‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monumentsChapitre 106 sur 137 · I-ig. 6513. — Solidus de Constantin · texte numérisé non relu

I-ig. 6513. — Solidus de Constantin

L’abondance des émissions du solidus, son excellent aloi et la régularité relative de son poidsle rendirent vile populaire. Les divisions du solidus furent le semis ou semissis (demi -solidus) rarement frappé, du poids théorique de 2 gr. 27, et le triais ou trcmissis{ tiers de solidus), du poids de I gr. 52, pièce qui devait être très abondamment frappée à l’époque mérovingienne en Occident '.

Dès l’époque de Constantin, on frappe exceptionnellement, à titre de médailles commémoratives, des multiples du solidus : ce sont des pièces d’or de 1 solidus 1/2, de 2 solidi, de 3 solidi, de 4 solidi, de 8 solidi, etc.8. Ces grandes pièces étaient offertes comme la sporlula par l’Empereur à de hauts dignitaires, consuls entrant en charge, généraux victorieux, ambassadeurs ; souvent on les envoyait à des rois barbares9. L’usage s’en perpétua jusque sous les Byzantins, et les auteurs du temps citent des médaillons d’or qui pèsent jusqu’à I livre 1/4 ou 00 solidi ; d’autres pèsent 1 livre (72 solidi)', puis, 56, 48, 40, 36, 15 solidi'0. Grégoire de Tours parle de médaillons du poids de 72 solidi (une livre) que le roi Chilpéric avait reçus de l’Empereur". Le plus lourd de tous ceux qui, jusqu’à ce jour, nous sont parvenus, est un médaillon à l’effigie de Valens, conservé dans la collection impériale de Vienne, qui pèse 90 solidi, soit 409 grammes (1 livre l/4j12. La plupart des exemplaires de ces pièces de luxe qui sont dans nos musées, ont été ornés dans l’antiquité même, après leur fabrication, d’encadrements ouvragés en or et munis de bélières de suspension : on les portait suspendus à des colliers comme des breloques ou des décorations.

Chez les Byzantins, la taille constanlinienne du solidus d’or resta toujours le l/72e de la livre (4 gr. 55) 13 ; on lui donne souvent le nom grec de nomisma ; au moyen âge, on l’appelle basant ( besanlius) \ les Arabes frappent à son imitation leur dinar d’or (denarius). Le métal s’altère

1 Cliarisius, Inst. or. I, p. 77, 1. 3 Keil. — 2 Cilés par S. Reinach (Bronzes figur. de la Gaule rom. Caris, 1894, p. 64-06), qui reproduit les explications invraisemblables fournies dès l'antiquité. — 3\V. Amelung, Dissertas, délia Pontif. Acc.ad. Roman, di arch. Scr. Il, IX (1007), p. 115-135. - 4 Kurlwaengler, Arch. An z. VI (1891), p. 117-8, fig. HA. — ü S. Reinach, Rev. arch. 1903, I, pl. m, fig. 205-211

— c II y a de nombreuses .. Aphrodiles à la sandale » (Id. Rép. de la sial. Il, p. 346)'.

— 7 Hesycli. 693. —8 Lucian. Dial. deor. 11,1: ^Sr. Si ««; vit., va 1;

ituyà: T8 e«v5«7.v. — 9 P. Wolters, Ath. Alilth. XXX (1905), p. 404-406, pl. xv.

Autres ex p. 406, noie I. — 10 On a cru reconnaître uu sabotier dans un relief gallo-romain de Sens; Duruy, Hist. d. Rom. V, p. 037 ; Reinach, Catalogue du Mus. de St-Germain, p. 46, 3* édit. — 11 Ovid. Halieul. 124; Plin. H. n. IX, 15 cf. le jeu de mots de Plaut. Cas. Il, 8, 59. — 12 Cic. de In v. Il, 50 149. 52

— 13 Colum. r.r. XII, 52. — H Verr. ap. Eest, p. 301, 3, Millier.

SOLIDUS. • Cod. Theod. XII, 7, I. — 2 Vol. Maecianus. Dislrib. I, dans llullsch, Metrol. Script, t. I, p. 61. — 3 Apul. Metam. X, 9. — 4[,ampr. Sev. Alex. 39.'

— 6 H. Cohen, Méd. imp. (2* éd.j, t. VII, p. 295, n« 579 ; p. 299, n» 605). Le

poids elfcclif des sous d'or de Conslaulin est tantôt un peu au-dessus, laulul "" peu au-dessous du poids normal de 4 gr. 55 : O. Seeck, Zeit. fur Num. t. XVII. p. 46. Sur le chiffre i.xxn, voir Chabouillet, Rev. num. 1849, p. 0; J- Sabatier, Mono, l/g s an t. t. I, p. 56 ; Mommsen-Blacas, Monn. rom. t. III, p. 64. — ''Cobra, Op. cil. t. VIII, p. 427, n. 1 43 ; p. 470, n. 2u0. — 7 E. Babelon, Traité des monn. gr. et rom. t. I. p. 534-535. — 8 0. Secck, Zeit. fur Num. t. XXI, p- 2- s(l’ — 9 Symmach. Epist. IX, 93. 106, 107; cf. IV, 14; IX, 104; E. Babelon, La trouvaille de Helleville , dans Rev. numis. 1906, p. 186. — 10 Fr. Lenormant, il num. 1867, p. 127; Monn. dans l’Antiq. t. I, p. 10; Fr. Kenner, Num. Zed. t. XIX, 1887, p. 15; W. Frœhucr, Médaillons de l’empire rom. Jntrod. p- 111 Kubitschck, Ausgeu'ühlte rom. Médaillons der Kais. Alünzensannnl. 1,1 Wien (Vienne, 1909). — U Greg. Tur. Hist. Franc. VI, 2. — <2 Cohen, Op. ed. t. VIII, p. 104; Frœhucr, Op. cil. p. 327; Kubitschck, Op. cit. pl- *'*,

E. Babelon, Rev. num. 1906, p. 187. — 13 J. Sabalier, Monn. byz. 1 p. 51 ; \V. Wrotli, Catal. of the imp. Byzantine coins in tlie British Atus. I, introd. p. 74.

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l*'ig. 6514. — Solülus scyphatus.

j.ig |e viic siècle el devient de l’<y pâle ou electrum ; le U.in ^élargit, s’amincit; puis, il prend la forme concave, d'où les expressions solidi snjphati , riumvii scyphali,

qui les désignent parfois au moyen âge (fig. 0314).

Les s o lid i frappés en Gaule, à la fin de l’Empire romain, après avoir été taillés comme partout à l/72e de la livre, subirent, de bonne heure, une réduction pondérale. Ils lurent taillés à raison de 84 à la livre, c’est-à-dire au poids normal et théorique de 3 gr. 89. Un édit d’un empereur postérieur à Constantin compte effectiveit 7 solidi dans une once d’or1. Une loi de Valenen 307 admet aussi implicitement la taille du son d’or à 842. Ce sou est désigné sous le nom de solidus (/(dlicus dans un édit de Majorien de -458 3, et c’est lui qui sert d’étalon dans la Loi Sadique4. Le pape Grégoire le Grand (590-604) signale les solidi gallicani ou gallici connue ne pouvant avoir cours en Italie5. En fait, les sous et tiers de sou frappés dans le sud-est de la Gaule au nom de Justin 11 (565-578) et de Maurice Tibère (582- 602), fournissent des poids qui se groupent autour du poids normal de 3 gr. 89 et de 1 gr. 29 : ce sont des pièces qui se rattachent à la taille de 84 à la livre. D’ailleurs, l’irrégularité du poids et de l’aloi des solidi , surtoutàl’é-

inent

tinien

la sella n’ayant ni dossier ni bras. Le solium est donc un siège d’apparat et, en principe, un trône où plusieurs ne peuvent s’asseoir2. Aussi est-ce celui des dieux, des héros et des souverains. Le solium se rencontre dans le rituel pour les repas offerts aux divinités : le dieu est placé sur un divan ( leclus ), la déesse sur un siège [solium, plus tard sella), d’où la distinction entre lectisternium et *?/■<? (plus tard sel/isteruium)3. Mais, hors ce cas spécial, toute personne divine est représentée sur un solium, notamment dans les descriptions des poètes1; de même les rois5. C’est un siège élevé0, tel qu’il apparaît dans une miniature du Virgile du Vatican, où l’on voit Lalinus assis le haut dossier non ajouré servait à protéger par derrière contre toute violence inattendue 8. Le pater familias, considéré comme maître absolu chez lui, s’assied aussi sur un solium, lorsque le matin il donne audience à ses clients, dans l 'atrium de sa maison 9 ; c’est un siège qui se transmet de père en lils10. Des solia sont souvent consacrés aux dieux dans leurs temples11, ainsi à Bacchus el à Cérès, comme le montrent deux exemplaires du Louvre 12. Les peintures campaniennes en fournissent plusieurs représentations : tels les solia de Vénus et de Mars, caractérisés par l’oiseau elle casque qui y sont respectivement posés (fig. 6515) 13 ; sur un autre, Bacchus lui-même est assis14, ou bien des souverains, comme la reine Pasiphaé 15, ou celle qui personnifie l’Europe, entourée et honorée par les autres parties du monde 10.

Dans tous ces exemples, le type est le même que poulie turonos, auquel nous renvoyons, large siège carré,

recouvert

trais slipu-

*l l,t fréquemment que le débiteur s’acquittera en solidos probos et bene pensantes 8. E. Babelon. SOLITAURILIA. — [suovetaurilia] .

SOLIUM. — Littéralement, endroit où l’on siège; le m°t paraît dérivé de sedium, comme sella de sedia *.

|u Nous avons établi plus haut [sella] la distinction 11 Lire entre le solium, sorte de thronus à dossier et llve( f*ras, la cathedra avec dossier, mais sans bras, et

d’un coussi n, avec pieds et dossier perpendiculaires ; le tout précédé d’un marche-pied ou tabouret [scamnum], qui aide à s’y installer.

Le dossier,

qu’enveloppe souvent une étoffe, est moins élevé que dans levieux solium des rois de Rome. Ce dernier fauteuil, solennel et symbolique, ne s’est point transmis aux magistrats romains, dont les sièges sont sans dossier [sella ; les insignes de la magistrature seratlachant toujours à un amoindrissement, contemporain du passage de la royauté au consulat, il est à supposer que le trône des rois a été enlevé, en même temps que le char, aux magistrats de

1 1 Od. Theod. XII, 7, I ; Mommsen, Zeit. der Savigny-Stiftung. nom. Abtli. 1900. ^ : E. Babelon, Journal des Savants, F6vr. 1901, p. 120. — 2 Cod. Theod. X, lri / 5l,lv‘ tl(-‘ Majorien, I, 4, 1. — 4 M. Prou, Catal. des monn. mérov. de " "/■ nali°nale, introd. p. 15. — 8 Migne, Palrol. lut. t. LXX VII, p. 779 ; cf. * s ' ~~ 0 ^ ■ ITou, Op. cil. p. G5; E. Babelon, Op.cit. I. I, p. 540-542.

>'-U M- 1 Vai|icck, Ëtgm. W'rert. d. lat. Spr.i Lcipz. 1081, p. 294. Fcstus, soit / a" contraire l<! tirer de soins , mot osque signifiant lotus, integer,

bien ' ^'i-à-dire fait tout entier do la mfme matière. Mais cel te explication rend J1 ">oius compte des divers sens de solium. Ce doit dire une hypothèse de basse tumV 51 I11 °l'osée par Servies, ad Aen. I, 505 : Solium proprie est armarium, i„lli 9n° iaclum-— dictum quasi solidum. — 2 Isid. Diff. 1, 524 : Sedes, non "" unius sed multorum est ; nam solium tmius tantum et regum, sedes s^C:""gUe- 3 Val- M,x- ‘h *> U Tac- A,‘n- XV, 44. — 4Virg. Aen. X, 116 :

JuP‘ter aureo surgit. — 5 Cic. de Fin. Il, 21, 09 : pictum in tabula

Voluptatem... ornatu reyali in solio sedentem ; Ovid. Fast. VI, 353 : ad solium superis regale vocal is : solium l (Charis. p. 534, 4 Kcil) ; Isid. Orig.

XX, 1 1 . — 6 Virg. Aen. XI, 1 16 : solio rex infil ah alto ; I, 506 : solioque altesubnixa. (iènéralement en bois: solio acerno (VIII, 178). Dans Claudian. Laud. Stilicli. 199, solium eburnum est synonyme poétique de sella curulis. — 7 Bartoli, Antiq. Virgiliani codicis fragm. et picturae. 1741, p. 139; cf. p. 39. — s /„ quo reyes sedebant propter tutelam corporis sui (Serv. loc. cit.). — 9 Cic. de l.eg. I. 3. 10 ■ ...more patrio sedens in solio consulentibus responderem. C'est ainsi que Crassus se retira du prétoire dans sa demeure, pour y donner des consultations, cum de turba et a subseltiis, in otium... soliumque contulerit (Cic. de Orat. Il, 33, 143).

— 10 Virg. Aen. Vil, 169 : solio avito ; Cic. de Orat. Il, 55, 220 : Sed dicet te, cum aedes renderes, ne in rutis quidem et caesis solium tibi paternum rcliquisse.

— U Suct. Cal. 57, 3 : solium Jovis. — <2 S. Reinach, Clarac de poche, p. 128.

— 13 AI us. Bord. VIII, 20. — H Ibid. VI, 53. — 15 Ibid. XIV, 1.— il Ibid. IX, 4.

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la République. Le roi montait sur son solium , quand il rendait la justice à l'endroit ordinaire; s'il disait le droit ailleurs, il usait de son siège mobile1.

2° Solium est, en outre, le nom de la baignoire, dès I instant qu'on s'y peut asseoir 2 [balneum, pyélos]; il s agit surtout de bains chauds, dans une baignoire peu prolonde et pour une personne3; pourtant le mot a peut-être défini également une grande cuve commune, avec large rebord servant de siège *; c’est encore le petit banc, disposé tout au bas d’une piscine de Pompéi (fi g. 763)“, et où le baigneur pouvait s’asseoir pour se laver. A la basse époque, le terme qualifiera ainsi le bassin 1 u i même6. Nous l’appliquerons en tout cas au genre de meuble (fig. 76S et 1250) adapté aux bains de siège, ayant une ouverture pour faciliter l’écoulement de l'eau dont s’aspergeaient les baigneurs.

3° Enfin, dans des cas plus rares, solium s’employait pour désigner un sépulcre ou un sarcophage1, en particulier, semble-t-il, à propos des rois 8, et par suite, plus tard, l’endroit de l'autel chrétien où étaient enfermés les corps ou les reliques des martyrs9. Victor Chabot.

SOLUTIO. — Dans la langue juridique, solutio a deux sens : 1° un sens large. Solvere signifie proprement délier. Lorsqu’un débileur est lié ( obligatus ), c’est en le déliant qu'on le libère1, et le mot solutio désigne tout mode volontaire d’éteindre une obligation: « Solutionis verbum port inet ad omtiem liberationem quoque modo factam », dit Paul2. La solutio , ajoutent les jurisconsultes de l’époque classique (Pomponius, Gaius, Ulpien), ne peut s'effectuer que par des démarches inverses de celles par lesquelles l 'obligatio a pris naissance : « Nihil tam naturale est , quam eo genere quidquid dissolvere,

quo co/ligaturn est »3. Les obligations nées de conlm formels s'éteignent donc par des procédés formels • |,, obligations nées de contrats réels s’éteignent re ■ .

obligations consensuelles s’éteignent par le contraria consensus 4. C’est ce qu’on nomme la règle de correspou dance des formes de création et d’extinction des ohli;. , lions8. Cette règle parait se rattacher à d'anciennes prescriptions du rituel religieux6. Mais elle n’a été f0r. mulée en termes généraux qu’à une époque récente1 <■[ elle a toujours comporté des exceptions. Elle ne s’appfi. que qu’aux obligations contractuelles 8 et aux modes d’extinction volontaires \ Le plus remarquable des modes d’extinction non-volontaires qui y échappent est celui des droits déduits en justice, qui s’éteignent, quelle que soit leur source, par l’accomplissement intégral des solennités de la legis actio , et, plus tard, par la délivrance d’une formule [litis contestatio]. L’extinction d’un droit déduit en justice n’est pas une solutio'0.

La règle de correspondance des formes trouve son application la plus exacte dans la pratique du formalisme. Aux formes sacramentelles qui ont présidé à la naissanced’une obligation doivent correspondre, pour la solutio, des formes symétriques, mais inverses. Les obligations nées d'un contrat verbal par demandes et par réponses [stipulation ne s’éteignent que verbalement ", au moyen d’interrogations et de réponses inverses1'2 : « Acceptum ne habes ?» demande le débileur qui se libère. « Acceptum habeo », répond le créancier. C'est ce qu’on nomme I’acceptilatio. Il existe même, pour éteindre les obligations nées litteris [nomina transscripticia], un procédé formel, appelé aussi acceptilalion, qui consiste en un virement d’écritures, mais dont le fonctionnement nous est mal connu11.

1 Mommsen, Dr. publ. rom. Ir. fr. II, p. 32-33. Solium est ainsi devenu, associé à sceplrum, l’équivalent de regnum ; cf. Ovid. Heroid. XIV, 113; Val. Flacc. Il, 309; VI, 742 ; Lucan. Phars. IV, 090; Lucret. H. n. V, 1135. — 2 Feslus, loc. cil. : Alvei guoque larandi gratta institut i, quo singuli descendant, solia dicuntur ; Yitruv. IX, 10; baignoires de bois ( ligneo solio, Suet. Aug. 82, 2) ou d’argent (Blin. H. n. XXXIII, 12, 152). — 3 Scrib Larg. 130 ; solio caldo ; Martial. Il, 42; Blin. H. n. XIX, 2, 28; XXVI, 1, 8 ; Celsus, 11, 17; VII, 26, 5. — 4 Pelron. Sut. 73.

— 5 Cf. Ricli, Diction, p. 75. — 6 Sid. Apoll. Ep. Il, 2 : solii capacis hemicyclium. De la aussi l’expression cella soliaris (Spart. Carac. ix, 4) pour désigner une cabinede bains (cf. de Bachlère, Mélang. del'Éc. de Home , xxix, 1909, p. 401-406.)

— 7 Plin. XXX V, 12, ICO; fictilibus soliis ; dans quelques inscriptions: Orelli, 48 1 1 ; C. i. I. X, 2455 ; VI, 10 848 ( soleum ). Comparez aussi le mol pyélos. — 3 Q. Curt. X, 1, 32 ; X, 10, 9 et 13 (Alexandre); Klor. IV, 11,11 (Cléopâtre); arfrf.Suet. Ner. 50.

— 9 Paul. Nol. Carm. XXXIV, 6. Le terme fréquemment employé (ïarcosolium dans l'archéologie chrétienne désigne la grande niche voûtée qui recevait le sarcophage; cf. Do ni Leclercq, Manuel d' archéolog . chrétienne , I, p. 290, 291 et Dom Cabrol, Dict. d’arch. chrétienne , p. 1503, fig. 352, p. 2774 sq. ; le mol se trouve aussi dans les inscriptions chrétiennes pour désigner l’autel élevé sur les reliques des martyrs.

SOLLTIO. i Peut-être en le déliant matériellement, à l’époque où Y obligatus était un prisonnier chargé de liens ; peut-être aussi en dénouant les nœuds magiques qui tendaient à assujettir sa volonté. Voy., en des sens divers, lluvelin, Les tablettes magiques et le droit romain (A un. intern. d’histoire , 1902), p. 50 sq. ; Magie et droit individuel {Année sociologique, X, 1907), p. 2G sq.; Va'annr von Mellzl, üeber die realen Grundlagen des ohligationalen Vinculum in der rômischen Juristensprache , Kolozsvar, 1908 ; Die Obligation im Zeichen des Delicts. Kolozsvar, 1909 ; Z uni Problem der slips no /osa, Kolozsvar, 1909 ; Die Obligation im Lichte des Sacralrechts, Kolozsvar, 1909. Cf. aussi May, Exemples de gémination juridique dans les auteurs littéraires latins, dans Mélanges Gérardin , 1907, p. 404- 406 ; 411-412. — 2 Paul., XVI adedict. Dig. XL VI, 3, De solut.et liber., fr. 54. La jacon de parler de Paul {liberationem.. . factam) implique que cet auteur se réfère aux seuls modes volontaires d’éteindre les obligations. — ^ Ulp., XLVlll ad Sab. Dig. L. 17, De die. reg. juris antiqui, fr. 35 ; Gaius, 1 Itegul. Ibid. fr. loO.

— 4 Pompon. LV ad Quint. Mue. Dig. Xl.VI, 3, De solut. et liber, fr. 80;

Prout quidque contractum est , ita et solvi débet, et les applications du principe. Cf. Fitling, Die Xatur der Correalobligationen, 1859, p. 45, n. 50. 5 Jhe¬

ring. Geist des rômischen / ledits 4, H p. 645 sq. ; {Esprit du droit romain, Ir. Meulenaere, III, p. 306 sq.) ; Leist, Ueberdie Wcchselbeziehuug zwischen dem Itechtsbegründungs und Hechtsau fheoung sa/ct , léna, 1876 ; Ernmn,Zur Geschichte der rômischen Quittungen und Solut ionsakte. Berlin, 1883, p. 50 sq. 80 sq. 6 Krets-

cbmar, Die Erfüllung , Leipzig, 1906, p. 4 sq. ; Girard, Manuel de droit romain 4e éd. 1906, p. 682, I. Cf. la symélrie de la confurreatio et de la di/farreatio , de l’inauquratio et de Yexauguratio, de la consecralio et de Yexsecratio, etc. On

remarquera que les textes précités d’Ulpien et de Gaius sont insérés au Digeste dans le litre De diversis regulis juris antiqui. Celui d’Ulpion est extrait de son commentaire sur Sabinus, celui de Pomponius de son commentaire sur Ijuinlus Mucius. On peut conjecturer que la règle avait été entrevue par les veta'es. — 7 Karlowa, Rômische Uechtsgeschichte , II, 1901, p. 815; Schlossmann, Allrômisches Schuldrec/it und Schuldverfahren , 1904, p. 81 ; Pfliigcr, Nexmn und Mancipium , 1908, p. 41 sq. ; Mitleis, Jtômisches l’riuatrecht bis auf die Zeil Lhokletians, I, 1908, p.273. — 3 Pompon. I. c. : « Prout quidque contractum est... » Dès le l'Mnps des Douze Tables, les obligations délictuelles s'éloignent par simple pacte; Dig. Il, 14. De partis , fr. 7, 14; Just. Cod. VI, 2, De furtis, Consl. 13; Bekker, Die Actionen des rômischen Privatrechts , I, 1871, p. 351 sq. — ,J Filous parmi les faits involontaires qui éteignent les obligalions et qui, échappant à la règle de correspondance des formes, ne sont pas qualifiés de snlutiones, la mort du créancier ou celle du débiteur (Girard, Manuel1*, p. 714) et la novation. Celle-ci, si elle est ancienne (cf. Burckhard, Zu Cicerodc legibus 11 19-31. Zeitschr. d. Savigny Stiftung. IX, 1888, B. A. p. 306 et 307, 1 ; Girard, Manuel 4, p. 083, 1; p. 690) se range originairement parmi les laits extinctifs involonlaircs, bien <|ue résultant d’un accord de volontés : car c’est la coexistence de deux obligations portant sur le môme objet qui entraîne mécaniquement l'extinction de l une délies (Girard, Manuel1*, p. 690-692). De même la capitis deminutio , même lorsqu elle résulte d’un acte volontaire (p. ex. d’une adrogation), n’en est pas moins un mode involontaire d’éteindre les obligations. — 10 On ne donne pas le nom de solutio a l’extinction d’un droit résultant de l’accomplissement d’une legis actio pour le faire valoir en justice, sans doulc parce qu’on ne considère point le juris vim'ulmn comme dénoué par la sentence intervenue. Le défendeur succombe- l-il 1 (‘*a prouve qu’il était obligatus , et il reste obligatus el soumis, à partir de la senleme, à l’exécution. Le défendeur lriomphc-1-il ? Cela prouve qu’il n’avait jamais été obligaius ; il n’y a pas lieu de le délier. Avec la procédure formulaire, au contraire, apparaît bien une absolutio prononcée éventuellement par le juge. Mais ce n est pas elle qui éteint le droit déduit en justice, c’est la litis contestatio. \,' absolutio dénoue une obligation contractuelle nouvelle, celle qui nail du contrat impliqué dan* 1 délivrance de la formule. Cela explique aussi pourquoi il est question dans < (l tains textes d’une solutio pour l 'obligatio judicati ( Lenel, Essai de reconsh u tion de l’Edit perpétuel. II, 1903, p. 143; Das Edictum perpetuum1 1 j’ p. 393) : il s'agit de l’exlinclion volontaire d’une obligation contractuelle , est parfaitement conforme, quoi qu’en dise Krelsclimar, p. 4, 4-5, àl usage s'.supra, n. 8 et 9. — H Ulpian. XLVlll ad Sab. Dig. Xl.VI, 4, De accept. fr- x ■ Gaius. III, 170. —12 Paul. A 11 ad Sab. Dig. Ibid. fr. 14 : Ver bis rerba en

__ 13 lir- Lil terni-

resolvi possunt quae infer se congruunt ; Erman, Quittungen, p. 43-50. man, p. 29 sq. ; Voigt, Ueber die Ban/cie>s, die Buchfiihrung und die obligation der Borner {Ab h. der ph. hist. Classe der Sâchsischen Gesel Isclm/ X, 7, 1887), p. 547, 65-66, p. 558 ; Girard, Manuel 4, p. 709, 2.

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ImiIiii les obligations nées de la prononciation d’une formule solennelle de damnatio s’éteignent par le cérémonial de la solutio per aes et libram qui a pour pièce principale8 la prononciation d’une formule destinée à neutraliser les ell'ets de celle damnatio : « Quod ci/o tibi lot millibus condemnatus sam, me co nomine

fP solvo liberoque hoc acre aeneaque libra » 3. Les cas d’application de la damnatio sont peu nombreux à Porigine. On l’emploie surtout dans le nexurn , où elle fournit sa sanction à un acte per aes et libram (mancipation fiduciaire do l’obligé?) sur lequel elle se greffe | nexum] : aussi la solutio correspondante (nexi libération comprend-elle également un paiement simulé par l’airain et la balance. Plus lard, lorsqu’apparaissent des applications nouvelles de la damnatio 6, notamment dans le legs per damnationem et la condamnation judiciaire0, la nexi liberatio s’étend naturellement aux obligations qui en naissent; et, comme la solennité per ans et libram ne s’en sépare point, par une de ces survivances illogiques dont nous avons tant d’exemples7, la règle de correspondance des formes se trouve partiellement entamée 8.

Les procédés formels de solutio dont il vient d’être question agissent en dehors de toule considération de cause ou d’intention, par le seul accomplissement des formes requises3. Peu importe que le paiement ait

l Les formes cl la portée de la solutio per aes et libram font l’objet de discussions sans nombre, mais sans issue, depuis le livre de Huschkc, Ueberdas Recht des Nexum md dus allé rômische §chuldrecht, ISM. On sc borne ici à indiquer la théorie qui semble la moins aventureuse, en renvoyant, pour le surplus, à Erman, Quittungen, I'- 35, cl à la littérature relative au nsxum (à laquelle il faut ajouter maintenant Seun, Le nexum, contrat du prêt rlu très ancien droit romain. Nouv. Jiev. hist. de dr. UIX, 1005, p. 40 sq. ; Pttligcr, Nexum und mancipium, 1008 ; Mitteis, Rômisches

lYmilrcdU , 1008, I, p, 25. sq. ; -61 sq. ; 273 sq. ; Krelselimar, Lias Nexum und si'iii Verhiïltnis zum Mancipium. Zeitschr. der Savigny-Stifturig, R. A. XXIX 11908), p. 227*280. 2 C'est donc l'élément formel, et non l'élément réel (paie¬

ment), qui nous semble, contrairement à ce que pense Mitteis, I. c. I, p. 2’4 sq., constituer la partie essentielle de la solutio per aes et libram. Car le paiement que monliounénl les sources est un paiement fictif; Gains, III, 174: .< liane tibi libram primai!, postremamque expendo secundum legem publicam. » Deinde assepercutit hhram eiimque dat a q„o tiberutur, veluli solvendi causa. On ne voit pas sur quoi SlilO is s appuie pour admettre que ce paiement ait jamais été un paiement vérilitl'E. i l. IJanz, Lebrbueh der Geschichte des rômischen Redits s, II, 1873, p. 11- - 3 Gains, III, 174, qui ne nous rapporte d'ailleurs que la formule de solutio l""et et Uhmm prononcée par le debiteur qui se libère lui-même. Lorsque la esl °n'ectu,''c Par tiers (infra, p. 1395, n. 4 ), elle comporte sans .doute . . lormul" trente, simple transposition peut-être (?) de la précédente :

• Quod if/c tibi... condemnatus esl, eum eo nomine a te solvo liberoque hoc aere . aeneaque libra » - 4 Feslus, v« Nexum, éd. Millier, p. 165. - 5 On admettra

«irmcnl que le legs per damnationem et la condamnation judiciaire sont plus recuits que le nexum. On sait en effet que les XII Tables s’occupent déjà du ( 71"5' v” thincpala pecunia, éd. M. 173). Au contraire elles ne s’occu- 7" dc a COn<ia'nnal|on judiciaire, ni du legs per damnationem. On sait que la umidhnn appareil a peine dans les legis aetionesper judicis poslulationem et Zr rrm(Ü'Td’ //istoire de ‘'organisation judiciaire des Romains , I,

I '' P ’ ^ ct M'i'ellc n'est plcinainent admise que dans la procédure formu- W yiiVm *“ 'eSS per d.amna‘ionem' i> “'est pas visé par l'unique précepte que ,7 CS ,7'18aCreQt aux lcSs : " tui legassil super pecunia tutelave suae rei.

. 7 ° ", (UIP '‘«n.ifleÿ. XI, 14;, car I expression uti legassit ne s'applique évi-

tindiear '|U d" r “** ou lo testateur emploie le mol lego, c'est-à-dire aux legs per TSZ77 "■ ,93)' V°^’ au581 XIX, 17. Cf. Karlowa H,

aes et W ' .’ ^ *' P' 91 *> 3' ~ 6 U™ la formule de la solutio per

nati0 U dT’, “fl-Uon (Gains, 111, 173-175) que de dettes nées d'une dam- „ n„ . e7'd,t ; “ ,tuod e«° llbl condemnatus (§ 174) ou damnatus (S 175) le débiteur' '1™^,' '® U’*lC U"C C0,ljt'Clu,'e arbitraire quand on suppose que

: 9 :9°- spo,,ondi • (Muteis- *• *>. « A

leur f SC,’valL a étoindre la «*■»» du sponsor contre le débi-

•ode c,,, • ' , ^‘0^, admeUr<i <100 la s. p. aes et libram fut un

— 3 Ou DO,,,! -, emd'e t0Ut”S les ol,ligalions P01'laut sur une certa pecunia. Ci vil9, S;Pt;°rr ,aUSSI (Huschke’ Nexum’ p- *« ! Karlowa, Der rômische Nst.,1 aUaché I, 1 UrLefsaktionm, 1877, p. 151, que l’acte per aes et libram

tenant au ré ’ " Cére",0Dlal de la Meratio par suite de nécessités pratiques 1, 122). M..° "IO"7a"'e : 11 lallait poaor '«» lingots servant de monnaie (Gaius,

solutio lier 0 explication ne serait plus de mise pour des applications de la

* >‘merata, M après les Xll Tables et l'appartliou de la pecu-

yjj onimseu , Histoire de la monnaie romaine, tr. Blacas, 1865-1875,

eu lieu ou non 10 : ce sont des modes d’extinction abstraits, qui peuvent aussi bien servir à réaliser une donation, une constitution de dot, une compensation conventionnelle, une transaction, etc., qu’un paiement. Cela n’est guère contesté pour I’acceptilation ", et ce n’est guère plus contestable pour la solutio per ues et libram, bien qu’on ait soulevé des doutes silice point l2.

2° Solutio dans son sens étroit signifie paiement. Payer, c’est exécuter l’obligation *3. Le paiement, qui n’avait originairement aucun effet extinctif par lui-même, a pu, par application du principe de correspondance des formes, éteindre les obligations contractées re, dès que celles-ci ont été admises14 ; puis il s’est étendu aux autres obligations, formelles ou non, et a fini par être considéré comme la solutio 15 par excellence16. Dès lors la règle de correspondance des formes se trouvait abolie. A quelle époque cette transformation s’est-elle réalisée? On est réduit a des conjectures. La transformation aurait eu lieu, selon les uns, dès le temps de Plaute17; selon d’autres, dès le temps de P. Mucius Scaevola (cos. 621)IS, ou au moins avant la fin delà République19; selon d’autres enfin à une époque plus tardive20, peut-être seulement au temps de Claude21. L’opinion intermédiaire parait la plus sûre 22. Sans doute, vers le vme siècle U. C., le paiement suffisait à éteindre la plupart des obligations23.

L P- 1 "'•?) : on outre, elle supposerait que la solutio per aes et libram ue servait à éteindre que des dettes dc sommes d'argent: or cela est fort douteux, au moins pour les dettes nées d'un legs per damnationem. Cf. pourtant Scblossmann, p. 1 18 sq. — 8 Mitteis, I, p. 274-273 ; cf. Krelschmar, p. 5, n. 5 a. — 9 Krct-climar, P* ksq. 10 Girard, Manuel 4, p. 683 ; Frese, Zur Lettre von der Quitlung. Zeitschr. d. Savigng Stiftung,X\Ul (1897), R. A.p. 243 sq. — U (J 1 pian. Il Reg. Dig. X L VI, 4, De accept. Ir. 19, 1 : Aceeptilatione Omni modo liberatio contingil, licet pecunia soluta non sit , apocha non alias quant si pecunia soluta sit. Voy. pourtant Fitting, Correalobligalionen, p. 42 sq., qui voit dans l'acceptii iliou une sorte de quittance solennelle. — 12 Nous possédons un texte décisif (Liv. VI, 14, 5) duquel il résulte que pour libérer un débiteur nexus , il ne suffit pas de payer ce qu’il doit, il faut encore accomplir les solennités de la solutio per aes et libram :

« Rem creditori paliim populo solvit (sc. Manlius), libraque et acre liberutum emittit. ; Girard, Manuel t p. 683, 3. — 13 lllpian., XLV ad Sab. Dig. L. 16, De verb. sign. fr. 170 : « Solvere dicimus eum qui fecil quod fucere promisit. »

— 14 Cuq, Institutions juridiques des Romains, 11, 1902, p. 510, 4; Krelschmar,

p. 15, n. 17. lo L’emploi du mot solutio pour désigner le paiement reste conforme à l'usage indiqué supra, p. 1392. Le paiement est, en effet, un acte volontaire. Il est vrai que le créancier non payé peut menacer le débiteur récalcitrant d une poursuite, afin de peser sur sa volonté. Mais si, malgré tout, le débiteur ne paie pas, ou ue peut aboutir, en lin de compte, qu’à ce qu'on appelle un peu improprement une voie d exécution ( manus injectio ou niissio in bona suivie de venditio honorant), qui n’est pas uu paiement, et que les textes romains ne qualifient pas dc solutio. Cf. eu des sens différents, Siber, Rechtszwang und Schuldverhaltnis, p. 7 sq.; 156 sq.; kretschmar, p. 44 sq. — 10 Gaius, III, 168 : Tollitur autan obligatio praecipue solutione cjus quod debetur. — 17 Erman, Quittungen, p. 78; Costa, IL diritto privato romano nette comédie di Plauto, 1890, p. 300-301. Mais ces auteurs non! pas soumis les textes de Piaule qu'ils utilisent à une critique suffisamment rigoureuse. — '» Girard, Manuel 4, p. 084, I. Cf. Fitting, Correalobligalionen, p. 46, noie. — 19 Frese, Zur Lehre von der Quitlung. Zeitschr. der Samgny Stiflung, XVIII (1897), R. A. p. 242; Cuq, Inst. Jur. Il, p. 515; Krelschmar, p. 15-16, avant la controverse sur l'effet cxtinctifde la datio insolutum. Infra, p. 1304, 10.

II. — 20 Eutrc le temps d’Auguslo ct celui dc Dioclelien, selon Voigt, Das jus liaturale und jus gentium der Itômer, 111,1, p. 340. -21 Eu ce sens Mommsen, Hernies, Xll (1877), p. 109, qui part de l'idée, reconnue fausse par Ermau (Die pompejanischen Wachslafeln, Zeitschr. d. Samgny Stiftung, XX (1899), R. A. u. I8ssq.,, que les quittances de Pompé! (Infra, p. 1395, u. 13) constataient, jusque vers le temps de Claude, des acceptilations, et non des paiements; Krelschmar, p. 12-to. — 22 Elle a du moius le mérite d expliquer pourquoi certains Lraits caractéristiques de la théorie du paiement 11e sont pas encore fixés à la fin de la République : ainsi Servius ignore encore l'indivisibilité du paiement (Marcel!., XI J J Digcst. Di,,. XLVI, 3 De sol. et lib. fr. 07), et Labéon ignore la libération du débiteur par un tiers

effectuant le . . algré lui (Labeo, VI Pitlianon a Paulo epitomatorum,

Ibid. le. 91). Mur ce dernier texte, qui soulève de nombreuses difficultés, voy! Oerliuanu, Die Zalilung frauder Scbulden, An-h. f. d civil. Praxis. LXXXII p. 389-390 ; Eisele, Beitr/ige zur rômischen Rechtsgescliiclite, 1890, p. 30, n. 20 '; Krelschmar, p. 19-2U ; Mitteis, Zeitschr. d. Savigny Sti/tung, XXX (1909),’ p 441 ’

- 23 Le texte d'Alfeuus Varus (Dig. XL VI, 3, De sol. fr. 35). cité par Erman Quittungen, p. 77, et Girard, Manuel *, p. 684, I, ue vise encore que le paiement d obligations contractées re ; il n'introduit donc point de dérogation à la règle de

SOL

SOL

A 1 époque classique, il les éteignait toutes ipso jure, quelle qu’en fût la source L

Les conditions de validité du paiement se rapportent soit à l'objet du paiement, soit aux parties.

A. L'objet du paiement est l’objet même de l’obligation : acte ou abstention. Le plus souvent, c’est la datio (c’est-à-dire le transfert de propriété) de la chose due (corps certain, denrées ou argent). Quel qu’il soit, l’objet du paiement doit être adéquat à l'objet de l’obligation. Il laut payer tout ce qui est dû, et exactement ce qui est du. a) tout ce qui est dù. Le créancier peut refuser un paiement partiel. Ce principe, difficile à justifier logiquement 2, s’explique historiquement par l’influence do la vieille règle de Y imitas actus 3, déjà admise dans la solutioper aes et libram*. 11 n’autorise pas, d’ailleurs, le créancier à réclamer plus qu’il ne lui est dù en vertu d une même cause. Ainsi le créancier d’une personne qui vient de mourir peut être tenu de recevoir paiement partiel des héritiers, car, à Rome déjà, les dettes se divisent de plein droit entre les cohéritiers8. De même un créancier qui a plusieurs créances distinctes contre un même débiteur peut être tenu de recevoir paiement de 1 une a 1 exclusion des autres r’. Si le créancier accepte un paiement partiel, la créance s’éteint jusqu’à concurrence de la quantité payée \ b) Exactement ce qui est dù. Le créancier n est pas tenu d’accepter en paiement aliud pro aho s ; mais il peut — et ce n’est pas une dérogation au principe — y consentir, soit d’avance, lorsqu’il accorde au débiteur, en contractant, une facilitas solulionis 9, soit à l’échéance, lorsqu’il accepte du débiteur une dation en paiemenL {datio in solution volontaria). Les jurisconsultes romains semblent avoir eu quelque peine à faire rentrer la datio in solutum dans les cadres juridiques préexistants. Fallait-il, avec les

correspondance des formes. Quant au texte de Cicéron ( De legibus , il, 20) relatant les expédients imaginés par P. et Q. Mucius Scaevola pour soustraire le légataire de la major pars pecumae à la charge des sacra, il faut sans doute l’écarter du débat. On sait que ce texte suppose une action (si aliquis... exegisset) tendant à faire exécuter intégralement un leqatum partitionis déjà exécuté pour partie; il prouve ainsi, estime-t-on (Erman, Quitlungen, p. 75 sq.), que le paiement d'un legs peut déjà se faire autrement queyier aes et libram : caria solutioper aes et libram est indivisible. Celle conclusion ne s’imposerait que si le texte établissait que l’exécution partielle s'était vraiment effectuée par un paiemeut, c'est-à-dire par un acte supposant un accord de volontés. Or, il n en est rien. Cicéron ne parle que d une appréhension unilatérale réalisée par le légataire sans le concours de l’héritier (si inde quippiam cepent... ; ipsique minus cepcrint...; si minus quis cep iss et. etc.]. II s agit là d une capio (cf. la terminologie en usage dans la pignoris capio , 1 usucapio , la capio de la Vestale, les mortis causa capio n es des lois hurla et \oconia, etc., et notons que les expressions /us capiendi et capacités n’onl pas toujours eu le sens affaibli qu'ils ont dans le droit classique). Nulle part il u est question d une solutio paiement. — 1 Exception faite pour les cas où il y a saccessiu in locurn *ou cession d actions. Il est d'ailleurs vraisemblable, comme l a admis Eitting, Korrealobligationen , p. 4G, n. 50, qu'à I origine le paiement n éteignait les obligations formelles qu exceptionis ope. — 2 Voy. la justification donnée déjà par Du Moulin (Tr. dédie, et ind. p. 2, n. H) et Pothier (Traité des obligations. n° 534) et, après eux, par les commentateurs de l’art. 1244 de notre Code civil, qui a consacré aussi (art. 1220) l'indivisibilité du paiement. — 3 Jhering, Gcist des rôm. Ilechlst, III, i. p. 134-178 (et tr. de Meulenaore, IV, p. 148 sq.)°; Erman, Quitlungen, p. 49 sq. ; Girard, Manuel *, p. 711 ; Mitteis, 1, p. 290; cf. Vernay, Sereins et son école, 1009, p. 199. - 4 lluschke, Nexum, p. 239; Erman, Quitlungen, p. 49-42; Burckhard, Zu Cicero de legibus, II, 19-30 (Zeitschr. d. Sav. Stiftung, IX (1888), p. 286-330), p. 310-312. Au temps de Servius, le principe de 1 indivisibilité du paiement n'était pas encore admis ; Marcell., XIII Uig. Üig. XLVI. 3, De sol. fr. 67. — 6 Sauf le cas de dettes indivisibles. — 6 Accarias. Précis de droit romain i, II, 1891, p. 530 ; 684, 1 ; Girard, Manuel i, p. 687. Les jurisconsultes romains avaient formulé, pour l'imputation des paiements, des régies qui remontent jusqu’aux veteres. Le débiteur de plusieurs dettes peut d'abord déclarer quelle est celle qu’il entend payer; Ulpian., A LUI ad Sab. Dig. XLVI, 3. De sot. et lib. fr. 1. S il ne le fait pas, le choix passe au créancier, mais celui-ci doit imputer le paiement sur la dette qni est la plus désavantageuse pour le débiteur ; Lapin., IV Def. Dig. Ibid. fr. 97 : « quod verisimile videretur diligentera debitorcm admonilum ita neyotium suum yesturum fuisse » ; Cuq, Inst. fur. Il,

Procnfiens *°, la traiter comme une datio gratuite l’objet remis in solution , jointe à un pacte petendo, ou, avec les .Sabiniens", comme un achat tU."." objet moyennant un prix égal à la somme due (]e Leur étant censé avoir payé cette somme et 1- " reprise à titre do prix)? Les jurisconsultes emplov;u'"| l’une ou l’autre de ces deux analyses à résoudre ](" questions délicates que soulevait la pratique de ];i dmj' in solution, notamment celles de savoir commenl e]J éteignait l’obligation, et quel recours elle donnait Yaccipiens en cas d’éviction. Sur la première question ' les Proculiens admettaient que l’extinction avait li,.’ exceptionis ope , et les Sabiniens (dont la doctrine p,.,;" valut)12, qu’elle avait lieu ipso jure-, sur la seconde certains jurisconsultes (Marcien)13 admettaient que \'e recours en éviction s’exercait par l’ancienne action lp!l la datio in solution se proposait d’éteindre, et d’autres (Ulpien) **, quelle s’exercait, par l’action empli' \ Celte dernière controverse ne semble pas avoir été tranchée par Justinien 16. La règle que le créancier n’est pas tenu d’accepter en paiement aliud pro alio a subi au Ras- Empire quelques dérogations, qui constituent autant de cas de datio in solution necessaria. Citons notamment la disposition de la Novelle IV de Justinien11, d'après! laquelle le débiteur d’une somme payable en or, qui se trouve embarrassé pour s’acquitter parce qu’il Dépossède que des immeubles et qu’il ne peut les vendre, est autorisé à donner en paiement, après estimation, tout ou partie de ces immeubles pour ce qu’il doit.

B. Les parties doivent être capables toutes deux de faire leur condition pire : car le créancier, en recevant paiement, perd sa créance ; le débiteur, eu payant, perd ce qu’il paie (du moins lorsque le paiement a pour objet, comme cela arrive le plus souvent, une datio). Donc le

p. 518 ; Roby, Roman privale law in the times of Cicero and of the Automnes, II, 1902, p. 54; Krelsclunar, p. 39 sq. Cf. Boulante, 1 stiluzioni di dirilto romano i, p. 371, 1. — 7 Accarias, Précis, II*, p. 530, 1; Roby, II, p. 51. — 8 Paul. XXVI II ad ed. Bit/. XII, 1, De reb. cred. fr. 2, 1 ; Cod. Just. VIII, 42, De sol. et lib. const. IG. —9 Accarias, Précis , 114, p. 134. — 10 Gaius, III, 1G8 ; Accarias, II, p. 533 ; Démangeât, Cours élémentaire de droit romain , II?, 1806, p. 1.1 sq. ; Cuq, Inst, jurid. II, p. 519-520. — H On doit tenir l’analyse en question pour sabinienne dans ses origines, bien que Gaius (III, 108) n’en témoigne pas directement. Mais elle est étroitement apparentée avec la théorie sabinienne de l'échange (cf. en sens contraire Accarias, II, p. 534. 1). En effet, les textes classiques qui donnent une action empti utile pour assurer la garantie d’éviction de l'objet donné in solutum le fout en termes généraux, sans distinguer selon que la datio remplace le paiement d’une certa res ou le paiement d une somme d’argenl. Il faut donc bien qu ils assimilent 1 échange u la vente. On sait que cette assimilation, défendue par les Sabiniens à l’encontre des Proculiens (Gaius, III, 141 ; Paul ., XXXI II ad ed. Dig. XVIII, 1, De contr. empt. fr. 1,1) n’a pas triomphé ; Dist.de Just. III, 23, 2 ; Monlégu, De la datio in solutum , p. 83 ; Krelsclimar. p. 54 sq. — Marcell. cité par Ulpian., XXVI aded. Dig. XII, 6. De cond. ind. fr. 26, 4: « plaçait rem pro ' pecunia solutam parère liberationem » ; Paul., VII ad Sab. Dig. XXIII, 3, De jure dotium , fr. 25 : « secundum id quod placuit rem pro re solvi posse. » Les textes en question pourraient d'ai'leurs être interpolés. Cf. Paul., XV quaesl. Dig. XLVI, 3, De sol. et lib. fr. 98, G : « nemo enim dixit facto pro facto solulo libéra- j tionem contingere ». La controverse n’aurait alors été tranchée que par Justinien, j qui assimile, en effet, au point de vue de l'effet extinctif, la datio m solutum au . paiement, Inst. III, 29 pr. : « Tollitur autem omnis obligatio SolutioM cjns quod debetur , vel si quis consentante creditore aliud pro alto solvent. «

— 13 Marcian., III Regul. Dig. XLVI, 3, De sol. et lib. fr. 46, pr. L’était j

sansdoutc la solution proculicnne. Cf. pourtant Cuq, Inst. jur. II, p- 521. 1 Lu j notre sens, Karlowa, Rôm. Rec/tlgesch. Il, p. 1382 ; Kretsclimar, p. 52 sq. - i; 1 ■*

pian, XXX ad ed. Dig. XIII, 7, De pign. act. fr. 24, pr. ; Cod. Just. '^1. I

44, De evict. consl. 4 (Caracalla, ann. 212). — 16 Cette question présente sur- I tout de l’intérêt à raison des garanties personnelles ou réelles qui peuvrul Un allacliées à l’ancienne action, et qui manquent naturellement à I action empt1' I

— 16 Les deux solutions se retrouvent dans le Code de Justinien. Voy. la cou*!' tution précitée de Caracalla, et deux constitutions de Dioclétien et Maxiniieu, 1 11 ^ 1 Just. Vil, 45, De sent, et int. const. 8 ; VIII, 42, De sol. et lib- oons* ^ j (ann. 293). — 17 Nov. IV, De fidejussoribus et mandaluribus et solutionibus. c ■ iann. 535).

SOI

• 1 1(1 ne peul, dans la pratique, payer ou recevoir f •lirinenl, qu’avec \ auctorilas de son tuteur1.

j () paiement peut être fait au créancier ou à son fondé de pouvoirs (tuteur, curateur; — mandataire; — adjecwlutionis gratia ) 2 par le débiteur ou son fondé de miivoirs (tuteur, curateur ; — mandataire). En outre [oute personne étrangère à la dette peut la payer3, meme à l’insu ou contre le gré du débiteur, et ce paiement libère toujours l’obligé4. Cette dérogation notable aux principes romains qui excluent la représentation dans les actes juridiques3 s’explique difficilement; on ne saurait se contenter des justifications d’équité ou d'utilité que proposent les jurisconsultes romains6; elle dérive bien plutôt des règles propres aux formes les plus anciennes de so/utio1. La solutio per aes et libram (qaït formaliste; elle éteignait l’obligation, même si son rituel avait été accompli par un autre que l'obligé ; et Tive-Livc nous rapporte, en effet, une solutio per aes et libram effectuée par un tiers pour le compte du débiteur8. Lorsque la solutio sans formes s’est substituée à la solutio formelle, on lui a appliqué, par une de ces imitations dont nous avons d’autres exemples9, la même règle qu’à sa devancière.

La preuve du paiement s’administre conformément an\ principes généraux [probatio], notamment par des témoignages ou des actes écrits l0. Il y a deux types d’actes servant à constater des paiements. Les actes du type ancien, qui représente le type proprement romain11, sont rédigés par les personnes qui peuvent avoir besoin de les invoquer, c’est-à-dire par les débiteurs qui ont payé. Ces instruments de forme objective puisent leur forme probante dans l’atLestation des témoins dont ils portent les cachets. Les actes de l’autre type, plus récent, inspiré par l’institution des chirographa helléniques [cijiroghapiium] émanent des personnes à qui ils

1 Lie. Top. Il, 46. — 2 Sur ) 'adjectus solutionis gratia , voy. Inst. Just. III, 19, 4 ; l’apiu , A A l //7 Quaest. Dig. XL VI, 3, De sol. f’r. 95,5; Cuq, Inst.jurid. II, p. 518,4.

lu limitant I application «le celle idée aux obligations de faire. — 4 Gains., /// hr vt’i'b. oblig. Dig. III, 5. De negotiis gestis , IV. 38 : « Solvendo quisque pro alio hcet invita et ignorante libérât eum. » Inst. Just. III, 29 pt\ Lahéon connaissait déjà lé paiement pro alio ignorante (Lab., VI pnsterior. epilom. a Javoleno, Dig. III, 5, >e neU 9es^ fr* 42), mais ignorait le paiement pro alio invito , supra, n 22, p. 1393.

Mitleis, Hum. Privatreeht, l,p. 203. — GGaius, Ibid. «Naturalis... et civilis ratio suasit ulienarn condicionem meliorem guident cliam ignorantes et inviti nus facere posse, deteriorem non pusse. » Cf. Oerlrnan, Arch. f ur civil. Praxis , LXXX11, p. 385 Milliiis, Zeitschr. d. Savigny Stift. XXX (1909), R. A. p. 440. Si cette justification ' Liil I ondée, on devrait trouver d'autres applications du principe général sur lequel •AI» prétend s appuyer. Remarquons d'ailleurs qu’il est toujours contraire aux exi- ’,,ni|is d une bonne méthode historique d’expliquer une institution par son utilité. Kretschinar, p» 26 sq. On pourrait aussi penser à une influence du droit hcl- '“'l110, 'lu* admettait la représentation directe en matière de paiements. On sait ,n**,,ence usages commerciaux helléniques oui exercée sur la formation l in'lll, IVdions romaines correspondantes. Sur la représentation dans les paiements, /'»l"ès les papyri gréco-égyptiens, voy. Wenger, Die Stellvertretung im Itechte Tapyri, Leipzig, 1906, p. 193 sq. — 8 Liv. VI, 14, 3. - 9 V. ex. dans l’appli- ^ IU" a la venle consensuelle des règles relatives aux risques qui résultaient, dans J ' llle *0l mcflc, de I indépendance des deux stipulations par lesquelles elle se réa- U ’ 7~ '*a,,s ^ aPl^'(,alion à la dot do la femme mariée sans manus des règles qui '-coulaient originairement du système de la manus, etc. — 10 Cependant Justinien l ll,iut la liberté de la preuve pour le paiement des dettes constatées par écrit. I’""ve ne peut désormais s'administrer que par écrit ou par le témoignage de |l',M)nnes " suffisantes et de bonne renommée » ayant assisté au paiement, |( ,(| ’ USt'^' De testibus, const. 18 (ami. 528). — il Milteis, Rom. P. H., I, da.i,/ "MiReis, Ibid. I. p. 296. — 13 Nous connaissons surtout cesdeux types ums ,1 l>dl 1.eSarC,lives du banquier L. Caecilius Jucundus (1er s. de notre ère), retrou-

IV Su ' V°y- i®s éditions de Zangemeisler, dans le Corp. inscr. lut.

VV1;;7 ‘ G‘rarc,> Textes de droit romain 3, 1903, p. 820 sq. ; Bruns-Gradender '() u"tesTu''is romani antiqui 7, 1909, p. 354 sq. - H Prose, Zur Lehre von De J" un°' Z d- Stiftung , XVIII (1897), R. A. p. 267-276. Cod.Just. IV, 30, r0nC||0 lnh ' a^ü Pecnn*ai const. 14, 1 et 2 (ann. 528). Un système plus compliqué consl 3 , ;C ^ 0 lJ 1 *a quittance de dot ; Cod. Just. V, 15. De dote coûta non numérota , et iMov. C; Frose, p. 274. — 13 Mod., IV Iieg. Dig. XXII, 3, De prob.

doivent être opposés. Ces instruments de forme subjective sont de véritables quittances (< apochae ) qui ont fini par prendre la première place dans la pratique13. Justinien a étendu aux quittances délivrées sans cause les garanties déjà admises pour les cautiones constatant des prêts : le créancier qui a remis une quittance à son débiteur peut, pendant un délai de 30 jours, contester le fait du paiement, selon les règles admises pour la querela non numeratae pecuniae'’* . Lorsque le débiteur paie, il peut exiger que le créancier lui rende la quittance, la bétonne ou l’anéantisse. De toute façon, la restitution ou la destruction de laquiltance fait présumer le paiement1-'.

P. liu VELIN.

SOMATOPHYLAKES (2 (rjiAaToaûXaxs;, ’n.tj/ ’.'ïtou.cczoz.ù- Àaxeç). — Le même terme désigne, à l’époque hellénistique *, deux institutions très différentes : la « garde » royale et un groupe de grands officiers ou de hauts fonctionnaires de cour.

L — On rencontre notamment une garde royale à la cour de Denys de Syracuse 2, à la cour de Macédoine, sous Philippe 3 et ses successeurs l, autour d’Alexandre % de certains de ses satrapes 6, dans l’entourage de Mithridate 7, à la cour des Lagides H, des Parlhes 9, dans les Indes 10. Les empereurs romains eurent également, peutèlre à l’imitation desroisd’Égypte, leur garde personnelle [CUSTOS CORPORIS, EQUITES SINGULARES, PROTECTORES, GERmani] 1 1 . C’est la garde d’Alexandre qui nous est le mieux connue : elle formait un corps distinct des éraipot12, des phalangites 13 et des uTrcemcrTai' u, comprenant probablement un bataillon perse et un bataillon macédonien 1 \ Ce dernier bataillon des gardes semble devoir être identifié 10 avec les « pages royaux » i (WtXix&t iraïosç), créés par Philippe, réorganisés par Alexandre 11 et recrutés parmi les enfants de la noblesse macédonienne 18, qui s’initiaient à la guerre sous les yeux du roi et formaient une pépi-

et praes. fr. 24. — Bihi.ioguaphif. La littérature relative à la sontio est très abondante. On ne mentionnera ici ni les livres allemands d ' Institutes, ou de Pandectes, ni les monographies consacrées à la théorie générale de la solutio (voy. l'énumération donnée par Krelschmar, 1, p. 95-103); on ne retiendra, parmi les ouvrages historiques, que les suivants: Karlowa, ftôm. IiechtsgescbicUte , II (1901), p. 810, 820 ; Cuq, Les institutions juridiques des fionmins, U, 1891, p. 384; 701 ; l-\ 1904, p. 120; 214 ; II, 1902, p. 514-520 ; Rohv, Roman priuate lato in the limes of Cicero and of the Automnes , 1902,11, p. 49-55 : |\ F. Girard, Manuel élémentaire de droit romain'*, 1900, p. 681-689; May, Eléments de droit romain M, 1909, p. 409-410; Voigt, Die XII Tafeln, 1883, II, p. 451-161 ; Erman, Zur Geschichle derrômischen Quittungen und Solulionsa/ctc, 1883; Ocrlmann, Die Zahlung freinder Schulden, Arch. fur die civ. Praxis , LXXXII, p. 367 sq. ; Behrend, Zur Geschichte der Quittung , 1896 ; Frese, Zur Lehre von der Quittung , Zeitschr. d. Sav. Sli/ïung, XVII! (î 897), R. A p. 241-285 ; Erman, Die pompejanischen Wachstafeln, Ibid. XX (1899), B. A. p. 172-211 ; Krelschmar, Die ErfùUuht/, I, 1906.

SOM ATO 1*11 Y L \ h ES. 1 On en trouve déjà des traces à l’époque perse ; Joseph. Ant. Jud. VI, 6, 1 ; Esther 11, 21 ; I Esdras III, 4; A. Deissmann, Bible Studies , 2° éd. p. 98 ; E. Meyer, Gesch. des Alterthums, 111, p. 35-36, 41-42. — 2 L)iod. XIV, 43, 3. — 3 Arr. Anab. Uf, 13, 1 ; Diod. XVI, 93, 3 et 9. — 4 Pol. IV, 87,

5; Diod. XXX, 10, 2.-5 Arr. Anab. I, 6, 5: III, 17, 2; IV, 3, 2 ; 8, 8; 16,

6; 30, 3 ; VII, 11, 2; Diod. XVII, 65,1 ; XVIII, 27, 1. — 6 Arr. Anab. VI, 27, 2,

— 7 App. Mithr. 111, cf. 101 ; Th. Reinach, Mitbridale Eupator, p. 294, 1.

— 8 Bol. XV, 27, 6 ; 31, 4 et 6; 3 2, 1, 6 et 8 ; XVI, 22, 2; III Mac. Il, 23.

— 9 Tac. Ann. VI, 36. — 10 Slrab. XV, 1, 55. — 1* Herod., IV, 13; Rauly- VVissowa, Realencyclop. s. v. Custos corporis. — 12 Arr. Anab. I, 6, 5; VII, 11,

2. — 13 Leur arme est la ^ôy/rj, non la naouxau, Arr. Anab. IV, 8, 8. — 14 Arr. Anab. III, 17, 2; IV, 3, 2; 30, 8; D. G. Hogarth, The army of Alexander [The Journal of Philology, X V 11 (1888), p. 18). — b» C’esl du moins ce qui apparaît aux funérailles d’Alexandre, Diod. XVIII, 27, 1. — 16 Ea question semble décidée par Diod. XVII, 65/ 1. L'identification est acceptée par J. G. Drovsen, Hist. de T Hellénisme (trad. fr.), I, p. 169, 3 et 177; J. Beloch, Griechische Geschichte , III, l,p. 389 et 393 ; E. R. Bevan, The House of Seleucus, II, p. 284; Spiecker, Der Hof u. die Hofordnung Alexanders d. Gr. 1904, Progr. Slolp. i. P., p. 17. D. G. Hogarlh, Op. cil. p. 18-19, en fait plutôt des « pages » au sens moderne du mot. — *7 Arr. Anab. IV, 13, 1 ; Curt. VIII, 6, 2-6 ; Acl. Var. hist. XIV, 48; Suidas s. v. pa<n'AEioi saïSti ; Valer. Max. III, 3 exl. 1. — 18 Diod. XVII, 65, 1 ; Liv. X LV, 6.

SOM

nière d’officiers Leur chef était le commandant de la garde, b k ici Sspanstac 2. L’institution des p«<nXixoî 7ratoE;, qui semblent bien devoir être rattachés à la garde, se continua, dans les traditions des cours hellénistiques, en Macédoine, en ÉgypLe et en Syrie

II. — Dans l’entourage immédiat d’Alexandre se trouvait un groupe de 7, puis de 8 * officiers généraux 5, formant une sorte d’état-major : les Somatophylaques [cf. KXEHfiiTUS. p. 907]. Ce grade est une des plus hautes marques de distinction et de confiance qu’Alexandre ait conférées 6 ; mais il est difficile de décider s’il correspond à un liLre purement honorifique ou à une fonction effective. 11 est plus probable, semble-t-il, que les Somatophylaques n’avaient, en raison de leur titre, aucun commandement spécial; mais qu’ils recevaient, suivant les circonstances, des commandements ou des missions de confiance 7. Ceux qui succombaient ou qu’une absence prolongée devait retenir loin de l’armée étaient immédiatement remplacés 8.

La charge de Somatophylaques se maintint dans les monarchies nées de l’empire d’Alexandre 3 : nous connaissons des Somatophylaques de Philippe Arrhidée l0, d’Antigone ", de Persée 12 ; nous en trouvons en Épire a Pergame ", chez les Arsacidès l6, les Séleucides 16 et les Lagides". C’est pour cette dernière cour que les renseignements sont les moins rares: les inscriptions et les papyrus nous font connaître 21 àp7 t<7(ü;xaTo®û)iaxeç La litre servit vraisemblablement à désigner le commandant etl'ect if de la garde royale 10; devenu un peu plus tard purement honorifique *°, indépendant de toute fonction, il prit rang dans la hiérarchie des dignités auliques 21 que nous voyons apparaître à la cour d’Alexandrie entre 190 et 180 22, que ce soit un retour des anciens titres pharaoniques, un héritage des Perses, une survivance directe de l’usage macédonien 23, une création de Ptolémée Épiphane 21 ou un emprunt à la cour d’An-

' Cuit. VIII, G, G : haee cohors velu! seminarium ducum praefectoru.mqu.il apud Alacedonas fuit. Cf. Beloch. Op. cit. III, ), p. 389 ; G. Cardinal!, /I renne di Pergamo, p. 20G. - 2 Arr. Anab. IV, 16,6; Col. IV, 87, 8. e, se rencontre souvent au sens de « garde » : Arr. Anab. IV, 13, I; t6, 6; Diod. XVII 27 | (Alexandre), Pol. IV, 87, 8 (Macédoine) ; V, 56, 7 ; 69, 6 (Séleucides); XV «5 n ■ XVI, 22, 4 (Lagides). - 3 Curt. VIII, 6, 6 ; Liv. XLV, G, 7 (Macéd.)’; Diod Xix' 28, 3 (armée d'Eumène) ; Pol. V, 82, 13; XXXI, 3, 17; Bevan, Op. cil. Il, p 284- Bouché- Leclercq, Hist. des Lagides, I, p. 146, 2 (Séleucides); Bouché- Leclercq! ibid. III, p. 107 et 118 (Lagides). — 4 1,'institulion est d'origine macédonienne (B. Niese, Gesch. d. griech. u. maked. Staaten, I, p. 43) ; Alexandre no lit que déterminer le nombre. Oulre les 8 somatophylaques de la liste (Arr. Anab. VI 28 4), nous en connaissons six autres: Arrybas, Balacros, Démétrios, Ménès, Ptolémée fils de Sélcucus, un autre Ptolémée, tué devant llalicarnasse ; cf. Ppiecke’r, Op. cil. p. 11. —6 Telle est l'interprétation générale (Droysen, Niese, Beloch,’ Kaersti Hogarth (Op. cil. p. 19), se fondant sur l'absence dans la liste que nous possédons, des noms des plus grands capitaines d'Alexandre, voit plutôt dans les somatophylaques une catégorie honorifique analogue à celle des « bienfaiteurs du roi » de la cour perse Cf. E. Meyer, Op. cil. III, p. 45. —6 Arr. Anab. VI, 28, 3 : Alexandre nomme Peuceslas «upatoculAa; avant de l'installer satrape de Perse Ha.,™. Si vjj; ,,,5*

x-xivrî xSR v.pi;; ml itiVrEiaç àitee'çatov €Ï,v.i. — 7 Beloch, Op. cil. III, 1, p. ;|()| .

J. Kaersl, Gesch. des hellenist. Zeitaltcrs , I, p. 139. — 8 Arr. Anab. III, 5 3 . 27 5! Il, 12,2. — 9 Beloch, Op.cit. III, t, p. 390. — 10 Arr. Alex, success. IX, 38 ;’ef. Pli’ot! Bibliotli. 72 a. — « Corp. mser. ntt. II. 267. - 12 p0|. XXVIII 8 9- Liv XI III 20 ; Diod. XXX, 10, 2: II, I. - 13 Polyaen. VIII, 52. H Dilténberger, Oricntis graeci mser. sel. 329 ; Cardinal!, Op. cil. p. 210-211. - 1 S Comptes rendus de l’Acad. 1907, p. 598-603. Autant que j'ai pu m'en assurer, le titre. 11e se rencontre pas daus les textes cunéiformes contemporains. — 16 Allien. I, p 19 c-d ■ Dillenberger, Op. cil. 747. - n M. L. .Strack, Griechische lilel 'ira Ptolemâerreich I Rhein. Mus. LV (1900) p. 161-190); Bouché-Leclercq, Op. cil. III, p. I02-IIS Toute la littérature antérieure est analysée par Slrack et Bouché-Leclercq - 18 Strack [Op. cil. p. 1 7-188) a dressé une liste de 19 connus

par les mscnptions et les papyrus. Il faut y ajouter Au, ,4,,., tSv' 4.z,TOp„,.u-

('*«“•') ca- *M av-.J"c' (™- w- h 19- '■ S2> «t nv.x.p«ro5 ;

va. vroarnyoî (UGU = Aegypl. ürkund. nus d. k. Aluseen , Griech. ürkunden III

n- 1012) ca. 170 (?) av. J. C. qui semble distinct du IlT.l,p«r.f

ào/iïùvayo; (191/181) de la liste de Strack. — 19 Strack, Op. cil. p. 1G9, I ■ Bou-

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. mic, uca iui» purement personnel

honoraire, est conféré A certains hauts fonctionnait ,' , -f on le perd, quand on est promu aux rangs plus ' 'n •’ delà noblesse aulique 21. Comme tous les honneurs V.S «ligués dans un but politique, celui-ci semble s’èlred/"'0' nétisé assez vite et paraît avoir duré moins Ioit 'i,' """ que le titre de (tuTYevv]ç : les derniers que nous connaissions datent de la fin du ig sièclr ’

°ALAHERT.

SOMNIA [divinatio, incubatio, somnus],

SOMNUS ("Tttvoç). - Les deux personnifications du Sommeil et de la Mort [mors, p. 2001 sq.] sont nombre des fictions poétiques les plus expressives au! V Iliade ait transmises avec tout le relief des réalit,''. religieuses \ sans que jamais l’opinion des âges suivants les ait consacrées par un culte2. Hésiode toutefois leur a créé une généalogie en les faisant enfants de la Nuit" plus lard seulement on leur donna pour père Erébos4' Elles figurent donc dans la lignée assez nombreuse des forces primordiales du monde physique et des influences morales qui régissent la vie de l’homme ; et même avec les Songes, les Kéres, Némésis et Eris, on peut dire qn,, Tlianatos et Ilypnos sont les seules qui se distinguent par des traits nettement personnels s.

Cependant, la nature de Thanatos est simple comme le fait quelle exprime, tandis que celle d’Hypnos est double; car oulre le fait du sommeil, suspension momentanée des facultés actives, elle représente aussi la cessation défi¬

ni I i ve de la vie en assimilant ce phénomène au premier. C’esL à la faveur de celle assimilation que les deux personnalités soûl conçues comme frères jumeaux6 et associées dans les fonctions de l’ensevelissement. Des deux

passages de Y Iliade ou Ilypnos joue le rôle d’un daemon 7rpdi77roÀoç, un seul borne son action à provoquer l’assoupissement passager1; l’autre l’unit à Thanatos comme ministre des devoirs rendus à un mort8. Le premier est

ché-Leclercq, Op. cit. III, p. 144. Seul de tous les litres antiques, il a une attestalion antérieure a 190 : XpûirntTroç (Grenfell and liant, New classical fragments..., no 14 b ; Malially and Srnyly, 1 he b linr! en Pétrie Papy ri , n° 53 l-m ; Pap. <hi musée de Oizeh , n° 10250. dans Arcbiv. f. Papyrus forschung, II, p. 80) appartient au règne d h vergé te. Il n y a pas à faire état de la correspondance apocryphe de I liiladclplie avec le grand prêtre juif Eléazar, qui mentionne r&o£i9<o|AaT09Û).a; Andréas (Josèplie, Ant. Jud. XII, 2, 4; cf. Lettre d'Aristée , § 40 (éd. Swcle) ; AvSolav xJiv àpxtffo.|i.axo(5j>.âzwv), ni de la Lettre d’Aristée , § 12 (éd. Swelc); cf. Joseph. Ant. Jud. XII, 2, 2 etc. Ap. II. 4. Cf. Bouché-Leclercq, Op. cil. II, p. 110, I. 20 ]| est vraisemblable que la transformation dans le litre (l’appellation ô às3/i»Tü>|A7.xo»'jAa;, portée par les 9 premiers titulaires, fait place, sous Evergèle II, à la désignation tù>v «p/,i<T«*>jAaxo®u'Aaxo>v, cf. Strack, Op. cit. lab. VII) suivit l’évolution réelle delà fonction qui, d effective, devint purement honoraire ; voir cependant I® réserve de Bouché-Leclercq, Op. cit. III, p. H 4, 2. — 21 llUTTevq;, x««v 5|io-iV«v xoT<

«TJYYevetriv, x<» v àp^urwii-axocpu Aaxtuv, xùjv itpwxmv çtXmv, x«ùv ©iXoiv, xwv StaSd/wv. — Cf.

tableaux de Strack. — 23 Cf. Strack, Op. cit. p. 173-174; Bouehé-l.ecPrcq, Op. cit. III, p. 102-108. Uuelles que soient les analogies, la continuité a été évidemment rompue entre ces divers régimes et la cour des Lagides. — 24 Tel est l'avis de Malially (The Empire of the Ptolemies , p. 214; A History of Egypt under the P totem aie Dynasty , p. 101) et de 1J. Meyer (Das Ueerwesen der Ploleinüer, p-*’L n. 200) •, il semble toutefois que la classe des ®tXot remonte au moins au règne 'le Philopalor (Pol. XV, 25 a , 13-14; cf. Bouché-Leclercq, Op. cit . IV, p. 333)* i — 25 Strack. Op. cit. p. 173-175 ; Bevan, Op. cit. Il, p. 281. Bouché-Leclercq [Opcit. III, p. 109-112) fait de graves objections à cette interprétation et se demande s’il n’y aurait pas plutôt emprunt de la Syrie à l’Egypte. La question, en sommé, est obscure. — 26 Cf. Strack, tabl. III. —27 Strack, Op. cit. p. 175.

SOiVI N CS . 1 n. XIV, 231 sq. : XVI. 454, 672. — 2 Une seule fois il est question d un culte pour Trézène, où Ilypnos aurait été vénéré en compagnie des Muse* Paus. Il, 31, 3; cf. Wide, De sacris Traesen. p. 71. — 3 [les. Theog. P- 758; cf. 722, 752 ; et le fragment de poète inconnu cité par Athen. X, p- 1 >'» r" uaïSa Hè Nuzxo; 3=t;à|j.evoi p).E®âçoi<n — Hyg. Geneal. — 5 Naegelsbach, Nachh°vl - Tlieol. p. 121. § 12 ô; cf. 211 sq. ; cf. Hom. Theol. Il, § 6; Robert, Thanatos. p. G et 39; du même, Bild uml Lied , p. 105; Brunn, Troisch. AJiscell • H*» 1,1 — 6 U. XVI, 072, 682. Cf. Virg. Aen. VI, 278 ; Orph. hymn. 65, 8; ^*'1 I hu • Arg. VIII, 74 ; Senec. Hère. 1074 ; Nonn. Dion. XXXI, 117. — 7 bl. XI V, 23! •

— » Ib. XVI, 454.

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]a scène célèbre où liera a obtenu d’Hypnos que, caché sous la figure d’un oiseau de nuit dans une touffe de palmier, il endormît Zeus d’un sommeil profond, détournant ainsi son attention de la lutte entre Grecs et Troyens 1 • A cette occasion, le poète appelle llypnos frère de la Mort et exalte sa puissance en le nommant roi des dieux et des hommes. C’est dans l’épisode de la mort de Sarpédon que llypnos partage avec Thanatos les fonctions d ensevelisseur, commis par les dieux de l’Olympe; ils emportent le corps du héros loin de la mêlée, dans la Lycie sa patrie, où ses parents et ses frères lui rendront les honneurs funèbres2. Ces deux aspects de la personnalité d’Hypnos sont caractérisés chez Homère, non pas seulement dans ces scènes qui ont la couleur mythique, mais là même où intervient le sommeil en tant que phénomène physiologique, par des épithètes qui expliquent pour leur part le passage facile du sens vulgaire à la personnification. Un sommeil profond est vvjYpeToç, sans réveil, v/jou^oi;, insatiable, tout à fait pareil à la mort 3 ; et la mort elle-même est définie à son tour par des qualificatifs (d des descriptions qui l’assimilent a un profond sommeil. Hypnos ainsi compris n’est pas seulement la représentation du fait dont il porte le nom, mais encore celle de la mort douce et libératrice. Sophocle reste dans la tradition homérique lorsqu’il fait invoquer par OEdipe, sous le vocable de otdvuTcvoç, le sommeil éternel, en l’honneur duquel existe une inscription latine des temps de l’Empire \ C’est l’idée du sommeil pareil à la mort qui, chez Hésiode déjà, a fait localiser sa divinité dans le monde des enfers6.

Les poètes Grecs et après eux les Latins ont ajouté fort peu de choses à ces traits dont l’épopée primitive a peint le sommeil. 11 suffit de rappeler l'invocation qu’Euripide met dans la bouche d’Oreste à son réveil 6 ; et ce que le même poète a dit de la Nuit s’applique de tout point au sommeil dont elle est la mère7 : « Toi qui apportes le sommeil aux mortels malheureux, sors de I lut'he, plane en déployant tes ailes et descends sur le palais d’Agamemnon. » Parce qu’il apporte des songes agréables, le sommeil est appelé ami des Muses et d Apollon; et par l’ivresse bachique qui le favorise, il est considéré comme celui de Dionysos8; ailleurs nous le trouvons parmi les divinités de la santé, à côté d’Hygie et de Salas dans les temples d’Esculape9.

he caractère mystérieux du rêve le fait d’ailleurs p'iilii.iper de la divinité du sommeil lui-même, auquel ‘ “Client une sorte d’activité surnaturelle. Homère 'M'|" Ile en eflel divin et en fait un messager aussi réel

el plastique que Hermès ou Iris'10. Le Songe écoule une recommandation des dieux dont, il est le serviteur ; il obéit à leurs ordres, s’élance, part, et pour s’acquitter de sa mission, prend les traits d’un personnage connu, de même que le Sommeil s’est métamorphosé en oiseau chez Homère". Dans l’exercice de cette fonction, sa ressemblance avec Hennés est frappante : il est même probable que si en Grèce il n’y a pas eu de culte ni de pratiques à I intention du Sommeil et des Songes divinisés, c est que les hommages deee fait allaient à Hermès ; la dernière coupe de vin avant le repos nocturne était en son honneur et ses images figuraient à la Lête des lits, afin qu il fît dormir et donnât de beaux rêves l2. Invoqué sous les vocables de 6vetoo7rd[i7toç, de OttvooôtyjÇ, de u7tvo- 7rpo'7TC(TT|Ç, il avait sur les monuments pour symbole le lézard qui signifiait le doux repos (u-eiU/oç), et son caducée possédait des vertus soporifiques l3.

Ce sont tous ces traits que les poètes romains ont exploités, sans jamais rien innover d’ailleurs, quand dans leurs œuvres ils personnifiaient le Sommeil à Limitation des Grecs ; car il est digne de remarque que malgré la tendance à tout personnifier sous la forme de génies de circonstance, la vieille religion romaine n’a point fait de place au Sommeil, dans ses Inditji lamenta ’ Le sacrifice à Somnus avec le vocable de lents qu’Ovide prêle à Numa est isolé et paraît n’être qu’une fantaisie littéraire 1 •. D autre part, les inscriptions en son honneur sont rares et toujours elles sentent Limitation littéraire des Grecs. Ceci est également le cas des descriptions célèbres que nous rencontrons chez Virgile, Ovide, Valerius Maccus, Stace et Silius Italicus16. Cependant ceux-ci ne s’inspirent pas seulement des modèles littéraires, depuis Homère en passant par les tragiques jusqu aux Alexandrins; c’est à l’art grec qu’ils sont surtout redevables , car cet art, dès le vi* siècle, a donné au couple fraternel du Sommeil et de la Mort une réalité plastique qui supplée à la réalité religieuse dont il fut toujours dépourvu.

Les plus anciens monuments qui les représentent tous deux sont ceux dont parle Pausanias : la colonne de Sicyone sur laquelle figurait, avec le vocable de kit iSmty.ç, Hypnos accosté d’un lion qu’il endormait . et le coffret de Cypsélos à Sparle où figurait la Nuit tenant dans ses bras les deux frères 17 . On a supposé que le vocable sous lequel Hypnos (fiait désigné à Sicyone, signifie qu’il transmet à Thanatos les mortels en les faisant passer du sommeil momentané au repos définitif 18. Les premières images d’Hypnos nous sont données par les vases peints :

-’ViV’ f S'l-: 204 I «*• - 2 Ibid. XVI, L. oit. cl 666 sq. ; 6: XXIV i ' ’ e>*' 79: cf' *a note èierron (Odyssée, IV, 793) ;

,],i T*"5 *«‘*«l**~f ; V. encore H. 241 : B*..,- où il s', agit „,’o

Virgile , ' u ,|,le du s0,,,,neil "’ortel donné par le fer, expression q

oZ, Ae“ ■ X’ 745 : ferreux urqet Somnus -, Orph, humn. 85, I si

K ’0#,V ‘V. H» cl Val. I lace. IV, ,6. Cf. Apulée, M

cr.’piéij:" r ",b e U'adult d'llom"'c’ "• XVL 350. t Soph. Oed. Col. 157 summo ... ’ JUlC A,y‘,lul- h P- 691 sq. L'inscription latine, chez Orelli, 442:

7 “ "**’ The0,h 789 ’cf- Vil’S- Aen • VI, -78, 390. Ovide a pla Vésuve ■ nn 7 ’me,ldans ,,Be cavon"' rfc la région cimmérienne, au pied C’esllique '«<'«'«« prond sa source. V. Aen. VI, 27. soyoruc. * t.rf°!>0r Ct 300 : hic locus est. Somni Noctisq

habile rn,, ,, ’c o " ^ 'SJ stl' ct *jUCl ^er- bist. Il, 38 sq. où le sommi

sommeil renié l' °"?eS' ~G 311 i d- Sopli. Philoct. 827 sq. (invocation

Pind. p'm | * soul1'a>>ce) ; cr. Quint. S.nyrn, V, 396. — 7 /hid. 174 sq. (

Où.; Ale.,,' /’ 0 “ : Alcm- Fra«- 80 ! |,aus- "• 1°, 2; 31, 5.- 8 Pind. ;c

C.lL yS''- ll“l- V 1 1 1 2ur,: Somnus, Bacche, tibi cornes additv %/,. || „ J!,' C "'Z 0re111’ 1572 stf : Honzen, 5736-38 ; cf. Preller-Jordan, Bon ’ notc’ et Wieseler, Denkm. der ait. Kunst, Tah. LX, LXI. — to i

II, 6 sq. : 0îï«î 'O.ttoo;. Les étlileurs ont raison d'écrire ce nom avec une majuscule ; il est aussi appelé = fanes tus à cause des erreurs où il jette ; v. les

vers 22, 56 et OU. IV, 831. Il dit de iui-même : A,?>5 SI 47Teld; lt;u, comme plus loin, v. 93, *0 ffiro = Fa mu. Les Somnia vana de Virgile, Aen. VI, 283, qui se blottissaient comme .les chauves souris sous les feuilles d'un grand orme, sont des personnifications analogues. - Il 11. XIV, 290. — 12 p|ul. (janest. Cono. 7, 9, . Atlien. I, 16 h \ lleliod. 3, 5; Scliol. Od. XXIII, 198; Poil. VI, loo ; llesych. v ; cf. Uosoher, Ausf. LexUcan, I, p. 2375 ; Kroger, Jahrb.' für ktass. Fini. 1863, p. 289. — 13 Pour les images de Hennés somnifère, très semblables à celles de Somnus lui-même, v. Muller- Wieseler, Denkm. der ait. Faust II We'cker, Griech. Goetlerl. Il, 441. - Il V. cependant, «unis, IV, p. soi. - 7 Fast. IV, 633; cf. Merkcl, Proie,, om. p. CXCII. — 16 La plus fidèle à la tradition

hellénique est celle de Virgile, de». V, 838 sq. ; il y a en revanche . . .

fantaisie dans celles d’Ovide, Metam. XI, 591 sq.; de Slace, Theh. Il, 144. y 199 - VI 27; X, 105; deSilius Italiens, X, 354 sq. eide Valerius Flaccus, VII i 70 sq Cf Serv’ Aen. VI, 894; Schol. Sial. S, le. VI, 27. Quanta la jolie Table race, née eu style préeieux par Fronton, De férus Alsiens. p. 228, édit. Naber. ellea été de toutes pièces forgée par le rhéteur. - H Pans. Il, 10, 2 ; V, 18, t ; cf. Saunr, chez Hoscher, ,!,«/. Lenkon, I, p. 2848; Itoberl, Thanatos. p. 24. - I» Zoega, Bassirilievi, II, p. 213.

SOM

SOM

Fig. 6:;ic.

un vase d'ancien style nous montre Alcyoneus attaqué par Hercule durant son sommeil; au-dessus du géant plane une petite figure ailée dont la présence explique la facile victoire du héros1 ; c’est celle d’Hypnos. Il y joue un rôle analogue à celui que lui prête Homère, mais avec les traits d'un oiseau de nuit, dans la scène du mont Ida2.

Ce sont les représentations de l’enlèvement sur le champ

de bataille de Troie des corps de Sarpédon et de Memnon qui nous offrent pour la première fois Ilypnos avec son frère dans l’emploi d’ensevelisseurs divins3. Sur un cratère de Caere les deux frères sont absolument pareils, imberbes tous les deux, de même couleur, d’expressio n identique ; une inscription seule distingue Hypnos qui soutient la tète du mort alors que Thanatos le soulève par les pieds (lig. 6516) ; cette distribution des rôles va en quelque sorte devenir rituelle*. Mais à partir du v1 siècle, particulièrement sur les lécythes funéraires d’Attique5, les figures des deux frères se distinguent nettement ; comme nous l’avons montré ailleurs, Thanatos est barbu, d’aspect sauvage, le corps parfois moucheté de touffes de poils ; Hypnos est imberbe, d’expression douce et juvénile; enfin l’un et l’autre sont ailés 6.

D abord les ailes sont de grande envergure et attachées aux épaules; plus lard, la fantaisie des artistes les remplace par des ailes de papillons, ou, les supprimant dans le dos, elle indique la nature légère et errante des génies par des ailes placées sur les tempes et combinées avec les ondulations des cheveux1. Un détail caractéristique relevé sur les lécythes est celui de la couleur des corps : il arrive en effet qu’une des figures est blanche, l’autre noire ; M. Pottier a démontré que ceLle dernière couleur appartient à Ilypnos 8. Pour le surplus, un texte d’Kuclide de Mégare (400 av. J.-C.) confirme l’interprétation qui distingue les deux figures 9.

Jusqu’au temps d’Alexandre, les images d’IIypnos conservent le caractère quelque peu fantastique qu’IIomère a donné* à ce génie; à partir de Lysippo, le type a été fortement idéalisé, comme il est facile de s’en assurer par la statue du musée de Madrid ’°, par le bronze

'Ann. delT Inst. V. pi. D, 2: 0. Jalin, lier. d. Sachs. Gesellsch. 1853, pl. v, 2, p. HO ; Baumeister, Denkmaeler, 1, p. 40, lig. 56 ; Koepp, Arch. Zeitung. 1884, p. 31 sq. 41. — 2 Hom. II. XIV, 200. — 3 Gerhard, Anti/ce Vasenbilder, 221, 222 ; Baumcister, Op. cit. I, p. 727. lig. 781; Brnnn, Annali, 1848, p. 352, 378 sq. el Robert, Op. cit. p. 7 sq. Il y a souvent confusion pour les héros ; Sarpédon seul ligure dans l'Iliade ;' Memnon au deslin identique a été chanté davantage plus tard et devint dans l'art plus populaire

encore. V. Holland, chez Hoscher, Lexik. Il, 2, p. 2876 sq. 4 «ions, lig. 5417

p. 2006, 2, note 19; oaf.mon, II, p. 18, lig- 2287, où la Mort est à la tète ei le Sommeil aux pieds. — 5 Pottier, Etude sur les lécythes blancs alliques, p. 24 ; Robert, O/,, cit. p. 10, pl. 1 el 2. — 6 Pour les ailes d'Hypnos, v. Callim.

In Del. 234; Orph. Argon. 1011 : Nonn. Dion. VII, 141 ; Tih. Il, I, 89; prop. I, 3,

45; Sil. liai. X, 344, 351 sq. ; Senec. Ilerc. 1073. Cf. Virg. A en. VIII, 83s : levi's aelhereis delapsus Somnus ab ustris. Déjà chez Hes. Thcog. 763, v. encore llias lat. 120 sq.; Stat. Theb. X, 132 ; chez Properce, c'est le mouvement des ailes qui endort ceux que visite Somnus. - ï Monum. Inst. VIII, 59; Bruno, Annal. 1866, p. 351 ; O. Jailli, Arch. Beitràege, [p. 53 sq. — 8 Op. cit. p. 31.

-- 9 Chez Stohéc. Florileg. VI, 65. — 10 Baumcister, O. I, p, 706, lig. 768 ; Arch. Zeitung, 1862, 157, 1 ; chez Clarac, Mus. de sculpt . pl. ocwvi, c, la statue est

Thanalos et Hypnos.

de Vienne et d’autres (fig. 65 1 7) apparentés*1 nv u y a les traits d’un jeune homme à la fois souple cl vj„""S reux qui, même quand les exigences de la technbméT fixent au sol, semble planer dans les airs. H a. perd,, | ® vastes ailes fixées aux épaules ; mais comme Hermès *.* qui d ailleurs il ressemble au point de pouvoir être • • '■ ment confondu avec lui, il porte des ailes attachées aux tempes ou dissimulées dans les boucles delà chevelure1^

L’expression du visage est le plus souvent douce pl même souriante ; mais il arrive qu’elle a tantôt un caractère de gravité mélancolique, tantôt un air d’accablement et de fatigue. Un fragment de bas-relief, aujourd hui au Louvre, représente une tète, parlois interprétée comme un masque de Méduse, que les veux mi-clos etles traits détendus invitent à considérer comme une figure du Sommeil11. De même sur une gemme du Musée de Berlin, nous Irouvons un personnage que lotit nous invite d’abord à prendre pourdlermès psychopompe et qui plus probablement est le Sommeil selon le type créé par Lysippe ou par un sculpteur de son école **. Il tient dans la main gauche deux liges de pavois cl dans la droite une corne renversée d’où il répand sur la terre le repos bienfaisant. Les ailes, sous des formes variées et à mesure que leur emploi dans la sculpture devient moins caractéristique, les liges de pavots, un rameau trempé (les poètes nous rapprennent) dans l'eau du Léthé, la corne surtoutque, d’un geste apaisant, le dieu égoutte en glissant dans les airs, deviennent les attributs classiques du Sommeil ' : ■

L’art hellénisant d'Italie s’est emparé de ce type et la

donnée comme représenta»!, Hermès. Cf. Winnefchl, Hypnos. (Slnllgarl. 1SS7), p. 8, noie 2. — H Sacken, Die antilc. Bronzen, pl. 34; Duruy, Hist. des Boni. VII. p.503; Baumcister, p. .07, lig. 760. Pour les statuosel stalueltes de llypuos-Somims, v. Winnefchl, O. c. ; S. Reinach, Bronzes de la Gaule rom. p. 105, el Héperl. dehi Stat. Il, p. 843 (Index) el p. 488-492. Nombre de celles qui sont classées sous ce vocable représentent des Amours endormis don! la signilicaliou esl autre. I infra , nolammeni dans le groupe du Louvre, lurent, du Musée , MNL, I reproduit a vons, lig. 3159. Cf. Clarac, pl. ncci.xi sq. lin revanche, pl. ueuxul*‘s figures, l'une ailée, l'autre sans ailes, nlls 1801, 1862, sont des représentations du Sommeil. — 12 Tcle du B rit. mus., Murray, Hist. of greeçk sculpt .

Il, pl. xxi ; Uuruv, Hist. îles Grecs , l. III, p. 230. - 13 Froeltiier, Mus.dc France, pl. xxv; cf. Sacrer, chez Koschcr, Op. cil. I, p. 2850, avec les Irxtrs cl. commentaires. — 44 Miiller-Wieseler, Op. cit. Il, 328 ; sur les ressemblances du lype d'Hermès avec celui du Sommeil, v. Ibid, cl p. 876; cf. krütu'r.

Juhrb. /iir klass. Phitol. ISo3, p. 289 sq. 45 Virg. A en. V, 8,54 ; -'*•

liai. X, 351 sq. ; Stat. Theb. Il, 144 ; V, 199 ; VI, 27 ; X, ll'ô. Cf. Sen.

I, 692 ; VI, 893 ; Front. De Fer. Als. p. 229, édit. Nalrer. Slare, Theb. L

51), fait do Somnus le conducteur du char de la Nuit ; d-

p. ill sq.

Hypnos.

SOM — 1399

* dépens du goût et aussi de la clarté,

SOI

Fig. 6518. — Le Sommeil.

varié, souvent aux

Sur les couvercles des cistes d’Étrurie et sur les sarcophages, o ù sa parenté avec le génie de la mort a marqué à Soinnus une place'. Pour adapter les représentations

du Sommeil aux diverses conditions de la vie et de la mort 2, les artistes lui donnent ou les traits d un vieillard barbu, grave et même triste (lig. <J5 1 H), ou ceux des Amours dont la présence sur les monuments funéraires s’explique d’ailleurs, même en Grèce, par des raisons plus générales et plus profondes que celles de leur identification avec les idées de la mort et du sommeil [cuiudo, p. 1C09 sq.].

Nous n’avons pas à revenir ici sur une interprétation qui a déjà trouvé sa place ailleurs ; mais il n est pas sans intérêt de marquer les rapports que la mythologie et les représentations plastiques du sommeil ont avec la fable d’Endymion :l. Lui-même n’est qu’un génie de la Nuit et du Sommeil ; on connaît les fables et les monuments qui le montrent, visité chaque nuit par Sélénë-Luna [luxa, p. 11182], qui souvent est identifiée avec Diane Des mytho logues racontaient qu’llypnos faisait I dormir Endymion I les veux ouverts, afin I d’en pouvoir con- I templer le charme I sans cesse. Le som-

■ meil d’Endymion I était devenu d’ex- I pression p r o v e r- I biale, et l’idée en I correspondait à celle

I du repos éternel, au I sein d’un bonheur I paioil à celui de Cléobis et Piton, les héros endormis dans 1' h inple de liera et passés sans réveil dans la compagnie des dieux, en récompense de leur piété filiale Les nom- Iumix sarcophages et bas-reliefs, ceux-ci également de

■ ou, h lèie funéraire, qui représentent Endymion endormi, "du ni un des aspects sous lesquels l’imagination des an-

" os en\ isageait le repos de la tombe, le sommeil sem-

1' J/oiiMm. dell‘ Inst. VIII, :u ; 9, SS, 59 ; XI, 10, 3 et Gerhard , A/cad. Abkandl. un VIL’,Ï'.U'S idcntiflcations sont souvent difficiles; v. 0. Miillcr, Kunstarch.

|,rollel'> Griech. Atythol. I, p. 693 s<|. I.a lig. d'après Zoega,

I Jailli* "\r /' 93 ’. ■°2 Sq' : cf' *’ 13 1 Baumeister, Op. cit. I, p. 707, lig. 770 ; *lrho ) bteili . p. 53 sq. Pour Somnus juvénile, avec de grandes ailes cndor'»>i >. la pierre tombale, chez Muller- Wicseler, ü. c. Il, 873 et

I Borl'i ’l 'f' -193' ~ 3 Jalm’ L0C' Cit' ’ ZocSa> °P- cit ■ Ht, p. 232 sq. ; cl'. ■LJ luins‘m’Jtliot. 11,323; Gerhard, Prodrom. p. 245 sq. ; Panofka, 7'er- I I55U . sq ' bicymu. de Ceos, chez Bergk, Poet. Lyr. graec. III,

637 J';'s|ai Atllon’ x"h 564 c; Oiogenian. IV, 60; Nonn. Dion. XLVIII,

PI, -, V’’ EvSl,i*'"v‘!; cf. Lentsch, Paroemiogr. graec. II. p. 25; Plat.

I&iio'i'/'im 7- C' Al'St’ Eth" ad Aicom- X' 8: Scl>o1- Apoll. Khod. p. 487, 21 ; p.so.loù 6’|Cf’ RoSCher’ Lexik- b P- 1246 sq. et 2848 ; Robert, Bild und Lied, Soinnum •er°t’ l,:l1’ aVI‘C la Stein, l,p. 38 ; d. Cic. Tusc. I, 38,92:/i ahes

note J II lmaainem mortis eamque cotidie induis ; et47, n :t . — 7 Fig-. 65l8;vov.

'dre Zoega et Jalm, v. Righetli, Mus. Capit. 1,64; cf. Helbig, Wandg.

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