‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monumentsChapitre 119 sur 137 · S PO · texte numérisé non relu

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truclions pour l'accomplissement de leur mission et des lettres pour les accréditer auprès des cités qu’ils avaient à visiter1. Ils trouvaient d’ordinaire dans les villes des hôtes [theorodokoi], qui avaient obtenu le privilège de leur donner l’hospitalité. La proclamation dont ils étaient chargés n’allait pas sans cérémonies en rapport avec leurs fonctions religieuses3; c’est pourquoi ils portaient la couronne3, un sceptre de héraut1 et, sans doute, aussi une coupe d’or destinée aux libations 5. Ch. Michel.

SPONG1A, Sitôyyc«?. L’éponge — Les anciens n’avaient que des connaissances vagues et imparfaites sur la nature des éponges. Elles ont été exposées pour la première fois par Aristote 1 ; c’est de celui-ci que s’inspirent encore Dioscoride2, Pline3, tëlien \ qui n’ajoutent que fort peu de choses à scs observations. On savait que les éponges étaient des êtres vivants, intermédiaires entre le règne végétal et le règne animal, doués de la faculté de sentir et de se contracter, adhérant fortement aux rochers du fond de la mer. On croyait à tort qu’elles se nourrissaient de vase, de petits poissons et de coquillages, et l’on alléguait comme preuve la présence de débris de coquillages dans leurs pores. Tous les auteurs distinguent trois variétés principales, qui portent des noms grecs : le xpa/oj, épais et rude, percé de trous nombreux et petits ; le gavd;, plus mou; l’à/iXXsio;, très fin et très serré. Les deux premières sortes servaient aux usages domestiques et communs, la troisième aux usages plus délicats. Pour les employer il était nécessaire de leur faire subir une préparation ; noirâtres et chargées d’impuretés au moment de leur capture, on devait les nettoyer soigneusement et les exposer à l’air pour les dessécher et les blanchir, en ayant soin de tourner au dehors la partie par laquelle elles adhéraient aux rochers. On appelait àzrX uctaç une espèce d’éponge grossière et peu estimée, d’un jaune sale, qu’il était impossible de purifier et d’utiliser.

Beaucoup de régions du pourtour de la mer Méditerranée produisaient des éponges, notamment les SyrLes, en Grèce les environs de Toron et du cap Malée, les rives de l’Hellespont, d'où venaient les plus dures, Rhodes et la Lycie, aux environs d’Antiphellus, d’où venaient les plus douces. Les meilleures se .rencontraient aux plus grandes profondeurs et à l’abri des vents ".

Les Grecs avaient plusieurs noms différents pour désigner le pécheur d’éponges: tnroyye’jç6, <77toyyo07]ça; ', xoXufA^Y|TT|Ç 8, (T7toyyoTÔjj.oç 9. Aucun mol particulier ne correspondait chez les Romains à ces termes ; les pêcheurs d’éponges étaient rangés dans la catégorie géné-

• Michel, Recueil, 964. Leurs frais de voyage étaient payés par le trésor du leraple, Diüenberger, Syll. 2' éd„ 587, 1. 4, 106, 227; cf. Foucart, Grands myst. d’Èl. p. 90. — 2 Aeschin. De fais. leg. 133 ; cf. Paus. III, 5, 8. — 3 Par ex. les spondophores des Jeux Néméens [xemf.a]; Xen. Hist. qr. IV, ,, 3. — 1 Traces d un sceptre de ce genre sur la hase d une statue de spondopliore, Inschr. von Olympia , 11° 414. — b Cf. Michel, Recueil, 827, A, 1. 9 : Tijv ftéXqv tïjv /çturijv ï;i eiïovSoxoïeïxxi ô itjcj;. — Bibiiouhaphie. K". F. Hermann, Lehrb. der goltesdienstl. AUert. dur Griechen, 2' éd. (Heidelberg, 18581, p. 55, 225, 333; le même, Lehrb. der qriech. Staalsaltert. 5” cd. (Fribourg, 1884', p. 58; Schoemann-Lipsius, Griech. Altert. 4' cd. Il (Berlin, 1902), p. 54, 59, 394 ; Stengel, Griech. Eultusalterl., 2” édit., p. 1G0, 172, sq.

SPOXUIA. 1 Arislot. Hist. anim. V, 16, 2-6; >oir aussi : I, 1, 8 ; VIII, 1, 3; De partib. anim. IV, 5. — 2 Dioscorid. V, 137. — 3 Plin. Nat. Iiist. IX, 148-150; XXXI, 123-131. — 4 Aclian Nat. anim. VIII, IC. — 8 Arislot. et Plin. toc. cit. Martial (IV, 10, 5) parle d'une spongia punica : allusion aux pêcheries d’éponges du littoral de l’Afrique du Nord, encore très fréquentées aujourd'hui. — 6 Aristot. Hist. anim. IX, 37, 6 ; Alhen. VII, p. 282 c ; Euslath. lliad. p. 1067, 37. — l Plut. Mor. p. 950 b cl c et 98 1 e; Poil. VII, 137. — 8 Lycurg. or. ap. Poil. lac. cit. — 9 Oppian. Halieut. Il, 436.— 10 Ibid. V, 612-674. — n Cicéron {De nat. deor. Il, 55) et Martial (XIII, 47) comparent aux éponges l’un le tissu mou et absorbant

raie des plongeurs [urinatorJ. Oppien a décrit 1, plongées pénibles et périlleuses10.

De très bonne heure, les anciens pour les soins i|.> | toilette et le nettoyage des maisons ou du mobilier tiré parti de la propriété qu’ont les éponges de s'imbib,,, de liquide et de l’exprimer ensuite quand on les sur fortement11. Il est déjà question des éponges, à plusieurs reprises, dans Y Iliade et YOdyssée ; les contemporains d’Homère les employaient pour se laver le visage et les mains et pour nettoyer à grande eau le sol de leurs demeures et leurs tables12. Aux époques suivantes de nombreux textes font allusion à la persistance toute naturelle de ces usages domestiques [lavatio, p. 999' 13 En Grèce, pour noircir les chaussures, on les enduisait de poixavec une éponge u. A Rome, les penicu/i 15 ou penicilli 10 qui servaient à enlever la saleté des murs 11 etdes souliers18 étaient, d'après Feslus, des éponges longues spongiae longue 10, c’est-à-dire sans doute fixées à l’extrémité de baguettes ou à des poignées de bois. De même, c’est avec un bâton muni d’une éponge que l’on nettoyait les latrines20.

L’éponge jouait un certain rôle dans les bains21, quoique les gens bien portants aimassent mieux, au sortir de l’eau, se frotter avec le strigile et s’oindre d’huile avec le guttus. Cependant strigile, gutlus et épongé sont souvent réunis sur les monuments qui représentent des scènes du bain ou de la palestre22 ( fi g. 6552 et 5891).

On renfermait l’éponge dans un petit sac ou filet [réticulum, fig. 5936] ’23.

Les malades et les personnes délicates s’épongeaient après le bain, sans se frotter21.

L’éponge avait sa place marquée dans l’écritoire des anciens, à côté du calame ; quand on écrivait à l’encre sur papyrus ou sur parchemin, elle était indispensable pour laver la plume 25 et surtout pour faire disparaître les caractères fautifs ou inutiles26. Les auteurs scrupuleux et difficiles prodiguaient les coups d’éponge, liturae2\ qui équivalaient aux ratures des modernes. L’empereur Auguste avait passé l’éponge sur tout le texte de sa tragédie d'Ajax, dont il n’était pas satisfait28.

Elle faisait partie également du matériel habituel des peintres [pictura, p. 464]. Elle servait à laver les pinceaux39, à corriger les fautes de dessin et de coloration . un coup d’éponge détruisait tout le travail incorrect • C'est en jetant avec colère sur son tableau une éponge

du poumon, l’autre le paiu du Picénum, qui se gonfle dès qu’ou le trempe dans du lait. Vespasien appelait spongiae les procurateurs impériaux qu’il envoyait s cnn ebir dans les provinces, pour leur faire rendre gorge ensuite (Suet. \ esp 'O-

— 12 Hoin. U. XVIII, 414; Od. I, 111 ; XX, 151 ; XXII, 439. — 13 Par ex. Aristoph. Ran. 487 et Therm. 247 ; Cal. De re rust. 67; Lucre). IV, 620 ; Cic. Pto s,'f- 35 ; Martial. XIV, 144: Ulp. Diqest. XXXIII, 7, 12, etc. Voy. fig. 4372 une fcmrn' nettoyant une chaussure avec une éponge. Un bronze, n® 1676 du Brilisli Mu-1 représente un ncgrc dans la même occupation. — *4 Aristoph. Vesp. 609. — relit. L’un. IV, 7, 7. — 16 Colum. XII, 18. — 11 Plaul. Stich. Il, -> '•

— 1» Plaut. Menechm. II, 3, 40. — 19 Fest. s. v. p. 208. - 29 Senec. Sput- « Lucil. 70, 20 ; Martial. XII, 48, 7. - 21 Alhen. VI, p. 288 a; Harlwig, ilets «r‘ sellai, p. 206, 258. — 22 Par ex. Gerhard, Anti/ce Bitdwerlcc, pL IXV"

fig. 6552); Auserles. Vas. 200, 276 ; Arch. Zeitanq, 1884, ph xu- J]’ pi. xix; Klein, E uphronios 2 , p. 285; Id. Vu a. mit Lieblinqsijischi ifl- J1- ^

fig. 30. — 23 Tischbein, Vases d'Hamilton, I, pi. lui. — 24 Galen. X\ , '' ^

— 25 Anthol. Palat. VI, 295 (épigramme de Phanias). — sc Aeschyl.

(329 ; Anthol. Palat. VI, 65 ; Varr. ap. Non. p. 96, 15 (sponqia deletdis). Calig. 20 ; Auson. VII, 54. - 27 Martial. IV, 10. — 28 Suet. Oclavian. 85 : ,c^

II, 4. — 29 sext. Empir. Pyrrli. liypolb. I, 28. — 30 Anthol. Palat. XI, - '

Max. VII, II, extr.; Plin. XXV, 103; Dio Chrys. Or. LXIll, p- 591.

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Fig. 655-.

— Slrigile, vase cl éponge

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jbée je différentes couleurs que Protogène avait 'nl vé disait-on, la manière de représenter l’écume de la '' ' ,,’n racontait la même anecdote du peintre Néarque, "" ' ’ os je l’écume des chevaux rongeant leur mors*.

les petites éponges très fines de l’espèce dite ■ on fabriquait, d’après Pline, une sorte de pin-

-uix, penicilli ou penicilla , que l’on employait en même temps que les pinceaux de poils 2.

P suffira d’indiquer un certain nombre d’autres usamoins importants ou moins connus. On employait niiois des éponges en guise de bouchons pour feries vaSes 3. Les voleurs s’entouraient les pieds ■ivec des éponges, pour qu’on ne les entendit pas marcher’. L’à-/jX)uuoç servait à rembourrer les casques et les cnémides6; les soldats samnites s’appliquaient des 'éponges sur la poitrine pour amortir les coups qu’ils pouvaient recevoir8. L’éponge était l’un des accessoires desrétiaires dans les combats de gladiateurs 7.

Elle figurait enfin parmi les objets le plus couramment usités dans la thérapeutique des anciens. Un personnage d’Aristophane, prêt à s’évanouir, demande qu'on lui mette une éponge sur le cœur, pour le ranimer8. L’éponge, imbibée, selon les cas, d’eau froide, de vin au miel ou de vinaigre chaud, calmait les maux de tète et les maux d'veux, séchait les ulcères humides, étanchait le sang

dans les opérations, adoucissaitl’inflammation des plaies.

Non content de l’utiliser en compresses et dans les pansements, on la faisait brûler et l'on prescrivait d’absorber sa cendre pour arrêter la fièvre, les crachements de sang et les hémorragies 9. Les oculistes employaient un collyre appelé (77roYYâpiov spongarium ", dans lequel devait entrer de la cendre d’éponges.

Maurice Besmer.

SPONSA, SPONSALIA [matrimonium],

SPONSIO [lNTERCESSlO, STIPUL ATIO].

SPORTA (dimin. SPORTÉLLA, SPORTULA). STtupi'ç. — I. Panier tressé, de.jonc, d’osier ou de sparte, dont la forme reste indéterminée; on ne peut qu’en constater la variété, en rapprochant les monuments des textes où les emplois de l’objet sont indiqués [spyris]. La sporta de sparte, fabriquée d’abord en Espagne, semble être devenue la plus commune 1 : on voulait dériver sporta de spartum 2 ; en fait, la sporta antique se reconnaît dans la espuerta espagnole, employée encore aujourd hui pour toutes sortes d’usages, précisément dans la région où le sparte était cultivé (de Valence à Murcie). La sporta était d’un prix insignifiant; on disait proverbialement, non pluris altquid facere quani sport a ni 3.

Comme la spyris des Grecs avec laquelle elle peut être identifiée, une sporta peut contenir de la nourriture, du

1 Plin. toc. cit. ; Plut, ,1/or. p. 99 B. — 2 Pli». IX, US. — 3 Aris-

topli. Acliarn. 463. - 4 Eustalh. U. p. 1173, 42. — » Aristot. Hht. anim-

V, 10, 2. — 6 [,i». IX, 40. — 7 Tertull. Spectac. 25. — 8 Aristopli. /tan. 482. Cet emploi est quelquefois figuré sur les monuments; ainsi à Pompéi : Raoul Rochelle ; Amours (tes (lieux, pl. vu et vign. ; Zahn, Die schônsten Gemülde , II, 50; et sur un sarcophage, Mon. d. Inst. VI, pl. i.xvut a. — 9 Sur tous ces usages médicaux, voir Plin. XXXI, 24, 31 et, en outie. Ilippocr. p. 4GG, 17 ; Ccls. VI, 6, 1 ; Dioscor, V, 137 ; lsid. XII, 6, GO sq. : Scribon.

IM et 158; Seren. 19; Plin. iun. 21, 3, 4, etc.; Marc. 10, 1, etc. — '» Alex.

Tiall. Il, p. 127. (I Corp. inscr. lat. XIII, n» 1002138 (cachet d'oculiste vu à l.yon au xviu" siècle et maintenant disparu) : spon[g{arium) ]. — Bibi.ioCraphie. J- G. Ilænisch, hissertatio de spongiarum apud veteres usu ; Hermann-Bliimner, Lehrbuch der Griecli. Privatultert. 1882, p. 31; II. Bliimner, Technol. und Terminol. der Gewerbe and Künste bei Griechen und Itômern , Leipzig, 1887, P- 429-430 ; J. Marquardt, La Vie privée des Domains , trad. franc. Paris. 1893, I, P- 340 ; 11, p. 195.

SPORTA, SPOItTELLA, SPORTULA. 1 Varr. ap. Gell. XVII, 3,4; Plin. H ,

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grain*, des pièces de monnaie5, etc. Les pêcheurs y mettent le poisson qu’ils ont pris' : c’est une sporta que tient le vieux pêcheur do la Galerie des Candélabres, au Vatican, et qu’on voit à la main de beaucoup de pécheurs1.

La sporta sert aussi de filtre8; on enferme dans une sporta le sel qui, plongé dans un tonneau d eau de pluie, la transformera en saumure*, ou la lie qu on placera sous le pressoir pour obtenir du vinum fa rca t uni cl. colum] ,0. On fait aussi passer dans une sporta , après l’avoir fondue et lavée, la cire provenant des ruches

Les textes ne permettent de voir entre sporta et sportella (ou sporta la, quand le mot est employé au sens propre) qu’une différence de dimension.

II. La sportula pouvant servir au transport des mets, on fut amené à employer son nom pour désigner un repas, quand ce repas consistait, à proprement parler, en une distribution de vivres, à la suite de laquelle chaque convié emportait sa part dans une corbeille. Fuis, la portion en nature pouvant être remplacée par un équivalent en monnaie, on en vintàdésigner par sportula la somme, représentative du repas, attribuée à chacun des participants. Employé de la sorte en parlant de sacrifices, de repas de corps ou de confréries, de banquets publics donnés par les empereurs, les magistrats ou les riches parliculiers ’2, le mot a une signification spéciale quand il s'agit de la clientèle romaine à l’époque impériale. C’est cette signification que nous avons à étudier spécialement.

Il n’y a presque aucun rapport entre la clientèle de l’époque impériale et la clientèle des premiers siècles13. Sous les empereurs, le terme de cliens n a plus la valeur précise et juridiquementdéfinie qu il avait autrefois; un «client» est celui qui s’attache à la personne d’un homme puissant pour profiter de son influence. Ce protecteur peut être à son tour le client d’un homme plus puissant ; d’autre part, un même individu a intérêt à avoir plusieurs protecteurs, à être le client de plusieurs patrons.

Dans la Rome impériale, le patron ne peut guère tirer de ses clients que des satisfactions de vanité. Les devoirs du client sont de venir saluer le patron le malin [salitatio] et de l’accompagner en ville, quand il va à ses affaires. En échange, leclient, qui est généralement pauvre et paresseux, attend du patron sa nourriture quotidienne. 11 la reçoit, non sous forme d’invitation à la table du maître (ce qui rappellerait les anciens usages de la civilisation patriarcale), non sous forme de repas à emporter H, mais sous forme de sportula. La sportula est une somme d’argent, vingt-cinq as en général15, remise au client, dans le vestibule ou l’atrium, par un serviteur préposé à cette distribution, sur l’ordre et sous la surveil-

nat. XIX 2, 26 et 32; Yates, Textrinum antiq. p. 3t8; l.cnz, Botanik. d. Grieeh. p. 234 sq. ; Bliimner, Teclmot. und Terminologie , I, p. 294. — i lsid. Orig. 20, 9, 10; v. Curtius, Gr. Etymol. 5“ éd. p. 288; Non. Marc. p. 177, de spartum ou de asporto. - 3 Petron. Satgr. 113.-4 Varr. ap. Non. I. c. : ülp. Üig. 33,

3, il Ps. Ascon. in (lie. Verr. Act. I, § 22. — e Martial, 10, 37 ; Apul. Met.

ch. 24, 25. — 7 S. Reinach, Répert. il. la sculpt. I, p. 439, 550. De même lès pécheurs à la ligne, dans nombre de sculptures et de peintures rpiscAToit . 8 plin.

XVIII, 7, 77. — 9 Colum. 12, 6. — ,0 Cato, De re rnst. II. — 11 Plin. XXI, 14, 83.

12 Mommsen -Marquardt, Manuel des Ant. rom. t. XIV. ch. v, p. 212 sq.

de la trad. fr. ; Mommsen, De collegiis et sodaliciis, Kiel, 1843, p. 109; Henzen, Acta An. fralr. 1874, p. 16. — )3 Moininsen-Marquardt, I. c ., p. 239 sq. et les références. — 14 Aucun texte ne permet d'entendre par sportula un repas en nature (par exemple de pain, de viande froide et de Iruits) qui serait distribué aux clients. Il ne faut pas >e laisser tromper par J u vénal, 111/219 sq., où l'on voit les clients remporter chez eux leur dîner, fumant sur un réchaud : comme I explique le scholiaste, pulmentaria portant secum comparata ex sportula. — ,5Juv. I, 120; Mart. I, 59; 3, 7 ; 4, 08 ; 6, 88, etc.

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lance thi patron1. Avec celte somme, le client achète non seulement de quoi so nourrir, mais de quoi se vêtir et se chauffer*. Pour les gens à leur aise et les magistrats qui, malgré leur situation de fortune et leur situation sociale, ne dédaignent pas de venir chercher la sportule, elle est un supplément appréciable de revenu3.

Mais le client ne peut pas compter qu'il touchera tous les jours la sportule. Il y a des cas où elle n’est pas distribuée du tout, par exemple quand le patron est malade1; d’une façon générale, quand le client n’a pas eu l’occasion de faire acte de client en accompagnant le patron dans ses démarches, il n’a droit à rien ; le patron est toujours maître d’accorder ou de refuser la sportule, et certains sont particulièrement chiches5. Aussi est-il à peu près indispensable d’avoir plusieurs patrons, quoiqu’il soit impossible, ou du moins très difficile de toucher deux sportules le même jour 6. Souvent un personnage sans scrupules va réclamer une sportule à laquelle il n’a aucun droit, chez un patron auprès de qui il n’a jamais fait acte de client1; une surveillance attentive est nécessaire de la part du patron et de ses serviteurs : le client véritable se fait reconnaître, et s’efforce d’apitoyer le maître en lui montrant ses charges de famille8. Des patrons généreux donnent des sportules supérieures aux 25 as ordinaires 9 : en outre des sportules exceptionnelles sont distribuées à certains jours de fête (mariage, anniversaire de naissance, prise de loge virile) 10.

A quel moment de la journée la sportule était-elle distribuée? D’après la description de Juvénal, c’est le matin, lors de la salutatio Cependant Becker croit que la sportule était toujours remise au client le soir, après la journée finie, comme le salaire des services rendus; un texte de Martial confirmecelte opinion 12. Peut-être l’usage différait-il d'une maison à l’autre.

La coutume de la sportule en argent semblé s’être établie dès les premiers empereurs ; elle dut être générale à partir de Néron l3. Il était dès lors tout à fai L exceptionnel que le client obtînt, outre la sportule, ou en échange de la sportule, une invitation à dîner ,4. Cependant un essai de retour à l'usage antique du repas pris par le client à la table du patron fut tenté sous Domitien ; mais personne n’y trouva son compte : c’était un gros-embarras pour le maître de maison; les clients, traités à table de façon humiliante, regrettaient la sportule, cette sorte de rente dont ils disposaient à leur gré. Elle fut bientôt rétablie15, et la pratique dut s’en maintenir, avec des vicissitudes dont nous ignorons le détail, jusqu’aux derniers temps de la société romaine.

i Comme le fait remarquer Becker, il est inutile de supposer avec Bultmann et Ruperti que l'argent préparé pour la distribution était contenu dans des corbeilles. Sporlui a est ici pris dans un sens figuré. — 2 Juv. I, 1 10-120. — 3 Juv. I, 05 sq. Dans cette description, la plus précise que nous ayons, un riche affranchi, un préteur, un tribun, viennent chercher la sportule. S il y a là quelque exagération satirique, rien n’autorise Friedlaender à croire qu’il ne s’agil pas dans ce passage de la sportule des clients.

4-Mart. 9, 85. — 3 Mart. 4,20; k, 08 ; 9, 100. — 3 Mart. 3,38. — "> Terluilien, Ado.

Marc ion. 3, 10, cite le proverbe : sportnlam furunculus captat. — 8 Juv. I, 120 sq. C’est ainsi que s'explique la présence (d'ailleurs simulée, dans la scène décrite par Juv. nal) d'une femme à la salutatio. Becker s'étonne à tort de ce détail. — 9 Mari. 9, 100 (trois deniers). — 10 Mart. 10, 27 ; Plin. Ep. X, 1 17; Apulae. Apol. ch. 88. — 11 Les vers I, 127-128 sont particulièrement significatifs — 12 Mart. 10,70, 13. — 13 Néron (Suet. Nero , 10) généralisa la substitution de la sportu/a en argent à la cena recta dans les repas publics : celle mesure eut sans doute une répercussion sur les rapports des patrons et des clients. — i* Juv. 1, 132. — 10 Mart. 3, 7; 3, 14; 3, 30- 3 00 ; 3, 82. La suppression de la sportule ne dura pas plus de trois ou quatre

an5 10 Mommsen, De coller/iis, p. 109; Boissier, Ilelitj. romaine, II, p. 297;

Henzen, Acta fratr. Arvalium , p. 10 ; Wallzing, Corpor. professionnelles chez les

Des sportules étaient aussi distribuées dans les corpo rations [sodautas] 10 par de riches confrères; elles cons;s laient soit en vivres (pain, vin et autres aliments) soil en sommes d’argent.

L’usage s’établit sous l’Empire, pour les decurion « nouveaux d’un sénat municipal de donner des sportules ou pensiones ”.

On appela encore sportula les distributions d’argent que faisaient sous l'Empire les consuls à leur entrée en charge18. Eugène Albertini.

Par extension du sens primitif, lessportulae 19 sont, au Bas-Empire, les frais de justice payés par les parties aux employés des bureaux des magistrats, aux officiales en guise de rétribution supplémentaire. Inconnus dans l’ancien droit, sauf l’enjeu du sacbamentum, ils paraissent s’être développés, dès l’Empire, avec l’organisation des officiales, en même temps que l’usage de donner aux employés et même à des fonctionnaires des cadeaux, des pourboires20; appelés commoda-' ,stellaturae'2% .pulveraticium, ftlicon-* , epimetra n. Dès l’époque classique, tous les actes judiciaires où leur intervention est nécessaire, en particulier, larédaclion et la délivrance des pièces, ont dû donner lieu à des taxes plus ou moins licites -1. Dans l’édit du Maximum de Dioclétien en 301, Vadvocatus touche 250 deniers par postulatio, 1000 par cognitio (jugement final)26. Il y a donc alors des règlements. Des lois de Constantin de 331 27 veulent interdire, mais en lait restreignent simplement comme le montre une loi de 335as, les droits excessifs réclamés pour différents actes de procédure par le princeps de l'office, les exceptons, les adiutores et surtout les agents d’exécution et de transmission, les exseculores 29. L’inscription del'hamugadi, entre 301 et 36 3 30, renferme, pour la province de Numidie, un fragment de tarif de droits, commoda , variables selon la distance et payables soit en boisseaux de blé, soit en argent : le princeps qui donne un official ta sans doute, pour toute espèce de missions, touche : en ville 5 boisseaux, en dehors de la ville 2 boisseaux en plus par I0ÜÛ0 pas, au delà de la mer 100 boisseaux ; le cornicularius et le commentarionsis la moitié de ces droits, probablement ensemble et dans les mêmes cas , les scholastici 5 boisseaux par postulatio, 10 par conlradictio, 15 pour la definita causa ou pour le de fini tutti negotium, les exceplorcs 5, 12 et 20 boisseaux pour les mêmes actes ; le libel/ènsis 2 par libellas, c’est-à-di re probablement pour les appels et les renvois à l’empereur ; les parties peuvent réclamer une carta pour la postulatio, 4 pour la contradiclio, 6 pour le de/initum negotium- La postulatio est probablement le dépôt de la demande,

Romains, I, p. 304, — U Plin. Epist. GX III, C X I V ; Front. ICpist. ad amie. Il

7, p. 193, Naber, 1807 [cf. honorarium nJ. — 18 Cod. llieod. XV, 9, ni I.* mcnlaire de Godefroy, 1. — Bidi.iooraphir. Kretzschinap, Re sport nlis, le- 1738 ; Bultmann, Ceber die Sportula der Rômer, dans la Krit. B Mût lie k -I- Scebode, III (18-.it), P- 391-409; Sclnnieder, De sportula, progr. de Brieg, P '■ lleuennaun, Relier die Clienten unter den ersten rûmitehen Aaisern, V-1'- 1830 ; Becker, Callus, II8 (1803), p. 104 s-|. ; Gultinann, Obserrationum vi Vaterium Martiutem partieulae V, Brcslau, 1800; Friedlaender, Sittengesclm

1-3, p, 391 sq.; Ileucrmann, Uatersuctiangen iiber die Sportula dei t ’ Burgsleinfurt, 1875; Mommscn-Marquardl, Manuel, t. XIV, cli. v.

19 Première mention officielle à Cod.Just. 1, 3,33, 5 (Marcienet Zf-non). ^ )

Cic. Verr. 2, 78, 182; Frontin. Re aq. 118. — 91 V. Godefroy ad Cod. Th- 1 - ■ — 29 C. Th. 7, 4, 28; Hist. Autj. vit. Nig. 3, 8; Al. Se e. 13,5. - 23 t ■ )'

5, 32.— 24 Ibid. 12, 0, 15. — 25 Ainsi Rig. 49, 14, 45 § 7 ; 47, 2, 72 ; 2, 4, I - , -

8, 7, 2; 30, 4, 5 § 27 ; 43, 4. 3 pr. ; 0, I, 08 ; C. Just. 8, 23, 2; 7, 43, 6. — f 1 • lat. 3, suppl. 3, p. 1930. — 27 C. Th. 1,10, G-7. — 28 Ibid. 8, 9, 1. — 29 Syin>R>")t intercessores (C. Th. 2, 3o, 1 ; C. Just. 8, 10. 7 1 . — 30 .C. ins. lat. s, -"I I 17890. V. Mommsen, Ephem. epiyr. 5, 302.

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