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barbe et sur les cheveux, [acus, fîg. 102], Les athlètes, les gymnastes et leurs aliptes [aupta] s’en servaient pour les onctions1. E. Sagljo.
V. Spatha est le nom d’une épée caractérisée par la largeur de la lame2, qui se maintient sensiblement égale de la garde à la pointe. La lame est plate ou, s’il y aune nervure centrale, elle est aplatie ou peu accentuée. A ce titre, on pourrait déjà donner le nom de spatha à la rapière qu’on rencontre dans la nécropole de Knossos3, les lombes de l’Acropole de Mycènes\ quelques cimetières de Sicile3. Au début de l'àge du fer, cette arme parait avoir passé au centre et dans le nord de l’Europe r“ pour redescendre en Italie avec les invasions des Gaulois. C’est en parlant de leur grande rapière en fer de mauvaise trempe, sans nervure et à pointe mousse, attachée au flanc droit par une chaîne, que Diodore 7 donne un des premiers exemples de ce terme appliqué à une épée8.
La spatha parait être entrée dans l’armée romaine par les cavaliers auxiliaires gaulois et germains; elle est
Fig. 6522. — Cavalier auxiliaire armé delà spatha.
figurée sur plusieurs tombeaux (fig. 0522) ,J. On doit sans doute la reconnaître dans une arme trouvée à Carnuntum (fig. G523) : longue de 0 m. 85, la lame plate se termine en haut par une soie de ü m. 10; en bas,' elle est à peine arrondie et mesure 0 m. 05 de large contre
0 m. 055 à la garde’0. La spatha des auxiliaires s’op )CV au gladius des légionnaires chez Tacite11. A l’énà, d’Arrien la cavalerie se divise, au point de vue ,j" glaive, en deux classes; les machairophores qui panis' sent comprendre les pélékophores , longchophores, dor tophores , xystopliores et kontophores , seraient la car lerie lourde, tandis que les hippotoxotes et les akontista dits tarantinoi forment la cavalerie légère sous le nom de spathaphores. A la fin du ne siècle, le nom de spath,, s’étend au glaive de l’infanterie romaine13. A la lin ,jn iv% Végèco u désigne sous les termes de spatha et <],, semispatha les armes des légionnaires qu’on appelait à l’époque classique gladius et pugio. Une épingle à che-
Fig. 6523. — Lame de spatha.
veux en argent du musée du Louvre [acus, fig. <js ] est la reproduction d’une spatha du Bas-Empire ’5.
En raison de son poids, cette épée était portée par un baudrier, tandis que la semispatha pendait à la ceinture (fig. 775) 16 ; c'est ce que recommandent les Tucticu byzantins.
Au début du Bas-Empire, la Notif ia mentionne à fiucques, Reims, Amiens, des fabricae spathariae ; toutefois, deux spatharii , nommés dans des inscriptions, semblent être des écuyers porte-glaive plutôt que des ouvriers des fabriques ’7. Il faut distinguer ce terme de celui de Gr.id^gi donné parfois à tous les militaires en tant qu’ils étaient tous spatha cincti , comme dit Ennodius18. Le nom de <77taô-iptot fut réservé par la suite à ceux des gardes de l’Empereur qui ne portaient pas la hache ou la hallebarde [pélékophores et rhomphaiophores) mais le glaive (ils étaient dits aussi xiphéphores) imité de la <rw£0Y|, l’un des insignes impériaux”1. Le7rpiuToiT7rx0xf!oç, un des principaux officiers de la couronne, était à l’origine leur chef ". Cette fonction perdit bientôt tout caractère militaire : spathaire eandidat, spathaire et prolospathaire devinrent de simples titres honorifiques21. En Occident, le nom de l’arme resta en usage22. C’est de son nom que viennent l’italien spada , le français espadon et épée. A. -J. Reinacu.
SPATH ALIUM [armilla, p. 437].
SPATH AUI US [SPATHA].
SPEUIFICATIO. — Titre donné par les commentateurs modernes à l’acte qui donne à un objet une forme et une manière d’être nouvelles. A qui devait appartenir l’objet modifié lorsque l’ouvrier n’était pas propriétaire de la matière première ? Aux yeux des anciens jurisconsultes l’objet était probablement resté le même; plus tard se formèrent deux opinions opposées ; les Proculiens soutenaient que c’était un objet nouveau et l’attribuaient
1 Poilus, III, 154; VII, 177 ; X. 120, 12. — 2 Isid. Or. £V1 II, 6 : spatiosa, amplaet lata ; cf. Schol. ad Iliad. II, 45. Lorsque le terme apparaît chez Euripide, Ménandre et Philémon (ap. Poil. X, 145), il n’a plus que le sens général de {/ladius. — 3 A. -J. Evans, The prehist. tombs of Knossos , 1906, p. 70. — 4 Tsountus-Manatt, The Alycenean âge, 1899, p. 910. — 5 T. E. Peet, Stone and Bronze âges of Jtaly and Sicily 1909, p. 439, 4 45, 407. Pour le Picenum, Pcllcgrini, Notizie, 1908, p. 869. — 6 J. Na ue, Oie ant. Schwerter , 1898, pl. vin. — 7 Diod. V, 30. Sur l’épée des Gaulois envahisseurs de l'Italie, voir S. Reinach, L'épée de Brennus , dans Cultes. Mythes 'et Religions , III. — 8 par anachronisme Lucien, Dial. mer. XIII, 3 donne la spatha à un sarissôphorc macédonien cl Diodore ( LJxc . p. 546, 59) aux Alhains du roi Sil vins . — 9 Voir le cavalier Bilurige de 1 ala Longiniana et les références données par Lehncr, Donner Jahrb. 1908, pl. i. Notre lig. 6522, d’après Duruy, Hist. des Rom. I. VI, 449. — 10Sur la spalha germanique, Lindenschmil, Handb. d. deutsch. Allcrth ., Merov. Zeit,\i. 217, el les références dans Globus, 1898, p. 122. — *1 Von Grollcr, Lier rôm. Limes in Œster-
reich,V , 1904, p. 75 = notre fig. 6523. — 12 Ann. XII, 35 ,Exp.in Alan. 21,30; Tnct. IV, 6. Dans IV, 8, 9, il parle delà (ruàOr) [Aaxpàxat icXaxeïa portée par des cat d” i romains. — 13 Spart. Hadr. 10; Capitol. Max. jum. 3; Apul. Met. I, 3 : IX, 1 XI, 37a. — l’.Ars. mil. Il, 10; c.r. Du Gange s. v. — 13 Cf. Julliau, .1 lit. AV. * Rome , 1882, p. 19. — 16 Léo, Tact. I. e^eiv «ou ersaO lu. àicoKoe|A«i *eva "G*1"'
aù-cwv *axà rqv 'PwjAaïxYjv Ta;iv* xai ïtio'x ita?ap.qoia, ïjtoi |*a^aîpaç <
Constantin. Tact. (Meursius, VI, col. 1216) : È/éiüxrav $1 «al «ncaôt'a 1 ’
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toù; io|aouç oütiuv, «ai etepa TapajArjpto. «pe|*a|X£va et; Ta;
ins. lut. V, 9043 cl 9898. — 18 Epigr. 132. — 19 Codin. De ojf. V, 14. Conslanl- De ndm. 42. 50-2. — 20 Dans le De off. Constantinop. Il, le *p«.>To<rKaO<*oto; ' cité en 34m® ; plus loin (V, 55) son nom est expliqué ou ncâaiov *?'üT0’ wîcaOaptojv n:apa|Aoviov (gardes porte-glaive). — 21 Schlum berger, Sigillogr. by*et Rev. Ét. gr. 1900, 497. — 22 Grégoire le Grand parle d un spatharii ts Totila [H omit. 37, 9; Dial. III, 6; IV. 56); le Moine de Saint-Gall donne la spat ta à Charlemagne (Ann. I, 26 ; II, 2, 1 1 , 29. 23),
.Ml spécificateur ; les Sabiniens, sans nier qu’il y cûl un l,vi nouveau, refusaient d'admettre l’acquisition de ,, nnr l’ouvrier1. Une doctrine intermédiaire, fondée
| OBUVi o
, je principe que les choses éteintes ne peuvent être revendiquées, admit la première opinion, à la condition ne l’objet, par exemple du vin fait avec des raisins, ne ,,U plus revenir à son ancienne forme2, et peut-être sgi à cette seconde condition que le spécificateur fût de . |ine foi 3. Ce système a été sanctionné par Justinien, qui admit en outre que l’objet appartiendrait dans tous 1rs cas au spécificateur s’il avait réuni à l’objet étranger une matière lui appartenant déjà4. On admet ordinairrment que le propriétaire peut intenter, outre l’action de vol, le cas échéant, une action, une condictio s, pour réclamer la valeur de sa chose, et inversement que le spécificateur de bonne foi peut demander au propriétaire, resté maître de la chose, une indemnité pour son travail. S’il v a eu simplement juxtaposition à une matière première d’un objet appartenant à autrui, par exemple d’une bande de pourpre à une étoffe, le propriétaire revendique sa chose par l’action ad exhibendum6. Ch. Lécrivain.
Sl'ECTABICES. lleofêXsuT ot1. — Titre honorifique attaché à certaines dignités, qu’on doit rapprocher d' illustris [illustres], maisqui n’eut pas, à beaucoup près, la même durée ni les mêmes effets. 11 est sans doute postérieur : un proconsul Africac est dit illustris dans une inscription du temps de Julien2; plus tard, ce fonctionnaire sera spectabilis. Mais illustris n’était alors qu’un prédicat sans lien strict avec telle ou telle dignité. Spectabilis , fréquent dans Symmaque, remonte sans doute à l’édit de Valentinien3 sur les fonctions; néanmoins, il se rencontre pour la première fois trois ans après la mort de cet empereur, en 3784. Il ne s’emploie pas seul, s’ajoute à vit ■ clarissimus *, auquel il se relie par et. Au ve siècle seulement, illustris eL spectabilis ont leurs domaines nettement délimités; auparavant, Symmaque dans le même rapport officiel1' donne les deux épithètesau même personnage. Des textes juridiques trahissent aussi ce flottement: le contes rei privatae est dit spectabililus tua en Ü9Ü 7 ; pourtant on le voit illustris dès 38G8. et il le restera. Le magister ofjîciorum est encore sp. en 378” ; peu après, vers 385, Symmaque le traite d'inlustris 10. Cela s’explique par une tendance manifeste à accroître la dignité de chacun au cours des temps et se confirme par d’autres exemples : les duces, à la fin du ive siècle,
SI'ECIFIcÀtiO. 1 Gai. 2, 79 ; Inst. 2, 1, 23. — 2 Dig. 41. 1, 24, 20. Celle Lheorie ne s'applique pas (juand on a simplement teint une étoffe ou tiré du ldé des épis (erreur d 'Inst. 2, 1, 23). — 3 Cela parait établi par Dig. tO, 4, 12 § 3 ; V 2, 5i § 14. — » Inst. 2, 1, 24-26. — 1> Liai. 2, 79; Inst. 2, t, 23. — 6 Dig. tO, n 7 S 2 (mal interprété à Inst . 2, 1, 2(1). Exception pour le cas oii du métal appartenant autrui a été soudé à un autre métal par une soudure non de plomb (plu mbatura), mais de môme métal (ferruminatio) ; alors il y a confusion et le l"ut appartient au spécificateur (Dig. (i, 1, 23 § 5). — Bibliographie. Accarias, l'ri’cis de dr. romain, Paris. 1832, 3" éd. I, p. 619-624; P. -G. Girard, Manuel de de. romain , Paris, 1901, 3» éd. p. 313-317.
S1 I-' TAIIII, ];s. 1 Corp. glossar. lat. VU, p. 283 Gœtz ; Justin. Nov. 7, e pii. ; 20, 2 ; 41, 1, i ; ,Vo tit.ad.Noe. 8 ; Berlin, gr. U, -le. 303, 401, 547, 669 ; 547, 3:
™(i8Lm[«Y|T«]. — 2 Corp. ins. lat. VIII, 5334. — 3 Qui singulis quibusque fyinitatibus certum locum meritumque praescripsit (Cod. Theod. VI, 5, 2). — 4 Cod. D" ml. \ III, 9, 35 . spectabilis viri o/ficiorum magistri. Du Gange (Gloss, lat. s. v.) r ' "n passage (antérieur de quelque 250 ans) de Pau! au Dig. I, 15, 3 pr. : spectabili oo qui praefectus vigilum appellatur-, l'interpolation est comme certaine. Dans .'"r m.sc. lui . 1||, 3407, la lecture fautive doit être corrigée en v[lV renuusj ; cf. I "stl ™, l-c. infra. — SSidon. Apoll. Kp. VIII, G : vir ortu clarissimus, privi- UJ’" spectabilis. — 6 lielat. XXVIU, 2. 3, 10 (inlustrem) ; 4, 9 ( spcctabilem ) ~‘C- Theod. IX, 27, 7. — 8 Id. VIII, 8, 4. — 9 ld. VIII, 5, 35, § t. — 10 Itelat. XXXIV, ki XXXVII, , 4; XLIIl, o ,, c Th y | , , 4, 30 (,le 409) ; VIII, 4, 27 (de 422). ' K'bt. Mommsen, index de Traube, p. 586 a, 595 a. — 13 Seul le consularis
sont faits clarissimes et sjt. ; ils ont déjà ce dernier titre dans la Notiliu dignilulum et dans des Constitutions du même temps11. Au vr siècle, on le voit par Cassiodore n, les correctores et consulares, simples ciarissimes dans la Notitia 13 et en 479 encore14, sont devenus sp. ; même progrès pour les advocati fisci, les tribuni et nolarii IS; les curae palatiorum, sub disposilione viri spect. custrensis dans la Notitia, reçoivent personnellement la spectabilité. La Notitia la donnait aux chefs de ces bureaux : primicerii nolariorum et sac ri cubiculi , magistri scriniorum ; sous Justinien, elle apparlicnt aussi aux simples chartularii sacri cubiculi'6. Le praefectus annonae , clarissime tout uniment au temps de Symmaque17, est sp. dans une inscription de 5122 1S. La Notitia permet d’ajouter à cette nomenclature les comités1'3, vicarii, proconsules *°, le praefectus Augustalis. Des évêques reçoivent cette dignité21, et peut-être fut-elle conférée aux patriarches juifs locaux1’2. Pour les emplois de premier rang, qu’occupaient les plus hauts dignitaires de chaque ordre, la qualité d’illustre demeura la règle ; la spectabilité ne s’étendit que de liant en bas, et non en sens inverse ; on conféra parfois la qualité honoraire d’illustre ( vacans ) à ceux qui prenaient leur retraite après des fonctions de deuxième rang23. La spectabilité ne paraît pas s’êlre transmise régulièrement aux enfants; les épouses des sp. étaient peut-être qualifiées de même24, de plein droit ou non ; il est possible encore qu’une femme quelconque ait reçu ce titre, de façon purement honorifique 25 ; mais la plupart des exemples nous sont transmis par l’épigraphie chrétienne20. et le mot peut très bien n’y avoir pris qu’une signification morale 27.
La qualité de sp. ne resta pas toujours attachée régulièrement à certaines fonctions ; il arriva qu’on pût l’acquérir par faveur personnelle du prince ou par un véritable achat; on était alors spectabilis honorarius-* . Elle entraînait en effet certains avantages : sous le nom de comités consistoriani, les spectabiles siégeaient comme conseillers au consistorium drincipis ; ils n’étaient justiciables que du praefectus urbi 2s. Plaidants ou inculpés, ils jouissaient de diverses prérogatives30; enfin et surtout il y avait des immunités31. Néanmoins, ces avantages appartenaient aussi pour la plupart aux simples clarissimes et restaient assez inférieurs à ceux des illustres. Victor Chapot.
Palestinae y est sp. — *4 C. Just. I, 49, 1. — 15 Sp. dans Augustin. Epist. 128, 129 (de 411) ; add. C. i. I. VI, 32 017 ; VIII, 989. — JC Notit. ad Nov. 8, in fin.
— n lielat. XXIII, 3; XXXV, 2. — 18 C. i. I. VI, 32 043. — 19 Add. C. i. I. VI, 1724, un com(es) s(acri) c[onsistorii). — 20 Cf. C . I. I. III, 572-3, un procos. Achaiae. — 21 Simplicius ap. Sid. Apoll. Ep. VII, 8, 2; cf. 9, 18. — 22 C’est l’hypothèse de Godefroy sur la Constitution de 404(6’. Th. XVI, 8, 5) ; le grand patriarche était inlustris ( C . Th. XVI, 8, 8, de 392; XV’, 8, Il cl 13, de 396-7).
— 23 Ainsi à un ancien vicaire d’Asie : C. i. L. VI, 512 (de 390); à un ex primice r(ius) notarior(wn) sacri palatii : Jbid. 1790. — 2t Un vir. sp. et sa sp. f(emina), : Id. IX, 1378 (de 508). — 25 ld. VIII, 20 410 (de 454); Cassiod. Var. Il, 10, 2.
— 2G De Rossi, Inscr. christ. I, 868, 903, 998, 1081 ; V, 5415; XIV, 3897. — 27 Jbid. V, 5420 : spect. et pcneteiis femina (de 463). — 28 Le titre fut plusieurs fois usurpé, et des constitutions rendues pour dénoncer et combattre cette illégalité; cf. Cod. Theod. XII, 1,187 = C. Just. X, 32, 60 (de 436). — 29 Si les gouverneurs de provinces étaient sp., l’appel de leurs sentences n’élail porté que devant l’empereur (6*. Th. XI, 30, 16), mais bientôt une autre disposition (C. Just. Vil, 62, 32) réserva ce privilège aux illustres. Pour l’exemption de curie, voir senatijs municipai.is, p. i 205. — 30 Cf. Ad. Gascoiu, Pc l'influence dans la législation romaine des distinctions personnelles aux auteurs de crimes ou délits en matière pénale ordinaire , Paris, 1895. — 31 C. Just. X, 48, 1. 10-12. — Biblioguaphir. J. Naudel, De la noblesse et des récompenses d'honneur chez les Romains, Paris, 1853; 0. Hirschfeld, Die Rangtitel der rôm. Kaiserzeit (Sitzungsber. der Berlin. Aku. 1901, p. 594-601).
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SPECULA. ■ — Poste d’observation et de signal [signum, p. 1333].
SPECULARIA, SPECULAR1SLAPIS [fenestra, p. 1039 ; LAPIDES, p. 934].
SPECULATOR. — Il a été parlé avec quelque détail à l’article praetoriae cohortes des speculatores attachés particulièrement, comme gardes du corps, à la personne de l'Empereur. Il existait ailleurs encore des speculatores. On les rencontre en province dans Vofficium des généraux commandant les différents corps d’armée1. Chaque légion en fournissait dix2.
Le grade existait encore après les réformes de Dioclétien3. R. Cac.nat.
SPECULUM1. EvO7tT0OV 2, IfTOTTTpOV 3, XC(.T07tTp0V 4. Mil'Oil’. — I. La légende de Naycisse et celle de Persée prouveraient, si cela était nécessaire, que les Anciens savaient se servir du pouvoir réfléchissant de l’eau. Peut-être s étaient-ils mirés aussi dans certaines pierres comme 1 obsidienne ° ; des poteries primitives, même polies à la main, comme celles de Chypre, à plus forte raison des vases revêtus d’un enduit ou d’une glacure, ont pu, par exception, servir à refléter les images. Mais les premiers miroirs qui méritent ce nom sont les miroirs de métal. L’antiquité n’en a pas connu d’autres avant l’ère chrétienne. Les Mycéniens en ont sans doute emprunté l'usage aux Égyptiens pour le transmettre ensuite aux Grecs et aux Romains. La plupart sont, de bronze, et la proportion d’étain parait y être plus forte1' que dans les alliages antiques généralement usités ; mais il y en eut en métaux précieux, peut-être en or1, moins probablement en aurichalque 8, certainement en argent3, dont quelquesuns10 sont venus jusqu'à nous. D’autres, en assez grand nombre, étaient argentés 11 ou dorés 12, ces derniers parfoissur fond d’argent18. Argentureou dorure pouvaient se poser à chaud14 ou, comme c’était, semble-t-il, le cas le plus fréquent, à la feuille battue. On augmentait ainsi la valeur vénale du miroir, mais non, ou guère, son pouvoir de réfléchir les objets, car le brunissage était parfaitement connu des Anciens et il n’est pas douteux que de simples disques de bronze, ainsi préparés, pouvaient faired’excellent miroirs |:\ Leurs propriétaires en avaient d’ailleurs grand soin : pour les maintenir « brillants et propres », ils les essuyaient avec des éponges 16, les enfermaient dans des boites11 et les enveloppaient dans des sacs d’élofl'e dont les traces sont fréquemment apparentes18. Nous ne savons quand on fit pour la première fois usage des miroirs de verre, étamés ou, pour mieux dire, doublés. Seuls deux auteurs en parlent d’une manière précise, Pline l’Ancien, qui en attribue l’in-
SPECLLATOIl. 1 Corp. insc. lut. II, 4r>2; III, 138 add, 2013,3021, 3615, 4452, 7794, 8173, 9996, 13 719, 14 1371, |4 479; VII, 3358 ; VIH, 702, 2746, 2751, 18 276: XIII, 1732, 6721, 6884. — 2 Ibid. II, 4122; III, 3524, 4452, 14 479; XL 395.
— 3 Ibid. III, 4803. Cf. von Domaszewski, dans les Bonn. Jahrbücher , CXVII (1908), p. 32.
SPECULUM. 1 Lucr. 4, 98; Sen. Quaes. nat. 17 ; Plin. 33, 45, 3. — 2 Eur. Hec. 925 ; Tro. 1107 ; Or. 1112. — 3 Alciphi*. Ep. III, 66. — V Eur. El. 1071. Plut, de and. p. 42 B. — •> Pour des exemples historiques de parois de pierres réfléchissantes, v. Suet. Domit. 14; cf. Plin. 36, 196. — 6 Les analyses cilécs par Blümner ( Technologie , IV, pl. u. 17, 34-8, p. 188-9) donnent 32 p. ICO pour un miroir de Campanie, et de 19 à 28 pour des miroirs de Turin, de Coire, de Mayence et de Bonn. Tous les exemplaires analyses sonL malheureusement romains et de basse époque.
— 7 Le terme «le yçùota dans Eur. Hec. 925 , Tro. 1 107-8, peut s'entendre d’un miroir simplement doré. De même les représentations comme Mon. d. Lincci, I, 954 (fresque de Cumes), ne permettent pas de distinguer entre les deux catégories d'objets. Cf. Sen. Qunest. nat. I. 17 (miroirs en or et en argent, ciselés et incrustés de gemmes'. — 8 Le terme est homérique, mais on n'en connaît pas le sens précis et Callimaque, en l'employant à propos de miroirs ( lavacr . Pull. 19). n a peut-être
vention aux Sidoniens 18 èt Alexandre d’Aphrodisias 29
qui écrit vers 200 après J.-C.ai. Or le verre •’ l\isa u a commence d etre soufflé que dans la premiè moitié du Ier siècle, ce qui s’accorderait bien avec p, mention encore hésitante de Pline l’Ancien. L'étamage mercure n’a jamais été connu des anciens ; ils plaçaient au revers de la lentille de verre, laquelle était soufflée et non coulée23, une feuille d’or'24, d’étain26 ou de plomb28 Soixante-quatre miroirs en verre, doublés de plomb, sont aujourd’hui connus27; ils viennent surtout de l’Égypte28 et de la Gaule 29 ; on en a découvert beaucoup à Reims ■10mais on en a aussi trouvé en Asie-Mineure 31 Ûlbia32, en Germanie33 et près de Sofia31. La plupart sont tardifs et de très petites dimensions ; peut-être quelques-uns ont-ils servi d’amulettes, si bien que les miroirs antiques restent les miroirs métalliques.
IL La forme usuelle des exemplaires anciens est la forme ronde. 11 y en a qui sonL carrés et rectangulaires mais ils n’apparaissent que chez les Étrusques ou dans les temps romains et je n’en connais pas qui soit delà bonne époque grecque. Au contraire, textes38 et monuments sont d’accord pour attester la persistance ou la grande fréquence de la forme circulaire. Le disque réfléchissant pouvait être posé à plat sur la paume de la main, être tenu à l’aide d’un manche ou être porté par un pied, d’où les trois divisions des miroirs grecs, divisions qui se retrouvent chez les Étrusques et à l’époque romaine, à cette différence près que les miroirs à pied disparaissent alors ou deviennent très rares. La surface réfléchissante était, dans tous ces exemplaires, soit légèrement concave, ce qui diminuait la grandeur des objets réfléchis, soit, et le plus souvent, quelque peu convexe, ce qui, au contraire, l’augmentait. 11 est exceptionnel qu’un miroir antique soit parfaitement plat. Nous verrons d’ailleurs utiliser dans les miroirs à boîte les courbes inverses du fond et du couvercle : lorsqu'ils étaient ouverts, la femme qui s'en servait se regardait à volonté sur les deux surfaces réfléchissantes, dont l’éclat était, de plus, augmenté par le rapprochement. Enfin les miroirs antiques sont généralement très petits. Le diamètre est communément de Om,43 à 0m,20, et assez souvent inférieur au premier de ces chiffres. Il y eut sans doute de très grands miroirs36, dont quelques-uns atteignaient la taille humaine, mais, soit chez les particuliers37, soit même dans les temples38, il ne semble y en avoir eu que très peu. Le miroir légendaire de Démoslhène ne devait pas être de très grandes dimensions 33 et ceux dont se servaient les barbiers 40 et les peintres 41 étaient sans doute dans le même cas.
I voulu que faire montre île son érudition. — 9 Plin. 33, 43 ; 34, 1 00 : Apul- lj
j — 10 V. infra p. 1427, 1429 et Bull. 1885, p. 180, l'ompci (Mau).— '* Ber. Areh. 1808, pl.xu,.— 12 Ant. Bosph.Cim. pl. xxxi, 7 (p. 82, éd. S. Reinach). — 13 A",L Anzeiger , XX, 1905, p. 58 (miroir de Kclermes, Pltarmakowsky). — 14 Aul. Anz. 1904, p. 24, 5, Berlin. — 15 Gerhard, Etr. Spiegel , I, p. 83, n. 90. 111 ^
iim. XXXII, p. 72, c. — n Voir plus loin et Aristoph. Nub. 751-2. — m Arcli.
1876, p. 39 (au Brilisli Muséum). — 19 l’lin. 30, 193. Le lexle est, il vrai ilire, ,| obscur et peut être discuté. — 20 Probl. 1, 1 32. — 21 pauly-Wissowa, I, -, P- ' 483'J’ Gercke. — 2’ /jus Glas im Altertume , passim et. II, p. 357-8. — 23 Berthclot. Scient. 1897, II, p. 524-0; Archéologie et Hist. des sciences, 1906, p. 1
— 24 P|j„. 33, 130. — 25 Alex. Aplirod. Probl. 1, 132. — 26 Voy. P-
— 21 Liste dans Miction, Bull, du comité du trav. hist. 1999, p. 231-250. Vr:,ll !] Arcli . Anzeiger, XXI, 1906, p. 113-4 (Kertck) et Coll, de Clercg , 1 1
p. 323, De Ridder. — 28 Ibid. MO. — 29 Ibid. 30-02. — 30 Ibid- '
— 31 Ibid. 11-2. — 32 Ibid. 13. - 33 Ibid. 14-20. - 34 Ibid. 28-9. — :l A,L"'
toph. Nub. 751-2; Mari. 9, 18. — 36 Luc. Adv. ind. 29. — 37 Sen. Quaesl. «« I t. 17. —38 Paus. 7, 21, 5. — 39 Quint. Il, 3, 68. — 40 Mart. 2, 00. — 41 '
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III Les miroirs pouvaient être fixés ou encastrés nS le mur1 ; mais ceux que 1 on rencontre fréquemment dans le champ des vases peints8 étaient simplement accrochés à un clou et ne jouaient pas le rôle de nos glaces modernes. De même la psyché paraît avoir été inconnue des Anciens ; seule une intaille d’époque romaine montre un coq qui regarde son image dans un disque à bord dentelé et porté par un pieu 3. Les miroirs à pied étaient naturellement posés sur une table, mais les miroirs à manche ou à boiLe devaient être tenus en main et c’est tout au plus si on les appuyait4 et si on les posait5 sur les genoux. Nous voyons souvent (fig. 6524), sur les monuments une femme tenant d'une main un miroir et de l’autre se roi liant 11 ou se fardant7. Ailleurs (fig. 6525), une amie
ou une esclave présente8 ou apporte 9 un miroir. Quant aux femmes se mirant simplement10 ou tenant à la main un miroir “, les représentations en sont innombrables. Il va sans
Fig. 6525. — Servante présentant un miroir. dire que lüS déCS-
ses, peut-être dès
l’époque mycénienne12, s’en servent également. Aphrodite13 en fait surtout usage et nous voyons souvent un Bros 14 le lui tendre, mais Hèra18s’en sert également, ainsi qu’Artémis16 et Athéna11 s’y regarde jouer de la tlûte. Même les Néréides18 et les Sirènes19 en tiennent à 1 occasion. Les hommes et les dieux20, les hermaphrodites21 et Bacchus22 exceptés, en usent moins fréquemment; s’ils les tiennent souvent en main sur les vases points 23, c’est pour les apporter en cadeau ; ils n’ont guère du s en servir que dans les boutiques des barbiers 24.
IV. Les miroirs égyptiens n’ont pas à être étudiés mi; nous ne pouvons cependant nous dispenser d’en
dire un mol, car il n’est pas douteux qu il faut chercher en Égypte les antécédents des miroirs grecs **. Sans doute, les disques y sont tous légèrement ovales, mais ils se rapprochent parfois de très près du cercle parfait 20 et on en Irouvc de piri formes comme les exemplaires de Palestrina que nous étudierons plus loin. Le métal, cuivre, bronze, argent ou or 27, est le même qu’en Grèce et l’argenture, comme la dorure 28 sont connues Les types principaux sont fixés dès le Moyen-Empire 28 et comprennent toutes les variétés des miroirs à manches. La poignée se termine par un chapiteau campan i forme :i0, par une fleur à volutes retombantes31, par une tète d’Hathor32 ou de Bès33, par un groupe de personnages divins34, par une attache accostée d’animaux 3li, par un Bès debout 30 et par une femme nue, les mains au corps37 ou l’un des bras replié sur la poitrine38. Les poignées sont en bois, en ivoire ou en bronze, et les disques sonl plats, convexes ou légèrement concaves39. Pour en protéger le poli, on les enfermait dans des étuis dont quelques-uns sont venus jusqu’à nous40. Tous ces traits se retrouvent dans la suite de cette étude.
V. Les miroirs étaient certainement connus à l’époque mycénienne. On en a découvert, entre autres, à lalysos41, à Mycènes 4\ à Vaphio 4\ à Menidi41 et à Thoricos 4S; et une bague d’or, souvent mentionnée46, montre une divinité assise, qui tient un miroir à manche. Dans les exemplaires conservés , le disque de bronze est parfaitement rond et a, en moyenne, 0m,15 environ de diamètre 47 ; un manche de bois, d’os ou d’ivoire, fixé par deux larges clous à tête d’or 4S, servait de poignée au miroir. Deux manches d’ivoire (fig. 6526) ont été trouvés dans le dromos du tombeau dit de « Clytemnestre », où a été découverte une sépulture d’esclave 49 ; un troisième, du même type, mais qui n’appartient peut-être pas à un miroir, a été mis au jour dans une tombe de Mycènes qui était creusée
Fig. 6526. — Manche de miroir mycénien.
1 Paus. 8,37, 4; Di g. 34, 2, 19, 8. — 2 Journ. hell. stud. XIX, 1896, pl. vi ; 1889, I1*’ 11 • E*. ’Ap-/. 1886, pl. iv : Murray, Designs of gr. vases, pl. vin, 31 ; pl. xiv, 54; " hiteath. vas. pl. xxi, A ; Mon. Piot , II, pl. v; Arch. Ze.it. *1877^ pl. vi ; 1880, pl. xi ; AM. Mit. 1900, p. 297, lig. — 3 Furtwængler, .4;?^. Gemmen , pl. xlv, 49. p. 220. Mipoir lové sur des poulies dans Vitruv. IX, 9 (8). — 1 ÊL. cér. Il, pl. r.xxxvi:i. — o ’E3. A?/. 1899, p. 35 (t. c. d'Érétrie) ; Furtwæugler, Coll. Sabouroff , pl. i.xxxvn; Coll. D/cuyer , I, pl. v. — G C. rend, de St.-Pét. 1860. pl. v ; 1861, pl. i ; 1862, pl. i, 4 ; ,87n> Pl- v>* -4; Bull. Corr. hell., 1881, pl. ii, 5, p. 292 ; Mon. Piot , II, p. 174-5, lig- -t. — i Baumeisler, III, p. 1583, fig. 1641 . — G Gerhard, Ant. Bildiv. pl. xxxm. 5 ; Jalirbuch, 1888, pl. vin, 6. Exemples Ii". 109, 3511 et autres de tous les temps ; la rïy ‘ après un des coffrets du i\,a siècle ap. J. -G., trouvés à Rome sur l’Esquilin
^sconti, Op, varie, I, p. 218. — 9 Millin, II, pl. xxvii, xxxu, i.vii; Él. cér. II. pl. xxm, A, etc. — 10 Arch. Zeit. 1873, pl. xv ; Duinont-Chaplain pl. xxu, 1 ; Attisch. Grabrel. |il. xo. m Attisch. Grabrel. pl. xi.vm, 157 ; C. rend, de St-Pêt. 1863, pl. ii ; Annali ,
I ‘ pl. A. — 12 Anneau d'or cité plus lias, note 46. — 13 Sacken, Br. de Vienne , l'I xxxv, 5 ; Wien. Vorlegebl. 1889, pl. ix, 6 ; Mus. Borb. Vil, pl. xxm; C. rend, de y J 1870, pl. vi, 24, p. 215-6. — 14 Él. cér. IV, pl. xix; Helbig, Wandgem. pl. xi,
*' ; - • vend, de St-Pét. 1870, 86-92, p. 102. — 13 Arch. Zeit. 1844, pl. xvm,
II -s 1 : August. De civ. Dei, 0, 10. — 16 Corp. ins. ait. Il, 2,754. — 17 Annali , 1879,
I lA-P. 24-38. — 18 Mon. IX, pl.xxvm. — 19 Gaz. arch. 1876, pl. xxxv. — 20 Hcydc-
mann, Vasens. 2047, p. 179, et Ibid., Santangelo, 620, p. 775. — 21 Arch. Zeit. 1843, pl. v. — 22 Aristoph. Thesm. I 4b. — 23 ÉL cér. IV, pl. xcv ; Millin, il, p. 57 ; Jahrbuch, 1889, p. 35. Il va sans dire qu’il faut excepter les barbares : c'est ainsi que, dans la Russie méridionale, un miroir aurait été trouvé avec des boucles d’oreilles dans une tombe de guerrier, Journ. hell. stud. 1884, pl. xlvi, 9, p. 68 (à Oxford).
— 24 Exemples cités plus haut et Luc. Adv. ind. 29. — 25 Mon. grecs , II, 19-20, p. 5, Micbon. — 26 BénéditeX’afa/. du Caire, Miroirs, p. 4 ; cf. Wilkinson, Mann, and Customs, éd. de 1S74, p. 346-7, p. 475-6. — 27 Ibid. p. 1, p. 11. — 28 Ibid. p. 11 (5, 7). — 29 Ibid. p. 34. — 30 Ibid. p. 19 et pl. h, — 31 Ibid. p. 20, pl. iu, pl. v-vi. — 32 Ibid. p. 22, pl. ix. — 33 Ibid. pl. iv. — 34 Ibid. pl. iv, 41018.
— 35 Ibid. p. 23, pl. vu- vin. — 3G Ibid. p. 24-5, pl. xm. — 37 Ibid. pl. x-xn.
— 38 Ibid. pl. x, xm. — 39 Ibid. p. 6-8. — *0 Ibid. p. 29-32 ; Rev. Arch. 1899, I. p. 321-2, pl. ix, Maspero (XIIe dynastie). — 41 Furtwængler-Lœschcke, Myk. Vasen, p. 11. — 42 Tsounlas-Manatt, The Mycenæan âge, p. 124; ’E <ç. ’Ao£«ioa. 1888, p. 136-8, p. 143-4, p. 172, pl. vin, 3 et pl. ix, 2. — 43 Ibid. p. 145, p. 165 (tombe d’homme). — 44 Ibid. p. 146. — 45 Ibid. p. 385. — 46 Furtwængler-Lœschcke, Mykeniscbe Vasen, p. 3. — 47 0m,114, 0m,128 et 0“,145; ’E ©. ’Apy atoÀ. 1888, l. I. Tsouulas. — 48 Tsounlas, l. I. p. 187. Cf. ’E©. ’A^y aioA. 1888, pl. ix, 2.
— 49 Tsouutas, l. I. fig. 82-3, p. 186-7 ; Perrot, Hisl. de l’art, VI, fig. 386-7,
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dans le roc’. Le fût, que strient parfois des bandes obliques à décor conventionnel, imite le tronc d’un palmier et se termine à l’attache par deux volutes recourbées.
A l’attache sont deux femmes affrontées, figurées dans les branches de l’arbre ou portées par le chapiteau, et tenant des fleurs, des colombes et des palmes. Elles sonl vêtues de la robe à volants mycénienne, mais sur l’original, d’après M. Tsountas, leurs cheveux crépus et leurs visages aux traits lourds, au nez épaté 2 et aux lèvres épaisses décèlent une origine asiatique.
VI. 1 ,es premiers miroirs grecs que nous connaissions à l’époque archaïque sont du type « argivocorinthien ». Ce sont des miroirs à manche. La poignée, munie d’une attache de suspension, s'évase légèrement entre l’extrémité qui est ronde et l’attache qui est sensiblement rectangulaire (fig. G527)3. Les trois surfaces ménagées entre Panneau et le disque sont décorées de plaques au repoussé, d’inspiration ionienne. Aux quatre exemplaires relevés en 189(1'" s’ajoutent deux miroirs d’Athènes5 et un miroir de Berlin6. Un aigle volant, des coqs et un Gorgoneion décorent le disque inférieur ; une longue ligure, imberbe ou barbue, se profile sur la poignée proprement dite; des sphinx, des lions ou une scène mythologique, comme la rencontre de Priam et d’Achille, sont représentés sur la plaque d’attache. Ces miroirs servent de transition pour passer aux miroirs grecs archaïques ou de style libre, qu’on peut diviser en plusieurs catégories : les disques portés par un pied, les exemplaires à manche, enfin les miroirs à boite, dont plusieurs sont munis de reliefs et dont quelques-uns, de plus, sont gravés.
VIL Les miroirs à pied ont le plus souvent pour support une figurine féminine, parfois une statuette masculine, assez rarement un motif architectonique. \1. Michon comptait en 1893 cinquante-deux exemplaires de la première catégorie 1 ; sans prétendre à être complet il faudrait aujourd’hui ajouter à la liste au moins vingtdeux monuments: six à Athènes8, quatre à Boston3, trois à Saint Péterbourg 10. deux au British Muséum "et à Berlin12, un à Naples13, en Angleterre ", à Munich16, à Chicago 16 et à New-York n. La femme n’est pas nécessairement une Aphrodite, car elle est nue dans cinq exemplaires (fig. 6328) 18 et vêtue, dans un bronze d’Égine, d’un court caleçon : on peut alors y voir une simple hiérodoule, qui joue parfois des cymbales (fig. 2264). Les autres statuettes sont vêtues et leur costume montre toutes les variétés de la mode féminine, depuis le milieu du vie siècle,
1 Tsounlas, I. I. p. 81, p. 188: Perrot, VI, fig. 388, p. 817. — 2 On sait que la Britonru lis créloisc esl, elle aussi, perchée dans les branches d'un arbre. Peutêtre peut-on rappeler la « dame au sycomore » égyptienne. — 3 Es. àçy. 1898, pl. vu. — 4 De Ridder, De eclypis quibitsd. aeneis, 1-4, p. 7-8. -• » ’Eo. isy. 1898, pl. vu, p. 121-136. —« Arch. Anseiger, 1904, p. 22, 1, Pernicc.
Dumont-Chaplam, Céramiques, II, p. 249-254.; Pottier, Mon. grecs. II, 19-10, p. 1-35, Michon. — S De Ridder, lirons. Soc. Arch. 879, pl. ni, 2 ; lirons. Acropole, 487, pl vu ; ’B s. ’A f y. 1895, p. 1*19, pl. vu : Bull. corr. hell.,\\ IV, 1900, 7-8, fig. 9,
jusque vers la fin du v\ C’est tantôt le chiton simple tantôt lalunique delin par-dessus laquelle i’himatinn ,,, jeté en écharpe, tantôt le diphoïdion ou l’hémidiphoïdion ionien ou dorien, en toile ou en laine (fig. 6329) 19. La base, qui aujourd’hui fait parfois défaut, mais qui était nécessaire à l’équilibre, est. le plus souvent, ronde et portée par trois griffes de lion ou par trois pieds de cheval :
elle peut être plate et circulaire ou même carrée, supportée par quatre pieds de sphinx ou par quatre montants croisés, terminés par des sabots de cheval. Un animal, lion couché, grenouille ou tortue, remplace à l’occasion la plate-forme, et deux animaux l’accostent, tels que des lions et des chevaux ailés. La main droite esl souvent étendue à plat, tandis que la main gauche relève la robe à la hanche ; l’attribut est, alors, d’ordinaire une colombe, mais, parfois aussi, un gland, une grenade, 4i n fruit, une Heur, une pomme de pin, voire une sirène.
Ailleurs, la main droite s’appuie sur la hanche et la gauche porte l’attribut ou se plaque sous le rabat de la tunique. D’autres fois, les deux mains sont portées en avant ou relevées du même mouvement vers la palmette ou vers le disque métallique. Enfin, trois fois au moins, la déesse est représentée se c°llia1"" L’attache proprement dite, celle qui relie la tète •' "
40. p. 12 4; Staïs, Guide Mus. nat. 2® éd. 12449, p. 335, Janine. ''
491)1, p. 30 ; de 1904. p. 57-8, 2 ; Bulletin de 1 905. p. 40 ; Citai. Forman, P>- “ — 10 Schebclew et Mal ml erg, Alatér. arch. russe , p!. i-iu, p. l-3o, I ln' nèse). w Bull. Corr. lie II. t 1898, pl. i, ni, p. 200-232, De Ridder. — 12 Arch- ger , 1904, p. 23-4, 2-3, l’ernicc. — Collignon, //. de la sculpt. g? *• ll" ^ p. 423. — Calai. Burlington exhib. 1904, pl. xr.v, A. — Christ, / ùhn ' i ^ ^ 671 , p. 02, pl. vi. — 16 Flirt v\œngler, Neue Denkmæler, III, p- 245. 1 ' * el' ’ ^
Il art y III, p 82 , tig. C29. — i&Scliebelcw, Op. I. pl. ut. — 19 Arch. Zeit.
Fig. 6527. — Manche de miroir grec.
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.|,re mirante, est d’abord maladroite et brutale: elle ^."transforme par la suite, et la transition est ménagée la courbe élégante d’une palmelle accostée de demi- '■ilmettes ou de tiges fleuries. Pour remplir le vide 1 laissé au-dessus des épaules,
le plus souvent deux Bros volent vers l'Aphrodite, mais ils peuvent être remplacés par deux Nikès, par deux protomes de cheval ailé, par deux sphinx ou deux sirènes, même par deux chiens surmontés de deux lions dévorant une proie (fig. 6530)1.
Le disque est décoré sur la tranche d’oves gravés et d’appliques telles que ileurons, rosaces, coqs, lièvres, chiens, renards ou sphinx ; en haut se dresse souvent un sphinx, rarement une figurine féminine, parfois un lleuron ou bien un ou deux coqs. L’anneau qui se trouve pas à suspendre le miroir, mais simplement à faciliter le transport2. — Les supports en forme d’homme nu sont plus rares, mais quelques beaux spécimens du ve siècle 3 sont venus jusqu’à nous.
— Enfin des supports plus simples se composent de deux tiges flexibles entre-croisées \ d’un pied octogonal élargi vers le bas avec une palmelle à l’attache5, de tigelles en bronze6, d’un fût en bois 7 ou d’une colonne que surmontaient un sphinx accroupi et une riche palmelle8.
VIII. Les miroirs à manche sont de formes et de natures très différentes, et nous ne pouvons songer à en distinguer toutes les variétés. La poignée est tantôt soudée avec le disque et tantôt rapportée : dans ce dernier cas une soie, qui servait d attache, entrait dans un manchon de bois, d'os ou d ivoire9, lequel a parfois été conservé10. — L’exemplaire le plus ancien qui soit connu n'est pas ou n’est guère plus récent que les miroirs « argivo-corinthiens » : le manche, en forme de galette plate et travaillée d’un seul côté u, représente (fig. (3531) une femme de profil, le chiton gravé au tracé et serré par une ceinture, le polos fendu pour insérer le disque ; un anneau, placé au-dessous, servait à suspendre le miroir. — Beaucoup plus récents et au plus tôt de la fin du ve siècle sont un certain nombre d’exemplaires, généralement à manche • rapporté, dont l’attache se compose, outre les volutes et les palmettesou les demi-palmettes classiques, d une figu-
^ Schebelew, Matériaux d'arch. russe , 1907, pl. i. — 2 (Jne chainellc relie parfois le pourtour du disque au couvercle d’un >ase à parfums, Miel) ou, Mon. grecs, 11, 19-20, fig. p. 19, Louvre. — 3 De Riddcr, Bronz. Acropole , 704, fig. 221, p. 249; Walters, Bronz. Brit. Mus. 224, pl. m, p. 22 ; 514, pl. xvi, p. 71 ; Ftirtwængler, Coll. Somzée , pl . xxxu, 2, 84, p. 55-9. — 4 ’e®. ’A ? y. 1884, pl. vi, 3.
— !* Slackelberg, Græber d. Hellcnen, pl. lxxiv, p. 47 ; Arch. Anz. 1898, p. 63, 20.
— 6 Mon. Grecs, 11, 1891-2, p. 12, Micbon (Britisli Muséum). — 7 Ibid, au Louvre, P- II. MNC 1039 (Anthédon). — « Ibid. p. 12, MNC 167G (Hcrmione). — 3 Corp. Inscr. \tt. Il, 2,754. — 10 Tarbell, A greekhawl-mirror, 1902, pl. i, p. 3-4, Chicago ; Jahrb. Inst. 1910, Ans.p. 52, fig. 6. — n Mon. grecs, l. I. pl. u, 2, p. 7-11 ; cl. C. Smith et A. Ilutton, Collect. Cook , pl. xxxv. — ^'2 Arch. Anz. 1904, p. 23; Sluduiczka, Siegergôttin , pl. 11. — 13 C. r. de St-Pétersbourg, 18G9, p. 176; Jahrbucli, *"1 1888, p. 246, Marion ; Coll, de Clercq, III, 526-7, pl. lxiii, 1, p. 321-2, De Ridder.
— ArJi. Anzeiger, 1890, p. 91 ; Tarbell, /. /. ; De Ridder, Dronz. Soc. Arch. 134, p. 34. — 15 De Ridder, /. I. 132. — *6 Môme type, peul-ôtre italiote, Longpéricr, Br. Louvre, 252 (Scylla). — n Arcli. Zeit. 1870, pl. xxxu au British Mus., Locres.
18 Jahreshefte , VII, 1904, pl. u, fig. 99, p. 203-8, Pollak, (lûmes ; Boom. Mit.
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rine ou d’une protome, qui se présentent, le plussouvent, de face. C’est une Nikè12, un Bros agenouillé13, un sphinx 11 ou un Gorgoneion u. — D’autres fois, surtout semble-t-il en Sicile et dans la Grande-Grèce, un leclangle ajouré s'intercale entre le manche et le bord du disque16, et les sujets s’encadrent dans un édicule, entre des arbres ou des piliers.
Aphrodite enlève Adonis17 ou est accompagnée d'Eros "b ce dernier est figuré courant19 ou éten du 20 ; un héros chasseur21, un Silène assis22, deux joueurs de inorra23, une pleureuse voilée 21 rappellent, en un style plus libre et avec un fond découpé, les personnages des plaquettes « argivocorinthiennes » ou même les femmes des miroirs mycéniens. Ailleurs, l’attache est formée d’un serpent qui mord une feuille25, d’une lige d’acanthe stylisée26, d'un chapiteau à volutes ioniques 21, de deux coquilles reliées par des branches souples, où s'intercalent des tètes d animaux'28, d’une simple palmelle 29 et même dune tige de fer rapportée30. Les représentations de miroirs sur les vases peints nous apprennent àcon naître d’au très formes encore, dont souvent aucun exemplaire n’est venu jusqu a nous. Nous voyons que le disque était encadré comme le sont aujourd’hui nos glaces à main 31 ; la bordure devait être en bois et des clous l’ornaient de distance en distance32. Des bélières 33 ou des palmel tes 31 accostent la surface mirante, et un fleuron 35 se dresse le plus souvent au sommet. Enfin les miroirs à manche étaient parfois gravés 36 ou décorés de reliefs37 comme les miroirs à boite. Le fait a dû être assez rare, car les Grecs, au contraire des Etrusques, évitent toute surchage d’ornements inutiles ; il suffisait, à leur sens, que la poignée seule fût décorée, et ils paraissent avoir recherché le contraste que faisait avec le manche la surface nue et brillante du disque réfléchissant.
IX. Les miroirs à boite (Xoipetov)38 se composent essentiellement de deux pièces, un fond et un couvercle. Ce dernier est, assez souvent, d’un diamètre un peu supérieur et muni d’un rebord, de manière à pouvoir s’emboîter sur le fond (fig. 6532) 39. Une charnière, ainsi, n’était pas nécessaire à l'union des deux pièces, bien qu’elle soif
1897. fig. 3, p. 119, Lucres. — '9 /te». Mit. 1897, fig. 4, p. 12o, Montelcone.
— 20 Ibid. fig. 5, p. 121, Cataoe ; S. Reinach, Hèp. III, p. 265, 2, Païenne ; Arch. An;. XXI, 1906, p. 216. — 21 S. Reinach, I. I. p. 35, 5 ; Babelon-Blanchel, Dr. Dibl. Nat. 801, p. 3 45. — 22 Itœm. Mit. 1897, p. 121. — 23 Bull. Mus. Boston, III, 6. 1905, p. 46. — 21 A'of. d. sc. 1902, p. 215-7, e, fig. 1, Vixiini, Orsi. — 23 Lie Ridder, Bronz. Soc. Arc. 133, p. 34. —26 Arch. Anz. XX, 1905, p. 167, 111,6.-27 Do Ridder, l. I. 133; Arch. Anz. 1904, p. 102. — 28 Coli. de Clercq, 111, 528, p. 322, De Ridder. — 29 ’E:, ’ao/. 1903, fig, 8, 3, p. 174, Kotylon près de Rassai.
— 30 Arch. Anz. XXIII, 1908, p. 169, 3. — 31 C. r. de St.-Pét. 1860, pl. i, p 38. — 32 Êl. cér. IV, pl. vi, pl. xlii. — 33 Ibid. IV, pl. i.xxxix. — 34 Gerhard, Ant. Bildw. pl. xxvu, 2. — 35 Millin, Vos. p. Il, LVH (Furtwænglcr, Deschr. 3346, II, p. 937). — 36 Arch. Anz. 1904. p. 23, 4 (Berlin), Pernicc.
— 37 Gaz. Arch. 1878, p. 25, fig. lit (lécytlic à figures rouges, l'applique sans doute argculée). — 38 Arislopli. Nub. 749 sq , scob; Pollux, X, 126. — 39 üaulrcs fois, c’est, au contraire, le couvercle qui s'encastre dans le rebord du fond. La fig. 0532 reproduit une boile trouvée dans un tombeau d'Alhcucs, d'après Slackelberg. Grùbcr der Bcllenen, 1. vu : Gerhard, Étrvsk. Spiegel, pl. xx.
Pig. G53I. — Manche avec auueau de suspension.
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souvent conservée ou que sa présence ancienne puisse être constatée dans les exemplaires venus jusqu’à nous. Une bélière, fixée d’ordinaire à la tranche, servait à suspendre les miroirs fermés et un autre anneau, placé à l'opposé de
Fig. 0532. — Miroir à boilc.
la charnière, permettait de soulever le couvercle. Dans les exemplaires communs la décoration extérieure se composait de cercles concentriques sur les faces plates, et d'un motif courant tel qu’une suite d’oves sur la tranche, l’n disque plat était parfois enfermé à l’intérieur de la boîte1 : lorsqu’il faisait défaut, les parois internes du fond et du couvercle, la première convexe et la seconde concave, servaient de surface réfléchissante. Unedisposition exceptionnelle peut être signalée dans deux miroirs d’Érétrie qui ont double face et double couvercle : le diamètre en est alors inférieur à celui du disque de support et un arrêt, formé d'une colombe mobile, assure la fermeture 2 .
Un assez grand nombre de miroirs grecs à boite sont décorés extérieurement de reliefs: ceux-ci, dans quelques monuments tardifs et souvent suspects3, sont coulés, mais, dans la majorité des cas et dans tous les exemplaires de beau style, ils sont exécutés au repoussé. Un support intérieur qui pouvait être en plâtre ou en mastic, mais qui le plus souvent, était en plomb, protège et double d'ordinaire 1 la plaque métallique : comme la saillie est très forte et que le noyau a cédé en certains points, il arrive asseç fréquemment que les reliefs soient mal conservés. En 1894 j’ai relevé 89 de ces miroirs 5, auxquels s’ajouteraient aujourd’hui une vingtaineou une trentaine d’exemplaires, récemment acquis par les musées d’Athènes6, de Berlin ', de Boston3, de Dresde 3, de Genève l0, de Kertch u, parle Louvre 12 et parle British Muséum13. La liste devrait dailleursètre revisée avec soin, afin d’éliminer lesdoubles emplois et les monuments italiotes ou suspects; d’autres reliefs sont bien antiques, mais ont été arbitrairement
i Voir la coupe de la fig. 6332, couvercle de la boile vide, et Coll, de Clercq, III, 535, p. 324. — 2 De Ridder, Bronz. Soc. Arc. 1G1-2, p. 45; ’Eç. *«pZ. 1893, pl. xv.
— 3 Bronz. Soc. Arch. 163 p. 46. — 4 Un support n’est pas nécessaire, lorsque la plaque est très épaisse et sg suffi l ainsi à elle-même. — « Ibid. p. 42, 8-9.
— b Mon. Piot , IV, 1897, p. 77-103, lig. 1-7, De Ridder; Bull. corr. hell. 1900, p. 348-360, pl. i-iii, 17, l’erdrizet; Slaïs, Guid. Mus. Nat. 610-2, p. 372-3. — 7 Arch. Anz. 1904, p. 23-4, 5-6, Pernicc. - 8 Ibid. 1897, p. 73; 1899, p. 137, 29-31; 1904, p. 194, 10; 1906, p. 263-4; Bull. Mus. III, 6 déc. 1903), p. 47; Anieric. Journ. of
attribués à des couvercles de miroirs et proviennent de la retombée d’une anse d’hydrie, d’un garde-joue de casque ou même d’une pièce d'harnachement i>s réserves faites, les sujets des emblemala sont extrême ment variés, quoique beaucoup se rattachent aux cycles érotique ou dionysiaque. Aphrodite chevauche le bouc ou le cygne, est accompagnée d'IIermès, d’Adonis (lig. 2170 ou d’Eros, (fig. 2171) qu’elle Lient sur ses genoux, auquel elle tend un masque ou qu’elle fait tirer de l’arc. Bros est figuré seul ou avec un autre Eros, avec Psyché, avec Nike, ou avec Phèdre, qu’il dévoile. Dionysos s’appuie sur Eros, sur un papposilène, sur un satyre ou sur une bacchante ; il lutte contre un géant ou converse avec Ariane Les Ménades dansent seules ou par paires et, avec Pan et les Silènes, complètent le cortège bachique. Les scènes d’enlèvement, de Ganymède par l’aigle, d’Europe parle taureau, d'Urithye par Borée, d’une nymphe par un Centaure servent de pendant aux enlacements érotiques. Héraclès lutte contre les serpents, contre le lion, avec l'Amazone et parait avec les Hespérides et avec loin. On voit plus rarement représentés Zeus, Athéna, Kybèlc, Thétis, la chasse de Calydon, Ulysse et le palladion, des guerriers ou des femmes à cheval, voire de simples éphèbes. Par contre, une tète seule, de face, de trois quarts ou de profil occupe assez souvent le champ. La protome est un masque d’Athéna, de Zeus Ammon, peut-être d’Apollon, de Dionysos, de Monade ou d’Aphrodite. Une très belle Lète de Corinthe (fig. 6333) au Musée d'Athènes 11
ne le cède guère à l’Aréthuse d’Eva.inétos, quoiqu’elle soit un peu plus récente. — La date de ces reliefs esL très variable. Si, d’une manière générale, les miroirs à boite succèdent aux miroirs à pied !5, on ne peut guère tracer entre eux une ligne de démarcation, et il est non moins malaisé de dire quand finit la fabrication des miroirs à relief ; aussi les dates extrêmes de 450 et de 300"’ avant
arch . XII, I DOS, p. 377-8, lig. 9. — 9 Arch. Anz. 1898, p. 63, 21. 111 /f
arch. 1909, 1, fig. 4, p. 247. — U Arch. Anz. 1902, p. 45. — 12 tiull. des anlu/. 1900, p. 8, 48; 1902, p. 373, 27-8. - 13 Walters, Bronz. Bril. Mus. 3-101,
pl. xxxm, p. 376-7 ; Arch. Anz. 1905 p. ti7, III, 5; 1907, p. 380. Bull, co’r.hell- XXIX, 1909, p. 101, fig. Il, Marshall. — 14 ’E=. Aj/. 1893, p. 161, P1'1’ Mylonas. — 1 Dumonl-Chftplain, Céramiques , II, p. 243, Poltier. " les remarques de Pur l waengl i r, et la comparaison avec les r ases grecs dis Gricch. Vascnmalerei , II, p. 42.
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(re èrc ne peuvent, être proposées que sous les réserves
L plus expresses. .
Il peut, être intéressant de signaler en terminant quel-
is mjr0irs en terre cuite qu'on a trouvés, non seule- 1 mi en Italie, mais dans la Grèce propre, a Corinthe1, ■"'vivrina et à Thèbes2 : il ne faut pas y voir les modèles,
‘l . cemble-t-il, l’imitation et le surmoulage des exem-
plaires métalliques.
\ hc plus ancien miroir gravé que je connaisse pour la m'.i ic greque a été découvert récemment à Kelermès, dans un tumulus du Kouban. Il est en argent et doublé d’une Irnillc d'or qui a été pressée dans les creux. La décoration (>sl de style ionien, et l’Artémis ttôtvix 6-qp<ov y paraît à côté je Silènes combattant des grifTons, d’un lion terrassant un taureau, de sphinx, de bouquetins, de béliers et de sangliers3. Si l’on excepte le miroir à manche que nous avons signalé plus haut4, tous les autres exemplaires incisés sont des miroirs à boîte, dont aucun ne paraît antérifiur à l’extrême fin du Ve siècle. La gravure se trouve naturellement à l’inLérieur et sur la paroi interne du couvercle, qui, étant légèrement concave, ne servait qu’accessoirement de surface réfléchissante. La silhouette opaque, à l’intérieur de laquelle de fines incisions venaient, comme dans certaines peintures à figures rouges, indiquer les détails intérieurs (fig. 6534)% était, le plus souvent, argentée et s’enlevait sur un fond d’or. 11 n’est pas impossible0 qu’il faille appliquer à cette catégorie de miroirs le mot d’Élien parlant d’exemplaires dorés fabriqués à Corinthe"; mais, nous sommes aujourd’hui hors d’état de vérifier ce point, tous les bronzes découverts à Corinthe ou qui
passent pour en provenir ayant été mis à jour dans des fouilles clandestines. Les miroirs à boîte gravés sont rares et ont dû sans doute l’être toujours, a cause de la délicatesse du travail et de la difficulté de bien fixer à la fois
l’argent ure et la dorure. En 1894 je n’ai guère relevé qu’une vingtaine de ces monuments8, eL la liste n’est pas aujourd’hui beaucoup plus longue, quoique quelques exemplaires aient été récemment acquis par les musées d( Berlin9, de Boston 10, du British Muséum 11 et du Louvre
Fig. 6535. — Korinthos et Leukas, gravure de boite à miroir.
Le répertoire du bronzier graveur est à peu près le même que celui du modeleur en relief. 11 comprend Aphrodite, nue et au bain, ou qui se joue avec Pan ou avec hros, un symplegma érotique, un hermaphrodite tenant une torche, Bros ou un génie analogue au dieu, chevauchant un dauphin, s’accompagnant d’une Ménade, couronnant un hermès, apportant des objets de toilette, tenant un ( oq de combat (fig. 581), des Ménades dansant seules ou par deux, une Nikè conduisant un quadrige, Athéna tenant la lance et le bouclier ; enfin, sur un très beau miroir du Louvre, la personnification de Leucade couronnant le majestueux Korinthos (fig. 6535) ‘3. L’on peut encore signaler un grillon passant, une tète de profil et des ornements géométriques, tels qu’une rosace ou une étoile.
XL Les miroirs étrusques14 se divisent, comme les grecs, en miroirs à boite, à pied et à manche, mais ces derniers sont de beaucoup les plus nombreux. De même les exemplaires gravés sont infiniment plus abondants queles miroirs àreliefs, donton ne connaît au plus qu une centaine15, alors que les disques incisés se montent aujourd’hui à près de deux milliers. Les miroirs à boite n’ont rien de particulier, ni qui les distingue essentiellement des grecs, sauf qu’il y en eut des carrés 10 en même temps que des ronds. La plupart des exemplaires à reliefs que nous avons cités plus haut sont des couvercles de miroirs à boite, mais quelques-uns, pai exception, sont munis d’un manche11. Certains pieds de miroirs imitent les modèles archaïques grecs18, avec lions ou sphinx sur les épaules et avec sphinx, fruit ou
1 Arch. An;. 1898, p. 02, 13 (Musée de Drosde). — 2 Ibid. 1905, p. 168, VI, 2 (British Muséum). Polliercl Rcinach, Nécrop. de Myrina, p. 244.— 3 Arch. An;. XX, 1905, p, 58, Pharniakowsky ; Radet, Kybébé, fig. 26, p. 20-1. - * Arch. An:. 1904, P- 23, 4 (à iterlin). — 5 Pour le rendu des ombres par les hachures, voir les observations (|ue j'ai présentées dans Bull. coït. hell. 1809, pl. u, p. 317-322, à propos du miroir du British Muséum ici reproduit. — 6 Bran;. Soc. Arch. p. 42. — ‘ H. Vitr. 12,58. —8 Bron:. Soc. Arch. p. 41, 5.-9 Arcli. An:. 1904, p. 24, 5. — Arch. Anz. 1899, p. 157, 30.— U Ibid. 1903, 209; 1904, 215. — '2 Bull, des antiq. 1900,
g 59. i;t Dumoul-Choplain, II, pl. xxxi. - *4 Gerhard, Etruskische Spiegel,
I-1V 1843-1867 ; t. V, par Klügmann et Kfirtc, 1884-1897. — lu 11 suffira deciter quelques exemplaires, Gerhard, I. I. pl. ccili-ccu.ui; Walters, Bron;. Brit. Mus 542, pl XVIII, 726-738, p. 125-8 ; Schumacher, Bron:. Karlsruhe , 253-4, p. 41-2 ; Babelou- Blauchcl, Bron:. Bibl. Kat. 1356, p. 555 ; Not. Mus. Bavestein (1884), 1282, p. 374 ; Martha L’art étrusque, p. 544-5, fig. 372-3. Plusieurs spécimens au muséedu Louvre. 16 Martha I, l. fig- 153, p. 199. - l1 Monum. III, pl. *xm; «allers, I. I. 542, pl. xvm, p. 75. - *8 Gerhard, i. I. pl. ccxuii, A, 11, p. 240; Walters, I. I. 54S-5a2, p. 7,.
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colombe dans la main droite étendue, tandis que la main gauche relève à la hanche l’étoffe du vêtement. Mais d’autres « Aphrodite? », plus récentes, ont les seins nus 1 ou le corps entièrement dévoilé -, et certains supports sont virils, que l'homme lève les deux mains ou qu’il dresse simplement le bras droit comme s’il lançait le javelot3. — Les miroirs à manche, les plus nombreux de beaucoup, se divisent chronologiquement en deux séries : ceux donlle disque est rond et ceux où il s'allonge en forme de poire. Les derniers ont été trouvés surtout à Palestrine 1 et il n’est pas impossible5 qu’ils y aient été fabriqués. On peut, sous toutes réserves, les attribuer au 111" et ne siècle avant notre ère, tandis que les premiers sont antérieurs. Les manches sont, ou bien fondus avec le disque réfléchissant, ou rapportés : dans ce dernier cas la soie qui formait la partie inférieure du miroir s’encastrait dans une poignée de bois, d’os ou d’ivoire, laquelle a parfois été conservée6. Les ligurines servant de manche sont assez rares, mais sont plus nombreuses que les statuettes en forme de pieds. Les « Aphrodites » sont vêtues7, demi-nues 8 ou dévoilées9. Assez souvent elles se mirent 1U et soutiennent le disque de l’une11 des mains ou des deux bras également levés **. D’autres fois, elle tiennent une colombe13 ou un vase à parfum11. L’éphèbe nu les remplace comme pour les miroirs à pied17. Les manches fondus avec le disque se terminent plus simplement par des tètes de bélier, de cliien, de mulet ou de biche: certains sont formés de serpents enlacés 16 : d’autres n’ont qu’un décor purement géométrique. L’attache, infiniment variée17, se compose généralement d’un fleuron, d’une feuille d’acantheou d’une palmette, mais parfois aussi d’une tète humaine ou d’une protome de cygne ou de dauphin. Quand le disque était ovale et qu’il était nécessaire de relier à la poignée le motif du champ principal, le segment de forme irrégulière qui sert alors de transition est orné au trait des motifs les plus variés, tels qu'une étoile, un dauphin, un sphinx, des animaux divers, ou tels que Dionysos, Héraclès, les Lases, les Gorgones, des êtres fantastiques, des figures ailées, des Muses, des Moires et des Nikés18. — La face du miroir qui était décorée au trait était le revers, donc la face concave; les Étrusques, comme les Grecs, regardant leur image du côté convexe de manière à l’agrandir. Nous ne pouvons songer à donner ici une idée même abrégée des sujets qu’ont traités les graveurs19; il suffira’ de noLer que tous ou presque Lous les motifs sont grecs. Les sujets nationaux, tels la légende de Celes Vibenna20 ou celle de la louve allaitant les jumeaux devant le dieu palatin et devant Rhea Silvia 21, même, chose plus surprenante, les divinités indigènes, sauf quelques dieux falisques22, n’apparaissent qu’à titre exceptionnel. On en comprendra facilement la raison si l’on réfléchit à ce qu’ont pu être les modèles dont se sont servis les toreuticiens. II est douteux qu’ils aient jamais eu des cahiers de calques, comme on l’a cru et comme
1 Walters, /. I. 5 S-7 , p. 70-7. — 2 Ibid. 739, p. 128. Rapprocher Longpéricr, Bronz. Louvre , 127. — 3 Ibid. 553, p. 78. — b Sot. d. scavi , 1907, fig. 18-23, p. 479-181, Yaglieri, — 5 Réserves dans Marllta, l. I. p. 555. — G Schumacher, /.
I. 1 134, pl. vin, 4. p. 42; Gerhard, /. I. I, pl. xliii, I. — 7 Gerhard, 1. 1. Il, pl. cxxxvm, p 4 — 8 Babelon-Blanchet, /. /. 1320, p. 534-5. — 9 Micali, Mon. in. pl. xxxv, 9. !0 Mus. Gveg. 1. pl. i.xi, 1. — ** Gerhard, II, pl. cxxxvm. — 12 S. Reinach, Hrp.
II. p. 330, 9. — 13 Gerhard, IV, pl. cccxxx. — 14 Ibid. I, pl. cxvn, p. 118. —18 A, on. grecs, II, 19-20, p. 28. — lf* Gerhard, I, pl. lui, 3. — 17 Ibid. I, pl. xxvii-xxix, p. 93-5. is Ibid. I, [>l. xxvm-xxix. —19 Résumé dans Martha, l. I. p. 542-555. — 20 Bul-
tendrait à le faire penser la présence simultanée de reproductions directes et inversées23. 11 est plus simple de supposer23 que les graveurs ont imité les vases peints qu’ils fussent ioniens et aLtiques ou campaniens et |[a' liotes. Ces derniers ont évidemment servi de modèles au\ miroirs de Palestrine, tandis que les premiers ont inspiré les exemplaires archaïques et de beau style25. Si ]a (p^g grande majorité de ces gravures sont médiocres et témoignent de méprises ou d’une incurie trop évidentes il y en a quelques-unes dont la composition est originale et d’autres, d’un dessin très sûr, qui ne le cèdent guère aux miroirs grecs incisés. Rien ne nous autorise à croire que le graveur auquel nous devons le beau miroir de Dionysos et de Sémélé (fig. 68R)26 ait été nécessairement un Grec expatrié, mais il n’est pas douteux qu’il s'est inspiré d’un modèle grec et qu’il a su, jusqu’à un certain point, en retrouver l’esprit. Il reste à dater ces miroirs ou à chercher, tout au moins, quand a pu en commencer la fabrication, laquelle, comme nous l’avons vu, s’est continuée très tard, peut-être jusqu’au uc siècle avant notre ère. M. Martha pensait qu’aucun miroir étrusque n’est
antérieur au me siècle27 ; j’estime, avec M. Korte28, que certains exemplaires archaïques (fig.6536)29, évidemment copiés sur des peintures grecques ioniennes ou de style sévère, ne peuvent être postérieurs aux dermercs années du vie siècle.
XII. Les miroirs romains procèdent des grecs <1 des étrusques, dont ils reproduisent les dispositions
leltino, 18o8, p. ÏIG (Bolsene). — 21 Annnli, 1879, p. 38 ; Mon. XI, p1- 111 1,1 1 gene). — 22 Paulv-Wissowa, s. v. Ftrusker, p. 7GG, Korte. — 23 Martha, l. ; P- •'
21 paulv-Wissowa, I. I. p. 701-2; Furtwacngler, l. c. — 26 !•“ distinction i
quelquefois difficile à faire, comme sur le miroir de la collection Tjsl<ù« ^ (FrœhnerJ pl. iv), que je crois cependant étrusque. — 2C Ocrliard, pl, j.xxxiu. — 27 Z. /. p, 555 ; cf. Schumacher, Fine prœnest. Ciste , Ihid'l IS95, p. 18 sq. - 28 L. I. p. 701 2. — 2» Il suffira de citer le miroir de Diyw* *“ Cabinet des Médailles (Babeion-Blanchct, 1300, p. 517, notre fig. 6530,) cl miroirs du British Muséum (Walters, /. I. 542-3, pl. xvii-xviti, p. 75).
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Il faut
|.'jg. 0537. - Miroir d'époque romaine.
llpiies sauf des modifications de détail'. Les fl" communes, telles que les boîtes à décor géomé- ' ei les disques unis, qui ne méritent pas d etre au- ;r,q“pnl mentionnés, ne cessèrent jamais d etre en usage, seulement signaler une prédilection, générale a l’époque romaine, pour les miroirs rectangulaires ou carrés avec ou sans manche, dont nous avons déjà constaté la présence chez les Étrusques; aux environs de l’ère chrétienne, on les retrouve aussi bien en Asie-Mineure 2 et à Carthage 3 qu’en Italie (fig. 6537) 4 et dans tout le monde antique \ A côté de ces exemplaires de fabrication courante, les miroirs de luxe reçoivent un support ou un manche, de forme plus ou moins compliquée. Les supports en forme de figurines reparaissent à Pompé' comme en Syrie1 ; seulement les statuettes sont naturellement de travail libre, que les éphèbes lèvent les deux bras ou Mue l’une des mains soutienne le disque, tandis que l'autre se pose sur la hanche, du côté de la jambe d’appui . — Les scènes gravées disparaissent dans les miroirs à manche8, et les cercles concentriques sont à peu près le seul ornement de la partie médiane. Ln revanche,
|e pourtour est, assez fréquemment, percé de trous qui se suivent en série régulière9; il est probable que les femmes y piquaient, comme dans une pelote, les aiguilles dont elles se servaient pour leur toilette. Le bord même, parfois uni l0, esL souvent découpé : les dents, séparées par des courbes concaves, sont tantôt mousses11 ou arrondies comme des boules12, tantôt formées d une double volute et pareilles à des fleurons14. La disposi lion n’est d’ailleurs pas nouvelle, et M. Héron de Villefosse remarque avec raison19 que nous la retrouvons sur des peintures de vases exécutées dans 1 Italie Méridionale.
Les miroirs d’argent, s’il fallait en croire Pline l6, auraient remplacé vers l’époque de Pompée, c’est-a-dire dans la première moitié du i<'1' siècle avant notre ère, les miroirs de bronze fabriqués à Brindes, grande ville industrielle où il y avait beaucoup de bronziers, d où le nom que porte, aujourd'hui encore, l’alliage de cuivre et détain Pasitélès, le sculpteur etletoreuticien célèbre, aurait été le premier à en ciseler et ils seraient devenus si communs que les servantes mêmes en auraient possédé11. 11 faut faire ici sa part à la rhétorique déclamatoire de l’époque impériale. Les miroirs de bronze ne cessèrent jamais d’élre en usage et les miroirs d’argent éLaient connus,
nous l’avons vu, bien avant Pasitélès18: 1 innovation, qu’on relève à la gloire de l'artiste, a pu consister dans un cadre richement travaillé dont il aurait entouré le disque, ou dans les emblemata, semblables à ceux qu on a découverts à Boscoreale, dont il aurait orné le revers de la face réfléchissante. Tout au plus peut-on admettre que, les progrès du luxe aidant, les miroirs d argent furent relativement plus nombreux19 par rapport aux exemplaires de bronze. Mais ils restèrent toujours assez rares. De fait, on en a découvert très peu, et M. de Mllefosse, en dehors des deux miroirs de Boscoreale -", n en trouvait que dix à citer en 1899 21 , dont un à Athènes et huit au musée de Naples. Le manche se compose soit d’un simple balustre «, soit d’une massue, accompagnée23, ou non, de la peau de lion, soit de deux liges Ile saule élégamment entrelacées21. L'attache est formée d’un fleuron 25 ou d’une feuille entre deux chenisques ".
1 e disque est, le plus souvent, découpé sur le pourtour comme nous l’avons indiqué plus haut; au revers, 1 emblèma, qui est conservé dans trois exemplaires, montre un Eros 21, un buste de Bacchante 28 ou le cygne de Leda - . Parmi les miroirs à boîte d’époque romaine, l’on peut citer les miroirs « monétaires », dont le couvercle est orné d’un relief surmoulé sur une monnaie impériale. La mode s'en est surtout répandue à l’époque de Néron, car on ne connaît pas moins d’une douzaine de miroirs que décore la reproduction d’un grand ou d’un moyen bronze de cet empereur3». L’un d’eux a récemment ete découvert près de Corinthe, sur la roule du Lechæon l. Je signalerai de même un couvercle de miroir en argent au musée d’Athènes, qui est orné d incrustations d’or d’époque tardive, mais d’un curieux travail. Le centre est décoré de motifs lloraux, tandis que le pourtour est divisé en tableaux séparés représentant les travaux d’Héraclès32. I n autre disque, venant il Héraclée et conservé au même endroit, est orné des signes du zodiaque33.— En terminant, je reviendrai sur les petits miroirs de plomb doublés de verre, qui, eux non plus, n’apparaissent pas avant l’époque impériale n. La forme en est très variée et la décoration souvent très riche. Je signalerai particulièrement un exemplaire (fig. 6338) découvert à Antinoé36. Une couronne, bordée de petites roses saillantes et décorée de deux filets perlés,
entoure le disque36; en haut, Panneau de suspension est relié au pourtour par deux contreforts obliques 1 ' ; en
Fig. G538.
1 Pour les miroirs magiques ou composites, cf. I.ucr. De mit. d. IV, 303 ; Sen. Qiuest. ml. 1, 15, 18 ; I, 16, "2; I, 17. — 2 /tev. Arch. 1883, II, p. 123. — 3 Uev. Arch. 1868, II, p. 221, — 1 Not. d. scaci, 1899, p. H5 ; Mon. Piot, V, p. 188, 5 (argent) ; Autiipiarium (te Munich, 617-9 ; Mus. Uorb. IX, pl. xiv, 5. I.a lig. 0537 reproduit un miroir trouvé dans un tombeau chrétien, d après Boldelti, Osserva -, soprn i cemeleri crût. di Borna, 1721, p. 501. — 5Caylus ,Bec. d'ant. VI, pl. cxxvm, 0, p. 39. — C Mau-Kclsey, Pompeii , p. 372, tig. 206 a. — 1 Babelon-Blanchet, lirons. Uibl. Nat. 1358, p. 556. — 8 Attache avec une télé de Silène, Mus. Dorb. IX, pl, xiv, 2. — 9 Gusman, Pompéi, p. 315, fig. ; Mon. Piot , V, p. 191, 5 ; miroir du musée Calvet cité parti, de Villefosse, Pro Alesia, 1,9, 1907, p.üdu tir. — <0 Ibid. — 11 Ibid. p. 23, fig. — 12 Miroir de Boscoreale, Mon. Piot, V, pl. xix ; Jbid. %■ VJ, p. 189. —13 Caylus, Dec. d'ant. V, pl. lxii (Naples); Pro Alesia, I, 9, 1907, pl. xix, fig. 27-8, H. de Villefosse. — P Bull, des antiq.de France, 1907, p. 202-5,
p o03 lû Mon. Piot, V, p. 191. - 10 Clin. XXXIII, 45. - n ld. XXXIV, 48 ; Chrysosl. Serm. XVII, p. 124. - '8 Pour Borne même, cf. le texte curieux de Plaute,
l/osf I, 3 "I. 19 Miroirs à épaisse couche d'argent dans Vilr. VII, 3. 9.
__ 20 I/o» Piot, V, pl.xix-xx, p. 88-92, p. 186-194. - 21 Ibid. p. 188.-22 Ibid.
pl XX et fig. 46, y. 189. - 23 Ibid. fig. 45, p. 188. - 24 Ibid. p. 189. - 25 Jbid.
pb xix et fig. 47, p. 193. - 20 Ibid. fig. 46, p. 189. - 21 Ibid. pl. xx. - 28 Ibid.
fi„ 4(; p (89. 29 Ibid. pl. XIX. — 30 Ibid. pl. xx. — 31 Monlfaucon, Ant. expi.
Suppl ’ lll. P- 53. P»- XXI bis : Bonner Jalirb. LXXI, p. 117 ; Frœhner, Coll. Gréau, 611, P. 124 ; Ann. Soc. Numism. XIII, 1889, p. 398-402 ; Babelon-Blanchet, Brans. Bibl Nat 1360-2, p. 556-7. Un exemplaire au Louvre. — 32 Am. J. Arch. 1902, 4 Sja,.s. - 33 Slaïs, Guide Mus. Nat. 7484. p. 342. - 34 De Itidder, lirons. Soc. Arch. 171, p. 48. - 35 Bail. arch. 1909. p 231-250, fig. 1-6, Michon. — 30 Ibid. fig. 1, p. 10- — r- lbid- P- ,4'7' fiS- f>-