SUE
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bas une queue d’attache de forme trapézoïdale. Au revers de ces disques se lit souvent une inscription significative telle que vj -/â pi; sèjxi ou v7| xctXy to Biüpov1.
A. de Ridder.
SPECÜS [aquaeductus, p. 340].
SPELAEUM [mitura, p. 049].
SPES ( ’EXut';). — L’espérance est ou une illusion vainc ou une conviction fondée sur l’expérience qu au delà d’un malheur présent il existe des compensations heureuses dans l’avenir : non , si mule nunc , sic et o/im erit.1. Sous cette double forme, dont les aspects ne sont pas forcément contradictoires, ce sentiment a revêtu, de très bonne heure, dans l’esprit des Grecs et dans celui des Romains, les contours précis d une personnification. Chez Hésiode, l’Espérance est, avec tous les fléaux destinés au châtiment de la race humaine, au fond de la jarre de Pandore; et elle va s’en échapper la dernière, lorsque la femme fatale se dépêche de replacer le couvercle2. Dans la pensée du poète, l’Espérance, ainsi retenue, n’est pas un mal au sens exact du mot, puisque même l’illusion trompeuse devient pour l’homme une consolation3. La personnification, indécise en vertu de son origine mythique, ne sortira jamais chez les Grecs du domaine de la poésie pour entrer dans celui de la foi populaire ; et en vertu de cette même origine, elle restera surtout une puissance mauvaise, cause d’erreur et de souffrance, sans se refuser pour cela à représenter aussi une influence bienfaisante à l’occasion.
Ainsi l’ont comprise Pindare et Eschyle, puis à leur suite Théognis et Euripide : ils l’appellent un rêve éveillé, une suggestion importune, aveugle, lui donnent pour compagnon le danger et la considèrent, au même titre, comme un daemon funeste a 1 humanité *. Tantôt elle est la plus fâcheuse cause d’erreur, puisqu elle exalte les âmes pour les jeter dans la présomption ; une tentatrice séduisante qui fait à l’homme les yeux doux, mais dont le charme est celui d'une Aphrodite de malheur r\ Tantôt, au contraire, elle est par les mêmes bénie comme une force salutaire, comme la joie dernière de l’homme qu’accable le malheur. Théognis qui l’a maudite par endroits, dit ailleurs qu’elle est la seule divinité favorable restée parmi les mortels, alors que les autres ont quitté la terre pour l’Olympe6 : « Aussi longtemps que tu vivras et verras la lumière du soleil en vénérant les dieux, attache-toi à l’Espérance et fais-lui les premiers et aussi les derniers sacrifices 1 ». « Demain sera meilleur qu’aujourd’hui, dira un autre; l’Espérance réside parmi les vivants, seuls les morts sont sans l’Espérance8. » Malgré la vivacité de ces peintures et de ces invocations chez les poètes, cette personnification d’idée morale na
l Arch Ans. XXI,’ 1906, p. 113-1 (Panlicapée). — Bibliographie. Gerhard, Etruskische Spiegel, l-IV, 1843-1867 ; I. V, par Klügmann et Kôrte, 1884-1897 ; De Witte les Miroirs chez les Anciens (Acad, des Sciences de Belgique, Ann. XXVIII, B- série l VIII); Mylonas, 1676; Dumont-Chaplain, Céramiques de la Grèce propre, 11, P- 107-21* el p. 2*2-8, pl. (PotUer) ;
Monuments grecs, 11, 19-20, 1891-2, p. 1-35, pl. (M.chon).
SPES. 1 llor. Od. Il, 10, 17 ; cf. Tlieocr. 4, 41 sip — 2 Op. et d. 4. st|. , cf. Theog. 570 gq. Schœmann, p. 212, et récemment P. Girard, Ben. Etud. grecq. 1909, p. 218 ; VVallz Ibid. 1910, p. 49. — 3 V. Wtizsaecker, chez Roschcr, Ausf. Lexxkon , a. Muth'ol 111 1 P- 1322 (Pandora); prometheus, p. 681.— '* Pmd. Nem. XI, 4a; Id ap Stob 111 12; Aesch, Prom. 250 ; Theog. 637 ; cf. Simon. Amorg. I, 4-7; Simon Ceos I. 85, 5-7; Preller, Griecl i. Myth. 3' édit. I, p. 77 et Naegelsbach, Nachhom. Theol. p. 383. -» Eurip. Suppl. 379 sq. ; Phoen. 399 sq. : ’aîpoS,'t,. t.v AS.ta, Cf. Thucyd. Il, 62, 5; V, 103. -6 Theogn. 1135, 1153; Pindare,
/sthm VIII 10, croit nécessaire, dans ce cas, de qualifier 1 espérance : iyatov l uiSW. s’a.». Cf. Antipli. 6, 5 ; Eurip. Troad. 683 ; llerc. fur. 105. -7 Theogn. I0C cji g Theocr. 4,;4I . — 9 Pour les temples de Spes à Rome, v. Becker, Topogr.
laissé de traces nulle part, ni dans les cérémonies du culte ni dans les productions .de l’art religieux en Grèce.
11 en fut autrement à Rome où elle semble avoir eu des sanctuaires et suscité des hommages dès les premiers temps de la République 9. L’apogée de sa faveur date des guerres Puniques, avec un regain de popularité religieuse sous l’Empire au Ier siècle. Moins subtil que celui des Grecs, l’esprit latin n’a pas raffiné beaucoup l’idée d’espérance. Aussi la dualité de physionomie que nous avons constatée chez les premiers est-elle moins accentuée. Un poète de Y Anthologie, qui a écrit l’invocation la plus complète s’adressant à cette divinité, l’implore, il est vrai, en des termes que ne désavoueraient ni Théognis ni Euripide : Spes fallax, Spes dulce malum 10 ; mais il est évident que lui et d’autres encore s’inspirent de modèles helléniques. A Rome, Spes est surtout connue sous le vocable de Bonn, ce qui supposait que, tout au moins par la pensée, on admettait qu’elle pût être le contraire u. Il y avait de même une Mala Fortuna , conception que Cicéron repousse, ainsi que celle des divinités Hybris ( Contumelia ) et Febris 12. La Bonn Spes se retrouve sur des monnaies de l’Empire : elle était le numen qu’on invoquait pour que l’objet convoité devint réalité. A ce point de vue, elle avait avec Fortuna des rapports de nature et de circonstances ; et elle est associée aussi, le cas échéant, avec Salus, Victoria , Opis, Virtus , Juventas 13. L’importance qu’elle avait dans la vie agricole a fait supposer que Spes était d’origine et de nature champêtres. A part deux textes de Tibulle qui, par euxmêmes, ne prouvent rien u, tous les aulres lui prêtent une signification très générale. Invoquée aux anniversaires de naissance, à l’occasion des mariages el des prises de loge virile, elle est apparentée surtout à Fortuna'6. Une image de Spes était vénérée au temple de la Fortune à Préneste ; Horace la donne pour compagne, avec Fides, à la Fortune d’Antium, ce que fait aussi un distique daLé de l’an 66 apr. J.-C et gravé sur une tuile au nom de Julia Concordia16. Le sanctuaire du Virus Longus semble avoir été sous le vocable de Bonac A/» ' déterminant Fortuna'". Il existe sur des pierres tombales el ailleurs une exclamation de désenchantement pour ceux qui ont tout perdu, même l’Espérance : Spes et Fortuna valete ! ’EXtclç xaî <ju, Tûyv), g-tya /a 1 11 est assez difficile de s’orienter parmi les renseignements que nous possédons sur la topographie et la chronologie des temples voués à Rome en l’honneur de Spes. Le plus ancien paraît avoir été celui qui s’élevait devini la porte Carmentale, les uns disent à S stades de ville, sur un emplacement resté inconnu, les autres mu le Forum Olitorium qui était hors de 1 enceinte au\
p. 609 ; Preller, ftegionen, p. 13 et 39; Jordan, Topogr. II. 23-37. U Aol,l"‘ d'une area S pci pour la I" région .d'un lucus Sp. dans la 3» , d une nu icui la 4' el la 0* ; dans la 8% il y avait un Templum Novum Sp. et un rien ■ P- , ^ 10 Le morceau s'inspire de Tibulle (11, 6, 19 ; cf. infr.) pour la forn , ^
singulièrement plus mèlè d'idée. V. Antkol. latina de Ries*, n" . « • d,
id. III, 82 ; Meyer, id. 932. - " V. Wissowa, Religion und Kultiis, P- ^
môme Mens et Bona Mens, Boni i Valetudo , Bona Spes sur es ^ Jg
Eckl.el, Doctr. Num. VII, 154; et Corp. insc. lat. VIII. 9610. 1 ; ^ 89:i.
13 Preller-Jordan, Boem. Myth. II. p. 254 ctn. 2; l’Iaut. Merc. > ,9 Sl(,
- 14 1, 1, 9 : Nec Spes destituât sed frugum semper acervos Praebea , . ’
surtout ; Spes alit agricoles, etc. - « V.p. 1431 , pour la coïncidence, u JO M
saire de la naissance de Claude et du jour où Octave pr.t la toge. I our s .
rendus à Spes à l'occasion des mariages impériaux, v. les monnaies av ■ V )83,
Spes Auqusta, ’EUï; ctSuetr, chez Eckhet, Op. cil. VI, p. . 238 e > ’ |0 ;
.6 ||or. Od. I, 35, SI et Notizie nov. 1880, p. 425. - « Elut. Oe Quaest. rom. 74; il parle du culte de TÙ;.y, — 18 Bucclie er- 3i5 sq.
n° 1498, et 0. Jahn, Anthol. Pal. X, 49 ; cf. Benndorf-Schocne, Lateia ■ 1 ■
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