relié au disque

par un fil (fig. 6487). Cette disposition donne lieu de penser que ce char et les objets analogues n’étaient pas seulement des représentations du soleil, mais servaient à des pratiques cultuelles et magiques4.

En pays grec, des monuments de l’époque prémycénienne et mycénienne offrent des représentations analogues. Sur un bandeau en argent historié, trouvé par M. Tsountas dans l’ile de Syros5, sont figurées des rosaces précédées d'un cheval qui porte un collier. M. Décheletle interprète le monument de la façon la plus vraisemblable en y reconnaissant le disque solaire6. Il interprète de même, sur des fusaïoles d’IIissarlik, associés ou non à des quadrupèdes, les svastikas ou croix gammées; ce symbole ne serait qu’un dérivé graphique de la roue à quatre rayonset du disque représentant le soleil. De fait, la croix gammée accompagne encore, à une époque très postérieure, sur un vase, la représentation anthropomorphique d'Hélioa7. Le signe de la roue crucifère, fréquent sur les monumentségéens 8, serait également un symbole du culte héliaque ; ainsi s’expliqueraient et le décor d’urnes créloises9, et certains détails de l’amphore de Pitané10, où cercles radiés et représentations animales rappelleraient également le culte du soleil. Aussi bien l’astre lui-même, sous son aspect naturel, figure sur des gemmes ou des bagues mycéniennes : ainsi sur la grande bague d'or, aux sujets si diversement interprétés, Lrouvée sur l’acropole de Mycènes11, et sur une gemme crétoise, où il apparaît dans le champ, au-dessus de deux lions affrontés13; il ne peut guère s’agir d’ornements de rem-

* V. pour l’exposé de celte théorie les ouvrages de Max Miiller, Mythol. comparée ■, 1859; ffist. des relit/. 1872 ; Sc. de la relig. 1875; el aussi la Mythol. de la Grèce ant. de Decharme,2c éd. 1886. — 2 Cf. surtout Décheletle, dans Rev. arch- 1909, 1, p. 305 sq. ; II, p. 94 sq., à qui nous empruntons la plupart des détails qui suivent. — 3 Cf. S. Miiller, Nordis/ce Fonidsminder, Copenhague, 1903, p. 303- 321 ; L' Europe préhistorique, trad. Philipot, planche non numérotée = Décheletle, L.c. p. 308. — 4 Cf. S. Reiuach, daus Rev. hisl. des relig. 1908, p. 3. — 5 Cf. Tsountas, ’E*. ’Apy. 1899, p. 73 sq. -- 6 Cf. Décheletle, Loc. cit. p. 31 3. — ^ Arch. Zeit. 1848, p. 20 — Reinach, Rép. II, p. 368. — «Exemple : Karo, dans Areh.f. Religion-

plissage, et la représentation ne peut être que religieuse Ce n’est pas seulement Hélios et le char solaire c’esi aussi le mythe classique de la barque du soleil dont on trouve, d’après M. Déclielette, de très nombreuses repré senlations àl’époque préhistorique, danstousles paysde l’Europe, et particulièrement en Grèce et en Italie13 C’est la barque solaire qui serait représentée sur des coupes à fond plat du temps prémycénien, découvertes à Chalandriani, dans l'ile de Syros14, sous la forme d’un bateau non monté, à double rang de rames, dont G proue élevée est surmontée d’un poisson qui semble guider le navire ; le poisson serait la représentation animale du dieu solaire, devenu plus tard, chez les Grecs l’Apollon delphinien, identique à Hélios15. Une autre forme du même dieu serait le cygne, qu’on retrouve en fait à l’époque classique, dans la légende apollinienne [apolloJ. Dans des pays très divers, en Scandinavie, en Germanie, en Hongrie, en Italie, on voit figurée, sur des situles de bronze, sur des bandeaux métalliques, sur des boucliers16,’ la barque solaire encadrant le disque même du soleil dans sa partie inférieure, et pourvue à chaque extrémité d’une protomé de cygne; la représentation va des formes les plus nettes aux formes les plus stylisées ; la barque même disparait, et le cygne seul rappelle le sens héliaque de la représentation. Tous ces symboles héliaques, cercles, disques radiés, croix gammées, chevaux, cygnes, M. Déchelette les retrouve encore sur les monuments de l’âge suivant, dipyliens et villanoviens.

Qu’on se range ou non jusqu’au bout à toutes ces hypothèses — qui restent des hypothèses — l’importance et l’extension du culte du soleil dans le monde grécoégéen, comme dans toute l’Europe préhistorique, semble attestée suffisamment par les seuls monuments de Syros et de l’art rnycéno-crétois que nous avons mentionnés; et il est constant qu’aux populations de la Grèce primitive Hélios et son voyage à travers le ciel apparaissaient sous la même forme imaginative qu’aux Grecs de l’âge classique, sous les deux symboles du disque et du cheval, tous deux de même sens. L’assimilation du soleil à un cheval d’une blancheur éclatante est courante dans les hymnes védiques, et s’explique tout directement, sans qu’il soit nécessaire d’avoir recours à l’explication compliquée deGruppe17, qui identifie le cheval avec le génie du vent, poussant dans le ciel le char d’Hélios. C’est déjà une conception dérivée que nous venons de trouver réalisée à l’époque prémycénienne: union du disque et du cheval, celui-ci séparé déjà du soleil lui-même et conçu comme traînant sur la route céleste le char héliaque. A l’âge classique, la dissociation sera complète : le cheval solaire aura perdu son sens propre, et. lui el ses compagnons ne seront plus que l’attelage d'un char, conduit par un Hélios à forme humaine.

Hélios à l'époque classique : caractère et attributions''1'. — Des pratiques en usage dans la Grèce classique, comme celle, mentionnée par Platon 19, de la prière

swiss. 1904, p. 146. — 9 Cf. Perrot et Chipiez, Hist. de l'Art. VI, p. 679. 1 ;

p. 929. — H Cf. Evans, Journ. of hell. stud. 1901 , p. 108, fig. V- — 13 Ibid. p. r 1 ) lig. 41. — 13 Cf. Décheletle, loc. cit. 1, p. 325 sq. — O Cf. Tsountas, loc. cil ■ P

— U* M. Déchelette admet que ». le caractère solaire de l'Apollon hellénique esliecoi" aujourd'hui à peu près universellement ». Ce n’est pas tout à fait exact : v. phi»

— 15 Cf. les plauches de Montélius, Civil, prim. en Italie ; et Montélius-Reinac^ Temps préhist . en Suède ; cf. aussi art. de Montélius, dans Strena Helbigiena . Psq. — *1 Cruppe, Op.cit. p. 839.-— 18 Pour tout ce qui suit, nous devons heau^ I à l'article Hélios , de Rapp, dans le Lexikon de Uoscher. — J9 PtftU .V' P*

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oiidienne au soleil, à son lever et ;l son coucher, sont j(,s souvenirs de l’époque où le culte héliaque était très développé. Mais, quoi qu’il en soit de ces survivances, ni ]fiS ]jelix où est attesté un culte régulier d’Hélios ne sont nombreux, ni non plus les monuments de l’art qui le rappellent. C’est que le dieu Hélios restait tout près de son substrat naturel et mal détaché de lui. Ilélios est souvent désigné par des appellations qui se rapportent de très près à sa nature physique; c’est un feu’, une flamme2, un disque brillant3. Dans les représentations aussi (on le verra plus loin), l’image du disque radié accompagne le plus souvent celle du dieu à forme humaine. Il y a sans doute une autre cause au relatif effacement de la tigure d’ilélios dans le monde divin homérique et classique; c'est son identification avec Apollon. Nous renvoyons sur ce point l’article apollo et présentons seulement ici quelques observations supplémentaires. Pour certains mythologues4, la personnalité divine d Apollon tout entière a son point d’appui dans la conception solaire ; pour d’autres 3 l’Apollon solaire est une invention des stoïciens et des platoniciens. Les textes littéraires ne sont pas en faveur de la première hypothèse ; la conception de l’Apollon solaire ne se rencontre pas chez Homère ni chez Hésiode; on n’en peut surprendre chez les poètes lyriques0 et tragiques1 que des traces très vagues. La mention d’Hélios à côté d’Apollon dans les fêtes des THARUEUA et de l’eirésioné ne se trouve que dans des textes de date tardive (v. plus loin). Mais, d’autre part, certaines associations de culte, au Ténare Hélios et Apollon Delphinios8, à Apollonia culte d’Apollon9 et les troupeaux d’Hélios10, à Thalamai Hélios associé à Ino- Leukothéa “, compagne en d’autres lieux d’Apollon, donnent à penser que l’identification remonte assez haut. Elle remonterait aux origines helléniques mêmes si l’on admet avec M. Déchelette 12 que les symboles héliaques primitifs sont en même temps les symboles de l’Apollon delpliinien des temps classiques. En tout cas, c’est un fa i t que l’assimilation d’Hélios à Apollon est commune dans la théologie orphique13, et qu’elle doit s’appuyer sur des croyances populaires14 : Apollon, comme Ilélios, commande aux Heures13 ; comme Ilélios il est le dieu à la chevelure d’or, yputreoxogr,;10 ; l’un et l’autre sont des dieux-archers 11 ; Apollon a ses troupeaux comme Ilélios les siens. Quoi qu’il en soit de la question d’origine, tous ces faits semblent démontrer que le grand développement dn culte d’Apollon a été pour rejeter dans l’ombre celui d’Hélios.

Ainsi, objet physique autant que divinité, Ilélios reste en arrière de la personnalité divine complète où atteignent les Olympiens. Son pouvoir, dans la théologie homérique, n’est pas identique à celui des dieux de 1 Olympe; il ne séjourne pas avec eux18; il a recours

1 Eur. Iph. T. 1139 ; /ou, 82. — 2 Acscli. Proin . 22 ; P ers. 497. — 3 Aescli. Prom.

~~ * Lf. Welcker, Griech. Gôtterl. I, p. 457 ; Rapp, ap. Rosclier, Lexic. arl. Apollo ' * folios; Decharme, Mythal. de la Gr. p. 99 sq. — & Cf. O. Müller, Die Dorier , I,

P- -^sq. ; récemment Farnell, Cuits of greek Stat. IV, p. l3Gsq.; Gruppe, Griech.

.1 l p. 1240 sq. émet l'opinion moyenne. — 6 Ainsi Timoth. dans Poet. lyr. grâce.

I* p- 024. — 7 Ainsi Eur. fr. 781. — 8 Hymn. hom. II, 232 sq. — 9 Cf. Gruppe, Griech. l'Jth. p. 359. — 10 Her. IX, 93. — H Fans. III, 20, 1. — 12 Cf. Déclielette, Loc. cit.

!,J|,ph. Hymn. (éd. Abel), 34 ; fr. 49. — H A 1 'époque du syncrétisme, les men- 10 ls d HXioç ’AtioAXwv sont nombreuses; "HXto; 'AaoAUjv Tupinvaïo, ( Corp . ins. gr. j. fr,to; AtcôXXuv Aujppvj.oi ( Journ . of hetl. st. 1883, p. 383) ; "Ha;,; ’AtcoVawv 'oajXdSSvjvoç (Dittenberger, SylP 583). Athénée parle d’une ode ®IA^ Aid; en l’hon- ‘I Apollon (Ath. XIV, p. 619b). ■ — 15 ^pojxiSwv, Kaihel, Epigr. gr. 1025.

. * our Apollon, épithète très fréquente; Pind. 01. VI, 41; VIII 32; Eur.

; Ar. Ai\ 217, etc. — n Épithète d’Apollon commune dans Homère,

ù eux pour venger une injure à lui adressée19. Dans l'hymne homérique à Hélios 20, il fesl qualifié d’ « égal aux dieux », ÈTT'.stxeXoç àOavaTotatv ; ailleurs c est un Saquov21. Ilélios est marqué de traits physiques et moraux simples. C’est d’abord l’éclat et la chaleur, avec leurs conséquences naturelles : force nourricière et fécondante. De nombreuses épithètes, chez Homère, chez les lyriques et les tragiques22, rappellent l’éclat brillant du disque solaire: Àa;j.7rpoç, Traataavjç 23, xaXX'.a.6Yy7jç at, etc. .. ; 'I>aé0a>v, nom du fils d’Hélios, est fréquemment aussi une épithète d’Hélios25 lui-même. La chaleur est la force d’Hélios, [aévoç 'HeXt'oto20. Éclat et chaleur, Hélioslesenvoiejusqu’au monde par ses rayons. Tantôt ces rayons sont les flèches dont le dieu frappe les mortels21, comme Apollon fait des siennes; tantôt ce sont comme les regards mêmes d’Hélios28; Hélios est le dieu qui voit tout, n avSepxvjç*9, Tty.vT* Xeüautüv30. Et ces rayons qui portent la lumière peuvent aveugler les yeux mortels ou au contraire leur rendre le jour; Ilélios frappe de la cécité 31 et en relève; à ce trait de sa puissance divine se rapporte l’histoire d’Orion aveuglé, guéri par Ilélios32, mythe qui traduit, selon Gruppe33, la disparition dans les feux du soleil, puis lit réapparition de l’étoile Orion. Par la chaleur et la lumière, Ilélios féconde et nourrit toutes choses sur la terre, 7rivta [ii/îxow 3 1 ; il est par ce côté dieu de la végétation, dieu maître des fruits de la terre, xapTïtuoc;35, xotpavoç ÀtapiTtôv 3l1.

Dieu qui voit tout, Ilélios est le témoin de toutes les actions humaines 37 et celui à qui aucun aclc criminel ne saurait échapper; il dévoile à Héphaistos la trahison d’Aphrodite38 ; il assiste au rapt de Perséphone39. Aussi est-cé lui qu’on prend à témoin du bon droit40 et qu’on invoque pour le venger 41 ; c’est aussi le dieu du serment, avec Zeus et la Terre. Dieu pur 42, dieu de la lumière qui purifie, il est souillé par la présence du criminel43. Les textes poétiques sont nombreux qui contiennent des allusions à tous ces caractères de la personnalité d’ilélios.

Nourricier et justicier, voyant tout et sachant tout, et aussi, par son action directe, maître du temps et des saisons44, Hélios prend, dès l’époque classique, sous l’influence surtout des doctrines orphiques, figure de dieu tout puissant, dieu de vie et de sauvegarde ; il est (pepÉirêto; 43 dans un hymne orphique; il est sauveur et libérateur, 5ü>T7jp 40, èXeuOs ptoç 41 , grand dieu, ptiyaç ôsôs48, bienfaiteur des mortels, TAp^tgêpoToç49. On le voit: si dans le culte effectif, si dans la vie religieuse populaire, Ilélios reste effacé derrière les Olympiens, il aune place à part, expression d'un sentiment épuré du divin, dans l’imagination dos poètes et des mystiques grecs. Sa personnalité, moins chargée de détails que celle des grands dieux de l’Olympe, est plus pure. A l’époque suivante le caractère universel d’Hélios s'affirme plus

àçYuP°T°£°; H” R 37 ; II, 760 etc. ; Od. VII, 64, etc. — 18 11 semble cependant faire partie de leur assemblée dan Od. XII, 376. — 19 Même passage. — 20 Hymn. hom. 32, 7. — 2t pind. Od. VU, 39. — 22 Kaihel, Ep. gr. 1039. — 23 Orph. Hymn. 8, 14.

— 24 Eur. fr. 781, 11*13. — 25 Hom. II. XI, 735 ; Od. V, 479. — 20 Hom. 11. 23, 190. 27 Hom. Od. 19, 441 ; Eur. Or. 1259. — 28 Hom. Od. Il, 15 ; Hes. Theog. 760. — 29 Qu. Smyru. 13, 239. — 30 Soph. Oed. Col. S69. — 31 JOid. 868.

— 32 Apoll. 1, 4, 3. — 33 Girppe, Griech. Myth. p. 952. — 34 Soph. Oed. H. 1245.

— 35 Orph. Hymn. 8, 12. — 36 Nonn. Dion. 7, 291. — 37 ô Iicoktcûmv, Aescli. Chocph. 985. — 3S Hom. Od VIII, 270. — 39 Hom. Hymn. in Cer. 26. — 40 Aesch, Prom. 91 ;Soph. Aq. 857. — 41 Aescli. Ag. 1323. — 42 Pind. Ol. VII, 58, àvVov 0eôv, et sch. — 43 Soph. Oed. II. ?4t8. — 44 X&dvou raTr,^ (Orph. Hymn. 7, 5); il est le maître des Heures (Ibid. 7, 10; Nonn. Dion. 2, 271). — 45 Orph. Hymn. 7, 12.

— 46 Paus. 8.31, 7 ; Aesch. Suppl. 213. — 47 Paus. 2. 31, 5. — 48 Déjà chez Hésiode, Theog. 19, 371. — 49 Hom. Od. XII, 269.

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encore. D'abord le syncrétisme religieux l’identifie non plus seulement à Apollon, (v. plus haut) mais aux grands dieux d’alors, à un Zeus1, à un Sarapis2 ; ensuite, par lui-même, il est élevé, dans l’exégèse stoïcienne et néoplatonicienne, à la dignité de dieu suprême, de démiurge, xodjjLoxpiTwp 3, comme disaient déjà les Orphiques. Et des témoignages épigraphiques, dédicaces à "IlÀtoç üj/eTToi; 4, montrent qu’une telle conception ne resta pas confinée dans l’enseignement des écoles philosophiques, maisaussi, dans une certaine mesure, acquit droit de cité dans la croyance commune. Sur le développement ultérieur de ces idées, voir la deuxième partie de notre article.

Le voyage d'Hélios. — Hélios n’est que rarement représenté siégeant avec les autres dieux; son activité divine tient presque tout entière dans le voyage quotidien à travers le ciel, qu’il accomplit sans relâche; c’est le dieu bon courrier, rapide et infatigable, süSpop.oç ô, (üxü; ,* àx-iuaç7, <rrstpY}ç8. C’est sur un char qu’Hélios parcourt les chemins du ciel ; cependant les poèmes homériques n’en font pas mention expresse9, et en pays d’ailleurs non purement grec, il y a trace d’un Ilélios cavalier10. On a vu plus haut quelle paraît être la signification originelle du char solaire, qui se retrouve dans la mythologie védique comme dans l’assyrienne, etcomment le cheval, conçu d’abord comme le soleil lui-même, a pu devenir plus tard, dans la religion anthropomorphique, le simple instrument du voyage d’Hélios. Le char d’Hélios est d’or11, et les rênes en sont d’or 12 ; il est mené par un attelage de quatre chevaux rapides 13, auxnaseaux fumants11, Eôos, Aithiops, Brontè, Stéropè 1S, ou Eôos, Ailhôn, Pyroeis, Phlégon 16 ; d’autres textes donnent d’autres noms, parmi lesquels celui de Phaëthon doit être relevé”. Hëlios les nourrit d’une plante enchantée, qui croit aux îles des Bienheureux 1S, celle-là même qu’on retrouve dans la légende béotienne du pêcheur Glaukos19. Chaque matin Hélios sort de l’Océan à l’Orient; chaque soir, à l’Occident, il se replonge dans l’Océan, sous la terre. Tous les moments du voyage sont, chez Homère et chez les poètes postérieurs, décrits et distingués avec une grande abondance d’expressions; nous n’y insisterons pas. L’imagination grecque s’est surtout arrêtée sur les lieux terminaux du parcours; elle y a placé le palais d’Hélios, où le dieu et son attelage reprennent, chaque jour, les forces nécessaires à leur course pénible et accidentée. Il semble qu'il y ait eu quelque confusion sur la localisation, à l’Orient ou à l’Occident, du séjour d’Hélios. Dans la plupart des textes20, c’est à l’Orient, à l’opposé des îles Hespérides, près de la mer Erythrée, qu’Hélios séjourne dans son palais, près de sa mère et de son épouse et de ses enfants chéris21, là où sont ses chevaux et son char22 sous la garde des Heures, là où le dieu et son attelage plongent

l Zeùç "HXioç Eàçairt;, Corp. inscr. gr. 2716, 4042, 42G2, etc. Zs j- "HXto; AüSiot, Corp. inscr. serait. 4590, 4004 (Palmyre). Un exemple déjà de celte assimilalion dès le ve siècle, à Amorgos: Bull, de corr. hell. VI, 191. — 2 Sur les représentations prétendues d'Uêliosérapis, cf. Perdrizel, Bev. arch. 1903, I, p. 395 sq. — 3 0rpli. Hymn. 8, 11. — 4 P. ex. à Pergame ; cf. Jnschr. v. Perg. n. 330, où sont cités d’autres exemples. — S Orpli. Hymn. 8G. — 6 Mimn rm. fr. Il (Bergk). — 7 llom. IL. XVIII, 239 ; Hymn. in Sol. — 8 (Ju. Smyrn. 2.2. — 9 Au contraire dans l’hymne homérique à Hélios. — 10 "HXiov io' ïiticw dans une inscription de Pergame; cf. Fraenkel, Inschr. v. Perg. p. 248, où sont cités d’autres exemples de cette conception. — il Hom. Hymn. in Sol. 15; Eur. El. 739. — >2 Soph. Ai. 847. — 13 Eur. Phoen. 3. — 14 Pind. Ol. 7.

— 15 Hyg. Fab. 183. — ig Ov. Met. 2, 153. — 17 Eur. Phoen. 3, schol. Un cheval d'Eôs s’appelle également 4>ai6»uv sur un vase peint, Gerhard, A user les. Vasenb. pi. lxxix = Reinach, Bêp. Il, p. 4G. — 18 Ath. VU. p. 296 e. — 19 Cf. Gruppe, Griech. myth. p. 69. — 20 Par exemple Mimn. fr. 12 (Bergk). — 21 Slesich.

dans les eaux tièdes leurs corps fatigués 23. Mais d’anu,. textes semblent placer à l’Occident le palais d’Hélios24 • c'est ce qui explique que le pe'uple mythique des Eihi,, piens, en rapport avec le voyage quotidien d’Hélio • placé généralement à l’Orient extrême, soit quelquefois considéré comme habitant à l’Occident, ou même comme partagé entre l’Occident et l’Orient23. Comment HélioS descendant le soir sous la terre, dans l’Océan, du côté de l’Occident, pouvait-il, le matin suivant, se trouver à l’Orient, au lieu de son lever? Ici intervientle mythe de la coupe ou de la barque du soleil ; Ilélios accomplit son voyage nocturne sur une barque ou dans une coupe à fond plat. Le mythe répond peut-être à une conception primitive où l'Océan se confondaitavecleciel lui-même26. En tout cas il est très ancien et nous avons vu qu’on peut, au moins par hypothèse, lui rapporter de très nombreuses représentations figurées de l’époque préhistorique. A l’époque classique grecque, le mythe ne lient pas une très grande place dans les textes et les monuments figurés; les lyriques font cependant plusieurs fois allusion à la coupe d’Hélios, Béiraç21, œuvre d’Héphaistos, qu’emprunte Iléraklès pour naviguer vers Erythrée, à la conquête des troupeaux de Géryon [hercules]; chez Mimnerme c’est sur une couche d’or creuse, œuvre aussi d’Héphaistos, qu’Hélios, sur le courant du lleuve Océan, vogue des Hespérides au pays des Ethiopiens.

Il convient, à propos de la légende du voyage quotidien d’Hélios, de dire ici quelques mots du personnage de Phaëthon. La vulgale de l’histoire de Phaëthon, mis à part toutes variantes et tous détails dus à l’imagination des poètes, est la suivante28 : Phaëthon, fils d’Hélios et dé la nymphe Klyméné, à l’insu de son père ou après l’avoir obtenu de lui, monte sur le char du soleil et le conduit dans le ciel. Mais bientôt il n’est plus maître de son attelage ; l’incendie allumé par les feux trop vifs de l’astre brûlant se propage et menace la terre entière ; alors Zeus précipite l’imprudent dans le Meuve Éridan et le frappe de sa foudre. Les sœurs de Phaëthon, qui lui ont prêté assistance elle pleurent, sont changées en peupliers noirs; leurs larmes deviennent de l’ambre29 (sur l’Éridan et l’origine de l’ambre, voir electrum). Les deux versions principales de la légende sont celle d’Hésiode et l’alexandrine. La première peut être reconstituée surtout à l’aide du résumé d’Hygin-30 ; le texte a donné lieu d’ailleurs à beaucoup de discussions 31 ; il contient, en réalité, deux traditions du mythe, qu'il y ait un seul récit avec interpolations 32 ou, plus probablement, deux récits différents mal juxtaposés 33.L’un des deux rattache à l’histoire de Phaëthon celle du déluge universel et de Deucalionet Pyrrlia, Gruppe admet qu’il y avait en effet une tradition qui présentait le déluge comme une punition de l’entreprise impie de Phaëthon, et une autre où cette entreprise avait poui

ap. Ath. XI, 4C9 e. — 22 Mimn. Loc. cit. — 23 Aesch. fr. 67 (Didol). — 24 Eui ■ 1

592 ; Stat. Theb. 3, 407. — 25 Hom. Od. i, 22. - 2ti Cf. Bolger, Myth. Kosm. ’■ Griech. p. 2. — 27 Cf. Ath. XI, p. 469, où sont cités les fragments. — 26 S'"’ l0" le détail des diverses versions, nous renvoyons à Roscher, b’xic. art. ! h" ^ ^ — 29 Une singularité de la légende est que l’ambre est ici rattachée au Putl noir, contrairement à toute réalité. Gruppe explique la confusion pai 1 .

ginc sémitique du mythe: l'ambre aurait été rapproché à tort dune esseo' 1 ^

logue à l’encens, produit d'un arbre dont le nom sémitique se traduit en -! ' ^

Xvjxr,. Xijxri désignant le peuplier blanc, on aurait englobé dans le mvlhe espèce de peuplier, l'afyttp'is. Cf. sur ce point Philol. 1889, p. 430. — 3" Hyg- ^ 152 b ■ 154. — 31 Cf. surtout Gruppe, Philol. 1889, p. 328 sq. et Vollgrall, V> ^ ^ mythopoieia, Berlin, 1901, p. 58 sq. — 32 Opinion de Robert, Eratosth. ( reliq. p. 214 sq. ; f/erm. 1883, p. 434 sq. ; et de Knaack, dans le Les. d( art. Phaëthon. — 33 Opinion de Gruppe, Loc. cit.

conséquence l’incendie du inonde, la mort de Phaëlhon et |a métamorphose des Iléliudes ; on aurait relié les deux versions l’une àl’aulre en présentant le déluge comme un moyen imaginé par Zeus d’éteindre la conflagration universelle allumée par l’imprudence de Phaëthon. L’autre version, qui remonte à l’époque alexandrine, peut être reconstituée à l’aide de tous les poètes grecs eL latins qui s'en sont inspirés, et se distingue par l'abondance et le pittoresque des détails ; on en peut juger par la brillante narration d’Ovide1. Nous laissons de côté toute cette question, qui est d’ordre proprement littéraire2.

Quel est le sens du mythe de Phaëthon? Se souvenant que <pa É0wv est une des plus. fréquentes épithètes d’Hélios, Schwerick, Mostet Robert3 voientdans Phaëthon unesimple hypostase du dieu-soleil. La chute de Phaëthon serait, transportée dans le passé mythique, la chu te même d’Hélios tombant chaque soir à l’Occident, en un rougeoiement d’incendie, dans le fleuve Océan Pour d’autres mythologues1, Phaëthon est non pas Hélios, mais l’étoile du malin, lléosphoros ou Phosphoros. En fait il y a, nous le connaissons par la Théogonie d’Hésiode6, un Phaëthon Jils de l’Aurore, Ëos, et de Képhalos (la nuit?6), aimé d’Aphrodite, qui l’enlève et en fait le gardien de son temple; l’histoire de ce personnage semble avoir fait en partie le sujet du Phaëthon d’Euripide. Selon Wilamowitz, la légende de ce Phaëthon, qui n’est autre que l’étoile du matin et l'étoile dusoir, astre unique, aété confondueavec celle, d’origine corinthienne et rhodienne, de Phaëthon fils d’Hélios ; les deux mythes se relient d’ailleurs naturellement ; c’estl’imprudent (ils d’Hélios, anéanti au début de sa course ambitieuse, qui reparaît chaque matin dans le ciel pour s’évanouir bientôt dans les feux du soleil1. Pour Gruppe6 aussi, les deux légendes n’en font vraiment qu’une, qui serait d’origine sémitique; elle a pour théâtre le pays et 1 heure du soleil levant ,J : le nom même de lEridan, le « matinal », où Phaëthon est précipite, en serait une preuve; c’est, pour lui comme pour Wilamowitz, la disparition de l’étoile du malin dans les feux de l’aurore qui explique le mythe de la chute de Phaëthon10, tous les autres détails de l'histoire étant secondaires et deduie postérieure. A cette explication, qui àcoupsûrne •'nd pas suffisamment compte de la formation de la légende, M. S. Reinach en oppose une toute différente11: le mythe de Phaëthon s’expliquerait par un rite sacrificiel. On oilrait chaque année (v. p. 1378) sur différents points du monde grec des chevaux à llélios. Dans la conception pnmitive, ces chevaux brûlés ou précipités à la mer ôtaient comme des offrandes « de renfort » destinées à accroître la force du cheval solaire. Mais avec le triomphe l's idées anthropomorphiques on aurait oublié le sens 1 sacrifice, et estimé que les chevaux devaient être Sacnliés en expiation d’une faute; de celte faute il fallait resP°nsable : ce fut Phaëthon, fils d’Hélios, coupable 1 ,m,ir usurpé la place de son père divin. En fait, le S'iuiiifo des chevaux à llélios est attesté pour Rhodes,

011 1 semble précisément qu’ait pris naissance, à côté

d une légende locale analogue,, la légende grecque de Phaëthon. On parlera plus loin, en même lieu que de celles d llélios, des représentations figurées du mythe de Phaëthon.

Le voyage céleste corislitue à lui seul tout l’essentiel du mythe du dieu-soleil ; mais il faut mentionner aussi la légende des troupeaux d’IIélios. Elle est développée dans l 'Odyssée'2. SepL troupeaux de bœufs et sept de brebis, de cinquante tètes chacun, paissent dans Pile de Thrinacie”, sous la garde des Héliades Phaëthusa et Lampétié ; ils n’ont point de progéniture et ne meurent point. Ils sont la joie d’Hélios, qui demande aux dieux de venger cruellement leur rapt sur Ulysse et ses compagnons11. D’après un autre texte, les bœufs d’Hélios sont blancs et leurs cornes d’or16. Le sens du mythe est obscur: Aristote16 identifiait les 350 bœufs et les 350 brebis aux 350 jours et aux 350 nuits de l’année lunaire. « La succession des jours et des soleils avait donc été comparée sans doute à la procession d’un brillant troupeau dont les animaux s’avancent l’un après l’autre dans les pâturages célestes 11 ». Les légendes — légendes de Géryon, d’Alkyoneus et de leurs combats avec Héraklès — où le rapt de troupeaux joue un rôle, se rapporteraient dès lors peut-être à la disparition de la lumière, ramenée ensuite par le dieu-soleil 16 ; aussi bien les troupeaux de Géryon apparaissent quelquefois comme la propriété même d’IIélios 1S. Gruppe émet l’hypothèse que le taureau, dans la croyance grecque la plus ancienne, comme dans la mythologie védique, était considéré comme un génie du feu (légende des taureaux de bronze de l’Héliade Aiétès, légendes du type du taureau de Fhalaris) 20. Les animaux sacrés d’IIélios conserveraient ainsi dans sa pureté l’essence même du dieu-soleil.

A l’époque historique encore, on gardait en plusieurs lieux du monde grec, on le verra, des troupeaux consacrés à Hélios.

Culte d'/Jëlios. ■ — Nous n’avons que peu de renseignements sur les pratiques générales du culte d’Hélios. Quelques textes parlent d’une prière quotidienne adressée au soleil, à son lever et à son coucher 21 ; on peut croire, si la pratique en eût été vraiment effective, que ces textes seraient plus nombreux. Les offrandes à llélios étaient sanglantes ou non sanglantes; les premières étaient des chevaux blancs22, parce qu’Hélios est le dieu de l’éclatante lumière, ou plus précisément parce qu’à l’origine il était conçu comme un cheval blanc. Les offrandes non sanglantes sont de l’espèce des vvjsxAix [sachificium] et consistent non en vin, mais en miel23.

Dans le détail, les pratiques du culte d’Hélios devaient différer suivant les lieux. Les textes et les inscriptions ne nous permettent d’établir, pour les cultes locaux d’Hélios, qu’une liste assez courte, si on la compare à celle qu’on peut dresser pour telle divinité de l’Olympe. Distinguons de suite les quelques points du monde grec où le culte d’Hélios a eu plus d’importance. C’est avant tout Rhodes, l’ile du Soleil21. Le culte d’Hélios y remon-

;;njer / ' ' ' 1 5C1- — 2 Cf. Knaack, Quaesliones Phacthonlene, fasc. 8 des Phil

MOSs!'1' r3W- llobert’ Permet, 1887, p. 440. —4 Cf. Wilamowitz, ib. I8f P.W’ ^1. 8~r "CS Theo9- 08<<. — 6 Interprétation de Wilamowitz, Loc. cit. — l lbi GriJch lirUppc’ Gri«A- AJyth. p. 950. - 9 Cf. Philol. 1889, p. 341 . - 10 GruPI (y \||| n> P- 811. — n fiev. de l lda t. des relig. 1908, I, p. 1 sr|. — 12 ||or l|t p S(Q 13 tbid. 37 ( srj. — n Selon M. Bérard ( Les Phènic. et l'Ody;

r, p . ! . SM'! cest la 1,aie do Taorminc, sur la côte orientale de la Sicile, i|

111 "'dt liomérii|ue sur l'ile du Soleil. — 18 Apollon. Argon. 4, 970. — 16 t

VIH.

Scliol. ad Od. XII. lis. — *7 Dccliarme, AI i/thol. île la Grèce , p. 341. « Cetle double série de sept troupeaux devait traduire, à la mode ordinaire d'Homère, quelque indication de son périple sur la semaine des jours et des nuits. » (V. Bérard, Op. cit. p. 383). — 18 Cf. Gruppe, Op. cit. p. 1320, n. 1. — 19 Cf. Arcli. Zeit. I. XLII, p. 37. — 2ü Gruppe, Op. rit. p. 799. — 21 plat. Leg. p. 8S7; Pliilostr. Per. 10, 2; l.uc. De sait. 17. — 22 Cf. Reinach, lier. hist. relig. 1908, 1, p. 3. — 23 Cf. Athen. XV, p. 693 f. — 2t Cf. Becker, De Rkodiorum primordiis comrnentatio ; Dillcnberger, De Sacris Dhodiorum, ind. scliol. Halle, 1886.

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tait aux origines mêmes1 ; c esl le sens de la. legendi rappelée par Pindare, de l’attribution de l’ile, dès sa sortie des flots de l'Océan, t\ llélios2. Le nom même de l'ile, Tôooç, se rattache directement à la légende d'Ilélios et de. Phaëthon. Rhodos, larouge aurore, d'après Gruppe, fille de Poséidon et d’Aphrodite, est l’épouse d'Ilélios ; un de leurs sept fils.Ténagès, est un Phaëthon local, identifié. plus tard avec le Phaëthon de la légende grecque3. La colonisation dorienne, au vu0 siècle, introduit dans l’ile d’autres mythes et d’autres cultes; mais llélios reste la grande divinité protectrice de l’ile et de la ville de Rhodes, fondée en 408 L II n’y a pas de traces dans les inscriptions d’un culte d'Ilélios particulier à chacune des trois cités rhodiennes, Camiros, Lindos, lalysos, comme c'est le cas pour les autres cultes de l’ile5. Sans doute, le sanctuaire d’Ilélios était-il un sanctuaire collectif, commun aux trois groupements politiques, et situé piès d’Ialysos5, sur l’emplacement même où, à la fin du vc siècle, fut fondée la ville de Rhodes, à laquelle se rapportent les mentions postérieures du culte héliaque. 11 y avait cependant un autre temple d’Hélios Phaëthon, associé aux Nymphes, à Loryma, dans la partie orientale de l’ile7. Les inscriptions nous donnent quelques renseignements sur le sacerdoce et les fêtes d Hélios8. Le sacerdoce paraît n avoir pas été héréditaire 9 ni à xie, il était attribué par le sort 10. La grande fête d’Ilélios, les 'AXtEta, était une fête importante H, où des souverains étrangers même envoyaient des délégués12, et qui attiraient un grand concours de peuple [halieia] 13. Elle comportait un cortège, un sacrifice, des jeux: c étaient les àyûvEç habituels des fêtes grecques, luttes14, courses de chevaux15 et de chars *6, course au flambeau n, pentathle18, etc.; la couronne du vainqueur était tressée de peuplier blanc (Xeuxï)) 10, arbre consacré au soleil La lète avait lieu tous les ans, 'AXteta -rk [Aixpa20, et plus magnifiquement tous les cinq ans, 'AXieioct à pÉyaXtx 21 , comme les plus grandes fêtes du monde grec. Un rite important du culte héliaque à Rhodes est celui que rapporte Festus22 : chaque année on précipitait des quadriges à la mer, en offrande à Hélios. L’explication la plus plausible du rite est celle donnée plus haut, à propos de la légende de Phaëthon; deux autres sont moins admissibles: rite du culte poseidonien transporté dans le culte héliaque, rite de caracLère chthonien23. Il n’est pas établi que la précipitation des quadriges faisait partie de la fête annuelle des 'AXteia ; mais l’hypothèse est très vraisemblable 24. Une inscription de Rhodes enfin mentionne un sacrifice à Hélios certainement distinct de la fête des ‘AXteia -5.

L’autre point du monde grec où prédominait le culte d’Hélios est Corinthe 26. Les noms légendaires de Corinthe et de sa citadelle, Ephyra, Epope, se rapportent à Hélios.

t Cf. Diod. V.-56. — 2 Pind. 01. Vit. — 3 Cf. Diod. loc. laud.\ Wilamowili, Hernies, 1883, p. 429- — 4 Cf. Dillenberger, Op. cit. p. 3 scj. : Becker admet, Op. cit., que le culte dHélios n'est pas aulocbthonc à Kliodcs, mais y a été importé d’Asie ; le centre en aurait été le territoire de lalysos (Diod. V, 57), sur lequel, en 408, fut établie la ville de Rhodes. — 5 Ibid. p. 4. — 8 Cf. Mommsen, Bursian’s Jahresb. 1889, p. 418. — ^ Insc. graec. XII, I, 928. — 8 Cf. Dittenberger, Op. laud. p. 5. — 9 Ressort de Inscr. Grâce. XII, I, 65. — 10 Ressort de Ibid. 833. — U Ainsi dans Athénée, p. 561, les •AÀiiiot sont rapprochés des ’AOnvat». et des 'OYipvia. — l2Appian.A/aced. 11, 4. 13 Xenoph. Epltes. 5, II. Sur les *AX.'.m, cf. Dittenberger, Op. cit. p. 5, les observations de Mommsen, Loc. cit. p. 419, et Nilson, Griech. L’este, p. 427. 14 Inscr. Gr. XII, 1, 73. — 1= Ibid. 58. - '« Ibid. 72, 935. — n Dittenberger, Syll 2, 679 i8‘ àw r.(i v/.; ? - ,s Inscr. gr. XII, 1 , 73. — 1» Cf. Schot. ad

Pind. 01. VII, 141. — 20 Di Itenbcrger, Syll. 2 679. - 2' Ibid. La quinquennalité ressort aussi de Syll. 2 609. — 22 Festus, s. v. October equus. — 23 Cf. Nilson, Op. cit. p. 428; Slengel, Archiv. f. Religionswiss. 1905, p. 206 sq.; Boeckh, Kl.

L’Acrocorinthe était particulièrement consacrée U1 Soleil21 : d’après la légende, elle était devenue la pro priété d’Ilélios après sa lutte pour la possession du p;ivs avec Poséidon 28, à qui l’Isthme avait été attribué; pujs Hélios l’avait cédée lui-même à Aphrodite, qu’on retrouve associée à Corinthe au culte d’Hélios-Phaëthon. Aiétès roi de Corinthe, et Médée sont de la race d’Hélios; le (ils d’Aiétès, Apsyrtos, porte le surnom de Phaëthon29. Sur l’Acrocorinthe un autel d’Ilélios30, dans le temple d’Aphrodite une statue31, dans la ville même, aux propylées de l’agora, un quadrige avec statues d’Ilélios et de Phaëthon32, à l’Isthme un temple et une statue” d’Hélios, tous ces monuments témoignaient encore sous l’empire romain de l’importance du culte corinthien du Soleil. A Athènes, au contraire, le culte d’Ilélios semble avoir tenu fort peu de place 34 ; il en est fait mention à propos de la fête des pyanepsia el de celle des tuakgelia 3S, et aussi de I’eiresiônè ; et un tEpsu; toü 'HXîou est mentionné dans un texte d’époque tardive à propos de la procession des skirophoria 3g. Dans la Grèce du Nord, des mentions précises du culte d'Ilélios font défaut; nous savons seulement qu’à Apollonia d’Épire on gardait, sous la surveillance des premiers citoyens, des troupeaux consacrés au Soleil31.

Dans le Péloponnèse le culte héliaque est attesté en plusieurs lieux: à Elis 38, associé à celui de Séléné;à Trézène, sous le vocable d”EXeu0Épi<x; 39 ; à Mantinée40; près d’Argos41 ; à Mégalopolis, comme Stonjp42. Il était, répandu en Laconie: il y avait une statue d llélios dans le temple d’Ino, entre Oilylos et Tlmlamai 43 ; au Ténare étaient gardés des troupeaux d’Ilélios44; enfin, sur la cime du Taleton, contrefort du Taygète, au-dessus de la ville de Rryseai 4\ on sacrifiait, en même temps, qu’à Zeu; TaXÉT-.Toç, à Hélios, peut-être sous le nom de Phoibos": le nom même de TaXErdv se rattache peut-être à la même racine que le xaXoSç crétois, un synonyme d 1 IXtoç ”, le Taleton serait la montagne du soleil 48. Dans la mer Egée, la Crète semble avoir été un centre du culte d’Hélios, en même temps que de l’Apollon Delphinios. Pasiphaé, l’épouse de Minos, est une Héliade ; Talos, le géant de bronze qui étoullait les étrangers di étreinte brûlante, parait, d’après la synonymie que nous venons de mentionner, une hypostase d’Ilélios, d un llélios sémitique49; à l’époque historique, la ville de Gortyne avait encore ses troupeaux d’Hélios0".

Représentations artistiques. — Les monuments de l’époque historique et classique qui représenl* u Hélios et sa légende sont assez peu nombreux. Cependan , l’idéal plastique d’Hélios était marqué de traits assez ne s dans l’imagination grecque, témoin ces vers de 1 IP"1"® homérique à Hélios51 : « llélios 1 infatigable, sem 1 1

Schri/'t. V, p. 201. — 24 Dilteuberger esl d'un avis contraire, Oe ' l,l'od' \||, mais cf. les observations de Mommsen, Loc. cit. p. 419. — 20 wscr* 6o;

I, 892 - 26 Cf. Gruppe, Griech. Mytb. p . 131 . - 27 Cf. Steph- ny';- s' ' , ' 3,

- 28 1-aus. Il, 1,6. — 29 Cf. l'ragm. hist. graec. IV, 522 ; Ap. >

243. 30 Pans. Il, 4, 6. - 31 Paus. Il, 5, 1. — 32 f’aus. Il, 3, 2. ^ |p 158S,

yr. 1101. — 34 Quelques rares dédicaces à llélios, Corp. insci ■ " | ^

1651, etc.; au lliéàtre de Dionysos, un siège Uo i.V; 'HUou (?)- — J6 Harpocr. Eq. 729. Cf. Mommsen, Reste d. Stadt Athen, p. 278, 11 . '■ yv '!■

p. 168. Cf. Mommsen, Op. cit. p. 5 0 7. — 37 lier. IX, 93. — " ^ pauS yllh

- 39 Pans. 11, 31, 5. - 40 Pans. VIII, 9, 4. — *1 Pans. Il, 18, 3- ' __ w paos.

31. 7.-43 Paus. 111, 26, 1. — 44 Hom. Hymn. in Apoll. Pyth- y- - ‘^k. 190*. III, 20, 4. — 46 V. sur ce point v. Prott, Le g es Graec. sacr. 14 et porp.

p. 9. — 47 llesych. v«X»; : 5 ïiA-os- — 48 Comme les «fl c 4 6,60.

inscr.gr. 2569. — 49 Cf. Gruppe, Griech. Mylli. p. 249. — j0 ' orv' ‘

SI llom. Uymn. ad Sol. 8 sq.

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ses yeux dardent un terrible regard, et les rayons en brillent, d’un éclat

siècle nous ne possédons, se rapporsa légende, que des peintures de va-

a»x immortels....

sous le casque d’or

éblouissant....

brille aussi, aulour de son coi ps, b* lin manteau, la souple étoffe, aux souffles des vents, e L est cet idéal que devaient traduire aux yeux les statues de culte

d’ Hélios dont les textes font mention; aucune ne nous a été conservée. De la période archaïque et du V tant à Hélios et à ses1, llélios y est représenté sous la forme d’un éphèbe , guidant son char attelé de deux ou quatre chevaux. 11 fait souvent pendant à Séléné, la représentation des deux divinités tantôt valant par e 1 1 e - m ê m e, comme sur une

pyxisattiquede la collection Sabourolf (lig. 4652) '2, tantôt servant à encadrer des scènes mythologiques, comme sur un vase de Ruvo (fîg, 3560) dont le sujet est une G igantomachie3. C’était aussi son rôle dans les grands ensembles sculpturaux de la belle époque : fronton oriental du Parthénon, base du trône de Zeus à Olympie, base de la Parthénos.

Quelquefois, ta représentation est mieux précise : le quadrige d llélios, figuré de face, s’élève d''s eaux de l’Océan sur un vase de la Bibliothèque îN'alio "ale l. Sur les peintures les plus anciennes, la ligure d Hélios est encore séparée nettement de son substrat na

Fig. G488. — Hélios apparaissant au chœur des Salyres.

Fig. 6489. — Le lever du Soleil.

Fig. 64-90. — Hercule et Hélios.

turel : le disque solaire, d’abord représenté comme un simple cercle s, puis entouré de rayons (pyxis Sabouroff),

est figuré à côté ou au-dessus de la ligure d’Hélios, (même vase). Dans des vases plus récents, l’image du disque solaire se réduit à n’ètre plus que la couronne radiée, le nirnbequi entoure la ligure du dieu (tig. 4653) ; sur un vase de Parme, la tête d’Hélios, représentée seule, apparait ainsi au chœur des Satyres effrayés, comme dans un médaillon (fîg. 6488)°. Un bel

exemple de cette seconde série de vases est le vase Blacas7, au Brilish Muséum, où le départ d’Hélios, s’élevant avec son quadrige ailé derrière Éos, Phosphores et Séléné, est représenté de façon pittoresque (fîg. 6489). Un vase du Louvre rappellelevoyage d’Hélios sur le fleuve Océan; on l’y voit figuré sur son quadrige,

avec Héméra(?), et sortant d’une barque 8. Les rapports du dieu avec Héraklès font aussi le sujet de plusieurs

peintures de vases, Héraklès étant représenté tantôt comme ennemi d’Hélios et le menaçant (fig. 6490) 9, tantôt comme son allié, avec le geste de bonne entente et d’adoration [HERCULES, p.93]lu.

L’histoire d’Héraklès naviguant dans la coupe du Soleil vers le séjour deGéryonest naïvement figurée sur un beau vase à figures rouges du Vatican (tig. 37(43) 1 1 , et sur un vase plus ancien, à figures noires, récemment publié ,2.

1 tlar ex- Welckcr, Ant. Denkm. 111, 53 sq. - — 2 Furtwaenglcr, Coll. Sabou- "-P'- *-xin. — 3 Mon. dell' Inst. IX, 6 = Reiuacli, Jtép, I, 181. — 4 Cf. de il /' ' ' ^es Vases , p. 128 [v, rigantbsJ. — 5 Stackelherg, Gràb.

. I'11' 5 = Kapp, ap. Roschcr, Lex. s. v. Uelios , p. 1995. — 6 Mon. II,

3 - Reiuach, Itép. 1, p. loo. 7 Cf. Mon. H, 55 = Cal. Brtl. Mus. III,

E 466 = Reinacli, /le'/,. I, p. 109. — 8 Annali, 1852, pi. F = Keinacli, Brp. I, p. 291. — 9 Cf. Stackeltierg, Loc. cil. ot Saviguoni, Journal liell. stnd. XIX, 1899, p. 265, pl. ix. — 10 Journ. of. liell. slud. 1899, p. 266. — Il Oerliard, Auserl. Vasenb. pl. cix = Reinacli, Bép. Il, p. 59. — :2 par M. Harlwig, Boni. Miltb. 1902, p. 107 cl pl. v.

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Le l’époque suivante, en dehors de petits bronzes,

1 un du Musée Britannique ', d’attitude et de type peutêtre praxitéliens, l’autre de Berlin 2, de type assez analogue au type convenu d’Alexandre, nous possédons plusieurs statues, torses ou tètes d’IIélios. Ces monuments reproduisent, diversement nuancé, un type de dieu jeune et fort, à I allure et aux traits graves. Un torse du Vatican, portant un baudrier où sont tracés les signes du Zodiaque9 (fig. 770), offre ce caractère de jeunesse énergique : c est sans doute un llélios. Du même type est une statue du musée de Berlin, provenant d’Égypte, et portant une dédicace à ZeùU'HÀtoç b Il y avait à Rhodes, au témoignage de Dion Chrysostome 5, un grand nombre de statues et de groupes d’Hélios. Les textes nous renseignent sur un quadrige, œuvre de Lysippe 6, et surtout sur le fameux Colosse, œuvre de Charès de Lindos, élève de Lysippe 7 ; cette statue de bronze, d’énormes proportions, fut élevée vers 1291 etrenversée cinquante-sixans après par un tremblement de terre ; nous avons d’ailleurs plus de renseignements pittoresques sur l’énormité de la statue et sur la fabrication de l’œuvre que sur son type artistique 8. Une statuette de bronze et deux têtes en marbre d’IIélios proviennent de Rhodes. L’une de ces tètes, qui est à Berlin, d’une très belle expression a, faisait partie d’un groupe d’une grandeur double de la grandeur naturelle, appuyé contre une paroi d’édifice, et représentant llélios en mouvement vif vers la droite, conduisant son quadrige, la tête tournée de face et très détachée du fond : les trous subsistent qui servaient à fixer les grands rayons métalliques disposés en cercle. Le type semble être antérieur à l’art lysippéen. Une autre tête de petites dimensions, trouvée dans l’ile à Trianta, se

rattache, au contraire, d’après M. Ilarlwig, à l’école de Lysippe 10 ; elle portait une couronne de rayons; c’est une tête jeune, aux cheveux courts, le regard incliné vers la gauche et vers le haut ; peut-être faisait-elle partie d’un ensemble analogue au quadrige même de

1 Catal. of bronz. 1015, et pl. xxvm. — 2 Cf. Arch. Anz. 1891, p. 123.

— 3 Raoul Rochette, Mon.inêd. XLVI,3 — Reinach, Rèp.delaslat. II, p. 111. — ^Berlin, Katal. d. Stculpt. 177 = Reinach, Ibid. p. 110. — 3 Rj0 Chr. lihod. I, 570 R.

— 6 plîn. ffist. liât. 34, 63. — 7 Plin. Hist. nat. 34, 41. Les textes sont réunis dans Overbeck, Schriftquell. n° 1539 sq. — » Cf. Collignon, Sculpt. or. Il, p. 489. — 9 Publiée par R. Graef, dais Strena üelbigiana , p. 99 sir — l°Cf. Bôm. Alitth. 1887,

ï- °49-- d'Hélios sur

une monnaie de tiliodes.

Lysippe. A la dernière époque de l’art grec apparaît d, la plastique, un type d’IIélios différent, inspiré des'tnfpS tions pergaméniennes. Expression ardente, yeux profondément creusés, tète puissante, chevelure désordonnée, vêtement flottant largement au souffle du vent, tel a dù être l’Hélios de l’âge hellénistique. Nous en avons quelque idée d’abord par la métope trouvée sur l’emplacement de la Nouvelle-llion, qui représente Hélios et son quadrige (fig. 6491) 11 ; et mieux encore par des tètes d’expression très caractéristique sur les monnaies de Rhodes (fig. 0492) et par le masque colossal du Louvre (0493) lâ. Là le type est poussé au pathétique ; c’est un llélios presque oriental, bien éloigné de la sérénité des dieux grecs.

La légende de Phaëthon n’est qu’assez rarement représentée, et sur des monuments de date tardive. Sur un relief de stuc d’une maison romaine13, imparfaitemenlconservé, M. Petersen a reconnu une représentation de Phaëthon, présentant sa requête à llélios, et des Heures, auxiliaires de Phaëthon. Plusieurs sarcophages du 11e et du iue siècle après J.-C. figurentsôn histoire; elle y estreprésentée suivant la convention admise pour ce genre de reliefs [sarcopiiagus], les scènes étant juxtaposées suivant leur succession dans le temps. Fj C4gl la êle Sur l’exemplaire le plus complet de la de riiastton.

Fig. 6493. — Masque colossal d'Hélios.

série, trouvé à Ostie11, on voit à gauche Phaëthon faisant part à llélios de son ambitieux désir; au milieu la chute de Phaëthon précipité à terre, Kyknos et les Héliades ; adroite, llélios recevant d’Hermès la lugubre nouvelle. Une belle gemme, conservée à Florence, représente le même sujet dans un tableau concentré et d’un mouvement pathétique19.

D’autres retracent les divers épisodes de la légende, la prière de Phaëthon (fig. 0494) et sa chute (fig. 6493), la métamorphose des Héliades. La représentation du mythe la plus ancienne se trouve sur un

. 6493. — U clmtc de Phaëthon.

moule d’argile de coupe à reliefs, conservé au nuisee

le

p. 159. — U Cf. Rayel, Et. d'arch. et d'art, p. 170 sq. ; Collignon, Op- oit. IL P- — 12 Cf. Barclay Head, Hist. num. p. 538 sq. Comparer la belle tôle «Ie 111,11 ^ du Musée du Louvre (Frudiner, Notice de de la sculpt. n° 421 ; Ihu’uyi ^

ltomains , VI, p. 492 = noire fig. 6493). — 13 Jiôm. Alitth. 1895, p. — Annal, d. Inst. 1869, p. I3U et pl. F; Roscher, Lex. der Ahjth.. ai*!- I ' p. 2598. — lü Wieseler, Phaëthon , 10; Fui tvvimgler, Die (tnt. Genou- L ISI

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Boston D’un côté, c’est la chute.de Rhaëthon, écrasé sur [e sol; derrière lui, une roue du char ; à sa droite Zeus lance sa foudre et Artémis ses flèches (lig. 6496)2. Derrière les deux divinités une femme s’enfuit, tenanten main une autre roue du char solaire : un passage de Val. Flaecus3

cernent destiné au culte du dieu qu’elle honorait l0. Enfin parmi les douze divinités tutélaires des cultivateurs, le même Varron11 donne la seconde place, immédiatement après Jupiter et Tollus, à Sol et Luna quorum (empara observantur cum quaedum seruntur et conduntur.

permet de reconnaître en ce personnage Thétys. A droite de Phaëthon accourt Hélios à cheval, maîtrisant l’attelage emporté. De l’autre côté est figurée la métamorphose des Iléliades. Elle est en train de s’accomplir; 1 une des jeunes filles est muée tout entière en un arbre; du corps des deux autres, qui se défendent en vain, sortent déjà des rameaux 4. Détail singulier : trois jeunes gens, deux d’entre eux porteurs d’un couteau à ébrancher, semblent frapper sur les trois arbreslemmes 5. Il faut sans doute, d’après l’ingénieuse explication de M. Hartwig, voir là, en figuration proleptique, la récolte de l’ambre, des larmes des Iléliades [voy . electrum]. L’ambre est ici considérée comme une essence végétale, et la figuration de la récolte est copiée sur celle qui convient à l’encens et à l’arbre à encens °. Ce curieux relief est à peu près de l’époque même d’Ovide et il doit s inspirer d’une œuvre alexandrine ou hellénistique.

Emile Caiien.

Uome. — Les calendriers latins de l’époque d’Auguste indiquent, à la date du 9 août, un sacrifice public Soli indigiti in colle. Quir inale ', et l’on en a conclu que Sol appartenait aux plus vieilles divinités indigènes de la religion romaine. Varron croyait savoir que Sol et Luna étaient d’origine Sabine et que le roi Titus Tatius leur avait dressé des autels dans la ville de Romulus8. Suivant cet antiquaire, la gens Sabine des Aurelii , proprement Ausel ti, tirait son non) du mot ausel « soleil »,J : le peuple lui aurait même concédé officiellement un empla-

V leseler, O. c. G et 10; Rracci. .1 Jemorie dei incisor. III, n. I, IV, n. 2.

CI, Hartwig, Philol. 18911. p. 481 sq., complété par les remarques de tioez, j IJ|H, p. 4.8. — 3 Val. Flacc. Art/on. V, 429. — 4 Les deux ligures sont j 111 "pies, gravées par l'impression du même moule. — S Toutefois le personnage a unc attitude un peu différente : il semble qu'au contraire il cherche 1 ,vrer 1 Héliade des rameaux qui l'enserrent. — <iOn a vu plus haut (p. 1 37", - ) que cette confusion réside déjà dans le trait même de la légende qui rapproche '"lue du peuplier noir (afvE. p oç), avec quoi il n'a, dans la réalité, rien à faire. ~ ' Mommsen, Corp. inscr. Int. |2, p. 324. Cf. Quint., Inst. 1,7, 12: In pulmnuri [y ':s ,eu colitur iuxta aedem (Juirini. — 8 Varr. De lin//. V, 74 ; cf. Aug. Civ . Del , ’ ~ ihon. Halic, Ant. 11. 50, 3. — 9 Sur cette étymologie, cf. Curtius, Grand - M j v^Cr p. 399 ; Krelschmer, lu ni. in die Gr. Sprache, 1890, p. 83.

•ssowa {Del. der Damer , p. 201. n. 2) remarque qu'il faut lire dans Varron,

Mais on a fait observer que, fait étrange, Sol est de tous les dieux indigetes le seul auquel ce nom soif expressément donné, et l’on a conjecturé qu’il lui fut accolé à l’époque d’Auguste pour distinguer cet antique divinité de celles venues d’Orient, qui s’introduisaient alors dans la cité *2. Deut-être aussi, bien que cette étymologie ne nous soit pas transmise par les auteurs anciens, rattacha-t-on indiges à indicare , le soleil passant à Rome aussi bien qu’en Grèce pour dénoncer les crimes cachés Aux affirmations du Sabin Varron on a opposé cette remarque que le sanctuaire du Quirinal est appelé par Quinlilien un puivinar' \ expression qui implique l’usage du rite grec du lectisternium 15 [t. III, p. 1007 ss. . En outre, les plus anciennes représentations de Sol sur les monnaies de la République 10 nous le montrent, comme sa compagne Luna, sous une apparence purement grecque [t. III, P- 1391], On en a conclu que le culte des deux luminaires célestes devait être à Rome d’importation hellénique n.

Mais bien que les poètes se soient plu à le chanter et les artistes à le représenter, Hélios occupe une si petite place dans le culte grec, que l’hypothèse d’un emprunt en devient fort invraisemblable. Il parait plus probable que l’adoration des astres qui servent de mesure au temps et ont unesi grande influence sur l’agriculture, exista dès l’origine parmi les populations rustiques de l’Italie, comme dans les autres branches de la famille indo-européenne18. Loin d’être favorisé par les

De ling. lut. V, G8 : Sol ausel (solavel ms.) quod ita Sabini. — >0 Paul, Diac. s. v « Aurélia », p. 23. — H Varr. De re rust. I, 1,5. — 12 Wissowa, Gesamm. Abltant ilunyen , 1904, p. 180. — 1*1 Conjecture de f'reller, Rom. AJyth. éd. Jordan, I, p. 92, p. 325, n. 2, qui renvoie à Virg. Georg. 1, 403 sq. ; Serv. ad Georg. 1, 400; Ovld. Met. XV, 785. Ce soleil s'éclipsa le jour où les meurtriers de César accomplirent leur forfait. Cf. en oulrc, Corp. i. Int. VI, 14908 : Quisquis ei laesit , Sol, sibi commendo tu indices eius mortem ; VI, 14099 et nos inscriptions ponti<|ues 'vsous presse), n°* 9 et 257 avec les notes. — *4 Cf. supra , n. 7. Lydus, De mens , IV, 155 (p. 172 Wiinsch), signale à la date du 11 Décembre des agonaliu célébrés Sasvr,©ô>-.. xa\ vevâo/3 peut-être s’agit-il de Sol ludiges — iJ» Wissowa, Relig. der R.

p. 350. — 1° Babclon, Monn. de la Rép. I, p. 20, n° 21 ; p. 356, n° 10. — n Wissowa, Rel. d. R.p. 201. n. 8; Aust, dans Hosclier, Le.cik der Alyth. Il, 2150. — là Schrader, Dealencycl. der indogerm. Altertumskunde, 1901, p. 672, s. v.

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influences helléniques, ce culte fui plutôt relégué dans l’ombre par l’anthropomorphisme, qui lui substitua celui d'Apollon. Toutefois, s’il occupe peu de place dans la religion officielle, il en garda davantage dans les superstitions populaires*.

Ce que Rome dut à la Grèce ce furent les types plastiques de Sol et de Luna. On représentait l’un monté sur un quadrige, où l'on voyait parfois un symbole des quatre saisons ou des quatre éléments, 1 autre sur un char traîné par deux chevaux, auxquels, depuis l’époque des Antonins,on substitua souvent deux taureaux 2. Dans les frontons du temple de. Jupiter Capitolin, comme au Parthénon, une réunion de dieux était encadrée par les représentations de Sol eL de Luna conduisant leurs attelages [l. I, p. 904, hg. H 50-51], et ce groupe célèbre provoqua de nombreuses imitations 3. Les deux astres rapides, qui sont fréquemment associés1, devinrent les divinités protectrices des courses de char1. Sol avait a proximité du cirque, sur l’Aventin ce semble, un temple dont le faite était surmonté de son image dorée. Par suite des extensions données à l'édifice, ce temple se trouva plus tard au milieu des gradins des spectateurs6.

11 est désigné dans les descriptions topographiques de l’époque de Constantin sous le nom de Templum Solis et Liinae 7.

Cet ancien culte romain ou gréco-romain, déjà si obscur que la tradition est à son égard pleine d’incertitudes, devait sous l’Empire être encore éclipsé davantage par celui de dieux solaires étrangers. Auguste lui-même, après la conquête de l’Égypte, fit apporter d'Héliopolis deux obélisques qu’en l’an 10 av. J.-C. il consacra à Sol, l’un dans le cirque, l’autre au Champ de Mars, où il servait de gnomon 8. Sol et Luna apparaissent eu l’an 1 av. J.-C. à côté du Jupiter aeternus et d’isis dans une dédicace en l’honneur d’Auguste due à un affranchi oriental9, et bientôt l’on voit se multiplier, en Occident, les dédicaces à Jupiter-Sol-Serapis 111 qui, suivant la conception égyptienne, durant sa course diurne, fertilise la terre et qui la nuit règne sur le monde souterrain, à la fois maître de la fécondité et juge des morts".

En même temps, les soldats qui tenaient garnison à Home y introduisaient leurs dévotions nationales. C’est ainsi qu’en 120 un et/ues singularis de Cologne tait une dédicace Soti divino'- et en 246 un prétorien du Vermandois I.O.M .. et Soli dits patriensibus 13 . Des divinités solaires gauloises et germaniques purent ainsi occasionnellement trouver des adorateurs dans la capitale.

Mais beaucoup plus nombreux furent certainement ceux des Baais syriens qui, dès la période hellénistique,

1 Riess dans Pauly-Wissowa, /iealenc. s. v. « 4berglaube » I, 38 sq.

— 2 Cf. mes Monuments Tel. aux mystères de Mithra, I, p. 125 sq. — 3 Jalin,

Arcbüologische Beitrdge, 1847, p. 70 sq. ; Sclmlze, Ueber die Giebelgruppe des Capitol. Jupiter (Arcluiol. Zeitung, XXX), 1872. p. 7 cl pl. lvii. — ' arr. De

L l. V, 70 ; De r. r. L. c. ; cf. Corp. insc. lot. \ I, 700, 371!) sq. ; Cal. Pliitocal. 28 août, C. insc. lat. 12, p. 327 ; cf. Fast. Praenest. ibid., p. 239 a. — 3 Terlull. De Specl, 8 ; Cassiod., Var. 111, 51, 0 ; Antbol. lat. 197 v. 6 el v. 17, R.cse.

— 6 C'est ainsi que Hiilsen concilie les expressions contradictoires de Tacite. Ann. XV, 74 : Sol cuius est vêtus aedes apud citcum, et de Tertullien, De Spect. 8 : Circus Soliprincipaliter consecralur, cuius aedes medio spalio, el il a reconnu une représentation du temple, figurée au milieu des gradins, sur un bas-relicl et sur une monnaie de Philippe l’Arabe Reproduits supra, t. I. p. 1191, fig. 1521-to22) ; cf. Dissert. d. Accad. Pont. Romana di archeol. scr. Il, I. VI, p. 266 sq. et Jordan Hiilsen, Topogr. der Stadt, t. I, 3’ partie, p. It5, n. 9. — 7 Notüia XI, Curios., reg. 1 1. Sur la question de savoir si ce temple était primitivement distinct de celui’ de Luna, voy. supra, 1. 111, p. 1391, n. 17 sq. ; Wissowa, Bel. d. R. p. 282.

avaient été assimilés au Soleil *4. On trouve ainsi des consécrations à Sol faites par des prêtres ou des fidèles du Jupiter Dolichenus deCommagène *5, du Malachbel palmyrénien16, de l’Élagabal d’Émèse'1. Tacite nous raconte qu’à la bataille de Bédriacum (69 ap. J .-CA les soldats de la IIIe légion saluèrent d’une grande clameur le soleil levant suivant la coutume syrienne *8. Enfin, à partir du il1' siècle, avec la diffusion des mystères de Mithra [t. in, p. 1944], se répandit de plus en plus l’adoration de l’astre « invincible ». Les inscriptions qui sont dédiées aux divinités solaires asiatiques, deviennent nombreuses dans toutes les provinces latines où s’introduisirent les cultes orientaux19. Rome et l’Italie en ont fourni une quantité considérable; elles abondent aussi le long de la frontière romaine où les troupes étaient cantonnées, en Dacie, en Pannonie, en Rhétie, et surtout en Germanie. Plus rares dans l’intérieur de la Gaule, où elles n’apparaissent guère que dans la vallée du Rhône, très ouverte au commerce du Levant, elles sont un peu plus fréquentes en Espagne et en Afrique, où campaient des légions.

Cette aire de dispersion suffirait à prouver que la plupart de ces dédicaces à Sol s’adressent en réalité à ses congénères asiatiques. L’examen des monuments où le Soleil est reproduit, conduit à la même conclusion. A la vérité, l’aspect extérieur du dieu y reste généralement conforme aux traditions de l’art hellénique.

Parmi beaucoup d’autres nous choisirons, pour le reproduire (fig. 6497), un beau bas-relief découvert à Narbonne20, qui offre une composition intéressante :1e Soin . sortant des Ilots, élève une torche de la main droite. Au moment où l’astre apparaît sur l’horizon, il chasse ténèbres et frappe de ses rayons les démons qui les peuplent. Aussi l 'Orients est-il souvent figuré et l’aurore est-elle le moment où l’on sacrifie de prélérence a So

8 Corp. inscr. lat. VI, 701-2 = Dessau, Inscr. sel. 91 ; cf. Jordan-Hulscn, L '■ n lJ4 et 610. — u Von Prcmerstein, Arcb. epigr. Mitt. aus Oesterr. ■ >

!» C. i. 1. 1.1, 3, 777. ; V, 3232, 8233 ; VI, 402, 707. VIII, .005 ; C. inscr RM*.*- IX, 5824 ; XI, 5738 ; Kaibel, Inscr. Sic. liai. 914-916, 1023, >’ 10 ' Vi(a

48, 2244; cf. Dessau, Inscr. sel. 4394 sq. ; Cagnat, Ami. Rpigr. • ^

— H Cf. mes Religions orientales, 2e cd. 1909, p. 134. 1 • *■ * ’ni nys,

13 C. i. I. VI, 2094 ; cf. 7,5. - H Serv. ai Ae». «. 729, cf. 042 i XL, 392sq. etc. ; cf . infra. — t»C.i. I. VI, 412, 743. 1SV1.710, ’ isTac.

7956,-n VL 708 ; cf. 2129 sq. 22693 sq. ; Gagnai, Ann. epigr. 1902. n*-w- Hist. III, 24; cf. Herodian. IV, 15. - *9 Nous avons réun. toutes les 1 l ^ (| ou Sol esl mentionné, dans nos Textes et mon. rel. aux myst. de ^

92 sq. et 468 sq. (1896). Ce recueil me dispensera d’énumérer ici la c ^ , des n- du Corpus. ~ Espérandieu, Bas-rehefs de la Gaule .flgurc p. 254, n“ 343. - 21 Cf. mes .1/onum. myst. de ADthra, 1, P- > — ( s.v.

sur de nombreuses monnaies impériales; cf. Rosclier, Lexihon er .

« Oriens >*.

SOI

[C type le plus ordinaire est celui qui montre Sol élevant la main droite pour bénir ou protéger ses serviteurs, et tenant de la gauche le fouet, avec lequel il mène son quadrige, et le globe, symbole de sa domination sur le monde (lig. 6408)* 1 . Toutefois si le dieu apparaît ainsi parfois isolément2, ou dans des compositions de scènes de la mythologie grecque, notamment sur les sarcophages3 * *,

, on le voit beaucoup plus souvent

Fier. 0498. - Sol bénissant. , , .

représente sur les sculptures inspirées par les cultes orientaux* et, en particulier, siales bas-reliefs mithriaques, dont il occupe régulièrement le coin gauche supérieur8, ou bien il figure dans la série des planètes sur les pierres décorées des images des sept

dieux de la semaine

■•S OU-SANG Tl S SI WÜ5ACRVM

fTIClAVDiVS r eux - et C L A v D I A ■ H E LPI s- Z T ; fri -CL AV OI VSrtLr PV5-F1L-ZOIWM | ; . iVOTVHSCLVEK^NTIIBE NSM FRIT Oh ■ calbIenses-de-cgh -ui b

TW.

Fig. 6499. — Sol sanctissimus.

[pies, lig. 2402. sq.]6.

Parfois des types nouveaux répondent aux croyances nouvelles répandues par les religions étrangères. Ainsi nous voyons sur un autel du Musée du Capitole Sol sanctissim us , c’est-à-dire Malachbel, porté par un aigle éployé, comme le sont souvent les bustes des empereurs

qui ont obtenu l’apothéose (fig. 6499) 7 .

Un bas-relief décou-

vertrécemmentàCorstopitum (CorbridgesurlaTyne) nous montre un personnage portant une couronne radiée, probablement Sol, monté sur Pégase; des deux côtés se trouvaient les Dioscures symboles des deux hémisphères célestes (fig. 6500) 8.

Dans la foule des textes épigraphiques qui mentionnent le nom latin de Sol, il est souvent difficile de reconnaître à quelle divinité étrangère ou indigène chacun se rapporte, à moins que la nationalité même du consëcrateur ne permette de le déterminer9. Cependant, certaines épithètes sont réservées presque exclusivement aux Baals ou à Mithra. Un Sol divin us sera très probablement syrien l0, de même Sol sanctissimus “, parce

1 Bas-relief de Rome, Mon. myst. Mithra , II, p. 202, fig. 29. — 2 Espérandicu, Bas-reliefs rte la Gaule, I, nos 94, 343, II, n° 1028 (peut-être Mithra), 1510 (stèle funéraire : Sol est le conducteur des âmes; infra , p. 1385); Catal.

des sculptures antiques du musée de Bruxelles , n° 7, etc. — 3 Millih, Galer.

Mythol. XCIII, n° 383; Espérandieu, Op. cit. I, n° 161, II, 1240, etc. Sar¬

cophages chrétiens : Espérandieu, I, n° 40. Cf. Piper, Mythologie der christlichen K unst , II, p. 1 16-199. — 4 Baal : cf. Toutain, De Saturni dei in Africa cultu,

,s9V.p. 38 S(j Malachbel : Strong, Roman sculpture , pl. xevi, p. 313. J. Ileliopolilanus : Oussaud, Notes de mythologie syrienne , 1093, p. 29 sq. — & Nous avons étudié en détail ces représentations, Mon. myst. Mithra , I, p. 121 sq.

~~ '* sait que ces Wochengôttersteine découverts en Germanie ont servi de

socles aux « colonnes au géant ». Le dernier travail paru sur ce sujet est celui de

Biese, Die Gigantensaiilen und ihre Literatur (E insel forschungen ûber Alter-

tumsgegenstünde in Frankfurt ), I, 1908, p. 18 sq. Cf. aussi Roscher, Lexikon

der Myth. s. v. « PI ancien », col. 2535 sq. — 7 Strong, Roman sculpture, 1907,

P*3l-* pl. xevi ; Corp. inscr. lat.X 1, 710. — 8 Haverfield, Jahrb.des Inst. 1909, Arch.

■\nzeiger, p. 23g . /fevue archéol. 1909, p. 468. Pégase est rais en relation avec le

sole‘l da,*s les cultes orientaux; cf. Mon. myst. Mithra , I, p. 106, cl les monnaies

SOL

que les dieux sémitiques sont, par excellence, des êtres «saints »12, ou Sol aelernus l3, parce que la

Fig. 6500. — Sol monté sur Pégase, entre les Dioscures.

constance perpétuelle des révolutions célestes avait conduit les Orientaux à concevoir les astres comme éternels11.

Mais la qualification qui appartient particulièrement à ces dieux étrangers est celle d 'invictus. Traduction du grec àvtxTjToç, elle est appliquée en Orient aux puissances sidérales, sans doute parce qu'après avoir semblé disparaître et périr, elles renaissent avec un éclat nouveau, constamment victorieuses des ténèbres ' En Syrie, les Baals, identifiés avec llélios, sont invoqués comme œv!XY,toi En Occident, cette appellation de Soi invictus ou r/eus invictus qui devient de plus en plus fréquente depuis le 11e siècle11, a surtout été usitée pour désigner Mithra, notamment sur les monuments consacrés dans ses temples, où aucune confusion n’était possible, et le sigle D S I M ( Üeo Sofi invicto Mithrae ) est bien connu de tous ceux qui ont feuilleté un Corpus épigraphique1". Mais on trouve, à côté du dieu perse, un Sol invictus Elagabal'\ un Sol invictus Malachbel 211 et même un Sol invictus Serapistl,et Sabazius, transformé en génie héliaque, prend le nom de Sanctus invictus Sabazius £ . Ainsi Sol invictus est une désignation générale qui embrasse toutes les divinités orientales considérées comme solaires par les théologiens de 1 Empire. Celte expression très large, qui faisait abstraction de toutes les appellations locales, pouvait s’appliquer aux diverses puissances célestes où les tendances monothéistes de l’époque voyaient des manifestations d'un seul Etre suprême.

On a exposé ailleurs [elagabal] comment l’empereur Iléliogabale voulut, en 218, faire du Baal d Émèse le dieu principal du Panthéon romain et concentrer dans

de Gai lien, Cohen, V2, p. 436, il0 978-981. — 9 Ainsi Corp. i. Int. VI, 700 (dédicace Soli sacrum par un dévot natus in Syria Nisibin liber factus Bomae), V, 8932 (par un negotiator ( domo\ Syria ), UI, 1 107 (par aA{U*att&»), 111,828 (parSepfimius Antiochianus ), VI, 7t2(|»ar un certain Üaphnicus , sans doute d’Antioche), etc. — 10 C . i. lat. VI, 398 (de 86 ap. J.-C.) où Sol divin it s est Hadad (Wissowa, Bel. der Borner, p. 398). J’ai trouvé une dédicace Soli dirino au bord de l’Euphrate (Bull. Acad de Belg. 1907, p. 562, 574). Cf. VI, 709 (consacrée par un Anicetus), III, 11146. 7, V, 4948; mais VI, 31139 n'est pas oriental. — 11 VI, 710, 711, cf. XI, 204.

12 Cf. mes Religions orientales, 2e éd. p. 363, n. 47. — *3 111, 222. 604, 3158 b.

|| 259 — ^ Cf. Rev. archêol. 1888, I, p. 194 sq. ; Religions orient, p. 192 sq.

— 13 Sur le sens d’invictus , cf. J/on. myst. Mithra, I, p. 48. — 16 C. inscr. graec. 4590 ; Le Bas-Waddington, 2392 sq. Cf. 2390, 2312. — 17 On a des dédicaces Deo invicto Mithrae, depuis l’époque des Flaviens (C. i. I. VI, 732). La plus ancienne consécration datée Soli invicto, est de 158 (C. t. /. VI, 715', cf. III, 11 11, 7483 et Mon. myst. Mithra , 11, p. 5Vü). — 18 J'ai réuni les variantes, Mon. myst. Mithra, 1 1 , p . 540. 19 C. i. I X, 5827, Privil. milit. LXXXIV (C. i. /. III, suppl. p. 1997). 20 C. i. I. VI, 31036. — 21 VI, 571, XI, 5738 = Dessau, Inscr. sel. 4397, V380.

— 22 C. i. I. VI, 30948 s. ; Eisclc dans Roscher, /.ex. Myth. s. v. « Sabazios » col. 255.

SOL

SOL

son temple tous les colles de l’État1. Celle tentative violente et prématurée devait échouer2, mais elle fut reprise un demi-siècle plus tard avec plus de succès. En —7 4, Aurélien, après sa victoire sur Zénobie, fonda à Itome, au Champ de Mars, un temple consacré au Soleil ( Templum Solis )8, qu’il décora luxueusement etenrichit d offrandes à l'aide du butin fait en Syrie1. On a retrouvé près de San Silvestro in capite des restes antiques importants, qui semblent bien avoir apparlenuà cette construction. Précédée de vastes portiques, où l’on conservait le vin destiné aux distributions alimentaires3, elle rappelait par son plan la disposition du temple de Baalbek s.

On a beaucoup discuté la question de savoir quel dieu oriental Aurélien avait ainsi adopté et honoré. On a prétendu successivement y reconnaître Mithra1, Élagabal8. qui avait protégé l’Empereur durant sa compagne d Orient, ou le dieu solaire de Palmyre9. 11 est encontestable que l’Empereur, dans le dessein de fonder une religion universelle, s’inspira de celle qui était enseignée dans les grands sanctuaires de la Syrie, et qu’il prit en particulier pour modèle celle do la capitale de Zénobie, où, durant sa puissance éphémère, s’était constitué un culte officiel, nécessairement syncrétique10. Lorsque Zosime nous dit qu’Aurélien plaça dans son temple romain les images IIXiou te xai BvjXou11, enlevées à Palmyre, on peut croire que ses hommages s’adressaient, conformément à la théologie syrienne de la fin du paganisme12, à la fois au dieu suprême, siégeant dans le ciel le plus élevé, et au Soleil, son image sensible et son intermédiaire. Mais le Sol invictus de l’empereur victorieux ne peut être assimilé à aucune divinité orientale préexistante. La tradition, suivant laquelle il se serait souvenu aussi d’un culte du Soleil dont sa mère aurait été prêtresse dans sa ville natale do Sirmium 13, ne doit pas être absolument écartée1’* Son prédécesseur, Claude le Gothique, qui étaitaussi d’origine danubienne, vénérait pareillement Sol comme son protecteur13.

Aurélien tendait donc à fonder une religion assez large pour que toutes les dévotions provinciales pussent y trouver satisfaction. 11 voulait, grâce au monothéisme solaire, restaurer l’unité morale de l’Empire comme il en avait reconstitué l’unité politique10. Il n’établit ni un culte local, comme Élagabal, ni même un culte purement oriental. Si la construction du temple et peut-être dès lors le rituel rappellent ceux de la Syrie, à d’autres égards on resta fidèle à la tradition romaine. Le 25 Décembre qu’on regardait comme le jour de la renaissance

i L'importance politique de celle religion d'Emèse a été mise récemment en lumière, avec quelque exagération, par M. von Domas/.ewski, AbhandL zur Rùm. Hehgion , 1909, p. 197 sq. Sur le chapiteau sculpté du Forum, voir Studniczka, Rôm. AJitth. 19 02, p. 274, pi. xii. — 2 Cf. mes Relig. orient, p. 109. — 3 Not. reg. VU; Curios. urb. lb.\ Vit a Aurel. 35,3 ; 39, 2. Aur. Vict. Caes. 35, 7; Eu trop. IX, 15 ; Chron. ann. 354 ap. Mommsen, Chron. min. I, p. 148. — Zosim., 1, 61. Vit . Aurel. 28,5 (étoffes précieuses), cf. 1,3 ; 25, 6 ; 28, 5; 48, 4. Vit. Firmi , 3, 4 (ivoire). Statue d’argent d’Aurélien et peinture représenlunl l’empereur avec Ulpius Crinilus (Vit. lacit. 9, 2; Vit. Aurel. 10, 2); cf. Synccll. I, p. 721, Bonn. — 5 Vit. Aurel. 48, 4; cf. Corp. inter. Int. VI, 1785. — 6 Hülsen, Rail. arch. com. XXIII (1895). p. 39 sq. ; cf. Hiilsen-Jordan, Topogr. d. Stadt Rom , I, 3e partie, p. 454 sq. ; Homo, L'empereur Aurélien , 1904, p. 185 n. — 7 Habel, Zur Gesch. des in Rom eingeführten Sonnencultus ( Comm . in honor. Studemund ), Strasbourg, 1890, p. 97 sq. Mais voyez mes J/on. myst. Mithra, I, p. 48, 337. — 8 Marquardt, Staatsverwaltung , 1112, p. 83; cf. von Uomaszcwski, Abhandl. zur Rom. Religion , 1909, p. 197 sq. Wissowa (Rôm.

Rel. p. 306) a déjà opposé avec raison à Marquardt la damnalio memoriac d’IJéliogabale, qui avec lui condamnait implicitement son dieu. — 9 Wissowa, Op.cit. p. 306. — 10 Cf. mes Religions orientales , p. 367, n. 59. — U Zosim., I, 61; cf.

du Soleil, dont la lumière recommençait à croître ]f, Natalis Invicti ”, fut célébré par des jeux du cirque toUs les ans ('lIXtEia18) et par un agon Solis quadriennal \ l’imitation de l'ngon Capilolinus établi par Domitien19 Le service du temple auquel furent affectées des ressources spéciales 20, fut confié à un nouveau collège de prêtres, les pontifices dei Solis ou dei invicti Solis , qui furent mis sur le même pied que les antiques pontifes romains, appelés désormais pont i/ices V estas 21 Ils furent recrutés dans l’ordre sénatorial, mais on ne sait rien sur la présidence et l’organisation de ce clergé Sol invictus était ainsi élevé au rang suprême dans la hiérarchie officielle des dieux : il usurpait la place du vieux Jupiter Capitolin et devenait le proLccleur attitré des empereurs et de l’État. Longtemps avant Aurélien depuis le règne de Septime Sévère, le dieu solaire apparaîtsurles monnaies impériales accompagné deslégendes Oriens ou Aelernitas Augusli21, et celle de Sol invictus y figure depuis Gallien (26D-268). Mais imageset légendes deviennent beaucoup plus explicites sous Aurélien23. On voit par exemple le Soleil offrant au prince le globe, symbole de la domination du monde, tandis qu'à leurs pieds est couché un captif, et à côté des formules traditionnelles, d’autres proclament le Soleil conservator ou restitutor orbis et enfin dominus imperi romanin. Il est remarquable que sur toutes ces monnaies le type du dieu, en dépit de son véritable caractère, reste conforme à celui de l’art hellénique, dérivé de celui d’Apollon. Un jeune homme, por¬

tant la couronne radiée, vêtu d’une simple chlamyde, le plus souvent flottant derrière le dos, lève la main droite tandis que la gauche tient le fouet ou le

globe (fig. 6501). Nous avons parlé plus haut de ces

Sol conservator.

lui donne une palme,

attributs. Parfois on trophée, un arc, une lance, etc., ou bien on le montre debout sur son quadrige

La numismatique des successeurs d’Aurélien continue à manifester

leur dévotion envers l’astre divin20. Sous Probus,!'! relation intime du souverain et du dieu est affirmée pai

Fig. 0502. — Sol invictus.

Vit. Aurel., 31, 8. — 12 Relig. orient, p. 198. — 13 Vit. Aurel. 4, -,

5. 14 Cf. Homo, Aurélien, p. 38. — 16 Maurice, C. rend. Acad, des Inscr. 19"!l p. 168. — 16 Homo, L. c. p. 189 sr|. — U Natalis Jnvicli répond au Tiv«i.,o> ’HXtou, au; ei ©i«; du calendrier astrologique d’Aulioclius. Cf. Mon. myst. AJitl"

I, p. 342, n. 4. — 1» Hiiloc., VJ11 Kol. Ian. N{atalis) Invicti c(ircenses) »><»• sus ) XXX; cf. Julian, Or. IV, p. 135 c. ; Corripp. De lande Just. min I, 3,4 Vollmer) ; Leon., Serai . in Nativ. Dom. Il, G (H. L. IJV.918). Cf. la uolc de Mommsen, Corp. inscr. lat. 12, p. 338. D'autres ludi Solis, d'origine inconnue, avaiei^ lieu du 19 au 22 novembre (Mommsen, ibid. p- 333). — 19 C hronoip • (Mommsen, Chron. min. i, 148, 10): Ar/onem Solis instituit ; cf. Hieron)"1-- Chron. a. Abr. 2293, p. 185, Schftne; Jul. Or. IV, 155 B: TtTf«etr1?i«ù! 4ï",a’' — 20 Vit. Aurel. 35, 3. — 21 Vit. Aurel. 35; llabel, Op. cit. p. 99 sq. : cf. «^’* Op. cit. p. 187. Les titres de pontifex dei Solis et de pontifex dei iwich ^ sont, à mon avis, synonymes; cf. Mon. myst. Mithra, I, p. 109, où j ai 1 ^

inscriptions rclalives à ces prélats. — 22 L'bistorique des représentations sur les monnaies impériales a été fait par Usener, Sol invictus ( Jthcin . . ^ Philot. N. K. I.X, p. 470 sq.). — 23 Usener, L. c. et surtout Homo, P- ^ p. 5G0 sq. — 24 Cohen, V12, Aurélien, 15-17. — 25 Coben, Monn. emp. pl. vni, n° 14, nu 37. — 26 Usener, L. c.

SOL

SOL

r?i» 6503. — Sol associé à l’Empereur.

]a i(jgende Soit inviclo conviti Augusti' (fig. 6503 )s,

! |.' réorganisation de l’Empire par Dioclétien 3 ne mlilia pas sur les monnaies l’usage, devenu traditionnel, de types et d’inscriptions relatifs à la religion solaire 4. C’est sous la protection de celle-ci que les armées de Licinius marchèrent contre Constantin, et un texte curieux nous apprend que cet empereur établit dans le camp de. Salvosia n gésie un sacrifice annuel en l’honneur de Sol, le 18 Novembre, qui était le premier jour de l’année suivant le calendrier d’Antioche 6. Constantin lui-même, durant la première partie de son règne jusqu’à savictoire sur son rival fh frapper un grand nombre de pièces au type de Sol avec les légendes Sol inviclus , Sali inviclo comili Auijnstinostri, etc. ", et dans son armée les soldats durent tous réciter le Dimanche, « jour de la lumière et du soleil », une prière au dieu qui donne la victoire7. La force de la tradition maintint encore les images de Sol sur les monnaiesde Constantin II, mais Constance n’y toléra plus

de dieux païens.

Cette prédominance accordée au Soleil sur les autres divinités, au moins pendant un demi-siècle (274-323), ce patronage que les souverains lui reconnaissent sur leur personne, ne fontque donner une consécration officielle, de la part des Césars, à des croyances qui bien antérieurement s’étaient développées dans l’Orient hellénistique. Le monothéisme solaire se fonde à la fois sur des idées politiques et sur des doctrines théologiques.

Depuis une haute antiquité, le Soleil était, en Égypte comme en Babylonie, la divinité protectrice des rois8; et dans la vallée du Nil, les Pharaons passaient même pour des incarnations successives de Râ. Ces théories furent plus ou moins ouvertement adoptées par les empereurs romains, selon que s’affirmaient plus ou moins nettement leurs prétentions à un absolutisme théocratique. Dès le icl' siècle, on voit parfois les Césars considérés comme des épiphanies terrestres d’Hélios 9. A partir du ur siècle, la titulature officielle des souverains exprime cette relation qu’on établissait entre eux et l’astre du jour. Commode prend le premier le Litre d'inviclus, auquel vient bientôt s’ajouter celui d 'aelermis. Ces épithètes, que les princes partagent avec les dieux solaires de 1 Orient [supra, p. 1383), leur appartiennent parce qu’ils sont unis à lui par une identité de nature etqu’ils restent constamment en communion intime avec lui 10. Suivant les croyances astrologiques qui régnent à cette époque, le Soleil, planète royale, est le créateur des âmes et il donne en particulier aux princes, au moment de leur

naissance, les qualités .qui leur font dominer h-s hommes et les égalent à la divinité". Aurélien, qui institua le culte officiel du Sol invictus , est aussi le premier qui se déclare sur ses monnaies drus cl dominus nulus la. Ce que Sol est parmi les astres dont il règle l’harmonie, le monarque l’est sur la terre qu’il gouverne. La religion d’État, établie par le vainqueur de l’Orient, devait donc, dans la pensée de son fondateur, servir de justification et de soutien à l’autocratie impériale.

L’établissement de celte religion universelle, dont l’adoration du Soleil était le centré, avait été préparée aussi par la constitution d’une théologie astrologique, qui s’était imposée aux clergés orientaux. Elle a pour premiers auteurs les prêtres-astronomes de l’époque hellénistique, auxquels les Crées conservèrent le vieux nom de « Chaldéens13 ». Suivant leurs doctrines, le Soleil, qui occupe le quatrième rang parmi les sept planètes, est placé au milieu de ces astres errants, comme un roi entouré de ses satellites, et on lui applique paisible le nom de Bx-riXeu; "HÀi&ç u. Ces savants enseignaient que son globe incandescent, doué d’un pouvoir alternatif d’attraction et de répulsion, déterminait la marche des autres corps sidéraux, qui lui faisaient escorte. 11 était le cœur du monde (xapôia xoO xdcp.ou) et par sa chaleur animait fout ce grand organisme.

Cette théorie mécanique, où il y a comme un pressentiment de la gravitation universelle et du système héliocentrique, devait nécessairement conduire à regarder l’astre éclatant du jour comme le dieu suprême de l’univers. En effet, pour les astrologues le mouvement des étoiles provoquant tous les phénomènes physiques et moraux, celui qui règle le jeu compliqué de leurs révolutions deviendra l’arbitre des destins et le maître de la nature entière. Déjà Pline le proclamait principale nuturae regimen ne numen

Mais ce Tout, si bien ordonné, ne pouvait, pensait-on, être conduit par une force aveugle. Le Soleil, lumière intelligente (cptoç vospov) 1G, sera donc conçu comme la raison directrice du monde, mens tnundi et temperatio 17, et par une conséquence ultérieure celte raison universelle deviendra la créatrice de la raison humaine, étincelle détachée des feux cosmiques. De même que l’astre brûlant écartait et ramenait àlui alternativement les planètes, de même il envoyait, croyait-on, à la naissance les âmes dans les corps qu'elles animaient et après sa mort il les faisait remonter dans son sein.

De spéculations astronomiques combinées avec de vieilles croyances sémitiques18, les théologiens syriens avaient ainsi déduit toute une dogmatique religieuse. Ce panthéisme astrologique se répandit dans le monde latin vers le début de notre ère. Une propagande littéraire, qui se rattache à Posidonius, prépara les esprits à accepter

1 Cohen, VI, 317, 322, 696 sq. — 2 Cohen, VII. pl. vu, n° 38 — 3 Usencr, r ■ cf. infra, n. 5. — 4 rVs textes épigraphiques donnent aussi parfois à Sol h;s épithètes de Cornes Augusti (X, 533t, Kph. Il, 390) ou Conservator Augusti 1 ho » , , X, 7337). — a Von Domaszewski, A b h. sur /ti’nn. Ilelig . p 206 sq. Corn- Par er la dédicace Heo Soli inriclo Milhrae fautori imperi soi fai le à Carnunlutu Pai' Dioclétien et les princes associés à son pouvoir (Coup. insc. Int. III, 4413); c( ■ V, 803 : DeoSoli Diocletianus et Maximianus, Dessau, / user . set. n(,024. — 6 llscner- 7-- c- 1 cl. Maurice, Numismatique Constantinienne , 1908, p. cxxiv, exxx, 504. ~ 1 * 111 l'.useb., Vit. Const. IV, 18 sq. (p. 124, lleikel); cf. Burckhardt, Me Zeit

°nstantin‘s , 2e 6,1. 1880, p. 349, 354. Slaluc de Constantin adorée comme celle du Srlcil; cf. Preger, Hermes , l. XXXVI, p. 457 sq. ; Philostorg. Hist. eccl. Il, ' I1' 28, 4 sq., éd. Bidez). — 8 Mous avons exposé le développement de ces idées Politico-religieuses, Mon. m yst. de Mithra, I, p. 279-292. Cf. La théologie solaire

1 11 paganisme romain {Mém. prés. Acad. Jnscr. sav. étr. I. XII), 1909, p. 452. sq.

— 9 Ditlenbcrger, Sglt. 2 365, 14: 'O vio; "Hktoç r a T o ç K«Te«^ (Caligula) ; Lanckoronski, Villes de Pisidie , II, p. 221 (Sagalassos) : N fui *Hkfut Nlpom ; Jnscr. Or. septentr. 2714 : (Néron) M -, ; "H X t o ; liuXôqxlia; xoï; "EXXvieiv. Sur la statue de Néron transformée en image du Soleil, cf. Defahaye, Anal. Bollandiana , XVI, p. 229.

— 10 Mon. myst. Mithra , I, p. 288 ; L'éternité des empereurs romains {fier. d’Iiist. et de litt. religieuses , I) 1896, p. 435 sq. — n Mon. myst. Mithra , I, p. 291 ; cf. Hermès Trism. ap. Stob. I, 49, 45 ( fl .7 ; yivovtai psmruxa; -iu^ai). — *2 Homo, ttp. cit. p. 192 ; .l/on. myst. Mithra , I, p. 291 , n. 5. Ces i lées persistent chez Julien ( ihid . p. 345, n. 7 ; cf. Sozom. VI, 2, 1 1). — 43 Cf. ma Théologie solaire , L. c.

р. 468 sq. — *4 l’hilon, Quis. rer. die. heres, c. 45 (III, p. 50, Weudl.), etc.; cf. Théologie sol. p. 453, n. 7. — 16 Plin., Hist. nat. II, 5 § 13 ; cf. Cicer., Somn. Scip.

с. 4; Macroh. I, 17, 3. — 16 Vetl. Valens, 1, 1 ; cf. Macrob. I, 23, 21, et Théologie solaire , p. 461. — U Cicer., Somn. Scip. 4; cf. Plin. I. c., etc. — 18 Ccnsorin., c. 8. Cf. Théologie solaire, p. 463 sq.

SOI

SOL

la foi < | ne prêchaient les prêtres asiatiques, et 1 action combinée des systèmes philosophiques et des mystères orientaux, secondant la politique des Césars, tendit à assurer la domination incontestée de Sol i tir ictus.

Sol, nous l’avons dit, n’avait dans la vieille mythologie romaine qu’une position modeste qui était en désaccord avec la toute-puissance que les théories nouvelles lui accordaient A l’exemple des Orientaux, qui avaient transformé en divinités héliaques, non seulement les Raals de Syrie, mais Sérapis, Attis et Sabazius fl. IV, p. 929), les théologiens romains entreprirent de démontrer que les principaux dieux n’étaient que des formes diverses sous lesquelles on adorait le Soleil. Toutes les puissances célestes n’étaient, pour ainsi dire, que des réfractions ou irradiations de sa splendeur. I.e syncrétisme de l’époque impériale favorisait ces interprétations complaisantes2. Les poètes se plaisent à énumérer la série des noms sous lesquels on adore l’astre qui nous éclaire3, et les théoriciens du paganisme démontrent doctement leur identité. On voit appliquer ce système par Porphyre dans le Mepî àyaX|xâxiov mais il est surtout développé à Rome par Cornélius Labéon, qui s'inspire de Jamblique5. C’est à lui que Macrobe6 emprunte la dissertation érudite où il prouve qu’Apollon, Mars, Mercure, Esculape, Hercule, Sérapis, Adonis, Attis, Osiris ne sont que des appellations variées du dieu solaire.

Lorsque le paganisme plaça l’Être suprême hors des limites du monde sensible et le lit siéger au delà des sphères planétaires au plus haut des cieux1, l’ancienne omnipotence du Soleil en fut amoindrie. Mais on continua à voir dans le disque radieux, qui éclaire les hommes, l’intermédiaire entre la puissance extra-mondaine etles mortels. On supposa même l’existence d’un second soleil, purement spirituel, qui brillait dans le monde de l'intelligence (vosp ô; xdffjx&ç), et l’on en fit le siège de cette raison universelle qui semblait désormais incompatible avec la matière8. Ce n’est pas le lieu d’exposer ici en détail les transformations que le néoplatonisme fit subir à l’ancien panthéisme solaire, ni d’insister sur lathéologie de Julien qui, dans son discours Ei; êac-iÀéa "HAi&v, expose les spéculations de Jamblique sur le dieu que l’empereur regardait comme son père spirituel9.

Celte vénération générale pour le Soleil qui caractérise le paganisme à son déclin, ne devait pas périr tout entière avec lui. Reprenant une expression du prophète Malachie ’°, les chrétiens appliquèrent au Christ le nom de Sol justitiac, et opposèrent celui-ci au dieu matériel

l Macrob. I, 23, 21 : "H/ut ixavxoxoàTop, xcî'rp.ou TïveO’na. .. route-puissance des liieus syriens; cf. Relig. orient , 191 ; Mithra ommpotens , cf. Mon. myst. Alithra , 1, p. 307, n. 1. — 2 Rr> ville, La religion sous les Sévères , p. 280 sq. Cf. Usener, Gôtternamen , 1890. p. 341. — 3 Sial. T/iebaïd. I, 717 sq. ; Martial». Capell. Il, § 185 si] . ; Nonniis, Dionys. XI., 365 sq. ; Laits Solis dans Bahrcns, Pcet. lai. min. IX, 430; Firmic. Maternus, De err. profan. rel. 8.-4 Bidez, Vie de Porphyre , 1910, Appendice, p. 1 sq. — » Cf. Niggeliet, De Cornelio Labeone , 1908, p. 44 sq. — 6 Macrob., Sat. I, 17 sq. — 7 Cf. Jupiter summus exsuperantissimus ( Archir für Relig ions wiss. IX), I9u0, p. 323 sq. — « Théologie solaire , p. 407. — 9 lui. Or. IV' ; cf. Mau, Die Religions philosophie Kaiser Julian s , 1908. La dévolion de Julien étail chez lui une tradition de famille; cf. Maurice, Compt. rend. Acad. Inter, stance du 1 1 mais 1910, el l’article qui doit paraître dans la Rev. arch., 1910. — 10 Malach. IV, 2. — H Nous avons réuni les témoignages anciens, Mon. myst. Mithra , I, p. 355 (le soleil symbole du Christ). — 12 Beausobre, Histoire du Manichéisme , II, p. 5S4 sq. — l3Sl-Léon, In iS'ativ. Dom. VII, 3 (Migne, F. L. Ll V, p. 218) ; Euseb. Alex. Or., VI, n tôt à'TToovéfi.wv (P, U. LXXX\ I, 453), etc. cf. Mon. myst. Mithra , L. c. — l'* Mommsen, Corp. ins. lat. 2, p. 338 ; Mon. myst. Mithra , I, p. 342, n. 4. Des textes décisifs ont été commentés par Usener, Sol invictus , p. 400 sq. 489 sq. Cf. Kellner, Heortologie , Fribourg, 1901, p. 102. 15 Coripp. De laude Inst. I, min. 314 sq. — Bibliographie. Pour la Grèce : Prel 1er- Robert, Griech. Mythol. p. 429 sq. ; Happ, art. Helios du Lexilc. de Roschcr ;

qu’adoraient les idolâtres. L’astre qui illumine la terre fut ainsi considéré comme un symbole sensible du Verbe qui avait lui dans les ténèbres du monde11. Il sembla ainsi participer en quelque mesure à sa divinité, non seulement aux yeux des gnosliques et des manichéens12 mais même des catholiques, et il resta longtemps l’objet d’une adoration superstitieuse contre laquelle s’élèvent les écrivains ecclésiastiques n. Le résultat le plus durable de ce rapprochement du « Soleil de justice » avec le « Soleil invincible » fut que l’Église adopta au ive siècle — à Rome entre 354 et 360 — pour commémorer la nativité de Jésus la date du Nntalis invicti. Celle-ci était universellement marquée par des réjouissances sacrées u, dont on garda ce qu on put: lis anciennes courses de chars même furent conservées1'1. Cette substitution d’une solennité chrétienne à une vieille fête du paganisme fut adoptée dans tout l’empire, cl c’est pourquoi aujourd’hui encore nous célébrons la Noël le 25 décembre. Franz Cumont.

SOLARIUM, 'IlÀtaaTvjptov. — 1. En général, tout endroit exposé aux rayons du soleil1; en particulier, terrasse établie sur le toit plat d’une maison ou d’un portique, où l’on pouvait jouir, suivant l’heure et la saison, de la chaleur, de l’air frais et de la vue2. On fit des terrasses des lieux de plaisance garnis de fleurs, où poussaient des arbres, où l’eau circulait3.

Beaucoup de ces terrasses étaient couvertes (solaria tecln )4. Quand, a Rome el sans doute dans d’autres villes, on construisit des maisons hautes et en matériaux plus solides, les propriétaires furent amenés à convertir un grand nombre de solaria en logements [coenacuujm] faciles à louer5. Certains de ces solaria , placés sur degrands portiques, pouvaient servir de promenades publiques °.

Les peintures de Rompéi offrent des exemples de ces belvédères découverts (fig. 6504)' ou couverts ifig. 6505; voy. aussi 450 8).

Dans les bains il y avait des chambres où l’on pouvait se sécher au soleil9. Une inscription récemment publiée en désigne une sous le nom de solarium l0.

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